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jeudi, 27 août 2026

Nada mas

Hier, on a appris la mort de l’écrivain hongrois Peter Nadas, et ce matin celle de l’artiste japonaise Yayoi Kusama (survenue il y a treize jours).

Le premier, je tourne autour de son œuvre depuis pas mal de temps ; il va peut-être falloir s’y employer. Yayoi Kusama, nous l’avons découverte en 2011, à Madrid, au Museo Reina Sofia, et admiré de nouveau la belle rétrospective au Guggenheim de Bilbao en 2023 ; nous avons deux catalogues, mais je ne me suis jamais lancé dans son autobiographie.

 

N’ayant jamais rien lu de Nadas, dont les livres massifs demandent d’avoir un peu de temps devant soi, je me suis amusé à aller consulter le début de son roman de 1986, Emlékiratok könyve, dans la traduction française de Georges Kassai (Le livre des mémoires, 1998) et dans la traduction anglaise d’Ivan Sanders et Imre Goldstein (A Book of Memories, 1997) -- cliquer sur les images pour agrandir. C’est un exercice amusant et instructif même, quoiqu’il soit difficile de le formaliser dans le contexte universitaire, pour pas mal de raisons.

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Ici, on constate déjà un choix différent pour le titre du chapitre : « marginalité » est nettement moins péjoratif que « anomalous nature ». Autre choix contrasté, sans que je puisse bien sûr avoir la moindre idée de ce que dit le texte hongrois : en anglais, ce sont les oiseaux qui gobent les baies, tandis qu’en français les fruits sont « la proie des oiseaux ».  Même modulation plus loin, avec une tournure passive en anglais (be forgotten) et une tournure impersonnelle sans passif en français (« Non qu’il soit possible d’oublier quoi que ce soit ») ; cette divergence est plus classique.

En français, double répétition (j’ai voulu / que je l’aie voulu ; ainsi en alla-t-il / ainsi en est-il allé), et rien de tel en anglais.

Du point de vue lexical, enchifrené est nettement plus soutenu que l’anglais (rheumy state). [Anecdote personnelle : pendant longtemps j’ai chanté Tonton Nestor de Brassens en disant enchiffonné car je ne connaissais tout simplement pas l’adjectif enchifrené et n’avais donc pu l’entendre.]

Le début du huitième paragraphe, dont on n’aperçoit que le début dans mes captures d’écran un peu bâclées, a une tonalité très beckettienne. What is mine >< ce qui m’appartient en propre : peut-être que le texte hongrois insiste particulièrement sur cet élément, mais pourquoi pas « ce qui est à moi » ?