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mercredi, 01 février 2017

Rondel 20 — Poignes

S'agit-il que la mort nous poigne

Pour un peu on le croirait.

Votre escapade en forêt,

Carrez-vous la au fond de l'oigne.

 

Je sais que la vie nous soigne

En nous engluant dans son marais.

S'agit-il que la mort nous poigne

Pour un peu on le croirait.

 

 

En hissant des mâts de cocagne

Quasi Grande Garabagne,

Suivre le cheval de trait

Pas si loin du château de craie :

S'agit-il que la mort nous poigne ?

lundi, 30 janvier 2017

In memoriam Mark Baumer, journal des traductions sans filet

Je viens de faire ma quatre-vingt-huitième vidéo de traduction improvisée.

[Edit de 15 h 45 : TSF #88 + traduction en cours de tout le chapitre 5]

 

En un peu moins d’onze mois, j’ai eu l’occasion de faire trop long, de faire trop bref, de dire beaucoup de bêtises, d’hésiter, de m’interrompre longuement dans le projet avant de décider de ne plus perdre de temps à faire de montage, etc. Ce qui est intéressant, c’est que cette série déjà assez colossale (à ma modeste échelle) de vidéos ne porte pas seulement témoignage de questions de traduction, mais comment elle vient doublonner les blogs, en quelque sorte, en quoi elle permet d’inscrire — non en creux, puisqu’au contraire ma tronche y est partout convexe — une sorte d’autobiographie par les livres, par les extraits, par les découvertes.

 

Journal, donc, qui compte ses commémorations tragiques (les attentats de Bruxelles — TSF #15) et ses saluts adressés à des écrivains morts : Bonnefoy [TSF #43], Butor [TSF #62], Gotlib [TSF #60],  plus récemment Peter Abrahams [TSF #82]. Journal qui cherche à varier ses lieux : principalement les pièces de ma maison, mais aussi bureau de l’université [TSF #34], maison landaise [TSF #73], parking en sous-sol [TSF #54], parc de la Cousinerie [TSF #32], échafaudages [TSF #87] etc.

 

Histoire d’ancrer cette pratique, le moment me paraît donc amplement venu de créer ici une rubrique afin de prolonger l’expérience vidéo. (J’avais commencé à le faire pour le projet mort-né de retraversée des Rougon-Macquart.)

 

Pourquoi aujourd’hui ? Pas vraiment à cause du nombre 88, encore qu’il puisse suggérer un double infini dressé à la verticale (plutôt que le chiffre cryptique des néo-nazis). Plutôt à cause de la vidéo du jour, justement. Après avoir découvert, hier, l’œuvre de Mark Baumer – sa profusion de traces par divers biais non-textuels et surtout non-imprimés, mais aussi sous forme de poèmes et de livres – et la fin tragique (je raconte tout cela, mal, à l’emporte-pièce, dans la vidéo) de ce poète activiste très inspiré par les beatniks et les hippies, j’ai voulu consacrer mon activité de traducteur sans filet à une des pages de son livre de 2016, I Am A Road. *

 

Je proposerai d’ici demain une traduction française peaufinée du chapitre 5 dans son entier, dans la rubrique Darts on a slate, qu’on ne présente plus bien que son titre demeure peut-être opaque. Il me semble que ce livre serait susceptible d’intéresser certains éditeurs. Dans l’immédiat, se contenter de mes balbutiements et de mes borborygmes tels qu’un appareil photo de piètre qualité les saisit et – provisoirement – les immortalise.

 

Si l'idée est ici aussi de raconter comment s'est décidée la vidéo, son cadrage etc. — eh bien, justement, j'avais décidé de tourner dans le petit salon de l'étage (où j'ai déjà fait une ou deux vidéos, dont une, très longue, avec les cadres bien visibles), assis au secrétaire, avec l'ordinateur portable bien en vue puisque j'avais besoin de voir l'ebook. Comme je travaille sans aucun matériel, une des contraintes est que je n'ai pas de pied pour poser l'appareil photographique (cette fois-ci, le “vieux” Lumix). Je l'ai donc posé sur un des accoudoirs déplacés puis mis en L vertical du sofa de camelote qui fut neuf (en 1997, à Beauvais) mais ne l'est plus. N'ayant pas (sur le vieux Lumix, donc (il faut suivre)) d'écran rotatif pour contrôler l'image, je ne me suis pas aperçu que j'étais scalpé (ce n'est pas la première fois). De plus, bien entendu, les ouvriers qui ont commencé l'isolation par l'extérieur le 17 janvier (et qui en ont encore pour deux semaines) se sont mis à jouer du marteau vers le milieu de la vidéo, pendant la lecture de l'extrait.

 

 

* Le livre est à télécharger en PDF avec les photographies pour la somme dérisoire de cinq dollars ; je n’ai aucun doute sur le fait que ses parents feront bon usage de cet argent et le donneront à des causes justes.

mardi, 08 novembre 2016

Pour renouer avec le robot

Le 21 décembre 2014, à 6 h 31 du matin, j'écrivais ceci sur Facebook, avant de me lancer dans de maigres — et très short-lived — publications de textes robotiques ici même, ce que vient de me rappeler, façon ping-pong, la rédaction du billet du jour dans Untung-untung :

On ne va pas se quitter sur des mots de robot, tout de même. Et puis le robot, il faut l'alimenter. (Les mots de robot, ce sont mes mots. Le robot compose des textes ou des blocs.)

Ce petit logiciel rigolo (mon fils aîné était plié de rire hier soir à un bon quart des textes bricolés par whatwouldisay) sert de structure générative (abstraite mais pas seulement), fait ressortir des bribes enfouies (appel à la mémoire des milliers de moments répertoriés ou créés sur Facebook), enfin enseigne ce que cela signifie d'avoir un robot à sa disposition et comment la possibilité technique, encore une fois, configure l'écriture.

Là, par exemple, suis obligé de faire bien abstraction, de me lancer phrase après phrase dans ma réflexion pour oublier que tous ces fragments de phrases, tel ou tel mot, se retrouveront plus tard, mêlés aléatoirement à d'autres, à une portée de clic.

Volonté de penser le réagencement, donc faire le partage entre blocs de texte tels quels et la possibilité de recoller, mettre ensemble. Par exemple, est-il possible de composer un sonnet régulier avec des bribes de textes robotiques sans les retoucher ? et, si oui, combien de fragments faut-il faire générer au logiciel avant d'avoir la matière du sonnet ? un tel sonnet prendra peut-être 50 fois plus de temps à composer qu'un sonnet normal.

Bref — pourquoi écris-je tout ça ici ? je me suis espalasé, ça irait mieux au blog.

lundi, 09 mai 2016

09052016 / 1522

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Pas atteint à 15 h 22, après avoir garé la voiture, comme de coutume, pour quarante centimes, au bout de la rue Jules-Simon, et en portant la mallette du hautbois derrière Oméga gambadant avec son cartable d'école. Comme un lundi, comme de coutume, comme toujours à fleur de bitume.

Oasis.

Dire que j'ai composé (parlécrit) hier un texte dont le motif central est, au fond, celui des zébrures...

lundi, 25 avril 2016

Du grand banditisme

"Ce fut comme un séisme" Raté le moment où le podomètre indiquait 1177 pas, pour m'être arrêté, près de la statue du Monstre, discuter brièvement avec ma collègue S.G. Finalement, cette contrainte s'avère peut-être la plus difficile de toutes celles que j'ai inventées jusqu'ici, alors que ça n'avait l'air de rien : une capture d'écran, une photo prise au même moment, et une phrase d'illustration. Il faut “choper” le moment précis, et cela est très délicat.

samedi, 12 mars 2016

Grand vingtième & terne système

Demain, cela fera un an que je commençais le projet Prison des tempos, un peu moins de deux ans après une autre série de textes visant à subvertir l'idée même de Printemps de poètes, Prime Time of Poesy. — Cette année, la manifestation officielle du Printemps des poètes célèbre « le grand XXe siècle, d'Apollinaire à Bonnefoy ». Tout dans ce titre est à côté de la plaque : l'idée de grandeur poétique ; l'idée que le vingtième siècle seul aurait agrandi l'univers poétique (que serait Apollinaire sans Baudelaire et Rimbaud ?) ; surtout, la primauté du lyrisme et de la poésie versifiée.

Qu'on ne se méprenne pas : j'admire beaucoup Apollinaire et Bonnefoy, que je lis assidument. Le problème n'est pas là, mais dans leur capture — leur embrigadement — leur embastillement par ces forcenés de la mignardise que sont, année après année, les organisateurs du Printemps des poètes.

Dès demain, je proposerai, sur l'autre blog, une série de sizains à métrique variable, antilyriques, dont le titre général sera Le terne XXIe (pour me moquer).

J'essaierai d'en écrire par jour jusqu'au 21 juin.

 

mardi, 26 janvier 2016

Ping-pong, 10 : habiter & tuer

Aujourd'hui, à la faveur du jour de grève, j'ai enfin pu prendre une journée pour ce qui traînait depuis deux mois, à savoir l'achat de nouvelles étagères pour la bibliothèque (ou le bureau, c'est selon). Après un aller-retour maison/Ikea qui a battu un nouveau record, je pense (cinquante minutes, déchargement compris), j'ai donc monté ces merveilleuses planches avec leurs surmeubles et autres fariboles, pour passer ensuite deux bonnes heures, en milieu d'après-midi, à ranger les livres qui avaient dû gésir en piles pitoyables depuis la mi-novembre et le remploi de la bibliothèque située à ma droite quand je suis à mon bureau (comme en ce moment) comme séparation entre le bureau et un minuscule coin lecture.

(Je crois que le bureau est, dans cette maison, la pièce à avoir connu le plus de modifications, infimes ou plus significatives. Assez logique, en un sens.)

Du coup, j'ai réorganisé totalement le classement des ouvrages de poésie et profite donc de cela pour saisir, sur l'étagère quasiment la plus à portée de main (sur la droite), deux livres que je n'ai pas ouverts depuis longtemps, voisins d'alphabet et de rayonnage (ce qui n'est pas souvent le cas — le classement alphabétique m'intéresse peu, pour nos livres), Peintures de Segalen et L'écolier sultan suivi de Rodogune Sinne de Schehadé.

J'en extrais deux phrases, (presque) au hasard.

L'auberge habitait un cheval carmin. (“Rodogune Sinne”, ch. II / p. 66)

Avant tout, avez-vous tué en vous le regret innombrable comme les poissons vibrants ? (“Cortèges et Trophées...”, p. 111)

 

Vienne à présent la chaleur noire du mercure.

vendredi, 22 janvier 2016

Bureau 38, 1

Encore quelques échanges asymétriques au ping-pong (asymétriques car pas de notule équivalente dans Pong-ping).

Suite au billet d'hier (Bibliothèque, 1), dans lequel l'une des questions posées portait sur le nom même de la pièce, je réponds d'ici, c'est-à-dire du bureau 38, où j'avais mes quartiers professionnels de 2002 à 2007, avant trois détours, pour y revenir — l'histoire serait trop longue et oiseuse.

En titre, j'ai écrit Bureau 38, 1, ce qui est mentir, puisqu'on trouverait dans ces carnets même de nombreux billets qui y furent écrits, voire qui en parlent (de la place des Joulins, de la vue sur la passerelle, des six magnolias, des étudiants ou collègues qui clopent ou discutent près de la fenêtre, des jambes que l'on voit descendre les degrés de la passerelle laide moulée dans son béton).

Autre lieu de travail : peu de livres, mais des piles et des piles de feuilles, de documents, de paquets de copies. On a beau faire régulièrement le ménage (grand nettoyage pour le chariot du papier à recycler), empilements & congères de paperasses.

Ce matin, bus & tramway : 18 minutes de Torricelli à Anatole-France (grâce à un tramway qui arrivait pile en même temps que moi à Coppée). 26 minutes de porte à porte (on pourrait dire de bureau à bureau).

Ce bureau à 38 à huit heures du matin, voire avant : chronotope surtout de l'année de turboprof (2002-2003, j'arrivais ici le mardi matin après ma nuit à l'hôtel Régina). Mais j'ai dû aussi y arriver très tôt, aussi le lundi et le mardi, l'année suivante, après long détour par la crèche.

(J'ai dû. Pourrais-je en être sûr ?)

 

dimanche, 22 novembre 2015

Table & salle d'eau

Retour à quelques banalités.

Ce matin, j'ai, pour la première fois depuis longtemps (il me semble ne jamais avoir fait cela depuis notre emménagement rue Mariotte, soit décembre 2008 (et l'odeur si particulière du fer humide sur la manche de chemise m'évoque notre appartement beauvaisien, soit les années 1997-99 !!)), fait le repassage, seule activité ménagère que je n'aime franchement pas et dont je réussis, depuis pas mal d'années, à me dispenser. Eh bien, je me suis aperçu que je n'étais pas plus incompétent qu'il y a si belle lurette, donc, un lustre et plus, et que je sais toujours repasser à peu près chemises, polos et pantalons.

Grand chambardement au bureau depuis deux semaines, pas fini d'ailleurs.

samedi, 23 mai 2015

Ping-pong, 9

Dans le sous-sol (dans le garage), par la table bleue sur laquelle, un filet tendu entre les adversaires, s'exercent autant d'adresses que d'emportements, cette rubrique a enfin trouvé un autre sens, ravivant les souvenirs de Pierre (qui se débrouillait toujours pour placer dans ses copies d'anglais, en Terminale, le bateau rouge sous la table de ping-pong (c'était ça, chez mes parents)) comme d'autres occasions, avec Stuart, mon correspondant anglais — heureusement qu'il y a les jeux de balle, pour que les adolescents trouvent des terrains d'entente. Il est périlleux, peut-être, dans les parages de la table bleue flambant neuve, sur le carrelage parfait (legs du précédent propriétaire qui nettoyait même sa voiture dans son garage !), de se jeter par terre pour rattraper la sphère de celluloïd, tandis que, sous d'autres filets, une autre aventure commence.

15:01 Publié dans Ping-pong | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 13 mai 2015

Ping-pong, 8

Dix jours que je n'ai rien publié ici ; c'est toujours comme ça avec les voyages, surtout que la qualité des connexions n'est pas toujours terrible.

Pour meubler rétrospectivement les journées blanches, je vais aller piocher dans mes élucubrations facebookiennes. Et tiens, à propos de Facebook (je vous cause comme ça, familièrement, sans ambages), un point très négatif à porter au passif de la plateforme d'hébergement Haut&Fort (sur laquelle sont hébergés tous mes carnétoiles) : depuis quelques semaines, malgré des réactivations manuelles plusieurs fois tentées, le module qui permettait de signaler automatiquement sur mon mur FB toute publication planifiée de billet ne fonctionne plus, de sorte que les rares lecteurs que j'avais encore ici ou (ou et ) n'y viennent plus.

Je compte remettre un certain nombre de chantiers plus rigoureusement en route, d'autant que le dixième anniversaire de Touraine sereine approche à grands pas [ICI pour une idée de la mi-chemin]. Première pierre, je vais inaugurer une nouvelle épigraphe, directement copiée d'un commentaire dans un fil de discussion FB. Je ne le fais qu'à regret, car l'actuelle (actuelle pour moi qui écris ces lignes à 9 h 39, mais elle n'y est encore que pour quelques minutes)

« Les gardiennes de musée sont les vraies héroïnes kiéviennes. »

me plaît énormément. L'auteur en est Patrick Chartrain, lecteur, blogueur et esprit éclairé dont je salue ici la vivacité et la confiance chaleureuse.

 

(Pour les épigraphes, l'archive en a été mal tenue. Voir toutefois celle-ci et celle-là.)

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mercredi, 11 février 2015

Ping-pong, 7 : Le cas Tiki

 

Pour reprendre les mots de Stéphane Tiki lui-même, je trouve en effet la polémique le concernant “infamante”. Si sa situation est en attente de régularisation, et si on pense que les citoyens dans son cas doivent prouver leur attachement à la République, quelle meilleure preuve que son militantisme ?

Pour avoir entendu ce garçon avant-hier matin à la radio face à son homologue des Jeunes socialistes, je dois dire qu'il m'a paru plus intelligent et plus mesuré qu'elle.

Il faut dire que la responsable des Jeunes socialistes a parlé à DEUX reprises de « l'élection de Christophe Barbier » : parmi les cadres du PS, on peut donc confondre, sur une antenne nationale, un rédacteur en chef droitisant à écharpe rouge et le député élu dans le Doubs, prénommé Frédéric.

 

dimanche, 28 septembre 2014

Ping-pong, 6

 

Je m'en revenais, en Corail, à Dax, après le dernier oral. Comme à chaque passage à Paris, j'avais écumé les petits bouquinistes du cinquième arrondissement et rentrais avec quelques pépites, dont cet exemplaire de Philosophes à vendre, dans la petite collection couverte de kraft et brochée, comme tant de textes majeurs, du beau nom de Pauvert.

L'année précédente, j'étais rentré avec mon père, je crois — mais là, en retentant ce même concours, il était hors de question d'attendre le jour officiel des résultats et la proclamation dans la salle carrelée dénuée de charme. Dans le Corail, je lus, au début du trajet, il me semble, ces textes dialogués d'une vie et d'une énergie extraordinaires. Un voisin assis de l'autre côté du couloir s'autorisa à me demander pour quelle raison je lisais Philosophes à l'encan. (Je ne me rappelle plus du tout l'âge ni la mise ni le visage de cet homme, mais je me rappelle qu'il choisit de donner cette variante dans la traduction du titre.) J'évoquai le hasard (sept francs pour un petit volume impeccable de cette singulière collection, pas à hésiter) mais aussi l'adieu à mes études de philosophie que constituait, quel qu'en fût le résultat, ce concours passé.

Ce soir, apprenant la mort de Pauvert, je suis allé repêcher, sur mes étagères, ce petit volume, dont j'ai relu quelques pages.

Il fait doux, à aller au diable.

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samedi, 27 septembre 2014

Ping-pong, 5

« Comment tirer les vers du nez d’un tel fallace ? » (Dorman, p. 57)

Cherchant, dans le Robert culturel, le mot fallace – ne l’y trouvant pas (c’est incident) – je trouve (tombe sur (à la page 598 (en haut à droite, où l’œil épie))) le substantif épreintes, et le seul sens que je connaisse, depuis longtemps, à ce mot (il désigne les excréments des loutres), n’y figure pas.

Je découvre aussi (même colonne où devait se trouver l’absent fallace) le faldistoire, siège liturgique des évêques.

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jeudi, 26 juin 2014

Ping-pong, 4

Geste d’enfant, mouvement rapace de ma main vers un objet… cette boîte où ont fini de rouiller des trombones, j’aurais pu y serrer des manuscrits composés sur des feuillets minuscules. Ou cette rallonge électrique orange dont je me sers sans y penser, quand je tonds ou quand je bricole (ou quand je branche la friteuse sur la terrasse), peut-être qu’elle aussi me verra l’empoigner avec des serres de circaète, quand l’imposeront les circonstances.

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mercredi, 25 juin 2014

Ping-pong, 3

 

Comme le temps passe, et comme le temps nous manque, et comme le temps nous point. Un poinçon dans la verdure, cette fourmi isolée qui a perdu sa ligne, englouti sa trace avec la bave du vent. Collines d’Anacapri, ne poignent qu’à l’oreille, au piano, en longues lampées, risibles rasades. Le kitsch avait tout englouti, aussi, et ces semaines-là furent les plus chaudes de ma vie.

 

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lundi, 09 juin 2014

Ping-pong, 2

Dans la rue des Colombettes, en face d’un kebab, il y a une station de vélos à louer – or, ce matin, lundi de Pentecôte, il n’y avait qu’un vélo, sur seize emplacements. La voix sourde, profonde et pectorale, imite à l'occasion les beuglements, ronflements et mugissements. Tantôt, quelque vieille, devenue folle de peur, faisait prime sur le marché. Aussi va-t-on voir des plumes délicates et vraiment françaises fermer leur écritoire élégante pour s'imbiber un peu de sang. La petite bimbeloterie fabriquée de deux morceaux de bambou représentait des jeux d'enfants gravés en noir sur le jaune fauve du bois.

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vendredi, 06 juin 2014

Ping-pong, 1

La veuve disait des neuvaines. Il y a des semestres comme ça, où la vie semble une chose niaise. Mais il faut pardonner à ceux qui ne savent ce qu'ils font. Jamais ces eaux troubles et fangeuses n'auront pour eux le charme des claires fontaines et des ruisseaux limpides. Je vois derrière eux Lavater.

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