Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 10 juillet 2020

Cigarillos, garde-boue et cache-poussière

Ce matin, je suis allé en ville à vélo, aller-retour, comme samedi dernier, histoire bien sûr d'aller plus vite qu'en bus et tramway, mais aussi de voir s'il était envisageable de me mettre à aller à la fac à vélo l'an prochain. Comme je le pensais, ce n'est guère envisageable. C'est plutôt rapide, malgré mon incurie : 19 minutes à l'aller et 22 au retour, en dépit du fait que je rame sur la bécane avenue de la Tranchée (mais cette fois-ci j'ai mis pied à terre au-delà de Mi-Côte, y a du progrès). Bon, pour cinq kilomètres en ville avec des arrêts réguliers pour feux etc. ce n'est pas glorieux, mais je pense que je finirais par gagner du temps à la marge. La vraie raison en est que j'en suis revenu épuisé (mon légendaire manque de forme physique) et donc je ne me vois pas me taper la Tranchée puis Maginot avec sa portion sans piste après une journée entière de travail. A* passe par le Pont de Fil et la rue du Nouveau Calvaire dont il m'a dit qu'elle était moins pentue et qu'il ne mettait jamais pied à terre : j'ai des doutes mais il faudra que j'essaie. Il n'est guère sportif, mais il compte 26 années de moins que moi, et autant de kilos en moins je pense.

 

Hier soir : The Good, the Bad and the Ugly. 4e fois, je crois. La dernière, c'était avec A* il y a 7 ou 8 ans, donc je m'en souvenais bien. J'aime vraiment énormément ce film, qui croise si intelligemment la reprise des motifs du western avec la guerre civile américaine. Un élément marquant est qu'il n'y a vraiment aucun personnage féminin : Leone ne fait pas semblant. Le western est un truc de mecs, donc il fait un film entièrement sans femmes. Je suppose que cela a dû faire couler beaucoup d'encre depuis 20 ou 30 ans, tant du côté des gender studies que de la critique féministe. Au risque d'être compris de travers, je dirai ici que je pense que c'est la raison pour laquelle je préfère ce film à Once Upon A Time in the West : le personnage joué par Claudia Cardinale est raté et n'apporte rien, si ce n'est sans doute la réécriture des clichés du western avec le motif de l'aventurière, de la prostituée qui avait décidé de se ranger etc. De toute manière, Leone aurait pu ajouter cinq personnages de femmes par film, il n'aurait jamais réussi le test de Bechdel. Ce n'est pas à cette aune qu'il faut évaluer ses films.

En tout cas, le côté testostérone doit avoir un sens, car pour la troisième fois devant ce film C* a somnolé, s'est copieusement ennuyée, en disant qu'une fois encore elle s'était aperçue qu'elle ne se souvenait pas de grand chose. Comme mon ami O* avait lancé ce matin un petit jeu sur Facebook consistant à résumer un film connu en une phrase de la façon la plus ennuyeuse possible, C* a proposé ceci : Trois mecs mettent trois plombes à trouver un trésor dans une tombe en se faisant des crasses.

 

Ironie encore, ou coïncidence : ma mère, qui a passé quelques jours chez ma grand-mère maternelle après que cette dernière a dû subir une opération oculaire, a fait du rangement et retrouvé une boîte de cigarillos qui remonte à l'époque où mon grand-père avait tenté de se mettre à fumer ça. Cela remonte donc aux années 70, et ils sont donc bons pour la poubelle si tant est qu'ils n'aient pas été infects dès le principe...

 

jeudi, 09 juillet 2020

Des actes, inexacts

Dernier jour de "travail" au sens le plus officiel du terme, et pourtant je ne me suis pas du tout senti "en vacances" ce soir. Il faut dire que le dernier conseil d'UFR de l'année, présidé par le nouveau doyen, a duré 4 heures, et surtout qu'il s'est déroulé selon un mode "hybride", avec une partie des collègues qui assistaient au conseil via Teams avec projection sur grand écran, et une vingtaine d'entre nous en salle des Actes : or, plusieurs collègues assis les uns à côté des autres n'avaient pas de masque, se parlaient à l'oreille etc. Nous sommes cinq à avoir gardé le masque pendant quatre heures, ce qui n'est pas confortable mais supportable.

 

Quand je pense que nous espérons (et voulons) faire une rentrée en présentiel avec des groupes de TD et de CM normaux, c'est-à-dire avec les masques mais une occupation normale des salles de classe, cela me semble mal barré. D'une part, il paraît que les gestes barrière* sont de moins en moins bien respectés, un peu partout ; c'est ce que déclarait ce matin le professeur Delfraissy à la radio ; il est donc possible que la pandémie aura recommencé à galoper avant même la rentrée. D'autre part, si nous ne sommes pas capables de respecter les mesures règlementaires minimales en conseil d'UFR, comment imaginer que les cours seront autre chose qu'un gigantesque bazar ? peut-être que non, après tout ; peut-être qu'un-e enseignant-e qui dira à la classe que tout le monde doit garder son masque sera mieux écouté-e qu'un directeur d'UFR qui, de fait, n'a rien dit, rien rappelé, pas bronché...

 

Comme j'avais fait un post Facebook sur le sujet, une des collègues qui assistait à la réunion via Teams m'a dit qu'elle avait été stupéfaite et choquée de ce qu'elle avait vu en salle des Actes...

 

 

* Je ne peux pas dire que je serai le dernier à respecter la fonction adjectivale (et donc invariable) de barrière dans cette expression, puisque, pour le coup, tout le monde a fait la faute dès le début...

 

19:32 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 08 juillet 2020

*0807*

Comme hier, il doit faire beau aujourd'hui. Je le sens dès le matin, installé pour écrire et lire sur la terrasse.

 

La rumeur des voitures, incessante au loin, sans rapport avec la tranquillité étrange des semaines du confinement...

 

Les peintres, avec leur fourgonnette rouge, sont de nouveau chez les voisins du 14. Il y a un mois, quand B* m'a remis les deux gros colis arrivés en notre absence, elle m'avait dit qu'il y en avait "encore pour une bonne semaine".

 

Appels de tourterelles atterrissant sur des toits, battements d'ailes de merles, cajoleries des pies. Ce ne sont pas encore, à vrai dire, les vacances.

 

Une manière simple de tenir ce journal, sans se creuser les méninges, serait de commenter ou poursuivre une précédente entrée. Le substantif entrée ne s'en trouverait-il pas, d'ailleurs, resémantisé ?

 

09:49 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 07 juillet 2020

"agir non agir"

Première vraie journée d'été, pas franchement caniculaire... toujours ce vent...

 

Beaucoup lu. Je poursuis la lecture, linéaire, j'y tiens, de La Sauvagerie. Je ne suis pas encore en mesure d'écrire quoi que ce soit au sujet de ce livre dont je ressens très fort qu'il s'agit d'un poème qui va me marquer durablement, devenir un de mes classiques incontournables, toujours remis sur le métier. On peut lire le long méandreux article que vient de lui consacrer Auxeméry (un des 49 co-auteurs du livre, d'ailleurs), mais je pense que le mieux est, à condition d'aimer lire de la poésie, de se procurer le livre de Vinclair.

[Je préfère la recension de Tristan Hordé, qui m'apprend que Vinclair publie simultanément un essai intitulé Agir non agir.]

 

Avant-hier j'ai commencé la lecture de Comorian Vertigo, qui me plaît moins que les deux autres livres de Nassuf Djailani chroniqués samedi dernier. C'est un roman, mais de bric et de broc, il semble.

Avant-hier j'avais aussi commencé à me plonger dans les deux gros "Quarto" rassemblant les quatre livres de Paul Bénichou ; aujourd'hui, j'ai beaucoup avancé dans Le Sacre de l'écrivain. Même si une partie de la démonstration m'intéresse modérément, en matière d'histoire littéraire, je ne lis pas trop en diagonale car je veux être sûr de ne pas manquer les articulations principales. Or, les pages sur l'illuminisme, sur Senancour ou sur Lamartine sont difficiles à extraire, ou à abstraire.

 

Soir : Wild At Heart, que je me rappelais mal, et qui est de fait, un petit Lynch. Difficile d'imaginer comment ce film a eu la Palme d'Or. Cage y est excellent, mais tout y est un peu surdéterminé, excessif aussi. Je crois que quelque chose m'échappe.

 

lundi, 06 juillet 2020

Mulholland Drive, évidemment

Hier soir, nous avons revu Mulholland Drive, avec les garçons. Je l'avais vu au cinéma à sa sortie, et je n'en avais qu'un souvenir assez général, ou vague : pas mal d'éléments de l'intrigue m'étaient sortis de la mémoire. À l'époque, j'avais trouvé le film moins bon que Lost Highway ; plus surfait, plus kitsch aussi. J'ai revu deux fois Lost Highway depuis, et je maintiens que c'est un grand film. Mulholland Drive est certainement beaucoup plus riche en détails et en doubles fonds, mais c'est aussi sa limite : en fin de compte, le film n'a de résonance durable que par les articles critiques qu'il suscite, ou par les interrogations herméneutiques du spectateur, surtout a posteriori d'ailleurs. Le principe même de mise en abyme y est à peu près impossible à circonscrire : la clocharde/Mort tient une boîte qui peut représenter le cinéma ; le cinéaste et Mr Roque représentent deux facettes opposées de l'art cinématographique ; la lampe du corral s'allume et s'éteint selon que le cowboy s'approche ou s'éloigne ; la femme en bleu qui lance Silencio juste avant le générique de fin est celle qui détient le final cut (comme Kesher ? comme Lynch ? ou comme le mafieux italien, interprété justement par le compositeur du film ?).

 

Et, de fait, j'ai passé une bonne partie de la journée à réfléchir, à ruminer sur tel ou tel point d'achoppement. Ce qui me plaît, au fond, outre que le côté kitsch est totalement incorporé à l'intrigue et qu'il est le fait de la capacité de Diane à (se) fantasmer, c'est que l'hypothèse majoritaire, selon laquelle toute la première partie n'est que le rêve de Diane Selway interprétée par Naomi Watts dans la seconde partie, ne fonctionne pas tout à fait. Le film de Lynch n'est pas incohérent, et il répond bel et bien à l'articulation rigoureuse de logiques disparates voire contradictoires. Il y a néanmoins des pièces étrangères au puzzle principal, des faits ou des scènes qui ne collent pas.

 

Certains de ces éléments sont

  • les trois tenues différentes de Diane au moment du suicide, de Diane à son réveil et du cadavre de Diane découvert par Betty et Rita

 

  • le dialogue entre le tueur et la prostituée blonde (je n'ai pas retrouvé la scène sur YouTube, il va falloir que je reprenne le DVD)

 

  • la séquence placée entre l'ouverture de la boîte bleue et le réveil de Diane et dans laquelle on voit la tante Ruth inspecter la chambre entièrement vide

 

  • le club de golf (qui n'est pas l'attribut du cinéaste à seule fin de rappeler le pétage de plombs de Jack Nicholson dans la vraie vie, puisqu'Adam Kesher se promène avec ce club de golf tout au long de la première partie)

 

  • et surtout les deux images en surimpression brillante de Betty avec le vieux couple au début, et avec Rita-en-blonde juste après le suicide de Diane.

 

Si on s'en tient à l'hypothèse majoritaire, ces deux images sont extérieures au rêve de Diane, alors qu'elles correspondent en tous points à la mise en scène de la première partie.

MH2.jpg

MH1.jpg

Surtout, l'interprétation rationalisatrice selon laquelle Diane a voulu devenir actrice après avoir gagné un concours de jitterbug (c'est ce qu'elle explique à la mère d'Adam dans la seconde partie) et que c'est cela qui est représenté dans la scène de danse du début ne tient pas. En effet :

  • cette scène est filmée d'une manière irréaliste, comme dans un théâtre de marionnettes ou de papiers découpés

 

  • c'est bel et bien Betty, et non Diane, qui apparaît radieuse, et en surbrillance, à la fin de cette scène

 

  • Betty y est seule, puis accompagnée du vieux couple, alors qu'un concours de jitterbug (on songe bien sûr à Saturday Night Fever et à Pulp Fiction) implique un couple

 

Comme le couple heureux formé par Betty et Rita blonde (donc "bettysée") à la fin, le triomphe lors du concours de jitterbug est une des affabulations... de qui d'ailleurs ? car, si on en conclut que même la seconde partie ne donne pas de clé homogène et cohérente, la question même du point de vue s'opacifie. L'hypothèse majoritaire tend à expliquer que la seconde partie est filmée en suivant le point de vue de Diane, et que la longue première partie (le "rêve", donc) est le rêve de Diane s'imaginant en jeune première promise à toutes les réussites. Si tel est le cas, Diane se fantasme continuellement seule, ou accompagnée de vieux dont on ne saura jamais qui ils sont, sauf à la fin, avec son double schizophrénique (cf Lost Highway).

Mais si finalement ces différentes séquences incompatibles nous ramenaient à l'évidence même, c'est-à-dire que le seul regard réel est celui du spectateur ou de la spectatrice ? que c'est nous qui voyons ce que nous voyons ? tous les détours labyrinthiques de l'emboîtement narratif complexe ne renverraient, in fine, qu'à cette tautologie... Qui affabule le concours de jitterbug ? n'est-ce pas le spectateur qui veut absolument faire fonctionner cet "indice" ?

En fin de compte, cette tautologie débouche sur un axiome interprétatif pas si évident que cela : Mulholland Drive, en représentant des projections fantasmatiques répondant à des logiques contradictoires, appelle les interprètes à être piégé-es par leurs propres centres d'intérêt, biais ou marottes. Ainsi, je pourrais proposer une lecture très riche de ce film du point de vue de l'histoire culturelle afro-américaine, mais est-ce que cela ne correspond pas surtout à un de mes biais ?

[Pour diverses autres interprétations de ces deux scènes, cf ici.]

 

Entre autres petits accrocs qu'il faudrait approfondir (c'est-à-dire qu'il faudrait que je cherche qui a déjà écrit à ce sujet, car le film a évidemment suscité des milliers de pages d'analyses (et je n'ai pas tout lu aujourd'hui, lol)), il me semble que la vue aérienne et nocturne de la mégapole à la fin ne correspond pas à Los Angeles et Hollywood (les arches rouges rappellent plutôt le Golden Gate, autre image du passage dans l'au-delà) ; je crois aussi que les termes mêmes de l'expression jitterbug contest appellent une réinterprétation sémiologique. (Pour ce qui est des éléments culturels liés à la naissance de cette danse et des éléments intertextuels avec The Wizard of Oz, autre point d'ancrage essentiel de la façon dont Lynch traite du désir et du fantasme dans Mulholland Drive, l'article JITTERBUG de la WP anglophone est très éclairant.)

 

dimanche, 05 juillet 2020

Tout fait boucle

Levé tôt, cinq heures. Peut-être que ça repart comme en mars-avril, dans les premières semaines du confinement. Peut-être d'ailleurs que la pandémie elle-même va se réaccentuer : la Catalogne reconfine la région de Lerida, quelques clusters se renforcent en France, sans parler bien sûr de la catastrophe sanitaire au Brésil ou aux Etats-Unis... Personne ne parle de l'Inde, dont les statistiques me paraissent absolument invraisemblables, au vu de l'état sanitaire et de la surpopulation du pays.

 

* * * * *

 

Hier soir, fini de lire La saison de l'ombre de Léonora Miano. Cela fait des années que je "tourne autour", selon la formule consacrée, de l'œuvre de Léonora Miano, et j'ai fini par franchir le pas, après avoir lu le bel essai d'égo-histoire de ma collègue Maboula Soumahoro : j'ai emprunté une demi-douzaine de livres de Miano pour l'été. La saison de l'ombre est un roman en cinq parties, très bien structuré, très architecturé, mais ni classique ni baroque, et dont le sujet est le début de la traite transatlantique, vu du point de vue d'un village qui se trouve soudain attaqué par une ethnie voisine.

Si j'animais un séminaire de littérature africaine, je crois que je donnerais à lire ce livre aux côtés du classique Things Fall Apart, pas seulement ni même principalement pour la question de la réappropration historique, mais aussi pour la construction, pour le point de vue alternant entre personnages féminins et masculins, pour le décentrement aussi en matière de système philosophique et religieux. Je pense, entre autres, que ce roman de Miano doit permettre de décentrer la doxa africaniste de son attribution du statut de monument indiscuté à Things Fall Apart. Le premier roman d'Achebe permet de repenser la colonisation, tandis que le récit de Miano narre la traite négrière de biais. Ce qui est très fort, c'est la manière dont Miano ne dépasse jamais l'ignorance historique des protagonistes, et dont elle joue sur les connaissances supposées du lecteur impliqué.

(Sur le sujet, je recommande cette belle conférence d'Olivette Otele.)

Peut-être devrais-je inventer une forme vidéo, totalement désinstitutionnalisée, de ce séminaire de littérature africaine auquel je pense souvent mais que je n'enseignerai jamais dans mon université.

 

* * * * *

 

Comme le livre de Miano est un emprunt à la B.U., je devrais en parler un jour dans la série de vidéos je rends des livres, si ce n'est que je l'ai interrompue depuis novembre dernier. Hier, je m'interrogeais sur la poursuite éventuelle de l'autre grande série de bavassages littéraires, je range mon bureau... Ce n'est pas la fin de l'année qui incite à ces atermoiements, car je me suis interrompu dans le grand Projet Scarlatti il y a trois mois désormais, et j'écrivais déjà le 18 janvier dernier dans ces carnets : "Et comment se remettre à Pinget ?".

 

* * * * *

 

Je ne l'ai pas noté ici, mais la nouvelle majorité municipale a pris ses fonctions avant-hier, avec deux collègues que je connais un peu pour l'une (Annaëlle Schaller), mieux pour l'autre (Elise Pereira-Nunes est aussi une ancienne étudiante, et je la connais depuis 2006), toutes deux désormais adjointes au maire Emmanuel Denis. J'espère qu'une mairie verte va pouvoir montrer la voie sur un certain nombre de sujets.

 

samedi, 04 juillet 2020

Pentes et sentes

Levé tôt, fatigué. Me suis senti un peu comme ci comme ça toute la journée.

 

En fin de matinée, je suis allé en ville en vélo, pour la première fois. Cela m'a permis de voir qu'il me faudrait 17 minutes si je comptais me rendre l'an prochain au travail en vélo (au lieu de 25 minutes environ à pied et en tramway), et plutôt 25 minutes au retour (j'ai mis pied à terre à mi-côte, avenue de la Tranchée, mais c'est parce que je n'ai pas pris l'habitude de grimper).

 

 

 

Après bien des tergiversations, j'ai aussi fini par enregistrer, en trois temps, la vidéo n° 62 de je range mon bureau. Vu le nombre de livres qui s'étaient accumulés, j'ai été contraint de les expédier, de parler de chacun en trois minutes voire moins, à l'exception des Hommes qui me parlent d'Ananda Devi ; j'ai considérablement abrégé le temps de bavassage en ne lisant que peu d'extraits (Woolf, Devi et Thörn seulement).

Je parle de bavassage, et je parle de tergiversations : en effet, je crois que j'ai fait le tour de ce format, que je n'en vois plus trop l'intérêt. Mon seul problème est que, si je ne fais plus ces vidéos, je ne garderai plus trace, pour moi-même, des livres que je lis, et qui s'empilent sur les étagères. Un ami, avec qui j'ai pris un verre ce midi justement, et qui a acheté plusieurs livres suite à ces chroniques filmées, publie des extraits des livres qu'il lit sur Facebook : moins chronophage que le billet de blog, cette pratique est peut-être ce qu'il me faut désormais.

 

vendredi, 03 juillet 2020

Le Jour ni la Loire

Aujourd'hui, journée calme et tourangelle. Tout de même allé à l'université, en voiture. Les lieux sont plus déserts et étranges que jamais.

Soir : trois épisodes de Peaky Blinders (2 à 4 de la saison 3).

 

On n'a pas encore eu, à l'exception de deux ou trois journées il y a une semaine et demie, d'été. Pas de chaleur, pas de lecture tard le soir à la lueur des bougies à la citronnelle. Il fait frais le soir, il fait froid le matin. C'est n'importe quoi.

 

23:37 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 02 juillet 2020

Le Jour ni l'Epte

Plutôt mauvaise nuit, courte surtout : ah, les hôtels...

Cette nuit, j'ai été réveillé, mais je ne saurais dire à quelle heure (ni C* ni O* ne l'ont entendue) par une femme qui a parlé très fort au téléphone, dans l'escalier ou sur le palier peut-être; je n'ai retenu qu'une histoire de chauffe-biberon, mais, sur le coup, avant de replonger, j'aurais pu réciter les deux ou trois phrases vociférées.

Vernon : failli vomir en tombant sur la permanence de l'immonde Claire O'Petit.

 

Giverny, jardins et maison de Monet, 2 juillet 2020   Matinée à Giverny : jardins et maison de Monet, que je me rappelais très bien, et en particulier les nombreuses salles avec les estampes japonaises, de Hiroshige, Utamaro et Kōrin, qui nous avaient déjà émerveillés, alors (1998 ? (nous étions venus là, en octobre, depuis Beauvais)). Avec le Covid19, un seul sens de circulation possible, et difficile donc de profiter vraiment du bassin aux nymphéas. Bizarrement (ou pas, d'ailleurs), c'était presque plus calme dans la maison.

Il est étrange que la rue centrale de Giverny soit devenue exclusivement piétonnière, ce qui est très bien, mais que les autorités n'aient pas trouvé un moyen de rendre pareillement inaccessible au trafic routier la route qui sépare le bassin et ses alentours de la maison avec son potager réaménagé en jardin fleuri : quand passe un camion bringuebalant, à trois mètres, il est difficile d'admirer le fameux pont si souvent peint par Monet en s'imaginant en 1893...

 

Pique-nique au Cormier, sur une très grande place gazonnée et semée de pommiers, avant de passer par la commune de Le L'Habit... je n'invente rien.

Nous avons "coupé" le chemin de retour en faisant halte à Bonneval, la "Venise beauceronne" ; je ne peux rien dire de désagréable ou de négatif, n'est-ce pas, n'étant jamais allé à Venise...

 

mercredi, 01 juillet 2020

Le Jour ni l'Eure

Aujourd'hui, nous sommes partis pour deux petites journées, même pas, avec O* seulement, afin de lui montrer Giverny, but ultime du voyage (mais ce sera pour demain). J'ai beau éviter systématiquement , autant que faire se peut et quand on baguenaude, les autoroutes, je dois reconnaître que les routes de Châteaudun à Chartres, puis de Maintenon à Evreux ont de quoi décourager. Il y a toute une partie de la Beauce, puis des abords de la Normandie, où il y a un village tous les deux kilomètres, sans compter les poids lourds, les déviations, les travaux etc.

 

Chartres, mercredi 1er juillet 2020   À onze heures, nous étions donc à Chartres : promenade dans la ville (qui compte seulement 38.000 habitants, ce qui est étonnant), et bien sûr la cathédrale. Je ne me rappelais pas du tout le belvédère derrière le chevet, mais notre seule visite remontait à 1999. Je ne me rappelais pas trop la ville, au point que je crois que nous avions eu du mal à nous garer et n'avions visité que la cathédrale.

L'après-midi nous avons visité la Maison Picassiette, qui est une curiosité, vraiment à voir. Le quartier où vivait le cantonnier Raymond Isidore ne s'est guère amélioré, sans doute, depuis les années 50 : grand jardin public boisé et à l'abandon, mais non sans charme, immeubles bas et maisons de ville-champignon, bagnoles passant a hum de caillaous sur la fameuse rue du Repos (quelle antinomie dans les termes même). Le cantonnier, qui avait probablement un grain, avait aussi un solide talent de composition pour toutes ses mosaïques, et même pour leur agencement : les salles ou cours sont très réussies ; par contre, dès qu'il s'avisait de peindre, courage, fuyons.

 

Le château de Maintenon, que j'ai dû visiter avec mes parents en 1983, au retour d'Autriche, en allant vers Chicheboville (mais peut-être que je me trompe de date), est sublime : le coup d'oeil, la structure globale du château, sa façade et sa cour intérieure ; le parc, bien sûr, avec les lambeaux majestueux de l'aqueduc et l'allée de tilleuls ; mais aussi les intérieurs, meubles et décors (ces papiers peints de style chinois !), la grande enfilade de l'étage, le balcon... Très frustrant de devoir circuler assez rapidement en raison de la réglementation liée à la pandémie de Covid19. Heureusement, dehors, malgré les averses soudaines, aucune restriction, sauf ma lombalgie qui m'a fait un mal de chien.

 

Evreux était la ville idéale pour passer la nuit sans se ruiner, et pour une visite en coup de vent tout en cherchant un restaurant : après Lisieux avec A* il y a cinq ans, il semble que j'aie le chic pour dégotter ces villes à la fois endormies et déshéritées. On tentera de se rappeler que c'est l'Iton, et non l'Eure, qui coule à Evreux.

 

mardi, 30 juin 2020

Collé à la semelle

Depuis hier, j'ai de nouveau le moral dans les chaussettes, pour user d'une expression désuète. Ces sautes d'humeur sont vraiment pénibles. Et cela en dépit du fait qu'il n'y a pas de vraie raison fondamentale, et même qu'A* a passé avec succès l'examen national du code et que les résultats des élections municipales ont plutôt de quoi me réjouir.

 

Ce matin, je participerai à une soutenance de mémoire de M2 ; je croyais avoir lu ce mémoire pas assez attentivement, mais au moment de mettre en ordre mes notes prises au fur et à mesure sur divers supports, je me suis aperçu que ça représentait plus de 10 pages sans interligne. Comme si (et même pire que si) j'allais participer à une soutenance de thèse. 90% des ces remarques resteront sur le papier, pour personne. Il faut dire que les étudiant-es de Master ont de plus en plus tendance à remettre des mémoires plus longs que la norme, et même parfois aussi denses conceptuellement que des thèses de doctorat.

 

D'où me vient l'impression de n'avoir rien fait du mois de juin ?

Ce n'est pas qu'une impression, mais la multiplicité des petites et grandes tâches universitaires explique aussi cela, probablement.

 

Même l'été, sans parler des effets étranges de la période post-confinement, sera haché, hachuré.

 

07:09 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 29 juin 2020

Quels univers

Pas envie de faire le point sur le second tour des élections municipales. Beaucoup de choses écrites, beaucoup d'avis échangés sur les réseaux sociaux... Toujours est-il qu'entre tous les benêts incapables de sortir d'une logique productiviste et de comprendre la réelle gravité de l'urgence climatique, notamment, et les critiques de l'écologie politique qui prétendent qu'elle est déconnectée des classes populaires et n'est voulue que par des bobos surconsommateurs en plein paradoxe, on en lit, des âneries peu encourageantes.

 

Commencé en famille la saison 3 de Peaky Blinders. Comme souvent pour moi, la lassitude ou la monotonie commence au bout de deux ou trois "saisons", et ce même s'il n'y a que six épisodes par saison.

 

Samedi soir : Roubaix, une lumière de Desplechin. Les films de Desplechin sont de plus en plus décevants, ce n'est pas peu dire. Roschdy Zem est excellent, mais comment peut-on admirer ou récompenser quelqu'un qui joue bien un rôle aussi mal écrit ?

 

dimanche, 28 juin 2020

Jour d'élections

Aujourd'hui, c'est le second tour des élections municipales, plus de trois mois après le premier. Comment ce décalage et le choix même de cette date de second tour, à l'orée des vacances d'été, vont-ils influer sur les résultats ? J'espère qu'à Tours le ballottage favorable de la liste d'union de la gauche menée par un candidat écologiste sérieux et vraiment de gauche, Emmanuel Denis, va se confirmer dans les urnes.

 

Réveillé très tôt, peut-être par l'inquiétude subite de ne pas avoir entendu A* rentrer, je consulte mon téléphone et, ouf ! un SMS : il a préféré rester crécher chez F*, une amie chez qui avait lieu la soirée, plutôt que de devoir prendre le dernier tramway.

 

Cela me donne l'occasion, pour la première fois depuis un petit moment, d'écrire dans ce blog alors que toute la maisonnée dort. Et aussi, hélas, de lire des articles et des articles, qui, tous, me rendent plus pessimiste et me noircissent l'âme. Venir geindre ici, ensuite, que je me trouve nul de laisser à l'abandon la plupart de mes projets vidéo ou d'écriture, n'a quasiment aucun sens. Je ferais mieux de prendre au pif n'importe quel bouquin qui m'entoure et d'en dire quelques mots. Ce ne sont pas les exutoires qui manquent.

 

Pourtant, je vais plutôt reprendre le mémoire de M2 dont la soutenance aura lieu mardi.

 

05:47 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 27 juin 2020

Aphorisme

Je ferais mieux de travailler lambiner plutôt que de m'activer m'activer.

 

vendredi, 26 juin 2020

Demain dès l'aube...

Quelques distiques inachevés, suite à un jeu sur Twitter...

 

 

Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la beubar

Je ferai un discours.

Victor Vitiligo.

 

 

 

Demain dès l'aube, à l'heure où jaunit le montagne,

Je rongerai.

Victor Mulot

 

 

Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Tu repiocheras 4 cartes.

Victor Uno.

 

 

Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je démazouterai.

Victor Cargo.

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je communierai.

Victor Bigot.

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je me mettrai au point mort.

Victor Stop'N'Go

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je composterai.

Victor Diligo.

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je te collerai aux dents.

Victor Berlingot

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Dis, tu vas la pousser ta poubelle, eh connard ?

Victor Parigot

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je pèterai.

Victor Fayot.

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

J'écrirai une merde.

Victor Musso

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je lècherai.

Victor Miko

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Ça caillera.

Victor Frigo

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Tu les aimes, mes seins ?

Victor Bardot

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Remets-moi la même !

Victor Poivrot

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai pour le Tourmalet.

Victor Hinault

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

On verra bien.

Victor Impro

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je pâtirai.

Victor Parano

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Fuck the fuckin' shit.

Victor De Niro

 

jeudi, 25 juin 2020

Fin d'année étrange, queue de comète

Avant-hier, l'étudiant de M2 dont je dirigeais le travail, Louis P*, a soutenu, et de fort belle façon. Il a obtenu la note de 18, en raison de sa présentation en anglais, de la solidité argumentative et conceptuelle de son travail, aussi en raison des progrès manifestes qu'il a faits en traduction ; il est étudiant en philosophie à l'origine et a d'ailleurs enseigné comme contractuel cette année en lycée. Ce M2 en études anglophones est un vrai jalon, une vraie preuve d'un transfert réussi dans un domaine qui n'était pas le sien, et qui l'aidera, j'en suis certain, à poursuivre sa spécialisation sur les auteurs du Scottish Enlightenment.

 

Cette soutenance a été l'occasion de reprendre corps avec le travail in situ : à l'exception de S., resté à Paris et qui a participé au jury via Teams, nous étions, les 3 autres membres de jury et le candidat, en salle 36, non loin de mon bureau. Impression étrange, car tous les secrétariats refonctionnent de façon normale, avec gel hydroalcoolique et masques bien entendu, mais le site semble plus déserté que désert.

 

Mardi prochain, la prochaine soutenance de M2 à laquelle je participe, pas en tant que directeur de recherche cette fois-ci, aura lieu via Teams car les horaires et les tarifs de la SNCF sont d'une complication invraisemblable. Heureusement qu'on peut travailler ainsi, tout de même.

Ma collègue, c'est Maboula Soumahoro, dont j'ai enfin pu lire le livre dernièrement, et j'aurais aimé échanger avec elle à ce sujet avant d'en parler dans ma prochaine vidéo ; nous passerons sans doute par un appel vidéo, qui peut être aussi enrichissant. On n'a pas idée de la puissance de dénégation des formes de racisme systémique, et ce ne sont pas les imbéciles ou les salauds (y compris et surtout qui se croient de gauche) bêlant contre les fractures de l'unité républicaine ou du pseudo-universalisme qui pourront inverser désormais la force de la preuve.

Ainsi, en sus des réunions en visio (CSDP, jurys...), je suis en train de consacrer une partie de mes journées à lire attentivement le travail de l'étudiante, qui résonne avec bien des débats actuels sur le prétendu communautarisme des militant-es antiracistes, et avec le très beau texte de Léonora Miano hier dans Le Monde.

 

mercredi, 24 juin 2020

*2406*

Les notes de sax résonnent dans la maison.

Il y avait longtemps.

A* avait emporté son saxophone avec lui à Rennes en août et avait dû le laisser là-bas quand il s'est confiné ici ; nous l'avons rapporté lors de notre brève virée rennaise il y a dix jours.

Visiblement (audiblement) il improvise sur la grille de Viva La Vida!

 

__________________________

 

Ce matin, passé deux heures chez l'orthodontiste pour un énième rendez-vous. O* est désormais débarrassé de son appareil mais doit porter un positionneur jusqu'au prochain rendez-vous, au début de l'automne.

 

_________________________

 

Première vraie journée de chaleur estivale : je vais aller participer à ma réunion de CSDP via Teams dehors.

 

mardi, 23 juin 2020

Once Upon A Time in the West

Ce soir, revu, avec les garçons qui le découvraient, Once Upon A Time in the West. C'est vraiment un film magnifique, et je pense que je pourrai les convaincre à présent de regarder The Good, the Bad and the Ugly. À signaler au chapitre des trous de mémoire en raison d'une jachère de 25 ans depuis le premier visionnage, je n'avais aucun souvenir du personnage de Cheyenne, joué par Jason Robards, qui se trouvait avoir mon âge au moment du tournage, ce qui ne manque pas de me faire remarquer, certainement par aveuglement et illusion sur la tronche que je tire en vérité, qu'il a l'air beaucoup plus âgé que moi.

 

Un simple détour par l'article de la WP anglophone semble montrer que les citations de (voire emprunts directs à) westerns antérieurs sont légion, par exemple à Johnny Guitar, que j'avais adoré enfant et que j'ai trouvé soporifique au possible en le revoyant il y a une dizaine d'années avec A*, ou encore à The Man Who Shot Liberty Valance, que je ne crois pas avoir vu.

 

Il y a bien entendu, mais cela va sans dire, la musique d'Ennio Morricone, mais le son, de manière générale, est primordial : ainsi du bruit de l'hélice dans la première scène. Ce sont les variations extraordinaires sur la perception de ce bruit qui marquent la multiplicité des points de vue : il faudrait montrer ce plan en entier en introduction à tout cours de narratologie sur la polyphonie narrative.

 

lundi, 22 juin 2020

Treize kilomètres

Ce matin, avant midi, je suis allé en vélo jusqu'à Chanceaux-sur-Choisille, en faisant un petit tour de la bourgade, et avant de rentrer, passablement essoufflé : je ne suis pas du tout sportif et ai décidé de me mettre (on ne peut même pas dire remettre) au vélo, qui, visiblement, tape moins sur mon arthrose et mes tendinites chroniques que la marche ou, surtout, que le piétinement. Il faut que je trouve mon rythme, mais c'est plus agréable qu'un abonnement en salle de sport (ça, c'est vraiment exclu) ou que du vélo d'appartement.

 

En tout cas, treize kilomètres en 45 minutes, c'est absolument lamentable... et je n'aurais pas pu en faire cinq de plus... Mais c'est bien agréable.

 

14:10 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 21 juin 2020

*2106*

Aujourd'hui, c'est l'été, à moins que ce fût hier.

 

Je me rends compte que je sature, de tout. Hâte d'être en vacances, de passer un mois -- si possible -- à ne rien faire de strictement apparenté au boulot. Soutenances de M2, colles d'agrégation, polémiques stériles entre collègues, lectures ciblées... je sature...

 

Des sortes d'angoisses diffuses m'ont réveillé tôt ce matin, puis tenu éveillé, bougon et maussade. Le travail me pèse. Il paraît que l'épidémie de Covid19 repart de plus belle, mais je ne trouve pas les sources de cette information.

 

07:30 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 20 juin 2020

Virée au Lude

P1260450.JPGAujourd'hui, promenade en famille au Lude, avec visite du château et de ses jardins, des bords du Loir. La dernière fois, c'était en septembre 2005 avec A*, qui avait quatre ans. Je me rappelle aussi avoir assisté, en 1994, à une représentation du son & lumières, dont, paraît-il, mes grands-parents paternels parlaient souvent. Par contre je n'avais aucun souvenir des "jardins de l'Eperon", avec le petit pseudo-labyrinthe ; peut-être n'ont-ils été aménagés et ouverts à la visite que récemment...

Au retour, nous avons cherché vainement le site archéologique fléché depuis la route, mais après, nada. La route par La Chapelle aux Choux (ça ne s'invente pas) est très jolie, d'ailleurs. Le prieuré de Lavaray était (encore (et toujours)) fermé.

 

vendredi, 19 juin 2020

*1906*

Donc l'un des deux néfliers n'est plus. Aujourd'hui, il faudra percer des trous dans la souche pour lui injecter je ne sais quel produit permettant de l'éradiquer sans dessoucher.

 

Ces temps-ci je traverse une phase totalement désabusée : rien ne me semble avoir de sens, et rien ne semble valoir la peine de se remuer. Cela passera, sans doute, mais ce n'est pas agréable.

D'ailleurs, je ne continue plus aucun de mes Projets.

 

Hier midi, déjeuner à l'excellent restaurant éthiopien, le Karamara. Vu, dans le jardin de la Préfecture, les 5 statuettes représentant des personnages de Balzac en costume contemporain (Rastignac sur son téléphone portable etc.). Ce n'est pas bien malin, et plutôt laid.

Entre deux averses torrentielles, détruit le muret sous le perron avec mon père, et fait deux allers-retours à la déchetterie.

Le soir, nanard (drôle) : Johnny English Returns.

 

jeudi, 18 juin 2020

*1806*

Aujourd'hui, on a 28 ans (avec l'épaule gauche en capilotade, en ce qui me concerne).

 

Aujourd'hui aussi, hélas, on fait abattre le néflier proche de la cuisine, car ses racines ont crevé une canalisation, de sorte que nous nous sommes aperçus très tardivement d'une fuite d'eau bien coûteuse, le mois dernier. Pas d'autre solution que de le faire abattre puis de l'éradiquer. Cela me rend très triste.

 

07:55 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (2)

mercredi, 17 juin 2020

*1706*

Mes parents sont arrivés en début d'après-midi, en nous apportant des meubles et divers objets de Hagetmau. D'ici septembre, normalement, il faudra avoir vidé la maison.

 

Nous nous sommes embrassés, malgré tout ; on ne s'était pas vus depuis quatre mois...

 

18:35 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 16 juin 2020

Médailles

Grande manifestation des “soignant·es” comme on dit désormais, et, comme l'ont souligné pas mal de personnes, on est passé très rapidement des applaudissements tous les soirs à huit heures aux lacrymos et aux coups de matraques dans la gueule. De quel droit ces gens réclameraient-ils autre chose que des applaudissements et des médailles, hein ? Quelle outrecuidance...

 

Il va de soi qu'il faudrait recruter et investir massivement pour l'hôpital public, en payant enfin toutes les heures supplémentaires en retard et en réduisant le temps de travail hebdomadaire réglementaire. Cela serait possible avec seulement une fraction du pognon de dingue dépensé en pure perte dans le CICE.

Gouverner, c'est choisir, n'est-ce pas.

 

À la marge je m'étonne de voir que des militants qui se disent communistes et prolétariens et qui se plaignent que les sujets “sociétaux” accaparent le débat à gauche ne partagent jamais, sur les réseaux sociaux, d'articles sur 'hôpital public ou sur la mise en coupe réglée de l'Université, et que, même ces jours-ci, ils n'ont, pour tout potage, que leurs cris d'orfraie face aux antiracistes et au communautarisme. Ces gens qui se croient plus de gauche que n'importe qui d'autre car ils représente(raie)nt le peuple ont définitivement sombré dans les marottes des Zemmour et autres identitaires, à qui ils déroulent le tapis rouge sept jours sur sept.

 

20:24 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 15 juin 2020

Cadavres exquis du 12 juin

en famille, à Rennes

 

Le gros Nekfeu quémande une bouche de poisson dans la mare aux canards.

 

Le rouquin Jean-Patrick, rose, calfeutre Jean-Michel L.-B. tout autour de l'Australie.

 

Le logiciel Genially, jaune, excitait un pottok et une biquette dans la jungle.

 

Mme R., qui souffre d'encoprésie, empeste le thermostat électronique aux grottes de Rocamadour.

 

La passoire claire trépane des prunes dans la poubelle de la voisine.

 

Le chalutier débile refoule une pizza à l'ananas afin de gagner la course.

 

Le rhinocéros maigrelet dévorait des merdes de chien chez mon grand-père.

 

Le barman grisonnant devient les chaussettes mouillées dans le garage.

 

La blogueuse beauté pétomane dévore de l'emmental pouce en l'air dans la merde.

 

Madame la Vouivre, boiteuse, dévore un manteau avec Benjamin Griveaux.

 

Le beau suidé citronné a acheté quelques carottes par un matin d'hiver.

 

Quatre ragondins bipèdes grandiloquents ont réparé un corniflard Marque Repère au fond du lavabo sale.

 

Burokratz le vampire, jaunâtre, a boudigué mon cagoince avec des sacoches de vélo fleuries.

 

Le masque chirurgical goguenard a payé un bidon d'essence comme une vieille infecte.

 

Ninog affolée poignardera mon jus de chaussettes sur une Harley Davidson.

 

Le redoutable Gilles Le Gendre remarque de la pralinoise au lycée Vaucanson.

 

Le professeur de maths taquin démembre un blindeur chauffant dans un coffre-fort.

 

La raie pastenague, toute nue, déloge une tronche de faf dans le cartable de mon frère.

 

Les Bretons fort poilus urinaient du linge de maison au fond de la fosse à purin.

 

Le nabot rabat-joie broute une moustache ridicule chez Jean-Baptiste Poquelin.

 

Aya Nakamura pâle comme un cul a consommé un coloriage anti-stress en crachant un glabiot.

 

La principale tuberculeuse a déféqué les maquereaux dans un bouiboui.

 

Le gigolo qui pue risque de débigoincer la statuette Baoulé dans le camping-car Chausson.

 

Le chien atrabilaire mord des merdes de chat à minuit.

 

dimanche, 14 juin 2020

Enfin, le 22 !

Soyons clairs : Macron a été nul, il a tenu des propos indignes au sujet de la mémoire et de l'histoire, il s'est autocongratulé alors, que comme le rappelle encore ce soir le professeur Juvin, la gestion de la crise par ce gouvernement a été calamiteuse (et il faudra le rappeler et le marteler), mais on ne peut que se réjouir que, lycéens mis à part, tous les élèves du pays retrouvent le chemin de l'école le 22 juin. Même pour deux semaines, il est essentiel de tenter de renouer avec un fonctionnement normal sans attendre la rentrée de septembre.

 

Je sais que le plus scandaleux est qu'on ait empoisonné la vie des chefs d'établissement et des collègues pour mettre en place des conditions d'enseignement ubuesques et dignes des pires films de science-fiction, alors que le retour à la normale (avec des masques, sans doute, mais voilà) était déjà possible depuis deux semaines. Malgré tout, il faut se réjouir de ce retour progressif à la normale. J'espère que, si la propagation du Covid19 continue de faiblir ou de stagner, la rentrée de septembre dans les universités se fera sans toutes ces inepties de "continuité pédagogique hybride" et de "panachage de distanciel et de présentiel barrière" dont fourmillent les e-mails et les lettres circulaires depuis quelques semaines.

 

Avant le 12 mars, l'Etat a été coupable de trop traîner avant de fermer les établissements d'enseignement ; depuis quelque temps, à l'inverse, on assistait à une débauche de précautions superfétatoires virant au ridicule. Retour à la normale, et croisons les doigts.

 

22:30 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (2)

samedi, 13 juin 2020

Retour à Vitré

Notre petit séjour à Vitré et à Saint-Malo, début mai 2006, correspond à une période particulièrement créatrice et particulièrement heureuse, malgré des aléas toujours.

Hier, nous avons passé quelques heures à Vitré ; je me rappelais très bien la petite cité charmante, émouvante.

 

Vitré, 13 juin 2020

 

Le musée municipal, dans le château, a été entièrement remanié. On n'y voit plus ces collections zoologiques du 19e siècle complètement délirantes, avec notamment des grenouilles empaillées représentées en train de disputer un duel au fleuret. Je me rappelle les avoir prises en photo, mais la photo est introuvable sur ma galerie Flickr.

 

Sainte-Suzanne (Mayenne)

 

Hier, nous avions fait un détour par Sainte-Suzanne, en Mayenne. Cela m'a fait du bien, je crois, de reprendre un peu la route, changer d'horizons.

 

vendredi, 12 juin 2020

Masques sur l'administration

Ce matin, je finis par me lever, après des heures à ne plus dormir, et découvre qu'il pleut, qu'il a plu, encore.

20200611_140418.jpg

Hier, petit tour en ville, et l'occasion, devant un kebab désaffecté, de ce selfie "so 2020".

 

Enfin eu des infos du service compétent à l'Université : mon malaise de fin novembre est bien considéré comme accident du travail. Pour mémoire, j'ai vu le médecin expert diligenté par l'Université le 20 décembre. Me transmettre l'avis favorable du médecin expert aura donc pris six mois. Le Covid19 (ah oui, le Covid19 : je dirai la Covid19 quand tout le monde dira la week-end) a bon dos.

Bien pratique, aussi, la crise sanitaire : j'ai appris que les heures complémentaires, habituellement payées en juillet ou en août, seraient versées en... novembre...

 

jeudi, 11 juin 2020

Vidal, entre vésanies et turpitudes

 

Vidal1.JPG

 

Vidal2.JPG

 

Voici de larges extraits d'une lettre envoyée le 2 juin par la ministre Vidal (totalement fantomatique et inutile depuis le début de son mandat, et pis encore pendant la crise du Covid19) aux établissements d'enseignement supérieur.

Vous la voyez venir, une fois encore, la saloperie absolue ?

 

Depuis des années, les universités exsangues, précarisées, demandent davantage de moyens et moins de flicage administratif par le ministère (dossiers d'accréditation, contrats quinquennaux de plus en plus lourds et assommants...).

Or, cette lettre ne mentionne jamais les questions budgétaires.

 

Par contre, cette lettre propose aux chefs d'établissement, déjà bien le doigt sur la couture du pantalon, de proposer des dérégulations, des assouplissements : comment faire encore davantage avec toujours moins de moyens, en essorant les enseignants-chercheurs et les BIATSS.

 

Cela va de pair avec l'annonce du projet de loi LPPR, contre lequel la communauté universitaire s'est déjà largement mobilisée depuis septembre. Ce projet vise à bousiller un peu plus l'Université publique, à ne financer que les projets qui permettront à des officines privées de s'engraisser sur le dos de l'Etat, et à caporaliser les universitaires.

 

mercredi, 10 juin 2020

Décrocheurs

Plusieurs médias se sont emparés depuis deux jours d'un thème accrocheur, celui des 5% d'enseignants "décrocheurs".

 

L''essentiel est de se souvenir qu'il s'agit là d'une opération de communication montée de toutes pièces par le ministère : les journalistes de France 2 ou du Nouvel Obs l'ont admis, ils ont fondé leurs articles sur des statistiques farfelues communiquées par le ministère. L'essentiel est surtout que la réalité étant sans rapport avec cette mise en relief d'éventuels profs aux abonnés absents, c'est tout de même la réalité que voient les Français-es. Et donc que les profs ont été très globalement et très massivement admirables, efficaces, et le sont encore, comme ils le sont habituellement.

Comme l'ont fait remarquer beaucoup de commentateurs furieux ou ironiques, ces reportages parlent finalement, en creux, des 95% d'enseignant-es qui ont réussi à faire leur métier pendant ces trois mois, et ce en dépit de l'incurie du gouvernement et des voltes-faces permanentes d'un ministre aussi incohérent qu'insignifiant.

 

L'utilisation du terme de décrocheur, je l'ai lue comme une sorte de contamination sémantique particulièrement perverse : alors que le terme de décrocheur est surtout employé depuis quelques années pour tenter de décrire (sans les stigmatiser) les élèves qui se trouvent dans des situations sociales telles qu'elles/ils perdent pied, le voilà accolé au substantif professeur dans une intention clairement stigmatisante. La vraie question est donc, de ce point de vue : décrocher est-il un verbe à agentivité forte ou non ? en termes plus anodins, le décrocheur est-il quelqu'un qui choisit de décrocher ? et donc, est-ce que décrocheur est un euphémisme pour flemmard ou pour naufragé ?

 

Ce sont là des discussions sans importance, sinon sans objet ; l'essentiel, comme je l'ai écrit plus haut, est de rappeler que la réalité de ces derniers mois a irrémédiablement décroché, débranché, dessaisi le ministère, avec ses I.G. aussi déconnectés qu'arrogants, et son ministre pétri d'idéologie catholique rance et stérile.

 

mardi, 09 juin 2020

La transphobie de J.K. Rowling, ou les priorités de la "militance"

[Avertissement : ce billet n'a aucun objectif polémique.

Toute formulation maladroite ou inappropriée etc.

peut être signalée en commentaire, discutée etc.]


Depuis deux jours, les réseaux sociaux — Twitter surtout —  bruissent d'une polémique comme il en fleurit une par jour, au sujet de déclarations transphobes de J.K. Rowling.

De fait, l'autrice célébrissime de la série des Harry Potter, déjà accusée depuis belle lurette par certain-es militant-es LGBT d'être une TERF (Trans-Exclusionary Radical Feminist), a remis le couvert, si j'ose dire, en déclarant qu'une femme était quelqu'un qui avait ses règles.

 

Comme je vois à la fois les réactions d'exaspération des personnes qui comprennent en quoi ces propos qui confondent genre et sexe biologique sont transphobes et les réactions désabusées des personnes (y compris très jeunes) qui disent que J.K. Rowling s'est contentée d'émettre une vérité scientifique, je sais que l'objectif n°1 serait ici d'en profiter pour expliquer en quoi le genre n'est pas le sexe biologique, et donc en quoi certaines "personnes qui ont leurs règles" se reconnaissent comme de genre masculin, voire ont entamé leur transition, et, à l'inverse, comment certaines personnes qui n'ont pas de règles, et/ou qui ont des attributs sexuels masculins, se reconnaissent comme de genre féminin, voire ont entamé leur transition. Autrement dit, pour ne pas s'attarder pendant des plombes sur Rowling elle-même, cette polémique serait l'occasion rêvée d'expliquer ce qu'est la transphobie, et donc, ab initio, ce qu'est l'identité trans, ce qui, même avec beaucoup de tolérance et de bonne foi, ne va pas de soi pour des personnes dites "cis" qui n'ont pas étudié la question ou qui n'ont pas de trans dans leur entourage.

Dans une société comme la nôtre, il paraît que la majorité des médecins ont des pratiques ou tiennent des propos transphobes par méconnaissance (ou refus idéologique) de l'identité de genre ; on peut donc supposer que la route est encore longue pour la société dans son ensemble, et que des polémiques comme celles-ci sont une occasion rêvée, en un sens, d'expliquer et de faire avancer les choses. Par une analogie qui n'est que très partiellement satisfaisante, je sais que, par delà les postures et les préjugés, des personnes ont un peu mieux compris ce qu'était le blackface et en quoi c'était problématique lors de l'affaire Griezmann. Une polémique devrait donc toujours être l'occasion, non de l'invective, mais de débats constructifs.

 

Or, que voit-on depuis 48 heures ? la crispation exclusive autour de la figure de J.K. Rowling, ainsi qu'un débat — qui serait passionnant s'il était mené avec des outils conceptuels pertinents —  sur l'œuvre.

Qu'entends-je par là ?

Eh bien, m'étant fendu d'un tweet, dimanche, pour déplorer qu'on puisse faire tant de crédit à J.K. Rowling qu'elle soit désormais considérée comme une boussole idéologique pour tant de personnes, j'ai pu constater que l'essentiel des débats opposait les militant-es LGBT qui rappellent d'autres déclarations transphobes, voire sexistes (car, au fond, l'équation féminité = menstruation devrait également poser problème en termes d'idéologie féministe), de Rowling, et qui démontrent en quoi la saga Harry Potter est fondamentalement hétéropatriarcale, et d'autres militant-es LGBT qui expliquent, au contraire, que les romans de Rowling ont aidé des milliers de jeunes LGBT englués dans des familles racistes ou sexistes à s'affranchir de ces modèles familiaux. Le débat théorique est passionnant, et, d'ailleurs, sans être aucunement passionné par Harry Potter, je vois passer des articles à ce sujet depuis déjà bien longtemps.

 

Toutefois, je le rappelle, la réaction de la majorité des internautes a été de dire que cette polémique n'avait pas lieu d'être et que Rowling avait simplement émis une évidence scientifique. La priorité n'est donc pas de débattre de Rowling elle-même ou de Harry Potter. Ce qui se passe révèle donc l'importance monumentale, et, selon moi, très largement disproportionnée, de Harry Potter en tant que phénomène ou objet culturel. Tout se passe comme si, pour les "fans" (car on voit beaucoup passer ce terme de fandom, qui mériterait à lui seul un billet d'analyse sémantique), y compris LGBT, Harry Potter comptait davantage que la lutte contre la transphobie.

Bien sûr, les lectrices et lecteurs de Harry Potter peuvent s'approprier les textes et les faire jouer contre leur autrice, ou, plus exactement, contre certaines déclarations de leur autrice. En faisant cela, même, elles et ils auront compris ce qu'est la littérature, ou ce qu'est l'art : une œuvre n'a de valeur, fondamentalement, qu'en tant qu'elle échappe à son auteur, ou à l'idéologie de son auteur. La difficulté qu'éprouvent beaucoup de fans à séparer les déclarations transphobes de Rowling de leur passion pour son œuvre proviennent justement de cette identification personnelle profonde à un univers fictionnel : elles/ils sont plus fans que lecteurs, en fin de compte, et veulent absolument que l'œuvre fasse corps, soit cohérente avec la moindre des idées de son autrice.

Cela n'a rien de nouveau ; qu'on ne se trompe pas sur ce que je cherche à dire. Il paraît qu'après la publication de Werther, l'Europe de l'ouest a connu une vague de suicides. En un sens, l'illusion selon laquelle une œuvre de fiction qui fait l'objet d'un engouement personnel et collectif peut/doit représenter le monde réel, et même lui servir de notice explicative, montre en quoi l'art reste doué d'un pouvoir immense.

 

Ce que je cherche à dire — mais là encore, je le fais en pesant mes mots, et en reconnaissant qu'en tant que personne dite "cis" je ne suis pas idéalement placé et, ayant déjà discuté de cela avec des personnes trans, je suis prêt à poursuivre la discussion — c'est qu'à l'occasion d'une telle polémique, il me semble que les militant-es LGBT devraient moins se préoccuper du statut de célébrité de Rowling que de déconstruire les déclarations en question : en se concentrant sur la figure de Rowling, elles/ils ne font que renforcer le statut de prescriptrice de Rowling, statut totalement usurpé, alors que ce qui doit faire l'objet d'un débat et d'explications, c'est cette fameuse et fallacieuse équation {femmes = règles}.

Et surtout, plus globalement, il faut que les militant-es, sur ce sujet-là comme sur d'autres, sachent distinguer l'essentiel de l'accessoire. La façon dont, depuis quelques années, on voit, par exemple, des militant-es qui se disent de gauche et antiracistes (et qui le sont, d'ailleurs, en toute sincérité) se persuader que le danger principal en France est le "communautarisme", est une des distorsions idéologiques qui ne cessent de me confondre, et de m'effrayer.

 

06:39 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (3)

lundi, 08 juin 2020

Mother

Une de mes seules satisfactions de ces dernières semaines, c'est d'avoir tenu un journal assez exhaustif des films que nous avons regardés, et justement ces derniers temps je me suis un peu laissé aller. Je note donc qu'hier soir nous avons regardé Mother de Bong Joon-ho, plus connu récemment pour Parasite.

Parasite, nous l'avions regardé fin mars, et je n'avais alors pas noté le nom du réalisateur : c'est un travers fréquent, y compris des cinéphiles — ne pas citer le nom des réalisateurs étrangers quand ils ne sont pas américains ou ultra-connus. Je me rappelle que cela avait été dûment souligné lorsque Apichatpong Weerasethakul avait eu la Palme d'Or.

 

mother.JPGMother m'a davantage plu que Parasite. Moins verbeux, moins hystérique, il s'agit d'un film mieux construit, mieux tenu en quelque sorte, et pourtant fort loin d'être minimaliste. Dès la scène initiale, de l'actrice interprétant la mère dansant au milieu d'un champ de blés, on comprend qu'il s'agit de représenter par cette danse les états contrastés du personnage au fil du film — un peu comme un prologue théâtral qui suggère et révèle. Le dosage entre drame et humour noir est subtil ; le scénario parvient à se structurer autour d'un personnage en situation de handicap sans sombrer dans le pathos ni dans la moquerie (encore que, si je cherchais, je trouverais sans doute des billets fustigeant le validisme du film) ; la satire sociale est efficace même quand on ne connaît à peu près rien à la culture coréenne ; enfin, la façon dont l'intrigue tourne autour du meurtre de la jeune prostituée est habile, un peu dans la lignée de Tarantino ou de Kitano. De nombreux plans sont sidérants de beauté et surtout d'efficacité narrative : ici, comme toujours dans les films que j'aime vraiment (et c'est un point d'achoppement, ou d'incompréhension, entre A* et moi), le formalisme n'est jamais gratuit.

On peut retenir, comme allégorie inversée — et quelque peu surnaturelle — du cinéma, le point d'acupuncture que la mère est seule à connaître et qu'elle s'applique dans la scène finale du voyage en car : cinq pouces au-dessus du genou, la piqûre efface les mauvais souvenirs.

 

* * * * * *

 

Ironie, nous avons vu ce film le jour de la fête des mères, fête dont tout a été dit et dont tout est dit chaque année : pétainiste, commerciale etc. Et pourtant rares celles et ceux qui n'en profitent pas pour faire un salut appuyé à leur mère, ou pour se la remémorer.

J'ai appelé la mienne, et nous avons parlé de ma grand-mère.

 

dimanche, 07 juin 2020

Archéologie des coïncidences

Hier, j'avais décidé de parler de l'odeur du vinaigre blanc, et ça coïncidait avec l'anniversaire de ce carnétoile, comme je disais dans le temps.

Or, l'histoire du vinaigre blanc m'a conduit à évoquer la Clarté, la maison de mon arrière-grand-mère maternelle. C'est seulement aujourd'hui que je m'avise que la maison de mon arrière-grand-mère se trouvait... rue du 6 Juin 1944. Ah, ça ne s'invente pas.

 

Vérification faite, j'avais déjà évoqué la nécessité de consacrer un billet à l'odeur du vinaigre blanc, il y a presque dix ans : j'y aurai mis le temps, et encore l'ai-je bâclé. Quelques jours plus tard, en octobre 2010 donc, j'en parlais encore (et le billet contient un lien vers un blog que j'avais oublié et dont je m'étonne qu'il soit encore en ligne).

 

*********************

 

Une bonne conversation avec ma mère, en début d'après-midi. Oublié de lui reparler du lézard à double queue qui leur tient compagnie, ces temps-ci.

 

samedi, 06 juin 2020

Désembarquement

Aujourd'hui, c'est le quinzième anniversaire de ce blog, qui a connu des soubresauts, et même des mois de jachère, mais qui porte la trace, jusque dans la multiplicité de ses catégories ou rubriques, de mes obsessions ou de mes disséminations. Cette année, je me suis résolu à adopter, plus franchement et plus banalement que jamais, la forme du journal, l'idée étant d'atteindre le 31 décembre en ayant écrit 366 billets ; jusqu'à présent, le pari est tenu, mais il faut dire que la contrainte, par rapport à tant d'autres projets, est minime.

 

Ce soir, je suis allé à Beaumont-la-Ronce et j'en ai profité pour refaire quelques photos du château, que nous avions visité en septembre 2007. Le village est tout à fait charmant. Ce que je n'ai pas vraiment réussi à faire, avec Touraine sereine, et qui était pourtant une partie du projet de départ, c'est une sorte de chronique topographique, ou de vaste livre ligérien foutraque. Enfin, foutraque, j'ai su. Ligérien, c'est moins net.

Le ciel était très beau ce soir ; pour un peu, je me serais arrêté boire un coup au troquet, à Langennerie. Peut-on, en approchant la cinquantaine, développer de nouvelles manies ?

 

Mais peu importe. Ce dont je dois parler, c'est l'odeur du vinaigre blanc.

J'ai souvent eu envie d'écrire un texte à ce sujet, et je ne crois pas l'avoir fait.

Hier matin, je nettoyais à fond l'évier de la buanderie, au vinaigre blanc justement. Et il m'est revenu que j'utilise ce produit depuis un peu moins de vingt ans, je crois. J'ai dû commencer à m'en servir, et je ne sais qui m'en donna l'idée, quand nous vivions à Beauvais : dans la maison de la rue Jean-Baptiste Baillière -- pas à l'appartement. Toujours est-il que, lors des premières fois où j'ai utilisé du vinaigre blanc, l'odeur m'a évoqué quelque chose de très profond, et je n'ai pas su deviner quoi. Cette odeur m'évoquait quelque chose, et il m'a été impossible, les deux ou trois premières fois, de savoir pourquoi cette odeur m'était familière. Chez mes parents, jamais on n'employait de vinaigre blanc ou de vinaigre d'alcool.

Et puis à un moment donné ça s'est imposé comme une évidence, comme une madeleine de Proust mais à retardement : au lieu de l'immédiateté de la synesthésie, une lente maturation... après tout, quoi de plus normal, pour du vinaigre ? [canned laughter] Donc cette odeur, bien sûr, c'était celle de la Clarté.

La Clarté était la maison de mon arrière-grand-mère maternelle, à Saint-Pierre-du-Mont. Mon arrière-grand-mère vivait à quelque 300 ou 400 mètres de chez mes grands-parents, et elle était à demeure chez eux, sauf qu'elle n'y dormait pas : sa maison, pour ce que je m'en souviens, était plutôt un dortoir. Seule exception, un jour par semaine (le jeudi je crois), mes grands-parents allaient y déjeuner. Et puis quand nous allions passer le dimanche chez mes grands-parents, il y avait toujours un moment, dans l'après-midi, où mon arrière-grand-mère nous enjoignait de venir voir sa petite maison.

Ainsi, ma bisaïeule passait fort peu de temps dans sa maison, mais nous (ma soeur et moi) y allions assez souvent, finalement. Et parmi les nombreux souvenirs, il y avait cette odeur du cellier, une odeur que j'étais incapable d'identifier. Là, juste auprès de la porte reliant le cellier à la cuisine, ça sentait ça. Et ça, donc, je ne savais absolument pas ce que c'était. Si j'avais demandé, si j'avais expliqué, on m'aurait dit, sans doute. Mais si je n'ai jamais demandé, c'est que ça fait partie de ces petites choses à la fois dérisoires et totalement mystérieuses pour lesquelles on ne pose jamais de questions, peut-être parce qu'on pense que c'est une odeur de vieille personne ou qu'il y a quelque chose de trouble. Or, rien de trouble : seulement l'odeur du produit d'entretien à la fois le plus fruste (et sans rapport avec tous les produits ménagers petits-bourgeois, à la sève de pin ou à la lavande ou que sais-je encore, des autres maisons) et -- l'avenir l'a montré -- le plus efficace pour désinfecter, le moins polluant. Mais je ne vais pas m'embarquer dans une interprétation sociologique, historique et familiale des produits d'entretien...

Ainsi, plus de dix ans après la mort de mon arrière-grand-mère, à Beauvais, dans une maison picarde en briques située dans une rue ouvrière, je me suis rendu compte que je nettoyais un lavabo ou une plinthe avec un produit dont je n'avais jamais senti l'odeur qu'en un seul autre endroit, et un endroit primordial de mon enfance : la Clarté. Et à chaque fois que je nettoie quelque chose au vinaigre blanc (avec la pandémie de Covid19, ce produit est devenu plus usuel encore), je pense à mon arrière-grand-mère, et à la Clarté, ainsi qu'aux autres endroits où j'ai vécu et où, de mon fait, s'était immiscée l'odeur de vinaigre blanc.

 

jeudi, 04 juin 2020

*0406*

Levé depuis une heure. Pluie en douceur, et désormais l'orage gronde. (C'est-à-dire que le tonnerre gronde.)

 

Etant donné l'heure à laquelle j'écris ces billets, ils ont tendance à n'être qu'une énumération de paragraphes dont le premier mot est Hier...

 

Manifestations partout aux Etats-Unis, où on compte encore mille morts par jour en raison de la pandémie. Les manifestants qui protestent contre les violences policières suite à la mort de George Floyd redonnent tout son lustre au mouvement Black Lives Matter. C'est impressionnant. Les racistes de tout poil se déchaînent sur les réseaux sociaux, y compris en réaction aux manifestations plus timides en France.

Le plus abject, ce sont les idiots qui prennent prétexte de la pandémie pour dire qu'il ne faut pas manifester : hier en réunion de département, notre collègue épidémiologiste nous a bien indiqués qu'au vu des publications désormais nombreuses on était presque sûr que les moins de 25 ans ne sont pas contagieux et peu contaminables, qu'il n'est pas certain que le virus reste actif sur les surfaces non vivantes, et enfin que la distance d'au moins un mètre suffisait même sans masque.

 

Bruits de sirènes en ce moment même. Pluie violente.

 

07:52 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 03 juin 2020

Quille et resquille

Hier, nous avons disputé la n-ième journée du championnat de Mölkky à trois, et O* mène très largement désormais (81 pts, contre 65 à moi et 47 à C*). Il faut dire que nous nous sommes aperçus que C* jouait beaucoup mieux avec ses lunettes qu'avec les lentilles : cela confirme son idée que le réglage délibéré des lentilles par l'ophthalmo en prévision de la presbytie n'est pas satisfaisante du tout. Mais avant d'avoir un rendez-vous...

Nous avons décidé de clore cette partie du championnat quand le vainqueur aura atteint 100 points et de recommencer avec un autre système moins défavorable aux perdants, et qui permette de maintenir davantage de suspense même si l'un de nous trois gagne plus de matches ; l'idée serait, sur le modèle du Mölkky à deux, d'attribuer davantage de points au deuxième s'il marque plus de 45 points, et d'attribuer des points aussi au troisième. Peut-être devrons-nous, de toute manière, nous résoudre à des manches de cent points.

 

Hier soir, je me suis couché, après avoir lu un chapitre de To the Lighthouse sur la terrasse, avec mon volume des contes de Bechstein et Grimm afin d'y lire le conte du pêcheur et de son épouse (qui est en plattdeutsch,* bonjour la galère !), mais aussi avec l'anthologie Norton, pour y lire les extraits de Characteristics de Carlyle. On n'a bien sûr pas du tout besoin de lire tout ça pour suivre le roman ; c'est seulement que ma folie ne s'arrange pas ! -- Par parenthèse, je ne me rappelle plus du tout quand j'ai lu le roman, peut-être pendant mes années de prépa...

 

Ce matin, il va y avoir en fin de matinée, pour la première fois depuis la mi-mars et la mise en place de l'enseignement distanciel, trois ordinateurs requis par trois visioconférences différentes : C* avec sa classe de première, O* avec son prof de hautbois (à 11 h 30 via l'appel vidéo de Messenger, comme tous les mercredis) et enfin moi en réunion de département. Jusque là, ça s'était mieux goupillé.

 

* J'ai appris, en faisant deux ou trois recherches sur cette langue régionale que je réussis à lire grâce à mes connaissances en allemand et en anglais, qu'il en existait une autre variante dérivée au Brésil, le pomerano, sorte de créole mélangeant portugais et niederdeutsch. J'ai aussi appris que le roman de Günter Grass, Le turbot [Der Butt] était inspiré du conte des frères Grimm.

 

07:44 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (1)

mardi, 02 juin 2020

Ne pas confondre Arnold et Stefan

antlitz.JPG

Voici l'incipit du livre d'Arnold Zweig, Das ostjüdische Antlitz, publié il y a cent ans tout juste et qui, comme beaucoup d'autres livres de son auteur, n'a jamais été traduit. Mais non, je ne vais pas me mettre ça dans les pattes en plus du reste. Comme dirait le petit perfide au pseudo coréen, j'ai mieux à faire.

 

Aujourd'hui, notamment, je dois poursuivre le formatage et la mise en ligne, en vue du 15 juin, de l'ensemble des sujets de rattrapage de la Licence. Quand on voit ce que fabriquent certain-es collègues, il vaut mieux faire cela méticuleusement, en vérifiant tout à la loupe.

 

06:38 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (2)

lundi, 01 juin 2020

Lect(o)ures

lectures.JPG

 

En ce premier jour de juin, je me contente, pour nourrir cette rubrique qui n'a pas connu un seul jour de jachère depuis le 1er janvier, de cette capture d'écran d'un tweet écrit hier matin.

 

Je m'en veux beaucoup de laisser en plan trois projets qui me tiennent à cœur, mais je manque de temps, et parfois d'énergie, et surtout de motivation dans la durée. Besoin d'être encouragé, peut-être. Au lieu de quoi, comme un idiot qui se disperse, j'ai créé samedi un nouveau compte Twitter dans lequel j'entreprends de transposer en anagrammes la totalité d'un grand roman moderniste.

Le verre d'eau à moitié plein, ce serait de considérer tout ce que j'ai amassé, en blogs et vlog, depuis quinze ans, en le faisant surtout pour moi-même...

 

dimanche, 31 mai 2020

Encore ratée (la tournée de Restigné)

Avant que ce billet ne soit publié, le dernier billet à s'afficher en page d'accueil du blog était celui-ci, et je trouve cela ironique, car j'y évoquais la règle des déplacements circonscrits dans un rayon de 100 kilomètres. Or, cette règle prend fin dans deux jours, et nous sommes allés aujourd'hui, pour la première fois, presque aux confins de ce cercle.

 

Nous étions au BioParc de Doué, pour une visite quasi annuelle. Les nouveaux espaces pour les lions et les guépards sont très bien, même si ce ne sont pas tellement les grands félins qui m'intéressent, dans les parcs zoologiques.

Visite quasi annuelle au BioParc de Doué-la-Fontaine, 31.05.2020

 

Au retour, je voulais enfin faire le détour minuscule par la chapelle romane de Restigné, mais j'ai encore raté la tournée ; décidément, c'est une malédiction (ou un acte manqué).

 

Soir : documentaire sur Amarna, tout en dramatisations musicales à deux balles et approximations historiques. Même moi que l'Egypte fait bâiller (la théogonie et l'histoire des dynasties égyptiennes comptent parmi les choses qui m'intéressent le moins dans l'Antiquité), j'ai pu remarquer que ce qui nous était présenté comme des révélations fracassantes traîne partout depuis des lustres, et que des faits présentés comme évidents (que Néfertiti ait survécu à son époux et ait commencé à défaire son œuvre monothéiste) sont loin de l'être.

 

Visite quasi annuelle au BioParc de Doué-la-Fontaine, 31.05.2020

Sterne inca, BioParc de Doué

samedi, 30 mai 2020

Corail nickel

Demain, nous roulerons 99 kilomètres jusqu'au point le plus éloigné où nous nous serons rendus depuis février, et ce deux jours avant la fin de la limite des 100 kilomètres. Cette phrase est bien biscornue et boiteuse.

 

Hier, ou plutôt à minuit et demi aujourd'hui, en rentrant de Fondettes, nous avons encore aperçu un renard ; cette fois-ci, un qui traversait la route devant nous sur la rocade, et devant qui j'ai ralenti pour être sûr de ne pas l'affoler. Ici, les relatives, mon dieu.

 

Il y a dix jours un des rares écrivains dont j'ai un peu égratigné le livre (sur des centaines déjà chroniqués sur mon vlog) a publié un tweet un peu amer, ce que je peux comprendre. Lui n'a guère de chance que son livre ne trouve que peu d'écho, et négatif, et moi je n'en ai pas beaucoup non plus, que mes vidéos n'aient quasiment aucun écho. Ce qui me fait le plus de peine, c'est pour l'éditeur, dont j'aime (pour le coup) beaucoup le travail. Mais il faut aussi souligner que ma vidéo a, de par ce qui apparaît dans le fil Twitter, donné quand même envie à deux personnes de lire le livre, donc de l'acheter. En effet, même quand j'émets un avis un peu mitigé, dans mes improvisations, je lis toujours un extrait et j'essaie de dire ce qu'est le livre, singulièrement.

 

On lit beaucoup, sur la terrasse, mais il y a un vent perpétuel et violent. Qui est on ?

 

Aujourd'hui commence la vingtaine annuelle, qui cette année relie le corail au nickel. --- Et je me demande si, pour fêter aussi les 15 ans de ce blog, dans une semaine, je ne commencerais pas... quoi ? un nouveau blog ? une nouvelle rubrique ? un nouveau compte Twitter ?

 

vendredi, 29 mai 2020

Traversées des fantoches

Hier, Blanquer, une fois encore à la ramasse et désavoué, a annoncé l'annulation de l'épreuve orale de français, dont le maintien était, de fait, incohérent, vu que, pour l'ensemble des autres épreuves du baccalauréat, il avait été décidé, depuis plus d'un mois, le remplacement des examens par une évaluation au contrôle continu sur les deux premiers trimestres. (De par plusieurs témoignages qui me reviennent, cette dernière décision a d'ailleurs foutu dans la merde mis dans un profond embarras pas mal de lycéens de Terminale qui avaient glandouillé en comptant sur des révisions de dernière minute pour sauver les meubles.) Ce ministre abject, qui impose depuis trois ans une idéologie saumâtre et rance contre tous les avis et contre les experts, est devenu de façon manifeste, depuis trois mois, le fantoche à la fois ridicule et odieux que les gens du milieu savaient déjà être.

Apparemment, si O* (qui est en quatrième) retourne au collège, ce sera un jour par semaine, car le collège ne peut pas s'organiser autrement : c'est ce que Blanquer nomme le “retour à la normale”. Imbécile.

 

Capture.JPGHier, passage chez le libraire, qui avait enfin fini par recevoir deux ouvrages publiés au Canada qui n'étaient pas arrivés à temps pour le 29 mai, en sus d'un certain nombre de livres divers que j'avais commandés et dont certains m'avaient été recommandés par Pierre Barrault. J'y ai aussi acheté la traduction du recueil de Christopher Okigbo, Labyrinths, qui paraît enfin en français, cinquante ans après la bataille, et sous la plume de celle qui fut ma présidente de jury de thèse, Christiane Fioupou. Bizarre de découvrir cette publication comme ça, par hasard, sur une table de librairie. Si moi, qui fais partie des quelques centaines de clampins susceptibles de connaître l'importance d'Okigbo (poète nigérian ultra-important, lyrique, subtil, et notoire notamment d'avoir été tué à 35 ans, dès les premiers mois de la guerre civile de 1967-1970) et d'une telle traduction en France, je l'apprends par hasard, ce n'est pas très bon signe pour le livre, outre le fait qu'il est sorti juste avant le confinement.

Je vais encore beaucoup me plonger dans des questions de traduction ces jours prochains car j'ai aussi acheté la traduction en Poésie/Gallimard des Sonnets de Pasolini : je crois que c'est l'édition recommandée pour le programme 2021 de l'agrégation de lettres modernes, et je vais pouvoir comparer avec celle des Solitaires intempestifs, que je connais mieux et depuis quelque temps déjà. Et j'ai aussi emprunté à la B.U. (on ne peut pas entrer, on commande à distance et on récupère les livres à l'extérieur, le long de la Loire) plusieurs livres de et sur Maryse Condé, dont la traduction de Traversée de la Mangrove par Richard Philcox : le livre est précédé d'un avant-propos du traducteur qui méritera(it) à lui seul un billet de blog.

 

.

En écoute : insistence de Jacques Ponzio / Africa Express [album remarquable / je dois écrire dans les jours qui viennent un billet de blog aussi sur les disques d'Africa Express, mais je rappelle ici même qu'il n'y a pas besoin d'attendre que j'en dise bien pour s'y intéresser]

 

 

jeudi, 28 mai 2020

Bigard, Hanouna, Zemmour, et le système Macron

Une des choses qui m'exaspère, le plus, et depuis déjà plusieurs années, est l'usage euphémistique du concept de populisme pour parler de l'extrême-droite, mais aussi, dans un tour de passe-passe qui est loin d'être satisfaisant en termes de sens politique, de l'ultra-gauche, ou même, tout simplement, de la gauche. Ainsi, ceux qui demandent le rétablissement de l'ISF ou plus de moyens pour l'hôpital public se trouvent dans le même sac que des élus millionnaires ou fraudeurs de fisc qui se servent des "migrants" comme de boucs émissaires dont il suffirait de se débarrasser pour que tous nos problèmes disparaissent.

Ces jours-ci, on voit bien éclater l'absurdité de cette accusation de populisme : en effet, les macronistes ne cessent de nous vanter leur baderne et leurs vieilles lunes comme rempart contre les populismes ; or, après Schiappa qui alla à la soupe chez Hanouna, on apprend que Macron console cette ordure de Zemmour au téléphone, et qu'il prend les avis de Patrick Sébastien et de Jean-Marie Bigard au sujet du déconfinement. Et ce sont les gens qui prennent position contre le MEDEF ou la FNSEA qui seraient "populistes"...!

Il en va de ce terme comme de celui de communautarisme : qui ne veut pas reconnaître ses a priori racistes ou son élitisme prétendra vouloir défendre l'universalisme démocratique du "modèle français" (et donc, très souvent, les discriminations institutionnalisées) contre le communautarisme.

 

Hier j'ai commencé à lire la biographie de Virginia Woolf par Hermione Lee. Ce n'est pas inintéressant, mais le format même des biographies m'emmerde. Juste avant d'éteindre la lumière je suis allé chercher To the Lighthouse sur mes étagères et j'ai commencé de le (re)lire.

De quoi être durablement déprimé : soutenu absolument pour rien - projet Scarlatti tenu pour poseur ou prétentieux, projet Pinget sans intérêt, traductions juste pour moi, mon vlog se réduit à "inonder le Web avec ma gueule"...

mercredi, 27 mai 2020

Huysmans

Il n'est pas évident de déterminer ce qu'il faut faire, et dans quel ordre.

 

Aujourd'hui, j'ai fini de lire Là-bas de Huysmans. Avec ses archaïsmes et ses vitupérations, Huysmans reste malgré tout un romancier vraiment intéressant, même par la façon dont il mêle deux romans qu'il n'a pas écrits à son roman principal en quelque sorte : on sent bien que les pages où Durtal rapporte ce qu'il a lu de Gilles de Rais sont plaquées, et il en va de même des conversations avec le sonneur de cloches de Saint-Sulpice, Carhaix... mais l'ensemble forme malgré tout un ensemble qui n'est pas seulement un assemblage d'aphorismes ou d'observations, d'une manière qui préfigure la structure romanesque des modernistes (Conrad, Ford Madox Ford, Woolf).

 

Je me suis replongé dans Huysmans à l'automne dernier, à l'occasion de la parution du Pléiade. Je n'avais vraiment lu que les poèmes en prose du Drageoir aux épices (non repris dans le Pléiade) et À rebours, comme tout le monde. Là, j'en suis à "mon" troisième, sans avoir relu À rebours. Je me convaincs que, sans être un très grand, Huysmans doit être lu, et même que ses romans ont beaucoup à nous dire, mutatis mutandis, des tripatouillages idéologiques dans lesquels nous traînassons.

 

mardi, 26 mai 2020

C'est comment qu'on freine ?

Travaillé bizarrement, par à-coups. Thieb et tiakri.

Repassé aux Tanneurs, pour la première fois depuis le 13 mars. Vu deux collègues, dont J*, qui veut vraiment m'embrigader dans son projet pour le décanat. Mais je ne veux pas être de la partie ; je ne veux être d'aucune partie. Tout dans l'université me désespère et m'accable.

 

Longue conversation téléphonique, le soir, avec S°. Ce qu'elle m'apprend du degré d'improvisation de notre Université en matière de rentrée, le fait que ce sera encore aux équipes d'improviser sur le terrain avec trois bouts de chandelle, et sans aucun cadrage précis, n'est pas pour moins m'accabler.

 

De toute façon le gouvernement va se servir de cette crise pour bousiller définitivement tout ce qui relevait encore un peu des services publics, de la cohésion sociale. Macron et Philippe préparent le monde de Hobbes, et se réjouissent sans doute de l'information monstrueuse que j'ai vu passer, la projection de la fortune de Bezos en 2026 : il serait alors multibillionnaire, et possèderait l'équivalent du PIB de 143 pays. Je ne sais même pas dans quel système dément on peut se laisser s'enfoncer, ni comment en sortir.

 

23:11 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (4)

lundi, 25 mai 2020

In pulverem

Aujourd'hui, j'ai notamment fait le ménage dans les chambres de l'étage : A* prétend que sa chambre n'est pas en désordre, mais il fallait au moins épousseter les 4 ou 5 piles, les retirer du sol pour passer l'aspirateur etc. Comme il y a quelques jours au bord de la Loire, j'ai eu, en faisant la poussière, une crise d'éternuements suivie, pendant plusieurs heures, d'une sensation de brûlure aux yeux... deviendrais-je allergique ? cela expliquerait-il mes migraines ou douleurs à la glotte depuis quelque temps déjà ? ou la sinusite carabinée observée lors de l'IRM en février (et dont je n'étais même pas conscient) serait-elle due à des polypes ?

Pendant ce temps, C* et les garçons étaient partis faire un assez long tour en vélo, pour étrenner le nouveau vélo d'A*. O* est revenu en se traînant, épuisé ; il s'est avéré qu'il était parti (et a donc pédalé 20 ou 25 kilomètres) avec des pneus à plat...

 

J'évoquais la question de la cinéphilie hier ; au fond, c'est un concept qui ne veut pas dire grand chose. Le mot cinéphile désigne-t-il quelqu'un qui aime aller au cinéma (voir des films sur grand écran), ou quelqu'un qui aime des films "difficiles", ou quelqu'un qui a une grande culture cinématographique à force d'en avoir vu, ou quelqu'un qui peut passer ses journées à regarder des films sans être hyper exigeant sur la qualité ? Ce soir, si un indice est la capacité à regarder sans s'ennuyer un film sans queue ni tête, j'étais le seul cinéphile de la maison. Le film était Happy Sweden ; au demeurant, c'est un film raté, mais comme l'a fait remarquer A* mon goût du formalisme me permet de regarder sans m'ennuyer des films d'un formalisme insignifiant ou creux.

 

Commencé, en m'interrompant dans un livre de Conceiçaõ Evaristo, Là-bas de Huysmans.

 

23:06 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (3)

dimanche, 24 mai 2020

Nec varietur

Peut-être puis-je faire le point sur les films que nous avons vus ces derniers jours.

 

Notre amie E*, à qui j'avais raconté il y a plusieurs semaines déjà qu'un des seuls vagues côtés positifs du confinement était que nous regardions tous les soirs un film, m'a écrit avant-hier par SMS "j'en reviens pas que tu sois devenu cinéphile" en ajoutant "C* doit être enchantée". Je ne me considère pas comme cinéphile, mais je trouve cette remarque très vexante. En effet, je le suis largement autant que C* ; le malentendu vient du fait que nous avons dû raconter à E*, comme à d'autres ami-es, que je regimbais souvent à regarder des films encensés par Télérama et qui s'avèrent généralement d'une médiocrité ou d'un académisme confondants. Mais justement, c'est qu'en un sens je suis trop cinéphile, peut-être, à moins de considérer que le cinéma ne m'intéresse pas assez pour que je me tape tout et n'importe quoi. En tout cas, si nous n'avons pas encore regardé de Monteiro, de Sergio Leone ou de Kurosawa, ce n'est pas parce que c'est moi qui renâcle... et pas plus tard que cette après-midi, j'ai regardé Bienvenue à Madagascar tout seul, car personne d'autre, dans la famille, ne voulait le voir... enfin bref...

Capture.JPG

Ces derniers jours, nous avons regardé en famille, donc :

      * Johnny English, parodie vraiment très drôle de James Bond, avec un Rowan Atkinson au meilleur de sa forme et presque aux antipodes de ses pitreries beaniennes (donc à son meilleur)

 

      * Un héros très discret, de Jacques Audiard, que nous n'avions pas vu lors de sa sortie et que je trouve, moi, plutôt réussi, même si le point de transition qui débouche sur la décision d'Albert de révéler la vérité est un peu opaque. Kassowitz joue très bien, et toute la première partie du film, avant sa fuite pour Paris, est peut-être ce qu'il y a de mieux. Le fait d'alterner les scènes "jouées" et les pseudo-interviews paraît un peu banal aujourd'hui, mais tout aussi forte et assumée la décision de filmer, à intervalles réguliers, les musiciens. La dernière intervention de Trintignant jouant Dehousse vieux est peut-être un poil appuyée.

 

      * Vincent, François, Paul et les autres, de Claude Sautet (1974), qui a été diffusé dans la semaine pour saluer la mémoire de Piccoli, mais qui aurait pu aussi être diffusé pour saluer celle de Jean-Loup Dabadie, mort hier. Très bon film, magistralement et subtilement interprété (à part quand Montand cabotine en faisant le mec guilleret ou confiant), mais qui a aussi presque une valeur documentaire, sur la façon dont on téléphonait au milieu des années 70, sur la cigarette omniprésente, et, surtout, sur une vision primordialement masculiniste, sans aucune distance. Ce film est, en un sens, le grand film à voir pour comprendre le rejet, comme allant de soi, des femmes à la périphérie du sens ; les spécialistes trouveraient du grain à moudre en y appliquant le test de Bechdel, ou plutôt, en y façonnant une sorte d'anti-test de Bechdel, voire en reprenant le concept, plus récent je crois, de male tears.

 

samedi, 23 mai 2020

Banalités & permutations

Ce matin, c'est la pluie qui m'a tiré du lit. Avec la boulangère nous avons échangé les habituelles banalités sur le fait qu'on en avait besoin, et que ça va faire du bien aux personnes allergiques au pollen, mais que c'est pas pratique avec un masque (ah non, celle-ci est une nouvelle venue).

On va encore rester terrés à la maison ce week-end (prolongé pourtant) : hier, C* et moi avons travaillé presque toute la journée ; demain, O* est d'anniversaire à la Cousinerie ; aujourd'hui, s'il pleut...

 

Le second tour des élections municipales aura lieu, sous réserves, le 28 juin. J'espère qu'on va se débarrasser cette nullité nuisible de Christophe Bouchet. Totalement passif et fantomatique jusqu'à la fin 2019, il s'est réveillé pour la campagne électorale, avec comme seule stratégie le clientélisme éhonté d'une part, la calomnie d'autre part.

 

Capture.JPG

Sur Twitter, il y a un jeu qui consiste à "bousiller un nom de groupe en changeant une seule lettre". Voici mes contributions :

Basis.

Humble Pip.

Talking Beads.

Les BB Prunes.

Dare Straits.

Supergus.

Coldclay.

Carter the Unstoppable Ex-Machine.

Les Gardons bouchers.

Fart Chimp.

Mouise Attaque.

Passive Attack.

Forever Pivot.

Shaka Pork.

 

vendredi, 22 mai 2020

Le printemps qui refleurit fait transpirer le macadam

 

Recommence à me lever / réveiller avant 6 h, voire bien avant 6 heures... Si au moins j'en profitais pour avancer des travaux d'envergure... mais non... Il fait, depuis trois jours, une vraie chaleur d'été, au point de laisser en courant d'air la nuit. Jusqu'à il y a cinq jours encore, la chaudière se relançait le matin une demi-heure ou une heure.

 

Dans mes glandouillages d'hier, j'ai joué à trois parties de Splendor avec O*, ainsi que 4 parties de Mölkky, sans compter, le soir, prise en main du jeu Abyss, assez rigolo mais plutôt complexe. (Il y a, sur le Web, un tuto dans lequel le vidéaste déclare que c'est un jeu assez simple, qui convient dès 10 ans. Je ne veux même pas voir les jeux difficiles de ce monsieur.)

J'avance dans Neruda, moins dans Roa Bastos. — Pris du retard dans les traductions quotidiennes de poètes de langue allemande ; il faudra en faire deux ou trois d'un coup. Comme pour le Projet Pinget ou d'autres de mes élucubrations (le projet Scarlatti, au point mort depuis le 8 avril), personne ne s'en aperçoit, donc ça ne fouette pas le feignant.

 

Hier soir, vers neuf heures du soir, un voisin que nous connaissons un peu est venu nous annoncer la mort, dimanche dernier, de son voisin d'en face, que nous connaissions moins ; j'ai discuté une seule fois avec lui, lors d'une fête des voisins. Il se trouve que mon oncle paternel est mort, lundi dernier, lui, d'un œdème respiratoire pour lequel il était suivi et soigné depuis trois ou quatre ans. Ma tante, elle, devait être opérée de sérieux problèmes cardiaques en avril, donc est particulièrement vulnérable. Comme on attend de savoir si le décès a pu être aggravé par une contamination inaperçue au Covid19, mon père ne sait pas encore s'il pourra se rendre aux obsèques.

Je les ai vus quatre fois ces 15 dernières années, dont aux obsèques de ma grand-mère en 2015 et de mon grand-père en 2018. J'ai vu mon cousin, mais sans échanger trois mots avec lui, deux ou trois fois ces dernières années, et je n'ai pas revu ma cousine depuis 1989 (qui dit pire ?). Autant dire que je ne compte pas me rendre à la cérémonie.

 

06:20 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 21 mai 2020

Quand j'ai connu Romy Cherif

lorraine hipseaume.jpg

 

Quand j'ai connu Romy Cherif

Elle était serveuse au Rif

Et avec Louise Favreau

Voulait quitter ce bistrot.

Le soir même avec Ilyes Trouve

On a croisé Jean-Paul Rouve

En parlant de Théo Le Corre

Et sa bouche d'albacore.

Romain Gutierrez n'a pas su

Combien il m'avait déçu,

Amoureux du sourire d'ange

De la belle Inès Demange.

 

Quand j'ai connu Romy Cherif

Elle était serveuse au Rif.

 

Au marché le vieux Noam Gilles

Vendait des bleus, des vieux-lilles,

Mais c'est sa femme, Aya Prigent,

Qui encaissait mon argent.

Le lendemain, William Le Meur

Faisait courir la rumeur

Que j'ai giflé Léo Lalanne

En lui hurlant "bougre d'âne".

C'est l'infâme Loan Deschamps

Au sourire si méchant

Qui, suivi de Dylan Caillaud,

M'a fait mouiller le maillot :

Pour la belle Clara Beaudouin

Fut un duel sans témoin.

 

Quand j'ai connu Romy Cherif

Elle était serveuse au Rif.

 

Pendant ce temps Lenny Gicquel

Matait Heckle & Jeckle ;

Son pote, Lorenzo Castro,

Avait chopé la gastro.

Ce fut donc le fier Wassim Pons

Qui, en découpant des bons,

Fit les courses d'Inès Belin

Au boui-boui du patelin.

Et sur Twitter, Titouan Gallo

Me traite de narvalo

Parce que Léane Gaborit

C'est meilleur, ce qu'elle écrit,

Du moins selon Ayoub Rouxel.

Mes strophes manquent de sel.

 

Quand j'ai connu Romy Cherif

Elle était serveuse au Rif.

 

Un autre Lorenzo (Cadet)

Au Rif sert du muscadet

Aidé de Salomé Barrière

(Masques et gestes barrière !).

Ton débit, Maxime Boisson,

Fais du slam avec. Sois son

Egérie, Alice Foucault,

La star de l'osso bucco.

Votre pote, Maëlys Combes,

A un rire d'outre-tombe.

 

Cependant, Lorenzo Cadet

Au Rif sert du muscadet.

 

Collé au zinc, Youssef Vitry

Exhibe un bifton flétri

Et déclame pour Aya Sow

Des vers de saute-ruisseau.

Aya aime Inaya Dupré

À l'œil diapré et pourpré.

(AYA IN LOVE WITH INAYA

Sur Vamos a la playa)

Youssef, tu sais, Sofia Paillard

N'aime pas ton bec braillard ;

Elle attend que Kylian Chauvel

Ramène un masque et du gel.

 

Cependant, Lorenzo Cadet

Au Rif sert du muscadet.

 

Dans la rue Sofia Da Costa

Que Youssef, saoul, accosta,

Porte, de roses, un bouquet

Pour sa meuf, Elsa Bouquet.

Poissons ? Gabrielle Sergent

Encaisse aussi mon argent.

Poissonnière, Alicia Corbin,

Aussi ici au turbin

Sur la place Gaspard-Brisset

(Personne ne sait qui c'est),

Près de la rue Charles-Gaucher

(Un pneu j'y ai amoché),

Demande à Louna Gaubert

De garder un camembert.

 

Cependant, Lorenzo Cadet

Au Rif sert du muscadet.

 

Poissonnier, Léo Da Cunha

Ne vend pas des piranhas,

Mais avec Victoire Bellet

Son amour est emmêlé :

Coucher avec Inès Mahieu

N'est pas ce qu'il fit de mieux.

 

Cependant, Lorenzo Cadet

Au Rif sert du muscadet.

 

Sur ce marché, Lina Busson

A aussi pris du poisson ;

C'est juillet, et Léane Vigne

S'envia de pêches de vigne ;

La crémière Mathilde Haddad

Vend du brie, du Rocamad'.

À qui ? à Romy Mansouri

Qui fait un piège à souris :

Colloc avec Eden Deschamps

(Fade, la belle-des-champs,

Pour un piège !) -- Nina Stéphan,

Leur colloc aussi, défend

À Soline Dumoulin

De ramener son margoulin

À leur appart. Mya Allain

Est en gap year, c'est malin.

 

Et au marché Lina Busson

A aussi pris du poisson.

 

C'est alors, Mathilde Collet,

Que je me suis affolé

De savoir que Nolan Mangin

Sortait partout son engin.

Quoiqu'on sache que Clément Lang

Se douche à l'ylang-ylang,

Aux noces de Yasmine Bru

La pluie tombait roide et dru.

Souvenir : Justine Perrot

Chantant J'suis pas un héros

Avec Agathe Collignon

En duo, c'est-y mignon.

 

Et au marché Lina Busson

A aussi pris du poisson.

 

Au mariage Tom Muller

De s'ennuyer avait l'air ;

Quant à Lorenzo Verger,

Ne cessant de gamberger,

A saoulé Arthur Collignon

Qui porte barbe et chignon.

Ce que Gabriel Ménager

A dit ("je sais pas nager")

Est vrai, car Timéo Fradin

L'atteste. On n'a vu plus radin

Ce jour-là que Louane Lagrange.

(En dire plus me démange.)

 

Jour de marché : Lina Busson

A aussi pris du poisson.

 

 

 

Il s'agit d'un  poème en 200 vers de rimes plates (sans compter les refrains) alternant 8 et 7 syllabes, dont la rime est donnée successivement par un des 100 noms du générateur de noms français Lorraine Hipseaume. Si vous cliquez sur le lien, 100 autres noms vous seront donnés, de sorte que chaque clic donne matière à un nouveau poème potentiel.

 

mercredi, 20 mai 2020

Bords de Loire, mi-printemps

Bréhémont (Indre-et-Loire)

 

Pour les 13 ans d'O*, nous avons fait, en fin de journée, notre première sortie familiale post-confinement, pas très loin bien sûr, d'abord à Lignières pour revoir les fresques sublimes du 16e siècle, dont ce très étonnant mort expirant une âme-enfant par la bouche, puis à Bréhémont, où l'on ne peut en fait pas accéder aux bords de Loire pour s'y promener en observant les oiseaux du fleuve, comme je le pensais, mais où on a pu admirer le ballet des dizaines d'hirondelles qui nichent sur l'église. Enfin, à Savonnières, nous avons pu marcher non loin de la Loire, en longeant la piste cyclable et en croisant pas mal de pêcheurs ; pique-nique là. Il faisait très beau, le ciel d'un bleu intense, l'insouciance, ou presque, au rendez-vous.

 

 

Bréhémont (Indre-et-Loire) Eglise de Lignières-en-Touraine, 20.05.2020 Savonnières, Indre-et-Loire, 20 mai 2020

mardi, 19 mai 2020

Ondoyant, ou aboulique ?

Il ne faudrait pas que cette situation d'exception dure beaucoup plus longtemps. On s'aperçoit que le rythme pris pendant le confinement risque d'être difficile à abandonner, et pourtant nous avons maintenu, aussi pour O* les jours de classe, des levers à heure fixe, mais plus tard que 7 h du matin, d'où un risque de décalage.

 

Hier après-midi, un de ses camarades est venu jouer à la maison, avec toutes les précautions d'usage, de même qu'un autre était venu aussi mercredi dernier. Dimanche prochain, un autre encore organise son anniversaire au parc de la Cousinerie, avec, là encore, toutes les précautions. Mais ce dont O* a besoin, c'est de retrouver un vrai rythme de travail, une structure plus rigoureuse de ses journées, et surtout, plus que rigoureuse, une structure extérieure. Nous finissons par penser qu'à partir du 1er juin il repartira peut-être au collège, finalement ; nous allons beaucoup hésiter et tergiverser encore. Mais, après tout, dans une société où tous les clients de tous les magasins portent des masques, où les échanges sociaux sont réduits au minimum, et où la "distanciation sociale" sera de mise aussi au collège, pourquoi ne pas tenter ? De toute manière, d'ici là, si le déconfinement (et notamment la réouverture des écoles) donne lieu à un accroissement des nouveaux cas et des hospitalisations, on le saura.

 

De mon côté, je travaille, bien sûr, d'autant qu'avec deux cours d'agrégation et un paquet de L3 qui me reste à moitié sur les bras, je n'ai pas de quoi m'ennuyer. Mais je glandouille aussi, et pour mes projets personnels, je ne mets pas ces journées à profit autant que je le pourrais / devrais. Et ça m'énerve contre moi-même (un peu comme la mort certaine de mon ordi de bureau et la grosse fuite d'eau au compteur depuis des mois, découverte hier par l'employé de la régie des eaux et dont le plombier, appelé en urgence, pense qu'on ne s'en débarrassera durablement qu'en faisant abattre le néflier le plus proche, et encore, sans traîner).

 

Hier, heureusement, j'ai avancé dans ma lecture des "sonnets de bois" de Neruda et j'ai pu filmer (cela ravira Didier Goux) une famille de mésanges dont les jeunes, de toute évidence, n'étaient pas sortis depuis bien longtemps. Fait quelques découvertes intéressantes dans Jump & Other Stories. Je peine un peu dans Moi le Suprême.

 

07:24 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (3)

lundi, 18 mai 2020

Sonnet emoji, un de plus

sonnet 1.JPG

sonnet 2.JPG

dimanche, 17 mai 2020

*1705*

Journée pénible, à de très nombreux égards.

 

Soir : Journal intime de Nanni Moretti, là encore vu à sa sortie au cinéma (mais qu'est-ce qu'on allait au cinéma...). Curieusement, la partie que je ne me rappelais pas du tout (le chapitre 2 : Îles) est celle que j'ai préférée, peut-être justement parce que la surprise était encore au rendez-vous...

 

22:30 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 16 mai 2020

Retour du mölkky

Aujourd'hui nous avons joué au Mölkky pour la première fois de l'année. En effet, signer des attestations dérogatoires pour toute la famille à seule fin d'aller au square du bout de la rue, avant le 11 mai, ç'eût été pénible. Et cette semaine, nous avons été très occupés.

 

Donc, première partie de Mölkky, et O* a imaginé un système de championnat dans lequel le vainqueur marque 8 points, le deuxième 2 points, et les autres zéro point. Sur ma suggestion, un concurrent éliminé d'une partie suite à 3 tirs sans marquer se verra enlever un point : ce cas de figure ne s'est pas présenté hier.

 

Par contre, j'ai perdu la main car je suis bon dernier du championnat après la première journée (3 parties), avec 4 points, contre 18 à C* et 8 à O*. Pour la troisième partie, je menais jusqu'à la fin, avec un dernier tir malheureux sur 4 quilles au lieu de 5, et j'ai été coiffé sur le poteau par C*, qui a touché miraculeusement la 9 pour me battre 50 à 49.

 

Film vu hier soir : Volvér.

Film vu ce soir : Four Weddings and a Funeral.

23:00 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 15 mai 2020

D'un fil ce qui te plaît.

Ce matin, après avoir somnolé vaguement pendant un bon moment, j'ai fini par me lever, tiré du lit par la chaudière qui se relançait, à 7 heures du matin. Pour ça, à coup sûr, ce printemps n'est pas différent des précédents : longue période de douceur sur 2 ou 3 bonnes semaines en avril, puis rafraîchissement vers la mi-mai, au point de retrouver le chauffage pendant une heure ou deux le matin. Le chauffage a même fonctionné, vingt minutes par ci par là, jusqu'à début juin deux ou trois années. Les nuits sont fraîches, autant dire, et les proverbes jumeaux pas toujours parfaitement pertinents.

 

Ce sont les deux fameux proverbes qui m'ont fait bricoler un titre  compressé pour ce billet, et ce titre m'évoque les fils sur Twitter (les threads — la règle absolue, pour avoir le droit d'utiliser ce mot quand on est francophones, semble être de ne savoir prononcer ni le /θ/ ni le /r/ ni le /ed/). J'en fais rarement, mais j'ai remarqué que souvent le premier tweet (ou gazouillis) d'un thread (ou fil) suscite des réactions (♥ ou RT), mais guère les suivants, ou alors un seul, ponctuellement; Pour les RT, cela s'explique : on partage avec ses followers (abonnés (il y a eu un gros délire à ce sujet avant-hier car l'Académie française a suggéré une périphrase ahurissante)) le premier texte, en espérant que ceux-ci ou celles-là (celleux) dérouleront la pelote (en anglais, on ne file jamais la métaphore jusqu'à yarn, sans doute car l'expression spin a yarn signifie “inventer un bobard”, “monter un bateau”...)

Bref, à force de parenthèses, j'ai perdu le fil.

 

Mais on se caille. Et comme toujours ici, le vent souffle à décorner les bœufs.

 

jeudi, 14 mai 2020

Dead Zone(s)

Hier soir, nous avons vu Dead Zone, revu pour ma part, pour la troisième fois.

Curieusement, toute la partie centrale, autour du tueur en série protégé par sa mère, m'était sortie de l'esprit. De même, à l'époque, n'ayant évidemment pas vu The West Wing (j'ai dû voir Dead Zone vers 1991 et 1998 respectivement), je n'avais pas pu trouver savoureuse, a posteriori, l'interprétation du futur président fanatique par Martin Sheen.

De même, je ne me rappelais pas que, dans la scène finale, John Smith s'installe dès la nuit précédente sur la galerie supérieure de la salle communale (église ?) afin de préparer son assassinat.

 

Aujourd'hui, diverses bricoles : visio Jitsi avec mon étudiant de M2, peaufinage du cours d'agrégation de demain, copies de L1 et L3, mise en place de la session de rattrapage...

 

mercredi, 13 mai 2020

Retour en ville, du 13 au 13

La dernière fois que j'étais allé en ville, à Tours centre donc, c'était le 13 mars.

Il s'est donc écoulé plus de temps que quand nous partons pour une grande part des vacances d'été (généralement du 10-15 juillet au 25 août). Malgré tout, l'impression est que moins de temps passé. Il faut dire qu'on n'a pas arrêté de bosser, et qu'en même temps on n'a rien fait de spécial.

 

20200513_104500

 

Impressions étranges en ville aussi, presque tout le monde masqué, tout le monde très prudent, globalement peu de gens d'ailleurs, des files d'attente qui paraissent tout de suite très longues à l'extérieur des échoppes les moins spacieuses...

 

20200513_104813

 

Se rappeler qu'en France, contrairement aux autres pays, tout le monde a dû s'acheter voire se bricoler (comme nous) des masques. Regain de froid depuis trois jours, et chargé de paquets en vue des anniversaires de la semaine prochaine, je me suis contenté de photographier la Loire depuis le parapet des Tanneurs. Bientôt, bientôt...

 

 

20200513_111929

 

mardi, 12 mai 2020

Queues

Hier, vers huit heures du soir, pendant le dîner, nous avons pu voir passer, dans la haie de troènes, et qui folâtraient dans la sapinette et les merisiers, une petite troupe de Mésanges à longue queue. Ce n'est pas très souvent qu'on en voit, et c'est toujours très émouvant. Il doit s'agir d'oiseaux qui n'ont pas trouvé à former de couples, ou qui cherchent à s'installer... à moins que ce ne soient déjà des jeunes issus d'une première nichée, et donc qui erreront ainsi, librement, jusqu'à l'année prochaine ?

En tout cas, elles n'ont fait que passer.

 

veinards.JPGJuste après, nous avons subi le nanard comique des années 60 imposé par A* : Les Veinards, un film à sketches de type très vaudevillesque, dont seul le premier était à peu près consistant, et surtout bien joué (par François Périer et Mireille Darc — Guy Tréjean toujours aussi creux). Ce film, outre son côté daté et lourdaud, sans rythme, brille par un sexisme comme évident, très frappant avec cinquante ans de recul...

veinards.JPGMême le sketch avec De Funès traîne en longueur, sans que De Funès lui-même n'ait la moindre illumination... Le deuxième sketch, avec Francis Blanche dans le rôle d'un type qui a gagné un déjeuner dans un restaurant prestigieux mais qui se fait couillonner de A à Z, est sans doute le plus inconsistant et le plus mal écrit (et pourtant, il y avait de la concurrence...) Dans le troisième sketch, un machin sans queue ni tête dont l'interprète principal est Darry Cowl (déjà, rien que ça...), A* s'est piqué un fou rire devant la nullité d'une des répliques. Un industriel enfermé hors de chez lui s'adresse à la concierge, vieille et censément peu ragoûtante, en lui disant “il faut appeler la police, il y a un satyre”. Et la concierge, visage réjoui : “Un satyre, où ça ?”

Vous voyez le niveau.

 

Hier le déconfinement a donné lieu à des cohues dans le métro (forcément, quand on incite les entreprises à mettre fin au télétravail et aux aménagements pour cause de cours à distance des enfants...), et, paraît-il, à des queues dans certains commerces. D'autres personnes que je connais ont rapporté avoir plutôt vu des villes encore semi-désertes. Surtout, il me semble que ces débats sont de faux débats : s'il y a déconfinement, on ne va pas commencer à faire les gros yeux à tel ou telle pour telle ou telle attitude. C'est l'arbre qui cache la forêt : ce qui compte, c'est la distribution de masques gratuits et le dépistage de masse — or, cela, le gouvernement y a lâchement renoncé. Ce qui compte, c'est un monde d'après plus écologique, moins consumériste, plus équitable : or, cela, des figues... Quelques voisins qui font des soirées chez eux ou des gens qui se posent sur les pelouses d'un parc à 80 cm l'un de l'autre au lieu d'un mètre, c'est l'arbre qui cache la forêt.

 

Pas réussi, n'ayant pas de colle appropriée, à réparer le procédé d'une des deux queues de billard ; O*, voulant sortir seul sur la terrasse dimanche le billard américain portatif, a heurté une des deux queues et cassé l'embout avec l'extrémité en feutrine bleue. J'ai mis un peu de scotch ; on verra ce que ça donne quand on y rejouera (la météo n'y est pas propice, pour le moment).

Mésange à longue queue  & branche de prunier

 

Aujourd'hui, j'avais l'intention d'aller en ville, pour la première fois depuis mes derniers cours aux Tanneurs le 13 mars, mais je vais attendre demain, d'une part car je n'ai pas de nouvelles des libraires à qui  j'ai passé certaines commandes en vue des anniversaires de C* et O*, d'autre part car symboliquement ce sera aussi le 13, donc deux mois précisément sans sortir de mon quartier de la Petite Arche (!).

(In cauda non venenum.)

 

lundi, 11 mai 2020

*1105*

Ce matin, je me suis levé pour constater le rafraîchissement, et surtout les averses à la limite de dégénérer en tempête. Il paraît que les métros étaient bondés ce matin, et Olivier Véran s'en est scandalisé : mais enfin, c'est leur faute !!! Le déconfinement sans distribution de masques ni incitation à maintenir le télé-travail, c'est la faute de ce gouvernement... à 100%.

 

Hier soir, interminable partie de Monopoly, à quatre — comme il y a quelques semaines, déjà à l'initiative d'O* — et qui s'est soldée par un dernier acte inédit : dix minutes où C* et moi avons disputé la finale, le temps de s'assurer que c'est bien elle qui me plumait, et non l'inverse.

Dans la journée, j'avais mis la piquette à O*, au piquet : 141/71, 120/57. Pas eu besoin de la belle en 221 points. (Pourquoi 221 points ? Le nombre 221, à part qu'il s'agit d'un multiple de deux nombres premiers consécutifs, n'a rien de particulier.)

 

Un peu avant midi, apéro visio (mais sans apéro en fait) avec mes parents, ma sœur, mon beau-frère et ma nièce.

 

Vendredi, j'ai promis à une amie de lui expliquer les motifs de mon hostilité à l'égard de Pierre Rabhi. Comme je manquais de temps, je lui avais promis un billet de blog d'ici dimanche. Comme elle m'a gentiment rappelé à ma promesse, je lui ai répondu vite fait, en MP. La vérité est que je n'ai aucune envie, en fait, de me (re)plonger dans ou tel texte de ce charlatan, dont on peut dire au mieux que son spiritualisme kitsch et creux est ridicule, au pire qu'il s'agit d'une stratégie d'extrême-droite pour placer toute la responsabilité de la lutte écologique sur les individus. Peut-être le ferai-je, tout de même.

 

11:40 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 10 mai 2020

La Pseudo-Phèdre, sommaire

Aujourd'hui, je me suis lancé dans un truc un peu dingo, qui consiste à réécrire sur Twitter, un vers sur deux de Phèdre. L'idée vient d'une énième fanfaronnade à côté de la plaque de ce paltoquet de Blanquer.

 

Comme d'autres se joignent et comme il se pourrait qu'on aille assez loin dans la pochade, j'ai décidé de reprendre, scène par scène, le texte dans ce blog.

 

Voici donc le sommaire :

 

 

 

 

 

 

samedi, 09 mai 2020

Odds and ends

Aujourd'hui, je n'ai pas fait grand chose, ou plus exactement : je n'ai guère bossé.

 

Comme, d'une part, il faisait beau, et comme, d'autre part, O* a été occupé à faire son travail d'arts plastiques le matin, à jouer à Fifa19 en début d'après-midi (il a été limogé de son poste d'entraîneur du PSG car avec les difficultés à jouer au niveau pro il y a 2-3 semaines quand il a passé ce niveau, il n'a pu terminer "que" 5e du championnat), puis à aider A* à faire la cuisine (quiche aux tomates cerise, velouté de fenouil et enfin chili pour demain), il n'y a eu ni partie de piquet, ni billard, ni ping-pong, et donc j'ai pu beaucoup lire, dehors, donc, malgré quelques agaçantes chignoles voisines autour des 3-4 heures de l'après-midi.

 

39de4-memmi2.jpgJ'ai fini de lire La statue de sel d'Albert Memmi, son premier roman (1953), que j'avais trouvé dans une boîte à livres je ne sais plus où, et qui s'est d'ailleurs débigoincé en cours de lecture : une fois la prochaine vidéo faite, il ira au recyclage, ce qui est dommage car c'est un très bon livre. En cherchant quelques bricoles hier au sujet de Memmi (dont j'ai lu il y a très longtemps, à Beauvais, Le scorpion) j'ai découvert qu'il était toujours vivant : il fêtera ses cent ans en décembre prochain. Roman en partie autobiographique, mais en partie seulement : on sait que les deux derniers chapitres correspondent en quelque sorte à une vie alternative d'Albert Memmi. Il s'agit d'un Bildungsroman qui suit les étapes d'un jeune Juif tunisois de l'enfance au début de l'âge adulte, après un “séjour” très rude dans un camp de prisonniers, sous le joug nazi. Memmi décrit très bien comment les Juifs d'Afrique du nord, considérés comme des citoyens de seconde zone avant et pendant la guerre, se sentent toujours aussi délaissés, tant par les FFL que par le nouveau gouvernement. Là où le roman se distingue notamment de la vie de Memmi, c'est qu'il s'agit d'un Künstlerroman déceptif : comment Alexandre Mordekhaï Benillouche n'est pas devenu écrivain. Le roman commence d'ailleurs d'une manière qui m'a rappelé le film de Perec Un homme qui dort, vu récemment.

 

pirandello.JPGJ'ai ensuite enchaîné sur un Pirandello acheté il y a un bon moment au Bibliovore (la fermeture des librairies ne m'a pas frustré car j'ai des dizaines de livres en souffrance, parfois depuis un bon bout de temps), Feu Mathias Pascal. Pirandello, ce sont surtout des souvenirs de théâtre lu, il y a longtemps : souvenir très vif d'avoir adoré Vêtir ceux qui sont nus ; je me revois encore rencogné dans un des deux vieux fauteuils de notre studio à Coppélia. Ce roman, le chef-d'œuvre de Pirandello selon la quatrième de couverture, commence très bien, les 150 premières pages, on va dire, mais je suis moins convaincu par les pages du milieu, l'intrigue dans la pension de famille romaine.

[On a side note, lire ce roman a été l'occasion de découvrir une scène des Évangiles qui m'avait échappé, la guérison de l'Hémorroïque.]

 

♣♣♣♣♣♣♣

 

chat 2.jpgSoir : Chat noir, chat blanc de Kusturica. Nous avions vu ce film, C* et moi, lors de sa sortie, en 1998, à Beauvais, avec une amie de l'époque, Béatrice, perdue de vue avant même que nous ne quittions la Picardie : elle s'était enfoncée dans la dépression, certainement, et avait glissé sans contrecoup possible dans les abonnées absentes. Il y a quelques mois, nous avons revu aussi avec les garçons Le Temps des gitans. La vie est un miracle, que je n'ai jamais vu, nous attend aussi. Chat noir, chat blanc est conforme à mon souvenir : brillant, drôle, emporté, véhément, avec bien entendu ces scènes anthologiques rythmées par des orchestres dans les postures les plus inimaginables. La grande scène du début chez Grga et la scène du convoi ferroviaire (avec le chef de gare pendu à une barrière levée) sont des hommages appuyés mais très réussis à Sergio Leone. Je n'avais pas de réel souvenir des entourloupes mafieuses qui rythment le film, ni du fait que les deux chats du titre sont aussi ceux qui, en folâtrant, ressuscitent les deux vieux. La résurrection et la joie macabre sont deux motifs essentiels du cinéma de Kusturica. La destruction progressive de la maison a un petit côté métafictionnel : regardez, on détruit le décor au fur et à mesure qu'on tourne le film. — Il faudrait revoir Underground aussi ; j'avais beaucoup aimé ce film et n'avais pas trop compris, à l'époque, pourquoi le film était accusé de défendre évidemment le nettoyage ethnique de Milosevic et sa bande...

 

rayon.jpgSinon, j'ai visualisé le rayon de 100 kilomètres autour de notre domicile, afin de voir quelles petites virées (avec pique-nique et masques) nous pouvions envisager : outre le Bioparc de Doué (mais quand les oryctéropes seront visibles, dixit le spécialiste), les châteaux vont commencer à rouvrir leurs portes, sans parler des villages des bords de Loire. Pour les grandes villes, nous avons été amusés de voir qu'Angers et Poitiers — très belles et captivantes — étaient tout juste dans le cercle, de même que Le Mans, alors qu'Orléans — cette cité grisâtre et médiocre — était hors de portée, à quelques kilomètres près.

 

vendredi, 08 mai 2020

Mensonges, suite

Il y a un mois, le gouvernement disait que les écoles ne rouvriraient qu'en cas de ralentissement très marqué du Covid19, et que des tests et des masques seraient disponibles pour tout le personnel de l'Education nationale.

7 mai : finalement, pas assez de tests même pour les soignants et les personnes présentant des symptômes. C'est ce que Véran a appelé des "tests massifs". Tous les autres pays doivent se foutre de notre gueule XXL.

Blanquer : pas de tests pour les profs, car il ne faut "pas gâcher".

Quand j'écrivais hier que le mensonge est leur unique politique...

 

14:57 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (1)

jeudi, 07 mai 2020

Reprise ?!?

Matinée : préparation de cours et correction de devoirs.

Après-midi : 4 h 20 de conseil d'UFR en visioconférence.

Demain je ferai un cours d'agrégation en streaming YouTube, un 8 mai, oui, car pas d'autre créneau possible avec les nombreuses collègues en poste dans le secondaire, et qui sont accaparées toute la semaine par la "continuité pédagogique".

 

J'ai vu passer des trucs sur la "reprise" ou la "rentrée" des profs le 11 mai. Que des comptes macronistes. Normal : le gouvernement et ses soutiens détestent les profs et veulent faire haïr les profs. Au prix des pires mensonges, car le mensonge est leur unique politique.

21:51 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 06 mai 2020

Où il est notamment question de Hilde Domin

En ce moment, A* se lève à 6 h 30 car il a des examens de maths tous les matins à 7 h 30 ; j'ai remis le réveil chaque jour à 7 h, au cas où... et, curieusement, je recommence surtout à être réveillé dès 6 h... Première chose ou presque, après les mails pro (pas grand chose ce matin) et un coup d'œil à Facebook et Twitter : ma traduction quotidienne.

Ce matin, j'ai traduit un poème de Hilde Domin, poète du 20e siècle très connue en Allemagne, et plus ou moins inconnue en France, je pense. Il faudra que je pense à chercher des éditions de ses poèmes, ainsi que sa correspondance — retrouvée après sa mort, en 2006 —avec son époux. Hilde Löwenstein, née en 1909, a connu à peu près toutes les vicissitudes d'une émigrée juive tentant d'échapper à l'Allemagne nazie : d'abord émigrée en Italie (mauvaise pioche), elle réussit à s'enfuir avec son époux in extremis, en 1939, avant de rejoindre l'Angleterre. Elle n'est revenue vivre en Allemagne qu'en 1961 après un long séjour en République dominicaine : c'est à ce pays qu'elle emprunte en quelque sorte son pseudonyme.

catkin.JPGPeut-être que, pour un prochain défi de traduction d'un poème par jour pendant un mois, je pourrais choisir Hilde Domin, et elle seulement. Dans le poème d'aujourd'hui, il y a un jeu sémantique sur la polysémie du mot Kätzchen, qui, heureusement, est identique en français : les chatons du saule se voient affectés d'un “pelage dégoulinant”. En anglais, ce jeu de mots n'eût pas été possible (kitten vs catkin).

 

Fini de lire Louis Lambert, qui est en effet, à bien des égards, et comme le disent deux personnages de The Ambassadors, un livre raté. Mais comme toujours chez Balzac, c'est un livre raté essentiel.

 

Aujourd'hui je dois continuer mes corrections de L1 et L3 (les étudiants déposent leurs devoirs au compte-gouttes, et moi je ne peux attendre le terme pour m'y mettre), et préparer mon cours d'agrégation sur Cook pour vendredi. Au début, le cours devait avoir lieu hier matin, mais diverses complications ont fait que j'ai dû le décaler. Les collègues/étudiant·es préfèrent la date du vendredi matin, seul moment calme de la semaine. Cela a beau être un jour férié, tant pis, je cède. La situation est déjà si compliquée, et pour tout arranger le jury qui devait annoncer les résultats d'admissibilité aujourd'hui a apparemment renvoyé la publication sine die. De toute façon, il est à espérer qu'on sorte enfin rapidement de cette situation, car entre les collègues qui continuent de travailler et d'avoir un fonctionnement quasi normal, comme s'il ne se passait rien de particulier, et les gens qui font n'importe quoi, il ne reste pas grand chose d'un peu mesuré...

 

D'ailleurs, les scènes diffusées hier à la télévision l'ont montré, Macron et Blanquer sont irresponsables et grotesques ; je ne sais lequel des deux adjectifs les décrit le mieux. Comme la situation est tragique et comme leur irresponsabilité risque d'augmenter le nombre de morts, on peut dire que le ridicule tue, et l'incompétence aussi.

 

mardi, 05 mai 2020

Ça travaille (au ciboulot)

Ce matin, le cours d'agrégation sur Gordimer s'est bien passé : c'était une étudiante/collègue qui se chargeait du commentaire de texte. Afin de permettre davantage d'interaction qu'avec Youtube, j'avais créé un “salon” avec Jitsi. J'ai donc pu voir — ce qui change tout — les collègues, dont le seul garçon, qui a eu l'air de s'emmerder tout du long des 2 h 30...

D'ailleurs, j'ai tenté de faire un live streaming de la visioconférence sur YouTube, mais il a dû y avoir un bug car seules les 90 premières minutes ont été enregistrées / archivées. Heureusement que j'avais fait un document avec mes suggestions de plan et d'analyses pour les absentes.

Pour préparer ce texte, je me suis replongé dans De Chirico, et surtout dans The Enigma of Arrival : une envie folle de relire ce livre. Si je me mets à vouloir relire, je ne suis pas sorti de l'auberge... Pendant ce confinement, toutefois, le “placard des livres en souffrance” se vide un peu, mais pas le “confiturier”.

 

Soirée : The Big Lebowski, vu au cinéma à sa sortie. Même impression qu'il y a 20 ans et quelque : film distrayant, bien joué, mais trop long, pas très bien ficelé, répétitif, trop “second degré”. En fait, ni C* ni moi ne nous rappelions l'intrigue, plutôt l'ambiance seulement. Mention spéciale pour le numéro hallucinant de John Turturro au bowling.

 

lundi, 04 mai 2020

Un beau bouic par Beuys

Levé tôt, avant même le réveil, à 6 h 30. Raté le café, c'est assez rare pour être souligné : il m'arrive d'avoir la main lourde, mais cette fois-ci j'ai fait, exceptionnellement, un café trop léger. C'est vraiment infect.

 

La journée est studieuse pour tous ici, dans la maisonnée : A* a deux examens à distance, dont un de maths tous les matins de la semaine à 7 h 30 ; O* en face de moi écoute des documents en espagnol pour une compréhension orale ; C* dans la chambre fait un cours en visioconférence ; de mon côté, j'ai déjà fini un de mes 5 paquets de copies, traité les mails professionnels, commencé à préparer le cours de demain matin (commentaire de texte sur un extrait de Gordimer). Suis en pleine lecture et correction aussi du chapitre que m'a envoyé mercredi dernier mon étudiant de M2.

 

beuys.JPGJ'ai aussi traduit vite fait mon poème quotidien pour les Germaniques de mai. Celui d'aujourd'hui est d'Eva Zeller, poète toujours vivante (97 ans !), à ne pas confondre avec Eva Christina Zeller dont on trouve, sur son site Web, gratuitement, toute une anthologie de poèmes traduits par un universitaire néo-zélandais. — J'ai un peu tergiversé dans mon choix de la poète à traduire et ai commencé à lire, avant de renoncer (la langue est trop complexe), une poète du dix-huitième siècle, Sidonia Hedwig Zäunemann.

 

Hier, je me suis “débarrassé” de la vidéo très longue dont j'avais commencé l'enregistrement le 6 avril. Une bonne chose de faite, en attendant mon improbable liste des 100 (73 ? 41 ?) livres majeurs du 21e siècle. — Hier soir, aussi, le nanard du dimanche soir : Les Bons Vivants, film à sketches de 1965 qui n'est (vaguement) sauvé que par le troisième “acte” et un de Funès en pleine bourre. Petit détail, l'excellent dictionnaire de l'argot Bob suggère plusieurs citations pour le mot bouic, synonyme de bordel que je n'avais jamais rencontré.

 

dimanche, 03 mai 2020

Ping-pong ?

Ce matin, à jeun, dès mon lever, à 7 h 30, je suis allé à la boulangerie pour y refaire le stock hebdomadaire : huit baguettes bio, deux pains. Sans compter les viennoiseries du petit déjeuner. Toujours pris par ma lombalgie, j'ai eu un peu de mal sur le chemin du retour, puis dans l'heure qui a suivi.

 

Hier, j'ai assuré mon troisième cours d'agrégation sur Gordimer en vidéo, ce qui a été l'occasion du douzième portrait de ma nouvelle série des Caractères : à l'imitation de Paul/Laurent, je vais écrire un bref portrait de chacun·e de mes contacts Facebook. Ce matin, j'en ai écrit deux de plus, le 13 et le 14. À terme, je les publierai ici, en les retouchant sans doute.

La nouvelle série de traductions quotidiennes est consacrée à des poètes de langue allemande ; aujourd'hui, c'est en traduisant le bref texte d'Ilse Blumenthal-Weiss que j'ai vraiment compris qu'il évoquait l'extermination des Juifs.

 

Aujourd'hui, il faut j'enregistre les derniers rushes de la vidéo commencée il y a bientôt 4 semaines et laissée en plan. (Personne ne me la réclame, il faut bien dire.)

 

09:55 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 02 mai 2020

*0205*

Impression que les tourterelles ont abandonné le nid : déjà, hier, on les y a moins vues. Peut-être est-ce à cause des fortes pluies, ou de leur nid foutraque et bâclé... C'est triste.

 

Hier O* et moi avons appris à jouer au piquet : la goutte d'eau, ça a été ma lecture de Son Excellence Eugène Rougon. Au vingt ou trentième roman qu'on lit et dans lequel des personnages jouent à ce jeu, la curiosité l'emporte. Et, de fait, pour un jeu de cartes à deux, c'est probablement ce qui se fait de mieux. — Il semblerait, à en croire le TLFi, que le substantif féminin piquette, au sens de déroute ou raclée, ne provienne pas du jeu de piquet, ce qui eût pourtant été piquant.

 

Hier encore : Macron ridicule ou scandaleux, on ne sait plus avec lui ; c'est comme avec Trump.

 

Hier toujours : Stavisky de Resnais. Bon film, qui a dû être “exploité” abondamment, en son temps (l'âge d'or de Ricardou et des structuralistes), par des profs voulant montrer le fonctionnement d'un récit mêlant prolepses et analepses. C'est très bien joué, et le contrepoint Trotski très judicieux. Pourrait-on faire une version contemporaine, voire un cycle de films, sur des modèles narratifs similaires, mais avec Boulin, Bérégovoy, Strauss-Kahn, Benalla...

 

Ce matin : troisième cours d'agrégation sur Gordimer via le streaming de YouTube. Cette fois-ci, je ferai cours dans la chambre. Comme je vais beaucoup parler du concept bakhtinien d'unfinalizability, il faut que je pense à insister auprès des candidates afin qu'elles s'entraînent à prononcer cet octosyllabe.

 

vendredi, 01 mai 2020

Pour ne pas en finir avec les nombres premiers

Hier soir, nous avons regardé un film canadien, Pauvre Georges ! de Claire Devers — pas mal, plutôt allusif malgré quelques lourdeurs de mise en scène — pas du genre à casser des briques. Je me disais ce matin, en y repensant, que c'est exactement le genre d'histoire qui peut donner tout et son contraire, d'un point de vue littéraire : par exemple, la même histoire, peu ou prou, racontée par Nuruddin Farah, d'un côté, et par cette baderne nullissime d'Eric-Emmanuel Schmitt de l'autre.

 

Consulté, pour l'avoir vue sur Facebook, la liste des 100 livres les plus importants du 21e siècle compulsée par le Guardian. Il s'agit d'un article de 2019 qui a resurgi, je ne sais pourquoi. Comme d'habitude avec ce genre de liste, je fais le décompte des livres traduits, donc histoire de voir ce qui, pour le monde anglophone, représente le monde : 84 livres sur 100 ont été écrits en anglais par des anglophones, pour l'immense majorité d'entre eux/elles britanniques ou nord-américain·es.

Toutefois, j'ai aussi essayé de repérer combien de livres j'avais lu. 14, comme suit, avec mes conseils au collègue avec qui j'ai échangé à ce sujet sur Facebook :

99/ Verre cassé de Mabanckou (aucun intérêt – AM n'a écrit qu'un seul bon livre, Lumières de Pointe-Noire)

95/ les Chroniques de Bob Dylan, intérêt trèèès relatif

75/ Tokarczuk, j'en ai lu plein mais pas celui-là je crois (pb du titre en anglais ?) – je conseille très hautement Les Pérégrins

69/ idem Javier Marias, pas sûr au vu du titre — bien aimé la trilogie Ton visage demain, qui même oxbridgisme et espionnage pendant la Guerre froide

47/ Persepolis, ok

46/ Human Chain, je ne connaissais pas l'existence de ce recueil de Heaney / à suivre

41/ Atonement, un McEwan très dispensable (moins mauvais qu'Amsterdam quand même) — à mon avis, il faut lire deux livres de McEwan: The Cement Garden et Black Dogs, point barre

33/ Fun Home, ok

29/ La mort du père et la suite de l'hexalogie de Knausgaard (j'en suis au tome 3), pas mal mais ça faiblit - le premier est vraiment très dérangeant et fort du coup

21/ Sapiens, m'a pas mal énervé, j'en ai parlé dans une vidéo

17/ The Road, ok

16/ Franzen, c'est comme Foster Wallace, pu finir aucun de ses livres, zzzzzzzzzzzzzzzz

12/ The Plot Against America, pas le meilleur Roth mais bien (je pensais qu'il était plus ancien que ça en revanche)

10/ Adichie, oui, il faut la lire [et plutôt Half of a Yellow Sun qu'Americanah, pour commencer, en effet]

 

Il faudrait que je compile ma propre liste des livres publiés entre 2001 et 2020 dont je considère que les gens que je connais gagneraient à les lire, ou à  les avoir lus. Il n'y en aura pas cent : un nombre premier, peut-être...?

 

jeudi, 30 avril 2020

Bureaux, billards, palindromes

Depuis hier matin, il tombe, par moments, des trombes d'eau. Je plains, malgré l'épais feuillage du néflier qui les protège, les tourterelles, et les autres oiseaux (une nichée de mésanges charbonnières, peut-être, du côté du prunus qui fait face à la haie, dans le lierre touffu ?).

Le 30 avril, j'aurai donc réussi à écrire un billet chaque jour depuis le début de l'année. Des repères. Il y a trois jours, toutefois, j'ai manqué l'occasion de signaler le 4664e billet, pas seulement pour l'amour des palindromes mais parce que ce nombre était le numéro de dossier de mon fils aîné chez l'orthodontiste.

 

Hier soir, épisodes 7 et 8 de la saison 5 du Bureau des légendes. La série traîne en longueur, tire sur tous les fils déjà abondamment pris et repris lors des saisons précédentes, sans réel renouvellement. Il aurait fallu un peu de courage, une déstabilisation narrative, comme, par exemple, reprendre tout depuis le point de vue d'un seul personnage secondaire (l'informaticien ou le spécialiste de la zone Moyen-Orient, par exemple). Changer de mode narratif, ou de système formel, que sais-je. Là, on s'emmerde gentiment ; ça ronronne.

 

Depuis deux jours, un jeu littéraire fleurit sur Twitter, avec le hashtag #UnLivreUnePlace.

flowers.JPG

 

Le temps se rafraîchit, ce qui est presque habituel pour le tournant d'avril-mai. — Plus personne ne comprend rien aux annonces du gouvernement ou du Ministère de l'Education nationale, mais on a l'impression que plus personne ne cherche à comprendre, qu'on s'habitue à couler à moitié dans un navire au gouvernail arraché, au capitaine absent.

 

Essayé de comprendre les règles détaillées du jeu de la 8 au billard américain ; je me demande si passer l'agrégation de philosophie n'est pas plus compliqué.

 

mercredi, 29 avril 2020

Doublons d'argent

signé.JPGNous nous sommes — par ma faute (c'était à moi de choisir lundi soir) — enfilé un tunnel de trois nanards en trois soirs : Le Roi Lion (version 2019), Signé Furax et L'homme-orchestre

Bientôt fini The Ambassadors, mais je bute un peu.

Par contre, je me suis remis, timidement, à traduire des poèmes de Johanna Wolff et ne désespère pas de reprendre le Projet Scarlatti : j'ai calculé qu'en écrivant un quadrilatère tous les jours en mai-juin j'aurai fini pour le 30 juin. Reste à savoir ce que je ferai du livre : assembler les quadrilatères dans l'ordre d'écriture ? dans un autre ordre mais en gardant les n° d'opus ? avec les “doublons” ? sans les “doublons” pour conserver la structure de 139 fois 2.020 signes ?

 

07:40 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 28 avril 2020

Trio de tourterelles

Depuis vendredi, nous pouvons observer un nid de Tourterelles turques, le couple s'étant installé dans le néflier juste au niveau de la fenêtre du bureau. Ce matin, en ouvrant les volets (électriques, ce qui permet de ne pas ouvrir la fenêtre, mais est peut-être bruyant (ce sont des oiseaux citadins, les bruits humains les dérangent moins)), surpris de voir, posés sur la branche tout près de la couveuse, non pas l'autre partenaire mais deux adultes...

 

 

 

Aucune idée de ce que cela signifie.

 

lundi, 27 avril 2020

Grosses mesles

Hier soir, la voisine d'en face (bien vêtue, et non dans sa sempiternelle robe de chambre usée d'octogénaire économe) est venue me demander quel était l'arbre près du bureau. Je lui ai dit (redit, car on en avait déjà parlé) qu'il s'agissait de deux néfliers. Comme moi, elle aime beaucoup le contraste des feuilles d'un vert intense et des fleurs blanches au printemps, mais aussi le contraste entre le vert jaunissant des feuilles et les fruits d'or brun à l'automne. Elle m'a redemandé cela car une passante s'était arrêtée dans l'après-midi pour prendre des photos, et comme elle (notre voisine) est tout le temps en train de guetter, de fouiner et d'alpaguer les uns et les autres, la promeneuse lui a expliqué qu'elle s'était demandée ce qu'était cet arbre et que l'application mobile lui avait dit que c'était un... pommier... Notre voisine lui a dit que c'était l'arbre qui faisait des mesles, car c'était le mot qu'elle entendait jeune du côté de Bourgueil (et c'est le mot de Rabelais), mais elle se doutait que le nom commun officiel n'était pas celui-là. De mespila en latin à mesle ou nèfle, et medlar en anglais (Mispel en allemand ou nìspero en castillan), il y a 4 ou 5 ans j'avais commencé à écrire un texte sur les nèfles, mais il s'est perdu dans les profondeurs de Twitter ; j'ignore comment récupérer l'ensemble des archives d'un compte sur Twitter. 

 

07:42 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 26 avril 2020

Le monde d'après, encore plus pourri et fliqué ?

De retour de la boulangerie. Sur le chemin, j'ai vu le cadavre de la fouine, déjà très décomposé.

Dix ou douzième fois que je sors en six semaines, toujours avec mon attestation manuscrite sur du papier brouillon, et jamais contrôlé.

 

Hier après-midi, après, mon cinquième cours d'agrégation de la semaine, j'ai enfin pu souffler un peu : The Ambassadors sur la terrasse, parties de billard (on essaie le jeu de la 8 mais il faut que je potasse les règles détaillées).

Un poème génial de Browning : The Last Ride Together.

Hier soir : Les chimpanzés des Monts de la Lune (le film, mais C* et A* connaissaient le livre).

 

Ce matin, alerté (en pure perte, ce sont des fantoches godillots) les 5 député·es d'Indre-et-Loire pour leur demander de rejeter la loi sécuritaire obligeant l'utilisation de l'application StopCovid.

 

08:01 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 25 avril 2020

Printemps

Première fois depuis fort longtemps que j'ai été réveillé par le réveil : depuis le confinement, je le mets à 8 h, mais je suis toujours réveillé (longtemps) avant. Ce matin, j'assure encore un cours d'agrégation, le cinquième en six jours.

 

En préparant le café à la cuisine, je me suis fait la réflexion que les deux minuscules et graciles érables avaient enfin sorti toutes leurs feuilles. Ce n'est pas demain la veille qu'ils nous cacheront un peu la rue et la maison d'en face, ces arbres qui, comme tant d'autres (comme les gigantesques merisiers de l'autre côté), ont poussé tout seul.

En ce moment, comme chaque année, les plants de muguets sont en fleur et embaument à dix mètres à la ronde ; là aussi, ils se replantent seuls chaque année. Je ne conçois pas le jardin autrement. Et même en faisant des bouquets, le parterre éclate sous ce camaïeu de vert et de blanc.

 

Il doit refaire un temps tristounet à partir de lundi ; profitons du week-end.

 

Hier soir : version filmée du Marchand de Venise dans l'adaptation de Jacques Vincey et Vanasay Khamphommala. Je l'avais vue au théâtre il y a deux jours, mais C* l'a téléchargée sur YouTube et mise sur clé USB. C'était vraiment pas mal du tout. J'avais beau avoir étudié la pièce il y a fort longtemps, je ne me rappelais pas, dans l'acte IV, la tirade de Shylock dans laquelle il explique l'arbitraire humain en prenant comme exemple les hommes qui ont envie de pisser en entendant jouer de la cornemuse.

 

What if my house be troubled with a rat

And I be pleased to give ten thousand ducats

To have it baned? What, are you answer'd yet?

Some men there are love not a gaping pig;

Some, that are mad if they behold a cat;

And others, when the bagpipe sings i' the nose,

Cannot contain their urine: for affection,

Mistress of passion, sways it to the mood

Of what it likes or loathes. Now, for your answer:

As there is no firm reason to be render'd,

Why he cannot abide a gaping pig;

Why he, a harmless necessary cat;

Why he, a woollen bagpipe; but of force

Must yield to such inevitable shame

As to offend, himself being offended;

So can I give no reason, nor I will not,

More than a lodged hate and a certain loathing

I bear Antonio, that I follow thus

A losing suit against him. Are you answer'd?

 

07:43 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 24 avril 2020

I'M A Man / Of Constant Sorrow

Pour la première fois depuis quinze jours, j'ai fait une to-do list, car je n'ai pas le couteau sous la gorge. Si je voulais, je pourrais ne rien faire ; aucune tâche urgentissime. Cela étant posé, je viens quand même de me faire une to-do list, histoire de relancer deux ou trois petites choses en souffrance, et aussi de ne pas laisser déraper les x tâches qui continueront de pleuvoir d'ici début juin au bas mot.

Il y a notamment la question des traductions de Johanna Wolff : j'aurais voulu en faire une par jour en avril, mais il n'y en aura qu'une dizaine, au mieux. Je n'aurai guère de regrets car en la traduisant j'ai mieux décelé combien cette œuvre ne me retournait pas.

 

Hier soir, nous avons regardé O'Brother, que C* et moi avions vu au cinéma lors de sa sortie et qui reste à la fois très jouissif, surtout pour les variations sur les registres et les niveaux de la langue, mais aussi pour la manière dont le film revisite la musique populaire des années 30 et les deux sillons pas si parallèles que cela du blues et du folk. Le choix de faire chanter un chant d'esclaves par trois fossoyeurs noirs au moment où les 4 hommes s'apprêtent à être pendus haut et court par le diable est audacieux, et a dû être critiqué : est-ce une identification du diable aux suprémacistes blancs, ou cela signifie-til que les trois Noirs sont au service du diable ?

Ce qui continue de me paraître complètement surdéterminé, c'est la prétendue “adaptation” de l'Odyssée : les sirènes, le Cyclope, le prétendant (unique), la vallée devenue une immense lac... soit... mais tout cela relève plus de la ficelle, du point de départ permettant de structurer le film, que d'une véritable réécriture ou adaptation.

Soudain je me demande : est-ce que la fixette du personnage d'Everett (George Clooney) sur ses cheveux et sur la gomina est une extrapolation d'un truc dans l'Odyssée ?

 

jeudi, 23 avril 2020

Gestion désastreuse, 3

De lundi à mercredi, j'ai assuré trois cours en visioconférence sur le sujet d'agrégation externe Les voyages du capitaine Cook (1768-1779). Neuf heures de cours en ligne qui ont représenté, en amont, des dizaines et des dizaines d'heures de travail.

Cet après-midi, c'est au tour du cours d'agrégation externe sur Jump & Other Stories de Nadine Gordimer : heureusement, ce cours, je l'avais déjà préparé l'an dernier, mais j'ai dû reprendre mes fiches, réorganiser l'ensemble car j'ai mis le fichier audio de trois cours de 2019 à disposition des étudiant·es de cette année, et aussi changé totalement les sujets de commentaire et de leçon. Visio cet après-midi, et rebelote samedi matin.

Et tout ça dans un contexte où les oraux du concours sont maintenus, contre l'avis des experts médicaux et dans le flou le plus total. Dans un contexte aussi où les outils numériques institutionnels de l'Université, en total plantage, sont inutiles : j'assure donc tout cela sur YouTube, soit le grand n'importe quoi...

 

Impression grandissante que le monde universitaire va sortir durablement marqué, physiquement et psychologiquement, de tout cet épisode, et de la gestion désastreuse de la crise par les responsables, aux niveaux national et local.

 

10:53 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 22 avril 2020

Gestion désastreuse, 2

Plus personne ne comprend rien aux annonces du ministre Blanquer.

D'abord, il annonce (après dix jours de concertation) une série de mesures relatives au déconfinement et à l'ouverture progressive des écoles. Quelques heures plus tard, devant l'Assemblée, ce ne sont plus que des hypothèses. Le lendemain, la moitié de ces hypothèses sont plus ou moins annoncées comme non valides, après que des milliers de personnes en ont démontré l'impossibilité sur les réseaux sociaux.

 

10:42 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 21 avril 2020

Gestion désastreuse, 1

Je ne comprends plus rien aux instructions et aux mails de la Présidence de l'Université.

J'échange avec mes collègues, y compris directeurs de département etc., et il s'avère que personne ne comprend rien.

Tout le monde est submergé de boulot, découragé ; tout le monde a l'impression qu'on va droit dans le mur et que l'équipe dirigeante ne sait faire qu'une seule chose : appuyer sur l'accélérateur.

 

17:50 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 20 avril 2020

*2004*

Aujourd'hui commence une énorme semaine ; c'est étrange de formuler ça ainsi, car c'était théoriquement la seconde semaine de “pause pédagogique” et surtout car depuis cinq semaines les jours semblent se suivre et se ressembler.

Pourtant, c'est la vérité : aujourd'hui commence une énorme semaine, avec pas moins de quatre cours d'agrégation, de trois heures chacun, à assurer d'ici lundi, en visioconférence.

Aujourd'hui commence une énorme semaine, et je suis levé à pas d'heure.

 

Quinze jours aujourd'hui que je n'ai pas touché au Projet Scarlatti ; j'avais plusieurs mois d'avance sur le calendrier initial, mais ce n'est pas une raison pour laisser se briser le ressort. Idem pour le projet de traduire un poème de Johanna Wolff par jour : j'ai eu la tête dans l'organisation des examens du 9 au 13, et dans ces fichus cours d'agrégation depuis le 14, au point de ne pas avoir envie de passer davantage de temps sur l'ordinateur.

 

Hier soir, conférence presse interminable, lourdaude et ennuyeuse d'Édouard Philippe et Olivier Véran. À les écouter, la France a géré cette crise mieux que n'importe quel autre pays, mais en même temps il n'y aura pas encore assez de gants, de surblouses et même de masques pour les hôpitaux avant longtemps. Pour les hôpitaux...! alors, les gens ordinaires, pour ne rien dire des profs ou de leurs élèves, brossez-vous.

On a bien compris que l'impératif était de redémarrer une activité économique normale dans les plus brefs délais, coûte que coûte. Le gouvernement est d'ailleurs en train de donner un pognon de dingue à de grosses entreprises déjà à peu près exemptées de tout, en les exemptant de surcroît de se conformer aux accords de Paris sur le climat. Autant dire qu'entre la deuxième vague du Covid19 et les dérèglements climatiques qui nous attendent, plus rien ne fonctionnera de manière normale.

 

Ce gouvernement mériterait un Thomas Bernhard. Pour lui tailler des croupières, un costard, choisissez la métaphore que vous préférez.

Pour lui cracher dessus avec verve et génie.

Pour transformer un peu de leur merde en or.

 

05:39 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 19 avril 2020

Trimard, glandouille et sonnet livresque

Journée étrange. Dû continuer d'arrache-pied mon cours d'agrégation sur les voyages du capitaine Cook, de plus en plus prenant et/mais de plus en plus passionnant.

J'avais mal commencé, en perdant intelligemment près de deux heures à écrire un fil (thread) sur Twitter, afin d'expliquer quelques rudiments de prosodie anglaise.

Et je finis mal, vu que je viens de perdre une bonne demi-heure à composer un sonnet livresque. (L'idée vient, là aussi, de Twitter, où plusieurs internautes se relaient et s'épaulent pour en composer des collaboratifs.)

Sonnet livresque du 19 avril 2020, vue empilée verticale.

En voici ci-dessus la version complète dite “empilée et verticale”. Mais j'en donne ci-après une transcription (et ce d'autant mieux qu'en faisant la pile je me suis trompé dans le dernier tercet, inversant le vers 12 et le vers 14 et oubliant le premier hémistiche du vers 13).  Le sonnet est composé de 33 titres de livres, agencés en 14 vers dont cinq sont triples (à trois titres).

 

le diable rebat les cartes la mort d'un père

des os dans le désert une méditation

ouvrez pour en finir avec les chiffres ronds

la maison de la faim vies perpendiculaires

 

le quai de Ouistreham quién es ? crâne chaud

trois ombres sur Paris : leçons particulières

tohu mort d'un cheval dans les bras de sa mère

la mort d'Ahasverus derrière mon bureau

 

dérangé que je suis deuil la quête de joie

hors les murs bois dormant portraits d'un éphémère

tomates nature morte avec bride et mors

 

l'instinct de ciel la voix sombre l'aide à l'emploi

la découverte australe allada Marie-Claire

journal des jours tremblants danse autour de la mort

 

J'ai une affection particulière pour les trimètres 3/3/6 et 4/4/4 des vers 10 et 12 et pour le choix d'une unique rime féminine pour les quatrains et les tercets. L'écrasante majorité des titres de livres, en français, ne se terminent pas par un e muet, de sorte qu'une des gageures d'un sonnet livresque consiste à trouver assez de titres pour les rimes féminines.

 

samedi, 18 avril 2020

Le Labyrinthe du silence

Regardé ce soir un film allemand très académique et explicite Le Labyrinthe du silence [Im Labyrinth des Schweigens], tourné en 2014 par Giulio Ricciarelli. Tout, ou presque, dans ce film est attendu, sans surprise : les relations entre les personnages, les moments de crise entre les personnages ainsi que leur résolution, les obstacles au travail du procureur et la manière dont ils sont levés etc.

 

Un des moments les plus lourdingues est la scène où le protagoniste, le jeune procureur Radmann, apporte son veston déchiré à son ex, devenue couturière, afin qu'elle le répare. S'ensuit un dialogue lourdinguissime dans lequel l'état du veston désigne, selon une métonymie filée (c'est le cas de le dire), l'état des sentiments des anciens amoureux. Scène qui reprend quinze minutes plus tard, quand la couturière rapporte finalement le veston recousu à Radmann, alors qu'elle lui avait d'abord dit que l'accroc était irréparable. Autant dire que même la licorne dans la Ménagerie de verre, à côté, c'est du David Lynch.

Il y a aussi les scènes de rêve : afin que le spectateur identifie bien qu'il s'agit d'un rêve, Ricciarelli ne se contente pas de filmer Radmann en train de s'éveiller en sueur de son cauchemar (plan déjà d'une folle originalité) : il le filme aussi en train de dormir, et ce juste avant la scène du rêve. Le moins que l'on puisse dire est qu'il s'agit d'un cinéma explicite. (Il s'agit aussi d'un film qui ne répond convenablement à aucun des points du test de Bechdel, mais n'entrons pas là-dedans.)

 

labyrinthoflies-05.jpgEt pourtant, cet accroc à la veste est plus elliptique, plus suggestif qu'on ne le croit en s'agaçant de cette scène téléphonée.

Et pourtant, le film reste intéressant et émouvant, en raison de son sujet. Film parfait d'un point de vue historique et didactique, tout y est représenté de manière claire et simplifiée (voire simpliste, cf les critiques ci-dessus), mais c'est la représentation des tabous, le silence du titre, qui justifie ce cinéma explicite. Ce n'est pas seulement par académisme, mais par parti pris : face au labyrinthe du silence, le cinéaste décide  de tout miser sur le fil d'Ariane et la clarification systématique. Le silence du titre (en allemand, le verbe schweigen substantivé, donc le fait de se taire, le silence complice, le silence gêné — pas de traduction totalement adéquate pour ça), c'est celui qui entoure, jusqu'en 1958, date à laquelle commence l'action, la collaboration massive des citoyens ordinaires au nazisme et même à l'extermination des Juifs.

mengele.jpgCe dont il faut faire le procès, selon le procureur général, c'est le nazisme ordinaire, celui des petites gens : en s'obstinant à traquer Mengele, en pure perte, le jeune Radmann laisse filer un ancien tortionnaire “ordinaire” d'Auschwitz devenu boulanger. D'ailleurs, plus fin qu'on ne le croirait, le cinéaste choisit d'évoquer le contraste entre Eichmann arrêté et jugé, d'une part, et Mengele qui échappe à la justice en se réfugiant au Paraguay après avoir fait des allers-retours entre l'Argentine et l'Allemagne sans jamais être inquiété. Dans le film, on ne voit ni l'un ni l'autre : ce ne sont pas les chefs ou les figures reconnues de l'atrocité nazie qui sont représentées dans ce film, et pourtant il est beaucoup question d'eux également. Mengele n'est perceptible que dans la scène où Radmann croit venir l'arrêter à l'auberge (et on ne sait jamais s'il s'y trouvait) et dans le cauchemar du protagoniste.

215795.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgLa question du crime ordinaire, et de l'effacement — sous cette chape de silence / Schweigen — des crimes dans une Allemagne reconstruite et soucieuse d'oublier, est peut-être, après tout, la raison pour laquelle les décors et les couleurs du film sont aussi sobres que clairs : volonté de représenter la jeunesse insouciante amatrice de jazz et de mode, certes, mais aussi refus d'inscrire le film dans l'esthétique crépusculaire des films sur la shoah. Le sujet du film n'est pas Auschwitz, mais la façon dont on voudrait que les traces et les conséquences de la guerre et du nazisme disparaissent sous des teintes pastel ou colorées. En ce sens, l'esthétique du film est certainement ironique et bien moins explicite ou démonstrative qu'au premier regard. Ainsi, les prairies qui entourent le camp d'Auschwitz sont vertes, et le camp lui-même (comme le dit Gnielka) ne dit pas grand chose de ce qui s'y est passé. Ce qui est fondamentalement significatif, c'est la récitation du kaddish au milieu de ce paysage de verdure ensoleillée, comme si Ricciarelli suggérait que la parole compte plus que l'image, ou que l'image n'est rien sans la parole.

 

1365117967-403512-2Yac.jpgPour clore ce billet sur ces fameux cauchemars, ce qui reste en suspens, aussi, c'est la figure du père.

Qu'il s'agisse du procureur général (juif persécuté dès 1933 mais dont on n'apprend jamais comment il a échappé à l'extermination) ou du journaliste, Gnielka, qui est à l'origine de l'engagement de Radmann mais dont Radmann comprend vers la fin du film qu'il s'est retrouvé embrigadé à 17 ans dans l'armée et qu'il a été témoin direct des atrocités commises à Auschwitz, le jeune homme trouve des pères de substitution à ce père qu'il vénère, dont il déclare au début qu'il lui sert de modèle et que lui n'avait jamais été nazi. Le troisième père symbolique de Radmann est Simon Kirsch, le rescapé d'Auschwitz qui ne se pardonnera jamais d'avoir laissé Mengele emporter ses filles jumelles car il avait cru qu'avec un docteur, un homme à l'apparence si affable, elles seraient protégées. Pour les jumelles, à la demande de Kirsch, Gnielka et Radmann vont à Auschwitz dire le kaddish.

Mais le vrai père demeure absent, dans l'œil spectral des cauchemars.

Par un détour narratif là encore sans surprise, Radmann finit par découvrir que son père était membre du parti nazi. Là où le film garde intacte l'énigme et se sauve en échappant, pour une fois, à la manie de tout expliquer, c'est que c'est au spectateur de comprendre que si, d'une part, Radmann avait ignoré jusque là le passé nazi de son père, et si, d'autre part, sa mère s'apprête à se remarier en disant que ce père disparu ne reviendra jamais, c'est que la mère en sait plus long, et c'est (probablement) que le père de Radmann s'est tellement compromis qu'il s'est soit suicidé quelque part, soit planqué lui aussi en Amérique du sud, d'où il ne reviendra jamais.

vendredi, 17 avril 2020

C'est dur pour tout le monde

Mort du chanteur Christophe, dont on apprend à l'occasion qu'il se prénommait Daniel (!). Label obscur dans la tête toute la matinée. Des esprits facétieux ont fait remarquer qu'ils ignoraient que Luis Sepulveda fût le vrai nom du chanteur. Des esprits avisés se sont surpris de voir qu'alors qu'on le savait malade du Covid19 depuis une quinzaine, là n'était pas le motif officiel de son décès. De là à relancer la machine à complotisme (ici, sur le nombre des victimes)...

 

Nous ne suivons plus de très près les bilans quotidiens, non qu'on s'habitue mais parce qu'ils sont moins médiatisés : en Italie, je sais que le bilan quotidien est encore de 500 morts par jour en moyenne, alors que le Sud, plus insalubre et moins bien équipé au niveau médical, est resté épargné. C'est vraiment étrange. En France, difficile de suivre, car les chiffres font l'objet de réactualisations permanentes. Dans l'EHPAD de Chambray-lès-Tours, il y a eu 7 morts sur 96 pensionnaires, et 8 autres personnes sont infectées : pour une région censément non touchée...

Aux Etats-Unis, Trump a encouragé, dans une série de tweets en capitales d'imprimerie, les milices d'extrême-droite à manifester et à défier les mesures de distanciation sociales prises dans leur État ; dans le Michigan, notamment. Il les a aussi encouragées à aller scander “Lock her up” sous les fenêtres d'une gouverneure. (Depuis Hillary Clinton, c'est toujours les femmes politiques qu'il veut voir en prison.) — Le Washington Post a écrit un éditorial très virulent. Tout ça ne sert à rien : ce type est dingue et intouchable.

 

Après déjeuner, A* (qui bosse comme un malade — ce soir jusqu'à 18 h, alors que de mon côté j'ai un peu bricolé sur le Web, guère plus) s'est mis à consulter sur son téléphone les scénarios de divers films de Philippe Clair, car j'avais évoqué, pour son titre, le film (jamais vu) Par où t'es rentré, on t'a pas vu sortir. Pour le synopsis seul, nous supputons que les plus hallucinants navets du cinéaste doivent être Rodriguez au pays des merguez (transposition du Cid au Maghreb) et Le Führer en folie.

Ce soir, nous avons regardé un énorme nanard, presque un non-film : C'est dur pour tout le monde, avec Bernard Blier (heureusement, et même lui ne s'en dépêtre pas trop).

 

jeudi, 16 avril 2020

Au charbon

Beaucoup travaillé ce matin. Mon cours sur Cook commence à prendre forme ; il serait temps. Mais il me donne toujours du fil à retordre. Lundi prochain, j'en assurerai la première séance, probablement via un direct non répertorié sur YouTube : ce n'est évidemment pas idéal, d'un point de vue institutionnel, comme peut l'être Renavisio, mais ça permettra l'archivage intégral du cours.

Dans l'après-midi, alors que nous avons transmis lundi à la Présidence de l'Université nos demandes de modification des modalités de contrôle des connaissances, et alors que les étudiant·es attendent les détails du calendrier pour le milieu de cette semaine, nous avons reçu de nouvelles instructions. Il faut tout recommencer. On ne sait pas quand on pourra informer les étudiant·es.

Tout se passe comme si les autorités de tutelle, à commencer par le ministère, voulaient profiter de la crise sanitaire et du confinement pour écraser les degrés inférieurs sous les tâches : concours en partie maintenus, de façon rocambolesque et absurde, multiplication des exigences formalistes oiseuses mais chronophages — dans le secondaire, confection de nouveaux emplois du temps pour faire croire aux parents d'élèves et aux médias qu'on ne va pas renvoyer les élèves dans de vrais bouillons de culture. Comme si l'administration trouvait qu'il n'y aura pas assez de morts du Covid19 dans l'Education nationale et qu'il faut alléger encore la masse salariale grâce aux burn-out et suicides...

 

Je lis depuis avant-hier Son Excellence Eugène Rougon (qu'A* vient de lire) ; je crois finalement ne jamais l'avoir lu, comme La Débâcle ; cet après-midi, j'ai repris le chapitre “De la vanité” dans les essais de Montaigne.

Soirée : Germinal de Claude Berri — l'occasion de vérifier, près de trente ans plus tard, à quel point Renaud jouait mal. C'est peut-être même plus criant encore aujourd'hui. Il est vraiment effroyablement mauvais.

 

 

mercredi, 15 avril 2020

Huit flemmes

Pas assez dormi, réveillé avec stress et migraine. Cela arrive, pas de quoi se plaindre.

J'espère pouvoir me remettre à travailler efficacement. Hier et avant-hier, je ne me suis ni posé ni reposé, et je n'ai rien fait de bien. Ça, ça m'énerve.

Lundi soir, Macron a parlé et c'était aussi long qu'imprécis ; hier, Blanquer s'est exprimé trois fois à trois moments différents, et c'était plus vague encore. Impression de plus en plus angoissante que tout cela est géré par des amateurs, des incompétents.

Film vu : Huit femmes d'Ozon. Agréable, amusant, et moins agaçant qu'à la première vision. Peut-être est-ce moi qui m'agace moins facilement d'un truc totalement superficiel. Ardant joue presque avec retenue. C'est le genre de film qu'on regarde en jetant un œil de temps à autre au Web pour s'exclamer : ah, Ludivine Sagnier avait vingt-trois ans, là. Et les autres n'en croient pas leurs yeux. Cela donne une idée du film.

 

06:18 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (2)

mardi, 14 avril 2020

Des beignes

Cela fait huit jours que j'ai laissé en plan une vidéo, et de même pour le projet Scarlatti. Je n'ai pas repris le Projet Pinget. Je me collerais des beignes.

Le temps s'est rafraîchi ; le chauffage se relance.

 

20:20 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 13 avril 2020

Empocher

Levé à 6 h 15, et réveillé pour la première fois depuis un petit bout de temps par les douleurs au dos. Ce matin, il suffisait de se lever pour que ça passe un peu.

 

Être levé tôt, cela tombe bien : j'ai un boulot monstre aujourd'hui et demain, dans la foulée du week-end. Pas grave, tant que je dors bien et que j'ai des moments de pause : parties de billard sur la terrasse avec O*, par exemple.

Il y a deux ans, j'avais acheté pour 20 euros dans un Troc de l'Île, à Chambray je crois, un billard américain miniature, mais en bois et feutre, avec des queues et des billes “conformes” (pas en plastique). Je le monte sur une paire de tréteaux, et je l'installe dehors quand les beaux jours reviennent, car il n'y a aucune pièce où nous avons de quoi “tourner autour” : miniature, mais pas tant que ça ! O* et moi jouons au jeu du 15, qui n'est pas officiel, mais qui est plus simple que les diverses règles qui m'ont donné la migraine en essayant de les comprendre.

Hier soir, pas de film : O* a préféré organiser une soirée de jeux, ce qui a été accepté de très bon cœur par son frère (!). Donc : Minotaurus, Cluedo, et — pour finir, car on en avait marre — jeu du dictionnaire jusqu'à la lettre O.

O* découvrait ce jeu, ainsi que mes imitations lamentables de Maître Capello (je vous parle d'un temps que les moins de 50 ans...), et il s'est avéré très vif et doué au jeu. Au passage, j'ai découvert les mots manoque et manotte. Aucun des deux n'est facile à placer.

 

Ce soir, on attend un discours du Président. La façon dont ce discours est monté en épingle depuis trois ou quatre jours est ridicule : qu'il parle, s'il a quelque chose à dire ! La façon dont, à chaque fois, des rumeurs sont “fuitées” via le JDD est dérisoire : plus personne n'est dupe de la technique des coups de sonde. La façon dont, depuis quelques jours, on parle de l'après-déconfinement, est obscène : il y a encore dans les 500 ou 600 morts par jour, il me semble. La façon dont le patronat commence à réclamer d'ores et déjà de futurs sacrifices salariaux est scandaleuse : les salarié·es sont déjà sacrifié·es, tandis que les actionnaires et les patrons évadés fiscaux profitent de la crise pour améliorer leur pactole. La façon dont quelques ténors de la majorité ont, dès samedi, répété le laïus du connard qui dirige le MEDEF, proféré la veille, est aussi inquiétante que pathétique : même Xavier Bertrand a répondu à tout cela dans un entretien qui s'est répandu sur les réseaux sociaux avec des chapeaux tels que “Mélenchon, enlève ton masque, on t'a reconnu”.

 

dimanche, 12 avril 2020

Océan libellule

Aujourd'hui, après un samedi passé à trimer sur le calendrier des examens à distance de mai et à tenter de rassurer pas mal d'étudiants par mail aussi, je me suis embarqué dans l'enregistrement puis le montage d'une vidéo correspondant à mon cours d'avant-hier. Bilan des comptes, 5 bonnes heures. Même si je sais que, ce semestre étrange arrivant à son terme, les étudiant·es vont surtout se concentrer sur leur dossier individuel pour le 15 mai et n'iront pas regarder cette vidéo, je ne regrette pas mes efforts, car, sur la question du chassé-croisé comme sur les modulations, il y a là beaucoup d'exemples et de développements qui “resserviront”.

 

 

Moi qui ne recycle jamais de cours, je tiens là une sorte d'archive à laquelle je pourrai renvoyer les promotions futures, comme pour les annales d'examens par exemple. Inhabituellement, j'intègre la vidéo à ce billet car j'en suis assez content, malgré sa longueur, et car j'y évoque aussi au débotté telle question de normativisme linguistique ou tel autre point relatif à la Chinafrique (après tout, j'ai choisi des extraits du roman d'Owuor car c'est un texte qui relève de ma spécialité de recherche).

 

Tant qu'à user aujourd'hui de ce blog comme d'un dépotoir (c'est cela, après tout – et les textes, des déchets imputrescibles), j'archive ici les résultats d'une série de sondages linguistiques farfelus que j'organise ces temps-ci sur Twitter.

sondage1

 

sondage2

 

sondage3

 

sondage4

 

sondage5

 

sondage6

 

sondage7

 

sondage8

 

sondage9

 

sondage10

 

sondage11

 

sondage12

 

 

sondage13

 

sondage14

 

samedi, 11 avril 2020

Dérision de l'évaluation

Levé depuis 5 h 45 pour continuer de régler toutes les difficultés liées aux examens. J'ai répondu à un étudiant de L2 complètement paniqué de n'avoir aucune nouvelle et qui se faisait le porte-parole de camarades aussi paniqués que lui, qu'il pouvait (tout en signalant que ça n'avait rien d'officiel) diffuser les infos officieuses que, découragé d'expliquer cela ici sous une autre forme, je copie-colle ci-après :

L'UFR L&L va enfin pouvoir, suite aux décisions de la CFVU jeudi, mettre en place un calendrier avec des modalités de contrôle adaptées. Ce calendrier sera communiqué officiellement aux étudiant-es après approbation par le Président, donc si tout va bien en milieu de semaine prochaine au plus tard. Si nous l'avions pu, nous (au département d'anglais) aurions déjà pris nos décisions et aurions communiqué les modalités d'examen depuis 10 jours ; cela ne nous a pas été permis.

Pour l'anglais, tout sera en distanciel, avec plusieurs matières en CC qui vont "basculer" en examen terminal. Dans certaines matières, des évaluations qui ont pu être faites avant la fermeture seront prises en compte dans le cadre d'un maintien en CC ; mais comme il n'y a eu que 4 semaines de cours, il y en a fort peu.

 Pour les évaluations en examen terminal et évaluations pour RSE, les sujets seront communiqués le 1er mai au plus tard et les étudiant-es auront 15 jours pour les rendre, via Célène ou par mail, avec, par ailleurs, une grande souplesse dans les formats de devoir remis (des photos d'un travail manuscrit seront admises, a priori). Le cas des étudiant-es empêché-es n'est pas encore fixé, la CFVU ayant interdit la proposition de l'UFR L&L de neutralisation du semestre et la demande des élues étudiantes (10 par défaut aux étudiant-es se déclarant empêché-es de composer). Ce que vous pouvez d'ores et déjà dire à l'ensemble de vos camarades c'est que des solutions seront proposées à celles et ceux qui seraient vraiment dans l'impossibilité de remettre des travaux entre le 1er et le 15 mai.

Ce qui est évident également, au vu de la situation actuelle, est que les équipes pédagogiques ont reçu des consignes de bienveillance et que le S2 sera globalement plus facile à obtenir que le S1 ; cela signifie donc que les étudiant-es ajourné-es au S1 ont tout intérêt, dans la mesure du possible, à rendre l'ensemble des évaluations distancielles en usant du délai long qui sera accordé. Je vous dis tout cela pour remotiver tout le monde. La fermeture de l'université, le confinement etc. ont pour conséquence un bilan très lourd sur le moral de tout le monde, et donc des étudiant-es aussi. Nous le savons. La situation en matière d'examens sera bientôt officiellement clarifiée, et d'une manière qui doit faire renaître l'espoir et la motivation à travailler chez tou-tes les étudiant-es.

 

Maintenant, j'attends qu'on me sanctionne pour avoir tenté d'éviter, à ma façon, quelques suicides chez les étudiant·es. (Ceci n'est pas une hyperbole.)

L'Université française est (une fois de plus, devrais-je dire) pas du tout à la hauteur de la situation et ne propose que de petits aménagements technocratiques tièdes à une véritable catastrophe. Le conseil d'UFR avant-hier en fut un excellent exemple : trois heures à discuter du sexe des anges...

 

08:20 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (1)

vendredi, 10 avril 2020

*1004*

Pour un des deux cours d'agrégation que je vais tenter d'assurer (comment ? Teams ? Renavisio ? YouTube live ?) la semaine prochaine, toutes les étudiantes ont rempli le sondage en ligne afin de définir un créneau. Et pour l'autre, rien, nada, au point que je suis allé vérifier que j'avais bien envoyé le mail avec le bon lien. Oui, je l'ai fait, lundi dernier aussi.

Bizarre.

 

Les réunions se suivent et se ressemblent : les instances universitaires sont en-dessous de tout et ne comprennent rien à la situation.

Heureusement qu'on peut constater combien nous sommes, malgré tout, privilégiés, en lisant chaque jour les témoignages des personnes qui sont obligées de travailler, souvent avec de grands risques, ou qu'on voit à quel point les pays pauvres sont dans une situation terrible (pas de confinement car dans ce cas-là tout le monde meurt de faim). Cela permet de relativiser l'épouvantable gabegie dans les universités françaises.

(Et je précise bien, pour qu'on ne se méprenne pas : ni Schadenfreude ni suave mari magno. Je tiens le coup car je me rends compte que les trucs ingérables que je dois me coltiner sont peu de choses, relativement parlant.)

 

17:07 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 09 avril 2020

Bar By

Après un conseil d'UFR par visioconférence ubuesque et absurde à tous égards, face à la montée de dangers immenses d'une part et de pusillanimités administratives d'autre part, la tentation de tout envoyer bouler est plus grande que jamais.

(Je dis ça, mais j'en suis incapable.)

 

16:56 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 08 avril 2020

Alambic, sortie confinée

Hier, on s'est intéressé au hautbois musette, au saxhorn duplex* et à l'orgue Cavaillé-Coll d'Azkoitia.

testes.JPGRetour du soleil et de la douceur.

Le sondage Twitter d'avant-hier a donné des résultats surprenants : balls est arrivé devant nuts, mais d'une courte tête (si j'ose dire). — L'émoticône poivrière a surtout été choisi pour qu'on se pose des questions, ou pour débusquer les personnes aux idées mal placées. Pas réellement d'allusion argotique non plus.

Impossible de me (re)mettre à des choses d'envergure. Je me claquerais**. Passé une bonne partie de l'après-midi avec S°, ma directrice de département, et à tout configurer dans des tableaux Excel. (Ai-je déjà dit ici que je déteste les tableurs ?) Le soir, quelques mails suite à l'envoi, par S°, du long courrier du Doyen et des propositions d'évaluation en distanciel seulement.

Depuis quelques jours, retour des moustiques, aussi.

Ce matin, levé tôt, aussi parce que ces histoires d'examens de première session me taraudent.***

Hier soir : Gervaise de René Clément. Plutôt beau film, mais son pas toujours synchro — l'occasion aussi de se rappeler, pour C* comme pour moi, qu'on ne se rappelle pas parfaitement bien L'Assommoir : j'ai quelques excuses, l'ayant étudié en classe de troisième — donc il y a 32 ans (quoi ??!?) — et ne l'ayant pas relu, ou alors seulement par extraits, depuis.

Il y a, dans le film, à en  croire l'interminable générique de début (on avait largement le temps de finir sa clope avant d'entrer dans la salle, à l'époque), des chansons écrites par Raymond Queneau, qui s'est amusé dans le pastiche.

 

 

* Ce n'est pas l'instrument qui a le mieux traversé les âges.

** Ich könnte mich zerreißen. (Phrase trouvée dans le dictionnaire en ligne PONS une heure après avoir écrit ce billet, en préparant ma traduction allemande du jour.)

*** Et j'en ai oublié de signaler que ce billet était le 4.646e du blog. À la louche cela fait donc, depuis le 6 juin 2005, une moyenne de 0,8579870729455217 billet publié par jour.

 

mardi, 07 avril 2020

Chambres

Didier Goux me fait remarquer qu'il n'est toujours pas possible de mettre en italiques, ou en gras, dans les commentaires du blog. Déjà, en 2005, cela semblait rudimentaire, alors maintenant... Cela dit, l'immense majorité des gens qui écrivent sur Facebook ou Twitter s'accommodent de ne pas pouvoir justifier ni policer leurs textes sur ces sites-là. J'ai découvert très récemment comment créer des italiques e tutti quanti sur Facebook. Sur Twitter, cela reste impossible, je crois. Bref, tout ça pour dire que je testerai un subterfuge tout à l'heure et que je vous en dirai des nouvelles. (Voir infra, en commentaires, si j'y suis parvenu.)

 

En tout cas, le quotidien enchaîne. Après sa vidéo sur A Room of One's Own, Azélie Fayolle a publié dimanche une vidéo très juste et très fine, assez essai à la Montaigne, sur le confinement.

Les éboueurs ne sont pas passés hier, la Poste non plus. Le soleil revient, après 24 heures de pluie pas toujours fine. Il y a des trucs de boulot auxquels je n'arrive pas à me mettre, alors je procrastine, en enregistrant des vidéos, en traduisant de l'allemand, nawak total.

 

Hier soir : Dixième chambre de Depardon. Peut-être celui des 3 films sur le système policier/pénal qui est le plus dérangeant du fait de son montage : on ne sait jamais vraiment quel est le contexte, et surtout l'institution judiciaire est loin d'y montrer son meilleur visage. Le meilleur est le premier, Faits divers : j'ai beau ne pas aimer les flics, c'est là qu'on voit que, sur toute la chaîne, c'est eux qui font le travail le plus dur, dans tous les sens du terme.

 

10:49 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (4)

lundi, 06 avril 2020

*0604*

Il s'est mis à pleuvoir, depuis une demi-heure peut-être — je ne saurais dire, j'avais le nez sur mes copies —, et je crois qu'il n'avait pas plu depuis le début du confinement. Du vent très froid, et très violent il y a huit jours, oui, mais de la pluie, je ne crois pas. Tant mieux pour les allergiques au pollen, entre autres.

 

Fini hier Le Nuage et la valse de Ferdinand Peroutka. Très grand livre. L'Épilogue en kaléidoscope reprend toute la structure du livre, en la diffractant encore. Magnifique.

 

Il faudrait que j'enregistre une, et même deux vidéos je range mon bureau, mais j'ai pris du retard, ce week-end, dans mon travail.

 

Hier soir, le coin cinéphilie quotidien : Première année, petit film français (l'expression dit tout, je trouve, et j'espère juste qu'on me comprend), mais très bien joué. Film à charge contre l'absurdité totale que représente le système de sélection en PACES. Après le film, on en parlait avec A* notamment,  car il a plusieurs potes embarqué·es dans ce cursus : pour critiquer très vivement le fonctionnement des études de PACES, il suffit de faire un film descriptif.

 

09:25 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (3)

dimanche, 05 avril 2020

Schlock

Dans le néflier une tourterelle a chassé une pie.

Dans Schlock le tueur à la banane, le monstre se sert largement du popcorn dans la bassine de son voisin avant de conduire gentiment un petit garçon aux toilettes.

Lors de mon sondage linguistique le plus récent sur Twitter, aucun·e des 37 votant·es n'a voté pour ma métaphore préférée.

Dans Schlock le tueur à la banane, Édouard Philippe dit qu'il ne laissera personne affirmer qu'il y a eu du retard dans les mesures de confinement.

La tourterelle à présent me guette depuis le lampadaire.

Dans Schlock le tueur à la banane, les voitures de police zigzaguent dans tous les sens.

Ce matin j'ai eu mal à la tronche rien qu'en faisant ma to-do list pour aujourd'hui et demain.

Dans Schlock le tueur à la banane, Bruno Le Maire tient des propos hostiles à l'idéologie libérale.

Bon, il faut que je m'y mette.

Dans Schlock le tueur à la banane, la jeune aveugle prend le montre pour un chien et lui renvoie neuf fois de suite un bâton.

 

10:07 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (2)

samedi, 04 avril 2020

Scorbut en or

Pas tant dormi que ça, mais après un réveil à 7 h, flemmardé et traînassé au lit jusqu'à 9 h. La honte. Du mal à me battre les flancs pour bosser aujourd'hui, donc je glandouille en écoutant des cantates de Bach et le dernier album de Sophie Alour.

 

Je n'arrive pas à savoir si notre métier, qui consiste très largement en une grosse dose de travail à la maison, nous aide à mieux vivre le confinement ou pas. En tout cas, il y a, sur Twitter, des collègues du secondaire complètement paranos qui se répandent depuis hier en interprétations délirantes et conspirationnistes des annonces du Ministre : les hiérarchies sont souvent lamentables, les réformes sont destructrices, mais ça n'aide pas qu'il y ait autant de collègues totalement à la ramasse non plus.

Mercredi dernier, j'ai enfin commencé la lecture du Nuage et la valse de Ferdinand Peroutka, traduction Hélène Belletto-Sussel. J'en suis à peu près aux deux tiers, et c'est très fort. Curieusement, plus qu'aucun autre livre sur l'expérience concentrationnaire, ça me rappelle Les Communistes d'Aragon.

 

Il fait très beau aujourd'hui. Pas de courses depuis mercredi, et on doit encore pouvoir tenir même sans aller à la boulangerie ou acheter fruits et légumes et frais jusqu'à lundi. Phrase du jour, d'ores et déjà, par C* : "Mieux vaut attraper le scorbut que le Covid."

 

Hier soir, Pulp fiction. Vu une fois seulement, au cinéma à sa sortie. Grand film, même si le côté un peu postmoderne-qui-tourne-en-rond et mise en abyme infinie de la construction des récits ne résiste guère. Me suis amusé de découvrir que les Québécois avaient commercialisé ce film sous un titre qui est un contresens total, Fiction pulpeuse !

 

11:36 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (1)

vendredi, 03 avril 2020

Un peu de cinéma

Hier soir, nous avons regardé Rafiki. Le film est un peu conventionnel, mais même ainsi il n'a pas manqué d'être considéré comme un brûlot au Kenya. La manière dont sont organisées les plongées et contre-plongées dynamiques m'a beaucoup plu. Je suis prêt à parier que des militantes lesbiennes auront été dérangées par le côté un peu binaire du film (le couple formé par une jeune fille très sexualisée et un “garçon manqué”), mais là encore il faut voir que les enjeux politiques liés aux discriminations homophobes dans plusieurs pays d'Afrique sont également loin d'être subtils. Les personnages du père et de Blacksta, mais aussi de la mère de Ziki, offrent une vraie complexité au film.

Beaucoup pensé à Binyavanga Wanaina en regardant ce film : auteur majeur qu'il ne faut pas “réduire à” son homosexualité, mais dont il serait bon que davantage d'Africain·es aussi lisent la très belle nouvelle ‘I Am A Homosexual, Mum’.

 

Avant-hier soir, dans un autre genre, Les acteurs de Bertrand Blier. Outre que le film entier semble avoir été écrit pour le point d'orgue que constitue le dialogue entre le cinéaste et son père mort qui lui parle au téléphone, la meilleure idée est de faire jouer Dussolier par Balasko. Comme pour Convoi exceptionnel, toutefois, on se surprend à trouver longuet un film d'une heure et demie et à se demander quand ça va s'achever alors qu'on en est à peine à la moitié.

____________________________

 

Ce sera le point le plus marquant de ce confinement, pour la vie familiale : jamais nous n'avions regardé autant de films en aussi peu de temps. Et la rubrique Tographe ne s'était pas autant nourrie que depuis trois semaines.

 

jeudi, 02 avril 2020

Tragi-comédie

Cela fera trois semaines ce soir que nous avons appris que les écoles et universités fermeraient. Et cela fait donc deux semaines et demie que la fameuse autant que fumeuse "continuité pédagogique" s'est mise en place, grâce à la bonne volonté des enseignant-es et sans aucun soutien logistique ni technologique de l'Education nationale.

Il en va d'ailleurs d'autres pans de l'Etat comme pour l'éducation : l'armée française est une nouvelle fois en-dessous de tout. Au bout de trois semaines, l'armée française, qui est la risée du monde depuis des décennies, a été capable d'installer trois vagues tentes avec trente lits d'hôpital. En Espagne ou au Royaume-Uni, ce sont de véritables hôpitaux militaires qui sont désormais opérationnels : nous passons pour des glandus ; pas grave, on a l'habitude ; surtout, notre nullité augmente le nombre de victimes. Confirmation est faite qu'à part aider des régimes dictatoriaux en Afrique et cramer des millions de litres de kérosène dans le ciel des villes françaises, l'armée ne sert à rien. La police, elle, ne sert qu'à faire rentrer des sous dans les caisses en fouillant dans les sacs des gens afin de pouvoir leur coller une amende en dépit d'une attestation de sortie valable. Protéger les citoyens, on n'en parle même plus ; je crois que beaucoup de policiers ne savent même plus, en toute bonne foi, que là est théoriquement leur mission principale.

On parle d'un confinement possible jusqu'à l'été. Et la raison principale en serait l'incurie de l'Etat, une fois encore : pas assez de masques, pas assez de tests de dépistage. La macronie est comme le médecin qui préconise d'approcher le thermomètre d'un bloc de glace pour faire baisser la température.

Triste tragi-comédie...

 

Dans ce bourbier je commence à me retrouver avec des quantités de formalités administratives à accomplir : étudiant-es coincé-es à l'étranger, dossiers de candidatures d'étudiant-es de pays étrangers (Sénégal surtout d'ailleurs, cette année), tableaux des MCC et des examens à faire, défaire et refaire...

 

10:06 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 01 avril 2020

Normal anormal

Une information de première importance, en ce commencement d'avril, et qui devrait réjouir ma mère : quatre jours d'affilée que je ne me réveille pas avant 7 h, et même que je traînasse entre sommeil et veille jusqu'à 7 h 45 aujourd'hui — une vraie grasse matinée !

Les poissons d'avril, si la presse en fait, risquent d'avoir un goût saumâtre.

Hier soir, nanard ennuyeux (ne le sont-ils pas tous ?) : Twist Again à Moscou.

La forme verbale traînasse peut être du verbe traînasser à l'indicatif 1e et 3e p. s., comme du verbe traîner, imparfait du subjonctif 1e p. s.

Une étudiante chinoise m'a sollicité en me suggérant le sujet de la prochaine vidéo de Miettes et bribes ; je vais l'enregistrer aujourd'hui.

Il faudrait que je commence une nouvelle série, peut-être pas de vidéos, plutôt de traduction de poèmes comme l'an dernier avec Rose Ausländer.

90891091_1624706564334153_8353874719736332288_n.jpg

On entre dans le confinement prolongé : cela devient “the new normal”, ce qui fait craindre à la fois pour le retour à la normale et pour notre état psychologique au long des longues semaines qu'il reste à franchir... Je l'ai écrit aux collègues il y a quelques jours en réaction aux injonctions hiérarchiques d'organiser des examens (sinon les examens tel que prévus initialement) : nous devons rejeter toute tentative de normaliser cette situation, qui est fondamentalement anormale. Face à la fracture numérique, bien sûr, mais aussi face au désarroi qu'implique l'absence de cours en présentiel, nous ne pouvons nous contenter d'improviser des évaluations distancielles comme si de rien n'était.

(Un collègue et ami m'a fait remarquer par mail que la différence orthographique présentiel/distanciel était étrange ; j'ai oublié de lui répondre, mais je m'étais fait avoir il y a 15 jours, au point d'être à deux doigts de corriger quelqu'un qui écrivait distanciel car je pensais que cette personne faisait une erreur !)

J'ai en tête la mélodie de L'Ondine de Cécile Chaminade, dont je me sers pour les génériques de mes vidéos Miettes et bribes.

 

08:43 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (1)

mardi, 31 mars 2020

Garde-nèfles boulange

Il y a onze ans, c'était aussi un mardi, et j'ignorais que j'allais finir la journée en garde à vue.

 

Aujourd'hui je vais aller à la boulangerie. Nous sommes plutôt bien organisés : entre le 20 mars et aujourd'hui nous sommes allés une fois à la boulangerie et une fois à l'Arrivage. C* a lancé un drive pour demain soir.

 

Il y a un an, j'écrivais ceci, qui pourrait me servir de matériau pour le gros coup de collier que je dois donner dans le cadre du projet Scarlatti :

Les merisiers magiques côté jardin sont en fleur. En une semaine, les bourgeons des néfliers, microscopiques, sont devenus des feuilles de cinq centimètres, d'un vert terriblement émouvant.

 

Hier soir, Thelma et Louise, que je n'avais vu qu'une fois. Encore plus émouvant et mieux filmé que dans mon souvenir.

lundi, 30 mars 2020

*3003*

Hier soir, nous avons regardé Parasite, très bon film en effet, même si je trouve que ça manque un peu de rythme vers le milieu du film (scène de beuverie puis scène de révélation de l'homme caché dans la cave-bunker). La scène du carnage est difficilement regardable, mais je trouve généralement tout ce qui est même vaguement gore difficile à regarder.

 

Confinement, jour 14 ou 17 selon la manière de compter. Darmanin appelle les Français·es à la solidarité et aux dons aux plus démunis. Des milliers de twittos lui ont fait la seule réponse acceptable : remets l'ISF, supprime le CICE, lutte vraiment contre les 80 milliards annuels d'évasion fiscale.

dimanche, 29 mars 2020

La lecture & le viol

La grasse matinée d'hier (réveillé à 6 h 50, levé à 8 h) n'est qu'un souvenir, d'autant plus que le changement d'heure a eu lieu cette nuit et qu'il est “en fait” 5 h.

Lu ce matin le mail d'une collègue sur la messagerie des anglicistes de l'enseignement supérieur :

The generation gap between me and my students increases every year!! Today they asked me for recommendations about novels. I tried to think of novels that might really grab them. These are students for whom under normal circumstances reading a novel is something you do under duress when you are obliged to by a teacher. Et encore. 

Of more recently published novels, I thought Solar Bones by Mike McCormack was just amazing, and that On Earth We're Briefly Gorgeous by Ocean Vuong is now the best American novel (!!). I still think that Dermot Healy's A Goat Song is brilliant. But that's me. I don't know if they would really grab these Millenials. Could anyone recommend novels in English that might really hook very-reluctant-reader Millenials? I kind of feel that the stakes are high because if I could find some novels that they could read on their own with genuine pleasure (and not as a chore) it might turn things around (for some of them). And they could move on from there. I hope this makes sense.

Je lui ai répondu ceci :

I didn't know that Vuong, whose poetry collection I've loved, had written a novel.

I would recommend Markson's Wittgenstein's Mistress but I'm sure that's just me. Otherwise, I know that my L1 classes were generally taken by McCarthy's The Road (alas) and I think Evaristo's latest Girl, Woman, Other would capture those with a keen interest in gender politics.

 

Si je n'en étais pas “rendu” à devoir donner un gros coup de collier en avril pour mes deux cours d'agrégation, et à devoir désormais pondre à peu près un quadrilatère par jour si je veux avoir fini d'ici l'été le projet Scarlatti, je me relancerais bien dans un défi quotidien de vidéo ou de traduction.

Dans le mail de la collègue, j'aime bien l'emploi des verbes grab (séduire ?) et hook (harponner ?). De la lecture comme viol(ence), aussi...

 

samedi, 28 mars 2020

*2803*

Aujourd'hui, à part une visioconférence et quelques mails, je n'ai pas travaillé. Première journée de quasi-pause en 2 semaines : tout le monde ne peut pas travailler dans le privé et avoir fini à 13 h en ne faisant rien le week-end.

La bassesse et la vilenie des manipulations gouvernementales sont plus criantes que jamais, par contraste avec la tragédie.

 

18:59 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 27 mars 2020

Des perruches souris aux mouettes de Franklin

Hier après-midi j'ai fait une petite sieste, et ça m'a complètement foutu en l'air : nuque raide, douleurs vagues jusqu'au coucher. Et là, réveillé très tôt avec la migraine, fini par prendre un doliprane. Sieste réparatrice, my foot.

 

J'ai lancé un nouveau projet vidéo, Miettes & bribes, a priori pour mes étudiant·es d'échange, mais le public-cible n'a pas encore réagi ; j'aimerais bien, pourtant, que ce soit ces étudiant·es-là qui me proposent le thème des futures vidéos. — Pour le projet Scarlatti, il faut que j'écrive 34 textes d'ici le 31 mars (5 jours donc), mais cela seulement si je veux rester dans le cadre du nouvel objectif : boucler le livre fin juin. (L'objectif de départ était d'écrire ce livre en 12 mois, donc de le boucler fin 2020.)

 

Film hier soir : Le Magnifique, que je voyais pour la quatrième fois (mais  on alterne les films qu'on n'a jamais vus avec des “classiques” pour O*). Pourtant, c'était A* qui se rappelait le gag de la femme de ménage qui passe l'aspirateur sur la plage. Il ne se rappelait pas du tout, par contre, toute l'intrigue autour de la doctorante et de l'éditeur : il a raison, c'est le point faible du film. Envie d'extraire, pour en faire un GIF, les 3 ou 4 secondes de la scène au Jardin des Plantes où Merlin (Belmondo) dit à Christine (Bisset) : “mais tout le monde s'en fout, de votre thèse !”. Gifle incluse, évidemment. Mais je n'ai pas 30 minutes à perdre pour ça, je pense.

François Merlin est un “écrivain en bâtiment” comme le disait naguère voire jadis Didier Goux de ses propres ouvrages. Je me demande si D.G. a fait la liste exhaustive de tous les livres qu'il a écrits sous le pseudonyme (collectif, crois-je me rappeler) de Michel Brice. Toutes les scènes où Merlin est assis face à sa machine à écrire étaient ce que j'avais préféré quand j'ai vu ce film pour la première fois (et ça s'est encore ressenti dans l'écriture de mon quadrilatère d'hier soir).

 

Commencé à lire hier le texte d'un ami d'A* qui raconte son séjour en Amérique du Sud avec force photos animalières magnifiques. Cela aussi s'est retrouvé dans le quadrilatère 241-244, écrit exceptionnellement avant le coucher.

 

À faire ce vendredi, outre le cours de L3 à distance, et deux appels téléphoniques pour le travail : la n° 59 de je range mon bureau. Déjà huit jours depuis la 58, et je voulais les enchaîner. Les semaines passent à une vitesse...

 

Bon, ce fut un billet très égocentrique. C'est un peu le principe du journal, mais enfin...

 

jeudi, 26 mars 2020

Des orfraies aux fraises

Suite à mon billet d'avant-hier, aucune réaction de la principale intéressée, et c'est bien normal (elle est accaparée, comme nous tou·tes, par la fameuse “continuité pédagogique”). Par contre, Didier Goux m'a signalé un beau passage de Chateaubriand, ce qui est l'occasion d'archiver ici cet extrait de l'avant-propos du traducteur de l'édition anglaise de 1902 des Mémoires d'Outre-Tombe, Alexander Texeira de Mattos.

Mattos.JPG

Je le fais sous forme de capture d'écran, car je me suis souvent rendu compte, après une dizaine d'années à bloguer, que les liens hypertexte avaient tendance à ne plus être valides. J'indique toutefois le lien vers la traduction anglaise du tome 1 (et vers l'original aussi sur le Projet Gutenberg). Cela devrait intéresser Claire Placial, qui a publié hier, elle aussi, des vidéos de cours. Ça fait drôlement plaisir, même si c'est dans le contexte tragique actuel. Je mets exprès le lien vers la 2e partie de son cours sur les métamorphoses chez Ovide et dans Harry Potter, car elle a été moins vue que la 1ère (mais cent fois plus que n'importe laquelle de mes élucubrations (tiens, ça va donner raison à VS qui pense que mon angoisse principale est le manque de reconnaissance, cf infra)).

 

J'évoque VS ? Ah, d'une menteuse l'autre. Hier après-midi, lors de la conférence de presse consécutive au conseil des ministres, la menteuse et manipulatrice Sibeth Ndiaye, vraiment une des pires de cette majorité de faquins, a calmement insulté les 800.000 professeur·es de France, en disant qu'en ce moment “ils ne travaillent pas”.

Here is for the record as well :

ndiaye1.JPG


ndiaye2.JPG

 

 

 

 

Tout cela est démoralisant. Impression de bosser plus que jamais, pour se faire cracher à la figure. Difficile de garder le cap. Heureusement, les garçons ont l'air de très bien supporter le confinement. Hier soir, O* a dit qu'il avait beaucoup aimé Rome, ville ouverte, dont je ne me rappelais pas, pourtant, que ce fût aussi bavard par moments. Toute la scène dans les bureaux de la Gestapo est vraiment étrange, jusqu'aux femmes qui entrent et sortent comme dans un moulin de la salle de torture. Très beau film néanmoins. — Dans un tout autre genre je viens de recommander à un étudiant de L3 d'essayer de voir en entier l'excellente adaptation cinématographique de Twelfth Night avec Imogen Stubbs.

 

vehesse22mars.JPGÀ noter : Valérie Scigala, désormais, ne trouve pas d'autre moyen de m'insulter que de dire que je suis chauve... Cela montre à quel point de bassesse elle est descendue. Faut dire qu'elle qui ne cesse de dire depuis trois ans que les fonctionnaires ne comprennent rien au vrai monde du travail et que la politique gouvernementale est parfaite avoue ces jours-ci  tout benoîtement qu'il y a des jours entiers de télétravail où elle... ne travaille pas...

 

mercredi, 25 mars 2020

*2503*

Hier, ma grand-mère maternelle a fêté, seule bien entendu (et hélas), ses 93 ans.

 

Depuis hier, des échanges assez soutenus ont commencé entre collègues anglicistes de Tours, au sujet de l'évaluation du second semestre. Je ne suis pas en mesure de révéler des discussions confidentielles sur des propositions encore officieuses, mais en tout cas ce qui est certain, c'est qu'une fois encore (et plus que jamais, car la gravité sans précédent de la crise fait encore ressortir la futilité des préoccupations) les universitaires montrent, pour beaucoup, leur incapacité à aller au plus simple. Je ne sais si c'est une forme de crispation sur des choses qui paraissent essentielles à mes collègues, en mode byzantin, ou si, plus généralement, cette majorité d'enseignants-chercheurs en sciences humaines trouvent insultante la simplicité... En tout cas, même après 25 ans de métier, ça ne laisse pas de me fasciner, et de m'exaspérer.

Film du jour (hier) : Rencontres du troisième type. — Vu une seule fois, il y a trente ans, and counting... J'avais, comme souvent dans de pareils cas, un souvenir très vif de plusieurs passages, mais totalement oublié d'autres moments pourtant primordiaux. Souvenir d'un film qui traîne en longueur, et je n'ai pas varié sur ce point. Je m'en souvenais si bien que je me rappelle très distinctement qu'il y avait, outre celle qui dessine Devils Tower et celui qui la sculpte, un personnage qui avait décrit le site dans les moindres détails. Chacun sa forme artistique, en quelque sorte. Or, dans la version regardée hier, pas trace de ça. Ai-je pu imaginer cela de toutes pièces ? c'est étrange. Il doit y avoir plusieurs versions du film, et celle que nous avons regardée doit être une version courte (omg!).

 

Hier sont morts Manu Dibango, des suites du Covid19, et Uderzo, de vieillesse.

mardi, 24 mars 2020

Des cris d'orfraie sur le tombeau d'un ami

Suite au visionnage de la dernière vidéo d'Azélie Fayolle (qui m'a donné envie de relire enfin Stendhal (mais est-ce que cela adviendra ?)), je signale tout d'abord qu'à ce stade je n'ai pas retrouvé la trace de la citation attribuée à Sterne par Stendhal dans les deux textes principaux de Sterne lui-même, ni dans des sources secondaires. L'enquête a duré dix minutes, autant dire que je n'ai pas forcé.

La question reste posée : où, dans Sterne, pourrait-on trouver une formule telle que Stendhal la traduise par « Le tombeau d'un ami » ? Il y a deux passages dans Tristram Shandy qui peuvent suggérer cela, mais pas texto. Sans doute est-ce, comme le dit Azélie, une épigraphe fausse...

J'en profite, au détour de mon enquête, pour vous donner à étudier le début du chapitre XXXVII de la Seconde Partie, en français et dans deux traductions.

R&N 1.JPG

 

R&N 2.JPG

Horace B. Samuel (1916)

 

R&N 3.JPG

C.K. Scott-Moncrieff (1922)

 

Je ne commenterai ici que la traduction d'orfraie, ce mot que l'on n'emploie plus guère en français que dans l'expression pousser des cris d'orfraie (et encore...). Le terme d'orfraie n'est plus utilisé par les ornithologues depuis fort longtemps, et la principale référence en ce sens est Buffon, qui l'a utilisé pour décrire le pygargue. D'autres auteurs ont utilisé ce mot comme une sorte de mot fourre-tout plus ou moins synonyme d'aigle, et parfois pour parler du Balbuzard pêcheur (comme chez Michelet dans le tome 1 de son Histoire romaine).

Le TLFi, toujours précieux, précise qu'il s'agit bien d'un « oiseau de proie diurne » mais que le nom est très souvent employé pour désigner une chouette, par confusion avec effraie. Ainsi d'ailleurs dans l'expression pousser des cris d'orfraie.

Les deux traducteurs de Stendhal ont choisi d'identifier l'orfraie du donjon comme un balbuzard (osprey). Pourtant, voici ce qu'on lit quelques paragraphes plus haut : « Ses remords l'occupaient beaucoup et lui présentaient souvent l'image de Mme de Rênal, surtout pendant le silence des nuits troublé seulement, dans ce donjon élevé, par le chant de l'orfraie! » (II, xxxvi). Cela démontre qu'il s'agit bien d'un rapace nocturne, et donc, de toute évidence, d'une confusion avec l'effraie. Les deux traducteurs ont d'ailleurs traduit cette première occurrence par osprey, en bonne logique “interne” ou intra-textuelle.

Toutefois, si, pour un lecteur français, le terme vague autorise la compréhension par une confusion semblable à celle de l'auteur (le lecteur français lit orfraie mais peut tout à fait imaginer une chouette), les anglophones, globalement plus versés que les Français en ornithologie, n'y comprendront rien. Un certain nombre d'entre eux, en tout cas, tiqueront passablement en lisant ceci : “the silence of the night, which in this high turret was only disturbed by the song of the osprey” (Samuel, 1916).

Il faut donc, en ayant raison contre la littéralité stendhalienne, traduire orfraie par owl.

 

lundi, 23 mars 2020

*2303*

Aujourd'hui, levé à 6 h 38 : l'heure à laquelle sonne le réveil chaque lundi.

 

Il fait grand soleil, c'est déjà ça.

 

Allé faire des courses de frais (fruits et légumes, fromages, viande) à l'Arrivage : contraste saisissant entre la plupart des employé-es et caissiers d'une part (impression d'être dans une centrale nucléaire) et les bouchers sifflotant mains nues au-dessus de la viande. Dois-je préciser que je n'ai rien pris au rayon boucherie ?

 

Très peu de voitures, et les gens que j'ai vus à l'Arrivage prennent tou-tes beaucoup de précautions. Donc le problème n'est plus, à quelques abruti-es près, le confinement plus ou moins total, mais bel et bien l'impréparation structurelle : la France, contrairement à beaucoup d'autres pays, a refusé de faire des tests de dépistage à grande échelle ; la France n'a aucun stock stratégique de masques, ce qui met en grave danger l'ensemble du personnel soignant ; la France a sacrifié ses services publics, dont l'hôpital, au profit des investisseurs privés et des grands pontes du CAC40 ; avec leurs ordonnances, leurs décrets, leurs mensonges, leur arrogance, leurs LBD et leurs gaz lacrymo pour tout dialogue social, Macron et sa clique sont l'aboutissement de cette impéritie criminelle.

 

Echangé des mails hier avec notre ami A°, confiné à Caen, et discuté au téléphone avec C°, confiné à Vincennes. Tous les gens raisonnables espèrent que cette grave crise soit, plus qu'une prise de conscience qui a quand même commencé à avoir lieu, un déclencheur de véritables politiques entièrement centrées autour de la lutte contre le réchauffement climatique et les inégalités sociales. À voir la précipitation de ces salopards de macronistes à bousiller les acquis sociaux en profitant de la panade dont ils sont largement co-responsables, et à voir les chouineries de celles et ceux qui se plaignent de ne pas pouvoir aller faire du shopping ou de voir menacée leur connexion H24 à Netflix, j'en doute.

 

Hier aussi : promené autour de la maison. Des tours de jardin par dizaines, avec variations, cent pas sur la marelle, etc.

 

Hier soir : Délits flagrants de Depardon. Troisième fois que je le vois, mais première pour O*. La première fois, je m'en rappelle comme si c'était hier, c'était avec mon ami Frédéric G. à Paris, au cinéma. [En fait, je dis que c'était comme si c'était hier, mais je crois que je confonds aussi avec la fois où nous sommes allés au cinéma voir Amateur de Hal Hartley en emportant dans nos bagages le mathématicien et altiste Patrick L., devenu depuis compositeur.]

Plus marqué que jamais par le fait que, des trois substituts du procureur, c'est la femme, Michèle Bernard-Requin à ce que m'apprend le Web, qui est dix fois plus "pro" que les deux hommes, efficaces sans doute mais toujours un peu approximatifs, sardoniques à l'endroit du prévenu... Je vois qu'elle est l'autrice de deux livres, mais aussi qu'elle est morte tout récemment, emportée par un cancer.

 

dimanche, 22 mars 2020

L'essentiel & le futile

(Vers 10 h)

 

Curieusement, la page d'accueil de Touraine sereine s'affichait convenablement à l'instant  mais il était impossible de faire apparaître les billets de façon autonome, donc en visualisant les commentaires : “Server too busy. Please try again later.” Même si cela doit affecter les plateformes de blogs, les réseaux sociaux etc. je ne retire pas un mot de ce que j'ai écrit il ya quelques jours en réponse, et même en riposte, à une internaute qui se scandalisait de l'hypothèse que Netflix puisse réduire sa bande passante : les ENT des établissements d'enseignement, les sites des services sanitaires et des institutions de l'Etat sont plus importants que le binge-watching de millions de personnes qui sont devenues totalement dépendantes du streaming ou de l'activité physique conditionnée (je veux dire : en club ou en salle de gym) et qui n'ont aucune autre ressource personnelle que le loisir généralisé.

 

(Sur ce point, je m'attendais à voir fleurir les références au divertissement pascalien, mais il faut croire que ce n'est pas le pont-aux-ânes que j'imaginais.)

 

Je trouve très curieuse aussi la multiplication des liens vers des sites de livres numériques gratuits etc. Bien entendu, je suis le premier à farfouiller x fois par jour dans le Projet Gutenberg et tant d'autres, mais si le Web coupe pendant x jours, j'ai de quoi m'occuper sur mes rayonnages. Peut-être que je vais faire une vidéo autour de mon placard de "livres à lire" d'ailleurs, d'autant que cette pile est loin d'être limitée.

 

Que les choses soient claires : je ne me prétends modèle de rien du tout. Juste, il faut définir les priorités et être conscient de ce qui est un luxe. Les acquis sociaux que le gouvernement a hâte de bousiller, profitant pour ce faire avec l'énergie des charognards de la crise du Covid19, ne sont pas un luxe. Mater Netflix ou tenir un blog, c'est un luxe.

 

Pour que ce billet échappe à son côté superficiel et nombriliste, je copie-colle un billet lu ce matin, qui date d'avant-hier et qui est d'une certaine Élise Cordier :

 

Ce matin, en me réveillant, je pleure. En déjeunant, je pleure. En me préparant, je pleure. En conduisant jusqu'à mon travail, je pleure. Là, dans les vestiaires de l'hôpital, je sèche mes larmes.

J'inspire. J'expire.

Les gens dans les lits pleurent aussi, et c'est à moi qu'il incombe de sécher leurs larmes. De leur faire une petite blague, de leur dire un petit mot, histoire de les faire sourire un peu. Oublier une seconde qu'ils sont là, coupés du monde, une épée de Damoclès au dessus de la tête. Tout ceux qu'ils voient sont habillés intégralement, masqués, protégés, c'est anxiogène. Ils se sentent seuls, abandonnés.

Alors j'inspire, j'expire.

Je reviens dans la chambre pour la troisième fois, et tant pis si on me dispute pour le gâchis de blouse, parce que leur code wifi ne marche pas et que c'est leur seul moyen d'être en contact avec leurs proches : les visites sont interdites, le réseau téléphonique ne passe que très mal dans la chambre. Ils pleurent, parce que tout le monde s'inquiète et que du coup, ils s'inquiètent aussi, mais veulent avant tout rassurer.

Alors j'inspire, j'expire.

Et je rassure aussi, même si juste avant le médecin m'a dit que ça puait et qu'il allait probablement finir la soirée en réa, un tuyau au fond de la gorge. Je parle du temps qu'il fait, comme un pied de nez de l'univers en période de confinement, mais je ne parle pas de tous ces gens dehors qui ne respectent pas ces nouvelles règles.

A quoi bon dire à ce patient, médecin généraliste, qu'on croise des gens dans la rue, masque FFP2 inutile et incorrectement mis sur le nez, alors qu'un tel dispositif lui aurait évité à lui de se retrouver dans un lit d'hôpital.

A quoi bon dire à ce patient que, pendant qu'il est là à attendre de savoir ce que le destin lui réserve, tout le monde dehors lui crache à la gueule.

Pendant qu'il est là à progressivement mais rapidement passer des lunettes à oxygène au masque à haute concentration à la machine de VNI jusqu'à devoir aller en réa se faire intuber, à condition qu'il y reste de la place, les gens débattent de la distance autorisée pour faire leur jogging et de si ils peuvent promener leur chien à deux.

Alors j'inspire, j'expire.

Je gère les sorties, de bonnes ou de mauvaises augures, les entrées. Le flux interminable de patients, en plus ou moins bon état. Je marche, je cours, je vole, ma charlotte me fait mal au front, mon masque me fait mal au nez et me donne la tête qui tourne, l'élastique
de mon masque, couplé à mes deux paires de lunettes, me fait mal aux oreilles, mes mains me font mal à force de les laver.

Mais je prends des tensions, je scope, je prends des températures, des saturations, je perfuse, je fais des prises de sang, des dépistages, je réfléchis, surtout.

Je réfléchis à comment regrouper mes soins pour éviter le gâchis de matériel d'habillage, je réfléchis à comment donner des nouvelles aux familles qui appellent sans trop inquiéter mais sans non plus minimiser, on ne sait jamais, je réfléchis à combien de temps je vais pouvoir tenir à ce rythme.

Je réfléchis au fait qu'on n'est pas encore arrivés au pic de l'épidémie, par ici.

Je réfléchis à ce moment inévitable où il n'y aura plus rien pour s'habiller et se protéger correctement, je réfléchis à ce moment inévitable où il n'y aura plus de place en réa et où il faudra dire à ce patient, à sa famille, qu'on ne peut plus rien faire pour lui si ce n'est espérer, et le soulager.

Alors j'inspire, j'expire.

Ma journée de travail se termine et je passe le relais à un collègue.

Je me change. Je prends ma voiture. Je rentre chez moi. Je n'allume pas la télé, qui ressasse en boucle le nombre de nouveaux décès. J'essaie de rester loin des réseaux sociaux, qui ressassent en boucle les débats futiles des gens face à leur confinement. Je lis les messages de mes proches, qui me donnent du courage, et je rassure, encore. Je lis les initiatives telles que les applaudissements collectifs à 20 h et je pense "au lieu de m'applaudir, j'espère que vous êtes plutôt resté chez vous aujourd'hui, comme il vous l'a été demandé". Au lieu de nous applaudir, j'espère que vous n'oublierez pas et que vous arrêterez de nous cracher à la gueule.

Alors j'inspire, j'expire, et j'espère.

Je ne suis pas une super-héroïne, je ne fais que mon travail, et j'ai besoin de tout le monde pour qu'il soit facilité : restez chez vous au maximum, arrêtez de chercher (et donc trouver) des excuses à la con pour sortir de chez vous 12 fois par jour, même si "oui mais je fais attention".

Profitez de votre canapé, de vos jeux vidéos, de votre foyer, faites du ménage et de la cuisine avec toutes vos pâtes, pensez à tous ces lundis où il a été si difficile de sortir de chez vous.

Inspirez, expirez, et ce sera plus facile pour tout le monde.

Inspirez, expirez, puisque vous avez la chance de pouvoir le faire.

 

11:38 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 21 mars 2020

*2103*

Ce qui est ennuyeux, avec cette manie de me réveiller très tôt et de commencer par tenir ce carnet, c'est que j'y raconte la journée de la veille. Hier, passé la journée à bosser : corrections de devoirs, préparation du fichier pour les L3, mixage des vidéos 24 et 25 des 29 CONTEMPORAINES, écriture d'un quadrilatère, mise en ligne des diaporamas de L1... et courses massives, à l'heure creuse, dans le Leader Price désert.

 

blagueblock.pngIl est question d'un prolongement (sans surprise) du confinement, et de son durcissement. Pendant ce temps personne ne semble vraiment s'offusquer du fait que ce gouvernement, Ndiaye, Pénicaud & co, avec Macron au-dessus et les faux parlementaires LREM à côté, profite de cette très grave crise sans précédent pour faire les deux seules choses qu'il sait faire : d'une main, casser encore et toujours les droits des travailleuses et travailleurs ; et de l'autre donner l'“argent magique” aux banques et au privé. — Pourquoi avoir imposé hier la suspension des règles du travail sans limite de date ? Une telle mesure n'a d'autre effet que de montrer encore et toujours aux plus modestes et aux pauvres qu'elles/ils se feront toujours latter la gueule par ce gouvernement. Le discours de Macron du jeudi 12 mars au soir est bien loin, mais on savait que c'était une mascarade électoraliste.

 

Hier soir, Loulou de Pialat, que je n'avais jamais vu. Dit aux enfants que c'est un cinéma qui avait quand même été marquant parce que l'absence d'histoire linéaire, les mouvements de caméra sans stabilisation, le son “réel”, tout cela était un moment essentiel pour déconstruire les artifices du cinéma. (Je n'ai pas dit ça comme ça.) Il n'empêche que je reste peu convaincu, malgré Depardieu, et que je trouve que le film a bien mal vieilli. Quant au son réel, censé représenter la vraie vie, j'ai toujours envie de gueuler vers l'écran : mais dans la vraie vie, on peut faire répéter les gens quand on n'a pas compris ! ——Est-ce moi qui deviens sourd ? je ne comprends pas une réplique sur deux. La dernière fois que j'ai eu ce problème, c'était pour le Rodin, de Pialat aussi [EDIT du 22.03 : non, pas du tout : de Doillon, cf commentaires ci-dessous] : mais là, le problème est que le film est ennuyeux de bout en bout, malgré Lindon que j'aime bien pourtant.

J'entends siffler un merle : printemps.

C'est reposant, dans ce carnet, de ne pas traquer les virgules, échafauder des synonymies, toujours dégainer des coupes ou des dilutions.

 

Ici je note des éléments politiques afin de faire les comptes, le jour venu. (Mais ce jour viendra-t-il ?) Je veux aussi noter de toutes petites choses ridicules. Par exemple, j'avais la barbe depuis trois semaines : je l'ai rasée mardi après-midi, au jour 1 officiel du confinement ; l'objectif désormais, afin de montrer ma solidarité avec C* et les garçons qui ne pourront aller chez le coiffeur (quasi- chauve je me tonds moi-même la tronche depuis 4 ou 5 ans), est de me laisser pousser la barbe. Je crains de craquer avant la fin du confinement car déjà là en trois semaines je l'avais retaillée deux fois.

 

* Source de l'image : page Facebook “Blague Block”, 19 mars 2020.

vendredi, 20 mars 2020

Chantage et désenchantement

Hier journée splendide ; nous avons déjeuné sur la terrasse, avec la grande table carrée en fer qui permet d'être encore plus éloignés les uns des autres que la table du salon. Petite promenade (avec nos attestations !) autour de 17 h et sans s'éloigner de la maison : ce n'est pas le désert ni le calme plat (surtout grâce à tous les casse-pieds qui n'ont pas d'autre occupation que le taille-haie électrique ou la tondeuse) mais ça ne ressemblait pas à l'heure de la débauche sur semaine.

Travaillé, certes, mais pas comme j'aurais voulu. Fatigue ou lassitude ? Un peu des deux, je pense.

Ce matin je me suis réveillé à 6 h 15 : j'ai gagné plus d'une heure de sommeil. Pourvu que ça continue de s'améliorer.

J'ai déjà rendu visible pour les étudiant·es de mon CM du vendredi matin les contenus correspondant aux séances de cette semaine et de vendredi prochain. Je leur ai aussi envoyé la petite soufflante ci-après.

Message de M. Cingal, cours 6320 (CM de RDM), 20 mars 2020.

Dear students

I hope you are coping. If anything is not working out properly, please remember that you can write to Dr *** for questions about courses in general, or to the SSU for health issues.

Regarding THIS class, I have uploaded material for today's and next week's class. I expect you ALL to work. For the time being, only 54 students have downloaded the slideshow for the February 14th class, and only 31 students have downloaded the slideshow for the March 6th class.

This was BEFORE the current events. Let me be crystal-clear: we'll all be very attentive and helpful, but NOT with students who have not been working. CELENE makes it possible for us all to check who has been working and who hasn't.
In addition, only 134 students are registered in this online class. Anyone who is not even registered won't validate the credits for this class. Please try to inform your friends.

Health matters more than anything else, and I hope that you are not going outside or meeting anyone. Health matters, but to get a grip on the situation, you need to remain busy and to work for your L1. This will keep your minds busy and alive.

Best regards
GC

Je ne pratique jamais ce chantage d'ordinaire, mais là il est hors de question qu'ils/elles se la coulent douce en attendant qu'on bosse d'arrache-pied pour eux puis qu'on valide leur année comme par enchantement, juste pour compenser la crise sanitaire. Incidemment (non, pas du tout incidemment), il s'agit du groupe que j'ai fini par engueuler vendredi dernier (donc au lendemain du premier discours de Macron) parce qu'ils se massaient les uns contre les autres, se serraient la main etc. et ce trois semaines donc après la publication des “gestes barrière” (que je suis le seul, je crois, à écrire en considérant barrière comme un nom adjectivé invariable) comme préconisation absolue.

Ma mère m'a écrit que la dame qui livre les repas aux personnes âgées dans le village lui a dit ne pas porter de masque car ça ne sert que quand on est contagieux. Une poignée de quelques millions de parfaits imbéciles finira par nous faire tous crever !!!

 

Hier, O*** a lu (après les deux premiers la veille (et sur ma recommandation, sa prof de latin n'ayant pas encore donné de travail)) l'un des 25 chapitres d'un livre qui adapte les Métamorphoses. Il fait à chaque fois un petit résumé (sur le mode burlesque, les chiens ne font pas des chats), et hier j'ai rejeté un œil au passage du livre VIII consacré à Philémon et Baucis. Si le confinement pouvait être l'occasion de me remettre au latin autrement qu'en butinant ou à la volée (cochez la métaphore animalière de votre choix)... En effet, la langue d'Ovide est quand même formidable. Dans les vers 620-1,

                                    tiliae contermina quercus
collibus est Phrygiis modico circumdata muro

le narrateur annonce déjà, par la syntaxe, la fusion des deux corps en deux arbres entrelacés : les trois premiers mots signifient littéralement (mais dans le sens inverse, en commençant par le génitif, ce qui a aussi son importance) “un chêne adossé à / tout proche d'un tilleul”. Le fait que quercus soit de genre féminin suggère déjà un rapprochement avec le très féminin, de première déclinaison, tilia (et ce sera Baucis). Le placement de l'adjectif conterminus au féminin entre les deux noms, tout à fait classique en latin, montre en quoi l'adjectif relie les deux noms. Ainsi, dès le début du récit, Philémon et Baucis sont reliés, différents et inséparables. Les traductions qui commencent par traduire en parlant du mur ou des monts phrygiens du vers 621 manquent totalement cela.

Outre la magnifique édition très grand format richement illustrée publiée aux éditions Diane de Selliers, je possède l'édition bilingue avec la traduction de Danièle Robert. Ces livres vont traîner au salon quelque temps, je pense...

 

07:10 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (3)

jeudi, 19 mars 2020

Un adverbe en -ment par §

Levé depuis 5 h, décidément c'est une habitude. Et déjà répondu à des étudiant·es de L3, avant de corriger des copies (de 6 à 7, une heure chaque jour, pas davantage).

ETaFIiUXgAA7nun.pngPas complété le billet d'hier. Ce que j'avais à ajouter, je l'ai noté facétieusement dans une parodie de Sei Shonagon.

Il semblerait que la technique qui consiste à débrancher carrément le bloc-prise pendant la nuit fasse du bien à l'ordinateur, quoiqu'il ait rouvert, à l'ouverture, tous les documents et logiciels utilisés hier, et pourtant j'avais bien tout fermé puis arrêté selon le protocole.

Les cognassiers commençaient de bourgeonner timidement il y a dix jours. Cette semaine, ce sont les deux néfliers, et l'immense merisier de la terrasse, sous lequel nous pourrons bientôt nous abriter du soleil.

Un torchon, je ne sais plus lequel, franchement, a commencé la publication d'un feuilleton dégueulasse de Leïla Slimani. C'est ce genre de texte infect qui témoignera plus tard de ce que nous aurons vécu ? Penser aux soignant·es, aux employé·es des commerces d'alimentation, aux routiers qui ne peuvent même plus se laver car hôtels et toilettes des stations-service sont fermées. C'est ces gens-là dont on voudrait lire le journal du confinement, mais ils et elles ont autre chose à foutre, font tourner le pays, c'est ces gens-là dont Slimani et les autres bourges friqués puants devraient écrire l'histoire en ce moment.

Aujourd'hui, je vais tenter d'aller faire quelques courses, mais je me tâte : fin de matinée ou milieu d'après-midi ? Ma kiné m'a encore appelé hier soir, cette fois pour annuler tout bonnement nos rendez-vous restants de mars.

On peut vivre vraiment avec la lombalgie.

 

05:58 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 18 mars 2020

Ça c'est fait, babe

Le PC de bureau n'a pas planté (encore).

Hier, premier jour de confinement. Une belle attente à la boulangerie, pour acheter un peu ce qu'il restait. À la Poste, le matin, avant le début du confinement, C*** n'a pas pu expédier son envoi recommandé avec avis de réception.

Le préfet Lallement, qui devrait être démis depuis des mois, a pavané sur sa capacité bien connue à faire respecter les arrêtés de confinement.

Les Parisiens qui le peuvent quittent la capitale.

Hier soir, Blow Out, pas vu depuis que j'avais l'âge d'A***, peu ou prou. Un peu déçu, mais cela reste un grand film sur le cinéma, belle métaphore, pas appuyée, avec des séquences génialement filmées.

C*** a suggéré avant qu'on se couche que chacun de nous quatre tienne son journal du confinement. De mon côté, ça c'est fait babe, pour citer le dernier Murat.

Agnès Buzyn a donné un entretien à je ne sais plus quel journal. Si elle y dit la vérité, les propos qu'elle y tient devraient lui valoir la prison, et valoir au gouvernement la démission et la honte éternelle.

Ce fut pour rester dans le monde.

Hier soir, j'ai débranché la multiprise où sont branchés les deux PC de bureau, les lampes etc. ; peut-être est-ce pour cela que, mieux dispos, mon PC de bureau ne plante pas (encore).

Hier j'ai même inventé un exercice en partie d'invention pour qu'O*** (qui a commencé à avoir du travail via Pronote et le CNED) révise ses verbes irréguliers ; il s'en est très bien sorti, alors que je craignais qu'il ait du mal à trouver des idées pour finir les phrases.

Ma grand-mère, qui aura 93 ans dans six jours, a écrit pour remercier d'une vidéo et d'un mail envoyés dimanche. J'espère qu'elle va tenir le coup. Elle a de la ressource comme on dit maintenant, mais ce n'est vraiment facile pour personne.

Annulé le dîner chez L° et A° samedi soir à Fondettes. Annulé le séjour, ici, de notre ami C°, qui devait venir dans dix jours. Déplacé, à la demande de la kiné elle-même qui voit se multiplier les annulations, le rendez-vous de jeudi.

Rangé mon bureau, mais aujourd'hui je veux trier un peu dans les clés USB. Si pas trop crevé, enregistrer une première vidéo de la série je range mon bureau. Il y a 18 livres sur la pile. Ce confinement, s'il dure au-delà des 15 jours annoncés par Macron lundi soir, devrait me permettre de relancer le Projet Pinget (honte à moi). Et boucler les 29 CONTEMPORAINES en réglant leur compte aux 8 qui restent (plus facile, ça).

Pour le travail, hier, enregistré et monté à la buanderie (où j'ai eu peur ensuite de m'être enrhumé) la première vidéo d'une nouvelle série destinée aux étudiant·es, Cours confinés.

Il y aurait aussi à reprendre tant de chantiers, les limericks par exemple, tiens, même si “Montboudif lui dit plus trop” ; ne pas se disperser, pourtant...

Scènes de ruées dans les commerces et images de rayons vides : ça continue. Tant et si bien que C* et moi nous interrogeons sur la meilleure stratégie : gros “drive” d'ici trois ou quatre jours une fois que l'orage sera passé, ou alors un tour à Naturéo demain et un autre à Leader price vendredi, avant de compléter avec un petit “drive” ? Dimanche, C*** avait calculé que nous avions 17 repas “devant nous”, sans compter certaines conserves familiales (confits etc.). Pas d'urgence, donc.

Ce billet, trop long, vais-je le prolonger dans la journée ? — On ne sait.

 

mardi, 17 mars 2020

Trèfles

Hier, bossé presque non stop, abattu un boulot monstre, mais pas tout, loin de là.

L***, un ami d'O***, est venu à la maison l'après-midi : ils ont joué à des jeux de société, mais aussi travaillé pendant une bonne heure leur exposé sur Hermès et Apollon. (Pas réussi à comprendre pourquoi leur prof de latin a hellénisé Mercure.) Dès aujourd'hui, nous ne verrons plus personne.

Le soir, Macron et Castaner ont réduit à néant le peu de crédit que ce gouvernement avait réussi à récupérer : discours comme écrit par un logiciel automatique, mesures de confinement à la fois insuffisantes, peu claires et compliquées à appliquer. Et pendant 15 jours seulement à partir d'aujourd'hui à midi : autant dire que la ruée des débiles sur les supermarchés, alors qu'il a été dit mille fois qu'en Italie par exemple il n'y a pénurie de rien, et possibilité de faire ses courses, ne va pas s'arrêter ce matin. (On sait que les Irlandais ont fermé tous les pubs depuis trois jours, alors que c'est la Saint Patrick : si ça n'est pas un signe de la gravité de la situation...)

 

Je viens d'envoyer un message à mon beau-frère pour son anniversaire, et pour lui demander s'il avait pu organiser son télétravail : les trajets entre Cesson et Plaine Commune, ça doit commencer à sérieusement bien faire.

 

5 h du matin. A-t-on vu que j'avais du mal  dormir ?

 

L'ordinateur de bureau plante toujours deux ou trois fois à l'aube, avant de finir par se secouer les puces.

 

05:26 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 16 mars 2020

*1603*

Heureusement que je me suis réveillé avant la sonnerie du réveil : se réveiller à 6 h 44 n'a plus de sens.

Aujourd'hui commence une semaine qui sera peut-être plus étrange ou plus compliquée ou angoissante encore que la précédente. Nous avançons en terrain inconnu.

Ma demi-mug de café réchauffé est infecte.

Hier, j'ai emmené, comme promis, notre voisine d'en face (veuve depuis octobre 2018), au bureau de vote. Au départ, il était prévu qu'elle vienne avec nous 4 mais, comme elle est âgée, j'ai préféré ne pas multiplier les risques de contagion pour elle ; je l'ai donc accompagnée puis raccompagnée, avant de repartir avec C*** et les garçons.

Après, nous sommes allés nous promener dans le parc de la Cousinerie. Pas mal de monde, très beau temps, beaucoup de chiens. Pas eu le sentiment que nous enfreignions les consignes de sécurité élémentaires. Jamais à moins d'un mètre les uns des autres, et, à coup sûr, toujours fort loin des autres promeneurs. Aucun rapport, donc, avec les images de gens massés à Paris, images qui ont scandalisé les médias et tant de gens sur les réseaux sociaux, ainsi que le ministre de la Santé : c'est effectivement imprudent et idiot.

La demi-mug de café est finie : infect, il l'était. L'ordinateur de bureau a déjà planté deux fois.

Parmi les nombreux items de ma to-do list du jour, ranger mon bureau (pas seulement en vidéo) et rationaliser un peu les piles de livres.

 

06:50 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 15 mars 2020

Ides de Mars

Quand j'ai commencé à tenir quotidiennement une sorte de journal de l'année 2020, plus pour  m'astreindre à reprendre l'écriture sous forme de blog que pour un journal en bonne et due forme, je ne pensais certainement pas que l'année allait se dérouler de la sorte.

Et d'ailleurs, de quelle sorte, personne ne le sait encore.

J'ai en tête les journaux d'écrivains qui ont été composés durant les guerres : où en serons-nous le 31 décembre ?

_____________________________

 

Aujourd'hui nous sommes allés voter, quand même et après avoir tergiversé. Trois raisons l'ont emporté :

* l'irresponsabilité du gouvernement, qui aurait dû prendre la décision de fermer les écoles depuis au moins dix jours, fait que nous avons été contaminés tous les 4 cent fois plus au cours de cette période qu'en quelques secondes dans un bureau de vote

* vu les précautions prises dans les bureaux de vote, le risque que nous contaminions quelqu'un justement là est quasiment nul

* c'était la première fois qu'A***, qui est fou de politique depuis très très longtemps et qui suit dix fois plus que moi la situation politique en France, accomplissait son devoir de citoyen : hors de question de le priver de cela

 

Il n'en demeure pas moins que ce sera probablement le confinement total avec couvre-feu dès mardi, et que les élections, premier tour y compris, seront probablement annulées. À Tours, les résultats sont pourtant bien encourageants : la liste conduite par Emmanuel Denis a une belle avance avec 35,5% contre les 25% du maire sortant, le pisciforme Christophe Bouchet. Le RN est à 6%, et Benoist Pierre a pris sa rouste avec 12% : bien fait pour ce représentant parfait de LREM, avec ses manipulations, son discours anti-social et son soutien à la répression des libertés publiques. Plusieurs listes naviguent autour de 5%, dont celle du ridicule Nicolas Gautreau.

 

________________________

 

En écoute, notamment : le beau disque d'airs italiens du 18e siècle d'Orlinski [note to self : vérifier Muzio Scevola de Handel].

 

23:03 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 14 mars 2020

Jours de (dé) π

JOurnée étrange et tendue, mais c'est un peu la norme, ces temps-ci : tension et étrangeté.

 

En soirée et en famille, nous avons regardé The Truman Show, qui faisait écho, de façon curieuse, à la situation et au discours d'Edouard Philippe, plus tôt dans la soirée, annonçant la fermeture de tous les commerces non indispensables.

 

J'ai une pensée (et même plusieurs) pour toutes les personnes qui travaillent dans les hôpitaux, mais aussi pour celles qui ne sont pas salariées et dont l'activité s'arrête ce soir. Les parents d'un des amis d'O*** tiennent un café-brasserie, et j'ai déjà évoqué tout cela avec eux hier midi autour d'un délicieux fish'n'chips : la crainte du dépôt de bilan est évidemment là.

 

Quel sera le bilan psychologique de cette terrible crise sanitaire ?

 

23:13 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 13 mars 2020

Est-ce ta première fin de millénaire ?

Dernière grosse journée (11 heures sur place) de cours sur le site Tanneurs, avant combien de temps ?

Pas envie de la raconter, si ce n'est le seul moment un peu normal et lumineux : les 2 heures où j'ai pu assister aux pré-doctoriales, notamment (mais pas seulement) à la présentation de l'étudiant qui travaille sous ma direction, Louis, et dont le travail de traduction de passages rares d'Adam Smith et de David Hume dans le cadre d'une analyse de l'esthétique des Lumières écossaises promet d'être passionnant, rigoureux, innovant.

 

Le soir, lire le message officiel de l'Université expliquant que tout continuera comme d'habitude pour les enseignants et les membres du personnel administratif la semaine prochaine m'a désespéré et mis en colère : ces (ir)responsables n'ont donc RIEN compris à ce qui se passe, ni au discours de Macron ?

C'est pareil dans les lycées : recteurs et chefs d'établissement annoncent le maintien de toutes les réunions, conseils de classe etc. Je le note ici pour mémoire et pour la postérité (allons-y franchement) : alors que le pays aurait déjà dû être confiné et alors que le discours du chef de l'Etat était on ne peut plus clair sur la nécessité d'arrêter tout ce qui n'était pas vital comme échanges physiques, tous ces minables de l'Education nationale (à commencer par ceux de l'Université de Tours) n'avaient qu'une idée en tête, fliquer et caporaliser leurs subordonnés...

 

jeudi, 12 mars 2020

*1203*

Après-midi, séance hebdomadaire de kiné. Cela ne me fait pas énormément de bien, mais je vais quand même tenter de reprendre vraiment la marche la semaine prochaine.

 

Le soir, Emmanuel Macron a enfin prononcé le discours montrant, avec 15 jours de retard, qu'il avait pris la mesure de la situation. Fermeture totale dès lundi prochain, de tous les établissements scolaires, crèches et Universités. Son premier bon discours depuis mai 2017 (et encore...)

Reste à savoir si tout le long passage dans lequel il sous-entend que l'Etat va enfin changer de politique budgétaire et aider vraiment les secteurs-clé de la santé et réformer en profondeur l'alimentation est à courte vue : en un mot, Macron redeviendra-t-il le libéral pur jus qui sacrifie tous les services publics dès le lendemain des élections municipales ou est-ce que ça a fini par faire tilt ? Ne soyons pas naïfs...

 

22:26 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 11 mars 2020

Partage des eaux

Matin : cours de trois heures très vivant avec 5 étudiant-es de M1 (seulement). De toute évidence, tout le monde commence à comprendre ce que je dis depuis plus d'une semaine : la fermeture des écoles et universités est proche, et la situation est très grave.

Soir : pour la première fois depuis la rentrée de février, c'est C* qui se charge d'emmener O*** au conservatoire. J'y suis allé 6 fois entre lundi 2 et mardi 10 ! Elle a été malade et accaparée par le travail. Et de toute façon tout ceci risque d'être très perturbé si la France se retrouve dans la même situation que l'Italie.

 

18:30 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 10 mars 2020

*1003*

Parmi les très nombreuses choses que je devais organiser pour avril et même pour plus tard, et dont j'ignore si elles pourront avoir lieu, il y a la rencontre avec Corinna Gepner, que j'ai commencé à préparer avec les étudiant-es d'échange mais aussi avec les étudiant-es de M1. Quel dommage de ne pouvoir réellement lancer cela.

Déjà, le 29 janvier dernier, mais pour d'autres raisons (à l'époque, c'était la fermeture du site Tanneurs, pas la crise sanitaire du Covid19), j'ai dû annuler la rencontre avec l'éditeur Benoît Verhille et la directrice de collection Anna Rizzello.

 

Il y a aussi le tour de France de l'écrivain Charles Yu, vers juin. Je ne vois plus très bien comment articuler cela avec l'année universitaire, qui risque d'être très perturbée. De manière inimaginable, même.

 

 

lundi, 09 mars 2020

Début de la fin ?

Aujourd'hui, c'était peut-être le dernier cours de traduction pour étudiant-es d'échange avant longtemps. Certains fuient la France, m'écrivent pour dire qu'ils rentrent en Chine, au Canada, me saluent pour mon sérieux, ma disponibilité et mon humour. Cela fait plaisir, tout en ressemblant aux formules des rubriques nécrologiques.

 

Speaking of which, je ne suis pas allé aux obsèques de mon ancien collègue E***, pour plusieurs raisons mais notamment parce qu'il faut commencer à éviter absolument tous les lieux de rassemblement. Le gouvernement est irresponsable de ne pas avoir encore fermé les écoles et les universités, mais on y viendra certainement, au confinement total, comme en Italie.

 

17:01 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 08 mars 2020

Droits des femmes, sexisme

Aujourd'hui, il faut absolument que je relance le projet des 29 contemporaines : il ne reste que huit capsules à enregistrer, et j'ai interrompu cela depuis deux semaines.

C'est ridicule. Comme l'est, généralement, ma tendance, à ne pas achever de tels projets alors que le but n'est plus si loin.

 

L'enquête de l'ONU sur le sexisme, qui se fonde sur des données collectées dans 75 pays, m'a effaré. Que 28% des personnes interrogées trouvent normal qu'un époux batte sa femme, ou que 40% des sondé·es soient convaincu·es que les hommes soient de meilleurs dirigeants politiques, ça montre que le chemin est encore trèèèèès long.

 

06:48 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 07 mars 2020

Ce qui m'advient encore

Aujourd'hui, chose rare, O*** avait une répétition au conservatoire en début d'après-midi. Je serai donc allé quatre fois cette semaine dans le quartier de la cathédrale. Aujourd'hui, nous avons déjeuné à la Grange des Celtes, puis, après un petit tour place François-Sicard (O*** ne se rappelait pas la statue de Michel Colombe), je suis allé – O*** déposé à sa répétition – acheter des disques à la FNAC, puis lire sans manteau, au soleil, sur un banc des jardins de l'archevêché.

Je me suis rappelé que cela fait cinq ans et demi qu'O*** a commencé à suivre les cours du conservatoire : actuellement, avec l'inscription en Hors Temps Scolaire, cela représente 2 heures de formation musicale (le mardi de 18 à 20), deux leçons individuelles de hautbois de 25 minutes chacune (le lundi à 17 h 20 et le mercredi à 18 h 15), une séance d'orchestre (le mercredi de 18 h 45 à 20 h).

Il ya cinq ans et demi, après les deux années d'initiation dans l'ancienne école désaffectée proche de l'avenue de l'Europe (je me suis rappelé hier que c'est le dernier endroit où j'ai vu les pains ovoïdes de savon senteur citron dont quelqu'un a publié sur Twitter une photographie à intention humoristique dans le contexte du Covid19), il y a cinq ans et demi, donc, j'avais commencé à publier dans la rubrique Ce qui m'advient les textes que j'écrivais le lundi soir de cinq à sept, pendant que j'attendais O***, lui alors à sa leçon de formation musicale + chant choral (si mes souvenirs sont bons).

Guderzo café.jpgL'objectif de cette rubrique était de travailler, chaque semaine, à partir d'un chronotope : le lundi de 5 à 7 + les lieux où l'on attend pendant qu'un enfant suit ses cours du conservatoire rue Jules-Simon. Les années suivantes le chronotope a bougé un peu, puis la rubrique elle-même, fatalement, s'est effilochée.

Je me suis rendu compte, aussi, qu'A***, notre fils aîné, avait alors le même âge qu'O*** aujourd'hui.

Après la lecture dans le jardin du Musée des Beaux-Arts, j'ai un peu déambulé, trouvé non sans mal un café ouvert, continué ma lecture (Les Porteurs d'eau d'Atiq Rahimi) sur la grosse bûche entre le pavillon principal du site Jules-Simon et la salle du Pré.

 

______________________________

 

Soir : Angleterre/Galles. J'avais pronostiqué, quand O*** m'a questionné lors du déjeuner, 32-22 : au début des arrêts de jeu, le score était de 33-23. Un bel essai gallois de dernière minute a pulvérisé mon pronostic.

 

Outlander, deux épisodes. Ce con de Jamie a latté ce con de Robert en lui défonçant la gueule : la masculinité en prend pour son grade, en un sens, dans cette série.

 

Écouté les disques achetés : Suzane, le dernier Murat, le dernier Agnès Obel, le disque de Sophie Alour avec Mohamed Abozekry, un jeune oudiste fort talentueux. [Je ne comprends pas pourquoi S. Alour, après ou comme tant d'autres saxophonistes, s'évertue à jouer de la flûte traversière. Le spectre bifrons de Coltrane et Dolphy ?]

 

vendredi, 06 mars 2020

Voyages dans le temps

Pas le courage d'attendre les 2 semaines au terme desquelles les infiltrations de mardi feront peut-être de l'effet : je commence ce soir le traitement anti-inflammatoire prescrit par la rhumatologue le 29 janvier (oui, je sais, je ne suis “pas très médicaments”).

Outlander, saison 4, épisode dans lequel Brianna et Roger traversent les pierres. Coïncidemment, reçu de l'éditeur Aux Forges de Vulcain (merciii !) les quatre livres traduits à ce jour de Charles Yu, dont son premier, qui tourne autour des voyages dans le temps.

 

jeudi, 05 mars 2020

*0503*

Journée de repos à lire, à préparer des cours.

 

La pandémie de Covid19 est d'ores et déjà là. L'incompétence du gouvernement se manifeste dans toute sa splendeur. L'abandon de l'hôpital public, sacrifié sur l'autel des profits économiques, que dénoncent les grévistes et soignant·es en lutte depuis plus d'un an, va sauter aux yeux de tout un chacun.

Blanquer dit simultanément que les enfants sont les vecteurs les plus efficaces du virus mais qu'il est hors de question de fermer les établissements scolaires. Ce type préférera voir crever deux millions de gens plutôt que de paraître faire un cadeau aux profs.

Sur France Info un épidémiologue confirme qu'il est impossible de savoir s'il n'y aura pas des milliers de nouveaux cas en quelques jours. il prenait l'exemple des transports publics parisiens, et ses suggestions étaient tout bonnement apocalyptiques.

 

13:13 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 04 mars 2020

Caloniz Herminia, Cristina

Fini de lire, ce soir dans la salle d'attente du conservatoire, un livre aussi ébouriffant qu'éblouissant, dont je reparlerai prochainement en vidéo, Cristina de Caloniz Herminia, publié aux éditions du Réalgar.

En quatre parties, de 12, 14, 13 et 11 pages respectivement le texte suit les méandres d'une figure / personnalité / personnage / femme de sa “petite enfance” à sa “jeunesse”. Ce poème en prose, ni narratif ni lyrique au sens strict, réussit donc à retravailler le matériau du Bildungsroman d'une façon radicalement singulière.

Très entre autres, il y a, dans ce livre, une attention aux plantes, notamment aux arbres, qui passe certes par le langage (je veux dire : qui est avant tout expressive), mais qui est puissamment évocatrice. Et puis, ce n'est pas si souvent que je lis un livre qui évoque nèfles et néfliers !

 

*** Brève recension par J.-P. Gavard-Perret ***

* Analyse approfondie de Lionel-Édouard Martin *

 

mardi, 03 mars 2020

Infiltré

Ce matin, infiltrations dans un cabinet de radiologie sis derrière le cinéma CGR Centre.

La secrétaire qui m'a reçu n'était autre que la mère de B., camarade de classe d'A*** de la maternelle à la sixième puis élève de C* en classe de première.

Il est rare que je me promène dans ce coin-là de Tours, et c'est à tort. D'ailleurs, je ne me promène plus guère, et c'est à tort : pourvu que les infiltrations me débarrassent des effets les plus aigus de cette foutue lombalgie/tendinite qui me casse les pieds depuis avril.

lundi, 02 mars 2020

Tout oublier

Aujourd'hui, maussade, triste, pas inspiré.

En cours de traduction pour étudiant·es d'échange, on traduisait un article sur le réchauffement climatique et les stations de ski françaises. En guise de prolongement culturel, comme j'essaie toujours de m'y contraindre, je n'ai pas trouvé mieux que le clip de Tout oublier*.

Si j'en crois le rapide tour de classe, seule une minorité de mes soixante étudiant·es avait entendu parler d'Angèle, ce qui semble démontrer qu'ils/elles ne fréquentent pas tant que ça les étudiant·es français·es, ou que ce n'est pas sur les goûts musicaux que roule alors la conversation, ou qu'Angèle n'est pas si populaire qu'on pourrait le croire (gare aux filter bubbles).

 

* Pas mieux, car je préfère faire découvrir des choses à ces étudiant·es qui ne passent qu'un ou deux semestres en France, mais apparemment c'était une découverte. Sinon, je suis convaincu que le clip parle bel et bien, de façon détournée certes, du réchauffement climatique et de la consommation de masse.

dimanche, 01 mars 2020

Mort d'un ami

1er mars, oui, mais dernier jour de vacances.

Ultime en tant de sens. Juste avant d'éteindre la lampe j'ai appris la mort d'un ex-collègue dont je fus assez proche, à mes débuts tourangeaux, et dont j'ignorais qu'il fût malade.

Il avait quelques années de plus que moi; il écrivait.

Impossible de dire que nous étions amis, puisqu'on s'était perdu de vue depuis des années. Pourtant, tant de discussions « remontent ».

 

23:11 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 29 février 2020

Bissextile

Soirée : après la visite (la combientième, pour moi ? impossible de le dire) du prieuré Saint-Cosme, un long petit délire sur les alexandrins imprévus.

Le matin, quand j'étais le seul réveillé, glané une pépite, en cherchant des artistes nés le 29 février : un air de Rossini (né le 29 février 1792) chanté par la soprano afro-américaine Reri Grist (qui fête aujourd'hui ses 88 ans).

Et aussi ce poème amusant de Howard Nemerov*.

 

* Aucun like ni partage sur Twitter à la date du 2 mars.

vendredi, 28 février 2020

Retrouvailles

De tout et de rien.

 

Elvire et Jacques sont arrivés, pour le dîner. Cela faisait un an et demi qu'on ne s'était pas vus.

 

22:04 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 27 février 2020

*2702*

Mes parents sont repartis, pour Cesson.

Ils sont finalement restés déjeuner : temps infect, aucune envie de prendre le chemin des écoliers.

 

C'est étrange, ces métaphores...

 

Continué de ranger le sous-sol, avec les deux nouveaux meubles.

 

20:00 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 26 février 2020

Grotte aux fées

Grotte aux fées.    Entre autres choses passionnantes (allers-retours à la déchetterie, rangement à la buanderie, achat de deux meubles d'occasion à la Brocanthèque), nous aurons tout de même montré à ma mère, qui n'y était jamais allée, le très beau dolmen de la Grotte aux fées, tout près, dont on croit souvent qu'il se trouve sur la commune de Mettray alors qu'il est en fait à Saint-Antoine-du-Rocher.

Nous n'y allons pas très souvent, il est vrai.

La première visite, de mémoire, fut il y a bientôt 15 ans, au début de l'été 2005, en pleine effervescence de création de ce blog.

A*** avait un sweat orange, quatre ans à peine.

 

mardi, 25 février 2020

Lost Paths

Levé tôt, 6 h 30 encore, après une heure à tourner dans le lit avec la migraine (pas passée depuis hier soir malgré le Doliprane).

Hier, mal toute la journée. Pas rattrapé le retard dans les vidéos des 29 CONTEMPORAINES, ni dans le projet Scarlatti.

Passé au Livre. — En contexte littéraire il faut que je m'interdise totalement d'employer (je ne le fais guère, cela dit) le nom dispositif : composition, oui.

Je ne sais pas pourquoi la vérification orthographique de la plateforme de blog souligne dispositif.

 

Ce matin, je regarde la dernière vidéo d'Azélie Fayolle. Et comme elle parle de Lynch d'une façon (pour moi) novatrice, je me fais la réflexion que Lynch fait partie de ces artistes dont j'adore une partie de la production (Eraserhead, Elephant Man, Lost Highway) et dont j'ai trouvé le reste quasi irregardable.

 

lundi, 24 février 2020

*2402*

Levé à 6 h 30 Impression d'avoir mieux dormi.

Aujourd'hui, des tonnes de choses à faire, dont aller vider le verre à recycler. (Phrase ironique à double détente, hein.)

 

07:41 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 23 février 2020

« rayures du canapé »

rayures du canapé,

pour personne, pour

moi le teint fripé

perdu par désamour,

finement pas grippé

finalement l'assour

dissant aussi stupé

fiant échec (1 four

) de mes tentatives

textuelles captives

à dénombrer des thè

mes pas consensuels

(& poèmes pas bruels

) où victoire = nikè

 

samedi, 22 février 2020

21, and counting

Regardé le match Galles/France, à la fois impressionnant et stressant.

Peu de rangement, des bricoles.

Fatigué.

Parties de belotes, ça oui.

Du retard, finalement, sur mes vidéos des 29 contemporaines. Je crois que personne ne remarquera rien.

 

21:00 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 21 février 2020

*2102*

Nous avons déjà bien rangé et fait le ménage dans la maison de Hagetmau.

En 2 jours : des allers-retours à la déchetterie (des centaines de livres simplement jetés, pas d'autre issue (ils étaient sales ou jaunis ou tout simplement sans intérêt)), à Landes Partage... et des dizaines de sacs et de cartons préparés en vue du déménagement...

O*** a eu un coup de blues hier soir. C'est normal : moi-même, ça me fait quelque chose de quitter bientôt, pour toujours, cette maison que je connais depuis 1992 et où j'aurai donc vécu, par phases, 28 ans. C***, elle, y a vécu toute son enfance et toute son adolescence. Mais on ne peut plus s'en occuper comme il le faudrait, et avoir trouvé un acheteur relève presque du miracle.

(On y croira quand ça sera signé, ou en tout cas, déjà, dix jours après la signature du compromis.)

 

jeudi, 20 février 2020

*2002*

Levé à 6 h 35. Cela s'améliore, ces temps-ci.

Je découvre, grâce à Laelia Véron sur Twitter, qu'un certain nombre d'auditeurs (et -rices, sans doute) de Radio France et l'Académie française considèrent les interrogatives en "est-ce que" comme relâchées. Non seulement c'est absurde et contraire tant à l'histoire de la langue qu'à l'observation usuelle, mais je tombe aussi des nues. En effet, j'enseigne toujours, et notamment à mes étudiant-es d'échange allophones, que la seule tournure relâchée est la phrase déclarative avec intonation montante : Tu viendras ?

Viendras-tu ? : soutenu

Est-ce que tu viendras ? : courant (voire difficile à pratiquer convenablement)

 

... au point que je me demande si ce ne sont pas les interrogatives indirectes en "est-ce que" qui étaient dans le collimateur de ces auditrices (et -teurs) :

Je voudrais savoir est-ce que tu viendras. (Aaaargh.)

Je te demande est-ce que tu sais. (Re-aaaaargh.)

 

mercredi, 19 février 2020

*1902*

Dernier jour à Cagnotte. Temps changeant.

Avant de partir, dernier tour de la Salamandre avec ma mère.

O***, dont le rhume semble se relâcher, a pu faire son hautbois, déchiffrer ses mouvements de Haendel.

Après-midi à Hagetmau : début de rangement (disques, B.D., dépôt massif à la boîte à livres).

Soir : saison 4 de Outlander, épisodes 2 et 3 (un peu meilleurs que le 1).

 

23:16 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 18 février 2020

*1802*

La journée s'est passée en diverses glandouilles.

En soirée, partie de Loups-garous en famille.

 

lundi, 17 février 2020

Demain

Demain je publierai un billet bref composé de deux alexandrins.

Comment puis-je annoncer cela ?

Mais parce que je triche, pardi !

 

Dans l'autre blog, il y a une rubrique Aujourd'hier : si mes souvenirs sont bons, j'y publiais des billets rédigés la veille.

L'inverse donc d'aujeurd'hui.

 

dimanche, 16 février 2020

Avec Durosoir

 

Levé à 7 h. Mal au dos. Il va encore faire un temps superbe.

J’écoute un nouveau disque d’œuvres de Lucien Durosoir que ma mère vient de m’offrir. Idylle, quatuor pour flûte, clarinette, cor et basson, est une pièce particulièrement réussie. Très bien aussi, les duos et trios avec violoncelle (« Maïade », ça me parle forcément, en bon Landais que je suis). Je suis moins convaincu, en général, par ses œuvres vocales. (Je rappelle ici que, pour moi, ses Quatuors sont au sommet, avec les plus beaux du répertoire.)

 

samedi, 15 février 2020

*1502*

 

Milieu du mois (février bissextile). En route, beaucoup de camions soudainement entre Barbezieux et Bordeaux, puis autour de Bordeaux travaux, rétrécissements à 1 voie, donc ralentissements, bouchons, l’élastique pendant une demi-heure (au lieu de 10 minutes ?). Belle victoire de l’UBB sur Lyon, décidée grâce à 2 essais et 1 pénalité dans les 7 ou 8 dernières minutes. Match étonnant entre Amiens et le PSG : à 3-0 pour Amiens c’était parti pour un gros coup – finalement 4-4.

 

19:29 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 14 février 2020

*1402*

Comme chaque 14 février, mes pensées vont surtout à la mémoire de mon beau-père, Jean-Pierre dit "Pierrot", une des personnes qui a énormément compté dans ma vie.

 

05:55 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 13 février 2020

*1302*

Aujourd'hui, rendez-vous chez l'ORL, conseil d'UFR, et préparation de cours. Autant dire : journée pénible.

75th.JPG

 

C'est le 75e anniversaire de mon père, qu'on pourra fêter avec lui dans quelques jours. L'occasion, puisqu'on n'envoie plus de cartes (je sais, c'est dommage), de faire un mème goéland.

 

mercredi, 12 février 2020

La renarde et le texte sans boussole

Réveillé à 4 h 20. Levé, car plutôt en forme. Et je me connais : je ne me rendormirai pas.

 

J'ai écrit hier et avant-hier, dans le projet Scarlatti, une série de textes évoquant la vision subite et fugace du renard (ou de la renarde), jeudi dernier, et, voulant en parler ici aussi, on verra pourquoi, je m'aperçois que je n'en ai pas dit un mot à l'entrée de journal de jeudi dernier. Le mieux est donc que je renvoie au texte n° 93 du projet Scarlatti : de proche en proche, en cliquant sur le 94, puis le 95 etc., vous pourrez lire ce que j'ai eu à en dire, pour le moment. (J'ai quelque crainte, finalement, que ce renard ne vienne faire dériver trop fortement le projet, et d'autre part : le souci de faire trop dériver cette vision elle-même, de trop m'approprier ce moment.)

 

On verra pourquoi, disais-je. Voici donc.

Hier, j'ai commencé à lire le dernier Savitzkaya : il s'y trouve un couple animal étrange, formé d'un héron et d'une renarde. (Réminiscence de La Fontaine, oui, mais, qui sait, de contes russes... et de Pinget* ?) -- Ce matin, attendant que se relance mon ordinateur de bureau après un de ses désormais banals plantages matinaux, j'ai commencé de lire Eux sur la photo de Hélène Gestern : à la page 28 est évoquée une inscription en alphabet cyrillique dont la traduction serait : "Pour mon renard" (ou "ma renarde").

J'en conclus que le lexème russe pour renard est invariable, ou qu'il n'y a pas de féminin... mais surtout, quelle est cette soudaine irruption, j'allais écrire insurrection, de cet animal dans ma vue vie ? J'en appelle à mes ami-es russisant-es : des conseils bibliographiques au sujet du renard dans la littérature populaire russe ?

 

 

* Oui, oui... ce Projet-là, il va falloir le remettre sur le métier.

 

mardi, 11 février 2020

Deux quatrains conversationnels sur la difficulté de déguster une mandarine.

 

Char, Verlaine, Lamartine

Furent loués par Villepin.

 

Le pire dans la mandarine :

L'acidité ou les pépins ?

 

█▄▄█

 

Un chapeau de pluie, un pépin

Ne passent pas dans mon cartable.

 

Bordel, j'ai trouvé un pépin

Jusque sur l'étui du portable !

 

lundi, 10 février 2020

*1002*

Pas grand chose à raconter.

Mieux vaut se taire, alors.

Deux lignes déjà – non : trois – pour ne rien dire.

C'est furieux, ça, quand même.

 

dimanche, 09 février 2020

Pokot / Spoor / Tableau de chasse

Regardé ce soir ce film magnifique, qui a le seul défaut, peut-être, de proposer une résolution finale des meurtres, quand on (je, en tout cas) aurait pu préférer le maintien de l'incertitude fantastique. En tout cas, film splendide, qui donne à voir, et à réfléchir aussi, bien sûr, sur le spécisme, les "traditions", l'animalité, la vie sauvage.

Pokot est un film coécrit par Olga Tokarczuk, d'après un des livres d'elle que je n'ai pas lus (j'en ai lu trois, dont le pavé des Livres de Jakob, à l'automne*). On y retrouve sa fascination pour des modes de vie singuliers, et surtout pour des époques, je dirais même des temporalités, en rupture avec la nôtre.

La scène finale met en scène une forme de communauté utopique heureuse, tout en proposant une nouvelle énigme, plus profonde sans doute que l'élucidation de l'énigme policière.

 

 

* Je m'aperçois, en tenant ces carnets de façon quotidienne, que je m'offre à moi-même ces respirations indispensables, notations qui finissent par faire archive. Je le fais d'autant plus volontiers que plus personne ne me lit.

samedi, 08 février 2020

J.P.O.

Journée Portes Ouvertes, site Tanneurs (finalement).

Le site Tanneurs a rouvert, il reste quelques tags mais surtout des vigiles. J'espère que les vigiles ne seront plus là la semaine prochaine.

Beaucoup de monde. Entre 10 h et 11 h 30, nous avons accueilli – les 12 étudiant·es et 3 collègues – sans discontinuer un·e ou plusieurs lycéen·nes. 

Parti vers 13 h 30.

 

18:03 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 07 février 2020

*0702*

Il y a, à la B.U. de Droit du site Portalis, un petit mètre linéaire (et encore) pour les ouvrages cotés en 800 dans la classification Dewey : une vingtaine d'ouvrages pour la rubrique "Littérature". C'est normal, on est dans une bibliothèque de droit. Pour avoir des dizaines de milliers de livres de littérature, se rendre à la B.U. des Tanneurs.

Ce qui m'amuse, c'est le type d'ouvrages : presque uniquement des livres sur la rhétorique, ou sur la littérature comme art du discours, culture générale.

Ce mètre linéaire résume ce qu'est la littérature selon Blanquer, Philippe et Macron : l'art de la superficialité, de l'embobinage.

Soit le contraire de ce qu'est la littérature, évidemment.

 

jeudi, 06 février 2020

Bartlebysme

S'il vous plaît, lisez en entier ce texte d'une amie avec qui j'ai eu la chance de travailler (et dont je comprends trèèèèès bien les choix).

Moi, j'ai pris l'option bartleby tiède en essayant de ne pas me laisser ni meurtrir ni scléroser par le système, mais quant à savoir si j'y suis parvenu...

Merci Fanny, pour ton beau texte.

mercredi, 05 février 2020

Arrivée proche

14.JPG

lundi, 03 février 2020

Goofing off

 

Il y a encore des chansons géniales de Sparks que je ne connaissais pas.

 

(A kick-ass Sparks track, dit la légende sur YouTube : un truc de Sparks qui troue le cul ?)

 

dimanche, 02 février 2020

Contemporaines

L'ordinateur de bureau vient de me faire le même coup qu'hier, mais une seule fois seulement : je passe sur le portable. Ce qui est étrange, c'est qu'il fait ça le matin, au réveil pourrait-on dire, mais pas après. Si ça se trouve, il est comme ces collègues qui voudraient qu'on paramètre le logiciel d'emplois du temps pour qu'ils n'aient pas cours avant 10 h 30.

Sur mon bureau, ce matin, deux livres : l'un, le tome 2 de l'édition 1968 de l'anthologie Norton, ouvert hier soir à la page de l'essai de Hazlitt "On Shakespeare and Milton" (suite à un tweet de Claire Placial) ; l'autre, un livre de Nathalie Quintane, je ne dis pas lequel, dont je lirai un extrait dans le cadre du nouveau projet des 29 contemporaines.

Je copie-colle ici ce que j'ai écrit hier sur Facebook pour accompagner la publication de la première vidéo.

C'est parti, et j'espère que j'aurai assez d'énergie pour tenir le rythme, comme en octobre avec les 31 poètes.

Là, ce seront 29 écrivaines vivantes de langue française. (L'idée est d'en enregistrer 31 "anglophones" en mars. On verra.)

En attendant, n'hésitez pas à visionner, partager, vous abonner.

Comme les 31 vidéos d'octobre, c'est un format court, c'est fait pour celles/ceux qui trouvent mes vidéos trop longues. Alors, là, zéro excuse .

 

Ce que je n'ai pas précisé, c'est que, si je tiens le rythme, il y aura peut-être aussi une série "30 contemporaines traduites", ou bien "31 traductrices" en mai. L'ensemble formera un vaste ensemble de vidéos. Dès que je parlerai de ce projet dans ce blog, ce sera dans la rubrique CONTEMPORAINES.

 

samedi, 01 février 2020

*0102*

Levé depuis 20 minutes. J'ai déjà bu mon café, mais par contre, pas encore pu commencer à travailler car j'ai dû relancer brutalement mon ordinateur de bureau 3 fois*, car il plante. Il (re) fait ça depuis une dizaine de jours. Péniblissime.

Un mois de février qui commence bien.

Bon, ça m'agace aussi parce qu'il me tarde de découvrir la nouvelle vidéo d'Ahmed Slama.

 

 

* 4 fois maintenant. Heureusement que j'écris ceci avec l'ordinateur portable.

07:51 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 31 janvier 2020

Etats Généraux de l'Université de Tours

Participé toute la journée aux Etats Généraux de l'Université de Tours.

Quand on pense qu'il ne s'est écoulé que dix jours entre la première réunion informelle, lancée par mon collègue F. K. afin que des collègues de différentes UFR se concertent sur les luttes en cours, et ces Etats Généraux, qui ont été rendus possibles par la banalisation des cours...

Nous étions environ 250 dans l'amphi E du site Portalis. Le plus intéressant, ce fut les ateliers et la séance plénière de restitution du matin. On a mis en place la caisse de grève. On a échangé entre enseignant.es, étudiant.es, employé.es BIATSS, de manière très libre et très foutraque. Les mots qui sont revenus le plus souvent : colère, épuisement, précarisation, perte de sens, destruction managériale de ce qu'est l'Université...

Il y aura sans doute des comptes rendus plus organisés, mais on sent que ça bouge, que la plupart des collègues ne veulent plus courber le dos ou continuer de même façon à marches forcées.

 

18:53 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 30 janvier 2020

Inter-sites

Aujourd'hui, journée inter-sites.

Je m'explique : matin à Grandmont, fac de pharmacie, pour le conseil d'UFR exctraordinaire (et délocalisé) ; après-midi à Portalis, pour la réunion de département ; le soir sur le site Gouazé, rencontre entre le Président et le personnel de l'Université (+ quelques étudiant.es) autour des réformes en cours.

La réunion du soir a été un grand moment d'enfumage et de novlangue. Vendrix a quand même le chic pour faire dire aux mots en permanence le contraire de ce qu'ils veulent dire. Avoir passé onze heures en garde à vue avant-hier ne l'a aucunement changé, en l'espèce.

 

21:50 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 29 janvier 2020

*2901*

Matinée au Plat d'Etain. La fermeture administrative des Tanneurs fait de nous tou.tes des nomades. On bouge chaque jour. Aujourd'hui, ce sont mes collègues des Relations internationales qui me prêtaient un bureau pour y recevoir une étudiante sud-africaine arrivée dimanche seulement, et dans une situation particulièrement délicate.

C'est dans ce fameux bureau, d'ailleurs, que j'ai appris, par la presse, la garde à vue de notre Président cinq minutes avant de lire le communiqué officiel qu'il a fait parvenir à l'ensemble des listes de diffusion de l'Université.

 

23:03 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 28 janvier 2020

Arithmétique et tricherie

J'ai lancé, pour 2020, sur l'autre blog, un ambitieux projet d'écriture dont j'ai donné les principes à quelques ami·es, sur Facebook. Ce texte s'intitule pour le moment lactations: déSastre.

Ce texte, qui doit in fine se composer de 555 textes principaux (+ 1 poisson d'avril), est constitué de quadrilatères. Cela signifie que j'écris toujours les textes par groupes de 4. Je viens de composer le quadrilatère 53-56 en une demi-heure, ce qui est assez rapide, et surtout j'ai composé le dernier en moins de huit minutes : cela signifie qu'il m'a fallu un peu moins de deux écoutes de la K56 de Scarlatti par François Guerrier pour écrire le texte, le mettre en forme pour le blog, y ajouter les liens hypertexte puis le mettre en ligne.

Cette rapidité est liée au fait qu'une fois le texte fini, j'ai vérifié le nombre de signes : 841. Soit pile le nombre que doit avoir chaque texte multiple de 4. J'avais vérifié le nombre de signes avant d'écrire la dernière phrase (en fait, pour savoir s'il n'était pas déjà trop long). Il y avait 740 signes. J'ai écrit une phrase supplémentaire, que je pensais trop longue également. Cette dernière phrase était donc longue de 101 signes, exactement la longueur souhaitée.

Il y a des jours, comme ça, où ça s'embouche bien.

________________________________________________

 

La raison pour laquelle j'ai voulu aussi écrire un billet ici, c'est parce que la vidéo YouTube utilisée pour écouter une version de la sonate K56 reproduit, de manière partielle et sans indiquer aucune référence, la toile célèbre de Caravage, Les Tricheurs. Or, cela m'a fait penser qu'une façon de faire déraper ce projet déjà insensé serait de dériver vers les références picturales des vidéos YouTube. Par lâcheté, je préfère prétendre que cela reviendrait à tricher.

 

lundi, 27 janvier 2020

*2701*

Matinée : préparé des cours, fait une vidéo (la 61e de la série je range mon bureau).

 

Après-midi : premier vrai cours de traduction pour étudiant·es d'échange, délocalisé à Fromont, donc. Salle trop petite, on a dû aller chercher des tables et des chaises dans une salle voisine, et même ainsi plusieurs étudiant·es n'avaient pas de table. Pas trop de vertiges ni de douleurs, alors que j'appréhendais beaucoup.

Pourtant, deux heures et demie très physiques.

 

Plaisir d'enseigner le français, au fond. Et de lever quelques complexités amusantes. Ainsi, dans le texte de Yancouba Diémé que j'avais donné à traduire, il y avait, quasiment dans la même phrase, le verbe avaler et le nom hirondelles. Or, ces deux mots sont homonymes en anglais : swallow. Ce qui se produit, dans de tels, c'est l'apparition, dans le texte-cible, d'un jeu de mots qui ne se trouve pas dans le texte-source. Ce n'est pas forcément recommandé (ça dépend évidemment du type de texte). Ici, la question s'est résolue d'elle-même, car le verbe avaler ne pouvait pas se traduire par swallow :

tu avales rapidement une tasse de kinkeliba et un morceau de pain

En effet, en français, on peut avaler une tasse sans que la métonymie prête à confusion : le sujet du verbe n'avale pas vraiment une tasse mais le contenu de la tasse. En anglais, la métonymie crée une ambiguïté, comme me l'ont confirmé les nombreux anglophones qui participent au cours (et ce en dépit de ce que laisserait penser une requête restrictive Google (preuve qu'il faut se méfier de cela)). On a donc, sur la proposition de l'une d'entre elles, traduit comme suit :

you wash down a cup of kinkeliba tea with a piece of bread

 

dimanche, 26 janvier 2020

*2601*

Dimanche sans rien de particulier.

Promenade en début d'après-midi à la Cousinerie et aux Grandes Brosses : apparemment, les Grandes Brosses se trouvent sur la commune de Mettray. WTF, comme je crois qu'on dit écrit.

A* reparti en BlaBla vers cinq heures de l'après-midi. Quand j'ai créé ce blog il était en petite section de maternelle.

Soir, commencé vraiment la lecture de The Dragonfly Sea d'Yvonne Adhiambo Awuor. La raison pour laquelle je lis ce livre est que je cherche un angle d'approche littéraire / narratif sur la question de la Chinafrique. Pas sûr que ce soit le texte approprié. Bien écrit, enjoyable en tout cas.

 

samedi, 25 janvier 2020

Colore la foule

Ce soir, concert des Innocents.

C'est dingue, parce que ce sera la seconde fois que je vais à un de leurs concerts (après 2016 à St Avertin), par pur hasard et en dépit du fait que nous n'avons aucun disque d'eux.

Nous ne connaissions d'ailleurs presque aucune chanson.

Hormis Nataf, et encore, ils n'ont aucune présence scénique ; leur musique tiède est toujours ronronnée à l'identique.

Ce qui était amusant, d'un point de vue ethnographique, c'était à quel point certaines personnes dans le public – des femmes notamment – étaient dans tous leurs états, surexcitées, en plein délire comme si ça avait été Shaka Ponk ou quelque groupe un poil plus pêchu.

Bref, bref...

vendredi, 24 janvier 2020

Un tournant espéré ?

Belle manifestation aujourd'hui, même si mon arthrose m'a rendu toute la fin du parcours (et le reste de la journée) quasiment insupportable.

Beaucoup plus de collègues de l'Université que les précédentes fois.

La météo était de notre côté : soleil et douceur culminant à partir de midi, après une matinée très fraîche.

Même la presse la plus conservatrice ne peut que constater le grossissement des cortèges, et le rejet des réformes par une majorité très nette de la population (70% selon BFM).

22:13 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 23 janvier 2020

Des bilans à venir

Vu le médecin ce matin.

L'IRM des lombaires démontre un début d'arthrose qui explique les douleurs ainsi que les crises plus aiguës dès que je marche ou reste debout très longtemps.

Il faudra des années avant que je me sois suffisamment remusclé.

Pour les vertiges, c'est encore l'énigme.

Passé la fin de la matinée à prendre des rendez-vous : rhumatologue & infiltrations ; d'autre part, ORL, Doppler et IRM cérébrale. Je déteste ça. Pas la médecine. Je déteste être ce mec qui a besoin d'aller 5 fois par jour comme un petit vieux. Je déteste qu'on me demande des nouvelles d'un ton compatissant. Je déteste être ce petit vieux.

J'espère que l'IRM cérébrale ne décèlera rien.

16:16 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 22 janvier 2020

155 signataires

Beaucoup d'activité, notamment militante.

 

Le Président a fait débloquer le site Tanneurs par les forces de l'ordre.

Dans l'après-midi, il a donné plusieurs interviews à la presse, dont une dans laquelle il nous a qualifiés, nous les collègues qui désapprouvons ce recours à la police (et à une société de gardiennage privé qui coûte 10.000 euros par jour), de "gens qui soutiennent le vandalisme aggravé".

J'ai déployé beaucoup d'énergie  pour rédiger et faire signer une lettre à la Présidence.  Elle sera envoyée demain ; il y aura une centaine de signatures.

On s'organise aussi pour les actions de ces 2 prochains jours. Dans de nombreux départements de l'Université, la lutte se structure et risque de compliquer beaucoup la suite de l'année universitaire.

 

Les fake news se multiplient : le Président prend prétexte des dégradations pour retarder indéfiniment (et à l'infini ?) la réouverture des Tanneurs. Il évoque auprès de la presse des chiffres qui sont 10 ou 20 fois supérieurs aux chiffres que communiquent les responsables des deux UFR du site.



[EDIT : la lettre a été envoyée jeudi 23 au matin avec 113 signatures. Le Président a envoyé un message à 12 h 30 à tou-tes les étudiant-es et membres du personnel (dont 95% n'ont rien compris car ne connaissant pas la lettre en question), dans lequel il nous accordait enfin une partie de nos revendications : banalisation des 24 et 31 janvier, C.A. extraordinaire le 10/02...]

[NR 155.PNGEDIT 2 : article dans la NR vendredi 24 + vidéo du die-in du vendredi 24]

mardi, 21 janvier 2020

Tragédie en trois actes

  1. Mon épouse a joué à un concours sur Twitter. (WTF)

 

  1. Elle a gagné deux places pour un concert des Innocents. (WTF)

 

  1. Elle veut m'y traîner. (WTF)

 

lundi, 20 janvier 2020

Vingtième de 20

Ce matin, je me sentais plutôt en forme après une nuit assez longue. N'ayant pas besoin de me rendre au travail, et ne pouvant réellement m'y rendre étant donné que mon bureau n'est pas accessible, j'ai décidé d'évacuer enfin, en ce vingtième jour de 2020, la pile de livres à ranger, et par conséquent d'enregistrer un nouvel épisode de la série je range mon bureau.

Enregistrer ces vidéos, c'est-à-dire dégoiser à la file sur plusieurs livres, demande beaucoup d'énergie. Je m'en aperçois d'ordinaire, mais là, signe supplémentaire de ma fatigabilité, j'ai dû fractionner les épisodes, en quelque sorte. Le hasard faisant bien les choses, j'ai dû m'interrompre il y a dix minutes pour trois raisons :

  • presque plus de place sur la carte SD (je vais en changer)
  • plus de batterie (là, c'est plus délicat)
  • la fourgonnette des espaces verts est arrivée bruyamment dans la rue

Toujours est-il que je m'aperçois que cette heure d'enregistrement (et je n'ai pas fini) m'a complètement épuisé. Vertiges, maux de tête... toujours cette rengaine alors que je m'active nettement moins que d'ordinaire...

 

09:13 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 19 janvier 2020

Dimanche de glandouille

Journée ensoleillée et froide, plutôt agréable.

 

Dormi tard : je me suis réveillé à 7 h 30. Pas mal glandouillé, pas trop travaillé. Achevé la lecture de Boy Diola et commencé The Dragonfly Sea... tout en poursuivant mon exploration des territoires London (The People of the Abyss en ce moment (quel texte !)).

 

Il faudrait faire une vidéo pour pouvoir ranger les livres sur les étagères.

moula moulaga.JPGMais que fais-je à la place ? Une vidéo d'hommage à Hervé Lloire et sa Vie en selfies, et un sonnet inspiré par l'idiolecte de Heuss l'enfoiré.

 

Incertitude totale sur la situation de demain, mais je vais empiler à Fromont l'après-midi : ça, c'est certain.

samedi, 18 janvier 2020

Questions, toujours

Tôt le matin, j'ai évacué une partie du travail (mails professionnels). Mais le plus long reste à faire : refaire le corrigé du concours blanc (le document est dans l'ordinateur de l'université et j'ai oublié de m'en envoyer une copie (or, le site est bloqué (et, apparemment, carrément fermé administrativement la semaine prochaine))), préparer des documents à mettre en ligne pour le cours de L3, essayer de contacter tou·tes les étudiant·es d'échange dont je suis responsable afin de leur donner rendez-vous avant mon cours déplacé à Fromont, histoire que ce créneau serve à quelque chose.

Ce week-end, il faut que j'avance dans mes lectures : depuis deux jours, trop de réseaux sociaux et de glandouille. Il y a aussi une sacrée pile que je devrais écluser dans une vidéo. Irai-je au Salon des Lycéens ? Et comment se remettre à Pinget ?

Tant que je n'ai pas de soucis plus graves...

Hier, l'IRM, c'était comme se trouver dans la sono d'une technoparade, mais avec un casque anti-bruit, heureusement. Pas de résultats avant la semaine prochaine ; je ne sais pas quand prendre rendez-vous avec ma toubib.

 

vendredi, 17 janvier 2020

Avant l'aube

Ce matin, tiré du lit à 4 h par la lombalgie (et l'inquiétude modérée que je ressens avant l'IRM ?). Hier soir, plus d'une heure de ce que je nomme vertiges, mais c'est difficile à décrire. Et là, après une heure à corriger des copies et répondre aux mails professionnels, maux de tête. Impression que tout s'est déglingué depuis un mois et demi. Pas qu'une impression ?

Prendre rendez-vous avec le docteur pour lundi ou mardi, afin de faire le bilan de l'IRM, et parler vraiment de ces « vertiges ». Ma syncope de fin novembre demeure, au fond, inexpliquée. Et je me sens toujours aussi vite épuisé. Comme me le faisait remarquer C*** hier soir quand nous en avons parlé, je fais quand même beaucoup de choses. D'abord, ce n'est pas tout à fait vrai, et ensuite je suis fatigué presque immédiatement. Je fais pas mal de choses, mais dans un état de fatigue physique permanent.

 

05:34 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 16 janvier 2020

Mi-janvier

Journée pesante, mais heureusement ciel bleu et températures printanières : ce n'est pas normal en janvier, mais au moins égoïstement influx positif sur le moral à court terme.

560 euros de frais au garage, 110 euros de courses.

Conseil d'UFR très particulier, délocalisé au Plat d'Étain.

Seule satisfaction : j'ai un peu marché, mais lombalgie et tendinites m'ont à peu près laissé en paix.

 

19:35 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 15 janvier 2020

Fragments de mercredi

L'indicateur de fin de lessive a sonné à la seconde même où j'ouvrais la porte de l'escalier.

 

Depuis quelques semaines je me plonge dans Jack London. Ce n'était pas du tout prévu, mais tant mieux. Ce matin j'écoute la belle vidéo dans laquelle Azélie Fayolle lit le premier chapitre de The Road dans la nouvelle traduction de Philippe Jaworski (Le trimard). Je ne connais pas le livre mais je recommande d'écouter la lecture du texte français en suivant le texte anglais.

C'est un texte magnifique sur l'affabulation et le réalisme.

Encore une crise de larmes à la buanderie, et au salon, en voyant le pouf rouge vide.

Le site des Tanneurs reste fermé par l'administration. Je sens que ça va virer merdique. Et sans influer en rien sur les décisions locales ni nationales. De toute façon il y a bien longtemps que la France a sacrifié l'éducation, et en particulier l'enseignement supérieur. En attendant, j'établis les emplois du temps des étudiantes d'échange au moyen d'échanges électroniques.

 

Migraine et mal à la glotte féroces hier soir. Qui reprend ce matin.

 

Dans la dernière vidéo de La Vie en selfies, Hervé Lloire se représente en voleur de pommes. Sur un plan plus dramatique, on peut lire l'autobiographie, traduite du yiddish, de Moïshé Rozenbaumas.

 

mardi, 14 janvier 2020

Pas la gugne

La journée n'est pas finie.

Elle est, fut grise.

Site Tanneurs carrément fermé, le bordel ne fait que commencer.

Demi-manif ce matin, je n'avais pas la gugne et j'avais froid. Belle ambiance quand même, notamment devant le siège du MEDEF.

Envie de rien, pas même de prendre des photos. Pourtant, je bosse.

15:02 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 13 janvier 2020

Blocage

Ce matin, arrivé tôt comme toujours le lundi, j'ai réussi à m'infiltrer dans le site Tanneurs en cours de blocage. La porte proche du secrétariat pédagogique d'anglais n'était barrée, de l'intérieur, que par quelques tables et chaises mal rassemblées : un coup d'épaule a suffi. Un quart d'heure plus tard, j'ai fait entrer ma collègue Carine de semblable manière. A 8 h 30, c'était mort : tout ficelé, cadenassé.

20200113_100706.jpgNous avons pu travailler au chaud, recevoir tout de même les étudiantes d'échange qui ont pu passer plus tard, quand les étudiant-es mobilisé-es, ayant obtenu report des épreuves et annulation de facto des cours de la première journée de cours en Arts et Sciences Humaines, laissaient rentrer au compte-gouttes, etc.

Vers midi, j'ai aidé le directeur d'UFR et la responsable administrative à récupérer les sujets d'examen de ce jour et de mardi, afin qu'ils soient acheminés vers le site Grandmont, où sont relocalisées toutes les épreuves.

C'est un peu beaucoup le grand n'importe quoi, comme toujours. Tout le monde a tort, en un sens. Et notamment les révoltés d'opérette qui écrivent ACAB partout dans les couloirs déserts de l'Université, comme si cela allait changer quoi que ce soit aux violences policières. En revanche, ça ne va pas dérider les femmes de ménage quand elles devront nettoyer ce merdier ; ce n'est pas moi qui irai leur expliquer que les imbéciles qui salopent les murs qu'elles doivent laver sont en lutte contre la précarité et les injustices sociales...

dimanche, 12 janvier 2020

pas assez

 

Encore une journée à souffrir pas assez en silence.

 

 

 

19:07 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 11 janvier 2020

Dînatoire

Ce soir, nous avons passé la soirée (enfin, le début de soirée, c'était un “apéro dînatoire”)) chez nos voisins Y. et R. Il y avait aussi G* et C*. Comme, dans ce quartier, on ne se voit, entre voisins, que de loin ou en passant, c'était l'occasion de rattraper un peu quelques mois sans vraiment se parler (à part avec G* tout de même).

Il faudrait rendre l'invitation, ne pas faire cela de manière aussi éloignée, mais nous devenons vraiment asociaux, je crois, de vrais Tourangeaux. La ville aura mis un peu plus de dix ans à nous rendre totalement asociaux. (Nous sommes arrivés en 2003.)

Après-midi : manifestation. Je suis remonté plus tôt avec Oméga, et encore, du rond-point du pont Napoléon à l'arrêt Place Choiseul, j'ai cru que je n'arriverais jamais à me traîner. Aussi, je ne fais pas assez sérieusement tous mes exercices de kiné.

Le matin, j'ai corrigé tout mon gros paquet de L1, questions sur la culture biblique dans les cultures anglophones. Il fallait simplement avoir suivi le cours et/ou téléchargé les PowerPoint en les apprenant bêtement. Les résultats sont catastrophiques, car d'une part la culture générale des étudiant·es est affligeant, d'autre part la capacité de la majorité à travailler ne serait-ce qu'un peu est quasi nulle.

Mais ce constat n'a rien de nouveau.

Pas lu une ligne aujourd'hui, je me désespère.