Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 30 septembre 2020

Un pochoir rose en guise d'humanité

Ce matin à sept heures moins le quart, allant prendre le tramway, je longeais l'alignement triste de ces magasins — ou plutôt hangars commerciaux — qui entourent mon quartier. Devant le Saint-Maclou, je m'avise que le parking est couvert de grands plots blancs en béton, griffés de rose (c'est la marque en rose avec l'inscription LOUEZ-MOI qui a attiré mon attention). Je scrute ; le parking est entièrement couvert de ces parpaings, dont j'ignore le nom. J'aurais dû prendre une photo ; pas le temps, le tramway, je l'aurais manqué.

Des plots sur toute la superficie du parking, 20 ou 25 emplacements. Le magasin est donc fermé, je ne l'avais pas compris.

 

Ainsi,  une boutique qui met la clé sous le paillasson a encore les moyens de payer des sommes que je devine assez rondelettes, juste pour... pour quoi, au fait ? Pour empêcher les “gens du voyage” de s'y installer, je gage, comme il y a quelques années sur le parking du Tati abandonné. Pendant plusieurs mois, quatre ou cinq caravanes s'étaient installées là, au carrefour, sous les lampadaires. Et ne dérangeaient personne.

 

Alors, oui, généralement, sur ces aires non prévues, les “gens du voyage” se branchent sur l'électricité publique... ou sur celle du magasin ? Je ne crois pas. Tout de même, ça, empêcher les caravanes, sur un parking à l'abandon, avec cette masse polluante construite depuis moins de quinze ans et déjà passée... si les nomades dépensent un peu d'électricité en branchant leur lave-linge, ce sera toujours beaucoup moins cher que ces milliers de réverbères éclairés toute la nuit, partout, qui ne servent à rien, et dont le quart suffirait à ce que les rares noctambules du coin se sentent en sécurité...

 

En guise d'humanité, des plots blancs avec "Louez-moi" écrit en rose.

 

mardi, 29 septembre 2020

Cours n° 3 (vidéo de substitution)

17:37 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

Caché, pour tout un chacun hors soi

Cela fait plus d'un an qu'un ami vidéaste et écrivain qui s'est fâché avec moi (et qui n'a pas compris qu'il avait été violent et qu'il avait totalement refusé d'écouter ce que j'avais à lui dire) a paramétré son compte YouTube de façon à ce que mes commentaires sur (sous ?) ses vidéos n'apparaissent que pour moi.

 

Je ne sais même pas comment il l'a fait, et comme je le lui ai écrit il y a quelques jours quand il a enfin essayé de prendre la main que je lui tendais, je ne veux pas le savoir : un truc aussi hypocrite, aussi opaque, ne m'intéresse pas. Sur les réseaux sociaux, je coupe carrément, et toujours en expliquant pourquoi. Là, donc, non : des dizaines de commentaires constructifs, des questions ou des prolongements, toujours prudents et bienveillants, sont, depuis un an, visibles pour moi seul.

 

Comment l'ai-je su ? eh bien, j'ai deux comptes YouTube, un que j'utilise peu, à mon nom, et l'autre où se trouve l'essentiel de mon vlog. C'est cela qui m'a permis, il y a déjà bien longtemps, de m'apercevoir de la manœuvre. L'ami en question m'ayant expliqué il y a deux jours qu'il avait fait cela pour se protéger (?), m'a aussi dit qu'il n'avait jamais cessé de suivre mon travail (ce dont je doute car j'ai lancé quelques bouteilles à la mer déjà) et qu'il allait réintégrer mes commentaires. Guess what ? mes commentaires de ces dernières semaines, et notamment celui de dimanche, sont encore invisibles. J'ai écrit sous l'identité Guillaume Cingal : sous cette identité, je vois mon commentaire, et la question posée ; je vois aussi que l'ami a répondu à un autre commentaire, ultérieur :  "suis pas sûr, débat lancé". Bien sûr, si je bascule sur mon autre compte, je ne vois plus le commentaire écrit par Guillaume Cingal.

 

C'est étrange, cette histoire d'écrire des choses dont on pense qu'elles sont publiées, publiques, et qu'on est seul à voir, ce monologue inconscient, ça me trotte dans la tête et je me dis qu'il y a un texte fantastique, ou un film, qui évoque quelque chose de similaire, et pas moyen de retrouver quoi. The Truman Show ? non, c'est le contraire, en fait. Soit je ne retrouve pas, soit ce texte reste à écrire...

 

04:25 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 28 septembre 2020

All Cops Are...

benalla acab.jpg

 

Si le gogue où j'ai mes us n'avait pas été en panne, non de papier mais de jus (électrique), je n'eusse point vu cette merveille, car c'est bien là que se niche le vrai slogan contre-pouvoir, dans l'opposition autant à la façon dont des fils à papa huppés se font des frissons en graffitant d'ineptes ACAB qu'à l'autoritarisme barbouze de la macronerie triomphante.

 

(Au demeurant, étrange journée, site déserté mais à moitié seulement, pause déjeuner coupée par un exercice d'alarme à incendie qui en fait n'était pas un exercice, etc.)

 

dimanche, 27 septembre 2020

Studium & punctum

rugby.jpg13 avril 1914, à Colombes.

France-Angleterre, 13-39.

 

Photo non créditée (cliquer pour agrandir).

 

      Ce qu'on voit sur cette photo : le joueur anglais qui s'apprête à marquer va peut-être se faire bousculer par un chien désireux de jouer à la baballe.

 

Ce qu'on ne voit pas : des 30 joueurs alignés ce jour-là, onze seront tués à la guerre.

 

samedi, 26 septembre 2020

*2609*

Cela fait trois jours que je me lève autour de 3 h 30 ou de 4 h ; c'est pénible, oui, on peut le dire. La semaine aura été intense, lourde même, et ces carnets prennent un retard considérable.

Depuis hier, il fait froid, un froid de canard. Hier soir, en récupérant O* au conservatoire, surpris de voir que le thermomètre de la voiture indiquait 15° : avec la pluie dans l'air et les rafales de vent, la température ressentie devait être plus proche de 10°.

Ce matin, je vais enfin commencer mon cours d'agrégation interne, en visioconférence.

 

06:34 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 25 septembre 2020

120 SECONDES DE LECTURE, 1

 

Aujourd'hui, j'ai reçu, à titre gracieux (merci aux éditions du Réalgar et à Daniel Damart en particulier), le roman collaboratif Moi je suis le cadavre, hors commerce, et le dernier-né de la collection de textes brefs en format de poche, Clandestine de Hervé Bougel. J'ai enregistré, dans le froid glacial de ce début d'automne, dans la bagnole puisque la salle d'attente du Conservatoire est désormais fermée, Covid19 oblige, ma lecture d'une page et demie de ce petit récit émouvant, tiraillé entre Grenoble et Anjou, entre mémoire et fantasme, entre l'impossible et les virtualités.

 

Les livres s'entassent, sans que j'aie le temps de les chroniquer.

Pas simple.

 

jeudi, 24 septembre 2020

Kafkaïennement

On sait depuis juin qu'on ne pourra pas faire un semestre normal de septembre-décembre 2020.

Nous enseignant-es avons demandé à pouvoir mettre en place des solutions pédagogiques permettant l'allègement des classes. Cela nous a été refusé. Jusqu'à la mi-septembre, et donc après le début des cours, la Présidence de l'Université de Tours nous disait : 100% présentiel, et gare à qui désobéirait.

Irresponsabilité et infantilisation.

 

Il y a 5 jours, la préfecture bascule le département en zone rouge et demande à la Présidence de l'Université de limiter les flux de personnes. Hier, mail absurde du Président informant d'un décret rendant obligatoire la distanciation d'au moins 1 mètre entre toutes les personnes en toutes circonstances. Cela n'est évidemment possible dans aucun cours, et ce même en faisant un roulement par demi-groupes. Le Président d'ajouter donc : "J’ai bien conscience de la complexité de mettre en œuvre cet arrêté. Néanmoins, il nous appartient de faire preuve de civisme et de contribuer collectivement et individuellement à la sécurité sanitaire de notre communauté universitaire."

Traduction : faites n'importe quoi, je ferai semblant de ne pas le savoir.

 

Et là ce matin à 10 h 56, le directeur de la Faculté Lettres et Langues convoque un conseil extraordinaire pour AUJOURD'HUI à 14 HEURES !!! Pour traiter en extrême urgence de choses que l'on sait depuis juin. Franchement, l'Université mérite de crever. Un pareil ramassis de tocards, ça n'a pas de sens.

 

12:05 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 23 septembre 2020

Unissons

Aujourd'hui, dans deux livres que je lis simultanément, il était question de l'insurrection de Mohand Mokrani dans les années 1870, en Kabylie.

 

Ces deux livres, ce sont ALGER, RUE DES BANANIERS de Béatrice Commengé, et le dernier chapitre de LA FOSSE COMMUNE de Pierre Vinclair.

 

mardi, 22 septembre 2020

Chiméries

Passé la journée en visioconférence Zoom autour du projet de publication des œuvres complètes de René Maran, sous l'égide de l'ITEM. Passé la journée en total syndrome de l'imposteur, car, comme j'avais manifesté mon intérêt dès les premiers balbutiements du projet, m'y voilà embringué, faute de combattants en nombre suffisant, je le crains. Or, je n'ai aucune compétence éditoriale en critique génétique, et je ne suis bien sûr pas du tout spécialiste de l'auteur. Il me semblait simplement primordial de faire réémerger ce texte biscornu et bizarroïde publié en 1924, Le petit roi de Chimérie.

 

Maran n'était pas africain, mais, en sa qualité d'administrateur colonial originaire de la Martinique, il a consacré une bonne partie de son œuvre à l'Afrique subsaharienne, en ne critiquant guère le modèle colonial, et en restant, tout au long de sa carrière, un bon représentant de la schizophrénie aliénante analysée plus tard par Fanon. Republier, en les rééditant et en les accompagnant d'un appareil critique, ses livres relève donc, dans le contexte intellectuel de la France des années 2020, d'une triple gageure : littéraire, éditoriale, idéologique.

 

Nous verrons...

 

lundi, 21 septembre 2020

Bredi-breda

bredi.JPG"D’un bout à l’autre des ruelles, bruyaient la bourrée des sabots battant le pavé, le flic flac des vieilles semelles glissant sur les dalles, un piétinement qui dégringolait les escaliers, bredi-breda par les chambres, emplissait les petites maisons de la cave au grenier." (Camille Lemonnier. L'Hystérique, 1885)

 

"Bredi-breda, il lui expliqua sa déconvenue, lui décrivit par le menu tout ce qu'il avait tenté afin d'aider ses clients à satisfaire leur auguste désir." (René Maran. Le Petit Roi de Chimérie, 1924, p. 90)

 

samedi, 19 septembre 2020

*1909*

Je me réveille à 5 h 40, me fais réchauffer un café (pas bon, du coup), découvre – en mettant la maison à aérer – qu’il a enfin plu. Il a plu sur tout ce que nous avions laissé dehors hier soir, chaises longues etc., mais peu importe. Ce qui m’étonne, c’est que la pluie n’a pas du tout rafraîchi l’atmosphère : il n’y a pas un souffle d’air, et il fait plus chaud qu’hier à 6 h 25 quand j’ai pris le volant pour Rennes.

J’ai du retard pour tout, et notamment pour ces carnets : dernier billet publié le 14 ; je vais devoir tricher. Ces petites tricheries, occasionnelles, me permettent toutefois de tenir le pari des 366 billets en 2020.

Aussi à faire : lessives, rangement des cartons et affaires apportées par mes parents hier, correction du premier paquet des copies, mails pro, préparation d’un nouveau texte pour le cours de traduction etc.

 

05:55 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 18 septembre 2020

Journée à Rennes

 

Après un lever très matinal (4 h 30), je n’ai pris la route qu’à 6 h 25. Par la nationale, la route est très agréable, et j’ai trouvé infiniment plus pénible le chemin du retour, par l’autoroute : de surcroît, la demi-heure que l’on gagne ne me paraît pas valoir les 20 euros de péage. C’est comme le débat actuel autour de la 5G : les gens qui n’en ont pas un besoin impératif devraient accepter de choisir systématiquement la solution la plus économique en ressources. Le problème de la 5G n’est pas le danger éventuel pour la santé des individus ; c’est la surconsommation, qui a déjà bousillé notre planète et qui menace de la précipiter plus rapidement que jamais dans le gouffre, avec le Groenland irréversiblement fondu et les incendies de Californie que l’on voit d’Europe.

 

Rennes, 18 septembre 2020   Foin de ces considérations, qui ne me quittent jamais vraiment et qui me minent, la journée d’aujourd’hui consistait plutôt en une sorte de petit break bienvenu, malgré les 500 bornes aller-retour. Outre que j’ai pu apporter pas mal de conserves à A* et faire un peu de ménage dans son studio, je suis allé visiter le Musée des Beaux-Arts, gratuit jusqu’à la fin du mois, et où j’étais entièrement seul, si l’on ne compte pas les employé-es. Seul. Rennes est tout de même une agglomération de quelque 500.000 personnes, et à part moi, même pas rennais, pas un clampin dans un tel musée… Les collections sont magnifiques, en prime : salles égyptiennes passionnantes, galeries de peinture très diverses (même si je crois que je finis par détester la peinture de genre du 17e plus encore que les paysages de seconde zone du 19e), parfaite collection de peinture flamande de la grande époque dans le cabinet de curiosités de Robien…

Dans les salles consacrées au dernier tiers du 20e siècle, plusieurs œuvres « mécaniques » se déclenchent lors de l’entrée d’un visiteur ; pour deux d’entre elles, lisses et vacantes, le cartouche indiquait qu’elles étaient « hors service ». Un bon résumé d’une partie de l’histoire de l’art contemporain : cette œuvre est hors service.

Peter Van Slingeland, Chat guettant un oiseau (une souris ?) / Musée des Beaux-Arts de Rennes Statuette de musaraigne, Bas-Empire, Egypte / Musée des Beaux-Arts de Rennes Détail d'un des 4 grands tableaux de F.-J. Casanova / Musée des Beaux-Arts de Rennes

 

 

Je me suis ensuite rendu au parc du Thabor (et à chaque fois que je viens à Rennes j’ai Rabbi Jésus de Dick Annegarn dans la tête), où je n’ai pas trop cherché l’installation de Martin Parr mais où je me suis espalasé sur une des pelouses afin d’y finir enfin ma lecture de Sur la route du Danube d’Emmanuel Ruben. Un rouge-gorge très familier m’avait collé quand j’étais sur un banc ; un écureuil, bondissant de ci de là, m’a accompagné pendant une bonne part de ma lecture.

 

Mes parents sont arrivés pour le week-end, dans l’après-midi. A* et moi sommes rentrés à Tours vers huit heures du soir ; dîner sur la terrasse, avec trois tables pour permettre une distanciation maximale ; A*, qui devait avoir aujourd’hui le résultat de son test Covid19 de mardi dernier, ne l’a pas encore.

 

3 selfies tout seul dans le Musée des Beaux-Arts de Rennes, i

jeudi, 17 septembre 2020

Diaporamas commentés

Active.JPG

À noter que je me suis fait la main en enregistrant aujourd'hui les trois premiers tutoriels de mon cours magistral de méthodologie de première année, que je devais assurer deux samedis de suite mais pour lequel j'ai été autorisé, la panique gagnant l'administration de l'Université face à la bombe à Covid19 que représente le site Tanneurs, à basculer en distanciel asynchrone.

 

mercredi, 16 septembre 2020

Catastrophes

quidam.jpg

Pour mes 46 barreaux

Sortira chez Quidam

Un nouveau livre de Barrault

(Tadoudidadoudam).

 

(photo P. Barrault, FB)

 

mardi, 15 septembre 2020

Sans barrière

joué.jpg

 

Centre de dépistage SarsCovid19 de Joué lès Tours, sans ordonnance ni RV.

                                                      Quoi.

 

Deux meufs sans masque.                                Celle de droite, hilare,

 

tousse dans son poing.

 

13:11 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 14 septembre 2020

Reprise en salle 04

Réveil fort tôt encore, et j'écris ces lignes au café colombien (décaféiné).

Entre la chaudière en panne (et que j'ai dû débrancher hier soir car la tuyauterie et le corps de chauffe faisaient un raffut peu rassurant) et le stress lié au déroulement des premiers cours (la séance en distanciel avec les étudiant-es d'échange resté-es dans leurs pays respectifs va grandement merder, je le sens), mal dormi.

 

C* ayant encore mal des suites de sa chute il y a douze jours, je vais lui laisser la voiture. Hier soir, j'ai réussi à soulager les douleurs liées à ma lombalgie en allant pédaler une dizaine de kilomètres, tranquillement, vers sept heures du soir.

 

Il paraît que PSG/OM, cette traditionnelle partie d'esbroufe entre voyous et canailles, s'est soldée par un non-match, 10 cartons jaunes et 5 cartons rouges. Je dormais déjà à ce moment-là.

 

06:19 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 13 septembre 2020

Test (1)

Vidal.JPGFinalement, nous avons eu les résultats du test SARS-Covid19 d'O* hier soir (au bout de 24 h, ce qui a fait réagir une amie parisienne), et ils sont négatifs. Comme il est simplement enrhumé, il pourra donc repartir au collège lundi. La soirée d'hier et ce dimanche se sont donc passés plus paisiblement, d'un point de vue psychologique déjà mais aussi pour l'organisation : fini de porter le masque dès qu'on était à moins de deux mètres les uns des autres.

Il est à craindre, vu l'évolution de la situation sanitaire et l'irresponsabilité globale des ministères concernés (cf ci-contre tweet ahurissant de Vidal), que ce test ne soit, pour lui comme pour nous, que le premier d'une longue série.

 

22:27 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 12 septembre 2020

L'Université en pilotage automatique dysfonctionnel

L'UNIVERSITE DE TOURS FAIT N'IMPORTE QUOI, suite du feuilleton.
 
En juin, en vue de préparer la rentrée, les équipes pédagogiques avaient été incitées à "faire remonter" des propositions afin de pouvoir accueillir les étudiant-es dans de bonnes conditions. Nous avions compris qu'il s'agissait de maintenir un maximum d'enseignements en présentiel tout en limitant l'afflux massif habituel de 5 à 6000 personnes dans les couloirs et les salles du site Tanneurs, pour prendre l'exemple que je connais le mieux.
 
J'avais proposé de remplacer les CM de L1 dont je suis responsable par des capsules vidéo de type Power Point commenté. J'avais proposé, pour le TD de L3 que je suis seul à enseigner, de mettre en place un système de demi-groupes : les étudiant-es assisteraient physiquement au cours 1 semaine sur 2 ; les étudiant-es dispensé-es d'assister au cours devraient consulter la fiche de cours sur le cours en ligne et déposer un travail. Avec ce système, tout le monde aurait son compte d'heures, et le programme serait bouclé.
 
Nous avons appris en juillet que la rentrée se ferait en présentiel intégral et que toutes nos propositions différentes étaient balayées d'un revers de main. Ce refus strict, formulé dans des termes infantilisants, a été confirmé plusieurs fois fin août et début septembre. Comme nous avons été quelques-uns à protester, et surtout comme, cette semaine, de nombreux CM (de droit notamment) ont été annulés/reportés le jour même quand les profs ont vu la gravité de la situation sanitaire, nous avons appris hier soir (à DEUX JOURS de la reprise des cours à l'UFR Lettres et Langues) qu'"au vu de l'évolution de la situation sanitaire, et après accord de la Présidence reçu ce jour, la possibilité est donnée aux équipes pédagogiques qui le souhaitent de s'orienter vers le plan B sur lequel elles avaient travaillé à la fin de l'année dernière".
 
On constate avec amertume mais sans surprise que la Présidence finit par autoriser à DEUX JOURS de la rentrée quelque chose qui a été conçu par les équipes pédagogiques il y a TROIS MOIS... et refusé jusqu'à hier ! Très entre autres, ces 3 mois permettaient la préparation du programme de cours et la mise en place de ce nouveau dispositif. Or, pour mon cours de L3, comme pour les autres, j'ai déjà prévu mon plan de cours, plusieurs documents didactisés etc., de sorte qu'il m'est impossible de m'organiser selon ma proposition de juin, à moins de tout replanifier.
 
Mettre en place le système d'alternance, fût-ce à partir de la semaine 2, va me demander un surcroît de travail très important. Le ferai-je ? J'en doute. Je vais plutôt me contenter d'accueillir les étudiant-es dans les conditions qui nous sont, de fait, imposées : entassé-es dans des salles trop exiguës et souvent mal ventilées, en attendant (comme l'a avoué le doyen en conseil d'UFR jeudi) l'inévitable fermeture, à court ou moyen terme, du site pour raisons sanitaires et la réinstauration du distanciel pur.
 
Une fois encore, la Présidence de l'Université aura fait fi de l'innovation pédagogique autant que de la santé publique.
 

vendredi, 11 septembre 2020

Galère aux catastrophes

Lepère.JPGCe matin, j'ai donc emmené O* faire le test PCR du Covid19. Nous aurons les résultats demain après-midi au plus tôt. En attendant, c'est un peu galère : nous ne devons jamais être dans la même pièce, ou alors avec le masque. Même pour nous, qui avons une grande maison, et même avec la météo qui nous permet de passer du temps dehors, et de faire tous nos repas sur la terrasse en plaçant O* à un mètre de nous, c'est pesant. Pourvu que le test soit négatif, à tous égards ; pour l'instant ça ressemble à une petite rhinopharyngite.

 

J'ai reçu hier mon lot commandé la semaine dernière aux éditions du Corridor bleu, dont je venais de découvrir le catalogue : un numéro papier de la revue Catastrophes, un roman de Pierre Vinclair (dont l'extraordinaire poème La Sauvagerie m'aura accompagné tout l'été), un beau recueil de la jeune poète Julia Lepère (cf supra) et un recueil de Christine Chia (malheureusement pas en bilingue, j'étais très déçu en voyant ça).

 

J'essaie d'organiser, comme je le peux, mes deux cours en distanciel, celui d'agrégation interne, et celui pour les étudiant-es d'échange resté-es dans leurs pays respectifs (mais qu'on accueille quand même, on n'en est pas à une contradiction sémantique près).

 

jeudi, 10 septembre 2020

L'Education nationale et l'Université, des accélérateurs de Covid19 ?

Comment l'université de Tours gère-t-elle la rentrée avec Covid ? mais comme le reste... La seule chose qui compte, ce sont les élections aux Conseils centraux du mois prochain. Pas moyen d'évoquer un autre sujet.
 
Début mars j'avais dû écrire plusieurs mails pour demander pourquoi le site ne fermait pas alors que les "rassemblements de plus de 500 personnes" étaient interdits. Le jour même où Macron a annoncé la fermeture de tous les établissements y compris universitaires, un haut responsable m'avait envoyé un mail comminatoire affirmant que je créais de faux problèmes et que mes questions étaient farfelues.
 
Et six mois plus tard, que se passe-t-il ? Eh bien, c'est pareil. Impréparation et imprudence portées au rang d'un des beaux-arts.
 
Juste un exemple (mais vous pouvez multiplier par mille). On m'oblige à assurer mes deux CM de 3 h chacun samedi 19 et samedi 26 dans un amphi bondé alors que j'avais proposé de les faire en vidéo. Université de Tours : tout en présentiel sauf pour les agents présentant un risque majeur. Et même si une solution alternative simple pour les étudiants existe.
 
Bon, au collège de mon fils cadet ça tombe comme des mouches, à commencer par plusieurs de ses potes, dans trois classes différentes... et mon fils lui-même, que ma femme a dû aller chercher ce midi pour symptômes douteux.
 
Idem au lycée de mon épouse, comme des mouches.
 
Donc l'université de Tours, à défaut d'avoir un accélérateur de particules, va pouvoir breveter son accélérateur de Covid19.
 

mercredi, 09 septembre 2020

Du navet

dibutade.JPG

 

Avant de me replonger dans le dernier livre de Jean-Christophe Bailly, L'imagement, dont un chapitre m'a suggéré la juxtaposition ci-contre, j'avais fait un bref aller-retour à l'université, en plein cagnard, autour de quatre heures, et ce après la séance du matin à laquelle je m'étais rendu en tram, mais là, à vélo, pour la première fois, j'ai gravi la Tranchée sans mettre à pied à terre, ce qui est une évidence pour tout un chacun, mais pour moi qui n'avais pas fait de vélo depuis 25 ans avant de m'y remettre en juin, qui ai du jus de navet dans les guiboles et un cul à ne pas se lever de sa selle, c'est une petite victoire. (Puis il faudra enquiller le livre d'Emmanuel Ruben, Sur la route du Danube, que je n'avais as acheté l'an dernier et qui a été réédité en poche... j'avais tant aimé Icecolor et Terminus Schengen. Et peut-être aller plus loin sur les rayons. C'est toujours une histoire de pages.)

 

mardi, 08 septembre 2020

Extraits d'une lettre à un "ami" soi-disant communiste

[...]

Quand, quelques lignes après avoir dit que tu es athée et que pour toi ça compte plus que tout et qu’il ne faut tolérer aucune religion, tu parles de ton activité militante comme d’un « sacerdoce », ça prouve bien que tu te vois du côté du camp du Bien en train d'évangéliser les ignorants. Et c'est ce que tu fais sans arrêt : toi seul as raison, aucun débat possible, ta propre parole est sacrée.

Ainsi tu es content, y a quelques personnes qui ne voteront plus Le Pen. OK. Ils continueront à détester les arabes ou les gays ou les « féministes », mais ils votent plus Le Pen, toi t'es content. T'as un pays idéal universel et unitaire, une nation fantasmée où en fait plus de la moitié des gens sont opprimés ou victimes de discriminations d'une manière ou d'une autre, mais bon t'appelles ça universalisme et t'es heureux.

 

Depuis des mois que je te lis partir en vrille, je vois que, pour toi bourgeois est la seule critique fondamentale : la littérature est un truc de bourgeois, les luttes LGBT ou féministes sont des trucs de bourgeois, l'antiracisme est un truc bourgeois (parce que les Africains en situation irrégulière exploités par ÜberEats c'est des bourgeois n'est-ce pas). Un de tes potes sur Facebook m’avait d’ailleurs sorti ça comme argument-massue imparable et qu’il n’y avait que la lutte opposant deux camps, les bourgeois et les prolétaires, que rien d’autre n’avait de sens. Je lui ai demandé si, pour lui, un plombier à son compte qui touche 4.000 euros par mois déclarés (sans compter tout ce qu’il escroque au fisc) était bien un prolétaire et moi, qui touche 2.500 euros avec 25 ans d’ancienneté dans l’enseignement supérieur, un doctorat et une agrégation, j’étais un bourgeois ? Ni lui ni toi n’avez répondu. Il faut croire que l’argument-massue a tout de la brindille.

 

Moi j'ai toujours été clair idéologiquement : le seul sujet fondamental, absolument prioritaire, c'est le changement climatique et la biodiversité. Les luttes qu'on peut y associer pour que le monde soit moins pourri sans attendre un (j'en ai peur impossible et trop tardif) virage à 180° en matière de politiques environnementales, je m'y associe. Et ça inclut bien sûr une remise en cause fondamentale du capitalisme : ce qui n'est pas facile, c'est que beaucoup d'anticapitalistes déclarés comme toi, voire de gens qui se disent seuls à pouvoir la bonne parole (sacerdotale ?) de l'anticapitalisme, sont productivistes, consuméristes, et ne sont aucunement gênés par les lobbies agro-industriels. Cela ne rend pas la convergence des luttes très aisée...


Et, enfin, c'est la énième fois que tu me sors, en pensant m'insulter, le truc selon lequel si l'extrême-droite arrive au pouvoir tu auras « beaucoup plus à craindre que moi ». Le sous-entendu est que je collaborerai lâchement. Peut-être. On verra. Et que toi tu seras forcément en danger, en tant que « communiste » revendiqué.
Alors en fait non.

Si l'extrême-droite arrive au pouvoir et si tu as des ennuis il te suffira de mettre en exergue ton compte Twitter, dont 90% des posts depuis un an reprennent mot pour mot les obsessions de toute la presse identitaire. Si l'extrême-droite arrive au pouvoir pour les mecs comme toi dont TOUTE l'activité sur les réseaux sociaux se résume à jeter l'opprobre sur les féministes, les militant-es LGBT, les antiracistes, l'Union européenne, l'Allemagne, le virage « sociétal » du PCF, le prétendu « capitalisme » d’EELV, les anti-nucléaire ou les anti-chasse, ce sera open bar : il est des nôtres, il déteste le "politiquement correct" comme les autres...

 

12:19 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 07 septembre 2020

Escaliers et cycles

20200907_093316.jpg

Après avoir enregistré la première vidéo de la série je rends des livres depuis dix mois, j'ai rendu les livres en question, et j'en ai emprunté d'autres.

Ça y est : je connais le digicode du garage à vélos !

 

dimanche, 06 septembre 2020

Première à Mosnes

Cette après-midi, petite promenade à Mosnes, village où nous ne nous étions jamais arrêtés, et qui se trouve entre Montlouis et Chaumont.

20200906_144142.jpgAu lavoir, nous y avons écouté plusieurs formations chambristes, dont le quatuor Todoroff dans son répertoire de transcriptions de musiques tziganes, mais aussi un Terzetto de Dvorak par des jeunes instrumentistes des CNSM dont je n'ai pas su le nom (aucun programme n'étant disponible).

Le Terzetto est une pièce très belle, très émouvante. Je ne l'avais jamais entendu, je crois.

 

Ce soir, au lieu de'écrire ce billet de traductologie auquel j'ai songé toute la journée, j'enfile un épisode de Mrs America, le récital de Martha Argerich avec Renaud Capuçon à Salzbourg et la deuxième mi-temps d'ASM/Toulouse tout en continuant un peu la lecture de Shelley (The Revolt of Islam) et en commençant magdaléniennement de Dominique Fourcade.

N'importe quoi.

 

samedi, 05 septembre 2020

« je range ma caméra » ?

 

J’écris ce billet au café bolivien. Cela n’aura pas eu grand sens, très exceptionnellement, de veiller jusqu’à après minuit pour regarder ce (mauvais) documentaire sur Ferré : j’ai mis du temps à m’endormir, et je me suis réveillé à 6 h 20.

 

Le billet que j’ai écrit hier – et auquel je vais donner une forme plus diplomatique en écrivant à ma collègue conservatrice et directrice adjointe de la B.U., pour lui proposer tout simplement d’ajouter quelques livres aux tables de présentation de l’exposition – a été rédigé dans le bureau 38, mon bureau à l’université, mon bureau de 2002 à 2007 et de nouveau depuis 2015. C’était la première fois depuis très longtemps que j’écrivais pour le blog à l’université. De même, je me suis aperçu que la dernière vidéo de la série je rends des livres datait de novembre 2019. Donc, ni blog ni vlog depuis un moment, et la pandémie n’y est pas pour grand-chose.

Lundi je dois rendre plusieurs livres que j’avais empruntés en juin. Trouverai-je un endroit où m’isoler pour filmer un trente-et-unième épisode de la dite série ? Avec ses défauts et ses ridicules, cette série a au moins le mérite d’échapper au cercle étrange de la promotion dissimulée. J’ai emprunté divers livres pour diverses raisons ; je les ai lus ou seulement parcourus ; j’en parle en vitesse ; basta. Pas de promotion dissimulée, donc.

 

Ici, je renvoie à l’excellent billet d’Ahmed Slama. Ahmed Slama a entièrement raison : même nous, universitaires et blogueurs « indépendants », qui essayons de faire autre chose que du journalisme littéraire de connivence, nous retrouvons souvent à promouvoir. Et Ahmed Slama met le doigt sur quelque chose qui participe sans doute de ma réticence à enregistrer une nouvelle vidéo de la série je range mon bureau : outre que la pile de livres est trop volumineuse, que je vais encore m’épuiser en faisant cette vidéo trop longue que personne ne regardera en entier (et comme je le comprends !), il y a toujours des livres que j’ai lus et qui ont été publiés par une maison d’édition que j’aime bien, que je veux faire connaître etc. Mais si le livre ne m’a pas enthousiasmé, comment faire ?

Comme pour les Traductions Sans Filet, série abandonnée (après 210 épisodes tout de même) car ça ne m’amusait plus ou car j’avais fait le tour de l’exercice (ce qui m’amuserait, c’est de le faire en live, dans une performance théâtrale en quelque sorte), je suis à la croisée des chemins. Ce dont j’aurais envie, ce serait de faire des vidéos plus brèves, sur un seul livre ou sur deux livres, dans une perspective moins vagabonde, moins informelle, plus universitaire sans doute, en un sens. Toutefois, ce qui me retient est que je ferais là, en quelque sorte, ce que font (beaucoup) mieux que moi Ahmed Slama, justement, ou Azélie Fayolle. C’est sans doute très vaniteux, mais je tiens à ce que mes projets restent suffisamment singuliers pour qu’on y retrouve ma griffe : très peu d’abonnés, très peu de visionnages ou de « clics », mais qu’importe, c’est bien de moi que ça émane.

 

vendredi, 04 septembre 2020

Roman et histoire des littératures subsahariennes

roman et histoire.PNGJe viens de publier un petit tweet fumasse, mais je sens qu'il me faut approfondir.

 

En effet, je viens de passer à la B.U. Arts et Lettres des Tanneurs, où je travaille régulièrement et où j'emprunte régulièrement des ouvrages ; à de nombreuses reprises, j'ai collaboré à des “groupes de travail”, voire co-organisé des expositions (pour seul rappel, celle autour des traductions collectives de Clonck et ses dysfonctionnements de Pierre Barrault). Cela pour bien préciser que je n'ai rien du grincheux qui passe en coup de vent et qui pond sa petite critique sur un coup de tête.

 

Il y a donc, ce mois-ci, dans la perspective des Rendez-vous de l'histoire de Blois, une exposition "Roman et histoire", qui permet, selon la tradition, de mettre en évidence des ouvrages du fonds. Ne parlons pas de la pertinence qu'il y a mettre en avant Rufin ou Binet, auteurs déjà bien identifiés et certainement trop lus, surtout vu les libertés (pour être gentil) qu'ils prennent avec l'histoire. Je crois, sans être spécialiste de la question, que Dumas (très à l'honneur aussi) est un auteur nettement plus fiable, au strict plan historique, que Rufin.

Non, ce qui me fout en rogne, comme je l'ai écrit sur Twitter, c'est le côté totalement européocentré du choix d'œuvres. Comme on s'y attend de la part d'un africaniste, je vais proposer, ci-après, mon propre choix de titres pris dans le fonds de la B.U. afin de constituer un présentoir Roman et histoire en Afrique. Cette invisibilisation de l'histoire africaine, et, dans la foulée, des littératures subsahariennes qui problématisent et formulent l'histoire des gouvernances sur le continent m'exaspère, et c'est aussi l'objet de mes combats de chercheur et d'universitaire. Soit.

Mais, à y bien regarder, rien sur les Amériques ? rien sur l'Asie ? l'Océanie ? même les littératures nordiques et slaves sont quasi oubliées ?

 

Voici donc ma part du travail, une petite sélection d'ouvrages que l'on peut emprunter à la B.U. des Tanneurs afin de découvrir des textes de fiction qui invitent à reconsidérer l'histoire de l'Afrique. Peu d'écrivaines, mais, fonds de la B.U. oblige, c'est parce que je n'ai pas encore fait acheter assez de livres en fonction des impératifs de recherche et d'enseignement...

Roman et histoire 2.PNG

 

jeudi, 03 septembre 2020

Tracas et fracas

Nuit très brève, outre que C* est tombée dans l’escalier et a un énorme hématome très handicapant au bas du dos (mais rien de cassé a priori) : à 3 h du matin, l’alarme intrusion (que nous n’avons jamais, depuis notre emménagement en décembre 2008, utilisée et qui n’est donc pas active) s’est déclenchée. Après avoir localisé la chose et identifié la source de ce vacarme pénible, j’ai coupé le courant, ce qui n’a servi à rien, puis j’ai coupé les fils du boîtier à la pince coupante.

Nous avons pu nous recoucher, mais pas trop nous rendormir.

Au retour de la fac, à 1 h 30 de l’après-midi, j’ai constaté que le boîtier faisait encore un bruit, mais très atténué. En fait, je n’avais pas réussi à sectionner le fil, seulement à le pincer. Là, j’y suis allé au sécateur et on devrait avoir la paix.

C* veut qu’on appelle un électricien, car les plombs ont sauté de manière étrange la semaine dernière, et il y avait eu une erreur électronique à la chaudière lorsqu’A* est rentré avant nous en août. Elle pense que tout ça est peut-être lié.

 

J’ai fini de lire Lectures de Laurent Albarracin, livre qui m’a donné envie de lire de découvrir trois ou quatre des poètes dont il traite. Je poursuis la lecture du roman d’Ocean Vuong, un peu décevant par rapport à sa poésie, justement.

 

O* est revenu crevé de la première vraie journée de cours. Je ne sais pas combien d’enfants tiendront le coup face aux mesures sanitaires, et à l’absence de bienveillance de la part des profs. Son hautbois est réparé, car j’ai pu passer chez son prof. En fin de compte, si on part du principe que C* a failli s’en sortir nettement plus mal de sa chute, la journée ne se finit pas trop mal.

 

20:08 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 02 septembre 2020

Pas de livre sur le masque

Des douleurs au ventre, en sus des habituelles liées à la lombalgie, et pile à l’endroit de l’appendice (que je n’ai plus depuis 1989).

 

Dans l’après-midi, promenade en ville, à la librairie et chez le glacier. Beaucoup de monde, et, dans ce périmètre où le port du masque est obligatoire à partir de 10 h du matin, pas mal de masques mal ou pas portés.

J’avais songé à commencer un nouveau livre autour du masque, justement, mais ça va trop me déprimer.

 

Soir : deuxième épisode de Mrs America – ça ne casse pas des briques… à suivre…

 

mardi, 01 septembre 2020

Reprise aux Afriques

Réveillé à cinq heures du matin – il y avait longtemps.

 

Hier soir, j’ai terminé de lire Zoocities.

Dans la journée j’avais lu plusieurs essais du recueil de Léonora Miano, Habiter la frontière (2009). L’acuité et l’intelligence des textes critiques de l’écrivaine, très en évidence dans les analyses qu’elle publie sur son compte Facebook, y étaient déjà à l’œuvre ; dans une des conférences, elle se fait un carton sur les universitaires français-es, notamment de Normale Sup, et tout ce qu’elle y dit est juste (méconnaissance du terrain et des spécificités, évaluation de la qualité littéraire des textes de la littérature subsaharienne sans comprendre ce qui s’y joue linguistiquement etc.), et résonne très fort avec tout ce qui a fini par me dégoûter de cette mascarade de la recherche consacrée aux « littératures africaines » (concept qu’elle déconstruit fort bien, d’ailleurs). Dans le même article, elle évoque longuement Yémy, dont j’avais beaucoup aimé Suburban blues, lu à sa sortie. Ce qui engage, toujours, avec Léonora Miano, c'est à quel point elle cherche à ouvrir le débat du côté constructif, et même positif.

 

J’ai lu aussi le dernier chapitre, consacré à Three Guineas, et la conclusion de l’essai d’Erin G. Carlston, Thinking Fascism. Sapphic Modernism and Fascist Modernity (1998).

 

Il y a quelques jours, grosse déconvenue en essayant enfin d’acheter en ligne le livre d’Olivette Otele, African Europeans. An Untold History, paru au début du mois d’août : déjà épuisé en France. Je viens de vérifier sur le site de l’éditeur : en fait, il ne doit paraître qu’en octobre. C’est à n’y rien comprendre car j’aurais juré qu’Olivette avait vraiment annoncé la publication sur son compte Twitter.

 

lundi, 31 août 2020

Rentrée

Les échos que je reçois de la rentrée des classes sont très divers. Globalement, les collègues sont si inquiets que les habituelles jérémiades et diatribes à la moi-je s’effacent.

 

Dans un lycée de banlieue parisienne, un proviseur nouvellement nommé a réussi la prouesse de déclarer qu’il « éprouvait de l’aversion pour le mot de bienveillance » et d’autoriser tout un chacun à enlever le masque lors de la réunion plénière car il ignorait le protocole officiel du Ministère. On ne sait ce qu’il faut pointer, de la logique ultralibérale en action (le Léviathan de Hobbes appliqué à l’éducation et à la santé publique) ou de la contradiction entre le discours extrêmement exigeant quant à l’ « excellence » et le laxisme total pour ce qui est de faire son travail (veiller à l’application des consignes du ministère est la mission n° 1 de tout chef d’établissement). Toujours est-il que s’il y a ne serait-ce que 10% de bahuts avec ce genre de couacs, ne pas s’étonner si ça déconne sévèrement dans les prochaines semaines.

Rien de tel, heureusement, au lycée de C*, mais elle a eu confirmation, lors de la réunion d’équipe spécifique pour la classe accueillant des élèves malentendants, que les masques avec fenêtre pour la lecture labiale ne sont en rien une panacée : le plastique au niveau de la bouche s’embue.

 

Pour son dernier jour de vacances, O* m’a battu à la pétanque et au piquet. À partir de demain, j'irai un peu chaque jour à l'université, histoire de réduire ma présence sur site à des plages brèves et de prendre le temps de recevoir les étudiantes Erasmus (moins nombreuses cette année, et pour cause).

 

En bonus : tribune de Françoise Cahen dans Le Monde daté de demain.

 

22:13 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 30 août 2020

Petit pays

J’écris ce billet au café éthiopien. Ce matin, entre sommeil et réveil, j’ai mis plusieurs minutes à retrouver le titre de la série Outlander ; cela m’agaçait, et même m’affolait.

 

Hier soir nous sommes allés, en famille, voir le film adapté du roman de Gaël Faye, Petit pays. Nous nous sommes pris une énorme averse en allant jusqu’au bus, et il a fait froid toute la soirée : 13° à dix heures et demie du soir, au retour du restaurant syrien. A*, qui jouait encore au beach volley mercredi sur la page (déserte, toutefois) de Perros-Guirec, ne comprend pas trop. C’est la proverbiale douceur tourangelle.

Capture.JPG  Le film est plutôt bon, un peu trop long à mon sens (la première partie aurait pu être raccourcie et montée de façon plus nerveuse), assez conventionnel dans ses choix esthétiques et narratifs mais efficace et émouvant. Je n’avais pas réussi à aller au-delà de la page 30 du roman, car il y a vraiment zéro écriture. En film, le côté conventionnel passe mieux, d’abord parce qu’il est porté par d’excellents acteurs, les enfants en premier lieu, mais aussi Jean-Paul Rouve ou encore l’actrice qui joue le rôle de la mère d’Yvonne, bouleversante et que la production (le réalisateur ?) a choisi de sous-titrer alors qu’on la comprend parfaitement. Je ne trouve son nom ni sur AlloCiné ni sur IMDb.

 

Dans la salle de cinéma, je n’ai pas trop compris pourquoi une bonne dizaine de personnes avaient enlevé leur masque pendant tout le film, et même dès avant. Il s’agit du cinéma Les Studio. Nous n’étions pas allés au cinéma depuis le déconfinement, et peut-être qu’il y a une subtilité qui m’échappe.

 

En bonus : un article de 2018 sur une traduction qui réussit la prouesse de ne jamais citer le nom du traducteur. Invisibilisation des Africains autant que des traducteurs...

 

samedi, 29 août 2020

Charbonné

L’érable chétif face à la cuisine a deux grosses feuilles brunes. Il fait frisquet aujourd’hui.

 

Je poursuis ma lecture de Zoocities, de la philosophe Joëlle Zask : le livre est intéressant, de par son sujet autant que par sa problématique, mais le manque répété de rigueur dans les sources et dans la démonstration m’agace toutes les trois pages.

 

Encore un achat mobilier aujourd’hui : une bibliothèque d’occasion, au dépôt-vente de Saint-Pierre des Corps. Elle va nous permettre de ranger DVD et divers bouquins de façon plus rationnelle à la buanderie.

 

Pendant que j’enregistrais, comme on doit le faire chaque semaine, les différentes pièces de hautbois jouées par O*, j’ai feuilleté deux livres qui se trouvent au salon : ma fidèle anthologie des littératures du Moyen-Âge – qui m’a donné envie de lire le Huon de Bordeaux – et un livre d’art L’art belge, entre rêves et réalités, que je n’avais pas ouvert depuis longtemps et dont je retiendrai le nom de Maximilien Luce.

 

vendredi, 28 août 2020

... ut nocte silenti fallere custodes...

Hasard providentiel, j’ai été interpellé tout à l’heure, à la déchetterie de la Milletière, par un homme, originaire probablement d’Europe de l’Est, qui m’a dit de surtout ne pas me débarrasser de ma voiture. Il m’a dit que les modèles suivants de la même gamme étaient moins bien, qu’il avait changé la sienne il y a quelques années pour un pick-up, et qu’il s’en mordait les doigts. Je lui ai dit qu’elle avait pas mal de petits accrocs à la carrosserie, mais il m’a dit que ça n’avait aucune importance, que lui en cherchait une de ce même modèle, mais à faible kilométrage.

Il se trouve que, lassés de trouver la bagnole achetée fin 2009 un peu beaucoup bruyante à grande vitesse (c’est-à-dire au-dessus de 100-110) et attribuant cela, outre à ses 215.000 bornes, aux beugnes susdits, nous étions allés hier après-midi, C* et moi, regarder vaguement les occasions chez deux concessionnaires différents, pour en conclure – au vu des tarifs mais aussi des alternatives moins spacieuses qui nous étaient montrées à des prix pourtant pas légers – que nous allions probablement la garder tant qu’elle tiendrait le coup et qu’elle voudrait bien de nous.

 

J’avais passé la matinée à nettoyer et ranger l’atelier, la buanderie mais aussi l’espace godasses (la chausserie ? le meuble à chaussures ? (mais il y a deux meubles…)), tout en écoutant de vieux 33 tours grâce aux baffles nouvellement installés au salon musical, au fond du sous-sol.

 

15:08 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 27 août 2020

Lost in masklation

 

O* revient fourbu de ses jours de ping-pong.

 

Je suis triste pour lui des semaines qui s’annoncent : de nous tous, c’est lui, collégien, qui va passer le plus de temps avec le masque, même aux récréations ; la pause médiane risque de devenir un vrai calvaire, étant donné qu’on ne sait pas du tout (là encore, le ministère fait preuve d’une incurie remarquable) comment s’organisera la cantine, mais aussi car les clubs qu’il adore risquent d’être tous annulés – plus d’orchestre, plus de ping-pong, plus de badminton…

C* et moi nous demandons même s’il ne serait pas envisageable de nous organiser pour le reprendre aux pauses déjeuner, et le faire basculer en statut d’externat : pas simple, mais s’il évoque au bout de quelques jours sa frustration et sa fatigue par rapport à cela, nous avons ce joker.

 

C’est l’année du brevet, ce qui est plus symbolique qu’autre chose, mais on a vu que pour son frère cette année de troisième a été fondamentale, d’un point de vue social et amical. Je souhaite vraiment que ces restrictions vraiment très lourdes pour cause de pandémie ne s’installent pas durablement dans nos modes de vie. Déjà, je me suis fait la réflexion ce matin que, si j’avais été balancé d’un seul coup, en février, six mois dans le futur, je n’aurais pas du tout compris pourquoi tout le monde était masqué etc. Nous avons déjà fondamentalement changé, et en profondeur.

 

Ce matin, aussi, en discutant avec S*, ma collègue, dans un couloir des Tanneurs, je me suis aperçu que les nombreuses expressions faciales dont j’accompagne toute conversation, et qui permettent de communiquer sans interrompre son interlocutrice ou son interlocuteur, sont totalement lost in translation : il nous faudrait des masques avec fenêtre transparente pour la bouche, comme pour la lecture labiale des mal-entendants.

 

19:09 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 26 août 2020

Smollett, très occasionnellement

 

Réveillé à 6 h 30, seulement. Commencé à lire The Adventures of Sir Launcelot Greaves de Smollett, auteur dont on célèbrera (mais qui ?) le tricentenaire de la naissance en 2021. Il s’agit, semble-t-il, d’une réécriture du Quichotte.

greaves.JPG

 

Croissants (trop beurrés). Idées (trop sombres).

 

10:25 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 25 août 2020

Soixante-seize ans

 

Chaque 25 août, penser au massacre de Maillé plus qu’à la libération de Paris.

 

Je me suis remis à mieux lire, et j’ai fini ce soir All Along The River. Malgré tous les éléments totalement convenus – de la sorte qui fit haïr le genre du roman à Paul Valéry ou André Breton –, c’est très, très bien. Le fait que le récit de l’incident principal (la « chute » de l’héroïne) se situe quasiment à la fin est un vrai tour de force ; la bifurcation vers le point de vue du veuf, dans les dernières pages, est admirable, avec ce dernier paragraphe qui parvient – presque – à constituer une piste nouvelle. On aimerait pouvoir lire toute l’œuvre de Braddon, s’il n’y avait pas tant d’autres livres, et surtout si elle n’en avait pas écrit une petite centaine !...

 

O* est revenu fourbu, courbaturé, de la première journée du stage de ping-pong.

 

Regardé Brexit, le (télé?)film de 2019 avec Benedict Cumberbatch dans le rôle de Dominic Cummings. Outre les simplifications et les lourdeurs scénaristiques, cela vaudrait le coup de vérifier ce qui, dans la construction du personnage excentrique et asocial, relève de la réalité.

 

lundi, 24 août 2020

*2408*

Réveillé presque plus tôt que jamais, 4 h 40, et après une nuit très courte de samedi à dimanche et une grosse journée hier, me voici à pianoter depuis 1 h 15 pour tenter d’avancer les dossiers pour l’université, ces tâches étant sans doute source d’angoisse pour moi.

Il va falloir que je refasse des nuits de 6-7 heures, sinon ça ne va pas aller.

 

Hier soir c’était la finale de la Ligue des champions : à part le dernier quart d’heure de la première mi-temps, match d’une infinie médiocrité. Ennuyeux au possible. Je m’ennuie 9 fois sur 10 devant le foot, mais je continue de regarder – d’un œil le plus souvent – pour accompagner O*. Le plus navrant ce sont toujours ces centaines de milliers d’abrutis, sur Twitter et dans les rues : violences, célébrations de la défaite parisienne à Marseille, propos sexistes à la tonne etc.

 

05:59 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 23 août 2020

Retour, fin d'été

Retour à Tours. Voyage entre 6 h 30 et 11 h 45.

On a retrouvé A*, juste avant son départ pour Rennes et Perros-Guirec avec des potes : il nous a raconté, encore émerveillé, ses 5 jours à Calviac.

Après-midi : rangement du bazar ramené de Hagetmau (il en reste encore pas mal chez mes parents) et installation des étagères au sous-sol. O* est ravi du « salon musical » (il n’est plus question d’appeler autrement la chambre d’amis).

 

18:10 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 22 août 2020

Deux crapauds écrasés

L’orage de la nuit dernière, avec ses pluies, a bien rafraîchi l’atmosphère. Magnifique journée d’été. Le matin, en promenant jusqu’au Bassecq, nous avons vu, ma mère et moi, deux cadavres de crapauds écrasés, à deux endroits différents. Les averses les ont poussés à traverser coûte que coûte, pour s’accoupler ou pour pondre.

 

Les journées se suivent et se ressemblent : mah-jong, piscine, belote, saison 3 de Two and a Half Men. Ce soir, à l’apéro, c’était tarot, pour changer : mon père nous a plumés. Il a une chance qui ne se dément pas.

 

Dernière journée dans les Landes. Cet été, fort calme en fin de compte, nous ne serons pas du tout allés à la plage, en raison du Covid. Pas d’océan.

 

vendredi, 21 août 2020

All Along the River

Je ne lis pas énormément, mais avec le roman de Mary Elizabeth Braddon que je suis en train de lire, je retrouve un vrai plaisir de lecture. Il s’intitule All Along the River, date de 1893 ; c’est le troisième que je lis de cette autrice immensément populaire de son vivant, et pas seulement au Royaume-Uni puisque plusieurs de ses romans furent traduits en français l’année suivant leur parution en anglais. C’est très bien écrit, et quoique l’intrigue soit cousue de fil blanc, absolument jouissif dans les descriptions sociales et psychologiques, bourré de stéréotypes de genre subtilement déconstruits.

 

jeudi, 20 août 2020

En plan

 

J’ai abandonné, ou laissé en plan, tant de projets. Quelle idée de penser écrire un texte composé de souvenirs hagetmautiens ?

Laissé en plan : un bon titre – pour ma vie ?

 

mercredi, 19 août 2020

Adieux à Hagetmau

Aujourd’hui, nous avons fait nos adieux – déchirants – à la maison de Hagetmau. C* y a vécu de façon permanente de 5 à 18 ans, puis régulièrement, par intermittences, comme (et souvent avec) moi depuis 1992. Vingt-huit ans de souvenirs, pour moi aussi. Et O* était très cafardeux ; il ne voulait pas que C* la vende, et même s’il nous a beaucoup aidés pour le déménagement, il en a gros sur le cœur.

 

Comme mes parents, notre ami R*, mais aussi l’oncle, la tante et la cousine de C* sont venus nous aider à finir de débarrasser le plancher et à nettoyer ces mémorables 160 m², nous avons organisé un déjeuner sans chichis, sous les chênes dont l’ombre ne nous protègera plus l’été, et dont je ne passerai plus des journées entières à ramasser les feuilles, d’octobre à avril.

Ce dernier repas restera un bon souvenir. O* a pris de belles photos.

 

En écrivant ces lignes, vraiment, cela me paraît étrange : je n’arrive pas totalement à me rendre compte. Désormais, quand nous viendrons dans les Landes, la maison de Cagnotte sera notre seule base, et de là il faudra bien aller de ci de là (Horsarrieu, Saint-Pierre du Mont, Seignosse, Pau) voir les uns et les autres.

 

19:20 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 18 août 2020

Sainte Hélène

Avant-dernier matin à Hagetmau. Pas trop de moustiques, mais camions et vélomoteurs a hum de caillaous sur la route de Monségur. Pour cela aussi, aucun regret, je l’ai déjà noté. Hier, mon billet quotidien a attiré, une fois n’est pas coutume, plus de réactions que d’habitude sur Facebook. Je ne sais vraiment pas si je vais réussir à renouer avec une approche plus créative.

 

Sur le plan matériel, les contrariétés se poursuivent : le chauffe-eau a bel et bien pris la foudre, ou tout du moins la carte électronique. L’oncle de C* passera ce soir, mais le plus simple, vu que nous avions prévu de rendre définitivement les clés à l’agence d’ici la fin de la semaine en vue de la vente in absentia, risque d’être d’installer un nouveau cumulus ; celui-ci n’avait que trois ans et demi. Nous allons raquer pour un cumulus que nous n’utiliserons pas… c’est ainsi…

O* a récupéré son hautbois hier mais n’ose pas y retoucher, depuis la mésaventure de mercredi dernier. Ce n’est pas seulement un instrument coûteux et difficile sur le plan musical : c’est aussi un objet extrêmement délicat, comme nous le savons depuis six ans désormais (et plus encore depuis qu’il a son Buffet Crampon à 4.000 euros). On espère que cette année va se dérouler le plus normalement – ou le moins anormalement – possible d’un point de vue sanitaire et donc scolaire car ce doit être, a priori, la dernière année du cycle 2 : est-ce qu’à la fin de ce cycle O* choisira de poursuivre en cycle 3 et donc en classe aménagée (dans un lycée où n’iront pas la plupart de ses amis) ou en parcours individualisé ?

 

Demain, « déménagement » final. Final ? Faudra-t-il encore un aller-retour imprévu ? On verra. Heureusement que mes parents sont là, avec la Kangoo qui a permis déjà des allers-retours, et qu’ils stockent chez eux une partie de ce qu’ils nous « remonteront » au fur et à mesure. C’est aussi en pensant à eux que je suis content que C* finisse par vendre la maison de Hagetmau : nous aurons nos bases landaises dans un seul lieu, désormais, et surtout ils ne se sentiront plus obligés de nous aider avec les feuilles en automne etc.

Hier, nous avons passé une partie de la journée à Cagnotte, et, dans la foulée du chargement fait samedi ici, ma mère a obtenu de mon père qu’il débarrasse la vieille table de ping-pong, totalement défoncée : la première partie du sous-sol paraît moins encombrée, mais, comme le dit mon père, il n’y a plus d’endroit où entreposer provisoirement des objets.

 

07:37 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 17 août 2020

*1708*

Hier, petites contrariétés, outre l’embarras de mille bricoles qui s’ajoutent juste avant un « déménagement » : par exemple, le cumulus (changé en décembre 2016) ne fonctionne plus. Fusible ? Thermostat ? Est-il carrément foutu ? (Il y a eu de l’orage juste avant notre retour…)

Hier soir O* n’avait pas le moral, et je lui ai dit que c’était peut-être lié à l’approche de la rentrée, avec ses incertitudes ; peut-être, mais cela vaut sans doute pour moi…

 

Il y a aussi que je devrais, égoïstement, ne plus écouter la radio, ni surtout me connecter aux réseaux sociaux : marée noire au large de l’île Maurice (avec ses dizaines d’espèces endémiques déjà exterminées peut-être) ; incendies massifs et volontaires en Amazonie ; températures record en Sibérie et au Groenland ; Dupond-Moretti qui préface, avec des termes odieux, le livre de ce gros con de Schraen ; lobby de la filière betteravière qui obtient une dérogation du gouvernement pour les néonicotinoïdes… Il y a longtemps que je sais que j’assisterai certainement de mon vivant à la fin de l’humanité civilisée et à l’apogée désastreux de l’anthropocène, mais ce savoir n’aide en rien à relativiser, et chaque article montrant l’irresponsabilité de presque tout le monde est un coup de poignard.

 

Dans tout cela, évidemment, je me laisse ballotter, et je ne lis plus, n’arrivant à lire ni les textes « exigeants » qui sont ma drogue ni des textes plus conventionnels… ni fiction ni poésie ni essais… Et quant à « écrire », à mes foutus projets, n’en parlons pas, quelle vanité…

 

05:57 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (6)

dimanche, 16 août 2020

Sursomption

 

Réveillé vers 7 h 30, les habitudes sont dures à perdre : enfin, pour moi, c’est presque une grasse matinée.

Nous sommes rentrés cette nuit. Entre Monbazillac et Bazas (soit pas loin de 100 kilomètres), ciel zébré d’éclairs roses ou blancs, mais jamais nous ne nous sommes retrouvés sous l’orage. – Il a plu, de toute évidence, voire fait de l’orage sur la Chalosse. Belle fraîcheur ce matin, mais hélas la température doit remonter pour atteindre 34° à l’ombre mercredi, le jour du déménagement final.

De nuit nous n’avons pas pu montrer le château de Duras à O*, mais grâce à un détour, le portail de la cathédrale de Bazas, très bien éclairé ; nous n’étions pas passés à Bazas depuis 1997, je crois.

Programme du jour : lessives, cartons, ménages, préparation des derniers allers-retours à la déchetterie et à Landes Partage. Si j’en trouve le temps, je commencerai de rattraper mon retard pour l’archivage des photographies.

 

samedi, 15 août 2020

Assomption : une asymptote

Saint-Vincent le Paluel (Dordogne), 15 août 2020.   Petits méandres dans nos lieux familiers : Carsac, Cénac, Calviac. Nous n’avions jamais fait le détour par Saint-Vincent le Paluel, où nous avons pu voir l’étonnant château où a été principalement tourné Le Tatoué. Au vingtième siècle, son histoire a été plus que mouvementée, en particulier depuis son incendie par la division Das Reich (qui se repliait d’Oradour). Dans le village même, jolie église fortifiée et « manoir » qui a tout d’une bâtisse médiévale tardive, carrée et rugueuse.

Après-midi à Calviac, où nous avons laissé A*.

 

Retour par Bergerac, où, plus que jamais, abondent les Cyranos de pacotille. Excellent restaurant indien.

 

21:12 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (3)

vendredi, 14 août 2020

Présomption

 

Saint-Cirq Lapopie, où nous n’étions pas allés depuis ce fameux été 1999. Cette fois-ci Alain Prillard exposait carrément dans le Musée Rignault. Très belle rétrospective, avec toujours les linotypes, des toiles récentes moins convaincantes et des sculptures en fer forgé très réussies. La plupart des sculptures perdraient une partie de leur charme en dehors de cet écrin de collines pentues et de pierres calcinées. La maison d’André Breton semble, non pas à l’abandon, mais enfin…

 

Musée Rignault, expos Alain Prillard ° Saint-Cirq Lapopie

 

À Domme, personne ne portait de masque dans la Grand’Rue bondée. L’hôtelier ne l’avait ni pour nous accueillir ni dans l’hôtel même ; même aberration le soir avec le patron du restaurant (alors que les serveurs étaient dûment masqués). Le soir, en promenade, nous avons discuté avec un cycliste qui cherchait le site de tournage du Tatoué (film pas vu). C’était, finalement et tout simplement, la Porte des Tours.

 

jeudi, 13 août 2020

Antésomption

 

En route pour Cahors : Montréal, Lectoure (où l’Eté photographique a été remplacé par une déambulation avec des installations in situ dont la plupart sont dérisoires – mais la ville est si belle qu’elle magnifie la moindre vétille), Lauzerte.

 

19:20 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 12 août 2020

Grimoire sans glamour, mais non sans grammaire

5 h 35.

Levé très tôt, de nouveau. Pas à me plaindre quand même ; outre que je ne fous rien de ces vacances, je m’y repose à peu près. Sur la terrasse couverte (il pleuviote depuis quelques minutes). J’ai allumé la triple bougie à la citronnelle en espérant que ça suffira à me protéger des moustiques : de ce point de vue, depuis l’an dernier, les yourtes que ma mère a installées autour des lits jouent parfaitement leur rôle. Fait cramer ma demi-mug de café, qui sera infâme. Les phalènes commencent d’affluer sur l’écran de l’ordinateur. Comment on remplit quelques lignes avec du néant.

 

Ma mère a fini de lire Atlantis, que je lui avais prêté mais que je n’ai pas lu. Pas lu ce livre-là de John Cowper Powys. C’est extravagant et foutraque. Cela ne m’étonne pas. John Cowper Powys fait partie de ces écrivains qui se regardent écrire, et c’est parfois un compliment à faire : tant de plumitifs, de romanciers/ères surtout, qui écrivent comme ça, comme si ça allait de soi, sans se regarder écrire, justement.

 

Via mon collègue Sylvain Gatelais, sur Twitter, j’ai appris que grammaire, glamour et grimoire avaient commune étymologie.

 

Hier, entre autres, nous avons pris en main le nouveau jeu d’O*, le Saboteur™ ; le soir, deux parties de 3 manches à huit joueurs, et c’était très drôle. Comme l’a dit A*, qui s’est forcé pour jouer, car il déteste les jeux de société et jeux de cartes, aurions-nous trouvé le jeu consensuel ?

A°, ma nièce, qui a commencé à apprendre à y jouer lundi, piaffait en attendant la traditionnelle partie apéritive de belote : elle a joué toute seule, cette fois-ci, en partenariat avec moi, et nous avons perdu de peu. O* et mon père ont, comme d’habitude, eu des annonces stupéfiantes, qui ont permis d’escroquer le score, et un capot qui a achevé tout suspense.

 

(La connexion est très lente – comment poster ce billet ? Je vais continuer d’écrire, plutôt que de tenter de glandouiller sur le Web.)

 

mardi, 11 août 2020

*1108*

 

C* a reçu en cadeau, de la part de mes parents de ma sœur, le Dictionnaire des créatrices en 3 forts volumes, magnifique somme publiée en 2011 par les éditions Des Femmes et devenue introuvable, sauf d’occasion.

 

lundi, 10 août 2020

Remparts

 

Tant que je persiste ici, même pour rien, reste l’espoir de repartir.

 

dimanche, 09 août 2020

Et cygne

Etonnant comme je suis incapable de me tenir à quelque chose. Aucun cran, aucune persistance.

Aucune consistance, peut-être ?

Un type à feuilles caduques. Et, en ces temps plus que jamais, à quoi bon persister ?

 

08:16 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 08 août 2020

Vent frais, vent du matin

Le 14 juillet j’écrivais boire du café réchauffé pas très bon. Rebelote ce matin, mais il y en a eu d’autres, entretemps. Il est six heures du matin, et c’est un des derniers matins où je peux écrire dans la maison endormie, plus exactement sur la terrasse couverte face à la route de Poudenx, ici, à Hagetmau. Nous aurons à peu près fini de ranger demain, et il restera seulement deux jours la semaine prochaine, avant liquidation totale.

Sur la terrasse couverte il y a un peu d’air frais, celui qui manque dans la maison.

 

Une amie m’a envoyé un mail au sujet de l’implantation future – totalement non discutée avec les habitants, et votée en catimini – d’un parc à éoliennes à un demi-kilomètre de chez elle. Il s’agit d’un mail collectif, et elle y a va de sa bonne humeur créative tout en laissant deviner toute sa combativité. Elle requiert de nous, ses destinataires, de lui indiquer toute documentation utile. Je vais sonder mon père, en sachant qu’il aura surtout, selon toute probabilité, de la documentation pro-éoliennes.

 

06:25 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 07 août 2020

Mölkky toujours

R. est arrivé hier soir, et repartira demain.

Nous enchaînons, après du rangement et du ménage, les parties de Mölkky sous toutes ses variantes. Je pense qu’en comptant ses x entraînements à des lancers lointains, O* a marché 5 ou 6 kilomètres rien que pour le Mölkky.

Hier soir, on a joué au poker avec A*. Aujourd’hui, deux parties de belote : en équipe avec O* – nous avons gagné 2 fois.

 

19:20 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 06 août 2020

Visite à l'aïeule

Je n’ai pas évoqué ici notre visite rendue à ma grand-mère maternelle, avant-hier mardi. Elle était très en forme, et nous a raconté plusieurs histoires, très poignantes, sur la guerre de 39-45, en particulier de ses deux camarades juives mortes dans les camps d’extermination (et qui ont leur stèle dans le parc Jean-Rameau) et des scènes infâmes lors de la Libération. Elle lit ces temps-ci Un monde de mots d’Anne Cunéo, et m’a donc appris qu’un tel livre existait, entièrement consacré à John Florio. À son grand dam, elle va renoncer à conduire.

 

mercredi, 05 août 2020

Explosions

Les gens, qu’ils soient experts ou non, connus ou non, qui glosent sur le désastre survenu à Beyrouth en parlant d’attentat ou de problèmes géopolitiques sont irresponsables, et ce sont même des salauds. Pour le moment, l’hypothèse la plus probable (et la seule retenue par l’ensemble des responsables libanais à s’être exprimés) est celle d’un dépôt massif et mal protégé de nitrate d’ammonium. Des dépôts comme celui-ci, gageons qu’il y en a dans tous les grands ports d’Europe, à Cherbourg ou au Havre, à tout parier. On sait que l’industrie, notamment agroalimentaire, sème en tous points du globe de telles bombes. Je vis à un kilomètre d’un site industriel classé Seveso II. Demandez aux Toulousains si de tels accidents ne surviennent que dans des pays ravagés par la guerre ou au Proche-Orient…

 

C’est cela, le désastre. Et, avec toutes les nouvelles désastreuses qui ne cessent de nous parvenir de Sibérie et du Groenland, c’est là l’urgence : urgence climatique, urgence qu’il y a à revoir totalement notre « développement » et nos modes de consommation.

 

Cependant, un poète dont j’ai aimé deux livres (et dont je tairai le nom) partage sur Facebook un fake ridicule sur les « origines » supposées de l’écriture inclusive, et ses commentateurs (dont cet imbécile de Gil Jouanard) y voient la cause principale contre laquelle s’offusquer et lutter, en 2020.

 

17:20 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (1)

mardi, 04 août 2020

Saloperies, privilèges

Il y a quelques (non : quinze) années, j’avais dit à mes étudiant-es de CAPES, au sujet du roman de Ford Madox Ford, The Good Soldier, alors au programme, que la date du 4 août était plus importante que celle du 14 juillet, pour la Révolution française. Plus importante, c’est une provocation. Mais aussi importante, oui. L’abolition des privilèges, encore très largement théorique dans ce pays, est une très grande idée, et un immense geste politique.

Je lis très peu de livres d’histoire, et c’est un tort.

 

Nuit entière, enfin : 8 heures de sommeil.

Hier soir, fin de la saison 4 de Peaky Blinders : série qui tient vraiment la route, c’est assez rare pour être signalé, et savamment construite. Je me demande si les spécialistes de narratologie (je lis très peu de narratologie – est-ce un tort ?) travaillent sur la question de l’identification dans ces séries qui présentent des personnages principaux qui sont tous des criminels, des salauds etc. Après tout, est-ce que le titre (ironique) du classique de Sergio Leone The Good, the Bad and the Ugly n’est pas censé inviter le spectateur à s’identifier au « bon » interprété par Eastwood, d’une manière très déceptive, vu qu’il est tout sauf bon…?

 

08:24 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 03 août 2020

... aux écrouelles

Levé depuis 4 h 50, j’ai passé une heure sur la terrasse. Ça se rafraîchit, je rentre dans la cuisine.

 

Pleine lune. Fallait-il que je croie dormir longtemps, après plus d’une heure de sieste hier autour de 15 h 30, moi qui ne dors jamais dans la journée ? Après le cri d’appel de l’Effraie, c’est la Hulotte que j’entends depuis un petit moment. Il y a eu aussi, dans le bois, des appels de chevreuils : hier matin vers onze heures nous en avons vu deux batifoler et se poursuivre, entre la fontaine et le Campot.

Il doit faire très chaud jeudi et vendredi prochains.

Mugissement des bœufs, j’écris.

 

Hier, nous avons commencé d’apprendre à jouer au mah-jong (avec ma mère – il faut être 4 pour y jouer, je me demande si nous trouverons la bonne variante pour y jouer à 3) et j’ai commencé Quichotte de Rushdie : le livre commence par une note hilarante sur la prononciation du célèbre nom. J’ai aussi appris le nom de la plante qui envahit recouvre le champ voisin : la Lampourde glouteron, dite aussi Lampourde aux écrouelles.

 

06:24 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (3)

dimanche, 02 août 2020

Moments hors

Un moustique à l’extérieur de la yourte. On n’ose pas en sortir. J’aurais pu en faire un haïku.

 

Douche froide en essayant de faire un minimum de bruit à A*.

Café réchauffé.

Mon père, quand il se lève pour aller jardiner, ne passe jamais du côté de la terrasse couverte, et ne peut donc savoir si ma mère et moi sommes levés. (Nous le sommes.)

 

Chants du coq, bourdons et abeilles vrombissent, le peignoir suspendu comme un ex-voto. (J’aurais pu en faire un tanka.)

 

07:11 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 01 août 2020

Du coup, suite

Un récent billet s’achevait par un paragraphe expliquant mon agacement face aux gens qui pourfendent l’emploi de la locution adverbiale du coup, tout à fait significative, utile et, surtout, anciennement attestée. Il faudrait d’ailleurs écrire un billet entier sur le mot coup et ses dérivés.

À la suite de ce billet, un échange a eu lieu entre Didier Goux et moi. Didier Goux m’a dit avoir dégotté un « du coup » dans une chronique d’Angelo Rinaldi datant de la fin des années 80.

 

Voici 5 extraits de textes du dix-neuvième siècle, parmi tant d’autres, pour montrer que, si l’emploi de cette locution peut être, chez certain-es (au rang desquels je me compte) un tic, il ne s’agit en aucun cas d’une expression récente, ni de « mauvais français ».

 

du coup Proust

 

du coup Zola

 

du coup, Huysmans

 

du coup, Sacher-Masoch

 

du coup, Daudet

vendredi, 31 juillet 2020

*3107*

 

Vu la chaleur, pas grand-chose d’autre à faire, hier, que de se planquer à l’ombre des arbres, ou, mieux encore, dans la maison. Deux épisodes de Peaky Blinders dans l’après-midi, quatre de Two & A Half Men le soir. Il a effectivement fait 40 à l’ombre (et mille au soleil).

 

08:29 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 30 juillet 2020

En trombe

Que cette route départementale est passante, avec, depuis toujours, tracteurs, mobylettes pétaradantes, bétaillères, et bagnoles roulant largement au-dessus de la limite fixée à 70, en trombe, sans tenir compte des nombreux carrefours. Entre le voisinage et le trafic qui ne s’est pas arrangé depuis quelques années, sans compter l’entretien, les heures passées à couper des branches, tondre, ramasser les feuilles, je ne regretterai pas tant que cela cette maison.

Hier soir, après le départ de mes parents, la maison plus vide que jamais, O* a eu de nouveau un gros coup de cafard. Je le comprends : j’y ai des souvenirs nombreux et complexes – 28 années même par intermittence, ce n’est pas rien. Lui ne voulait pas que C* vende, et c’est dur pour lui, même s’il comprend bien les arguments : trop coûteuse à entretenir, elle s’abîme ; nous n’y venons plus assez longtemps ni assez souvent ; nous pourrons louer 3 ou 4 semaines rien qu’avec le fric passé dans les impôts locaux. A*, qui a adoré venir ici et qui était même celui qui, un temps, parlait que nous changions de région pour venir nous installer ici, voulait y passer de nouveau quelques jours, une dernière fois, mais il y a longtemps que sa vie est ailleurs.

C*, elle, difficile de dire. Cela fait très longtemps qu’elle s’exclame en entrant dans la maison après une longue absence : « oh, ce n’est plus possible, je vais la vendre ». Mais c’est quand même la maison de son enfance, de 1978 à 1991. Quarante-deux ans qu’on ne raye pas comme ça, d’un trait de plume.

 

Il doit faire très chaud aujourd’hui. Je n’aurais pas dû dire cela à ma mère, qui aura appréhendé toute la nuit la journée suivante. D’ailleurs, c’est étrange : il doit faire 42° à l’ombre, alors qu’il faisait 30° hier (et on n’a déjà pas eu froid, à démonter des sommiers et à faire des allers-retours à la déchetterie) et qu’il doit faire de nouveau autour de 30° demain.

 

Bientôt terminé Se taire ou pas (je lis vraiment peu, et par intermittences). Ce n’est pas mal du tout. Certains des textes sont vraiment très réussis, émouvants. On sent qu’Isabelle Flaten a lu Sarraute, ou en tout cas certaines de ses explorations du langage intérieur se rapprochent beaucoup des derniers livres de Sarraute (Vous les entendez ?, Ici). Les situations suggérées invitent toujours à la réflexion, on essaie de deviner ce qui se trame, ou ce qui se cache derrière telle ou telle allusion, de sorte que le titre correspond aux situations existentielles explorées dans les textes brefs, mais aussi à la textualité elle-même ou à ce que le lecteur doit s’approprier.

 

Avant le dîner, hier : deux parties de Mölkky breton, avec O*. Je les ai gagnées toutes les deux. Les garçons ont préféré regarder quatre épisodes de Two and A Half Men (qu’A* avait déjà vues il y a très longtemps), dont le fameux ‘Go Get Mommy’s Bra’, plutôt que de reprendre Peaky Blinders à la saison 4.

 

mercredi, 29 juillet 2020

Vide-maison, suite

Levé tôt, 6 h 30. C’est un peu mon rythme depuis le début de l’été, des nuits de cinq heures, et pas fatigué. Je ne ressens guère non plus les douleurs liées à ma lombalgie et à ma double tendinite : c’est heureux, puisque je sais, depuis qu’il a été confirmé que c’était de l’arthrose, qu’il n’y a pas grand-chose à faire. Ce matin, toutefois, c’est la douleur dans le bas du dos qui m’a réveillé. Il y a que j’apprends à éviter, autant que faire se peut, les gestes qui provoquent durablement ces douleurs : rester debout en piétinant, marcher lentement… Pour discuter debout, il faudrait que je m’achète une sorte de trépied pliant portatif qui me permettrait simplement de poser mes fesses et de signaler à mes interlocuteurs qu’effectivement discuter dans cette position est devenu presque impossible pour moi.

 

Mes parents viennent aujourd’hui nous aider à nettoyer le garage et la salle de soins. Ils doivent récupérer pas mal de trucs, notamment des livres pour la bibliothèque municipale de Cagnotte et pour Philippe S*, le spécialiste d’histoire régionale. Je ne saurais dire combien de livres abîmés et/ou sans intérêt j’ai balancés au papier à recycler en février et la semaine dernière. Et cela sans compter ceux que j’avais mis dans des boîtes à livres à droite et à gauche l’été dernier. Dans une maison dans laquelle j’aurais dit qu’il y avait peu de livres. Mes parents vont récupérer des bricoles, aussi, et des cartons qu’ils vont stocker en attendant de nous les monter au fur et à mesure.

 

La vente de la maison prendra probablement du retard ; initialement prévue le 31 août, elle pourrait n’être officielle devant le notaire qu’au cours de la seconde quinzaine de septembre, car les formalités ont pris du retard.

 

07:46 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 28 juillet 2020

Aphone, dit-il

 

Le retard s’accumule, pour les sonnets aphones. C’est dingue, à quel point je suis incapable de m’astreindre à une discipline rigoureuse et quotidienne, même pour quelque chose qui pourrait être exécuté rapidement.

Story of my life.

 

07:46 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 27 juillet 2020

Du coup...

Bien roulé ce matin, avec la voiture entièrement chargée de sacs et de cartons. Je venais de sortir de la voiture, garée sur le rond-point, quand j'ai vu arriver, de l'impasse, A* sur son vélo. Quel timing ! a-t-il dit. Retrouvailles heureuses.

 

Passé une bonne partie de l'après-midi à ranger les BD, vinyles, le linge, à installer ce qu'O* nomme d'ores et déjà le salon audio du sous-sol. Je n'arrive pas, malgré x tentatives et rebranchements divers, à installer les deux enceintes sur le même canal. Je me dis que ce doit être lié au système très complexe, à base de fils supplémentaires et de connexions incompréhensibles pour moi, installé par mon beau-père à l'origine (1978), et dont j'ai rompu certaines subtilités en désinstallant tout à Hagetmau hier. Toujours est-il que ce n'est pas grave car je comptais installer une des deux enceintes dans la chambre et l'autre dans le garage : c'est donc fait, et on peut basculer l'écoute du vinyle, avec l'ampli, soit sur la chambre soit sur le garage.

 

C* a fini par parler à quelqu'un de compétent, après avoir été promenée au téléphone de service en service, au sujet des taxes foncières de la maison de Hagetmau. Un drôle de sac de nœuds.

 

Bien que j'aie bu mon dernier café de la journée sur l'aire de Meillac à neuf heures du matin, je ne m'endors pas du tout. Toujours infoutu de lire. —— J'ai reçu un autre exemplaire, envoyé gracieusement par l'éditeur, de Se taire ou pas... Cela me gêne, du coup.

 

Tiens, je le note ici car ça fait partie des choses qui m'agacent depuis un petit moment : il paraît qu'il ne faut pas dire ou écrire du coup et que seuls les jeunes et les incultes (ça revient au même pour ces personnes) emploient cette locution à tout bout de champ. Je ne suis ni jeune ni inculte, et il se trouve que cette locution fait partie de mon répertoire depuis longtemps, les années 90 sans doute, les années 80 peut-être. Et je n'ai jamais pensé être un précurseur. Et c'est une locution : ça existe. Et c'est un tic : on en a toutes et tous. Deal with it, people...

 

dimanche, 26 juillet 2020

Bientôt un cluster à Garlin ?

Garlin.JPG

C'était surréaliste, cet après-midi, à Garlin : j'ai été témoin, pour la première fois depuis des mois, d'une scène d'inconscience collective. Les gradins sont semi-fermés, les gens (en dépit du marquage d'une place sur deux) à moins d'un mètre les uns des autres (vu la disposition des arènes il fallait éliminer une rangée sur deux et 2 places sur 3 sur la rangée restante)... et personne ou presque ne portait de masque. Déplacements sans masque, poignées de mains etc. La totale.

O* et moi avons gardé notre masque tout le temps, et on croise les doigts maintenant...

 

Interrogée par moi, une des responsables du comité des fêtes m'a dit que le protocole de la FFCL (Fédération Française de la Course Landaise) avait été appliqué à la lettre. J'ai ensuite appris que plusieurs membres du comité directeur de la FFCL avaient refusé de voter ce protocole et que le docteur fédéral avait démissionné pour ne pas être tenu responsable de quoi que ce soit en cas d'action juridique a posteriori. Autant dire qu'il ne faut pas beaucoup s'informer ni réfléchir pour se rendre compte que cette course landaise se déroulait dans des conditions entièrement incompatibles avec les réglementations demandées par les ARS.

 

[Edit du 28 juillet. J'ai alerté la préfecture des Pyrénées-Atlantiques. Réponse : nada.]

 

samedi, 25 juillet 2020

Se taire ou pas (projets)

Réveillé à 6 h avec la migraine pas passée hier soir. Je n’arrive plus du tout à lire en ce moment. Quoique l’angle sous lequel y est traitée la question de la mémoire de la traite esclavagiste soit très novateur et m’intrigue, le livre de Léonora Miano que j’ai commencé il y a trois jours – Crépuscule du tourment – me tombe des mains, comme tout ce que je tente de lire depuis une quinzaine, il semblerait. J’ai reçu Se taire ou pas, d’Isabelle Flaten, reparu en poche au Réalgar : si je n’arrive pas à le lire non plus, ça va devenir inquiétant.

Je pianote dans la maison vide et endormie, avec quatre bougies à la citronnelle et le reflet de mon visage au-devant du clavier, dans le verre de la table de la salle à manger (qui fait partie des nombreux meubles que nous devons virer d’ici fin août). Et la maison paraissait déjà vide après le nettoyage de février…

Il faut que j’écrive le billet d’hier, et les deux sonnets du jour, à défaut des trois en retard.

 

vendredi, 24 juillet 2020

Sum fluxae pretium spei

Aujourd’hui c’était l’anniversaire de ma mère. 72 ans, septante-deux comme écrit dans le sonnet du jour. Nous avons déjeuné tous les six (sans A* ni les Cessonnais, donc) à la Villa Mirasol avant de passer l’après-midi chez ma grand-mère. Ma grand-mère, qui a fêté ses 93 ans toute seule au début du confinement, semble aller très bien, sauf pour la marche, qui est très difficile, le corps voûté et désaxé, une hanche plus haute que l’autre ; la canne n’est pas superflue. Pour le reste, elle semble très en forme et remonter la pente de la double opération de la cataracte subie il y a moins d’un mois : elle se plaint d’ « avoir tout le temps froid » mais hier elle était habillée normalement ; les soirées et les matinées sont fraîches, donc rien de très étonnant à ce qu’elle « attrape une petite laine »… Ma mère se fait beaucoup de souci, à raison car sa mère entre de fait dans la grande vieillesse, mais elle l’a trouvée en meilleure forme et plus alerte qu’il y a quelques jours. Nous n’avions pas vu ma grand-mère depuis Noël, donc difficile de dire, pour notre part. Sans aller jusqu’à citer Elliott Carter, les personnes qui dépassent les 100 ans en (presque) pleine possession de leurs moyens, cela existe.

 

La conversation a roulé sur pas mal de sujets, et ma grand-mère était toujours attentive ; elle est même venue assister à la partie de Mölkky, alors que, pour le terrain, je n’avais pas pu choisir un terrain très proche de la maison. Je lui ai emprunté Montaillou, village occitan que je savais avoir vu dans sa bibliothèque quand j’étais jeune, car il se trouve que nous sommes passés à Montaillou mardi, alors que je n’aurais pu dire où se trouvait ce qui, aujourd’hui d’ailleurs, n’est guère plus qu’un hameau (et encore).

 

Ma mère a eu, outre nos cadeaux et ceux qu’elle se fait de la part de mon père (…), une belle orchidée de la part de ma grand-mère. Elle m’a rendu le roman d’Andre Brink que j’avais emprunté pour elle à la B.U. et je n’ai pas même eu le temps de lui demander ce qu’elle en avait pensé.

 

« Partagé » sur Facebook un sonnet que j’avais écrit le 24 juillet 2015 (nous étions en Italie) ; fait-il partie de ces nombreux sonnets que je retrouve et que j’ai oublié d’inclure dans mon recueil de 2016 ?

 

20:03 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 23 juillet 2020

*2307*

 

4 h 15. Le seul avantage de se réveiller à 3 h 30 du matin, c’est de pouvoir se lever et de mettre à aérer la maison, moite et dont certaines pièces sentent le renfermé. Je le savais, le café exceptionnel d’hier soir à la pizzeria d’Arzacq ne m’empêcherait pas de dormir, mais il risquait de me tenir éveillé en cas de réveil prématuré. Encore des mails professionnels et des conversions de notes semestrielles d’étudiants partis à l’étranger à effectuer.

 

04:16 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 22 juillet 2020

Ascendances, vols planés

 

Devant la Maison Bédrède, Mirepoix   Commencé la journée par écrire un peu à la salle de bains, tandis que C* et O* dormaient encore. Nuit mitigée, éboueurs, claquements de portes. Dès avant le petit déjeuner, O* m’a photographié devant la Maison Bédrède, très jolie, qui se trouve sur la place centrale de Mirepoix, et dont je ne sais comment (ni si) elle est reliée à ce quart ariégeois de mon ascendance.

(J’espère que ma mère aura recommencé de lire ces carnets, au cas où j’oublierais de le lui demander…)

 

Journée par gambades : église rupestre de Vals (très surprenante, jamais vu tel édifice), grotte du Mas d’Azil (où de très importantes découvertes de 2011 ont fait remonter tout un pan aurignacien, et donc fort ancien, de l’occupation du site, mais dont nous avons trouvé la visite guidée décevante par rapport à celle de 2008), villa gallo-romaine de Montmaurin, église Saint-Sever de Rustan (pas ouverte, mais bâtiments conventuels du 18e devant lesquels se déroulait une partie de pétanque fort disputée), Morlaàs (désert), Arzacq (où enfin se restaurer).

 

Après ces quatre jours de virée, bien des occupations nous attendent, mais il va falloir quand même que je ne flanche pas et poursuive le chantier des sonnets aphones.

 

mardi, 21 juillet 2020

D'une perspicacité moyenne

 

Observation de deux Percnoptères, près du col de la Croix des Morts  (détail)   Retrouvailles pour déjeuner avec F°, pas vue depuis 2004, et sa compagne, qui se trouvent louer une maison à Bélesta cette quinzaine. Le matin, après nous être cassé le nez (et avoir failli y rompre la voiture) sur des chemins caillouteux indiqués comme routes sur notre carte (mais en fait : non), observation d’un groupe de vautours près de la Col du Croix des Morts, dont deux percnoptères : je les ai d’abord pris pour des gypaètes, car ils étaient loin, se sont éloignés très vite, et surtout car ce sont des rapaces dont je n’ai quasiment de connaissance que livresque. Les 4 ou 5 Vautours fauves observés ensuite dans un groupe de résineux étaient plus familiers, mais toujours aussi émouvants.

 

Soirée à Mirepoix, puis à baguenauder dans les monts alentour, aux confins de l’Aude. Pique-nique dans le bocage désert, entre Corbières et Sonnac, après avoir contemplé le château de Lagarde et avant d’apercevoir, au crépuscule, celui de Puivert. Tartines de bethmale face à un troupeau de vaches, sur de verts coteaux.

À retenir du matin : les gorges de la Frau ne sont accessibles qu’à pied ou en VTT.

 

lundi, 20 juillet 2020

Méandres et parois

 

Parc de la Préhistoire, Tarascon Matinée au Parc Préhistorique, avec une belle promenade et des installations permanentes très réussies, des intérieurs plus pénibles : les fac-similés sur paroi des différents sites inaccessibles, de Niaux notamment, sont très réussis, mais sinon tout passait par l’audioguide. Or, un de nos deux audioguides fonctionnait très mal, et aucun des deux n’a fonctionné pour le son des documentaires sur grand écran. Moi qui détestais déjà ces saloperies… Mais les extérieurs et les fac-similés feront oublier cela. Nous avons notamment pu voir la fameuse et énigmatique belette.

Après-midi à méandrer sur la route des corniches jusqu’à Ax, avec plusieurs églises romanes très jolies. Cette route est d’ailleurs très jolie, peu fréquentée, alors que la N20 en contrebas est immonde.

Ax-les-Thermes, station thermale en déshérence, avec son lot d’hôtels décrépits ou carrément abandonnés, ses rues de bric et de broc, d’où un caractère trempé. Trempé nos pieds, d’ailleurs, dans le bassin de la Basse, où l’eau soufrée, à forte teneur en barugine, est bouillante.

Perdu au poker.

 

dimanche, 19 juillet 2020

Ariège

 

Début d’une petite virée de quelques jours. Pas trop facile d’écrire dans ces conditions-là, notamment avec la chambre d’hôtel etc. L’Ariège, à ce qu’on en voit, est une terre assez belle, et abandonnée : l’un est-il lié à l’autre ?

 

Pas de sonnets mais grâce à Facebook j’en retrouve de vieux jamais publiés. Un vrai écureuil.

 

Jamais lu Tartarin de Tarascon, ni ses suites. Henry James l’aurait traduit, pour le fric, d’après Wikipédia.

 

Robert Pinget aurait eu 101 ans.

 

samedi, 18 juillet 2020

Plus bel âge

Ce matin, petites courses à Pouillon, aller-retour au bourg de Cagnotte pour accompagner ma mère à la poste.

Il fait enfin bien chaud, une vraie journée d’été.

 

À partir de lundi, le masque sera obligatoire dans tous les lieux publics clos ; ce matin, une demi-douzaine de clients du supermarché ne l’avaient pas. Les fameux « clusters » réapparaissent un peu partout. J’espère surtout – outre que personne de la famille n’attrapera cette saloperie – qu’on ne sera pas reconfiné dans les prochaines semaines.

Difficile de savoir comment tout cela va évoluer.

 

Ce matin, un incendie a commencé de ravager la cathédrale de Nantes, et les hypothèses complotistes islamophobes ont illico fleuri sur Twitter. Cette cathédrale avait déjà subi d’importants dégâts en 1972, à une époque où l’on ne parlait ni d’al-Qaeda ni de Daech. Il y a deux mois, un incendie sans doute criminel a eu lieu sur le chantier de la mosquée d’Amiens Nord : c’est à se demander qui manie le mieux les allumettes et l’essence, des prétendus islamistes ou des véritables suprématistes blancs qui se cachent derrière la défense de la foi chrétienne.

 

Notre ami C°, qui fêtait récemment ses 47 ans, m’a écrit qu’il « se convainc que c’est le plus bel âge ». La formule est ambiguë, mais, pour ma part, je ne cherche pas même à m’en convaincre : je n’aime pas l’approche de la cinquantaine, avec tout ce qui l’accompagne.

 

14:28 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 17 juillet 2020

Avec le cerveau reptilien

Aujourd’hui mon grand-père maternel aurait eu 95 ans. Je faisais remarquer avant-hier qu’une des petites habitudes que je me suis surpris à avoir depuis quelque temps et que je n’ai connu qu’à lui était de rester à la cuisine juste après le dessert, à charger le lave-vaisselle ou laver des plats, préparer le café etc. – et d’y grignoter des biscuits, un reste de gâteau etc. Récemment aussi, ma mère a retrouvé une boîte de cigarillos qui datait de l’époque (fin des années 70 ?) où il avait tenté de se mettre à ça dans l’idée (illusoire) de cesser de fumer. Bref, on couche toujours avec des morts, comme le chantait Ferré.

 

Je décide d’abandonner A Glastonbury Romance. 700 pages encore, ça vaut le coup de ne pas insister, d’autant que je pique du nez chaque soir vers 11 h à la lumière de la lampe de chevet. Pour diverses raisons, de toute façon, les semaines d’été ne sont pas celles où je lis le plus ; en tout cas, ce ne sont pas celles qui se prêtent le mieux aux grandes lectures, ou aux lectures-fleuve.

 

Hier : une tortue, des masques portés en pointillés, un nid d’asticots dans un cadavre de souris, l’ail d’Henri IV.

 

17:53 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 16 juillet 2020

Le Sacre de l'écrivain

 6 h. Réveillé par un moustique, et le mal de dos. Je crois que j’ai réussi à tuer l’insecte avant de quitter la chambre. Ici à la cuisine, j’ai compté les piqûres, rien qu’au pied gauche : quatre. Et j’ai tué trois moustiques. Ma mère s’est levée, car elle ne dormait pas non plus, puis est allée se recoucher. Le wifi fonctionne de façon capricieuse.

 

Peu lu hier. A Glastonbury Romance, seulement un chapitre (sieste l’après-midi, et je tombe de sommeil le soir à onze heures au lit).

Le Sacre de l’écrivain de Bénichou, bientôt terminé, est intéressant, mais ses deux défauts majeurs sont d’être un travail purement chronologique, de sorte que même lui s’aperçoit de la faible pertinence d’un tel modèle pour son sujet et fait sans cesse des petites allusions rétrospectives (une édition hypertextuelle serait bien pratique), et surtout de traiter uniquement du romantisme français, ce qui n’a, de fait et à l’épreuve de la lecture, que peu de sens : Bénichou réduit donc l’émergence de sensibilités voisines au prisme de convictions politiques parfois antagonistes, dans un contexte qui n’est jamais européen. Or, si les filiations que le livre établit entre l’émergence de l’apostolat scripturaire dans les années 1760-1780 et la génération des Hugo et Lamartine sont passionnantes à explorer, elles n’ont pas grand sens à se priver des liens avec les soulèvements politiques dans d’autres pays d’Europe, mais surtout des liens avec les ruptures formelles amorcées dès les années 1780 en Allemagne et dans les Îles britanniques, avec notamment la réinvention des normes et des codes de la ballade. Avant d’attaquer ces deux ‘Quarto’ achetés sur le conseil de l’ami éditeur David M*, j’étais un peu sceptique, car j’ai toujours beaucoup lu au sujet du romantisme dans une perspective comparatiste, européiste en quelque sorte, et je reste, de fait et malgré les angles nouveaux pour moi, sur ma faim. Au fond, le plus intéressant, et cela tombe bien vu que c’est le sujet central du livre, est la manière dont Bénichou décrit l’émergence d’une protofigure de l’intellectuel engagé, avec la figure laïcisée du poète ; cela explique fort bien, entre autres, la prégnance des sujets bibliques dans une perspective qui n’est justement pas celle de Milton, Klopstock ou Blake, pas réductible à l’épopée luthérienne ou au prophétisme pythique semi-délirant.

 

Hier soir, petit appel visio avec A* et les Cessonnais, puis belote (C* et moi avons gagné), puis dîner, puis 4 épisodes de Two and A Half Men (que nous faisons découvrir à O*).

 

mercredi, 15 juillet 2020

Concordance des lieux

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de notre ami C°. Il faut que je lui envoie un mail, d’autant que je n’ai pas répondu à sa réponse du 10. Il commence ses vacances en Dordogne, chez ses parents, mais cette année n’ira pas au Pays basque, et pour cause. D’ailleurs, plusieurs pays reconfinent partiellement (Inde, Etats-Unis, Espagne). Hier le Président a annoncé que le masque serait probablement obligatoire dans les lieux clos, et sans doute à partir du 1er août. Cette obligation devrait déjà être de mise depuis plusieurs semaines ; beaucoup de gens ont relâché toute vigilance, et même si à Tours je n’ai pas constaté les 70% de gens sans masque dont il est question à la radio, il n’y évidemment plus 100% de gens qui le portent.

Aussi à retenir : le community manager de Macron, sur Twitter, avait abusé de la cocaïne hier. Ou Macron se trumpise davantage que je ne le pensais.

 

Hier soir, traditionnelle partie de belote. Depuis qu’O* a appris à y jouer (cela fait 4 ans, peut-être 5 même), nous faisons traditionnellement équipe, C* et moi, tandis qu’O* joue avec mon père. Ils nous ont battus aux deux parties de mille, comme d’habitude ai-je envie de dire. Je ne joue pas très bien, certes, mais lui et mon père ont surtout une chance assez constante : difficile de lutter contre ça.

 

6 h. Comme hier je me lève tôt. J’entends à présent la pluie tomber à verse. Un moustique me tourne autour, à la cuisine.

 

6 h 45. La pluie a cessé presque aussitôt. J’ai tué à mains nues le moustique qui m’avait piqué pendant que je sirotais mon café en écrivant le début de ce billet. La journée peut commencer (on dira).

 

06:48 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 14 juillet 2020

*1407*

6 h. En me levant aussi tôt pour écrire, je pense à Jacques Roubaud racontant son rituel, Nescafé à l’eau chaude même pas chauffée, ce doit être infect, d’ailleurs il l’admet quelque part, c’est infect.

 

Je veux me contraindre à écrire une nouvelle série de poèmes, des sonnets, mais il faudrait des sonnets un peu particuliers.

 

Les feux d’artifice ont été généralement annulés ; je ne peux m’empêcher aux bons côtés de ce genre d’annulation, moins de pollution, moins d’animaux nocturnes dérangés, moins de gaspillage… Cet été il n’y a quasiment pas de courses landaises, et pour la première fois depuis 2007 nous n’en verrons peut-être qu’une ou deux.

 

Dimanche soir A* nous a appris à jouer au poker.

 

8 h. Levé depuis 6 h (et j’étais réveillé depuis pas mal de temps), j’ai été assez idiot pour ne pas prendre mon livre. Ou plutôt, j’ai été assez idiot pour ne pas laisser traîner, au salon ou dans la cuisine, un des trois livres que je lis en ce moment, de sorte que, sans connexion internet, une fois écrits trois sonnets, promené en robe de chambre (en me caillant) dans le jardin, je me suis retrouvé à lire quelques poèmes de Jean Rameau (meilleurs que dans mon souvenir), à feuilleter un livre sur les peintures murales des églises de la Grande Lande. Je suis habillé à présent, mais seul levé. Sur la terrasse il fait encore bien frais. Les bruits de la campagne, depuis une heure, ce sont surtout zézaiements des moustiques, craiements des corneilles au loin, appels répétés du coq, meuglements du côté de Daillat.

 

11:54 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 13 juillet 2020

Graal difficile

Il y a ces livres – longs – autour desquels on tourne depuis des années, on finit par se lancer dedans, avant de craindre, au bout de cinq ou six jours et à peine 300 pages, de ne pas les achever. Il en va ainsi, pour moi, de A Glastonbury Romance, qui recèle pourtant, comme chaque livre de John Cowper Powys, des merveilles, mais qui est probablement, et tout simplement, trop long. Nous verrons.

 

15:55 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 12 juillet 2020

Boutures

Difficile de trouver à réorienter ces carnets...

Il y a tant de projets que je laisse en plan, en souffrance.

 

L'année (universitaire) qui s'achève a été si étrange. Les effets de la période de confinement et de déconfinement, sur le rythme des journées autant que sur la perception de l'avenir (je ne parle même pas des inquiétudes quant à de nouveaux graves soubresauts de la pandémie), sont loin d'être terminés.

 

Il faudrait donc faire bifurquer ce journal, trouver quelque bouture à faire.

Mixed metaphors.

 

08:55 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 11 juillet 2020

*1107*

A* a dix-neuf ans aujourd'hui.

Moyennant quoi nous n'avons pas fait grand chose aujourd'hui. Il est rentré dans la matinée d'une soirée chez des potes, on a fêté son anniversaire après le déjeuner, et on a passé une bonne partie de la journée à glandouiller, lire sur la terrasse (j'ai même somnolé...).

 

Soir : visionnage d'un des cadeaux d'A*, une pièce de Barillet et Grédy avec Jacqueline Maillan. [Oui, vous avez bien lu. Nous sommes en 2020 et cet enfant est né en 2001.]

 

vendredi, 10 juillet 2020

Cigarillos, garde-boue et cache-poussière

Ce matin, je suis allé en ville à vélo, aller-retour, comme samedi dernier, histoire bien sûr d'aller plus vite qu'en bus et tramway, mais aussi de voir s'il était envisageable de me mettre à aller à la fac à vélo l'an prochain. Comme je le pensais, ce n'est guère envisageable. C'est plutôt rapide, malgré mon incurie : 19 minutes à l'aller et 22 au retour, en dépit du fait que je rame sur la bécane avenue de la Tranchée (mais cette fois-ci j'ai mis pied à terre au-delà de Mi-Côte, y a du progrès). Bon, pour cinq kilomètres en ville avec des arrêts réguliers pour feux etc. ce n'est pas glorieux, mais je pense que je finirais par gagner du temps à la marge. La vraie raison en est que j'en suis revenu épuisé (mon légendaire manque de forme physique) et donc je ne me vois pas me taper la Tranchée puis Maginot avec sa portion sans piste après une journée entière de travail. A* passe par le Pont de Fil et la rue du Nouveau Calvaire dont il m'a dit qu'elle était moins pentue et qu'il ne mettait jamais pied à terre : j'ai des doutes mais il faudra que j'essaie. Il n'est guère sportif, mais il compte 26 années de moins que moi, et autant de kilos en moins je pense.

 

Hier soir : The Good, the Bad and the Ugly. 4e fois, je crois. La dernière, c'était avec A* il y a 7 ou 8 ans, donc je m'en souvenais bien. J'aime vraiment énormément ce film, qui croise si intelligemment la reprise des motifs du western avec la guerre civile américaine. Un élément marquant est qu'il n'y a vraiment aucun personnage féminin : Leone ne fait pas semblant. Le western est un truc de mecs, donc il fait un film entièrement sans femmes. Je suppose que cela a dû faire couler beaucoup d'encre depuis 20 ou 30 ans, tant du côté des gender studies que de la critique féministe. Au risque d'être compris de travers, je dirai ici que je pense que c'est la raison pour laquelle je préfère ce film à Once Upon A Time in the West : le personnage joué par Claudia Cardinale est raté et n'apporte rien, si ce n'est sans doute la réécriture des clichés du western avec le motif de l'aventurière, de la prostituée qui avait décidé de se ranger etc. De toute manière, Leone aurait pu ajouter cinq personnages de femmes par film, il n'aurait jamais réussi le test de Bechdel. Ce n'est pas à cette aune qu'il faut évaluer ses films.

En tout cas, le côté testostérone doit avoir un sens, car pour la troisième fois devant ce film C* a somnolé, s'est copieusement ennuyée, en disant qu'une fois encore elle s'était aperçue qu'elle ne se souvenait pas de grand chose. Comme mon ami O* avait lancé ce matin un petit jeu sur Facebook consistant à résumer un film connu en une phrase de la façon la plus ennuyeuse possible, C* a proposé ceci : Trois mecs mettent trois plombes à trouver un trésor dans une tombe en se faisant des crasses.

 

Ironie encore, ou coïncidence : ma mère, qui a passé quelques jours chez ma grand-mère maternelle après que cette dernière a dû subir une opération oculaire, a fait du rangement et retrouvé une boîte de cigarillos qui remonte à l'époque où mon grand-père avait tenté de se mettre à fumer ça. Cela remonte donc aux années 70, et ils sont donc bons pour la poubelle si tant est qu'ils n'aient pas été infects dès le principe...

 

jeudi, 09 juillet 2020

Des actes, inexacts

Dernier jour de "travail" au sens le plus officiel du terme, et pourtant je ne me suis pas du tout senti "en vacances" ce soir. Il faut dire que le dernier conseil d'UFR de l'année, présidé par le nouveau doyen, a duré 4 heures, et surtout qu'il s'est déroulé selon un mode "hybride", avec une partie des collègues qui assistaient au conseil via Teams avec projection sur grand écran, et une vingtaine d'entre nous en salle des Actes : or, plusieurs collègues assis les uns à côté des autres n'avaient pas de masque, se parlaient à l'oreille etc. Nous sommes cinq à avoir gardé le masque pendant quatre heures, ce qui n'est pas confortable mais supportable.

 

Quand je pense que nous espérons (et voulons) faire une rentrée en présentiel avec des groupes de TD et de CM normaux, c'est-à-dire avec les masques mais une occupation normale des salles de classe, cela me semble mal barré. D'une part, il paraît que les gestes barrière* sont de moins en moins bien respectés, un peu partout ; c'est ce que déclarait ce matin le professeur Delfraissy à la radio ; il est donc possible que la pandémie aura recommencé à galoper avant même la rentrée. D'autre part, si nous ne sommes pas capables de respecter les mesures règlementaires minimales en conseil d'UFR, comment imaginer que les cours seront autre chose qu'un gigantesque bazar ? peut-être que non, après tout ; peut-être qu'un-e enseignant-e qui dira à la classe que tout le monde doit garder son masque sera mieux écouté-e qu'un directeur d'UFR qui, de fait, n'a rien dit, rien rappelé, pas bronché...

 

Comme j'avais fait un post Facebook sur le sujet, une des collègues qui assistait à la réunion via Teams m'a dit qu'elle avait été stupéfaite et choquée de ce qu'elle avait vu en salle des Actes...

 

 

* Je ne peux pas dire que je serai le dernier à respecter la fonction adjectivale (et donc invariable) de barrière dans cette expression, puisque, pour le coup, tout le monde a fait la faute dès le début...

 

19:32 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 08 juillet 2020

*0807*

Comme hier, il doit faire beau aujourd'hui. Je le sens dès le matin, installé pour écrire et lire sur la terrasse.

 

La rumeur des voitures, incessante au loin, sans rapport avec la tranquillité étrange des semaines du confinement...

 

Les peintres, avec leur fourgonnette rouge, sont de nouveau chez les voisins du 14. Il y a un mois, quand B* m'a remis les deux gros colis arrivés en notre absence, elle m'avait dit qu'il y en avait "encore pour une bonne semaine".

 

Appels de tourterelles atterrissant sur des toits, battements d'ailes de merles, cajoleries des pies. Ce ne sont pas encore, à vrai dire, les vacances.

 

Une manière simple de tenir ce journal, sans se creuser les méninges, serait de commenter ou poursuivre une précédente entrée. Le substantif entrée ne s'en trouverait-il pas, d'ailleurs, resémantisé ?

 

09:49 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 07 juillet 2020

"agir non agir"

Première vraie journée d'été, pas franchement caniculaire... toujours ce vent...

 

Beaucoup lu. Je poursuis la lecture, linéaire, j'y tiens, de La Sauvagerie. Je ne suis pas encore en mesure d'écrire quoi que ce soit au sujet de ce livre dont je ressens très fort qu'il s'agit d'un poème qui va me marquer durablement, devenir un de mes classiques incontournables, toujours remis sur le métier. On peut lire le long méandreux article que vient de lui consacrer Auxeméry (un des 49 co-auteurs du livre, d'ailleurs), mais je pense que le mieux est, à condition d'aimer lire de la poésie, de se procurer le livre de Vinclair.

[Je préfère la recension de Tristan Hordé, qui m'apprend que Vinclair publie simultanément un essai intitulé Agir non agir.]

 

Avant-hier j'ai commencé la lecture de Comorian Vertigo, qui me plaît moins que les deux autres livres de Nassuf Djailani chroniqués samedi dernier. C'est un roman, mais de bric et de broc, il semble.

Avant-hier j'avais aussi commencé à me plonger dans les deux gros "Quarto" rassemblant les quatre livres de Paul Bénichou ; aujourd'hui, j'ai beaucoup avancé dans Le Sacre de l'écrivain. Même si une partie de la démonstration m'intéresse modérément, en matière d'histoire littéraire, je ne lis pas trop en diagonale car je veux être sûr de ne pas manquer les articulations principales. Or, les pages sur l'illuminisme, sur Senancour ou sur Lamartine sont difficiles à extraire, ou à abstraire.

 

Soir : Wild At Heart, que je me rappelais mal, et qui est de fait, un petit Lynch. Difficile d'imaginer comment ce film a eu la Palme d'Or. Cage y est excellent, mais tout y est un peu surdéterminé, excessif aussi. Je crois que quelque chose m'échappe.

 

lundi, 06 juillet 2020

Mulholland Drive, évidemment

Hier soir, nous avons revu Mulholland Drive, avec les garçons. Je l'avais vu au cinéma à sa sortie, et je n'en avais qu'un souvenir assez général, ou vague : pas mal d'éléments de l'intrigue m'étaient sortis de la mémoire. À l'époque, j'avais trouvé le film moins bon que Lost Highway ; plus surfait, plus kitsch aussi. J'ai revu deux fois Lost Highway depuis, et je maintiens que c'est un grand film. Mulholland Drive est certainement beaucoup plus riche en détails et en doubles fonds, mais c'est aussi sa limite : en fin de compte, le film n'a de résonance durable que par les articles critiques qu'il suscite, ou par les interrogations herméneutiques du spectateur, surtout a posteriori d'ailleurs. Le principe même de mise en abyme y est à peu près impossible à circonscrire : la clocharde/Mort tient une boîte qui peut représenter le cinéma ; le cinéaste et Mr Roque représentent deux facettes opposées de l'art cinématographique ; la lampe du corral s'allume et s'éteint selon que le cowboy s'approche ou s'éloigne ; la femme en bleu qui lance Silencio juste avant le générique de fin est celle qui détient le final cut (comme Kesher ? comme Lynch ? ou comme le mafieux italien, interprété justement par le compositeur du film ?).

 

Et, de fait, j'ai passé une bonne partie de la journée à réfléchir, à ruminer sur tel ou tel point d'achoppement. Ce qui me plaît, au fond, outre que le côté kitsch est totalement incorporé à l'intrigue et qu'il est le fait de la capacité de Diane à (se) fantasmer, c'est que l'hypothèse majoritaire, selon laquelle toute la première partie n'est que le rêve de Diane Selway interprétée par Naomi Watts dans la seconde partie, ne fonctionne pas tout à fait. Le film de Lynch n'est pas incohérent, et il répond bel et bien à l'articulation rigoureuse de logiques disparates voire contradictoires. Il y a néanmoins des pièces étrangères au puzzle principal, des faits ou des scènes qui ne collent pas.

 

Certains de ces éléments sont

  • les trois tenues différentes de Diane au moment du suicide, de Diane à son réveil et du cadavre de Diane découvert par Betty et Rita

 

  • le dialogue entre le tueur et la prostituée blonde (je n'ai pas retrouvé la scène sur YouTube, il va falloir que je reprenne le DVD)

 

  • la séquence placée entre l'ouverture de la boîte bleue et le réveil de Diane et dans laquelle on voit la tante Ruth inspecter la chambre entièrement vide

 

  • le club de golf (qui n'est pas l'attribut du cinéaste à seule fin de rappeler le pétage de plombs de Jack Nicholson dans la vraie vie, puisqu'Adam Kesher se promène avec ce club de golf tout au long de la première partie)

 

  • et surtout les deux images en surimpression brillante de Betty avec le vieux couple au début, et avec Rita-en-blonde juste après le suicide de Diane.

 

Si on s'en tient à l'hypothèse majoritaire, ces deux images sont extérieures au rêve de Diane, alors qu'elles correspondent en tous points à la mise en scène de la première partie.

MH2.jpg

MH1.jpg

Surtout, l'interprétation rationalisatrice selon laquelle Diane a voulu devenir actrice après avoir gagné un concours de jitterbug (c'est ce qu'elle explique à la mère d'Adam dans la seconde partie) et que c'est cela qui est représenté dans la scène de danse du début ne tient pas. En effet :

  • cette scène est filmée d'une manière irréaliste, comme dans un théâtre de marionnettes ou de papiers découpés

 

  • c'est bel et bien Betty, et non Diane, qui apparaît radieuse, et en surbrillance, à la fin de cette scène

 

  • Betty y est seule, puis accompagnée du vieux couple, alors qu'un concours de jitterbug (on songe bien sûr à Saturday Night Fever et à Pulp Fiction) implique un couple

 

Comme le couple heureux formé par Betty et Rita blonde (donc "bettysée") à la fin, le triomphe lors du concours de jitterbug est une des affabulations... de qui d'ailleurs ? car, si on en conclut que même la seconde partie ne donne pas de clé homogène et cohérente, la question même du point de vue s'opacifie. L'hypothèse majoritaire tend à expliquer que la seconde partie est filmée en suivant le point de vue de Diane, et que la longue première partie (le "rêve", donc) est le rêve de Diane s'imaginant en jeune première promise à toutes les réussites. Si tel est le cas, Diane se fantasme continuellement seule, ou accompagnée de vieux dont on ne saura jamais qui ils sont, sauf à la fin, avec son double schizophrénique (cf Lost Highway).

Mais si finalement ces différentes séquences incompatibles nous ramenaient à l'évidence même, c'est-à-dire que le seul regard réel est celui du spectateur ou de la spectatrice ? que c'est nous qui voyons ce que nous voyons ? tous les détours labyrinthiques de l'emboîtement narratif complexe ne renverraient, in fine, qu'à cette tautologie... Qui affabule le concours de jitterbug ? n'est-ce pas le spectateur qui veut absolument faire fonctionner cet "indice" ?

En fin de compte, cette tautologie débouche sur un axiome interprétatif pas si évident que cela : Mulholland Drive, en représentant des projections fantasmatiques répondant à des logiques contradictoires, appelle les interprètes à être piégé-es par leurs propres centres d'intérêt, biais ou marottes. Ainsi, je pourrais proposer une lecture très riche de ce film du point de vue de l'histoire culturelle afro-américaine, mais est-ce que cela ne correspond pas surtout à un de mes biais ?

[Pour diverses autres interprétations de ces deux scènes, cf ici.]

 

Entre autres petits accrocs qu'il faudrait approfondir (c'est-à-dire qu'il faudrait que je cherche qui a déjà écrit à ce sujet, car le film a évidemment suscité des milliers de pages d'analyses (et je n'ai pas tout lu aujourd'hui, lol)), il me semble que la vue aérienne et nocturne de la mégapole à la fin ne correspond pas à Los Angeles et Hollywood (les arches rouges rappellent plutôt le Golden Gate, autre image du passage dans l'au-delà) ; je crois aussi que les termes mêmes de l'expression jitterbug contest appellent une réinterprétation sémiologique. (Pour ce qui est des éléments culturels liés à la naissance de cette danse et des éléments intertextuels avec The Wizard of Oz, autre point d'ancrage essentiel de la façon dont Lynch traite du désir et du fantasme dans Mulholland Drive, l'article JITTERBUG de la WP anglophone est très éclairant.)

 

dimanche, 05 juillet 2020

Tout fait boucle

Levé tôt, cinq heures. Peut-être que ça repart comme en mars-avril, dans les premières semaines du confinement. Peut-être d'ailleurs que la pandémie elle-même va se réaccentuer : la Catalogne reconfine la région de Lerida, quelques clusters se renforcent en France, sans parler bien sûr de la catastrophe sanitaire au Brésil ou aux Etats-Unis... Personne ne parle de l'Inde, dont les statistiques me paraissent absolument invraisemblables, au vu de l'état sanitaire et de la surpopulation du pays.

 

* * * * *

 

Hier soir, fini de lire La saison de l'ombre de Léonora Miano. Cela fait des années que je "tourne autour", selon la formule consacrée, de l'œuvre de Léonora Miano, et j'ai fini par franchir le pas, après avoir lu le bel essai d'égo-histoire de ma collègue Maboula Soumahoro : j'ai emprunté une demi-douzaine de livres de Miano pour l'été. La saison de l'ombre est un roman en cinq parties, très bien structuré, très architecturé, mais ni classique ni baroque, et dont le sujet est le début de la traite transatlantique, vu du point de vue d'un village qui se trouve soudain attaqué par une ethnie voisine.

Si j'animais un séminaire de littérature africaine, je crois que je donnerais à lire ce livre aux côtés du classique Things Fall Apart, pas seulement ni même principalement pour la question de la réappropration historique, mais aussi pour la construction, pour le point de vue alternant entre personnages féminins et masculins, pour le décentrement aussi en matière de système philosophique et religieux. Je pense, entre autres, que ce roman de Miano doit permettre de décentrer la doxa africaniste de son attribution du statut de monument indiscuté à Things Fall Apart. Le premier roman d'Achebe permet de repenser la colonisation, tandis que le récit de Miano narre la traite négrière de biais. Ce qui est très fort, c'est la manière dont Miano ne dépasse jamais l'ignorance historique des protagonistes, et dont elle joue sur les connaissances supposées du lecteur impliqué.

(Sur le sujet, je recommande cette belle conférence d'Olivette Otele.)

Peut-être devrais-je inventer une forme vidéo, totalement désinstitutionnalisée, de ce séminaire de littérature africaine auquel je pense souvent mais que je n'enseignerai jamais dans mon université.

 

* * * * *

 

Comme le livre de Miano est un emprunt à la B.U., je devrais en parler un jour dans la série de vidéos je rends des livres, si ce n'est que je l'ai interrompue depuis novembre dernier. Hier, je m'interrogeais sur la poursuite éventuelle de l'autre grande série de bavassages littéraires, je range mon bureau... Ce n'est pas la fin de l'année qui incite à ces atermoiements, car je me suis interrompu dans le grand Projet Scarlatti il y a trois mois désormais, et j'écrivais déjà le 18 janvier dernier dans ces carnets : "Et comment se remettre à Pinget ?".

 

* * * * *

 

Je ne l'ai pas noté ici, mais la nouvelle majorité municipale a pris ses fonctions avant-hier, avec deux collègues que je connais un peu pour l'une (Annaëlle Schaller), mieux pour l'autre (Elise Pereira-Nunes est aussi une ancienne étudiante, et je la connais depuis 2006), toutes deux désormais adjointes au maire Emmanuel Denis. J'espère qu'une mairie verte va pouvoir montrer la voie sur un certain nombre de sujets.

 

samedi, 04 juillet 2020

Pentes et sentes

Levé tôt, fatigué. Me suis senti un peu comme ci comme ça toute la journée.

 

En fin de matinée, je suis allé en ville en vélo, pour la première fois. Cela m'a permis de voir qu'il me faudrait 17 minutes si je comptais me rendre l'an prochain au travail en vélo (au lieu de 25 minutes environ à pied et en tramway), et plutôt 25 minutes au retour (j'ai mis pied à terre à mi-côte, avenue de la Tranchée, mais c'est parce que je n'ai pas pris l'habitude de grimper).

 

 

 

Après bien des tergiversations, j'ai aussi fini par enregistrer, en trois temps, la vidéo n° 62 de je range mon bureau. Vu le nombre de livres qui s'étaient accumulés, j'ai été contraint de les expédier, de parler de chacun en trois minutes voire moins, à l'exception des Hommes qui me parlent d'Ananda Devi ; j'ai considérablement abrégé le temps de bavassage en ne lisant que peu d'extraits (Woolf, Devi et Thörn seulement).

Je parle de bavassage, et je parle de tergiversations : en effet, je crois que j'ai fait le tour de ce format, que je n'en vois plus trop l'intérêt. Mon seul problème est que, si je ne fais plus ces vidéos, je ne garderai plus trace, pour moi-même, des livres que je lis, et qui s'empilent sur les étagères. Un ami, avec qui j'ai pris un verre ce midi justement, et qui a acheté plusieurs livres suite à ces chroniques filmées, publie des extraits des livres qu'il lit sur Facebook : moins chronophage que le billet de blog, cette pratique est peut-être ce qu'il me faut désormais.

 

vendredi, 03 juillet 2020

Le Jour ni la Loire

Aujourd'hui, journée calme et tourangelle. Tout de même allé à l'université, en voiture. Les lieux sont plus déserts et étranges que jamais.

Soir : trois épisodes de Peaky Blinders (2 à 4 de la saison 3).

 

On n'a pas encore eu, à l'exception de deux ou trois journées il y a une semaine et demie, d'été. Pas de chaleur, pas de lecture tard le soir à la lueur des bougies à la citronnelle. Il fait frais le soir, il fait froid le matin. C'est n'importe quoi.

 

23:37 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 02 juillet 2020

Le Jour ni l'Epte

Plutôt mauvaise nuit, courte surtout : ah, les hôtels...

Cette nuit, j'ai été réveillé, mais je ne saurais dire à quelle heure (ni C* ni O* ne l'ont entendue) par une femme qui a parlé très fort au téléphone, dans l'escalier ou sur le palier peut-être; je n'ai retenu qu'une histoire de chauffe-biberon, mais, sur le coup, avant de replonger, j'aurais pu réciter les deux ou trois phrases vociférées.

Vernon : failli vomir en tombant sur la permanence de l'immonde Claire O'Petit.

 

Giverny, jardins et maison de Monet, 2 juillet 2020   Matinée à Giverny : jardins et maison de Monet, que je me rappelais très bien, et en particulier les nombreuses salles avec les estampes japonaises, de Hiroshige, Utamaro et Kōrin, qui nous avaient déjà émerveillés, alors (1998 ? (nous étions venus là, en octobre, depuis Beauvais)). Avec le Covid19, un seul sens de circulation possible, et difficile donc de profiter vraiment du bassin aux nymphéas. Bizarrement (ou pas, d'ailleurs), c'était presque plus calme dans la maison.

Il est étrange que la rue centrale de Giverny soit devenue exclusivement piétonnière, ce qui est très bien, mais que les autorités n'aient pas trouvé un moyen de rendre pareillement inaccessible au trafic routier la route qui sépare le bassin et ses alentours de la maison avec son potager réaménagé en jardin fleuri : quand passe un camion bringuebalant, à trois mètres, il est difficile d'admirer le fameux pont si souvent peint par Monet en s'imaginant en 1893...

 

Pique-nique au Cormier, sur une très grande place gazonnée et semée de pommiers, avant de passer par la commune de Le L'Habit... je n'invente rien.

Nous avons "coupé" le chemin de retour en faisant halte à Bonneval, la "Venise beauceronne" ; je ne peux rien dire de désagréable ou de négatif, n'est-ce pas, n'étant jamais allé à Venise...

 

mercredi, 01 juillet 2020

Le Jour ni l'Eure

Aujourd'hui, nous sommes partis pour deux petites journées, même pas, avec O* seulement, afin de lui montrer Giverny, but ultime du voyage (mais ce sera pour demain). J'ai beau éviter systématiquement , autant que faire se peut et quand on baguenaude, les autoroutes, je dois reconnaître que les routes de Châteaudun à Chartres, puis de Maintenon à Evreux ont de quoi décourager. Il y a toute une partie de la Beauce, puis des abords de la Normandie, où il y a un village tous les deux kilomètres, sans compter les poids lourds, les déviations, les travaux etc.

 

Chartres, mercredi 1er juillet 2020   À onze heures, nous étions donc à Chartres : promenade dans la ville (qui compte seulement 38.000 habitants, ce qui est étonnant), et bien sûr la cathédrale. Je ne me rappelais pas du tout le belvédère derrière le chevet, mais notre seule visite remontait à 1999. Je ne me rappelais pas trop la ville, au point que je crois que nous avions eu du mal à nous garer et n'avions visité que la cathédrale.

L'après-midi nous avons visité la Maison Picassiette, qui est une curiosité, vraiment à voir. Le quartier où vivait le cantonnier Raymond Isidore ne s'est guère amélioré, sans doute, depuis les années 50 : grand jardin public boisé et à l'abandon, mais non sans charme, immeubles bas et maisons de ville-champignon, bagnoles passant a hum de caillaous sur la fameuse rue du Repos (quelle antinomie dans les termes même). Le cantonnier, qui avait probablement un grain, avait aussi un solide talent de composition pour toutes ses mosaïques, et même pour leur agencement : les salles ou cours sont très réussies ; par contre, dès qu'il s'avisait de peindre, courage, fuyons.

 

Le château de Maintenon, que j'ai dû visiter avec mes parents en 1983, au retour d'Autriche, en allant vers Chicheboville (mais peut-être que je me trompe de date), est sublime : le coup d'oeil, la structure globale du château, sa façade et sa cour intérieure ; le parc, bien sûr, avec les lambeaux majestueux de l'aqueduc et l'allée de tilleuls ; mais aussi les intérieurs, meubles et décors (ces papiers peints de style chinois !), la grande enfilade de l'étage, le balcon... Très frustrant de devoir circuler assez rapidement en raison de la réglementation liée à la pandémie de Covid19. Heureusement, dehors, malgré les averses soudaines, aucune restriction, sauf ma lombalgie qui m'a fait un mal de chien.

 

Evreux était la ville idéale pour passer la nuit sans se ruiner, et pour une visite en coup de vent tout en cherchant un restaurant : après Lisieux avec A* il y a cinq ans, il semble que j'aie le chic pour dégotter ces villes à la fois endormies et déshéritées. On tentera de se rappeler que c'est l'Iton, et non l'Eure, qui coule à Evreux.

 

mardi, 30 juin 2020

Collé à la semelle

Depuis hier, j'ai de nouveau le moral dans les chaussettes, pour user d'une expression désuète. Ces sautes d'humeur sont vraiment pénibles. Et cela en dépit du fait qu'il n'y a pas de vraie raison fondamentale, et même qu'A* a passé avec succès l'examen national du code et que les résultats des élections municipales ont plutôt de quoi me réjouir.

 

Ce matin, je participerai à une soutenance de mémoire de M2 ; je croyais avoir lu ce mémoire pas assez attentivement, mais au moment de mettre en ordre mes notes prises au fur et à mesure sur divers supports, je me suis aperçu que ça représentait plus de 10 pages sans interligne. Comme si (et même pire que si) j'allais participer à une soutenance de thèse. 90% des ces remarques resteront sur le papier, pour personne. Il faut dire que les étudiant-es de Master ont de plus en plus tendance à remettre des mémoires plus longs que la norme, et même parfois aussi denses conceptuellement que des thèses de doctorat.

 

D'où me vient l'impression de n'avoir rien fait du mois de juin ?

Ce n'est pas qu'une impression, mais la multiplicité des petites et grandes tâches universitaires explique aussi cela, probablement.

 

Même l'été, sans parler des effets étranges de la période post-confinement, sera haché, hachuré.

 

07:09 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 29 juin 2020

Quels univers

Pas envie de faire le point sur le second tour des élections municipales. Beaucoup de choses écrites, beaucoup d'avis échangés sur les réseaux sociaux... Toujours est-il qu'entre tous les benêts incapables de sortir d'une logique productiviste et de comprendre la réelle gravité de l'urgence climatique, notamment, et les critiques de l'écologie politique qui prétendent qu'elle est déconnectée des classes populaires et n'est voulue que par des bobos surconsommateurs en plein paradoxe, on en lit, des âneries peu encourageantes.

 

Commencé en famille la saison 3 de Peaky Blinders. Comme souvent pour moi, la lassitude ou la monotonie commence au bout de deux ou trois "saisons", et ce même s'il n'y a que six épisodes par saison.

 

Samedi soir : Roubaix, une lumière de Desplechin. Les films de Desplechin sont de plus en plus décevants, ce n'est pas peu dire. Roschdy Zem est excellent, mais comment peut-on admirer ou récompenser quelqu'un qui joue bien un rôle aussi mal écrit ?

 

dimanche, 28 juin 2020

Jour d'élections

Aujourd'hui, c'est le second tour des élections municipales, plus de trois mois après le premier. Comment ce décalage et le choix même de cette date de second tour, à l'orée des vacances d'été, vont-ils influer sur les résultats ? J'espère qu'à Tours le ballottage favorable de la liste d'union de la gauche menée par un candidat écologiste sérieux et vraiment de gauche, Emmanuel Denis, va se confirmer dans les urnes.

 

Réveillé très tôt, peut-être par l'inquiétude subite de ne pas avoir entendu A* rentrer, je consulte mon téléphone et, ouf ! un SMS : il a préféré rester crécher chez F*, une amie chez qui avait lieu la soirée, plutôt que de devoir prendre le dernier tramway.

 

Cela me donne l'occasion, pour la première fois depuis un petit moment, d'écrire dans ce blog alors que toute la maisonnée dort. Et aussi, hélas, de lire des articles et des articles, qui, tous, me rendent plus pessimiste et me noircissent l'âme. Venir geindre ici, ensuite, que je me trouve nul de laisser à l'abandon la plupart de mes projets vidéo ou d'écriture, n'a quasiment aucun sens. Je ferais mieux de prendre au pif n'importe quel bouquin qui m'entoure et d'en dire quelques mots. Ce ne sont pas les exutoires qui manquent.

 

Pourtant, je vais plutôt reprendre le mémoire de M2 dont la soutenance aura lieu mardi.

 

05:47 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 27 juin 2020

Aphorisme

Je ferais mieux de travailler lambiner plutôt que de m'activer m'activer.

 

vendredi, 26 juin 2020

Demain dès l'aube...

Quelques distiques inachevés, suite à un jeu sur Twitter...

 

 

Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la beubar

Je ferai un discours.

Victor Vitiligo.

 

 

 

Demain dès l'aube, à l'heure où jaunit le montagne,

Je rongerai.

Victor Mulot

 

 

Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Tu repiocheras 4 cartes.

Victor Uno.

 

 

Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je démazouterai.

Victor Cargo.

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je communierai.

Victor Bigot.

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je me mettrai au point mort.

Victor Stop'N'Go

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je composterai.

Victor Diligo.

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je te collerai aux dents.

Victor Berlingot

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Dis, tu vas la pousser ta poubelle, eh connard ?

Victor Parigot

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je pèterai.

Victor Fayot.

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

J'écrirai une merde.

Victor Musso

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je lècherai.

Victor Miko

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Ça caillera.

Victor Frigo

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Tu les aimes, mes seins ?

Victor Bardot

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Remets-moi la même !

Victor Poivrot

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai pour le Tourmalet.

Victor Hinault

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

On verra bien.

Victor Impro

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je pâtirai.

Victor Parano

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Fuck the fuckin' shit.

Victor De Niro

 

jeudi, 25 juin 2020

Fin d'année étrange, queue de comète

Avant-hier, l'étudiant de M2 dont je dirigeais le travail, Louis P*, a soutenu, et de fort belle façon. Il a obtenu la note de 18, en raison de sa présentation en anglais, de la solidité argumentative et conceptuelle de son travail, aussi en raison des progrès manifestes qu'il a faits en traduction ; il est étudiant en philosophie à l'origine et a d'ailleurs enseigné comme contractuel cette année en lycée. Ce M2 en études anglophones est un vrai jalon, une vraie preuve d'un transfert réussi dans un domaine qui n'était pas le sien, et qui l'aidera, j'en suis certain, à poursuivre sa spécialisation sur les auteurs du Scottish Enlightenment.

 

Cette soutenance a été l'occasion de reprendre corps avec le travail in situ : à l'exception de S., resté à Paris et qui a participé au jury via Teams, nous étions, les 3 autres membres de jury et le candidat, en salle 36, non loin de mon bureau. Impression étrange, car tous les secrétariats refonctionnent de façon normale, avec gel hydroalcoolique et masques bien entendu, mais le site semble plus déserté que désert.

 

Mardi prochain, la prochaine soutenance de M2 à laquelle je participe, pas en tant que directeur de recherche cette fois-ci, aura lieu via Teams car les horaires et les tarifs de la SNCF sont d'une complication invraisemblable. Heureusement qu'on peut travailler ainsi, tout de même.

Ma collègue, c'est Maboula Soumahoro, dont j'ai enfin pu lire le livre dernièrement, et j'aurais aimé échanger avec elle à ce sujet avant d'en parler dans ma prochaine vidéo ; nous passerons sans doute par un appel vidéo, qui peut être aussi enrichissant. On n'a pas idée de la puissance de dénégation des formes de racisme systémique, et ce ne sont pas les imbéciles ou les salauds (y compris et surtout qui se croient de gauche) bêlant contre les fractures de l'unité républicaine ou du pseudo-universalisme qui pourront inverser désormais la force de la preuve.

Ainsi, en sus des réunions en visio (CSDP, jurys...), je suis en train de consacrer une partie de mes journées à lire attentivement le travail de l'étudiante, qui résonne avec bien des débats actuels sur le prétendu communautarisme des militant-es antiracistes, et avec le très beau texte de Léonora Miano hier dans Le Monde.

 

mercredi, 24 juin 2020

*2406*

Les notes de sax résonnent dans la maison.

Il y avait longtemps.

A* avait emporté son saxophone avec lui à Rennes en août et avait dû le laisser là-bas quand il s'est confiné ici ; nous l'avons rapporté lors de notre brève virée rennaise il y a dix jours.

Visiblement (audiblement) il improvise sur la grille de Viva La Vida!

 

__________________________

 

Ce matin, passé deux heures chez l'orthodontiste pour un énième rendez-vous. O* est désormais débarrassé de son appareil mais doit porter un positionneur jusqu'au prochain rendez-vous, au début de l'automne.

 

_________________________

 

Première vraie journée de chaleur estivale : je vais aller participer à ma réunion de CSDP via Teams dehors.

 

mardi, 23 juin 2020

Once Upon A Time in the West

Ce soir, revu, avec les garçons qui le découvraient, Once Upon A Time in the West. C'est vraiment un film magnifique, et je pense que je pourrai les convaincre à présent de regarder The Good, the Bad and the Ugly. À signaler au chapitre des trous de mémoire en raison d'une jachère de 25 ans depuis le premier visionnage, je n'avais aucun souvenir du personnage de Cheyenne, joué par Jason Robards, qui se trouvait avoir mon âge au moment du tournage, ce qui ne manque pas de me faire remarquer, certainement par aveuglement et illusion sur la tronche que je tire en vérité, qu'il a l'air beaucoup plus âgé que moi.

 

Un simple détour par l'article de la WP anglophone semble montrer que les citations de (voire emprunts directs à) westerns antérieurs sont légion, par exemple à Johnny Guitar, que j'avais adoré enfant et que j'ai trouvé soporifique au possible en le revoyant il y a une dizaine d'années avec A*, ou encore à The Man Who Shot Liberty Valance, que je ne crois pas avoir vu.

 

Il y a bien entendu, mais cela va sans dire, la musique d'Ennio Morricone, mais le son, de manière générale, est primordial : ainsi du bruit de l'hélice dans la première scène. Ce sont les variations extraordinaires sur la perception de ce bruit qui marquent la multiplicité des points de vue : il faudrait montrer ce plan en entier en introduction à tout cours de narratologie sur la polyphonie narrative.

 

lundi, 22 juin 2020

Treize kilomètres

Ce matin, avant midi, je suis allé en vélo jusqu'à Chanceaux-sur-Choisille, en faisant un petit tour de la bourgade, et avant de rentrer, passablement essoufflé : je ne suis pas du tout sportif et ai décidé de me mettre (on ne peut même pas dire remettre) au vélo, qui, visiblement, tape moins sur mon arthrose et mes tendinites chroniques que la marche ou, surtout, que le piétinement. Il faut que je trouve mon rythme, mais c'est plus agréable qu'un abonnement en salle de sport (ça, c'est vraiment exclu) ou que du vélo d'appartement.

 

En tout cas, treize kilomètres en 45 minutes, c'est absolument lamentable... et je n'aurais pas pu en faire cinq de plus... Mais c'est bien agréable.

 

14:10 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 21 juin 2020

*2106*

Aujourd'hui, c'est l'été, à moins que ce fût hier.

 

Je me rends compte que je sature, de tout. Hâte d'être en vacances, de passer un mois -- si possible -- à ne rien faire de strictement apparenté au boulot. Soutenances de M2, colles d'agrégation, polémiques stériles entre collègues, lectures ciblées... je sature...

 

Des sortes d'angoisses diffuses m'ont réveillé tôt ce matin, puis tenu éveillé, bougon et maussade. Le travail me pèse. Il paraît que l'épidémie de Covid19 repart de plus belle, mais je ne trouve pas les sources de cette information.

 

07:30 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 20 juin 2020

Virée au Lude

P1260450.JPGAujourd'hui, promenade en famille au Lude, avec visite du château et de ses jardins, des bords du Loir. La dernière fois, c'était en septembre 2005 avec A*, qui avait quatre ans. Je me rappelle aussi avoir assisté, en 1994, à une représentation du son & lumières, dont, paraît-il, mes grands-parents paternels parlaient souvent. Par contre je n'avais aucun souvenir des "jardins de l'Eperon", avec le petit pseudo-labyrinthe ; peut-être n'ont-ils été aménagés et ouverts à la visite que récemment...

Au retour, nous avons cherché vainement le site archéologique fléché depuis la route, mais après, nada. La route par La Chapelle aux Choux (ça ne s'invente pas) est très jolie, d'ailleurs. Le prieuré de Lavaray était (encore (et toujours)) fermé.

 

vendredi, 19 juin 2020

*1906*

Donc l'un des deux néfliers n'est plus. Aujourd'hui, il faudra percer des trous dans la souche pour lui injecter je ne sais quel produit permettant de l'éradiquer sans dessoucher.

 

Ces temps-ci je traverse une phase totalement désabusée : rien ne me semble avoir de sens, et rien ne semble valoir la peine de se remuer. Cela passera, sans doute, mais ce n'est pas agréable.

D'ailleurs, je ne continue plus aucun de mes Projets.

 

Hier midi, déjeuner à l'excellent restaurant éthiopien, le Karamara. Vu, dans le jardin de la Préfecture, les 5 statuettes représentant des personnages de Balzac en costume contemporain (Rastignac sur son téléphone portable etc.). Ce n'est pas bien malin, et plutôt laid.

Entre deux averses torrentielles, détruit le muret sous le perron avec mon père, et fait deux allers-retours à la déchetterie.

Le soir, nanard (drôle) : Johnny English Returns.

 

jeudi, 18 juin 2020

*1806*

Aujourd'hui, on a 28 ans (avec l'épaule gauche en capilotade, en ce qui me concerne).

 

Aujourd'hui aussi, hélas, on fait abattre le néflier proche de la cuisine, car ses racines ont crevé une canalisation, de sorte que nous nous sommes aperçus très tardivement d'une fuite d'eau bien coûteuse, le mois dernier. Pas d'autre solution que de le faire abattre puis de l'éradiquer. Cela me rend très triste.

 

07:55 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (2)

mercredi, 17 juin 2020

*1706*

Mes parents sont arrivés en début d'après-midi, en nous apportant des meubles et divers objets de Hagetmau. D'ici septembre, normalement, il faudra avoir vidé la maison.

 

Nous nous sommes embrassés, malgré tout ; on ne s'était pas vus depuis quatre mois...

 

18:35 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 16 juin 2020

Médailles

Grande manifestation des “soignant·es” comme on dit désormais, et, comme l'ont souligné pas mal de personnes, on est passé très rapidement des applaudissements tous les soirs à huit heures aux lacrymos et aux coups de matraques dans la gueule. De quel droit ces gens réclameraient-ils autre chose que des applaudissements et des médailles, hein ? Quelle outrecuidance...

 

Il va de soi qu'il faudrait recruter et investir massivement pour l'hôpital public, en payant enfin toutes les heures supplémentaires en retard et en réduisant le temps de travail hebdomadaire réglementaire. Cela serait possible avec seulement une fraction du pognon de dingue dépensé en pure perte dans le CICE.

Gouverner, c'est choisir, n'est-ce pas.

 

À la marge je m'étonne de voir que des militants qui se disent communistes et prolétariens et qui se plaignent que les sujets “sociétaux” accaparent le débat à gauche ne partagent jamais, sur les réseaux sociaux, d'articles sur 'hôpital public ou sur la mise en coupe réglée de l'Université, et que, même ces jours-ci, ils n'ont, pour tout potage, que leurs cris d'orfraie face aux antiracistes et au communautarisme. Ces gens qui se croient plus de gauche que n'importe qui d'autre car ils représente(raie)nt le peuple ont définitivement sombré dans les marottes des Zemmour et autres identitaires, à qui ils déroulent le tapis rouge sept jours sur sept.

 

20:24 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 15 juin 2020

Cadavres exquis du 12 juin

en famille, à Rennes

 

Le gros Nekfeu quémande une bouche de poisson dans la mare aux canards.

 

Le rouquin Jean-Patrick, rose, calfeutre Jean-Michel L.-B. tout autour de l'Australie.

 

Le logiciel Genially, jaune, excitait un pottok et une biquette dans la jungle.

 

Mme R., qui souffre d'encoprésie, empeste le thermostat électronique aux grottes de Rocamadour.

 

La passoire claire trépane des prunes dans la poubelle de la voisine.

 

Le chalutier débile refoule une pizza à l'ananas afin de gagner la course.

 

Le rhinocéros maigrelet dévorait des merdes de chien chez mon grand-père.

 

Le barman grisonnant devient les chaussettes mouillées dans le garage.

 

La blogueuse beauté pétomane dévore de l'emmental pouce en l'air dans la merde.

 

Madame la Vouivre, boiteuse, dévore un manteau avec Benjamin Griveaux.

 

Le beau suidé citronné a acheté quelques carottes par un matin d'hiver.

 

Quatre ragondins bipèdes grandiloquents ont réparé un corniflard Marque Repère au fond du lavabo sale.

 

Burokratz le vampire, jaunâtre, a boudigué mon cagoince avec des sacoches de vélo fleuries.

 

Le masque chirurgical goguenard a payé un bidon d'essence comme une vieille infecte.

 

Ninog affolée poignardera mon jus de chaussettes sur une Harley Davidson.

 

Le redoutable Gilles Le Gendre remarque de la pralinoise au lycée Vaucanson.

 

Le professeur de maths taquin démembre un blindeur chauffant dans un coffre-fort.

 

La raie pastenague, toute nue, déloge une tronche de faf dans le cartable de mon frère.

 

Les Bretons fort poilus urinaient du linge de maison au fond de la fosse à purin.

 

Le nabot rabat-joie broute une moustache ridicule chez Jean-Baptiste Poquelin.

 

Aya Nakamura pâle comme un cul a consommé un coloriage anti-stress en crachant un glabiot.

 

La principale tuberculeuse a déféqué les maquereaux dans un bouiboui.

 

Le gigolo qui pue risque de débigoincer la statuette Baoulé dans le camping-car Chausson.

 

Le chien atrabilaire mord des merdes de chat à minuit.

 

dimanche, 14 juin 2020

Enfin, le 22 !

Soyons clairs : Macron a été nul, il a tenu des propos indignes au sujet de la mémoire et de l'histoire, il s'est autocongratulé alors, que comme le rappelle encore ce soir le professeur Juvin, la gestion de la crise par ce gouvernement a été calamiteuse (et il faudra le rappeler et le marteler), mais on ne peut que se réjouir que, lycéens mis à part, tous les élèves du pays retrouvent le chemin de l'école le 22 juin. Même pour deux semaines, il est essentiel de tenter de renouer avec un fonctionnement normal sans attendre la rentrée de septembre.

 

Je sais que le plus scandaleux est qu'on ait empoisonné la vie des chefs d'établissement et des collègues pour mettre en place des conditions d'enseignement ubuesques et dignes des pires films de science-fiction, alors que le retour à la normale (avec des masques, sans doute, mais voilà) était déjà possible depuis deux semaines. Malgré tout, il faut se réjouir de ce retour progressif à la normale. J'espère que, si la propagation du Covid19 continue de faiblir ou de stagner, la rentrée de septembre dans les universités se fera sans toutes ces inepties de "continuité pédagogique hybride" et de "panachage de distanciel et de présentiel barrière" dont fourmillent les e-mails et les lettres circulaires depuis quelques semaines.

 

Avant le 12 mars, l'Etat a été coupable de trop traîner avant de fermer les établissements d'enseignement ; depuis quelque temps, à l'inverse, on assistait à une débauche de précautions superfétatoires virant au ridicule. Retour à la normale, et croisons les doigts.

 

22:30 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (2)

samedi, 13 juin 2020

Retour à Vitré

Notre petit séjour à Vitré et à Saint-Malo, début mai 2006, correspond à une période particulièrement créatrice et particulièrement heureuse, malgré des aléas toujours.

Hier, nous avons passé quelques heures à Vitré ; je me rappelais très bien la petite cité charmante, émouvante.

 

Vitré, 13 juin 2020

 

Le musée municipal, dans le château, a été entièrement remanié. On n'y voit plus ces collections zoologiques du 19e siècle complètement délirantes, avec notamment des grenouilles empaillées représentées en train de disputer un duel au fleuret. Je me rappelle les avoir prises en photo, mais la photo est introuvable sur ma galerie Flickr.

 

Sainte-Suzanne (Mayenne)

 

Hier, nous avions fait un détour par Sainte-Suzanne, en Mayenne. Cela m'a fait du bien, je crois, de reprendre un peu la route, changer d'horizons.

 

vendredi, 12 juin 2020

Masques sur l'administration

Ce matin, je finis par me lever, après des heures à ne plus dormir, et découvre qu'il pleut, qu'il a plu, encore.

20200611_140418.jpg

Hier, petit tour en ville, et l'occasion, devant un kebab désaffecté, de ce selfie "so 2020".

 

Enfin eu des infos du service compétent à l'Université : mon malaise de fin novembre est bien considéré comme accident du travail. Pour mémoire, j'ai vu le médecin expert diligenté par l'Université le 20 décembre. Me transmettre l'avis favorable du médecin expert aura donc pris six mois. Le Covid19 (ah oui, le Covid19 : je dirai la Covid19 quand tout le monde dira la week-end) a bon dos.

Bien pratique, aussi, la crise sanitaire : j'ai appris que les heures complémentaires, habituellement payées en juillet ou en août, seraient versées en... novembre...

 

jeudi, 11 juin 2020

Vidal, entre vésanies et turpitudes

 

Vidal1.JPG

 

Vidal2.JPG

 

Voici de larges extraits d'une lettre envoyée le 2 juin par la ministre Vidal (totalement fantomatique et inutile depuis le début de son mandat, et pis encore pendant la crise du Covid19) aux établissements d'enseignement supérieur.

Vous la voyez venir, une fois encore, la saloperie absolue ?

 

Depuis des années, les universités exsangues, précarisées, demandent davantage de moyens et moins de flicage administratif par le ministère (dossiers d'accréditation, contrats quinquennaux de plus en plus lourds et assommants...).

Or, cette lettre ne mentionne jamais les questions budgétaires.

 

Par contre, cette lettre propose aux chefs d'établissement, déjà bien le doigt sur la couture du pantalon, de proposer des dérégulations, des assouplissements : comment faire encore davantage avec toujours moins de moyens, en essorant les enseignants-chercheurs et les BIATSS.

 

Cela va de pair avec l'annonce du projet de loi LPPR, contre lequel la communauté universitaire s'est déjà largement mobilisée depuis septembre. Ce projet vise à bousiller un peu plus l'Université publique, à ne financer que les projets qui permettront à des officines privées de s'engraisser sur le dos de l'Etat, et à caporaliser les universitaires.

 

mercredi, 10 juin 2020

Décrocheurs

Plusieurs médias se sont emparés depuis deux jours d'un thème accrocheur, celui des 5% d'enseignants "décrocheurs".

 

L''essentiel est de se souvenir qu'il s'agit là d'une opération de communication montée de toutes pièces par le ministère : les journalistes de France 2 ou du Nouvel Obs l'ont admis, ils ont fondé leurs articles sur des statistiques farfelues communiquées par le ministère. L'essentiel est surtout que la réalité étant sans rapport avec cette mise en relief d'éventuels profs aux abonnés absents, c'est tout de même la réalité que voient les Français-es. Et donc que les profs ont été très globalement et très massivement admirables, efficaces, et le sont encore, comme ils le sont habituellement.

Comme l'ont fait remarquer beaucoup de commentateurs furieux ou ironiques, ces reportages parlent finalement, en creux, des 95% d'enseignant-es qui ont réussi à faire leur métier pendant ces trois mois, et ce en dépit de l'incurie du gouvernement et des voltes-faces permanentes d'un ministre aussi incohérent qu'insignifiant.

 

L'utilisation du terme de décrocheur, je l'ai lue comme une sorte de contamination sémantique particulièrement perverse : alors que le terme de décrocheur est surtout employé depuis quelques années pour tenter de décrire (sans les stigmatiser) les élèves qui se trouvent dans des situations sociales telles qu'elles/ils perdent pied, le voilà accolé au substantif professeur dans une intention clairement stigmatisante. La vraie question est donc, de ce point de vue : décrocher est-il un verbe à agentivité forte ou non ? en termes plus anodins, le décrocheur est-il quelqu'un qui choisit de décrocher ? et donc, est-ce que décrocheur est un euphémisme pour flemmard ou pour naufragé ?

 

Ce sont là des discussions sans importance, sinon sans objet ; l'essentiel, comme je l'ai écrit plus haut, est de rappeler que la réalité de ces derniers mois a irrémédiablement décroché, débranché, dessaisi le ministère, avec ses I.G. aussi déconnectés qu'arrogants, et son ministre pétri d'idéologie catholique rance et stérile.

 

mardi, 09 juin 2020

La transphobie de J.K. Rowling, ou les priorités de la "militance"

[Avertissement : ce billet n'a aucun objectif polémique.

Toute formulation maladroite ou inappropriée etc.

peut être signalée en commentaire, discutée etc.]


Depuis deux jours, les réseaux sociaux — Twitter surtout —  bruissent d'une polémique comme il en fleurit une par jour, au sujet de déclarations transphobes de J.K. Rowling.

De fait, l'autrice célébrissime de la série des Harry Potter, déjà accusée depuis belle lurette par certain-es militant-es LGBT d'être une TERF (Trans-Exclusionary Radical Feminist), a remis le couvert, si j'ose dire, en déclarant qu'une femme était quelqu'un qui avait ses règles.

 

Comme je vois à la fois les réactions d'exaspération des personnes qui comprennent en quoi ces propos qui confondent genre et sexe biologique sont transphobes et les réactions désabusées des personnes (y compris très jeunes) qui disent que J.K. Rowling s'est contentée d'émettre une vérité scientifique, je sais que l'objectif n°1 serait ici d'en profiter pour expliquer en quoi le genre n'est pas le sexe biologique, et donc en quoi certaines "personnes qui ont leurs règles" se reconnaissent comme de genre masculin, voire ont entamé leur transition, et, à l'inverse, comment certaines personnes qui n'ont pas de règles, et/ou qui ont des attributs sexuels masculins, se reconnaissent comme de genre féminin, voire ont entamé leur transition. Autrement dit, pour ne pas s'attarder pendant des plombes sur Rowling elle-même, cette polémique serait l'occasion rêvée d'expliquer ce qu'est la transphobie, et donc, ab initio, ce qu'est l'identité trans, ce qui, même avec beaucoup de tolérance et de bonne foi, ne va pas de soi pour des personnes dites "cis" qui n'ont pas étudié la question ou qui n'ont pas de trans dans leur entourage.

Dans une société comme la nôtre, il paraît que la majorité des médecins ont des pratiques ou tiennent des propos transphobes par méconnaissance (ou refus idéologique) de l'identité de genre ; on peut donc supposer que la route est encore longue pour la société dans son ensemble, et que des polémiques comme celles-ci sont une occasion rêvée, en un sens, d'expliquer et de faire avancer les choses. Par une analogie qui n'est que très partiellement satisfaisante, je sais que, par delà les postures et les préjugés, des personnes ont un peu mieux compris ce qu'était le blackface et en quoi c'était problématique lors de l'affaire Griezmann. Une polémique devrait donc toujours être l'occasion, non de l'invective, mais de débats constructifs.

 

Or, que voit-on depuis 48 heures ? la crispation exclusive autour de la figure de J.K. Rowling, ainsi qu'un débat — qui serait passionnant s'il était mené avec des outils conceptuels pertinents —  sur l'œuvre.

Qu'entends-je par là ?

Eh bien, m'étant fendu d'un tweet, dimanche, pour déplorer qu'on puisse faire tant de crédit à J.K. Rowling qu'elle soit désormais considérée comme une boussole idéologique pour tant de personnes, j'ai pu constater que l'essentiel des débats opposait les militant-es LGBT qui rappellent d'autres déclarations transphobes, voire sexistes (car, au fond, l'équation féminité = menstruation devrait également poser problème en termes d'idéologie féministe), de Rowling, et qui démontrent en quoi la saga Harry Potter est fondamentalement hétéropatriarcale, et d'autres militant-es LGBT qui expliquent, au contraire, que les romans de Rowling ont aidé des milliers de jeunes LGBT englués dans des familles racistes ou sexistes à s'affranchir de ces modèles familiaux. Le débat théorique est passionnant, et, d'ailleurs, sans être aucunement passionné par Harry Potter, je vois passer des articles à ce sujet depuis déjà bien longtemps.

 

Toutefois, je le rappelle, la réaction de la majorité des internautes a été de dire que cette polémique n'avait pas lieu d'être et que Rowling avait simplement émis une évidence scientifique. La priorité n'est donc pas de débattre de Rowling elle-même ou de Harry Potter. Ce qui se passe révèle donc l'importance monumentale, et, selon moi, très largement disproportionnée, de Harry Potter en tant que phénomène ou objet culturel. Tout se passe comme si, pour les "fans" (car on voit beaucoup passer ce terme de fandom, qui mériterait à lui seul un billet d'analyse sémantique), y compris LGBT, Harry Potter comptait davantage que la lutte contre la transphobie.

Bien sûr, les lectrices et lecteurs de Harry Potter peuvent s'approprier les textes et les faire jouer contre leur autrice, ou, plus exactement, contre certaines déclarations de leur autrice. En faisant cela, même, elles et ils auront compris ce qu'est la littérature, ou ce qu'est l'art : une œuvre n'a de valeur, fondamentalement, qu'en tant qu'elle échappe à son auteur, ou à l'idéologie de son auteur. La difficulté qu'éprouvent beaucoup de fans à séparer les déclarations transphobes de Rowling de leur passion pour son œuvre proviennent justement de cette identification personnelle profonde à un univers fictionnel : elles/ils sont plus fans que lecteurs, en fin de compte, et veulent absolument que l'œuvre fasse corps, soit cohérente avec la moindre des idées de son autrice.

Cela n'a rien de nouveau ; qu'on ne se trompe pas sur ce que je cherche à dire. Il paraît qu'après la publication de Werther, l'Europe de l'ouest a connu une vague de suicides. En un sens, l'illusion selon laquelle une œuvre de fiction qui fait l'objet d'un engouement personnel et collectif peut/doit représenter le monde réel, et même lui servir de notice explicative, montre en quoi l'art reste doué d'un pouvoir immense.

 

Ce que je cherche à dire — mais là encore, je le fais en pesant mes mots, et en reconnaissant qu'en tant que personne dite "cis" je ne suis pas idéalement placé et, ayant déjà discuté de cela avec des personnes trans, je suis prêt à poursuivre la discussion — c'est qu'à l'occasion d'une telle polémique, il me semble que les militant-es LGBT devraient moins se préoccuper du statut de célébrité de Rowling que de déconstruire les déclarations en question : en se concentrant sur la figure de Rowling, elles/ils ne font que renforcer le statut de prescriptrice de Rowling, statut totalement usurpé, alors que ce qui doit faire l'objet d'un débat et d'explications, c'est cette fameuse et fallacieuse équation {femmes = règles}.

Et surtout, plus globalement, il faut que les militant-es, sur ce sujet-là comme sur d'autres, sachent distinguer l'essentiel de l'accessoire. La façon dont, depuis quelques années, on voit, par exemple, des militant-es qui se disent de gauche et antiracistes (et qui le sont, d'ailleurs, en toute sincérité) se persuader que le danger principal en France est le "communautarisme", est une des distorsions idéologiques qui ne cessent de me confondre, et de m'effrayer.

 

06:39 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (3)

lundi, 08 juin 2020

Mother

Une de mes seules satisfactions de ces dernières semaines, c'est d'avoir tenu un journal assez exhaustif des films que nous avons regardés, et justement ces derniers temps je me suis un peu laissé aller. Je note donc qu'hier soir nous avons regardé Mother de Bong Joon-ho, plus connu récemment pour Parasite.

Parasite, nous l'avions regardé fin mars, et je n'avais alors pas noté le nom du réalisateur : c'est un travers fréquent, y compris des cinéphiles — ne pas citer le nom des réalisateurs étrangers quand ils ne sont pas américains ou ultra-connus. Je me rappelle que cela avait été dûment souligné lorsque Apichatpong Weerasethakul avait eu la Palme d'Or.

 

mother.JPGMother m'a davantage plu que Parasite. Moins verbeux, moins hystérique, il s'agit d'un film mieux construit, mieux tenu en quelque sorte, et pourtant fort loin d'être minimaliste. Dès la scène initiale, de l'actrice interprétant la mère dansant au milieu d'un champ de blés, on comprend qu'il s'agit de représenter par cette danse les états contrastés du personnage au fil du film — un peu comme un prologue théâtral qui suggère et révèle. Le dosage entre drame et humour noir est subtil ; le scénario parvient à se structurer autour d'un personnage en situation de handicap sans sombrer dans le pathos ni dans la moquerie (encore que, si je cherchais, je trouverais sans doute des billets fustigeant le validisme du film) ; la satire sociale est efficace même quand on ne connaît à peu près rien à la culture coréenne ; enfin, la façon dont l'intrigue tourne autour du meurtre de la jeune prostituée est habile, un peu dans la lignée de Tarantino ou de Kitano. De nombreux plans sont sidérants de beauté et surtout d'efficacité narrative : ici, comme toujours dans les films que j'aime vraiment (et c'est un point d'achoppement, ou d'incompréhension, entre A* et moi), le formalisme n'est jamais gratuit.

On peut retenir, comme allégorie inversée — et quelque peu surnaturelle — du cinéma, le point d'acupuncture que la mère est seule à connaître et qu'elle s'applique dans la scène finale du voyage en car : cinq pouces au-dessus du genou, la piqûre efface les mauvais souvenirs.

 

* * * * * *

 

Ironie, nous avons vu ce film le jour de la fête des mères, fête dont tout a été dit et dont tout est dit chaque année : pétainiste, commerciale etc. Et pourtant rares celles et ceux qui n'en profitent pas pour faire un salut appuyé à leur mère, ou pour se la remémorer.

J'ai appelé la mienne, et nous avons parlé de ma grand-mère.

 

dimanche, 07 juin 2020

Archéologie des coïncidences

Hier, j'avais décidé de parler de l'odeur du vinaigre blanc, et ça coïncidait avec l'anniversaire de ce carnétoile, comme je disais dans le temps.

Or, l'histoire du vinaigre blanc m'a conduit à évoquer la Clarté, la maison de mon arrière-grand-mère maternelle. C'est seulement aujourd'hui que je m'avise que la maison de mon arrière-grand-mère se trouvait... rue du 6 Juin 1944. Ah, ça ne s'invente pas.

 

Vérification faite, j'avais déjà évoqué la nécessité de consacrer un billet à l'odeur du vinaigre blanc, il y a presque dix ans : j'y aurai mis le temps, et encore l'ai-je bâclé. Quelques jours plus tard, en octobre 2010 donc, j'en parlais encore (et le billet contient un lien vers un blog que j'avais oublié et dont je m'étonne qu'il soit encore en ligne).

 

*********************

 

Une bonne conversation avec ma mère, en début d'après-midi. Oublié de lui reparler du lézard à double queue qui leur tient compagnie, ces temps-ci.

 

samedi, 06 juin 2020

Désembarquement

Aujourd'hui, c'est le quinzième anniversaire de ce blog, qui a connu des soubresauts, et même des mois de jachère, mais qui porte la trace, jusque dans la multiplicité de ses catégories ou rubriques, de mes obsessions ou de mes disséminations. Cette année, je me suis résolu à adopter, plus franchement et plus banalement que jamais, la forme du journal, l'idée étant d'atteindre le 31 décembre en ayant écrit 366 billets ; jusqu'à présent, le pari est tenu, mais il faut dire que la contrainte, par rapport à tant d'autres projets, est minime.

 

Ce soir, je suis allé à Beaumont-la-Ronce et j'en ai profité pour refaire quelques photos du château, que nous avions visité en septembre 2007. Le village est tout à fait charmant. Ce que je n'ai pas vraiment réussi à faire, avec Touraine sereine, et qui était pourtant une partie du projet de départ, c'est une sorte de chronique topographique, ou de vaste livre ligérien foutraque. Enfin, foutraque, j'ai su. Ligérien, c'est moins net.

Le ciel était très beau ce soir ; pour un peu, je me serais arrêté boire un coup au troquet, à Langennerie. Peut-on, en approchant la cinquantaine, développer de nouvelles manies ?

 

Mais peu importe. Ce dont je dois parler, c'est l'odeur du vinaigre blanc.

J'ai souvent eu envie d'écrire un texte à ce sujet, et je ne crois pas l'avoir fait.

Hier matin, je nettoyais à fond l'évier de la buanderie, au vinaigre blanc justement. Et il m'est revenu que j'utilise ce produit depuis un peu moins de vingt ans, je crois. J'ai dû commencer à m'en servir, et je ne sais qui m'en donna l'idée, quand nous vivions à Beauvais : dans la maison de la rue Jean-Baptiste Baillière -- pas à l'appartement. Toujours est-il que, lors des premières fois où j'ai utilisé du vinaigre blanc, l'odeur m'a évoqué quelque chose de très profond, et je n'ai pas su deviner quoi. Cette odeur m'évoquait quelque chose, et il m'a été impossible, les deux ou trois premières fois, de savoir pourquoi cette odeur m'était familière. Chez mes parents, jamais on n'employait de vinaigre blanc ou de vinaigre d'alcool.

Et puis à un moment donné ça s'est imposé comme une évidence, comme une madeleine de Proust mais à retardement : au lieu de l'immédiateté de la synesthésie, une lente maturation... après tout, quoi de plus normal, pour du vinaigre ? [canned laughter] Donc cette odeur, bien sûr, c'était celle de la Clarté.

La Clarté était la maison de mon arrière-grand-mère maternelle, à Saint-Pierre-du-Mont. Mon arrière-grand-mère vivait à quelque 300 ou 400 mètres de chez mes grands-parents, et elle était à demeure chez eux, sauf qu'elle n'y dormait pas : sa maison, pour ce que je m'en souviens, était plutôt un dortoir. Seule exception, un jour par semaine (le jeudi je crois), mes grands-parents allaient y déjeuner. Et puis quand nous allions passer le dimanche chez mes grands-parents, il y avait toujours un moment, dans l'après-midi, où mon arrière-grand-mère nous enjoignait de venir voir sa petite maison.

Ainsi, ma bisaïeule passait fort peu de temps dans sa maison, mais nous (ma soeur et moi) y allions assez souvent, finalement. Et parmi les nombreux souvenirs, il y avait cette odeur du cellier, une odeur que j'étais incapable d'identifier. Là, juste auprès de la porte reliant le cellier à la cuisine, ça sentait ça. Et ça, donc, je ne savais absolument pas ce que c'était. Si j'avais demandé, si j'avais expliqué, on m'aurait dit, sans doute. Mais si je n'ai jamais demandé, c'est que ça fait partie de ces petites choses à la fois dérisoires et totalement mystérieuses pour lesquelles on ne pose jamais de questions, peut-être parce qu'on pense que c'est une odeur de vieille personne ou qu'il y a quelque chose de trouble. Or, rien de trouble : seulement l'odeur du produit d'entretien à la fois le plus fruste (et sans rapport avec tous les produits ménagers petits-bourgeois, à la sève de pin ou à la lavande ou que sais-je encore, des autres maisons) et -- l'avenir l'a montré -- le plus efficace pour désinfecter, le moins polluant. Mais je ne vais pas m'embarquer dans une interprétation sociologique, historique et familiale des produits d'entretien...

Ainsi, plus de dix ans après la mort de mon arrière-grand-mère, à Beauvais, dans une maison picarde en briques située dans une rue ouvrière, je me suis rendu compte que je nettoyais un lavabo ou une plinthe avec un produit dont je n'avais jamais senti l'odeur qu'en un seul autre endroit, et un endroit primordial de mon enfance : la Clarté. Et à chaque fois que je nettoie quelque chose au vinaigre blanc (avec la pandémie de Covid19, ce produit est devenu plus usuel encore), je pense à mon arrière-grand-mère, et à la Clarté, ainsi qu'aux autres endroits où j'ai vécu et où, de mon fait, s'était immiscée l'odeur de vinaigre blanc.

 

jeudi, 04 juin 2020

*0406*

Levé depuis une heure. Pluie en douceur, et désormais l'orage gronde. (C'est-à-dire que le tonnerre gronde.)

 

Etant donné l'heure à laquelle j'écris ces billets, ils ont tendance à n'être qu'une énumération de paragraphes dont le premier mot est Hier...

 

Manifestations partout aux Etats-Unis, où on compte encore mille morts par jour en raison de la pandémie. Les manifestants qui protestent contre les violences policières suite à la mort de George Floyd redonnent tout son lustre au mouvement Black Lives Matter. C'est impressionnant. Les racistes de tout poil se déchaînent sur les réseaux sociaux, y compris en réaction aux manifestations plus timides en France.

Le plus abject, ce sont les idiots qui prennent prétexte de la pandémie pour dire qu'il ne faut pas manifester : hier en réunion de département, notre collègue épidémiologiste nous a bien indiqués qu'au vu des publications désormais nombreuses on était presque sûr que les moins de 25 ans ne sont pas contagieux et peu contaminables, qu'il n'est pas certain que le virus reste actif sur les surfaces non vivantes, et enfin que la distance d'au moins un mètre suffisait même sans masque.

 

Bruits de sirènes en ce moment même. Pluie violente.

 

07:52 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 03 juin 2020

Quille et resquille

Hier, nous avons disputé la n-ième journée du championnat de Mölkky à trois, et O* mène très largement désormais (81 pts, contre 65 à moi et 47 à C*). Il faut dire que nous nous sommes aperçus que C* jouait beaucoup mieux avec ses lunettes qu'avec les lentilles : cela confirme son idée que le réglage délibéré des lentilles par l'ophthalmo en prévision de la presbytie n'est pas satisfaisante du tout. Mais avant d'avoir un rendez-vous...

Nous avons décidé de clore cette partie du championnat quand le vainqueur aura atteint 100 points et de recommencer avec un autre système moins défavorable aux perdants, et qui permette de maintenir davantage de suspense même si l'un de nous trois gagne plus de matches ; l'idée serait, sur le modèle du Mölkky à deux, d'attribuer davantage de points au deuxième s'il marque plus de 45 points, et d'attribuer des points aussi au troisième. Peut-être devrons-nous, de toute manière, nous résoudre à des manches de cent points.

 

Hier soir, je me suis couché, après avoir lu un chapitre de To the Lighthouse sur la terrasse, avec mon volume des contes de Bechstein et Grimm afin d'y lire le conte du pêcheur et de son épouse (qui est en plattdeutsch,* bonjour la galère !), mais aussi avec l'anthologie Norton, pour y lire les extraits de Characteristics de Carlyle. On n'a bien sûr pas du tout besoin de lire tout ça pour suivre le roman ; c'est seulement que ma folie ne s'arrange pas ! -- Par parenthèse, je ne me rappelle plus du tout quand j'ai lu le roman, peut-être pendant mes années de prépa...

 

Ce matin, il va y avoir en fin de matinée, pour la première fois depuis la mi-mars et la mise en place de l'enseignement distanciel, trois ordinateurs requis par trois visioconférences différentes : C* avec sa classe de première, O* avec son prof de hautbois (à 11 h 30 via l'appel vidéo de Messenger, comme tous les mercredis) et enfin moi en réunion de département. Jusque là, ça s'était mieux goupillé.

 

* J'ai appris, en faisant deux ou trois recherches sur cette langue régionale que je réussis à lire grâce à mes connaissances en allemand et en anglais, qu'il en existait une autre variante dérivée au Brésil, le pomerano, sorte de créole mélangeant portugais et niederdeutsch. J'ai aussi appris que le roman de Günter Grass, Le turbot [Der Butt] était inspiré du conte des frères Grimm.

 

07:44 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (1)

mardi, 02 juin 2020

Ne pas confondre Arnold et Stefan

antlitz.JPG

Voici l'incipit du livre d'Arnold Zweig, Das ostjüdische Antlitz, publié il y a cent ans tout juste et qui, comme beaucoup d'autres livres de son auteur, n'a jamais été traduit. Mais non, je ne vais pas me mettre ça dans les pattes en plus du reste. Comme dirait le petit perfide au pseudo coréen, j'ai mieux à faire.

 

Aujourd'hui, notamment, je dois poursuivre le formatage et la mise en ligne, en vue du 15 juin, de l'ensemble des sujets de rattrapage de la Licence. Quand on voit ce que fabriquent certain-es collègues, il vaut mieux faire cela méticuleusement, en vérifiant tout à la loupe.

 

06:38 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (2)

lundi, 01 juin 2020

Lect(o)ures

lectures.JPG

 

En ce premier jour de juin, je me contente, pour nourrir cette rubrique qui n'a pas connu un seul jour de jachère depuis le 1er janvier, de cette capture d'écran d'un tweet écrit hier matin.

 

Je m'en veux beaucoup de laisser en plan trois projets qui me tiennent à cœur, mais je manque de temps, et parfois d'énergie, et surtout de motivation dans la durée. Besoin d'être encouragé, peut-être. Au lieu de quoi, comme un idiot qui se disperse, j'ai créé samedi un nouveau compte Twitter dans lequel j'entreprends de transposer en anagrammes la totalité d'un grand roman moderniste.

Le verre d'eau à moitié plein, ce serait de considérer tout ce que j'ai amassé, en blogs et vlog, depuis quinze ans, en le faisant surtout pour moi-même...

 

dimanche, 31 mai 2020

Encore ratée (la tournée de Restigné)

Avant que ce billet ne soit publié, le dernier billet à s'afficher en page d'accueil du blog était celui-ci, et je trouve cela ironique, car j'y évoquais la règle des déplacements circonscrits dans un rayon de 100 kilomètres. Or, cette règle prend fin dans deux jours, et nous sommes allés aujourd'hui, pour la première fois, presque aux confins de ce cercle.

 

Nous étions au BioParc de Doué, pour une visite quasi annuelle. Les nouveaux espaces pour les lions et les guépards sont très bien, même si ce ne sont pas tellement les grands félins qui m'intéressent, dans les parcs zoologiques.

Visite quasi annuelle au BioParc de Doué-la-Fontaine, 31.05.2020

 

Au retour, je voulais enfin faire le détour minuscule par la chapelle romane de Restigné, mais j'ai encore raté la tournée ; décidément, c'est une malédiction (ou un acte manqué).

 

Soir : documentaire sur Amarna, tout en dramatisations musicales à deux balles et approximations historiques. Même moi que l'Egypte fait bâiller (la théogonie et l'histoire des dynasties égyptiennes comptent parmi les choses qui m'intéressent le moins dans l'Antiquité), j'ai pu remarquer que ce qui nous était présenté comme des révélations fracassantes traîne partout depuis des lustres, et que des faits présentés comme évidents (que Néfertiti ait survécu à son époux et ait commencé à défaire son œuvre monothéiste) sont loin de l'être.

 

Visite quasi annuelle au BioParc de Doué-la-Fontaine, 31.05.2020

Sterne inca, BioParc de Doué

samedi, 30 mai 2020

Corail nickel

Demain, nous roulerons 99 kilomètres jusqu'au point le plus éloigné où nous nous serons rendus depuis février, et ce deux jours avant la fin de la limite des 100 kilomètres. Cette phrase est bien biscornue et boiteuse.

 

Hier, ou plutôt à minuit et demi aujourd'hui, en rentrant de Fondettes, nous avons encore aperçu un renard ; cette fois-ci, un qui traversait la route devant nous sur la rocade, et devant qui j'ai ralenti pour être sûr de ne pas l'affoler. Ici, les relatives, mon dieu.

 

Il y a dix jours un des rares écrivains dont j'ai un peu égratigné le livre (sur des centaines déjà chroniqués sur mon vlog) a publié un tweet un peu amer, ce que je peux comprendre. Lui n'a guère de chance que son livre ne trouve que peu d'écho, et négatif, et moi je n'en ai pas beaucoup non plus, que mes vidéos n'aient quasiment aucun écho. Ce qui me fait le plus de peine, c'est pour l'éditeur, dont j'aime (pour le coup) beaucoup le travail. Mais il faut aussi souligner que ma vidéo a, de par ce qui apparaît dans le fil Twitter, donné quand même envie à deux personnes de lire le livre, donc de l'acheter. En effet, même quand j'émets un avis un peu mitigé, dans mes improvisations, je lis toujours un extrait et j'essaie de dire ce qu'est le livre, singulièrement.

 

On lit beaucoup, sur la terrasse, mais il y a un vent perpétuel et violent. Qui est on ?

 

Aujourd'hui commence la vingtaine annuelle, qui cette année relie le corail au nickel. --- Et je me demande si, pour fêter aussi les 15 ans de ce blog, dans une semaine, je ne commencerais pas... quoi ? un nouveau blog ? une nouvelle rubrique ? un nouveau compte Twitter ?

 

vendredi, 29 mai 2020

Traversées des fantoches

Hier, Blanquer, une fois encore à la ramasse et désavoué, a annoncé l'annulation de l'épreuve orale de français, dont le maintien était, de fait, incohérent, vu que, pour l'ensemble des autres épreuves du baccalauréat, il avait été décidé, depuis plus d'un mois, le remplacement des examens par une évaluation au contrôle continu sur les deux premiers trimestres. (De par plusieurs témoignages qui me reviennent, cette dernière décision a d'ailleurs foutu dans la merde mis dans un profond embarras pas mal de lycéens de Terminale qui avaient glandouillé en comptant sur des révisions de dernière minute pour sauver les meubles.) Ce ministre abject, qui impose depuis trois ans une idéologie saumâtre et rance contre tous les avis et contre les experts, est devenu de façon manifeste, depuis trois mois, le fantoche à la fois ridicule et odieux que les gens du milieu savaient déjà être.

Apparemment, si O* (qui est en quatrième) retourne au collège, ce sera un jour par semaine, car le collège ne peut pas s'organiser autrement : c'est ce que Blanquer nomme le “retour à la normale”. Imbécile.

 

Capture.JPGHier, passage chez le libraire, qui avait enfin fini par recevoir deux ouvrages publiés au Canada qui n'étaient pas arrivés à temps pour le 29 mai, en sus d'un certain nombre de livres divers que j'avais commandés et dont certains m'avaient été recommandés par Pierre Barrault. J'y ai aussi acheté la traduction du recueil de Christopher Okigbo, Labyrinths, qui paraît enfin en français, cinquante ans après la bataille, et sous la plume de celle qui fut ma présidente de jury de thèse, Christiane Fioupou. Bizarre de découvrir cette publication comme ça, par hasard, sur une table de librairie. Si moi, qui fais partie des quelques centaines de clampins susceptibles de connaître l'importance d'Okigbo (poète nigérian ultra-important, lyrique, subtil, et notoire notamment d'avoir été tué à 35 ans, dès les premiers mois de la guerre civile de 1967-1970) et d'une telle traduction en France, je l'apprends par hasard, ce n'est pas très bon signe pour le livre, outre le fait qu'il est sorti juste avant le confinement.

Je vais encore beaucoup me plonger dans des questions de traduction ces jours prochains car j'ai aussi acheté la traduction en Poésie/Gallimard des Sonnets de Pasolini : je crois que c'est l'édition recommandée pour le programme 2021 de l'agrégation de lettres modernes, et je vais pouvoir comparer avec celle des Solitaires intempestifs, que je connais mieux et depuis quelque temps déjà. Et j'ai aussi emprunté à la B.U. (on ne peut pas entrer, on commande à distance et on récupère les livres à l'extérieur, le long de la Loire) plusieurs livres de et sur Maryse Condé, dont la traduction de Traversée de la Mangrove par Richard Philcox : le livre est précédé d'un avant-propos du traducteur qui méritera(it) à lui seul un billet de blog.

 

.

En écoute : insistence de Jacques Ponzio / Africa Express [album remarquable / je dois écrire dans les jours qui viennent un billet de blog aussi sur les disques d'Africa Express, mais je rappelle ici même qu'il n'y a pas besoin d'attendre que j'en dise bien pour s'y intéresser]

 

 

jeudi, 28 mai 2020

Bigard, Hanouna, Zemmour, et le système Macron

Une des choses qui m'exaspère, le plus, et depuis déjà plusieurs années, est l'usage euphémistique du concept de populisme pour parler de l'extrême-droite, mais aussi, dans un tour de passe-passe qui est loin d'être satisfaisant en termes de sens politique, de l'ultra-gauche, ou même, tout simplement, de la gauche. Ainsi, ceux qui demandent le rétablissement de l'ISF ou plus de moyens pour l'hôpital public se trouvent dans le même sac que des élus millionnaires ou fraudeurs de fisc qui se servent des "migrants" comme de boucs émissaires dont il suffirait de se débarrasser pour que tous nos problèmes disparaissent.

Ces jours-ci, on voit bien éclater l'absurdité de cette accusation de populisme : en effet, les macronistes ne cessent de nous vanter leur baderne et leurs vieilles lunes comme rempart contre les populismes ; or, après Schiappa qui alla à la soupe chez Hanouna, on apprend que Macron console cette ordure de Zemmour au téléphone, et qu'il prend les avis de Patrick Sébastien et de Jean-Marie Bigard au sujet du déconfinement. Et ce sont les gens qui prennent position contre le MEDEF ou la FNSEA qui seraient "populistes"...!

Il en va de ce terme comme de celui de communautarisme : qui ne veut pas reconnaître ses a priori racistes ou son élitisme prétendra vouloir défendre l'universalisme démocratique du "modèle français" (et donc, très souvent, les discriminations institutionnalisées) contre le communautarisme.

 

Hier j'ai commencé à lire la biographie de Virginia Woolf par Hermione Lee. Ce n'est pas inintéressant, mais le format même des biographies m'emmerde. Juste avant d'éteindre la lumière je suis allé chercher To the Lighthouse sur mes étagères et j'ai commencé de le (re)lire.

De quoi être durablement déprimé : soutenu absolument pour rien - projet Scarlatti tenu pour poseur ou prétentieux, projet Pinget sans intérêt, traductions juste pour moi, mon vlog se réduit à "inonder le Web avec ma gueule"...

mercredi, 27 mai 2020

Huysmans

Il n'est pas évident de déterminer ce qu'il faut faire, et dans quel ordre.

 

Aujourd'hui, j'ai fini de lire Là-bas de Huysmans. Avec ses archaïsmes et ses vitupérations, Huysmans reste malgré tout un romancier vraiment intéressant, même par la façon dont il mêle deux romans qu'il n'a pas écrits à son roman principal en quelque sorte : on sent bien que les pages où Durtal rapporte ce qu'il a lu de Gilles de Rais sont plaquées, et il en va de même des conversations avec le sonneur de cloches de Saint-Sulpice, Carhaix... mais l'ensemble forme malgré tout un ensemble qui n'est pas seulement un assemblage d'aphorismes ou d'observations, d'une manière qui préfigure la structure romanesque des modernistes (Conrad, Ford Madox Ford, Woolf).

 

Je me suis replongé dans Huysmans à l'automne dernier, à l'occasion de la parution du Pléiade. Je n'avais vraiment lu que les poèmes en prose du Drageoir aux épices (non repris dans le Pléiade) et À rebours, comme tout le monde. Là, j'en suis à "mon" troisième, sans avoir relu À rebours. Je me convaincs que, sans être un très grand, Huysmans doit être lu, et même que ses romans ont beaucoup à nous dire, mutatis mutandis, des tripatouillages idéologiques dans lesquels nous traînassons.

 

mardi, 26 mai 2020

C'est comment qu'on freine ?

Travaillé bizarrement, par à-coups. Thieb et tiakri.

Repassé aux Tanneurs, pour la première fois depuis le 13 mars. Vu deux collègues, dont J*, qui veut vraiment m'embrigader dans son projet pour le décanat. Mais je ne veux pas être de la partie ; je ne veux être d'aucune partie. Tout dans l'université me désespère et m'accable.

 

Longue conversation téléphonique, le soir, avec S°. Ce qu'elle m'apprend du degré d'improvisation de notre Université en matière de rentrée, le fait que ce sera encore aux équipes d'improviser sur le terrain avec trois bouts de chandelle, et sans aucun cadrage précis, n'est pas pour moins m'accabler.

 

De toute façon le gouvernement va se servir de cette crise pour bousiller définitivement tout ce qui relevait encore un peu des services publics, de la cohésion sociale. Macron et Philippe préparent le monde de Hobbes, et se réjouissent sans doute de l'information monstrueuse que j'ai vu passer, la projection de la fortune de Bezos en 2026 : il serait alors multibillionnaire, et possèderait l'équivalent du PIB de 143 pays. Je ne sais même pas dans quel système dément on peut se laisser s'enfoncer, ni comment en sortir.

 

23:11 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (4)

lundi, 25 mai 2020

In pulverem

Aujourd'hui, j'ai notamment fait le ménage dans les chambres de l'étage : A* prétend que sa chambre n'est pas en désordre, mais il fallait au moins épousseter les 4 ou 5 piles, les retirer du sol pour passer l'aspirateur etc. Comme il y a quelques jours au bord de la Loire, j'ai eu, en faisant la poussière, une crise d'éternuements suivie, pendant plusieurs heures, d'une sensation de brûlure aux yeux... deviendrais-je allergique ? cela expliquerait-il mes migraines ou douleurs à la glotte depuis quelque temps déjà ? ou la sinusite carabinée observée lors de l'IRM en février (et dont je n'étais même pas conscient) serait-elle due à des polypes ?

Pendant ce temps, C* et les garçons étaient partis faire un assez long tour en vélo, pour étrenner le nouveau vélo d'A*. O* est revenu en se traînant, épuisé ; il s'est avéré qu'il était parti (et a donc pédalé 20 ou 25 kilomètres) avec des pneus à plat...

 

J'évoquais la question de la cinéphilie hier ; au fond, c'est un concept qui ne veut pas dire grand chose. Le mot cinéphile désigne-t-il quelqu'un qui aime aller au cinéma (voir des films sur grand écran), ou quelqu'un qui aime des films "difficiles", ou quelqu'un qui a une grande culture cinématographique à force d'en avoir vu, ou quelqu'un qui peut passer ses journées à regarder des films sans être hyper exigeant sur la qualité ? Ce soir, si un indice est la capacité à regarder sans s'ennuyer un film sans queue ni tête, j'étais le seul cinéphile de la maison. Le film était Happy Sweden ; au demeurant, c'est un film raté, mais comme l'a fait remarquer A* mon goût du formalisme me permet de regarder sans m'ennuyer des films d'un formalisme insignifiant ou creux.

 

Commencé, en m'interrompant dans un livre de Conceiçaõ Evaristo, Là-bas de Huysmans.

 

23:06 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (3)

dimanche, 24 mai 2020

Nec varietur

Peut-être puis-je faire le point sur les films que nous avons vus ces derniers jours.

 

Notre amie E*, à qui j'avais raconté il y a plusieurs semaines déjà qu'un des seuls vagues côtés positifs du confinement était que nous regardions tous les soirs un film, m'a écrit avant-hier par SMS "j'en reviens pas que tu sois devenu cinéphile" en ajoutant "C* doit être enchantée". Je ne me considère pas comme cinéphile, mais je trouve cette remarque très vexante. En effet, je le suis largement autant que C* ; le malentendu vient du fait que nous avons dû raconter à E*, comme à d'autres ami-es, que je regimbais souvent à regarder des films encensés par Télérama et qui s'avèrent généralement d'une médiocrité ou d'un académisme confondants. Mais justement, c'est qu'en un sens je suis trop cinéphile, peut-être, à moins de considérer que le cinéma ne m'intéresse pas assez pour que je me tape tout et n'importe quoi. En tout cas, si nous n'avons pas encore regardé de Monteiro, de Sergio Leone ou de Kurosawa, ce n'est pas parce que c'est moi qui renâcle... et pas plus tard que cette après-midi, j'ai regardé Bienvenue à Madagascar tout seul, car personne d'autre, dans la famille, ne voulait le voir... enfin bref...

Capture.JPG

Ces derniers jours, nous avons regardé en famille, donc :

      * Johnny English, parodie vraiment très drôle de James Bond, avec un Rowan Atkinson au meilleur de sa forme et presque aux antipodes de ses pitreries beaniennes (donc à son meilleur)

 

      * Un héros très discret, de Jacques Audiard, que nous n'avions pas vu lors de sa sortie et que je trouve, moi, plutôt réussi, même si le point de transition qui débouche sur la décision d'Albert de révéler la vérité est un peu opaque. Kassowitz joue très bien, et toute la première partie du film, avant sa fuite pour Paris, est peut-être ce qu'il y a de mieux. Le fait d'alterner les scènes "jouées" et les pseudo-interviews paraît un peu banal aujourd'hui, mais tout aussi forte et assumée la décision de filmer, à intervalles réguliers, les musiciens. La dernière intervention de Trintignant jouant Dehousse vieux est peut-être un poil appuyée.

 

      * Vincent, François, Paul et les autres, de Claude Sautet (1974), qui a été diffusé dans la semaine pour saluer la mémoire de Piccoli, mais qui aurait pu aussi être diffusé pour saluer celle de Jean-Loup Dabadie, mort hier. Très bon film, magistralement et subtilement interprété (à part quand Montand cabotine en faisant le mec guilleret ou confiant), mais qui a aussi presque une valeur documentaire, sur la façon dont on téléphonait au milieu des années 70, sur la cigarette omniprésente, et, surtout, sur une vision primordialement masculiniste, sans aucune distance. Ce film est, en un sens, le grand film à voir pour comprendre le rejet, comme allant de soi, des femmes à la périphérie du sens ; les spécialistes trouveraient du grain à moudre en y appliquant le test de Bechdel, ou plutôt, en y façonnant une sorte d'anti-test de Bechdel, voire en reprenant le concept, plus récent je crois, de male tears.

 

samedi, 23 mai 2020

Banalités & permutations

Ce matin, c'est la pluie qui m'a tiré du lit. Avec la boulangère nous avons échangé les habituelles banalités sur le fait qu'on en avait besoin, et que ça va faire du bien aux personnes allergiques au pollen, mais que c'est pas pratique avec un masque (ah non, celle-ci est une nouvelle venue).

On va encore rester terrés à la maison ce week-end (prolongé pourtant) : hier, C* et moi avons travaillé presque toute la journée ; demain, O* est d'anniversaire à la Cousinerie ; aujourd'hui, s'il pleut...

 

Le second tour des élections municipales aura lieu, sous réserves, le 28 juin. J'espère qu'on va se débarrasser cette nullité nuisible de Christophe Bouchet. Totalement passif et fantomatique jusqu'à la fin 2019, il s'est réveillé pour la campagne électorale, avec comme seule stratégie le clientélisme éhonté d'une part, la calomnie d'autre part.

 

Capture.JPG

Sur Twitter, il y a un jeu qui consiste à "bousiller un nom de groupe en changeant une seule lettre". Voici mes contributions :

Basis.

Humble Pip.

Talking Beads.

Les BB Prunes.

Dare Straits.

Supergus.

Coldclay.

Carter the Unstoppable Ex-Machine.

Les Gardons bouchers.

Fart Chimp.

Mouise Attaque.

Passive Attack.

Forever Pivot.

Shaka Pork.

 

vendredi, 22 mai 2020

Le printemps qui refleurit fait transpirer le macadam

 

Recommence à me lever / réveiller avant 6 h, voire bien avant 6 heures... Si au moins j'en profitais pour avancer des travaux d'envergure... mais non... Il fait, depuis trois jours, une vraie chaleur d'été, au point de laisser en courant d'air la nuit. Jusqu'à il y a cinq jours encore, la chaudière se relançait le matin une demi-heure ou une heure.

 

Dans mes glandouillages d'hier, j'ai joué à trois parties de Splendor avec O*, ainsi que 4 parties de Mölkky, sans compter, le soir, prise en main du jeu Abyss, assez rigolo mais plutôt complexe. (Il y a, sur le Web, un tuto dans lequel le vidéaste déclare que c'est un jeu assez simple, qui convient dès 10 ans. Je ne veux même pas voir les jeux difficiles de ce monsieur.)

J'avance dans Neruda, moins dans Roa Bastos. — Pris du retard dans les traductions quotidiennes de poètes de langue allemande ; il faudra en faire deux ou trois d'un coup. Comme pour le Projet Pinget ou d'autres de mes élucubrations (le projet Scarlatti, au point mort depuis le 8 avril), personne ne s'en aperçoit, donc ça ne fouette pas le feignant.

 

Hier soir, vers neuf heures du soir, un voisin que nous connaissons un peu est venu nous annoncer la mort, dimanche dernier, de son voisin d'en face, que nous connaissions moins ; j'ai discuté une seule fois avec lui, lors d'une fête des voisins. Il se trouve que mon oncle paternel est mort, lundi dernier, lui, d'un œdème respiratoire pour lequel il était suivi et soigné depuis trois ou quatre ans. Ma tante, elle, devait être opérée de sérieux problèmes cardiaques en avril, donc est particulièrement vulnérable. Comme on attend de savoir si le décès a pu être aggravé par une contamination inaperçue au Covid19, mon père ne sait pas encore s'il pourra se rendre aux obsèques.

Je les ai vus quatre fois ces 15 dernières années, dont aux obsèques de ma grand-mère en 2015 et de mon grand-père en 2018. J'ai vu mon cousin, mais sans échanger trois mots avec lui, deux ou trois fois ces dernières années, et je n'ai pas revu ma cousine depuis 1989 (qui dit pire ?). Autant dire que je ne compte pas me rendre à la cérémonie.

 

06:20 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 21 mai 2020

Quand j'ai connu Romy Cherif

lorraine hipseaume.jpg

 

Quand j'ai connu Romy Cherif

Elle était serveuse au Rif

Et avec Louise Favreau

Voulait quitter ce bistrot.

Le soir même avec Ilyes Trouve

On a croisé Jean-Paul Rouve

En parlant de Théo Le Corre

Et sa bouche d'albacore.

Romain Gutierrez n'a pas su

Combien il m'avait déçu,

Amoureux du sourire d'ange

De la belle Inès Demange.

 

Quand j'ai connu Romy Cherif

Elle était serveuse au Rif.

 

Au marché le vieux Noam Gilles

Vendait des bleus, des vieux-lilles,

Mais c'est sa femme, Aya Prigent,

Qui encaissait mon argent.

Le lendemain, William Le Meur

Faisait courir la rumeur

Que j'ai giflé Léo Lalanne

En lui hurlant "bougre d'âne".

C'est l'infâme Loan Deschamps

Au sourire si méchant

Qui, suivi de Dylan Caillaud,

M'a fait mouiller le maillot :

Pour la belle Clara Beaudouin

Fut un duel sans témoin.

 

Quand j'ai connu Romy Cherif

Elle était serveuse au Rif.

 

Pendant ce temps Lenny Gicquel

Matait Heckle & Jeckle ;

Son pote, Lorenzo Castro,

Avait chopé la gastro.

Ce fut donc le fier Wassim Pons

Qui, en découpant des bons,

Fit les courses d'Inès Belin

Au boui-boui du patelin.

Et sur Twitter, Titouan Gallo

Me traite de narvalo

Parce que Léane Gaborit

C'est meilleur, ce qu'elle écrit,

Du moins selon Ayoub Rouxel.

Mes strophes manquent de sel.

 

Quand j'ai connu Romy Cherif

Elle était serveuse au Rif.

 

Un autre Lorenzo (Cadet)

Au Rif sert du muscadet

Aidé de Salomé Barrière

(Masques et gestes barrière !).

Ton débit, Maxime Boisson,

Fais du slam avec. Sois son

Egérie, Alice Foucault,

La star de l'osso bucco.

Votre pote, Maëlys Combes,

A un rire d'outre-tombe.

 

Cependant, Lorenzo Cadet

Au Rif sert du muscadet.

 

Collé au zinc, Youssef Vitry

Exhibe un bifton flétri

Et déclame pour Aya Sow

Des vers de saute-ruisseau.

Aya aime Inaya Dupré

À l'œil diapré et pourpré.

(AYA IN LOVE WITH INAYA

Sur Vamos a la playa)

Youssef, tu sais, Sofia Paillard

N'aime pas ton bec braillard ;

Elle attend que Kylian Chauvel

Ramène un masque et du gel.

 

Cependant, Lorenzo Cadet

Au Rif sert du muscadet.

 

Dans la rue Sofia Da Costa

Que Youssef, saoul, accosta,

Porte, de roses, un bouquet

Pour sa meuf, Elsa Bouquet.

Poissons ? Gabrielle Sergent

Encaisse aussi mon argent.

Poissonnière, Alicia Corbin,

Aussi ici au turbin

Sur la place Gaspard-Brisset

(Personne ne sait qui c'est),

Près de la rue Charles-Gaucher

(Un pneu j'y ai amoché),

Demande à Louna Gaubert

De garder un camembert.

 

Cependant, Lorenzo Cadet

Au Rif sert du muscadet.

 

Poissonnier, Léo Da Cunha

Ne vend pas des piranhas,

Mais avec Victoire Bellet

Son amour est emmêlé :

Coucher avec Inès Mahieu

N'est pas ce qu'il fit de mieux.

 

Cependant, Lorenzo Cadet

Au Rif sert du muscadet.

 

Sur ce marché, Lina Busson

A aussi pris du poisson ;

C'est juillet, et Léane Vigne

S'envia de pêches de vigne ;

La crémière Mathilde Haddad

Vend du brie, du Rocamad'.

À qui ? à Romy Mansouri

Qui fait un piège à souris :

Colloc avec Eden Deschamps

(Fade, la belle-des-champs,

Pour un piège !) -- Nina Stéphan,

Leur colloc aussi, défend

À Soline Dumoulin

De ramener son margoulin

À leur appart. Mya Allain

Est en gap year, c'est malin.

 

Et au marché Lina Busson

A aussi pris du poisson.

 

C'est alors, Mathilde Collet,

Que je me suis affolé

De savoir que Nolan Mangin

Sortait partout son engin.

Quoiqu'on sache que Clément Lang

Se douche à l'ylang-ylang,

Aux noces de Yasmine Bru

La pluie tombait roide et dru.

Souvenir : Justine Perrot

Chantant J'suis pas un héros

Avec Agathe Collignon

En duo, c'est-y mignon.

 

Et au marché Lina Busson

A aussi pris du poisson.

 

Au mariage Tom Muller

De s'ennuyer avait l'air ;

Quant à Lorenzo Verger,

Ne cessant de gamberger,

A saoulé Arthur Collignon

Qui porte barbe et chignon.

Ce que Gabriel Ménager

A dit ("je sais pas nager")

Est vrai, car Timéo Fradin

L'atteste. On n'a vu plus radin

Ce jour-là que Louane Lagrange.

(En dire plus me démange.)

 

Jour de marché : Lina Busson

A aussi pris du poisson.

 

 

 

Il s'agit d'un  poème en 200 vers de rimes plates (sans compter les refrains) alternant 8 et 7 syllabes, dont la rime est donnée successivement par un des 100 noms du générateur de noms français Lorraine Hipseaume. Si vous cliquez sur le lien, 100 autres noms vous seront donnés, de sorte que chaque clic donne matière à un nouveau poème potentiel.

 

mercredi, 20 mai 2020

Bords de Loire, mi-printemps

Bréhémont (Indre-et-Loire)

 

Pour les 13 ans d'O*, nous avons fait, en fin de journée, notre première sortie familiale post-confinement, pas très loin bien sûr, d'abord à Lignières pour revoir les fresques sublimes du 16e siècle, dont ce très étonnant mort expirant une âme-enfant par la bouche, puis à Bréhémont, où l'on ne peut en fait pas accéder aux bords de Loire pour s'y promener en observant les oiseaux du fleuve, comme je le pensais, mais où on a pu admirer le ballet des dizaines d'hirondelles qui nichent sur l'église. Enfin, à Savonnières, nous avons pu marcher non loin de la Loire, en longeant la piste cyclable et en croisant pas mal de pêcheurs ; pique-nique là. Il faisait très beau, le ciel d'un bleu intense, l'insouciance, ou presque, au rendez-vous.

 

 

Bréhémont (Indre-et-Loire) Eglise de Lignières-en-Touraine, 20.05.2020 Savonnières, Indre-et-Loire, 20 mai 2020

mardi, 19 mai 2020

Ondoyant, ou aboulique ?

Il ne faudrait pas que cette situation d'exception dure beaucoup plus longtemps. On s'aperçoit que le rythme pris pendant le confinement risque d'être difficile à abandonner, et pourtant nous avons maintenu, aussi pour O* les jours de classe, des levers à heure fixe, mais plus tard que 7 h du matin, d'où un risque de décalage.

 

Hier après-midi, un de ses camarades est venu jouer à la maison, avec toutes les précautions d'usage, de même qu'un autre était venu aussi mercredi dernier. Dimanche prochain, un autre encore organise son anniversaire au parc de la Cousinerie, avec, là encore, toutes les précautions. Mais ce dont O* a besoin, c'est de retrouver un vrai rythme de travail, une structure plus rigoureuse de ses journées, et surtout, plus que rigoureuse, une structure extérieure. Nous finissons par penser qu'à partir du 1er juin il repartira peut-être au collège, finalement ; nous allons beaucoup hésiter et tergiverser encore. Mais, après tout, dans une société où tous les clients de tous les magasins portent des masques, où les échanges sociaux sont réduits au minimum, et où la "distanciation sociale" sera de mise aussi au collège, pourquoi ne pas tenter ? De toute manière, d'ici là, si le déconfinement (et notamment la réouverture des écoles) donne lieu à un accroissement des nouveaux cas et des hospitalisations, on le saura.

 

De mon côté, je travaille, bien sûr, d'autant qu'avec deux cours d'agrégation et un paquet de L3 qui me reste à moitié sur les bras, je n'ai pas de quoi m'ennuyer. Mais je glandouille aussi, et pour mes projets personnels, je ne mets pas ces journées à profit autant que je le pourrais / devrais. Et ça m'énerve contre moi-même (un peu comme la mort certaine de mon ordi de bureau et la grosse fuite d'eau au compteur depuis des mois, découverte hier par l'employé de la régie des eaux et dont le plombier, appelé en urgence, pense qu'on ne s'en débarrassera durablement qu'en faisant abattre le néflier le plus proche, et encore, sans traîner).

 

Hier, heureusement, j'ai avancé dans ma lecture des "sonnets de bois" de Neruda et j'ai pu filmer (cela ravira Didier Goux) une famille de mésanges dont les jeunes, de toute évidence, n'étaient pas sortis depuis bien longtemps. Fait quelques découvertes intéressantes dans Jump & Other Stories. Je peine un peu dans Moi le Suprême.

 

07:24 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (3)

lundi, 18 mai 2020

Sonnet emoji, un de plus

sonnet 1.JPG

sonnet 2.JPG

dimanche, 17 mai 2020

*1705*

Journée pénible, à de très nombreux égards.

 

Soir : Journal intime de Nanni Moretti, là encore vu à sa sortie au cinéma (mais qu'est-ce qu'on allait au cinéma...). Curieusement, la partie que je ne me rappelais pas du tout (le chapitre 2 : Îles) est celle que j'ai préférée, peut-être justement parce que la surprise était encore au rendez-vous...

 

22:30 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 16 mai 2020

Retour du mölkky

Aujourd'hui nous avons joué au Mölkky pour la première fois de l'année. En effet, signer des attestations dérogatoires pour toute la famille à seule fin d'aller au square du bout de la rue, avant le 11 mai, ç'eût été pénible. Et cette semaine, nous avons été très occupés.

 

Donc, première partie de Mölkky, et O* a imaginé un système de championnat dans lequel le vainqueur marque 8 points, le deuxième 2 points, et les autres zéro point. Sur ma suggestion, un concurrent éliminé d'une partie suite à 3 tirs sans marquer se verra enlever un point : ce cas de figure ne s'est pas présenté hier.

 

Par contre, j'ai perdu la main car je suis bon dernier du championnat après la première journée (3 parties), avec 4 points, contre 18 à C* et 8 à O*. Pour la troisième partie, je menais jusqu'à la fin, avec un dernier tir malheureux sur 4 quilles au lieu de 5, et j'ai été coiffé sur le poteau par C*, qui a touché miraculeusement la 9 pour me battre 50 à 49.

 

Film vu hier soir : Volvér.

Film vu ce soir : Four Weddings and a Funeral.

23:00 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 15 mai 2020

D'un fil ce qui te plaît.

Ce matin, après avoir somnolé vaguement pendant un bon moment, j'ai fini par me lever, tiré du lit par la chaudière qui se relançait, à 7 heures du matin. Pour ça, à coup sûr, ce printemps n'est pas différent des précédents : longue période de douceur sur 2 ou 3 bonnes semaines en avril, puis rafraîchissement vers la mi-mai, au point de retrouver le chauffage pendant une heure ou deux le matin. Le chauffage a même fonctionné, vingt minutes par ci par là, jusqu'à début juin deux ou trois années. Les nuits sont fraîches, autant dire, et les proverbes jumeaux pas toujours parfaitement pertinents.

 

Ce sont les deux fameux proverbes qui m'ont fait bricoler un titre  compressé pour ce billet, et ce titre m'évoque les fils sur Twitter (les threads — la règle absolue, pour avoir le droit d'utiliser ce mot quand on est francophones, semble être de ne savoir prononcer ni le /θ/ ni le /r/ ni le /ed/). J'en fais rarement, mais j'ai remarqué que souvent le premier tweet (ou gazouillis) d'un thread (ou fil) suscite des réactions (♥ ou RT), mais guère les suivants, ou alors un seul, ponctuellement; Pour les RT, cela s'explique : on partage avec ses followers (abonnés (il y a eu un gros délire à ce sujet avant-hier car l'Académie française a suggéré une périphrase ahurissante)) le premier texte, en espérant que ceux-ci ou celles-là (celleux) dérouleront la pelote (en anglais, on ne file jamais la métaphore jusqu'à yarn, sans doute car l'expression spin a yarn signifie “inventer un bobard”, “monter un bateau”...)

Bref, à force de parenthèses, j'ai perdu le fil.

 

Mais on se caille. Et comme toujours ici, le vent souffle à décorner les bœufs.

 

jeudi, 14 mai 2020

Dead Zone(s)

Hier soir, nous avons vu Dead Zone, revu pour ma part, pour la troisième fois.

Curieusement, toute la partie centrale, autour du tueur en série protégé par sa mère, m'était sortie de l'esprit. De même, à l'époque, n'ayant évidemment pas vu The West Wing (j'ai dû voir Dead Zone vers 1991 et 1998 respectivement), je n'avais pas pu trouver savoureuse, a posteriori, l'interprétation du futur président fanatique par Martin Sheen.

De même, je ne me rappelais pas que, dans la scène finale, John Smith s'installe dès la nuit précédente sur la galerie supérieure de la salle communale (église ?) afin de préparer son assassinat.

 

Aujourd'hui, diverses bricoles : visio Jitsi avec mon étudiant de M2, peaufinage du cours d'agrégation de demain, copies de L1 et L3, mise en place de la session de rattrapage...

 

mercredi, 13 mai 2020

Retour en ville, du 13 au 13

La dernière fois que j'étais allé en ville, à Tours centre donc, c'était le 13 mars.

Il s'est donc écoulé plus de temps que quand nous partons pour une grande part des vacances d'été (généralement du 10-15 juillet au 25 août). Malgré tout, l'impression est que moins de temps passé. Il faut dire qu'on n'a pas arrêté de bosser, et qu'en même temps on n'a rien fait de spécial.

 

20200513_104500

 

Impressions étranges en ville aussi, presque tout le monde masqué, tout le monde très prudent, globalement peu de gens d'ailleurs, des files d'attente qui paraissent tout de suite très longues à l'extérieur des échoppes les moins spacieuses...

 

20200513_104813

 

Se rappeler qu'en France, contrairement aux autres pays, tout le monde a dû s'acheter voire se bricoler (comme nous) des masques. Regain de froid depuis trois jours, et chargé de paquets en vue des anniversaires de la semaine prochaine, je me suis contenté de photographier la Loire depuis le parapet des Tanneurs. Bientôt, bientôt...

 

 

20200513_111929

 

mardi, 12 mai 2020

Queues

Hier, vers huit heures du soir, pendant le dîner, nous avons pu voir passer, dans la haie de troènes, et qui folâtraient dans la sapinette et les merisiers, une petite troupe de Mésanges à longue queue. Ce n'est pas très souvent qu'on en voit, et c'est toujours très émouvant. Il doit s'agir d'oiseaux qui n'ont pas trouvé à former de couples, ou qui cherchent à s'installer... à moins que ce ne soient déjà des jeunes issus d'une première nichée, et donc qui erreront ainsi, librement, jusqu'à l'année prochaine ?

En tout cas, elles n'ont fait que passer.

 

veinards.JPGJuste après, nous avons subi le nanard comique des années 60 imposé par A* : Les Veinards, un film à sketches de type très vaudevillesque, dont seul le premier était à peu près consistant, et surtout bien joué (par François Périer et Mireille Darc — Guy Tréjean toujours aussi creux). Ce film, outre son côté daté et lourdaud, sans rythme, brille par un sexisme comme évident, très frappant avec cinquante ans de recul...

veinards.JPGMême le sketch avec De Funès traîne en longueur, sans que De Funès lui-même n'ait la moindre illumination... Le deuxième sketch, avec Francis Blanche dans le rôle d'un type qui a gagné un déjeuner dans un restaurant prestigieux mais qui se fait couillonner de A à Z, est sans doute le plus inconsistant et le plus mal écrit (et pourtant, il y avait de la concurrence...) Dans le troisième sketch, un machin sans queue ni tête dont l'interprète principal est Darry Cowl (déjà, rien que ça...), A* s'est piqué un fou rire devant la nullité d'une des répliques. Un industriel enfermé hors de chez lui s'adresse à la concierge, vieille et censément peu ragoûtante, en lui disant “il faut appeler la police, il y a un satyre”. Et la concierge, visage réjoui : “Un satyre, où ça ?”

Vous voyez le niveau.

 

Hier le déconfinement a donné lieu à des cohues dans le métro (forcément, quand on incite les entreprises à mettre fin au télétravail et aux aménagements pour cause de cours à distance des enfants...), et, paraît-il, à des queues dans certains commerces. D'autres personnes que je connais ont rapporté avoir plutôt vu des villes encore semi-désertes. Surtout, il me semble que ces débats sont de faux débats : s'il y a déconfinement, on ne va pas commencer à faire les gros yeux à tel ou telle pour telle ou telle attitude. C'est l'arbre qui cache la forêt : ce qui compte, c'est la distribution de masques gratuits et le dépistage de masse — or, cela, le gouvernement y a lâchement renoncé. Ce qui compte, c'est un monde d'après plus écologique, moins consumériste, plus équitable : or, cela, des figues... Quelques voisins qui font des soirées chez eux ou des gens qui se posent sur les pelouses d'un parc à 80 cm l'un de l'autre au lieu d'un mètre, c'est l'arbre qui cache la forêt.

 

Pas réussi, n'ayant pas de colle appropriée, à réparer le procédé d'une des deux queues de billard ; O*, voulant sortir seul sur la terrasse dimanche le billard américain portatif, a heurté une des deux queues et cassé l'embout avec l'extrémité en feutrine bleue. J'ai mis un peu de scotch ; on verra ce que ça donne quand on y rejouera (la météo n'y est pas propice, pour le moment).

Mésange à longue queue  & branche de prunier

 

Aujourd'hui, j'avais l'intention d'aller en ville, pour la première fois depuis mes derniers cours aux Tanneurs le 13 mars, mais je vais attendre demain, d'une part car je n'ai pas de nouvelles des libraires à qui  j'ai passé certaines commandes en vue des anniversaires de C* et O*, d'autre part car symboliquement ce sera aussi le 13, donc deux mois précisément sans sortir de mon quartier de la Petite Arche (!).

(In cauda non venenum.)

 

lundi, 11 mai 2020

*1105*

Ce matin, je me suis levé pour constater le rafraîchissement, et surtout les averses à la limite de dégénérer en tempête. Il paraît que les métros étaient bondés ce matin, et Olivier Véran s'en est scandalisé : mais enfin, c'est leur faute !!! Le déconfinement sans distribution de masques ni incitation à maintenir le télé-travail, c'est la faute de ce gouvernement... à 100%.

 

Hier soir, interminable partie de Monopoly, à quatre — comme il y a quelques semaines, déjà à l'initiative d'O* — et qui s'est soldée par un dernier acte inédit : dix minutes où C* et moi avons disputé la finale, le temps de s'assurer que c'est bien elle qui me plumait, et non l'inverse.

Dans la journée, j'avais mis la piquette à O*, au piquet : 141/71, 120/57. Pas eu besoin de la belle en 221 points. (Pourquoi 221 points ? Le nombre 221, à part qu'il s'agit d'un multiple de deux nombres premiers consécutifs, n'a rien de particulier.)

 

Un peu avant midi, apéro visio (mais sans apéro en fait) avec mes parents, ma sœur, mon beau-frère et ma nièce.

 

Vendredi, j'ai promis à une amie de lui expliquer les motifs de mon hostilité à l'égard de Pierre Rabhi. Comme je manquais de temps, je lui avais promis un billet de blog d'ici dimanche. Comme elle m'a gentiment rappelé à ma promesse, je lui ai répondu vite fait, en MP. La vérité est que je n'ai aucune envie, en fait, de me (re)plonger dans ou tel texte de ce charlatan, dont on peut dire au mieux que son spiritualisme kitsch et creux est ridicule, au pire qu'il s'agit d'une stratégie d'extrême-droite pour placer toute la responsabilité de la lutte écologique sur les individus. Peut-être le ferai-je, tout de même.

 

11:40 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 10 mai 2020

La Pseudo-Phèdre, sommaire

Aujourd'hui, je me suis lancé dans un truc un peu dingo, qui consiste à réécrire sur Twitter, un vers sur deux de Phèdre. L'idée vient d'une énième fanfaronnade à côté de la plaque de ce paltoquet de Blanquer.

 

Comme d'autres se joignent et comme il se pourrait qu'on aille assez loin dans la pochade, j'ai décidé de reprendre, scène par scène, le texte dans ce blog.

 

Voici donc le sommaire :

 

 

 

 

 

 

samedi, 09 mai 2020

Odds and ends

Aujourd'hui, je n'ai pas fait grand chose, ou plus exactement : je n'ai guère bossé.

 

Comme, d'une part, il faisait beau, et comme, d'autre part, O* a été occupé à faire son travail d'arts plastiques le matin, à jouer à Fifa19 en début d'après-midi (il a été limogé de son poste d'entraîneur du PSG car avec les difficultés à jouer au niveau pro il y a 2-3 semaines quand il a passé ce niveau, il n'a pu terminer "que" 5e du championnat), puis à aider A* à faire la cuisine (quiche aux tomates cerise, velouté de fenouil et enfin chili pour demain), il n'y a eu ni partie de piquet, ni billard, ni ping-pong, et donc j'ai pu beaucoup lire, dehors, donc, malgré quelques agaçantes chignoles voisines autour des 3-4 heures de l'après-midi.

 

39de4-memmi2.jpgJ'ai fini de lire La statue de sel d'Albert Memmi, son premier roman (1953), que j'avais trouvé dans une boîte à livres je ne sais plus où, et qui s'est d'ailleurs débigoincé en cours de lecture : une fois la prochaine vidéo faite, il ira au recyclage, ce qui est dommage car c'est un très bon livre. En cherchant quelques bricoles hier au sujet de Memmi (dont j'ai lu il y a très longtemps, à Beauvais, Le scorpion) j'ai découvert qu'il était toujours vivant : il fêtera ses cent ans en décembre prochain. Roman en partie autobiographique, mais en partie seulement : on sait que les deux derniers chapitres correspondent en quelque sorte à une vie alternative d'Albert Memmi. Il s'agit d'un Bildungsroman qui suit les étapes d'un jeune Juif tunisois de l'enfance au début de l'âge adulte, après un “séjour” très rude dans un camp de prisonniers, sous le joug nazi. Memmi décrit très bien comment les Juifs d'Afrique du nord, considérés comme des citoyens de seconde zone avant et pendant la guerre, se sentent toujours aussi délaissés, tant par les FFL que par le nouveau gouvernement. Là où le roman se distingue notamment de la vie de Memmi, c'est qu'il s'agit d'un Künstlerroman déceptif : comment Alexandre Mordekhaï Benillouche n'est pas devenu écrivain. Le roman commence d'ailleurs d'une manière qui m'a rappelé le film de Perec Un homme qui dort, vu récemment.

 

pirandello.JPGJ'ai ensuite enchaîné sur un Pirandello acheté il y a un bon moment au Bibliovore (la fermeture des librairies ne m'a pas frustré car j'ai des dizaines de livres en souffrance, parfois depuis un bon bout de temps), Feu Mathias Pascal. Pirandello, ce sont surtout des souvenirs de théâtre lu, il y a longtemps : souvenir très vif d'avoir adoré Vêtir ceux qui sont nus ; je me revois encore rencogné dans un des deux vieux fauteuils de notre studio à Coppélia. Ce roman, le chef-d'œuvre de Pirandello selon la quatrième de couverture, commence très bien, les 150 premières pages, on va dire, mais je suis moins convaincu par les pages du milieu, l'intrigue dans la pension de famille romaine.

[On a side note, lire ce roman a été l'occasion de découvrir une scène des Évangiles qui m'avait échappé, la guérison de l'Hémorroïque.]

 

♣♣♣♣♣♣♣

 

chat 2.jpgSoir : Chat noir, chat blanc de Kusturica. Nous avions vu ce film, C* et moi, lors de sa sortie, en 1998, à Beauvais, avec une amie de l'époque, Béatrice, perdue de vue avant même que nous ne quittions la Picardie : elle s'était enfoncée dans la dépression, certainement, et avait glissé sans contrecoup possible dans les abonnées absentes. Il y a quelques mois, nous avons revu aussi avec les garçons Le Temps des gitans. La vie est un miracle, que je n'ai jamais vu, nous attend aussi. Chat noir, chat blanc est conforme à mon souvenir : brillant, drôle, emporté, véhément, avec bien entendu ces scènes anthologiques rythmées par des orchestres dans les postures les plus inimaginables. La grande scène du début chez Grga et la scène du convoi ferroviaire (avec le chef de gare pendu à une barrière levée) sont des hommages appuyés mais très réussis à Sergio Leone. Je n'avais pas de réel souvenir des entourloupes mafieuses qui rythment le film, ni du fait que les deux chats du titre sont aussi ceux qui, en folâtrant, ressuscitent les deux vieux. La résurrection et la joie macabre sont deux motifs essentiels du cinéma de Kusturica. La destruction progressive de la maison a un petit côté métafictionnel : regardez, on détruit le décor au fur et à mesure qu'on tourne le film. — Il faudrait revoir Underground aussi ; j'avais beaucoup aimé ce film et n'avais pas trop compris, à l'époque, pourquoi le film était accusé de défendre évidemment le nettoyage ethnique de Milosevic et sa bande...

 

rayon.jpgSinon, j'ai visualisé le rayon de 100 kilomètres autour de notre domicile, afin de voir quelles petites virées (avec pique-nique et masques) nous pouvions envisager : outre le Bioparc de Doué (mais quand les oryctéropes seront visibles, dixit le spécialiste), les châteaux vont commencer à rouvrir leurs portes, sans parler des villages des bords de Loire. Pour les grandes villes, nous avons été amusés de voir qu'Angers et Poitiers — très belles et captivantes — étaient tout juste dans le cercle, de même que Le Mans, alors qu'Orléans — cette cité grisâtre et médiocre — était hors de portée, à quelques kilomètres près.

 

vendredi, 08 mai 2020

Mensonges, suite

Il y a un mois, le gouvernement disait que les écoles ne rouvriraient qu'en cas de ralentissement très marqué du Covid19, et que des tests et des masques seraient disponibles pour tout le personnel de l'Education nationale.

7 mai : finalement, pas assez de tests même pour les soignants et les personnes présentant des symptômes. C'est ce que Véran a appelé des "tests massifs". Tous les autres pays doivent se foutre de notre gueule XXL.

Blanquer : pas de tests pour les profs, car il ne faut "pas gâcher".

Quand j'écrivais hier que le mensonge est leur unique politique...

 

14:57 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (1)

jeudi, 07 mai 2020

Reprise ?!?

Matinée : préparation de cours et correction de devoirs.

Après-midi : 4 h 20 de conseil d'UFR en visioconférence.

Demain je ferai un cours d'agrégation en streaming YouTube, un 8 mai, oui, car pas d'autre créneau possible avec les nombreuses collègues en poste dans le secondaire, et qui sont accaparées toute la semaine par la "continuité pédagogique".

 

J'ai vu passer des trucs sur la "reprise" ou la "rentrée" des profs le 11 mai. Que des comptes macronistes. Normal : le gouvernement et ses soutiens détestent les profs et veulent faire haïr les profs. Au prix des pires mensonges, car le mensonge est leur unique politique.

21:51 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 06 mai 2020

Où il est notamment question de Hilde Domin

En ce moment, A* se lève à 6 h 30 car il a des examens de maths tous les matins à 7 h 30 ; j'ai remis le réveil chaque jour à 7 h, au cas où... et, curieusement, je recommence surtout à être réveillé dès 6 h... Première chose ou presque, après les mails pro (pas grand chose ce matin) et un coup d'œil à Facebook et Twitter : ma traduction quotidienne.

Ce matin, j'ai traduit un poème de Hilde Domin, poète du 20e siècle très connue en Allemagne, et plus ou moins inconnue en France, je pense. Il faudra que je pense à chercher des éditions de ses poèmes, ainsi que sa correspondance — retrouvée après sa mort, en 2006 —avec son époux. Hilde Löwenstein, née en 1909, a connu à peu près toutes les vicissitudes d'une émigrée juive tentant d'échapper à l'Allemagne nazie : d'abord émigrée en Italie (mauvaise pioche), elle réussit à s'enfuir avec son époux in extremis, en 1939, avant de rejoindre l'Angleterre. Elle n'est revenue vivre en Allemagne qu'en 1961 après un long séjour en République dominicaine : c'est à ce pays qu'elle emprunte en quelque sorte son pseudonyme.

catkin.JPGPeut-être que, pour un prochain défi de traduction d'un poème par jour pendant un mois, je pourrais choisir Hilde Domin, et elle seulement. Dans le poème d'aujourd'hui, il y a un jeu sémantique sur la polysémie du mot Kätzchen, qui, heureusement, est identique en français : les chatons du saule se voient affectés d'un “pelage dégoulinant”. En anglais, ce jeu de mots n'eût pas été possible (kitten vs catkin).

 

Fini de lire Louis Lambert, qui est en effet, à bien des égards, et comme le disent deux personnages de The Ambassadors, un livre raté. Mais comme toujours chez Balzac, c'est un livre raté essentiel.

 

Aujourd'hui je dois continuer mes corrections de L1 et L3 (les étudiants déposent leurs devoirs au compte-gouttes, et moi je ne peux attendre le terme pour m'y mettre), et préparer mon cours d'agrégation sur Cook pour vendredi. Au début, le cours devait avoir lieu hier matin, mais diverses complications ont fait que j'ai dû le décaler. Les collègues/étudiant·es préfèrent la date du vendredi matin, seul moment calme de la semaine. Cela a beau être un jour férié, tant pis, je cède. La situation est déjà si compliquée, et pour tout arranger le jury qui devait annoncer les résultats d'admissibilité aujourd'hui a apparemment renvoyé la publication sine die. De toute façon, il est à espérer qu'on sorte enfin rapidement de cette situation, car entre les collègues qui continuent de travailler et d'avoir un fonctionnement quasi normal, comme s'il ne se passait rien de particulier, et les gens qui font n'importe quoi, il ne reste pas grand chose d'un peu mesuré...

 

D'ailleurs, les scènes diffusées hier à la télévision l'ont montré, Macron et Blanquer sont irresponsables et grotesques ; je ne sais lequel des deux adjectifs les décrit le mieux. Comme la situation est tragique et comme leur irresponsabilité risque d'augmenter le nombre de morts, on peut dire que le ridicule tue, et l'incompétence aussi.

 

mardi, 05 mai 2020

Ça travaille (au ciboulot)

Ce matin, le cours d'agrégation sur Gordimer s'est bien passé : c'était une étudiante/collègue qui se chargeait du commentaire de texte. Afin de permettre davantage d'interaction qu'avec Youtube, j'avais créé un “salon” avec Jitsi. J'ai donc pu voir — ce qui change tout — les collègues, dont le seul garçon, qui a eu l'air de s'emmerder tout du long des 2 h 30...

D'ailleurs, j'ai tenté de faire un live streaming de la visioconférence sur YouTube, mais il a dû y avoir un bug car seules les 90 premières minutes ont été enregistrées / archivées. Heureusement que j'avais fait un document avec mes suggestions de plan et d'analyses pour les absentes.

Pour préparer ce texte, je me suis replongé dans De Chirico, et surtout dans The Enigma of Arrival : une envie folle de relire ce livre. Si je me mets à vouloir relire, je ne suis pas sorti de l'auberge... Pendant ce confinement, toutefois, le “placard des livres en souffrance” se vide un peu, mais pas le “confiturier”.

 

Soirée : The Big Lebowski, vu au cinéma à sa sortie. Même impression qu'il y a 20 ans et quelque : film distrayant, bien joué, mais trop long, pas très bien ficelé, répétitif, trop “second degré”. En fait, ni C* ni moi ne nous rappelions l'intrigue, plutôt l'ambiance seulement. Mention spéciale pour le numéro hallucinant de John Turturro au bowling.

 

lundi, 04 mai 2020

Un beau bouic par Beuys

Levé tôt, avant même le réveil, à 6 h 30. Raté le café, c'est assez rare pour être souligné : il m'arrive d'avoir la main lourde, mais cette fois-ci j'ai fait, exceptionnellement, un café trop léger. C'est vraiment infect.

 

La journée est studieuse pour tous ici, dans la maisonnée : A* a deux examens à distance, dont un de maths tous les matins de la semaine à 7 h 30 ; O* en face de moi écoute des documents en espagnol pour une compréhension orale ; C* dans la chambre fait un cours en visioconférence ; de mon côté, j'ai déjà fini un de mes 5 paquets de copies, traité les mails professionnels, commencé à préparer le cours de demain matin (commentaire de texte sur un extrait de Gordimer). Suis en pleine lecture et correction aussi du chapitre que m'a envoyé mercredi dernier mon étudiant de M2.

 

beuys.JPGJ'ai aussi traduit vite fait mon poème quotidien pour les Germaniques de mai. Celui d'aujourd'hui est d'Eva Zeller, poète toujours vivante (97 ans !), à ne pas confondre avec Eva Christina Zeller dont on trouve, sur son site Web, gratuitement, toute une anthologie de poèmes traduits par un universitaire néo-zélandais. — J'ai un peu tergiversé dans mon choix de la poète à traduire et ai commencé à lire, avant de renoncer (la langue est trop complexe), une poète du dix-huitième siècle, Sidonia Hedwig Zäunemann.

 

Hier, je me suis “débarrassé” de la vidéo très longue dont j'avais commencé l'enregistrement le 6 avril. Une bonne chose de faite, en attendant mon improbable liste des 100 (73 ? 41 ?) livres majeurs du 21e siècle. — Hier soir, aussi, le nanard du dimanche soir : Les Bons Vivants, film à sketches de 1965 qui n'est (vaguement) sauvé que par le troisième “acte” et un de Funès en pleine bourre. Petit détail, l'excellent dictionnaire de l'argot Bob suggère plusieurs citations pour le mot bouic, synonyme de bordel que je n'avais jamais rencontré.

 

dimanche, 03 mai 2020

Ping-pong ?

Ce matin, à jeun, dès mon lever, à 7 h 30, je suis allé à la boulangerie pour y refaire le stock hebdomadaire : huit baguettes bio, deux pains. Sans compter les viennoiseries du petit déjeuner. Toujours pris par ma lombalgie, j'ai eu un peu de mal sur le chemin du retour, puis dans l'heure qui a suivi.

 

Hier, j'ai assuré mon troisième cours d'agrégation sur Gordimer en vidéo, ce qui a été l'occasion du douzième portrait de ma nouvelle série des Caractères : à l'imitation de Paul/Laurent, je vais écrire un bref portrait de chacun·e de mes contacts Facebook. Ce matin, j'en ai écrit deux de plus, le 13 et le 14. À terme, je les publierai ici, en les retouchant sans doute.

La nouvelle série de traductions quotidiennes est consacrée à des poètes de langue allemande ; aujourd'hui, c'est en traduisant le bref texte d'Ilse Blumenthal-Weiss que j'ai vraiment compris qu'il évoquait l'extermination des Juifs.

 

Aujourd'hui, il faut j'enregistre les derniers rushes de la vidéo commencée il y a bientôt 4 semaines et laissée en plan. (Personne ne me la réclame, il faut bien dire.)

 

09:55 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 02 mai 2020

*0205*

Impression que les tourterelles ont abandonné le nid : déjà, hier, on les y a moins vues. Peut-être est-ce à cause des fortes pluies, ou de leur nid foutraque et bâclé... C'est triste.

 

Hier O* et moi avons appris à jouer au piquet : la goutte d'eau, ça a été ma lecture de Son Excellence Eugène Rougon. Au vingt ou trentième roman qu'on lit et dans lequel des personnages jouent à ce jeu, la curiosité l'emporte. Et, de fait, pour un jeu de cartes à deux, c'est probablement ce qui se fait de mieux. — Il semblerait, à en croire le TLFi, que le substantif féminin piquette, au sens de déroute ou raclée, ne provienne pas du jeu de piquet, ce qui eût pourtant été piquant.

 

Hier encore : Macron ridicule ou scandaleux, on ne sait plus avec lui ; c'est comme avec Trump.

 

Hier toujours : Stavisky de Resnais. Bon film, qui a dû être “exploité” abondamment, en son temps (l'âge d'or de Ricardou et des structuralistes), par des profs voulant montrer le fonctionnement d'un récit mêlant prolepses et analepses. C'est très bien joué, et le contrepoint Trotski très judicieux. Pourrait-on faire une version contemporaine, voire un cycle de films, sur des modèles narratifs similaires, mais avec Boulin, Bérégovoy, Strauss-Kahn, Benalla...

 

Ce matin : troisième cours d'agrégation sur Gordimer via le streaming de YouTube. Cette fois-ci, je ferai cours dans la chambre. Comme je vais beaucoup parler du concept bakhtinien d'unfinalizability, il faut que je pense à insister auprès des candidates afin qu'elles s'entraînent à prononcer cet octosyllabe.

 

vendredi, 01 mai 2020

Pour ne pas en finir avec les nombres premiers

Hier soir, nous avons regardé un film canadien, Pauvre Georges ! de Claire Devers — pas mal, plutôt allusif malgré quelques lourdeurs de mise en scène — pas du genre à casser des briques. Je me disais ce matin, en y repensant, que c'est exactement le genre d'histoire qui peut donner tout et son contraire, d'un point de vue littéraire : par exemple, la même histoire, peu ou prou, racontée par Nuruddin Farah, d'un côté, et par cette baderne nullissime d'Eric-Emmanuel Schmitt de l'autre.

 

Consulté, pour l'avoir vue sur Facebook, la liste des 100 livres les plus importants du 21e siècle compulsée par le Guardian. Il s'agit d'un article de 2019 qui a resurgi, je ne sais pourquoi. Comme d'habitude avec ce genre de liste, je fais le décompte des livres traduits, donc histoire de voir ce qui, pour le monde anglophone, représente le monde : 84 livres sur 100 ont été écrits en anglais par des anglophones, pour l'immense majorité d'entre eux/elles britanniques ou nord-américain·es.

Toutefois, j'ai aussi essayé de repérer combien de livres j'avais lu. 14, comme suit, avec mes conseils au collègue avec qui j'ai échangé à ce sujet sur Facebook :

99/ Verre cassé de Mabanckou (aucun intérêt – AM n'a écrit qu'un seul bon livre, Lumières de Pointe-Noire)

95/ les Chroniques de Bob Dylan, intérêt trèèès relatif

75/ Tokarczuk, j'en ai lu plein mais pas celui-là je crois (pb du titre en anglais ?) – je conseille très hautement Les Pérégrins

69/ idem Javier Marias, pas sûr au vu du titre — bien aimé la trilogie Ton visage demain, qui même oxbridgisme et espionnage pendant la Guerre froide

47/ Persepolis, ok

46/ Human Chain, je ne connaissais pas l'existence de ce recueil de Heaney / à suivre

41/ Atonement, un McEwan très dispensable (moins mauvais qu'Amsterdam quand même) — à mon avis, il faut lire deux livres de McEwan: The Cement Garden et Black Dogs, point barre

33/ Fun Home, ok

29/ La mort du père et la suite de l'hexalogie de Knausgaard (j'en suis au tome 3), pas mal mais ça faiblit - le premier est vraiment très dérangeant et fort du coup

21/ Sapiens, m'a pas mal énervé, j'en ai parlé dans une vidéo

17/ The Road, ok

16/ Franzen, c'est comme Foster Wallace, pu finir aucun de ses livres, zzzzzzzzzzzzzzzz

12/ The Plot Against America, pas le meilleur Roth mais bien (je pensais qu'il était plus ancien que ça en revanche)

10/ Adichie, oui, il faut la lire [et plutôt Half of a Yellow Sun qu'Americanah, pour commencer, en effet]

 

Il faudrait que je compile ma propre liste des livres publiés entre 2001 et 2020 dont je considère que les gens que je connais gagneraient à les lire, ou à  les avoir lus. Il n'y en aura pas cent : un nombre premier, peut-être...?

 

jeudi, 30 avril 2020

Bureaux, billards, palindromes

Depuis hier matin, il tombe, par moments, des trombes d'eau. Je plains, malgré l'épais feuillage du néflier qui les protège, les tourterelles, et les autres oiseaux (une nichée de mésanges charbonnières, peut-être, du côté du prunus qui fait face à la haie, dans le lierre touffu ?).

Le 30 avril, j'aurai donc réussi à écrire un billet chaque jour depuis le début de l'année. Des repères. Il y a trois jours, toutefois, j'ai manqué l'occasion de signaler le 4664e billet, pas seulement pour l'amour des palindromes mais parce que ce nombre était le numéro de dossier de mon fils aîné chez l'orthodontiste.

 

Hier soir, épisodes 7 et 8 de la saison 5 du Bureau des légendes. La série traîne en longueur, tire sur tous les fils déjà abondamment pris et repris lors des saisons précédentes, sans réel renouvellement. Il aurait fallu un peu de courage, une déstabilisation narrative, comme, par exemple, reprendre tout depuis le point de vue d'un seul personnage secondaire (l'informaticien ou le spécialiste de la zone Moyen-Orient, par exemple). Changer de mode narratif, ou de système formel, que sais-je. Là, on s'emmerde gentiment ; ça ronronne.

 

Depuis deux jours, un jeu littéraire fleurit sur Twitter, avec le hashtag #UnLivreUnePlace.

flowers.JPG

 

Le temps se rafraîchit, ce qui est presque habituel pour le tournant d'avril-mai. — Plus personne ne comprend rien aux annonces du gouvernement ou du Ministère de l'Education nationale, mais on a l'impression que plus personne ne cherche à comprendre, qu'on s'habitue à couler à moitié dans un navire au gouvernail arraché, au capitaine absent.

 

Essayé de comprendre les règles détaillées du jeu de la 8 au billard américain ; je me demande si passer l'agrégation de philosophie n'est pas plus compliqué.

 

mercredi, 29 avril 2020

Doublons d'argent

signé.JPGNous nous sommes — par ma faute (c'était à moi de choisir lundi soir) — enfilé un tunnel de trois nanards en trois soirs : Le Roi Lion (version 2019), Signé Furax et L'homme-orchestre

Bientôt fini The Ambassadors, mais je bute un peu.

Par contre, je me suis remis, timidement, à traduire des poèmes de Johanna Wolff et ne désespère pas de reprendre le Projet Scarlatti : j'ai calculé qu'en écrivant un quadrilatère tous les jours en mai-juin j'aurai fini pour le 30 juin. Reste à savoir ce que je ferai du livre : assembler les quadrilatères dans l'ordre d'écriture ? dans un autre ordre mais en gardant les n° d'opus ? avec les “doublons” ? sans les “doublons” pour conserver la structure de 139 fois 2.020 signes ?

 

07:40 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 28 avril 2020

Trio de tourterelles

Depuis vendredi, nous pouvons observer un nid de Tourterelles turques, le couple s'étant installé dans le néflier juste au niveau de la fenêtre du bureau. Ce matin, en ouvrant les volets (électriques, ce qui permet de ne pas ouvrir la fenêtre, mais est peut-être bruyant (ce sont des oiseaux citadins, les bruits humains les dérangent moins)), surpris de voir, posés sur la branche tout près de la couveuse, non pas l'autre partenaire mais deux adultes...

 

 

 

Aucune idée de ce que cela signifie.

 

lundi, 27 avril 2020

Grosses mesles

Hier soir, la voisine d'en face (bien vêtue, et non dans sa sempiternelle robe de chambre usée d'octogénaire économe) est venue me demander quel était l'arbre près du bureau. Je lui ai dit (redit, car on en avait déjà parlé) qu'il s'agissait de deux néfliers. Comme moi, elle aime beaucoup le contraste des feuilles d'un vert intense et des fleurs blanches au printemps, mais aussi le contraste entre le vert jaunissant des feuilles et les fruits d'or brun à l'automne. Elle m'a redemandé cela car une passante s'était arrêtée dans l'après-midi pour prendre des photos, et comme elle (notre voisine) est tout le temps en train de guetter, de fouiner et d'alpaguer les uns et les autres, la promeneuse lui a expliqué qu'elle s'était demandée ce qu'était cet arbre et que l'application mobile lui avait dit que c'était un... pommier... Notre voisine lui a dit que c'était l'arbre qui faisait des mesles, car c'était le mot qu'elle entendait jeune du côté de Bourgueil (et c'est le mot de Rabelais), mais elle se doutait que le nom commun officiel n'était pas celui-là. De mespila en latin à mesle ou nèfle, et medlar en anglais (Mispel en allemand ou nìspero en castillan), il y a 4 ou 5 ans j'avais commencé à écrire un texte sur les nèfles, mais il s'est perdu dans les profondeurs de Twitter ; j'ignore comment récupérer l'ensemble des archives d'un compte sur Twitter. 

 

07:42 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 26 avril 2020

Le monde d'après, encore plus pourri et fliqué ?

De retour de la boulangerie. Sur le chemin, j'ai vu le cadavre de la fouine, déjà très décomposé.

Dix ou douzième fois que je sors en six semaines, toujours avec mon attestation manuscrite sur du papier brouillon, et jamais contrôlé.

 

Hier après-midi, après, mon cinquième cours d'agrégation de la semaine, j'ai enfin pu souffler un peu : The Ambassadors sur la terrasse, parties de billard (on essaie le jeu de la 8 mais il faut que je potasse les règles détaillées).

Un poème génial de Browning : The Last Ride Together.

Hier soir : Les chimpanzés des Monts de la Lune (le film, mais C* et A* connaissaient le livre).

 

Ce matin, alerté (en pure perte, ce sont des fantoches godillots) les 5 député·es d'Indre-et-Loire pour leur demander de rejeter la loi sécuritaire obligeant l'utilisation de l'application StopCovid.

 

08:01 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 25 avril 2020

Printemps

Première fois depuis fort longtemps que j'ai été réveillé par le réveil : depuis le confinement, je le mets à 8 h, mais je suis toujours réveillé (longtemps) avant. Ce matin, j'assure encore un cours d'agrégation, le cinquième en six jours.

 

En préparant le café à la cuisine, je me suis fait la réflexion que les deux minuscules et graciles érables avaient enfin sorti toutes leurs feuilles. Ce n'est pas demain la veille qu'ils nous cacheront un peu la rue et la maison d'en face, ces arbres qui, comme tant d'autres (comme les gigantesques merisiers de l'autre côté), ont poussé tout seul.

En ce moment, comme chaque année, les plants de muguets sont en fleur et embaument à dix mètres à la ronde ; là aussi, ils se replantent seuls chaque année. Je ne conçois pas le jardin autrement. Et même en faisant des bouquets, le parterre éclate sous ce camaïeu de vert et de blanc.

 

Il doit refaire un temps tristounet à partir de lundi ; profitons du week-end.

 

Hier soir : version filmée du Marchand de Venise dans l'adaptation de Jacques Vincey et Vanasay Khamphommala. Je l'avais vue au théâtre il y a deux jours, mais C* l'a téléchargée sur YouTube et mise sur clé USB. C'était vraiment pas mal du tout. J'avais beau avoir étudié la pièce il y a fort longtemps, je ne me rappelais pas, dans l'acte IV, la tirade de Shylock dans laquelle il explique l'arbitraire humain en prenant comme exemple les hommes qui ont envie de pisser en entendant jouer de la cornemuse.

 

What if my house be troubled with a rat

And I be pleased to give ten thousand ducats

To have it baned? What, are you answer'd yet?

Some men there are love not a gaping pig;

Some, that are mad if they behold a cat;

And others, when the bagpipe sings i' the nose,

Cannot contain their urine: for affection,

Mistress of passion, sways it to the mood

Of what it likes or loathes. Now, for your answer:

As there is no firm reason to be render'd,

Why he cannot abide a gaping pig;

Why he, a harmless necessary cat;

Why he, a woollen bagpipe; but of force

Must yield to such inevitable shame

As to offend, himself being offended;

So can I give no reason, nor I will not,

More than a lodged hate and a certain loathing

I bear Antonio, that I follow thus

A losing suit against him. Are you answer'd?

 

07:43 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 24 avril 2020

I'M A Man / Of Constant Sorrow

Pour la première fois depuis quinze jours, j'ai fait une to-do list, car je n'ai pas le couteau sous la gorge. Si je voulais, je pourrais ne rien faire ; aucune tâche urgentissime. Cela étant posé, je viens quand même de me faire une to-do list, histoire de relancer deux ou trois petites choses en souffrance, et aussi de ne pas laisser déraper les x tâches qui continueront de pleuvoir d'ici début juin au bas mot.

Il y a notamment la question des traductions de Johanna Wolff : j'aurais voulu en faire une par jour en avril, mais il n'y en aura qu'une dizaine, au mieux. Je n'aurai guère de regrets car en la traduisant j'ai mieux décelé combien cette œuvre ne me retournait pas.

 

Hier soir, nous avons regardé O'Brother, que C* et moi avions vu au cinéma lors de sa sortie et qui reste à la fois très jouissif, surtout pour les variations sur les registres et les niveaux de la langue, mais aussi pour la manière dont le film revisite la musique populaire des années 30 et les deux sillons pas si parallèles que cela du blues et du folk. Le choix de faire chanter un chant d'esclaves par trois fossoyeurs noirs au moment où les 4 hommes s'apprêtent à être pendus haut et court par le diable est audacieux, et a dû être critiqué : est-ce une identification du diable aux suprémacistes blancs, ou cela signifie-til que les trois Noirs sont au service du diable ?

Ce qui continue de me paraître complètement surdéterminé, c'est la prétendue “adaptation” de l'Odyssée : les sirènes, le Cyclope, le prétendant (unique), la vallée devenue une immense lac... soit... mais tout cela relève plus de la ficelle, du point de départ permettant de structurer le film, que d'une véritable réécriture ou adaptation.

Soudain je me demande : est-ce que la fixette du personnage d'Everett (George Clooney) sur ses cheveux et sur la gomina est une extrapolation d'un truc dans l'Odyssée ?

 

jeudi, 23 avril 2020

Gestion désastreuse, 3

De lundi à mercredi, j'ai assuré trois cours en visioconférence sur le sujet d'agrégation externe Les voyages du capitaine Cook (1768-1779). Neuf heures de cours en ligne qui ont représenté, en amont, des dizaines et des dizaines d'heures de travail.

Cet après-midi, c'est au tour du cours d'agrégation externe sur Jump & Other Stories de Nadine Gordimer : heureusement, ce cours, je l'avais déjà préparé l'an dernier, mais j'ai dû reprendre mes fiches, réorganiser l'ensemble car j'ai mis le fichier audio de trois cours de 2019 à disposition des étudiant·es de cette année, et aussi changé totalement les sujets de commentaire et de leçon. Visio cet après-midi, et rebelote samedi matin.

Et tout ça dans un contexte où les oraux du concours sont maintenus, contre l'avis des experts médicaux et dans le flou le plus total. Dans un contexte aussi où les outils numériques institutionnels de l'Université, en total plantage, sont inutiles : j'assure donc tout cela sur YouTube, soit le grand n'importe quoi...

 

Impression grandissante que le monde universitaire va sortir durablement marqué, physiquement et psychologiquement, de tout cet épisode, et de la gestion désastreuse de la crise par les responsables, aux niveaux national et local.

 

10:53 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 22 avril 2020

Gestion désastreuse, 2

Plus personne ne comprend rien aux annonces du ministre Blanquer.

D'abord, il annonce (après dix jours de concertation) une série de mesures relatives au déconfinement et à l'ouverture progressive des écoles. Quelques heures plus tard, devant l'Assemblée, ce ne sont plus que des hypothèses. Le lendemain, la moitié de ces hypothèses sont plus ou moins annoncées comme non valides, après que des milliers de personnes en ont démontré l'impossibilité sur les réseaux sociaux.

 

10:42 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 21 avril 2020

Gestion désastreuse, 1

Je ne comprends plus rien aux instructions et aux mails de la Présidence de l'Université.

J'échange avec mes collègues, y compris directeurs de département etc., et il s'avère que personne ne comprend rien.

Tout le monde est submergé de boulot, découragé ; tout le monde a l'impression qu'on va droit dans le mur et que l'équipe dirigeante ne sait faire qu'une seule chose : appuyer sur l'accélérateur.

 

17:50 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 20 avril 2020

*2004*

Aujourd'hui commence une énorme semaine ; c'est étrange de formuler ça ainsi, car c'était théoriquement la seconde semaine de “pause pédagogique” et surtout car depuis cinq semaines les jours semblent se suivre et se ressembler.

Pourtant, c'est la vérité : aujourd'hui commence une énorme semaine, avec pas moins de quatre cours d'agrégation, de trois heures chacun, à assurer d'ici lundi, en visioconférence.

Aujourd'hui commence une énorme semaine, et je suis levé à pas d'heure.

 

Quinze jours aujourd'hui que je n'ai pas touché au Projet Scarlatti ; j'avais plusieurs mois d'avance sur le calendrier initial, mais ce n'est pas une raison pour laisser se briser le ressort. Idem pour le projet de traduire un poème de Johanna Wolff par jour : j'ai eu la tête dans l'organisation des examens du 9 au 13, et dans ces fichus cours d'agrégation depuis le 14, au point de ne pas avoir envie de passer davantage de temps sur l'ordinateur.

 

Hier soir, conférence presse interminable, lourdaude et ennuyeuse d'Édouard Philippe et Olivier Véran. À les écouter, la France a géré cette crise mieux que n'importe quel autre pays, mais en même temps il n'y aura pas encore assez de gants, de surblouses et même de masques pour les hôpitaux avant longtemps. Pour les hôpitaux...! alors, les gens ordinaires, pour ne rien dire des profs ou de leurs élèves, brossez-vous.

On a bien compris que l'impératif était de redémarrer une activité économique normale dans les plus brefs délais, coûte que coûte. Le gouvernement est d'ailleurs en train de donner un pognon de dingue à de grosses entreprises déjà à peu près exemptées de tout, en les exemptant de surcroît de se conformer aux accords de Paris sur le climat. Autant dire qu'entre la deuxième vague du Covid19 et les dérèglements climatiques qui nous attendent, plus rien ne fonctionnera de manière normale.

 

Ce gouvernement mériterait un Thomas Bernhard. Pour lui tailler des croupières, un costard, choisissez la métaphore que vous préférez.

Pour lui cracher dessus avec verve et génie.

Pour transformer un peu de leur merde en or.

 

05:39 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 19 avril 2020

Trimard, glandouille et sonnet livresque

Journée étrange. Dû continuer d'arrache-pied mon cours d'agrégation sur les voyages du capitaine Cook, de plus en plus prenant et/mais de plus en plus passionnant.

J'avais mal commencé, en perdant intelligemment près de deux heures à écrire un fil (thread) sur Twitter, afin d'expliquer quelques rudiments de prosodie anglaise.

Et je finis mal, vu que je viens de perdre une bonne demi-heure à composer un sonnet livresque. (L'idée vient, là aussi, de Twitter, où plusieurs internautes se relaient et s'épaulent pour en composer des collaboratifs.)

Sonnet livresque du 19 avril 2020, vue empilée verticale.

En voici ci-dessus la version complète dite “empilée et verticale”. Mais j'en donne ci-après une transcription (et ce d'autant mieux qu'en faisant la pile je me suis trompé dans le dernier tercet, inversant le vers 12 et le vers 14 et oubliant le premier hémistiche du vers 13).  Le sonnet est composé de 33 titres de livres, agencés en 14 vers dont cinq sont triples (à trois titres).

 

le diable rebat les cartes la mort d'un père

des os dans le désert une méditation

ouvrez pour en finir avec les chiffres ronds

la maison de la faim vies perpendiculaires

 

le quai de Ouistreham quién es ? crâne chaud

trois ombres sur Paris : leçons particulières

tohu mort d'un cheval dans les bras de sa mère

la mort d'Ahasverus derrière mon bureau

 

dérangé que je suis deuil la quête de joie

hors les murs bois dormant portraits d'un éphémère

tomates nature morte avec bride et mors

 

l'instinct de ciel la voix sombre l'aide à l'emploi

la découverte australe allada Marie-Claire

journal des jours tremblants danse autour de la mort

 

J'ai une affection particulière pour les trimètres 3/3/6 et 4/4/4 des vers 10 et 12 et pour le choix d'une unique rime féminine pour les quatrains et les tercets. L'écrasante majorité des titres de livres, en français, ne se terminent pas par un e muet, de sorte qu'une des gageures d'un sonnet livresque consiste à trouver assez de titres pour les rimes féminines.

 

samedi, 18 avril 2020

Le Labyrinthe du silence

Regardé ce soir un film allemand très académique et explicite Le Labyrinthe du silence [Im Labyrinth des Schweigens], tourné en 2014 par Giulio Ricciarelli. Tout, ou presque, dans ce film est attendu, sans surprise : les relations entre les personnages, les moments de crise entre les personnages ainsi que leur résolution, les obstacles au travail du procureur et la manière dont ils sont levés etc.

 

Un des moments les plus lourdingues est la scène où le protagoniste, le jeune procureur Radmann, apporte son veston déchiré à son ex, devenue couturière, afin qu'elle le répare. S'ensuit un dialogue lourdinguissime dans lequel l'état du veston désigne, selon une métonymie filée (c'est le cas de le dire), l'état des sentiments des anciens amoureux. Scène qui reprend quinze minutes plus tard, quand la couturière rapporte finalement le veston recousu à Radmann, alors qu'elle lui avait d'abord dit que l'accroc était irréparable. Autant dire que même la licorne dans la Ménagerie de verre, à côté, c'est du David Lynch.

Il y a aussi les scènes de rêve : afin que le spectateur identifie bien qu'il s'agit d'un rêve, Ricciarelli ne se contente pas de filmer Radmann en train de s'éveiller en sueur de son cauchemar (plan déjà d'une folle originalité) : il le filme aussi en train de dormir, et ce juste avant la scène du rêve. Le moins que l'on puisse dire est qu'il s'agit d'un cinéma explicite. (Il s'agit aussi d'un film qui ne répond convenablement à aucun des points du test de Bechdel, mais n'entrons pas là-dedans.)

 

labyrinthoflies-05.jpgEt pourtant, cet accroc à la veste est plus elliptique, plus suggestif qu'on ne le croit en s'agaçant de cette scène téléphonée.

Et pourtant, le film reste intéressant et émouvant, en raison de son sujet. Film parfait d'un point de vue historique et didactique, tout y est représenté de manière claire et simplifiée (voire simpliste, cf les critiques ci-dessus), mais c'est la représentation des tabous, le silence du titre, qui justifie ce cinéma explicite. Ce n'est pas seulement par académisme, mais par parti pris : face au labyrinthe du silence, le cinéaste décide  de tout miser sur le fil d'Ariane et la clarification systématique. Le silence du titre (en allemand, le verbe schweigen substantivé, donc le fait de se taire, le silence complice, le silence gêné — pas de traduction totalement adéquate pour ça), c'est celui qui entoure, jusqu'en 1958, date à laquelle commence l'action, la collaboration massive des citoyens ordinaires au nazisme et même à l'extermination des Juifs.

mengele.jpgCe dont il faut faire le procès, selon le procureur général, c'est le nazisme ordinaire, celui des petites gens : en s'obstinant à traquer Mengele, en pure perte, le jeune Radmann laisse filer un ancien tortionnaire “ordinaire” d'Auschwitz devenu boulanger. D'ailleurs, plus fin qu'on ne le croirait, le cinéaste choisit d'évoquer le contraste entre Eichmann arrêté et jugé, d'une part, et Mengele qui échappe à la justice en se réfugiant au Paraguay après avoir fait des allers-retours entre l'Argentine et l'Allemagne sans jamais être inquiété. Dans le film, on ne voit ni l'un ni l'autre : ce ne sont pas les chefs ou les figures reconnues de l'atrocité nazie qui sont représentées dans ce film, et pourtant il est beaucoup question d'eux également. Mengele n'est perceptible que dans la scène où Radmann croit venir l'arrêter à l'auberge (et on ne sait jamais s'il s'y trouvait) et dans le cauchemar du protagoniste.

215795.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgLa question du crime ordinaire, et de l'effacement — sous cette chape de silence / Schweigen — des crimes dans une Allemagne reconstruite et soucieuse d'oublier, est peut-être, après tout, la raison pour laquelle les décors et les couleurs du film sont aussi sobres que clairs : volonté de représenter la jeunesse insouciante amatrice de jazz et de mode, certes, mais aussi refus d'inscrire le film dans l'esthétique crépusculaire des films sur la shoah. Le sujet du film n'est pas Auschwitz, mais la façon dont on voudrait que les traces et les conséquences de la guerre et du nazisme disparaissent sous des teintes pastel ou colorées. En ce sens, l'esthétique du film est certainement ironique et bien moins explicite ou démonstrative qu'au premier regard. Ainsi, les prairies qui entourent le camp d'Auschwitz sont vertes, et le camp lui-même (comme le dit Gnielka) ne dit pas grand chose de ce qui s'y est passé. Ce qui est fondamentalement significatif, c'est la récitation du kaddish au milieu de ce paysage de verdure ensoleillée, comme si Ricciarelli suggérait que la parole compte plus que l'image, ou que l'image n'est rien sans la parole.

 

1365117967-403512-2Yac.jpgPour clore ce billet sur ces fameux cauchemars, ce qui reste en suspens, aussi, c'est la figure du père.

Qu'il s'agisse du procureur général (juif persécuté dès 1933 mais dont on n'apprend jamais comment il a échappé à l'extermination) ou du journaliste, Gnielka, qui est à l'origine de l'engagement de Radmann mais dont Radmann comprend vers la fin du film qu'il s'est retrouvé embrigadé à 17 ans dans l'armée et qu'il a été témoin direct des atrocités commises à Auschwitz, le jeune homme trouve des pères de substitution à ce père qu'il vénère, dont il déclare au début qu'il lui sert de modèle et que lui n'avait jamais été nazi. Le troisième père symbolique de Radmann est Simon Kirsch, le rescapé d'Auschwitz qui ne se pardonnera jamais d'avoir laissé Mengele emporter ses filles jumelles car il avait cru qu'avec un docteur, un homme à l'apparence si affable, elles seraient protégées. Pour les jumelles, à la demande de Kirsch, Gnielka et Radmann vont à Auschwitz dire le kaddish.

Mais le vrai père demeure absent, dans l'œil spectral des cauchemars.

Par un détour narratif là encore sans surprise, Radmann finit par découvrir que son père était membre du parti nazi. Là où le film garde intacte l'énigme et se sauve en échappant, pour une fois, à la manie de tout expliquer, c'est que c'est au spectateur de comprendre que si, d'une part, Radmann avait ignoré jusque là le passé nazi de son père, et si, d'autre part, sa mère s'apprête à se remarier en disant que ce père disparu ne reviendra jamais, c'est que la mère en sait plus long, et c'est (probablement) que le père de Radmann s'est tellement compromis qu'il s'est soit suicidé quelque part, soit planqué lui aussi en Amérique du sud, d'où il ne reviendra jamais.

vendredi, 17 avril 2020

C'est dur pour tout le monde

Mort du chanteur Christophe, dont on apprend à l'occasion qu'il se prénommait Daniel (!). Label obscur dans la tête toute la matinée. Des esprits facétieux ont fait remarquer qu'ils ignoraient que Luis Sepulveda fût le vrai nom du chanteur. Des esprits avisés se sont surpris de voir qu'alors qu'on le savait malade du Covid19 depuis une quinzaine, là n'était pas le motif officiel de son décès. De là à relancer la machine à complotisme (ici, sur le nombre des victimes)...

 

Nous ne suivons plus de très près les bilans quotidiens, non qu'on s'habitue mais parce qu'ils sont moins médiatisés : en Italie, je sais que le bilan quotidien est encore de 500 morts par jour en moyenne, alors que le Sud, plus insalubre et moins bien équipé au niveau médical, est resté épargné. C'est vraiment étrange. En France, difficile de suivre, car les chiffres font l'objet de réactualisations permanentes. Dans l'EHPAD de Chambray-lès-Tours, il y a eu 7 morts sur 96 pensionnaires, et 8 autres personnes sont infectées : pour une région censément non touchée...

Aux Etats-Unis, Trump a encouragé, dans une série de tweets en capitales d'imprimerie, les milices d'extrême-droite à manifester et à défier les mesures de distanciation sociales prises dans leur État ; dans le Michigan, notamment. Il les a aussi encouragées à aller scander “Lock her up” sous les fenêtres d'une gouverneure. (Depuis Hillary Clinton, c'est toujours les femmes politiques qu'il veut voir en prison.) — Le Washington Post a écrit un éditorial très virulent. Tout ça ne sert à rien : ce type est dingue et intouchable.

 

Après déjeuner, A* (qui bosse comme un malade — ce soir jusqu'à 18 h, alors que de mon côté j'ai un peu bricolé sur le Web, guère plus) s'est mis à consulter sur son téléphone les scénarios de divers films de Philippe Clair, car j'avais évoqué, pour son titre, le film (jamais vu) Par où t'es rentré, on t'a pas vu sortir. Pour le synopsis seul, nous supputons que les plus hallucinants navets du cinéaste doivent être Rodriguez au pays des merguez (transposition du Cid au Maghreb) et Le Führer en folie.

Ce soir, nous avons regardé un énorme nanard, presque un non-film : C'est dur pour tout le monde, avec Bernard Blier (heureusement, et même lui ne s'en dépêtre pas trop).

 

jeudi, 16 avril 2020

Au charbon

Beaucoup travaillé ce matin. Mon cours sur Cook commence à prendre forme ; il serait temps. Mais il me donne toujours du fil à retordre. Lundi prochain, j'en assurerai la première séance, probablement via un direct non répertorié sur YouTube : ce n'est évidemment pas idéal, d'un point de vue institutionnel, comme peut l'être Renavisio, mais ça permettra l'archivage intégral du cours.

Dans l'après-midi, alors que nous avons transmis lundi à la Présidence de l'Université nos demandes de modification des modalités de contrôle des connaissances, et alors que les étudiant·es attendent les détails du calendrier pour le milieu de cette semaine, nous avons reçu de nouvelles instructions. Il faut tout recommencer. On ne sait pas quand on pourra informer les étudiant·es.

Tout se passe comme si les autorités de tutelle, à commencer par le ministère, voulaient profiter de la crise sanitaire et du confinement pour écraser les degrés inférieurs sous les tâches : concours en partie maintenus, de façon rocambolesque et absurde, multiplication des exigences formalistes oiseuses mais chronophages — dans le secondaire, confection de nouveaux emplois du temps pour faire croire aux parents d'élèves et aux médias qu'on ne va pas renvoyer les élèves dans de vrais bouillons de culture. Comme si l'administration trouvait qu'il n'y aura pas assez de morts du Covid19 dans l'Education nationale et qu'il faut alléger encore la masse salariale grâce aux burn-out et suicides...

 

Je lis depuis avant-hier Son Excellence Eugène Rougon (qu'A* vient de lire) ; je crois finalement ne jamais l'avoir lu, comme La Débâcle ; cet après-midi, j'ai repris le chapitre “De la vanité” dans les essais de Montaigne.

Soirée : Germinal de Claude Berri — l'occasion de vérifier, près de trente ans plus tard, à quel point Renaud jouait mal. C'est peut-être même plus criant encore aujourd'hui. Il est vraiment effroyablement mauvais.

 

 

mercredi, 15 avril 2020

Huit flemmes

Pas assez dormi, réveillé avec stress et migraine. Cela arrive, pas de quoi se plaindre.

J'espère pouvoir me remettre à travailler efficacement. Hier et avant-hier, je ne me suis ni posé ni reposé, et je n'ai rien fait de bien. Ça, ça m'énerve.

Lundi soir, Macron a parlé et c'était aussi long qu'imprécis ; hier, Blanquer s'est exprimé trois fois à trois moments différents, et c'était plus vague encore. Impression de plus en plus angoissante que tout cela est géré par des amateurs, des incompétents.

Film vu : Huit femmes d'Ozon. Agréable, amusant, et moins agaçant qu'à la première vision. Peut-être est-ce moi qui m'agace moins facilement d'un truc totalement superficiel. Ardant joue presque avec retenue. C'est le genre de film qu'on regarde en jetant un œil de temps à autre au Web pour s'exclamer : ah, Ludivine Sagnier avait vingt-trois ans, là. Et les autres n'en croient pas leurs yeux. Cela donne une idée du film.

 

06:18 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (2)

mardi, 14 avril 2020

Des beignes

Cela fait huit jours que j'ai laissé en plan une vidéo, et de même pour le projet Scarlatti. Je n'ai pas repris le Projet Pinget. Je me collerais des beignes.

Le temps s'est rafraîchi ; le chauffage se relance.

 

20:20 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 13 avril 2020

Empocher

Levé à 6 h 15, et réveillé pour la première fois depuis un petit bout de temps par les douleurs au dos. Ce matin, il suffisait de se lever pour que ça passe un peu.

 

Être levé tôt, cela tombe bien : j'ai un boulot monstre aujourd'hui et demain, dans la foulée du week-end. Pas grave, tant que je dors bien et que j'ai des moments de pause : parties de billard sur la terrasse avec O*, par exemple.

Il y a deux ans, j'avais acheté pour 20 euros dans un Troc de l'Île, à Chambray je crois, un billard américain miniature, mais en bois et feutre, avec des queues et des billes “conformes” (pas en plastique). Je le monte sur une paire de tréteaux, et je l'installe dehors quand les beaux jours reviennent, car il n'y a aucune pièce où nous avons de quoi “tourner autour” : miniature, mais pas tant que ça ! O* et moi jouons au jeu du 15, qui n'est pas officiel, mais qui est plus simple que les diverses règles qui m'ont donné la migraine en essayant de les comprendre.

Hier soir, pas de film : O* a préféré organiser une soirée de jeux, ce qui a été accepté de très bon cœur par son frère (!). Donc : Minotaurus, Cluedo, et — pour finir, car on en avait marre — jeu du dictionnaire jusqu'à la lettre O.

O* découvrait ce jeu, ainsi que mes imitations lamentables de Maître Capello (je vous parle d'un temps que les moins de 50 ans...), et il s'est avéré très vif et doué au jeu. Au passage, j'ai découvert les mots manoque et manotte. Aucun des deux n'est facile à placer.

 

Ce soir, on attend un discours du Président. La façon dont ce discours est monté en épingle depuis trois ou quatre jours est ridicule : qu'il parle, s'il a quelque chose à dire ! La façon dont, à chaque fois, des rumeurs sont “fuitées” via le JDD est dérisoire : plus personne n'est dupe de la technique des coups de sonde. La façon dont, depuis quelques jours, on parle de l'après-déconfinement, est obscène : il y a encore dans les 500 ou 600 morts par jour, il me semble. La façon dont le patronat commence à réclamer d'ores et déjà de futurs sacrifices salariaux est scandaleuse : les salarié·es sont déjà sacrifié·es, tandis que les actionnaires et les patrons évadés fiscaux profitent de la crise pour améliorer leur pactole. La façon dont quelques ténors de la majorité ont, dès samedi, répété le laïus du connard qui dirige le MEDEF, proféré la veille, est aussi inquiétante que pathétique : même Xavier Bertrand a répondu à tout cela dans un entretien qui s'est répandu sur les réseaux sociaux avec des chapeaux tels que “Mélenchon, enlève ton masque, on t'a reconnu”.

 

dimanche, 12 avril 2020

Océan libellule

Aujourd'hui, après un samedi passé à trimer sur le calendrier des examens à distance de mai et à tenter de rassurer pas mal d'étudiants par mail aussi, je me suis embarqué dans l'enregistrement puis le montage d'une vidéo correspondant à mon cours d'avant-hier. Bilan des comptes, 5 bonnes heures. Même si je sais que, ce semestre étrange arrivant à son terme, les étudiant·es vont surtout se concentrer sur leur dossier individuel pour le 15 mai et n'iront pas regarder cette vidéo, je ne regrette pas mes efforts, car, sur la question du chassé-croisé comme sur les modulations, il y a là beaucoup d'exemples et de développements qui “resserviront”.

 

 

Moi qui ne recycle jamais de cours, je tiens là une sorte d'archive à laquelle je pourrai renvoyer les promotions futures, comme pour les annales d'examens par exemple. Inhabituellement, j'intègre la vidéo à ce billet car j'en suis assez content, malgré sa longueur, et car j'y évoque aussi au débotté telle question de normativisme linguistique ou tel autre point relatif à la Chinafrique (après tout, j'ai choisi des extraits du roman d'Owuor car c'est un texte qui relève de ma spécialité de recherche).

 

Tant qu'à user aujourd'hui de ce blog comme d'un dépotoir (c'est cela, après tout – et les textes, des déchets imputrescibles), j'archive ici les résultats d'une série de sondages linguistiques farfelus que j'organise ces temps-ci sur Twitter.

sondage1

 

sondage2

 

sondage3

 

sondage4

 

sondage5

 

sondage6

 

sondage7

 

sondage8

 

sondage9

 

sondage10

 

sondage11

 

sondage12

 

 

sondage13

 

sondage14

 

samedi, 11 avril 2020

Dérision de l'évaluation

Levé depuis 5 h 45 pour continuer de régler toutes les difficultés liées aux examens. J'ai répondu à un étudiant de L2 complètement paniqué de n'avoir aucune nouvelle et qui se faisait le porte-parole de camarades aussi paniqués que lui, qu'il pouvait (tout en signalant que ça n'avait rien d'officiel) diffuser les infos officieuses que, découragé d'expliquer cela ici sous une autre forme, je copie-colle ci-après :

L'UFR L&L va enfin pouvoir, suite aux décisions de la CFVU jeudi, mettre en place un calendrier avec des modalités de contrôle adaptées. Ce calendrier sera communiqué officiellement aux étudiant-es après approbation par le Président, donc si tout va bien en milieu de semaine prochaine au plus tard. Si nous l'avions pu, nous (au département d'anglais) aurions déjà pris nos décisions et aurions communiqué les modalités d'examen depuis 10 jours ; cela ne nous a pas été permis.

Pour l'anglais, tout sera en distanciel, avec plusieurs matières en CC qui vont "basculer" en examen terminal. Dans certaines matières, des évaluations qui ont pu être faites avant la fermeture seront prises en compte dans le cadre d'un maintien en CC ; mais comme il n'y a eu que 4 semaines de cours, il y en a fort peu.

 Pour les évaluations en examen terminal et évaluations pour RSE, les sujets seront communiqués le 1er mai au plus tard et les étudiant-es auront 15 jours pour les rendre, via Célène ou par mail, avec, par ailleurs, une grande souplesse dans les formats de devoir remis (des photos d'un travail manuscrit seront admises, a priori). Le cas des étudiant-es empêché-es n'est pas encore fixé, la CFVU ayant interdit la proposition de l'UFR L&L de neutralisation du semestre et la demande des élues étudiantes (10 par défaut aux étudiant-es se déclarant empêché-es de composer). Ce que vous pouvez d'ores et déjà dire à l'ensemble de vos camarades c'est que des solutions seront proposées à celles et ceux qui seraient vraiment dans l'impossibilité de remettre des travaux entre le 1er et le 15 mai.

Ce qui est évident également, au vu de la situation actuelle, est que les équipes pédagogiques ont reçu des consignes de bienveillance et que le S2 sera globalement plus facile à obtenir que le S1 ; cela signifie donc que les étudiant-es ajourné-es au S1 ont tout intérêt, dans la mesure du possible, à rendre l'ensemble des évaluations distancielles en usant du délai long qui sera accordé. Je vous dis tout cela pour remotiver tout le monde. La fermeture de l'université, le confinement etc. ont pour conséquence un bilan très lourd sur le moral de tout le monde, et donc des étudiant-es aussi. Nous le savons. La situation en matière d'examens sera bientôt officiellement clarifiée, et d'une manière qui doit faire renaître l'espoir et la motivation à travailler chez tou-tes les étudiant-es.

 

Maintenant, j'attends qu'on me sanctionne pour avoir tenté d'éviter, à ma façon, quelques suicides chez les étudiant·es. (Ceci n'est pas une hyperbole.)

L'Université française est (une fois de plus, devrais-je dire) pas du tout à la hauteur de la situation et ne propose que de petits aménagements technocratiques tièdes à une véritable catastrophe. Le conseil d'UFR avant-hier en fut un excellent exemple : trois heures à discuter du sexe des anges...

 

08:20 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (1)

vendredi, 10 avril 2020

*1004*

Pour un des deux cours d'agrégation que je vais tenter d'assurer (comment ? Teams ? Renavisio ? YouTube live ?) la semaine prochaine, toutes les étudiantes ont rempli le sondage en ligne afin de définir un créneau. Et pour l'autre, rien, nada, au point que je suis allé vérifier que j'avais bien envoyé le mail avec le bon lien. Oui, je l'ai fait, lundi dernier aussi.

Bizarre.

 

Les réunions se suivent et se ressemblent : les instances universitaires sont en-dessous de tout et ne comprennent rien à la situation.

Heureusement qu'on peut constater combien nous sommes, malgré tout, privilégiés, en lisant chaque jour les témoignages des personnes qui sont obligées de travailler, souvent avec de grands risques, ou qu'on voit à quel point les pays pauvres sont dans une situation terrible (pas de confinement car dans ce cas-là tout le monde meurt de faim). Cela permet de relativiser l'épouvantable gabegie dans les universités françaises.

(Et je précise bien, pour qu'on ne se méprenne pas : ni Schadenfreude ni suave mari magno. Je tiens le coup car je me rends compte que les trucs ingérables que je dois me coltiner sont peu de choses, relativement parlant.)

 

17:07 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 09 avril 2020

Bar By

Après un conseil d'UFR par visioconférence ubuesque et absurde à tous égards, face à la montée de dangers immenses d'une part et de pusillanimités administratives d'autre part, la tentation de tout envoyer bouler est plus grande que jamais.

(Je dis ça, mais j'en suis incapable.)

 

16:56 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 08 avril 2020

Alambic, sortie confinée

Hier, on s'est intéressé au hautbois musette, au saxhorn duplex* et à l'orgue Cavaillé-Coll d'Azkoitia.

testes.JPGRetour du soleil et de la douceur.

Le sondage Twitter d'avant-hier a donné des résultats surprenants : balls est arrivé devant nuts, mais d'une courte tête (si j'ose dire). — L'émoticône poivrière a surtout été choisi pour qu'on se pose des questions, ou pour débusquer les personnes aux idées mal placées. Pas réellement d'allusion argotique non plus.

Impossible de me (re)mettre à des choses d'envergure. Je me claquerais**. Passé une bonne partie de l'après-midi avec S°, ma directrice de département, et à tout configurer dans des tableaux Excel. (Ai-je déjà dit ici que je déteste les tableurs ?) Le soir, quelques mails suite à l'envoi, par S°, du long courrier du Doyen et des propositions d'évaluation en distanciel seulement.

Depuis quelques jours, retour des moustiques, aussi.

Ce matin, levé tôt, aussi parce que ces histoires d'examens de première session me taraudent.***

Hier soir : Gervaise de René Clément. Plutôt beau film, mais son pas toujours synchro — l'occasion aussi de se rappeler, pour C* comme pour moi, qu'on ne se rappelle pas parfaitement bien L'Assommoir : j'ai quelques excuses, l'ayant étudié en classe de troisième — donc il y a 32 ans (quoi ??!?) — et ne l'ayant pas relu, ou alors seulement par extraits, depuis.

Il y a, dans le film, à en  croire l'interminable générique de début (on avait largement le temps de finir sa clope avant d'entrer dans la salle, à l'époque), des chansons écrites par Raymond Queneau, qui s'est amusé dans le pastiche.

 

 

* Ce n'est pas l'instrument qui a le mieux traversé les âges.

** Ich könnte mich zerreißen. (Phrase trouvée dans le dictionnaire en ligne PONS une heure après avoir écrit ce billet, en préparant ma traduction allemande du jour.)

*** Et j'en ai oublié de signaler que ce billet était le 4.646e du blog. À la louche cela fait donc, depuis le 6 juin 2005, une moyenne de 0,8579870729455217 billet publié par jour.

 

mardi, 07 avril 2020

Chambres

Didier Goux me fait remarquer qu'il n'est toujours pas possible de mettre en italiques, ou en gras, dans les commentaires du blog. Déjà, en 2005, cela semblait rudimentaire, alors maintenant... Cela dit, l'immense majorité des gens qui écrivent sur Facebook ou Twitter s'accommodent de ne pas pouvoir justifier ni policer leurs textes sur ces sites-là. J'ai découvert très récemment comment créer des italiques e tutti quanti sur Facebook. Sur Twitter, cela reste impossible, je crois. Bref, tout ça pour dire que je testerai un subterfuge tout à l'heure et que je vous en dirai des nouvelles. (Voir infra, en commentaires, si j'y suis parvenu.)

 

En tout cas, le quotidien enchaîne. Après sa vidéo sur A Room of One's Own, Azélie Fayolle a publié dimanche une vidéo très juste et très fine, assez essai à la Montaigne, sur le confinement.

Les éboueurs ne sont pas passés hier, la Poste non plus. Le soleil revient, après 24 heures de pluie pas toujours fine. Il y a des trucs de boulot auxquels je n'arrive pas à me mettre, alors je procrastine, en enregistrant des vidéos, en traduisant de l'allemand, nawak total.

 

Hier soir : Dixième chambre de Depardon. Peut-être celui des 3 films sur le système policier/pénal qui est le plus dérangeant du fait de son montage : on ne sait jamais vraiment quel est le contexte, et surtout l'institution judiciaire est loin d'y montrer son meilleur visage. Le meilleur est le premier, Faits divers : j'ai beau ne pas aimer les flics, c'est là qu'on voit que, sur toute la chaîne, c'est eux qui font le travail le plus dur, dans tous les sens du terme.

 

10:49 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (4)

lundi, 06 avril 2020

*0604*

Il s'est mis à pleuvoir, depuis une demi-heure peut-être — je ne saurais dire, j'avais le nez sur mes copies —, et je crois qu'il n'avait pas plu depuis le début du confinement. Du vent très froid, et très violent il y a huit jours, oui, mais de la pluie, je ne crois pas. Tant mieux pour les allergiques au pollen, entre autres.

 

Fini hier Le Nuage et la valse de Ferdinand Peroutka. Très grand livre. L'Épilogue en kaléidoscope reprend toute la structure du livre, en la diffractant encore. Magnifique.

 

Il faudrait que j'enregistre une, et même deux vidéos je range mon bureau, mais j'ai pris du retard, ce week-end, dans mon travail.

 

Hier soir, le coin cinéphilie quotidien : Première année, petit film français (l'expression dit tout, je trouve, et j'espère juste qu'on me comprend), mais très bien joué. Film à charge contre l'absurdité totale que représente le système de sélection en PACES. Après le film, on en parlait avec A* notamment,  car il a plusieurs potes embarqué·es dans ce cursus : pour critiquer très vivement le fonctionnement des études de PACES, il suffit de faire un film descriptif.

 

09:25 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (3)

dimanche, 05 avril 2020

Schlock

Dans le néflier une tourterelle a chassé une pie.

Dans Schlock le tueur à la banane, le monstre se sert largement du popcorn dans la bassine de son voisin avant de conduire gentiment un petit garçon aux toilettes.

Lors de mon sondage linguistique le plus récent sur Twitter, aucun·e des 37 votant·es n'a voté pour ma métaphore préférée.

Dans Schlock le tueur à la banane, Édouard Philippe dit qu'il ne laissera personne affirmer qu'il y a eu du retard dans les mesures de confinement.

La tourterelle à présent me guette depuis le lampadaire.

Dans Schlock le tueur à la banane, les voitures de police zigzaguent dans tous les sens.

Ce matin j'ai eu mal à la tronche rien qu'en faisant ma to-do list pour aujourd'hui et demain.

Dans Schlock le tueur à la banane, Bruno Le Maire tient des propos hostiles à l'idéologie libérale.

Bon, il faut que je m'y mette.

Dans Schlock le tueur à la banane, la jeune aveugle prend le montre pour un chien et lui renvoie neuf fois de suite un bâton.

 

10:07 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (2)

samedi, 04 avril 2020

Scorbut en or

Pas tant dormi que ça, mais après un réveil à 7 h, flemmardé et traînassé au lit jusqu'à 9 h. La honte. Du mal à me battre les flancs pour bosser aujourd'hui, donc je glandouille en écoutant des cantates de Bach et le dernier album de Sophie Alour.

 

Je n'arrive pas à savoir si notre métier, qui consiste très largement en une grosse dose de travail à la maison, nous aide à mieux vivre le confinement ou pas. En tout cas, il y a, sur Twitter, des collègues du secondaire complètement paranos qui se répandent depuis hier en interprétations délirantes et conspirationnistes des annonces du Ministre : les hiérarchies sont souvent lamentables, les réformes sont destructrices, mais ça n'aide pas qu'il y ait autant de collègues totalement à la ramasse non plus.

Mercredi dernier, j'ai enfin commencé la lecture du Nuage et la valse de Ferdinand Peroutka, traduction Hélène Belletto-Sussel. J'en suis à peu près aux deux tiers, et c'est très fort. Curieusement, plus qu'aucun autre livre sur l'expérience concentrationnaire, ça me rappelle Les Communistes d'Aragon.

 

Il fait très beau aujourd'hui. Pas de courses depuis mercredi, et on doit encore pouvoir tenir même sans aller à la boulangerie ou acheter fruits et légumes et frais jusqu'à lundi. Phrase du jour, d'ores et déjà, par C* : "Mieux vaut attraper le scorbut que le Covid."

 

Hier soir, Pulp fiction. Vu une fois seulement, au cinéma à sa sortie. Grand film, même si le côté un peu postmoderne-qui-tourne-en-rond et mise en abyme infinie de la construction des récits ne résiste guère. Me suis amusé de découvrir que les Québécois avaient commercialisé ce film sous un titre qui est un contresens total, Fiction pulpeuse !

 

11:36 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (1)

vendredi, 03 avril 2020

Un peu de cinéma

Hier soir, nous avons regardé Rafiki. Le film est un peu conventionnel, mais même ainsi il n'a pas manqué d'être considéré comme un brûlot au Kenya. La manière dont sont organisées les plongées et contre-plongées dynamiques m'a beaucoup plu. Je suis prêt à parier que des militantes lesbiennes auront été dérangées par le côté un peu binaire du film (le couple formé par une jeune fille très sexualisée et un “garçon manqué”), mais là encore il faut voir que les enjeux politiques liés aux discriminations homophobes dans plusieurs pays d'Afrique sont également loin d'être subtils. Les personnages du père et de Blacksta, mais aussi de la mère de Ziki, offrent une vraie complexité au film.

Beaucoup pensé à Binyavanga Wanaina en regardant ce film : auteur majeur qu'il ne faut pas “réduire à” son homosexualité, mais dont il serait bon que davantage d'Africain·es aussi lisent la très belle nouvelle ‘I Am A Homosexual, Mum’.

 

Avant-hier soir, dans un autre genre, Les acteurs de Bertrand Blier. Outre que le film entier semble avoir été écrit pour le point d'orgue que constitue le dialogue entre le cinéaste et son père mort qui lui parle au téléphone, la meilleure idée est de faire jouer Dussolier par Balasko. Comme pour Convoi exceptionnel, toutefois, on se surprend à trouver longuet un film d'une heure et demie et à se demander quand ça va s'achever alors qu'on en est à peine à la moitié.

____________________________

 

Ce sera le point le plus marquant de ce confinement, pour la vie familiale : jamais nous n'avions regardé autant de films en aussi peu de temps. Et la rubrique Tographe ne s'était pas autant nourrie que depuis trois semaines.