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vendredi, 20 octobre 2017

Qui a peur du français ?

Quand on aime une œuvre, quand on sait qu'il s'agit d'un auteur (ou, en l'occurrence, d'une auteure) remarquable, on est forcément enthousiaste en découvrant qu'un de ses romans vient d'être traduit — enfin — en français.

Je veux parler, une fois encore, de Nnedi Okorafor.

Lagoon, hélas, son roman le plus admirable, n'est pas dans les tuyaux.

 

Il s'agit de Who Fears Death, qui vient d'être publié par les éditions ActuSF sous le titre de Qui a peur de la mort ?

La traduction est de Laurent PHILIBERT-CAILLAT, et on peut lire les deux premiers chapitres sur le site de l'éditeur. Hélas, la traduction, sans être absolument mauvaise, est, sur la quinzaine de pages ici disponible, d'une grande médiocrité : choix de temps discutable (passé simple !), erreurs de sens, calques bizarres (“J’étais pleine de colère.”), non-sens (“D’une façon ou d’une autre… je m’exécutai”).

Pourquoi confier ce roman (sous prétexte que c'est de la SF ????) si bien écrit à  quelqu'un d'aussi incompétent ? Comment l'éditeur ne s'est-il pas aperçu, en lisant le texte, que ça ne collait pas ?

Il faudra que je regarde plus en détail, mais le roman se nourrit de très nombreuses références à la mythologie igbo. Sans les comprendre dans le détail, il est impossible de traduire correctement certains chapitres. Au vu du niveau de français du traducteur, le pire est à craindre.

 

Quel gâchis...

jeudi, 21 septembre 2017

Français chiffonné

Le (la ? article non signé) journaliste de la NR invente un mot... par incompétence...

Alors, le jeu s'appelle “pierre feuille ciseaux” ou chi-fou-mi dans sa version de cour de récré... mais shiffoni ??? WTF...

samedi, 16 septembre 2017

Glyphosate...

Glyphosate Le Monde daté du 18 septembre 2017.PNG

vendredi, 01 septembre 2017

D'un radar rue Mirabeau

Imbécilité des décisions publiques. Depuis le mois dernier, a été installé dans la rue Mirabeau, à Tours, un de ces radars pédagogiques que je trouve, pour ma part, généralement tout à fait opportuns.

25.jpg

 

Celui-ci, en revanche, est placé dans une rue où je n'ai jamais vu personne dépasser les 30 à l'heure, alors que la limite de vitesse est de 50. En effet, entre les chicanes, les nombreux feux rouges très rapprochés, et plus généralement le trafic, il n'est pas possible de faire le moindre excès de vitesse. Sur le boulevard Heurteloup, qui se trouve à quelques encablures de là, ce radar pédagogique aurait été parfaitement efficace. Alors, quoi ?

vendredi, 10 février 2017

Manifestation de la vérité & séparation des pouvoirs

Cela fait 15 jours maintenant que Fillon a dit qu'il participerait à la manifestation de la vérité.

Quinze jours plus tard :

* il n'a en rien démontré l'inverse de ce que différents médias ont mis en avant (et n'a attaqué en justice aucun des organes de presse qu'il accuse par ailleurs abondamment de diffamation)

* il envoie ses avocats dénoncer l'incompétence du parquet

* il a attaqué les journalistes lundi, dans ce qui restera pour moi un jalon important dans l'histoire de la démocratie en France : comment la presse l'a-t-elle laissé s'en tirer ainsi ? comment accepter un procès en sorcellerie aussi repoussant, ainsi qu'un tour de passe-passe aussi énorme ?

* ses affidés commencent à faire tourner des "fake news" pour discréditer les médias à l'origine des révélations

 

Tout cela empeste les méthodes fascistes (ou staliniennes) à plein nez.

jeudi, 09 février 2017

Comment lutter, à sa modeste échelle, contre la propagation des “fake news”

FILLON, FAKE NEWS, FB, etc. — COMMENT TENTER D'AGIR À L'HEURE OÙ DEUX PARTIS MAJEURS (LE FN ET LES RÉPUBLICAINS) SUCCOMBENT AU CHARME DES "FAITS ALTERNATIFS".

 

Je viens de voir — par le hasard qui veut que quand un "ami FB" commente quelque chose ça apparaît sur votre fil d'actualités — deux FAKES complets relayés, au hasard Balthazar, par des fillonistes patentés :

– un truc sur la fille d'Edwy Plenel qui toucherait un salaire fictif de 3.000 € mensuels

– un visuel sur les aides à la presse reçues par le Canard enchaîné

 

Pour le truc sur la fille de Plenel, l'intéressé (ou le père de l'intéressée) vient de répliquer en donnant des éléments factuels (ce que Fillon n'a toujours pas fait, en 15 jours de révélations chaque jour plus accablantes).

Pour le Canard enchaîné, il fait partie des rares organes de presse entièrement indépendants, à savoir qu'il ne reçoit pas un centime en aides de l'État mais également qu'il ne recourt pas à la publicité. Le post largement diffusé par les Républicains (qu'il va falloir rebaptiser Les Ennemis de la Démocratie) fait état de sommes reçues dont le montant est déjà extravagant, quel que soit l'organe de presse.

16664888_10208330239839173_501193023178602074_o.jpgSi on consulte le détail des aides versées à l'ensemble des titres de presse, auquel tout citoyen peut accéder, on constate que le Canard n'a absolument rien touché en 2015. En revanche, un ami me fait remarquer, via une autre source, que l'hebdomadaire a bien reçu indirectement une ristourne de 413 922 € en 2014, au titre de la « compensation du tarif postal », ce que j'aurais d'ailleurs su si j'avais lu... le Canard !

↑↑↑ article du Canard
que j'aurais dû lire avant
la première mouture de ce billet

 

Revenons-en aux “fake news”, dont la DGSE craint d'ailleurs qu'elles n'envahissent plus que jamais les réseaux sociaux avec l'aide des services secrets russes.

Que faire dans ces cas-là ? c'est très facile et ça ne prend que quelques minutes. Dès que le "post" est public, normalement on peut commenter. Quand on peut commenter, il suffit de copier-coller le petit texte ci-dessous, que je vous prête volontiers.

Il s'agit d'une information erronée, d'un fake. [insérer lien vers démenti] Je vous rappelle que diffuser en mode public sur FB des informations fausses engage la responsabilité civile du diffuseur, ce qui signifie que vous êtes susceptible d'être poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles.

Astuce supplémentaire : en cliquant sur "14 shares" 'si l'article a été partagé 14 fois, vous ferez apparaître directement tous les partages avec possibilité de copier-coller votre message d'alerte.

 

Et SURTOUT n'oubliez pas, individuellement, de vérifier et de recouper les infos à partir du Web avant de vous énerver, de commenter "tous pourris" ou de partager quelque chose de bidon.

samedi, 04 février 2017

L'affaire Fillon, suite.

À ceux qui craignent (à raison) que la tempête autour des Ripoublicains ne profite plus encore à Marine Le Pen et ne favorise plus encore son élection...

Il faut inlassablement répéter que, si la famille Fillon est soupçonnée de fraudes multiples, ce n'est encore qu'un soupçon alors que le FN a été condamné à de multiples reprises, y compris, tout récemment, pour les emplois fictifs au Parlement européen, donc répéter inlassablement à quiconque vous dit vouloir voter FN au nom du "tous pourris" que le FN est un parti financièrement corrompu.

Ensuite, sur la rapidité du lancement de l'enquête préliminaire, argument avancé par ceux qui soupçonnent une collusion entre la justice et l'État :

* la justice se saisit très rapidement de tout dossier qui provoque un emballement médiatique

* c'est Fillon lui-même qui a passé la journée du mercredi 25 janvier à demander à être entendu dans les plus brefs délais... avant d'envoyer ses larbins Ciotti et consorts chouiner à l'acharnement judiciaire la semaine suivante.

Rappelons les faits, toujours les faits. Les analyses ne peuvent s'appuyer que sur des faits.

 

***** Ajout d'une contribution sur Facebook de Françoise Guichard : Dans sa vidéo de com, Fillon dit à ses “partisans” que s'ils sont troublés, c'est normal parce que les infos sont martelées. Non, c'est parce que les faits mis à jour sont accablants. Aucune campagne de com fumeuse usant d'un mot pour un autre n'y pourra rien changer.

jeudi, 02 février 2017

L'affaire Fillon

Entendons-nous bien.

Même s'il n'y a pas d'enrichissement personnel, de détournement d'argent public, de recel, de faux en écriture, nous constatons que François Fillon est quelqu'un qui peut multiplier les approximations et les mensonges sur sa propre situation financière lors d'une émission de télévision, et nous constatons qu'il tient un discours de restrictions budgétaires et salariales alors qu'il a trouvé normal d'employer (sur deniers publics) son épouse ou ses enfants pour un salaire mensuel supérieur à celui d'un agrégé hors classe en fin de carrière, et alors qu'ils n'avaient encore aucun diplôme.

Sans présumer de ce que la justice décidera, ces simples faits suffisent à le disqualifier entièrement à toutes fonctions électives, et font de lui un imposteur et un Tartuffe.

lundi, 30 janvier 2017

Trump, ou le leurre de la dispersion

Je parle très peu, ici — contraste avec mon activité ailleurs —, de l'administration Trump.

Je vois passer depuis deux ou trois jours quelques articles sur telle ou telle hypothétique destitution de Trump, pour telle ou telle raison (le 25e amendement, par exemple), ou sur le fait que les patrons des grands groupes de la Silicon Valley feraient part de leurs inquiétudes.

Tout cela, c'est un rideau de fumée pour que la société civile se disperse. Pendant que les patrons des grands groupes font semblant de se désolidariser (haha, Zuckerberg et le patron d'Uber qui font semblant d'être choqués par le décret sur l'immigration, quelle comédie) ou que la “presse” (Yahoo !)* balancent ce genre de choses, les citoyens sont incités à se bercer d'illusions.

Je m'interdis totalement de relayer ce genre de château en Espagne : il faut relayer les vraies infos concernant les décisions antidémocratiques de l'administration Trump (comme le font de nombreux internautes américains et comme l'a notamment fait mon amie Valérie en traduisant la liste des décisions et déclarations antidémocratiques de la première semaine de pouvoir), et les vraies mobilisations populaires ou institutionnelles contre les dites décisions : manifestations dans les aéroports, discours très fort du gouverneur de Washington, mise en œuvre d'une mobilisation des scientifiques américains et du monde entier, etc.

 

* Au demeurant, every cloud has a silver lining** : l'article de Yahoo! News rappelle que la procédure d'impeachment est réservée aux méfaits commis par un Président au cours de son mandat (“investigating if a president acted illegally while in office”), donc ceux qui parlent d'impeachment pour toutes les casseroles antérieures du Twittler-In-Chief peuvent se mobiliser sur quelque chose d'un peu plus consistant.

** Tout n'est pas tout noir, ni tout blanc. [?] — Je laisse filer ; ceci n'est pas un billet de traductologie.

mercredi, 25 janvier 2017

Les 500.000 de la Dégomme (quintil épigrammatique)

 

Peut-être fallait-il, Pénélope,

Pour te voir, à l’Assemblée

Ou encore à Sablé,

Amasser le blé,

Être quelque peu nyctalope ?

 

mardi, 24 janvier 2017

Fitness & crétinerie

Je ne hais pas le sport, mais beaucoup de sportifs sont irréfléchis (pour rester poli).

Pire que tout, la communication sportive.

En voici encore un exemple brillant. Me connectant à mon Environnement Numérique de Travail, afin d'accéder aux outils de travail que sont la bibliothèque en ligne, la messagerie électronique, les emplois du temps etc., je vois s'afficher, comme à l'ordinaire, les “actualités” (dans lesquelles, soit dit en passant, pas le moindre hommage n'a encore été rendu à mon excellent collègue Philippe Chardin, mort il y a quinze jours et dont on attend encore que l'Université fasse semblant de s'en apercevoir).

 

Et que vois-je ?

32460997606_a5d0644661_z.jpgÇa.

 

Entre autres idioties mises en avant par le Service Communication de l'Université, cette Nuit du fitness (titre déjà crétin), avec pour “dress code” (!) Tahiti douche.

 

Ces gens ne sortent-ils jamais les neurones de leurs muscles fessiers, et ne savent-ils pas qu'il y a, ces jours-ci, de fortes intempéries en Polynésie française, de sorte que Tahiti a été ravagé par des inondations ? Outre que l'idée même d'un dress code est inepte, que demander à des étudiants (et à des enseignants) de se déguiser en flacon de gel douche (c'est ce que je comprends, mais je ne garantis pas que je ne fais pas de contresens) est doublement inepte, la simple décence voudrait qu'on n'écrive pas ce genre de chose en ce moment.

mardi, 22 novembre 2016

Apologie des comptoirs coloniaux

Voici le courrier électronique que je viens d'envoyer à Gigamic, l'éditeur du jeu Mombasa :

 

Madame, Monsieur,

universitaire spécialisé dans les questions coloniales et post-coloniales, j'ai eu la grande surprise de "tomber" sur la présentation de votre jeu, Mombasa, que l'on peut résumer comme une glorification de l'époque des comptoirs commerciaux et de l'exploitation coloniale de terres confisquées à leurs véritables propriétaires.

La description du jeu vante l'absence de "morale" dans ce jeu. Assumez-vous entièrement la gravité d'une pareille apologie, sachant que des milliers d'Africains et d'Asiatiques sont morts dans la politique expansionniste des nations européennes, de la France en premier lieu ?

Salutations distinguées

G. Cingal

samedi, 19 novembre 2016

Solutions finales

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Tout d'abord, le contexte de ce “dialogue” sur Facebook : un ami commun a posté la couverture de Valeurs actuelles, avec une photographie de Philippe de Villiers et la citation « Ma France sans l'islam ».

 

Il va sans dire — mais peut-être plus rien ne va-t-il sans le dire — que je honnis Villiers et son islamophobie, mais doit-on forcément, par un retour de balancier, prôner d'autres discriminations ? Que Philippe de Villiers énonce des propos scandaleux, j'y suis habitué. Qu'une universitaire apparemment spécialiste de sciences humaines puisse écrire sans sourciller, en commentaire d'un billet public sur un réseau social, qu'il faudrait exterminer une partie de l'humanité sur la base de sa couleur de peau et de son sexe, je n'y suis pas habitué. Il n'est pas rassurant de voir que, face à la montée des racismes et des communautarismes haineux, une collègue (sa page FB explique qu'elle travaille à l'Université Toulouse-Jean-Jaurès) est capable de prôner, comme solution des problèmes de la France (ou des États-Unis, on ne sait pas trop), l'élimination des hommes blancs.

dimanche, 13 novembre 2016

De Donald Trump, et des encyclopédies

Je viens de dénicher encore un très bon exemple pour mon cours de documentation sur les encyclopédies, dans lequel je démontre notamment que :

1. la Wikipedia, anglophone mais pas seulement, est un outil d'approfondissement et de connaissance souvent plus fiable que bien des sources “autorisées” *

2. les encyclopédies “classiques” doivent faire l'objet d'un regard aussi critique que ce qui se trouve sur le Web

 

L'exemple ?

Il s'agit de l'article “Donald Trump” de l'Universalis en ligne (accessible seulement aux abonnés, donc gratuite pour tous nos étudiants via leur ENT).

Cet article en français, dont l'auteur est pourtant un éminent américaniste (vice-président du jury d'agrégation, crois-je savoir), comporte plusieurs énoncés non neutres, plusieurs erreurs rédactionnelles, et surtout des faits non avérés, ou discutables. Par exemple, l'auteur reprend comme une évidence ce que plusieurs instituts de statistique ou politologiques contestent, à savoir que Trump a été élu en parvenant « à mobiliser largement les abstentionnistes de son socle électoral, majoritairement les Blancs non diplômés de l’enseignement supérieur ».

Sur WP, un tel article se verrait immédiatement apposer un ou plusieurs bandeaux d'avertissement : neutralité, nécessité de citer les sources etc. Sur l'Encyclopédie Universalis, le vénérable professeur d'histoire américaine est libre de signer son nom un article contenant plusieurs approximations, et, je le suppose, de dire — comme tant de collègues qui n'ont jamais regardé de près la Wikipedia et son fonctionnement — du mal de Wikipedia !

 

* Ce que j'essaie de montrer dans ce cours, en expliquant le fonctionnement des bandeaux, le système de recherche dans l'historique, le système de vote collectif pour améliorer ou supprimer des articles, c'est que le fait que tout le monde puisse être auteur ne se fait pas au détriment de la qualité. (Au contraire, même : la WP est actuellement l'outil encyclopédique le plus complet et le mieux écrit, en anglais notamment.)

La majorité de nos collègues en sont restés à l'époque des débuts, vers 2004, où on pouvait écrire n'importe quoi et où ça restait en ligne pendant des semaines. Cela est nettement moins vrai de nos collègues anglophones, qui, depuis très longtemps, participent activement aux portails des domaines dont ils sont spécialistes.

En France, quand apparaît un outil formidable mais bouleversant les codes, on préfère cracher dans la soupe plutôt que de participer à l'améliorer. L'exemple plus frappant, dans cette histoire des rapports de frilosité des élites intellectuelles françaises vis-à-vis du numérique, restera pour moi cette baderne de Fumaroli fustigeant le Projet Gutenberg et Google Books en vantant les mérites de Gallica, qui était, à l'époque, cent fois moins complet et surtout cent fois moins pratique que Gutenberg ou Wikisource. Depuis, d'ailleurs, Gallica s'est considérablement améliorée... en se gutenbergisant.

jeudi, 10 novembre 2016

Work with — Bernie Sanders “collabo” ?

Je me suis — difficilement — retenu d'archiver ici hier les différentes brèves de comptoir dont j'ai abreuvé mon mur Facebook sur l'élection — grave, prévisible, tragique — de Donald Trump à la présidence des États-Unis...

Aujourd'hui, j'interviens sur un point qui n'est pas de détail, mais qui relève au moins de mes compétences officielles, la langue anglaise.

 

Bernie Sanders, sénateur et candidat battu à la primaire démocrate, a publié ce matin le communiqué suivant :

 

Donald Trump tapped into the anger of a declining middle class that is sick and tired of establishment economics, establishment politics and the establishment media. People are tired of working longer hours for lower wages, of seeing decent paying jobs go to China and other low-wage countries, of billionaires not paying any federal income taxes and of not being able to afford a college education for their kids - all while the very rich become much richer.

To the degree that Mr. Trump is serious about pursuing policies that improve the lives of working families in this country, I and other progressives are prepared to work with him. To the degree that he pursues racist, sexist, xenophobic and anti-environment policies, we will vigorously oppose him.

 

Les médias français de reprendre cela, pour la majorité d'entre eux, sous des titres aussi vendeurs que partiels et faux : Bernie Sanders prêt à travailler avec Donald Trump.

“Work with” ne signifie ni collaborer, ni travailler pour. Dans 4 cas sur 5, pour ce qui relève des structures verbales en tout cas, il ne faut pas traduire with par avec de l'anglais au français. Ici, ça veut dire que Bernie Sanders, comme d'autres “progressistes”, est prêt à soutenir des décisions ou des projets politiques au coup à coup.

C'est un peu le genre de discours pragmatique qu'on connaît aux centristes français honnêtes (et j'espère ne pas commettre, en écrivant cela, un double oxymore).

Donc, le raccourci saisissant qui consiste à renvoyer dos à dos populistes xénophobes et “progressistes”, justement, ou — en France — la droite extrême (qui ne propose que des mesures visant à l'appauvrissement du plus grand nombre) et la gauche dite “radicale” n'est qu'un tour de passe-passe sémantique des plus dégueulasses, ainsi qu'une manipulation de l'ordre de celles qui consistaient à annoncer à l'avance la défaite du Brexit et la victoire de Hillary Clinton.

Pour ma part, n'aimant pas la politique du pire ni la stratégie de la terre brûlée (métaphore qui prend un sens encore plus fort face à un ”ticket” créationniste et climato-sceptique), je souhaite vivement que des gens comme Bernie Sanders parviennent à infléchir le cours de l'histoire en incitant Trump à appliquer surtout les points les moins dévastateurs de son programme de clown assassin.

vendredi, 14 octobre 2016

La société du spectacle de la surface de l'écume

Au fond, le problème, c'est que presque toutes les personnes qui affirment des avis de façon catégorique le font en méconnaissance de cause.

1) On met Soumission de Houellebecq dans le même panier que Zemmour parce qu'on ne l'a pas lu, ou parce qu'on ne comprend pas ce qu'est un roman.

2) On s'offusque d'un Prix Nobel de Littérature parce qu'on a entendu trois “chansons” de son récipiendaire et qu'à partir de ça (et, il faut bien le dire au risque de déplaire, d'une connaissance souvent médiocre de la langue anglaise et quasiment nulle de la culture américaine et de son rapport à la Bible) on s'est fait une opinion.

3) On s'apprête (et on appelle) à voter Juppé alors qu'on se dit de gauche (cf la bloqueuse-qui-débloque Anna de Sandre), et en ne sachant apparemment pas que Juppé a annoncé la baisse du RSA, la fin de l'ISF, la poursuite des dérégulations et qu'il est soutenu par Mariton et les ultra-cathos...

mercredi, 12 octobre 2016

Le niqab & les mensonges

Déjà de méchante humeur, je découvre un article publié sur Slate.fr et intitulé « Le niqab, une revanche des femmes ? ». Son auteure, Agnès de Féo, a peut-être, dans ses autres textes et documentaires, affiné sa position, mais cet article est d'une fausseté aussi dangereuse que débectante, d'un bout à l'autre.

En effet, sous couvert de sociologie et à grands renforts de concepts sartriens et lacaniens mal digérés, cet article participe de la fascination incompréhensible d'une frange grandissante des “intellectuels” dits de gauche pour l'idéologie islamiste. (Ne nous étonnons pas, après ce genre de coup, que, jetant le bébé avec l'eau du bain, d'aucuns, mal intentionnés, argumentent que les sciences sociales légitiment le terrorisme.)

Qu'il me soit seulement permis de dire deux choses :

1) Si le voile est une “castration symbolique des hommes” qui permet aux femmes de retrouver une forme de pouvoir, alors comment se fait-il que dans les pays où il est devenu quasiment obligatoire, comme la Somalie par exemple, les droits des femmes aient simultanément reculé de plusieurs décennies ? C'est sans doute parce que le niqab est une “revanche des femmes” que ces mêmes femmes « libérées par le voile » sont généralement privées du droit de vote, du droit de conduire, du droit à la propriété immobilière, du droit de décider équitablement avec leur mari d'une éventuelle séparation, et j'en passe.

2) Si les porte-voix de l'islamisme comme Mme de Féo lisaient les nombreux articles de musulmanes expliquant pourquoi elles militent contre le niqab (et même parfois contre le hijab (lire celui-ci par exemple)), ou encore des textes littéraires d'une grande profondeur sur le sujet, comme Knots de Nuruddin Farah, ils s'apercevraient qu'ils sont pris dans un jeu de dupes.

lundi, 03 octobre 2016

KK

C'est affreux ! Quoi? Alep dont les maternités,

Les écoles, les hôpitaux sont bombardés ?

Non ! Alors, plutôt que les fusils et les bombes,

Ces milliers de “migrants” dont la mer est la tombe ?

Non. Peut-être voulez-vous parler du chômage ?

Pas plus. De l'extinction de tant de vies sauvages ?

Non. De la pollution ? Vous n'y êtes pas du tout.

C'est affreux : KK* s'est fait voler trois bijoux.

 

* prononcer kay-kay (ou pas).

samedi, 17 septembre 2016

Au prisme du Styx

Mieux vaut en rire que de s'en offusquer.

 

Je découvre aujourd'hui l'existence d'un prix littéraire sobrement nommé Prix du Style. Étonnement, mais pas longtemps : en effet, à l'heure où la très large majorité des prétendus écrivains ne savent plus ce qu'est une phrase, et où tant de critiques nous parlent d'écriture blanche pour des écritures vides (Philippe Claudel, Véronique Ovaldé, j'en passe et des pires), faut-il s'étonner qu'on finisse par consacrer un prix littéraire au style ?

Et donc, qu'est-ce à dire ? Qu'on va juger du style séparément du reste, à la lagarde&michard ? Ou qu'on va décorer une œuvre totalement creuse mais bien écrite ? Cela fleure la décadence à la puissance sept, c'est-à-dire le retour à un tiède passé.

Voilà sans doute, dans un premier temps, ce qu'il y a à en dire, ou à en penser. S'inscrire dans le refus fondamental de ça, la séparation du fond et de la forme, de la syntaxe et du message, gna gna gna.

 

Puis, tout de même, pris d'un remords, je décide de consulter le site Web dont j'ai donné le lien plus haut — et ceux qui ont cliqué avant de poursuivre la lecture de ce billet ont déjà dû se choper le même fou rire que moi —, et voici ce qu'on peut lire à la une :

Tristante [sic] Banon et Marc Lévy intègrent le jury du Prix du Style

C'est tellement gorafiesque * ou abracadabrantesque que j'en ai fait une capture d'écran. La coquille au prénom, la tournure incorrecte (intégrer un jury ??), la photo totalement old school...

29441596980_421be69899_b.jpg(cliquer pour agrandir)

 

Last, not least, les deux promus : Tristane Banon et Marc Lévy, qu'on cite presque systématiquement (en particulier le second) pour la médiocrité de leur langue... Le nom même de Marc Lévy est devenu, avec ceux de Musso ou de Gavalda, un raccourci pour désigner des récits conformistes et plats. Alors, ce Prix du Style — quoi ? le Prix de la Meilleure Mauvaise Rédaction de Cinquième ?

 

Mieux vaut s'en gausser que de s'en indigner.

 

 

* Après avoir reconsulté la composition du jury, je n'arrive pas à penser que ce puisse être autre chose qu'un canular, ou qu'un fake. Le fondateur et président du jury a publié un livre sur les Schtroumpfs qu'il a ensuite adapté au théâtre des Déchargeurs ???? Come on, give us a break.

lundi, 16 mai 2016

Verdun et Black M, quelques précisions

J'ajoute cinq précisions à mon billet d'avant-hier :

1 — Évidemment, ce que je trouve ridicule ou obscène, avant tout, c'est de penser qu'on peut commémorer une bataille comme Verdun avec un concert de musique. 

2 — Quand j'écrivais que le sujet de la polémique était dérisoire, je pensais en fait que le concert de Black M ne méritait pas de telle polémique. L'annulation du concert est un sujet, en revanche, d'une véritable gravité.

3 — Beaucoup d'amis m'ont écrit qu'on pouvait tout à fait être scandalisé par ce concert sans partager le point de vue initial du groupuscule Fdesouche, par exemple. Sans doute, et j'ai bien entendu les différents arguments — plus ou moins spécieux d'ailleurs, ou décontextualisés — sur l'homophobie et l'antisémitisme de Black M. Ce sur quoi il m'avait semblé insister dans mon billet, mais insuffisamment il faut croire, c'est que l'annulation n'est venue que de l'adhésion massive, y compris de gens de gauche, à une pétition d'extrême droite dont le seul argument explicite était que Black M n'aimait pas “notre beau pays” et dont le sens implicite était que Black M n'était “pas français” (or, il l'est). Les gens qui ont relayé et signé cette pétition étaient peut-être choqués de l'homophobie ou de l'antisémitisme de Black M, mais ils ont signé la pétition de gens qui appartiennent à la frange la plus radicale de la Manif pour tous ou qui participent aux agressions contre les camps de réfugiés. Qu'on ne me dise pas que c'est moi qui suis en plein paradoxe...

4 — Qu'il y ait eu une opposition non raciste à ce concert, c'est possible. Que tous mes amis noirs, qu'ils soient diplômés ou non, qu'ils vivent en France, en Afrique ou ailleurs dans le monde, aient tous interprété cette annulation comme une censure raciste et un refus de prendre en compte la diversité des origines dans la France d'aujourd'hui comme dans les combats de 14-18 et de 39-45, cela demeure et ne doit pas être tenu pour un simple malentendu.

5 — Pour en revenir au point n° 1, l'idée d'organiser un tel concert était sans doute mauvaise, et le choix de Black M particulièrement tordu. Soit. Toutefois, une fois le concert annoncé, il est impossible de se réjouir d'une censure qui a pour origine une pétition d'extrême droite. Il m'est impossible, dans l'absolu, de me réjouir de quelque censure que ce soit.

samedi, 14 mai 2016

Verdun, ou l'identité diffractée

Nous avons, de plus en plus, l'art des polémiques enflammées sur des sujets relativement dérisoires.

Toute l'affaire du concert annoncé du rappeur français Black M lors des commémorations de Verdun en est un bon exemple. Je préfère préciser, en préambule, que je n'ai pas vraiment d'opinion concernant les commémorations militaires ou historiques, et que les chansons de Black M, dans le meilleur des cas, m'indiffèrent : c'est, à mon sens, un artiste d'une très grande médiocrité.

 

Son concert a donc fini par être annulé, suite à un mouvement lancé par le groupuscule d'extrême droite Fdesouche et repris à hauts cris par le FN. Même si ceux qui se sont également opposés à ce concert se scandalisent d'être associés à la “fachosphère”, je n'ai pas vraiment entendu, pour ma part, d'autre argument que ceux de l'extrême droite, pour laquelle, en résumant à gros traits, Black M est illégitime car il n'est pas patriote. Toujours pour résumer, c'est lui faire un bien grand honneur de dire que certains de ses textes sont anticolonialistes, mais enfin, on peut dire que, pour un rappeur pas très raffiné des années 2010, ça se rapproche de ça. 

On l'a bien compris, le fond de l'affaire est ailleurs : pour nombre de nos compatriotes, y compris ceux qui se pensent "de gauche" (et le sont sans doute sur bien des sujets), la première guerre mondiale est une affaire de soldats blancs tués par d'autres soldats blancs, et une commémoration digne ne peut commettre d'anachronisme musical en incluant un concert de rap. Si le concert annoncé avait été de Lorie, Christophe Maé, Mireille Mathieu ou Florent Pagny — pour citer quatre artistes tout aussi lamentables que Black M — il n'y aurait pas eu de polémique. C'est donc que le problème n'était pas la “dignité des commémorations” comme on a tenté de nous le faire accroire.

Quel est le seul argument de la pétition que relayaient encore hier certaines de mes connaissances “de gauche” ? Le voici : « Black M s'est illustré dans ses chansons par un grand mépris pour notre beau pays, scandant: "La France, ce pays de Kouffars (mécréants)"». Personnellement, j'en ai toujours tenu pour Les patriotes de Brassens et Charlie Hebdo, ce qui signifie que je suis opposé à toute forme de patriotisme, de sorte que je vois mal comment j'aurais pu signer une pétition qui oppose notre “beau pays” à l'un de ses citoyens. Que des gens de gauche la relaient et la signent en dit long sur la fameuse lepénisation des esprits.

Black M, de son vrai nom Alpha Diallo, a eu beau jeu de publier hier soir un communiqué assez malin dans lequel il se dit "enfant de la République et fier de l'être" et fait valoir qu'il est le petit-fils d'un tirailleur qui a combattu lors de la guerre de 39-45. Il y a certes, là aussi, de la mauvaise foi, surtout vu le cachet annoncé, peu en rapport avec la prétendue "immense fierté ressentie lorsque l'on a fait appel à [lui] pour participer à un concert en marge de la commémoration de la Bataille de Verdun pour l'ensemble des jeunes français et allemands réunis ce jour-là"... Mais il n'en demeure pas moins que c'est plutôt de ce côté-là que se trouve la vérité : les opposants à ce concert ont démontré que, pour eux, l'identité française que l'on doit commémorer en 2016 ne peut inclure les descendants de tirailleurs sénégalais, comme on les appelait (et ce bien qu'Alpha Moumoudou Diallo fût guinéen, comme le rappelle Black M dans son communiqué).

Il me semble donc que toute cette histoire fait remonter un racisme larvé, ainsi qu'une étrange collusion d'une partie de la gauche française avec l'identité nationale à la Sarkozy/Hortefeux. Qu'on le veuille ou non, l'annulation du concert de Black M est une victoire de l'extrême droite, et sera — est déjà — interprétée ici et à l'étranger comme un nouveau refus, de notre part, de faire face au passé colonial de la France.

 

Poursuivons, en imaginant que l'artiste annoncé ait été Oxmo Puccino ou Rokia Traoré. Beaucoup plus constructif, le discours radical d'Oxmo Puccino aurait été plus en phase avec les intellectuels de gauche. Rokia Traoré, elle, chante en bambara, ce qui peut faire croire à la majorité de ceux qui l'écoutent que ses mélodies n'ont rien de politique, ce qui est évidemment faux. Pour la qualité de leur travail artistique, ces deux noms, que je n'ai pas choisis au hasard, sont donc ce que j'appellerai télérama-compatibles.

Je gage que, dans ces deux hypothèses, si polémique il y avait eu, elle serait restée cantonnée à l'extrême droite, et la mairie de Verdun n'aurait probablement pas plié. Les descendants des tirailleurs, les Français issus de la colonisation, etc., auraient donc été représentés lors des commémorations de Verdun, ce qui réfute mon argument antérieur relatif à l'identité nationale...

Sans doute, mais... n'est-il pas gênant de classer les artistes noirs qui font carrière — au moins en partie — en France selon le degré de confort intellectuel qu'ils procurent à une frange limitée de l'intelligentsia française ? De fait, pour l'immense majorité des Français issus de la diversité, selon la formule officielle (et, comme toujours dès que c'est officiel, dénuée de sens), Oxmo Puccino et Rokia Traoré ne sont même pas des noms, ou à peine. Que cela plaise ou non — et bien sûr, cela navre le vieux réac élitiste que je suis — Black M et Maître Gims sont très populaires, et pas seulement auprès des jeunes “de banlieue”, pour évoquer un autre euphémisme idiot. Le meilleur ami de mon fils cadet affirme que Maître Gims est le "meilleur rappeur du monde", et cela vient aussi de l'immense fierté qu'il ressent à voir qu'un artiste qui est, comme lui et toute sa famille, d'origine congolaise triomphe dans les hits et sur les scènes de France.

En d'autres termes, et j'en reviens à mon axiome de départ (je n'ai pas vraiment d'opinion concernant les commémorations militaires ou historiques), une commémoration comme celle de Verdun, bataille où sont morts des centaines de milliers de “simples soldats”, paysans, etc., doit-elle être pensée exclusivement par et pour les réacs élitistes dans mon genre ? Ne doit-il pas s'agir, plutôt, d'un moment où la nation, en 2016, tente de penser ce qui la rassemble et ce qui la fédère sans évacuer les erreurs et les chausse-trapes de l'Histoire ?

 

dimanche, 10 avril 2016

Du Panamiseur et du Singe

Un Homme panamait. On sait que cette erreur

Va souvent jusqu’à la fureur.

Celui-ci ne songeait que Suisse et Îles vierges.

Quand ces biens sont volés, je les tiens immoraux.

Pour sûreté de son auberge,

Notre filou plaçait ses fonds et ses coraux

Dans des fonds insoumis aux règlements fiscaux.

Là, d’une volupté assez cameronienne

— Ou, qui sait, cahuziste — il entassait toujours :

Il passait les nuits et les jours

À compter, exfiltrer, magouiller sans relâche,

Multipliant les boucliers comme à la tâche,

Dissimulant, carnassier, telle l'hyène.

 

Un gros Singe plus sage, à mon sens, que son maître,

Jetait quelque million toujours par la fenêtre

Pour un Euro sportif

Ou quelque présomptif

Été parisien voué à l'olympisme.

On comprend trop bien ce tropisme,

Mais un jour dom Michel (qu'on surnommait Platoche)

S'avisa de jouer double jeu : la valoche

Ajoutée au rusé panem et circenses.

L'effet s'en fit bientôt sentir, et son faciès

Se retrouve, par maints malheurs,

Avec celui d'autres fripouilles

À la une, faisant coasser les grenouilles,

Sous le nom peu glorieux de Panama Papers.

 

Dans le gouffre enrichi par notre déficit,

Que le peuple trouve relâche

Des malfrats de cet acabit

Avant que, par la nuit, debout, il ne se fâche !

 

Pour lire l'original de M. de La Fontaine

Le président d'université et les règles de grammaire de CM1

Non, je n'ai pas le courage d'en faire une fable.

Juste un copié-collé du dernier message qu'a envoyé (envoyait ? envoyez ? envoyée ?) notre illustre Président, le  8 avril à 11 h 59 :

Pour ce dernier message je voudrais vous dire le plaisir que j’ai eu de travailler avec et pour vous tous, la joie des réussites partagées et surtout une grande fierté pour ce qu’est devenu l’Université François-Rabelais.

 

vendredi, 25 mars 2016

Du sens, du sens...

Ce matin, la Nouvelle République titre en très larges caractères

La théorie du genre en procès à Tours

Or, l'article des pages 3 et 40 traite bel et bien du procès, hier, de Farida Belghoul, accusée de diffamation envers une enseignante de Joué-lès-Tours. Ce qui est en procès, ce n'est donc pas — comme le souhaiteraient certainement les tenants du mouvement anti-démocratique et obscurantiste de la J.R.E. — la théorie du genre, mais bien ceux qui, en 2014, ont voulu s'attaquer à la prétendue invasion, dans l'école de la République, de cette prétendue théorie du genre.

Je n'ai jamais fait d'études de journalisme, ni suivi de séminaire de déontologie, mais il me semble que le simple bon sens suffit à saisir l'énormité de l'erreur des journalistes de la NR.

vendredi, 26 février 2016

Déontologie

Conférence de rédaction à la NR

 

— Bon, y a le clash Aubry/Valls, faut titrer là-dessus.

— J'ai une super idée pour un titre original. Il doit traîner des photos de Valls ou Hollande sur un chantier. On pourrait parler de "démolition".

— Ah ouais, bien... Entreprise de démolition, tiens. Dis, toi, là, au lieu de glandouiller sur Twitter, cherche une photo de Valls sur la base de photos de l'AFP.

— ...

— Sur un chantier.

— OK.

(quelques secondes plus tard)

— Y a celle-là.

— Bien, super, il a l'air bien sur ses ergots, en plus, bien.

— Euh, y a une meuf à côté, on sait pas qui c'est.

— C'est pas grave, on n'a qu'à mettre une allusion à Aubry dans la légende. Comme ça avec le casque les lecteurs croiront que c'est elle.

— Ouais, boss, c'est pas top quand même, question déontologie.

— Question quoi ?!

— C'est enseigné dans les écoles de journalisme.

— Les écoles de quoi ?

 

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mardi, 08 décembre 2015

« Voter ne sert à rien »

J'ai la grande chance de n'avoir AUCUN contact pro-FN et de ne rien voir passer de tel, même par “amis d'amis” etc. En revanche, je vois passer tout un tas de photomontages tous plus débiles les uns que les autres, par exemple avec la tronche de Coluche : ‘si voter servait à quelque chose, ça fait longtemps que ce serait interdit’ — ce genre d'INEPTIES !!

Que les abstentionnistes qui, non contents de ne pas se terrer de honte, donnent des leçons de démocratie aient l'humilité de la fermer. Peut-être que ceux qui, comme moi, votent malgré tout sont des cons... mais au moins je ne suis pas un salaud.

Voter ne sert à rien ? c'est sûr, ça ?

Tiens, juste un exemple. Comment une fille ou une femme peut-elle écrire ça ou "liker" un post qui dit ça au lendemain des 42% de la Maréchal ? La Maréchal, je le rappelle, vote systématiquement contre les droits des femmes et a annoncé qu'elle supprimerait les aides au Planning familial. Ah bon ? on peut être une femme en 2015 et penser qu'aller voter CONTRE un parti qui veut faire replonger notre pays dans l'ère des avorteuses clandestines et des aiguilles à tricoter ne sert à rien ?

Voter ne sert à rien ? peut-être... Mais la preuve en a déjà été faite, à plus soif : ne pas voter sert à donner le pouvoir à des salauds ennemis de la liberté.

 

Ce texte, publié lundi sur Facebook, a été “liké” par 28 de mes amis, et partagé par deux ou trois. (C'est, à ma modeste échelle, un retentissement phénoménal ;) )

Quelques précisions.

Il me semble aller sans dire (mais, visiblement, rien ne doit être laissé, sur les réseaux sociaux, à l'implicite) qu'on peut être femme et désirer le retour aux avortements clandestins. Le point de départ de mon billet, c'est que j'ai vu fleurir ces espèces d'apologies décérébrées de l'abstention grâce au fait que des amies ou amies d'amies le likaient à tour d'index, et que ces amies ou amies d'amies sont de notoires fumeuses de cannabis, partisanes de l'amour libre, ferventes militantes (ou du moins derrière leur écran) du mariage pour tous, etc. 

De même, on peut être homme et tenter de penser les problèmes du monde qui nous entoure d'une manière féministe. (Je sais que c'est une position que rejette toute une frange du mouvement féministe, mais bon, peu importe, c'est la mienne : je préfère faire partie de ceux qui considèrent qu'on doit briser les plafonds de verre, lutter contre les pubs sexistes, assurer une rémunération égale aux femmes et aux hommes... que de mettre la main au paquet des gonzesses  ou gueuler “la mort au tournant” en doublant une conductrice sous prétexte que je suis un homme et qu'un homme ne peut pas être féministe.)

Pour en revenir au sujet initial du billet, j'ai lu depuis plusieurs billets très circonstanciés et argumentés expliquant en quoi l'abstention  est le seul choix laissé aux vrais démocrates. Si habiles soient-ils (et certains le sont), ils partent toujours d'une prémisse qui me semble tout bonnement fausse : les élus sont tous corrompus et ne travaillent pas au bien commun. En d'autres termes : nos représentants élus ne nous représenteraient pas. Cela est faux, tout simplement. Il y a de nombreux élus, locaux mais aussi nationaux, qui font leur travail, qui œuvrent à régler les problèmes des citoyens et, pour le dire net, assument pleinement leur mandat. Au plus haut niveau, et pour prendre l'exemple de quelqu'un que tout le monde connaît : Christiane Taubira. Si je continue, malgré tout (malgré Valls et Macron, malgré NDDL et l'état d'urgence, malgré les bonnets rouges), de ne pas regretter mon vote pour Hollande en 2012, c'est en grande partie grâce à elle, qui aurait pu, depuis longtemps, au vu des attaques ahurissantes dont elle a été l'objet, renoncer, jeter l'éponge, et qui est toujours là, au gouvernail, faisant un travail responsable, utile, progressiste.

C'est aussi — et beaucoup — pour cela que voter ne sert pas à rien.

lundi, 07 décembre 2015

« Il faut comprendre » — Non.

« Il faut comprendre les électeurs du Front National. »

Non. Ou plutôt, entendons-nous sur ce que signifie comprendre : s'il s'agit de comprendre que ce sont, au mieux, des incultes dupés, au pire des salauds, d'accord. S'il s'agit de “comprendre leur colère”, ou je ne sais quoi, non.

Non. Je refuse de “comprendre” qu'on puisse voter, en 2015, pour un parti qui fait le jeu du fanatisme religieux en rejetant les idéaux de laïcité et de fraternité.

Je refuse de “comprendre” qu'on puisse voter, en 2015, pour un parti qui vote systématiquement, depuis des années, contre tous les droits des femmes, & qui stigmatise les homosexuels.

Je refuse de “comprendre” qu'on puisse voter, en 2015, pour un parti dont le seul programme, pour faire baisser le chômage, consiste à vouloir encourager les femmes à devenir des mères de famille salariées.

Je refuse de “comprendre” qu'on puisse voter, en 2015, pour un parti qui souhaite supprimer, partout où il le peut, le budget des théâtres et des associations culturelles, pour ne rien dire des éditeurs qui publient des traductions d'auteurs étrangers.

Je refuse de “comprendre” qu'on puisse voter, en 2015 — et surtout si on est pauvre, endetté, démuni — pour un parti qui appartient à une famille de multimillionnaires multipliant manigances et fraudes fiscales.

Je refuse de “comprendre” qu'on puisse voter, en 2015 — et surtout si on est lassé de la corruption dans certains partis “traditionnels” — pour un parti dont les élus sont, proportionnellement, les plus touchés par des enquêtes relatives à des faits de corruption.

dimanche, 06 décembre 2015

13 novembre — 13 décembre

Ainsi, le 13 décembre au soir, la moitié des régions de France seront peut-être gouvernées par un exécutif Front National, par la scandaleuse ignorance et la bêtise crasse de millions de Français, mais aussi par la veulerie des appareils politiques (de droite notamment).

Ainsi, le 13 décembre au soir, un mois après les tueries de Paris, les alliés objectifs des islamistes finiront de triompher, et de préparer peut-être leur conquête du pays entier.

En effet, n'est-il pas frappant que les islamistes, qu'ils assassinent en France ou ailleurs, s'en prennent aux musulmans dits modérés, aux Juifs, aux dessinateurs anarchistes, aux amateurs de hard rock ou des discussions entre amis, mais jamais, jamais au grand jamais, aux “identitaires”, à ceux qui distribuent de la soupe au cochon aux SDF, etc. ?

Les haines, si opposées puissent-elles sembler, ont besoin l'une de l'autre pour s'entrenourrir.

Le Front National et les islamistes rejettent la liberté de pensée et d'expression, les droits des femmes, la culture au sens le plus riche et le plus complexe de ce mot. Quelle ironie — malheureusement sans surprise — que les quelques centaines de milliers d'électeurs supplémentaires du FN se soient jetés dans les bras du fanatisme anti-démocratique du FN par peur contextuelle du fanatisme religieux !

 

Ce soir, le dernier roman de Michel Houellebecq ne m'a jamais paru plus vrai, dans sa vision de notre pays et du déclin de notre civilisation.

Soumission, texte qui a été globalement incompris et dénoncé chimériquement pour son islamophobie, raconte la manière dont, pour échapper au FN, la France se soumet à une forme d'islamisme modéré. Quelque chose d'assez évident n'a pas été vu : son protagoniste est spécialiste de Huysmans, dont le grand classique s'intitule À rebours. Or, ce qui se passe en 2022 dans la France dystopique de Soumission, c'est le rebours de ce qui nous pend au nez : les Français renonçant à leurs valeurs, à leur liberté, à l'idéal d'égalité, par peur de l'islamisme et au profit des chantres (au sourire désormais propret et à la rhétorique plus aseptisée qu'auparavant) de l'exclusion, de la peur et des inégalités entre citoyens.

Soumission, comme je l'expliquais encore vendredi à des étudiants de première année (pour leur expliquer la différence entre structure narrative et point de vue d'auteur), est un roman qui ne dénonce pas, mais qui énonce, de manière très subtile et très détaillée, la démission des élites politiques et intellectuelles. En France, aujourd'hui, les universitaires ou les journalistes sont, dans leur grande majorité, prêts à pactiser avec n'importe quel régime du moment que leur petite carrière et leur vie privée ne sont pas directement affectées. Nous le verrons dès le mois prochain, quand le FN pourra influer directement, très entre autres, dans l'enseignement supérieur.

 

samedi, 14 novembre 2015

Ceux qui se frottent les mains

Ceux que doit profondément réjouir la guerre à Paris, ce sont tous ces gros pollueurs, hommes politiques fanatiques de l'hydrofracturation (genre Cameron), constructeurs d'aéroports inutiles (genre Ayrault), multinationales qui font cramer l'Indonésie depuis des semaines pour leur agribusiness dégueulasse, lobbys pétroliers...

[La liste est longue, et je n'ai pas le courage...]

 

En effet, avec les carnages parisiens, la COP21 — si tant est qu'elle soit maintenue — passera, au mieux, au second plan. Or, il n'est pas indécent de l'écrire et cela n'enlève rien à l'horreur et à l'indignation que je ressens aussi face aux événements de la nuit dernière, nous sommes tous beaucoup plus profondément et plus durablement menacés par le changement climatique et par la pollution sous toutes ses formes que par le terrorisme islamiste.

jeudi, 12 novembre 2015

Le slip, le buzz et les gogos

Enfin, rien de glorieux. C’est petit, il en faut beaucoup : l’homme rapporte pour les manger un sac d’oiseaux morts. Mais c’est comme insulte au monde : insulte à tout ce qui ne va pas dans le monde. Sa pelle, à ce vieux beauf, c’est sur notre tronche à nous tous un par un qu’il l’a balancée. À part que, dans le monde d’aujourd’hui, il y a toujours quelqu’un pour vous photographier au mauvais moment.

(François Bon, “homme en slip avec une pelle” —11 novembre 2015)

 

 

Quoique j'aie réagi le jour même des graves incidents qui se sont produits à Audon, dans les Landes, sur les réseaux sociaux mais aussi dans la rubrique des commentaires du quotidien Sud-Ouest, je me suis interdit de publier trop à chaud sur le sujet du braconnage et des gens qui donnent coups de pelle ou de pique comme à la parade. Bien m'en a pris, car, dès lundi, le riverain en slip a fait le bonheur des réseaux sociaux, amateurs de détournements et autres photoshoppeurs... au point, hélas, d'occulter en grande partie la gravité du problème et l'essentiel du débat.

 

Qu'on ne se méprenne pas, plusieurs des détournements m'ont bien fait rire, et j'ai trouvé assez réjouissant que soit ainsi révélée à des millions de gens l'ineptie de ces prétendus “chasseurs traditionnels”. Toutefois, la rigolade l'a, comme souvent, emporté sur la réflexion, au point que de nombreuses voix se sont maintenant élevées pour dénoncer le “parisianisme” des défenseurs de la nature, ou le “coup médiatique annuel” de Bougrain-Dubourg, en des termes qui rejoignent d'ailleurs, très souvent, le vieux fond rance de la “France d'en bas” version Sarkozy, voire l'antieuropéanisme et l'antiélitisme dont le Front National, entre autres, fait ses choux gras. Je comprends tout à fait qu'on puisse critiquer la “bien-pensance” de tel ou tel organe de presse, et par exemple d'un programme mélangeant divertissement et information comme Le Petit Journal (et qui m'exaspère plus souvent qu'il ne m'amuse).

 

Toutefois, il ne faut pas, pour être du côté de ceux qui vont à l'encontre de la “bien-pensance”, se mettre à mal penser, et j'entends par là : penser de travers, ne pas s'informer, avoir des avis tranchés sans examen préalable, se cantonner dans l'ignorance, arrêter de penser. Dans sa chanson sur les bobos, Renaud s'en tirait par une pirouette : « je fais peut-être partie du lot...» Et, de fait, s'il est souhaitable de ne pas s'interdire de critiquer la superficialité de certains modes de vie (bobos ou hipsters, si je suis à peu près la tendance actuelle) ou le caractère systématique de certains modes de pensée (la fameuse bien-pensance), il ne faut jamais s'interdire non plus de réfléchir.

 

Donc, pour en revenir à l'homme au slip, rétablissons quelques vérités. Tout d'abord, cet homme en slip n'était pas seul. L'ensemble des images (fixes et animées) montrent qu'ils étaient quatre, dont deux armés d'outils de jardinage potentiellement très dangereux. Le détourage, en supprimant, pour d'évidentes raisons techniques (le réemploi de la silhouette à la pelle dans les images retouchées), ces trois acolytes, a débouché – même inconsciemment, même pour ceux qui se sont moqués de lui ou de sa brutalité – sur l'image d'un homme seul... seul face à plusieurs militants anti-braconnage accompagnés de journalistes. Détourage qui a détourné l'attention en suscitant indirectement une image de cavalier seul. (Il n'est d'ailleurs pas impossible que, si moquée qu'elle ait été, sa demi-nudité n'ait semblablement débouché sur l'idée que cet homme seul était humble, dans le dénuement ; ne dit-on pas de quelqu'un qui a tout perdu on lui a pris jusqu'à son slip ?)

 

Ce cavalier seul est vite devenu, dans pas mal de sites d'extrême-droite (mais non strictement tels), chevalier des démunis ou de la ruralité face à la réglementation, Bruxelles, que sais-je... Après le chevalier au lion ou le chevalier à la charrette, voici le chevalier à la pelle, nouveau Bayard sans peur et sans futal. Comme pour les désormais fameux bonnets rouges, le tour de passe-passe, sémiotique autant que sémantique, viserait à faire passer pour des opprimés une petite caste de nantis refusant de se soumettre à la loi commune.

 

Interrogeons donc l'image de cet homme en slip et muni d'une pelle. Cet homme — qui (je l'écris afin de mettre fin à l'éternel argument de la violation de propriété privée) sort de chez lui, au lieu d'alerter les gendarmes, pour en découdre à coups de pelle avec un intrus pacifique entouré de journalistes — représente surtout une frange de braconniers dans l'illégalité  : les pinsons (dont plusieurs individus ont été relâchés ce matin-là par les défenseurs des oiseaux) sont une espèce protégée, et le mode de piégeage à l'appelant est prohibé depuis plus de trente ans. Même sempiternelle histoire que pour les ortolans à la fin de l'été : espèce protégée en net déclin, braconnage à plusieurs niveaux, complicité des pouvoirs publics (il n'y a qu'à lire les incartades du boss Emmanuelli sur le sujet) et, souvent, de la force publique. L'homme au slip ne représente donc pas les pauvres faisant face à l'intrusion de la France d'en haut, mais la violation, réitérée depuis des décennies, du droit commun. De surcroît, bien de ces prétendus “chasseurs” revendent les oiseaux piégés illégalement sans déclarer leurs revenus (ça va sans dire), mais tout en bénéficiant, pour leur activité principale (agriculture), de subventions abondantes. Le “chasseur traditionnel” est donc, le plus souvent, ce qu'on nomme un trafiquant. Moi qui ai vécu seize ans dans les Landes et qui y retourne très régulièrement, je peux témoigner qu'on ne compte plus le nombre de menaces de morts, de dégradations de véhicules ou d'habitations, de pressions sur les élus pour que l'État ferme les yeux sur le business, ou de pressions sur les voisins pour que perdure l'omerta lorsque des journalistes viennent poser des questions.

 

Ainsi, ce genre d'individu ne devient pas plus ou moins sympathique d'avoir fait le buzz — à l'instar de Nabilla jadis ou de Serge le lama naguère — ou d'être la cible et la risée des “bobos”. Les défenseurs des oiseaux sont contraints d'en venir à des actions plus spectaculaires, dans la mesure où presse locale et autorités ferment les yeux, font durer les procédures, enterrent les affaires... Si un dealer de cocaïne accueille en slip avec un nunchaku, dans son appartement, un militant anti-drogues accompagné de journalistes, cela ne fera rire personne.

L'analogie est biaisée, je le sais : les dealers de cocaïne ne touchent pas des aides de l'État et de l'Union Européenne.

Si j'en risque une autre, celle avec le bijoutier de Nice qui avait défrayé la chronique et suscité une page de soutien pas vraiment exempte d'arrière-pensées politiciennes, ça ne marche pas non plus : Bougrain-Dubourg et ses proches n'étaient pas des cambrioleurs, et vendre des bijoux est autorisé en France.

 

Donc, pas d'analogie. Il faut penser ce dossier, cette histoire, dans toute sa vérité particulière, et on verra que, même si les braconniers sont défendus (comme il est normal, dans une démocratie, que tout le monde le soit), leur “combat” est — du point de vue de l'intérêt général, des libertés individuelles et de la morale — tout à fait indéfendable.

C'est sans doute une posture commode et d'être hostile à la bien-pensance et aux médias, encore faut-il ne pas tomber dans l'excès inverse et donner systématiquement raison aux hors-la-loi et aux poujadistes. Par ailleurs, ceux qui n'arrêtent pas de de dire que “Bougrain-Dubourg va faire un coup de pub une fois l'an et n'agit pas sur le reste du dossier” sont des ignares ou des manipulateurs. La L.P.O. agit pour toute la biodiversité, toute l'année, non seulement contre les braconniers qui zigouillent des centaines de milliers d'oiseaux protégés mais aussi contre les pesticides, l'urbanisme, la bitumisation et les projets pharaoniques aussi coûteux qu'inutiles (N.-D. des Landes, LGV...).

On le comprendra, j'en ai un peu assez de tous les ignares qui, découvrant une affaire à la faveur d'un buzz, prétendent, sans plus de renseignements, défendre la “France d'en bas” et faire d'un braconnier en slip la Liberté guidant le peuple des temps post-modernes, alors que cette clique est indéfendable.

 

vendredi, 01 mai 2015

Anne Ain't Right

Read article about Anne Enright's views on “bonding time” and bedtime reading here.

 

This is such a silly point Anne Enright is making here. 

As a (small) child, I did not like being read to at all, much in the same way as I didn't like animated pictures very much. As soon as I could read, I started spending hours reading every day, with a keen love for poetry and drama, and have become a person for whom reading literary works and essays is fundamental. (I read an average of 3 to 7 books each week, always with my fingers in several pies simultaneously.)

Very early on, my wife and I would read books and stories to my elder son (he had a favourite dog story at the age of 4 months and a half). Then it was history books for kids, stories, Claude Ponti, complex documents about animals and wildlife, you name it. He was never bored and I remember suffering physically when I had to read Astérix comic books to him (have you ever tried reading a 48-page book full of speech balloons to a 6-year-old kid who can't read ? I'm not recommending it). 

Unlike him, his younger brother has never been really fond of being read to. We read a lot of stories to him, true, but, interestingly, this was almost never part of the bedtime ritual. So it's not that we as parents failed to have "quality time" with him. We had a lot of quality moments with him (cuddles, laughs, playing games, listening to music), but far fewer “reading” experiences than with his brother....... because he didn't especially want that !

So I'd like Anne Enright (whose work is crap anyway) to bear in mind that :

1. not all children are alike

2. educating a child is not only imposing things on him or her

3. the link between a dislike for bedtime reading and an uncultivated adult remains to be established

▬▬▬▬▬


On a different note : reading has always been a “niche activity”. When I was a child, I was some kind of an extraterrestrial just because I read novels and poetry. Besides, Anne, if you want to have people believe you are a writer and not some kind of moronic recycler of sociological claptrap, consider not using expressions like “bonding time” and “niche activity”.

 

mercredi, 08 avril 2015

Danser le charleston

What shocks me even more than a police officer shooting an unarmed innocent from behind is the mayor of Charleston simply stating that the aforementioned officer “made a bad decision”.

A bad decision ???!??? He is a MURDERER, you moron !

jeudi, 26 mars 2015

Sens le latin

Les “défenseurs” des langues anciennes qui poussent des cris d'orfraie depuis deux ou trois semaines ont souvent le chic pour choisir les arguments les plus faux ou les moins convaincants. Mais là, on passe le mur du çon, comme on dirait dans le Canard enchaîné.

J'ai fait huit ans de latin et quatre ans de grec entre 1986 et 1994 — et j'étais au moins aussi inculte ( : avec une culture fragmentée, sans substrat) que le “jeune des années 2000” décrit par ce type idiot qui n'a jamais vu un jeune des années 2000.

 

Un seul exemple :

« Ignorant la langue, tu saisiras quelques tronçons de savoir objectif, mais le génie t’en échappera, la cohérence profonde t’en sera étrangère. Ce savoir effacé, cette mémoire perdue te priveront de fait du lien le plus direct avec Rabelais, imbibé de latin, avec Boileau, Racine, Corneille, La Bruyère, qui tournent sans cesse autour du paradigme antique ; tu ne saisiras pas les sous-entendus de la pensée des révolutionnaires de 1789, ni la sensibilité de Rousseau, lecteur de Plutarque ; tu ne verras pas bien ce que Victor Hugo peut bien avoir à nous rebattre les oreilles de Tacite et Juvénal pour moquer Napoléon le Petit ; tu resteras sourd aux envoûtements de la poésie symboliste, entichée des élégiaques latins ; tu te gratteras la tête lorsque Camus te parlera de Sysiphe [sic - M. Sylvain n'est pas très fort en orthographe hellène], Giraudoux d’Electre, sans même parler des auteurs italiens, anglais, espagnols, allemands tout imprégnés de culture grecque et latine jusqu’à ce jour. »

Je connais quelques certifiés de lettres actuellement en exercice et qui ne comprendraient pas la moitié de ce paragraphe. Donc le problème doit être ailleurs, ou plus lointain, non ?

Par ailleurs, la façon dont on m'a enseigné le latin jusqu'en première (pour ne rien dire du grec, pour lequel j'étais très mauvais) était totalement coupée de toute culture ou de tout élément historique, de sorte que des faits constitutifs aussi banals que les périodes royauté/République/Empire, je les ai découverts en hypokhâgne, ou peu s'en faut. Mon fils aîné, qui fait du latin depuis l'an dernier (5e) mais qui, surtout, s'est beaucoup passionné d'histoire antique depuis fort jeune, apprend le latin avec une méthode qui va beaucoup "moins vite" pour ce qui relève des déclinaisons et des conjugaisons, mais qui est très supérieure dans les rapports de l'enseignement avec la culture, l'histoire, et même la linguistique (sans jamais prononcer d'aussi gros mots).

mercredi, 18 mars 2015

Bardo...

     C'est dingue, comme tout le monde était (fut) Charlie, pendant huit jours au moins, et comme les exemplaires de Charlie moisissent dans les kiosques, tout le monde a recommencé à se foutre de la guerre mondiale qui se poursuit partout, a frappé aujourd'hui dans un musée magnifique, faisant 22 victimes (dont les assaillants).

mercredi, 11 février 2015

Ping-pong, 7 : Le cas Tiki

 

Pour reprendre les mots de Stéphane Tiki lui-même, je trouve en effet la polémique le concernant “infamante”. Si sa situation est en attente de régularisation, et si on pense que les citoyens dans son cas doivent prouver leur attachement à la République, quelle meilleure preuve que son militantisme ?

Pour avoir entendu ce garçon avant-hier matin à la radio face à son homologue des Jeunes socialistes, je dois dire qu'il m'a paru plus intelligent et plus mesuré qu'elle.

Il faut dire que la responsable des Jeunes socialistes a parlé à DEUX reprises de « l'élection de Christophe Barbier » : parmi les cadres du PS, on peut donc confondre, sur une antenne nationale, un rédacteur en chef droitisant à écharpe rouge et le député élu dans le Doubs, prénommé Frédéric.

 

jeudi, 29 janvier 2015

D'une phrase superficielle

Comme je viens encore de lire, sur le mur d'une amie FB, la très habituelle phrase selon laquelle « le FN n'est pas un parti comme les autres », j'ai livré quelques réactions à chaud que je copie-colle ici, et dont je déplore certes qu'elles soient un peu à l'état brut :

Quand Charlie Hebdo a fait campagne dans les années 90 pour l'interdiction du FN (avec des articles sublimes de Cavanna), quasiment tout le monde disait “ah non ce n'est pas possible, ce ne serait pas démocratique gnagnagna”. Si le FN est un parti légal, s'il a le droit de présenter des candidats, si ses candidats sont jugés capables démocratiquement de diriger les destinées de leurs concitoyens, alors il est également normal que ces mêmes citoyens puissent être jugés "élu local de l'année" ou toute autre faribole. Je veux juste rappeler qu'il n'y a pas de demi-mesures. Comme la plupart des critiques, sur cet événement, émanent de journalistes prompts à dénoncer leurs confrères, précisons que tous ceux qui ont décidé que le FN faisait partie démocratiquement et légalement du paysage politique n'ont pas le droit de nous infliger leurs leçons de morale. À part du côté de Charlie Hebdo et d'une certaine gauche radicale, je ne connais aucun journaliste qui ait soutenu l'interdiction du FN alors que ce parti avait fait la preuve de son incompatibilité constante avec les valeurs de la République et le triple idéal de liberté, d'égalité et de fraternité. Donc maintenant, qu'ils assument. Bientôt peut-être on aura un président FN ; il n'y avait qu'à agir plus tôt.

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Dans la réalité électorale, dans les institutions politiques du pays qui seules fondent cette réalité, le FN est un parti comme les autres. Moi, le temps d'antenne, le financement des campagnes etc., ça me rend malade depuis trente ans — je ne comprends pas ceux qui montent au créneau maintenant, au prétexte qu'un cénacle de journalistes a remis un prix à Steeve Briois.

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Ainsi, l'affirmation selon laquelle le FN n'est “pas un parti comme les autres” est d'une stupidité totale. D'abord, elle stipule que tous les autres partis sont semblables, alors que pour ma part je vois de nombreuses différences – idéologiques et internes – entre l'UMP, le PS, le MUP, le PCF, le NPA, le MoDem, les Verts etc. Ensuite, elle relève d'un déni : de même qu'il ne suffit pas de dire que l'islamisme n'a rien à voir avec l'Islam pour que ce soit vrai, il ne suffit pas de dire que le FN n'est pas un parti comme les autres pour qu'il n'ait aucun pouvoir. Par ailleurs, tous les journalistes qui participent à ce jury sont connus pour se répartir, lors des conférences de presse des présidents et ministres de droite comme de gauche, les questions rédigées ou approuvées par le cabinet du président ou du ministre en question. Alors, question déontologie, leur désignation de Briois comme "élu local de l'année" n'est pas leur fait d'armes le plus scandaleux.

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J'ajouterai que la formule le FN n'est pas un parti comme les autres me rappelle étrangement tous les olibrius qui beuglaient ou écrivaient Tout sauf Sarkozy en 2007. J'en ai fait taire un certain nombre en leur disant : "ah, vous militez pour Le Pen ?" — le sens de leur slogan leur avait totalement échappé.

Le problème est que toutes ces formules se répandent sans que presque aucun de ceux qui les emploient ne les comprenne ; il y aurait beaucoup à dire, aussi, sur le fameux Je suis Charlie, quand on voit que tel ou tel qui l'afficha ou l'affiche encore en photo de profil Facebook défend dans le même temps le port du hijab à l'Université ou le droit des associations musulmanes à menacer à mots à peine couverts une institution culturelle de représailles pour avoir exposé une œuvre censément (et en fait pas du tout) blasphématoire.

 

dimanche, 18 janvier 2015

“La religion tue le monde”

Ainsi donc, depuis le début de l'année 2015 :

  • plus de 2.000 civils nigérians ont été massacrés au nom de l'Islam par les fous de Boko Haram
  • une fillette de dix ans s'est fait exploser dans un attentat, à l'initiative des fous de Boko Haram et au nom de l'Islam
  • 17 personnes (dont des artistes et des Juifs) ont été sauvagement assassinées en France au nom de l'Islam
  • un blogueur saoudien purge une peine de prison pour athéisme et a déjà reçu 100 coups de fouet, au nom de l'Islam
  • un pianiste de renommée internationale a été condamné en Turquie à de la prison ferme pour athéisme, au nom de l'Islam
  • des émeutes meurtrières ont eu lieu, notamment au Niger, au nom de l'Islam

 

Et voici que la majorité des responsables religieux de tous bords, le Pape ici, tel dignitaire musulman là, voudraient nous faire accroire que le problème vient de quelques dessins, ou de quelques textes “provocateurs”... Cela rappelle à ceux qui en douteraient qu'un religieux “modéré”, ça n'existe pas : les prétendus “responsables” religieux sont irresponsables, complices ou eux-mêmes assassins.

Une des rares exceptions, dans ce concert de faux-culs pyromanes, c'est « le curé de chez nous » de Brassens (hélas fictifl'imam de Cenon (bravo à lui).

vendredi, 19 décembre 2014

Les deux barbaries

Il y a deux barbaries : celle des fondamentalistes qui massacrent et esclavagisent, et celle d'un pays dont les journaux les plus en vue peuvent publier de pareils torchons.

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cliquer sur la photo pour découvrir le “français” des Échos

 

À terme, ces deux barbaries se rejoignent : dans un monde où un nombre grandissant de citoyens sont “informés” sans en être gênés par de telles sources, plus rien n'a de sens, et la première barbarie peut triompher.

vendredi, 12 décembre 2014

Arnaud Montebourg et l’école de l’humilité

Il y a plus absurde que les torrents d’inepties que j’ai lues dans mon paquet de copies de première année hier : entendre Arnaud Montebourg critiquer la gauche caviar et expliquer, avec toute la fatuité dont il est capable, que le Barreau est “l’école de l’humilité”, par rapport à l’ENA, qui serait “l’école de l’arrogance”.

 

C’était en voiture, sur le chemin du collège, et mon fils aîné n’a pu s’empêcher de s’esclaffer sur le lien improbable entre Montebourg et le concept d’humilité.

jeudi, 11 décembre 2014

La grande brairie (dessine-moi un ormesson)

On ne ne sait trop qui a répondu à l’enquête dont Busnel — qui est à la critique littéraire ce que Patrick Sébastien est au divertissement — faisait ses choux gras ce soir  dans le décor hideux de sa Grande librairie, mais, en tout cas, on peut remarquer que, pour ce panel, le top 5 des « livres qui ont changé ma vie » était entièrement constitué de récits de langue française publiés entre 1920 et 1960. Ainsi, la littérature n’existerait qu’en langue française, qu’en prose narrative, et que sur une période de 40 ans.

J’ai tout d’abord eu dans l’idée que seuls les pensionnaires des maisons de retraite de la MGEN – ou le fan club des Amis de Jean d’Ormesson – avaient eu voix au chapitre. Il est autre chose qui m’a mis la puce à l’oreille : le fait que la première place revienne au Petit Prince… Comment peut-on considérer que Le Petit Prince est le livre le plus important qu’on ait lu, à moins de n’avoir lu que quinze livres, en tout et pour tout, Enid Blyton compris ? Sans doute, répondre cela – comme répondre L’Écume des jours d’ailleurs (ouvrage qui se classait à la quatrième place) – signifie qu’on a lu quelques livres à l’adolescence, et qu’on n’a plus jamais rien lu depuis…

 

Il n’en demeure pas moins que le succès durable et populaire du Petit Prince me demeure une énigme : qui ce texte, bêtement lourdaud, péniblement allégorique, médiocrement écrit, peut-il faire rêver ?

mercredi, 10 décembre 2014

Accident mortel à Vouvray — l'armée française tue la France

Ce soir, un Alphajet s’est écrasé sur une résidence pour personnes handicapées, à Vouvray.

Je veux juste rappeler que, depuis une quinzaine d'années, un comité de riverains dénonce les pratiques scandaleuses des pilotes de la Base Aérienne. J'habite depuis 11 ans et demi dans un quartier proche de la base, et il nous arrive souvent de penser, en voyant ces fous dangereux et stupides faire leurs pirouettes au-dessus des pavillons et des centres commerciaux, que peut-être un de ces appareils s'écrasera sur notre maison, sur l'école de nos fils.

Ce soir, la catastrophe est arrivée. Un mort et au moins quatre blessés. Rassurez-vous : les pilotes sont indemnes.

 

 

On a déjà commencé à lire, sur les forums et les réseaux sociaux, les habituelles litanies sur l’armée qui nous défend, etc. De même, on ne peut douter que cet accident ne fera la une que quelques heures, alors que si semblable accident avait eu lieu en région parisienne, on nous en parlerait pendant une semaine sur toutes les chaînes de radio.

Prévisible, aussi, l’“enquête” qui sera diligentée, et qui conclura, sans coup férir, que les deux aviateurs étaient dans l’impossibilité de maîtriser la course de leur engin et qu’ils n’avaient d’autre solution que de s’éjecter en laissant leur bombe en acier aller tuer des innocents. Bientôt, même, on leur décernera une médaille, à peine en catimini.

Prévisible, le communiqué de l’association des riverains, qui rappellera l’hypocrisie des autorités, l’inutilité maintes fois signalée de ces manœuvres irresponsables.

Et prévisible, le silence de mort que lui opposeront encore les autorités.

 

L'Armée n'est pas seulement la grande muette ; c'est elle qui a tous les droits —— le droit de tuer, le droit de polluer, le droit d'enfreindre les lois, le droit de prétendre au courage tout en s'habillant sans cesse de lâcheté candide et de lin vert kaki.

 

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En bonus [11.12.2014] : très beau texte de mon voisin François Bon.

 

vendredi, 05 décembre 2014

Continental édission

Le 22 juin, j'écrivais ceci sur mon mur Facebook :

Il y a quelques mois, au cœur de l'hiver, j'avais été époustouflé par Lara de Bernardine Evaristo. Là, je commence, bien au chaud, en plein soleil, The Emperor's Babe, et ça part très très fort. —·— Romans en vers qui n'intéresseraient pas le lectora-francé, et sans doute moins encore l'édission-francèse.

 

Je suis vraiment en train de m'aigrir façon vieux birbe, moi.

mercredi, 05 novembre 2014

Feu de pneus en zone urbaine

 

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Tours, 12 h 10.

 

         Embouteillages partout, avec les longues lignes de tracteurs qui allaient plus tard déposer en pleine ville les produits grâce auxquels nos braves paysans ont déjà bousillé campagnes, nappes phréatiques, rivières.          Quelques semaines après que le gouvernement a cédé contre le lobby des gros cons de pollueurs irresponsables et psychotiques routiers,    voici les paysans qui se proclament « responsables » tout en dénonçant “l'écologisme dogmatique”.

En effet, leur écologisme à eux n'a rien de dogmatique : cramer des pneus, c'est être proche de la nature. Il est à parier que contre ces poujadistes qui manifestaient pour le droit de continuer à tout bousiller, aucun préfet n'aura envoyé, comme contre les manifestants de Sivens ou de Notre-Dame des Landes, la force publique avec ses flash-balls et ses grenades.

lundi, 20 octobre 2014

Le Kaa

26 septembre

 

 

Et donc, au Kaa (le nouveau nom du bistrot est un hommage à la série Kaamelott (j'ai donc raconté aux serveurs que mon fils aîné et leur patron pourraient échanger des répliques cultes de tête pendant des heures)), le vendredi midi, soit tu écoutes des conversations d'amateurs de black metal qui comparent les mérites du Hellfest et du Motokultor, soit tu entends trois jeunes filles parler des séries-culte du moment, et ce d'une façon qui te confirme que, quoi qu'en disent les branchouillards qui ne cessent de parler de la créativité des auteurs de séries, de la complexité narrative et psychologique gnagna, eh bien, les séries-culte de 2014 sont aussi débiles (aussi répétitives et superficielles) que “Dallas” ou “Santa Barbara” en leur temps.

02.10. À ce même endroit, il y avait, il y a déjà longtemps, le bistrot des Joulins. La nouvelle équipe me plaît beaucoup aussi. C'est amusant, ce lieu, d'ailleurs quasiment personne ne sait que cela s'appelle le placis des Joulins, avec ses six magnolias, et les flots d'étudiants, de secrétaires et d'enseignants qui vont et viennent en tentant de ne pas trébucher sur les marches pétées, les dalles inégales. Vertige chronotopique, je reviendrai souvent au Kaa, peut-être y déclamer du Buzzati. — Dois-je écrire que le 2 octobre est une date noire, de deuil ?

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dimanche, 31 août 2014

Le jumelage Tours / Takamatsu, et l'enlaidissement des parcs

P1250964.JPGAinsi, au nom de l'amitié entre notre cité et une ville japonaise réputée pour son art des jardins, Takamatsu, nos édiles imbéciles ont décidé de saloper un des plus beaux parcs tourangeaux avec trois gros praticables aussi laids que peu discrets.

M. Babary, bravo !

mardi, 01 juillet 2014

Quand le Roselé est tiré...

Extrait d'un article d'un certain Sébastien Roselé, dans Le Point de cette semaine, à l'occasion de la parution du livre qu'Alain Pagès consacre à Zola :

En effet, c'est aussi cet esprit potache, voire graveleux, qui règne dans le petit groupe d'écrivains, l'auteur du Horla en tête, dont Zola, d'une dizaine d'années leur cadet, est devenu le mentor. Il a commencé à recevoir Huysmans, Maupassant, Céard, Alexis et Hennique à Paris d'abord. Dans sa nouvelle propriété ensuite. Le groupe dit "de Médan" était ainsi né. En 1880 paraîtra le recueil de nouvelles collectif Les Soirées de Médan, qui constituera l'acte fondateur du groupe d'auteurs naturalistes. 

 

Outre les erreurs de temps, de ponctuation, de syntaxe, je mets au défi quiconque de rétablir la structure “correcte” de la première phrase.

C'est une phrase-qui-rend-fou.

Le défi est d'autant plus difficile à relever que M. Roselé confond les mots aîné et cadet. (Oui, je sais, je suis dur : ce sont des termes complexes et d'un usage rare.) En effet, Zola, né en 1840, est nécessairement l'aîné de Maupassant, né en 1850, et donc, je le suppose, des autres auteurs dont j'avoue ne pas connaître l'état-civil.

 

lundi, 23 juin 2014

Une certaine Christelle Di Pietro

Un contact FB vient, en cinq secondes, de me défriender et de me bloquer parce que :

* elle affirmait que tous les gens qui regardent des matches de foot devaient écrire des messages pour se désolidariser des tweetos racistes et sexistes qui insultent Helena Costa depuis ce matin, voire arrêter de regarder des matches de foot

* je lui ai fait remarquer que tous les amateurs de foot n'étaient pas nécessairement des "supporters" et que l'amalgame n'avait aucun sens [de mémoire (car je n'ai plus du tout accès à la conversation), j'ai écrit "je ne suis pas supporter, je ne suis pas sur Twitter, je ne suis pas sexiste, donc pourquoi devrais-je être considéré comme a priori solidaire de ces cons ?"]

Illico défriendé/bloqué. Visiblement, j'ai touché un nerf. MAIS POURQUOI DONC LES GENS EN GÉNÉRAL ONT-ILS TANT DE MAL À ADMETTRE LA DIFFÉRENCE, LE DIFFÉREND, LE DÉBAT, L'ARGUMENTATION, ET SURTOUT LA NUANCE ?

mardi, 13 mai 2014

L’autoclave Lequeux, et le régime des inégalités

Une collègue de l’U.F.R. de Médecine vient d’envoyer le mail suivant à l’ensemble des personnels de l’Université, et même, il semble, aux étudiants :

Nous souhaitons céder notre ancien autoclave, qui est bien sûr en état de marche.

Il s'agit d'un autoclave vertical Lequeux de 165 L, de diamètre 500 et hauteur 700 mm. Il a été fabriqué en 1998 mais n'a été utilisé que pendant la période 2005-2012.

Nous avons en notre possession tout [sic] les compte-rendus d'inspection périodique ainsi que le registre de maintenance.

 N'hésitez pas à me contacter si vous avez besoin de plus amples renseignements.

Si vous êtes intéressés, nous vous remercions de nous en informer avant la fin de la semaine, le transport du matériel restant à votre charge.

 

Son message a, semble-t-il, été diffusé sans difficulté, même auprès des 90% qui ne savent pas ce qu’est un autoclave et des 99% qui, n’ayant pas besoin de faire cuire dix kilos de choux-fleurs le même jour, n’envisagent pas d’en acquérir un. On pourrait aisément mettre cela sur le coup de l’information overload si des événements pédagogiques ou culturels organisés par l’U.F.R. Lettres et Langues ne se voyaient pas  interdits, le plus souvent,  de diffusion à ces mêmes  listes.

Voyons… le Président de l’Université est… dermatologue, c’est ça ?

Coïncidence ?

lundi, 31 mars 2014

La défaite de Jean Germain à Tours.

Sur le site de la Nouvelle République, Pascaline Mesnage vient de publier l'article suivant :

Les dix raisons de la défaite

1.     En 1995, Jean Germain annonce qu'il briguera trois mandats au mieux. Il tente le mandat de trop.

2.     Le principal adversaire de Jean Germain pendant cette campagne fut Jean Germain lui-même et son rapport trop distancié à la population.

3.     L'affaire Lise Han. Pris la main dans le pot de confiture, il aurait pu confesser sa faiblesse et repartir sur des bases plus saines. Du coup, même le tramway, pourtant une vraie réussite, est passé au second plan.

4.     Les rythmes scolaires et la colère… du peuple de gauche.

5.     Nascar. Preuve d'un manque de discernement et d'un entourage qui ne lui servait plus de paratonnerre. Jean Germain a donné le feu vert à un projet anti-écologique trois mois avant les élections. Suicidaire.

6.     Claude Roiron. Le limogeage de l'ancienne présidente socialiste du conseil général se paie aujourd'hui cash dans son quartier de l'Europe, notamment.

7.     Les cumuls. A l'heure où la gauche milite pour un unique mandat exécutif, Jean Germain faisait figure de maire boulimique et omnipotent.

8.     Le pouvoir absolu : mairie, conseil général, Tour(s)plus, sans compter sa complicité constamment affichée avec le député UMP Philippe Briand… son ennemi le plus sûr !

9.     L'ouverture de sa liste à l'UMP.

10.   La politique nationale du PS.

Les raisons 4, 5, 7 et 10 ont pesé très lourd pour moi.

Si je peux donner mon point de vue de simple citoyen, Tours s'est surtout débarrassée d'un maire PS autocratique, cumulard, bétonneur, qui, au cours du dernier mandat, a passé en force des mesures d'injustice sociale et s'est constamment acoquiné avec l'UMP dans les tripatouillages de la Communauté d'agglomération. De plus, Jean Germain, sollicité par le collectif des enseignants en grève d'octobre 2008 à juin 2009 contre les réformes Pécresse, n'a jamais même répondu aux demandes de rendez-vous, et il a fait de même vis-à-vis des personnels hospitaliers. Soutien objectif du gouvernement Fillon sur de nombreux dossiers, il sollicitait les suffrages des Tourangeaux après 21 mois d'un gouvernement "de gauche" dont la politique universitaire est encore pire que celle du précédent gouvernement, sans compter Notre-Dame des Landes, le débarquage de Delphine Batho, les cadeaux au patronat etc.

Même avec une triangulaire et l'épouvantail du FN, unique ressort (bien rouillé) des militants socialistes, je suis très heureux de ne pas avoir voté pour la liste fusionnée PS/EELV hier. Et si j'étais Nantais, je me demande si je n'aurais pas carrément voté contre les apparatchiks du PS... hélas, eux ont été réélus... Maintenant, je sais que Serge Babary, blanc bonnet et clone patronal du ci-devant carabin-en-chef, ne sera pas meilleur pour la ville. Il faut tout de même noter aujourd'hui que se débarrasser des autocrates socialistes qui croient qu'il suffit de demander les vivats de la foule tous les six ans pour se maintenir sur leur trône, ça fait AUSSI du bien.

Tout militant réellement de gauche qui lit ces lignes est invité à en tirer les conclusions qui s'imposent en vue, non d'une inflexion, mais d'un véritable coup de barre à gauche des politiques locales et gouvernementales menées par le P.S. Pour combattre le FN et la droite, il faut mener une  vraie politique de gauche, il faut changer les méthodes de gouvernance héritées du gaullisme et du mitterrandisme.

mardi, 25 mars 2014

Nantes, la fusion et le déshonneur ?

A Nantes, accord entre PS et EELV malgré le différend de l'aéroport

Les bans ont été promulgués lundi soir à 23h20. La socialiste Johanna Rolland, 34 ans, candidate adoubée par Jean-Marc Ayrault à Nantes, et l'écologiste Pascale Chiron, 39 ans, ont annoncé la fusion de leurs listes, au terme d'un accord obtenu au forceps. Dimanche, Mme Rolland est arrivée largement en tête en recueillant 34,5 % des suffrages, devant sa rivale UMP, Laurence Garnier (24,1 %), et Mme Chiron (14,5 %).

Selon nos informations, les écologistes revendiquaient au moins 15 élus, en cas de victoire confirmée dimanche aux côtés des socialistes. Sept postes d'adjoint auraient également été initialement mis dans la balance, dont des délégations à l'urbanisme et à la démocratie locale, ainsi que onze postes à la communauté urbaine. Selon toute vraisemblance, Mme Chiron figurera en troisième position de la nouvelle liste.

Les écologistes réclament un moratoire sur NDDL

Les écologistes ont profité de leur très bon score pour réclamer un moratoire sur le projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. « Impossible de céder sur ce point alors que Mme Rolland a toujours indiqué qu'elle était favorable à ce projet », a-t-on tenté de faire valoir du côté socialiste. Une pirouette sémantique devrait permettre à chaque camp de jouer sa partition.

 

Trois remarques au sujet de cet extrait d'un article paru dans Le Monde ce jour :

1) Que les écologistes dans leur version politique soient, depuis déjà pas mal de temps, des girouettes pour qui telle ou telle prébende compte plus que les convictions théoriques, ce n'est pas un scoop. Il n'y a qu'à voir le record mondial d'avalage de couleuvres des pantins verts du gouvernement Ayrault.

Là, tout de même, c'est vraiment hénaurme.

 

2) J'objecterai à celles et ceux qui prétendent que la féminisation du personnel politique est le meilleur moyen de tourner le dos aux vieilles recettes politicardes, forcément taxées de phallocratiques, qu'en l'espèce, Mmes Rolland et Chiron n'ont pas besoin d'être âgées ou de sexe masculin pour se hisser immédiatement à la hauteur des bons petits tripatouillages dignes des années 50 ou de la Chiraquie.

 

3) Le journaliste aurait pu, dans le contexte, s'interdire l'expression métaphorique de l'“accord obtenu au forceps”.

lundi, 02 décembre 2013

Trois poinçons

Un loup tué dans le Var.

Des moniteurs d'équitation qui essaient de comparer leur changement de TVA à l'augmentation de 13% du prix du pain.

Une université anglaise qui doit se censurer pour avoir dit la vérité (à savoir que la littérature jeunesse n'est pas de la “grande littérature”)*.

Mais quel est ce monde...


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* À noter qu'un bref échange que j'ai eu sur Twitter avec un auteur de littérature jeunesse, comme on dit, s'est achevé abruptement par ce message du dit : “Kent University has apologized. Stop digging.” — Même si je comprends parfaitement que dig signifie ici ‘chercher des poils sur les œufs’ (pour rester poli), je trouve très édifiante cette métaphore. Quoi de plus emblématique de ce qui s'est joué, sur les réseaux sociaux, entre une horde de non-penseurs bien-pensants et quelques universitaires, que cet écrivain de livres pour enfants qui clôt une discussion par un ordre, et par le refus de creuser ?

dimanche, 01 décembre 2013

Tiret bas, trait d'union, cadratins...

Dans le cadre du cours magistral de Documentation que je dispense depuis l'année dernière aux étudiants de première année, j'explique, très entre autres choses, au sujet de la syntaxe des requêtes dans Google, que le signe de ponctuation qui se forme en appuyant sur la touche 6 sans majuscule se nomme un trait d'union.

C'est l'occasion de lutter, à ma modeste échelle, contre la confusion entre le trait d'union (qui se situe toujours à l'intérieur d'un mot composé – hyphen an anglais) et le tiret (qui sert à introduire des répliques au discours direct, ou à séparer des éléments au sein d'une phrase, voire remplace les parenthèses, comme chez Gracq par exemple – dash en anglais). J'en profite aussi pour préciser que le signe de ponctuation communément appelé "tiret du 8" se nomme underscore en anglais et tiret bas en français. Le plus important, bien sûr, est de rappeler comment et quand on doit utiliser le trait d'union ou le tiret.

J'ai précisé ce point pas plus tard que vendredi matin, avec les L1 de Langues Étrangères Appliquées.

 

Vlà-t-y-pas que ce matin, je cherche à appeler le Grand Théâtre de Tours, institution culturelle censément de prestige. Et qu'entends-je sur le répondeur ? L'adresse électronique communiquée au moyen de l'expression "tiret du 6". Les administrateurs du Grand Théâtre de Tours ne savent donc pas ce qu'est un trait d'union. 

lundi, 10 juin 2013

L'ex imparfait, ou le français langue étrangère selon Claude Meinau

L'avantage, avec France Infos, c'est que l'on peut comparer les manières parfois diverses dont est formulée, à un quart d'heure d'intervalle, la même information. C'est souvent très édifiant. Parfois aussi, c'est la répétition à l'identique qui surprend.

 

Ce matin, à 11 h 30, j'ai entendu Claude Meinau annoncer, parmi les titres, la mise en examen, dans le cadre de l'affaire du Crédit Lyonnais et de Bernard Tapie, de deux personnes, dont l'une « était à l'époque l'ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde ». Il s'agit très évidemment d'une ineptie, ou plutôt d'une absurdité. Quand on est ex-quelque chose, on l'est à tout jamais, donc l'imparfait rend la phrase incompréhensible.

Ce que l'on est réduit à supposer (comme dans la copie d'un mauvais étudiant en langues étrangères), c'est qu'il s'agit de l'ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, et qu'il est justement mis en examen parce qu'il occupait à l'époque cette fonction.

Comme cette absurdité est assez énorme, tout de même, on se dit qu'il s'agit d'une brève mal rédigée et mal lue (ou mal déchiffrée) par le journaliste, et que le prochain à prendre la parole (lui ou un collègue) rectifiera le tir. Or, pas du tout. 11 h 45. Nouveaux titres. Derechef Claude Meinau. Et rebelote. « Stéphane Richard, qui était à l'époque l'ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde ».

 

Claude Meinau ne s'entend pas parler, il ne comprend pas les mots qu'il emploie, il ne sait pas ce qu'il raconte. Comment, alors, avoir une confiance même quelconque en de tels “journalistes” ?

 

samedi, 08 juin 2013

« Antifascisme » et marque-repère

On m'appelle à un grand rassemblement à la mémoire de Clément Méric et contre l'extrême droite, cette après-midi, à Tours. Que les choses soient claires : il est évident que je dénonce les actions de tous les petits salopards de miliciens et autres encagoulés, à commencer par les meurtriers de Clément Méric, et que je m'associe au deuil de sa famille.

Toutefois, deux ou trois petites choses me taraudent, au sujet de ce rassemblement annoncé à Tours, et pas seulement le fait que cette manifestation émane de la section locale du PCF, alors que, de notoriété publique, tous les responsables politiques ont été fraîchement accueillis avant-hier soir place Saint-Michel (à Paris), les « antifascistes » proches du défunt assassiné criant à la récupération. (À cette occasion, il paraît que, pour une fois, notre Grand Psychotique National, le tribun Mélenchon, a fermé sa gueule, ce qui devait être quand même très savoureux pour les personnes présentes.)


En l'espèce, et depuis jeudi, il semble avéré (et je l'écris en grands caractères, afin que tout ce qui suit perde de sa force si je devais être victime de désinformation) que l'assassinat de Clément Méric a fait suite à la “rencontre” de quatre antifascistes et de petits caïds d'extrême-droite lors d'une vente de privée de vêtements de marque, vêtements qui, nous dit-on, serviraient de “signe distinctif” à l'un et l'autre groupe (l'adjectif distinctif étant du plus haut comique pour décrire un signe d'appartenance même pas distinctif d'une quelconque idéologie).

L’enquête de la police judiciaire parisienne doit encore déterminer les circonstances exactes de la bagarre survenue dans le IXe arrondissement de Paris entre deux groupes à la sortie d’une vente privée de vêtements de marques, prisés tant par les membres de groupuscules d’extrême droite que par les militants antifascistes.  (Source : LCP)


Si cela est avéré (grands caractères derechef), j'avoue ne pas comprendre, et, quoique je sois prêt à poursuivre toutes les luttes contre les ennemis de la démocratie, j'avoue ne pas pouvoir m'identifier à des « antifascistes » qui participent à la grand messe consumériste des “ventes privées” et poussent l'esprit de corps jusqu'à adhérer à l'achat de vêtements selon la marque, pour ne rien dire du choix d'une marque identique à celui fait par leurs “ennemis” d'extrême-droite.

En effet, les fameuses « marques » sont un des moyens contemporains d'aliénation du peuple par le Capital et de dépolitisation les plus flagrants. Par ailleurs, qui achète des « marques » participe, de fait, à la hiérarchisation de la société selon des codes “culturels” sans rapport, ni avec l'idéal humaniste, ni avec l'héritage des Révolutions, ni avec la tradition démocratique française, ni avec la lutte des classes (ce dernier point me semblant devoir être au centre des préoccupations de jeunes militants de gauche ou d'extrême-gauche). Enfin, la plupart des temps, adhérer au marquage consumériste par les marques, c'est aussi participer activement à l'exploitation des travailleurs du Tiers-Monde, voire à leur destruction (au Bangladesh par exemple).

Comment peut-on, d'une part, être militant  « antifasciste » et syndiqué à SUD, et, d'autre part, cautionner le système consumériste des marques et l'exploitation des travailleurs ?

mardi, 21 mai 2013

Norauto (Tours Nord), les guignols de la mécanique

Lundi 13 mai, 17 h. J'appelle le garage Norauto de Tours-Nord afin de prendre rendez-vous pour une vidange de contrôle. Deux minutes d'attente, puis on me signale que personne n'est disponible à l'atelier. On me propose de donner mon n° afin qu'on me rappelle, ce que je fais.

Mardi 14 mai, 15 h. Personne n'a rappelé. Je rappelle, étais apparemment inconnu au bataillon (quoique déjà client ?!). J'obtiens un rendez-vous pour le surlendemain à 10 heures en donnant mon nom, mon n° de téléphone fixe (encore) et mon n° d'immatriculation.

Jeudi 16 mai, 10 h. Voici venu le surlendemain. Mon épouse pose le véhicule entre deux cours à son lycée. Le mécanicien exige d'elle tout une série de renseignements dont il s'avère qu'en fait il n'avait pas le courage de les chercher dans la base de données informatique. Très nette impression de grossièreté et de paresse. Mon épouse perd 20 minutes (pour déposer un véhicule).

Jeudi 16 mai, toujours. 11 h 30. Je reçois un appel sur mon n° portable (ah tiens, ils l'avaient dans leur base de données?!). Le mécanicien qui est capable d'intervenir sur les véhicules hybrides n'est pas là ce jour, est-ce que je peux venir chercher le véhicule etc.?

Jeudi 16 mai, 15 h. Cette fois-ci, c'est moi qui perds une demi-heure pour essayer de comprendre pourquoi le garage donne un rendez-vous dans un créneau pour lequel aucun mécanicien compétent n'est disponible, et pour prendre un nouveau rendez-vous. J'obtiens de très vagues et réticentes excuses. Et, après avoir hésité à changer dès lors de crèmerie, je prends donc rendez-vous pour le mardi 21 mai, à midi, en précisant que je dois récupérer la voiture à 15 h 30 dernière limite. Aucun problème, tout figure à l'écran, que le mécanicien me montre.

Mardi 21 mai, 11 h 45. Après dix minutes d'attente, je suis “pris en charge”. Le mécanicien (un autre) n'a absolument aucun rendez-vous, ni à mon nom ni pour ce véhicule, dans son planning. J'interpelle poliment (en attendant qu'il ait fini de s'occuper d'une autre cliente) l'autre mécanicien (celui du jeudi), qui ne sait rien, ne se souvient de rien. Bon. Soit. Le spécialiste des hybrides est là, youkaïdi youkaïda. On refait toute la lyre des questions, quelle huile gnagnagna. Le mécanicien me demande alors “pour quelle heure la voulez-vous ?”. A quoi je réponds : “le rendez-vous était donné pour un créneau midi – 15 h”.

Il se rend à l'atelier, revient après cinq minutes. “Ce ne sera pas avant 17 heures.” Je lui demande si c'est une plaisanterie. Non, ce n'en est pas une. Je m'en vais, et ne m'arrêterai plus jamais chez Norauto. Toutes les personnes à qui j'ai eu affaire chez Norauto, entre le 13 et le 21 mai, étaient des amateurs irrespectueux du client, et, de toute évidence, incompétents.

 

Temps écoulé entre le premier appel téléphonique et un rendez-vous finalement inutile : 8 jours

Temps perdu en transport et attente/palabres au garage : 2 heures

Intervention sur le véhicule : aucune

lundi, 13 mai 2013

La Sainte Trinité

La Sainte Trinité. Site Tanneurs, lundi 13 mai 2013.

En bas : immense radiateur, signalant un système de chauffage éteint depuis début avril (or, il fait 15° dans certaines salles).

En haut à droite : « toile » de Nico Nu.

En haut à gauche : ancien logo de l'Université, qu'il nous est interdit d'utiliser depuis 2007 (au point que nous avons dû jeter des milliers de feuilles à en-tête) mais qui est peint sur ce mur, dans un lieu très fréquenté, sans que personne ne s'en émeuve (et sans aucune espèce de sens, au demeurant).

lundi, 29 avril 2013

Le français selon Lequay

Il est donc avéré que l'on peut être « grand reporter » dans un influent hebdomadaire (Marianne) et 

* confondre nombre et nombreux

* écrire “des deux côté”

* finir son article par une phrase aussi incohérente et mal ponctuée que :

Or ce phénomène, en pleine récession européenne ne cesse de s’aggraver, dans un Hexagone dont le marché de l’emploi, il faut s’en alarmer, est désormais en panne sèche. 

Merci, Mme Lequay !

(Au demeurant, comment peut-on encore s'étonner des couvertures poujadistes du Point ? Est-ce encore un sujet ?)

vendredi, 12 avril 2013

D'un extrême l'autre, un parfum d'années 30 ?

D'aucuns s'étonnent que les militants d'extrême-droite hostiles au mariage gay (Printemps français, Hommen ou autres) aient utilisé, pour l'une de leurs vidéos militantes, la chanson de HK et les Saltimbanks, « On lâche rien ».

J'avoue avoir découvert – puis subi – cette chanson lors des manifestations de 2008-2009, à moins que ce ne soit à l'automne 2010 (pas envie de vérifier ce qui est possible chronologiquement). Cette chanson, certes très entraînante et donc tout à fait appropriée pour une manifestation, m'avait tout de suite frappé par son populisme anti-démocratique : oui, je suis un grand naïf qui croit au droit de vote, aux institutions démocratiques, au Parlement, à l'importance de faire avancer les choses aussi dans les urnes.

La semaine dernière, jeudi soir, je suis allé assister à un quadruple concert dans le cadre du festival Imag'In à Saint-Avertin : j'y allais pour écouter Christiane Grimal avec son Tijérina Projekt, et ai eu le grand plaisir de découvrir l'immense talent du jeune Blackie Sam et de ses musiciens. L'essentiel du public était venu là pour le bouquet final, HK et les Saltimbanks. J'étais heureux de découvrir enfin ce groupe, dont plusieurs connaissances (contacts Facebook, pour aller vite) me disaient le plus grand bien.

Or, j'ai dû quitter la salle au bout de quatre morceaux. La raison principale était une sono poussée à fond : je serais devenu totalement sourdingue si j'étais resté – et cela, je sais que ce n'est pas la faute des musiciens (encore qu'ils pourraient s'en rendre compte). Mais il y avait bien d'autres raisons, par-delà une musique totalement dénuée d'invention, repassant toutes les vieilles recettes du mélange rock rap & bastringue. Ce qui m'a le plus choqué (et surtout totalement surpris), c'est la mise en scène du concert, totalement fascisante ou déshumanisée : on se serait cru dans la scène d'ouverture du Metropolis de Fritz Lang : peut-être était-ce ironique, mais cette espèce de métronomie mortuaire m'était insupportable. Quant aux textes (à ce qu'on pouvait en entendre dans le vacarme), ils sont, au mieux, indigents. En effet, j'y ai trouvé la doxa bien-pensante que j'attendais, discours convenu sur les pauvres, la télévision, les immigrés – manichéisme creux, truismes à tous les étages. Mais, si j'écris qu'il sont « au mieux indigents », c'est qu'il ne faudrait pas creuser beaucoup pour y trouver le même genre de dérapage poujadiste que ceux auxquels se livre depuis quelque temps, assez peu savamment (mais suffisamment pour emballer quelques gogos), Jean-Luc Mélenchon : le « coup de balai » n'est pas loin du « tous pourris ». Dire d'un ministre qu'il ne « pense plus en français », c'était très grave aussi.

Et donc, pour en revenir au point de départ de ce billet, de même que Mélenchon, à force de vouloir attaquer le Front national « sur son terrain » (il l'a assez répété, notamment lors de l'épisode pathétique de Hénin-Beaumont), est en train de laisser contaminer sa parole par l'idéologie du FN, il n'y a rien d'étonnant à retrouver la rhétorique acritique de HK et les Saltimbanks pour illustrer les images de petits caïds homophobes allant à l'assaut du Parlement.

mardi, 09 avril 2013

La politique choc

François Hollande a parlé il y a quinze jours d’un « choc de simplification ». D’un ridicule absolu, cette formule me semblait devoir attirer quolibets et critiques. Pas du tout : c’est même le seul moment de l’interview télévisée que l’opposition a salué. (S’il fallait une preuve supplémentaire que je ne suis pas de droite, ou, surtout, que je ne suis pas « de mon temps »…)

Aujourd’hui, dans les colonnes de Libération, Alain Fontanel évoque un nécessaire « choc de confiance ». Mais quelle est cette manie de prôner le « choc », et de le mettre à toutes les sauces ? Un choc, c’est quelque chose de négatif, soit physiologiquement, soit physiquement, et même dans les métaphores contemporaines (par exemple “choc pétrolier”). Il me semble qu’il s’agit d’une extension de la métaphore — déjà passablement idiote, mais bien frelatée aujourd’hui — de l’électrochoc.

Par delà même la violence politique et humaine qu’impliquent de telles métaphores (avec un côté « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs » qui n’est pas tolérable chez des responsables publics), il semble que ces images servent à fixer dans l’esprit des citoyens l’idée que toute solution est violente.

Une présidence normale, qu’il disait…

vendredi, 05 avril 2013

Cahuzac, les paradis fiscaux et l’anonymosité

Still, all of the accusations and denials and leaks and plumbing and frocking and unfrocking and hundred-dollar bills running around in suitcases with no human hands attached to them except maybe people in red wigs and furor and shouting and high-level pomposity

Does tend to create in us of the silent majority a degree of what might be called anonymosity.

 

Donald Barthelme. “The Royal Treatment”.

In Guilty Pleasures, 1974, p. 86.

 

Bien entendu, Barthelme évoquait un contexte Watergate.

Mais c'est transposable.

dimanche, 24 mars 2013

Le Bruit du monde

Un “grand acteur populaire français” qui parle des « sujets dont on n'est pas compétent ».

 

Un grand homme politique “de gauche” qui tient des propos poujadistes (« j'appelle un chat un chat ») et qui attaque le ministre des Finances en des termes que n'eût pas renié la presse antisémite des années 1930.

 

Je n'allume pas souvent la télévision. Ce soir, je sais pourquoi. 

jeudi, 21 mars 2013

De la B.U. vers l'Amazone ?

 C’est étrange.

Je n’avais jamais remarqué cela.

Sur le catalogue informatisé du Service Commun de Documentation (nom officiel de « la B.U. »), il y a, parfois, à côté du titre de l’œuvre, une image représentant la couverture. Si on clique sur cette image (ce que je viens de faire pour la première fois, je crois, avec un exemplaire du recueil de Jorge Guillén, Final), un nouvel onglet s’ouvre sur… la page du même ouvrage sur Amazon !!!

C’est curieux.

Ce pourrait même être choquant.

jeudi, 27 décembre 2012

À la bourre

"Le délégué interministériel à la Sécurité routière affirme dans le JDD que l'interdiction de l'alcool au volant pourrait être discutée, notamment pour les jeunes." (Libération)

Ainsi, un des plus hauts responsables travaillant sur cette question tient des propos qui tendent à confirmer la sagesse populaire : rouler bourré, hein, c'est une question d'habitude... Quand on est jeune, zéro gramme, après — quand on l'habitude — on verra.

Pa-thé-tique.

vendredi, 21 décembre 2012

Syntaxe, épisode 999

Il y a encore des relecteurs dans le personnel des journaux, ou alors des internautes serviables, je ne sais. Ce matin, sur Libération, un article arborait fièrement, en grands caractères, le titre suivant

   Hollande ne répondra pas à Depardieu, ni Torreton, ni Deneuve

Je me suis ausitôt fait la remarque que cette phrase voulait dire tout à fait l'inverse, ou tout à fait autre chose que ce qu'elle était censée dire. L'absence de répétition de la préposition "à" n'est pas une question de style, ici : elle implique que Torreton et Deneuve sont sur le même plan (syntaxique, et donc sémantique) que Hollande, et qu'ils ne répondront pas non plus à Depardieu. Or, cela va de soi (enfin, cela va de soi si on a suivi la tempête dans un bocal parisien), ce que veut dire le titre de l'article, c'est

   Hollande ne répondra pas à Depardieu, ni à Torreton, ni à Deneuve

Quelques heures plus tard, à la faveur, donc, d'un relecteur attentif ou de quelques mails bien sentis d'internautes (ou de commentaires d'internautes placés directement sous l'article, je n'ai pas le courage de vérifier), le titre a été corrigé. Il est amusant de constater, toutefois, que l'URL, elle, conserve, évidemment, la faute initiale !

mercredi, 21 novembre 2012

« Liberté de conscience » et valeurs républicaines

Trop vieux pour avoir connu assez tôt la décision (électoraliste) du tandem Jospin/Chirac exemptant les citoyens français de service militaire et entérinant de fait le passage à une armée de métier, j'ai été objecteur de conscience. Objecteur de conscience, j'ai donc connu de près le déni, de tous côtés, du droit à refuser quelque chose pour des raisons morales. En l'occurrence, la société française était, dans son ensemble, très sceptique face au droit d'un simple citoyen à refuser qu'on lui apprenne à tuer.

Depuis hier, on sait, grâce au chef de l'Etat — rien moins — que les maires (qui ne sont pas de simples citoyens, mais les premiers représentants locaux de l'Etat, et, donc à ce titre, les garants des principes républicains) ont le droit de faire valoir leur liberté de conscience et de refuser d'appliquer une loi. Ainsi, il y a quelques années, il pouvait paraître choquant qu'un simple citoyen refuse d'apprendre à tuer. Aujourd'hui, il paraît normal qu'un élu puisse refuser de marier des gens qui s'aiment.

Le discours de François Hollande, hier devant les maires de France, est très grave. Il marque une désagrégation du tissu républicain, et une violation de l'un des principes fondateurs de notre démocratie. Par ailleurs, moi qui suis, depuis le début, assez agacé par le débat autour du mariage homosexuel (dans lequel je vois une sorte d'écran de fumée, un peu comme, en son temps, le débat sur l'identité nationale (tous deux ayant le mérite de faire passer au second plan les questions économiques ou écologiques)), je me trouve aujourd'hui, peu ou prou, dans le même état d'esprit que Virginie Despentes : "Au départ, cette histoire de mariage, j'en avais moitié rien à faire - mais à force de les entendre, tous, sans homophobie, nous rappeler qu'on ne vaut pas ce que vaut un hétéro, ça commence à m'intéresser." Pour cette raison, le 16 décembre, je manifesterai sûrement pour la défense du mariage homosexuel, et ce comme, je l'espère, nombre d'hétérosexuels pour qui l'essentiel est la préservation de notre démocratie.

mercredi, 03 octobre 2012

Dédésir de lalavenir

Dans le récent numéro du magazine hebdomadaire local TMV, on trouve, dans un entretien avec le doyen de la faculté de médecine, M. le Professeur Dominique Perrotin, la phrase suivante, attribuée à l’auguste personnage : « C’est impossible d’oublier le passé quand nous réfléchissons au futur et avoir en tête que nous sommes ici pour former de très bons médecins. »

On ne peut tout à fait exclure que l’incohérence vienne d’une erreur de saisie, ni qu’elle soit une bourde du journaliste. Toutefois, quand on a entendu, une fois ou deux, l’auguste personnage prendre la parole en public, on ne peut pas exclure, non plus, qu’il soit entièrement l’auteur de cette bouillie asyntaxique.

(Précision supplémentaire. L’entretien se clôt sur cette belle (…) formule : « Il est là l’avenir. »)

 

mardi, 04 septembre 2012

La honte, avec McDo (Tours-Nord)

McDo de Tours - ou le retour des barbares. Et voilà : ça se passe comme ça chez McDonald's : vous achetez votre boustifaille au drive-thru, vous allez vous garer non loin, et vous jetez tout par terre avant de reprendre le volant.


Après avoir pris la photo ci-contre, je me suis équipé d'un bâton de berger pyrénéen qui traîne chez moi (seul bâton en ma possession qui soit muni d'une pique en son extrémité) et ai tout mis dans un sac poubelle.

Je ne supporte pas que les délinquants qui bouffent leur McDo avant de tout jeter par terre dégueulassent mon quartier de manière récurrente, et s'il faut nettoyer soi-même pour vivre dans une rue proprette, eh bien, je le ferai, même tous les jours s'il le faut...

Mais que ces barbares ne s'avisent pas de jeter leurs kilos d'ordures en ma présence, ou ça va barder !!!

jeudi, 21 juin 2012

C'est l'été, distribution gratuite de diplômes bidons

Je viens de découvrir le sujet de LV2 Anglais au baccalauréat. Si on le donnait à l'issue de la 3ème année de Licence d'Anglais, en appliquant un barème normal, la plupart des étudiants auraient du mal à atteindre la moyenne.

Donc, deux hypothèses :

1) 90% des lycéens de France vont être notés entre 01 et 05

2) les correcteurs vont devoir mettre 10 à des élèves qui n'ont pas compris le texte et ne savent pas écrire anglais correctement

 

Curieusement, je tends à penser que c'est l'hypothèse n° 2 qui sera retenue par l'Inspection générale.

 

À quand la fin de cette mascarade coûteuse et inutile - le baccalauréat "en conditions d'examen terminal" ?

 

mardi, 12 juin 2012

Virage

Depuis l’élection de François Hollande, j’étais affligé – et en rien amusé – par les sketches des Guignols de l’info faisant passer Hollande pour un mollasson et sa compagne pour une virago. Je trouvais cela facile, sexiste, totalement d’un autre âge.


Or, il semble s’avérer que la vraie Valérie Trierweiler est pire que sa marionnette.

Ce n’est toujours pas drôle, d’ailleurs.

jeudi, 17 mai 2012

Cumul

Fleur Pellerin a l'air d'être quelqu'un d'exceptionnel, une chance pour le gouvernement Ayrault. Toutefois, est-il possible de considérer qu'en nommant Ministre déléguée une experte qui est déjà conseillère référendaire à la Cour des comptes, MCF à l'ENA, administratrice de la chaîne Public-Sénat, membre d'un comité permanent à France Télévisions, la nouvelle équipe n'envoie pas précisément le meilleur message en matière de cumul des responsabilités ?

(Et j'aurais pu prendre dix autres exemples tout aussi frappants, dans ce même gouvernement.)

dimanche, 22 avril 2012

Mélenchon, redux

mélenchon.jpg

vendredi, 30 mars 2012

Du long pourrissement de Mohamed Harinordoquy

Tiens, un énième exemple (sans mériter la une du JT de France 2 comme le collègue du lycée Chaptal) de la nécessité de savoir lire, réfléchir et recouper ses sources quand on fait des recherches sur Internet : l'entrée "Thomas Fersen" sur Wikipedia (très mal fichue, ce qui déjà incite à la prudence*)  signale en cours d’article que le chanteur a adopté son nom de scène en 1986, sans jamais donner, toutefois, le « vrai nom » de l’artiste. Intrigué, j’ai fait quelques recherches et découvert que la page WP avait été, à un moment donné, piratée par un plaisantin : pendant quelques jours (quelques semaines ?), on pouvait donc lire dans la WP que Thomas Fersen était de père kurde et de mère basque, et se nommait en fait Mohamed Harinordoquy. Il s’agit évidemment d’un canular total – dont il ne serait d’ailleurs pas surprenant que Fersen ou des amis à lui (le facétieux Pierre Sangra ? le déjanté Alexandre Barcelona ?) l’aient fomenté.

En vertu des processus de vérification constante, il y a belle lurette que l’entrée WP ne mentionne plus ces informations farfelues (erronées). Eh bien ! Essayez de taper « vrai nom de Thomas Fersen » dans Google : vous verrez que cette pseudo-info a été largement reprise et que

  • il n’est pas possible de déterminer si Thomas Fersen est un pseudonyme
  • la référence à « Mohamed Harinordoquy » fleurit de ça de là

 

Il y a donc, sur ce détail sans importance, foule d’informations contradictoires, qui découlent d’un petit canular de trois fois rien, et – par conséquent – absence totale d’informations. « Pourrir le Web », comme dirait l’autre, c’est monnaie courante**, c’est d’une facilité consternante… et c’est totalement indigne, en tant que méthode pédagogique, d’un enseignant, fût-il dépressif, hautain et réactionnaire – ou les trois à la fois, comme Loys de Chaptal.

 

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* Je tiens à préciser/rappeler que, contrairement à ce qu'écrivent un certain nombre d'internautes (dont des enseignants), Wikipedia n'est pas du tout "un nid à conneries". Il y a un certain nombre d'entrées douteuses, ou dont certaines sections n'ont pas été suffisamment vérifiées. Il n'en demeure pas moins, que même la WP francophone (la WP anglophone est encore beaucoup plus documentée et fiable) propose un contenu plus riche que n'importe quelle encyclopédie papier (Universalis et Britannica incluses). Evidemment, dans la masse, beaucoup des "sujets" traités sont dérisoires : par exemple, la WP anglophone consacre un long article (16 sections et 210 notes de bas de page) à la chanson Born This Way. Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain ! Quand on sait s'en servir (notamment par le truchement des catégories, des liens internes ou des liens entre les différentes WP (colonne de gauche)), Wikipédia est un irremplaçable outil de connaissance et de langue.

** Concernant le débat autour du pseudo-exploit de Chaptalman, il y a eu de nombreux échanges sur Facebook. Pas le courage de les recopier ici. Sinon, certains commentateurs de Rue89 n'ont pas donné dans le panneau de la démagogie et de la célébration irréfléchie de Loys-le-faussaire.

lundi, 20 février 2012

Freegun, ou le sexisme en vers

Voici ce que j'ai découvert ce soir en lisant l'étiquette d'un caleçon acheté pour mon fils. Il s'agit d'un caleçon (donc d'un produit spécifiquement "garçon") de taille 12-14 ans.

 

Etiquette de caleçon taille 12/14 ans Je n'ai jamais beaucoup apprécié le sexisme sous sa forme publicitaire. M'est avis que beaucoup de choses passent la rampe, question humour, du moment que cela ne se double pas d'impératifs économiques ou marchands. Desproges disait qu'on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. L'humour juif à un meeting du FN, non merci...

Pour cette raison, je ne suis pas fou de blagues sexistes, mais en particulier pas avec les marchands de soupe -- ou, en l'espèce, de fringues. Car que dit cette étiquette, sous son allure débonnaire de distique en petits caractères ? Tout d'abord, elle dit au jeune garçon, et même, en l'occurrence, à l'adolescent que :

1) quand on est un enfant, on n'a pas à se préoccuper de tâches domestiques

2) quand on est un garçon, on n'a particulièrement pas à se préoccuper de tâches domestiques

3) que, quand on a un père et une mère, c'est forcément la mère qui s'occupe de tout ce qui est chiffons (et donc ni soi, ni son père)

 

Que cette normativité sexiste se déguise sous un mince maquillage d'humour ne peut la rendre tolérable. En l'occurrence, je désapprouve fortement cette pseudo-plaisanterie, au nom des femmes, au nom des mères... mais aussi en tant que père qui, comme cela se trouve, fait plus des trois quarts des lessives familiales ! Or, non seulement une telle étiquette range mon épouse dans la case bobonne, ce qui ne me fait pas plaisir, mais elle me range de facto dans la case père pantouflard qui exploite sa femme. Il y a beaucoup à dire sur le modèle de l'enfant-roi (du garçon-roi ? trouve-t-on cette même étiquette sur les culottes pour jeunes adolescentes de la marque Freegun ? j'en doute) que véhicule également ce distique.

D'ailleurs, il ne sert à rien de se cacher derrière les prétentions humoristiques, ni derrière la foutue fonction poétique du langage dont on sait que les publicitaires raffolent. Comme je l'ai écrit immédiatement sur Twitter et sur Flickr, on pouvait très bien dire : "File-le à tes parents / Ils sont au courant". Ce n'est ni malin ni très drôle non plus, mais au moins ce n'est pas sexiste. C'est déjà jeuniste, ce qui garantirait à la société Freegun un diplôme de bien-pensance en bonne et due forme.

samedi, 28 janvier 2012

De l’importance de la syntaxe (épisode n° 451). Trierweiler, Dukan, le mentir-vrai. Essai ébauché d’analyse sémantaxique.

Hier soir, dans l’émission Le Grand Journal, sur Canal + (rubrique « La Boîte à questions »), Valérie Trierweiler, dont plus grand monde n’ignore, je suppose, qu’elle est la compagne de François Hollande – mais peut-être l’écris-je ici à l’intention de quelque Hibernatus prégiscardien ou des générations futures qui tomberaient sur ce blog quand j’aurai moi-même « dépassé les six vingts » –, s’étant vu poser la question «Quel est le secret de François Hollande pour perdre 30 kilos ?», a répondu : «Ce n’est pas le régime Dukan, contrairement à ce qu’il veut faire croire.»

(Ce n’est pas un verbatim. Peut-être a-t-elle dit « contrairement à ce qu’il prétend ». Ce dont je suis sûr, c’est la structure de la réponse : ce n’est pas le régime Dukan, contrairement à ce qu’il, etc.)

 

Sur le coup, je n’ai pas fait attention à cette phrase. Il faut dire que le régime de François Hollande, je m’en bats les flancs… et quant à ce que pense sa compagne (pour ne rien dire du non-sens qui consiste à donner un quelconque temps d'antenne aux conjoints des candidats), je crains qu’il ne faille descendre un peu plus bas que les flancs pour savoir ce que je me bats…

Bref… Ce matin, dans le demi-sommeil de l’aurore, cette phrase m’est revenue, et je me suis dit qu’il était étonnant qu’une compagne de candidat à la présidence de la République, sous couvert sans doute d'exhiber sa liberté de parole, dise dans une émission de télévision que le candidat socialiste à la Présidence mentait. Quelque chose clochait… Je me suis rendu compte que j’étais tout à fait réveillé quand j’ai compris que le pronom personnel, qui, grammaticalement, ne pouvait pas désigner qui que ce soit d’autre que François Hollande, ne renvoyait pas de facto (ou sémantiquement) à celui-ci. Le sens à reconstruire, avec une syntaxe correcte, serait donc (mais j'en suis réduit à un conditionnel, car c'est inverser le sens effectif de la phrase de Mme Trierweiler) :

— Quel est le secret de François Hollande pour perdre 30 kilos ?

— Ce n’est pas le régime Dukan, contrairement à ce que prétend ce dernier / contrairement aux allégations du médecin / même si Dukan prétend que oui / etc.

 

J’ai proposé plusieurs formulations afin de montrer qu’il n’est pas difficile, sans aller chercher midi à quatorze heures, de construire une phrase qui corresponde, dans sa syntaxe, aux intentions sémantiques du locuteur (de la locutrice, ici). Entre autres possibilités, ne pas faire du nom du diététicien un adjectif, mais avoir recours à un complément du nom, aurait permis, au moins, de signaler la possibilité d’une ambiguïté : ce n’est pas le régime de M. Dukan, contrairement à ce qu’il prétend. Dans une telle phrase, le co-énonciateur est amené à hésiter entre deux hypothèses pour le référent du pronom personnel : « il » désigne-t-il Hollande ou Dukan ? Dans la phrase de Mme Trierweiler, qui est une réponse à une question dont le seul sujet/agent était, sans aucune équivoque, François Hollande, pas l’once d’une ambiguïté.

En effet, le risque de méprise – et de contresens – augmente du fait que la phrase de Valérie Trierweiler a un sens. Si elle avait été incohérente, j’aurais tout de suite entendu que quelque chose clochait. En l’espèce, et même après analyse, rien ne me dit que Valérie Trierweiler n’ait pas voulu dire ce qu’elle a dit, et donc, en paraphrasant : mon compagnon est un menteur qui raconte des bobards quand on lui pose des questions sur son régime.

jeudi, 26 janvier 2012

François Hollande, et l'Université...

Je viens de découvrir que François Hollande aurait dit ça :

Je réformerai les premiers cycles universitaires, en décloisonnant les filières à l’université afin d’éviter une spécialisation trop précoce des étudiants.

Et moi, j'ai écrit ça (sur FB) :

À force de ne pas vouloir spécialiser les étudiants trop tôt, on se retrouve dans la situation intéressante de renseigner des élèves de 4ème sur les études d'anglais à l'Université, et, presque dans la foulée, de renseigner des étudiants titulaires d'un bac+4 qui ne savent toujours que faire avec. Sans parler des flopées d'étudiants de L1 "spécialité" Anglais qui disent "I don't wanting" et ne savent pas dire parapluie, vélo, bureau... ni même "réseau social".

 

Ni la gauche ni la droite ne semblent savoir que presque tous les Français d'une même classe d'âge sont titulaires d'un baccalauréat qui n'a aucune valeur, ce qui dévalue par contrecoup toutes les formations du supérieur (même les prétendument prestigieuses).

dimanche, 22 janvier 2012

Aby Warburg, pas demain la veille

Je prépare mes commandes auprès de la Bibliothèque Universitaire (si je peux m'habituer à écrire éventuellement B.U. dans ce carnétoile, il m'est difficile d'employer le sigle officiel, S.C.D. - Service Commun de Documentation), comme souvent le dimanche soir, et, faisant une recherche sur Aby Warburg, je constate qu'un des trois livres que possède la B.U. est

EN REPARATION

Le deuxième est ........................... DISPONIBLE EXCLU DU PRÊT

Le troisième devait être ramené par son emprunteur le 3 janvier dernier.

J'en suis à me demander qui je dois maudire le plus, du service si réfractaire à faire partie de la communauté qu'il exclut ses ouvrages du prêt (il s'agit de la Bibliothèque de Section d'Histoire et d'Histoire de l'Art, une secte hors de saison), ou de l'emprunteur assez indélicat pour avoir déjà trois semaines de retard pour le retour d'un ouvrage. (Pour ce dernier, je subodore un collègue.)

vendredi, 20 janvier 2012

La langue française, version Université de Tours

La langue française, version fac de Tours

 

Je cause français

C'est un plaisir

Je cause français 

C'est un plaisir

samedi, 14 janvier 2012

Obsolète

Depuis l’annonce officielle de la perte, par la France, de son triple A – décision aussi attendue que ridicule et scandaleuse (ce triple cocktail est assez rare pour être souligné) –, j’ai, dans la tête, la chanson de MC Solaar, Obsolète, qui date de l’époque où Claude M’Barali se fatiguait encore à écrire ses textes, et ce en raison de la périphrase

L’homme qui capte le mike et dont le nom possède le double a


− périphrase susceptible de désigner, ainsi que je le démontrais un jour de novembre 1999 à des étudiants nanterrois atterrés qui, persistant à ne pas comprendre la différence entre paraphrase et périphrase, m’avaient poussé à citer ce même fragment, tant le pseudonyme (Solaar) que le patronyme (M’Barali).

Enfin, à cette époque, déjà, à Nanterre comme à Beauvais, il n’y avait plus de parcmètres, mais des horodateurs, ce qui confirme que le moderne est toujours-déjà dépassé.

lundi, 09 janvier 2012

S'autofustigeant

Je glandouille c'est mal mal mal. J'achète des chaises cannées, un sax alto, je fais des photos loupées, je lis un peu (mais pas assez), je procrastine, je glandouille sur Facebook et youTube, je n'écris pas (pas ce que je voudrais, ni ce que je devrais), je regarde (vaguement) un match de foot dont j'aurai oublié les moindres détails demain. Secoue-toi, légume !

Note au moins ici (mais n'est-ce pas honteux de mêler leur nom à cette fange indignatoire ?) que, dans l'anthologie des Poètes russes d'aujourd'hui que tu as eue pour Noël, les poètes les plus frappants sont Viktor Sosnora et Sergueï Gandlevski.

mardi, 22 novembre 2011

Kids (Melquiot / Bouillon), Nouvel Olympia (Tours), 21 novembre 2011

Hier soir, nous sommes allés voir la mise en scène de Kids, de Fabrice Melquiot, par Gilles Bouillon.

J’ai déjà eu l’occasion d’écrire tout le mal que je pense de l’inepte Gilles Bouillon. Cette fois-ci, en choisissant de mettre en scène un texte qui est absolument nul d’un bout à l’autre, le grand manitou du Nouvel Olympia avait l’occasion – amplement saisie – de mettre une sorte de point d’orgue à sa navrante carrière. En effet, le texte de Kids est absolument nul, au sens premier du terme : plat, fade, creux – rien ne dépasse, même du mauvais côté.

 

Il m’arrive très souvent d’être agacé par tel ou tel travers de l’écriture théâtrale contemporaine. Là, c’est bien simple : Melquiot s’est livré à un exercice de style qui consiste à les réunir tous, de sorte que son texte constitue une accumulation de tous les tics et imbécilités de la dramaturgie française des années 1990-2000 : faux style familier totalement clinquant, revolver présenté comme un « jouet » qui finit par exploser à la gueule d’un des adolescents, métaphores d’élève de CE2 peu inventif, jeux de mots Carambar, recours à la langue anglaise (délibérément mal prononcée) pour-montrer-l’attrait-de-l’Amérique-sur-les-jeunes-générations-des-pays-ravagés, structure en prolepse et analepse abondamment soulignée des fois qu’un spectateur demeuré (ou endormi, le bienheureux !) continue de ne pas comprendre, didascalies lues par une actrice en semi-off, chansons a cappella ou accompagnées en veux-tu en voilà. Kids est donc, dès son écriture, une sorte de mise en pratique de tout ce qu’il y a de plus explicite et idiot dans les versions dérivées les plus creuses d’un « brechtisme » compris de travers.

Bien entendu, le défi, pour Gilles Bouillon, consistait à réussir à mettre son grain de sel et à rendre le texte encore plus effroyablement mauvais. Gilles Bouillon est un maître, et c’est le genre de défi qu’il ne craint pas. Pari gagné, donc : ce qui était déjà d’une surprenante mièvrerie, il réussit à l’accentuer encore par une direction d’acteurs qui tient du patronage façon années 70. Ce qui est totalement explicite, et, du coup, parfaitement ennuyeux, dans le texte, il le souligne encore par des gimmicks de mise en scène déjà vus cent fois, même pour quelqu’un qui, comme moi, ne va quasiment plus jamais au théâtre. Par exemple, les personnages figurent les murs de la pièce dans laquelle ils sont censés se trouver à l’aide d’un tracé de craie sur le sol de la scène – mais, attendez, ce n’est pas tout : quand un personnage demande à être admis dans la pièce, un des acteurs qui se trouve dans la « pièce » efface environ 80 cm du tracé de craie avec une éponge ! (Oui, oui, les 80 cm effacés, c’est la PORTE !!! ils ont osé aller jusque là dans l’idiotie. Heureusement que la mort est une chose sérieuse : Brecht ne peut pas se retourner dans sa tombe.)

 

Bouillon, donc, en un sens, se surpasse. Y a-t-il, dans le texte de la pièce, des chansons bêtasses, mi-Sheila mi-Gotainer ? L’illustre metteur en scène fait prendre à la « chanteuse » des poses et des mines de radio-crochet, avec œillades que même leur caractère très évidemment « second degré » ne sauve pas du ridicule. Je pense même que c’est encore plus ridicule et vil de faire tout cela au second degré.

Y a-t-il un accompagnement de guitare (cela, je ne sais pas si c’est dans le texte et je ne compte certainement pas vérifier) ? Le guitariste a évidemment des dreadlocks, et il joue évidemment les pieds nus. D'ailleurs, si j’en crois le programme, c’est évidemment un fils ou un neveu du metteur en scène. Il ne manquait, comme corde à l’arc de M. Bouillon, que le népotisme ; c’est chose faite.

J’en passe, et des pires.

 

Un dernier mot. De quoi parle cette pièce ? Des orphelins de guerre, et de la guerre en Bosnie. J’hésite à donner à l’auteur de la pièce une importance qu’il n’a sans doute pas en faisant une lecture politique de son texte… Melquiot doit prétendre, je suppose, que sa pièce subvertit le discours dominant par un recours au second degré (l’insupportable second degré, vieux jeu et élimé depuis déjà trois décennies) et au carnavalesque. Toutefois, ce qui est absolument choquant, c’est de voir une telle pantalonnade, qui, à force de ne pas vouloir dire, de surexprimer ce qui va de soi et d’éviter de parler du vrai drame bosnien, ne dit finalement rien du tout. « Faire une pièce » sur les orphelins de Sarajevo, et ne rien dire du tout, en fin de compte, de ce qu’a pu signifier la guerre en Bosnie, c’est bougrement indécent. Il n’y a ni sens, ni ambiguïté, ni jeu – juste l’immense vacuité d’un plateau hélas surpeuplé.

Kérosène & barbaresques

Mardi, journée du boucan et du kérosène.

Depuis huit ans que je vis à Tours-Nord, je ne parviens pas à décolérer des nuisances épouvantables que nous fait subir – et des dangers que nous fait courir, tant par la pollution que par le risque d’accident – la base aérienne, symbole délétère d’une armée française aussi coûteuse qu’inefficace et stupide.

 

 

Sur Radio Classique (que je n’avais pas écoutée depuis des lustres), tout à l’heure, tandis que je rentrais d’accompagner ma mère à la gare de Saint-Pierre des Corps, j’ai entendu une connasse (désolé, je n’arrive pas à trouver un autre terme) résumer ainsi l’intrigue de L’Italienne d’Alger : « L’opéra se fonde sur une anecdote réelle. En 1805, une riche Italienne avait été enlevée par des Barbaresques… c’est notre rêve à toutes, mais cela n’arrive plus jamais de nos jours, hélas… Puis, après avoir été vendue au bey d’Alger, elle fut rendue à sa famille, avec un bon bénéfice on l’espère… »

Les prises d’otage par les pirates somaliens, elle n’en a jamais entendu parler, cette grognasse emperlousée ? Les femmes prises comme monnaie d’échange dans les conflits modernes, elle ne connaît pas, cette nullité ? Que l’esclavage des femmes ne s’est pas arrêté avec les harems, elle n’est pas au courant, cette connasse ???

mardi, 18 octobre 2011

Même caché par un platane

Tours, 18 octobre 2011

Bords de Loire - Tours, mardi 18 octobre 2011

samedi, 01 octobre 2011

Etat de droit, encore ?

Actualité de la semaine.

#1   Des policiers très haut placés qui fricotent avec des trafiquants de drogue, sans doute pour s'enrichir.

#2   Un ministre qui téléphone à un proche du président de la République pour lui donner des informations sur sa garde à vue. 

Cela vous étonne-t-il si je vois un lien entre ces deux entraves fondamentales à ce qui définit un état de droit ?

Par ailleurs, pour avoir passé cinq heures en garde à vue (après dénonciation calomnieuse d'un policier et avant abandon de toute poursuite à mon encontre), je peux confirmer que, quand on est un "simple prévenu" (traduisez : "pas un proche de Sarkozy ou un commissaire"), on ne garde pas son téléphone portable en cellule... on n'a même pas droit de garder ses lunettes ni ses chaussures !

jeudi, 29 septembre 2011

Déchéance d'en haut et d'en bas

D'après ce que j'ai pu lire près des porte-manteaux de grande section, il y a, sur une petite trentaine d'élèves dans cette classe, une Loane, une Louane, une Louna et deux Matyss.

Cependant, on entend parler maintenant de rétrocommissions en provenance d'Arabie saoudite au printemps 1995 : une dizaine de millions de francs versés en liquide pour la campagne d'Edouard Balladur contre des livraisons d'armes. Dans les innombrables épisodes qui jalonnent cette affaire, on a fini par atteindre, et même dépasser le Watergate. Et Sarkozy fanfaronne, ironise, crétinise. 

Les parents de Loane, Louane, Louna et des deux Matyss voteront peut-être pour lui. Ou pas. Ou pas du tout.

mercredi, 27 juillet 2011

Le chasseur idiot (pléonasme)

Le président de la fédération de chasse des Côtes d'Armor a un sens assez spécial du raisonnement. Voici ce que, selon Libération, il a déclaré au sujet des morts de sangliers dans l'estuaire de Gouessant :

«C'est là le fond du problème. Les marcassins n'ont rien à faire sur les plages. Ils sont censés vivre dans les bois et les forêts ! Mais comme la baie de Saint-Brieuc est classée “réserve naturelle”, on n'a plus le droit de chasser. Du coup, les sangliers s'adaptent et occupent les plages. Et voilà le résultat!»

 

Je suis débile, j'ai un flingue, tout va bien...

dimanche, 13 mars 2011

Sortir du nucléaire (piqûre de rappel)

Extrait d'un communiqué du réseau Sortir du nucléaire, dont on voit tragiquement, en ce moment, malgré toutes les minimisations d'usage de la nomenklatura pro-fission française, qu'il a raison :

En France : des réacteurs nucléaires exposés à un risque sismique grave, construits en dépit des normes sismiques
 
Les réacteurs nucléaires français ne respectent pas les normes sismiques de référence. EDF est allé jusqu'à falsifier les données sismologiques pour éviter d'avoir à le reconnaître et d'investir au moins 1,9 milliard d'euros afin de mettre les réacteurs aux normes. La justice a rejeté mercredi dernier la demande de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Alsace), la plus vieille centrale française, pourtant située dans une zone à risque sismique élevé.
 
Mais ni les normes sismiques draconiennes du Japon ni ses technologies parasismiques avancées n'ont pu empêcher la catastrophe nucléaire majeure qui s'y produit actuellement. Le Japon est pourtant le pays le mieux équipé et le mieux préparé au monde pour faire face au risque sismique dans toutes ses dimensions. Le Japon est également une des premières économies de la planète et un pays leader en matière de technologies de pointe.
 
Pour le Réseau « Sortir du nucléaire », le dramatique exemple japonais démontre qu'il est totalement impossible de construire des réacteurs nucléaires résistant à un séisme. La seule solution véritable pour se prémunir de ce risque gravissime est d'engager le plus rapidement possible un plan de sortie du nucléaire.

lundi, 29 novembre 2010

Cyclistes

(à la manière de Renaud Camus, un peu)

 

Il fait un froid de canard dans les couloirs ; l’écologiste en moi doit s’en réjouir, puisqu’il n’y aurait aucune espèce de pertinence à chauffer à fond les couloirs. Déjà, parfois, le contraste entre certaines salles ou bureaux presque glaciaux et des salles de cours que chauffe à travers les vitres, et en sus du système central, un soleil généreux me confond. Donc il fait un froid de canard.

 

Ce matin, en route pour l’université, je me suis fait la réflexion, une fois encore, que, dans notre société contemporaine, les cyclistes semblaient seuls, non pas dispensés d’observer les règles les plus élémentaires de la sécurité routière, mais même, à ce qu’il semble, expressément tenus de ne pas les respecter, puisque, en pleine obscurité, presque aucune dynamo ne semble fonctionner – il n’y a pas de lumières, ni à l’avant ni à l’arrière, ni de vêtements un peu clairs (à l’exception de quelques olibrius qui portent les combinaisons jaune fluo réservées normalement aux situations d’urgence, ce qui, dans leur esprit, doit les dispenser de toute autre mesure), ni même, dans la plupart des cas, de déflecteurs (ou doit-on les nommer des réflecteurs ?).

Ce qui est étrange, c’est que les vieux coucous, les vélos déglingués, cela n’existe quasiment plus. Je me rappelle pourtant que, dans mon enfance – il y a donc de cela une vingtaine d’années au plus –, les cyclistes roulant sur des bécanes rouillées et peut-être parfois plus âgées qu’eux, n’étaient pas rares ; mais tous mettaient un point d’honneur à être vus la nuit. Au reste, je ne comprends pas bien pourquoi un cycliste qui doit faire face, ou remonter, des flots de voitures ou de camionnettes de nuit, tient autant à ne pas être vu. Sans doute ne sont-ils pas tous sciemment suicidaires ? Probablement ne veulent-ils pas, tout de même, être écrasés pour le plaisir d’intenter des procès (ou de voir leur veuve, leurs orphelins, en intenter pour eux) aux malheureux qui ne les auront tout simplement pas vus ? Tout cela me semble aller à contresens de toute logique… un non-sens, tout bonnement.  

Quand on est piéton, c’est pis : on risque autant de se faire renverser par un cycliste qui ne respecte pas le zebra crossing que par un cycliste qui vous bouscule en traversant comme un piéton, pour ne rien dire des cyclistes qui virevoltent en gymkhâna sur les trottoirs. (Oui, je sais, je répète beaucoup le mot cycliste. Je leur en veux beaucoup, aujourd’hui.)

 

J’en veux pas mal aussi aux spéléologues amateurs, pilotes de trimaran, adeptes du canyoning (comme je crois qu’on dit) et autres pratiquants des sports de l’extrême, dont les périlleuses aventures, quand elles tournent mal, nous valent, à la radio, des profusions de détails sur le nombre de gendarmes, de pompiers, de croiseurs, de tireurs du GIGN ou de sous-préfets etc. qu’il a fallu mobiliser afin de tenter de leur venir en aide. Si j’avais quelque voix au chapitre (et sans doute n’en ai-je pas l’ombre), si j’étais ministre ou député, je pratiquerais un lobbying intensif (comme je crois qu’on dit) afin de faire voter une loi imputant à tous ces sportifs de l’extrême les frais de leur sauvetage. Est-ce que je fais du saut à l’élastique, moi ?

dimanche, 07 novembre 2010

Pourquoi lire Dantzig ? (pas inspiré, je n'ai pas trouvé mieux, comme titre)

Longtemps, j'ai hésité à lire Charles Dantzig.

Lorsque son Dictionnaire égoïste l'a propulsé au sommet de la gloire, tant ce qui nous était rapporté de sa vision de la littérature que cette soudaine gloriole me semblaient l'identifier à une sorte de Jean-François Zygel de la littérature, ce qui était, déjà, rédhibitoire. Dans la foulée, l'équipe du Magazine littéraire a sollicité le nouvellement fameux pour écrire les Epilogues de plusieurs dossiers spéciaux ; à chaque fois, j'ai trouvé ce qu'écrivait Dantzig soit totalement plat et rebattu, soit franchement démagogique, confirmant ainsi mon premier préjugé.

Jeudi soir, en zappant avant le match de foot sur W9 (cette précision devrait suffire à convaincre Dantzig, s'il tombe sur cette page, que mon point de vue est celui d'un beauf inculte), je suis tombé sur l'émission littéraire La Grande Librairie. Les invités étaient, notamment, Danièle Sallenave et Charles Dantzig. J'avais déjà entendu parler du dernier essai de Dantzig, Pourquoi lire ? Son argumentaire, tel que l'avaient présenté certains médias en insistant sur le côté provocateur et innovant, consistait à démontrer que lire de la littérature ne sert à rien. Comme il s'agit là d'un argument totalement frelaté à force d'être rebattu depuis un demi-siècle, je n'avais pas eu envie d'y voir de plus près. Or, ce que disait Dantzig jeudi soir (sa conviction, ses gestes mesurés, sa distinction, les exemples qu'il donnait) est allé à l'encontre des préjugés que j'avais accumulés à son égard. (Précision annexe pour les amateurs d'événementiel : j'ai aussi écouté Danièle Sallenave et Stanislas Dehaene, et j'ai raté la première demi-heure du match de foot.)

 

Vendredi, à Angers, C. a acheté Pourquoi lire ?

Je l'ai lu hier.

 

Séduit par de nombreux passages, profondément amusé par certaines formules spirituelles et bien trouvées, j'ai passé un moment agréable en compagnie de ces quelque 250 pages. Ce que Dantzig dit de Duras, de Beckett, de la lecture à haute voix, de Stendhal ou des romans de vampires (pour ne citer que quelques exemples) est très fin, très juste aussi. Toutefois, je dois, une fois la nuit passée, constater que ce livre m'a indigné. Va encore pour son côté terriblement superficiel, de bric et de broc : l'absence de structure, la faible cohérence du discours ne sont pas gênantes en soi. Ce qui l'est plus, c'est que Dantzig est très donneur de leçons, d'une manière très adolescente. Or, il est plaisant de recevoir des leçons de quelqu'un qui cite le vers le plus célèbre de Heine (le début de la Lorelei) en l'attribuant à Goethe (p. 31), et ce sans que ni lui ni son éditeur ne se soient aperçus de cet affreux pataquès...!

Tout d'abord, Dantzig a l'art de la généralisation abusive : tout en disant continuellement je, et en faisant ainsi comprendre que ce qu'il dit de la lecture relève de sa propre expérience, il n'en tire pas moins des conclusions générales et tout à fait contestables, sur la lecture annotante par exemple. Inversement, il attribue à la lecture de littérature des propriétés qui ne lui sont pas nécessairement propres : ce qu'il écrit de l'isolement dans lequel se plonge un lecteur, et de l'hébétude, la rupture par rapport au monde qui découle d'un certain temps passé à lire, peut tout à fait se transposer au domaine de l'écoute de musique classique, d'opéras, à l'amateur d'art qui sort d'une galerie ou d'une exposition pas trop bondée, etc.

L'exemple le plus cinglant de cette tendance à la généralisation hyper-abusive est ce que Dantzig dit des universitaires. Selon lui, tous les universitaires sont de stériles frustrés vainement fiers de leurs petits scribouillages ennuyeux que personne n'a envie de lire. Pis même, ils se rendent tous coupables, selon lui, de plagiat et de pillage : ils font travailler leurs étudiants pour mettre ensuite leur nom sur les textes qui ne sont pas d'eux. Bien sûr, comme toute généralisation, celle-ci a son fond de vérité. Avant d'entrer à l'Université, j'avais entendu parler des professeurs qui s'approprient le travail de leurs thésards ; en onze ans, tant comme doctorant que comme enseignant-chercheur, j'ai rencontré en tout et pour tout deux cas de cet ordre, soit une infime minorité, fort heureusement.

Dantzig a sans doute des comptes à régler avec telle ou telle institution, avec tels ou tels universitaires. Qu'il les cite, qu'il attaque de manière précise, et qu'il lâche la grappe à l'immense majorité d'universitaires qui n'écrivent rien, ou dont les recherches sont vraiment bien écrites et intéressantes, ou qui savent pertinemment que les écrivains, contrairement à eux, sont des créateurs. Pour ne prendre que mon exemple, j'ai quasiment arrêté toute forme de recherche (ou de mise en forme de mes recherches sous forme écrite) depuis cinq ans car je suis de plus en plus frappé par le caractère absolument vain des publications universitaires, l'absurdité de tout ce cirque "publish or perish ?", la médiocrité de certains collègues qui, après une habilitation à diriger des recherches aussi creuse que prolifique en pages, deviennent des professeurs imbus de leur petit pré carré ; surtout, j'ai mis un frein à mes recherches car mes doutes concernant ce que je peux avoir encore à dire, de la littérature africaine et de la théorie post-coloniale (mon "domaine"), vont croissant. Ainsi, je partage la plupart des analyses de Dantzig ; ce que je ne comprends pas, c'est sa haine des universitaires. Sans doute n'est-elle pas compréhensible, comme toutes les phobies ou toutes les aversions. Même en admettant que Dantzig puisse avoir des raisons personnelles d'en vouloir à l'Université, et donc qu'il insulte tous les universitaires, quelque chose m'a profondément troublé dans son discours.

En effet, Dantzig consacre deux pages aux raisons qui l'ont poussé à refuser de continuer à lire Céline. (Pages 236-238. C'est une argumentation similaire à celle de Laurent Evrard, telle qu'il m'en avait fait part lors d'une conversation en juillet dernier.) De même, il reproche à Orhan Pamuk d'avoir écrit, au sujet de Maxime du Camp, qu'il était "efféminé mais fiable" (p. 219). Dantzig a tout à fait raison de souligner la contradiction scandaleuse entre un écrivain qui se dit "persécuté par les intégristes" et de tels propos homophobes. En revanche, il fait exactement la même chose quand il décrit les universitaires comme "des mites, bouffies, expirant dans l'ombre" (p. 222). Céline, qu'il cite, traitait les Juifs de termites, dans le contexte et avec les conséquences que l'on sait. Dantzig, lui, crache sur les mites universitaires, les "propriétaires de la littérature", ses Juifs à lui. Peut-être n'est-ce pas entièrement délibéré ; dans ce cas, Dantzig n'est pas un salaud à la Céline, mais une sorte de pilier de comptoir qui écrit, au fil de la plume, tout ce qui lui passe par la tête sans prendre garde.

Voyons ces deux hypothèses. Si c'est un salaud à la Céline, et si je suis son argumentation à propos de Céline, je n'ouvrirai plus aucun de ses livres. Si c'est un post-adolescent qui dit n'importe quoi pour épater la galerie, je ne perdrai plus non plus mon temps à le lire : sur ma table de chevet m'attendent Roberto Arlt, Hans Henny Jahnn, Pessoa, d'autres livres encore de Thierry Beinstingel, Balzac, Ian McEwan, Jonathan Frantzen... de vrais écrivains.

 

Charles Dantzig. Pourquoi lire ? Paris : Grasset, 2010.

 

mercredi, 09 juin 2010

Lu aux W.C.

.   Dans le catalogue de la collection "Classiques et Contemporains" des éditions Magnard, catalogue qui cible des textes littéraires pour les élèves des classes de troisième, seconde et première, il y a 4 livres de Fred Vargas, 4 livres d'Eric-Emmanuel Schmitt, et 1 titre de Victor Hugo (Claude Gueux).

 

vendredi, 12 juin 2009

Jour de Vénus

Sous les saloperies d'avions s'entraînant pour le meeting aérien...

Sous les piqués, sous les loopings...

Sous les saloperies d'avions, je pense que, dimanche, viendront encombrer, de leurs voitures, le quartier afin d'assister à un événement idiot et ultra-polluant, des gens qui ont voté "Europe Ecologie" la semaine dernière...

 

Mieux vaut penser aux étreintes

(sous les avions ?)

 

mardi, 13 mai 2008

1979 - Pierre Assouline, plomb de Numes

Le plus gênant est dans la prétention à faire de ces notes à leurs dates pleines de rumeurs un document de référence pour l’Histoire.

 


Rassurez-vous : cela ne veut rien dire. Même en lisant ce qui précède, et l'ensemble de l'article, on ne comprend rien à cette phrase. Tant mieux pour le ruisseau de flammes.

[17 juin]

 

Bad marks

En lisant cet article*, au demeurant fort instructif et pas du tout surprenant**, je m'interroge sur la construction syntaxique et la cohérence d'une phrase :

They found plagiarism was twice as common in less selective universities than smaller, more popular ones. 

 

La journaliste, Jessica Shepherd, a dû avoir une bonne note quand elle a passé ses examens...

 

 

* En cas de "lien mort", voir article copié-collé à la fin de ce billet. 

** De ce côté-ci de la Manche, la Licence n'a déjà plus la moindre valeur, quelle que soit l'université, car les équipes pédagogiques sont contraintes de brader les diplômes.

 

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Universities accused of awarding undeserved marks



Jessica Shepherd. The Guardian. Tuesday June 17, 2008

Universities award undergraduates marks they do not deserve in final year exams and ignore cheating, a senior higher education figure said today.

Prof Geoffrey Alderman, who used to be in charge of safeguarding standards at Britain's largest university, the University of London, blamed grade inflation on "a league table culture".

He told The Independent newspaper that lecturers were under pressure to "mark positively" to secure a good position in the tables.

"The more firsts and upper seconds a university awards, the higher a ranking is likely to be," he said.

"So each university looks closely at the grading criteria used by its league table rivals and - if they are found to be using more lenient grading schemes - the argument is put about that 'peer' institutions must do the same."

Alderman, who was also head of quality at Middlesex University, said the upholding of academic standards had been "replaced by a grotesque bidding game, in which standards are inevitably sacrificed on the altar of public image".

He said universities were particularly "generous" when they marked non-European Union students, who pay far more in fees.

"Their fees are now a lucrative and essential source of much-needed revenue," he said. "I have heard it seriously argued that international students who plagiarise should be treated more leniently than British students because of 'differential cultural norms'. It is indeed rare, nowadays, for habitual plagiarists to be expelled from their universities."

Alderman said a professor of environmental archaeology at Bournemouth University, Paul Buckland, had recently resigned in disgust when he was told to pass 13 students he had failed.

"It is now apparently possible for Liverpool University students to be awarded first-class honours without having actually achieved a first-class mark in any individual component of their degrees," Alderman said.

Liverpool University denies this.

Alderman's comments, which he will repeat tonight at a lecture at the University of Buckingham, are backed up by research on grades and plagiarism.

The latest statistics show the number of students awarded firsts - the top mark - has risen by more than 100% over the past decade, from 16,708 to 36,645.

In the same period, the undergraduate population has gone up by more than 40%.

Only Cambridge University is thought to have reduced the proportion of firsts and 2:1s in the past decade.

Research published this month by the Higher Education Academy and the Joint Information Systems Committee found that in one year there were 9,229 recorded cases of plagiarism, but that just 143 students were expelled.

They found plagiarism was twice as common in less selective universities than smaller, more popular ones.

Alderman, however, said universities were not the only ones to blame. Students were more interested in "regurgitating knowledge" than learning in depth about their subject, he said.

Prof Rick Trainor, president of Universities UK, said: "The UK model for assuring quality and standards in higher education is sound and well-established. It is also well respected internationally and has informed and influenced parallel developments worldwide. "All courses are subject to regular monitoring and review by universities, including through the external examiner system. Universities' processes and mechanisms are, in turn, subject to additional external scrutiny by the Quality Assurance Agency for Higher Education which is independent of the government. These controls apply to all students whether from the UK or abroad. "In addition, all institutions have comprehensive policies relating to plagiarism and will take disciplinary action against students caught submitting work that is not their own. Many universities are already using advanced anti-plagiarism software to make sure that this is enforced."

 

mercredi, 09 janvier 2008

Grand-tante Finesse tape fesse

effet instantané des asperges

Sur la table à tréteaux rouge où se trouve, parmi quelques autres entassements, le vieil ordinateur composite et bruyant, assis sur une chaise cannée – ou faut-il, comme pour les gâteaux, dire cannelée ? – de métal rouge, ayant monté et dévalé dix fois d’affilée les seize marches de l’escalier de bois, j’écris ces quelques lignes, tandis que se téléchargent, sur le vieil ordinateur composite, bruyant et lent, les photographies fades de ces deux derniers jours. Le ronronnement de l’ordinateur couvre presque le son des touches qui claquètent.

effet instantané des asperges

Soudain, l’ordinateur – ou plutôt, son ventilateur depuis si longtemps bruyant – a cessé de ronronner bruyamment, et l’on peut de nouveau apprécier les roucoulades des tourterelles turques depuis longtemps oublieuses du Bosphore, le passage d’une charrue sur le chemin vicinal, le frottement des feuilles, les rayons de soleil brûlants contre les vitres. Dans le Magazine littéraire acheté ce matin chez Caldéra, j’ai lu ce matin même l’article consacré aux deux nouvelles parutions de Roubaud, dont – enfin ! – la nouvelle branche du ‘Projet’. Sous Word, les tirets semi-cadratins s’effectuent automatiquement du moment qu’on laisse une espace de chaque côté du mot ou du groupe de mots à placer entre tirets, mais en revanche

effet instantané des asperges

, il faut ajouter les signes de ponctuation autres, comme les points d’interrogation ou d’exclamation, après coup, sinon la saisie automatique se défile et, laissant en plan le typographe amateur, ne lui offre, pour tout potage, qu’un maigre tiret de rien du tout, à peine un trait d’union, rien de bien folichon. (Je devrais écrire, se dit-il, quelques phrases sur Stefano Bollani ou sur l’album étrange et étrangement beau du trio de Sophie Courvoisier, Ocre.)

effet instantané des asperges

Il n’en fait rien. Roucoulent les tourterelles, la caravane passe. Utrillo peignit les maisons grises délabrées de Montmagny, et moi je rature. Aujourd’hui ce serait la Sainte Famille, mais le calendrier de la banque ne suggère que la saint Roger. L’ombre du petit pot de verre, sur le coffre des vinyles, est à elle seule la chorégraphie de ce jour d’été. Je ne sais toujours pas pourquoi j’ai laissé ouvert mon exemplaire de Degrés à la page 204, près de l’ordinateur composite et bruyant, mais le Magazine littéraire est posé plus près encore, et je sais dans quel but (

effet instantané des asperges

) je l’ai déposé là : il est impossible de savoir qui rédigé les très brèves notices qui « résument », à cheval sur les pages 46 et 47 de cet exemplaire du centenaire (janvier 2008), chacun des ouvrages importants de Simone de Beauvoir, mais il est certain que ce(tte) sagouin(e) ne connaît pas le français. Voyez plutôt le résumé (très erroné également, à ce que m’en dit ma compagne, qui a lu ce roman) des Belles images, publié en 1966 : « Ce roman, dédicacé à Claude Lanzmann, décrit les sentiments d’une femme qui réalise qu’elle a été flouée par la vie. Une critique acerbe de l’hypocrisie de notre éducation. »

Peut-être le roman est-il dédié à Claude Lanzmann, mais il y a fort à parier qu’il a été « dédicacé » à beaucoup d’autres lecteurs, y compris par de tout autres personnes que Simone de Beauvoir (e.g. : à ma chère tantine suffragette, son petit Aymeric). De même, que l’on puisse collaborer à un magazine littéraire et ne pas savoir que « réaliser », au sens de « percevoir » « s’apercevoir » « se rendre compte », est un anglicisme qui sent le cuir, c’est inquiétant. (Au demeurant, cela n’a pas semblé gêner tellement les trois traducteurs d’Istanbul d’Orhan Pamuk, non plus, ni l’éditeur Gallimard : le texte français d’Istanbul est parsemé de ces réaliser laids et contresémantiques.) Enfin, on aimerait savoir à quel nous collectif peut bien renvoyer l’expression « notre éducation » : est-ce le système éducatif français qui est hypocrite, ou l’éducation d’une génération, voire, si on le prend au sens strict, l’éducation des journalistes du Magazine littéraire ? (C’est bien possible, en effet : pour écrire aussi mal, il faut que l’éducation laisse à désirer.)

Des chiens aboient sous le soleil, sans raison apparente, et comme chaque nuit aussi ; c’est la grande nouveauté

effet instantané des asperges

de ces vacances. Je me rappelle avoir lu Degrés ici un été, peut-être 2004 ou 2005, mais je ne me rappelle plus où j’avais déniché cet exemplaire aux pages non coupées, probablement d’origine : achevé d’imprimer le 8 janvier 1960, soit 4 jours après la mort accidentelle d’Albert Camus, dont j’ai rêvé cette nuit, recroquevillé sous mon manteau. (Je n’ai pas lu une ligne de Giono, ni d’Albert Camus, depuis l’adolescence.) Degrés ne m’a pas vraiment plu ; j’ai trouvé qu’il sentait un peu trop l’atelier, sans compter que le charme suranné du cadre scolaire des années 1950 nuit grandement aux prétentions du roman à une quelconque modernité. Quand on songe que Butor n’était pas loin de commencer à concevoir les volumes II et III de son Génie du lieu… Quand on songe

effet instantané des asperges

à son génie, on ne peut manquer de désirer lire le dernier volume paru du ‘Projet’ de Roubaud. Degrés se déroule au long de 380 pages. Au centre précis du récit, à la page 198, il est question de papier vert, rose et jaune. Couleurs. Au quart du parcours, un adolescent révolté retarde sa brouille avec le père haï pour une sombre histoire de timbres du Liban. Je me rappelle avoir « tiqué » – l’été 2004 ou 2005, donc – en lisant le patronyme d’un des personnages, M. Bonnini, dont l’épouse, aux trois quarts de Degrés, semble aller mieux. (Mais il n’est plus question (effet

instantané des

asperges) de papiers de couleurs variées.

mardi, 11 décembre 2007

Surconsommations

Père Noël pendu


Déjà en décembre 2005 et 2006 je me suis lamenté sur la prolifération de ces affreux Père Noël qui, outre qu'ils ont l'air de pendus ou de cambrioleurs, sont laids et polluants.
De plus, à l'heure où l'on discute à Bali des suites à donner au protocole de Kyoto, toutes ces communes qui ne cessent de surenchérir dans les "illuminations nocturnes" les plus kitsch et les plus coûteuses devraient être sanctionnées, sans parler des simples particuliers qui multiplient guirlandes électriques, rennes phosphorescents et autres immondices qui alourdissent la facture énergétique et les émissions de CO2.

lundi, 12 novembre 2007

Blocage aux fous

La mascarade continue.

Le blocage se poursuit. Jusqu'à mercredi inclus.

Vu la façon dont s'est passée l'A.G., on n'est pas étonné d'apprendre que les "bloqueurs" voulaient en interdire l'accès aux journalistes. Dites-moi, au fait, comment appelle-t-on les pays dans lesquels on se méfie des journalistes ?

jeudi, 11 octobre 2007

Aber wo ist doch Nathan der Weise ?

Le Prix Nobel de Littérature vient d'être attribué à Doris Lessing.

Loin d'être au rang des "sceptiques", je trouve souvent les choix de l'Académie suédoise justes ou, à tout le moins, dignes du débat. Là, il n'y a pas photo : le jury s'enfonce dans le train-train ridicule qui consiste à attribuer le Prix à un écrivain de langue anglaise une année sur deux, comme si l'hégémonie de la langue anglaise dans le monde interdisait de récompenser un Turc, une Allemande, une Japonaise, un Mexicain ou un Portugais plus d'une année de suite (!) ; de surcroît, il s'agit, comme avec Coetzee, de décerner la prestigieuse médaille (& le pognon qui va avec) à un(e) représentant(e) du mainstream White writing, quand Breytenbach, LaGuma, Bessie Head ou Zoe Wicomb n'auront jamais été même shortlisted. (Mille pardons pour le mélange de langues, but I'm thinking all this in English...)

Le pire de tout, c'est que l'on pouvait encore considérer qu'avec Coetzee, on tenait, à peu près, un écrivain, même si son oeuvre est souvent fade, compassée, exsangue. Lessing, elle, est une chichiteuse infatuée bourrée de tics et dont la langue sue l'académisme le plus poussiéreusement pense-petit qui soit. Imaginer, ne serait-ce qu'une seconde, que ses romans puissent servir de modèle des écritures contemporaines, cela revient à placer Eugène Sue devant Flaubert, Rimbaud ou Hugo... autant dire, une ignorance fondamentale de ce qui fait la force de la Littérature.

(Je songe aussi à ce que Renaud Camus dit de sa surprise en découvrant que l'artiste choisi par Tzvetan Todorov, pour figurer la seconde moitié du 20ème siècle, était... Jeanclos !)

 

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Ajout de 18 h 05. Voici ce que Le Monde nous apprend ce soir à ce sujet :

Interrogée à son arrivée devant sa maison dans le nord-ouest de Londres, Doris Lessing s'est dit "ravie" d'avoir reçu cette récompense. "Cela fait trente ans que ça dure. J'ai remporté tous les prix en Europe, tous ces foutus prix, alors je suis ravie de les avoir remportés. C'est un flush royal", a-t-elle ajouté.

 

Voilà qui en dit long sur la profondeur de vision de cette marchande de soupe, impératrice ès imposture...

14:15 Publié dans Indignations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature

samedi, 29 septembre 2007

Ici ou à Espalion, ambitionnons l'impulsion !

Quoique je sache que je devrais me retenir, c'est plus fort que moi : il suffit que je tombe sur le blog d'un homme ou d'une femme politique et que chaque texte soit truffé de fautes de français (orthographe, grammaire, syntaxe) pour que je laisse un petit commentaire moins assassin qu'inutile. Ainsi, ma dernière trouvaille est le site d'un certain Christian Caviale, qui, en un seul billet (le dernier publié), écrit tout de même quelques belles insanités linguistiques. Florilège qui pourrait servir d'assise à un cours de syntaxe française :

  • La presse locale (Centre Presse) titrait deja en 2004 mon appartenance au Parti Radical. (Titrer n'est pas transitif. Oublions les accents passés par pertes et profits.)
  • Je suis un Radical Valoisien appartenant donc à l'UMP. (Usage abusif du participe présent, sans virgule de surcroît.)
  • Je suis un citoyen dans la cité qui réclame toujours plus de transparence. (Là, M. Caviale, c'est la cité qui réclame quelque chose. Espalion personnifiée ?)
  • ... un nouveau souffle, que je veux impulser à Espalion... (Impulser un souffle ???)
  • ... dégager la quintessence même de l'intérêt général... ( !!! )
  • La démocratie à Espalion mérite une meilleure respiration républicaine qui est au bord de l'étouffement.  (Décidément, M. Caviale a une conception très "innovante" de l'usage des propositions relatives. Que serait-ce s'il détenait un quelconque pouvoir ?)
  • ... cette impulsion radicalement républicaine que je veux ambitionner... (Oui, voilà un bon programme & un excellent slogan en bon charabia : ambitionner l'impulsion.)

 

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Petite remarque annexe, au cas où, une fois les fautes corrigées, M. Caviale s'avisait de nier les bourdes innombrables que je lui reproche : j'ai, bien entendu, conservé une copie de son billet dans son état original.

Cherchez l'erreur

Tout ceci est d'une infinie logique : le président qui veut que les Français "travaillent plus" demande à son ministre de l'Education nationale de mettre en place une réforme grâce à laquelle les enfants apprendront à travailler moins et à ne se lever le matin que 4 jours sur 7 au lieu de 5 précédemment... Cherchez l'erreur... Un gros cadeau aux professionnels du tourisme, peut-être ? Non, je dois rêver...

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Hier soir, après une grosse journée, je me rappelais combien, enfants, nous aimions le samedi matin. Se lever et aller à l'école le samedi matin n'avait pas le même goût ; à la récréation du samedi matin, c'était toujours les meilleures parties de billes ; le samedi après-midi, on jouissait d'avoir tranquillement travaillé le matin et de pouvoir batifoler, jouer, promener.

Le soir même, au dîner, sans que le sujet ait été suggéré par moi ni par ma compagne, Alpha nous disait combien il aimait aussi le samedi matin.

( ... sans compter qu'un tiers des élèves arrivent en sixième sans savoir lire ni écrire, en grande partie parce que leurs parents ne suivent pas leur travail scolaire ... on va peut-être arriver à un taux inégalé de 50% de bacheliers qui ne savent pas écrire une phrase de quatre mots ... tout est possible ... )

06:45 Publié dans Indignations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Ligérienne

vendredi, 18 mai 2007

Petits mensonges quotidiens

Nicolas Sarkozy, alors président de l'U.M.P., avait affirmé que Christian Vanneste, condamné en janvier 2007 pour ses propos homophobes (mais également auteur de l'amendement sur le rôle "positif" de la colonisation (un cumulard de l'inintelligence, en quelque sorte)), ne serait "pas réinvesti pour les législatives".

On vient d'annoncer qu'il sera candidat dans sa circonscription sous l'étiquette CNI/UMP.

Ce que le candidat promet, le Président le dément.

21:21 Publié dans Indignations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : UMP, Politique, Sarkozy

mercredi, 16 mai 2007

Hamoncellements

De Benoît Hamon, député européen du P.S. : "le dernier épisode a pu apparaître confusant".

Du même, au cours du même entretien : "Veut-on ou pas que la gauche soit plus faible et moins en capacité d'exercer des contre-pouvoirs face à la droite?"

Eh bien moi je dis que si Baylet il serait pas été discuter avec Sarkozy de comment il pourrait prendre participation à la majorité présidentielle il y a un gros nullard d'ancien président du M.J.S.* qui aurait resté dans l'anonymat...

 

* Eh oui, c'est un vivier. Tiens bon, Adrien S. ! Plus on est crasse, mieux ça passe !

 

mardi, 15 mai 2007

Crier avant d'avoir mal

Vu ce matin un mur de cimetière tagué en grandes et fières lettres noires, à Tours : "La France, état fasciste".

Il y a des fois où j'aimerais bien que la machine à remonter le temps existe vraiment et que l'on propulse, ne serait-ce que quelques semaines, les imbéciles qui écrivent ce genre d'âneries dans l'Italie de Mussolini, ce qui leur permettrait de voir ce que ça fait vraiment de vivre dans un régime de dictature, où le fait même d'appartenir à une minorité doit être tu, pour ne rien dire des aléas de la condition de journaliste, de professeur ou d'éditeur. Je pense aux démocrates chinois, aux homosexuels de l'Espagne franquiste, aux "déviants" de tout poil des dictatures d'ici et d'ailleurs, d'hier et d'aujourd'hui, et à ce qu'ils penseraient en voyant de gentils nantis écrire de beaux mots bien ronflants comme fasciste ou pétainiste à tous les coins de rue...

Que je sache, le pluralisme politique, comme la liberté d'opinion et de culte, ne se porte pas trop mal en France : il n'y a qu'à voir les ex-futurs ministres de Mme Royal (mais si, celle qui devait nous servir de rempart contre le "péril brun") aller à la soupe aux portefeuilles...! Décidément, je regrette de moins en moins d'avoir refusé de choisir entre la grippe et la varicelle, au second tour des élections...

13:55 Publié dans Indignations | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : Politique

jeudi, 26 avril 2007

Le MJS fait campagne pour Sarkozy

À l'instant, ailleurs sur le Web :  

Hold your clicks a moment please...

Flickr has the hiccups. We're looking into the problem right now, so please check back later.

 

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Sinon, j'ai vu aujourd'hui, à plusieurs arrêts de bus, des autocollants Les jeunes avec Ségolène posés par des militants du MJS, toujours plus intelligents et fins stratèges, sur les horaires. Message subliminal : nous, les militants socialistes, nous sommes de petits bourges qui ne prenons jamais le bus, et nous n'en avons rien à secouer des gens du peuple : qu'ils aient besoin de connaître leurs horaires de bus, ces vils manants, qu'importe ! 

Autre message subliminal : nous, militants socialistes, bafouons les règles les plus élémentaires de la vie en société et de la civilité, mais nous allons quand même donner des leçons de civisme et de morale à ceux de l'autre camp.

Ah, il faut de la bonne volonté pour fermer les écoutilles et persister à voter blanc au second tour.

18:30 Publié dans Indignations | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : Ligérienne

lundi, 23 avril 2007

Par le petit bout de la lorgnette

On dira qu'il fait bon vivre à Tours : 6,84% pour Le Pen et 0,38% pour Frédéric Nihous. (On se raccroche à ce qu'on peut.)

En revanche, juste avant d'aller voter, j'ai aperçu, sur les panneaux électoraux de mon bureau de vote, quelque chose d'édifiant : les visages de tous les candidats (hormis Ségolène Royal) avaient été recouverts de petits autocollants du MJS, Les jeunes avec Ségolène. Je suis prêt à parier que cet acte de vandalisme illégal et antidémocratique aura suffi à faire pencher ne serait-ce que deux ou trois indécis d'un autre bord avant d'entrer dans l'isoloir. La stupidité des militants du MJS, même d'un point de vue purement stratégique, ne connaîtra-t-elle donc pas de bornes...?

vendredi, 20 avril 2007

Pire ratage ?

Plusieurs de mes correspondants électroniques habituels ont reçu, en provenance de mon adresse, un message prétendument signé par moi et expliquant pourquoi je voterai Nicolas Sarkozy. Je tiens à préciser (ne pouvant savoir qui a reçu ce courriel) que ce texte n'émane pas de moi et qu'il s'agit d'une usurpation flagrante d'identité.

Vu l'agitation qui règne ces temps-ci sur le Web, j'ai ma petite idée sur le coupable présumé de cette nouvelle malversation, mais, quoi qu'il en soit, je ne soutiens aucunement Nicolas Sarkozy... et il va de soi que je n'envoie pas de courriels appelant à voter pour ni contre qui que ce soit.

jeudi, 12 avril 2007

Noyer le poisson

Une journée sans trouver le temps de récupérer les courriers électroniques, et divers messages (à caractère professionnel principalement) se sont entassés, accumulés, exigeant des réponses précises et, le plus souvent, urgentes. Je viens donc d'écrire quatorze courriels en vingt-deux minutes, dont un, plutôt long, à Chloé, afin de lui expliquer comment faire des liens hypertexte dans le module de rédaction H&F. Il faut maintenant que je mette en forme trois corrigés de traduction, & m'envoie les copies à la plume noire (rouge, verte, bleue).

Sinon, on nage dans l'imbécillité : ce matin, j'ai appris, par la maîtresse d'école de mon fils, que les parents qui accompagnent la classe de grande section à la piscine n'ont plus le droit (par avis exprès de l'inspecteur (dont on ne sait quelle mouche l'a piqué (peur de la pédophilie ?))) d'entrer dans l'eau et d'y aider les enfants, lesquels, âgés de cinq ou six ans, ne sont guère rassurés a priori. Si cette mesure inepte est confirmée, tous les projets piscine des écoles maternelles (et peut-être même des petites classes d'écoles élémentaires) risquent fort de tomber à l'eau.

vendredi, 30 mars 2007

Culture et marmelade

Lu sous la plume de Juan Asensio, le critique de génie qui pense en basque avant de s'imaginer qu'il écrit en français :

Il y a fort à parier que, ipso facto, je n'eus été envoyé, aimablement recommandé par votre lettre de cachet, dans quelque Bastille...

 

Rappelons à cet aimable pourfendeur mégalomane que, si l'on se pique d'employer l'imparfait du subjonctif, il ne faut pas se mélanger les pinceaux. De même, l'usage du ne explétif n'est pas possible ici (principale assertive). Cette phrase, comme les trois quarts de ce que nous assène cet âne bâté qui voudrait se faire aussi doué qu'Antonin Artaud, ne veut donc rien dire. Rappelons aussi que le conditionnel reste possible ici, et peut-être plus à la portée des étudiants de français grands débutants.

 (Il y a fort à parier que j'eusse (ou que j'aurais) mieux fait de me dispenser de cette note...)

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Quand J.A. pose des questions à un romancier, ça donne ça : "Donc, si je vous lis bien, le prochain roman que vous publierez tentera de s’approcher un peu plus de cette délivrance ou allez-vous nous répondre que vous devez longer, coûte que coûte, cette faille, quitte à hurler, une nouvelle fois, devant la grâce enfuie, que c’est là et nulle part ailleurs que doit se tenir l’écrivain réel, sous le soleil noir d’Auschwitz ?" Toute personne en mesure de traduire ce galimatias en français a gagné le droit de s'endormir chaque soir en contemplant les pâles âneries du Stalker. (Rappel : le concept de galimatias est valide en stylistique. Dans le cas de Juan Asensio, il se rapproche de la verbigération, mais, hélas, jamais du phébus. (Tout ceci était du jargon.))

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Par ailleurs, le Stalker, l'admirable intellectuel qui confond Racine et Corneille, est un fin connaisseur des choses un peu anciennes. Aussi a-t-il des formules telles que "les vieilles sagas légendaires de bien des peuples anciens", ce qui ne veut rien dire, puisque les sagas sont islandaises. Peut-être a-t-il confondu avec la world music ?

samedi, 17 mars 2007

JPO & les révoltés à deux balles

Je suis énervé. Très. Je viens de passer cinq heures à l'université pour l'accueil de lycéens dans le cadre des Journées Portes Ouvertes. Nous avons eu des échanges positifs, constructifs. J'ai fait part de mon enthousiasme pour les filières où j'enseigne (anglais et L.E.A.). J'ai rencontré des lycéens intéressés par mes informations au sujet des bases de données et de la documentation électronique, mais aussi, bien sûr, par les enseignements dispensés. C'était un travail bénévole et fatigant, mais plein d'aspects positifs.

Mais voilà... Avant de partir, j'ai vu que, sur les grilles de la passerelle, des étudiants (probablement de l'UNEF, vu que ce "syndicat" (it's more of a syndicate actually, but well...)) a aussi placardé sa petite propagande stérile anti-entreprises un peu partout dans le hall d'entrée) avaient accroché une gigantesque banderole qui proclame fièrement : "ICI PROCHAINEMENT OUVERTURE D'UNE ANNEXE DE L'ANPE".

Ainsi, ce ne sont plus les élitistes de l'E.N.A. ni les privilégiés des grandes écoles qui peuvent se permettre de cracher sur la fac en colportant l'idée fausse qu'elle serait une "usine à chômeurs". Pas besoin d'eux, non. Nos vaillants petits insurgés bourgeois s'en chargent tout seuls. Imaginent-ils seulement le nombre de lycéens qui, sincèrement motivés par leur choix de filière, viennent à l'université dans l'intention d'y travailler sérieusement ? Imaginent-ils le découragement inutile que de telles formules, aussi cyniques que mensongères, peuvent faire naître chez les lycéens, ou chez leurs parents ?

Car une telle formule est mensongère. Dans une filière comme L.E.A., par exemple, 90% des titulaires du master 1 obtiennent un C.D.I. sous neuf mois. En anglais, l'obtention de la licence d'anglais ouvre bien des portes, et pas seulement celles de l'enseignement...

Alors, que veulent-ils, les tenants syndicalistes de la politique du pire ? Eh bien, comme l'an dernier, quand ils ont bloqué les universités contre l'opinion de la majorité des étudiants, car la majorité des étudiants voulaient reprendre les cours mais se faisaient fermer le bec par des petits dictateurs en herbe comme Adrien Soissons dès qu'ils voulaient énoncer, en A.G., un avis contraire à la doxa unefiste. S'ils ne veulent pas faire évoluer l'université vers plus de démocratie, que veulent-ils ? Ce qu'ils veulent, c'est s'approprier le pouvoir, faire parler d'eux dans les médias. Améliorer le niveau de vie des étudiants, participer à l'élaboration de contenus pédagogiques plus appropriés, tout cela, ils s'en contrefichent. Tout ce qui compte, pour eux, c'est de pouvoir montrer en tous lieux, et en toutes circonstances, leur terrible pouvoir de racolage tapageur et surtout de nuisance. Lamentable.

 *******************

Enfin, j'aimerais finir sur une note plus positive et remercier ici les étudiants et étudiantes de deuxième et troisième année qui se sont donnés bien du mal aujourd'hui. Certains convoyaient les lycéens d'une salle à l'autre et leur faisaient visiter les lieux essentiels (bureaux, bibliothèque, labos de langue), d'autres répondaient à leurs questions. Un petit groupe a proposé plusieurs représentations d'extraits d'une pièce de Martin Crimp. D'autres ont dansé (danses celtiques, si j'ai bien compris (j'étais enfermé en salle 50)). Tous et toutes ils ont renseigné sans relâche les lycéens. Merci à eux de porter si haut le flambeau, au mépris des petits nihilistes salonnards.

14:50 Publié dans Indignations | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : Ligérienne

vendredi, 12 janvier 2007

Meilleur en effets de manche qu'en arithmétique

Mes sensibilités penchent plutôt vers la gauche, mais je n'ai jamais voté socialiste. Ou plutôt si, une fois : au second tour d'une élection cantonale, face à un candidat RPR en faveur duquel un candidat FN s'était désisté après tractations. J'ai donc voté une fois pour un candidat du P.S., comme j'ai voté une fois pour Chirac.

Bref... Là n'est pas le propos. Depuis que je sais que Miss Démagogue Ségolène Royal représentera le P.S. au premier tour de l'élection présidentielle, je me suis dit que 2007 ne risquait guère de changer la donne.

Or... Or... Ce matin, j'ai entendu M. Jean-François Copé déclarer, sur France Infos, qu'un professeur certifié en fin de carrière touchait à peu près 4.100 euros par mois (salaire net). Il se trouve qu'un professeur certifié à l'échelon le plus élevé de la hors-classe touche 2.850 euros (et ceci doit représenter une infime minorité des certifiés sur le point de prendre la retraite). Même un professeur agrégé de lycée, pour ne rien dire d'un maître de conférences, ne touchera jamais 4.000 euros en fin de carrière, même s'il s'est élevé au sommet des barêmes d'évaluation et des grilles salariales.

J'ai trente-deux ans, je suis maître de conférences, et, comme l'immense majorité de mes confrères, je suis titulaire de l'agrégation, qui est le plus prestigieux des concours d'enseignement (bac+5), d'un D.E.A. et d'une thèse de doctorat, ce qui me place, selon les calculs, à un niveau d'études équivalent à bac + 8 ou bac + 9. Vu que j'ai commencé à cotiser pour la retraite et à gravir les échelons hiérarchiques en 1994, en ma qualité d'élève de l'Ecole Normale Supérieure (Ulm), j'ai douze ans d'ancienneté, dans ma fonction sinon à mon grade. Or, je touche, depuis peu d'ailleurs, 2.150 euros par mois, sur douze mois bien entendu. Pour toute prime, je me vois verser une prime de recherche de 600 euros annuelle, et mes diverses activités de recherche et d'administration me prennent tellement de temps qu'il va de soi que je ne fais quasiment aucune heure complémentaire.

Il n'y a pas beaucoup de salariés, dans quelque domaine que ce soit, et qui, à un équivalent bac + 8 et avec douze ans d'ancienneté, touchent aussi peu... Loin de me plaindre, je considère au contraire que je ne suis pas trop mal payé et suis souvent agacé, même, d'entendre certains collègues se plaindre de leurs émoluments, ce qui me paraît indécent, mais quand j'entends un ministre mentir effrontément par populisme puant, il ne faut pas trop me chatouiller.

Autant dire que, si d'aventure je me laissais aller, au printemps, à voter pour la candidate socialiste contre Nicolas Sarkozy par exemple, je le ferais sans enthousiasme mais en pensant très fort à M. Copé.

 

En écoute : "Vanitatus vanitatum" (Robert Schumann, revisité par le Dave Douglas Tiny Bell Trio, album Constellations, 1995)

 

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Mince, au départ, je voulais faire une note très concise, voire laconique, du style

 Ce matin, j'ai entendu M. Jean-François Copé déclarer, sur France Infos, qu'un professeur certifié en fin de carrière touchait à peu près 4.100 euros par mois (salaire net). Il se trouve qu'un professeur certifié à l'échelon le plus élevé de la hors-classe touche 2.850 euros. Si je choisis, au printemps, de voter pour Royal contre Sarkozy, par exemple, je le ferai sans enthousiasme mais en pensant très fort aux mensonges de M. Copé.

 

et puis je me suis laissé emporter, car, pour ne pas être mal compris, il faut mettre les points sur les i... Mais l'effet recherché n'est pas le même, n'est-ce pas ?

23:24 Publié dans Indignations | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : Politique, UMP

mercredi, 10 janvier 2007

Monde de fous

Soldes...

Entendu à la radio une interview d'une dame qui déclarait fièrement s'être tenue près des portes de je ne sais quel magasin dès sept heures moins vingt ! Suivait une analyse d'un psychologue qui donnait un nom scientifique à ce genre de comportement. Ce terme, je l'ai oublié, mais, d'après moi, il existe déjà un mot, plus répandu et facile à mémoriser, pour qualifier ce type de comportement : c'est de la connerie !

Société de consommation...

Hier après-midi, vers la fin d'un examen que je surveillais, une étudiante qui avait rendu sa copie dix minutes auparavant est rentrée dans un état d'affolement proprement terrifiant à voir, s'est précipitée vers ce qui était sa place au cours de l'épreuve, et, dérangeant de nouveau ses voisines, fourragea pour en sortir, d'un air triomphant, un téléphone portable. Si on lui avait annoncé qu'elle venait de perdre un proche, elle n'aurait pas eu l'air plus affligée.

Suivez le lien, vers l'ami Chandelin : Ne pas être heureux : un vrai bonheur.

Bon, je sais que je ne suis peut-être pas un bon exemple, puisque, en ce début 2007, je ne possède toujours pas de téléphone portable, et que je ne fais jamais les soldes. Il doit être possible de "faire les soldes", justement, sans arriver trois heures avant l'ouverture du magasin et sans marcher sur la gueule des concurrent(e)s, mais enfin, le peu de fois où je me suis trouvé dans les boutiques de fringues lors des promotions biannuelles, j'ai plus eu l'impression d'être dans un asile de fous que dans un lieu fréquenté par des adultes ayant toute leur tête.

(Suffit, maintenant !)

 

En écoute : Arthur H, Ma dernière nuit à New York City.

18:26 Publié dans Indignations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Ligérienne

mardi, 21 novembre 2006

Lille aux infos (voici venu le temps, etc.)

Il m'arrive fréquemment d'ironiser tant sur la langue, pauvre voire fautive, des journalistes de France Info que sur l'auditeur imaginaire qui passerait deux heures d'affilée à écouter huit fois de suite la même chose, ou presque.

Toutefois, il y a quelque chose de plus troublant encore : c'est lorsque, dans deux bulletins d'information distants de moins d'une demi-heure, les journalistes se contredisent. Ainsi, ce matin, à onze heures moins le quart, l'équipe de football de Lille (qui reçoit ce soir "l'équipe belge d'Anderlecht" (sic (j'ignorais qu'il y eût une équipe chinoise ou moldave d'Anderlecht, mais enfin...))) n'était pas assurée de sa qualification.         À onze heures et quart, on pouvait entendre que "Lyon et Lille, tous deux qualifiés pour les huitièmes de finale, jou[ai]ent ce soir", etc.

Faut-il comprendre qu'il s'agit d'un rectificatif ? Cela n'est pas annoncé comme tel, en tout cas. Pour l'auditeur qui n'est pas déjà au courant, il en résulte une impression de désinformation au sens le plus neutre : j'écoute France Info et je ne suis pas informé. S'il en est de même pour tous les autres faits annoncés, on tremble...

 

En écoute : "Lille" (Dick Annegarn. Album Adieu verdure, 1999).

vendredi, 10 novembre 2006

Les "profs", tous des feignants, hein...

À regarder avant débat : cette vidéo de Ségolène Royal, dans laquelle elle expose ses "vues" sur l'Education nationale.

J'aimerais faire remarquer, pour ma part, que je connais un très grand de professeurs du secondaire qui ne font pas des heures supplémentaires dans les boîtes du genre Acadomia, et même, que je ne connais absolument personne qui y travaille. D'autre part, si on envisage de faire passer la pilule en "sensibilisant" les jeunes collègues, cela ne signifie-t-il pas que l'on va préparer en douceur, dans les établissements scolaires de France, la transition entre une génération de professeurs et une génération d'esclaves ?

Enfin, si on met en place "les 35 heures hebdomadaires dans l'établissement", cela signifie, j'espère, qu'il n'y aura jamais de conseils de classe, ni de préparation de cours ni de correction de copies en dehors de ces 35 heures effectivement faites sur place. Si tel est le cas, tous les professeurs seront d'accord avec Ségolène Royal : quelle merveille, de ne plus travailler que 35 heures et de ne jamais trimer chez soi !

Bref... une fois encore, Madame Royal a ouvert son bec pour montrer que Ségo rime avec démago...

11:30 Publié dans Indignations | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : Enseignement

mardi, 24 octobre 2006

Surmédiatisation & paradoxes

Hier, M. Claude Pernès, maire de Rosny-sous-Bois et président de l'Association des Maires d'Île-de-France, a convoqué la presse pour lancer une déclaration solennelle et se plaindre de la surmédiatisation de l'anniversaire des événements de l'automne 2005 dans les banlieues. Par cette annonce, destinée sans doute à le faire connaître du public, ou à donner des gages de populisme à ses électeurs, il contribue à la surmédiatisation de l'anniversaire des événements de l'automne 2005 dans les banlieues.

lundi, 28 août 2006

Un bon p'tit job à la Cour

"Le roi étant à Amboise, Tours ou Blois, ceux qui avaient un bon job à la Cour se faisaient construire quelque chose pas loin du bureau." Si l'on en croit le magazine Val de Loire (n° 3, p. 38), voici comment s'exprime Madame la comtesse de Saint-Venant, actuelle propriétaire du château de Valmer.

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C'est peut-être de l'humour, mais on peut aussi penser (et déplorer) que le temps est définitivement venu, où les comtesses parlent comme les shampouineuses (et plus mal, peut-on penser, que les caméristes de leurs arrière-grands-mères).

lundi, 03 juillet 2006

Fil bleu, voir rouge

Je viens de perdre 45 minutes à attendre, en haut de la rue Nationale, un bus 8 qui ne devait jamais venir, puisqu'ils sont tous déviés. Déviés où... pour quelle raison...? Le mystère reste entier.

C'est le cinquième chauffeur de bus à qui je me suis adressé (car je commençais à "tiquer") qui m'a informé de cet état de faits que n'était signalé ni sur le panneau des horaires du bus 8 ni sur les indicateurs lumineux (et complètement inutiles, il faut bien le dire). Les quatre autres chauffeurs (des bus 55, 61, 14 et 2) à qui je m'étais adressé n'ont pas su me renseigner.

Je me suis retrouvé à rentrer chez moi à pied, une demi-heure d'ascension en pleine canicule. Ce n'est pas tellement cela qui me gêne, mais les trois quarts d'heure perdus pour rien à attendre un bus inexistant.

Il faut dire que la société Fil Bleu est particulièrement incompétente en matière d'information. Je conseille plutôt aux étudiants ou aux autres Tourangeaux de prendre leur bicyclette, voire de choisir le co-voiturage.

jeudi, 19 janvier 2006

Révoquer un proviseur... pourquoi pas l'édit de Nantes, tant qu'on y est...?

Hormis le tutoiement, que je désavoue, j'ai lu et approuvé pleinement la lettre ouverte de Maître Eolas à Gilles de Robien. Il faut lire ce texte, et aussi s'informer par soi-même, ce qui ne peut pas faire de mal. J'ai brièvement exprimé mon opinion sur cette affaire scandaleuse ici.

vendredi, 06 janvier 2006

La laïcité, on l'applique surtout aux musulmans...

Aujourd'hui, lors de la galette des rois, à l'école maternelle laïque, mon fils a eu la fève. (Ou plutôt, l'une des fèves, mais là n'est pas le propos.)

La figurine est une Vierge Marie. "C'est la mère de Jésus", lui ont tout naturellement expliqué les dames de la cantine. J'aimerais rappeler que, même si la galette des rois est une manière plutôt séculière de fêter un événement religieux qui compte surtout dans le monde chrétien, l'Epiphanie, il doit être possible de conserver ce rituel culinaire en le vidant de son iconicité la plus catholique. J'aimerais aussi rappeler que le culte marial fut jadis (et même naguère), comme le voile et le foulard de nos jours, une bonne manière de renforcer l'inégalité de principe entre hommes et femmes dans nos sociétés européennes si bonnes donneuses de leçons aujourd'hui.

Qu'un enfant de quatre ans puisse être non catholique, et que la Vierge Marie n'ait pas la moindre importance pour lui, qu'il soit protestant, juif, musulman, mormon, ou, comme mon fils (jusqu'à ce qu'il puisse réfléchir à ces questions par lui-même) sans foi religieuse, cela ne traverse pas l'esprit du service de restauration. Il me semble que, dans la foulée des polémiques récentes autour du renforcement des lois sur la laïcité, ce genre de petit symbole de rien du tout est une provocation bien inutile. Comment convaincre que tout le ramdam de l'automne 2004 et d'après n'était pas dirigé surtout contre l'Islam si les écoles laïques balancent allègrement petits Jésus, Vierge Marie et autres mannequins du folklore catholique...?

J'ai déjà eu l'occasion de dire ici que j'ai dû subir, enfant, de nombreuses avanies parce que certains de mes camarades catholiques étaient embrigadés par les officiants du catéchisme qui leur demandaient de harceler les incroyants et leur donnaient le mode d'emploi. Plus tard, je n'ai pu manquer d'être surpris de voir, dans toutes les classes de collège et de lycée que j'ai fréquentées, des dizaines de petits crucifix, médailles de la Vierge, etc., ostensiblement arborés par les uns et les autres, et que pas un professeur ne se serait avisé de faire dissimuler à l'intérieur des vêtements, de peur d'une probable cabale parentale. Que dire des aumôneries, rattachées à chaque établissement public, avec des créneaux horaires spécifiques pour la propagande d'obédience strictement catholique.

Que d'affectation et de forfanterie, comme dit Dorine.

 

vendredi, 16 décembre 2005

A bas Noël

Comme deux de mes groupies m'ont fait savoir, de vive voix, que c'était un scandale* que je ne publie pas de note aujourd'hui, comme je l'avais initialement prévu, je vais me contenter de pousser un coup de gueule, déjà esquissé ailleurs, pour déplorer combien, chaque année, les prétendues décorations de Noël enlaidissent les villes par leur clinquant plastique.

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Le comble de l'horreur, ce sont les Père Noël en caoutchouc accrochés aux fenêtres. Sont-ce des pendus ou des cambrioleurs ? Non : ces rougeauds ridicules sont le signe du conformisme ambiant. Il faut avoir ces horreurs à sa fenêtre pour montrer que l'on est comme les autres, que l'on dépense du pèze pour des conneries en fin d'année, que l'on va à Auchan, dans les galeries marchandes e tutti quanti.

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La magie de Noël, mon os ! Les supermarchés qui ouvrent le dimanche (comme Carrefour, qui vient d'annoncer par ailleurs la suppression de mille emplois (et tout le monde semble avoir oublié qu'il y a six mois le golden parachute de l'ex-PDG démis pour incompétence, dans les 30 millions d'euros, avait défrayé la chronique)), les ménages surendettés qui gavent leur chariot à ras bord de jouets fabriqués par des gamins de six ans dans les pays pauvres... vous voulez que je les trouve rigolotes, moi, ces grosses bouses rouges dégoulinant le long des crépis.

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* Oui, je sais, Irène : je déforme tout ce que tu dis. Mais je le fais exprès.

jeudi, 24 novembre 2005

Vins de Loire sur Google?

C'est volontiers que je relaie l'appel suivant, qui émane du pétillant Guillaume Lapaque, webmestre du site Vins de Loire.

**********

Appel à la solidarité des blogueurs : VinsdeLoire.com boudé par Google :-(


Créé il y a presque 4 mois, VinsdeLoire.com commence à trouver son rythme de croisière. Depuis la création de ce site, 14 915 visiteurs ont vu 172 511 pages. La fréquentation mensuelle a dépassé les 4 500 visiteurs au mois d'octobre et 50 lecteurs réguliers sont abonnés à la newsletter du site.

Globalement, VinsdeLoire.com est correctement référencé par la grande majorité des moteurs de recherche :

    * Il est référencé en deuxième position des résultats donnés par le moteur de recherche de Yahoo à la requête "vins de Loire",
    * Il est suggéré en troisième position des réponses proposées par MSN Search à la requête "vins de Loire",
    * Il est référencé parmi les 500 sources d'information du moteur de recherche Google News,
    * Il est deuxième des liens non sponsorisés suggérés par le moteur Alice Recherche à la requête "vins de Loire",
    * Il est deuxième des résultats fournis par le moteur Lycos à la requête "vins de Loire",
    * Il est proposé en deuxième position des réponses d'Altavista à la requête "vins de Loire",
    * Il est très correctement référencé sur le nouveau service de recherche de blogs de Google,
    * La parution des articles est signalée par le site blog-appetit qui apporte une audience non négligeable.


Mais hélas, malgré tous mes efforts, VinsdeLoire.com n'est pas référencé par Google dont le robot n'indexe rien d'autre que la page principale du site.

Lorsque l'on sait, comme l'indique une étude Médiamétrie citée par le spécialiste du référencement Abondance.com, que 64 % des recherches des internautes français passent par Google, cette situation a évidemment pour conséquence de limiter l'audience de VinsdeLoire.com...

J'ai tout essayé : écrire à Google, transférer le nom de domaine, étudier la situation avec Stéphane de Viabloga qui a fait preuve de beaucoup de patience et de disponibilité...

Mais à ce jour, rien n'a permis d'améliorer la situation.

Aussi, je me permets de faire appel aujourd'hui à la solidarité des blogueurs pour solliciter vos conseils, vous demander de relayer cet appel, et vous inviter à m'envoyer par mail vos suggestions pour parvenir à être référencé sur Google.

Et le jour où VinsdeLoire.com sera enfin référencé par Google, j'aurais plaisir à partager une caisse de vins de Loire avec celui où celle qui m'aura aidé à mieux comprendre les mystères du référencement !

mercredi, 09 novembre 2005

Etat d'urgence... vraiment?

Je vais sans doute passer pour un affreux ennemi des libertés, mais je ne peux m'empêcher de trouver hautement cocasse tout le foin que font les medias autour de la décision du préfet de la Somme d'imposer, dans la communauté urbaine d'Amiens, le couvre-feu "aux mineurs de moins de seize ans non accompagnés entre 22 h et 6 h". Il me semble, pour ma part, que les mineurs de moins de seize ans ne devraient jamais avoir le droit de sortir seuls à ces heures-là.

Soyons sérieux: cette situation dite "d'urgence", et présentée avec les plus infinies précautions par le Premier Ministre, devrait correspondre à l'état normal de notre civilisation.

samedi, 17 septembre 2005

L’Education nationale à la merci des ultra-conservateurs ?

Nous nous sommes cassé le nez ce matin à Marmoutier, établissement privé et ensemble architectural intéressant qui était censé ouvrir ses portes à l’occasion des Journées du patrimoine. J’ai acheté La Nouvelle République, dans laquelle j’ai découvert, dans un article de la page V annoncé dès la première page, la raison (probable) de la mutation de notre ancien recteur, Jean-Michel Lacroix.

Il y aurait eu un règlement de comptes, ou, plutôt : plusieurs associations ultra-conservatrices s’étant plaintes de sujets de baccalauréat traitant de l’IVG et du racisme auraient “obtenu la tête” des recteurs respectivement jugés responsables, M. Lacroix, alors recteur de l’académie d’Orléans-Tours, et M. Debène, alors recteur de l’académie de Rennes.

 

L'article de la NR comporte deux erreurs qui rendent la question en partie incompréhensible pour des non-initiés : ainsi, l’auteur de l’article, Renaud Domenici, parle des « élèves de première littéraire de la section d’enseignement scientifique », ce qui n’a aucun sens. Mes lecteurs lycéens, et les autres aussi, pourront confirmer que, si on est en première littéraire, on n’est, par définition, pas en « section d’enseignement scientifique ». Ce qu’il faut comprendre (mais il est toujours embarrassant de se dire que c’est au lecteur de restituer le sens sans cesse incertain ou égaré), c’est qu’il s’agissait du sujet de l’épreuve anticipée de sciences (S.V.T., je pense) pour les élèves de 1ère L.

 

Bref, ce qu’il ressort de cela, c’est que le Ministre, à en croire cet article, aurait cédé aux pressions d’ultraconservateurs qui, insatisfaits de ne pas obtenir l’abrogation de l’IVG, cherchent par tous les moyens à nuire à l’enseignement rationnel et objectif des matières scientifiques, en le détournant vers des problèmes idéologiques.

N’ayez pas d’inquiétude, parents d’élèves : bientôt, SOS Education réclamera l’enseignement de la Genèse et de ce que de semblables obscurantistes nomment, outre-Atlantique, l’ « hypothèse créationniste », puis ils viendront réclamer la tête des professeurs qui enseignent l’ « hypothèse évolutionniste ».

 

Assez de balivernes… un retour à l’ère positiviste nous ferait du bien. Sous prétexte de ne pas froisser les croyances religieuses des uns ou des autres, l’Education nationale braderait tout enseignement scientifique de qualité ? Car, si on donne raison aux ultracatholiques, on va, dans la foulée, arrêter d’enseigner le fonctionnement des appareils génitaux pour complaire à je ne sais quelle association de fondamentalistes musulmans, etc. Déjà, la loi votée au printemps dernier par les parlementaires UMP pour prôner un enseignement « positif » de l’histoire coloniale avait soulevé la colère de tous les historiens qui rappelaient qu’il n’y a pas à orienter l’étude en fonction d’une historiographie “officielle”…

 

S’il y a des reproches à formuler à l’égard des sujets de baccalauréat incriminés, ce ne sont pas ceux-là. Par exemple, le sujet de français des séries technologiques qui aurait coûté sa place à M. Debène (car il est devenu scandaleux, apparemment, d’aborder la question du racisme) partait du texte d’une chanson de Pierre Perret, Lily. En fait, ce qui est gênant, n’en déplaise aux ultraconservateurs, ce n’est pas de demander à des candidats d’écrire en se mettant à la place d’une jeune Somalienne qui souffre du racisme au quotidien ; ce qui est choquant, c’est de proposer des sujets de français avec des chansons de Pierre Perret !

 

Par ailleurs, la Nouvelle République se livre à un montage douteux, car l’article se termine par la citation suivante extraite du communiqué de M. Lacroix, qui nie tout lien entre la polémique et sa mutation :

« Je tiens à préciser que je n'ai pas été destitué, mais nommé sur un quatrième poste de recteur, et qu'il ne m'appartient pas de commenter la décision du ministre de l'Éducation nationale relative aux mouvements des recteurs ».

Or, l’article est illustré d’une photographie de ce même Jean-Michel Lacroix, avec, en légende, l’extrait suivant : « Je n’ai pas à commenter la décision du Ministre ». Ce découpage va à contresens des propos de J.-M. Lacroix, car un lecteur qui se contenterait de la légende penserait que le recteur confirme le lien entre sa mutation et l’affaire des sujets du baccalauréat. Approximation déplorable.

 

Quoi qu’il en soit, je tiens à assurer de mon soutien personnel, qui ne leur servira pas à grand-chose, évidemment, MM. Debène et Lacroix. Afin que personne ne l’ignore, Jean-Michel Lacroix a été, à Paris-III, il y a une dizaine d’années, mon directeur de maîtrise, et j’ai suivi ses séminaires. Il a été nommé recteur deux ans après ma nomination à l'Université François-Rabelais.

Ce n’est pas au nom d'un improbable lien ancien de maître à disciple (et d’ailleurs, le courant ne passait pas forcément très bien entre lui et moi), mais aux noms des principes de l’école laïque et républicaine que je tiens à soutenir ces recteurs que salit une polémique fomentée par les ennemis de la démocratie, des droits des femmes et de la laïcité.

Enfin, ceux qui vont se répandant sur le lobby des antiracistes, des gauchistes, etc., se rassurent : que je sache, ce que le lobby catholique ultraconservateur viendrait d’obtenir du Ministère est sans précédent pour d’autres bords. Si lobby il y a, avec le gouvernement actuel, la preuve est faite que c’est celui des obscurantistes fondamentalistes et des anti-IVG.

mercredi, 14 septembre 2005

S’indigner

 

La réponse que je viens d’écrire à destination de l’étudiante du Collectif de soutien m’a incité à m’interroger sur mes prises de position dans ce blog. Il faut que je sois plus vigilant et consciencieux dans toute note relative à des questions idéologiques. Je dois être le plus clair possible dès la première prise de parole, pour éviter ces malentendus. Au demeurant, je ne renie pas, loin s’en faut, l’essentiel de la note incriminée. J’ai éclairci ce qui devait l’être, et repris là où j’avais exagéré.

 

 

Au fond, que signifie s’indigner ?

Je ne veux pas dire : à quoi sert-il de s’indigner?, encore que cette question mériterait quelque approfondissement.

Ce que je veux dire, c’est que l’étymologie même du verbe, et le sens qu’il faudrait donner à la tournure pronominale, l’oriente vers une perte de dignité : s’indigner, c’est sortir de ses gonds, perdre de sa dignité. On pourrait me faire valoir que c’est justement l’absence d’indignation qui ravale l’homme en dessous de sa dignité d’être doué de pensée et de raison. Mais cela n’est-il pas un sophisme?

 

J’ai nommé Indignations, presque sans y penser, la catégorie correspondant à mes sautes d’humeur (encore une expression qui mériterait réflexion), mais c’était mal formulé : si j’écris (c’est-à-dire, si je prends le temps de démarrer mon ordinateur, d’écrire une note, puis de la publier), l’indignation ne devrait plus avoir droit de cité. Or, l’échange très dilué et ‘dialogue de sourds’ entre cette jeune femme et moi montre à quel point je me trompe. C’est peu dire que je suis dans l’erreur : je ne me relis pas assez, je ne tourne pas assez longtemps les doigts au-dessus du clavier.

 

Un autre aspect de l’indignation est qu’elle passe pour une qualité dès lors que l’on s’imagine que le monde actuel en est dénué, ou qu’il y aurait pénurie de légitimes indignations dans notre société. Un récent commentaire de M. Romero et ma propre réponse immédiate (et, une fois encore, pas assez réfléchie) à Claire attestent de cela. Or, quitte à passer pour fou (je n’en suis plus à ça près), je suis en désaccord avec M. Romero et moi-même: il ne faut pas continuer de s’indigner. Il faudrait pouvoir continuer de lutter, de réfléchir, de penser, d’élaborer des positions intellectuelles et/ou politiques sans indignation.

 

lundi, 05 septembre 2005

Petitesse et décadence des journalistes

Entendu à 10 h 29 sur France Info (au volant de ma voiture) : «On sait pourtant qu’en période électorale les promesses et les amitiés de trente ans ont souvent la vie dure.»

Ce que voulait dire le journaliste, de toute évidence, c’était le contraire de ce qu’il a dit. Avoir la vie dure, cela signifie résister au temps, durer. Or, cette phrase était un petit commentaire ironique qui venait clore un « sujet » relatif à l’affrontement entre Sarkozy et Villepin dans la course à l’Elysée, et même juste après une intervention ô combien perfide du fourbissime Devedjian, dans laquelle ce cauteleux personnage expliquait que Villepin avait déclaré qu’il ne “serait pas candidat”, et que lui, Devedjian, ne pouvait pas imaginer une seconde que le Premier Ministre “mente aux Français”.

Ce que voulait dire le journaliste, c’était que la vérité, justement, au vu de l’expérience, était soluble dans l’ambition présidentielle et qu’elle n’avait pas la vie dure.

Je n’écoute presque jamais la radio, je ne regarde jamais la télévision, et pourtant il suffit que je m’y arrête quelques minutes pour entendre, à tout coup, ce genre d’erreur ahurissante. Le problème, à mon avis, vient de la conjonction de trois éléments :
1) le style journalistique est très friand d’expressions idiomatiques ou imagées (comme « avoir la vie dure », « faire long feu », etc.) ;
2) la majorité des journalistes ne connaissent pas les expressions qu’ils désirent employer ;
3) le travail de journaliste, dont on nous répète à l’envi qu’il se fait dans l’urgence, s’accommode mal, semble-t-il, de la vérification dans un dictionnaire.

vendredi, 02 septembre 2005

Contrée sauve

Vendredi soir, huit heures et demie.

J’écris ces lignes sans avoir encore pris connaissance de ce qui a pu s’écrire sur mon carnet de toile. La rentrée en moyenne section s’est bien passée pour A. Journée presque torride, ce qui fut très agréable.

Un peu avant midi, sur France Info, j’ai entendu la journaliste qui annonçait les titres puis développait les informations, parler, à propos d’un système de cartes à puces électronique testé dans un canton de l’Ardèche, des “cinq-z-écoles du canton”. Une camarade de promo de Sylvain Cottin, certainement.

Tout, dans la presse, ne bruit que des syndicats d’enseignants, qui s’apprêteraient à faire passer une sale rentrée à Gilles de Robien, le ministre de l’Education nationale. Pourtant, aucun spécialiste (et pas même, ce matin sur la même antenne, l’immarcescible Emmanuel Davidenkoff, que j’ai connu plus inspiré) ne relève que le gouvernement a fait promulguer, durant les vacances, une loi tout à fait douteuse, qui permettra, à partir du 1er janvier, aux chefs d’établissements du secondaire de demander à des collègues de remplacer, quasiment au pied levé, des collègues absents, et ce même dans une autre matière.

Collèges et lycées se transforment définitivement en garderies, cela ne gêne personne, et pas trop, je pense, cet éditorialiste des Dernières Nouvelles d’Alsace, je crois, dont je n’ai pas retenu le nom, et qui cosigne avec son épouse un ouvrage, fort polémique nous assure-t-on, sur les dysfonctionnements de l’école primaire. Interrogé, toujours sur France Info (j’ai pris aujourd’hui ma dose de radiophonie casse-pieds pour quelques semaines), il ne parle que de toilettes malpropres, de petits détails qui ont certes leur importance et peuvent gâcher quelque peu la vie des élèves, mais enfin, moi qui m’imaginais (naïvement) qu’il allait enfin se trouver un représentant médiatique des surpuissants « parents d’élèves » pour déplorer la faible transmission des savoirs, la surenchère dans la pédagogie différenciée la plus inepte, la profusion d’activités sans doute attrayantes (poterie, journal d’école, venue de conteurs et autres charlatans musicaux, sorties incessantes) mais qui n’ont lieu qu’au détriment de l’apprentissage de savoirs, et surtout, au détriment de l’habitude d’horaires de travail fixes, eh bien, je m’imaginais cela et j’ai dû me fourrer le doigt dans l’œil… Enfin, je n’ai pas retenu le nom de ce monsieur, ni le titre de son ouvrage, mais je vais vérifier mes sources, d’autant plus qu’il a pu être entraîné sur une voie de garage par son interlocuteur et qu’ils parlent donc peut-être tout de même, son épouse et lui, du grand charcutage auquel on se livre depuis deux ou trois décennies sur l’école publique.

Des moyens pour des projets insensés, ça, il y en a : le cartable électronique par exemple (un portable offert à chaque élève de 3ème dans le cadre de sa scolarité, expérience-pilote tentée par Henri Emmanuelli dans les Landes il y a quelques années et démagogiquement reprise en chœur par tant d’édiles parce que ça plaît aux électeurs, aux parents, ou peut-être même parce que ces élus qui vantent cette idée idiote y croient vraiment (et c’est ce que je souhaite vivement, car j’ai lu que M. Romero, que j’admire, la reprenait à son compte)). Je lisais récemment, sur un blog au demeurant très intéressant, que l’école publique était décrochée des réalités sociales, ou quelque chose d’approchant : eh bien, je n’en suis pas si sûr, et je le déplore. Plus on cherche à faire correspondre le contenu des formations à la réalité sociale, plus on évacue les savoirs et plus on renforce cette satanée « fracture sociale » dont notre bien-aimé Président avait fait son petit slogan avant d’oublier même le sens de l’expression, si tant est qu’il l’ait jamais connu…

Bon, j’arrête là mes salades… ou de vider mon panier…

lundi, 29 août 2005

Esprit, es-tu là ?

Hier soir, dans la courette sise entre la rue et notre maison, A., mon fils, jouait.

Confortablement installé dans un fauteuil de jardin, je feuilletais – quoi ? un numéro récent de la revue Esprit. Puis j’entrepris de lire le premier article, par un certain Jacques Dewitte, et consacré à la question du mal dans le dernier livre publié par Coetzee, Elizabeth Costello. Le sujet m’intéresse à plusieurs titres: la littérature africaine est mon domaine d’étude principal, et j’ai, à ce titre, publié plusieurs articles sur certains écrivains sud-africains, Breyten Breytenbach notamment; j’ai lu la plupart des grands romans de Coetzee, pour qui j’ai une admiration modérée et dont j’essaie toujours de comprendre pourquoi, aux yeux de la quasi totalité de mes collègues, c’est un tel géant des lettres; j’ai lu Elizabeth Costello, dès sa sortie, et donc juste avant l’attribution du Prix Nobel de Littérature 2003 à Coetzee, et c’est un livre qui m’a fasciné et tourmenté nettement plus que les autres textes de cet auteur, à tel point que, sous le coup encore de cette lecture, je fus presque convaincu, début octobre, que Coetzee n’avait pas volé son Prix Nobel (alors qu’il s’agit en partie d’une usurpation ou d’un malentendu).

Ultime raison de m’intéresser à cet article, j’avais vu, en parcourant la revue, qu’il était essentiellement consacré à la sixième "conférence" de l’écrivain imaginaire éponyme. Or, à l’automne 2003, ce texte-là avait d’autant plus d’intérêt pour moi qu’il y était longuement question de Paul West, que j’avais découvert depuis plusieurs mois, que je lisais assidûment, et que je finis par rencontrer en octobre 2003, à l’occasion du colloque qui lui était consacré à l’Université François-Rabelais (colloque organisé par ma brillante collègue américaniste Anne-Laure Tissut). De quoi titiller particulièrement ma curiosité, donc.

Pour résumer le propos de cette sixième partie du livre de Coetzee, Elizabeth Costello, écrivain entièrement fictif sorti de l’imagination de Coetzee et personnage principal du livre, s’apprête à donner, au cours d’un colloque, une conférence plénière sur la relation entre le Mal et l’esthétique. Sa conférence repose entièrement sur une lecture qu’elle vient de faire, et qui l’a hantée et tourmentée: il s’agit d’un roman de Paul West intitulé The Very Rich Hours of Count von Stauffenberg dont le sujet est le nazisme, et le personnage éponyme un tortionnaire nazi. Elizabeth Costello décide de dénoncer l’écrivain qui, en représentant le Mal, y participe et aggrave encore les crimes des nazis. Point de vue moral et esthétique qu’elle éclaire longuement, dont il est difficile de dire à quel degré Coetzee lui-même, l’auteur, le partage. Bref, si cette question vous intéresse (et elle mérite votre intérêt, ainsi que le livre de Coetzee dans son entier), le mieux est de se reporter au texte (en anglais, ou en français, comme M. Dewitte, qui, semble-t-il, n’a pas travaillé à partir de l’original).

Voici maintenant où je voulais en venir. Je lus donc l’article de M. Jacques Dewitte, qui me sembla enfoncer quelques portes ouvertes, décrire plutôt qu’analyser, autant dire qu’il n’apportait rien de neuf, aucun éclairage particulièrement saisissant, mais que, faisant le tour de la question, il s’agissait d’un article plus érudit qu’incisif, bref, un article de critique honnête. J’insiste sur cet adjectif (honnête), car je ne m’attendais en rien au coup de théâtre qui m’a cueilli à froid, à l’avant-dernière page de ce texte qui en compte vingt-et-une. Figurez-vous qu’après avoir consacré toute sa recherche au discours critique d’Elisabeth Costello (écrivain fictif et héroïne de Coetzee) sur un roman de Paul West, écrivain américain connu, reconnu, prolifique, traduit en français… eh bien, M. Dewitte écrit ceci :

"Il peut se produire chez celui qui lit une décharge d’énergie irréductible à une simple "représentation". C’est ce dont a fait l’expérience Elizabeth Costello, personnage imaginaire de J.M. Coetzee, en lisant le livre imaginaire de Paul West, autre romancier imaginé par Coetzee : un choc bien réel, une rencontre effective avec le Mal qui n’est pas seulement décrit, représenté, mais transmis par ce canal comme un courant électrique..." (J. Dewitte. "La dupe de Satan. Une réflexion de J.M. Coetzee sur le Mal". In Esprit, juin 2004, n°6, pp.24-5, gras ajouté)

Insensé ! Pour le coup, le choc bien réel, c’est moi qui l’ai subi de plein fouet. Ainsi donc, ce chercheur n’a pas cherché plus loin que le bout de son nez, et, par l’omission de ce qui devait lui sembler un simple détail, fait s’effondrer tout son échafaudage tel un château de cartes balayé par une porte claquée! C’est du joli, comme on dit familièrement. Paul West appréciera de devenir seulement un personnage de Coetzee. Je crois savoir, déjà, qu’il n’a pas tellement apprécié le point de vue avancé au sujet de son roman, ni le portrait peu flatteur que le texte brosse de sa personne (car West, et c’est là l’une des astuces de la sixième "conférence", est présent lors du colloque).

Comment, mais comment un critique peut-il s’atteler à un sujet dont il ne connaît pas le premier mot! Toute la subtilité du texte de Coetzee vient justement du fait qu’il mêle la lecture d’un écrivain célèbre fictif et d’un roman qui existe réellement. Si on ne voit pas cela (par défaut d’érudition, de curiosité intellectuelle ou peut-être d’intelligence), on ne comprend rien à l’argumentaire équivoque de Coetzee, qui attribue justement le discours éthique sur la réalité de l’effet d’une œuvre d’art à un personnage, et non à une personne réelle; la double pirouette réside dans l’objet de la critique costellienne, le roman de Paul West, qui existe, et dont le lecteur réel peut prendre connaissance afin de mieux comprendre la distance possible entre ce que dit Elizabeth Costello (ce que Coetzee lui fait dire) et le point de vue de Coetzee, lui-même créateur.

Dans la courette de gravier, j’eus le souffle coupé. Il va de soi que ma désapprobation n’épargne pas la rédaction de la revue Esprit, que je tiens pourtant en haute estime mais qui, semble-t-il, ne procède pas toujours à toutes les vérifications. A tout moment, dans une telle situation, l’affaire Sokal peut se reproduire… Errare humanum est, certes, mais les humanités sont tombées assez bas, quand même.

samedi, 27 août 2005

Anonymat, pseudonymat

Vendredi, pendant la sieste d’A.

Je ne peux manquer de m’interroger en apprenant que deux des livres politiques qui vont marquer la rentrée sont écrits sous couvert d’anonymat et contre des figures politiques de droite (l’un contre Nicolas Sarkozy, l’autre contre Dominique de Villepin).

Que faut-il penser de ce lien? Les ennemis (rhétoriques) de Sarkozy et Villepin, respectivement, sont-ils nécessairement de gauche? S’ils sont de gauche, que doit-on penser d’adversaires politiques institutionnels qui n’avouent pas leur nom? Lâcheté ou peur de réelles représailles? Vivons-nous encore dans un pays où règne la liberté d’expression?

S’il s’agit d’une guerre au sein de l’U.M.P. (ou, plus généralement, à droite), c’est plus subtil encore, ou plus perfide. Gageons que le Landerneau parisien n’a pas fini de se perdre en conjectures ni de faire ses choux gras de ce pseudo-anonymat. Quoi qu’il en soit, et à moins d’imaginer que l’auteur d’un texte polémique contre un homme de pouvoir coure un réel danger, je suis choqué de cette manie du pseudonyme, de la dissimulation, du larvatus prodeo généralisé.

vendredi, 26 août 2005

Molto piano

"Piano Man", dont on nous a rebattu les oreilles, est une figure suffisamment énigmatique et dérisoire pour inspirer prochainement écrits plus ou moins distancés (comme L'Adversaire de Carrère pour l'affaire Romand) et téléfilms ineptes (attention aux redondances).

dimanche, 21 août 2005

Cheeky Japon

Un rondel féroce et surtout absurde, du 4 avril dernier...

Connaissez-vous Cheeky Japon,
Son gras joufflu bibendumesque,
Sa rousseur en tout barnumesque
Et monstrueusement burlesque?
---- Connaissez-vous Cheeky Japon?


Il en apprendrait aux Lapons
Sur la sueur intra-fourrure;
Et, de sa rouquine carrure,
Sur la puanteur des froidures,
Il en apprendrait aux Lapons!


Franchement, il a le pompon
Avec sa dégoûtante aisselle,
Ses flûtes à l'eau de vaisselle
Et son klaxon comme crécelle.
---- Franchement, il a le pompon!


Les 2 et 3 avril, nul trésor dans Outlook...

mercredi, 17 août 2005

Silence & emphase

Mon silence de ces deux derniers jours est lié à la panne informatique (qui s'avère être, apparemment, la mort de ma batterie bien-aimée, après trois ans de bons et loyaux services (une neuve est commandée auprès de Lespiauc Informatique, à HAgetmau), ce qui fait que je peux de nouveau, depuis ce matin, travailler, ayant enlevé la batterie et reliant directement l'appareil au secteur) et aux déplacements, avant-hier dans le Gers et hier à Saint-Pierre-du-Mont, chez mes grands-parents maternels, avant de rallier la "patrie douce et chère" de C.

Des dizaines de notes à écrire, sur des sujets qui me tiennent à coeur, et il a fallu, ce matin, que je réagisse à chaud au commentaire de Sylvain Cottin, qui (si c'est lui, toujours (je me méfie des plaisantins depuis les driouteries de juillet)) a pris la mouche sur mon piteux calembour à reconstruire, ne s'apercevant pas que ce n'est pas habituellement le genre de la maison et qu'il y avait donc un effet-miroir de sa propre médiocrité imbécile (de sorte que Roucas, oui, d'un certain point de vue, c'est surtout l'auteur de l'infâme article sur les curistes pendant les fêtes de Dax), mais qui ne se défend nullement des accusations de gérontophobie. S'il existe bel et bien un "péril jeune", c'est celui qui consiste à voir des vieux partout, et surtout à les mépriser. Pourtant, bien des grandeurs du monde sont venues d'hommes et de femmes qui avaient une certaine expérience de la vie.

Autre point que Cottin ne relève pas, sa totale mauvaise foi et sa célébration implicite des festayres, qui se rendent pourtant coupables, chaque année, d'abus et de méfaits. J'attends votre réponse, Monsieur...

La nullité est contagieuse

Sylvain Cottin (si c'est bien lui l'auteur du commentaire ci-joint) a raison: la nullité est contagieuse, et la seule lecture de son article a suffi à tenter le démon calembouresque et scatologique qui dormait en moi. Ne vous inquiétez pas. Ce malin génie s'est promptement rendormi, et M. Cottin (que j'aurais pu comparer à l'abbé du même nom, cible de Molière (mais je craignais que Sylvain ne comprenne pas, car Molière ça fait pas djeunns)) peut poursuivre l'écriture de ses torchons.

Je signale par ailleurs que j'ai transmis l'article criminel et incriminé à un médecin d'une région éloignée, qui recommande souvent des cures à Dax et qui va savoir, avec d'autres parmi ses collègues, ce que les Dacquois "locaux" pensent vraiment des curistes. Dax bientôt sixième ville thermale de France grâce à Sylvain Cottin? Il faudrait peut-être prévenir M. le Maire...

jeudi, 04 août 2005

4 août

Abolition des privilèges. Et 216 ans après? On nous annonce comme un triomphe national le retour de Zidane en équipe de France...

jeudi, 21 juillet 2005

Pollution à Pittsburgh

Cela dans le pays qui obstinément refuse de ratifier le protocole de Kyoto.

vendredi, 15 juillet 2005

Wannaddoo

"Wanadoo merde", se plaignait mon père en des termes choisis il y a trois jours. Eh bien, il est vrai que les connexions dans les Landes ne sont pas idéales, loin de là. Mon modem se déconnecte au bout de vingt minutes, puis refuse de numéroter. Il faut arrêter l'ordinateur en ayant débranché la fiche de connexion, puis le redémarrer et rebrancher la fiche téléphonique une fois que le bureau est visible. Voilà la parade. Cela ne m'arrive jamais à Tours, et m'est déjà arrivé par ici. Alors, qui faut-il accuser? les lignes landaises? Wanadoo, plus spécifiquement? Ou même imaginer qu'il s'agit d'une stratégie pour contraindre ceux qui ne l'ont pas à se soumettre à l'ADSL?