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mercredi, 31 mai 2017

Par les gouffres

Ayant terminé récemment le dernier roman paru (et qui est, si j'en crois mes souvenirs, le dernier au sens fort (vu que l'écrivain a annoncé, il y a un ou deux ans, prendre sa retraite)) de Lobo Antunes, Pour celle qui est assise dans le noir à m'attendre, j'ai acheté hier un de ses romans « de jeunesse », Connaissance de l'enfer. En effet, lorsqu'on a appris que Lobo Antunes mettait fin, en quelque sorte, à sa carrière, il y a un ou deux ans, j'avais pris la décision d'en profiter pour lire les premiers, que je n'ai jamais lus. J'avais alors lu Le cul de Judas, absolument magnifique.

Le tout premier, Mémoire d'éléphant, n'était pas à la librairie, raison un peu idiote pour ne pas (re)commencer par celui-là : entre la B.U. et les commandes, rien d'impossible.

Je m'aperçois, très entre autres, que l'article de la WP francophone consacré à Lobo Antunes est fragmentaire et même fautif : N'entre pas si vite dans cette nuit noire est classé à la rubrique Poésie, ce qui n'a pas plus de sens que pour ses dix ou douze derniers romans. C'est, comme ses dix ou douze derniers romans, une fiction en prose constituée de paragraphes suivis non ponctués et organisés en chapitres-phrases d'une vingtaine de pages en moyenne. Il est vrai que je crois me rappeler que c'est celui-ci que Lobo Antunes a sous-titré « Poème », mais cela ne permet pas de le séparer des autres dans une rubrique Poésie.

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Hier, nous avons fêté nos noces de coquelicot, et, dans dix-huit jours, ce seront les noces d'argent.

mercredi, 08 février 2017

Le vétilleux exemplaire de McSorley.

Ce matin, Laurent Évrard m'apprend qu'il va organiser dans quelque temps une rencontre autour de Joseph Mitchell, écrivain américain des années 30 à 60 qui n'était pour moi, qu'à peine un nom. L'occasion en est la publication de la traduction (doublement posthume) de Bernard Hoepffner aux éditions Diaphanes (Le merveilleux saloon de McSorley), mais aussi de Street life aux éditions 33 morceaux (traduction F. Tizon).

Une rapide recherche afin de tenter de me procurer McSorley's Wonderful Saloon me révèle que

1. Le livre est disponible en français, en allemand et en néerlandais, mais il est épuisé en anglais (au prix de 53,71 € pour l'exemplaire  d'occasion le plus abordable ).

2. L'édition de langue anglaise ne se trouve, d'après le SUDOC, dans aucune des bibliothèques universitaires et de recherche de France.  (À l'exception de quelques livres obscurs d'auteurs africains que j'affectionne, je n'avais jamais vu ça.) Donc pas possible de la faire venir au moyen du prêt entre bibliothèques.

mercredi, 11 janvier 2017

Nul doute

Le tintement de la ceinture

Contre l'enrouleur à papier hygiénique,

On eût dit, sans boursouflure,

Quelque air électronique

De Pierre Henry ou de Sciarrino,

Ou peut-être Boulez... Qui sait... Luigi Nono ?

 

Nul doute, aucune échappatoire :

J'étais bien dans les gogues du Conservatoire !

lundi, 02 janvier 2017

On coupe

Zestes photographiques. — La rubrique date, pas tout à fait des débuts de ce blog, mais presque. Elle a accueilli une dizaine de billets, tout de même *, en 2016. Celui que je retiendrais afin de le mettre à l'honneur date du 10 janvier 2016. L'image n'y est jamais expliquée ; j'aime bien faire cela.

Si mes souvenirs sont bons, la première rubrique à avoir accueilli des photographies fut Brille de mille yeux, mais sur l'autre blog, donc à partir de février 2006. Je crois, en écrivant cela, que ma mémoire embrouille tout. Je ne suis plus sûr de rien.

 

Ce n'est pas une citation de Diderot.

 En revanche, l'image que je choisis ici date du 9 décembre dernier. De retour du théâtre, en attendant le tramway, j'ai photographié une des nombreuses palissades du chantier de la place Anatole-France, qui ont été peintes et graffitées lors du mouvement contre la Loi Travail.

 

* De nombreuses rubriques sont en friche depuis bien longtemps, on le verra, à l'usure à l'usage.

mercredi, 21 décembre 2016

Huitain retrouvé

dites-moi

ces grands réverbères

ces illuminations

les voit-on mieux les yeux fermés

 

ou s'imagine-t-on

la venue d'autres étoiles

parmi les myriades de mélancolies

murmurées

27.11.2013.

jeudi, 15 décembre 2016

Diffraction

J'ai aperçu — au passage zébré de l'I.U.T. — un piéton qui était le sosie d'Olivier Gourmet, mais en jeune et efflanqué.

Olivier Gourmet efflanqué, quel peut être son nom ?

Olivier Vegan, peut-être ?

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Peu avant, rue Colbert, j'avais assisté au spectacle d'enfants de dix ou onze ans s'amusant à faire les fous après l'école, et dont l'un d'eux lança à un autre, sur le mode de la blague, « Eh, bléda ! ». L'autre venait de faire mine de lui piquer un bonbon. Donc voleur = bléda. Tout s'arrange, dans ce pays.

mercredi, 14 décembre 2016

4040

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de ma sœur.

On ne se voit pas très souvent, on s'écrit beaucoup moins qu'à une certaine époque, aussi parce qu'on se suit sur Facebook (est-ce un maintien illusoire du fil ? question complexe).

Bien qu'elle soit née, elle, en Gironde, nous avons vécu ensemble toutes mes premières années, jusqu'à son départ pour Paris en 1988.

Quatorze années dans les Landes.

Et elle, donc, ma sœur aînée, quarante-six ans aujourd'hui.

samedi, 10 décembre 2016

« Quelqu'un a perdu son charme »

Ce matin, après avoir passé l'aspirateur, j'ai dû reprendre Oméga qui, en se faufilant sous l'immense épicéa — on se souviendra longtemps de l'année où j'ai envoyé un SMS « Le sapin est trop petit » et où mon épouse n'a saisi l'antiphrase qu'en débarquant à la maison — a fait tomber des brassées d'aiguilles, ce deux heures à peine avant son frère aîné, qui, dansant pour nous faire rire entre deux plis à la belote (oui, nous avons des débuts d'après-midi très traditionnels !), en a aussi fait tomber. 

 

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Avec ça, et le reste, je n'ai pas commencé à corriger de copies, mais je visionne Coiffeuses, le film que François Bon a fait avec le réalisateur Fabrice Cazeneuve et qu'il vient de mettre en ligne. Ça aussi, notre dialogue, nos polylogues sur la Toile, même par la vidéo : ce matin, j'ai fait ma cinquante-neuvième vidéo de traduction, avec une qualité inférieure, des hésitations à la pelle. En regardant une des séquences dans lesquelles une des apprenties lit le texte qu'elle a écrit pour l'atelier de François, je suis frappé par cette phrase : « Quelqu’un a perdu son charme mais a toujours son charme quelque part. » — Frappé, car je trouve ça très fort, très durassien. Je vérifie le texte, que je n'ai aucun mal à retrouver sur le site de François, et il s'avère que l'antithèse repose, non sur une répétition mais sur une paronomase que je trouve, pour le coup, plus faible : quelqu’un a perdu son charme mais a toujours son arme quelque part.

Les rayons percent, filtrent, et les aiguilles peuvent tomber. Ça fait des semaines que je bloque sur deux sonnets à écrire, et quelques chapitres à relire. J'aimerais m'en moquer.

 

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C'est vers cette même époque, fin 2006 puis 2007, qu'on a un peu travaillé ensemble, avec François Bon.

Sur des erreurs de perception repose beaucoup, pour moi, le charme de la poésie. On a perdu ce charme en fixant trop à l'écrit. Le passage par la piste audio — ici, par le visionnage — restitue un charme ambivalent. Dans l'image, retenir par exemple ce plan où, tandis que la jeune fille parle du renoncement à sa vulgarité, on voit le couple de dos, main dans la main, marcher le long des panneaux électoraux, avant le rodéo du scooter tout seul devant des portails de garages.

Faut-il aussi me moquer de tout ce que je laisse en plan (ici) ?

 

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Aiguilles d'épicéa qui tombent : mes cheveux ras qui tombent dans la bassine quand je me tonds la tronche, deux fois par moi, ou les mèches blanches dans cet autre film de François que j'ai découvert ce matin (on partait pour l'Angleterre).

 

mercredi, 07 décembre 2016

Choses qui font mourir de rire mon fils cadet dans la voiture que nous prête une amie

  • Le bruit du moteur en première.

 

  • Le hochet rose Hello Kitty.

 

  • Le jeton de caddie qui fait un barouf d'enfer à chaque virage.

 

  • Le klaxon qui sonne par inadvertance quand on baisse le siège du conducteur pour faire entrer le camarade que l'on prend le matin chez lui.

 

  • Papa a bien du mal à enclencher la marche arrière. Que c'est cocasse.

 

  • Un pruneau fendillé au marché d'Akutanagawa.

samedi, 01 octobre 2016

Horizontalement

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Le rideau de fer

De Radio Campus,

D'un vert

Plus forêt

Plus métallisé

Que celui que j'avais

Choisi pour ces carnets,

Je m'y reflète

Exprès

Que ma silhouette

Y soit d'un seul trait.

mercredi, 21 septembre 2016

Mercredi à l'aube, bords de Loire.

Il y a deux ans, j'avais commencé de tenter de circonscrire, à bâtons rompus, un chronotope : le lundi de cinq à sept, dans le quartier de la cathédrale (où se trouve le Conservatoire).

IMG_20160921_073055.jpgCe matin, avant de publier la photo du jour sur le nouvel autre blog, j'ai pris en photo l'amphithéâtre où je vais faire cours, de huit à neuf, mais pendant quatre semaines seulement.

Récurrence modérée.

Il s'agit, pour quatre mercredis donc — celui-ci étant le deuxième — du cours magistral sur Tail of the Blue Bird de Nii Ayikwei Parkes.

dimanche, 18 septembre 2016

Chat(te?) égaré(e?) dans le quartier de la Petite Arche

Depuis hier, une petite chatte très miaulante (et assez portée sur l'intrusion) tourne autour de chez nous. Si elle est encore là mardi, nous l'apporterons chez notre vétérinaire afin de vérifier s'il n'y a pas de puce, mais, dans l'intervalle, si jamais quelqu'un la reconnaît...

 

Petite chatte perdue, depuis le 17 septembre dans l'après-midi — quartier de la Petite Arche, Tours-Nord.

 

Petite chatte perdue, depuis le 17 septembre dans l'après-midi — quartier de la Petite Arche, Tours-Nord.

mercredi, 29 juin 2016

Ne partons pas fichés

Cinq heures de sommeil, c'est eut-être ma norme, ou ce serait ma norme si je vivais seul — allez savoir.

Hier soir, j'ai essayé – déjà couché – d'écrire un nouveau sonnet en émoticônes, mais certains des symboles refusant de s'afficher dans gmail, la connexion wifi s'interrompant à intervalles aussi réguliers qu'exaspérants, j'en suis quitte pour une ébauche de rien du tout.

Dimanche soir, mon fils aîné m'a traîné à Saint-Avertin, écouter les Innocents et surtout Raphaël (dont il a tous les disques). Plusieurs personnes autour de nous ne connaissaient que “Caravane” et “Ne partons pas fâchés”, et avaient l'air très heureusement surprises du concert.

mercredi, 22 juin 2016

Sans filet

7 h 20

Du soleil dès  7h du matin, des piétons qui passent dans la rue sans écharpe un 22 juin, il me semble qu'il n'y a aucun doute : la veille du Brexit, la ville de Tours a dû voter pour quitter la région Centre.

 

11 h 50

Pour servir et contribuer à une histoire de la météorologie en France. En 2016, en Touraine, le printemps aura duré très exactement 4 heures, avec un pic de température à 26°, et avant une averse d'orage à midi. Le retour de l'automne est prévu pour l'après-midi.

dimanche, 19 juin 2016

Fata Morgana 1966/1976

Ce matin, j'ai écrit rapidement un billet pour évoquer le texte que Bonnefoy vient de donner aux éditions Fata Morgana, avec (et au sujet) des gravures d'Alechinsky.

Hasard (moitié de hasard, en fait), nous nous sommes promenés cette après-midi après le déjeuner rue Colbert, pour la foire aux livres, et j'y ai dégotté, entre autres, un petit livre de poche dont j'ignorais l'existence, un 10/18 anthologique paru en 1976 pour commémorer les dix ans d'existence des éditions Fata Morgana, et qui contient, entre autres, une non-préface géniale de Butor et – en épilogue – un entretien entre Bernard Noël et l'éditeur, Bruno Roy. L'anthologie s'intitule sobrement Fata Morgana 1966/1976.

Mon épouse a aussi déniché, pour sa mince et débutante collection d'ouvrages de conseils aux maîtresses de maison, La bonne maîtresse de maison de la comtesse de Lennery, exemplaire assez abîmé d'un ouvrage dont le vendeur lui a garanti qu'il était antérieur à la guerre de 14. Les recherches sur Google se sont avérées assez peu fructueuses (il faudra que je mette en marche des outils bibliographiques plus scrupuleux), que ce soit sur la date exacte du livre ou sur son auteur, mais j'ai ainsi découvert que mon collègue historien Robert Beck, dont je ne croise plus le chemin que très épisodiquement, était l'auteur d'une Histoire du dimanche de 1700 à nos jours dont le sujet est très intéressant, et qui recense, dans sa bibliographie, cet ouvrage de l'énigmatique (sans doute est-ce un pseudonyme) comtesse de Lennery.

J'ai aussi acheté le recueil d'essais de Henri Lopes, Ma grand-mère bantoue et mes ancêtres les Gaulois, paru en 2003 et dont j'ai le plaisir de voir qu'il a été réédité ; cet exemplaire date de 2009. J'y trouve le sujet de ma prochaine traduction vidéo, le texte autobiographique qui s'intitule “Métis”.

lundi, 13 juin 2016

Hilton

J'ai bien fait de photographier ce matin les graffitis inscrits sur la palissade devant le chantier du Hilton, car ce soir ils ont été effacés.

Mes photos ne sont probablement pas la seule archive de ces messages revendicatifs, mais je suis heureux d'en avoir conservé en partie la trace.

lundi, 09 mai 2016

09052016 / 1522

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Pas atteint à 15 h 22, après avoir garé la voiture, comme de coutume, pour quarante centimes, au bout de la rue Jules-Simon, et en portant la mallette du hautbois derrière Oméga gambadant avec son cartable d'école. Comme un lundi, comme de coutume, comme toujours à fleur de bitume.

Oasis.

Dire que j'ai composé (parlécrit) hier un texte dont le motif central est, au fond, celui des zébrures...

lundi, 25 avril 2016

Du grand banditisme

"Ce fut comme un séisme" Raté le moment où le podomètre indiquait 1177 pas, pour m'être arrêté, près de la statue du Monstre, discuter brièvement avec ma collègue S.G. Finalement, cette contrainte s'avère peut-être la plus difficile de toutes celles que j'ai inventées jusqu'ici, alors que ça n'avait l'air de rien : une capture d'écran, une photo prise au même moment, et une phrase d'illustration. Il faut “choper” le moment précis, et cela est très délicat.

dimanche, 24 avril 2016

Hâtes de Hasenclever

Dubillard.jpgCe dimanche, la promenade — par un temps très frais, pas du tout aprilien (à moins de décider, une fois pour toutes, qu'avril est le mois le plus cruel) — aux jardins des Prébendes, pour le marché des bouquinistes, a donné sa moisson, restreinte mais curieuse :

  • un livre de Roland Dubillard en collaboration avec Philippe de Cherisey (acheté pour Dubillard, et pour sa quatrième de couverture)
  • un roman de Pirandello, Feu Mathias Pascal (je ne savais même pas qu'il avait écrit des romans, c'est vous dire mon inculture)
  • une mince plaquette de vers allemands, qui m'a intriguée, dans un bac dépenaillé de bouquins abîmés à 1 euro pièce, Der Jüngling de Walter Hasenclever, éditée à Leipzig en 1913

IMG_20160424_220316.jpgCe dernier volume s'avère sans doute le plus marquant, non seulement car trouver ce genre de rareté pour un euro à Tours n'est pas chose courante, mais surtout parce que, si j'ai choisi de l'acheter en partie pour montrer à mon fils aîné la graphie gothique et aussi en dépit du caractère plutôt académique — à ce qu'il m'avait semblé — des poèmes, j'apprends en fin de compte que son auteur est un poète et dramaturge certes du second rayon mais tout de même compté parmi les figures de l'expressionnisme allemand.

Né en 1890, il a connu un itinéraire assez proche de celui d'Apollinaire au début de la Première Guerre mondiale, avant d'enchaîner plusieurs pièces théâtres (dont une adaptation en 5 actes du Gobseck de Balzac !). Considéré comme “dégénéré” par les nazis, il fuit l'Allemagne en 1934 après avoir vu ses livres arrachés aux bibliothèques et brûlés publiquement (comme tant d'autres). Réfugié en France, du côté de Nice, il finit par se suicider en juin 1940, après la victoire de l'Allemagne sur l'armée française et l'annonce de la capitulation française.

À première vue, je l'ai dit, les poèmes brefs de la plaquette achetée aujourd'hui n'ont rien de très révolutionnaire... rien qui rappelle Trakl ou Heym, par exemple. Toutefois, il y a d'étranges poèmes de treize vers, de forme non fixe mais presque systématiquement dérivés de la forme sonnet. J'essaierai peut-être d'en traduire un ou deux, et, à coup sûr, d'écrire des sonnets-Jüngling (comme j'ai publié, ces derniers jours, trois sonnets-grands-lièvres*) : faut-il cependant les nommer sonnets ou treizains ?

Le nom de Hasenclever, aussi, est plutôt singulier, ou me semble tel. En tout cas, il pourrait donner lieu à un onzain de la série des Zézaiements.

Je me sens plutôt déprimé, en friche, ces temps-ci... On peut se raccrocher à peu, hein...

 

 

* Pas le temps d'expliquer ce qu'est la forme du sonnet-grand-lièvre. Voici en tout cas la liste des trois publiés à ce jour (seuls les deux derniers sont techniquement de véritables “grands lièvres”) :

  1. Qu'est-ce que ça veut dire 1
  2. Ta/Fou
  3. VCV

 

lundi, 18 avril 2016

18042016 / 1727

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Pas atteint à 17 h 27, pile en arrivant à l'arrêt de bus, rue Mirabeau — et en levant les yeux, que voit-on ? Vue plongeante sur bagnole, platane pollué, façade bouffée par la grisaille et pourtant dite bourgeoise.

mardi, 12 avril 2016

Phallacieux podomètre

(J'hésite à écrire et publier ce qui suit — mais enfin, si le ridicule tuait, la moitié au moins des chroniques de ce blog et les trois-quarts de mes cours m'auraient déjà valu un foudroiement en bonne et due forme, donc autant ne pas s'arrêter en si bon chemin.)

Je signalais hier que je m'étais lancé dans un nouveau chantier d'écriture, les Élugubrations, série de textes parlécrits, c'est-à-dire dictés en marchant au smartphone (parlés en vue de les publier sous forme écrite). Comme je compte trouver un moyen de relier ces textes aux trajets qui les ont, non pas inspirés, mais encadrés, pour ainsi dire, j'ai également recours, depuis avant-hier, à un podomètre, dont j'ai voulu vérifier l'exactitude ce matin en allant acheter pains aux raisins, tresses chocolatées et palmiers à la boulangerie.

À l'aller, le smartphone était dans la poche de mon blouson, et il a calculé un trajet de 830 mètres. Au retour, j'ai dicté quelques paragraphes, sur une grosse moitié du chemin, et il en a conclu que l'itinéraire était de 1070 mètres. Or, il s'agit du même trajet, au pas près. J'en conclus que, selon que je laisse le smartphone au repos dans la poche du blouson ou que je l'agite plus ou moins en dictant un texte, l'application Pedometer ajoute ou retranche des pas. Après vérification dans Google Maps (et à supposer que ce site-là ne se trompe pas lui aussi), l'itinéraire fait 950 mètres... soit une distance exactement intermédiaire entre les deux calculées par l'application Pedometer !

Reste, le désir d'exactitude étant définitivement enterré, à régler la vraie question qui se pose à moi : comment faire aussi du podomètre un outil d'écriture ?

lundi, 11 avril 2016

◘ BUS ◙

Levé très (trop) tôt, encore, ce matin, j'ai eu beau éviter l'écran, j'ai eu rapidement les yeux explosés. Entre six et neuf, j'ai donc lu, pris quelques notes, et fait quelques repérages pour mes prochaines traductions sans filet.

Après avoir un peu travaillé — pour mes cours de littérature de L1 — je suis allé faire un tour à pied, bientôt agrémenté d'un crachin printanier tout à fait caractéristique, sous la grisaille. De cette promenade (d'une heure et presque sept kilomètres), j'ai ramené — outre un nouveau projet d'écriture (ou, devrais-je dire, de parlécriture) dont la publication sera bientôt amorcée dans l'autre blog (a priori sous le titre Élugubrations) — quelques images, la plupart dans la rétine, mais quelques-unes confiées au smartphone, dont celle-ci,  2016-04-11_11-09-01  tout près du Centre de Formation des Apprentis, lequel est une sorte de chantier en pagaille. Toute promenade dans les rues d'une ville, et singulièrement ici des quartiers nord d'une ville de taille moyenne, est l'occasion de voir, en à peine une heure, des centaines de signes, qu'il s'agisse de déchets, de détritus, d'inscriptions sibyllines, de traces, de couleurs, de palimpsestes.

mercredi, 23 mars 2016

Ce qui m'advient, en 19 tweets.

Le tuba est buté ce midi. [13:24]

Aucun son ne sort de mon oreille ; j'en conclus que ce n'est pas un instrument. Peut-être que je me trompe.

L'altiste sort de la salle De Falla en sifflotant le thème des X-Files.

Le fond de l'air est frais lahiho lahiho

Tous les bancs inoccupés sont pas-au-soleil. Les jardins de l'archevêché me désespèrent.

Ah si, un banc au soleil. Perdu entre des hordes adolescentes appouriquées ou agglutinées.

Au soleil l'écran est quasi invisible. Bonne raison pour admirer le cèdre de Napoléon et prendre un livre.

Des jardiniers taillent les topiaires. J'aurai lu quatre pages à peine du recueil retrouvé de Bruce Beaver. "The Poems".

Le vent tourne les pages du papier bible. Je lis Bergounioux.

Cette grande fille blonde qui s'avance vers la cathédrale peu vêtue et nombril dénudé est américaine.

Qu'allais-je faire aussi au magasin de musique ?

Devant la vitrine de la géniale boutique d'art africain, il y a moins de risques.

Verhaeren et Calvino chez le bouquiniste.

Il est grand temps que je retrouve mon banc au soleil loin des marteaux-piqueurs.

Avec le logiciel de dictée c'est facile de twitter.

Finalement je vais m'installer en face de Michel Colombe. Mon banc du lundi après-midi de l'an dernier est libre et ensoleillé. [14:39]

J'enregistre des vidéos dans la voiture, car il a beau faire beau, je n'ose pas me filmer en public et à l'extérieur.

Pas fait exprès, mais je crois que l'arbre que j'ai cadré dans ma vidéo est un pommier du Japon. Or je traduisais Ryoko Sekiguchi.

Je n'en reviens pas que le logiciel de dictée de l'Android reconnaisse Sekiguchi. [15:38]

vendredi, 26 février 2016

Déontologie

Conférence de rédaction à la NR

 

— Bon, y a le clash Aubry/Valls, faut titrer là-dessus.

— J'ai une super idée pour un titre original. Il doit traîner des photos de Valls ou Hollande sur un chantier. On pourrait parler de "démolition".

— Ah ouais, bien... Entreprise de démolition, tiens. Dis, toi, là, au lieu de glandouiller sur Twitter, cherche une photo de Valls sur la base de photos de l'AFP.

— ...

— Sur un chantier.

— OK.

(quelques secondes plus tard)

— Y a celle-là.

— Bien, super, il a l'air bien sur ses ergots, en plus, bien.

— Euh, y a une meuf à côté, on sait pas qui c'est.

— C'est pas grave, on n'a qu'à mettre une allusion à Aubry dans la légende. Comme ça avec le casque les lecteurs croiront que c'est elle.

— Ouais, boss, c'est pas top quand même, question déontologie.

— Question quoi ?!

— C'est enseigné dans les écoles de journalisme.

— Les écoles de quoi ?

 

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mardi, 09 février 2016

Ruptures

Comme hier, à Paris, un vent à décorner les markhors m'a tiré du lit, à Tours, vent plus fort encore à 7 h 20 qu'il y a deux heures.

L'avantage des fins de nuit un peu précoces, c'est de pouvoir régler, par mail, des questions importantes avec les partenaires australiens, malais et coréens — et japonais — alors que, pour eux, c'est l'après-midi.

1 h 20, donc, à traiter les mails professionnels... Dire que je me levais en pensant avancer dans les textes personnels pour le blog anthracite...

vendredi, 22 janvier 2016

Bureau 38, 1

Encore quelques échanges asymétriques au ping-pong (asymétriques car pas de notule équivalente dans Pong-ping).

Suite au billet d'hier (Bibliothèque, 1), dans lequel l'une des questions posées portait sur le nom même de la pièce, je réponds d'ici, c'est-à-dire du bureau 38, où j'avais mes quartiers professionnels de 2002 à 2007, avant trois détours, pour y revenir — l'histoire serait trop longue et oiseuse.

En titre, j'ai écrit Bureau 38, 1, ce qui est mentir, puisqu'on trouverait dans ces carnets même de nombreux billets qui y furent écrits, voire qui en parlent (de la place des Joulins, de la vue sur la passerelle, des six magnolias, des étudiants ou collègues qui clopent ou discutent près de la fenêtre, des jambes que l'on voit descendre les degrés de la passerelle laide moulée dans son béton).

Autre lieu de travail : peu de livres, mais des piles et des piles de feuilles, de documents, de paquets de copies. On a beau faire régulièrement le ménage (grand nettoyage pour le chariot du papier à recycler), empilements & congères de paperasses.

Ce matin, bus & tramway : 18 minutes de Torricelli à Anatole-France (grâce à un tramway qui arrivait pile en même temps que moi à Coppée). 26 minutes de porte à porte (on pourrait dire de bureau à bureau).

Ce bureau à 38 à huit heures du matin, voire avant : chronotope surtout de l'année de turboprof (2002-2003, j'arrivais ici le mardi matin après ma nuit à l'hôtel Régina). Mais j'ai dû aussi y arriver très tôt, aussi le lundi et le mardi, l'année suivante, après long détour par la crèche.

(J'ai dû. Pourrais-je en être sûr ?)

 

dimanche, 10 janvier 2016

Cokaïne

IMG_20160110_135219.jpgJe viens de passer un noir week-end pluvieux à écluser des centaines et des centaines de copies de 1ère année. Outre la petite centaine qui restera à corriger (L3 principalement), je dois recevoir, lundi et jeudi, presque tous les étudiants australiens et coréens dont je supervise les études ici, avant de faire le guignol, comme chaque année, vendredi et même samedi matin, au Salon des Lycéens (qui ne s’appelle plus comme ça, dont le nom change tous les ans… de sorte que métonymiquement tout le monde finit par dire “à Rochepinard”, ce qui, avouez-le, est d’une classe absolue).

Il faut donc, tout de même, que je tente d’écrire un texte un peu plus élaboré, qui enfonce un coin dans le retard accumulé et permette de sortir du week-end la tête un peu rafraîchie — certes, il y eut Coggle, rugby, trois épisodes de Rome et diverses fariboles… mais les monceaux de TP à corriger resteront la note dominante, comme la houille de Hard Times.

mardi, 05 janvier 2016

La boucloucle va boucler

Un moment comme tant d'autres.

Ce matin, dans le tramway, je lis la très belle nouvelle de Christian Garcin, “Les muets” (dans La neige gelée ne permettait que de tout petits pas). J'ai décidé de découvrir Christian Garcin suite à une vidéo enthousiaste de François Bon. Presque simultanément, notre ami lillois — à qui nous avons rendu visite début mai — nous envoie ses vœux électroniques. Or, la nouvelle se passe à Lille, se nourrit de la ville.

Plus tard, je lis, sur Facebook, la belle chronique d'André Markowicz sur la neige tombée dans la nuit du 3 janvier à  Petersbourg. Comme cela me fait penser au célèbre “Souvenir de la nuit du 4”, je cherche, comme ça, au hasard, une traduction anglaise.

Après avoir trouvé une paraphrase d'une étonnante platitude, je trouve, sur Wikisource, une magnifique traduction. Elle est de Toru Dutt... Toru Dutt, je la connais, sous un autre versant, grâce au travail de Chandani Lokugé, autre écrivaine que j'ai pu côtoyer — comme André Markowicz et François Bon — lors de son séjour de travail à l'université de Tours.

 

mercredi, 16 décembre 2015

Carv-ER

Yeux explosés, connexion qui rame, épaule démise (non, je plaisante — une simple douleur idiote), il faudrait encore que je pondisse quelque notule...

(Ils sont nombreux, les billets qui ainsi commencèrent...)

Depuis un mois et demi, je m'y suis (re)tenu, au rythme de publication quotidien, parfois en recyclant ou développant un billet Facebook. Je pense que seul le 13 novembre a dû passer à la trappe, pas tout à fait pour les raisons que cette date pourrait évoquer, mais grosse journée de boulot puis magnifique concert de Steak à l'Olympia. ▓ Et, du coup, je n'ai pas raconté ce concert...

 

16 décembre 2008 : signature devant notaire de l'achat de notre actuelle maison.

(Époque à laquelle je m'étais presque retiré de la blogosphère.)

 

15 décembre 2015 : nouvelle forme poétique inventée, en 19 vers et 125 syllabes, schéma assez complexe et pas encore pris le temps de reprendre ici ou là le premier surgeon de cette forme nouvelle.

Aujourd'hui, entre autres, j'ai découvert que je ne savais absolument pas répondre à une des six questions de l'examen de Littérature donné par mes collègues qui assurent la partie Cours Magistral : ça en dit long sur la totale absence de coordination (et pourtant, je me démène, pour essayer de savoir). Ça en dit long, aussi, sans doute, sur le caractère vraiment nécessaire du contenu de cette question, si moi qui suis enseignant-chercheur en littérature, pas américaniste certes mais tout de même, suis infoutu de deviner ce qu'elle recèle...

 

Bientôt nouvelles lunettes (avec version solaire) pour Alpha, dernier cours de solfège / chant choral de l'année 2015 pour Oméga, quelques emplettes (cadeaux), un découvert vite épongé (sitôt découvert), poursuite du chantier de lectures (sept en simultané) et de correction (5 paquets, 2 à venir vendredi).

Au matin, dans un bel appartement de Saint-Cyr, nettoyage de 425 gobelets réutilisables par une fine équipe.

 

Yeux vraiment explosés. Croisons les doigts pour la connexion.

dimanche, 06 décembre 2015

Jour d'urne

Hier, j'ai écrit un quinzain.

Il y avait du soleil, et puis il s'est planqué.

Ce matin, grisaille — grisaille de ce qui nous attend, et pourtant il faut s'efforcer de créer toujours la joie, l'envie. Ainsi, lire cinq livres à la fois, c'est vivre.

Écouter les chorals de Bach par Marie-Claire Alain tout en se dépatouillant tant bien que mal d'une page de Tail of the Blue Bird pour son cours de L3, c'est vivre.

Avec un mal curieux à la pomme d'Adam (ça revient de temps à autre, depuis déjà un moment), se la massant, lire dès l'aube dans la maison muette les textes de Zochtchenko traduits par André Markowicz, c'est, rencogné dans un Régence, vivre.

Et puis il faut aller voter.

Mouais.

Hier, j'ai écrit. Aujourd'hui aussi. Et j'aurai bientôt voté.

dimanche, 22 novembre 2015

Table & salle d'eau

Retour à quelques banalités.

Ce matin, j'ai, pour la première fois depuis longtemps (il me semble ne jamais avoir fait cela depuis notre emménagement rue Mariotte, soit décembre 2008 (et l'odeur si particulière du fer humide sur la manche de chemise m'évoque notre appartement beauvaisien, soit les années 1997-99 !!)), fait le repassage, seule activité ménagère que je n'aime franchement pas et dont je réussis, depuis pas mal d'années, à me dispenser. Eh bien, je me suis aperçu que je n'étais pas plus incompétent qu'il y a si belle lurette, donc, un lustre et plus, et que je sais toujours repasser à peu près chemises, polos et pantalons.

Grand chambardement au bureau depuis deux semaines, pas fini d'ailleurs.

mercredi, 11 novembre 2015

Sarihs

J'ai donc 41 ans, ai passé une agréable journée (nuageuse et tiède) en famille – dont un déjeuner tout à fait honorable au Bistrot de la Tranchée – ai été gâté, ai reçu plusieurs coups de fil, ai passé trois heures à déménager des étagères et à réorganiser tous les rayonnages de littérature étrangère en traduction (presque 7 ans après l'emménagement ici, tout un programme), et poursuis donc le plan quotidien de reprise des publications, à quoi s'ajoute le nouveau texte, sur l'autre carnétoile. En revanche, je n'ai toujours pas mis au propre ma recension du Lit des ombres de Victor Kathémo, dont j'ai terminé la lecture dimanche à l'aube... et j'ai peur que, les jours passant, je ne perde le fil de ce que j'avais à en dire.

 

L'artiste qui marquera ce jour est George Shiras, dont j'ai découvert – via le livre préfacé par Jean-Christophe Bailly – l'existence, et le travail précurseur.

Sur l'exposition, lire ici. ▓▒░ Sur les pièges photographiques, plus particulièrement : .

 

vendredi, 06 novembre 2015

Vendredi, le jour

Vendredi, c’est le jour des valises. Couloirs et salles de cours où errent et marchent des étudiants au dos alourdi, ou dont le bras se prolonge d’une valise à roulettes. Mon voisin de tramway, ce matin, avait une de ces valises à roulettes, dont il était bien embarrassé, d’ailleurs, dans la cohue du matin – quel succès, ce tramway ! –, et lisait le tome II des Misérables en Folio. Peu après, il me devançait sur le chemin du site Tanneurs.

 

Vendredi, c’est le jour du quotidien gratuit. Rite vénéral, je prends, avant de me rendre à mon bureau, deux exemplaires de la NR sur le présentoir proche de l’amphi Thélème (l’Université n’a pas d’argent pour qu’on dispense des cours de langues à des groupes de moins de 50 étudiants, mais elle maintient l’abonnement à sept ou huit mille exemplaires de la NR du vendredi) et en pose un sur le bureau d’une collègue avant d’aller ouvrir le mien. Aujourd'hui, il est question, à la page 10, d'amphis bondés, et, à la page 11, de la ville de Tours qui veut réduire sa facture d'électricité. Que ne le fait-elle, déjà en supprimant les illuminations de Noël, ou en les restreignant à une dizaine de jours ? Que ne le fait-elle, en interdisant les panneaux publicitaires éclairés ou électriques ? Que ne le fait-elle, en ne faisant allumer (c'est techniquement possible) qu'un lampadaire sur deux ?

 

Vendredi, il pleuviote ; il règne une douceur extrême. — Même douceur, mais ensoleillée, un autre 6 novembre, lors de notre première visite en famille du château d’Azay-le-Rideau, il y a dix ans pile. Visite dont ces carnets, à leurs balbutiements, s’étaient fait l’écho, avec notamment tel propos rapporté d’Alpha, qui avait alors quatre ans.

 

Si je remonte encore, dans le temps, repensant à sacs & valises, je me retrouverai, moi, même pas majeur encore, ahanant le samedi matin, à Bordeaux, sous le poids d’un énorme et hideux sac jaune avec lequel, après les cours, j’allais directement prendre le train de 13 h 12 pour Dax, sans repasser par mon studio talençais. C’était samedi midi, et dimanche soir (19 h 40, attendre le dernier bus A direction Gradignan-Malartic place de la Victoire), le moment des valises.

vendredi, 09 octobre 2015

Un chat à l'œil jaune

IMG_20151009_133255.jpgSous le soleil encore tiède de ce midi d'octobre, revenant de mon petit tour à pied postprandial — lequel, coincé entre les rendez-vous & cours du matin et les cours de l'après-midi, réduit à sa plus simple expression le moment prandial proprement dit — vers la place des Joulins que j'aime tant, avec ses six beaux magnolias que je vois aussi de la fenêtre de mon bureau (38, je suis revenu au bureau 38, comme en 2002-2007) en écrivant ces lignes, rue de la Paix, m'a déboulé quasi entre les jambes un joli chat blanc fureteur, qui a tendu vers moi ses deux yeux, l'un tout bleu, l'un impeccablement jaune, yeux que, malgré mes tentatives et bien qu'il soit notamment venu se frotter à mes jambes de pantalon, je n'ai pu aucunement saisir avec cette saloperie sans nom mon merveilleux smartphone.

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jeudi, 14 mai 2015

Peu de vouloir, beaucoup de blandice

Grisaille.

Je lis Franck Venaille et Jean Rolin, tout en écoutant le disque en trio de Pandelis Karayorgis ▬▬ ensuite, j'écouterai sans doute x versions de “Brake's Sake”.

En face, les nouveaux voisins prennent possession des lieux.

Grisaille et vent, tennis sur le rond-point.

Velléité de tout, et jouissance vague de tout également.

 

samedi, 18 avril 2015

Promotion sur les dictionnaires

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vendredi, 27 mars 2015

On nettoie / la statue de François

J'ai sprinté pour le bus, et sprinté pour le tram — dix-huit minutes de porte à porte (enfin, sans compter les deux ou trois qu'il me faut pour rallier mon bureau depuis la place Anatole-France). Ce matin, pour un peu, les transports en commun auront failli être aussi rapides que la bagnole.

S'essouffler n'est pas mauvais. (Benjamin Péret ??)

En tout cas, au sortir du bureau de tabac, le député socialiste affichait, je crois, Le Figaro.

 

Depuis le pont Wilson, sous un soleil resplendissant qui suffit à mettre en verve, aperçu encore trois cormorans, dont un volait en direction du pont, du tramway, de mon livre.

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Entre la place et l'Université, me suis arrêté pour photographier Rabelais, à qui deux messieurs affairés refaisaient une beauté de marbre. Celui qui se trouvait en bas (à commander le monte-charge) m'a salué — quelle idée de saisir François reblanchi dans un nuage de buée qui cache l'inscription !

vendredi, 20 février 2015

Saay saay

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« Ses petits yeux verts, percés comme avec une vrille, flamboyaient sous deux arcs marqués d'une faible rougeur à défaut de sourcils. »

▒▓░

L'auteur de l'article WP consacré à Héliogabale qui classe les ouvrages de l'abbé de Marolles ou de Pierre-Jean-Baptiste Chaussard dans la rubrique des “ouvrages contemporains” est soit un petit plaisantin soit un gros poussiéreux.

▒▓░

19 h 05 — On regarde des reproductions tirées de l'album Cent énigmes de la peinture en écoutant le CD de Chérif Mbaw, pas entendu depuis longtemps — ♫ Saay saay ♪ — revoici le salon ensoleillé de Beauvais, automne 2002.

▒▓░

vendredi, 13 février 2015

Trompettes

Jeudi. — Après Saül de Haendel, que je n'avais pas réentendu depuis très longtemps, j'enchaîne avec le livre à Bregenz de Keith Jarrett, tout en poursuivant mes annotations et mes réponses aux étudiants coréens. La pile de livres à chroniquer diminue (un peu).

Vendredi. — 70 ans de mon père.

 

L'intemporel se dédoublera toujours pour dérober.

dimanche, 01 février 2015

Frites

À l'économe. Acte I.

Branchement & installation.

Couper deux par deux → dans le torchon, pièce à pièce.

Dans le saladier. [Position “on” sur 180°.]

Autre torchon, deuxième essuyage.

Aller dehors, avec la fourchette et le sel, alterner.

lundi, 29 décembre 2014

Deux haïkaï même pas 17

16.12.2014.

le bus trop tôt 

du coup c'est couru 

poireaute au tramway

 

le ciel tout gris

grisaille partout

sagesse des merles

mardi, 18 novembre 2014

Six jours, moins de pharmago

1235242_10203787236415254_7602304436942174105_n.jpg Mercredi soir, quand on passe

avec le tramway

défile la verdure, ce vert criard pas apaisé

sans rapport avec

neuf années d'écriture,

des masses de phrases monceaux

encore défilant dans un cerveau pas assez endormi,

quand on passe, on fait clic

dans un silence total de cathédrale, nuées brouillards flolie des déclics

avec décibels

adolescents braillant merci Jacquie et Michel

(ça dans le bus après le tramway)

de sorte qu'aucun chronotope n'a plus de sens

Auchan une métropole morte

le Beffroi termitière tiède

Seule la verdure criarde défile

en lettres qui n'ont pas de sens

samedi, 15 novembre 2014

Un vendredi midi, face à la Deuvalière, en lisant Doppelt

Debout, en lisant, regarder régulièrement de part et d'autre pour voir si le trio ne se pointe pas.

La boxe ou le grec ?

Pourcentages.

Un Gracq inédit en vitrine.

Pas âme.

 

lundi, 10 novembre 2014

Scimitar

Samedi matin, devant l'école primaire

Un coupé sport était garé,

D'une forme inconnue —

Et son nom, Scimitar,

N'invoquait rien du tout de concret.

 

Modèle désuet

D'une série de coupés sport

Anglais (la marque, Reliant,

Ne dépliant rien de concret dans la mémoire

Une fois cherchées

Des réponses), il reste l'énigme :

 

Qui, dans ce quartier

Désert – quelques habitués

S'y égarent –, avait pu

Parquer là cette forme

À tout absente désuète ?

 

mercredi, 29 octobre 2014

Passerelle 1934

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La vue sur l'ouest de Tours, quais de Loire et avenues sans que le fleuve ne soit visible, à sept heures et demie du soir (19 h 34 très précisément), offrait, depuis la passerelle des Tanneurs, un mélange de gris bleuté et de violine – j'ai saisi mon smartphone, et pas pour un selfie.

(01.10.2014.)

Puis-je ajouter le café avec S.C. l'avant-veille, les bancs abandonnés ce mercredi soir, le gardien qui nous a presque chassés de l'amphithéâtre, et finalement la descente à pas pressés vers le placis des Joulins, une scène de théâtre ?

lundi, 27 octobre 2014

Allée du Manoir

1er octobre — Une variante moderne de Huis clos : la salle d'attente du cabinet de chirurgie esthétique dans laquelle deux grognasses se racontent par le menu, comme si vous n'étiez pas là, toutes les opérations de proches et d'elles-mêmes, y compris accouchements gore.

 

[02/10. Tandis que je formais manuellement (enfin = non automatiquement) l'exposant de la date, la chatte est entrée en trombe dans le salon, poursuivie par ce gros matou errant et agressif qui ne cesse de l'importuner.]

Une variante se décline, allée du Manoir. La rue Jules Simon est très jolie, et cette allée, fort laide, on y trouve — quoi ? — ha ha ! — un CABINET de chirurgie ESTHÉTIQUE !!!!

Ha ha ! 

dimanche, 26 octobre 2014

Parc loin [d']eux

21 septembre, noté le 22.

Joueur, le jeune mangalitza s'amusait à renverser le chaudron où l'on avait mis son brouet, puis chiait dans la paille épaisse. Les remparts contemplaient placidement cette scène, comme ils en avaient vu... Dans une salle basse de plafond, non loin, avec des gants blancs, une archiviste (qui eût aussi bien pu être harpiste ou nonne) montrait, en haut de parchemin, la moitié d'un chirographe.

▬ Certaines jaunisses ont disparu à la suite de l'action du tartrate de potasse antimoine, et de la rhubarbe en poudre en petites doses réitérées. ▬ Les remparts ont fermé les écoutilles.

jeudi, 23 octobre 2014

... comme un cabour.

27 septembre

 

Lucas Digne a lancé : ▬ Mind the gap !

(Bordel de merde, contrôle raté.)

——•——Ce midi les garçons dehors pour la langue de bœuf avaient un petit gilet au soleil, moi à l'ombre en chemisette, tout mon content, pensez un 27 septembre.

Bahebeck a tapé dans le ballon comme un cabour.

—°—Dans la chilienne, un fort volume abandonné.

 

Le soleil sèche le peignoir.

lundi, 20 octobre 2014

Le Kaa

26 septembre

 

 

Et donc, au Kaa (le nouveau nom du bistrot est un hommage à la série Kaamelott (j'ai donc raconté aux serveurs que mon fils aîné et leur patron pourraient échanger des répliques cultes de tête pendant des heures)), le vendredi midi, soit tu écoutes des conversations d'amateurs de black metal qui comparent les mérites du Hellfest et du Motokultor, soit tu entends trois jeunes filles parler des séries-culte du moment, et ce d'une façon qui te confirme que, quoi qu'en disent les branchouillards qui ne cessent de parler de la créativité des auteurs de séries, de la complexité narrative et psychologique gnagna, eh bien, les séries-culte de 2014 sont aussi débiles (aussi répétitives et superficielles) que “Dallas” ou “Santa Barbara” en leur temps.

02.10. À ce même endroit, il y avait, il y a déjà longtemps, le bistrot des Joulins. La nouvelle équipe me plaît beaucoup aussi. C'est amusant, ce lieu, d'ailleurs quasiment personne ne sait que cela s'appelle le placis des Joulins, avec ses six magnolias, et les flots d'étudiants, de secrétaires et d'enseignants qui vont et viennent en tentant de ne pas trébucher sur les marches pétées, les dalles inégales. Vertige chronotopique, je reviendrai souvent au Kaa, peut-être y déclamer du Buzzati. — Dois-je écrire que le 2 octobre est une date noire, de deuil ?

.

jeudi, 16 octobre 2014

Expositions Gilles Caron & Jean-Luc Olezak, au Château de Tours

Aujourd'hui, peu avant la clôture des diverses expositions du château, nous sommes allés voir l'exposition Gilles Caron, en partenariat avec le Musée du Jeu de Paume, et celle consacrée, sur le dernier étage, à un photographe tourangeau d'origine polonaise, Jean-Luc Olezak, dont le nom, apparemment, devait à l'origine s'écrire Olczak.

Gilles Caron est très célèbre, non seulement parce qu'il est l'auteur de reportages de guerre mémorables et de photographies non moins célèbres (les enfants dénutris du Biafra, images magnifiques et atroces, ou le Cohn-Bendit jovial souriant à face d'un CRS sur un trottoir parisien), mais aussi pour avoir fait partie des photographes retranchés dans une école, en plein désert, avec les rebelles du Tibesti. Cette histoire, grave, lourde de symboles, je la connaissais pour l'avoir lue et entendue de Depardon. Ce que j'ignorais, c'est qu'il n'était pas mort jeune, mais qu'il avait disparu en 1970 en territoire khmer rouge. Disparu, cela signifie que son corps n'a jamais été retrouvé, non ?

Ce que j'ai découvert, dans cette exposition qui permet d'espacer les vues, de faire respirer le regard entre chaque série, grâce aux belles et vastes salles du Château, ce sont les photographies de manifestations en Irlande du nord, mais aussi que Gilles Caron — lui, dont le nom suggérait ce retournement du chapeau circonflexe ou incurvé de Twiggy en un œil acéré tourné vers toute la saloperie militaire de ce monde — avait commencé par la photographie de mode.

 

jlo_004_m.jpgJean-Luc Olezak, lui, n'est pas, à ma connaissance, très connu. Pourtant, cette rétrospective, qu'il ne reste que trois jours pour aller voir, contient quelques véritables pépites. Par-delà l'aspect amusant (mais anecdotique) qui permet de revoir tel lieu tourangeau qui s'est déjà, même en dix ou quinze ans, métamorphosé, Olezak porte un regard profond, mais sans sécheresse, sur les gens et sur les lieux. Le risque est parfois qu'un certain kitsch vienne côtoyer une plus rigoureuse beauté, ainsi de ce diptyque de la Tour Eiffel : dans une image, superbe et qui n'est pas sans évoquer Kertesz, à une Tour Eiffel tronquée dans le ciel grège répond une flèche semblablement étêtée sur le bitume gris... et dans l'autre, un orteil flou, au premier plan, semble toucher le haut de la Tour Eiffel en arrière-plan (le comble du kitsch à cartes postales). Peut-être le tri n'a-t-il pas été fait très judicieusement, car on sent que sur certaines séries, il doit y avoir des dizaines d'autres photographies tout aussi fortes dans les cartons de l'artiste... à moins que ce kitsch ne soit le goût que l'on souhaite aussi inculquer, ou respecter chez certains visiteurs ?

jeudi, 09 octobre 2014

Rotative

5 octobre

sur le vieux canapé 
défoncé
du petit 
salon je lis

assis dans le vieux 
canapé défoncé
du petit salon
je lis

assis 
dans le vieux 
canapé 
du salon à
l'étage je lis

assis je lis 
sur le vieux canapé défoncé 
du petit salon

 

jeudi, 18 septembre 2014

3370

Dans les toilettes du rez-de-jardin, il y a une carte de l’île d’Arran, et, dans celles du premier étage, une carte du Cantal, avec Saint-Pantaléon-de-Lapleau, qui se trouve en Corrèze.

 

Dans les toilettes du sous-sol, j’ai fini par déposer, sur la caisse où sont entassés des carreaux de rechange, mon vieil exemplaire de l’Abrégé du Littré, que j’y feuillette — d’où d’abstrus “poèmes du Littré”.

dimanche, 31 août 2014

Le jumelage Tours / Takamatsu, et l'enlaidissement des parcs

P1250964.JPGAinsi, au nom de l'amitié entre notre cité et une ville japonaise réputée pour son art des jardins, Takamatsu, nos édiles imbéciles ont décidé de saloper un des plus beaux parcs tourangeaux avec trois gros praticables aussi laids que peu discrets.

M. Babary, bravo !

lundi, 02 juin 2014

Un lundi, midi (un peu plus)

Ѯ

Tout à l'heure, à la B.U.. Troisième étage. Immense salle presque entièrement déserte. Désertée par les humains, veux-je dire. On eût dit que les pages de Wittgenstein's Mistress, merveilleux volumen discret planqué sur les étagères 818.5, avaient colonisé les lieux.

Désert, qu'est-ce à dire ? Il était une heure et demie de l'après-midi, le 2 juin, donc. Deux conservateurs ou bibliothécaires dans la cage de verre, à droite, une jeune fille (étudiante) assise avec son ordinateur à une des tables centrales, et un autre (étudiant) entre les rayonnages de poésie britannique et ceux de littérature américaine, justement. Sinon, pas âme qui vive, un 2 juin. 

Ѯ

samedi, 31 mai 2014

Malgré le vent...

Malgré le vent,

malgré le vent qui tournoie

efface parfois le printemps

 

sous les pépiements des mésanges,

chats du quartier tous à l'affût

 

depuis ce matin j'arpente les rues

dans mes sandales de jésus

 

en soie grège ma peau craquèle

 

un nouveau printemps que salue

le vent tournoyant.

 

dimanche, 18 mai 2014

“Good enough for Jehovah”

Tandis que je lisais dehors, sur la terrasse, en plein soleil (souvenirs de Tarkos sur le toit en zinc, à Beauvais), une minuscule araignée jaune tissait sa toile sur mon livre, et une tout aussi minuscule araignée noire tissait sa toile sur ma chemisette. Il m’a bien fallu les déranger pour aller chercher la feuille-de-chêne que mon voisin me tendait, par-dessus la haie qui sépare notre maison de son potager. Avant, deux paires de témoins de Jéhovah, écumant le quartier, se partageaient les demeures. Sur la marelle, je me suis contenté de leur opposer un ferme « Je ne supporte pas le prosélytisme », mais un autre voisin, sur le rond-point, leur a exposé sa vision du monde et de l’intolérance religieuse ; je buvais du petit lait, sans que les araignées  en perdissent leur fil.

lundi, 12 mai 2014

L'Échange

Je suis donc quelqu’un qui travaille et écrit soit dans un bureau où on se caille (ressorti le gros pull irlandais rose de l’hiver) soit chez lui, face à une vitre entièrement masquée par un néflier pléthorique, en écoutant le concerto pour hautbois de Cimarosa, en se désespérant d’avoir perdu près d’une demi-heure ce matin pour faire une photocopie, mais plus encore de la folie humaine.

(Et qu'une partie du travail se passe dans le dialogue, l'échange, l'exploration sans certitude, c'est ce qui semble échapper même à certains collègues.)

lundi, 10 mars 2014

Lettre couverte à Édric Klapisch

Cher Cédric Klapisch,

 

attablé, au grand soleil pré-estival de cet avant-printemps, devant mon assiette kebab, place du Grand-Marché, à Tours (celle qui est désormais connue sous le surnom de “place du Monstre”), je vis passer un jeune homme, probablement coréen, lequel arborait un t-shirt griffé STOCKHOLM tout en conversant dans un espagnol de fortune avec des étudiantes qui avaient l'air américaines.

Je suis disposé à vous laisser les libres droits de cette véridique anecdote en vue de votre prochain film, Le Coussin berlinois, mais à condition, toutefois, que vous puissiez m'arranger un rencard avec Kelly Reilly.

Avec ma considération,

GC

 

mercredi, 12 février 2014

Une mésange

Une mésange à longue queue, le 12 février, fait mille acrobaties dans le néflier au moment où j'écris ces lignes et note qu'il y a vingt-et-un ans que mon arrière-grand-mère mourut.

samedi, 04 janvier 2014

Signets peints

Essayant de rester concentré sur la Deuxième de Mahler (par Abbado, toujours le coffret), je lisais le livre XXXV de l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien (très instructif *), la chatte sur les genoux — et figurez-vous que cette andouille de bestiole, qui semblait profondément assoupie, calée entre mes cuisses et mes genoux, n'a rien trouvé de mieux que de prendre le signet du Pléiade, qui ballait mollement non loin de son museau, pour un fil de pelote et donc de s'y attaquer, elle qui est si peu joueuse. Il va de soi qu'elle s'est coincée une griffe dans le dit signet tout en le lacérant. Après avoir décoincé la griffe de la demoiselle (sur un violent passage cuivré), j'ai repris ma lecture, en veillant à maintenir le signet (en partie effiloché) entre ma main et la couverture du Pléiade.

 

* Il serait tentant (mais cela n'a-t-il pas été tenté ?) de proposer, pour chaque tableau signalé par Pline, la plupart d'entre eux n'étant pas véritablement décrits et beaucoup étant perdus, une version imaginaire, esquissée, dont le titre serait, à chaque fois, et par exemple

ASTYANAX par Callimaque

— (titre imaginaire).

samedi, 28 décembre 2013

Une partie de décembre

Pendant cinq jours, Alpha ne va pas faire de saxophone. Ce sera la première fois, depuis qu'il a commencé les leçons, en septembre 2011, qu'il passera plus de deux jours sans faire son quart d'heure quotidien.

Hier, il a plu et fait gris presque sans discontinuer. 

Avant-hier, il faisait très beau, et nous n'étions pas les seuls à avoir eu la (mauvaise) idée de descendre en centre ville en bagnole pour aller visiter l'exposition (remarquable) de photographies de Vivian Maier. Écrire un billet.

 

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Hier soir, Une partie de campagne de Depardon ; quelques facilités dans le montage, mais le témoignage demeure, très vivant. On s'étonne que VGE ait désavoué “son” cinéaste. Il ne s'attendait pas à ce film, mais à quoi s'attendait-il ? Tout a l'air tellement mis en scène, à commencer par ce candidat (Ministre d'État, tout de même) qui conduit lui-même sa 504 sur les boulevards parisiens et les routes de France ! Depardon a dû refuser de filmer VGE aux commandes des bimoteurs, mais c'est tout juste.

Ce qui frappe particulièrement, c'est le flegme impressionnant du présidentiable, jamais pris en défaut. Que, durant l'annonce des résultats du second tour (et au cours de l'heure entière qui précède), il soit seul en face du téléviseur, voilà qui n'est pas concevable, qui est nécessairement bidonné ; toutefois, la vérité profonde de VGE semble transparaître dans cet homme nonchalant qui n'a, pour autre antienne, à l'heure de son élection, que de répéter à plusieurs reprises à son correspondant téléphonique (Poniatowski) combien il trouve « assommant » que D'Ornano, à qui il l'avait expressément défendu, se soit rendu sur un plateau de télévision.

Les belles images de Paris, dans la dernière scène, m'ont permis de vérifier ce que je ne savais plus, ou n'avais jamais su, à savoir que le Ministère de l'Économie et des Finances avait, jusqu'au début des années 90, son siège au Louvre.

jeudi, 26 décembre 2013

Moments “post”

J'avais cru voir, sur le réveil à aiguilles phosphorescentes, qu'il était six heures et demie, et en fait, c'est cinq.

Toujours ce bruit au niveau de l'aération des toilettes du rez-de-jardin, et qui, dans le placard de la salle d'eau de l'étage, se confirme en bruit de fuite, sans que je comprenne rien aux différents robinets de raccord qui y sont situés, sans déceler surtout la moindre fuite.

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Hier après-midi, promenade dans le quartier, et une maison banale mais jamais remarquée, rue François-Viète, peut-être.

jeudi, 05 décembre 2013

Fioles

2013-12-05 10.28.50.jpgCe matin, afin de marquer la journée de grève qui me permet de passer quelques heures en tête à tête avec Oméga (comme il y a trois semaines — nous étions allés promener, et au restaurant — d'où le caractère particulièrement positif du mot “grève” pour lui), mais aussi de célébrer par un geste domestique anodin le fait que nous ayons fini de rembourser avant-hier notre emprunt immobilier (de sorte que nous sommes propriétaires de notre taudis pavillon), je viens de débarrasser de ses infimes flacons d'épices la minuscule étagère surplombant la hotte aspirante, de la récurer (ce qui n'avait jamais été fait depuis cinq ans, je crois (nous ne sommes ni crades ni bordéliques, mais on n'est pas du genre à passer nos journées chiffon et éponge à la main non plus)) puis de replacer les fioles avec précision, de manière moins anarchique, tout en notant que la date limite est largement dépassée pour certaines d'entre elles, ce qui ne pose aucun problème, le seul risque étant que les épices soient un peu frelatées, passées de goût, et ce qui m'a rappelé aussi le roman de David Markson, Wittgenstein's Mistress, qui est l'un de ceux que m'évoque le plus régulièrement tel ou tel minime geste du quotidien, magnifique roman.

lundi, 25 novembre 2013

╔ la parole des poivrots ╩

la parole des poivrots 
comme tombent leurs pantalons
télé allumée numéro 
17 ▬ hits de Céline Dion

.

dimanche, 24 novembre 2013

Lever silences

Mardi dernier, lisant, à la Bibliothèque des Lettres de mon université, un roman rare, introuvable, jamais réédité, emprunté grâce au service du PEB et qu’il était impossible de sortir de l’enceinte de ladite Bibliothèque, je commençai à prendre des notes, mais très vite je fus frappé de lire, ici et là, de loin en loin, un alexandrin. Je notai le premier, qui se trouvait à la première page. Puis il me vint l’idée de noter tous ceux qui pourraient, au moins au jugé – car le résultat final d’une telle opération est difficile à anticiper –, constituer, in fine, un sonnet.

Je me retrouvai donc à lire, à la hâte, de manière particulièrement vigilante, la première moitié de ce roman, tout en fixant une part non négligeable de mon attention sur le sonnet en cours, que j’ai pu achever après moins d’une centaine de pages lues (donc, bien avant que je m’interrompe) et dont je donne ci-dessous la version typographique définitive, qui comporte aussi, en exergue, un envoi et un sonnet de nombres.

Le fragment initialement prévu pour le vers 3 n’offrant pas une rime parfaite, il a été rebuté, au profit d’un emprunt extérieur. Le titre du sonnet est une anagramme du titre du roman

 

 

Lever silences

À mon amie la Colonelle.

 

Sa mise originale me plaît tout à fait :

Un canotier uni, comme les saints leur nimbe.

La reine de la fête nageait dans un limbe ;

Ce corps luxuriant l’étonnait, le déroutait.

 

Par une bonne humeur qui les attendrissait

Ce n’étaient que carquois et que torches flambantes

L’œuvre était d’une écriture alerte, pimpante,

Depuis que sa réputation s’élargissait.

 

Les passants, des êtres légers, ouatés de songe

Et dont les doigts de carabin, fumés sous l’ongle,

Indiquaient que l’Invisible était nul pour elle.

 

Par-dessous la voûte noire des marronniers,

J’ai rarement vu d’auscultation plus belle :

La cape de drap jaune avec le canotier.

 

Blouson, usures — 13-1-X-18-51-12-38-72-43-52-64-78-56-59

samedi, 05 octobre 2013

Rangement

Samedi matin, ranger enfin mon bureau.

Ou plutôt, ce faisant – et c’est pourquoi ça doit toujours prendre du temps – accomplir les menues tâches en suspens qui le laissent en bazar.

Signer et mettre sous enveloppe le TIP des taxes foncières #1.

Signer et mettre sous enveloppe le TIP des taxes foncières #2.

Signer et mettre sous enveloppe le TIP du troisième tiers de l’impôt sur le revenu.

Ranger l’appareil photographique, la carte SD de rechange et les deux clés USB à leur place.

Ranger le volume des sonnets de Mickiewicz et celui, bilingue, récemment, paru, très beau quoique parfois bizarrement traduit, d’Arun Kolatkar. [S’apercevoir qu’il n’y a plus de place sur le rayonnage des « Orphée ».]

Remettre dans le cartable, à destination de mon bureau aux Tanneurs, une petite pile de fiches vierges.

Mettre divers papiers dans le bac du papier à recycler (dont billets de train pour Bordeaux et vieux Courrier international qu’il ne servirait à rien d’archiver).

Ranger deux « Pléiade » à leur place (Michaux III et Jeux et sapience), ainsi que Der Spaziergang, dont je n’aurai décidément pas le temps, d’ici longtemps, d’achever la relecture.

Mettre dans le cartable, afin de les rendre à la B.U., les exemplaires du Livre de corps de policie et de l’Epistre Othea (le premier m’a gonflé, le deuxième – pas lu en entier – est très chouette).

Remettre la batterie dans l’ordinateur portable noir, et ranger dans son tiroir le netbook blanc.

Il reste, sur le bureau, notamment : livres à chroniquer (…), traduction/thèse en cours de relecture/révision, notes manuscrites suite à la réunion avec Manuel.

 

lundi, 01 juillet 2013

1er juillet — Tirelipinpon

Un lundi matin où on se réveille, à 5 h 30, aux cris cauchemardeux du fils cadet, et en ayant presque aussitôt dans la tête – et sans aucune raison à cela – Le Tirelipinpon sur le chihuahua, c'est le genre de lundi dont on se dit, non, joker. Et puis finalement, pas vraiment, à midi on peut toutefois s'enorgueillir d'avoir transvasé, dans un dossier personnel créé sur l'ordinateur du bureau 45bis, la quasi totalité des fichiers qui traînaient sur des clés USB et sur l'ordinateur du bureau 44, mais aussi d'avoir fait du rangement, encore, dans ce fameux bureau 45bis, avec force cartons de ramettes rapportés de l'Imprimerie (au sous-sol), et tout cela non sans avoir préparé les délibérations de L1 LEA. En rentrant chez soi, seulement pour le déjeuner, on a même récupéré un présentoir Furby histoire de faire rire les enfants. Il fait très beau, enfin. Donc on peut oublier Carlos.

 

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(D'autant que – je l'écris avant que quiconque ne l'écrive en commentaire – personne n'a la moindre raison d'avoir Le Tirelipinpon sur le chihuahua dans la tête.)

dimanche, 30 juin 2013

Notes, à la table carrée de métal noir

J'écris dehors. Il fait encore (bien) jour.

J'écris dehors, pour la première fois de la saison, si peu avant de partir, à la table carrée de métal noir.

La ville est un raffût.

La ville (même ici — surtout ici (dehors)) est un chambard. Merles, certes, grenouilles, mais surtout grondement ininterrompu de véhicules dont le son me parvient de la deux fois deux voies.

Vivre en ville me semblait quelque chose d'atroce, enfant ; je ne suis pas certain d'avoir tout à fait changé d'avis.

 

image201306300008.jpgOmissions. Le prunier a beaucoup forci. Quand le réverbère s'allumera, je ne pense pas pouvoir, comme les autres années, lire à sa lumière, sous le prunier.

La ville (même ici) a ses verdures, contraint de faire, autant que possible, pousser arbustes, buissons, arbres.

 

Trille du merle à l'instant, bonsoir.

La ville est un raffût. ——— Questions. Ce matin, en surveillant Oméga cycliste, j'ai lu, sur le rond-point, les quatre premiers chapitres des Lieux-dits.

Bergounioux aussi me raccompagne (ses carnets (: son journal)).

mardi, 28 mai 2013

Momentané instantané mardi (soir) inepte

Images de La Rochelle, d'Angers, de Brive — de Cracovie où je ne suis jamais allé.

 

Epuisement. Il paraît que ça passe, tasse.

Le soir, je ne parviens pas à lire plus de quelques pages d'Atlantis, qui — avec tout ce que je lisais par ailleurs — a fait du surplace. Et je voudrais commencer La Saison des prunes.

 

On n'oublie rien de rien.

Soit.

lundi, 13 mai 2013

La Sainte Trinité

La Sainte Trinité. Site Tanneurs, lundi 13 mai 2013.

En bas : immense radiateur, signalant un système de chauffage éteint depuis début avril (or, il fait 15° dans certaines salles).

En haut à droite : « toile » de Nico Nu.

En haut à gauche : ancien logo de l'Université, qu'il nous est interdit d'utiliser depuis 2007 (au point que nous avons dû jeter des milliers de feuilles à en-tête) mais qui est peint sur ce mur, dans un lieu très fréquenté, sans que personne ne s'en émeuve (et sans aucune espèce de sens, au demeurant).

dimanche, 05 mai 2013

Considérations météorologiques oiseuses

Un billet météorologique, ou saisonnier, c'est de saison, il me semble que jamais comme cette année on n'a parlé, partout, de météo. Peut-être est-ce dû au fait que les effets concrets du « changement climatique » commencent à se faire sentir de manière patente pour tout le monde... [Je me rappelle avoir été frappé, quand j'ai lu les carnets de Claude Ollier (ce devait être en janvier 2012), de lire, sous sa plume, à quel point il lui semblait évident, à lui, qu'il faisait plus froid qu'avant, ou que les hivers étaient de plus en plus froids.]

Aujourd'hui, alors que nous devons aller faire un tour à Saint-Etienne de Chigny le matin, et que j'ai promis à Oméga de l'emmener voir un match de football de premier plan (c'est Notre-Dame d'Oé qui reçoit... qui reçoit... qui reçoit je ne sais plus quelle équipe de quelle commune ligérienne) à trois heures de l'après-midi, on nous promet le retour du maussade, après à peine deux jours, sinon de chaleur, du moins d'assez beau temps. 

Hier, pour la première fois de l'année, j'ai pu lire dehors, sur la terrasse, en chemise, pendant un petit moment (il est donc faux que j'aie peu lu, hier, ce que j'écrivais à neuf heures du soir, et ce d'autant plus que j'ai beaucoup avancé Les Enfances Chino entre dix heures et minuit (Renaud Camus signale dans son journal 2012 que Pierre est un ardent lecteur de Prigent)), alors que l'an dernier (tiens, à la seconde même, passage du beau chat gris et blanc sur la terrasse (celui que je soupçonne de s'être introduit dimanche dernier au sous-sol par la chatière et d'y avoir pissé)) nous avions eu une dizaine de journées tout à fait pré-estivales au mois de mars, ce qui était largement exceptionnel. Je me suis rendu compte, en recherchant des photographies des 4 et 5 mai d'années précédentes, qu'en 2008, par exemple, nous déjeunions pour la première fois de l'année dans le jardin de notre précédente maison.

En 2006, nous étions à Vitré et Combourg, où, bien entendu (on ne change pas la Bretagne (quoiqu'il semble que ma sœur ait, avec les siens, cette semaine, un temps tout à fait agréable à Perros-Guirec)), il faisait frisquet et humide.

Aujourd'hui, en tout cas, à la minute où j'écris ces lignes, cela fait vingt-quatre heures que le chauffage ne s'est pas relancé. Comme on sort d'un hiver curieux où il a semblé faire plus froid en janvier qu'en décembre, puis plus froid encore en mars qu'en janvier, c'était à noter. Que le printemps soit une saison de contrastes et de méchants retours de bâton, en Touraine, ce n'est pas inédit : en avril 2007, il y avait eu de très belles, très chaudes journées (souvenir d'une visite à La Chatonnière le jour du premier tour des élections présidentielles), alors que, fin mai, je devais relancer le chauffage afin qu'Oméga, qui venait de naître, ne transisse pas dans son petit lit à barreaux. (Début mai aussi, je m'en avise, avait été marqué par un vrai beau temps.)

 

(Comme à chaque fois que je manque d'inspiration, ou que ce que j'ai écrit me paraît ennuyeux, même à moi, je peuple a posteriori le texte du billet de liens. Comme si l'hypertexte n'était pas là pour qu'on en abuse...)

samedi, 04 mai 2013

Passade

Finalement, je pensais que c'était encore l'ordinateur portable, et il s'avère que c'est Flickr qui débloque, – ou, comme le veut la traduction habituellement proposée, sur ce site de photographies, de l'expression have the hiccups, qui « est dans les choux ». Bref, je voulais publier ce soir un billet métaphotographique, c'est râpé.

Très belle journée de véritable printemps.

Du ménage (un peu, pas assez) à l'atelier. 

Rien écrit, presque rien lu.

Pris l'air. Comme on disait. Comme on a pu dire. Comme on doit.

vendredi, 03 mai 2013

Le printemps, enfin ?

Qu'y avait-il dans l'air hier ? Etait-ce le contraste avec la veille, si froide et pluvieuse ? En effet, quoiqu'il y ait eu quelques journées plus chaudes ou plus ensoleillées en avril, je me sentais d'humeur quasi estivale, l'après-midi, dans les rues de Tours. De même, Alpha nous a confié qu'il avait infiniment plus de plaisir à jouer du saxophone quand il fait beau (il avait des sensations similaires à celles de l'été dernier, et des étoiles dans les yeux en l'expliquant) – cela ne l'a pas empêché de s'exercer tous les jours, même au creux de cet interminable hiver.

 

Ce matin, toujours dans le vieux Tours, j'ai inauguré, avec le minable appareil photographique de mon smartphone (comment dire autrement ? il doit bien y avoir un québécisme plus ridicule encore que le franglais...), une nouvelle série, qui pourrait se nommer Blue Shoes... mais je vais chercher à compliquer les choses, pour ne pas changer.

mercredi, 01 mai 2013

Mi-printemps (?)

En à peine quatre ans, le terrain côté rue s'est beaucoup bosselé. Sous les deux cognassiers en fleur (de belles fleurs roses qui, avec leurs feuilles, semblent promettre mieux que le lourd fruit jaune et lui-même bosselé), plusieurs repousses, comme je l'ai fait remarquer dimanche à Oméga. Certains de ces jeunes cognaissiers ont peut-être deux ans ; ils finiront par ne plus avoir assez de lumière et par s'étioler, certainement.

Hallebardes ce matin, puis ça s'est calmé, avec toujours ce froid. Mauvaises nuits, je suis parvenu (dans Vue d'œil) au début du mois de mai 2012, précisément quand Renaud Camus souligne l'absence de véritable printemps : on se dirige tout droit, si la présente saison est représentative, vers des années à deux saisons : hivers humides plus ou moins rigoureux (8 mois) suivis d'un été de 3-4 mois plutôt instable. Cela fait déjà plusieurs années (dix, au bas mot) que le printemps et l'automne semblent rétrécir (reculer).

À midi dix, toujours une file régulière devant la boulangerie de la rue de Sapaillé — elle ne semble jamais désemplir, au moins le mercredi et les jours fériés, seuls jours où je peux (moi aussi ?) m'y rendre.

Mai ne promet rien de transcendant.

Le muguet n'a pas encore fleuri (quinze jours de retard ?).

mercredi, 10 avril 2013

Baby-sitting blouse

On en a connu, des baby-sitters. (Jeudi dernier, Stéphane et sa femme me parlaient de leur baby-sitter, un garçon, qu'ils ne paient que 6 euros de l'heure, ce qui m'a scandalisé – même si j'ai tenté – difficilement – de le cacher.) Toutes, à une légère exception (transitionnelle – 2008 peut-être, et la jeune fille n'est venue qu'une fois, du coup), étaient – sont – très bien.

Je salue celles qui me lisent, dont Corinne — et Lucie, qui a passé la nuit chez nous pour garder Alpha quand mon épouse, un dimanche soir, dut être voiturée en urgence à Olympe-de-Gouges, pour y accoucher d'Oméga. (Il ne me semble pas que Lucile ou Pauline risquent de tomber sur ces pages, mais je les y salue toutefois.)

 

Hier soir, N., que j'avais contactée il y a un peu plus d'une semaine, ne pouvant pas venir, finalement, ma femme s'était débrouillée avec une connaissance, liée à son travail, mais cette personne (qui allait nous prendre 15 euros, ce qui pour le coup était excessif dans l'autre sens) n'a pas pu se libérer, on l'a su suffisamment à l'avance, on a essayé de refourguer la place de théâtre, même pour rien, la place de théâtre qui nous restait sur les bras, bref, ma femme est allée seule au théâtre, est revenue dépitée, c'était nul, rien à sauver, et même pis que nul, il paraît que j'aurais détesté encore plus qu'elle, d'où deux conclusions : il faut vraiment arrêter d'aller au Nouvel Olympia (et/ou éviter comme la peste les textes de toute baudruche à la mode chez les théâtreux ou téléramistes (en l'espèce : Henning Mankell)), et on a économisé 45 euros que nous aurions été doublement furieux de devoir débourser. Donc, la vie est belle, et l'art dramatique de plus en plus berne.

Et autre conclusion, Cingal, tu abuses des parenthèses et des tirets.

dimanche, 31 mars 2013

Toujours, le Prieuré

Comme Oméga était venu avec nous dimanche dernier au Prieuré pour son premier concert « de grand » (deux Sérénades de Mozart et l'Octuor de Beethoven — il a beaucoup aimé et s'est très bien tenu), nous y sommes retournés, en ce dimanche de Pâques, afin qu'il puisse visiter pour de bon ce site, dont il se trouve qu'il est parmi les préférés de son frère.

"Avant le concert", v

Peu après notre retour (et un passage par l'île Simon, où sévissait un “contest” de skate et BMX), je  cherchais s'il y avait, dans ma galerie Flickr, des photos de ce foutu mardi il y a quatre ans, et notamment de la manifestation à la suite de laquelle je me suis retrouvé en garde à vue pendant cinq heures. Pas l'once, évidemment... mais, au plus proche, dimanche 29 mars 2009, de nombreuses photographies d'Alpha au prieuré Saint-Cosme, dont celle, que j'aime énormément, où, dans le déambulatoire à ciel ouvert, le programme du Printemps musical entre les mains, il scrute quelque détail hors champ, sans doute une voussure, peut-être la statue d'un des deux saints anargyres.

Il est rare que je cède à la tentation de l'intime, ou tout au moins du familier entre ces pages, mais bon, pour une fois : mes garçons sont beaux et formidables !

 

Prieuré de Saint-Cosme, de nuit. Vendredi 20 mars 2009. Pour ne pas finir sur une note trop sentimentaliste, et plutôt météorologique : il faisait très gris hier pour le dernier jour d'hiver, et un ciel bien dégagé aujourd'hui pour l'avènement de l'heure d'été. Le contraste, pour la luminosité, est saisissant.

samedi, 23 mars 2013

Bilboquet bastringue

Retour, après quelques mois à ne pas en trouver l'envie, le samedi matin, au marché de la place René-Coty. (Celui de l'Europe est plus proche, et a lieu le dimanche.) — Pas d'“horreurs” chez le fromager. Déception. Pas de seiche chez le poissonnier. Normal, ce n'est pas la saison. Pas de chou frisé chez le maraîcher. Là, il déconne. — Retour chez soi. Journée de quatuors.

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Je récupère des phrases d'exercice sur ce site, parce que mon fils aîné a été inscrit au concours. Et je m'aperçois que la majorité de nos étudiants de 1ère année LLCE et LEA feraient des fautes. Même les L3 se planteraient sur certaines phrases. Malheureusement, ça ne signifie que les quiz du site sont trop difficiles.

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In memoriam

There were two superior eels

at the bottom of the tank and they recognized each other like italics.

(Anne Carson - Autobiography in Red, VII)

vendredi, 22 mars 2013

Poignée d’heures

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Déjeuner au BarJu, qui a dû changer de propriétaire (plus classique, moins chichiteux, plus cher aussi – mais avec les insupportables interruptions (« Bonne dégustation » et autres) indissociables des restaurants contemporains), puis achat de nippes (godasses, futals) avant un détour par “Le Cosmographe” (qui ne s’appelle plus Les Amours jaunes depuis trois ans, là encore je semi-débarque), où j’ai acheté un recueil de Fitzgerald que je n’avais pas (mais lu, pourtant : The Diamond as Big as the Ritz), Suicide d’Edouard Levé, La langue maternelle de Vassilis Alexakis, La grammaire en forêt de Josée Lapeyrère, et enfin, in extremis, entr’aperçue sur une étagère, une monographie consacrée à Achille-Etna Michallon, dont je ne cesse de croiser le chemin ces temps-ci et qui, tenez-vous bien, avec son prénom volcanique, a tout de même peint des éruptions de Vésuve !

Contiguïté malencontreuse. Librairie Le Cosmographe, Tours.

Avant un déjeuner au BarJu

J'ai réservé au BarJu

Une table pour deux personnes :

Dans leur décor tu détonnes,

Tout comme un sépia de Franju.

 

À l'école, les daronnes

Et les pères, sans rogntûdju

À Tours pareil qu'à Fouju,

Te croisent sans faire des tonnes.

 

Ainsi passe le vendredi

Au soleil, l'après-midi

Venteux d'une promenade

 

Accompagne chaque regard.

Le soir, thé, whisky, limonade

Te coulent qu'il est bien tard.

 

mardi, 19 mars 2013

Une nouvelle cale

Avec une grande feuille (de format A2, je pense (une antiquité (un objet dont je ne connais même pas le nom français : paper board) se trouve dans la salle, et j'en ai déchiré une feuille))), j'ai confectionné une nouvelle cale, que j'ai reprise, et rangée soigneusement dans mon cartable pour la prochaine fois.

— — — — — — — 

C'est l'après-midi. Avant de repartir à la rencontre du poète castillan (et même valencien) Jaime Siles, j'écoute la Symphonie n° 5 de Per Nørgård. Même l'andante y gagne en férocité, le calme ne saurait durer. Harpe et piano — harpie à nous ? Longs vibratos, un peu d'hystérie, point trop n'en faut, une musique pour les ténèbres, ou par elles ?

lundi, 04 mars 2013

Sept colonnes

Cloîtré dans le bureau – il y fait trop chaud – je poursuis ma trace, mes tâches. Depuis six semaines, la maladie (banale mais défigurante) a creusé l’épuisement, de sorte que je me trouve sans ressort, capable seulement de faire ce que j’ai à faire au coup par coup, et au prix, à chaque fois, d’un effort de volonté qui, le reste du temps, semblerait ridicule et disproportionné. Je dois me dire qu’en écrivant ici ce paragraphe, je tente de reprendre pied – symboliquement ? En tout cas, tout m’épuise.

 

La nuit dernière, j’ai bien dormi. Bien, profondément. Au réveil, vers six heures, je me sentais reposé. Même si cette impression n’a pas duré, il était déjà essentiel de la ressentir. Et, à présent, je dois m’arracher à ce bureau (paperasses, relectures, lettres professionnelles) pour aller marcher au soleil, trouver le soleil.

 

Peut-être qu’après tout – après tout ça (j’en rirai ?) – il ne sera pas tout à fait trop tard pour adopter enfin l’emploi du temps.

 

jeudi, 17 janvier 2013

I'm no Babooshka

J'ai mis un petit moment à choisir la nouvelle épigraphe.

La précédente datait d'il y a au moins un an et demi.

C'était :

« J'ai connu la douceur de ne point connaître » (L'Empreinte)

 

Et j'ai passé un petit moment, aussi, à trouver des expressions figées avec chat et lapin. (Aucun rapport.)

 

dimanche, 13 janvier 2013

Fil brumeux

Matinée de dimanche. Brouillard.

On y voit à 40 mètres ; on distingue des formes à cent mètres — à tout casser.

Un bus de ville passe, toutes lumières éteintes.

dimanche, 23 décembre 2012

« Elle me vend du saucisson »

Ce matin, dimanche, le fromager du marché n’était pas là. J’ai composé un haïku en son honneur.

Le caissier de la station-service du Leclerc m’a demandé si, « à tout hasard », je ne connaîtrais pas quelqu’un qui recherche « un monospace Toyota essence ». Non. J’ai payé 59,95 € pour 42,25 litres, palindromes qui me ravissent.

Pris une photographie d’Oméga dans l’embrasure d’une sorte de fausse porte, paroi de béton rouge – qui paraît rose, sur l’image. Anorak orange. Les alentours de la benne destinée au verre à recycler, sur le parking d’Auchan, étaient très propres, à l’exception d’une assiette (en faïence) brisée.

Toujours pas arrêté dans le « bois » du Mortier. Mon regard happait tout – lisérés des portillons EDF, griffures sur les boîtes à lettres, arabesques des merdes de chien sur le trottoir de la rue de Jemmapes. Oui.

Such is the stuff days are made of.

vendredi, 16 novembre 2012

Quartier de l'Europe

Brabant Brenne Loing et Liège

Dans ce quartier

Tous font le siège

D'arrêts de bus par moitiés

 

╩╩╩╩╩╩╩╩╩

 

Brenne Brabant Charleroi 

Ici aussi

On n'avait froid

Qu'à vaincre l'astre roussi

lundi, 12 novembre 2012

Pont Mirabeau, lundi matin.

Mirabeau dans la brume II

vendredi, 02 novembre 2012

Collectif Capsul au Petit Faucheux, vendredi 26 octobre.

Vendredi soir, on s'éclate.

Arrivés à l'avance (parfois, ça bouchonne pont Mirabeau, des fois non – la prévision est difficile), avec Alpha, on va boire un chocolat chaud – nettement moins bon que celui dont je fis la découverte, rue Bernard-Palissy, l'après-midi même, avec Chandani et Isabelle – place Gaston-Pailhou, puis s'engouffre parmi les rares fidèles venus pour la deuxième soirée du collectif Capsul.

1ère partie : Omar (sous la direction du sax ténor compositeur ). Très beau, des moments très forts (plus côté Archie Shepp, voire Braxton, que côté Ornette et Steve, dont pourtant le descriptif se réclame), avant malheureusement qu'Alpha ne souffre des oreilles : final trop appuyé côté sono, batterie très chouette mais violente – entr'acte dans la rue, douleurs, fatigue. Comme il était inquiet, on est même allés aux urgences le lendemain matin (d'où le poème en textos publié avant-hier).

Omar au Petit Faucheux

On n'a pas entendu la 2ème partie, Vocuhila.

Mais on va suivre ce collectif... et ne plus aller au concert sans provision de bouchons d'oreilles.

vendredi, 26 octobre 2012

Petit Faucheux, 25 octobre 2012 : Air Brigitte (Capsul)

 Hier soir, c’était donc, au Petit Faucheux, le lancement du collectif Capsul.


 Etaient programmés un quartet qui a déjà tourné en Europe, Watsun, et un quintette plus local, apparemment, et qui se nomme – assez étrangement – Air Brigitte. La formation est dirigée par la claviériste (orgue Hammond et Moog, si je ne m’abuse) Emma Hocquellet, et, selon une orchestration tout aussi innovante que passionnante, du batteur Alexandre Berton, du bassiste Julien-Baptiste Rascagnères, du tromboniste Alexis Persigan et du flûtiste Thomas Quinart.

 Première chose à souligner : les compositions d’Emma Hocquellet sont excellentes, à la fois complexes et dansantes. Deuxième point, non des moindres : les cinq jouent absolument ensemble, avec une jouissance communicative. Il s’agit là d’un répertoire que l’ensemble du groupe s’approprie et fait fructifier, dans des échanges qui alternent mélodismes, noisy pop, free jazz – avec, toutefois, un sens du swing rarement maintenu à ce niveau d’évidente beauté.

 

On l’aura compris, j’ai été totalement séduit par Air Brigitte ; je suis même prêt à ne pas trouver trop ridicule le nom, qui a, au moins, le mérite d’une certaine – quoique énigmatique – recherche. (Il suffit de donner quelques rapides coups de sonde dans les noms de groupes de jazz contemporain ou de rock pour se rendre compte que cela n’a rien d’évident.) Le tromboniste – on se souvient peut-être que l’os à coulisse est un de mes instruments fétiches – est remarquable, son camarade traversier se fait entendre sans avoir à se pousser du souffle, même face aux élucubrations, toujours riches, du bassiste. (C’est sans doute Julien-Baptiste Rascagnères qui est le plus évidemment noisy : usinage et butinage sont les mamelles de la basse électrique, quand elle est comme ici à son meilleur.)

Cerise sur le gâteau, j’avais achevé, à l’entracte, la lecture du dernier livre de Nathalie Quintane – Crâne chaud –, lequel est constitué, en grande partie, de conversations imaginaires avec Brigitte Lahaie. Aussi, avec mon crâne chauve, ma gorge catarrheuse, étais-je tout ouïe pour Air Brigitte.


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On s'offusquera peut-être de l'absence de tout commentaire sur Watsun. Qu'on ne se méprenne : j'ai bien aimé la première partie de soirée, notamment le saxophoniste, Romain Mercier (excellent), et la section rythmique. Mais la guitare électrique, instrument qui m'ennuie rapidement en jazz, penchait du côté non rythmique, chaloupé, et (pour tout dire) interminable.

Par ailleurs, note to self, je suis allé aussi au Petit Faucheux les deux derniers vendredis, et n'en ai (encore ?) rien écrit.


lundi, 01 octobre 2012

Pont Mirabeau, "déchet sociétal"

On vit toujours (plus) avec ses ombres et spectres. Retour chez soi après une très longue journée (belle par certains côtés, il ne faut jamais l'oublier), et voir encore et toujours, comme depuis quatre mois, cet intrigant presque autant qu'inquiétant homme qui, assis sur le trottoir côté aval, au milieu du pont Mirabeau, arbore désormais (après rien, puis longtemps une pancarte CON À TUER) une pancarte DECHET SOCIETAL. Cela fait quatre mois, peut-être plus, que je l'y vois plusieurs fois par semaine, il est assis sans rien demander ni quémander, et, bien mis, semble, à cet endroit très passant où aucun véhicule ne peut s'arrêter sans risquer d'embouteiller ou d'être embouti, vouloir protester contre la situation économique générale tout autant, sinon plus, que contre son cas particulier. Souvent, et ce soir encore (il était huit heures et demie, tout de même), je vois un véhicule arrêté, avec un ou deux hommes (une seule fois : une femme seule) qui discutent avec lui -- généralement, policiers ou véhicule du genre services sociaux. Il y a quelques jours, l'homme, habituellement impassible, faisait de grands gestes. Que faire, sinon passer à 50 à l'heure et faire ce que son attitude nous demande, à savoir de passer et de réfléchir à cet homme qui, jour après jour, s'installe à cet endroit inaccueillant avec sa pancarte DECHET SOCIETAL (CON À TUER était nettement plus dérangeant) ? Et finir, après l'avoir plusieurs fois voulu, par écrire un petit texte archivant son geste (sa geste ?).

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Demain, cela fera onze ans. Certaines fois, je n'aime pas le nombre onze.

dimanche, 30 septembre 2012

Moins-orti

Je l'écris comme c'est sorti, comme ça s'est appesanti.

Focus Danse; [gravures] dernier jour de 7bre .................. danse < soprano

les 12 jardins

les 6 gravures

les 4 boissons

l'1 vieux endormi tenu par son volant sur la route de Chinon

NOMBRES

Le trio forme un serpent qui se gondole au fur et à mesure des figures. LA MONTRE BLEUE. LA BÊTE NOIRE. Mais tout de même les carottes râpées dans le cake, et la cycliste aux cheveux couleur carottes râpées chute d'épluchures sur les bords de Loire.

Le piano interrompit les envolées du trio. (Au verso je dois le préciser trois fois les 3 miens le tout sur fond noir vieil assemblage dû à la main technique de Delphine.)

 

NOMBRES                les 15 tuiles de mon fils en déveine au bout de seulement 4 coups

puis mes 9 tuiles après le 6e coup, la chance tournant définitivement en ma défaveur

 

Si je compose un texte aussi enchevêtré à chaque partie de pyramides plastiques, qu'en faire ensuite ?

 Puis j'écrivis une sorte de poème débile.

Colombe de la paix

perdue hors des lignes

(des lignes amies)

l'échéance à peine repoussée

du triple échec (cuisant :

marmite du dîner) Colombe

ton ombre on la déchiffre

 

le mot SEPTAIN compte 7 lettres

trouver pour nouvelle forme de sonnet un nom de 14 lettres

 

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dimanche, 08 juillet 2012

De mèche

Les averses ont fini par coucher au sol les fleurs roses des pois de senteur. Les nèfles vieilles et desséchées de l’hiver dernier forment, ici et là, de petits tas compacts, comme du béton usé. Sur la terrasse, au vent et au soleil, un escargot se hâte. Le hérisson – que l’on aperçoit le soir quand on rentre tard en voiture – laisse ses crottes sur les dalles, dans un effort de symétrie visuelle avec les nèfles noirâtres.

Temps encore et toujours incertain. On a tout de même décidé de faire une lessive.

lundi, 18 juin 2012

Aux platanes de porcelaine

 

Un cycliste passe, K-Way rouge. Me regarde, tournant la tête, le dévisager.

 

Puis un autre.


 

Assis au poste de contrôle du laboratoire 66, avec quatre étudiants en tout et pour tout, je me souviens qu’il y a vingt ans il faisait chaud, un grand soleil sec, à Talence – année de cerises et d’enthousiasmes.

 

Curieusement, le monde a rétréci.

 

Une cycliste, en sens contraire.


 

Paradiso. Get your kicks.

 

jeudi, 14 juin 2012

Un whisky d'abord

Les yeux clignant d’épuisement, ce sont les doigts sur le clavier qui écrivent seuls le texte, ce qui est faux. Aller-retour précipité, tout à l’heure, au square, après fausse alerte en trottinette, et jambes lourdes, mais moins que les plis du visage ou les yeux. Le café renversé sur la chemise verte a pu contraindre, divertissant sottement un début de réunion morne, à aller s’isoler, le temps d’enlever la dite chemise, de la passer sous l’eau et de la mettre à sécher – j’avais un tee-shirt impeccable en-dessous, que j’ai pu exhiber sous mon costard. Nuit d’épuisement, et toute la journée qui suit effrite le moindre instant. Même le cidre est indigeste, on s’endort alors, quasiment, dans la salle d’attente de l’ophtalmologue (pour moi, je dois prendre un rendez-vous – je n’ai pas dû aller chez ophtalmo ou dentiste depuis cinq ou six ans). Donc ce sont les doigts qui écrivent tout, ce qui est vrai, et ce qui est faux.

mercredi, 06 juin 2012

Des aboiements


Dans le vestibule, je viens de changer la date au calendrier en bois : restée coincée au 29 mai, elle a basculé à ce 6 juin, date qui rappelle, outre – évidemment – le débarquement de Normandie (nous avons passé une dizaine de jours, en juillet 2009, à faire le tour de plusieurs sites, dans le Calvados et le Cotentin), mon débarquement en blogosphère. C’est l’occasion pour moi, après sept années, de faire le point sur les nombreuses béances, et les frustrations, surtout. Il y a que je suis velléitaire, ne me tiens pas à grand-chose, de sorte que ces carnets, qui auraient pu devenir dépositaires de tant de choses, sont frêles, précaires, à ciel ouvert.

Peut-être aussi devrais-je me décider à donner un coup de collier et clore un des cinq ou six chantiers d’écriture en cours depuis des années, souvent même un lustre : Dubuffet, les mines, Courbouzon, etc.

Je pressens que ce billet, que j’écris à neuf heures moins le quart et vais publier avant d’aller étendre une lessive puis d’emmener les garçons au Jardin botanique, sera l’occasion de quelques ajouts, au fur et à mesure de ce mercredi.

lundi, 07 mai 2012

Le Soleil. Notule pour fêter le retour au calme.

 Il fait, de nouveau, beau et doux. En me rendant à pied dans le vieux Tours, j’ai entendu – sans parvenir, de prime abord, à discerner d’où venait exactement la musique – un saxophoniste qui s’exerçait à déchiffrer le début des Fables of Faubus – une des plus belles compositions du 20ème siècle, bar nearly none. Il s’est avéré que le son venait d’une fenêtre ouverte au-dessus du bistrot de la place des Joulins. Je suis resté vingt ou trente secondes peut-être, en-dessous de la dite fenêtre, à écouter. Subitement, le son s’est arrêté, et, à peine quelques instants plus tard, j’ai vu, de la porte située sur le côté du bâtiment, un jeune homme sortir dans la rue, et me suis autorisé à l’aborder :

 

— Pardonnez-moi, est-ce vous qui jouiez Fables of Faubus ?

— Oui.

— Ah, c’est un de mes morceaux préférés. C’était à l’alto ?

— Au soprano. Mais je joue plutôt de la clarinette.

— Bravo, vraiment, et bonne chance. C’est un morceau merveilleux.

 

J’ai repris mon chemin. Plus loin, j’ai vu que, sur la place Plumereau, avait ouvert un magasin La Cure gourmande. Depuis quand ? Mystère.

mardi, 24 avril 2012

Différance des vacances

Ce matin, je me suis réveillé avec cette fatigue et cet interminable rhume d’une quinzaine chevillé au corps, à quoi s’ajoute une quasi-paralysie de l’omoplate gauche. Il n’est pas question de retourner voir le médecin, chez qui j’étais encore hier. Nous semblons revenus à l’ère de Molière, et pas seulement parce que le nouveau Pétain prononça, à Longjumeau, un discours dénué de véritables liens logiques – et voilà pourquoi votre fille est muette.

Dans l’intervalle, sans se laisser abattre, il faut goûter les Images de Debussy. Au salon, j’ai lu plusieurs des pastiches de Bret Harte rassemblés dans un volume intitulé Condensed Novels, et qui, pour ne pas être très élaborés stylistiquement (qu’est-ce qu’un pastiche sans absolu mimétisme ?), sont tout à fait drôles (Kipling, Dickens, Dumas). À l’étage, en aidant Oméga à bâtir sa forteresse en Kapla, j’ai poursuivi ma lecture des poèmes-conférences de David Antin (i never knew what time it was). Ils sont fascinants, et – at times – prodigieusement agaçants.

 

 

Il m’est arrivé, en regardant les résultats détaillés des élections dans tel ou tel département, de songer à rouvrir un nouvel album de limericks, pourquoi pas berrichons ou vexinois ?

jeudi, 12 avril 2012

Jour de soif, dies illa

& les tours d'horloge / me serrent la gorge / chaque seconde me tue


Nicolas Hulot est fâché avec les prépositions.


Racine feat. La Belette, ras-le-bol. Pardon. Rotrou feat. L'Hermine. Try again. Molière feat. Le Glouton. Mairet feat. Le Furet ? Et Samantha St Jean ? Elle a chanté avec La Fontaine feat. Le Putois ? Non, c'est juste le clip suivant sur W9. Je vous croyais devant... Non, de loin. (Le cadet a une otite.)


----------- Je tiens à rassurer les nombreux fans d'Oméga, que je garde car il a une otite : il est en pleine forme (lui...) et joue présentement au nain jaune avec son lapin en peluche blanc. ----------

 

J'ai entendu la pub de l'office de tourisme du Jura, matraquée sur France Info. N'en reviens pas. 

"Viens randonner sur moi"   <==   a une tête d'oeuf.


Il calamite. Et ignomine. Et passe les gnomes à la calamine.

"le chat aussi / couci-couci"

Et à la page 31, l'appel de note de bas de page est un ♥.


Après avoir passé la tête-de-loup puis l'aspirateur dans son Versailles pavillonnaire de province, puis perdu au nain jaune tout en ayant fait deux fois "grand opéra", la marquise, les mains rompues par les vaisselles et les naseaux comblés par le fumet de la flamiche aux poireaux, se connecta à Facebook.

 

Grand concours de syntaxe postmoderne et de sémantique déconstructionniste dans le journal Sud-Ouest.

mardi, 27 mars 2012

Ci-gît Sherlo(c)k Holmes

Ce midi, je dégustais un couscous en excellente compagnie.

 

Je ne pouvais donc pas, contrairement à hier, contempler ma fruste table à la façon de Morandi, ni lire avant d'être servi la page que Jean Frémon consacre, dans Rue du Regard, à Morandi.

Le lundi c'est Morandi.

Et avec ces prétéritions, deux liens photographiques en guise de bout de ficelle, et l'idée que je pourrais/devrais écrire un jour une Rue de l'Oreille, je bricole un billet fissa histoire de ne pas laisser passer un mardi en waste land.

 

╬╬╬ Ci-gît Sherlock Holmes, privé de son C, et massacré dans le bureau, avant le couscous (justement). ╬╬╬

lundi, 26 mars 2012

La marche, Lamarche

(En théorie, c'est un billet jazz qui devait reléguer ce billet-ci, qui figure encore pour quelques minutes au bas de la page d'accueil, dans les pages invisibles.)

 

Levé à la même heure que d'habitude, arrivé une demi-heure plus tard à l'Université -- parce que j'ai pris le bus, tout simplement. 40 minutes de porte à porte, au lieu d'une dizaine à peine, on s'étonnera que peu de gens choisissent encore les transports en commun. Il se trouve que le seul bus "direct" met 40 minutes à couvrir les 6 kilomètres de la Petite Arche aux Tanneurs, et que je préfère prendre une autre ligne, m'arrêter aux Ursulines, et marcher jusqu'à la fac en remontant la rue Blanqui puis la rue Colbert.  Vivement, quand même, le tramway. Vivement, surtout, la fin des travaux du tramway.

Outre la satisfaction de polluer un peu moins, j'aime marcher, et suis convaincu que, si je ne me ressens pas parfaitement tourangeau, c'est que mon mode de locomotion habituel est la voiture, justement.  Il y a bientôt sept ans, lorsque j'ai commencé de tenir ces carnets (dans l'espoir, à l'origine, d'en faire une sorte de Département du Gers version ligérienne), je me sentais presque plus (ou mieux) tourangeau qu'aujourd'hui, sans doute parce que les trajets sont devenus ordinaires, que les émerveillements du début se sont estompés. Surtout, j'avais passé la première année universitaire (2002-2003), ne vivant à Tours encore que deux jours par semaine, à beaucoup marcher, surtout le lundi soir. Puis, les années suivantes, avec un seul enfant (et une seule bagnole), il y avait des moments de déambulation, qui ont fini par s'évaporer, aussi parce que, à partir de 2007, entre la naissance d'Oméga et l'accroissement des responsabilités administratives, mon agenda s'est beaucoup resserré. Dans cette ville où les boulevards sont des avenues, je sais, pour l'avoir vu, que le boulevard Maeterlinck n'est qu'une ruelle -- mais je ne l'ai vu que depuis ma voiture, en passant -- cela n'a aucune espèce de sens.

Toujours est-il que je me sens , finalement, assez peu autochtone. Le mot autochtone devrait tirer son origine de la marche ; que je sache, ce n'est pas le cas.

vendredi, 23 mars 2012

Brouillons d'onze heures

Mon ordinateur fait un boucan de Boeing, et je ne cesse de devoir jeter des vieux documents à la corbeille pour faire un peu de place – naviguant sans cesse entre 400 et 800 mégaoctets de mémoire disponible, ce qui est trop peu, bien sûr – mais, autant par souci de ne pas envoyer au recyclage (et encore, est-il bien sûr qu’il y ait recyclage ?) que par radinerie, je ne peux me résoudre à en acheter un nouveau.

En ce moment, ça pue le kérosène tous les jours. Saloperie d’avions militaires, et de pilotes qui ne servent à rien.

Facebook sert aussi à s’interroger sur des questions épineuses, ainsi de l’hésitation entre indicatif futur et conditionnel présent pour la structure idiomatique qui se dit plus qu’elle ne s’écrit : « je te ferai dire » ou « je te ferais dire ». Je penche pour la première option (plus grand autoritarisme de l’énonciateur), mais pas eu le temps de faire de véritables recherches

Si les touffes de poils sont un signe qui ne trompe pas, la chatte a recommencé à passer ses nuits sur sa chaise favorite, la blanche, au sous-sol, à côté des étagères à chaussures. Pendant l’hiver, elle avait dû prendre ses quartiers à la buanderie, entre deux coussins, dans le vieux meuble hi-fi en mélaminé blanc. Là, m’ayant accompagné sur la terrasse où j’étendais un peu de linge (que je crains de devoir rentrer s’il s’avère que les effluves de kérosène sont pour la journée entière), elle y est restée, et lézarde.

J’écoute The Apple in the Dark, duo du batteur Gerry Hemingway et du pianiste/saxophoniste Ivo Perelman. Disque remisé depuis un bon moment. Et je voudrais écrire quelques phrases sur les deux minces récits traduits du basque que notre ami Cyril nous a envoyés – promotion copinage – avant d’aller faire une course, le plein, puis chercher Alpha à l’école.

dimanche, 18 mars 2012

Patty Day Rugpoetby

Hier soir, vers six heures, alors qu'il avait plu, je croisai, rue du Commerce, des flots épars d'hommes et de femmes arborant des chapeaux aux couleurs irlandaises, certains le visage semblablement peinturluré, tous se dirigeant vers quelque pub ou bar où ils pourraient, en groupe, assister à la déculottée (que personne encore ne savait telle) de leur équipe, que ce fût leur équipe d'un jour (Saint-Patrick oblige) ou de toujours (mais la communauté irlandaise n'est pas très fournie à Tours).

 Faux (rouge) trio flou "Hé, Michel !" / Café Le Narbey, rue de la Monnaie, Tours. Bernard Pico, Karin Romer. Café Le Narbey, Tours. 

Je me rendais au Narbey, rue de la Monnaie, calme café obscur où je n'avais jamais mis les pieds mais où se clôturait, par des lectures de poésie également suggérées par le Printemps des poètes, le colloque de la Société Française d'Etudes Irlandaises. J'avais apporté, pour le faire éventuellement découvrir, hors Irlande, l'un des sept minces recueils du sublime Tatamkhulu Afrika.

Quoof.jpg

 

En fin de compte, il y eut pléthore de lectures possibles, outre Premier Amour de Beckett par Karin Romer et Bernard Pico, des poèmes qu'avait apportés Martine Pelletier, deux brefs Paul Muldoon que Stephen Romer et moi donnâmes en version bilingue ("Quoof" et "The Frog" - j'ignorais même que Jacques Jouet eût traduit de la poésie irlandaise), quelques tirages au sort dans la grosse anthologie bilingue de Verdier (au titre de quoi je me retrouvai à lire, sans les avoir aucunement découverts au préalable, un long poème de John Montague et une pochade abstruse de Joyce). Après les lectures, je n'ai pu discuter que brièvement (et encore, plus du tournoi que de poésie) avec Matthew Staunton, qui avait lu trois brefs poèmes de sa main, et accepté de lire l'original gaélique d'un beau poème de Nuala Ní Dhomhnaill.

Les deux poètes que Martine avait apportés, sous forme textuelle bien sûr, étaient, de mémoire, Brendan Kennelly et Eavan Boland.

 

Au sortir du café, vers neuf heures moins le quart, la nuit et la bruine avaient obscurci, sans les décolorer, les façades irlandaises des gargotes tourangelles.

samedi, 17 mars 2012

Dilemme classificatoire & buanderie (not) barbadienne

Il y a bien longtemps que je n'ai pas rasé les rares lecteurs quasi spectraux qu'il me reste avec les piles de livres à lire et les piles de livres que j'ai lus et que je me résous pas à ranger. Rassurez-vous : mon silence électronique de ces derniers temps ne signifie aucunement que les projets aient avancé. Le propre des projets, je m'y résigne, est de ne jamais avancer vraiment.

Toutefois, je ne vais pas vous bassiner avec cela aujourd'hui, mais avec un autre dilemme classificatoire. Face à l'invasion du bureau-bibliothèque, et face au véto farouche de mon épouse (qui ne veut pas voir (et elle a raison) poindre d'étagères dans la chambre à coucher, ni dans le salon), j'ai dans l'idée de ranger certains livres au sous-sol, sur les étagères de la buanderie. Il y en a déjà (revues savantes à l'intérêt limité, usuels jamais usués etc.), et je tiens à préciser qu'en dépit de son titre officiel (buanderie), il s'agit d'une pièce très saine, pas humide, puisque s'y trouve également la chaudière. Reste à déterminer quels livres on peut descendre durablement au sous-sol, et par conséquent de quels livres on peut se passer.

Plusieurs hypothèses :

  1. livres lus, peu aimés, dont on sait qu'on ne les relira jamais, ou qui n'appartiennent à aucune "collection" pertinente
  2. livres achetés il y a longtemps, et toujours pas lus
  3. livres d'un certain format (les livres de poche feraient d'idéaux candidats, mais mon épouse s'y reporte souvent)
  4. livres d'un certain genre (théâtre par exemple)

 

Affaire (même pas) à suivre.

dimanche, 04 mars 2012

Brisées dominicales

Entre Orthez et Bordeaux, achevé la lecture du roman de Libar M. Fofana (L'étrange rêve d'une femme inachevée - un texte courageux, dense, acéré et flaubertien dont j'espère avoir le temps et l'occasion de reparler prochainement dans ces pages), puis de Briar Rose, bref récit éclaté (avec variations) par lequel Robert Coover réécrit le conte de la Belle au Bois dormant (j'avais lu, trois jours plus tôt, Snow White de Donald Barthelme - plus déjanté).

Entre Bordeaux et Challais, après m'être restauré au Mitico, un infâme bar PMU, correction des copies en souffrance, puis, entre Challais et Tours, lecture de la moitié du Secret de Caspar Jacobi, acheté d'occasion je ne sais plus quand et qui traînait à Hagetmau depuis je ne sais plus quand non plus. Il n'y a pas à dire, voyager en train est plus enrichissant (surtout quand la ponctualité est de mise et qu'aucun ratage de correspondance n'est au rendez-vous) que la longue litanie des bandes d'arrêt d'urgence et autres ronds-points.

Il reste à préparer un cours. Tours fait grise mine, sous les nuages bas et une brise glaciale, porteuse pourtant du printemps.

Je rêve assis.

lundi, 13 février 2012

Dans le noir, et le blanc

Arrivé à 6 h 50 à l'Université, ce qui est plus tôt – et plus ridicule – que jamais. Mais j'étais réveillé tôt, courbatures.

 

Il est tombé encore deux ou trois centimètres de poudreuse, pour saluer le redoux. J'ai dû déneiger la pente avant de sortir la Clio, par anticipation. La plupart des rues, des routes, sont noires, au moins sur une voie. Les saleuses seraient-elles passées, alors qu'on n'a pas vu le facteur pendant cinq jours, et que les éboueurs ne sont pas passés dans le quartier depuis une semaine et demie ?

 

Je n'arrive à me tenir à rien, me sens très profondément fatigué, de ne pas foutre grand-chose, pourtant. Le café percole, bureau 44. Tous les couloirs et escaliers étaient éclairés, dès 6 h 50, et sans doute avant – pour moi seul, presque, on eût dit. Le café percole bruyamment, et je me sens épuisé.

 

Ce matin, bien équipé, pour ne pas avoir encore ces curieuses douleurs articulatoires que j'impute aux refroidissements, même lorsque je vais au sous-sol (où il faisait 4° ces jours-ci), j'avais enfilé mes gants en même temps que ma parka, dans le couloir du rez-de-chaussée. Mais il faut bien que l'homme noue ses lacets.

Puis qu'il démarre une Prius noire de neige.

 

Lundi matin, 7 h 20. Quatre heures et demie de cours, puis quelques menues broutilles. Fatigué.

dimanche, 05 février 2012

4 vues

"De ce globe qu'on gère".

Boulodrome sous la neige.Tours-Nord sous la neige.

Tours-Nord sous la neige. Square Mariotte.

dimanche, 29 janvier 2012

La Fleur de barbe

Ce matin, après un réveil plutôt moins matinal que d'ordinaire (le jour filtrait déjà à travers les persiennes, pour ne rien dire des Velux™), le baliverneur quelconque qui ne s'est pas encore lassé, depuis six ans et demi, de tenir ces carnets avec une régularité variable, s'est rendu, dans sa guimbarde hybride, certes, mais aussi beugnée en trois endroits sur le flanc droit, au marché de l'Europe que, dans un élan de créativité désignatoire (que seules, peut-être, les paroles de la chanson de Bob Dylan Man gave names to all the animals sont susceptibles d'égaler), il a décidé de rebaptiser marché aux huîtres. (Pour ce billet, dont le titre a été choisi dans les minutes qui ont suivi le tapuscritement (la typographisation ? le tapage ? la rédaction ?) de l'expression marché aux huîtres, le baliverneur semi-barbu a hésité entre Le Désistement et Langage des caves XI. He'll save them for later, hell.) Sur les quelques étals épars, sur la placette, on compte pas moins de deux ostréiculteurs, ou vendeurs d'huîtres, ce qui n'est pas la même chose : faut-il les nommer mareyeurs ? Pas l'ombre de la queue d'un poissonnier, en revanche. Le mot huître toujours me rappelle Ponge, Dickens et Dolores O' Riordan. On n'ira pas encore, de sitôt ni aujourd'hui, cueillir les fleurs dans le terrain vague.

Deux fois tu as omis de dire.

Deux fois tu omis le verbe dire.

Deux fois tu promis de maudire. Incantation aux fleurs, ce qui n'empêche pas de retordre plus souvent, à bouche de mâchefer, à doigts de licorne, la prose que le poème. L'inverse n'est-il pas, le plus souvent, tenu pour acquis ? Je ne suis pas le plus souvent. Je ne suis pas le Mâchefer. Je hante le marché aux huîtres, où j'achète poires Conférence et chipolatas.

samedi, 21 janvier 2012

Paperolles avant printemps

Mardi, me semble-t-il, j'ai aidé une collègue à faire du tri et surtout du ménage dans le bureau qu'elle occupe avec quatre autres collègues et qui, parce qu'il est propre et bien rangé, avait échappé à mes razzias de fou de la benne (à recyclage) lorsque je dirigeais le département d'anglais - oui, femme de ménage faisait partie de mes attributions officieuses. Il se trouve que nous avons déniché des paquets de copies vieux de parfois dix ans (or, lorsque les étudiants ne les ont pas récupérés au bout d'un an, on peut s'en débarrasser) ainsi que divers papiers ou supports de cours de collègues partis depuis parfois trois ans, parfois cinq, parfois une décennie. J'ai sauvé de l'immense masse de paperasses obsolètes et sans aucune utilité des centaines de photocopies de sujets de thème dont je pourrai sans doute me servir si j'enseigne le thème littéraire dans les années à venir. Il s'agit de textes de Pagnol, de Modiano, d'Alain-Fournier, de Camus - mais aussi de Paul Bonnecarrère et de Maurice Pons. Je lis ces textes en les traduisant in petto, selon le principe de la traduction improvisée (encore en vigueur lors des épreuves orales de l'agrégation interne), et tout en regardant le match le rugby Stade français - Worcester. La chatte, après avoir farfouillé de ci de là, tracassière, m'a rejoint sur le canapé, et fait la patouille sur le plaid à imprimé panthère (du meilleur goût). Avant le dîner, à la buanderie, j'ai écrit trois poèmes, Poèmes de la buanderie donc. L'autre jour (oui, c'était mardi), nous avons rempli deux chariots métalliques de ces kilos de paperasses. Gâchis, yet spring cleaning (in winter).

vendredi, 20 janvier 2012

La langue française, version Université de Tours

La langue française, version fac de Tours

 

Je cause français

C'est un plaisir

Je cause français 

C'est un plaisir

jeudi, 19 janvier 2012

Avant d’y repartir (turbiner)

Ce midi, déjeuner du type razzia sur les restes – une cuisse de poulet datant de vendredi dernier, une tranche de pâté en croûte (survivante d’agapes dominicales), un fond de lentilles cuisinées, un fond de soupe dont plus personne ne voulait, et même une orange qui avait commencé de bleuir (sans doute pour faire la maline et témoigner d’un vague vernis de culture) – de sorte que, si on me retrouve clamsé d’ici ce soir il sera impossible de déterminer l’aliment fautif (fauteur ?) – et de sorte aussi que je suis le genre de gars qui peut déclarer tout de go qu’en un seul repas il remplit un lave-vaisselle. Toutefois, c’était délicieux ; avec un pion de blanc (reste du Gewurtz d’hier soir), c’eût été encore meilleur, mais j’ai oublié. Et comme tout cela est passionnant !

mercredi, 18 janvier 2012

Mourir

« Il y a quelque chose de profondément oxymorique lorsqu’on voit les abeilles mourir le premier mois du printemps. » (Thomas Vinau. Nos cheveux blanchiront avec nos yeux. Alma, 2011, pp. 83-4)

 

Et regarder la pluie tomber : entendre les termites bouffer les charpentes. Exacerbation, dont l’oxymore pourrait être parent. Mais pas ici.

dimanche, 15 janvier 2012

Ebauche de dimanche

Je vais me rendre, en Clio, au marché du quartier de l’Europe. Les pare-brises, dans la rue, sont gelés, et on entend le vrombissement léger du lave-vaisselle. Le vieil ordinateur ronronne, un dimanche a déjà commencé, dans les pages, les papiers peints. Et moi, tout benêt, benoîtement, je vais aller au marché, non loin, dans le quartier de l’Europe.

samedi, 14 janvier 2012

Promenade dans la vase

Cet après-midi, au cours d'une brève promenade dans mon quartier, je me suis aperçu que, dans ma rue, le n° 29 se trouve pile en face du n° 58, alors que, pourtant, le "retard" du côté impair, dû principalement au square en début de rue, semble en grande partie compensé dès le premier virage, où n° 7 et n° 16 se font face. Par ailleurs, j'ai pris conscience que je pouvais faire un tour, au sens strict du terme, en ne quittant jamais le côté pair de la rue Mariotte, puis en revenant par le côté pair de la rue Torricelli... ce que je suis tenté de nommer le "tour sans impair" (d'autant que j'étais vêtu d'une parka). Il est bien bref, c'est son défaut. Ainsi, je lui préfère tout à fait le tour bazardeux par la passerelle, les musiciens, et même le faux parc et le Carrefour Drive.

Plus tard, j'ai lu de brefs récits de Gary Lutz tout en jetant un oeil négligent à Toulouse-Connacht. Quoique les Irlandais arborassent un sponsor doté d'un triple A, Aer Arann, ils sont tout de même repartis avec une petite valise.

samedi, 17 décembre 2011

Un freux dans le saule du square

Freux dans saule. Tours, quartier des sçavans,  17 décembre 2011.

mardi, 13 décembre 2011

Jugements de valeur (De la Pacotille)

Comme je suis affalé dans le sofa, comme je suis loin d’avoir fait le tour des textes de David Markson, comme il fait cette après-midi un soleil splendide après une matinée de déluge et de boue, comme je suis fatigué et affalé dans le canapé, comme j’écoute la Symphonie en trois mouvements de Stravinsky, comme je ne sais pas dans quelle « rubrique » je publierai les stupides remarques qui suivent, et comme j’ai, outre le bas du pantalon souillé de boue séchée, des bouloches de tissu vert plein le nombril (c’est un t-shirt quasi neuf), comme je ne sais pas par quel bout commencer, par quel angle attaquer, comme j’ai dû me redresser car affalé dans le sofa est décidément une position trop inconfortable pour écrire (même en écoutant Stravinsky), comme je vais devoir de toute façon m’interrompre pour me lever et aller me servir une énième, non, quatrième, mug d’English Breakfast, comme je suis intrépidement intrigué et désespérément désabusé, je pense que je vais me contenter de dire qu’apparemment (ou du moins, après de rapides recherches), le paragraphe dans lequel se trouve une critique acerbe de Vladimir Nabokov est bien de Markson himself, n’est pas une citation, un fragment ég-logal – non, ce serait de lui, et je ne sais par ailleurs d’où vient cet adjectif, pinchbeck, dont je suppute qu’il s’agit, à l’origine, d’un emprunt au français, et qu’en tout cas  je n’hésiterais aucunement à traduire par « bec pincé », d’autant que je sais désormais – tant pour les rapports étroits entre Pale Fire et les Eglogues de Renaud Camus que pour certaines parentés entre l’écriture de Nabokov et celle de Pynchon – que je publierai ce billet dans au moins deux rubriques, affalé toujours sans doute et coincé et bec furieusement pincé (pynché ?) aussi.

 

The precious, pinchbeck, ultimately often flat prose of Vladimir Nabokov.

The fundamentally uninteresting sum total of his work.

(David Markson. This Is Not A Novel. Counterpoint, 2001, p. 73)

 

Le côté précieux, clinquant cul pincé, et, en fin de compte, souvent bien plat de la prose de Vladimir Nabokov.

Le fait que son œuvre entière est, au fond, tout à fait inintéressante.

 

 

Après vérification, dans l’OED, il s’avère que j’ai tout faux, tant pour l’étymologie que pour le sens. (J’ai donc corrigé ma traduction dans le bon sens, mais en gardant en palimpseste gratté le premier jet, plus rigolo je trouve.)

 

pinchbeck, n.2 and adj.

Etymology:  < the name of Christopher Pinchbeck (c1670–1732), London watchmaker, who developed the alloy.

A. Noun

1. An alloy containing a high proportion of copper and a low proportion of zinc which is used chiefly in making cheap jewellery, on account of its resemblance to gold.

2. fig. A thing that is false, counterfeit, cheap, or worthless; spec. something that appears valuable but is actually cheap or tawdry. Also: the state or condition of being tawdry or worthless.

 

B. Adj

1. Made or consisting of pinchbeck.

2. fig. False, counterfeit, substitute; cheap, tawdry.

1845    N. P. Willis Dashes at Life 109   She had, beside, a kind of pinchbeck smartness, and these two gifts, and perhaps the name of Corinna, had inspired her with the idea that she was an improvisatrice.

1910    Chambers's Jrnl. Aug. 544/1   The man was a very pinchbeck brigand, or he was telling the truth for once in his desperate straits for money.

1987    J. A. McArdle Sin Embargo 629   The contrast between the glitter of the gilded calves that had been foisted on the masses and the pinchbeck reality.


-------------------- Je me suis contenté de recopier éhontément, ci-dessus, les citations proposées dans l'OED, mais on trouve sur Internet des citations beaucoup plus belles, et captivantes, par Joseph Conrad, H.L. Mencken, Charlotte Brontë, Mark Twain, Montague Summers (le préfacier de l'édition des oeuvres d'Aphra Behn), dans une traduction anglaise des Grenouilles d'Aristophane, mais aussi dans Apollinaire (il y a une Lady Pinchbeck dans Les Trois Don Juan), dans Pierre de Melville, dans les Ballades de Thackeray, et dans une traduction de L'Elixir de longue vie de Balzac, etc. etc. etc. -------------------

mardi, 06 décembre 2011

« Et son âne qui rouspète »

Clic clac clic, clac clic clac clic.

 

Le temps d’emmener les garçons à l’école, de rentrer, d’étendre la lessive, de faire le lit, un peu de rangement, de préparer la table de travail pour la matinée (je dois être à l’Université en tout début d’après-midi), puis de lancer l’ordinateur (et, m’objectera-t-on, de perdre deux minutes à tapoter cette phrase), il est déjà neuf heures.

Un jour où j’évoquais ce genre de contraintes, tout à fait banales mais qui impliquent toute une organisation pour les rendez-vous de travail (ce que les collègues spécialistes du décommandage – du décommandement ? le mot n’existe pas, mais le concept (le fait de décommander) est pourtant symptomatique de notre société – ne semblent ni éprouver ni comprendre), un collègue sans enfants m’a lancé sans rire : Ah mais, toi, grâce aux enfants, tu te lèves tôt tous les jours, donc tu gagnes du temps pour ta journée de travail.

Imparable.

 

Clic clac clic, clac clic clac clic.

lundi, 05 décembre 2011

Odds'n'ends

 . . . . . . . . Quatre heures de sommeil, sept heures et demie de cours, une heure dans une officine surchauffée, mais une très belle course jusqu'à la gare en compagnie d'une ancienne camarade pas vue depuis quinze ans, et qui turboprofait de Tours à Poitiers. Il fait enfin frais, et un soleil hivernal de grande joie.

Mon exemplaire du Tabucchi acheté à Poitiers le 12 novembre sent le tabac de pipe, comme l'édition Saint-Simon à couverture bleue. This is for you, David M.

mardi, 29 novembre 2011

Lost in the Sound (Chill Bump)

Les Tourangeaux s'amuseront à identifier les différents lieux de tournage. (Il m'en manque pour un ou deux plans.)

mardi, 22 novembre 2011

Kids (Melquiot / Bouillon), Nouvel Olympia (Tours), 21 novembre 2011

Hier soir, nous sommes allés voir la mise en scène de Kids, de Fabrice Melquiot, par Gilles Bouillon.

J’ai déjà eu l’occasion d’écrire tout le mal que je pense de l’inepte Gilles Bouillon. Cette fois-ci, en choisissant de mettre en scène un texte qui est absolument nul d’un bout à l’autre, le grand manitou du Nouvel Olympia avait l’occasion – amplement saisie – de mettre une sorte de point d’orgue à sa navrante carrière. En effet, le texte de Kids est absolument nul, au sens premier du terme : plat, fade, creux – rien ne dépasse, même du mauvais côté.

 

Il m’arrive très souvent d’être agacé par tel ou tel travers de l’écriture théâtrale contemporaine. Là, c’est bien simple : Melquiot s’est livré à un exercice de style qui consiste à les réunir tous, de sorte que son texte constitue une accumulation de tous les tics et imbécilités de la dramaturgie française des années 1990-2000 : faux style familier totalement clinquant, revolver présenté comme un « jouet » qui finit par exploser à la gueule d’un des adolescents, métaphores d’élève de CE2 peu inventif, jeux de mots Carambar, recours à la langue anglaise (délibérément mal prononcée) pour-montrer-l’attrait-de-l’Amérique-sur-les-jeunes-générations-des-pays-ravagés, structure en prolepse et analepse abondamment soulignée des fois qu’un spectateur demeuré (ou endormi, le bienheureux !) continue de ne pas comprendre, didascalies lues par une actrice en semi-off, chansons a cappella ou accompagnées en veux-tu en voilà. Kids est donc, dès son écriture, une sorte de mise en pratique de tout ce qu’il y a de plus explicite et idiot dans les versions dérivées les plus creuses d’un « brechtisme » compris de travers.

Bien entendu, le défi, pour Gilles Bouillon, consistait à réussir à mettre son grain de sel et à rendre le texte encore plus effroyablement mauvais. Gilles Bouillon est un maître, et c’est le genre de défi qu’il ne craint pas. Pari gagné, donc : ce qui était déjà d’une surprenante mièvrerie, il réussit à l’accentuer encore par une direction d’acteurs qui tient du patronage façon années 70. Ce qui est totalement explicite, et, du coup, parfaitement ennuyeux, dans le texte, il le souligne encore par des gimmicks de mise en scène déjà vus cent fois, même pour quelqu’un qui, comme moi, ne va quasiment plus jamais au théâtre. Par exemple, les personnages figurent les murs de la pièce dans laquelle ils sont censés se trouver à l’aide d’un tracé de craie sur le sol de la scène – mais, attendez, ce n’est pas tout : quand un personnage demande à être admis dans la pièce, un des acteurs qui se trouve dans la « pièce » efface environ 80 cm du tracé de craie avec une éponge ! (Oui, oui, les 80 cm effacés, c’est la PORTE !!! ils ont osé aller jusque là dans l’idiotie. Heureusement que la mort est une chose sérieuse : Brecht ne peut pas se retourner dans sa tombe.)

 

Bouillon, donc, en un sens, se surpasse. Y a-t-il, dans le texte de la pièce, des chansons bêtasses, mi-Sheila mi-Gotainer ? L’illustre metteur en scène fait prendre à la « chanteuse » des poses et des mines de radio-crochet, avec œillades que même leur caractère très évidemment « second degré » ne sauve pas du ridicule. Je pense même que c’est encore plus ridicule et vil de faire tout cela au second degré.

Y a-t-il un accompagnement de guitare (cela, je ne sais pas si c’est dans le texte et je ne compte certainement pas vérifier) ? Le guitariste a évidemment des dreadlocks, et il joue évidemment les pieds nus. D'ailleurs, si j’en crois le programme, c’est évidemment un fils ou un neveu du metteur en scène. Il ne manquait, comme corde à l’arc de M. Bouillon, que le népotisme ; c’est chose faite.

J’en passe, et des pires.

 

Un dernier mot. De quoi parle cette pièce ? Des orphelins de guerre, et de la guerre en Bosnie. J’hésite à donner à l’auteur de la pièce une importance qu’il n’a sans doute pas en faisant une lecture politique de son texte… Melquiot doit prétendre, je suppose, que sa pièce subvertit le discours dominant par un recours au second degré (l’insupportable second degré, vieux jeu et élimé depuis déjà trois décennies) et au carnavalesque. Toutefois, ce qui est absolument choquant, c’est de voir une telle pantalonnade, qui, à force de ne pas vouloir dire, de surexprimer ce qui va de soi et d’éviter de parler du vrai drame bosnien, ne dit finalement rien du tout. « Faire une pièce » sur les orphelins de Sarajevo, et ne rien dire du tout, en fin de compte, de ce qu’a pu signifier la guerre en Bosnie, c’est bougrement indécent. Il n’y a ni sens, ni ambiguïté, ni jeu – juste l’immense vacuité d’un plateau hélas surpeuplé.

jeudi, 03 novembre 2011

Qui va amont voit Fromont

Des averses. Ponctuations : bourrasques. Soudaines giboulées.

 

Entre deux abats d'eau suis allé chercher fougasse et brownie que j'ai ensuite engloutis avec un verre de Riesling au bar P.M.U.

De retour dans la salle d'examen, je constate que la trousse et la montre de Candice sont assorties, à la perfection, au pull (très) vert d'Antoine.

Ma collègue lit Patrimony, que je lui ai prêté.

Chaque étudiant a une table de cinq places pour lui ; certains, tout à leur aise cependant, sont à deux par table. ----- Quatorze dans chaque rangée. Les tricheries sont impossibles, même si je navigue quand même dans l'allée centrale, plus pour noter ici     / A C C A L M I E /     que Chloé a une vingtaine de bics de couleurs différentes étalés tout autour de ses feuilles, que j'ai reçu un mail de Capucine, et que Frédéric se dope à l'Actimel. Aussi qu'un groupe d'étudiants vient de sortir, sous des hallebardes, du préfabriqué d'en face.

Qui vole un oeuf vole un boeuf.  (J'ai oublié le parapluie dans la Clio.)

 

Au bar P.M.U., ça parlait fermement Sarkozy et dette grecque.

mardi, 18 octobre 2011

Même caché par un platane

Tours, 18 octobre 2011

Bords de Loire - Tours, mardi 18 octobre 2011

vendredi, 07 octobre 2011

Giacometti n'attend pas (l'isba albâtre)

Après avoir poursuivi poussivement ma préparation in progress de la communication que je délivre (même s'il est peu probable que j'en sois définitivement délivré) demain matin (non : ce matin -- garçon, il est minuit passé), il me resterait à écrire deux textes pour mes deux carnétoiles, et surtout à noter quelques passages de Call It Sleep, que je dois rendre demain --- le PEB n'attend pas. Pas la force, tant pis, je ferai rapidos des photocopies des quelques pages que je voulais, voudrais archiver.

Call It Sleep, en effet : il faut aller dormir, je n'y tiens plus......... et ce même après une belle soirée # Hôtel de Rive, un spectacle court mais marquant, avec ses défauts même, de Frank Soehnle, l'artiste en résidence cette année à l'Université -/- un spectacle qui gagnait surtout à ce qu'on ne sache pas (et je ne le savais pas) que le texte était de Giacometti (la révélation finale éclairait la forme des figures marionnettes).

N'arrive plus à faire des phrases, doit se pieuter. Planque quand même un lien vers le billet que la publication de celui-ci fait disparaître. (Arrive encore à faire des phrases tordues, doit se pieuter.)

mardi, 20 septembre 2011

Saison des coings, op. 11

Au-dessus de la baie, est tendue une bande de drap blanc, sur laquelle sont brodés, en soie bleue et violette, jouant le camaïeu, des chrysanthèmes entre des iris et des fleurs de cognassiers.
(Maison des frères Goncourt (grenier des Goncourt)- Paris XVIJournal des Goncourt, 14 décembre 1894)
 

Depuis que nous avons acheté notre maison dans le quartier des sçavans, à Tours-Nord, en décembre 2008, le mois de septembre est devenu la saison des coings. (Et octobre-novembre la saison des nèfles qui pourrissent le gazon. Mais c’est une autre histoire) Il y a deux cognassiers, que je préfère encore en mai-juin, ainsi que les néfliers : quelle verdure lumineuse, apaisante !

Ainsi, le coing devient motif.

Une recherche dans mes archives photographiques en ligne m’a permis de retrouver un texte que je n’avais pas encore publié dans Entre Baule et Courbouzon, oubli qui sera réparé demain.

Madame de Véhesse m’avait fait savoir, lorsque j’avais publié ce texte dans le groupe La Cohérence échevelée du monde, que « dans le jardin de la maison de Mallarmé, il y a des cognassiers ». Mais est-ce la maison de Valvins, Maison habitée de 1874 à 1898 par Stéphane Mallarmé (1842-1898), Valvins, Vulaines-sur-Seine (Seine-et-Marne, France)photographiée il y a deux jours par Denis Trente-Huittessan ? Par ailleurs, nous avons eu, ma mère et moi, avant-hier aussi, un échange culinaire tout à fait étonnant, à propos de la photographie d’un compotier.

Ma mère a écrit : « Donc, les pruneaux améliorent peut-être la compote aux coings! »

À quoi j’ai répondu, toujours en écoutant le Concerto op. 24 de Webern (il faut brouiller les pistes) :

« Pour ma part, j'avais bien aimé (et E*** aussi, je crois) la 1ère version (75% coings, 25% pommes et sucre). Celle-ci est moins présentable, mais fait plus l'unanimité. Nos deux cognassiers croulant sous les fruits, et le temps manquant (donc pâte ou gelée exclues), C*** a aussi eu l'idée de faire cuire un rôti de porc en ajoutant deux coings aux pommes de terre et sauce tomate habituelles. »

 

 



Ça y est, l’ordinateur Toshiba refait un bruit d’enfer. Il faut brouiller les pistes.

 

samedi, 17 septembre 2011

Coings & pruneaux

Cette année, nouveau concept, déjà plusieurs fois testé : les giboulées de septembre.

Les lampadaires du quartier des sçavans éclairent trop, beaucoup trop.

Je n’ai rien fait de la journée, des bricoles. (Je n’ai surtout rien tiré de ces bricoles. Ce billet comme une tentative de sauvetage.) Choses vues : un filet bleu très curieux, tout autour du terrain de foot, à la Béchellerie. ­— Les juniors d’Azay-Cheillé ont mis la pâtée (comme on disait du temps de mon enfance) ou une belle valise à ceux de Saint-Cyr. Neuf buts, dont cinq dans les vingt dernières minutes.

Choses lues. — Plusieurs poèmes du recueil Man of Glass. Je voudrais traduire (pour Darts on a slate ?) celui de la page 55. Poursuivi la lecture de Crossbones sur le sofa, à l’étage, tandis qu’Oméga jouait avec les vingt petits kangourous graciles de quatre couleurs (les mêmes couleurs que celui du jeu des huit familles Oui-Oui, également à l’honneur ce samedi). Le matin, pendant Afrique du Sud / Fidji, lu des passages de Pour l’autobiographie. À peine feuilleté On the Origin of Stories qu’un collègue m’a offert pour le remercier d’avoir corrigé ses copies en juin, lorsqu’il a eu une péricardite.

Bricoles, donc. Choses faites — aucune, de la compote, des jeux, la vie. — Toujours écrit aucun des billets sur les livres qui s’entassent (la syntaxe de cette phrase s’impose).

À demain pour autre(s) chose(s).

lundi, 12 septembre 2011

Quoi... les paragraphes...

Ni Charlotte ni Fabienne ni, à ce qu'il me semble, Sylvain. Donc bureau 44, aux ordinateurs si lents, à peu près pour moi ce semestre le lundi, mais nous verrons. Lampe allumée, fenêtre ouverte sur le bruyant bringuebalement des fourgonnettes et camions rue des Tanneurs, au point de s'en étonner (pourtant, mon bureau de directeur donnait sur ce même côté – deux mois de rupture).

Guingois du lundi (12 septembre 2011) : clinique vétérinaire (si, si).

Hier soir, je n'ai pas avancé d'un pouce mon cours sur American Pastoral mais 1Q84, très troublant (stylistiquement) par certains côtés mais terriblement romanesque au sens le plus galvaudé. (C. de me dire ce matin entre le bol et la mug qu'il en était de même de Kafka sur le rivage.)

Lettres, certaines, presque effacées sur ce clavier, c'est du sport. Alpha n'a jamais aussi bien dormi que depuis une semaine, c'est à n'y rien comprendre. Lettres effacées du clavier : le n, le m et le e. En me rendant à l'Université en Clio, j'ai pris quelques images ternes et froides pour la série des Guingois, qui pourrait aussi s'intituler Mochetés du petit matin.

Remis la salle 51, où je fais cours à 9 h 30, en état. Le chargé de cours qui se pointait à huit heures moins dix n'avait pas la clef ni ne connaissait les chiffres du digicode. À quoi servent les paragraphes. Reconnaissance de guingois elle aussi. Sourires.

jeudi, 01 septembre 2011

Rectificatifs (= c'est l'écriture)

J'ai passé un moment assis dehors, sur la terrasse, à profiter d'une des dernières soirées, peut-être, de lecture vespérale, entre les 244 étourneaux perchés sur l'immense grue Potain du chantier voisin, la tourterelle sur l'antenne télé et la pie (qui se trouvait, ce soir, dans la gouttière des Huppenoire), et à aller d'un livre à l'autre -- le livre à couverture parme (Max Aub) et le livre à couverture orange (Elsa Morante) -- tout en essayant de rendre hommage, par la pensée, à la chaise défoncée sur laquelle j'étais assis et qui achève de rendre l'âme sous mes fesses : cette chaise, que, comme ses trois congénères, nous avons achetée (très d'occasion, à la Trocante) lors de notre installation dans l'appartement de la rue du 51ème R.I., à Beauvais, pourrait témoigner, avant d'aller à la benne à laquelle je finirai bien par la condamner, de bien des moments de notre vie au cours des quatorze dernières années. Cela mérite sûrement, pour ouvrir le mois de septembre, une double citation.

Il lui semblait voir Venise, comme une mer tranquille, sur laquelle d'énormes anges de marbre marchaient sans toucher l'eau, les pieds nus, avec de longues robes tombantes. *

Ils rectifient. Ils ont des visions. **

 

Tous les anges, dans leurs robes (étourneaux criards, pies volages), ont des visions, et nous, nous rectifions.

 

 

* Elsa Morante. "Le voyage", traduction de Sophie Royère - in Récits oubliés (Verdier, 2009, p. 136)

** Max Aub. Campo del Moro (1963). Traduction de Claude de Frayssinet. Les Fondeurs de brique, 2011, p. 26. [Il s'agit du tome 5 du Labyrinthe magique.]

mardi, 30 août 2011

... ou son blog.

Il n'est pas très agréable, en rentrant chez soi après de longues semaines de repos estival (...), de constater que les chardons, les mauvaises herbes et les roses trémières ont poussé, que l'ampoule extérieure qui normalement ne s'allume qu'en réagissant aux mouvements dans un proche périmètre s'est bloquée (depuis quand ?) et qu'il n'y a pas d'autre solution que de l'enlever, mais encore qu'une voisine que vous ne voyez jamais, qui promène son caniche et à qui vous n'avez rien dit, sauf bonjour, prend soudainement la mouche et se met à vous reprocher tous les maux de la terre.

Il est agréable, en revanche, de prendre le temps, avant le soir, de jouer avec Oméga, et de regarder, en soirée, un film (Los Abrazos rotos), au lieu de se précipiter sur les nombreux paquets à défaire, les mille mails en retard, ou son blog.

vendredi, 01 juillet 2011

Certains jours de juillet...

 

 

 

Autoportrait, de retour chez moi, après une merveilleuse journée et un pot mémorable. Tours, 1er juillet 2011. 

 

 

 

samedi, 25 juin 2011

Un samedi, enfin estival, de juin

9 h 15. Un lapin écrasé au croisement des rues Torricelli et Fratrie Curie. Vu la situation hyperürbaine (ou überurbaine), on ne peut s'empêcher de penser qu'il s'échappait d'une cage, plutôt que d'un bosquet ou d'une garenne. Pleurs d'enfant à imaginer ?

10 h 05. Une corneille s'affaire à becquetter l'oeil du lapin écrasé. N'entendant pas la Prius, elle ne s'envole pas. Je m'écarte pour la laisser poursuivre son festin.

15 h 45. Moment phare de la fête d'anniversaire d'Alpha, les enfants se gavent de gâteau au chocolat, de bananes tagada, et d'Oasis-qui-n'en-est-pas. (Je ne leur raconte pas l'anecdote de la corneille. I should have.)

18 h 25. J'écris dans le carnétoile. Dans deux heures, Naphtaline Orchestra au Grand Théâtre.

lundi, 13 juin 2011

Lundi de Pentecôte

Après un tourbillon Bergounioux, venu lui-même interrompre un long cycle (à peine ébauché) consacré à Philip Roth, j’ai repris le Voyage au pays des Ze-Ka de Julius Margolin, tout en finissant par me lancer à l’assaut d’Only Revolutions de Mark S. Danielewski qu’E* m’a prêté il y a plus de trois mois, et qui, par son aspect de livre bricolé par un savant fou ayant trouvé le moyen de mixer Finnegans Wake et Gyroscope en y ajoutant une pincée de Tristram Shandy et la levure David Lynch, a tout de même de quoi désarçonner et décourager un qui a un peu beaucoup dix mille autres choses à faire. (Mais ça m’exalte, j’avoue, encore plus que House of Leaves.)

Cependant, C., elle-même tirée à hue et à dia entre tant de tentations, relit Madame Bovary – elle en est ravie, à sa quasi surprise.

 

 

Samedi après-midi, j'ai acheté, au Livre, les opus 5 et 6 du Labyrinthe magique (dont les troisième et quatrième tomes, à la couverture jaune, aux éditions des Fondeurs de brique, attendent encore dans mes piles) et une traduction récente de Sergio Chejfec. Il me reste, aujourd'hui, à refaire des recherches (avant de jeter de vieux exemplaires cornés et poussiéreux de Courrier international) pour savoir si Miguel Syjuco a été enfin traduit. [Recherche faite, il s'avère - mais est-ce sûr ? - qu'Ilustrado, publié en français chez Bourgois, est écrit en anglais. En dépit de son titre aux consonances hispaniques, je n'avais donc pas du tout besoin d'attendre toutes ces années pour le lire...!]

mercredi, 25 mai 2011

Quatre petits riens en 4 phrases commençant par la lettre M

Mon ordinateur (vieux et très sollicité) fait un boucan de tous les diables au bout d'une vingtaine de minutes. Mimi la souris fait du voilier. Mal réveillé, ce matin, et à jeun, j'ai écrit un mail de vingt lignes sur un point complexe de narratologie. Murat : il me semble que les musiques de "Caillou" et de "Accueille-moi paysage" sont quasi identiques.

samedi, 21 mai 2011

La bouteille à l'encreur

Tentations de folie polygraphe. Tentations de nouveaux chantiers, travail. Mois de mai colossalement assommant (de travail). Tentations, et relâchement tout aussi dense. Sécheresse, lecture de trente pages (The Counterlife), puis devoir vaquer, c'est-à-dire travailler. Terrible. Villandry ce matin (Villandry pour la quatrième fois en huit ans). Le Cher moins bas, moins à sec que la Loire, mais guère. Sécheresse. Terrible. Tentations. Terribles tentations. (Ecrire.)

lundi, 09 mai 2011

Un soir sur le rond-point

Bombardé par un corbeau freux.

Sous les lourds nuages anthracite qui jamais ne tombent en pluie, tandis que je surveillais les enfants, à la lisière du rond-point, j'ai lu deux articles, l'un de Christian Prigent sur Ponge, l'autre de Mieke Bal sur mise en abyme et iconicité, après avoir feuilleté, près du bac à sable, une anthologie de poésie de langue anglaise redécouverte lors de son transfert au sous-sol. (Le transfert a eu lieu samedi soir, après une journée passée à monter des bibliothèques Ikea et à réorganiser toutes les étagères.) Lectures quasiment de détente, après une journée d'oraux de troisième année.

Enfin, alors que les enfants venaient de rentrer, je nettoyais les poubelles (celle du recyclage empestant) lorsque j'ai reçu un projectile sur la tête. J'ai levé les yeux, et, à la verticale de mon corps, huit ou dix mètres plus haut, juché sur l'antenne, ai vu un corbeau freux se démener sur l'antenne de télévision. D'où l'incipit de ce billet :

Bombardé par un corbeau freux.

dimanche, 01 mai 2011

Mince gourmet

Six lessives en 23 heures - heureusement qu'il y a du vent et (encore) un peu de soleil.

Jeans anthracite, tshirt kaki et veste vert forêt - une vraie tenue de jour férié.

Pas de muguet dans les mirettes.

Une pile de quatorze livres qui s'impatientent sur ma gauche (une pile), d'autres livres en tas sur l'étagère blanche (2ème zone), le Périgord qui file, etc.

Pfffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffff-.-

Attendez, les minettes !

jeudi, 07 avril 2011

Très mince tomate

Il voulait me montrer comment on prépare une "tomate". Après avoir manqué d'ajouter le sirop de grenadine dans mon Ricard savamment préparé (double dose, eau fraîche et trois glaçons), il a versé un petit peu de sirop de grenadine dans son verre, et, avant que j'aie le temps de dire "ouf" (c'est-à-dire de lui signaler que la bouteille qu'il tenait dans la main droite n'était pas le flacon d'eau fraîche), il avait rempli son verre de Ricard pur.

Le lendemain matin, en entendant, dans le film documentaire que regardaient mes fils, la voix off dire que la cour royale de France avait découvert la tomate qui provenait d'Italie, il fit remarquer que ce n'était pas exact et qu'elle venait plutôt du Nouveau Monde. Non ! La "tomate" vient du sud-est de la France, et, dans sa version delirium tremens, de Soumoulou........      ........ 400 variétés de tomates...

 

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Jardin "Le Parfait", Festival des jardins de Chaumont-sur-Loire, 27 août 2008.En supplément :

Tomates du 1er septembre 2005

Tomates du 11 octobre 2005 (avec lien brisé, d'où énigme)

Tomates du 15 octobre 2006

Tomates en poisson d'avril

Tomates du 20 novembre 2010

 

mardi, 29 mars 2011

Inquiétudes immobilières (maybe de nada)

Reprenons à rebours.

 

Lundi, 15 h 50. En rangeant la vaisselle dans les placards (tandis que chauffait l'eau pour le thé), je me suis surpris, pour la deuxième fois de la journée, à ouvrir le placard des tasses et des mugs afin d'y ranger les cinq verres que j'avais dans les mains... (Il me semble que je n'ai jamais commis cette bévue. Il me semble aussi que, dans la maison où nous vivions jusqu'en décembre 2008, le placard des verres était situé au-dessus du four, alors que, désormais, nous rangeons les mugs près du four.)

Dimanche, promenade dans le quartier. Le chantier de la grande résidence qui va remplacer le grand terrain vague a bien commencé. Comme nous le craignions, la piste cyclable qui passe de l'autre côté du rond-point en cul-de-sac où se trouve notre maison (je sais : cette description ne permet nullement d'appréhender la situation topographique de manière concrète, même avec un solide sens de l'orientation et un bac+8 en sémantique) sera doublée par une voie pour véhicules, sans doute à double sens, afin de desservir cette fichue résidence. (N'y a-t-il plus de règlementation sur les espaces verts ? A Tours, le moindre recoin de trois fois rien où je n'aurais pas su comment caser un cabanon pour mes lapins donne naissance, du jour au lendemain, à un bloc de 12 ou 14 appartements, façon Jack & the Beanstalk. Bref...) Découragée par cette vision, ma compagne lance "pfff, c'est foutu, on n'a plus qu'à déménager"...

(Nota bene 1 : nous avons emménagé il y a deux ans et demi, dans une rue qui, quoique prise entre une ZAC et une ZI, et dans une zone quadrillée par deux 2x2 voies, est tout à fait calme.)

Il y a quelques semaines, ma compagne m'a dit avoir fait le même rêve récurrent (4ème occurrence, je crois) : nous vivions de nouveau (ou encore) dans notre précédente maison, qui n'avait pourtant rien d'idéal, sauf le jardinet, qui était plus joli et bien chez soi comme disent les blaireaux de l'immobilier. (Nota bene 2 : ma compagne n'est pas du tout portée, contrairement à moi, sur la nostalgie, et fort peu, en particulier, attachée aux lieux de vie du passé. Un tel rêve prend un relief singulier.)

Alors ? quoi...? prémonitions ? le plus étrange est que nous sommes très à notre aise dans cette maison, et aussi heureux qu'on peut l'être je crois. Au demeurant, j'incline à penser que la résidence ne devrait pas drainer une circulation si démente que cela, et surtout à des heures ciblées d'ailleurs (comme actuellement, d'ailleurs, pour les rues Curie ou Torricelli).

 

------- Et, pour donner plus de relief à ce billet un brin terne, j'y accroche quelques liens vers d'autres verdures, d'autres grisailles.

lundi, 28 mars 2011

Six heures moins six

De ma timonerie, je vois passer la vie.

 

Georghe nous casse les oreilles avec sa chignole (ponce le mur), et les avions en vrombissant dans tous les sens au-dessus de nos têtes nous rappellent l'évidence : notre pays est encore en guerre.

Soleil sur les sabots, ombre sur les tongs.

Après le cerisier des voisins, c'est notre prunier qui blanchit, mais (lui) avec cette teinte jaunâtre de l'arbre moins noble. Après mars, c'en sera fini, feuillages banals, branches écorchées ou bien ballottées par la brise, dérision d'un solfège visible. 

J'essaie de pénétrer des secrets inatteignables.

 

Sous terre, et je ne le savais pas.

samedi, 26 mars 2011

Anaphores avec distique

Au marché de la place René-Coty, ce matin : premières asperges de Saumur (chères mais il faut ce qu'il faut).

 

Au marché de la place René-Coty, ce matin, comme hier soir au concert (superbes quintettes de Mozart et Mendelssohn, quatuor "Les Quintes" de Haydn), dans la file d'attente de la boucherie chevaline, j'étais le seul client de moins de 70 ans.

La viande avec des frites

Ainsi qu'une douzaine d'huîtres

Au marché de la place René-Coty, ce matin, le soleil restait timidement caché.

Au marché de la place René-Coty, ce matin, une pomme (une Jonagold je crois) a roulé jusqu'à mon pied, et le maraîcher me l'a offerte.

Au marché de la place René-Coty, ce matin, le boucher annonçait qu'à partir du 1er avril il changerait d'emplacement. (La dame devant moi en prenait pour un régiment.)

Pommes et poires : cinq kilos, j'en avais pris !

 

Plus d'anaphore, pas d'alibi.

lundi, 21 mars 2011

Affairés

Felix, heureux et sombre, tapote, pianote (Bilder keiner Aufstellung, ce disque qui depuis si longtemps m'accompagne et que voilà revitalisé par l'écoute, samedi, des Tableaux d'Une par la fidèle Akiko Yamamoto). Le bambin ne pleurait pas. Le bambin ne pleurait plus. Felix n'est pas si modeste qu'il y paraît, et, dans le soleil du deuxième jour de printemps, reprenant de bonnes vieilles habitudes (en 1994 ou 1996 ou 1999 ç'eût été du thé), je bois un peu de café noir avec des McVitie's Ginger Nuts : on peut lire £1 sur le paquet que j'ai payé deux euros peut-être  -- ou peut-être un peu moins --  au supermarché asiatique de la Petite Arche. Nolportano : qu'est-ce que ça veut dire ?

Nolportano, qu'est-ce que ça veut dire Nolportano ? Cinzano !

Vous n'y croiriez pas. Vous n'y croiriez guère. Autres gammes : tout, dans cette traduction, était (d'ailleurs) un problème de portée. Et quand votre monde s'effondre, quand la radio irradie, quand le béton ne coule plus, croyez-vous qu'il soit facile de se glisser dans un strapontin et de rire tout de go (viz. : l'histoire du Texan qui s'abreuve dans une empreinte de fer à cheval) ? Soy califa : le Sphinx interroge. Felix continue de faire la musique  avec le couvercle rabattu. (Draps souillés.)

Donc, n'y croiriez-vous pas ? Vraiment ? Le soleil dans la poire ??!? Et que, dans le seul canton de Marseille où le Front National n'arrive pas en tête (quelle ville de dingues, décidément), il y ait eu quatre candidats écologistes, ça ne vous défrise pas ? Etude de cas pour politologue. L'observation désastre, en quelque sorte, quand le champ des ruines (albeit ever so slightly) se métamorphose sous vos yeux en carte postale sépia.

Vous n'avez rien compris à ma simplicité. (Et, ajouta-t-il à 11 h 11, je ne peux pas ne pas dire un mot, ou une phrase, ou me livrer à quelque envolée, au sujet de Korkelwurz : alors, toujours, il, sur le métier, l'ouvrage remit, et de fil en aiguille se mit aussi à dire du bien de Pentachords, de Bazar, tout à fait asiatique encore, des Impondérables, et même (fut-ce brutal !) de Torschluss. (Les circonflexes ne comptent pas pour du bas-beurre.))

Korkelwurz, qu'est-ce que ça veut dire Korkelwurz ? Marlbroutz ! ------------- A ma simplicité vous n'avez rien compris.

 

samedi, 12 mars 2011

Haute littérature

Lu chez le coiffeur :

Lissage douceur et brillance bonheur,

un look qui s'adapte au gré des humeurs.

jeudi, 10 mars 2011

D'un chronotope poignant

Hier soir, j'ai eu l'occasion de me promener quelques instants dans le vieux Tours, vers sept heures et quart et donc à la nuit tombante, voire tombée. Il est très rare que je me trouve dans le centre de Tours à la nuit, car je vis à Tours-Nord et ne sors pas souvent le soir. Or, je me faisais la réflexion que, si j'ai, de très longue date, une affection particulière pour la rue Briçonnet, le lieu que je préfère certainement à Tours (avec la promenade des bords de Loire rive gauche), c'est la place Saint-Pierre le Puëllier, et plus précisément quand, quasi déserte, elle revêt, dans la semi-obscurité, un charme encore plus poignant qu'à l'accoutumée.

 

mercredi, 23 février 2011

Quelques guingois II

Guingois du jour des Morts 019Guingois du jour des Morts 015Guingois du lundi (Driving to work) 004Guingois du lundi, 3.01.2011 014Guingois du lundi (Driving to work) 003

dimanche, 12 décembre 2010

Corbeille essore

--- billet écrit à 20:20 et publié, en fin de compte, à 21:21, le 12.12

 

Hier soir, vers onze heures, après avoir travaillé pendant deux heures sur un document dont j'ai impérativement besoin pour mardi matin (et sur lequel je devais donner encore un joli coup de collier ce soir), je l'ai envoyé en pièce jointe, par mail, à mon collaborateur (et ami (et cinéphile (et jazzolâtre (et...)))) avant de passer à de plus divertissantes occupations : lecture des Inachevés, Flickr, billet sur Summertime...

Cet après-midi, mon collègue (et ami (et fin lettré (et humoriste (et...)))) me signale que le document en PJ n'est pas le bon. Il s'avère qu'après une confusion entre deux fichiers Word, je lui ai envoyé le mauvais document avant de supprimer le bon du dossier "Mes documents". Comme de bien entendu, j'ai aussi, à un moment donné, vidé la corbeille.

Ce soir, donc, je m'apprête à refaire tout le travail stupidement perdu, et je ne sais ce qui me fait enrager : le temps perdu, le travail perdu, mon idiotie, ou le fait que c'est, à ma connaissance, la première fois... et que je trouve que c'est très mauvais signe. Si ma seule qualité (la capacité d'organisation, alliée à l'esprit de synthèse) me fuit, c'est pis que le début de la fin.

Allez, au travail...

jeudi, 09 décembre 2010

..... composer chastement mes charmes .......

9 décembre 2010.

Dans le tome 1 de l'édition Hubschmid des oeuvres de Nadar, le portrait de Caran d'Ache (avec monocle) fait face à celui de Caro-Delvaille (avec barbe en pointe et pinceau fin à la main droite). Bernard est bien heureux. Eglise des Carmes, dite aussi Saint-Saturnin, Tours, 29 janvier 2010.Bernard est bienheureux. Rien ne s'est tant perdu, ai-je chanté sur tous les tons, que la mode du gilet (blanc ou beige, notamment). Où les heures passent-elles ? Où les heures passent-elles ? Un an plus tôt, nous battions le pavé. Et ce jour-là (où sont-elles passées, les heures ?), la cité était bien déserte. On voit bien que la pierre rougeoie, et la fausse ardoise de l'autre côté. Bernard, bienheureux, mène une vie de patachon. Pourtant, vous chantiez si bien, plus jeune. Bernard mène une vie de famine. Les chants suivent la rosace.

?!titre =titre

Le temps d'une escapade funèbre dans les Landes chaleureuses, le grand beau soleil de décembre a enfin envahi le ciel de Touraine, et nous voici à le saluer, comme un dimanche (tout le planning de travail chamboulé, et les enfants ayant manqué l'école - nous ne pouvions être certains d'être rentrés à une heure de l'après-midi), Alpha inventant, dans le jardin, les différentes expositions temporaires d'archéologie qui se succéderaient au Château de Tours s'il en était le directeur (ou le commissaire permanent = un terme qui fleure bon les jolis temps de l'U.R.S.S.), et moi à poursuivre ma lecture des Inachevés de Reinhard Jirgl. Tout le planning bouleversé, un vendredi très lourd se profile. Et nos /visages\ tenteront de retrouver ?!éternellement des sourI!res (=fugaces).

 

lundi, 29 novembre 2010

Cyclistes

(à la manière de Renaud Camus, un peu)

 

Il fait un froid de canard dans les couloirs ; l’écologiste en moi doit s’en réjouir, puisqu’il n’y aurait aucune espèce de pertinence à chauffer à fond les couloirs. Déjà, parfois, le contraste entre certaines salles ou bureaux presque glaciaux et des salles de cours que chauffe à travers les vitres, et en sus du système central, un soleil généreux me confond. Donc il fait un froid de canard.

 

Ce matin, en route pour l’université, je me suis fait la réflexion, une fois encore, que, dans notre société contemporaine, les cyclistes semblaient seuls, non pas dispensés d’observer les règles les plus élémentaires de la sécurité routière, mais même, à ce qu’il semble, expressément tenus de ne pas les respecter, puisque, en pleine obscurité, presque aucune dynamo ne semble fonctionner – il n’y a pas de lumières, ni à l’avant ni à l’arrière, ni de vêtements un peu clairs (à l’exception de quelques olibrius qui portent les combinaisons jaune fluo réservées normalement aux situations d’urgence, ce qui, dans leur esprit, doit les dispenser de toute autre mesure), ni même, dans la plupart des cas, de déflecteurs (ou doit-on les nommer des réflecteurs ?).

Ce qui est étrange, c’est que les vieux coucous, les vélos déglingués, cela n’existe quasiment plus. Je me rappelle pourtant que, dans mon enfance – il y a donc de cela une vingtaine d’années au plus –, les cyclistes roulant sur des bécanes rouillées et peut-être parfois plus âgées qu’eux, n’étaient pas rares ; mais tous mettaient un point d’honneur à être vus la nuit. Au reste, je ne comprends pas bien pourquoi un cycliste qui doit faire face, ou remonter, des flots de voitures ou de camionnettes de nuit, tient autant à ne pas être vu. Sans doute ne sont-ils pas tous sciemment suicidaires ? Probablement ne veulent-ils pas, tout de même, être écrasés pour le plaisir d’intenter des procès (ou de voir leur veuve, leurs orphelins, en intenter pour eux) aux malheureux qui ne les auront tout simplement pas vus ? Tout cela me semble aller à contresens de toute logique… un non-sens, tout bonnement.  

Quand on est piéton, c’est pis : on risque autant de se faire renverser par un cycliste qui ne respecte pas le zebra crossing que par un cycliste qui vous bouscule en traversant comme un piéton, pour ne rien dire des cyclistes qui virevoltent en gymkhâna sur les trottoirs. (Oui, je sais, je répète beaucoup le mot cycliste. Je leur en veux beaucoup, aujourd’hui.)

 

J’en veux pas mal aussi aux spéléologues amateurs, pilotes de trimaran, adeptes du canyoning (comme je crois qu’on dit) et autres pratiquants des sports de l’extrême, dont les périlleuses aventures, quand elles tournent mal, nous valent, à la radio, des profusions de détails sur le nombre de gendarmes, de pompiers, de croiseurs, de tireurs du GIGN ou de sous-préfets etc. qu’il a fallu mobiliser afin de tenter de leur venir en aide. Si j’avais quelque voix au chapitre (et sans doute n’en ai-je pas l’ombre), si j’étais ministre ou député, je pratiquerais un lobbying intensif (comme je crois qu’on dit) afin de faire voter une loi imputant à tous ces sportifs de l’extrême les frais de leur sauvetage. Est-ce que je fais du saut à l’élastique, moi ?

jeudi, 11 novembre 2010

Hat & Beard *

Onze heures, matin. Oméga danse sur la "Rêverie de l'enfance de Pantagruel" ; Alpha, sur le canapé, lit le tome 2 de Gai-Luron. Ai-je pu lire les deux premiers chapitres du roman de Herta Müller. C. assistant aux commémorations, à la mairie de Tours, un vrai temps d'armistice (pluie glaciale et vent).

Six heures du soir. "De la présomption" (II, 17). C. me fait remarquer que la narratrice du Premier mot (de Vassilis Alexakis) n'a pas de nom ; j'ai lu le roman in extenso, l'ai plutôt aimé - ne m'en étais pas du tout rendu compte.

* Vienna Art Orchestra.

mardi, 09 novembre 2010

Etincelles d’un lundi

 

(Il faudrait en terminer de ces petits exercices d’écriture frustes, en ça frustrants. Mais ne serait-ce pas en terminer, déjà, de l’écriture, de sa reprise ?)

 

Infiltrations du 2ème sous-sol. Université de Tours, site Tanneurs, lundi 8 novembre 2010.Hier, patraque, rentrant de la fac plus tôt que prévu : la pluie torrentielle du matin se déversait au parking du 2e sous-sol [insérer litanie : avec l’argent dépensé pour les ridicules commémorations du 40ème anniversaire, on aurait pu colmater etc.], avec quatre heures de décalage, alors que brillait au-dehors, étincelant sur la statue dorée du monument aux morts comme sur les moindres hideurs de la ville, un magnifique soleil d’éclaircie automnale.Monument aux morts, quai Anatole-France, Tours, lundi 8 novembre 2010

 

Le soir, guetté par l’insomnie, glandouillant : passé presque une heure à écumer l’œuvre récent du duo des frères Mael, Sparks, le seul groupe anglo-saxon (avec Talking Heads) que j’aie vraiment aimé dans mon enfance.  Revient alors la fureur grise des circonflexes, vous vous en doutez : journées de novembre passées près du gramophone (qui n’en était pas un, mais le mot n’est-il pas poussiéreusement désuet ?), à me passer les toasts noirs de Charlélie Couture ou de Sparks, justement, dont les chansons, avec leur rose vivacité ou leur violette mélancolie, donnaient un cadre sonore à mes plus banales imaginations. Dans le sous-bois, après (disons que j’avais neuf ans ?), ou pataugeant dans la rivière, plus loin (onze ?), je pouvais soit me taire pour observer tel ou tel troglodyte en chantonnant That’s Not Nastassia in petto, ou chanter à voix douce, audible de tous les oiseaux qui allaient alors s’enfuir, Tips for Teens (juste un exemple : je ne possédais qu’un vinyl de Sparks, que mes parents ont ramené d’Angleterre, je m’en avise maintenant, en avril 1985 – donc mes années Sparks furent forcément pré-adolescentes, comme on ne disait pas (aujourd’hui, l’adolescence ne dure-t-elle pas vingt ans au bas mot, de la prépré à la post-post ?)).

 

Méandres du circonflexe, certes. Soyons perplexes. Je ne connaissais que l’album Whomp That Sucker ! – qui, incidemment, fut ma première introduction à la nuance entre les déictiques this et that, puisque l’index des morceaux des deux faces figurait sur une seule étiquette : j’avais donc appris, avant d’apprendre l’anglais, que les morceaux de « this side » étaient du côté de l’étiquette écrite, alors que les morceaux de « that side » étaient du côté non écrit. Ce seul album, noir (oxymore après la synesthésie, 2010 est une année trop laborieuse). Cet unique recueil de 10 chansons. Pendant vingt-cinq presque trente ans. Les chansons de Sparks, toutefois, ont mené, dans mon existence, dans ma mémoire, une course souterraine. (Et je m’en ravise, en fait, mes parents avaient ramené l’album de notre périple familial en caravane, été 1982. [Très vague souvenir d'une de leurs amies, Edna (?), qui tenait (?) un magasin de musique. Où ? Dans le nord de l'Angleterre ?] J’avais donc raison en me revoyant enfant, vraiment pas grand. D’où le barré dans la phrase pénultième.) À peine plus tard, ma tante maternelle m’avait parlé, peut-être parce que j'avais chanté Wacky Women (j'adore, surtout la rime Russell / muscle)), de « Pineapple », que je n’ai entendu qu’hier. Course souterraine : j’ai mis plus de vingt ans à avoir la curiosité minimale de chercher la version originale de « Pineapple », dont je me rappelle très précisément comment ma tante l’avait chanté, cette seule et unique fois.

Curieuse chose, livide mais aussi bien vive, soudainement passée à la flamme, la mémoire.

Je ne vais pas en faire fromage. (Il faudrait etc.) Quel âne à nasse.

 

Divers verts. Tours, lundi 8 novembre 2010.En tout cas, hier soir, j’ai découvert certaines chansons des derniers albums de Sparks, années 2000, et j’ai décidé de me faire un petit cadeau, automne oblige, en commandant 3 albums, soit anciens soit récents. Assumant un héritage compliqué de mon enfance. M’assommant sous de diffus souvenirs. Les panthères rugissent, pas les félins. Et pour le reste, il y a le vert de la sérénité.


mercredi, 03 novembre 2010

Let's Get to the Nitty Gritty

Bientôt midi, bientôt l'heure d'essayer, dans la douceur automnale, d'aller chez le coiffeur. Mais enfin, je ne suis même pas rasé, j'ai une tronche de décavé. Une vache lancée à plein galop, un couple d'amoureux, un Christ en croix : les téléchargements simultanés provoquent des effets de contiguïté intéressants. Trop précieuse, l'écriture d'Hélène Grimaud m'éloigne de son expérience. Un quintette qui sonne exactement comme un medium band, ce pourrait être l'une des définitions du hard bop, encore que Horace Silver n'appartienne ni au hard bop ni au cool jazz. Sorte de mixte des deux. Naguère (presque jadis), ce genre de texte trouvait naturellement sa place dans mon autre blog carnétoile. Il est des mots bannis, je peux taxer les autres de préciosité... Et aller se raser au lieu d'ennuyer tout le monde ? C'est assez poil à gratter, ça agace, et les pétales givrés sur un océan bleu dévisagent le pianoteur (pinailleur), lui demandant encore et encore de se lever de son fauteuil, et d'aller une bonne fois pour toutes se raser avant d'essayer d'aller chez le coiffeur. Curieuse expédition, que semblent décourager les brassées vives de feuilles d'un jaune éclatant, envahissant de leur lumière la bibliothèque (les deux néfliers, un roman sans cesse à recommencer). Et si j'y allais ? Les boules parfaitement sphériques, juste évasées, brunes et plombant les branches entre les feuilles d'un or terne étincelant, sont pareilles à des yeux exorbités, m'interrogent, ou m'exhortent, ou me fusillent. Il faut bien embrayer, se lancer à corps perdu dans la jungle (pianotements têtus vers 5'15") jaune, roussâtre, d'albâtre vous mettrez l'adjectif ou le qualificatif que vous préférez. Au point où j'en suis (même pas rasé en plus (il a fallu, ici, se baisser au ras du carreau pour vérifier le minutage (et plus qu'une minute pour clore l'écriture de ce texte))), je peux vous laisser les clefs. La porte fermée. Le coiffeur ne m'attend même pas ; il prend sans rendez-vous. Et ça résonne, au ralenti, comme un medium band de foire du mercredi, en attendant la sirène du début du mois : bientôt midi.

 

vendredi, 08 octobre 2010

Weshalb, deswegen

How typical of me !

Mardi soir, après une longue soirée, j'ai commencé la lecture de La Mise en scène (Claude Ollier est, d'une certaine façon, ou dans un certain genre d'écriture, un de mes écrivains préférés -- pourtant, je n'ai jamais lu son roman le plus célèbre, ni d'ailleurs aucun des huit tomes du Jeu d'enfant).

Mercredi après-midi, voulant passer un peu de temps au salon avec les garçons, j'ai commencé Bestiaire domestique de Thierry Beinstingel (j'en suis parvenu à "Pigeons : 5"). Le soir même, j'ai poursuivi, à peine quelques instants, La Mise en scène (j'en suis au début du chapitre V, pas de quoi pavoiser).

Et jeudi soir, vers six heures, me trouvant sur la terrasse, puis dans le rond-point de l'impasse, à surveiller Oméga (tracteur, vélo), j'ai saisi le livre arrivé par la Poste le jour même, Black Dogs d'Ian McEwan, dont j'ai atteint la page 30, avec maintes interruptions, le temps d'y admirer bien des phrases, et d'y remarquer aussi que l'action se situe à Saint-Maurice de Navacelles (où je fus ce mois d'août).

Ainsi, alors que je croule encore sous diverses tâches qui vont blinder désagréablement et puissamment mon week-end, me voici à la tête de trois ouvrages en train, dont un au moins n'a rien d'un opuscule. (Mais, si je finissais fissa Bestiaire domestique, le jeudi soir, qui me dit que je ne me saisirais pas d'Eloge de la marâtre le vendredi au petit bonheur, au retour de la fac ?)

Wie typisch Ich !

 

dimanche, 26 septembre 2010

Questions de temps

Villeperdue, bled paumé. Je ne dois pas être le premier à faire cette vanne, mais c'est si vrai. Cratyle en force !

 

"Vinaigre blanc" : un billet à écrire pour Blême mémoire (a mental note, then a written one).

 

Montres. Toutes mes montres sont en panne depuis plusieurs mois. En cours, maintenant que l'année universitaire a repris, ce peut être ennuyeux : je suis contraint de mendier l'heure auprès des étudiants, d'autant plus qu'aucun n'ose m'interrompre (avant-hier, j'ai débordé de dix minutes, et, comme la salle était libre après, ce n'est pas même un collègue furibard ou narquois qui risquait de m'éjecter). Il y a quinze jours, chez un bijoutier, il m'a été confirmé que la pile de la montre Courrier international ne pouvait être remplacée. La montre en métal miroitant Rip Curl (cadeau de mon beau-père, circa 2004) a le bracelet cassé et non réparable ; aucune pertinence à changer la pile de celle-là. La belle montre (seule belle des quatre, d'ailleurs) Certus bleu marine que C. m'a offerte en 1996 "bouffe des piles" : un seul horloger de Tours est habilité à l'ouvrir, et me facture 20 euros à chaque remplacement, d'où l'idée que ça me coûterait moins cher d'en acheter une nouvelle. C'est à un tel achat que j'avais fini par me résoudre, avant de trouver, ce matin, dans le confiturier qui sert de garde-livres et de table de chevet à C., une autre montre Rip Curl, en plastique noir renforcé, autre cadeau de mon beau-père (juste avant sa mort). Peut-être pourrai-je, dans la galerie marchande de la Petite Arche, faire changer la pile pour 6 euros (ou guère plus) ?

(Pour ce faire, et pour voir s'il reste de cet excellent Cahors "La Gaule" Vieilles vignes 2005 acheté un peu au pif hier, je dois retourner demain à la Petite Arche.)

 

samedi, 25 septembre 2010

[Ajouter titre du billet ] --- 500 euros

 

La porte qui mène à l'étage bat légèrement, mais avec détermination, contre le chambranle. Agacement suprême.
Les litrons dans les sacs, à ranger. Le riz qui cuit à la cuisine, à surveiller.

 

Un monde s'ébranle dans les fioritures quotidiennes. Des adjectifs, un objectif comme un autre, et pas un objet d'écriture ou d'étude. 
Une après-midi passée à écumer de nombreux sites de poésie anglophone (des blogs néo-zélandais, d'obscurs éditeurs de revues du fin fond de l'Arizona) a suffi à renforcer ma déjà profonde, profondément revenue envie d'écrire, de passer mes soirées à écrire.
Il y aurait le roman envisagé il y a deux ans, rue Albert Camus (ça ne s'invente pas), dans de curieuses déambulations, et dont la première ligne n'est pas même couchée sur le papier. Ou traduire Tatamkhulu Afrika (vieux projet). Ou écrire des notes de lecture à chaque livre que je lis (épuisant, pas possible (ou alors, arrêter de lire)). Ou soumettre mes poèmes anglais à certaines des revues citées plus haut.
Abondance ne nuit pas, la corne sous les pieds signe de la quarantaine approchant à vastes enjambées néfastes.

 

Des adjectifs, un objectif comme un autre, et pas un objet d'écriture ou d'étude.

 

lundi, 20 septembre 2010

Travaille dur

Comme j'arrive très tôt au travail, longtemps avant elle, je dépose sur le bureau de Christiane une sorte de haïku hétéromètre et tri-rimant :

attention cafetière allumée

Bonne matinée

GC

 

Tout en conduisant, j'ai pris 17 photos "de traviole", pour ma série des Guingois du lundi. À cette occasion, j'ai appris l'existence (et les usages) de l'adjectif (?) américain (??) catawampus.

Guingois du lundi (Driving to work) 015   Zou, en salle 63. C'est pas loin, mais / Mon bon café refroidit.

 

dimanche, 19 septembre 2010

Fuzzy sets

Dans notre maison, de plus en plus, les piles de livres sont de plus en plus nombreuses, et de plus en plus anarchiques, disséminées, de plus en plus piles. Entre les livres pour préparer certains cours, les livres que j'achète chaque dimanche dans les réderies (encore, ce matin, à Marmoutier : La Mise en scène en G-F, un Nodier original de 1841, Leçons particulières de Hélène Grimaud... et L'Emigré de Brisbane), ceux achetés au Livre et pas encore lus (le tome 2 du Labyrinthe magique de Max Aub, notamment, m'attend avec d'autres sur une des étagères de ma table de nuit), les lectures croisées et frénétiques de la sélection du Goncourt (dont nous nous contrefoutons habituellement, mais cette année C. fait participer sa classe de 1ère L au Goncourt des lycéens, on joue le jeu), les ouvrages empruntés à la B.U. (par moi) ou à la Bibliothèque municipale (par les enfants (leur emplacement habituel se trouve entre la table basse du salon et le canapé)), et enfin les autres (L'art du contresens de Vincent Eggericx, Nils Holgersson, Sols de Laurent Cohen) qui forment, avec d'autres encore, une pile bizarre et toujours s'agrandissant sur mon bureau (pareille en cela aux tours rouges du dernier roman de Maylis de Kerangal, Naissance d'un pont), plusieurs endroits très localisés mais démultipliés se sont faits piles. Pas la moindre photographie ne peut rendre cela, ni y donner du sens. D'ailleurs, ces piles n'ont pas de sens. Tout juste les ai-je prestement écrites, pour meubler un petit creux de dimanche soir.

 

lundi, 06 septembre 2010

Italiques gibleuses

[Samedimanche.]

Le soir, nous achevons de regarder, à marches forcées, la série Rome. L'après-midi, au réveil de la sieste d'Oméga, je lis, assis par terre, Sols, tout en supervisant le jeu avec les cavaliers romains. Le conducteur du quadrige (l'aurige ?) se nomme Labonnibeul ; le dux du char gris et rouge se nomme Gibleuse.

Fusco.jpg

"Sylvain Fusco, le grand peintre schizophrène" (p. 56)

 

mercredi, 07 juillet 2010

Mine en route

Chronotope. Mûrier. Lundi, en passant le long du petit square de la rue Briçonnet, il m’est soudain apparu que ce lieu, et le moment où les mûres tombant en lourdes grappes s’écrasent âcrement au sol, est l’un des plus beaux de Tours. Mûrier. Epiphanie.

Comme à chaque mois de juillet, les pavois de Michel Gressier, aux triangles colorés flottant dans le vent, ont refait leur apparition, sur le pont Wilson.

Un Modiano dans la poche droite, un Herbart dans la gauche, j’ai pris le bus. Vol d’instants, dont je retiendrai ça : verre brisé sur le parking du Quick, goélands ligériens sur les bancs de sable, dalle effritée sur un trottoir de la rue Mirabeau (je ne l’avais pas vue, l’ai sentie sous mon pied droit, me demandant ce qui se passait). Kleptomanies überurbaines encore et toujours.

Entendu avant-hier : « je me suis acheté un pyjama, mon chéri va être hyper content – c’est une chemise de nuit Betty Boop ».

Nastasia sert, le soir, à la guinguette des bords de Loire. « C’est tellement sympa que ce n’est pas du travail. » (Même plus du travail ?) Dans deux mois, elle sera à Dublin, pour une année à Trinity.

(Sept magnolias place des Joulins. En ai-je assez parlé ?)

 

dimanche, 04 juillet 2010

Jour des sceaux...

Le voisin nous a apporté trois frisées, s'excusant presque ("avec la chaleur, elles sont montées toutes en même temps"). Grand ménage à la cuisine et dans les chambres. Curieusement, le sous-sol, frais d'ordinaire, a emmagasiné de la moiteur. Jour des sceaux bientôt. Une simple phrase a déclenché x interrogations sur le zeugme et l'hypallage. Et ce jour, justement, mes parents célèbrent leur quarantième anniversaire de mariage.

 

dimanche, 06 juin 2010

Faux pas

Dès la reprise, un faux pas.

Ecrivant à la va-vite et n'ayant même pas pris le temps de me relire pour de bon, j'ai flanché dès la reprise.

Ainsi, me relisant aujourd'hui, je m'aperçois que la première phrase du billet publié hier est d'une totale ineptie, ou plutôt qu'elle ne veut rien dire. D'ailleurs, moins de vingt-quatre heures après l'avoir écrite, je ne suis pas certain de savoir ce que j'avais voulu dire. En effet, cette phrase n'aurait de sens qu'avec une apodose, au lieu de quoi l'élément contrastif fait l'objet d'une nouvelle phrase, à la ligne - en prime !

Ou alors, avais-je voulu dire "j'aurai peu essayé" ? voulais-je me blâmer de n'avoir pas vraiment mis du mien, jusqu'à présent, dans les tentatives de ressusciter le foutu carnétoile ? Si tel est le cas, mon lapsus aura eu pour effet de me dédouaner involontairement, et de me faire écrire une phrase inepte.

Vraiment, pour un début... pour une reprise... pour un réembarquement...

 

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Après une journée de forte chaleur, une tempête sèche refroidit l'atmosphère. Quand je pense à tout ce que j'ai laissé en plan (les retrouvailles, le fouillis, la notation toute bête des lectures semaine après semaine), j'enrage -- tout en sachant que, si ça se trouve, dès demain, le velléitaire aura repris la main. Alpha se passionne, plus que jamais, pour l'archéologie, l'Egypte, et son frère dort depuis une semaine (non sans heurts) dans un "petit lit de grand". Un an depuis une semaine, et dix-huit ans dans douze jours. Echéances comme des haies. Plus d'écriture du tout, autre que technique (au moins, je fais bien mon travail). Le teint hâve laisse la place à tout le reste. C. lit Charlotte Delbo.

Irons-nous promener dans l'Anjou délicieux ?

 

mercredi, 27 janvier 2010

... midi de soleil...

Une après-midi de soleil et d'hélicoptères.

De long en large, sur la grande terrasse, dans mon vieux pardessus dégommé (déformé autant qu'élimé) ---> lecture. Puis j'ai nettoyé, à grande eau, les huisseries du salon et de la salle à manger, tout en méditant sur plusieurs passages de ce texte bref, "The Gingerbread House", que je venais de lire.

Baies vitrées, souvenirs des sacrifices aztèques, degrés de pierre ne cessant d'enfouir les souvenirs sous les souvenirs, comme des porte-clefs gluants de sirop de cassis.

The glowing heart pulses gently, evenly, excitingly.

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lundi, 11 janvier 2010

Pastiche ?

Rentré du travail vers onze heures, car, demi-grippé, je pensais me sentir mieux à la maison pour accomplir mes diverses tâches (dont la correction des derniers devoirs (exécrables) de 1ère année, allongé même, si difficile autrement), mais me retrouve à baguenauder sur le Web, et notamment, pris à la longue par le remords (et parce que David Farreny, excellent photographe et webmestre plus accompli encore, m'a gentiment relancé), à contribuer enfin à l'Index général Renaud Camus, dans lequel je me suis engagé à renseigner les noms de personnes et de lieux du Journal d'un Voyage en France, ouvrage que j'aime énormément et que je me retrouve à feuilleter avec plaisir. Il se trouve aussi que, mieux qu'en lisant, je bouche les innombrables trous de ma pauvre culture ; ainsi, le vicomte Joseph-Alexis Walsh, qui n'a pas même une entrée dans la Wikipedia, m'a donné du fil à retordre. Ce fut plus facile avec Sam Wagstaff, que, par coquille redoublée du texte et de l'index, Renaud Camus orthographie Wegstaff. (Or, si la mauvaise orthographe résonne de manière très germanique, la bonne graphie du patronyme, plus anglo-saxonne déjà, est assez hilarante : le verbe wag signifie "agiter, remuer", et staff peut se traduire par "bâton". (Je m'avise d'ailleurs qu'un passereau, probablement la bergeronnette, se dit wagtail, en anglais.))

Voilà à quoi fuit la fin de mon lundi matin... C'est sérieux, je vous jure.

(Oui, c'est sérieux.)

 

vendredi, 08 janvier 2010

Notations, seulement

Notations seulement. Pas la force pour mieux.

Finir d'abord le livre jaune et le livre rouge, avant d'arpenter des territoires encore encombrés.

Rêver d'écrire mon voyage en Tasmanie maintenant.

Linottes gourmandes, à proscrire désormais : joue de veau à l'émulsion de citron, absolument dégueulasse. En voilà qui sont tombés bien bas.

Au moins, le carnétoile reprend du galon.

Notations seulement. Pas la force pour mieux.

Tu erres.

...

 

lundi, 04 janvier 2010

L'Autre demeure (un seul reste)

Tu fais fort bien  de ne pas prendre    de bonnes résolutions de début d'année, puisque, dès ébauchées elles se trouvent        brisées .     Ainsi, ce soir, il a commencé à lire The Other House, un James qui semble bien mordant, alors que certain Golovanov trouvé sous le sapin était parti aux étincelles hier dans la journée.

Peut-être le soleil sur la Loire... peut-être le déjeuner rieur... peut-être le plaisir de retrouver la plénitude de la demeure... ou le froid qui s'exprime............

 

lundi, 23 novembre 2009

... c'est un leurre"

Avec une seule voiture, on doit entièrement réorganiser la vie quotidienne de la famille, et notamment - pour l'un d'eux - se lever presque une heure plus tôt, prendre le bus, remonter la pente de souvenirs proches (Fil Bleu il y a quelques années, voire moins) ou plus lointains (années d'étudiant, quand je me levais toujours trop tôt, de crainte de rater un bus, et où j'arrivais toujours avec près d'une demi-heure d'avance dans la cour intérieure du lycée Montaignne, côté cours Victor Hugo. Là, j'ai fait très fort : en négociant, à pied, le rond-point des Tanneurs, j'ai vu le gardien ouvrir les portes du hall Thélème et dus être le premier "extérieur" à fouler le linoléum rouge qui mène de ce hall au couloir de la salle polyvalente. (Je me comprends.)).

 

Prêter plus d'attention, dans le bus ou en marchant, à la vie des autres, des rares autres aussi tôt levés que vous. Voitures qui passent trop vite (les fous, les chauffards, mes semblables mes frères), un chat a traversé juste au ras des roues de l'une d'elles, pfffff ! tu as eu chaud. Feuilles de platane amassées contre la parapet surplombant les bords de Loire, et dont les supérieures voltigent. La Loire qu'on ne voit pas bien, qu'on distingue à peine dans le brou entre loup et chien, paraît dormir, c'est un leurre.

Il commençait à pleuviner quand j'ai négocié le rond-point. Quelques minutes auparavant, en face des pompes funèbres, un cycliste que je n'avais pas du tout entendu arriver m'avait dépassé comme une flèche. Tout dans mon bureau semble dormir, à part moi qui ai rangé quelques papiers, ai imprimé des documents, me suis fait du café (tout au secrétariat semblait dormir, à part la photocopieuse et la machine à café, justement).

 

Je sens encore, sur mon épaule gauche, le poids de la sacoche où dormait Cy Twombly.

 

 

dimanche, 22 novembre 2009

Versants

Moins de mouchoirs (vichy, tabaqués) sur l'étente à linge de la buanderie.

 

Du temps qui passe sans contrastes.

Feuilles de néflier désormais totalement jaunes brunes et racornies.

 

Envers du décor.

 

mercredi, 14 octobre 2009

A Link To Rabble

Retrouvé cet été chez mes parents la chemise cartonnée avec mes quelques traductions d'e.e. cummings (dataient de 1996, les bougresses). Le voisin d'en face nettoie tout au kärcher. Right here, right now ! (Pas d'évanescence s'il vous plaît, les trombones s'évanouissent très bien tout seuls.) Toujours des projets, all bark no bite.

 

mercredi, 07 octobre 2009

Au Trianon comme ailleurs

Roulent les bolides (poussières de vent). On s'intéresse encore aux statues équestres. Le grand combat n'est pas fini, ça se saurait sinon.

 

................... À quel moment le ressort s'est-il cassé ?

Quand la glèbe s'est-elle mêlée, sournoisement, sinueusement, de jus de navet ?

Pourquoi parfois revenir pour donner des coups de pied dans le cadavre ?

 

Autant de questions qui n'ont que trop de réponses ......................

 

[Mieux vaut retrourner dans son passé.]

 

dimanche, 12 juillet 2009

Zi/ ni/ ka

Pluie fraîche d'été, qui réveille la verdure des néfliers.

 

Ce dimanche (trois semaines après avoir écrit ici la dernière fois (décidément, un ressort s'est, depuis longtemps, rouillé, sinon brisé)), j'aurais voulu faire l'inventaire des piles de livres en cours de lecture ou à lire sous peu : trois piles à la chambre, une au bureau, une dans le salon -- sans compter les ouvrages que nous ont offert C. et D. le 30 mai pour éveiller en nous le goût des choses normandes, et aider à préparer le bref séjour que nous allons faire dans le Calvados, berceau de mes ancêtres, comme le veut la formule.

En fait, le Calvados n'est pas seulement le berceau de mes ancêtres, de toute ma famille paternelle jusqu'à la génération de mes grands-parents (qui sont encore en vie, mais demeurent à Saintes). De Tours à Caen, nous passerons par la forêt du Cinglais, qui doit son nom à un village d'où est issu mon patronyme.

Malheureusement, le manque de temps m'a empêché de trouver à lire certains des écrivains ou poètes qui ont marqué cette région, et, plus particulièrement, pour ce qui est du Cotentinois, Jean Follain (Canisy, acheté depuis plusieurs années, traîne autant qu'il trône sur l'une des piles sus-mentionnées), Michel Besnier, Alexis Salatko et Loïc Herry. Pour ce dernier, les délais d'acheminement des ouvrages via la fière Amazone sont trop longs pour espérer combler les lacunes.

 

------ Je dois me retenir pour ne pas faire dériver cette notule vers la rubrique William At Work (WAW), tant les divers soucis professionnels m'obsèdent encore ces jours-ci ; je ne prendrai officiellement congé de l'université que le 16 au soir, et dois passer une bonne partie des trois jours ouvrables aux Tanneurs. -------

 

Il pleut encore un peu. Larges flaques sur la table carrée de métal. Les ombellifères reverdissent. Larges flaques sur le couvercle du bac à sable. Il pleut encore un peu. Regardant la pluie, se plonger dans la poésie d'Elisabeth Barrett Browning, la photographie, les discussions douces, la lecture, l'écriture -- dans quoi se perdre ce dimanche ?

 

dimanche, 21 juin 2009

Pas même en mappemonde

Du temps pour tarabiscoter l'attente.

Bourdons voletant dans les troènes, abeilles butinant les boutons d'or. Une mobylette au loin pétarade. Assis dans les amas de prunes vertes, tombées longtemps avant d'être mûres, j'essaie d'apprendre à attendre.

I forgot to remember to forget.

 

Eté, un coup d'épée dans l'eau. Les saisons passent, sans jamais donner de la voix. Nageurs morts, irons-nous d'ahan ?

 

samedi, 13 juin 2009

Pinkerton, tinkerin', winkers

En début d'après-midi, une promenade d'une heure en ville -- par un samedi de vrai printemps pré-estival. Pour une fois que je ne me retrouve pas à arpenter fugacement les rues de Tours entre deux rendez-vous, cours, ou réunions, j'aurais dû en profiter pleinement... mais ce ne fut pas le cas... esprit préoccupé, dos en compote, que sais-je...

Sous le cognassier, semi-allongé, j'essaie d'achever la lecture de Pinkerton de Franco Cordelli. Pas vraiment emballé -- fait rare, je confonds certains personnages ; ce que je suis tenté de nommer l'effet-marionnette.

Alpha et Oméga, dont les aventures manquent à certains anciens lecteurs qui m'en ont parlé, jouent dans un bac à sable en forme de coquille Saint-Jacques (bleu vif).

Il faudrait vivre sereinement.

Il faudrait aussi noter ici pourquoi j'essaie de reprendre ces carnets. Le sais-je moi-même ?

 

dimanche, 14 décembre 2008

500 heures sans dormir

Dans le noir, Alpha et moi suivions l'actuel propriétaire, en marchant dans de vraies flaques de purée de nèfles. Sous la pluie, nous relevâmes les compteurs, avant passage devant notaire mardi soir. M. C*** se perd ensuite dans les détails -- placards, clefs, néons neufs, trappes d'accès...

 

Demain, il faut rendre l'exemplaire des Poésies de George Meredith, et Le Rouet des brumes. Manqué de temps, comme à l'accoutumée. Je me demande tout de même s'il ne faudrait pas que je relise Bruges-la-Morte, que j'avais tant admiré en 1994 ; les nouvelles du Rouet m'ont paru, à quelques passages près, de bien fades petites choses. Récemment, C. essayait de lire Le Livre des fuites, dont je lui avais dit qu'à quatorze ans il m'avait ébloui. Comme, depuis, Le Clézio m'est devenu insupportable, j'avais de nouveau emprunté ce Livre des fuites, auquel je n'ai même pas eu le temps de jeter un oeil, afin de voir si c'était un amour de jeunesse ou une pierre égarée dans l'oeuvre. Some other time...

Lyon, 11 décembre 2008 : la grand' roue, place Bellecour Alban m'a parlé de Touraine sereine. Non, je ne tiens plus de blog, plus aucun d'ailleurs. L'Horloger de Tavernier : vu il y a longtemps, aucun souvenir, mais Alban en parle avec tant de passion... Les traboules dans la nuit et l'air glacé, d'excellents gras doubles à la lyonnaise ("a munching in a cork"), et une soirée vraiment inoubliable - index et majeur pile où il faut.

Le colloque, faut-il le dire, m'a plutôt relancé, un paradoxe en ces temps de désastre.

Longs trajets en train, sans ordinateur ; la neige dans le Morvan, et la gare rose de Chauffailles ; au retour, j'ai lu presque intégralement Muttersprache de Josef Winkler dans la traduction de mon collègue Bernard Banoun. La verdure se vêt toujours de jaune.

 

Dimanche aussi, E. m'écrit qu'il a pleuré deux fois en écoutant le Fidelio de Jonas Kauffmann.

 

samedi, 03 mai 2008

Alité sonore

        Le pépiement des mésangeaux dans le nichoir

--- avec le ballet incessant des deux charbonnières adultes ---

[ Qu'est-ce qu'on entend ? ]    C'est la pie qui est sur le toit

Composition basque # 3 aussi : les enfants qui jouent au football, le coassement des grenouilles (chez les Bagarre ou juste après), un air de trompette tout d'un coup ::: j'ai corrigé cinq copies d'agrégation ce matin --- il m'en reste trois pour rester dans la moyenne --- mais je profite là, dans le jardin, de la douceur, du soleil, et des sons - bourdonnements, vrombissements aussi, voix d'enfants - qui bâtissent le samedi,

ce jour, à Tours.

lundi, 31 mars 2008

Nombres, cordes

En lisant 2666, 11

J'ignorais hier soir, en refermant 2666, le roman de Roberto Bolaño que je suis en train de lire, à la page 333, que je mettrais très précisément 22 minutes à revenir à pied du garage ce matin, après avoir emmené les enfants, qui chez la nounou, qui à l'école, et ce d'autant moins, curieusement, que j'avais remarqué, mardi dernier, en rentrant du travail, que le compteur kilométrique de la voiture qui se trouve en ce moment même entre les mains des mécaniciens affichait 110011, au point de me demander, quelques instants, si ce nombre était bel et bien, en vertu de sa nature palindromique, plus beau que 110010, question à laquelle je n'ai toujours pas trouvé de réponse. (Oui, j'ai une existence passionnante.)

37, rue Jean-Jacques Rousseau, à Chinon

Sinon, j'étais ravi de découvrir, lundi dernier, lors de l'avant-dernier concert (ou "midi musical") du Printemps musical de Saint-Cosme, le Trio à cordes de Villa-Lobos, pour lequel j'avais plutôt un préjugé défavorable, mais qui, à l'exception du troisième mouvement, qui donne une franche impression de "remplissage", est tout à fait remarquable. Plus tard, j'ai été surpris de découvrir que la fière Amazone répertoriait, sur ses différents sites nationaux, pas moins de trois enregistrements différents en CD... dont aucun n'est disponible, quoique le dernier, par le Kandinsky Trio, ait été publié il y a moins de quatre ans.

Printemps musical de Saint-Cosme, 24 mars 2008 : Trios de Schnittke, Beethoven et Villa-Lobos

Lundi dernier, le trio que nous entendîmes à l'oeuvre était formé de trois (très) jeunes instrumentistes, la (remarquable) violoniste Eléonore Darmon, l'altiste Adeliya Chamrina (un brin paniquée, ou rivée à la violoniste, dans le trio de Schnittke) et le violoncelliste Yan Levionnois.

lundi, 17 mars 2008

Dimanche aux planches

Sur le chemin du Prieuré de Saint-Cosme, où toujours nous revenons, Alpha et moi, nourris des mêmes émois, nous entendons, à la radio, l'air célèbre d'Orphée dans l'opéra éponyme de Gluck, version française ("J'ai perdu mon Eurydice"). Je raconte à Alpha le mythe d'Orphée.

Au Printemps musical de Touraine, nous entendons Nikola Nikolov et Camille Schnoor dans la Sonate op. 100 de Brahms (dont je préfère tout de même les versions Laredo/Pommier et Zukerman/Barenboïm), et dans la Sonate op. 24 "Le Printemps" de Beethoven.

Printemps musical de Touraine, Prieuré Saint-Cosme, 16 mars 2008 : Avant le concert de Nikola Nikolov & Camille Schnoor

L'après-midi, pendant qu'Alpha et sa mère sont repartis pour le Prieuré (concert du Quatuor Ebène et de la pianiste Akiko Yamamoto consacré exclusivement à Brahms), je reste à garder Oméga et j'écoute, trois fois, la deuxième partie d'une pièce que j'aime beaucoup, et de plus en plus : Restoring the Death of Orpheus für Akkordeon und groes Orchester de Rolf Riehm, avec Teodoro Anzelotti à l'accordéon. Il s'agit là, selon moi, du meilleur que la musique contemporaine puisse offrir : l'oeuvre émeut autant qu'elle déstabilise, et donne à entendre autant qu'à réfléchir.

(Sortir, sortir de mon mutisme...)

samedi, 02 février 2008

Julio Gonzalez au Château de Tours I

Ce sont peut-être trente ou quarante billets que j'aurais voulu écrire, dans les pages de ce carnétoile, au cours de ces jours de vaches maigres. Une migraine atroce me martèle aux tempes. Avant de visiter, en coup de vent (et en passant entre les averses), l'exposition Julio Gonzalez en famille au Château de Tours, je n'avais (shame on me) jamais entendu parler de Julio Gonzalez, et encore moins, bien évidemment, de son frère Joan, mort jeune (à quarante ans), ou de sa fille, Roberta, huiliste, dont les toiles occupent tout le deuxième étage du Château. On est toujours l'inculte de quelqu'un. De retour à la maison, après un cours de thème dans une salle surchauffée qui a achevé de me plonger dans les bras de la sinusite (a foolish figure), j'ai pu vérifier, dans mon bon vieux L'Aventure de l'Art au XXe siècle (sous la direction de Jean-Louis Ferrier. Chêne/Hachette, 1990), l'étendue des dégâts : Julio Gonzalez y est cité pas moins de sept fois, dont deux petits articles à lui seul consacrés, avec deux reproductions de ses sculptures (la Tête aiguë de 1927 et le Masque de Montserrat criant de 1941).

Si tu as si mal que ça à la tête, je ne comprends pas que tu puisses rester comme ça devant l'ordinateur...

Feuilletant L'Aventure de l'Art au XXe siècle, je me suis retrouvé à méditer sur La Patience de Braque, sur mon rapport ancien mais conflictuel avec la peinture de Baranoff-Rossiné, et, enfin, à découvrir l'histoire savoureuse du Coucher de soleil sur l'Adriatique de Joachim -Raphaël Boronali. C'est d'ailleurs cette anecdote qui m'a conduit (en chantonnant in petto la chanson de Jean Ferrat ("Il est au milieu d' la route / Le stupide aliboron / On dirait qu'il nous écoute / Avec sa têt' de cochon")) à vérifier l'étymologie du substantif/sobriquet aliboron, d'où la citation qui va clore ce modeste et foutraque billet et qui peut renvoyer tant au Livre des mines quà mes lectures récentes d'Orhan Pamuk (encore que, dans Istanbul, Gautier ne soit guère évoqué) :

" Ces ânes étaient harnachés de bâts, de tétières et de croupières agrémentés de dessins en petits coquillages de différentes couleurs et n'avaient pas la mine piteuse de nos pauvres aliborons qui se sentent plaisantés. "

(Théophile Gautier. Constantinople. 1854.)

 

Si tu as si mal que ça à la tête, je ne comprends pas que tu puisses rester comme ça devant l'ordinateur...

[The story of my life.]

lundi, 28 janvier 2008

Reprendre le Temps

Non, ce n'est pas le colloque. Cela couvait avant ; de temps à autre, j'éprouve le besoin de faire une pause. Pour mon autre carnétoile, c'est même pire : rien écrit depuis dix jours. Dans ce genre de passage à vide, de passade, de tocade vacuiste, il m'arrive de me dire qu'il ne serait pas compliqué de publier une photographie, histoire de donner à voir, à défaut d'offrir à lire. Si le ressort manque, peu importe.

(C'est étrange ; j'ai le sentiment d'avoir déjà écrit ce même genre de billet revenant, au cours des trente derniers mois...)

Ce n'est donc pas le colloque, qui était très bien, s'est bien passé... je crois. Le travail, la débauche d'énergie afin de faire suivre l'intendance, tout cela se paie, bien sûr. Mais l'écriture se trouve dans un autre royaume, ou dans un terroir distinct, nourri de pluies d'autre nature.

 

Hier, j'ai commencé la lecture de deux pavés : les récits de voyage de Henry James et le dernier livre de Wole Soyinka (You Must Set Forth at Dawn). Dans les deux cas, l'écriture est riche, savoureuse, complexe, enivrante. Le rapprochement doit paraître audacieux : puisque le hasard a réuni ces deux livres, pourquoi ne pas se fier au hasard ?

Ce qui m'a attiré, dans la lecture des récits de voyage de James, outre ma grande admiration pour l'auteur, c'est la centaine de pages qu'il consacre à ses pérégrinations en Touraine, à l'automne 1882. Le regard que James porte sur les monuments les plus renommés de la région est d'une rare profondeur, mais ce qui surprend aussi, ce sont les notations qui montrent en quoi les conditions mêmes des visites touristiques ont changé. Visiter Chambord sous la houlette d'un serviteur du comte Henri en exil (en tous lieux, James emploie, pour parler des guides, le beau mot de cicerone), cela pose le sujet. Entre autres traits, ses remarques contrastées au sujet des restaurations des châteaux de Blois et de Loches respectivement sont d'une justesse qui demeure frappante. Il ne semble pas avoir beaucoup de goût pour les tapisseries que l'on trouve pendues aux murs, et qu'il dit, à trois reprises, jaunies ou sales. Saint-Ours, Saint-Julien, Amboise : il faudrait citer (et commenter) chacune des phrases de ce livre. Cela n'est guère possible.

(Tu repars, dans le cabriolet Régence, lire Soyinka.)

vendredi, 18 janvier 2008

Sept heures du soir, RN 124

( La zane de yeul, ça n'est pas folichon. )

Ce matin, il s'est passé ça. Puis, j'ai écrit ça. Idiot que je suis : l'énoncé j'ai vu passer une jolie jupe est toujours une métonymie, puisqu'il attribue à la partie du tout (le corps habillé) des propriétés du tout, la personne entière (la marche - "passer").

Autrement, après trois heures de cours, une traduction de poésie, deux heures et demie de recherches sur JSTOR et huit rendez-vous, j'ai quitté l'université à six heures du soir, pour me consoler avec Leo Perutz.

Coucher de soleil au-dessus de la RN124, au rétroviseur V

Six mulets et six hérissons font la douzaine, et la plupart des gens ont le nez au milieu de la figure. Avez-vous entendu, madame Sabot ? Demain, on enterre un mort !

(Leo Perutz. Turlupin. Traduction de J.-C. Capèle. Le Livre de Poche, "Biblio", p. 29.)

mercredi, 16 janvier 2008

Soleil nueigeux

Sans une seconde pour écrire dans les pages de ce carnétoile depuis avant-hier, je suis tout de même heureux d'avoir achevé la correction de mes cinq (gros) paquets de copie de ce mois-ci, ainsi que la lecture de Neige, à la fois très beau et très frustrant : la traduction, une fois encore très inégale, y est sûrement pour quelque chose. Comme j'avais interrompu le roman de Pamuk pour lire, ce week-end, Impératif catégorique, mais aussi pour commencer Parc Sauvage, je craignais que cela ne vire à l'abandon pur et simple... finalement, non.

Rien, de tout cela, ne m'a "terrorifié", comme l'écrit, curieusement, un étudiant de première année dans un devoir de version. Face à moi, désormais, se trouve une pile volumineuse d'essais et de recueils de poèmes, et notamment Cemetery of Mind de Dambudzo Marechera, dans lequel je me suis replongé en vue du colloque Poets & Theory, qui approche à grands pas.

Accessoirement, je signalerai à François S., l'auteur du six millième commentaire, que Simone de Beauvoir ne fut jamais surnommée "le Ragondin" : a beaver is not a nutria.

vendredi, 11 janvier 2008

Quartier Chopin, mercredi soir

Pin parasol, quartier Chopin      Signatures de la lumière II
Signatures de la lumière Les Grands ciseaux
Au loin
Rouge noir Orbe d'ambre Vinho verde
Soldats      Au loin
Auréolé parti Arrêt au cimetière
Seul fanal Antipromotionnel
Autoportrait dit "de l'oreille et des stries"

jeudi, 10 janvier 2008

Ligne bleue des Vosges

À 88.000 kilomètres au compteur finir, après trois tours vains dans le pâté de maisons, par me garer dans la rue Eupatoria, dont j'ignorais l'existence, et où il faudra que je revienne, pour prendre quelques photographies. Presque trois heures plus tard, au feu rouge je feuillette la liste des ouvrages "du même auteur" située à la fin d'Impératif catégorique : stupéfaction de voir que le premier recueil de poèmes de Roubaud, dont le titre, ainsi que Roubaud lui-même le répète à l'envi, n'est pas

e

 

mais

є

 

(autrement dit : le signe d'appartenance)

est ici nommé Epsilôn.

Facétie de Roubaud ? Erreur d'un employé des éditions du Seuil ? Dans la liste des ouvrages du même auteur qui figure à la fin de Parc Sauvage, le signe d'appartenance reprend ses droits et sa typographie.

Sur le pont Mirabeau, je double une Twingo kiwi pâle immatriculée 7474 XK 37.

samedi, 22 décembre 2007

Itinéraires, au Château de Tours

D'emblée, j'ai un faible pour les expositions du Château de Tours. Le bâtiment a beau avoir subi les outrages du temps (et surtout des restaurations), il me plaît beaucoup ; il me plaît plus encore en tant que lieu d'exposition. Les salles sont vastes, amples, d'une grande sobriété pierreuse.

Ce vendredi après-midi, je m'y suis donc rendu, pour y découvrir l'exposition de l'association Itinéraires, qui occupe les trois étages et le rez-de-chaussée. Bien entendu, on ne s'attend pas à rencontrer le génie à toutes les cimaises, quand on parcourt les salles d'une exposition consacrée à 39 artistes tourangeaux contemporains : si la Touraine était peuplée d'artistes de premier plan, cela se saurait. Mais il y a tout de même, outre les inévitables croûteleux et ringards à la mode (dont Jean-Claude Loizeau est en passe de devenir le pire), quelques remarquables artistes du second rideau.


Florence Lespingal, "Meule"

J'ai retrouvé avec un grand plaisir les ardoises de Florence Lespingal, qui est de plus en plus inspirée et dont les meules, notamment, nous avaient séduits lors de notre visite de l'atelier. Les dernières en date sont encore plus belles.


Hélène Sellier Duplessis - Plante

Dans un style voisin, j'ai découvert Hélène Sellier-Duplessis, dont les toiles gagnent sans doute à partager la même salle que la kitschissime Malou Ancelin.


Charles Bujeau 1

Charles Bujeau a livré plusieurs grands formats abstraits, tôles peintes qui font grand effet sur les murs.

 


Alain Plouvier (Exposition Itinéraires au Château de Tours)

Les compositions d'Alain Plouvier sont très déconcertantes, et je ne sais trop qu'en penser.


 

Eraldo Buratti - Paysage intérieur avec effet de soleil (21 décembre à 15 h 51)

Après un premier mouvement de recul, je me suis surpris à aimer plutôt la peinture d'Eraldo Buratti, grands aplats de lumières bleues ou jaunes qui portent, si mon souvenir est bon, des titres conceptuels. J'ai photographié le tableau ci-dessus à quatre heures moins dix, alors que le soleil dessinait, à travers les carreaux, de jolies découpures de jour. La photographie, malheureusement, n'est pas à la hauteur de l'épiphanie.


 

Mise en cène ocre (Philippe Phérivong) Philippe Phérivong - Mise en cène (Totems au sol, détails)               Philippe Phérivong - Mise en cène (Totems au sol)

Au troisième étage, il y a aussi la salle conçue par Philippe Phérivong, artiste dont j'ai eu l'occasion de voir naguère des petits formats aux Bons Enfants. Philippe Phérivong propose une véritable installation, une série de toiles et de totems qui portent tous le titre Mise en cène. Le jeu de mots est un rien vaseux, mais la reprise du motif de la Cène est très convaincante. Il y a trois ou quatre grandes toiles rectangulaires, dont chacune représente les treize figures sous une couleur dominante, de petits triptyques, un ou deux Christ isolés, et enfin, au milieu de la salle, alignés, treize totems dont chacun représente deux ou trois apôtres et un verre de vin incarnat.

Nuit grise, eau brune

On peut dire que les vacances commencent bien. Ce matin, réveillé vers quatre heures (pourquoi ? le thé de 5 heures ? l'UPSA pourtant pas vitaminé d'hier soir ?), j'ai tourné dans ma tête un grand nombre de détails futiles et de souvenirs désagréables. J'ai fini par me lever à six heures, et, au risque de réveiller toute la maisonnée, ai préparé du café. La cafetière, cette grande salope (objets inanimés, avez-vous donc une âme ?), doit être totalement entartrée, et a laissé passer, du coup, la moitié du liquide (mélangé de café moulu et donc imbuvable) à côté. Voyant cela, j'ai mis fin à la percolation afin de déplacer au plus vite l'objet du délit vers l'évier : la maudite cafetière a compissé de son eau marronnasse le sol de la cuisine. Maintenant, je dois répondre à divers mails professionnels avant de passer ma journée à corriger des copies. On peut dire que les vacances commencent bien.

 

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Ajout de 7 h 33 : je viens d'entendre une toccatta de Frescobaldi par Francesco Tristano Schlimé. La cafetière est nettoyée ; il faudra la détartrer. Disons que les vacances commencent bien, suffit de le vouloir, hein...