samedi, 02 février 2008
Julio Gonzalez au Château de Tours I
Ce sont peut-être trente ou quarante billets que j'aurais voulu écrire, dans les pages de ce carnétoile, au cours de ces jours de vaches maigres. Une migraine atroce me martèle aux tempes. Avant de visiter, en coup de vent (et en passant entre les averses), l'exposition Julio Gonzalez en famille au Château de Tours, je n'avais (shame on me) jamais entendu parler de Julio Gonzalez, et encore moins, bien évidemment, de son frère Joan, mort jeune (à quarante ans), ou de sa fille, Roberta, huiliste, dont les toiles occupent tout le deuxième étage du Château. On est toujours l'inculte de quelqu'un. De retour à la maison, après un cours de thème dans une salle surchauffée qui a achevé de me plonger dans les bras de la sinusite (a foolish figure), j'ai pu vérifier, dans mon bon vieux L'Aventure de l'Art au XXe siècle (sous la direction de Jean-Louis Ferrier. Chêne/Hachette, 1990), l'étendue des dégâts : Julio Gonzalez y est cité pas moins de sept fois, dont deux petits articles à lui seul consacrés, avec deux reproductions de ses sculptures (la Tête aiguë de 1927 et le Masque de Montserrat criant de 1941).
Si tu as si mal que ça à la tête, je ne comprends pas que tu puisses rester comme ça devant l'ordinateur...
Feuilletant L'Aventure de l'Art au XXe siècle, je me suis retrouvé à méditer sur La Patience de Braque, sur mon rapport ancien mais conflictuel avec la peinture de Baranoff-Rossiné, et, enfin, à découvrir l'histoire savoureuse du Coucher de soleil sur l'Adriatique de Joachim -Raphaël Boronali. C'est d'ailleurs cette anecdote qui m'a conduit (en chantonnant in petto la chanson de Jean Ferrat ("Il est au milieu d' la route / Le stupide aliboron / On dirait qu'il nous écoute / Avec sa têt' de cochon")) à vérifier l'étymologie du substantif/sobriquet aliboron, d'où la citation qui va clore ce modeste et foutraque billet et qui peut renvoyer tant au Livre des mines quà mes lectures récentes d'Orhan Pamuk (encore que, dans Istanbul, Gautier ne soit guère évoqué) :
" Ces ânes étaient harnachés de bâts, de tétières et de croupières agrémentés de dessins en petits coquillages de différentes couleurs et n'avaient pas la mine piteuse de nos pauvres aliborons qui se sentent plaisantés. "
(Théophile Gautier. Constantinople. 1854.)
Si tu as si mal que ça à la tête, je ne comprends pas que tu puisses rester comme ça devant l'ordinateur...
[The story of my life.]
08:50 Publié dans BoozArtz, Le Livre des mines, Moments de Tours, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Art, écriture, Littérature
mardi, 29 janvier 2008
Gemma Galliae pretiosissima


16:40 Publié dans Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Art, Photographie
samedi, 22 décembre 2007
Itinéraires, au Château de Tours
D'emblée, j'ai un faible pour les expositions du Château de Tours. Le bâtiment a beau avoir subi les outrages du temps (et surtout des restaurations), il me plaît beaucoup ; il me plaît plus encore en tant que lieu d'exposition. Les salles sont vastes, amples, d'une grande sobriété pierreuse.
Ce vendredi après-midi, je m'y suis donc rendu, pour y découvrir l'exposition de l'association Itinéraires, qui occupe les trois étages et le rez-de-chaussée. Bien entendu, on ne s'attend pas à rencontrer le génie à toutes les cimaises, quand on parcourt les salles d'une exposition consacrée à 39 artistes tourangeaux contemporains : si la Touraine était peuplée d'artistes de premier plan, cela se saurait. Mais il y a tout de même, outre les inévitables croûteleux et ringards à la mode (dont Jean-Claude Loizeau est en passe de devenir le pire), quelques remarquables artistes du second rideau.

J'ai retrouvé avec un grand plaisir les ardoises de Florence Lespingal, qui est de plus en plus inspirée et dont les meules, notamment, nous avaient séduits lors de notre visite de l'atelier. Les dernières en date sont encore plus belles.

Dans un style voisin, j'ai découvert Hélène Sellier-Duplessis, dont les toiles gagnent sans doute à partager la même salle que la kitschissime Malou Ancelin.

Charles Bujeau a livré plusieurs grands formats abstraits, tôles peintes qui font grand effet sur les murs.

Les compositions d'Alain Plouvier sont très déconcertantes, et je ne sais trop qu'en penser.

Après un premier mouvement de recul, je me suis surpris à aimer plutôt la peinture d'Eraldo Buratti, grands aplats de lumières bleues ou jaunes qui portent, si mon souvenir est bon, des titres conceptuels. J'ai photographié le tableau ci-dessus à quatre heures moins dix, alors que le soleil dessinait, à travers les carreaux, de jolies découpures de jour. La photographie, malheureusement, n'est pas à la hauteur de l'épiphanie.

Au troisième étage, il y a aussi la salle conçue par Philippe Phérivong, artiste dont j'ai eu l'occasion de voir naguère des petits formats aux Bons Enfants. Philippe Phérivong propose une véritable installation, une série de toiles et de totems qui portent tous le titre Mise en cène. Le jeu de mots est un rien vaseux, mais la reprise du motif de la Cène est très convaincante. Il y a trois ou quatre grandes toiles rectangulaires, dont chacune représente les treize figures sous une couleur dominante, de petits triptyques, un ou deux Christ isolés, et enfin, au milieu de la salle, alignés, treize totems dont chacun représente deux ou trois apôtres et un verre de vin incarnat.
11:11 Publié dans BoozArtz, Moments de Tours, Sites et lieux d'Indre-et-Loire, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Art, Ligérienne
vendredi, 07 décembre 2007
Voilà ce coeur qui a tant aimé les hommes

16:00 Publié dans BoozArtz, Sites et lieux d'Indre-et-Loire, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mercredi, 05 décembre 2007
Dans la mire

Où peut-on voir ce curieux bâtiment ?
12:00 Publié dans Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
vendredi, 30 novembre 2007
Même pas Johansson

Le voile s'écarte à peine, dans la brume humide de gaze ou de cretonne. Toute une cérémonie s'apprête, à laquelle personne ne vous a convié. Dans quelques mois, vous regretterez ces arômes chassés d'un regard fuyant, ces senteurs suaves de cardamome et de girofle, assez pour que la soif guette derrière les rideaux de bonne femme.
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Claude Egea n'y va pas de main morte, derrière et après Sara Lazarus, sur What is this thing called Love ?, ni Marc Ducret sur Amour à vendre.
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Laissez passer la cicatrice.
15:33 Publié dans Ecrit(o)ures, Moments de Tours, Sites et lieux d'Indre-et-Loire, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie, Poésie, Jazz
dimanche, 25 novembre 2007
Dans le leurre de Seuilly
Comme il est encore question sur le site de F (comme il aime à signer de sa seule initiale, je poursuis la tradition), de l'abbaye de Seuilly (avec des photos stupéfiantes), je poursuis le dialogue en rappelant ici un billet de mai dernier, et en publiant des photographies inédites.




17:27 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Sites et lieux d'Indre-et-Loire, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie
jeudi, 27 septembre 2007
Sustine et abstine

Taillées, sculptées dans le tuffeau, ces inscriptions à la façon de la première Renaissance italienne jaillissent du blanc passé moiré, jamais purement figé dans son latin. (Je classe ce billet dans les Sites et lieux d'Indre-et-Loire, ce qui est indûment annexionniste : Couture, village natal de Ronsard, se trouve dans le Loir-et-Cher.)
On peut aussi admirer, dans l'église, le gisant des parents de Ronsard. C'est tout près de Trôo, Vendôme et Montoire, tous lieux réputés et ronsardiens pas encore visités. (Une carte postale est partie ce jour, mais pas de tissu, pas de couture. J'ai suivi l'enfant qui vole...)
Le corps principal du manoir a été probablement édifié par Olivier Ronsard, grand-père du poète, vers 1480. Du château du quatorzième siècle subsistent les édifices troglodytiques: caves et pigeonnier. (C'est au-dessus de la porte d'entrée d'une des caves que l'on trouve cette formule noire.)
Les sculptures de style Première Renaissance et les inscriptions qui ornent la façade sud du manoir, ainsi que certaines entrées de caves, datent du début du XVIème siècle, époque du père du poète, Loys Ronsard. L'ensemble, à la fois typique d'un style et singulier par sa rareté en l'état, est très marquant. (J'en sais qui ne sont pas d'accord, sont restées sur leur faim.)
On ne visite que deux pièces du rez-de-chaussée, mais il s'y trouve une magnifique cheminée richement sculptée. Les jardins ont été rénovés et entièrement restructurés par un certain Andrè Eve. C'est assez réussi. (Parmi les nombreuses variétés de roses, il en est une qui porte le nom de Philippe Noiret.)
---------------------------- Pour d'autres photographies de La Possonnière, depuis dimanche déjà on peut consulter ci-contre la rubrique Contr'alphabétiquement, qui, elle, ne bouge pas (mais change). ----------------------------
18:23 Publié dans Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie, Poésie, écriture
jeudi, 06 septembre 2007
Château de Gizeux
------------- cliquer sur vignettes photographiques pour version agrandie
Dimanche après-midi, virée jusqu’au château de Gizeux en passant par Langeais, St Michel, Les Essards et Continvoir. Le château de Gizeux est une très belle bâtisse qui frappe par son aspect classique, et, de loin, à gauche, les longues écuries du XVIIIème, toujours en activité puisqu’un centre équestre y est installé.

Je cite le guide Michelin, qui n'attribue aucune étoile à ce château, ce qui ne se justifie guère : "Le corps de logis principal, avec ses deux ailes en retour d'équerre, a remplacé vers 1560 la forteresse primitive, dont la tour à mâchicoulis située à l'avant de la cour d'honneur reste le seul vestige."


Comme en atteste l'une des fresques de la galerie des châteaux, les écuries sont un ajout tardif (18ème siècle), puis la partie la plus ancienne (XVème siècle, à droite) a été murée vers le milieu du 19ème siècle.

À l’intérieur, le château présente deux galeries peintes : la galerie François Ier (avec nombreuses boiseries peintes au chiffre de Marie d’Yvetot, devise et salamandre du roi, etc.) et la galerie dite des châteaux car une petite dizaine de très intéressantes fresques y furent peintes dans les années 1680 par un maître peintre et ses élèves.


Les fresques représentent notamment les châteaux de Chambord, Vincennes, Fontainebleau, Versailles (imaginé vu du ciel), deux scènes de chasse, un jardin imaginaire à la perspective étonnante.
On visite aussi deux salons, une salle à manger, la salle des trophées, puis les cuisines, où se terminait la visite ; singulièrement, on ne paie qu’à la fin, sur confiance.

La forêt entre Saint-Michel et Gizeux est très belle ; on appelait naguère cette région la "Sologne tourangelle". Le paysage, de vergers surtout, devient, aux confins du Maine-et-Loire et de la Sarthe, plus dénudé, agricole. (J'avais eu l'occasion d'exprimer mon sentiment il y a plus de deux ans déjà, à la naissance de ce carnétoile.)
09:50 Publié dans Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
vendredi, 18 mai 2007
La Devinière
C'est amusant que François parle de La Devinière, car j'y suis allé samedi dernier, lors d'une virée à l'ouest de Chinon. Autant j'ai déjà passé des heures innombrables au Prieuré Saint Cosme, autant je n'avais toujours pas longé l'allée délicate qui mène du parking, en bord de route au bout du monde, à la maison natale de Rabelais. La Possonière est pour plus tard.
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Une fois n'est pas coutume, je vais reproduire des extraits de la note publiée à cette occasion dans le blog familial (d'accès restreint) que je tiens à d'autres moments perdus :
La Devinière est une petite bâtisse construite à la fin du XVème siècle par le père de Rabelais, avocat à Chinon. D’un côté, la vue sur le château du Coudray Montpensier (qui ne se visite pas mais vaut largement, dans son genre, Chaumont ou Azay) est superbe. De l’autre, le jardin des simples ouvre vers Chinon.

La visite commence par le pigeonnier, grande salle carrée qui date du XVIIème siècle et où se trouvent de nombreux documents relatifs à la geste de Gargantua. Il y avait notamment un répertoire très complet des occurrences antérieures à Rabelais de légendes relatives au géant Gargantua, par ordre des départements français, ce qui m’a permis de voir que trois communes du département des Landes avaient partie liée avec ce personnage dont on aurait fini par croire qu’il est sorti tout droit de l’esprit du génial moine François. Toutefois, aucune date n’est donnée, ni pour le « chant populaire landais » glané à Labouheyre, ni pour la légende des chênes arrachés par Gargantua à Labrit, ni pour le « pas de Charlemagne » (toponyme peyrehoradais, apparemment, mais dont je n’ai pas saisi le lien avec Gargantua).
Dans la grand’ salle se trouvent de nombreux documents, etc., mais aussi plusieurs bustes de Rabelais, tous de sculpteurs du dix-neuvième siècle, qui fut, semble-t-il, le siècle de la redécouverte de l’œuvre de Rabelais.
(D’ailleurs, en cherchant sur le Web des photographies du château du Coudray Montpensier, que l’on n’aperçoit que de loin et dont il est difficile de s’approcher en voiture, je suis tombé sur le texte intégral de la traduction des Cinq Livres par Sir Thomas Urquhart of Cromarty et Peter Antony Motteux : elle date de 1894, et le site du projet Gutenberg reproduit la totalité des gravures de Gustave Doré.) Le plus réussi, même dans son côté pataud/pâteux, est d’un certain Louis-Valentin-Elias Robert.

Nous nous sommes égarés un moment dans les caves troglodytiques, formées de nombreuses salles, et qui, en superficie, doivent être le quintuple du manoir proprement dit. Elles sont décorées de reproductions découpées et agrandies des gravures de Doré, ce qui n’est pas toujours très heureux.
C'est aussi ce jour-là que nous avons visité l'abbaye de Seuilly, où j'avais entendu un concert de jazz en janvier 2005, et le petit village de Lerné, déjà évoqué dans ces carnets.
10:01 Publié dans Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie, Littérature
dimanche, 13 mai 2007
Deux figures de Lerné
08:45 Publié dans Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie
mardi, 24 avril 2007
Azay, pour composer chastement mes églogues
Dimanche en moins huit (?), nous avons visité, une nouvelle fois, le château d'Azay-le-Rideau.
C’était la pleine saison des glycines, qui fleurissent partout, et même dans les recoins urbains les moins ragoûtants. Il y avait, à l’accueil, une étudiante très gentille, Marianne, que je connais un peu quoique je ne l’ai jamais eue dans un de mes cours : très active au théâtre universitaire, elle a également suivi l’atelier de traduction des Merry Wives of Windsor qu’animait Markowicz l’an dernier et que j’encadrais (avec Lucile Arnoux-Farnoux).

Le château d’Azay est toujours aussi beau, planté fièrement mais avec tendresse au milieu de son carré de douves remplies.

Le château recèle de nombreuses richesses, et notamment un mobilier impressionnant, dont, curieusement, il n’est que rarement fait mention sur les cartouches des diverses salles. De même, pas trace d’un quelconque intérêt bibliographique pour ce mobilier dans la librairie du château.

Après la visite, nous nous sommes désaltérés dans l’un des cafés bordant la ruelle qui conduit du château au bourg, et il se trouve que C. attrape le virus de l’autoportrait à bout de bras, qui pourtant me vaut de nombreux sarcasmes. Allons, il me reste (outre les tasses qu'aime tant certain cuistre post-artaldien) les photographies de verres de Coca vus de haut.

Enfin, tant que je n'en suis pas réduit à montrer mes fesses... (Je pense qu'une telle exhibition ne serait pas vue d'un très bon oeil par ma hiérarchie de l'Université François-Rabelais. Pourtant, la flûte de Pan urge !)
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Achevons ce parcours dominical quelque peu échevelé par une énigme pour rinaldo-camusiens (ou pas) : buis cloqué n'est pas le siège.
13:23 Publié dans Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie, Université, Renaissance
lundi, 25 décembre 2006
32, fillette
Celui-ci n'est pas, techniquement ni à proprement parler, un autoportrait, puisque c'est mon fils, cinq ans et demi, qui appuyait sur la détente de l'appareil.
C'est une petite photographie en cadeau de Noël à ceux de mes étudiants qui aimeraient voir enfermé cet animal nuisible. (On se tient fort bien debout, dans une fillette. Ce que l'iconographie de la Troisième République n'a pas propagé, comme erreurs...)
00:05 Publié dans ... de mon fils, Autoportraiture, Sites et lieux d'Indre-et-Loire, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, Ligérienne
mardi, 12 décembre 2006
Vitraux de Truyes, 3

Un brin martial, ce Saint-Martin farouche, quoique offrant son manteau. (Ou un pan d'icelui.)
11:35 Publié dans BoozArtz, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, Ligérienne
lundi, 11 décembre 2006
Vitraux de Truyes, 2

Trois mauvais moines contemplaient, avec une tendresse de parade, le vitrail où dansait l'hostie, un ovale presque imperceptible que désirait ardemment effacer le cercle de feu. Face au calice, Saint Martin, de profil, semblait moins les menacer que ces trois scrutateurs austères, drapés de rouge et coincés entre la chasuble bleue du saint et la crosse d'or de l'évêque, une sorte d'image-miroir de leurs propres faux-semblants. La grisaille de la pierre n'est pas plus funeste que le fond de mon coeur.
16:50 Publié dans BoozArtz, Le Livre des mines, Mots sans lacune, Sites et lieux d'Indre-et-Loire, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, Ligérienne, écriture
dimanche, 10 décembre 2006
Vitraux de Truyes, 1

Je n'ai pas trouvé, sur le Web, d'informations au sujet des quatre vitraux de l'église Saint-Martin de Truyes (mais j'essaierai de dégotter quelques menus renseignements via le fonds de la Bibliothèque Universitaire). Comme, de surcroît, je suis nul en botanique, je ne sais identifier ni la plante représentée ni, a fortiori, le symbolisme qui s'y attache. (Mais pour ce qui est de placer, dans une même phrase et avec une belle symétrie, deux groupes adverbiaux dont un emprunté au latin, trop fort le mec !)
Tout au plus me semble-t-il que la structure de ce vitrail rappelle la figure longiligne du clocher-tour, avec ses quatre baies géminées. Le bleu est superbe.
20:20 Publié dans BoozArtz, Sites et lieux d'Indre-et-Loire, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, Ligérienne
Château de Bel-Air (Truyes)

Je ne vais tout de même pas commencer par l'essentiel... D'abord, la rocaille, c'est-à-dire le style rocaille : quelques escarpements grottesques (délibérément avec deux t), chutes d'eau que l'on contourne.

Le château de Bel-Air, à Truyes, n'a pas même un siècle, mais il est plutôt attachant, dans un style caractéristique de la Troisième République (finissante?). Il s'y tient, chaque année à la fin de l'automne, le Salon du Petit Format, qui ne casse pas des briques (exception faite de Pierre Cousin et de Philippe Maraindaz)...

Il y a, dans l'escalier d'honneur qui conduit au premier étage (et à la bibliothèque), une série de vitraux très Art Déco et assez réussis, dans ce style. Les trois panneaux supérieurs représentent des envols de colvert au coeur de forêts brunes, mais tant l'éclairage très faible que la piètre qualité du zoom de mon appareil photo numérique m'ont empêché d'en garder une trace convaincante.
12:20 Publié dans Sites et lieux d'Indre-et-Loire, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, Ligérienne
Eglise Saint-Martin (Truyes)

Avec sa tour-clocher si finement élancée, sur quatre étages de baies géminées (ou doubles arcatures), l'église Saint-Martin de Truyes, placée au bord de la petite route (très passante) qui traverse ce village par ailleurs plutôt fade, saute aux yeux. Il faut ensuite entrer, mais ce sera pour plus tard dans la journée...

Sur la deuxième image, la tour paraît "écrasée" par le fronton massif, mais il s'agit, en grande partie, d'une fausse impression, un effet pas très heureux de contre-plongée... à moins que le regard ne saisisse mieux l'ensemble de l'édifice si le piéton se tient au milieu de la route (à ses risques et périls). Dans le cas des images illustrant ce billet, le photographe se tenait sagement au milieu du parking, et peut-être plus "à droite" pour celle du bas.
10:10 Publié dans Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie
samedi, 09 décembre 2006
Photif phormat
Irène, que je vois trop peu ce trimestre, a indiqué à une collègue et amie commune que je "déformais toujours les propos des autres de toute façon". N'est-ce pas le propre du bouche-à-oreille qui se perpétue aussi dans les carnétoiles (la tête dans les nuages ? dans la lune ?) ? Bref, je vais essayer de rapporter ici un fragment de la conversation que j'eus (mardi dernier) avec Aurélie, qui pensait que les portraits de moi qui se trouvaient sur ce site avaient été pris par mes proches (et, en particulier, par ma compagne), et que je devais être drôlement casse-bonbons (my words, not hers) de solliciter ainsi, constamment, des photographes pour me tirer les lumières du nez (ditto).
Ainsi, rassurons tous ceux qui auraient encore des doutes : la série des autoportraitures a pour principe intangible et infrangible la capture du sujet par l'appareil photographique tenu à bout de bras (gauche, en général). Quelques bidouillages sont parfois possibles, comme dans l'image publiée ici même il y a un an, qui n'avait attiré aucun commentaire (alors, il serait temps : lâchez vos comm's ! (au niveau du mental)). Dans ce cas précis, il s'agissait d'effacer la partie droite de la photographie, qui représentait mon fils, et ce non pour de basses raisons narcissiques, mais parce que je me suis vu interdire formellement, par sa mère, de publier des images d'icelui on-line (point de vue que je partage).
Sinon, toujours le 9 décembre 2005, C. et moi avions passé une heure agréable aux Bons Enfants, pour l'exposition des Petits Formats ; ironie des dates, nous devons aller cet après-midi à Truyes (uuuiiiiiiiiit!) pour le Salon du Petit Format (qui s'achève demain).
12:10 Publié dans Autoportraiture, Comme dirait le duc d'Elbeuf, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie
mercredi, 15 novembre 2006
Grande journée footballistique

Si je ne vais jamais voir de match de football, c'est qu'il me faut des rencontres exceptionnelles, et que ni le Barça, ni Arsenal, ni l'Inter Milan, ni même l'Olympique Lyonnais ne sont en mesure de satisfaire mon niveau d'exigence (très élevé). Il me faut du beau jeu, des gestes éblouissants, un stade superbe, etc.
C'est pour cela que j'ai particulièrement apprécié la rencontre qui opposait, ce dimanche, dans le cadre de la première division du championnat de district d'Indre-et-Loire, l'équipe de La Ville-aux-Dames au S.C. Bléré.

Quelle après-midi remarquable, tant pour ses exploits individuels (pas moins de deux passements de jambes et de quatre grands ponts) que pour son esprit de fair play (c'est à peine si l'on a déploré quarante-trois tricheries, vingt-sept simulations et une soixantaine d'insultes).
[INTERRUPTION. On peut aussi faire remarquer la beauté du décor, la suavité du logo, la cataracte de ciel bleu, parfaitement kantienne.]
D'ailleurs, aucun joueur (ni de l'équipe locale, en orange et noir, ni des visiteurs, rouges (de colère?)) ne s'est plaint, et le défenseur de Bléré qui a été expulsé (à tort) en seconde mi-temps ne s'est nullement montré vindicatif quand, à la rentrée aux vestiaires, déjà douché et rhabillé, il a lancé, à propos du menteur de l'équipe adverse : "Je vais lui défoncer sa gueule, moi! "
Pure plaisanterie amicale, bien sûr.

Reste que le photographe professionnel dépêché sur place a fait preuve d'un talent nonpareil en capturant le moment précis où le ballon a franchi la ligne de but de La Ville-aux-Dames, pour le second but de Bléré. (Le fait que ce soit un penalty n'enlève, évidemment, rien à sa prouesse.)
Score final : 2-2. (1-1 à la pause. Un penalty de chaque côté, en deuxième mi-temps, & tout aussi imaginaire l'un que l'autre (arbitre frappé d'hallucinations?).) Public nombreux (quatre douzaines d'habitués). Pelouse impeccable (pour les taupes). Temps clément.
14:14 Publié dans Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie, Football
dimanche, 05 novembre 2006
Langeais en cette saison
Le château de Langeais, essentiellement automnal.
Il n'y a qu'à voir : ma première visite du château, ce fut à la toute fin d'octobre 1997, alors que nous vivions à Beauvais. Nous venons d'y retourner, sous le soleil de ce dimanche. L'an dernier, ç'avait été la virée post-anniversaire, du samedi 12 novembre (mais il pleuvait, et il y avait aussi mes parents et ma soeur).
D'ailleurs, l'histoire se répète, et, comme j'en suis à recycler mes vieilles notes sous prétexte d'inventaire, prouvons une bonne fois pour toutes que l'histoire se répète, en reprenant certaines notations & représentations de cette précédente visite, telles qu'ici figurées : en relisant les notes de novembre 2005, je me rends compte que je pensais être allé voir la mise en scène de Tchekhov par Lasoupe plus récemment que ça (un an déjà??!?), que j'avais déjà été inspiré par la vue circulaire depuis le chemin de ronde, et par le singe anthropomorphique.
Cette année, nous étions invités au mariage de Charles VIII et d'Anne de Bretagne. Je vous annonce, pour un de ces quatre matins, un autorportrait à la queue d'hermine de derrière les fagots.
(Différence fondamentale entre un blog et un carnétoile : le carnétoile est intempestif, atemporel, répétitif, cyclique, obsessionnel, et même rotatif.)
20:34 Publié dans Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
dimanche, 15 octobre 2006
Vous n'avez rien raté

Un épi de maïs géant hèle les passants.
Un pied de tomates refuse de nous lâcher la grappe.


18:40 Publié dans Sites et lieux d'Indre-et-Loire, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
lundi, 09 octobre 2006
Exposition Henri Gaden
Vendredi s'achèvera, à la Bibliothèque d'Anglais-L.E.A. de l'Université François-Rabelais (site Tanneurs) la très belle (mais trop brève) exposition de 30 photographies de Henri Gaden. Il s'agit d'une partie de l'exposition qui avait été présentée en 2001 au Salon du Livre de Bordeaux.
(Nota, pour plus d'informations sur Henri Gaden : le texte de préface d'Anne-Laure Jégo se trouve en ligne ici.)
Des 335 clichés sur plaque de verre stéréoscopique légués par les héritiers de Henri Gaden à la ville de Bordeaux dans les années 70, trente sont ici présentés. La plupart sont d'une très grande beauté : le photographe, administrateur colonial en Afrique de l'Ouest, a saisi des fragments de cérémonies, de conversations, des visages solitaires (vire solaires), des groupes d'enfants, sans parler de la capture de Samory Touré, à laquelle il a participé, selon ses fonctions d'alors. J'aime beaucoup les portraits d'individus seuls, et notamment une très belle Africaine saisie au vol d'un sourire. Le Portrait de Samory Touré après sa capture (n° 3056-57) est très impressionnant, pour ne rien dire de l'image intitulée Colon français et Africaine (Beyla) (n° 3066-67), où se lisent toutes les ambiguïtés de ce qu'il est convenu d'appeler, par un bel euphémisme, "l'aventure coloniale".
La rencontre de ces deux personnes n'a rien d'improbable : le cadrage, qui centre le regard sur l'Africaine, semble témoigner de la joie de cette femme, mais, comme il ne faut pas oublier que le photographe est un officier colonial, toutes les hypothèses sont permises. Rencontre mi-joyeuse mi-gênée ? Signe d'une vie quotidienne assumée, où la ligne de partage entre Blancs et Africains n'est jamais absolument fixe ou figée ? Simple moment d'harmonie ? Savant calcul idéologique du photographe ? Bien entendu, cette image nous renvoie à nos propres fantasmes, nos propres jugés ou préjugés.
Caverne et jeu d'ombres (n° 2976-77) est trop esthétisant, d'une certaine manière. Je lui préfère, et de très loin, ce petit bijou de photographie narrative qu'est l'image (références non notées, silly me!) de quatre hommes dans une salle vide : l'un est debout, un autre assis sur une chaise, un assis à l'arrière sur une sorte d'estrade, un enfin, torse nu, au premier plan, le dos tourné au photographe. Trois chapeaux coloniaux sont posés sur le sol. Que font-ils là ? Qu'ont-ils l'air d'attendre ? La différence entre le nombre de chapeaux et celui des sujets photographiés ne laisse pas d'intriguer : j'ai cru voir que le personnage au fond, assis sur l'estrade, avait une casquette à visière. On pourrait aussi imaginer, à l'extrême rigueur, que le personnage vu de dos, torse nu, soit une femme... Laissons dériver l'imagination...
23:01 Publié dans Affres extatiques, BoozArtz, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie, Art, Université
mardi, 03 octobre 2006
Château de Montpoupon ~ Extérieurs
Malheureusement, la visite a été irrémédiablement gâchée

par la hargne, la pugnacité et la crétinerie de la guichetière, préposée à débiter la même propagande à tout le monde sans même écouter les rares mots qu'essaie de placer son interlocuteur. Bien entendu, il m'est impossible, en raison de cette espèce de harpie grotesque et sans cervelle, de recommander la visite du château.
C'est dommage, vraiment dommage.
20:25 Publié dans Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
Château de Montpoupon * Extérieurs

Comme je ne compte pas vous recopier l'historique de ce très joli château Renaissance (il ne reste rien de la maison forte du XIIIème), vous pouvez consulter la notice du site 37online.
Dimanche matin, il devait pleuvoir, alors nous avons renoncé à visiter les jardins du château de Nitray. Le château de Montpoupon est tout à fait digne d'intérêt, avec plusieurs salles remarquablement meublées (mention particulière pour une série de tapisseries de Beauvais dans un état remarquable de conservation).
Le Musée de la Vénerie est une simple curiosité, sans plus.
18:25 Publié dans Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
Château de Montpoupon : extérieurs

Comme, dans ce château, toute photographie est interdite une fois que l'on est entré dans l'enceinte, et comme je respecte la loi (ou, à tout le moins, les instructions et prohibitions indiquées à l'entrée), vous ne verrez que ce que tout un chacun, même sans entrer, peut observer, le long de la très jolie route départementale, entre Le Liège et Montrichard.
16:25





