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vendredi, 17 février 2017

Réussange 5

Voyez-moi donc ce beau ratite

Plus gigantesque qu'un harfang.

Promenons-nous au zoo d'Ang-

Oulême. Amis, il le mérite !

 

Préférez-vous le zoo d'Ang-

Ers ? (Oui, cette rime est fortuite

Et à nul jeu creux circonscrite.)

On n'y trouve pas de siamang.

 

À pianoter, mes phalanges

En tous sens les lettres mélangent.

Est-ce du clavier le prurit

 

Ou, dans ce zoo, l'aconit

Et le chant libre des mésanges

Bouleversant le tapuscrit ?

 

samedi, 11 février 2017

qui est Kafka

11.02.2016, Hagetmau, 8 h 45

le savez-vous qui est Kafka

engoncés dans des cotonnades

à lire tant de couillonnades

dans des surplis en taffetas

 

un hiver doux pour les chapkas

qu'elles se reposent salades

salamalecs mêmes œillades

vers braillés comme des hakas

 

Kafka je te suis quand tu pars

ce sont d'autres transformations

dans l'orage des nébuleuses

 

par la course des avatars

pour qu'enfin nous nourrissions

sans fard ni phrases fabuleuses

vendredi, 10 février 2017

Réussange 4

L’Ange

Fuit,

Luit,

Mange-

 

-Nuit,

Change,

Quand j’

Ouïs

 

Son

Rite,

Vite

 

En

Rang,

Cite.

mercredi, 08 février 2017

Sonnet en émoticônes IX

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mardi, 07 février 2017

Autre sonnet avec animaux

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lundi, 06 février 2017

Sonnet avec animaux (et coquille)

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vendredi, 03 février 2017

Réussange 3

C'était à Orange

Au cœur de la nuit.

Mon âme s'enfuit

Au souvenir cuit

 

De cette mésange.

Était-ce sans bruit

— Au cœur de la nuit —

Un hibou fortuit ?

 

Sans esprit de suite,

C'est un boomerang

Ce poème dang

 

-Ereux. Prends ta cuite

Au vil kaoliang,

Ta mémoire en sang.

 

vendredi, 27 janvier 2017

Réussange 2

Faiseuse d'anges,

On te rompit

Pas par dépit

À des louanges

 

Trompeuses. Suit

Une vidange

De produit.

Même à Hayange

 

Dis, on hésite.

Décampe vite

Le blanc harfang.

 

Vol de papang

Dans la guérite

En latérite.

 

mardi, 24 janvier 2017

Pincé par le froid...

Pincé par le froid de l’hernie

Sous sa casquette dégarnie,

L’homme à l’œillade racornie

Qui paradait dans Gavarnie

 

Prend le temps de s’en griller une.

Serait-ce aboyer à la lune ?

Après les oyats, la callune ?

Après Gavarnie, Pampelune ?

 

Levant les yeux, pas parano,

Au ciel pour y prendre l’anneau

Qu’il préfère de Saturne, au-

 

Cun risque qu’ici le détrône

Ce souffle noir façon Murnau

Ou d’exorde à la fin du prône.

 

 

Il y a seize jours déjà, au détour d'un billet traductologique dans lequel je saluais Lionel-Édouard Martin et m'interrogeais sur les traductions de poèmes écrits en français par Rilke 3 et non sur les traductions françaises des poèmes allemands du même —, j'avais découvert que Papageien-Park était un sonnet au schéma singulier aaaa/bbbb/cc'cc'cc' et promettais de composer un sonnet-perroquet.

En voici donc un, au bout de seize jours.

 

vendredi, 20 janvier 2017

Réussange 1

Quel est cet instant étrange

Où le temps se suspendit

Comme tourne le bandit

Manchot pour que l'on engrange

 

Du pognon ou du crédit ?

Dites que ça vous démange

La couenne ou bien le Madrange

Qu'un jour on vous descendit.

 

— Ce moment de réussite

Où rien du tout n'hésite

Avant de se mettre en rang

 

Dans la cohorte infernale

À la pointe du big-bang

Et d'un futur qui s'étoile.

 

*Le réussange est nouvelle forme de sonnet, dont je n'ai pas le temps d'expliquer le principe d'écriture (j'ai cours).

lundi, 19 décembre 2016

au bec du masque songye

12.12.2015.

sans parler de débandade

au général inquiet

voir qui dormait et qui est

réveillé par la saudade

 

au bec du masque songye

suspendre la rebuffade

la douleur n'est pas en rade

ni sommeil pour la pitié

 

après lire Atatao

âpre poème pastiche

retrouver son territoire

 

front bombé du calao

pleurer pour exécutoire

& rien soulage hémistiche

 

dimanche, 18 décembre 2016

Musique d'endives

27.11.2013.

aujourd'hui pas de lessive ·

je joue aux congas

avec deux endives ·

vous voyez les gars

 

c'est pas compliqué ·

c'est pas des salades

brumes maussades ·

une tronche de vieux ticket

 

hachuré par la moissonneuse ·

mine poisseuse

 

je tape sur des bongos ·

avec la pince à linge

peau tendue les méninges ·

un bruit de vieux frigo

dimanche, 27 novembre 2016

à mon tiers café...

Après un mois d'abstinence, à peu près, j'ai de nouveau écrit, ce matin, un sonnet alternant heptasyllabes et octosyllabes, sans doute sous l'influence de ma lecture du Sexe des rimes et de ma découverte des « vers baïfins » (“un nouveau vers de 15 syllabes bien comptées, césuré clairement (7/8)”, Chevrier, p. 64).

Ce sonnet est logiquement dédié à Valérie Scigala.

 

à mon tiers café je n'eus qu'à

prendre presto la tangente

imposer la rime indigente

piquante tel le yucca

 

c'est au jour de la saint Lucas

que le poème déjante

une diction décourageante

sous les volées des Stuka

 

comme coincé dans ta guimbarde

c'est le temps de s'envoyer

la lettre au travers du trimard

 

refuge chez Gallimard

la douce lueur du foyer

pendant que l'avion te bombarde

 

vendredi, 21 octobre 2016

allongés dans le lierre doux...

Hagetmau, 21.10.2015.

allongés dans le lierre doux

dont je nous ai fait une couche

à boire de ce bourret roux

servi au flingue et à la louche

 

nos mains repassent sur le houx

puis s'abreuvent à cette bouche

la peau reprise par la toux

sous le vergne du pré de l'Ouche

 

était-ce un rêve mon regard

happé à plaquer ton rencard

artifice de la démence

 

des cadences pour le pavois

& ce moment en rien grivois

barbouiller l'ombre m'ensemence

 

mercredi, 19 octobre 2016

Sonnet en émoticônes, VI

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mardi, 18 octobre 2016

Sonnet en émoticônes, V

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samedi, 15 octobre 2016

Coings écrasés. — Un sonnet retrouvé.

tous ces coings écrasés

c'est pas de la gnognote

ça fait de la compote

en plein sur la chaussée

 

par le clavier glacé

j'écoute un vieux Blue Note

on me dira mon pote

au futur au passé

 

ma mémoire est un torque

& j'ai l'œil furibard

d'une ligne épurée :

 

le combat contre l'orque

dans la rue en slibard

glissant dans la purée

 

 

Écrit le 15 octobre 2015, jamais publié ici, ce sonnet ne figure pas dans le recueil qu'on peut toujours, cinq semaines après sa sortie, acheter ici.

jeudi, 22 septembre 2016

secousses de buée

22.09.2015.

poème écrit dans les secousses

d'un bus accordéon lancé

à vive allure sans penser

au chemin qu'après tu rebrousses

 

nous n'irons pas à la rescousse

des paradoxes insensés

des cygnes comme dans Manset

la lune est verte pamplemousse

 

je monte aussi dans ce tramway

les lunettes bleues de buée

& l'inquiétude en bandoulière

 

buvez du Marbuzet messieurs

incarcérés dans vos meulières

& privés de la vue des cieux

vendredi, 16 septembre 2016

foirade baleinière

16.09.2015, il y a un an pile

ton vers tu l'as foiré échoué et tu rates

même la prose fade et terne de ta vie

à ne discerner dans cette philosophie

les aurochs les galops les ocres disparates

 

aux peaux anéanties aux visages pirates

burinés par le sel dont la langue asservie

ne peut plus distinguer si elle est assouvie

de ces tord-boyaux ou de ces sombres picrates

 

toi qui sentais le suif la semence et le crin

d'océan tu te noies dans un alexandrin

ou même dans quatorze — après tout quelle aubaine

 

de moduler sur ta senza (son doux métal

plus précieux qu'un coffre d'or en bois de santal)

les soupirs du dugong les pleurs de la baleine

mardi, 13 septembre 2016

aux enfers ton rire

13 septembre 2015

tire la chevillette

& le monde s'écroule

une foulque macroule

avance à La Villette

 

toute pierre qui roule

échoit en mitraillette

à nouer l'aiguillette

d'un homme dans la foule

 

n'était-ce qu'une éclipse

ou bien l'apocalypse

descendons aux enfers

 

ton rire caracole

j'ai la tête à l'envers

de tout ce protocole

 

lundi, 12 septembre 2016

patchwork crapauds

12.09.2015.

 

de batraciens un vrai patchwork

défilant tristes sur la trace

de la baston et du pancrace

le spectateur flippe sa race

 

la spectatrice a hurlé beurk

qui veut étreindre trop embrasse

& quelle audace Douglas Sirk

creuser la fossette de Kirk

 

un vieux poème qui gargouille

& marche en crabe pour que dalle

la pâmoison d'une grenouille

 

le tour de France par Lassalle

un chien bade bien une andouille

le lyrisme se fait la malle

 

dimanche, 11 septembre 2016

enfermés dans la poivrière

11.09.2015 (décidément, plein de sonnets

oubliés dans les limbes de Facebook)

 

bus 2 en direction des Douets

à l'heure ô combien meurtrière

des carcans des chaînes des fouets

illusoire méthode Coué

 

enfermés dans la poivrière

où un génie brûle nos souhaits

à peine un regard vers l'arrière

la mémoire mort fourmilière

 

dans l'accordéon désarti-

culé direction le parti

pris de souvenirs insensibles

 

les visages ne sont des cibles

qu'avec le temps un bus feignant

d'aller direction Gradignan

samedi, 10 septembre 2016

sur \ sous //

10 septembre 2015

 

la pluie qui tombe sur le square

emporte les papiers gras de

McDo comme pour la parade

— sur la branche un refrain à boire

 

la pluie qui tombe tombe noire

et veloutée sur cette estrade

qu'un vieux sac KFC bien crade

amoche à peine — quelle histoire

 

sous la pluie comme un édifice

ou une bête rassurante

au grondement brun et muet

 

le saule étend ses artifices

en branches qu'ici même on chante —

sous la pluie un vers embué

 

vendredi, 09 septembre 2016

\\\\ \\\

9 septembre 2015,

encore un sonnet retrouvé

tu te caches sous un pseudo

pour pondre un bout de parabase

la neige te coule du nase

n'imite plus jo le clodo

 

tu prends le wifi du macdo

pour ne pas crever d'épectase

dans le sommeil où se transvase

une gavotte glissando

 

de ta passion aux interstices

suppurent des contre-cotices

dont s'enorgueillit ton radeau

 

la vie ce n'est pas une phrase

et vautré sur le baradeau

tu sens comme un œuf qui t'écrase

 

mercredi, 07 septembre 2016

La boule à zéro

7 septembre 2015

 

il avait la boule à zéro

sa froideur foutait les miquettes

on peut empiler dix liquettes

rien ne vaut un bon braséro

 

sa coquille caliméro

& chèvres qu'il nommait “biquettes”

ça décolle les étiquettes

même cousues au boléro

 

son regard à l'eau de javel

glaçait les sangs du plus torride

ses joues n'avaient pas une ride

 

autant se murger au tavel

ou au tursan si la mémoire

vous empoigne comme à la foire

 

mardi, 06 septembre 2016

Prendre gorge langue

6 septembre 2015

 

oui c'est pour demain l'embargo

à gambader dans un champ d'orge

ah je vous ferai rendre gorge

chanter à la proue du cargo

 

se noyer à Boucau au Porge

sur fond d'un sehr langsam largo

il neige on se croit dans Fargo

mais c'est un poème de Norge

 

vous êtes la belle sirène

en bois dont parfois on carène

à la lame d'autres tonneaux

 

c'est pour demain la sécheresse

le mât avec ses jambonneaux

fades dont naîtra ma détresse

 

dimanche, 28 août 2016

Hors de sa gangue

vas-y repique la saucisse

à la fourchette gaougnan

ne t'a-t-on pas appris feignant

à accommoder l'écrevisse

 

qu'on repasse par Aubagnan

avant de pointer à Aurice

ce n'est pas de te rendre service

adichats Sévigné Grignan

 

que je te ponds hors de sa gangue

un vilain sonnet matchehangue

& Castelner tu crois pentu

 

la poétique qui s'embègue

à force de parler pointu

je tu il — oui : on → arroumègue !

 

vendredi, 08 juillet 2016

charrette à bras

ça semble un enfant au cerceau

& ce serait un charretier

pas rue du château des rentiers

où dort le mort dans son berceau

 

d'un épais trait d'encre de chine

tel pour le croquet les arceaux

dépenaille tous les pinceaux

le diable veille à sa machine

 

ton regard hautain pas altier

s'abstient d'embrasser les chantiers

pour y dénicher la bobine

 

d'un trait d'encre de chine épais

tel que sous la télécabine

on prend le forfait au rabais

dimanche, 03 juillet 2016

CN4—790-1

Un chevreuil broute, à découvert, en plein milieu.

Je cherche, en regardant, à savoir ce qu'il broute —

Mon regard et mon odorat sont en déroute.

Malgré l'insomnie, j'aurais dû rester au pieu.

 

Comme une berline stoppée par son essieu,

Ou comme la City frôlant la banqueroute,

Comme l'alopécien lorgnant sur la moumoute,

Insomniaque on ne peut s'en remettre à Dieu.

 

Pourtant, il a fallu que, sagace, mon œil

Aperçoive, broutant attentif, un chevreuil,

Non dans la forêt mais sur la page fugace

 

Où, selon le léger crémeux du papier bible,

L'incroyant s'en remet au hasard insensible

En niant toujours Dieu, dont son esprit s'agace.

 

samedi, 02 juillet 2016

la paupière, parole

In memoriam Yves Bonnefoy

(vidéo aussi ici)

chaque fois que la pierre

a heurté notre regard

blessé notre paupière

pour nourrir la parole fière

 

chaque fois que le fard

a changé notre lumière

pour un poème bâtard

un bégaiement hagard

 

la pierre maquillée

dans l'ombre déshabillée

de la montagne en juin

 

juillet épousant le seuil

a gravé au fond de l'œil

la parole sans fin

mardi, 21 juin 2016

... on voit que ça barde .......

c'est parti pour la ribouldingue

& le safari des connards

je débrancherai mon sonar

tout cela me sort par le fingue

 

le poème qui se déglingue

crache à ta face salonnard

(s'il le pouvait, ah quel panard)

et te massacre la meringue

 

aujourd'hui on voit que ça barde

d'une métrique furibarde

ma tchatche bam comme au bowling

 

& dans la lumière blafarde

d'un été en aquaplaning

livre un combat d'arrière-garde

lundi, 20 juin 2016

....... pour les durs à cuire ...

Laisse ton monde pour celui

de la neige et de la tempête

de la fièvre ou bien de la fête

sans doute l'espoir s'est enfui

 

Dans les nausées de la défaite

peut-être qu'une flamme a lui

Dans le labyrinthe de buis

déjà l'ancien festin s'apprête

 

Poème pour les durs à cuire

tandis qu'intérieur agonise

Un tango tout en entrechats

 

Ce n'est pas la brosse à reluire

ni votre dernière dialyse

Qu'on essuiera sous les crachats

vendredi, 17 juin 2016

Quelle féerie d'erreurs

(14 juin, entre Coppée et Christ-Roi)

Quelle féerie d'erreurs

Le temps qui ment à sa monture

le vent démêlant l'encolure

Le spectre l'amour les labeurs

 

& les labours l'agriculture

Les fous qui sèment la terreur

J'aimais ton souffle vendangeur

Toi qui n'es pas ma créature

 

Dans le tramway auriez-vous l'heure

Votre corsage comme un leurre

Et la sonnerie du départ

 

Ma voix n'a rien qui me rassure

Sosie qui vous sert de rempart

En bafouillant fait des ratures

 

mardi, 14 juin 2016

Surveillance de salle 70

J'étais dès 7 h du mat

devant le parvis de la fac

avant d'installer 8 rangées

de tables (salle d'examen)

 

Je n'y ai pas sali mes mains

vaches ne sont pas enragées

faut qu'ça s'fasse, d'ac ou pas d'ac

au rattrapage échec et mat

 

aux feuilles bleues et 8 par 8

à faire entrer toutes les 10

minutes les candidats

 

Je préférerais dans les draps

bien sûr la tendresse des lys

& tête à tête le coït

 

dimanche, 12 juin 2016

Sonnet vaguement gastronomique

Ah, que c'est bon, l'oignon grelot !

— Et délicieux l'ail en chemise !

Voyez-vous, c'est partie remise

À devoir tirer le gros lot :

 

Voulez-vous qu'on économise

Sur ce qui me remet à flot ?

Franchement, ce serait ballot,

Et ma bouche y est insoumise.

 

De tout l'oignon est l'origine

Dans la quiche ou dans la tagine,

À en savourer son fricot.

 

L'ail, jaune, rose ou rocambole,

M'enhardit sous le calicot

Pour un poème en parabole.

 

vendredi, 10 juin 2016

“Des ombres sur les lam...”

Des ombres sur les lam-

Padaires, sur les orbes,

Dans un manque d'allant

Pour cultiver l'euphorbe

 

Et dire à ce chaland

Qui jouerait du théorbe

Que mon rêve s'élan-

Ce vers ce qui l'absorbe.

 

Ô, n'était-ce ce rê-

Ve illuminé de nuit,

De terreur qui s'enfuit

 

Face à ce qu'écrirait

Pour vaincre mon courage

Ton œil dans son ombrage.

 

 

mercredi, 11 mai 2016

CN4—707

Il m'est venu une satiété de lire

Et même d'arpenter l'encre des grands voiliers,

Sur le pavé des rues, sous les mornes piliers

Où l'on graffite à tout crin l'ombre d'un navire.

 

Il m'est venu un épuisement à réduire

Au bouillon de la nuit le blanc du batelier

Scindant sa silhouette au creux d'un bouclier,

Et à entretenir la Madone hétaïre.

 

Pourtant, l'obscurité offre ces beaux volumes

À mes doigts tâtonnants d'aveugle dans les brumes.

Un temps pour tout ! Miserere ! Quel faux combat !

 

Je marche sous la lune, et son œil acéré

Me salue dans ma course. Un saule qu'on abat,

Et assez m'est venu d'encre. Miserere !

 

mardi, 10 mai 2016

CN4—701(3)

Personne dans les rues, en ce jour de Noël.

Il est loin, le chaos de nos voix magnanimes

Du temps où nous pensions, pour accéder aux cimes,

Façonner les quatre visages d'Azraël.

 

Désormais, le futur n'est qu'un vague écho él-

Evé du gouffre profond où d'autres pantomimes

Se jouent, pour des salauds qui versent vingt centimes.

Et même le hugolien crie “Allez l'O.L. !”

 

À peine ai-je entendu la flûte des rois mages

Et je pars, pèlerin, aveuglé d'enfumages,

Encensant le vieux temps des vieilles euphories.

 

L'adolescence est morte... Oh, ce n'est pas nouveau,

Et quoique mon huile admette quelques scories,

Je vais m'affaler entre un mulet et un veau.

 

lundi, 09 mai 2016

CN4—666

Nous ne sortirons pas, comme hier, dans la nuit.

Le lilas a repris sa couleur de lavande

Et ton regard sur moi ramène son amande

Et ta langue sa fraise. Est-ce d'un autre bruit,

 

D'une autre solitude aux appétits de fruit,

Que notre âme se repaît de ce qu'elle scande,

Petit budget, peut-être, ou bien liberté grande ?

Dans la nuit, ton regard amandier me poursuit.

 

J'ai aperçu hier le renard en maraude

Attentif au moindre souffle qui le taraude

Et malgré ça débusqué par ta fantaisie.

 

Le vert de la forêt comme seul héritage

Et aux lèvres les notes de Chambres d'Asie,

En rêve j'entrevois notre obscur équipage.

 

dimanche, 08 mai 2016

CN 4—701 (2)

Jour de fête, me dis-je à moi-même, tout bas.

Le temps a passé vite, en fanfare et en flèche,

Sans nul besoin de foulard ni de chèche.

On sent dans sa mémoire l'odeur des repas.

 

Nous avons pris date à des festins d'abadèche,

Entièrement nus sous nos djellabas,

Sans désespoir ligoteur au fond du cabas

Ni d'huissier litigieux pour nous foutre la dèche.

 

Est-ce étonnant, alors, cet armistice russe

Et ta gaudriole, infernal gugusse !

Est-ce gai ! Est-on fier de pousser des tacots

 

Pour finir raplapla, maboul ou bien cinoque !

Nous prenons date pour des festins de tacaud :

Vivement qu'on soit déglingué ou vioque !

samedi, 07 mai 2016

« Je songeais peu à la Nature...»

D'après un sonnet des Regrets,

en conservant les rimes

 

Je songeais peu à la Nature

À la brasserie L’Univers,

En sirotant face aux couverts

D’argent et sous l’architecture

 

Du vent tourangeau (sa peinture

Si souvent a nourri mes vers)

Quelque bière aux houblons divers,

Improvisant à l’aventure.

 

Soudain il me vint un regret.

L’avouer n’est pas un secret.

Ai-je maté les secrétaires

 

Pour la libido me friser

Et toujours à moi déguiser

Le vert m’inspire en commentaires ?

 

dimanche, 01 mai 2016

9 x 12

les effilochures du store

& les pépiements des moineaux

est-ce enfin l'hiver qu'évapore

un peu le bleu des fourneaux

 

le froid sur le ciment redore

autant le gris des anneaux

nos yeux sont délavés au chlore

ils sont loin les vols d'étourneaux

 

le muguet sonne le glas

des anoraks et le lilas

va bientôt casser la baraque

 

est-ce ce regard que tu as

par lequel aussi tu tuas

l'automne éternel patraque

jeudi, 28 avril 2016

Ton empire de cocagne

Sonnet grand-lièvre 5, 27 avril

Ton empire de cocagne

Dis ce n'est pas la prison

Ni la prison ni le bagne

ne protègent du poison                Ga

 

ré ici en double file

Tendre j'attends les raisons

T'étais-tu fait de la bile

Pour qu'un jour nous écrasons             Les

 

Premiers feux sous la mitraille

Le désarroi nous travaille

Et notre passé s'esbigne

 

C'est le supplice du pal                  Veux

-tu vieux que là on s'indigne

en mirlitons de Cingal

mardi, 26 avril 2016

Poème à caresse

Sonnet grand-lièvre 4

 

Dans ce couloir de fortune

Où le conquérant s'apprête

Tu monterais à la crête

Pour y piquer de la tune                    Car

 

Passé sous le drapeau prune

Tu t'étouffes sur l'arête

D'un magicien un peu bête

Merlu mérou poisson-lune                   A

 

langui sous les projecteurs

tu calculais les vecteurs

accablé par le cambouis

 

de ton vélo dans le beurre               Est-ce

trop lourd ce Vélociti

qui plafonne à trente à l'heure

 

 

samedi, 23 avril 2016

VCV (Sonnet-grand-lièvre III)

sur les stèles de la nuit

j'ai posé mes cathédrales

dis attendais-tu le graal

la biche qui s'est enfuie                      Vois

 

le foin qui dort dans la balle

& la pluie qui tombe en suie

pour te ramener à l'huis

te faire oublier le bal                          Comme

 

un soldat dans son rempart

mordrait le soir conquérant

& le soleil en carnage                          Vers

 

les six heures tintamarre

d'ennemis la déferlante

(les vers sont des lions en cage)

jeudi, 21 avril 2016

Ta/Fou

Y aurait-il un remords

dans ta tête de volcan

oui je sais tout fout le camp

lorsque s'acharne le sort                                    Ta

 

tunique en astrakhan

chaude un peu pour ce dehors

te ferraille comme un mors

peut-être mais jusqu'à quand

 

Cette vie d'héliogabale

de course folle en cavale

n'a pas une once de sel                                    Fou

 

rré dans ce guêpier

tu redemandes le miel

qui collera ton papier

 

 

Sonnet fatrasie (Qu'est-ce que ça veut dire 1)

Le silence des agneaux

dans l'alcool et dans le sang

la liqueur qui se répand

sur la dalle du tombeau

 

Cette ruelle est funèbre

à donner des soubresauts

chaufferais-tu tes vertèbres

à la pointe du lasso

 

Rien n'est pire rien n'est mieux

que la cendre que consume

la paille dessus l'enclume

avec Benjamin Crémieux

 

Et l'océan se retire

enfin qu'est-ce que ça veut dire

mercredi, 20 avril 2016

Un sonnet. Les palombes —

Je n'en ai plus écrit

Depuis des plombes --

Un sonnet. Les palombes

Avec ce parti pris

 

Trillent de Tours à Paris.

Dans le piège tu tombes,

Vallons et combes :

La neige fond, le temps s'enfuit.

 

Déjà tu te sens libre

De ce nouveau déséquilibre.

Ton squelette rétamé

 

Prend son envol fragile ;

Le poème que tu as entamé

Rend la larme facile.

mercredi, 16 mars 2016

la plomberie du tintamarre

mardi, 15 mars 2016

Sonnet écrit dans le bus 2.

Sonnet écrit dans le bus 2.

C'est le premier vers du poème

Dont voici déjà le troisième.

Vraiment je fais ce que je veux.

On passe devant Vaucanson.

Je n'aime pas le café crème

Ni le canard faisant carême

Ni la ferraille canasson.

Ce matin je me suis pelé

Le jonc pas exclusivement.

Voilà l'arrêt Aérogare !

Ce sonnet ne ressemble à rien ?

Le bus dans le petit matin

Est le descendant des gabares !

lundi, 14 mars 2016

Sonnet en PI — pour le jour de PI

Sonnet en Pi

à lire ici

car Haut & Fort fait des ennuis

au symbole du jour

(tant pis)

jeudi, 10 mars 2016

La bise passe...

La brise passe sous les mots

Comme le temps d'une évidence

Allez vous entrez dans la danse

Il danse le joli chameau

 

Finies la vie et ses carences

Cette pâte avec ses grumeaux

Ce sortilège du tombeau

La folie de remplir sa panse

 

Étiez-vous sous les giboulées

Ce mercredi de vent glacial ?

Perdre le nord et les raclées

 

Pour un sphinx au nez de gavial

C'est trouver des chaleurs sarclées

Par le froid septentrional

mercredi, 09 mars 2016

Une nouvelle forme de sonnet ?

Après les sonnets en émoticônes, à peine explorés (le dernier en date est à lire/voir/déchiffrer ici), je me lance dans les sonnets vidéo.

Bien entendu, les images sont pourries ; le montage est pourri ; je veux simplement espérer que les vers ne sont pas trop pourris, et surtout que cette façon d'écrire (directement avec le logiciel de montage — pas de texte préétabli, aucun mot particulièrement à l'esprit au moment où je filme) permet de déstructurer le sonnet d'une manière (un peu) neuve.

Ainsi, dans celui composé ce jour (Sonnet de Loire 9 mars 2016), deux vers appartenant théoriquement à des strophes différentes se trouvent réunis dans un même plan. La syntaxe joue aussi de cela. Dans celui-ci, je me suis aussi amusé avec l'alignement des légendes.

De même, j'ai rapetissé les légendes. Dans le premier (du tramway vide filmer), les vers étaient hétérométriques ; dans celui d'aujourd'hui, j'ai travaillé sur des pentasyllabes.

 

 

(Par ailleurs, c'est la saison des sonnets : j'en ai composé un ce midi, devant le collège Ronsard, avec le dictaphone du smartphone. On peut le retrouver sur Facebook, pour ceux qui sont “sur” Facebook.)

 

mardi, 08 mars 2016

Sonnet en émoticônes, IV — avec une anacoluthe

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Sans parlote

pour dégoiser en volapük

& pour causer en largonji

de la langue extraire le suc

au cimetière comme on gît

 

peut-être un jour à La Mongie

faire la sieste un petit cluc

(sur des skis je crois que Ponge y

s'exprimerait sur le grand-duc)

 

en haut des pistes le zéphyr

glacial nous parle son sabir

faut-il un aggiornamento

 

pour le silence de Ménine

sa fièvre guérie par quinine

& traduite en espéranto

.

vendredi, 04 mars 2016

Rugissements

le triomphe des trublions

qui se regardant dans la glace

exigeaient que nous fissions place

nette) Rugissements de lions

 

au fond de profondes crevasses

Toi, ça te fout des ganglions

— Voudrais-tu que nous sanglions

ta monture quand tu rêvasses ?

 

Le cheval va l'amble et fait peau

neuve sur notre itinéraire

le voilà qui reprend l'araire

 

Dans sa mémoire ce dépôt

seul encourageait notre fuite

(déjà vous connaissez la suite :

jeudi, 03 mars 2016

... venaient naufrager

3 mars 2015

 

l'espadrille rayée

coincée sous la cuisse

annonciatrice de crampes

rayures du canapé

 

une torpeur de chrysalide

moisi piqueté de la lampe

et sa perdrix pâle flanche

à la porte de nos supplices

 

poètes morts avant quarante

ans symbolistes portugais

sur l'écran qu'un pouce biffe

 

un jour factice en microfibre

où des débris de tercets

venaient naufrager

.

mercredi, 24 février 2016

pays perdu oui

Hagetmau, 14.02.2016.

 

oui est un pays plaisant

au soleil de ce dimanche

le ciel découpé sous la branche

c'est la parade des ans

 

oui est un pays perdu

trouant votre coudée franche

le froid est là la neige est blanche

à nier ce qu'on a mordu

 

oui finit en oraison

c'est un pays sans saison

on ne sait pas ce qui le ronge

 

& dans vos cœurs mal embouchés

oui est fait de mots couchés

pour les poisons des oronges

mardi, 23 février 2016

—la noce en cueillant—

15.02.2016.

tu égrenais au seuil des nuits

des coups de pinceaux innocents

qui détruisaient fureurs et bruits

martèlements adolescents

 

tu as pu faire la noce en

cueillant dans l'ombre fleurs et fruits

exacerbant la haine au sang

& épatant quelques instruits

dont tu avais volé l'angoisse

 

à présent l'ombre que tu froisses

a des allures de tapin

 

dis ces dégoulinures noires

les lâches-tu pour d'autres foires

ou trouver le fruit sans pépin

lundi, 22 février 2016

la fauvette @ la sauvette

15.02.2016.

elle se pose, la fauvette

sans que nul ne l'en ait priée,

sur l'arbre comme à la criée

un rai de soleil sur l'étal

 

elle regagne à la sauvette

un nid invisible, étrillée

par cette écriture embrouillée

& l'approche d'un caracal

 

n'est-ce plutôt une civette

qui s'approche pour que même à

l'affût d'un monde équatorial

 

ce bougre d'âne de Cingal

citant "la mouette c'est Emma"

nomme cette fauvette Yvette

mardi, 16 février 2016

“ragoût de potamochère”

mes amis faisaient bonne chère

un donna son dernier cauri

pour de la chair de pécari

un ragoût de potamochère

 

qui sait de quoi ils bambochèrent

était-ce quelque fol pari

pour assaisonner de gari

nos estomacs mis en jachère

 

ainsi je festoyais avec

mes amis et pan sur le bec

du bec-en-sabot de l'outarde

 

pour se gaver de chair poivrée

je narre cette agape vraie

rêve piqué à la moutarde

lundi, 08 février 2016

... du grain à mudre

passez par la calamistoufle

ô hérauts du matin de brou

on vous réchauffe peu ou prou

qui du bonnet qui de la moufle

 

à retomber dans votre trou

reprenez doucement le souffle

& engoncés dans votre doufle

passez par le chavirécrou

 

vous abhorrez la frangisudre

& le si élégant tonkin

à vous plumer le maroquin

 

ça va donner du grain à mudre

aux fanas d'homéotéleutes

& aux salopiots herméneutes

jeudi, 28 janvier 2016

“tenir le flambeau”

23.12.2015.

 

cours après la vieille étreinte

un pied sur l'escabeau

neurones au tombeau

sans faux souffle ni vraie crainte

 

cours les pas dans ton empreinte

à jouer pour de beau

de bon tenir le flambeau

que le futur t'éreinte

 

ce n'est pas assez courir

c'en est trop d'une syllabe

l'albatros s'enfuira

 

& se noircira en labbe

cours après il t'en cuira

ce n'est pas trop mourir

 

lundi, 18 janvier 2016

De neige urbaine

) ça commence à tenir

sur les voitures froides

métaphores des ouates

& ancien souvenir

 

va donc voir chez Jawad

s'il vente ou s'il neigeote

arrête ta parlote

cornemuse et bagad

 

magnolias et menhir

ça commence à tenir

& ça prend la tangente

 

autos sur les Tanneurs

glissent (va voir s'il vente

aux joues des dépanneurs

 

samedi, 16 janvier 2016

“ton temps de brume sur l'estran”

ton temps de brume sur l'estran

à l'aval des barricades

la fuite de nous par saccades

un vieux programme en systran

 

ce ne sont plus que cagades

à n'en plus finir impétrant

un passé veuf je comprends

que ton rimmel coule en cascades

 

nos aventures sont finies

cauchemar de décennies

maintenant tu règles l'ardoise

 

Tombouctou ventre de mort

& le nautonier qui dégoise

rame au cul putain de sort

samedi, 09 janvier 2016

[ sur le trottoir mouillé ]

passe sur le trottoir mouillé

la bombasse du samedi

& dans mon crâne ce taudis

pousse en douceur un clou rouillé

 

la statuette mumuye

pour narguer ce salmigondis

offre ses angles arrondis

de quels mots suis-je barbouillé

 

le mouvement souple et gracieux

de ses oreilles&cheveux

libère en écho à la lampe

 

la senteur âpre du regard

comme le pavé que détrempe

en vain mon matage ringard

.

 

samedi, 02 janvier 2016

::: ni raison ni rime ::::

vous n'avez rime ni raison

propos montés en fatrasie

en neige comme en poésie

vous n'avez rime ni raison

 

le goulot n'est pas la trémie

vous en compterez le poison

grain qui grouille & tombe à foison

de l'appétit à l'anémie

le goulot n'est pas la trémie

 

voici donc la lobotomie

entre la raison et la rime

 

de l'assassinat à son crime

la frime au point de la cuisson

n'est pas le trot du hérisson

 

vendredi, 01 janvier 2016

“tu mettrais le monde”

tu mettrais le monde sous braise

& l'univers tu le mettrais

dans la ruelle des attraits

à se figer en catachrèse

 

tu caches ce que tu voudrais

trahir par nulle autre foutaise

ce qu'on sait faut-il qu'on le taise

garde-moi de la cendre au frais

 

déjà le feu trace d'un geste

l'amertume fixée au zeste

et au zénith il semblerait

 

tu plongerais dans le nadir

un monde de foudre et de craie

& sous la trompe du tapir

 

une année bis vient ramener sa fraise

jeudi, 31 décembre 2015

“cerf de gravure rupestre”

pas aux arènes du Soubestre

où je ne fus que deux fois

l'âme haut sur le pavois

ni où l'azur se défenestre

 

en ce jour de Saint Sylvestre

l'esprit tordu et aux abois

je ne crois que ce que je vois

cerf de gravure rupestre

 

est-ce pour la course en sac

dans les arènes d'Arzacq

tirer le diable par la corne

 

de souvenirs porter le deuil

où l'azur atteint la borne

où se défenestre l'œil

dimanche, 27 décembre 2015

"dans le soleil à qui mieux mieux"

24.12.2015

en haut de l'arbre la pinsonne

en moi le chant des adieux

l'avenir était-il radieux

à prendre qui désarçonne

 

dans le soleil à qui mieux mieux

le pinson désormais donne

une pointe de belladonne

à Sort comme à La Romieu

 

on relit Don Juan ou Lamia

chaud sous le lagerstroemia

ce n'est pas le temps qui manque

 

ou que le chant des passereaux

à Bélus comme à Salamanque

voie l'ère des bigarreaux

 

vendredi, 18 décembre 2015

pauvre imbécile

&

un nouveau

sonnet

en émoticôrimes

mardi, 15 décembre 2015

aucun objet

aucun objet.jpg

lundi, 14 décembre 2015

un financement...

sonnet sémiotique 3.jpg

mercredi, 18 novembre 2015

“ce petit soleil chapardeur”

ta douleur passe par la porte

& ton sommeil n'a pas d'odeur

ce petit soleil chapardeur

que voudrais-tu donc qu'il en sorte

 

l'odeur de sang de poudre morte

& de l'angoisse la laideur

à tous les rires maraudeur

le chagrin vient forcer l'escorte

 

c'est beau de profiter du monde

et de la plaie pas si profonde

d'être en vie la faconde libre

 

& de sentir le flot de l'encre

titiller ton âme de cancre

mélancolie très gros calibre

 

mardi, 17 novembre 2015

“dans sa mémoire faire un tri”

23 octobre, 6 h 20

 

il m'a tiré du lit le cri

de l'engoulevent ce matin

c'est à en perdre son latin

dans sa mémoire faire un tri

 

sous l'érable trouve un abri

ni mazurka ni baratin

ni ronds-de-jambe le gratin

de la faune s'est amoindri

 

aussitôt donc en me levant

je saisis mon petit smartphone

qui m'est un carnet et beaucoup

 

davantage et hurlant au loup

en silence ai pour l'avifaune

le sonnet de l'engoulevent

 

lundi, 16 novembre 2015

“envolée des lycoperdons”

24 octobre

envolée des lycoperdons

la poussière dans le vent grise

près des sacs verts formant la frise

où s'écrivent d'autres fredons

 

en feuilles la mousse comprise

et ce qu'au brouillard nous perdons

souvenir de nos édredons

s'envole en vesse sous la brise

 

pour rien de ce qui nous concerne

(ratissages dans la luzerne)

klaxons en pouêt tûût & honk

accompagnent cette poussière

comme un pianotage de Monk

à l'embrasure carnassière

 

dimanche, 15 novembre 2015

“le regard fixé”

27 octobre

 

le regard fixé sur la baie

& sur le ciel bleu & sur l'île

à n'en distinguer que la plaie

l'humeur blanche l'humus facile

 

un faciès de haute futaie

se détacha indélébile

à la crête comme une taie

sur l'œil de la crique docile

 

j'avance à pas lents sur la piste

en Cantabrie à l'improviste

chanter le soleil au coton

 

d'un long nuage qui décape

mon regard amplement sous cape

mon regard amer et glouton

 

mercredi, 30 septembre 2015

“ombre grise de l'accenteur”

Hagetmau, 4 août 2015.

 

ombre grise de l'accenteur

furtive derrière des ronces

un chevreuil au poker menteur

jappe 43 semonces

 

toujours courir avec lenteur

où dans la chaleur on s'engonce

l'ombre s'éclaire l'ombre fonce

feu follet des pois de senteur

 

les ronces grifferont le deuil

dans la peau comme à un chevreuil

le faux moineau offre une esquisse

 

humble discrète sur le seuil

l'ombre s'attarde l'ombre glisse

sur la page bon pied bon œil

 

lundi, 28 septembre 2015

AR POETIK (3 août 2015)

commence un nouveau paragraphe

bois l'eau à même la carafe

après la quinzième tournée

qu'importe un putain d'accent grave

 

ça doit sortir de ton néant

à chaque nouvelle fournée

vilain gribouillis de géant

ou fourmi dans un trou béant

 

ça doit sortir de ton zéro

après le quinzième apéro

fi de la rime chantournée

 

muse sévèrement burnée

bois le saint-estèphe au goulot

et allez bordel au boulot

 

samedi, 26 septembre 2015

“mangerez-vous”

31 août 2015, 21 h.

 

mangerez-vous de mandragore

y goûterez-vous pour plaisir

amour dont on peut se saisir

imprudemment que l'on dévore

 

un peu de ce pistil encore

sous le cagnard ou le grésil

qu'au gibet pousse le persil

ou la droséra carnivore

 

mangerez-vous au carnaval

l'heur de se bourrer festival

(pardon s'enivrer veux-je dire)

 

j'ai tout du voleur à la tire

et votre odeur je l'adore

dévorez-moi de mandragore

 

mercredi, 23 septembre 2015

“bonsoir la vieille martingale”

8 août, 21 h 13

 

bonsoir la vieille martingale

avec le bonnet en bonus

les amis coincés du sinus

pris dans la toile de mygale

 

voyez ce dont on se régale

sous le couvert des abri-bus

calices que nous avons bus

& arnaques d'humeur égale

 

pour calice on va boire un pot

& s'acquitter de ses impôts

louer la déité fiscale

 

la pluie qui dehors tombe à seaux

fera renaître les ruisseaux

à l'assomption fraîche pascale

 

dimanche, 20 septembre 2015

“va-t-on enfin courir”

6 août, 23 h 50

 

va-t-on enfin courir le lièvre

& même plusieurs à la fois

ou déterrer nos désarrois

pour pondre des élégies mièvres

 

va-t-on de l'élégant carquois

dénouer le long poil de chèvre

passer le pouce sur la lèvre

& tout lâcher d'un air narquois

 

avons-nous égaré nos flèches

& l'éléphant a-t-il tout pris

dans sa fuite vers l'autre siècle

 

il reste à chanter pour des nèfles

& à essuyer le mépris

en écrivant d'une encre sèche

 

jeudi, 17 septembre 2015

“des trois frères”

27 juillet 2015, 7 h

 

des trois frères le dernier né

celui baptisé Onésime,

ce n'est pas pour la pantomime

écrivant comme un forcené

 

(je l'ai appris, est-ce minime,

il n'y a que quelques journées)

qu'il naquit près des Pyrénées

dans cet Orthez de tant d'estime

 

plus jeune de beaucoup, ma foi,

qu'Élie, venu à Sainte-Foy

de même qu'Élisée — ternaire

 

essaim se trouve avoir inclus

la triple mort septuagénaire

et leur nom célèbre, Reclus

 

lundi, 14 septembre 2015

“dans la lune où j'ai”

1er août, 8 heures

 

dans la lune où j'ai mes quartiers

où je roupille et je folâtre

teint d'endive plus que d'albâtre

maintien plus rigide qu'altier

 

savez-vous mon chant je le châtre

fruits d'or autour de Baratier

jappements de petit ratier

sa rage une écume blanchâtre

 

j'y passe des nuits et mes lunes

ça n'est pas vraiment pour des prunes

gueule Popov ou Médrano

 

ça a tout du foutu chantier

moins Jonas K. que Jack Lantier

cette lune sans Cyrano

 

vendredi, 11 septembre 2015

“que soudain l'on entonne”

3 août 2015, 9 h 04

 

que soudain l'on entonne un thrène

avec l'ombre de l'ici-gît

nous égrenant ses élégies

clinquantes piécettes d'étrennes

 

& tout ce qui est doux revient

refait surface à l'unisson

redis-moi le temps de cuisson

du bonheur mon bon margoulin

 

je danse pour que vos migraines

emportent le monde à la traîne

je danse pour vos gabegies

 

je danse avec ce hameçon

coincé dans mes tripes rougies

je danse pour les charançons

 

mardi, 08 septembre 2015

“spectre tombé sur une nappe”

3 août — 20 h 10

 

spectre tombé sur une nappe

éclats de bouteilles brisées

déchets de laitues et frisées

un chien aboie un chevreuil jappe

 

& vous courez sur mes brisées

tout ce qui s'enfuit nous échappe

à grimper la mort en varappe

morts livides et vies misées

 

petite pluie sur les manèges

bémols partout dans vos solfèges

ah on en voulait des croupières

 

me tailler mais j'ai mon œdipe

envoyez le pousse-rapière

& un poème prototype

 

dimanche, 06 septembre 2015

“rosiers taillés”

rosiers taillés au bleu de chauffe

nous couchés dans les prés fauchés

à ne mater regards touchés

pas même un vol de rhinolophe

 

à rimer gascon pour la strophe

normand allongé dans les choux

la lune nous est un réchaud

brûlera-t-elle ton étoffe

 

tu me dis tu es dans la lune

je te réponds et quand bien même

 

se jeter du haut du rocher

on ne le fait pas pour des prunes

la lune tu sais si je l'aime

c'est bien une faux pour gaucher

 

samedi, 05 septembre 2015

“la ville éternue”

la ville éternue

son plaisir de face

cambouis dans la glace

où la nuit remue

 

mémoire ténue

d'avenir qui passe

cambouis qui encrasse

votre robe nue

 

sous un blanc tergal

l'amour m'est égal

la crasse des villes

 

où ne s'insinue

pour des jours tranquilles

votre voix connue

 

mardi, 01 septembre 2015

“coing vert tombé”

coing vert tombé sur le goudron

avec juste une seule feuille

haché bigarré de marron

qu'un fil de gravillons endeuille

 

le ramasser de ce giron

milieu de rue où je le cueille

sans attendre qu'un escadron

de moucherons plus l'escureuille

 

fruit parfait rond tu ne dois pas

te rembrunir sous le compas

de mes doigts qui te ressaisissent

 

même échappé du cognassier

et jamais la couleur d'acier

ne t'imposera ses sévices

 

lundi, 31 août 2015

“belote pour”

belote pour des rififis

d'opérette ça va sans dire

& dont vos visages bouffis

ne retiennent ni joie ni ire

 

vous boufferez vos salsifis

dans l'euphonie d'une hétaïre

dardant des regards de défi

au pâle cavalier qui tire

 

sur le mors d'une bleue jument

à croire que le monde ment

si c'est le bazar dans ma prose

 

& le cauchemar des lentilles

pour des rififis des vétilles

s'apothéose dans mon prose

 

lundi, 24 août 2015

“perdu sous la tourbe”

27 août 2015

 

perdu sous la tourbe d'averses

regard fixé au néflier

faut pas que vous me gonfliez

avec hallebardes et herses

 

chiens & chats pour tous vos commerces

& le mufle inhospitalier

ne rompez pas si vous pliez

pluie leurs babines tu les gerces

 

la quarantaine du barbon

à devoir partir au charbon

comme dit prendre le collier

 

pour peu que le nord on le perde

le soleil pourra s'émollier

bientôt il pleuvra de la merde

 

vendredi, 14 août 2015

“farce la vie”

farce la vie quand on se caille

même au cœur du cœur du mois d'août

la pierre frémit sur le sout

est-ce pavane ou passacaille

 

vois-tu ton vieux chandail qui bâille

& l'aspirateur ce mammouth

je voudrais être un peu routmouth

pour le goupil et pour la paille

 

Gênes resplendit Audenarde

a lancé ses colifichets

& j'ai gobé tout l'hameçon

 

ne pleut-il qu'une hallebarde

notre langage a défriché

le réel de son écoinçon

 

lundi, 10 août 2015

“dans la mousse on joue”

dans la mousse on joue au croquet

rêverie landaise gasconne

avec le maillet qui déconne

& les jappements du roquet

 

un peu de blanc dans la bonbonne

cigales grillons & criquets

la nuit rebattre le briquet

autant au charbon qu'à Narbonne

 

& pour balpeau viser l'arceau

du sable ! d'où en remplir un seau

humer les bouses les lessives

 

face à mon coup si tu esquives

difficilement le fleuret

un lézard rira du muret

 

samedi, 08 août 2015

“de quel fléau”

de quel fléau sommes-nous dupes

dans cette immense droguerie

la flamme plus jamais nourrie

par les loriots et les huppes

 

 

en crachant les noyaux des drupes

nous engendrons l'anticyclone

l'éros quelque peu asynchrone

en arrachant la fleur des jupes

 

la poésie n'est pas guérie

des saletés qui l'ont fleurie

un millénaire tant et plus

 

c'est tout au fond d'un trou d'obus

qu'on entend ce qui nous motive

un crachat de locomotive

 

jeudi, 06 août 2015

“sur le canapé smaragdin”

vous allez faire vos valises

sur le canapé smaragdin

votre haleine de ragondin

encensez-la dans les églises

 

la volte des vertugadins

des bonbecs et des friandises

faut-il que l'on vous le redise

on ne trouve pas ça gueudin

 

alors le sorbet abricot

& l'ami Fra Angelico

ithyphallique mais pioupiesque

 

dans mon rêve écru asticot

vomit un tabernak de fresque

partez je vous envierais presque

 

mercredi, 05 août 2015

“au diable ce qui tarabuste”

au diable ce qui tarabuste

ce qui taraude & qui transit

ne sommes-nous pas en transit

la chair plus frêle qu'un arbuste

 

à peine si on dit prosit

en redressant fiérot le buste

on trouve le tintement juste

& la faucheuse échabouzit

 

ainsi ce qui nous tracassait

fait comme un vieux riff de reggae

c'est un fantôme qui passait

 

inutile d'arrouméguer

pour le bal ou pour la flibuste

oublie ce qui te tarabuste

 

mardi, 04 août 2015

“le tracteur se rend au comice”

le tracteur se rend au comice

inertia omnia pliat

est-ce un Vierzon ou un Fiat

le diesel coule en son calice

 

on vient d'Orthez de Sallespisse

en Mercedes ou en Dacia

omnia pliat inertia

la fête n'est qu'un précipice

 

à huit heures d'un air ronchon

en buvant le café au verre

dévorer les pieds de cochon

 

la pluie leur a donné congé

mais ils mangent d'un air sévère

les tripes le pain épongé

 

lundi, 03 août 2015

“vous allez bouffer vos rollmops”

vous allez bouffer vos rollmops

& vos raynal&roquelaure

toi le triste tyrannosaure

& toi l'infect tricératops

 

dans le théâtre d'Épidaure

je jouais Khephren ou Khéops

je grillais les feux et les stops

j'étais le lapin Isidore

 

vous allez becter vos endives

& ravaler votre salive

imbéciles uintathériums

 

on n'aurait pas l'humeur saumâtre

si mordillant nos critériums

vous n'aviez foncedé le théâtre

 

“dans les arènes de Panjas”

cette seconde n'a duré

dans les arènes de Panjas

que pour laisser l'autre bécasse

s'adosser à l'ancien muret

 

le teckel parti la queue basse

& toute une ménagerie

l'embarquement sa vacherie

bien pire encore qu'à Habas

 

tout ça l'été c'est le bonheur

ou quelque chose d'approchant

dont nous traverse le plain-chant

 

tandis qu'à la perche on remballe

l'ivrogne & son énorme balle

foin des lourdingues déconneurs

 

dimanche, 02 août 2015

“le très long cierge”

le très long cierge allumé

fait valser dans l'air du lundi

la citronnelle dont on dit

que son âpre embrun parfumé

 

éloignera bien ces maudi

-tes zézayantes dont le mé

-rite est d'avoir encor cramé

une nuit blanche (on s'enhardit

 

à risquer des vers difficiles)

le café rendrait plus débile

& le miel bouche les artères

 

mieux vaut s'encanailler sous terre

directement que l'on astique

son cadavre sans la moustique

 

samedi, 01 août 2015

“les aboiements du labrador”

les aboiements du labrador

& la pluie en pleine sourdine

c'est le mois d'août qui se radine

en novembre de chanvre et d'or

 

dans la mémoire on se calcine

pas besoin de jouer les cadors

pour qui confond peut-être encor

le laurier-rose et la glycine

 

y a-t-il vraiment une raison

à ce temps de flotte et de pisse

été après été dans la

nasse de quelque sot horla ?

peu de chance que quelqu'un bisse

un sonnet pour chaque saison

 

lundi, 27 juillet 2015

“le fourgon tricycle Piaggio”

le fourgon tricycle Piaggio

rouge rutilant que j'ai a-

cheté hier pour rien et à

un vieux barbu nommé Giorgio

 

(ou peut-être était-ce Andrea)

à son volant mes bons petiots

je vais trimbaler mes gaffiots

dans toute l'Europe, béat

 

— c'est le modèle minuscule,

hormis moi et le chat Hercule

(qui se nomme en fait Er-co-le)

 

on n'y met pas une souris —

mais foin de ces amphigouris :

mon Piaggio va décoller !

 

mercredi, 03 juin 2015

Pour fêter une éléphantelle. Sonnet augmenté à la manière de Samain.

Un mot, ce n’est point bagatelle :

Pour sacrifier sur cet autel

Dans quelque vineux coquetel,

Fi de la rime accidentelle !

 

Gavé donc de tagliatelle,

J’ouïs dire qu’en un châtel

Wallon naquit (quel fier cheptel)

Nang Faa, une éléphantelle !

 

Sur le champ j’alerte un cartel :

Larousse, aussi l’homme aux bretelles

(Alain Rey) via le minitel !

 

L’accord de porte-jarretelles ?

Laissez tomber, mon cher Untel !

Rien ne capte la clientèle

 

Comme ce mot d’éléphantelle !

mardi, 25 novembre 2014

Sonnet prosaïque, quoique d'inspiration shakespearienne

pralina, marmelade & lemon curd sur la

table au petit matin où on boit son café.

furtive tu remets la mèche où s’enroula

mon regard pour d’autres désarrois stupéfaits.

 

banal le quotidien s’enroule autour de ma

mémoire, et cette nappe aux tons rouge sur rouge

fait la toile de fond du café cinéma—

toi tous mes éclats tout l’amour ange ma gouge.

 

furtive se démet la mèche où se déroule

un film pour nos années sans violons sans effets.

sous l’ampoule je vois ton regard, sous l’ampoule

un sourire qui chaque matin me refait.

 

envers l’amour est cette vie plus somptueuse

en vers qu’on ne dédie à la mort montueuse.

.

dimanche, 19 octobre 2014

Ai-je failli...

25 septembre

 

Ai-je failli, ai-je enflammé

nuages vos neiges

Ai-je éteint

les cotonnades, les solfèges

Un regard feint

de se poser sur le manège

où, acclamé

le nuage se brûle neige

: N'est-ce donc ce que j'ai commis

mes ennemis

ou la fièvre d'être de braise

un doute en moi

(l'ongle plus granit que le doigt)

 

fabrique la voix aphérèse

.

lundi, 17 février 2014

Le Parfum

Je prends le temps de  m’étonner

De ce que je ne sais pas dire

Mon âme encore est sous l’empire

De vos vieux bristols cartonnés

 

La plume court le cœur chavire

Et les plats que vous mitonnez

Ont ce parfum amidonné

De poèmes qu’on ne peut lire

 

Une autre fois pour d’autres yeux

Se déhanchant sur des essieux

Malingres rouillés, leur tumulte

 

Infernal, vous tiendrez la ligne

Tandis qu’un orateur exulte

De la carlingue qui s’esbigne

 

mercredi, 05 février 2014

Podagre

 

Ce n’est pas rien, cet orifice

Où je colle mon œil mutin

De minuit au petit matin,

Attendant le feu d’artifice.

 

Me lançant quelque maléfice,

Une sorcière un peu catin

Me balança un picotin

D’avoine, et mon vain sacrifice

 

Fut, le jour et la nuit, de braire.

La vache qu’on essaie de traire

Et le feu qui dévore un champ

 

Furent la suite de l’année,

Et je médite, en me couchant,

Sur la paille et sur l’avoinée.

mercredi, 29 janvier 2014

Briar Rose

 

D’un trou béant dans la clairière

Où la plaie n’avait pas d’issue,

J’ai déchiré ce vain tissu

Pour m’en faire une chambrière.

 

Tout m’échappe, et devant derrière

Habillé d’espoirs trop déçus,

Par ce fouet que je ne reçus

Pas pour traverser la rivière,

 

Je me suis piqué au rouet

Et, endormi près de mon fouet,

Ai cauchemardé des miracles.

 

Ô toi dont l’âme est assagie

Par les années, et qui te racles

La gorge, apporte une bougie !

samedi, 25 janvier 2014

Météo

 

Des déluges

Prennent le pas

Sur les songes

Les tracas

Foultitude

Et embarras

Dans les Abruzzes

Sont à ça

 

De mettre le feu aux poudres

De flamber même la foudre

 

Un temps pour tout

C’est certain

 

Un temps pour rien

Que le dégoût

 

mercredi, 22 janvier 2014

Rondes

 

Il tourne, le derviche,

Et sur lui-même enfin

N’a plus début ni fin —

Il tourne, le derviche !

 

Tu frises, mon caniche,

Et ta crotte dégueu

Plus vive que tes yeux

Ne parfume ta niche.

 

Un infernal rouquin

A posé son bouquin

Sur le trottoir brûlant

 

Tandis qu’à tous égards

Aussi prestes que lents,

Nos derviches hagards

 

Dansent en reculant.

mercredi, 15 janvier 2014

Larmes

 

Rumine tes fredaines,

Ô fillette d’idiots !

Fredonne à la radio

Courir la prétentaine.

 

Il prétend, ce petiot,

Te pondre des poèmes –

Du brouet pour des crèmes

Selon d’autres ratios.

 

Ici ou ailleurs mêle

À d’autres embuscades

Son parfum de tilleul.

 

Toi, dans ton monde seul,

Une cloche se fêle

En larmes par saccades.

mercredi, 08 janvier 2014

rimes mutines

terre

térébenthine

sainte

byzantine

pognon

dans la tontine

un gnon

de la tantine


la route

on piétine

l'œil se

ratatine

mirage à

la rétine


dimanche, 24 novembre 2013

Lever silences

Mardi dernier, lisant, à la Bibliothèque des Lettres de mon université, un roman rare, introuvable, jamais réédité, emprunté grâce au service du PEB et qu’il était impossible de sortir de l’enceinte de ladite Bibliothèque, je commençai à prendre des notes, mais très vite je fus frappé de lire, ici et là, de loin en loin, un alexandrin. Je notai le premier, qui se trouvait à la première page. Puis il me vint l’idée de noter tous ceux qui pourraient, au moins au jugé – car le résultat final d’une telle opération est difficile à anticiper –, constituer, in fine, un sonnet.

Je me retrouvai donc à lire, à la hâte, de manière particulièrement vigilante, la première moitié de ce roman, tout en fixant une part non négligeable de mon attention sur le sonnet en cours, que j’ai pu achever après moins d’une centaine de pages lues (donc, bien avant que je m’interrompe) et dont je donne ci-dessous la version typographique définitive, qui comporte aussi, en exergue, un envoi et un sonnet de nombres.

Le fragment initialement prévu pour le vers 3 n’offrant pas une rime parfaite, il a été rebuté, au profit d’un emprunt extérieur. Le titre du sonnet est une anagramme du titre du roman

 

 

Lever silences

À mon amie la Colonelle.

 

Sa mise originale me plaît tout à fait :

Un canotier uni, comme les saints leur nimbe.

La reine de la fête nageait dans un limbe ;

Ce corps luxuriant l’étonnait, le déroutait.

 

Par une bonne humeur qui les attendrissait

Ce n’étaient que carquois et que torches flambantes

L’œuvre était d’une écriture alerte, pimpante,

Depuis que sa réputation s’élargissait.

 

Les passants, des êtres légers, ouatés de songe

Et dont les doigts de carabin, fumés sous l’ongle,

Indiquaient que l’Invisible était nul pour elle.

 

Par-dessous la voûte noire des marronniers,

J’ai rarement vu d’auscultation plus belle :

La cape de drap jaune avec le canotier.

 

Blouson, usures — 13-1-X-18-51-12-38-72-43-52-64-78-56-59

vendredi, 19 juillet 2013

Voir les champs d'orge...

Guillaume Cingal

July 19, 2013 · Hagetmau ·

 

Voir les champs d'orge sous l'orage

Tourner en scolopendres gris

Et les cadavres équarris 

Nous mener au prochain virage,

 

En de précieux charivaris,

Folâtres sabbats dont la rage 

Bat son plein au profond cirage 

(La nuit aux nuages marris),

 

C'est voir le jour par crépuscules

Se dilater en forficules,

Au bord de ce chemin qu'éclaire 

 

La lune orangée du zénith,

L'orgue qu'on ne fera pas taire

Au goût d'ortie et d'aconit.

 

vendredi, 22 mars 2013

Avant un déjeuner au BarJu

J'ai réservé au BarJu

Une table pour deux personnes :

Dans leur décor tu détonnes,

Tout comme un sépia de Franju.

 

À l'école, les daronnes

Et les pères, sans rogntûdju

À Tours pareil qu'à Fouju,

Te croisent sans faire des tonnes.

 

Ainsi passe le vendredi

Au soleil, l'après-midi

Venteux d'une promenade

 

Accompagne chaque regard.

Le soir, thé, whisky, limonade

Te coulent qu'il est bien tard.

 

El Desaparecido

Qu'imaginer de cet exil

Triste féroce et anxiogène

Dans son tonneau mon Diogène

Nous lance qu'il s'en bat le cil

 

Le Cid descendu dans l'arène

Du boléro je perds le fil

Bataillant bien après l'an Mil

Pour le pognon pas pour Chimène

 

Des virgules dont je t'affuble

Veston camisole ou chasuble

Tu t'ébroues pour les arracher

 

Et nu de tout ton éphémère

Exil à ne pas s'en cacher

T'avances Chacun sa chimère

 

mardi, 19 mars 2013

Sonnet-fatrasie

 

composé en Prius sur le pont Mirabeau, 7 h 45 – 7 h 49

 

Tu dégaines ton pistolet

Pour parler de l’épistolaire

Ton fils veut des patat’ au lait

C’est de la purée au gruyère

 

Quand il a mal à la molaire

Toi, tu lui sers des œufs mollets

Tu trouves vraiment Christo laid

Ses œuvres ne t’emballent guère

 

S’il fallait vivre à Eu dans l’eau

Sur la Manche où les pédalos

Sillonnent l’écume du rêve,

 

Jésus combien tu t’ennuierais

Le roman jamais ne s’achève

Tué dans l’œuf il t’en cuirait

 

samedi, 16 mars 2013

Mousseuse

21 janvier 2012.

j'ai oublié de dégrafer

La bouteille de Tsin-tao

Pendant le match Clermont-Ulster

 

(On peut braver

les interdits —

vas-y mollo)

 

Ce n'est pas un film de gangster

Comme un poème insoumis

Aux lois de Murphy et Dexter

— Un roman de Raja Rao

 

BREF dans cette sombre affaire

On peut braver les interdits

Et même sans bière un ulcère

ici même vous est promis

 

(Ce poème est le premier d'une série déjà ancienne, retrouvée aujourd'hui à la buanderie ; j'avais commencé, l'hiver dernier, à écrire des poèmes au bic sur des feuilles de brouillon, généralement en attendant que s'achève l'essorage du lave-linge, ou en d'autres occasions. Il s'agit donc d'impromptus que j'avais baptisés Poèmes de la buanderie. Ici j'ai scrupuleusement respecté le texte manuscrit d'origine, me contentant d'ajouter un titre.)

samedi, 08 décembre 2012

Rompez !

Être à tout jamais tributaire

D'un monde utile, itinérant,

Et c'est, à ne rompre les rangs

Par quelque claque salutaire,

 

Le soleil même, chien errant,

Qui se camoufle, qui se terre

Et creuse ce qu'on ne peut taire,

Radieux vitrail d'Enguerrand.

 

Ce n'est pas que le cortex tienne

À lier l'église Saint-Etienne

Au monde fade et vagabond,

 

Mais son image perpétue

Par sauts et gambades, par bonds,

La brûlure de la statue.

 

samedi, 20 octobre 2012

Candide

      lis se

dit la couleur blanche ce bla

nc des fins de roman la trouée du poème

percé de part en part que cribla

la pluie effaçant tout

 

monde bohème

de lignes blanches pages blanches blancheur de craie

jeunes filles au teint de fleur

fraîcheur de l'œil sur la taie

 

au point que ce lis s'écrit sans y

la peur est partout la peur est par

mi la foule la terreur épar

se horreur bleue faces livides

le blanc cette teinte jamais cosy

ce sont des verres) couleur (que tu vides

lisse

vendredi, 19 octobre 2012

Sonnet en temps de pluie

  on de

                 tous les pronoms le plus honni

partout pourtant il pull

ule au point qu’en canic

ule tous crient « On crève ! »

 

même à poil on se croit en pull

jour de fête ou d’anni

versaire tous à la nic

he ! à la chaleur pas de trêve

 

Rien de plus beau en fran

çais que ce pronom safran

é commissures rousses

 

dont tous même à Goué-sous-Mansl

e goûte frissons et frousses

au point de calcinés se jeter dans l’

   onde

vendredi, 12 octobre 2012

Sonnet d’octobre

 

la c

 

hat

 

te allongée au sol

eil d’oc

tobre attend sobre

 

ment d’un œil verm

eil—doc

tement hier

 

o

 

glyphi-

que—que le c

iel d’Oc

 

citanie devienne un

 

lac

 

 

 

jeudi, 16 février 2012

Revirement


--- Sonnet inspiré * par l’album du trio Alban Darche

avec un quatuor à cordes hongrois.

 

 

Qu’on dise « En avant, marche ! »

Ou, plus subtilement,

Oyant un feulement,

On se calfeutre sous une arche

 

Afin, du laiton d’Alban Darche,

D’écouter moins paisiblement

Les effets dont l’esseulement

Déplaira à tout patriarche,

 

On s’emporte, une main se torde

À pincer sans férir la corde,

Au point de n’être pas un max

 

Désabusé, mais enthousiaste

De suivre les envols du sax

Métaphysique, inecclésiaste.

 

 

* Il est, entre autres traits pénibles caractéristiques, composé d’une seule phrase, la proposition principale tenant en deux mots trois syllabes.

Des sonnets romains de Belli

J’ai lu l’été dernier – et ne m’avise qu’aujourd’hui d’en dire quelques mots – un roman d’Anthony Burgess qui s’intitule ABBA ABBA. Il n’y est pas question de l’insupportable groupe scandinave aux mélodies dégoulinantes de nullité, mais de la forme conventionnelle de notation des rimes embrassées dans les quatrains du sonnet dit pétrarquiste. Il se trouve que je me rappelle très mal l’intrigue, les péripéties, etc. Autant dire que ce n’est pas un texte inoubliable. Roman qui brode sur l’improbable rencontre, à Rome, entre Keats et Giuseppte Gioacchino Belli, il vaut surtout pour la découverte du dénommé Belli, donc, auteur d’une œuvre monumentale, une somme de sonnets (2279 si l’on en croit le répertoire exhaustif) en dialecte romain. Savoureux et d’une grande violence, je n’ai pris le temps de les découvrir – par l’intermédiaire d’une édition bilingue qui en propose un florilège et s’intitule Rome, unique objet…– ou Les Sonnets clandestins – que récemment. Or, Burgess propose, dans la deuxième partie de son livre, la traduction anglaise de quelque 71 de ces sonnets aussi truculents que rabelaisiens sur des sujets religieux. L’été dernier, j’avais dû faire des recherches sur Internet, car, en lisant ABBA ABBA, on peut tout à fait s’imaginer que Burgess invente de toutes pièces ce Belli (qu'un des sites qui lui sont consacrés qualifie de "plus grand poète italien de tous les temps", ce qui est de tout de même bien exagéré).

Afin de donner un exemple, j’ai choisi de reproduire ci-après la traduction du sonnet 330 (329 d’après l’édition des Belles Lettres), « La Nunziata ». Il est assez évident que le traducteur français, Francis Darbousset, est beaucoup plus proche de l’original que Burgess, qui a choisi une métrique, une syntaxe et un lexique beaucoup plus « nobles », ou – en tout cas – moins abrupts. Dans ce poème, Burgess restitue très astucieusement, en revanche, le jeu de mots oiselet/sexe. Plus curieux, Burgess respecte le schéma CDECDE des tercets (fidèle en cela au titre même de son livre, qui met l'accent sur les contraintes spécifiques du sonnet italien), alors que Darbousset, lui, est beaucoup plus libre dans le choix des rimes, jusqu’à traduire le concetto final au moyen d’un distique de rimes plates, structure caractéristique du sonnet… shakespearien ! Pour être assez paradoxal d'un point de vue formel, ce choix, comme on le verra, est très efficace.

 

La Nunziata

 

Ner mentre che la Verginemmaria

se magnava un piattino de minestra,

l’Angiolo Grabbiello via via

vieniva com’un zasso de bbalestra.

 

Per un vetro sfasciato de finestra

j’entrò in casa er curiero der Messia;

e co ’na rama immano de gginestra

prima je rescitò ’na Vemmaria.

 

Poi disse a la Madonna: «Sora spósa,

sete gravida lei senza sapello

pe ppremission de ddio da pascua-rosa».

 

Lei allora arispose ar Grabbiello:

«Come pò esse mai sta simir cosa

s’io nun zo mmanco cosa sia l’uscello?».

 

 

L’Annonciation

 

Pendant que la Vierge Marie

s’envoyait une assiette de soupe,

l’Ange Gabriel accourait

comme carreau d’arbalète.

 

Par la vitre cassée d’une fenêtre

le courrier du Messie entra chez elle ;

et lis en main, à sa droite, d’abord

il lui récite un Ave Maria.

 

Ensuite, il dit à la Madone : « Vous êtes

ma chère dame, enceinte sans le savoir,

par permission de Dieu depuis la Pentecôte. »

 

Et elle alors à Gabriel de répondre :

« Mais comment diantre ça a pu se faire, dites,

si je sais même pas ce que c’est qu’une bite ? »

 

Annunciation

 

You know the day, the month, even the year.

While Mary ate her noonday plate of soup,

The Angel Gabriel, like a heaven-hurled hoop,

Was bowling towards her through the atmosphere.

She watched him crash the window without fear

And enter through the hole in one swift swoop.

A lily in his fist, his wings adroop,

“Ave,” he said, and after that, “Maria.

 

Rejoice, because the Lord’s eternal love

Has made you pregnant–not by orthodox

Methods, of course. The Pentecostal Dove

Came when you slept and nested in your box.”

“A hen?” she blushed, “for I know nothing of–”

The Angel nodded, knowing she meant cocks.


vendredi, 27 janvier 2012

D'un souffle, Éole hausse

Dans la rue, croisant ce colosse

De son noir clébard affublé,

Et me trouvant trop peu râblé

Pour aller, frôlant le molosse,

 

Jouer illico le bolosse,

Je passai mon chemin. « Du blé ! »

Me lance, d’un ton accablé,

Le plouc au teint de spéculosse.

 

Lors, sachez, ce fut féérie

De chevaucher son égérie

 – Car le pitbull à l’âme frêle

 

Lançant sa mâchoire d’ardent

S’entourloupa l’intestin grêle

– Et je m’éloignai, me tordant.

mercredi, 25 janvier 2012

Poème du bureau - Sonnet transgressif

Depuis que j’écris

Depuis que j’écris dans la buanderie

J’insiste sur des chiffres

j’égrène des nombres

 

C’est comme lorsqu’on prie

(à supposer j’en suis réduit)

Depuis que j’écris

 

Depuis lors

j’adule le veau d’or

Contre de vils carreaux courbé je me prosterne

 

Depuis que j’écris

dans la buanderie

C’est tout comme si je

jouais du luth du psaltérion de la guiterne

dimanche, 22 mai 2011

Sonnet composé après avoir revu des photographies du tombeau de Louis XI

Suèvres ? Cléry-Saint-André ?

 Votre mémoire se dispense

 À peu de choses sur le pré –

De ce duel privé de distance.

 

Entre la fin de nos printemps

Et le début de vos automnes,

Est-il, aride monotone,

Un autre amour qui vous attend ?

 

Non, à cette aune, je ne sais

Si, de Suèvres aux Ponts-de-Cé,

J’atteindrai ce qu’ai commencé :

 

Et, de la sorte, on s’exténue

À songer que, gris sous la nue,

Nos souvenirs nous ont tancé.

 

lundi, 30 janvier 2006

Tridentition de Neptune

Aboli bibelot, dynamite asonore,

Je dors la nuit en oubliant mon râtelier

Dans un verre glacé. Balayant l'atelier,

Tu mettrais l'univers entier, qui déshonore

 

Une étoile oubliée au fond de ton cellier.

Ici se pâmeraient de goulus frugivores

Et de galants amants nullement spordivores

(Divorcés de leur temps, si Serre-Chevalier

 

N'a, pour eux, point d'attraits, non plus que La Mongie).

Voici, dans le cellier, le feu d'une bougie

Qui, éclairant le ciel-de-lit, se désarçonne

 

À n'avoir, du coussin, vu les bûchers ardents,

Comme, en mon cauchemar, coiffée à la garçonne,

L'ange tend un filet où se prennent mes dents.

lundi, 23 janvier 2006

Littéral

22 janvier.

À l’aube.



Terni par les pensées,
Vaincu par l’amertume,
Vertèbres bleues coincées
Contre un infect bitume,

Le mot mort déshabille
Un instant son carnage,
Et tel Rouletabille
Sur les flots d’os surnage.

Elle a pourri, la fleur ;
Ses pétales sont gris.
Délacée la couleur,
Les miroirs sont aigris.

Contemple sans remords
Les lettres du mot mort.

 


 

dimanche, 22 janvier 2006

Sonnet fatrasie

Composer des sonnets est assez ridicule ;

Mais enfin, je le suis en bonne compagnie.

Par l'espace infligée à l'oiseau qui le nie

Est, dans mon souvenir, plus que vos édicules.

 

Placé petitement au haut d'un monticule

Et laissant lentement me gagner l'agonie,

Je compose ces vers, non sans quelque ironie,

Conscient d'accomplir ce qu'ici j'articule.

 

Est-ce un brouillard furtif qu'en ces mots j'entrevois ?

La trace d'un feu mort m'avait laissé sans voix,

À pêcher dans les eaux troubles de la Ténèbre

 

Et comme je connais le pas feutré des morts

(Ici, vous attendiez, pour la rime, funèbre),

Je laisse les tercets vibrer sur leurs ressorts.

 

mercredi, 18 janvier 2006

À son Livre

Je ne mange pas de hot-dog
En écrivant ce carnétoile –
À peine si je bois un grog
En mettant l’écran à la voile.

C’est en humant, de Tours, le smog
Que germa au fond de la moelle
Cette idée de Gog ou Magog :
« En paraphes je me dévoile. »

Si ce n’est un rien démagogue,
Je trouve la Sereine au poil
Et, si le smog est de gasoil,

Je jette mes bordées aux digues
Et ma pêche pour le rorqual :
Touraine, baleine aux églogues !