lundi, 30 janvier 2006
Tridentition de Neptune
Aboli bibelot, dynamite asonore,
Je dors la nuit en oubliant mon râtelier
Dans un verre glacé. Balayant l'atelier,
Tu mettrais l'univers entier, qui déshonore
Une étoile oubliée au fond de ton cellier.
Ici se pâmeraient de goulus frugivores
Et de galants amants nullement spordivores
(Divorcés de leur temps, si Serre-Chevalier
N'a, pour eux, point d'attraits, non plus que La Mongie).
Voici, dans le cellier, le feu d'une bougie
Qui, éclairant le ciel-de-lit, se désarçonne
À n'avoir, du coussin, vu les bûchers ardents,
Comme, en mon cauchemar, coiffée à la garçonne,
L'ange tend un filet où se prennent mes dents.
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lundi, 23 janvier 2006
Littéral
22 janvier.
À l’aube.
Terni par les pensées,
Vaincu par l’amertume,
Vertèbres bleues coincées
Contre un infect bitume,
Le mot mort déshabille
Un instant son carnage,
Et tel Rouletabille
Sur les flots d’os surnage.
Elle a pourri, la fleur ;
Ses pétales sont gris.
Délacée la couleur,
Les miroirs sont aigris.
Contemple sans remords
Les lettres du mot mort.
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dimanche, 22 janvier 2006
Sonnet fatrasie
Composer des sonnets est assez ridicule ;
Mais enfin, je le suis en bonne compagnie.
Par l'espace infligée à l'oiseau qui le nie
Est, dans mon souvenir, plus que vos édicules.
Placé petitement au haut d'un monticule
Et laissant lentement me gagner l'agonie,
Je compose ces vers, non sans quelque ironie,
Conscient d'accomplir ce qu'ici j'articule.
Est-ce un brouillard furtif qu'en ces mots j'entrevois ?
La trace d'un feu mort m'avait laissé sans voix,
À pêcher dans les eaux troubles de la Ténèbre
Et comme je connais le pas feutré des morts
(Ici, vous attendiez, pour la rime, funèbre),
Je laisse les tercets vibrer sur leurs ressorts.
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mercredi, 18 janvier 2006
À son Livre
Je ne mange pas de hot-dog
En écrivant ce carnétoile –
À peine si je bois un grog
En mettant l’écran à la voile.
C’est en humant, de Tours, le smog
Que germa au fond de la moelle
Cette idée de Gog ou Magog :
« En paraphes je me dévoile. »
Si ce n’est un rien démagogue,
Je trouve la Sereine au poil
Et, si le smog est de gasoil,
Je jette mes bordées aux digues
Et ma pêche pour le rorqual :
Touraine, baleine aux églogues !
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