mardi, 21 mai 2013
Vert
On savait déjà que les jours passeraient, anodins peut-être – sans doute évanouis à peine nés.
Le vent souligne le vert, l'amplifie.
On se sent entouré de verdure.
Peut-être est-ce, avec le froid, l'effet des pages retrouvées de Guillevic, toute cette verdure admise, affirmée.
Ou seulement le vert.
Qu'on savait déjà.
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dimanche, 19 mai 2013
Un kavalier kaki
Un cavalier dans un aéroport attend que les ailes d'un oiseau au gracile fuselage lui ouvrent la voie. Un an de plus pour l'animal dont l'âme outrepasse tout zénith !
Aboo Din lashed them mercilessly and drove them into the jungle, where he followed on his hands and knees. ——— Toutefois, nous fûmes à Copenhague, à passer la nuit, trois fois déjà, notez-le bien.
Le fjord n'est même pas verdâtre, Guillevic écrit cromlech. ——— Sous la belle lumière dorée de cinq heures du soir, nous quittons le village enchanté, pour nous acheminer vers les montagnes du fond, en traversant le plateau paisible et pastoral que l'on dirait fermé de toutes parts.
—————————
Taa jääpi niemi kuusimetsineen
ja käki toraisine rouvineen.
(Aaro Hellaakoski)
—————————
04:20 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, PaperPestPaste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 12 mars 2013
Je ne peins pas l'être
Je ne peins pas l'être, je peins le passage.
Oui, mais... peindre ? Trafiquer, conduire dans la neige, crier au sommet des montagnes ?
Très peu pour moi.
Je veux m'endormir sous une couverture de secours,
je veux prendre la poudre d'escogriffe,
je veux je veux
terrasser les démons extérieurs. (Ceux d'ailleurs
me plaisent assez.)
08:23 Publié dans Autoportraiture, Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 25 janvier 2013
Aux ennuyeux mandarins
Ligué avec la musaraigne, le muscardin ne comptait pas s'en laisser conter. Tous deux se relayaient pour qu'il y en eût toujours un qui veillât, et de sorte qu'on ne pût plus les confondre avec des loirs. Dormir comme un loir, je vous en foutrai, moi — ainsi parlait le lérot, discret, mais, au printemps, tapageur dans les greniers, sorte de hooligan mal embouché, ne s'étant pas défait de ses habitudes de bûcheron rustre. Dans le froid enfin sec, au grand soleil de janvier, il hibernait encore. Un merle hivernait. Le lérot ne savait que penser, dans des rêves complexes. Ligués ensemble, la musaraigne et le muscardin, yeux grands ouverts, voyaient passer les caravanes. On patauge dans la mélasse, cela ne fait aucun doute, on patauge dans la purée, on sirote des heures etnières qui filent comme ça, tchazam !, et plus rien après. Ainsi, les lexicographes le surent, et les lexicologues ne voulurent rien entendre : la mélasse lasse. Calfeutrer les encoignures des fenêtres avec ce résidu gluant n'est peut-être pas une bonne idée. Penser à le dire aux architectes.
Sur la porte de l'Université, une main couleur abricot avait inscrit ces mots :
IL EST INTERDIT DE POSER DES QUESTIONS
Le lérot, piqué par une abeille, s'éveilla, commença avec trois mois d'avance son tapage dans le grenier.
Penser à déménager.
Aux ennuyeux oligarques Jean-Louis Duchet, Claire Charlot, Serge Ricard, et alii
09:13 Publié dans Ecrit(o)ures, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 11 janvier 2013
Mademoiselle Confiture
(Pierre-Alain Goualch, 2004)
le temps qu'infuse le thé russe je ne pourrai jamais écrire aussi vite que ça que le piano pianote jamais aussi vite à peine 130 secondes pour écrire quoi d'ailleurs
ça ne s'emballe pas tout de suite
la toile de jute prend un peu le temps mais pas trop ça y est ça s'emballe
s'accrocher à quoi aux trous dans la toile
s'accrocher à ces mots dits par le sieur Dudot le ciel est amoureux amoureux de ses yeux
du plat de la main du bout des index des majeurs tapoter tandis que ça pianote gratte frotte et le balai passe repasse c'était plus facile plus posé de prendre le temps d'écrire ce tanka tout à l'heure
tant qu'à faire un peu de piano
tant qu'à s'accrocher
tant qu'à avoir mal au dos aux doigts ravauder quoi quel texte oui j'étais pris
surpris les doigts dans la confiture écrivais-je écrivis-je la main sous la ceinture
bientôt le terme sans doute fin de la joute le tournoi a noyé le chagrin la toile de jute on n'en viendra pas à bout
ça s'effondre à peine 130 secondes cette amante religieuse écrire quoi
10:22 Publié dans Ecrit(o)ures, Jazeur méridional | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 01 novembre 2012
Valaoritides
(écrit le 27 octobre à 18 h 40, pour publication à la Toussaint)
Hier, 31 octobre, a été publié, dans ces carnets, le premier d'une nouvelle série de poèmes, les Valaoritides. Ce premier poème, "Une otalgie aux urgences", a été composé en direct à la Clinique de l'Alliance, et envoyé sous forme de textos, entre 9 h 50 et 10 h 29.
La forme en est régulière : tercets de 24 syllabes avec un découpage 7-6-11, 6-7-11, plus rarement 5-9-10 ou 6-6-12.
La composition sous forme de textos est optionnelle.
18:44 Publié dans Ecrit(o)ures, Valaoritides | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 06 octobre 2012
Ressentiments
C'est de la balle.
Envols dans les champs, folies de l'ouragan, sacre de la tornade, et goût amer sucré folâtre et musqué de la dorade.
Si vous ne la souhaitez pas exploratrice, épelez daurade.
Un amphithéâtre, quelques cris, des joutes de martinets dans le ciel de Corinthe.
Je me suis gouré d'endoit, je me suis gouré de carnets, je me suis gouré de vie.
Tandis que la tornade sévissait, battait son plein, mugissait dans les esgourdes, Don Juan se répétait inlassablement les mots de Samuel Beckett, la ferveur de la foirade, le détachement du gâchis.
Et, si vous avez ingéré trop de métaux lourds, appelez-la Darius.
Raisins secs, Rosinnen, le chat goinfre détale.
C'est de la baballe.
11:09 Publié dans Ecrit(o)ures, Questions, parenthèses, omissions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 30 septembre 2012
Moins-orti
Je l'écris comme c'est sorti, comme ça s'est appesanti.
Focus Danse; [gravures] dernier jour de 7bre .................. danse < soprano
les 12 jardins
les 6 gravures
les 4 boissons
l'1 vieux endormi tenu par son volant sur la route de Chinon
NOMBRES
Le trio forme un serpent qui se gondole au fur et à mesure des figures. LA MONTRE BLEUE. LA BÊTE NOIRE. Mais tout de même les carottes râpées dans le cake, et la cycliste aux cheveux couleur carottes râpées chute d'épluchures sur les bords de Loire.
Le piano interrompit les envolées du trio. (Au verso je dois le préciser trois fois les 3 miens le tout sur fond noir vieil assemblage dû à la main technique de Delphine.)
NOMBRES les 15 tuiles de mon fils en déveine au bout de seulement 4 coups
puis mes 9 tuiles après le 6e coup, la chance tournant définitivement en ma défaveur
Si je compose un texte aussi enchevêtré à chaque partie de pyramides plastiques, qu'en faire ensuite ?
Puis j'écrivis une sorte de poème débile.
Colombe de la paix
perdue hors des lignes
(des lignes amies)
l'échéance à peine repoussée
du triple échec (cuisant :
marmite du dîner) Colombe
ton ombre on la déchiffre
le mot SEPTAIN compte 7 lettres
trouver pour nouvelle forme de sonnet un nom de 14 lettres
.
21:06 Publié dans Ecrit(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 03 juillet 2012
Une brise d'agrume à ma fenêtre éteinte
Lâchez-moi la grappa !
lâchait à haute et intelligible voix, exaspéré, le beugleur qui faisait office de beugleur. On se retrouvait à dix-sept dans cette étable, on ne savait pas pourquoi la terreur nous avait saisis si près des oreillers, et donc voilà bérézina. Tout de même, étions-nous plus rassurés d'être au bord de l'Adriatique qu'avec d'autres casse-bonbons (je ne saurai jamais mettre casse-bonbon au pluriel, à moins que ce ne soit invariable, avec déjà un s au singulier -- je penche désormais de ce côté-là), et sans siroter, à aucun moment, cette liqueur immonde et sucrée, le limoncello ? En m'insultant, Monsieur le beugleur, vous étiez à votre affaire. Il n'empêche que personne ne trouva cela drôle quand Faust, à la fin de la réunion qui avait duré au moins une heure de trop, lança "je dis ce que je veux, je pète quand je veux, je chie quand je veux". La vache ! Oui, la vache, pouvait-on réagir autrement ? Faust était à son affaire, il ne haussait jamais le ton, de sorte que ce n'était pas lui, le beugleur faisant office de beugleur.
Terrorisés, nous passâmes la nuit, et le jour d'après, à nous échanger les oreillers au fil d'une intense et insensée partie de volley-ball.
Le monde, avec ses destructions de mosquées, continuait de tourner. Pas rond, comme chacun sait.
05:15 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 02 juillet 2012
Les fastes de Gargantua
Qu'à un moment donné drogue et tennis furent fastidieux, et toute cette fin de juin, pourtant, resta sans lecture. Le golf vu comme un jeu de billard sur une table immense, tout en rage anale et bérets à carreaux. [163]Garçon de guinguette, une bière ! on étouffe ici, se désosse, s'assoiffe.
Et dire aussi que quand on défèque, c'est comme si on priait – posture tendre d'amen au monde. [103]
Et les cafards volants, les cafards entre les draps et sur les murs, [45] les cafards que vous hallucinâtes, cafards tisseurs de toile et cafards au fond des placards, obscurs grouillements dans la perte sauvage des moindres repères.
Tu me demandes comment on prononce désosser et tu me demandes ce que veut dire… ce que veut dire quoi, déjà? écoute les trompes, nous réfléchirons plus tard, en posture d'acceptation.
In this dream, which every now and then still recurs, I am standing publicly at the baseline of a gargantuan tennis court. I'm in a competitive match, clearly: there are spectators, officials. The court is about the size of a football field, though, maybe, it seems. It's hard to tell. But mainly the court's complex. The lines that bound and define play are on this court as complex and convoluted as a sculpture of string. There are lines going every which way, and they run oblique or meet and form relationships and boxes and rivers and tributaries and systems inside systems: lines, corners, alleys, and angles deliquesce into a blur at the horizon of the distant net. I stand there tentatively. The whole thing is almost to involved to try to take in all at once. It's simply huge. And it's public. A silent crowd resolve's itself at what may be the court's periphery, dressed in summer's citrus colors, motionless and highly attentive. A battalion of linesmen stand blandly alert in their blazers and safari hats, hands folded over their slacks' flies. High overhead, near what might be a net-post, the umpire, blue-blazered, wired for amplification in his tall high-chair, whispers Play. The crowd is a tableau, motionless and attentive. I twirl my stick in my hand and bounce a fresh yellow ball and try to figure out where in all that mess of lines I'm supposed to direct service. I can make out in the stands' stage-left the white sun-umbrella of the Moms; her height raises the white umbrella above her neighbors; she sits in her small circle of shadow, hair white and legs crossed and a delicate fist upraised and tight in total unconditional support.
The umpire whispers Please Play.
We sort of play. But it's all hypothetical, somehow. Even the 'we' is theory: I never get quite to see the distant opponent, for all the apparatus of the game.
[...]
– the deflated bladder had landed in the Marching Terriers’ sousaphone player’s sousaphone and had been handed over to Joelle after extrication by the lardy tubist, sweaty and dumb under the girl’s Actaeonizingly imploring gaze –
10:18 Publié dans Ecrit(o)ures, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 23 mai 2012
En compagnie
Pas de coup de trafalgar Détonne explosion pas de coup de Trafalgar on comprend comment le jeu des biais On comprend comment Comment comprendre le jeu des biais ? éternuements fragments d'éternité Eternuements le temps qu'on se dénude Le temps qu'on exsude quelque chose d'autre de soi que de vaines paroles Comment trouver le temps ? (éternue éternue c'est bon pour le moral) Comment damer le pion apprendre le jeu du cambouis --- ho hisse ce mot qui t'échappe tu bâtiras un cimetière autour Pourquoi les fondations persistent-elles à s'échapper ? pourquoi comment pourquoi Le jeu des biais n'est pas noirâtre ou huileux --- s'il y a une explosion S'il y a pour de bon S'il y a bel et bien une putain d'explosion alors on dira Pourquoi Comment Alors on dira Alors on dira pas de coup On dira Pas de coup de trafalgar.
08:24 Publié dans Ecrit(o)ures, Questions, parenthèses, omissions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 13 avril 2012
Sell and tell
Après avoir passé une nouvelle nuit en pointillés en raison de sa rhinopharyngite, pris ses drogues et son petit déjeuner, la marquise, dépitée d'être presque aphone, se connecta à Facebook avant de corriger un travail de M1 Recherche sous .docx.
Elle enlève sa perruque car elle a peur que le travail de M1 ne la défrise. (Elle s'interrompt - déjà - dans son travail pour aller étendre une lessive.) Pourquoi ai-je lu "la maquerelle" au lieu de "la marquise" ?
The imp is no pimp.
Ma querelle ? ta querelle ! j'ai jamais cherché querelle !
Après qu'elle eut constaté que le lave-linge s'était convenablement mis sur la position "Arrêt", la marquise, ayant humé l'atmosphère fraîchement printanière et constaté qu'il s'agissait encore d'une de ces journées - trop nombreuses à son goût - où les militaires de la base aérienne avaient décidé d'empester et de polluer tout le quartier à grands renforts de kérosène, décida d'étendre le linge propre mais humide à la buanderie et, au moyen de cintres et de pinces, au-dessus des radiateurs, et non sur la terrasse où, plutôt que de sécher, chemisiers, pantalons, mouchoirs et caleçons risquaient plus évidemment d'être salis derechef par la manne noire tombée du ciel, et qu'envoient, sur les pauvres mortels de Tours-Nord, ces salopards de dieux modernes que sont les aviateurs et leurs acolytes.
(Puis Rembrandt s'aperçoit qu'il ne sait pas photographier l'odeur des lilas qui bordent la cour de récréation.)
Interlude non strictement narratif
Occup... qu'il était à se bidonn... en lisant le livre de Corinne, Guillaume a laiss... cram... les steaks hach...
Le récit reprit. Accaparée qu'elle était par de complexes réflexions administratives, la marquise mit une bonne minute à s'apercevoir qu'elle cherchait à recharger le téléphone portable avec le câble d'alimentation de l'appareil photographique. Avant d'aller se pochtronner puis s'éclater au Petit Faucheux, la marquise devait encore écrire deux mails professionnels et trouver quelque chose à grignoter. Au retour, tard le soir, à Mégara, dans les faubourgs de Carthage, son carrosse ayant obstinément refusé de se muer en citrouille, la marquise rentra chez elle après un exceptionnel double set au Petit Faucheux, expérience qu'elle prolongea par l'écoute de ALBEIT au casque.
(Interlude. Nuit.)
(Fin provisoire.) En raison du rhume persistant qui lui défrisait la cafetière depuis déjà trois jours, la marquise passa derechef une nuit fort courte, et de merde.
22:29 Publié dans Chèvre, aucun risque, Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 10 avril 2012
Autre sizain en -pha
Pour rimer avec Diarapha,
On me propose Mustapha
– Ou d'orthographier kalipha
"Califat". Dans le Nord, à Pha-
Lempin, ou en Moselle, à Pha-
Lsbourg, qu'irait faire Diarapha ?
10:38 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 17 février 2012
La fée talmudique se repose (5’35”)
Pas de perte de contrôle, ni de vitesse, si ce n’est le sombre éclat entre les touches. Tu tergiverses, mais non – jamais tu ne tergiverses, alors : on s’embringue, embardées, d’où d’autres embrassades, sans emberlificoter, tout se résout finalement en un brelan harmonieux. La flèche monte au ciel, c’est comme si le caméraman avait trouvé un truc pour l’y suspendre, l’y arrêter, faire en sorte qu’elle s’attache à rien, à l’air, à la chaleur d’un souffle, au butinement discret d’un insecte imperceptible. Pourtant, la caméra elle aussi fait des embardées, tout le monde s’extasie. Après une pause étonnante, on se croit en plein film d’espionnage, même pas parodique, comme si la sieste nous avait saisis, un assoupissement de fortune, ça tombait bien, on n’allait pas fort, tout d’un coup c’est tout comme si tout prenait le moelleux d’un tapis de mousse, mais tout s’étiole toujours, partout. Alors, après la pause étonnante dont l’on ne garde plus qu’un souvenir diffus, en différé on suit les embardées renouvelées d’une cacugne – pas du tout la Jaguar ou la Porsche des frimeurs, des flambeurs – au volant de laquelle s’exprime tout un imaginaire. Il a fallu que je reprenne, revienne, reprenne tel mot, telle virgule, ça n’allait pas, le lisse et le moelleux qui enflamment, dans les embardées, le souffle chaud, le lisse et le moelleux je n’ai pas su les capter dans mes phrases, quoique j’aie fini par sentir, doucement, l’accalmie, le repos, la sérénité encore – sur un lit de mousse en été, contre une cabane de planches sèches en hiver – s’enfouir dans mes phrases, s’y lover, s’y bercer, embardées encore, et embrassades, et tout un monde partout qui détoure les nuages, les angles vifs, à l’horizon, tout un monde, oui – et pas de perte de contrôle. Ni de vitesse. Effacement (moelleux).
Alban Darche 4tet. Brut ou demi-sec ? (Yolk, 2009)
09:21 Publié dans Ecrit(o)ures, Jazeur méridional | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 08 février 2012
Un mercredi de rien
Voir seulement le soleil percer la blancheur.
Un regard vert
s'étend jusqu'aux rayons. L'ennui
n'a rien à faire là-dedans. Voir le soleil
juste poindre, puis
éclater sur les étendues froides et cotonneuses,
apaise, rameute
les souvenirs. Voir juste percer
poindre. Le soleil
.
11:37 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 23 janvier 2012
Monday Morning Haiku
6.20 a.m.
this morning when I woke up
the hyacinths were sagging
with no mimsy borogoves
.
07:17 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 08 janvier 2012
Bast(ingag)e
Si je m'efforce d'écrire la vérité sur ce que je ressens, alors :
oui, moi aussi, je sens une part de mon corps s'en aller, voguer vers un océan lointain, tout en ayant le cerveau collé au bastingage.
.......
Mais ça ne fait pas de moi un livre à couverture verte emprunté à la B.U..
23:48 Publié dans Ecrit(o)ures, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 03 novembre 2011
Funky Fun-Key
Ça y est, à peu près toutes les horloges de la cuisine sont à l’heure, à l’heure d’hiver. Une complainte, tu ne vas tout de même pas passer tes journées à bader ce camping-car en laissant infuser ton thé à la bergamote ? Hier soir, le Château de Tiregand 2008 puis la liqueur de poire, ça faisait peut-être un peu solide sur le cassis.
Des jours, des journées comme ça, pluvieuses, grises, monotones, pas assez de jus pour se décourager en regardant les sandales détrempées sur la terrasse, ou les espadrilles en vrac dans le vestibule (notre ami tire sur la corde, je trouve). Dire que tu avais le cran de critiquer l’autre polardeux pour ses phrases nominales en cascade. Tu abuses, tu t’abuses. Avec les feuilles de néflier qui font un rideau jaune, et quand la pièce commencera-t-elle ?
Vous n’avez pas la clé, tout ça c’est juste pour s’amuser. Tu t’amuses.
Notre ami que voici se donne les gants de tout savoir, même la vie clandestine des flamants roses, et ce jusqu’au sens architectural du mot falbala, mais il est incapable de servir un thé qui n’ait pas, plus ou moins, et jusque dans les chaloupements osés de la contrebasse de Heiri Känzig, un goût de lavasse tombée d’une gouttière.
Le félin se marre, vous salue bien.
―――― Juste un rappel de la contrainte de ces textes, qui n’ont pas de rubrique réservée (et je crois qu’on en trouverait dans les deux blogs) : doivent être écrits, sans retouche ultérieure, pendant l’écoute du morceau qui leur donne titre.
15:40 Publié dans Ecrit(o)ures, Jazeur méridional, Un fouillis de vieilles vieilleries | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 15 septembre 2011
No Arizona thumbsicle (we're Ligerians)
La ville chavire, à l'état gazeux ou à l'ambiance nocturne.
Nous ne sommes plus grand chose. Nous nous regardons de biais, ou bien sommes enfoncés dans ce qui est devant nous — boudeurs ? Le contraste a permis d'appuyer sur ce qui était gris, ou alors délavé ocre.
Aujourd'hui, tout de même, deux mots : thumbsicle (n'est pas dans l'OED) + bolosse (n'est pas dans le Robert).
15:36 Publié dans Ecrit(o)ures, Kleptomanies überurbaines, Où sont passées les lumières?, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 26 juin 2011
L comme Litanie
Quelquefois l'auteur est décédé lors du choix de la mise en scène. Le metteur en scène fait le choix de mettre en scène un auteurs décédés.
(Copie de bac, série L, Français)
Soyons plus ambitieux que ce(tte) candidat(e), qui s'en tient à une seule redondance. Imaginons ensemble une copie entièrement redondante !
Pour commencer, je propose la troisème phrase qui suit :
Alors, comme l'auteur décédé est mort, le metteur en scène met en scène un texte dont l'auteur n'est plus en vie.
J'attends vos suggestions de phrases #4, #5 etc.
22:44 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
vendredi, 10 juin 2011
Petit exercice (oulipien, en quelque sorte)
Voici les trois premières phrases d’Adama ou la force des choses du Burkinabé Pierre Claver Ilboudo :
Pendant cinq bonnes minutes, Adama resta là, abasourdi, hagard. Puis il se mit à marcher droit devant lui, comme un automate. Il recouvrait progressivement ses esprits. (Présence Africaine, 1987, p. 7)
Voici à présent les trois dernières phrases du même roman :
Adama était là, figé, le visage en sueur et les traits décomposés. Le vélo qu’il avait garé dix minutes plus tôt devant la porte de l’atelier avait disparu. Et les tissus avec. (p. 154)
L’exercice que je propose consiste à écrire un récit dans lequel l’incipit et l’explicit seraient inversés. Autrement dit : le récit à écrire doit commencer par les trois dernières phrases d’Adama et s’achever par les trois premières phrases. À vos claviers.
03:00 Publié dans Affres extatiques, Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 04 mars 2011
Dimanche : troïka ou haïku
Je cuis au soleil.
L’odeur capiteuse des jacinthes d’Eric m’étourdit.
Brève est la prégnance du rêve.
11:10 Publié dans Aphorismes (Ex-exabrupto), Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 09 décembre 2010
..... composer chastement mes charmes .......
9 décembre 2010.
Dans le tome 1 de l'édition Hubschmid des oeuvres de Nadar, le portrait de Caran d'Ache (avec monocle) fait face à celui de Caro-Delvaille (avec barbe en pointe et pinceau fin à la main droite). Bernard est bien heureux.
Bernard est bienheureux. Rien ne s'est tant perdu, ai-je chanté sur tous les tons, que la mode du gilet (blanc ou beige, notamment). Où les heures passent-elles ? Où les heures passent-elles ? Un an plus tôt, nous battions le pavé. Et ce jour-là (où sont-elles passées, les heures ?), la cité était bien déserte. On voit bien que la pierre rougeoie, et la fausse ardoise de l'autre côté. Bernard, bienheureux, mène une vie de patachon. Pourtant, vous chantiez si bien, plus jeune. Bernard mène une vie de famine. Les chants suivent la rosace.
samedi, 27 novembre 2010
Cool day in Hell (7'51")
Ni le ticket du match de handball remporté par le SCT hier soir, ni ma fiche de paie du mois de septembre d'octobre, ni le disque ouvert afin de pouvoir lire les titres des morceaux, ni le livre de Claro refermé qui se trouve en-dessous du disque, ni la télécommande de la chaîne stéréo du bureau-bibliothèque, ni le tube de Lysopaïne dans lequel il ne doit plus y avoir qu'une ou deux inefficaces pastilles, ni les cartes postales abîmées, ni le tome II des Essais de Montaigne ouvert et retourné couverture vers moi (dans l'édition du Livre de Poche (alors que je possède ces mêmes Essais en Garnier jaune et en Pléiade)), ni une carte de visite à mon nom qui traîne là allez savoir pourquoi, ni le pot à crayons où se trouvent des stylos et deux crayons à papier et qui est entouré (enveloppé ? décoré ?) d'une vieille photo plus écornée et abîmée encore que les cartes postales susdites et où vous verriez, si vous étiez près de moi, a younger version of myself, moi nourrissant une girafe en faisant une grimace pas possible, ni le DVD de Shining (pourquoi est-il là, d'abord ?), ni le solo de saxophone ténor sous-tendu par le cor de Peter Gordon et le trombone de Robin Eubanks, ni mon vieil exemplaire de Memory of Snow and of Dust et mon à peine plus reluisant exemplaire de Godhorse (pourquoi, pour quel remords stupide sont-ils là, alors que j'ai renoncé à écrire les articles correspondant à mes communications de novembre et mars dernier respectivement ?), ni l'ordinateur portable Toshiba sur lequel je pianote ces lignes (ma collègue, F., a parlé ce matin, dans un mail, de lapsus calami, alors que je jure mes grands dieux que je n'écris ni mes mails ni mes textes de carnétoile à la pointe effilée d'un roseau), ni les rayonnages de livres qui m'entourent, ni les divers livres plus proches encore de moi, en pile sur ou dans l'espèce d'espace ouvert -- mi-tiroir mi-étagère -- qui se situe à gauche sous la planche du bureau où j'écris ces lignes, ne pourront rivaliser avec l'ardeur des musiciens dont les dernières notes se font
15:49 Publié dans Ecrit(o)ures, Jazeur méridional | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 25 septembre 2010
Super divin
Donner, d'une certaine manière, des coups de poing dans le vide -- ou fendre l'air.
Ainsi, d'une certaine manière, aura commencé ce samedi, comme s'est achevé vendredi, à la lecture des 40 puis des 100 premières pages de Saturday. Non sans avoir déliré ou pastiché Cendrars, bien sûr, l'heure était à la décompression (ce que les voisins sexagénaires ont dit de Balzac et Tolstoï.....(me faisant rater de surcroît la rencontre avec Laurent Cohen).....(mais C*** et G***, eux, méritaient la soirée).....).
Je contorte, c'est pénible. J'hyperhypotaxise, non... même pas...!... je sauts-et-gambades en fait ! comme ça... tout droit...! Sans heurts, fleur au fusil... l'épieu en bandoulière... pas déconner, non...!
On n'entend plus le percolateur. (Didascalie futile.)
Ensuite, il reste possible de diverger, de bifurquer, de prendre la tangente, sans tergiverser (ce n'est pas dit). Mois de vendanges (mais on a raté la Foire aux vins). Mois où le ciel prend des couleurs étranges (mais assommé sous le boulot que veux-tu que je m'esbaudisse ?). Mois où la flèche va moins vite que la tortue (or sumpfin' like that). Mois de fringale. Mois de jeûne pour les vieillards. Mois d'épanchements spermatiques (aussi). Mois d'élégance, à descendre d'un pas vif, la tête droite, la rue Nationale (mais personne ne te regarde, pauvre cloche). Mois où l'église Saint-Julien elle-même s'épanche (étrange vendange).
lundi, 14 juin 2010
Dit l'un (à l'autre)
Haie de troènes, nourritures terrestres. Le chèvrefeuille embaume, et les trous minuscules forés par mon fils ont tout de la fossoyure. Musique grandiloquente de bas de gamme (au cul les faussaires !), les fouilles archéologiques raffermissent le désir de ciel.
Eléments d'un fort romain.
Quel accent prendre, dans la nuit ? dans la fuite de tout ? est-il possible de revenir incessamment au pont du Gard ?
Vous avez des gargouillis, mauvaise martingale de rien, des hallebardes tombent et grêlent de gros galets d'eau la haie de troènes.
(Non ?!)
21:45 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 28 novembre 2009
Ratatiné ?
C'est dommage, tout de même...
Bourrasques brusques de pluie froide, novembre finissant.
Ce serait dommage, tout de même...
Du lapsang souchong, et un pauvre imbécile affalé sur son canapé, à lire, à regarder le vent, la pluie, les nèfles maintenant pourries -- qu'elles choient de l'arbre, ou pas.
Dommage, tout...
Ce n'est pas la montagne brûlante l'été, pas du tout la page 133, le bain au milieu des sorghos.
C'est dommage, de même...
Et ce mal de dos à tout rompre, même ramasser la roulette du caddie de toile rouge était un supplice.
C'est dommage, tout de même...
Ce n'est pas la canicule, ni la plage, ni la longue étendue de neige blanche recouverte de milliers de fourmis, qu'on voit dans son sommeil, rien plus ne vous abuse :
Tout de même, c'est dommage !
15:47 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
samedi, 21 novembre 2009
Midlife crisis (un peu d'après Pavese mais pas dans le style)
Dans les coulisses : vous n'avez rien appris, vous avez sacré, juré vos grands dieux, votre âme est un paysage moisi - et à chaque instant de votre existence désormais vous vous sentirez comme un prisonnier dans les coulisses. À certains moments votre ventre palpitera, vous aurez des frissons de joie, mais ce seront toujours de fugitives impressions captives de certains moments. Pour la parade, frimant, humant, faisant la grande gueule, le type sûr de lui ou la femme que rien ne défrise, vous vous contraindrez facilement, jouerez double jeu, aurez la part belle, ferez noble figure, et plus vous agirez ainsi plus vos nuits deviendront noires, fragmentées, prêtes pour la parade.
Ainsi, si d'aucuns - les étrangers et même les familiers - vous prennent pour un caïd, le roi du bal, le plus éminent émondeur d'huîtres, vous saurez au tréfonds, vous savez déjà pour toujours que vous ne vivotez que dans les coulisses, de sorte qu'en aucune manière, nullement, pour rien au monde il ne faut vous regarder ainsi.
--------------- Autant aller vivre en Australie. (Mais c'est comme si c'était fait.)
17:50 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 13 octobre 2009
Archets vengeurs
Du moment que rien ne se passe, il n'y a aucune raison de tirer les garnements par la peau du cou, ni de tirer une flèche vers les cibles qui cachent le soleil. L'invisible nous arrête, mais comment empêcher que dardent les yeux ? Tout de même, l'abeille doit avoir une solution, quand rien ne casse trois pattes à un canard. En tapinois, les petits vauriens dévalent la pente raide. Ils ont été aux myrtilles. Ce n'est pas une raison ! Du moment qu'il ne s'est rien passé, que vous n'avez rien de cassé, que les nids sont à leur place, les pendules solidement accrochées au mur, je vous confie l'air de rien. Et s'abîmer dans l'océan à bord d'un Cessna, ce n'est pas la mer à boire, quand bien même vous seriez engoncé dans votre soutane, ô monsieur l'abbé. Ce n'est pas du tout, mais pas du tout une raison. Lights of Lake George. Circulez...
17:45 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 10 octobre 2009
Pas de répit pour les escargots
Toujours pour d'excellentes raisons (dont je vous épargne l'énumération), j'ai remis à demain la préparation de mon séminaire de lundi sur les Sonnets from the Portuguese. (Les autres cours roulent tout seuls, en quelque sorte : une fois les brochures préparées pour trois semaines, ce qui peut prendre du temps, évidemment, les notions et les contenus sont tellement connus de moi que je passe facilement en mode "improvisation". (Il n'y a pas à dire, le fait que le niveau des étudiants ne cesse de baisser finirait presque par contraindre à ce mode de semi-improvisation : sans cela, on ne peut se mettre à leur niveau et mener un cours un tant soit peu interactif. Il y a aussi que les nombreuses tâches administratives empêchent, quoi qu'il en soit, de préparer de façon approfondie les cours les plus anodins.)) Si j'ai choisi les 44 sonnets les plus connus d'Elizabeth Barrett Browning, cette "sonnet sequence" si élaborée et si belle, c'est pour de multiples raisons, mais aussi parce que, dans le coin rêveur de mon cerveau qui continue d'échafauder des projets dont une autre partie sait d'ores et déjà, au moment même de leur conception, qu'ils resteront lettre morte, j'avais envisagé la création d'un carnétoile spécifique, une sorte de S/Z quotidien (oui, S/Z : tant qu'à bâtir des châteaux en Chalosse, autant se prendre pour Barthes). Mais la barque du quotidien etc. (enfin, ce n'est pas encore le suicide, hein)
Comme je rouvre ces pages vertes, une fois tous les quatre matins, autant y noter d'autres brimborions banals et sans importance : commencé à lire Barchester Towers / terminé Passage des larmes / trouvé enfin le bon dosage pour réussir les coings au four / découvert avec intérêt que les quatorze escargots qui couraient en tous sens hier soir à onze heures were nowhere to be found ce matin à neuf.
(Et aussi : bien sûr, je devrais* me mettre à ce S/Z. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Tout de même, la prolifération des parenthèses et l'amincissement progressif de la taille des paragraphes ne sont-ils pas de cruels symptômes ?)
* Qu'attribuer, comme formule-type, au bartleby cingalien ? "Je devrais m'y mettre." (De vrais bonheurs d'écriture.)
23:25 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 21 avril 2008
... caboodle /
Tantale avec joie regarde tomber la pluie, les averses légères comme des coups de trique, et la fleur au fusil de l'imbécile heureux. Frottant la lampe d'Aladin, il porte l'épée. Le flambeau n'est pas assez glorieux, à ses yeux ; il lui faut cesser d'urgence toute activité. Alors, saisi, comme Sisyphe, par le démon de l'ataraxie, il se prend à rêver d'un monde inactif, sans turbulences, où plus la moindre avalanche ne viendrait se mettre en travers de son chemin, comme le pêcheur de Gavarnie stupéfait d'entendre glisser derrière lui, près des gorges du gave, le monde de son enfance, tout le tremblement.
L'ardoise grise voit ployer les résolutions les plus fermes, toujours sous l'orage.
Tantale, lassé d'entendre les hurlements des suppliciés, leurs hululements, leurs vociférations en cascade, leurs cris poussés par la vésanie, se cache dans un bistrot crasseux et descend, l'un après l'autre, de petits verres de Marie Brizard en disant d'une voix féroce et douce :
H. E. N. R. Y., Henry Ier, c'est moi, le roi !
Sisyphe rigole dans son absence de barbe. Fontaine, je ne boirai pas de tonneaux.
09:17 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 04 février 2008
Perutz, Poitiers, saules, lentes dédicaces
Comme je voulais aborder l'écriture du (long, peut-être) texte que je veux consacrer à Petite nuit de Marianne Alphant, j'ai ouvert le document Word où j'écris certains textes avant de les publier dans l'un ou l'autre de mes carnétoiles, et j'y retrouve ces bribes, datées du 19 janvier dernier et jamais publiées / franchement oubliées :
19 janvier, déjà, minuit quinze, je ne m’endors pas du tout.
Le seizième chapitre de Turlupin est parfaitement hilarant. Leo Perutz, dont le goût du roman historique – même déconstruit – me semblait un peu fade, sur les premiers chapitres, est maître dans l’art de faire dérailler progressivement, mais non sans une violence jubilatoire, un récit de prime abord anodin. (Il y a aussi la façon dont, subrepticement, « la danse de Toulouse », p. 104, me rappelle « la jambe de Poitiers », octobre 2003.)
Autour du titre. D’emblée : Je crache des gauloiseries. Avant, il y eut turlupiner, dont je crus lire que l’expression française était « ça me turlupiline » (j’avais sept ans, mettons, ou huit). Turlupin était, nous apprennent les dictionnaires, un auteur de comédies vite populaire pour l’inanité de ses calembours en dessous de la ceinture (ou, en adaptant à la mode du dix-septième siècle, ses mots proches du haut-de-chausses). Le nom de Tirelupin, dans Gargantua, a fait couler beaucoup d’encre : les auteurs du Robert culturel y consacrent d’ailleurs un encart instructif.
(Accessoirement, le lecteur vagabond finit par apprendre qu’en français du Québec et d’Acadie, la turlutte n’est pas ce qu’on pense. Cela dit, il n’est pas indifférent que le substantif turlupin soit encadré par turgescence et turlute.) Ça, c’était autour du titre. De pleines bouchées de mots crus...

Pour tout compliquer, j'illustre ce billet au moyen d'une photographie de l'exposition "Julio Gonzalez en famille" [Julio Gonzalez. Les saules, 1925. (Ils n'ont pas l'air de saules, mais bon... la pâte prend l'ascendant...)].
14:35 Publié dans Blême mêmoire, BoozArtz, Ecrit(o)ures, Lect(o)ures, Mots sans lacune, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Art, écriture
mercredi, 16 janvier 2008
-sibirsk
eaux troubles
soleil sans cesse revenant EAUX TROUBLES ici comme à Novosibirsk
où les crachats gèlent en vol SOLEIL
sans cesse revenir au point de non-retour Dans un RÊVE cette nuit : une collègue retraitée depuis un an et demi et qui a les mêmes initiales que moi erre dans les couloirs de la fac à la recherche d'une salle de l'Extension (elle ne peut pas connaître, puisqu'elle a pris sa retraite avant l'inauguration des nouveaux bâtiments) ; je l'envoie perfidement au 4ème étage, histoire qu'elle se perde, puis je vais manger une glace achetée à un marchand ambulant, rue des Tanneurs SOLEIL
sans cesse revenant
eaux troubles (vu
Novo)
15:45 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
mercredi, 09 janvier 2008
Grand-tante Finesse tape fesse
Sur la table à tréteaux rouge où se trouve, parmi quelques autres entassements, le vieil ordinateur composite et bruyant, assis sur une chaise cannée – ou faut-il, comme pour les gâteaux, dire cannelée ? – de métal rouge, ayant monté et dévalé dix fois d’affilée les seize marches de l’escalier de bois, j’écris ces quelques lignes, tandis que se téléchargent, sur le vieil ordinateur composite, bruyant et lent, les photographies fades de ces deux derniers jours. Le ronronnement de l’ordinateur couvre presque le son des touches qui claquètent.
effet instantané des aspergesSoudain, l’ordinateur – ou plutôt, son ventilateur depuis si longtemps bruyant – a cessé de ronronner bruyamment, et l’on peut de nouveau apprécier les roucoulades des tourterelles turques depuis longtemps oublieuses du Bosphore, le passage d’une charrue sur le chemin vicinal, le frottement des feuilles, les rayons de soleil brûlants contre les vitres. Dans le Magazine littéraire acheté ce matin chez Caldéra, j’ai lu ce matin même l’article consacré aux deux nouvelles parutions de Roubaud, dont – enfin ! – la nouvelle branche du ‘Projet’. Sous Word, les tirets semi-cadratins s’effectuent automatiquement du moment qu’on laisse une espace de chaque côté du mot ou du groupe de mots à placer entre tirets, mais en revanche
effet instantané des asperges, il faut ajouter les signes de ponctuation autres, comme les points d’interrogation ou d’exclamation, après coup, sinon la saisie automatique se défile et, laissant en plan le typographe amateur, ne lui offre, pour tout potage, qu’un maigre tiret de rien du tout, à peine un trait d’union, rien de bien folichon. (Je devrais écrire, se dit-il, quelques phrases sur Stefano Bollani ou sur l’album étrange et étrangement beau du trio de Sophie Courvoisier, Ocre.)
effet instantané des aspergesIl n’en fait rien. Roucoulent les tourterelles, la caravane passe. Utrillo peignit les maisons grises délabrées de Montmagny, et moi je rature. Aujourd’hui ce serait la Sainte Famille, mais le calendrier de la banque ne suggère que la saint Roger. L’ombre du petit pot de verre, sur le coffre des vinyles, est à elle seule la chorégraphie de ce jour d’été. Je ne sais toujours pas pourquoi j’ai laissé ouvert mon exemplaire de Degrés à la page 204, près de l’ordinateur composite et bruyant, mais le Magazine littéraire est posé plus près encore, et je sais dans quel but (
effet instantané des asperges) je l’ai déposé là : il est impossible de savoir qui rédigé les très brèves notices qui « résument », à cheval sur les pages 46 et 47 de cet exemplaire du centenaire (janvier 2008), chacun des ouvrages importants de Simone de Beauvoir, mais il est certain que ce(tte) sagouin(e) ne connaît pas le français. Voyez plutôt le résumé (très erroné également, à ce que m’en dit ma compagne, qui a lu ce roman) des Belles images, publié en 1966 : « Ce roman, dédicacé à Claude Lanzmann, décrit les sentiments d’une femme qui réalise qu’elle a été flouée par la vie. Une critique acerbe de l’hypocrisie de notre éducation. »
Peut-être le roman est-il dédié à Claude Lanzmann, mais il y a fort à parier qu’il a été « dédicacé » à beaucoup d’autres lecteurs, y compris par de tout autres personnes que Simone de Beauvoir (e.g. : à ma chère tantine suffragette, son petit Aymeric). De même, que l’on puisse collaborer à un magazine littéraire et ne pas savoir que « réaliser », au sens de « percevoir » « s’apercevoir » « se rendre compte », est un anglicisme qui sent le cuir, c’est inquiétant. (Au demeurant, cela n’a pas semblé gêner tellement les trois traducteurs d’Istanbul d’Orhan Pamuk, non plus, ni l’éditeur Gallimard : le texte français d’Istanbul est parsemé de ces réaliser laids et contresémantiques.) Enfin, on aimerait savoir à quel nous collectif peut bien renvoyer l’expression « notre éducation » : est-ce le système éducatif français qui est hypocrite, ou l’éducation d’une génération, voire, si on le prend au sens strict, l’éducation des journalistes du Magazine littéraire ? (C’est bien possible, en effet : pour écrire aussi mal, il faut que l’éducation laisse à désirer.)
Des chiens aboient sous le soleil, sans raison apparente, et comme chaque nuit aussi ; c’est la grande nouveauté
effet instantané des aspergesde ces vacances. Je me rappelle avoir lu Degrés ici un été, peut-être 2004 ou 2005, mais je ne me rappelle plus où j’avais déniché cet exemplaire aux pages non coupées, probablement d’origine : achevé d’imprimer le 8 janvier 1960, soit 4 jours après la mort accidentelle d’Albert Camus, dont j’ai rêvé cette nuit, recroquevillé sous mon manteau. (Je n’ai pas lu une ligne de Giono, ni d’Albert Camus, depuis l’adolescence.) Degrés ne m’a pas vraiment plu ; j’ai trouvé qu’il sentait un peu trop l’atelier, sans compter que le charme suranné du cadre scolaire des années 1950 nuit grandement aux prétentions du roman à une quelconque modernité. Quand on songe que Butor n’était pas loin de commencer à concevoir les volumes II et III de son Génie du lieu… Quand on songe
effet instantané des aspergesà son génie, on ne peut manquer de désirer lire le dernier volume paru du ‘Projet’ de Roubaud. Degrés se déroule au long de 380 pages. Au centre précis du récit, à la page 198, il est question de papier vert, rose et jaune. Couleurs. Au quart du parcours, un adolescent révolté retarde sa brouille avec le père haï pour une sombre histoire de timbres du Liban. Je me rappelle avoir « tiqué » – l’été 2004 ou 2005, donc – en lisant le patronyme d’un des personnages, M. Bonnini, dont l’épouse, aux trois quarts de Degrés, semble aller mieux. (Mais il n’est plus question (effet
instantané des
asperges) de papiers de couleurs variées.
19:40 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Indignations, Lect(o)ures, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, écriture, Littérature
jeudi, 13 décembre 2007
Flaque zircon
Bosser dur : c'est le moment même où le travail n'avance pas. Je trime en n'en foutant pas une rame. Il est vrai que, sur mes terres, il y a deux types de travail qui, intensément, effrontément, se chassent l'un l'autre, comme la limaille sur l'aimant.
Depuis lundi, les images assagissent le flot tumultueux de la vieillesse orpheline.
(Je n'avais même aucun souvenir de ce roman de Colson Whitehead, que je n'ai pas lu en entier, me semble-t-il. Le billet vaut aussi pour les deux titres qui l'encadrent. Il eut des remords de ne plus écrire de textes pour son Fouillis. Le chagrin lâche la bonde, mais l'eau stagne dans le bidet. Tout de même, en trente mois, tout ce que tu as pu débiter comme âneries... Il n'y a plus de billet vert sur ma carte bleue : je répète : il n'y a plus de bas bleu dans mon carnet vert.)
On se retrouve à Saint-Pierre des Corps, pour une valse. La maîtresse ne connaît pas les mules impressionnantes des corridas. La mule n'est pas l'ânon : noyer le poisson.
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En bonus : les pratiques débiles de la maison Gallimard.
23:23 Publié dans Comme dirait le duc d'Elbeuf, Ecrit(o)ures, WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 06 décembre 2007
La Ruse du Professeur Maupas
05:50 Publié dans Comme dirait le duc d'Elbeuf, Ecrit(o)ures, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, écriture
vendredi, 30 novembre 2007
Même pas Johansson

Le voile s'écarte à peine, dans la brume humide de gaze ou de cretonne. Toute une cérémonie s'apprête, à laquelle personne ne vous a convié. Dans quelques mois, vous regretterez ces arômes chassés d'un regard fuyant, ces senteurs suaves de cardamome et de girofle, assez pour que la soif guette derrière les rideaux de bonne femme.
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Claude Egea n'y va pas de main morte, derrière et après Sara Lazarus, sur What is this thing called Love ?, ni Marc Ducret sur Amour à vendre.
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Laissez passer la cicatrice.
15:33 Publié dans Ecrit(o)ures, Moments de Tours, Sites et lieux d'Indre-et-Loire, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie, Poésie, Jazz
mardi, 30 octobre 2007
KP1 Isoleader

They're just like tumbling blocks
Like stumbling steps a blindman takes
Like flocks of geese in the desert
And camels over in the clouds
They're just like melodies in the oven
Half-baked yet caked with mud and no one knows
How long those tumbling blocks will last
How long those stumbling men will fall
18:40 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Poésie, Anglais, Photographie
lundi, 08 octobre 2007
Incréments
François Bon signale, sur son blog, la parution imminente, dans la collection qu'il dirige au Seuil, de deux volumes, dont l'un, celui de Jérôme Mauche, semble obéir à un principe structurel dont, pour séduisant qu'il soit, j'avais énoncé les limites dans le cas d'Eric Meunié. Depuis, j'ai moi-même écrit des centaines de pages selon des principes incrémentiels, et ne cacherai donc pas mon intérêt pour ce type d'entreprise.
19:50 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, écriture, Ligérienne
dimanche, 09 septembre 2007
(Autres) vendanges
"Le poète ne redoute pas la cascade des dangereux adverbes de manière" écrit Yves Sandre dans sa préface à l'édition des Vendanges de Saint-Pol-Roux (Rougerie, 1993).
Oui, c'est la saison des vendanges.
La vigne nous fait un signe.
Un signet dans un livre, s'en soucier comme d'une guigne.
(Que dire alors des matins mordus, des soirs perdus pour les chevauchées, des midi fendus comme des jupes ?)
Un charpentier rugueux joue de la guiterne avant de s'en remettre au vent.
Les raisins pleuvront dans son sac, mais pas avant le soir.
Les raisins pleuvront dans sa hotte, sans retour.
J'ai lié ma botte avec un brin de paille.
La vigne nous fait un signe. Il pleut des sarments. Un homme rugueux à la tête noueuse de cep desséché prend la tangente avant l'arrivée des vignerons. Quelques liserons se posent dans le champ voisin, comme des alouettes perdues pour les virevoltes.
C'est la saison des vendanges.
Un archange admoneste Jeanne et lui reproche de lambiner. (Get moving, maid ! Rires intempestifs mais inévitables.)
Saison des vendanges.
Que dire du vin qui coule à flots, dans le ressac des alouettes, dans le havresac des liserons, quand joue la sacqueboute des vignerons ?
Des vendanges.
À Sully-sur-Loire, l'issue s'inverse et le but vire au début (acte III de Fronton du Duc).
Vendanges.
J'ai lié ma botte avec un brin d'osier.
Vent
Où irons-nous courir, si même les liserons migrent et s'envolent pour l'Afrique ?
danger.
15:15 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Littérature, écriture
Matin mordu
Avec le couteau acheté au Portugal je pèle et découpe des poires, et je repense à la semaine passée jadis au Portugal, avec la Supercinq. Comme la compote d'hier était plutôt réussie, quoique trop sucrée, j'en prépare une autre, métissée de Williams et de Guyot. Au couteau, les Guyot sont plus moelleuses, de chair plus pâle, nettement plus juteuses ; plus grosses, les Williams ont la chair plus ferme, imperceptiblement moins blanche sous la lame. (Un couple d'oisillons / Un couple d'oisillons / Un couple d'oisillons) C'est à Castelo Branco que les souvenirs toujours me ramènent, dans l'odeur des poires.
Je les aime toutes, dans leur variété : passe crassane, "Conférence", Doyenné du Comice, packhams, etc. J'aime tous les murs blancs du Portugal.
(Un couple d'oisillons)
10:22 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, écriture
mardi, 13 mars 2007
Retour sur remaniements (tourne manivelle)
Mardi, dix heures.
Juste là, je pourrais revenir sur chacune des variantes entre la première version (first bad draft, in Nuruddin’s words) et le texte remanié qu’on va dire définitif (mais toujours décevant, frustrant). Il y en a beaucoup, et chacune avec ses raisons. Je veux seulement noter ici – pour aide-mémoire, comme on consigne, sur une feuille volante, un rendez-vous déjà passé chez le dentiste – que j’ai remis l’asyndète fautive et tout à fait involontaire de la toute première version, que j'avais corrigée avant première publication :
N’avait-il pas choisi le lectorat à Cambridge comme d’autres, il n’y a pas si longtemps, choisissaient de s’embarquer sur un baleinier ou la légion étrangère ?
Pour involontaire qu’elle soit, elle me plaît beaucoup, et, comme il n’y a pas grand-chose qui me plaise dans tout ce texte, allons-y gaiement.
Sinon, F.B. avait justement remarqué l’écho entre la situation narrée/décrite et les années de lecteur de Beckett à Paris. Cela, c’était à peu près conscient quand j’ai écrit le texte, et d’ailleurs, si j’ai choisi de préciser la variété de bière (Murphy’s), ce n’est pas seulement que j’en buvais beaucoup cette année-là (le choix était moindre à Cambridge qu’à Oxford).
Moins conscient, déjà, dans la double triangulation qui structure le texte – ou, tout au moins, son invention –, le fait que la thèse de Hugo portait, si je ne m’abuse, sur Faulkner, Joyce et Proust. Peut-être aussi n’ai-je écrit ce texte (mais là, ça devient du mauvais Aragon) que pour y placer les frasques, phrase réellement prononcée par Hugo, sur le maudit punt, mais titre aussi d’un petit roman que j’écrivis cette année-là, concomitamment dirons-nous. Que ces frasques aient en retour attiré la ribambelle du premier paragraphe (puisque j’avais projeté d’écrire un roman appelé Ribambelles l’année d’avant à Paris, projet resté sans suite (mais non sans suie dans les turbines)), c’est possible, mais je ne m’en avise que maintenant.
De là, je pourrais enchaîner sur cette heure de solitude à visiter St John’s, à Cambridge, pendant que Jean-Pascal donnait un cours peut-être bien, et à prendre des photographies (en noir et blanc ? je ne suis plus si sûr), véritable et durable moment épiphanique, ou sur la salle informatique sans fenêtres et surchauffée, à Oxford, où j’avais écrit Frasques et aussi de nombreux poèmes en anglais jamais sauvegardés et dont la version imprimée s’est perdue, je crois.
Pendant ce temps-là, Frédéric Monino et ses cinq comparses (Stefano Di Battista et Thomas de Pourquery surtout) s’échinent superbement sur Caravan. Au début de Moya, composition que je ne connaissais pas de Laurent Cugny, c’est le tromboniste Francesco Castellani qui donne à rêver. Je dors si peu et si mal, cauchemars, angoisses. Et maintenant que l’électricien est passé relever le compteur, aller au turbin.
17:00 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Jazz, écriture
Onze ans après, remanié
Je l’ai rencontré plusieurs fois, quand j’allais passer quatre ou cinq jours d’affilée à Cambridge, chez cet ami que je perds aussi de vue maintenant. Jean-Pascal m’avait présenté la ribambelle de ses amis, et parmi eux Hugo.
Hugo s’appelait en fait Hugues, mais il régnait, autour de son vrai prénom, un parfum d’interdit. You go first, right ? Lui, contrairement à nous autres, était lecteur pour une durée de cinq ans, et finissait sa thèse. Il était donc sensiblement plus âgé que nous, et avait plus ou moins claqué la porte au nez des siens, Parisiens. N’avait-il pas choisi le lectorat à Cambridge comme d’autres, il n’y a pas si longtemps, choisissaient de s’embarquer sur un baleinier ou la légion étrangère ? That’s one goal now.
Étonnamment séduisant, et – à sa façon – raffiné, Hugo n’était en rien poseur. Un jour, nous discutions, tous les trois, avec Jean-Pascal, à la table crasseuse d’un bar de college, et Hugo, de façon tout à fait caractéristique, s’était assis en dehors du cercle formé au départ par la table et les trois chaises. Comme ça, non ? Tout aussi caractéristique, sa façon de nous encourager à reprendre une pinte, à ses frais, une Murphy’s, je dirais, tout en laissant quasi imbue la sienne. Il se contentait d’y tremper les lèvres, et discutait avec feu, riait, fronçait les sourcils, parfois les trois à la fois, puis, de son profil acéré, nous lançait des phrases ambiguës, tout en oubliant consciencieusement de boire. C’est une violence. Puis, entre deux paroles enflammées, deux rires, deux froncements, il se levait, comme nous partions, et vidait en deux fois une bonne part de la pinte jusque là délaissée. Let’s go lads, et le jus noir abandonné.
Il me semble qu’une autre fois, au début d’une soirée qui fut la plus arrosée de mon existence – avec les conséquences que l’on imagine –, je le vis jouer, avec une élégance rare, au baby-foot. Trois à rien quand même (l’accent sur à et quand, je pense). J’ignorais que l’on pût s’adonner à ce jeu, et même s’y donner, d’une façon qui fleure autant le gentleman. Hugo était autant fait pour les envols de l’imagination que pour l’atmosphère feutrée des clubs les plus select. Tu es sûr que ça va, Guillaume ?
Il y eut aussi, peut-être la dernière fois que nous nous vîmes, son détachement dans ce punt infâme que nous avions loué à six et dont seul il se débrouillait, piroguier expert de ces bords presque gallois. Il faisait beau et frais, sur la Cam. Je m’énervais après tout le monde. Mais après lui, impossible.
Ma mémoire persiste à me tendre de curieuses perches et à évoquer une possible rencontre, l’année suivante, ou même celle d’après, à Paris (pour sa soutenance de thèse ?). Pourtant, aucune image, aucun son précis ne me vient de cet épis od e pourtant ultérieur, s’il a bien eu lieu. Hugo, à Paris, cela ne se pouvait. Ce devait être Hugues : ce fantôme imposteur n’aura pas laissé de traces dans ma mémoire vive.
Je vois ça d’ici, toi avec tes frasques.
09:00 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Ligérienne, écriture
lundi, 12 mars 2007
Onze ans après
Je l’ai rencontré plusieurs fois, quand j’allais passer quatre ou cinq jours d’affilée à Cambridge, chez cet ami que je perds aussi de vue maintenant. Jean-Pascal m’avait présenté la ribambelle de ses amis, et parmi eux Hugo.
Combien de fois suis-je allé à Cambridge ? On dira trois. À chaque séjour peut-être je voyais Hugo trois ou quatre fois. Et que m’importent ces chiffres ? Je ne sais.
Hugo s’appelait en fait Hugues, mais il semblait régner, autour de son vrai prénom, un parfum d’interdit. Lui, contrairement à nous autres, était lecteur pour une durée de cinq ans, et finissait sa thèse. Il était donc sensiblement plus âgé que nous, et avait plus ou moins claqué la porte au nez des siens, Parisiens. N’avait-il pas choisi le lectorat à Cambridge comme d’autres, il n’y a pas si longtemps, choisissaient de s’embarquer sur un baleinier ou partent pour la légion étrangère ? Si je raconte tout ça, c’est que sa vie paraissait nimbée de tant de demi-secrets, mais sans afféterie.
Étonnamment séduisant, Hugo n’était pas poseur. Ses excentricités verbales et sociales étaient d’une totale sincérité. Un jour, nous discutions, tous les trois, avec Jean-Pascal, à la table crasseuse d’un bar de college, et Hugo, de façon tout à fait caractéristique, s’était assis en dehors du cercle formé, au départ, par la table et les trois chaises. Tout aussi caractéristique, sa façon de nous encourager à reprendre une pinte, à ses frais, une Murphy’s, je dirais, tout en laissant quasi imbue la sienne. Il se contentait d’y tremper les lèvres, discutait avec feu, riait, fronçait les sourcils, parfois les trois à la fois, et, de son profil acéré jamais détendu, nous lançait des phrases si ambiguës qu’elles prenaient valeur de sentences, tout en oubliant consciencieusement de boire. Puis, entre deux paroles enflammées (« C’est une violence » ou « on te verra avec tes frasques »), deux rires, deux froncements, il se levait, comme nous partions, et vidait en deux fois une bonne part de la pinte jusque là délaissée.
Il me semble qu’une autre fois, au début d’une soirée qui fut la plus arrosée de mon existence – avec les conséquences que l’on imagine –, je le vis jouer, avec une élégance rare, au baby-foot. J’ignorais que l’on pût s’adonner à ce jeu, et même s’y donner, d’une façon qui fleure autant le gentleman. Hugo était autant fait pour les envols subits et violents d’imaginations fébriles que pour l’atmosphère feutrée des clubs les plus select.
Il y eut aussi, peut-être la dernière fois que nous nous vîmes, son détachement somptueux dans ce punt infâme que nous avions loué à six et dont seul il se démenait, en rameur expert, piroguier de ces bords presque gallois. Il faisait beau et frais, sur la Cam. Je m’énervais après tout le monde. Mais après lui, impossible.
Ma mémoire persiste à me tendre de curieuses perches et à évoquer une possible rencontre, l’année suivante, ou même celle d’après, à Paris (pour sa soutenance de thèse ?). Pourtant, aucune image, aucun son précis ne me vient de cet épisode pourtant ultérieur, s’il a bien eu lieu. Hugo, à Paris, cela ne se pouvait. Si ça se trouve, c’était Hugues, et ce fantôme imposteur n’aura pas laissé de traces dans ma mémoire vive.
20:00 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Résidence avec Laloux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, écriture
samedi, 03 mars 2007
Frasques de fresque
Je ne sais plus à quand remonte le brouillon de billet ci-après, car il est en carafe depuis des semaines. Un mois et demi, peut-être ? Je comptais donner, à ce quatrain, quelques frères, mais il est préférable de poser d'ores et déjà les jalons. De plus, c'est l'occasion rêvée d'annoncer (avec une semaine de retard) la parution d'un ouvrage en collaboration avec Tinou, qui a très bien fait le service de presse sur son blog ! Merci à elle d'avoir accordé sa confiance à mes mirlitoneries.
Vous souriez, mais ce n'est rien.
Vos lèvres déjà vous échappent ;
Le sourcil baissé patricien
Ploie sur la peau comme une chape.
06:05 Publié dans BoozArtz, Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles, Words Words Words, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Poésie
jeudi, 08 février 2007
sous les rires les sourires
Laon, 1997
tu es debout tu as froid les mains croisées gants panthère manteau rouge mais sans musique manteau rouge unique et unique dans le manteau rouge sur fond de brouillard ce brouillard picard tu es debout te tiens debout sur le trottoir devant cette porte fortifiée médiévale noyée dans le brouillard et seule aussi Laon ce jour-là noyé dans le froid noyé dans la brume était superbe Laon était superbe et dans la brume nous écumions l’Aisne nous écumions Laon tu souris tu souris à l’objectif ou au photographe ou derrière moi au brouillard tu souris rêveuse au brouillard
Guignecourt, 1998
c’est l’été finissant ou l’automne commençant ai-je jamais su c’est l’été finissant et devant la muraille d’enceinte de l’église de Guignecourt en plan américain te voilà légèrement décentrée légèrement excentrée sur le côté de face souriant souriante te voilà encore face à moi et légèrement excentrée sur la gauche je ne revois pas du tout les vêtements que tu as sur cette photo sur cette photo de côté tu laisses voir la mosaïque émouvante des pierres blanches rouges grises briquettes et encore briquettes à Guignecourt ce jour-là grand soleil c’était l’été finissant
Saint-Pierre du Mont, 1994
nos ombres bien sûr nos ombres s’allongeant par-dessus les parterres les plates bandes du jardin de mes grands-parents nos ombres lointaines fuyantes rien d’évident nos ombres touchant presque le grillage cette photo en noir et blanc m’est revenue tout de suite en repensant à cette série de photos en noir et blanc ce devait être à Noël il faisait doux j’étais près du figuier et j’appuyais sur le déclencheur de mon Minolta cette année-là je faisais le malin à acheter des pellicules en noir et blanc Ilford 400 et j’avais pris plein de photos ce jour-là je faisais le malin et ce doit être ou pas loin ce doit être la première ou pas loin ce doit être la première photo d’ombres ou pas loin ma première photo d’ombres fuyantes ou pas loin
Va savoir où, 2006
pas de gros plan disais-tu et au moment où tu disais pas de gros plan je t’ai attrapée en gros plan en très gros plan on voit ta peau ses aspérités ton nez ses vagues seulement le dessous de tes yeux leurs arpèges
Sousse, 2000
tu te prends un joli fou rire dans le clair-obscur de la nuit d’été tu es immobile immobilisée c’est la veille du mariage tu te prends un sacré fou rire avec tes pieds tes mains peinturlurées ici tatouées au henné c’est sur la terrasse le toit de la maison jamais finie on mangeait à côté du mouton à une table basse entre les étendoirs tu te piques un rien de fou rire assise jambes tendues dans ton pantacourt mains tendues tatouées au henné et à côté de toi la grand-tante de notre ami rigole aussi complice elle te glisse un sourire en coin joue avec ton fou rire et sous les vêtements déjà secs étendus tu ne souris pas ce n’est pas un sourire tu te prends un joli fou rire
Vianden, 1998
nous deux et le roc la montagne nous deux et les monts au fond nous deux si proches souriant complices d’un air à moitié inquiet comme toujours ces touristes comme tous les touristes qu’un autre touriste inconnu propose de prendre en photo pour que l’album ne soit pas une succession de portraits où manque toujours quelqu’un et dans l’album nous deux et le roc nous deux cet été-là souriions de cet air-là toi en chemisier blanc et jeans bleu moi en chemise blanche et jeans bleu deux toiles blanches dans l’album
19:50 Publié dans Ecrit(o)ures, Résidence avec Laloux, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, écriture
mardi, 23 janvier 2007
Lorsque Flore / sort / de l'or du bal
Jeudi à peine croisé la Kangoo de mes parents, qui arrivaient dans notre rue alors que je filais à la fac – soir, pluie, grisaille, voitures et vrac partout sur Tours – sur le pont Mirabeau chanter la vitre ouverte encore et encore Lorsque Flore avec la scie musicale et les tintinnabulements d’origine – peut-être même à tue-tête une fois la cassette arrêtée Ce sont les noms des mots maintenant assis sur une marche de l’escalier Thélème – écrivant sur au dos d’une simple carte postale – j’attends le début de la conférence d’ouverture
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J’avais envie de saluer ma mère avant de filer en ville
sans doute à cause du rêve affreux de la nuit dernière.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Mardi donc ce matin, oui à peine au bas de la rue du Nouveau Calvaire cette chanson se lance, s’étend dans l’habitacle, commence – froid hivernal après tant de semaines de douceur, flot discontinu des cars et des bus – sur le pont Wilson me rappeler les milliers de souvenirs liés à cette chanson, depuis onze ans déjà Ce sont les sons des noms maintenant de retour chez moi pianotant – écrivant dans ces carnets toujours compulsivement – je songe à la rubrique Autres gammes, qui pourrait accueillir les fragments souvent rêvés d’une autobiographie aux ritournelles.
12:12 Publié dans Autres gammes, Ecrit(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Chanson française, écriture
samedi, 30 décembre 2006
Time’s Mirror / Train shuffle
Les remous du drap blanc qui va servir de nappe – lors d’un pique-nique pré-électoral – envahissent l’écran sans que l’on sache, le temps d’une ou deux pulsations, si l’action va désormais se transporter sur un navire, dans le ciel des anges, dans une fabrique d’édredons. Ce drap blanc qui frétille, tangue au gré des gestes gracieux de deux figurantes, représente aussi ces fausses mers de théâtre, comme, par exemple, dans la première scène de La Tempête, a lieu le naufrage. Mais aussi, comme tout cela ne dure qu’une poignée de secondes (nous n’aurions pas même le temps de passer sous le drap, la nappe, par jeu), cette image si brève – dans un film qui sait, par ailleurs, prendre le temps des descriptions, des cadrages savants, des démonstrations subtiles – est le miroir du temps, dans l’éclatement des cuivres qui fait suite à la lente et douce mélopée. La tempête après le calme, avec ces ondulations de la nappe, annonce aussi le bringuebalement du train d’enfer, entre deux ères, entre deux lignes, entre deux fenêtres, entre deux arcs-en-ciel. Duvet de plumes d’eider s’échappant d’un trombone folâtre.
10:15 Publié dans Ecrit(o)ures, Jazeur méridional, Tographe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Jazz, Cinéma, Littérature, écriture
dimanche, 24 décembre 2006
Esperluette au frigidaire
Ce n'est rien, pensa-t-il. Puis décampa, prit la poudre, se tira avec l'héroïne, et alors macache les adieux ! Sans même pousser de simiesques hurlements, sans se demander même s'il avait vu juste, il prit le taureau par les cornes, et même si c'est un jour orange je m'en tape, je me barre. Prit aussi la poudreuse, le mauvais virage avant l'avalanche. Mourir dans le feu d'un sati comme une épouse hindoue, tard venue, sur le bûcher presque lancée, ou droguée peut-être, une autre forme encore d'héroïsme béat. Chacun sa sainteté, pensa-t-il en plantant le bout du bâton dans la neige décidément trop lourdement damée. Dépassé par les fuseaux horaires, comme si jamais avant il n'avait skié dans les montagnes rocheuses (ce bonnet, pensa-t-il, me rend beau), il s'interrogea : peut-on attraper froid par les jambes ? Par les sentiments plus sûrement, mais c'était encore une autre affaire, paire de manches ou poisson à frire, enfin c'était autre chose, et les pleins et les déliés n'auraient pas ce crime sur la conscience. Il se demande bien, tout de même, où et comment tout cela va finir. Dans tout mauvais film, il y aurait une trace de sang atroce sur le mur, et atroce de réalisme bien sûr (fausse). Dans tout mauvais film, aussi, je me réveillerais en sueur. On n'en est pas très loin, pensa-t-il. Ronge tes barreaux avec tes dents, la dinde - de son gloussement macabre - t'attend. Les passants verront son ombre difforme s'allonger sur le macadam. Du raisiné, encore un verre !
01:00 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, écriture, Littérature
mardi, 19 décembre 2006
Le borgne lorgne

Sans doute ai-je déjà publié cette photographie, mais, comme elle reflète étonnamment mon état d'esprit actuel, je ne prends pas la peine de vérifier et la refourgue sans vergogne. Après quatre jours de jachère, ce carnétoile se renouvelle un petit peu. (À peine si j'ai remarqué que la note précédente, si brève et anecdotique fût-elle, était la 1400ème en dix-huit mois de hauts et de bas.) En ce moment, plus que jamais la tête dans les bouquins et la main à la plume, je délaisse ces pages, il est vrai. Il est douteux, toutefois, que je devienne moins rare après le 23, car je n'aurai plus d'accès haut débit durant une dizaine de jours.
C'est la vieille rengaine de Noël, les affreux rougeauds en plastique à toutes les fenêtres, la main droite glacée, et la gauche moins froide. On s'effarouche toujours d'un rien, car les cheveux font des fourches. Tant pis pour les sentiers de montagne.
En écoute : "Stella by Starlight" (Jean-Pichel Pilc. Welcome Home).
15:55 Publié dans Ecrit(o)ures, Moments de Tours, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 13 décembre 2006
Vitraux de Truyes, 4

Deux notes par jour, depuis lundi. Saint Rémi, priez pour nous !
Deux billets par jour, depuis lundi. Le dollar et le dinar, face à l'euro, se déprécient.
Une image par jour, depuis lundi. Chaque texte contient une multitude de bons points et chaque image repique celle de la veille.
(Dans Apex Hides the Hurt de Colson Whitehead, n'était-il pas question, dans une phrase brève comme un coup de canif, de la vieillesse comme d'un desséchement ? Cliché. Ou était-ce dans le volumineux roman fini juste avant ? Quoiqu'il en soit, faire un roman cratylien quand on s'appelle Whitehead et qu'on est noir...)
Un jour par image, dans la rétine du temps.
Deux billets par jour, depuis lundi. Jingle coins, jingle all the way.
Deux notes par jour, depuis lundi. Encore un carreau de cassé, Gustave Doré n'était pas vitrier.
14:22 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Poésie, Littérature
mardi, 21 novembre 2006
Borée souffle d'autres borborygmes
Pas moribond ! Non ! D'un bond, Melchior (en plein dans la fleur de l'âge) pointe du doigt vers les premiers borborygmes. Un bonobo lui coupe la parole (enclin au vagabondage). Non ! Pas moribond !
Un dieu presque vieux
Une peau de pomme
Etc.
Avec le mythe des rois mages, on pleure un bon coup. Les marges sont reines, c'est sûr, that's what Marge said (but The Handmaid's Tale is not selling too well, quoth her publisher). En tout cas, ça y va, ça y va dans les borborygmes !
(Je crève la dalle, oui !)
Prochain & lointain virage : le moment choisi par Borée pour se lancer à l'assaut des zéphyrs. Il neige sur les Alpes. C'est tout ce qu'ils trouvent à dire ??? (Bah, cherchez pas à comprendre...)
14:45 Publié dans Comme dirait le duc d'Elbeuf, Ecrit(o)ures, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, écriture
mardi, 03 octobre 2006
Vertes fenêtres...
Vertes fenêtres désuètes,
Quand le soleil brûle, attiseur,
Vous offrez vos grâces --- muettes
Que surprend un climatiseur.
23:25 Publié dans BoozArtz, Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie
Tout ce que je vois...
Quatrain barcelonais.
Tout ce que je vois, sous les cubes,
C'est, la casquette bien vissée,
Lisant son journal à pleins tubes,
Un cannier aux carres plissées.
19:25 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie
De la guérite...
Nouveau quatrain barcelonais.
De la guérite que surplombe
À force de planches la toile,
On guetterait pendant des plombes
Au loin, médusée, une voile.
17:25 Publié dans Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie
jeudi, 28 septembre 2006
À plat, tope là...
07:08 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
lundi, 18 septembre 2006
Quelques quatrains barcelonais...
... sur des images de Tinou ...
Rongé par la folie qui songe
À la façade tel Argus,
L'esprit se débride la longe
En Barcelone aux vifs aigus.
****
Ne se croirait-on au théâtre
Où irait arlequinement
Se découvrir, le teint albâtre,
Un Don Quichotte de roman ?
***
Aubergiste, approche la lampe
Que je puisse m'émerveiller,
Sous les barreaux de cette rampe,
Du bleu globuleux écaillé.
**
Gaudi reconnaissable entre mille
Comme l'illustre Gaudissart
De Honoré et non d'Emile
(Où manque une rime en -issart...)
*
Qu'aux panneaux vides alignés
Comme la grille d'un poème
L'horizon vous ait assignés,
Vous, mes yeux, voilà ce que j'aime.
... un jour, j'irai à Barcelone. (Partie remise depuis 2000.)
12:03 Publié dans Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine, Words Words Words, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Poésie
mercredi, 30 août 2006
F fémur
Je fige l'éphémère. Et alors ? Si l'éphémère ne veut pas de moi ? Que faire ?
Un poème de Norge ? Un roman paysan, Anna et Léonce ? Pas même une romance ?
Questions sans réponse. Sous mes doigts, le i se dérobe. Saloperie de clavier, ou mutilation du miroir ?
Moulage de statue menhir. Le Grand Pressigny, 21 juin 2006.
11:40 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 25 janvier 2006
Seuls pharaons
Antonio n’aime pas beaucoup Zool. Que cherche-t-il, par ici, du bout des doigts ? Zool le fureteur, grillon du foyer et folle du logis. Antonio lit tout ce que l’on écrit sur eux : l’un qui s’entoure de musiciens aussi reluisants que lui (c’est tout dire) pour mieux creuser la solitude de ses harmonies intimes, et l’autre qui se place seul face au piano pour mieux peupler le silence de figurines, de compagnons de débauche ; l’un qui, latin, distille les chaleurs, tandis que l’autre, saxon, propose ses carnavals glacés. Des foutaises ! un foutoir de notes ! remballe !
Zool aime bien Antonio. Peut-être serait-il plus juste de dire qu’il aime bien quand il croise le regard agacé d’Antonio. « Tiens, il a l’air énervé » semble-t-il dire, d’un regard innocent et plein d’incompréhension naïve. Zool est un musicien de verdure, et Antonio hume, à pleins poumons, l’air de la nuit profonde.
Je prête l’oreille à Zool ; la toile blanche qu’il tend aux trous du vent, pectinée à peine de douces mouchetures, je l’entends claquer, flotter, blanchir les ombres. Il va sinuant si près du sol que sa musique envoûterait les cimes.
Tandis que je pianote, je prends garde de ne pas éveiller de vieux démons, de ne pas cogner trop vivement, je veux que les touches se suivent de façon harmonieuse, comme si je jouais la partition prodigieusement délicate de Zool. Comme si je jouais, dans mon coin, avec Ira et Jeff, je veux que les armes reposent en paix, sans colère, je galère laborieusement pour mentir en mots, tandis que je pianote.
Je prête l’oreille à Antonio, farouche, bondissant, coloriste et sang de feu. Vous, Zool et Antonio, l’alpha et l’oméga, les deux frères que je n’eus pas, je tends les bras vers vous, dompte le lion mélancolique, tire gentiment l’oiseau de sa noirceur pantomime, et je les présente l’un à l’autre.
Qu’ils s’aiment vraiment, profondément, effrontément… qu’ils s’aiment ou non, ce sont mes seuls pharaons.
07:00 Publié dans Ecrit(o)ures, Jazeur méridional | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
lundi, 23 janvier 2006
Vendredi 13, laisse en pas
Le chien traîne avec lui sa laisse, mais il a dû remiser son maître quelque part dans les recoins sombres du parc du Musée des Beaux-Arts. Un homme d’une quarantaine d’années le regarde passer, d’un air amusé. Cet homme, que je guette depuis une heure et demie, et que j’ai filé jusqu’à ce point de rencontre habituel, semble épier, de son côté, une jeune femme, peut-être une étudiante déjà bardée de diplômes. Le quadragénaire allume une cigarette en observant le chien d’un air maintenant goguenard. Puis il prend quelques notes dans un carnet tout en scrutant les moindres détails du visage et de l’accoutrement de la jeune femme. Je la regarde à mon tour.
Deux policiers à cheval, un homme et une femme, passent, demandent à un vieux de déplacer son véhicule, qui mord largement sur une place réservée aux invalides. L’un des chevaux, beau et bai, esquisse un hennissement que la cavalière a tôt fait d’adoucir, d’une tape douce mais stricte. Le vieux dégage. Les flics se taillent. Ma proie, la jeune femme et moi poursuivons notre manège. L’absent tarde à venir, pour forclore le quadrille.
Le chien délaissé frôle la pierre de la cathédrale avant de filer vers la rue Colbert.
Dans une semaine, au Salon d’Information des Lycéens, tu verras Jean Germain, l’actuel maire de Tours, se retourner au moment de frôler le stand que tu occupes, et lancer, goguenard, à un homme qu’il vient de saluer : « C’est sûr, on ne sait plus quoi faire à l’UDF, maintenant… ».

20:50 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Vendredi 13, morsure de l’aube
Distillant quelques attentats sonores, au moyen d’une corne de morse… Connaissez-vous la corne de morse, cet instrument lapon taillé et façonné dans une défense de morse, qui produit un son suraigu et porte (erronément) le nom de corne (morse-horn en anglais) ?
Devant la cathédrale, avec Attila, le glabre de mes joues à tout jamais dévasté, j’essayai quelques notes maladroites sur cet instrument curieux, maintenant fabriqué en bois, mais de manière à imiter le son originel de la défense. J’attaque les premières mesures de Round ‘Bout Midnight, mais je m’attire les foudres de la police montée.
J’attends en vain Abbey Lincoln, qui m’a posé un lapin.

06:20 Publié dans Ecrit(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 22 janvier 2006
Vendredi 13, un attentat facial
Suite de 4.

J’attendais. Ma face s’est muée progressivement en bouillie de carton, en phrases livresques – et je ne savais plus à quel saint me vouer.
Saint Attila, protégez-moi, mes cheveux ne repoussent pas.
Voyez cette figurine qui m’empoisse les yeux, ces caractères rouges qui m’empâtent la langue. À quel saint me vouer, dans quel antre devenir ermite, dans quelle gangue attendre ma métamorphose ?
À la crise de vers succéda l’image, douce et cruelle, de la chrysalide.
11:25 Publié dans Autoportraiture, Ecrit(o)ures, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
samedi, 21 janvier 2006
Au creux de la combe
Jeudi 19 janvier.
Comme
cramée, la mémoire :
La mer enrubannée
s’éloigne
et se dérobe
au fond des catacombes
Est-ce brume
brisants, lame
et vaisseaux fantômes
rugissants gisant mort
Dans la mer
vieilles larmes fourbies
Vieux montagnard fourbu
étonné
11:55 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
mardi, 17 janvier 2006
Ready steady
16 janvier 2006.
Peu adepte du jeu de go,
Mais souffrant d’un fort lumbago,
Je veux jouer pour m’en distraire.
À Trinité-et-Tobago,
D’où tu m’envoies un plumbago,
Les échecs sont notre calvaire.
Certes, c’est un peu démago,
Dans les tripots de Chicago,
Jouer comme un fou au poker…
Face à un terrible Iago
Et une infâme virago,
Vite fait, je clame un joker !
De peur d’avoir l’impetigo,
Je ne touche pas au frigo
De ces sinistres dromadaires,
Et je rêve d’un Turbigo
Tout en regardant Vertigo
(Ah, la scène du lampadaire…)
Voici le docteur Zhivago
Qui me réclame tout de go
La main – de façon bien vulgaire ;
Tandis que d’un veau marengo
Comme en un film de Jean Vigo,
Je me sustente. Comme à la guerre… !
A cet instant, rêvant, ergo
Délirant, je vois le logo
De la fac : un fort ventru R.
Il n’y aura pas d’embargo
Sur mes vers, ni, Victor Hugo,
De concurrence belluaire.
P.S. : demain, à la même heure, quelques mots sur l'écriture de ce poème...
17:25 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
Vendredi 13, le frisson
Episodes précédents : 1 ; 2 ; 3.
Une chanson de Tom Waits dans la tête, un livre d’Attila Joszef à la main, dans la froidure des pierres, heureux, admiratif des statues, des frises, des petites sculptures si fines qui émaillent les différentes voussures, il attendit, attentif au temps qui passe, aux chevaux de la police montée, à l’Electrobus, aux jeunes et moins jeunes femmes, aux toilettes, à cette collègue de travail qui n’était pas Cendrine Nirdre, aux flammèches des torches, et à l’occasion
qui fait le luron.
14:40 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
samedi, 14 janvier 2006
Hymne

Les grandes orgues résonnent au cœur de la morgue. Près du calvaire, sans paupières, un homme mort dort les yeux ouverts. Où est passée mon écharpe ? La fureur des cris redouble, et l’angoisse qui me saisit les cils connaît des soirs moroses.
Rome ne s’est pas bâtie en un jour. La peau parcheminée, le vieillard s’en va, car les coups de sang ne sont plus de son âge ; la jeune femme lui aura tapé sur les nerfs, avec sa vénération.
Oh ! comme on respire mal dans vos cicatrices !

15:55 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Vendredi 13, à tant la statue
Je croyais rencontrer quelqu’un que je n’avais jamais rencontré. Cendrine Nirdre, qui avait publié deux romans sous un pseudonyme (on comprend pourquoi, car son nom n’est guère facile à prononcer, voici au moins l’une des commodités de l’écrit), venait à Tours pour visiter l’exposition Lorenzo Veneziano avec quatre autres écrivains et une attachée de presse. Comme nous correspondions depuis quelque temps déjà, elle m’avait prévenu de sa venue. « J’aurai une heure de liberté, et vous serez mon escapade », m’avait-elle écrit de son écriture déliée et grave.
Je l’attendais devant la cathédrale. Aucune photographie n’existait, dans nul magazine, de cette mystérieuse plumitive. Son masque rehaussé d’un grand florilège de mèches noires, je ne pouvais l’imaginer. J’attendais donc, curieux comme impatient de connaître enfin le visage de la dame de lettres.
Cendrine Nirdre, me répétai-je trois fois, comme une formule magique, quand je vis que l’heure tournait. C’est alors que je vis arriver, par enchantement, une collègue, éminent professeur de littérature britannique dans mon université. Manteau gris et chapeau bleu roi, d’une élégance bourgeoise jamais démentie, elle eut un sourire étonné en me voyant.
« – Mais que fait donc notre jeune collègue ici, dans le froid ?
– Ah, j’attends quelqu’un… qui tarde à venir, d’ailleurs.
– Profitant de ma venue à Tours pour surveiller les examens, je suis allée faire un tour à l’exposition Veneziano. C’est très intéressant.
– Oui, c’est bien. Un peu bref, vite vu, mais j’aime beaucoup les toiles du maître de Lorenzo.
– Paolo, c’est ça ?
– Oui… Bon, ce n’est pas Paolo Uccello ni Lorenzo Lotto. Mais certains visages sont magnifiques.
– Nous aimons bien les prénoms, vous et moi, n’est-ce pas…
– Oui, vous les chérissez plus que moi encore.
– Bien ; je dois y aller. J’ai encore une surveillance cet après-midi. »
Cendrine Nirdre, à vrai dire, n’est pas venue. J’ai hanté les rues du vieux Tours, les galeries, les librairies. Je n’ai pas trouvé trace d’une attachée de presse, ni des écrivains qu’elle remorquait. Si quelqu’un lève le voile pour révéler le visage de l’écrivain célèbre, ce ne sera pas moi.
11:40 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Vendredi 13, la fête latente
Etait-ce un malentendu ? Elle n’était pas là, assise devant l’une des niches vides, depuis très longtemps. Deux policiers montés sur de fringants chevaux passèrent. Il y avait des fleurs, de douces fureurs dans son regard.
Elle attendait un monsieur, vieux déjà, poudré, drapé de noir, osseux et décalcifié ; un mythe vivant… un ancien maire – très controversé – de la ville. C’était pour sa thèse (ils disent tous ça, non ? c’est pour ma thèse… – avec cet air rêveur, plein de certitude et de mensonges mal dissimulés). Elle disait, à qui voulait l’entendre, qu’elle n’était pas historienne, et pourtant la méthodologie des sciences sociales ou des sciences politiques ne l’attirait pas du tout. Elle allait rencontrer ce vieux monsieur poudré, drapé de gris, ossifié dans son mythe, comme elle aurait donné rendez-vous à Jean Jaurès (saviez-vous que Jean Jaurès lit mon blog ? avait-elle lancé à la cantonnade un soir, et tous de l’admirer), et elle était – non pas émoustillée, mais plutôt joyeuse, sûre de son fait, ne voulant pas lui poser des questions comme l’eût fait un journaliste ou une étudiante.
Je suis dans le bassin de Latone, et je l’observe. Quand le vieux pontifiant arrive, elle est tout sucre, tout miel. Oui, c’est moi, Johanna. Un petit sourire pincé se dessine sur le visage parcheminé. Un rai de soleil s’échappe des cheveux de la jeune femme.
Ce n’est rien, lui dis-je. Tout vient à point à qui sait entendre.
09:40 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
jeudi, 12 janvier 2006
À corps écrit
Il y a, ces derniers temps, une raréfaction des textes, en ce carnétoile, au profit des seules images. Heureusement, la fréquentation accrue de nouveaux lecteurs apparemment survoltés ou inspirés compense cela, car vos commentaires, à tous, enrichissent ces pages de mots, de réflexions, de remarques, de formules souvent bien trouvées, judicieuses, et qui y mettent du baume.
Je lisais hier la fin du chapitre « Alphabet » dans Biffures (Michel Leiris toujours !), et remarquais comment mon rapport aux mots est à la fois très proche et totalement distinct de celui du grand maître. Serais-je maniaque sans la rédemption du mysticisme ?
L’influence de mes lectures entrefiliennes * sur mes pensées et mes raisonnements commence à devenir inquiétante, et je me dis qu’il faudrait que je restreigne le temps quotidien consacré à ces carnets : en effet, tel passage me semblait mériter d’être cité ici dans telle perspective – tel autre, relatif au triangle, instrument de musique dont il est rarement question en littérature, me rappelait une note publiée par Simon à ce même propos naguère.
Pour ce qui est du temps englouti par mes arachnéens titubements sur la grande toile électronique, cela est, depuis une semaine, plutôt préoccupant. (Ecrivant ces mots, je suis plus encore absorbé.) Je dois constituer – je pense – une sorte d’emploi du temps de mes tâches, me tenir à l’une, rébarbative et comptable, que je diffère depuis trop longtemps, avant de reprendre plus avant et plus massivement l’écriture ici – puis partager harmonieusement mon temps entre mes activités professionnelles, au ralenti ce semestre, mon grand projet à achever avant l’été (la traduction du dernier roman de Nuruddin Farah (le contrat est signé)), et ces carnets. Pour la traduction, j’établirai un emploi du temps qui commencera au lundi 23 janvier. D’ici là, je dois encore rencontrer moult étudiants pour divers problèmes, régler des questions d’emploi du temps (l’enfer recommence), assurer une permanence au Salon d’Information des Lycéens de Rochepinard le vendredi 20, etc.
Autant dire qu’il vous faudra, quelque temps, vous contenter surtout de photographies, notamment les chenonciennes, dont je n’ai pas fait le tour.
* néologisme stupide pour ne pas dire « sur Internet ».
18:00 Publié dans Ecrit(o)ures, Lect(o)ures, Moments de Tours, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
mercredi, 11 janvier 2006
Note n° 1000 : Une blanche pierre de Philippe S.
Au visage carnétoilé qui n'en finit pas de se mirer va s'ajouter la voix merveilleuse, voidulée en gestation (voidulable me semble encore moins joli).
21:20 Publié dans Célébrations improbables, Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 08 janvier 2006
Bagatelles griffonnées...
... qui vont nous changer, par leur platitude, des vivacités de ces jours derniers. (Encore que ces bribes furent griffonnées, hier, au dos de bulletins de vote du syndicat SUD Etudiants...)
Rien n'embaume une maison comme une casserole de compote qui cuit. (Rien n'empuantit comme la cuisson du chou-fleur ou des autres choux. Mais c'est une autre histoire.)
Baudelaire, poète, avant tout, des senteurs.
***********
Les Grecs, effrayés par la vipère ammodyte,
Eussent craint plus encore une Hera maudite.
***********
Dictame, nonchaloir, frimas. Mots-clefs des Fleurs du mal ?
***********
Je veux, d'ici quelques journées,
Comme l'eau frémit sur le gaz,
Un travail longtemps ajourné :
Chroniquer les disques de jazz
[suite manquante]
***********
Lost in La Mancha : une malédiction ?
16:50 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 07 janvier 2006
Halcomanie, 4

01:45 Publié dans Autoportraiture, Ecrit(o)ures, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 06 janvier 2006
Cet inquisitoire
J'écris paraît-il des textes noirs Des textes désespérés Ou sont-ils désespérants On me le dit souvent On me le dit On me l'écrit Je ne veux pas l'entendre paraît-il, ou c'est ce que je me dis Pourtant quand j'écris je me sens léger aérien pirouettant dans mes lourdeurs me dégageant De quoi ?
Oui ou non réponds
Mes textes les plus Les plus quoi Créatifs Poétiques Quoi Aucun mot aucun adjectif ne convient C'est ma dernière nuit à New York City J'écris paraît-il des textes désespérés Je suis peut-être, par certains mots, à certains moments, lugubre, atroce, d'une grande noirceur Et même ce mot-là n'a pas d'envergure ou une fausse envergure une encolure trompeuse J'écris des textes tragiques Non pas du tout Des textes quoi
Oui ou non répondez
Vous n'êtes pas sûrs pas certains pas pris par le collet la main dans le sac la vipère sous la roche et le sang coulant sous la pierre Voyez ces ténèbres qui nous environnnent Mais non justement, c'est moi qui tiens la bougie ô ce n'est pas un flambeau une torche je ne peindrai rien de grandiose sur les parois Je suis le souverain d'un territoire gai pas lugubre doux pas féroce serein pas vacillant C'est ce dont tu essaies de te convaincre
Oui ou non réponds
10:20 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 02 janvier 2006
D’un visage d’Arnold Schönberg [sonnet décomposé]
31 décembre, cinq heures du soir, après un appel déchirant.
Ce visage
Couronné comme de nuages
Me fixe d’orbites lunaires
Où s’extasie communément
La folie rouge,
Ce carnage
De la peau brunie, décharnée
Par l’implacable calenture.
Le serpent des yeux
– Stries sans fin
Puits sans fond –
Berce la brume près du mur ;
Et la fumée s’envole
De la moustache du cadavre.
20:30 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Bonnes résolutions
Comme nous avons composé hier soir, dans le salon, après avoir fini de regarder In the mood for love, une liste pour que C. n’oublie rien des différents objets, cadeaux, vêtements oubliés à Hagetmau et qu’elle est allé chercher aujourd’hui, je pourrais amorcer dès ce dernier jour de 2005 une liste – même pas traditionnelle, car c’est un rituel auquel je ne sacrifie guère, d’ordinaire – de bonnes résolutions, sinon pour ma vie (qui est perdue, je crois bien), du moins pour ce carnet de toile qui navigue gentiment – même avec les journées de reflux, de maigreur ou de vacance qu’il vient de connaître – vers ses sept mois d’existence. Je pense que cette note, comme la précédente écrite, ne sera publiée que dans deux jours, une fois de retour à Tours, ce qui ne rend pas si intempestive que cela la rédaction d’une telle liste.
................
Il fau(drai)t donc que :
1) je reprenne les chroniques de disques, car c’est un exercice salutaire, difficile ; d’autre part, quand je parle de musique, j’obtiens plus de retour par les commentaires que pour n’importe laquelle de mes autres rubriques (hormis, peut-être, les fameusement infâmes autoportraits)
2) je me relance dans la réflexion amorcée l’été dernier autour de la question Qu’est-ce qu’un beau vers ?
3) j’écrive de brefs textes sur les sites ligériens qui me tiennent à cœur
4) je recense, au moins une fois par semaine, un des livres qui m’ont influencé au cours de ces (cinq à dix à quinze) dernières années, en particulier dans la perspective d’un prosélytisme africaniste dont je me suis, à ce jour, gardé
5) la série des Célébrations improbables prenne un nouveau tournant, un tant soit peu plus infernal, et où s’abolisse le sens, même calendaire
15:15 Publié dans Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
De rerum iustitia
31 décembre 2005
Narcisse tue son chien de son safran bâtard.
A peine a-t-il tenté de fuir qu’un sot fêtard,
Enivré, aux propos décousus, le taraude
Et, lui barrant le passage, désobéit
A ses cris. Tous deux luttent devant l’abbaye
Jusqu’à alerter un vieux gendarme en maraude.
Le cadavre du chien, dans la mare aux têtards,
Flotte suavement. On entend des pétards
Echappés d’un sonnet, de quelque bizarre ode,
Ou d’un poème bruitiste. « Dans mon pays,
Pense Narcisse, un œil est, comme à Pompéi,
Un miroir taciturne aux extases faraudes. »
Mutisme ! dérision ! enfer dans les ordures !
Les jardins aux parfums subtils, et aux bordures
Soignées, de ce Satan subissent la morsure.
Narcisse a dévasté les visages nombreux
Du fêtard, du gendarme,
et l’hydre des miroirs,
Où cent mille rictus déplaisants et scabreux
S’échappent de ses dents comme de cent tiroirs.
Le chien mort refleurit au milieu des mouroirs,
Loin des fiers aquilons et des veufs ténébreux.
13:30 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Ton ombre sur mon front
30 décembre.
Ton ombre sur mon front
La rondeur de la lune
Eclaire les folies d’autrefois
Aux mûrissements nombreux et nourris des saisons
La peur s’arque
boute hors du territoire
un espoir de paix dénudé
Aluni parmi les cyprès
Appréciée de la nue éparse
Ton ombre sur mon front
10:00 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Eden, dernière
C’est le dernier jour de l’année. Bruit fou de l’aspirateur, serpent de bois désarticulé qui chasse les trains miniatures. Un globe illuminé mutile les yeux de l’histoire. Aveuglé, je contemple les saisons qui passent, avec le camion-citerne en panne sur la route enneigée, verglacée. Rumeur du monde et des saisons, mousse des frimas oubliés. Que signifie la fin d’une année, hormis la pure convention, et le glacis vénérable des souvenirs amassés près de Pau, à l’aéroport ? Et le nombre 31, premier et synonyme, dernièrement, de l’âge qui s’avance, sans compter les syllabes du tanka, la forme noble et hiératique du gabay, le sonnet en son extension tertiaire, comment se fier à lui, si ce n’est pour célébrer le premier janvier, ou tout premier du mois qui se présente, comme à cette invraisemblable comédie du temps cosmétique, décoratif, empesé, empressé, qui file vers la mort avec l’amas des adjectifs, égrenés sur la pelouse avec leurs signes de ponctuation, leurs accents, leurs indécentes farandoles – une pelouse qui gèle, avec ses mots ossifiés qui marinent dans l’intervalle, à la folie du nombre ?
En écoute : « Why does my heart feel so bad? » (Moby. Play. 1999)08:15 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 24 décembre 2005
Autour des lauzes
L’arbre usé zigzaguait, élancé, seul ; dans le vent, la bourrasque, autour de nos pierres tombales, seul un murmure se détend ; les mots zèbrent l’espace, tels des coups de fouet.
Menu fretin : l’aquarium a sa raison d’être.
Nous dansions, aimables, frénétiques, rougeauds et ivres de bon vin, faciles entre nous, au pas gracieux et mesuré, nous dansions de tous nos sourires.
C’était un rêve : ne l’éveillez pas.
Danse des asphodèles – où que nous nous trouvions leur chair verte et vénéneuse, leur suc adorable et nimbé de ces coutures d’autrefois. Le dé en est jeté, à la face du monde.
Sur ton ardoise, enfin, le tic-tac de l’horloge.
10:55 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 22 décembre 2005
Je rev(o)is
« Comme une rivière barrée, tout à coup le cours de ma vie s’était arrêté et, maintenant, devant moi, seuls s’étendaient l’immense paysage désolé de la mort, l’automne infini où habitent les hommes et les arbres qui n’ont plus de sang, la pluie jaune de l’oubli. » (Julio Llamazares. La pluie jaune. Traduit par Michèle Planel. Verdier, 1990, p. 43)
………
Je revois, au ruisseau qui coulait, l’hiver, près de notre maison, ce grillage qui séparait le bois de l’enclos à moutons des voisins – et où, depuis belle lurette, il n’y a plus de moutons. Le grillage retenait les brindilles, les petites branches, les feuilles fanées et mortes de l’automne, de sorte que l’amas finissait par former un véritable barrage, juste avant le pont, masse informe et ligneuse que nous dégagions régulièrement – à la pelle ou à la main – pour permettre aux eaux du ruisselet de suivre leur cours. De l’automne au printemps, j’adorais marcher dans ce ruisseau, large d’un mètre tout au plus et jamais profond de plus d’un demi-mètre, remontant délicieusement son cours du grillage posé par les voisins jusqu’à la fontaine de pierre, où il surgissait de sous la terre.
Sur la carte I.G.N. la plus détaillée, il apparaît en pointillés bleus, ce qui signifie que c’est un « cours d’eau intermittent ». A la limite de la propriété de mes parents, il cesse d’être souterrain, pour aller se jeter, à quelques kilomètres de là, dans le Bassecq.
Je le revois, je revois le menu barrage de brindilles, je me revois en bottes, marchant dans le lit du ruisseau. J’en suis loin, de tout cela, pourtant.
21:10 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Lourdes
Tu ne disais pas la moitié
de ce que fronçaient tes sourcils
Ton monde se dépliait
infiniment comme les vents que l’on voit
venir le soir sur les collines
Tu ne chantais pas la moitié
du temps à la cime des arbres
Et si le monde dévoilait
lentement ses ondes sonores
à la gambade des autans, tu te levais
et chantais pour le faire éclore
Tu ris
tungstène décoloré
aimable brasero
de mes songeries creuses
17:40 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
mercredi, 21 décembre 2005
Le calendrier n’a pas disparu
Le calendrier n’a pas disparu ; Simon, tu exagères.
Le temps, non plus, ne s’est pas évanoui. Le temps de l’écriture a pris la peine d’une pause bienvenue. Pourtant, ce n’est pas le travail qui manque, et sans doute aussi m’étais-je meurtri à continuer d’écrire – c’est-à-dire, plutôt, à continuer de jeter des fragments imparfaits, dans l’épuisement et la nonchalance.
Le temps n’a pas disparu. Un soleil radieux règne dans ces contrées, avec de froides nuits et de belles journées. Le repos – de trimer en ramassant les feuilles ! Des monceaux de copies aussi m’attendent, chaudement assemblées dans les soufflets de mon cartable. Je préfère entretenir les bûches sifflantes d’un âtre bienveillant.
Derrière une baie baignée de soleil, le dos presque calciné – comme lorsque nous recevions hier soir des amis de mon beau-père, et que j’étais dos à la cheminée crépitante –, j’écris, ayant décidé de ne pas laisser passer, tout de même, ce premier jour (officiel) d’hiver, et, dans tous les cas, le solstice.
………
La plume vaut-elle le balai à gazon ?
………
Il règne un vague-à-l’âme difficile ; seuls les pinsons du Nord peuvent me comprendre, eux qui piétinent les graines de tournesol, entre les soubresauts des mésanges bleues et les piaillements frénétiques des charbonnières. Pas de verdiers cette saison, mais un gros-bec nous fait, de temps à autre, l’honneur de sa présence. Il faut écrire comment le temps passe, au moins sous ses aspects les plus agréables.
J’ai embarqué à bord d’un navire, la nef des fous où se complaisent les souvenirs. L’âme suit ici, depuis dimanche, un cheminement douloureux. J’ai relu By the Sea, qui, dans le prolongement d’Amriika, a déroulé ses enrubannades et fleuri ses feux d’artifice. La pluie jaune, maintenant, correspond mieux à mon état d’esprit, et à mes journées. Quand la bûche siffle, il faut laisser se figer la souffrance. Ainsi, elle est plus douce. On ne dort jamais deux fois dans les mêmes bras.
………
L’encre des vaisseaux vaut-elle le sang des valves de mémoire ?
………
Je vous parle de ma mémoire, mais les souvenirs des uns et des autres ne crépitent jamais de la même façon. C’est ce que, jadis, j’aurais voulu nommer la mêmoire ; c’est là une écriture dont je n’ai jamais pris le temps.
Pourtant, indubitablement, le calendrier n’a pas disparu.
14:25 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 17 décembre 2005
Ecrire, enfin
Une fois que, le début du mois de janvier passé et quelques gros retards de travail comblés, j'aurai pris mes bonnes résolutions pour 2006, je me trouverai face à un semestre sans cours (mais avec tâches administratives), avec la traduction d'un gros pavé difficile pour l'été, quelques articles de recherche à écrire, mais, tout de même, enfin (et contrairement à ce qui fut le cas depuis deux mois environ) le temps d'écrire des notes pour ce carnétoile.
11:18 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
samedi, 10 décembre 2005
Le Colosse et le manège
Vous qui connaissez le colosse

Vous qui êtes au paradis

Auprès des mondes refroidis

Souvenez-vous de nos amours

Et des portraits en ronde-bosse
12:24 Publié dans Ecrit(o)ures, Lect(o)ures, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 09 décembre 2005
La paille du temps
Quelque part dans le monde une fièvre me tient. Quelque part en Touraine, une fureur me vient. Est-ce ton élixir ? Est-ce le diamantaire ? Une fureur se mure en mon corps, terre à terre. Pas à pas, je renais. Tu n'aurais pas dû vivre affamé, si ce molosse armé, la crosse en bandoulière et la fleur au fusil, le futal en capilotade et la mèche emberlificotée, ne s'était présenté à toi, un matin, au pied des collines - et comment dire maintenant la fureur qui me tient, la furie qui relâche doucement ses griffes pour mieux me faire sentir l'écume de sa rage ?
C'était le diamantaire. Il n'avait pas dit non.
Un miracle revient sur ces contrées éteintes. Un train fou de pensées vagues et tournoyantes, autant dire une brise, autant dire une armée de nouvelles conquêtes. Vous n'êtes plus assis dans la paille du temps.
09:34 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
jeudi, 08 décembre 2005
Loire hivernale

Un mercredi de brouillard, un matin de brume, la Loire paressait sous le vol indécis des cormorans mûris au froid des courants. Les bancs gelaient, au passage des voitures qui ne les savaient pas.
10:50 Publié dans Ecrit(o)ures, Moments de Tours, Où sont passées les lumières? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 28 novembre 2005
A la manière d'Eugène Savitzkaya
Je pèle les courgettes, purge les radiateurs, mets de la farine sur les engelures et dégivre les vitres de la Clio. Je fais des petits tas de poussière, au balai, que j'aspire ensuite. Je brique les cuivres, remplace les tuiles brisées, et voilà le baluchon déjà près de la porte. Je lave les carreaux de la paillasse, plie les vêtements secs, et je danse furieux sur les incantations de Julien Jacob. Il ne sert à rien de courir, mais les nuages déjà me poussent à biner les bégonias, à arroser faiblement le kalanchoë, à bluter l'hibiscus à fleurs bleues. Le romantisme n'est plus dans l'air du temps, alors je masque les pièges, traque les nuages, et admire les taupinières. Le roseau pensant m'accompagne pendant que je récure la cocotte-minute.
09:55 Publié dans Ecrit(o)ures, Lect(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 27 novembre 2005
Poèmes en marge du colloque, 3
Des fauteuils en bois rouge
Les feuilles qui roucoulent
Où est la brise
Et le vent fou?
Quand les buissons
Boivent le vent,
Le bois s'anime
Et se détend
Comme un vol d'ailes.
19:25 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Poèmes en marge du colloque, 2 (Translation)
she
speaks
without
really
heeding
us
she is
engrossed
in
her
own
words
18:25 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Poèmes en marge du colloque, 2
débit
haché
et trop
rapide
elle
ne
nous
parle
pas
17:25 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Poèmes en marge du colloque, 1
Limage
L'image. Magellan. J'ai lancé. Encéphalo. Falot poète.
Leafing through midnight's pages.
Sleepless S-shaped lonely writer with no questions asked.
Je l'aime; voilà, j'ai fait l'image.
16:25 Publié dans Ecrit(o)ures, WAW | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Bouchemaine







14:10 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Où sont passées les lumières? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 25 novembre 2005
...
Le jet d’éponge
écrit pour servir d’exergue au colloque ‘L’Illisible’ (Poitiers, mai 2005)
Pour peu que l’on se soit endormi, accablé des moments du jour, ou que, bâillant à d’autres corneilles, l’on ait interrompu sa lecture entreprise, l’histoire en cours devient fade, et hésite entre le goût de la bette et celui de la blette. (Non qu’elle soit blette comme les fruits, mais le légume insipide : l’agrémenter de crème n’y change rien. Ni lui adjoindre un œuf.)
Alors, le livre me tombe des mains. Ce n’est pas le sommeil, mais l’ire. Fades fragments. Plus moyen de lire ! On s’ennuie ferme. Voilà le livre reposé. La ferme.
……………………………….
Mes muscles évanouis dans le jus de légume, je suis un pauvre boxeur, déganté, sonné, qui n’a plus d’autre choix que de jeter l’éponge.
……………………………….
Pour peu que l’on se soit ennuyé, que les signes se soient brouillés devant mes yeux, que les oiseaux noirs soudainement aient pris la tangente pour ne plus former des phrases que fades ou bouilleuses, je tombe à terre, où l’éponge, rongée, s’est mêlée à la fange.
Voilà qu’ici, échaudé, je thermine.
G.C.
26 mai 2005
10:05 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
jeudi, 24 novembre 2005
Roman photo
Vous êtes invités à participer à l'écriture collective du roman photo Le Vil Landru à Villandry sur le site de la fournée de romans.
J'en résume les règles ci-dessous :
Le premier commentateur écrit la première phrase, le second la seconde, et ainsi de suite; chaque très bref chapitre, illustré par une photographie, ne peut dépasser six phrases (donc six auteurs différents). A partir de la quatrième phrase, un co-auteur peut choisir que sa phrase est la dernière du chapitre à condition de le préciser. Je suis, il va sans dire, le seul arbitre du jeu; j'ai également le droit de participer à l'écriture (mais pas d'écrire la première contribution).
08:15 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 23 novembre 2005
Dérapages
Outre l'état d'épuisement presque atroce et jamais expérimenté dans de telles proportions, j'ai de nombreuses tâches à accomplir dans les jours qui viennent, certaines lourdes et/ou pénibles. D'où vient que celle qui me fascine, m'attire, me préoccupe le plus soit l'écriture du chapitre 2 d'Avril déjà dérape? Prenant l'écriture de ce chapitre pour prétexte, j'écoute pour la énième fois de ma petite vie certains disques de Gérard Manset, l'un des chanteurs qui a le plus compté pour moi, avec toutes les réserves que je formulais, le découvrant, sur son excessif sérieux. Je ne veux pas recommencer l'expérience tentée en 1998 (je crois), quand j'écrivais un chapitre de roman en partant des vers du dernier quatrain de Jeanne. C'est une toute autre méthode que je veux suivre ici - et comment éviter les tics?
Amis qui tournez la tête
Sans savoir
Ou peut-être
Sans y croire
Ici c'est le temps qui s'arrête
Comme un oiseau sans tête
18:05 Publié dans Autres gammes, Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 21 novembre 2005
L'escalier est un cendrier
L'escalier est un cendrier.
L'escalier sous la passerelle,
côté impair, rue des Tanneurs,
est un vrai cendrier
plein de mégots
et de déchets laissés
par les fumeurs.
12:45 Publié dans Ecrit(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 20 novembre 2005
Dictée de l'inconscient...?
L'aigle glisse. La glu en luge, légèrement, dérape. Dans ces parages montagneux, la marmotte sourit et les touches du clavecin se prêtent aux discordes. L'avalanche nous emporte - c'était bien la peine de faire de l'escalade, ou du ski, ou du hors-piste, ou d'aller giboyer dans les prés du seigneur. Enfin, vivement le retour au chalet, le vin chaud, la cuisse amie de la bergère. Je divague! Vertige! Une orée, une rosée plutôt (mais j'ai écrit "orée"), emporte encore les débris de mes os blanchis à la chaux, chauffés au soleil, chantés par-delà les alpages. On ne sait rien de ce persifleur, sinon qu'il fut traité de moine, et de bougre, et de célesta tumultueux (insulte étrange, celle-là). Toujours est-il que, dans nos contrées, la rosée se dessèche, les os se craquèlent et les regards fendillés s'échappent par le soupirail. Toujours cette varappe à brûler nos mains à charrue! Toujours ce festin des rues, et la tourmente qui s'éloigne, emportée dans le bec de l'aigle, une aurore à la commissure.
******************
Note de 21 h 27 : Ce texte constitue ma 777ème note. Emotion...
18:00 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
vendredi, 18 novembre 2005
Guillaume Cingal, dans le rouge fade de l'exposition Buren
21:30 Publié dans Autoportraiture, BoozArtz, Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
Neuf couleurs : Violet
17:05 Publié dans ... de mon fils, Ecrit(o)ures, Où sont passées les lumières? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Catabase
La terre a frotté ses arpions contre la pierre des frelons. La pierre-à-feu, elle aussi, pleure, et je pleure dans ma demeure. Rustre, apaisé, mortel talonné par les bises, le skaï sussurre des promesses, ô carminatif louangeur. Mortel, talonné par les braises, une heure a passé sur ma tête.
Au point du jour, dans un gouffre, nous nous ensevelirons.
14:25 Publié dans Ecrit(o)ures, Moments de Tours, Où sont passées les lumières?, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 16 novembre 2005
L’ondieu
que notre monde
heureux d’être obstiné
et forcené par la technique
prenne l’eau, la barque à l’onde,
d’un regard dérétiné,
énucléé – chemin de ronde
où s’inscrive un tantinet
cette merveille de cantique
Une fontaine nous inonde
et le chagrin lâche la bonde
comme le cordon des tuniques
Tu verras l’œil
perdu au milieu des nuages
de Dieu dont nous portons le deuil –
en ce soudain écobuage
le feu n’a pas franchi le seuil.
Aussitôt c’est la peur panique,
frisson inné
au cœur du monde.
13:40 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Romanse, ça continue...
Je suis heureux de vous faire part de la publication, à l'instant même, du chapitre 1 de La Flemme de faire la vaisselle le soir après le dîner sur le site Romanse.
08:35 Publié dans Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 14 novembre 2005
Langeais: Vues du haut du chemin de ronde
11:40 Publié dans Ecrit(o)ures, Où sont passées les lumières?, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Romanse... c'est parti !
Touraine sereine est heureux de vous annoncer la parution du premier chapitre d'Avril déjà dérape. A l'issue de leur lecture du chapitre 1, les lecteurs sont invités à voter, par voie de commentaire, pour l'un des trois choix de chapitre 2 proposés.
08:32 Publié dans Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 10 novembre 2005
Neuf couleurs : Vert
22:25 Publié dans ... de mon fils, Ecrit(o)ures, Où sont passées les lumières? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Imbécile...
... que je suis, je ne me suis pas rendu compte que j'écrivais le 1111ème commentaire !
12:15 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Le faux Tourangeau n'a pas lu Ravelstein
Russie éternelle, ou encore grimaces.
Âtre où folâtrent des pigeons,
vide, éteint, sans embrasement.
Est-ce cette planète, ou ce roi
lucide, en sa danse de la pluie,
sereinement conquis?
Terreur, apothéose!
Est-ce, de sons, une overdose?
Il paraît que je ne suis rien,
non, au chaud sous les couvertures.
Album de limericks ligériens
En attendant la parution du premier chapitre de l'un de mes romans, vous pouvez toujours participer à la discussion autour des limericks en français, sur mon blog pédagogique. Il s'agit d'écrire des limericks en français.
Le limerick est un poème court, humoristique, absurde ou grivois, toujours un quintil de forme AABBA, et dont la première rime est un nom de commune. Habituellement et originellement de langue anglaise, cette forme se transporte très bien, à mon avis, en langue française.
08:47 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
lundi, 07 novembre 2005
En cours d'écriture
Je voulais seulement signaler que, mercredi après-midi, puis un peu hier soir, j'ai amorcé l'écriture des trois romans interactifs que je compte publier d'ici peu sur mon autre site. Tout vient à point à qui sait attendre, et la cristallisation est lente.
08:15 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
jeudi, 03 novembre 2005
Rue Jehan de Daillon
18:00 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Où sont passées les lumières? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 01 novembre 2005
Meurtrissures
Dans le donjon, parmi les rebecs, les flèches pleuvent par milliers, et l’eau bouillante nous éloigne. Une farandole de nuages s’extasie comme à la parade. Tu n’avais pas de sourcils, cette nuit, quand je t’ai rêvé, et pourtant tu étais très beau, comme un soleil de pacotille. Je m’appuie à l’un des créneaux, et je saute sans crier gare. Mes hurlements se perdent dans les nues, et je ne te vois plus.
19:05 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les Trois Rois
18:15 Publié dans Ecrit(o)ures, Moments de Tours, Où sont passées les lumières?, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Phalanstère
C’est la valse des frelons. Les corbeaux dansent dans les arbres. A Carrare, on prend des leçons – de hautbois, de violon, de flûte ou mandoline. Le bossu passe avec sa fille. Elle est vêtue de haillons ; les ortolans se moquent d’elle. Dans mon jardin, il y a des fleurs. C’est la valse des frelons. Le vieil ivrogne exhibe ses fesses. L’addition est pour ma pomme. Tu n’iras pas très loin comme ça, si dru, si dramatique. Je me souviens de Saint Lucien, quartier curieux de Beauvais. Je pèle la pomme en trois quarts ; je ne sais pas comment j’ai fait. Dans la mêlée, le vent bourdonne. Et c’est la valse des frelons, toujours, toujours recommencée…
09:02 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 26 octobre 2005
Je n’ai pas ouvert les volets…
Sept heures du matin.
Je n’ai pas ouvert les volets, je ne veux pas faire de bruit. Dormait-elle, la maisonnée ? Ma précaution a-t-elle un prix ?
Une journée aussi à reprendre l’écriture anticipée du carnétoile, ce qui se voit à la police employée. Mon écriture choyée, des bribes au sujet d’une voiture, déjà j’écris une fournée – de notes, bien sûr. Au ciel, les volets fermés, ne luisent pas les étoiles.
11:30 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 23 octobre 2005
Oublis
D’après J. Green :
9 avril 1943 – Erreur de noter dans un journal certaines choses qui, plus tard, peuvent faire souffrir. Que de petits événements j’ai oubliés déjà pour avoir sagement omis d’en parler dans ces pages ! Rien ne perpétue le souvenir comme les mots dans l’esprit de l’écrivain. […] Je me suis souvent demandé si tenir un journal n’était pas, du reste, contraire à cet instinct qui veut que nous oublions, car oublier, c’est s’alléger d’un poids, et le souvenir nous tire en arrière, nous empêche d’avancer.
(Julien Green. Entends la douce nuit. Plon, p. 28)
Il me semble que, dans mon cas particulier, la notation permet d’autant mieux, certes la fixation de certaines lectures ou de moments précis, mais aussi de se défaire : c’est écrit, consigné, mémorisé, en ligne même, donc il n’y a plus à s’en préoccuper. J’en veux pour preuve ma découverte, au moins à deux reprises, par la recherche dans le méta-moteur Google, de pages de mon site que j’avais déjà oubliées.
10:57 Publié dans Ecrit(o)ures, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
jeudi, 20 octobre 2005
Deux strophes sur la lassitude face aux tâches et la joie face au futur
Matinée passée
A paperasser
(Pas à paresser)
A administrer
(Zone sinistrée)
Cet après-midi
(Retour du jeudi)
Joie du mot traduit
André Markowicz
11:18 Publié dans Ecrit(o)ures, WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 17 octobre 2005
Isaak Levitan
Que nagent les nuages
et se penchent, s'épanchant, les peupliers en pluie
Sans que le vert s'arroge
un droit autoritaire
Ô les nuages gris ô les nuages doux ô les nuages
Verts
qui penchent vers l'abîme qui se tournent se fondent Ô vers
quelle infortune avez-vous détourné
La course de mes yeux?
Ton infini voyage
aux îles détournées
se déverse en sanglots de joie et de douceur
********
Inspiré d'une toile superbe d'Isaak Levitan, à voir sur l'écran nuageux du Sablier.
16:40 Publié dans BoozArtz, Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 16 octobre 2005
L’Ogrorrhée
Je n’ai de vie qu’en mots
A maudire en mollusques
En motorisations
Je n’ai de vie qu’en mots
Mollement moquettés
En moqueries en moi
Je n’ai de vie qu’en moi
Et par les autres mots
Et par les mêmes morts
17:55 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Choix d’écriture
Lisant Harry Laus, j’ai songé que, face au manque de temps dont je dispose en ce moment pour ce carnétoile, je pourrais publier certaines entrées brèves, certains extraits, au jour le jour, histoire de donner de belles phrases en pâture à mon aimable lectorat. Mais j’hésite, n’ayant pas l’âme du compilateur. Il existe de nombreux blogs littéraires qui sont, plus ou moins, de semblables compilations, ce qui n’est pas sans intérêt, et il est certain que j’ai grand plaisir à lire des pages d’auteurs connus ou moins connus, plus de plaisir que ne doivent en avoir la plupart des visiteurs occasionnels de ce carnétoile à lire ma pauvre prose. Mais voilà, chacun son affaire, non ?
Je copierai pourtant trois passages très intéressants du Journal absurde, mais je risque de ne pas résister à la tentation de les enter de miennes ponctuations.
13:25 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 07 octobre 2005
Fous de librairie, IV
Vendredi, 16 h 10
Et moi, dans tout cela, tenant ostensiblement, sans m’apercevoir de la coïncidence burlesque, Fou trop poli, le dernier texte paru de Savitzkaya, ai-je vraiment toute ma raison? Au moment de payer, je leur ai demandé si, en ma qualité de père de Savitzkaya et fils de Vila-Matas, j’aurais droit à une réduction. Laurent m’a déclaré que le seul fils de Vila-Matas, c’était lui. Dommage, moi qui pensais déjà que nous étions demi-frères…23:30 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 06 octobre 2005
Eternal child (Avishai Cohen, en duo avec Chick Corea)
Toujours enfant
Enfant à tout jamais
A mettre la porte sous la clef
A s’endormir à s’enrêver
S’enturbanner de chemins colorés
De pluies de grisailles factices
Et de lumières adventices
A tout jamais enfant
Toujours plus jamais grand
Dévorer les songes des autres
Ronger les ongles les peaux mortes
Et glisser grognon sous la porte
Une orange et un cercueil pour le vent
A toujours plus jamais enfant
15:55 Publié dans Ecrit(o)ures, Jazeur méridional, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
L'insomnie étend
13:30 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
mercredi, 05 octobre 2005
En vitesse
L'insecte net s'étire et devient moins aveugle, moins avare, plus avide. Des pulsations dans les fossés, des éphèmères coincées contre les fenêtres. Une course à tout casser, le coeur à rompre, une corde tendue, je danse sur un fil.
09:27 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 03 octobre 2005
Not a dream
La pastourelle débuta. Quelques gouttes de pluie, quelques flaques d'ennui. Que faisiez-vous dans ces parages, ô mainte Hélène au beau plumage? Une sirène s'envola, ainsi, délaissant ses écailles. Je ne rêve pas, je me caille. Ô cantique de la canaille, un arbre nous barre la route. C'est le baobab. Un serpent s'en déroule, y délaisse sa peau muée; c'est le boa qui nous sourit. Et nous avec lui, tant pis. La pastourelle virevolte. Dans le fond, un enfant, malmené puis câliné, détourné du droit chemin, rencogné dans le mur, renfrogné, sanglote.
Où allions-nous, mes camarades, porteurs de faux?
14:15 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Pause travail...?
Tu vois, ça coûte 620 euros un brevet industriel, avant c'était dix mille balles, c'est moins cher.
Je discute avec Guillaume, le jeune patron et cuisinier du Cap-Ouest, et il y a aussi, là, une dame qui s'avère être la mère d'une des mes étudiantes de première année L.E.A., et avec qui j'échange quelques paroles.
Non, j'ai repris de fumer depuis août, les vacances ça c'est la galère.
La matinée s'est bien passée, sans pas superflus puisque mes deux cours du matin sont dans le même bâtiment maintenant.
Je ne peux pas exposer, je n'ai pas de voiture, tu me vois me trimbalant avec mes toiles?
Le boeuf bourguignon n'est pas mauvais, ici j'ai la certitude de pouvoir manger tranquillement et en une demi-heure, ce qui me laisse le temps de vaquer à mes occupations juste après (et juste avant la reprise de mes cours, à deux heures de l'après-midi).
Mon ex, elle s'est retrouvée avec un Marocain sur internet... elle est allée là-bas... et maintenant elle est revenue... enceinte de trois mois... enfin, chacun sa vie...
Le trio à ma droite mériterait le tableau. The one who does most of the talking moins encore que son comparse et la dame un peu plus âgée qu'eux deux.
Enfin, j'ai trouvé cette solution pour faire mes tableaux en laminé, ça permet de faire des copies plus vite et de répondre à la demande.
Je ne prends pas de dessert, finalement, car ni l'île flottante ni la charlotte aux poires ne me tentent.
Mon père va m'aider... avec ce brevet, tous les peintres vont acheter ça... ça fait deux ans que je travaille dessus... c'est un super projet...
12:40 Publié dans Ecrit(o)ures, Moments de Tours, WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 29 septembre 2005
Sur un pissenlit imaginé par Simon
A moins qu'un songe ne l'annule
Ou que le vert flou ne s'en li-
Bère, voici un pissenlit
A n'exhiber que la lunule.
18:40 Publié dans Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 28 septembre 2005
Collyre
Un ramequin acheté à l’Aquarium de Touraine, et on nage en plein délire, on rame dans les rivières plus jamais poissonneuses, plus jamais transparentes, plus jamais bellement vaseuses, et savamment nous éloignons de l’eau et de nous-mêmes. Car ce ramequin ne peut pas exister, les parapluies le savent bien.
19:30 Publié dans Ecrit(o)ures, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Gueule tapée
Le varan venait de tomber du toit. Une averse répond à la plainte du soleil. Ces jours-ci, rien ne va, disais-tu de ta voix également plaintive, et je ne pouvais plus souffrir ce chant désespéré. Comme un souffle de vent, le varan se glissa dans la maison si vaste, où le bonheur était, à tout jamais, perdu. La vague emporta nos souvenirs. Tu vois que ce n’est pas si terrible…
17:40 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
mardi, 20 septembre 2005
Me voici muet
17:35 Publié dans Autoportraiture, Ecrit(o)ures, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
lundi, 19 septembre 2005
Gravitations
Ce n'est pas une épopée C'est une
Envie d’amour au clair de lune
L’abri contre le mal, la bride sur
Le cou… mieux vaut la morsure
Tout n’a pas été vendu
Vois au fond de mes yeux cet autre œil éperdu
09:15 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
lundi, 12 septembre 2005
Epithalame pour Irène et Arbor
Donne, arc, notre île et l’est : trop rire, or noir.
Vacille, élégante, riant or noir, idéalement quelle unie étincelle : ah, brûle, arde, seul questionnement.
18:35 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Parution simultanée
Viennent de sortir des Presses Apollinaire
les deux opuscules suivants:
Un beau vers
et
Quelques mots du faux Tourangeau,
destinés respectivement à VS et VP.
Ils devraient être expédiés
à leurs destinataires et dédicataires
demain,
à condition que le maître des lieux retrouve leurs adresses...
12:20 Publié dans Ecrit(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
jeudi, 08 septembre 2005
Premier texte dicté
Oui je viens dans son temple adorer l'éternel.
C'est le premier vers qui m'est venu à l’esprit, ou plutôt la première phrase. Je découvre à l'instant le fonctionnement et les modalités d'utilisation du logiciel de dictée que m'a gentiment copié Arbor. L'installation n'a pris que deux minutes et l'enregistrement de ma voix, ainsi que sa mise en conformité avec le logiciel, dix minutes tout au plus. C'est très étonnant. Le fait de travailler dans un logiciel de traitement de texte est extrêmement pratique, dans la mesure où il est possible de corriger au clavier quand cette procédure est plus rapide que par la voix. Je pense d'ores et déjà que le texte que je suis en train d’improviser au micro prendra place dans le carnet de toile intitulé Touraine sereine. Je suis tout à fait ravi de constater, au montrer chair, mon adorable logiciel de dictée, que tu connais sans faillir le titre de mon blog, même si le mot blog t'est apparemment inconnu et même si je dois me déclarer surpris que l'apostrophe montrer chair devienne mon très cher. Dans la phrase qui précède, j'ai gardé volontairement l'erreur afin de montrer qu’elle venait tout autant de moi que du logiciel. Évidemment, c'était l'inverse : c'était mon très cher qui était devenu montrer chair, car j'avais syncopé sans doute les trois mots en deux, au point d’aboutir à cette confusion entre, d'une part, un pronom et un adjectif, et d'autre part, un verbe.
Pour l'instant, je ne suis pas convaincu que ce système soit plus rapide que la saisie manuelle par l'intermédiaire du clavier, mais il est beaucoup plus reposant pour les mains et les yeux. J'aimerais ici dire toute mon admiration pour les cinq informaticiens capables de mettre au point ce genre de technique, ce type d'outil d'une infinie utilité même si, dans l'immédiat, j'en use de manière quelque peu futile. J'aimerais aussi, et c'est peut-être là plus important encore, exprimer de vive voix, et presque aussitôt sur l'écran, mon amitié et ma sincère gratitude à Arbor, dont c'est ici le pseudonyme mais dont le vrai nom mériterait d'apparaître.
Je n’ai pour l'instant que des stupidités à écrire, ou des choses banales, mais bientôt ce sera une autre paire de manches. La seule chose qui ne soit pas banale dans ce que je viens de dicter, et qui constitue d'ores et déjà une note destinée à être publiée dans mon carnet de toile, c'est cet hommage à un véritable ami.
En effet, pour mon travail, je vais pouvoir dicter mes ébauches de cours, qui me serviront de trame, ou encore pouvoir passer outre le pénible exercice consistant à recopier un texte ou à le scanner, ce qui n'est jamais un gain de temps, loin s'en faut. Il y a aussi l'aspect de mon travail qui touche à la recherche, et Dieu sait que j'ai toujours de grandes difficultés à passer au stade de l'écriture, me contentant généralement pour les communications de versions incomplètes, d’ébauches, de plans détaillés que je me charge d’oraliser en une conférence, mais qui me redemandent un nouveau surcroît de travail quand il s'agit décrire l'article. Avec ce logiciel, je pourrai enfin gribouiller au brouillon, puis faire face à l'ordinateur ce que je fais dans les colloques : une improvisation maîtrisée et appuyée sur des notes.
Relisant l'ensemble de ce qui vient d'être écrit sous la dictée de ma voix numérisée, je corrige quelques menues inexactitudes syntaxiques ou graphiques, et m'interroge également sur le hiatus entre ma voix est le modèle standard de français oral qui doit servir de soubassement à ce remarquable logiciel. Je sais que ce logiciel est évolutif, que plus je prendrai le soin de lui faire corriger les erreurs qui ponctuent notre parcours commun, plus il s'améliorera et s'adaptera à ma voix. Mais je m'amuse en découvrant que le groupe nominal « les informaticiens » devient ici « les cinq informaticiens ». C'est sans doute que je marque une pause trop importante entre in et for. J'ai laissé cette scorie à sa place, car je trouvais cela comique, et je pense que les lecteurs de ce texte seront surpris de ce cinq énigmatique, sibyllin, car, que je sache, il n'y a pas moyen de connaître avec suffisamment de détail l'équipe qui a présidé à la création de ce logiciel. Donc, cher lecteur, plus chère encore lectrice, ce cinq finit par trouver son explication.
Je viens de passer vingt minutes à écrire ce texte, en incluant les corrections apportées par l'intermédiaire du clavier. Il me reste à programmer ma voix pour la langue anglaise, si cela est possible, et à publier cette note presque instantanément dans mon carnétoile.
15:40 Publié dans Ecrit(o)ures, WAW, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
mardi, 06 septembre 2005
6 septembre, cinq heures
L’écran de mon nouveau portable luit comme un miroir de bordel. C’était le bordel dans le bureau; pendant que le chauffagiste travaillait à l’entretien du chauffe-eau, j’ai fait du rangement. Ça chauffe dans la chambre aux corbeaux, où s’entassent plusieurs documents devant servir à l’écriture de notes. N’ôte pas tes yeux de et écran. L’écran me renvoie mon image assombrie.
18:47 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 02 septembre 2005
L'instar
De vertes plaines arborées, où un chemin se décolore. Une nuée de rides, aux mondes effarés. Une brise lactée, dont l'odeur m'environne. Une boule de feu, qui nous emportera.
16:55 Publié dans BoozArtz, Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
D’un portrait de M.L. par André Masson
Est-ce une torche
Ou un verre renversé
Que vous tenez à la main
Droite, comme la main gauche
Vous dissimule la tronche ?
Ce crayonnageAussi compose volutes
Echappées peut-être d’un
Cendrier fuligineux
Suie de votre personnage.
11:10 Publié dans BoozArtz, Ecrit(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mercredi, 31 août 2005
Prolongement d'OBJET SANS NOM
A. jouait dans sa chambre, à ses petites voitures, et comme, ayant saisi son (faux) appareil photographique, il m'a demandé de poser pour lui, je me suis assis à son petit bureau, où je me suis emparé de son feutre-toupie, ai fait quelques jolies irisations sur une feuille de brouillon, ai caressé momentanément l'idée de "dessiner" une série abstraite et à fort ancrage théorique histoire d'agacer le Vrai Parisien qui s'agace à juste titre de certaines dérives, puis ai composé le petit quintil puéril publié il y a deux heures (j'écris tout ceci de nuit, quand tout dort). Afin que l'on voie combien la manie des chiffres & des nombres me poursuit aussi dans la composition poétique, j'ai écrit ce quintil sur une alternance bancale d'heptasyllabes (mon vers préféré) et d'octosyllabes, pour aboutir à une première version, dans laquelle le cinquième vers rimait en -eutre.
Ayant compté le total des syllabes, j'ai constaté que ce quintil se composait de trente-huit syllabes ((2x7)+(3x8)=38), ce qui a fait naître l'idée d'un distique employant un vers inusité de dix-neuf syllabes, d'où la rime inattendue du dernier vers (rose âgée), apparemment isolée mais qui rime en fait (quoique approximativement) avec objet.
Je donne ici derechef le texte du dérisoire quintil:
Faut-il l'appeler toupeutre
Ou tenter le mot feuoupie
Pour cet objet qui sert de feutre
Et qui, toton, met en charpie
Ses orbes d'un rose âgé?
......................
Sachez par ailleurs que l'objet en question (si l'on s'en tient à la marque déposée de la toupie-feutre rose) se nomme un Doodletop, composition nominale en partie onomatopéique et à ce titre difficilement traduisible. Au moins, l'anglais ne s'effraie pas du néologisme, ce qui m'a remis en mémoire un passage d'un roman de Paul Auster, le troisième tome de la Trilogie new-yorkaise, me semble-t-il, dans lequel le narrateur rencontre un vieil homme obnubilé par la nécessité de donner un nom spécifique et donc nouveau à des obets sans signifiant précis (ainsi, crois-je me souvenir, un parapluie qui ne s'ouvre plus n'est plus un parapluie, il faut lui trouver un autre nom etc.). Un feutre qui est aussi une toupie (et ne dessine bien, d'ailleurs, qu'en gyration) doit avoir un nom jusque là inconnu.
10:20 Publié dans Ecrit(o)ures, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Objet sans nom
Faut-il l'appeler toupeutre
Ou tenter le mot feuoupie
Pour cet objet qui sert de feutre
Et qui, toton, met en charpie
Ses orbes d'un rose âgé?
08:20 Publié dans Ecrit(o)ures, Moments de Tours, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 30 août 2005
Epigraphe
Nous, Olivier** de Clisson
Et Marc-Antoine Charpentier,
Ensemble nous nous éjouissons
En ce fatidique sablier*.
................
* Synérèse obligatoire (en hommage d'ailleurs à Trompe-la-Mort de Brassens).
** Diérèse obligatoire (en hommage à...).
17:25 Publié dans Autres gammes, Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Elégie
Dans les feuilles, l'insecte net prêt à voler
Sur cette terriblement violacée mûre
Nous surprend dans le flou d'un monde inconsolé
Où s'obstinent ma voix mauve et ton doux murmure.
14:48 Publié dans Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles, Tographe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 29 août 2005
Codicille au précédent poème
Codicille au précédent poème
(écrit deux minutes plus tard)
Sans avoir seulement écrit le mot nocives
Alors que telle était, pourtant, mon intention,
Je viens d’user mes yeux comme on saigne gencives
Comme on pleure d’amour et hurle de passion
………………
J’ai, dans ma soif de vivre et ma chanson fardée,
Deux virgules qu’ici je ne peux encadrer
13:00 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Après-midi de demi-brume
Le monde Cet émoi enamouré du monde
Je reprends le violent
vertige de ma vie Une étincelle brûle
Au creux de ma paupière un silence se fait
Dieu que ce clavier est sale que cet ordinateur est vieux que l’écran est près de mes yeux
Jamais je ne saurai à laquelle féconde
seconde de ma vie Ce monde le sait bien
Ô ce monde adoré ô cette pénitence
Je reprends le volant
des mains de l’adversaire Et nul ne peut me taire
Un avenir radieux se love dans un creux
Installé dans ce ghetto dans la chambre dite " aux corbeaux "
Cet ordinateur oubliait que le monde allait de son train sans lui sans ses pannes ses refrains
Ici dans cette pièce assis à ce bureau
Je regarde alentour et tout n’est que poussière
Araignées téméraires fanfares timides
Les novices se sont approchées sans bruit de mon fauteuil
Elles disent répètent hèlent enfin la nuit
où bêlent les brebis galantes du Seigneur Juste un coup d’œil
Ses psaumes tendus
La bécane esseulée revit renaît respire
Et les premiers mots que je vois
- Sur ce papier violet mon regard prend racine -
" A la honte de la chair " ne sont pas de moi Je reprends
le fil mal dénoué de l’écheveau diurne
et violemment me tais Je persiste au silence Et je résiste au sel
du seul sempiternel mot qui m’affronte
Cet émoi enamouré de la honte
Tours, chambre aux corbeaux, 27 août 2005
12:10 Publié dans Ecrit(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Codicille à la note intitulée "… ce que je crois"
Dimanche, deux heures et demie post meridiem.
Cette note appelle bien des commentaires de ma part, entre autres sur son caractère agaçant, elle est pénible à lire, j’en suis conscient, elle fut écrite au dos d’une fiche bristol de format A5, et heureusement, car allez savoir où m’aurait conduit ma logorrhée sur une feuille A4, ou face à un clavier (comme c’est le cas actuellement), mais le principal commentaire que je voulais faire portait sur une relative tricherie, en ce sens que, recopiant cette note, je n’ai pas modifié la structure de la phrase ni ajouté le moindre mot, mais j’ai corrigé une ou deux formulations maladroites, malheureuses, pour écrire tout de même un texte digne d’être publié dans ce carnétoile. Sinon, nulle tricherie, j’ai dit la stricte vérité, ma mémoire ne me jouant pas de tours car l’épisode narré est récent (je le daterais de février ou mars) et, de plus, ce genre de rendez-vous avec un couple d’étudiants n’est pas monnaie courante, d’autant moins quand les deux sont beaux, et, l’écrirai-je, oui, surtout la demoiselle, car c’est ainsi, j’aime les femmes et j’en suis heureux (voir à ce propos mes deux commentaires ici).
11:05 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 28 août 2005
Un frisson fou
Un soleil, samedi, embaumait mon jardin. Je lui criais Va-t-en ! éperdument. Si bien qu’il se moqua. Je lui criais Va-t-en sans cesse et plus doucement, si bien qu’il s’en alla.
Il me restait quatre soleils. (Ce n’est pas tant que ça, pour écrire un poème.)
La vie passe, et si tu la rates : un soleil s’évanouit.
Meule de foin dans le lointain : elle emprisonne le soleil à l’instar d’un miroir.
Le sort en est jeté, le soldat tombe : le soleil l’éclaire, l’éblouit, explose au feu de son armure.
Une méharée : feu le soleil.
Ce fut la nuit. Dans mon jardin la nuit. Dans ce jardin la nuit a fondé son empire.
20:05 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 27 août 2005
Brume *
Puisses-tu briser les ténèbres
Puisses-tu vaincre les soleils
Puisses-tu pétrir les lignages
Une flore s'esquissera
Aux trémolos de ton silence
Aux terreurs de tes souvenances
* en écoutant "Brume" (composition de Christophe Marguet)
13:35 Publié dans Ecrit(o)ures, Jazeur méridional | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
L’appel du carnétoile
Samedi, 5 h 50
Pourquoi est-ce que je me réveille à une heure pareille, pourtant endormi à minuit hier soir, après une belle soirée de cinéma et de lecture? Peut-être que, trop désireux de mettre en forme les notes rédigées au brouillon hier, j’ai été chaviré par l’appel du carnétoile…
06:02 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
vendredi, 26 août 2005
Parc où rêve un pierrot lunaire
Un moineau dort à ma fenêtre,
Une vitre se désembue.
Je n'ai jamais, à ma vie traître,
Vécu tant toute honte bue.
Où était ce pierrot lunaire?
D'où venait ce piaf amoindri?
Nous entrons, ce jour, dans une ère
Où le regard nous attendrit.
18:23 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
dimanche, 21 août 2005
Cheeky Japon
Un rondel féroce et surtout absurde, du 4 avril dernier...
Connaissez-vous Cheeky Japon,
Son gras joufflu bibendumesque,
Sa rousseur en tout barnumesque
Et monstrueusement burlesque?
---- Connaissez-vous Cheeky Japon?
Il en apprendrait aux Lapons
Sur la sueur intra-fourrure;
Et, de sa rouquine carrure,
Sur la puanteur des froidures,
Il en apprendrait aux Lapons!
Franchement, il a le pompon
Avec sa dégoûtante aisselle,
Ses flûtes à l'eau de vaisselle
Et son klaxon comme crécelle.
---- Franchement, il a le pompon!
Les 2 et 3 avril, nul trésor dans Outlook...
21:35 Publié dans Ecrit(o)ures, Ecrits intimes anciens, Indignations | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Chaudron de Chardin
Ce chaudron vivace qui ne
Pourrait en rien être miroir
A ce visage, je m'efface,
A la lame du couteau noir
Donnant ce sein fuligineux
Et poivrier du temps qui passe.
05:55 Publié dans BoozArtz, Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
lundi, 15 août 2005
Du ténia
Dans la série des poèmes parodiques "à clef" de ce mois de mars, un limerick, envoyé le 29 mars à plusieurs correspondants qui étaient dans la confidence:
There was a baker in Souvigny
Who said, 'Your poems ain't funny!
It's true that I stink
And I sleep in the sink,
But my Anal Tapeworm is indeed so skinny!'
23:25 Publié dans Ecrit(o)ures, Ecrits intimes anciens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 14 août 2005
Une pensée pour Marione et Simon
Apples! Apples!, ainsi que le fredonne Astaire
(Fred) qui ne trimait pas au fond d'un monastère!
Guillaume Cingal. Distiques pour ses amis
23:35 Publié dans Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Bucolique
J'inaugure avec cette note un nouveau genre d'envois. Ayant constaté que le genre épistolaire était finalement ce qui s'apparentait le plus à l'écriture bloguistique (bouteilles envoyées dans l'océan du Web), j'ai décidé d'exhumer chaque jour, selon un principe numérologique et chronologique que je vous laisse deviner, un courrier électronique par moi naguère envoyé.
Aujourd'hui, c'est un poème parodique adressé le 28 mars dernier. Il s'intitule Bucolique, et n'aura de sens que pour d'anciens souvignyens. Il est attribuéà Marcel Chédeau, dit Casque d'Or.
.................
En ce joli lundi de Pâques
Affecté par les giboulées,
Jacky Chipon, de sa matraque
A pétrir tarte et pain au lait,
Décochait, ivre bacchanale,
D'infâmes lapins cacao
Sur notre route vicinale,
Engendrant l'ire et le chaos.
Le dirai-je, que la mort l'arde,
Le maire qui passait par là
Goûta une aile de poularde
Et soudainement dégueula.
13:15 Publié dans Ecrit(o)ures, Ecrits intimes anciens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 13 août 2005
Dans la saumure
Le feuilleton informatique tourne au saumâtre: au lieu de passer ma première moitié d'après-dînée à écrire ces jolies petites notes qui font votre joie et inondent ce carnet, j'ai essayé de comprendre pourquoi mon portable rame comme ce n'est pas permis, et va le plus lentement du monde. En vain. Il refuse maintes opérations de sauvetage, et me laisse dans le désarroi.
J'avais rêvé quelques quatrains que je n'ai pas couchés sur le papier ni le clavier, je voulais poursuivre la réflexion sur les beaux vers, ne serait-ce que pour faire mentir Livy, je me sentais tenté de livrer quelques remarques sur le livre de Javier Toméo que j'ai commencé à lire ce matin, je voulais traduire Breyten, etc.
Au bilan, le dur rien, dont mon esprit s'agace.
18:18 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Villes (1)
9 juillet 1998 (mais écrit ce jour)
Dans le caveau, où que l’os tende
Une pitié de pacotille,
Chère, vêtez votre mantille
Et sous le vent qui nous titille,
Rallions prestement Ostende.
10:00 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 12 août 2005
Contradiction
Au moment où ploie la branche,
Où le fardeau s'atténue,
Je porte mon âme nue
Et mon esprit alourdi
Me laissant les coudées franches.
Le silence m'assourdit.
13:56 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Distique
Nous vîmes un vautour au col des Palombières,
Et, fauves, descendions vers nos viles litières.
(Du 11 août, sur le midi. Ecrit ce jour.)
09:25 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 08 août 2005
Blocage et blogage
J’ai écrit, il y a quelques jours, une très brève note sur la poésie et la philosophie, qui a suscité bien plus de commentaires, par son caractère allusif même. L’énigme suscite la réflexion, mais à quel prix?
22:55 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mercredi, 03 août 2005
Réflexion égarée, à publier près des étoiles
Le chatoiement des sentiments peine à se traduire avec assez d'ambiguïté dans les aphorismes ou le langage théorique. N'est-ce pas d'ailleurs la grande richesse de la poésie, et sa supériorité par rapport à la philosophie?
22:25 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Vaches maigres
Ce matin, aux comices agricoles de Hagetmau, les vaches n'étaient pas maigres, et le taureau joliment dénommé Pinson avait de massifs arguments. Ce carnet de toile, lui, ne divague plus et s'assèche; c'est de saison.
J'ai même une mauvaise nouvelle pour Livy: 43 au cube, dont je donnai ici, il y a quelque temps, le premier chapitre, est un texte inachevé, dont la totalité écrite a été livrée. Je conçois toutefois que la 1ère partie de Bribes ait pu susciter un tel regret. Je partage assurément ce regret, qui est le signe, qui sait, que je me suis amélioré au cours de la décennie passée. (Il faudrait que j'aille repêcher certains textes encore antérieurs, pour créer en ce lieu de saisissants contrastes.)
Tout cela donc nous menant à la constatation suivante: 43 au cube est un fragment de roman écrit le 4 avril 2004, et jamais suivi, peut-être sous l'effet conjugué de la contrainte trop stricte et du tempérament trop velléitaire de son auteur. Cependant, on peut imaginer d'écrire la suite de cet incipit délaissé, en suivant d'autres règles, en en faisant un roman plus traditionnel, ou un long poème en prose, selon le principe du feuilleton et à la demande des lecteurs.
J'y songe. Une suite à donner à 43 au cube? Ultérieurement, why not? Je manque en ce moment de temps même pour tenir ce carnet électronique, mais quand seront revenues les journées de vaches grasses, qui sait quelle mouche me piquera?
15:00 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 01 août 2005
Bribes, 1er épisode
Un vieux texte (huit ans déjà, ou peut-être même dix (maintenant que j'y repense, c'était pendant ma première année à Paris)) aujourd'hui soumis à vos yeux. J'avais vingt ans; ça ne date pas d'hier.
***
PARTITIONS
1
desrtyu désires-tu
parbfbi par défi
mplrlé me parler
désires-tu par défi me parler
mtnpne mais tu ne peux
frartklué articuler
mais tu ne peux articuler
mon pauvre ami que je te plains
mpfrhouanhikjtplhein
2
desrtyu le désert nu
parbfbi parcelle d'habit
mplrlé m'appelle et renaît
Le désert nu, parcelle d'habit, m'appelle et renaît
3
hgévovovolvolay
est-ce que vous vous voulez vous ce tricycle à moteur avec sa chevrotante voix de haute-contre éraillée de tant de tabac
tttaba
vous ne voulez pas ? c'est cent francs clefs en mains
kflenmé hein
oui oui clefs en main queld iscours d'ieuxdedieux
fanfavap
si si ça va qu'est-ce qui vous
ohohohohohohpoh eurkeurk
il a démarré tout seul c'est ça que vous vous vous voulez dire
jmaparkapar
oui oui moi aussi je m'y perds va savoir qui parle dans leur ânerie de sitcom débilisant
dbilbilbil
oui oui débilisant je n'ai pas peur !
papeur pompar
repose-toi
papeuir pompar
repose-toi
pepear pompom (repose-)
poypouirrr poampiar piar piar
rep
proyoualpirguer parampepuar pôumpam
re
pramouar parmuer rapomperpar
rapirpumpapur
.....................
(intermède)
Onrev ient drap la pro chainefois
l'appeau c'est la foi
froidfoij'ailes foies
Onrevientpeur la preu chainefroid
le camion passe une auréole de buée de temps de glace
rattrape le temps perdu une auréole de suées de sueur sous ces aisselles un vélo une bicyclette le coureur rivé au guidon guidons la marche des marcheurs la selle se soulève et propulse le coureur
........................
Moralité du premier épisode :
La cacophonie mesurée fait battre le pouls des peureux et fait taire les ambulances
19:00 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 28 juillet 2005
Sur des musiques de Guem, V
le serpent 11
..............
à peine une lancinante
incréée mélodie se meut
dans une atmosphère absente,
telle une plume d’émeu
colorée et bienfaisante
et c’est le retour du jeu
aux phrases hallucinantes
et au rythme tapageux
désormais la récurrence
de telle ou telle existence
dans les sphères du non-dit
ne sera multipliée
qu’à la manière, oubliée,
des proverbes inédits
16:05 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Herbe de l'oublie
Mieux
mieux même
mieux même encore
Mieux que le déroulement du ruban en immortelle débandade
J'ai mes oiseaux
dans une cage à tous les vents
Toujours ils restent dans la cage
une vie passe en sarabande
Touché
coulé
un peu de vie s'espace autant que ta lèvre
veuille s'abreuver à la mienne
Un cadavre nous accompagne
mais il est plaisant de le voir
baguenauder dans les fossés
Son ombre jamais ne s'allonge
et il a le nez débusqué
par nos regrets
nos escapades
Et nos émeutes dans la joie
11:15 Publié dans Ecrit(o)ures, Jazeur méridional | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Sur des musiques de Guem, IV
le serpent 2
............
mon fils souffle dans ses doigts
fait des bulles de joie
piaillements
trilles
roucoulades
des oiseaux imaginaires
et toujours
les tambours
où sont où sont où sont
les multiples musiques
où vont où vont où vont
par milliers les chansons
10:05 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Sur des musiques de Guem, III
le serpent 9
..............
marche marche
en avant peuple gémissant
en avant peuple sans frontières
en avant damnés de la terre
en avant buveurs de bière
gardiens de cimetières
gardiens de mausolées
gardiens du soleil
marche marche
prenez vos saris évaporés
prenez vos ténèbres
croupissez dans vos ténèbres
croupissez dans vos mouroirs
marche marche
marche aux quatre vents
marche aux dix horizons
marche aux douze saisons
aux quatorze soleils aux trente bataillons
marche
pas de devin
nul ne sait le mot de la fin
06:05 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 27 juillet 2005
Sur des musiques de Guem, II
le serpent 8
.............
un moine naguère me dit
de sa voix flûtée de vieux moine
l’esprit n’habitera jamais
les contrées dénuées d’esprits
se retournant dans son sommeil
il promettait d’autres détours
— de son esprit flottant comme une exhalaison
16:05 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 26 juillet 2005
Sur des musiques de Guem
le serpent 7
.............
rapide trémolo saccadé
poursuite au bord du gouffre
une biche aux abois
se multiplie dans les creux
les pleins et les déliés de la forêt
poursuite au bord du précipice
faut-il du moins d’autres victimes ?
16:05 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 24 juillet 2005
Clichés
Les quatorze photographies prises sur le site du dolmen représentent successivement:
1. A. sous le dolmen, penché, montrant du doigt un objet au sol (***)
2. A. devant l’entrée du dolmen, de trois-quarts
3. Mon beau-père aidant A. à gravir le dolmen
4. A. assis sur le dolmen, imitant, serré sur lui-même, la neige éternelle qui ne fond pas en haut des montagnes
5. A. mi-debout sur le dolmen, de profil, les deux bras tendus à la verticale vers la pierre
6. Mon beau-père, en plongée, faisant le tour du dolmen
7. A. et moi, assis sur le dolmen, «faisant la louche» sur fond de route
8. A. et moi, assis sur le dolmen, sur fond d’arbres
9. Mon beau-père et A., de dos, près de la fenêtre du dolmen qui donne côté route
10. Mon beau-père et A., en contre-plongée, capturés depuis l’entrée du dolmen, où je me tenais accroupi
11. A., en pied, un bâton à chaque main
12. C. devant la haie d’arbres
13. C. et A., entre la haie et le banc
14. Plan élargi par rapport à la précédente, avec le dolmen à l’arrière plan, à droite
17:40 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
samedi, 23 juillet 2005
Ardoisé (suite)
On peut imaginer d’inventer d’autres sens pour cet adjectif: un client fortement ardoisé (au comptoir); un peloton passablement ardoisé (c’est de saison); etc.
On peut aussi essayer d’écrire un sonnet utilisant quatre fois la rime en –oisé. Ou tout autre texte utilisant tous les mots du dictionnaire qui commencent par ard–. Vraiment, avec un dictionnaire, on ne s’ennuie jamais.
(Si ces propositions vous enthousiasment plus que les épitrochasmes, go ahead!
09:00 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
mercredi, 20 juillet 2005
43 au cube, chapitre 1
Chapitre 1
Depuis toujours, ou, du moins, depuis qu’il en avait souvenir, les nombres l’avaient fasciné, et cette fascination s’était tout d’abord exprimée dans son attention nettement marquée pour les plaques minéralogiques des voitures, camions, camionnettes, fourgonnettes, dès les années 1970 de sa petite enfance. Plus tard, très peu doué pour les leçons de mathématiques (ce que ne comprenaient nullement ses parents, fascinés qu’ils s’étaient retrouvés, eux, par cet enfant numérophile), il garda un net attrait pour les chiffres, les nombres, les séries et les différentes combinaisons possibles. Il s’adonnait notamment à des rêveries poussées autour des nombres premiers, dont la découverte, puis l’exploration, l’avaient plongé dans des abîmes nouveaux d’exaltation non contenue, à tel point qu’un exercice sur les nombres premiers, dans un devoir scolaire, ne serait pas nécessairement réussi : l’exaltation dans laquelle le plongeait la simple apparition du nombre 43, par exemple, suffisait à détourner son attention et à le priver du peu de logique qu’il avait à sa disposition, ce même lorsque ce 43-là n’avait aucun rapport avec les nombres premiers. Il faut bien avouer, mon cher Ariste, que, dans notre logiciel de traitement de texte, la fonction Statistiques est bien pratique, et même irremplaçable, puisqu’elle permet de connaître à tout moment le nombre de signes (ou de mots) du tout, ou d’un fragment. Ariste est un prénom que tu as entendu ce matin, dimanche 4 avril, boulevard Béranger, en te faufilant entre les badauds agglutinés qu’une importante (mais dérisoire) brocante avait aimantés en ce lieu que tu aimes par-dessus tout, car il évoque les paseos espagnols. Comme il était surtout passionné par la poésie, la littérature, l’écriture, l’idée lui vint un jour (sans nulle connaissance oulipienne) d’écrire un texte composé de 7 strophes de 49 heptasyllabes, et dont la forme consistait en l’alternance de sept rimes récurrentes, ABCDEFG, etc. L’heptasyllabe n’étant pas un mètre aisé, et la reprise lointaine de rimes sept fois récurrentes requérant une prouesse, il laissa son poème à l’état de projet, ce qui devait devenir d’ailleurs une constante pour lui, l’amour des ébauches le disputant à la velléité. Je n’ai jamais tant écrit que gommé ce que je venais d’écrire, je n’ai jamais tant bleui le papier que manié l’effaceur, je n’ai jamais tant acheté de pointes que de Tipp-Ex, je dis vrai, je suis l’éternel fossoyeur de mes propres travaux. Ariste, tu dois me croire, je dis vrai, je ne mens pas, j’ai tous les droits sur moi-même, aucun sur toi, je ne sais où je vais, voici le cinquième je, le deuxième j’, le deuxième me, le deuxième moi-même de cette phrase. « Comme je vous le dis, ici ou ailleurs, nous recevions hier des amis d’Ariste chez nous, cela faisait presque une vingtaine d’enfants entre cinq et dix ans, qu’il fallait occuper, et je vous prie de croire que ce n’était pas une mince affaire. » L’écriture, pourtant, est largement une question d’accumulation, signes après signes, mots, phrases, tournez la page, aussi ne voit-on pas très bien ce que peuvent bien signifier ces gommes, ces effaceurs, ces Tipp-Ex, quand bien même il est impératif d’élaguer, de reprendre et réviser. Tout ce qu’Ariste trouve à répondre déçoit, désillusionne, déconstruit, tombe en lambeaux, s’amoncelle comme des poussières de toiles d’araignée au petit matin, sur le chemin toujours neuf des impressions fugaces, bribes, paroles défigurées, déliquescentes, comme au bon vieux temps de la poésie décadente. L’écriture de ce poème ne lui aurait pas coûté ; seulement, une fois l’idée formée, le projet élaboré, l’écriture elle-même ne présentait plus, pour Vincent, le moindre attrait, comme ces chansons qui obsèdent une journée durant, et dont l’écoute, au retour du travail, déçoit. Le « il » de ce récit s’appelle Vincent, ou, plutôt, le personnage que les premières phrases ont nommé, incertainement, « il », se prénomme Vincent ; ou plutôt, l’auteur vient de décider de le prénommer Vincent (comme cela sent la boutique !). Vincent, fasciné par les nombres mais surtout doué pour la littérature, se trouva dans une situation contraignante, qui consistait à écrire des textes en préservant intacte son obsession pour les nombres, ce qui laissait la porte ouverte, tout de même, à plusieurs possibilités. Les points-virgule ont la même valeur que les virgules, mais les deux-points sont équivalents à des points, ce qui est, d’ailleurs, une règle parfaitement arbitraire, qui ne peut s’appuyer, en guise de justification, sur aucun traité de grammaire ou de ponctuation, oh non.
09:10 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 15 juillet 2005
Objets
La moustiquaire, la lampe de chevet, la pile de livres en train, l’ordinateur portable, les quatre réveils qui ne fonctionnent plus (remisés au bureau), une cassette débobinée, plusieurs vieux annuaires, la caméra, l’exemplaire mal replié de Courrier international, la brosse à dents verte, l’assortiment hétéroclite des dictionnaires encyclopédiques de diverses époques, un rasoir Gillette Sensor, le dessus de lit dont l’on ne prend même pas la peine de recouvrir la couche…
06:45 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 09 juillet 2005
Non, ça n'a pas...
Non ça n’a pas été facile
Avec ce monde surpeuplé
Avec, de déments, cet asile,
Et vos millions de s’il vous plaît
Non ça n’a pas été facile
Un peu d’amour et de ferraille
La charité, les vifs regrets,
Dans la peau de fer qui cisaille
Tout près de vous éviscérer
Un peu d’amour et de ferraille
Les oiseaux regagnent leur nid
Et j’ai toujours perdu ma peine
Mon squelette assez dégarni
Mon crâne qui se désempenne
Mes livres du papier jauni
L’oisillon tombe de son nid
15:40 Publié dans Ecrit(o)ures | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
jeudi, 07 juillet 2005
Tombeau de P.M. (sonnet)
---Peiné de cette figure austère,
Il s’accroche aux cordes de sa lyre.
Etonné de n’être cette pierre,
Roulant, fier, des cocards sans collyre,
---Rêve-t-il à ces sons qui le font
Entrer dans l’âge des colophons ?
---Même ne restant sourd aux prières,
Il s’accroche aux cordes de sa voix.
---Comme il, en ces temps de désarroi,
Hâle son front couleur de bruyère,
Etonné de n’être ce pavois,
Lui, de naître aux sursauts vifs du lierre
Où, l’arbre arraché, fier il s’empierre,
Terrible, métamorphosé, froid.
07:15 Publié dans Ecrit(o)ures, Jazeur méridional | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 23 juin 2005
Quintil en -OPS
Après avoir quelque peu hésité, je vous livre un feuillet arraché au long livre des délires que généra, en mars dernier, une discussion débridée autour d'un boulanger qui sévissait naguère en la belle commune de Souvigny. Si ce n'est pas parler de la Touraine, cela...
***
Puant, cro-magnonnien, plus qu'un tricératops,
Et le gousset au jus d'une huître de Marenne,
S'il était suédois il vendrait des rollmops,
De la rate d'élan, des terrines de rennes...
Et de ses excréments ferait des CHOCO POPS...!
22:05 Publié dans Ecrit(o)ures, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 20 juin 2005
Réponse douce à Fuligineuse
Fuligineuse écrit que l'écriture du blog a certainement supplanté, pour moi comme pour d'autres fêlés (au rang desquelles elle se compte, je suppose), la plupart des autres activités.
Pas vraiment. En fait, l'écriture ne me prend pas tant de temps que ça, et cela se ressent sans doute dans mon style pas toujours assez retravaillé.
Je voulais justement ajouter une note ce soir, avant d'aller me coucher, pour raconter comment, ayant lu plusieurs chapitres de Du lyrisme, que je croyais avoir fini de lire mais que j'avais en fait délaissé à la salle de jeux, un après-midi de lassitude (physique, rien à voir avec un quelconque désaveu de mon J2M à moi), j'avais finalement changé de cap, lisant les premières pages de Purple Hibiscus (il serait temps...). C'est alors, après une dizaine de pages, que j'eus une conversation avec ma voisine de lit, qui me faisait remarquer les citations relatives à la masturbation qui accompagnaient l'article du Magazine littéraire consacré à l'ouvrage de Thomas Laqueur, Le sexe en solitaire, que toute l'intelligentsia française, ou ce qui passe pour tel, découvre cette année à l'occasion de sa traduction. Bref, relisant la citation de Montaigne et la trouvant curieusement tronquée, je fonce à la bibliothèque, me saisis du Garnier jaune, me mets à chercher le passage en question, qui se trouve, pour comble de malchance, dans l'Apologie de Raimond Sebond, le plus long des Essais (II, XII). L'ayant trouvé, je m'arrête aux pages circumvoisines avant de me perdre avec délices, allongé sur le lit de la chambre aux corbeaux, dans les premières pages de cet essai, si fortement réputé que je ne l'ai jamais lu, c'est tout dire.
Puis, m'avisant que je devais aussi mettre le rez-de-chaussée (pas d'inquiétude, je vous donnerai un plan de la maison some day) à aérer, je descends, lance l'ordinateur où, compulsivement, je vérifie la fréquentation et la tenue de mon carnétoile, lequel, c'est vrai, commence tout de même à m'envahir l'existence, et c'est en quoi, finalement, chère Fuligineuse, contre toute attente et au rebours de mes précautions oratoires liminaires, je vous donne entièrement raison.
23:00 Publié dans Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles, Lect(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



























