lundi, 12 septembre 2005

Epithalame pour Irène et Arbor

Donne, arc, notre île et l’est : trop rire, or noir.

Vacille, élégante, riant or noir, idéalement quelle unie étincelle : ah, brûle, arde, seul questionnement.

 

Parution simultanée

Viennent de sortir des Presses Apollinaire

les deux opuscules suivants:

Un beau vers

et

Quelques mots du faux Tourangeau,

 

destinés respectivement à VS et VP.

 

Ils devraient être expédiés

à leurs destinataires et dédicataires

demain,

à condition que le maître des lieux retrouve leurs adresses...

jeudi, 08 septembre 2005

Premier texte dicté

Oui je viens dans son temple adorer l'éternel.

C'est le premier vers qui m'est venu à l’esprit, ou plutôt la première phrase. Je découvre à l'instant le fonctionnement et les modalités d'utilisation du logiciel de dictée que m'a gentiment copié Arbor. L'installation n'a pris que deux minutes et l'enregistrement de ma voix, ainsi que sa mise en conformité avec le logiciel, dix minutes tout au plus. C'est très étonnant. Le fait de travailler dans un logiciel de traitement de texte est extrêmement pratique, dans la mesure où il est possible de corriger au clavier quand cette procédure est plus rapide que par la voix. Je pense d'ores et déjà que le texte que je suis en train d’improviser au micro prendra place dans le carnet de toile intitulé Touraine sereine. Je suis tout à fait ravi de constater, au montrer chair, mon adorable logiciel de dictée, que tu connais sans faillir le titre de mon blog, même si le mot blog t'est apparemment inconnu et même si je dois me déclarer surpris que l'apostrophe montrer chair devienne mon très cher. Dans la phrase qui précède, j'ai gardé volontairement l'erreur afin de montrer qu’elle venait tout autant de moi que du logiciel. Évidemment, c'était l'inverse : c'était mon très cher qui était devenu montrer chair, car j'avais syncopé sans doute les trois mots en deux, au point d’aboutir à cette confusion entre, d'une part, un pronom et un adjectif, et d'autre part, un verbe.

Pour l'instant, je ne suis pas convaincu que ce système soit plus rapide que la saisie manuelle par l'intermédiaire du clavier, mais il est beaucoup plus reposant pour les mains et les yeux. J'aimerais ici dire toute mon admiration pour les cinq informaticiens capables de mettre au point ce genre de technique, ce type d'outil d'une infinie utilité même si, dans l'immédiat, j'en use de manière quelque peu futile. J'aimerais aussi, et c'est peut-être là plus important encore, exprimer de vive voix, et presque aussitôt sur l'écran, mon amitié et ma sincère gratitude à Arbor, dont c'est ici le pseudonyme mais dont le vrai nom mériterait d'apparaître.

Je n’ai pour l'instant que des stupidités à écrire, ou des choses banales, mais bientôt ce sera une autre paire de manches. La seule chose qui ne soit pas banale dans ce que je viens de dicter, et qui constitue d'ores et déjà une note destinée à être publiée dans mon carnet de toile, c'est cet hommage à un véritable ami.

En effet, pour mon travail, je vais pouvoir dicter mes ébauches de cours, qui me serviront de trame, ou encore pouvoir passer outre le pénible exercice consistant à recopier un texte ou à le scanner, ce qui n'est jamais un gain de temps, loin s'en faut. Il y a aussi l'aspect de mon travail qui touche à la recherche, et Dieu sait que j'ai toujours de grandes difficultés à passer au stade de l'écriture, me contentant généralement pour les communications de versions incomplètes, d’ébauches, de plans détaillés que je me charge d’oraliser en une conférence, mais qui me redemandent un nouveau surcroît de travail quand il s'agit décrire l'article. Avec ce logiciel, je pourrai enfin gribouiller au brouillon, puis faire face à l'ordinateur ce que je fais dans les colloques : une improvisation maîtrisée et appuyée sur des notes.

Relisant l'ensemble de ce qui vient d'être écrit sous la dictée de ma voix numérisée, je corrige quelques menues inexactitudes syntaxiques ou graphiques, et m'interroge également sur le hiatus entre ma voix est le modèle standard de français oral qui doit servir de soubassement à ce remarquable logiciel. Je sais que ce logiciel est évolutif, que plus je prendrai le soin de lui faire corriger les erreurs qui ponctuent notre parcours commun, plus il s'améliorera et s'adaptera à ma voix. Mais je m'amuse en découvrant que le groupe nominal « les informaticiens » devient ici « les cinq informaticiens ». C'est sans doute que je marque une pause trop importante entre in et for. J'ai laissé cette scorie à sa place, car je trouvais cela comique, et je pense que les lecteurs de ce texte seront surpris de ce cinq énigmatique, sibyllin, car, que je sache, il n'y a pas moyen de connaître avec suffisamment de détail l'équipe qui a présidé à la création de ce logiciel. Donc, cher lecteur, plus chère encore lectrice, ce cinq finit par trouver son explication.

Je viens de passer vingt minutes à écrire ce texte, en incluant les corrections apportées par l'intermédiaire du clavier. Il me reste à programmer ma voix pour la langue anglaise, si cela est possible, et à publier cette note presque instantanément dans mon carnétoile.

mardi, 06 septembre 2005

6 septembre, cinq heures

L’écran de mon nouveau portable luit comme un miroir de bordel. C’était le bordel dans le bureau; pendant que le chauffagiste travaillait à l’entretien du chauffe-eau, j’ai fait du rangement. Ça chauffe dans la chambre aux corbeaux, où s’entassent plusieurs documents devant servir à l’écriture de notes. N’ôte pas tes yeux de et écran. L’écran me renvoie mon image assombrie.

vendredi, 02 septembre 2005

L'instar

De vertes plaines arborées, où un chemin se décolore. Une nuée de rides, aux mondes effarés. Une brise lactée, dont l'odeur m'environne. Une boule de feu, qui nous emportera.

D’un portrait de M.L. par André Masson

Est-ce une torche

Ou un verre renversé

Que vous tenez à la main

Droite, comme la main gauche

Vous dissimule la tronche ?


Ce crayonnage

Aussi compose volutes

Echappées peut-être d’un

Cendrier fuligineux

Suie de votre personnage.

mercredi, 31 août 2005

Prolongement d'OBJET SANS NOM

A. jouait dans sa chambre, à ses petites voitures, et comme, ayant saisi son (faux) appareil photographique, il m'a demandé de poser pour lui, je me suis assis à son petit bureau, où je me suis emparé de son feutre-toupie, ai fait quelques jolies irisations sur une feuille de brouillon, ai caressé momentanément l'idée de "dessiner" une série abstraite et à fort ancrage théorique histoire d'agacer le Vrai Parisien qui s'agace à juste titre de certaines dérives, puis ai composé le petit quintil puéril publié il y a deux heures (j'écris tout ceci de nuit, quand tout dort). Afin que l'on voie combien la manie des chiffres & des nombres me poursuit aussi dans la composition poétique, j'ai écrit ce quintil sur une alternance bancale d'heptasyllabes (mon vers préféré) et d'octosyllabes, pour aboutir à une première version, dans laquelle le cinquième vers rimait en -eutre.

Ayant compté le total des syllabes, j'ai constaté que ce quintil se composait de trente-huit syllabes ((2x7)+(3x8)=38), ce qui a fait naître l'idée d'un distique employant un vers inusité de dix-neuf syllabes, d'où la rime inattendue du dernier vers (rose âgée), apparemment isolée mais qui rime en fait (quoique approximativement) avec objet.

Je donne ici derechef le texte du dérisoire quintil:

Faut-il l'appeler toupeutre
Ou tenter le mot feuoupie
Pour cet objet qui sert de feutre
Et qui, toton, met en charpie
Ses orbes d'un rose âgé?

......................

Sachez par ailleurs que l'objet en question (si l'on s'en tient à la marque déposée de la toupie-feutre rose) se nomme un Doodletop, composition nominale en partie onomatopéique et à ce titre difficilement traduisible. Au moins, l'anglais ne s'effraie pas du néologisme, ce qui m'a remis en mémoire un passage d'un roman de Paul Auster, le troisième tome de la Trilogie new-yorkaise, me semble-t-il, dans lequel le narrateur rencontre un vieil homme obnubilé par la nécessité de donner un nom spécifique et donc nouveau à des obets sans signifiant précis (ainsi, crois-je me souvenir, un parapluie qui ne s'ouvre plus n'est plus un parapluie, il faut lui trouver un autre nom etc.). Un feutre qui est aussi une toupie (et ne dessine bien, d'ailleurs, qu'en gyration) doit avoir un nom jusque là inconnu.

Objet sans nom

Faut-il l'appeler toupeutre
Ou tenter le mot feuoupie
Pour cet objet qui sert de feutre
Et qui, toton, met en charpie
Ses orbes d'un rose âgé?

mardi, 30 août 2005

Epigraphe

Nous, Olivier** de Clisson
Et Marc-Antoine Charpentier,
Ensemble nous nous éjouissons
En ce fatidique sablier*.

................
* Synérèse obligatoire (en hommage d'ailleurs à Trompe-la-Mort de Brassens).
** Diérèse obligatoire (en hommage à...).

Elégie

Dans les feuilles, l'insecte net prêt à voler
Sur cette terriblement violacée mûre
Nous surprend dans le flou d'un monde inconsolé
Où s'obstinent ma voix mauve et ton doux murmure.

lundi, 29 août 2005

Codicille au précédent poème

Codicille au précédent poème

(écrit deux minutes plus tard)

 

Sans avoir seulement écrit le mot nocives

Alors que telle était, pourtant, mon intention,

Je viens d’user mes yeux comme on saigne gencives

Comme on pleure d’amour et hurle de passion

………………

J’ai, dans ma soif de vivre et ma chanson fardée,

Deux virgules qu’ici je ne peux encadrer

Après-midi de demi-brume

Le monde Cet émoi enamouré du monde

Je reprends le violent

vertige de ma vie Une étincelle brûle

Au creux de ma paupière un silence se fait

 

 

Dieu que ce clavier est sale que cet ordinateur est vieux que l’écran est près de mes yeux

 

 

Jamais je ne saurai à laquelle féconde

seconde de ma vie Ce monde le sait bien

Ô ce monde adoré ô cette pénitence

Je reprends le volant

des mains de l’adversaire Et nul ne peut me taire

Un avenir radieux se love dans un creux

 

 

Installé dans ce ghetto dans la chambre dite " aux corbeaux "

Cet ordinateur oubliait que le monde allait de son train sans lui sans ses pannes ses refrains

 

 

Ici dans cette pièce assis à ce bureau

Je regarde alentour et tout n’est que poussière

Araignées téméraires fanfares timides

Les novices se sont approchées sans bruit de mon fauteuil

Elles disent répètent hèlent enfin la nuit

où bêlent les brebis galantes du Seigneur Juste un coup d’œil

 

 

Ses psaumes tendus

La bécane esseulée revit renaît respire

 

 

Et les premiers mots que je vois

- Sur ce papier violet mon regard prend racine -

" A la honte de la chair " ne sont pas de moi Je reprends

le fil mal dénoué de l’écheveau diurne

et violemment me tais Je persiste au silence Et je résiste au sel

du seul sempiternel mot qui m’affronte

Cet émoi enamouré de la honte

 

 

Tours, chambre aux corbeaux, 27 août 2005

Codicille à la note intitulée "… ce que je crois"

Dimanche, deux heures et demie post meridiem.

 

Cette note appelle bien des commentaires de ma part, entre autres sur son caractère agaçant, elle est pénible à lire, j’en suis conscient, elle fut écrite au dos d’une fiche bristol de format A5, et heureusement, car allez savoir où m’aurait conduit ma logorrhée sur une feuille A4, ou face à un clavier (comme c’est le cas actuellement), mais le principal commentaire que je voulais faire portait sur une relative tricherie, en ce sens que, recopiant cette note, je n’ai pas modifié la structure de la phrase ni ajouté le moindre mot, mais j’ai corrigé une ou deux formulations maladroites, malheureuses, pour écrire tout de même un texte digne d’être publié dans ce carnétoile. Sinon, nulle tricherie, j’ai dit la stricte vérité, ma mémoire ne me jouant pas de tours car l’épisode narré est récent (je le daterais de février ou mars) et, de plus, ce genre de rendez-vous avec un couple d’étudiants n’est pas monnaie courante, d’autant moins quand les deux sont beaux, et, l’écrirai-je, oui, surtout la demoiselle, car c’est ainsi, j’aime les femmes et j’en suis heureux (voir à ce propos mes deux commentaires ici).

dimanche, 28 août 2005

Un frisson fou

Un soleil, samedi, embaumait mon jardin. Je lui criais Va-t-en ! éperdument. Si bien qu’il se moqua. Je lui criais Va-t-en sans cesse et plus doucement, si bien qu’il s’en alla.

Il me restait quatre soleils. (Ce n’est pas tant que ça, pour écrire un poème.)

La vie passe, et si tu la rates : un soleil s’évanouit.

Meule de foin dans le lointain : elle emprisonne le soleil à l’instar d’un miroir.

Le sort en est jeté, le soldat tombe : le soleil l’éclaire, l’éblouit, explose au feu de son armure.

Une méharée : feu le soleil.

Ce fut la nuit. Dans mon jardin la nuit. Dans ce jardin la nuit a fondé son empire.

samedi, 27 août 2005

Brume *

Puisses-tu briser les ténèbres
Puisses-tu vaincre les soleils
Puisses-tu pétrir les lignages

Une flore s'esquissera
Aux trémolos de ton silence
Aux terreurs de tes souvenances



* en écoutant "Brume" (composition de Christophe Marguet)

L’appel du carnétoile

Samedi, 5 h 50

Pourquoi est-ce que je me réveille à une heure pareille, pourtant endormi à minuit hier soir, après une belle soirée de cinéma et de lecture? Peut-être que, trop désireux de mettre en forme les notes rédigées au brouillon hier, j’ai été chaviré par l’appel du carnétoile…

vendredi, 26 août 2005

Parc où rêve un pierrot lunaire

Un moineau dort à ma fenêtre,
Une vitre se désembue.
Je n'ai jamais, à ma vie traître,
Vécu tant toute honte bue.

Où était ce pierrot lunaire?
D'où venait ce piaf amoindri?
Nous entrons, ce jour, dans une ère
Où le regard nous attendrit.

dimanche, 21 août 2005

Cheeky Japon

Un rondel féroce et surtout absurde, du 4 avril dernier...

Connaissez-vous Cheeky Japon,
Son gras joufflu bibendumesque,
Sa rousseur en tout barnumesque
Et monstrueusement burlesque?
---- Connaissez-vous Cheeky Japon?


Il en apprendrait aux Lapons
Sur la sueur intra-fourrure;
Et, de sa rouquine carrure,
Sur la puanteur des froidures,
Il en apprendrait aux Lapons!


Franchement, il a le pompon
Avec sa dégoûtante aisselle,
Ses flûtes à l'eau de vaisselle
Et son klaxon comme crécelle.
---- Franchement, il a le pompon!


Les 2 et 3 avril, nul trésor dans Outlook...

Chaudron de Chardin

Ce chaudron vivace qui ne
Pourrait en rien être miroir
A ce visage, je m'efface,
A la lame du couteau noir
Donnant ce sein fuligineux
Et poivrier du temps qui passe.

lundi, 15 août 2005

Du ténia

Dans la série des poèmes parodiques "à clef" de ce mois de mars, un limerick, envoyé le 29 mars à plusieurs correspondants qui étaient dans la confidence:

There was a baker in Souvigny
Who said, 'Your poems ain't funny!
It's true that I stink
And I sleep in the sink,
But my Anal Tapeworm is indeed so skinny!'

dimanche, 14 août 2005

Une pensée pour Marione et Simon

Apples! Apples!, ainsi que le fredonne Astaire
(Fred) qui ne trimait pas au fond d'un monastère!

Guillaume Cingal. Distiques pour ses amis

Bucolique

J'inaugure avec cette note un nouveau genre d'envois. Ayant constaté que le genre épistolaire était finalement ce qui s'apparentait le plus à l'écriture bloguistique (bouteilles envoyées dans l'océan du Web), j'ai décidé d'exhumer chaque jour, selon un principe numérologique et chronologique que je vous laisse deviner, un courrier électronique par moi naguère envoyé.

Aujourd'hui, c'est un poème parodique adressé le 28 mars dernier. Il s'intitule Bucolique, et n'aura de sens que pour d'anciens souvignyens. Il est attribuéà Marcel Chédeau, dit Casque d'Or.

.................

En ce joli lundi de Pâques
Affecté par les giboulées,
Jacky Chipon, de sa matraque
A pétrir tarte et pain au lait,

Décochait, ivre bacchanale,
D'infâmes lapins cacao
Sur notre route vicinale,
Engendrant l'ire et le chaos.

Le dirai-je, que la mort l'arde,
Le maire qui passait par là
Goûta une aile de poularde
Et soudainement dégueula.

samedi, 13 août 2005

Dans la saumure

Le feuilleton informatique tourne au saumâtre: au lieu de passer ma première moitié d'après-dînée à écrire ces jolies petites notes qui font votre joie et inondent ce carnet, j'ai essayé de comprendre pourquoi mon portable rame comme ce n'est pas permis, et va le plus lentement du monde. En vain. Il refuse maintes opérations de sauvetage, et me laisse dans le désarroi.

J'avais rêvé quelques quatrains que je n'ai pas couchés sur le papier ni le clavier, je voulais poursuivre la réflexion sur les beaux vers, ne serait-ce que pour faire mentir Livy, je me sentais tenté de livrer quelques remarques sur le livre de Javier Toméo que j'ai commencé à lire ce matin, je voulais traduire Breyten, etc.

Au bilan, le dur rien, dont mon esprit s'agace.

Villes (1)

9 juillet 1998 (mais écrit ce jour)

Dans le caveau, où que l’os tende
Une pitié de pacotille,
Chère, vêtez votre mantille
Et sous le vent qui nous titille,
Rallions prestement Ostende.

vendredi, 12 août 2005

Contradiction

Au moment où ploie la branche,
Où le fardeau s'atténue,
Je porte mon âme nue
Et mon esprit alourdi
Me laissant les coudées franches.

Le silence m'assourdit.

Distique

Nous vîmes un vautour au col des Palombières,
Et, fauves, descendions vers nos viles litières.


(Du 11 août, sur le midi. Ecrit ce jour.)