mercredi, 17 juin 2009
Comment, sinon, tournerait le manège ?
Chaque année, depuis disons dix ou douze ans, je me dis que je n'ai jamais autant travaillé et que ça se calmera à l'avenir. Ce qui est certain, c'est que je n'ai jamais autant travaillé que cette année...
Si, peut-être les années de prépa et d'agrég, mais à cette époque-là, je n'avais pas de vie de famille, et c'était toujours du travail intellectuel et intéressant.
(Peu après la création de ces carnets, j'avais créé la rubrique WAW, William At Work : or, si je travaille, par définition je n'ai pas le temps d'écrire des billets. Plus exactement : si je prends quelques instants de répit dans mon travail pour écrire un ou des billets (et il m'est arrivé d'en écrire douze une journée de dur labeur), ce n'est pas pour parler de mon travail, tout de même !)
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mardi, 06 mai 2008
Fac d'empoigne
Entre deux surveillances d'examen, occupé à préparer un sujet d'EHP (je sais, c'est cryptique : je fais exprès), je réponds au téléphone :
- Allô ?
- Allô, ici la Maison de Retraite des Fargeaux [orthographe non contractuelle].
- Oui ?
- Ce serait pour avoir un petit renseignement : quel prix faites-vous sur le melon ?
- Euh, pardonnez-moi, mais à qui pensez-vous parler exactement ?
- Ben, je ne suis pas aux Halles ?
- Non, vous êtes à l'Université François-Rabelais, dans un bureau d'enseignant. Je pense que vous avez fait un faux numéro.
- Ah...
C'est, malgré tout, la saison du melon.
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lundi, 21 janvier 2008
Spice of life
SCANNERS s'affiche à l'écran. Je lance l'enregistrement, puis j'éteins le téléviseur, afin de retourner m'asseoir à la table du salon, où trônent pas moins de quatorze livres, qui forment de petites piles, ou qui, ouverts, voire se maintenant ouverts les uns les autres dans une saine camaraderie, m'offrent leurs phrases, leurs colonnes, leurs alignements. Certains poèmes, relus pour la dixième fois, ont un charme diffus. M'agace le métier dont Dana Gioia fait montre, les aspects les plus prévisibles de sa poésie : ainsi, dans The Gods of Winter, le dernier poème de la première section s'intitule "Planting a Sequoia", & le premier poème de la dernière section "Becoming a Redwood". Alors, il est bon de relire "The Next Poem", qui reste si touchant.
-------------- Perdu les traces de tout en me replongeant dans mon vieux volume des poèmes de Spicer, acheté à Cambridge en 1996, je revois très précisément où, oui, dans quelle librairie d'occasion, comme je me rappelle la conversation qui s'ensuivit avec Jean-Pascal, et en m'y replongeant, toute la joie de cette poésie sauvage et vibrante se mêle à la nostalgie d'une époque nevermore. (Toutes les époques sont never more.) --------------
Comme l'impression de patiner à force de tenter les jonglages ne diminue pas, je me dis que la nuit porte conseil (et je l'écris). Mais la nuit a commencé sans moi, et je m'en remets à la lampe.
22:54 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, écriture, Ligérienne
vendredi, 21 décembre 2007
Culbutinage de solstice
Ce matin, j'ai eu la bonne surprise, en parcourant les rayonnages de littérature américaine au S.C.D., de découvrir que deux ouvrages de Lyn Hejinian que j'avais fait commander en vue du colloque Poets & Theory étaient déjà disponibles. J'ai aussi emprunté The King de Donald Barthelme pour ma mère et une édition ancienne de la corespondance de Keats. Bardé de ces ouvrages, je me suis rendu en salle 128, où j'ai surveillé pendant trois heures les étudiants de mes groupes de traductologie et de thème.
Commencé à lire la pièce de Tomson Highway, The RezSisters (dont je préfère orthographier le titre sans espace, afin d'accentuer le jeu de mots, plutôt que la troncation). À cette occasion, je me suis interrogé in petto sur les différences sémantiques entre deux composés adjectivaux proches, heart-broken et broken-hearted.
Au cours de la seconde surveillance, j'ai commencé la lecture du long poème de Lyn Hejinian, The Fatalist (qui me plaît beaucoup plus que son autobiographie en prose, My Life, que j'avais abandonnée, désemparé par tant d'inquiétante abstrusion), mais aussi le roman de Barthelme, qui est très drôle (40 pages savoureuses, affaire à suivre), non sans répondre à diverses questions et surveiller les étudiants (ce qui ne sert pas à grand chose : même s'ils trichent, dans ces épreuves, cela n'apporte rien), ni sans jeter un oeil aux différents essais qui constituent le volume de Hejinian, The Language of Inquiry.
Cette après-midi, en ville, diverses courses (notamment rue Nationale, qui grouillait d'étudiants), et visite de l'exposition Itinéraires. 39 artistes en Indre-et-Loire au Château de Tours. Keats ne m'a pas écrit.
19:09 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Littérature
jeudi, 13 décembre 2007
Flaque zircon
Bosser dur : c'est le moment même où le travail n'avance pas. Je trime en n'en foutant pas une rame. Il est vrai que, sur mes terres, il y a deux types de travail qui, intensément, effrontément, se chassent l'un l'autre, comme la limaille sur l'aimant.
Depuis lundi, les images assagissent le flot tumultueux de la vieillesse orpheline.
(Je n'avais même aucun souvenir de ce roman de Colson Whitehead, que je n'ai pas lu en entier, me semble-t-il. Le billet vaut aussi pour les deux titres qui l'encadrent. Il eut des remords de ne plus écrire de textes pour son Fouillis. Le chagrin lâche la bonde, mais l'eau stagne dans le bidet. Tout de même, en trente mois, tout ce que tu as pu débiter comme âneries... Il n'y a plus de billet vert sur ma carte bleue : je répète : il n'y a plus de bas bleu dans mon carnet vert.)
On se retrouve à Saint-Pierre des Corps, pour une valse. La maîtresse ne connaît pas les mules impressionnantes des corridas. La mule n'est pas l'ânon : noyer le poisson.
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En bonus : les pratiques débiles de la maison Gallimard.
23:23 Publié dans Comme dirait le duc d'Elbeuf, Ecrit(o)ures, WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Nincom-
C'était ce matin. Pas mal. (Pas une torture pour lui, on espère.) Manque de temps (je)*.
Dire que j'ai oublié de lui poser une question sur noncoms.
(Oui : noncoms.)
* Déjà Djibouti dérive en tous sens, centre absent. Reviendra en son temps. (je) manquE dE tempS.
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mercredi, 05 décembre 2007
Mercredi, c'est tanneries
À onze heures moins vingt, un collègue m'a téléphoné pour me dire que tout le monde était coincé dehors, alors que le site devait rouvrir, dès huit heures, et ce après trois jours de fermeture administrative. Le mercredi est le seul jour de la semaine que je consacre à rester chez moi : famille et travail à domicile ; visiblement, je ne rate rien.
À Bordeaux-III, où les cours ont repris après trois semaines d'interruption (soit deux de moins qu'ici, à Tours), on vient d'annoncer aux enseignants et aux étudiants que le rattrapage des cours devait avoir lieu du 3 au 22 juillet. Il va de soi que, dans la mesure où la majorité des personnels et des étudiants, non grévistes, sont présents et prêts à assurer ou recevoir leurs cours, ce genre de "rattrapage" est illégal et qu'on ne saurait l'imposer.
Michel Lussault a, paraît-il, évoqué dans les colonnes de la NR la perspective d'un "semestre blanc" pour toutes les filières concernées par le blocage. On se dirige de facto, et comme je le répète depuis un mois maintenant, vers un redoublement pur et simple du semestre pour toute la promotion. Quel gâchis... Tout ça pour une centaine d'irresponsables qui ont pris prétexte de la LRU pour jouer à la guéguerre...
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lundi, 03 décembre 2007
La lutte anti-LRU, c'est ça...
Ce matin, les cours devaient reprendre sur le site des Tanneurs ; c'était la dernière chance de sauver le semestre, menacé sinon d'annulation pure et simple. Apparemment, certains cours ont pu avoir lieu à Fromont, mais ce fut, rue des Tanneurs, une jolie pantalonnade (une de plus).
Comme la réouverture du site était annoncée pour 10 heures, je suis arrivé à 9 h 30 ; il était impossible d'entrer par le parking, et moins encore par les autres accès. Tout était fermé, et des centaines d'étudiants et de collègues battaient le pavé. Plusieurs groupes de bloqueurs, rassemblés par poignées de huit ou dix, et tous ou presque à visage couvert (écharpe ou pull-over jusqu'au-dessous des yeux), patrouillaient de ci de là. Il y avait aussi plusieurs fourgons de CRS.
Nous avons bientôt appris que des bloqueurs avaient réussi à entrer dans le bâtiment, à bloquer de nouveau de nombreuses issues avant de se réfugier dans la bibliothèque universitaire, non sans avoir forcé l'entrée en démontant une partie du rideau de fer. Tous, collègues, étudiants, secrétaires, nous étions là, dehors, à attendre de voir si le bâtiment allait ouvrir.
Un concours blanc du CAPES d'anglais devait avoir lieu ; en voyant l'heure tourner, nous avons décidé, la collègue qui devait m'aider à distribuer les sujets et à surveiller et moi, de renvoyer les étudiants à leurs chères études (c'est le cas de le dire) et d'organiser le devoir ultérieurement sous forme électronique (ce qui ne va pas sans poser quelques complications, mais enfin...).
Vers onze heures et quart, comme le site n'ouvrait toujours pas, et comme je discutais avec plusieurs collègues, dont une maître de conférences d'italien que je connais un peu et que j'aime bien, le sémillant Benoît La Francesca (que nous avions tous vu, depuis plus d'une heure, aller d'un groupe de bloqueurs à l'autre, et bouillonner d'en découdre avec les CRS) s'est approché de notre petit groupe, et, interrompant notre conversation, a commencé à parler à cette collègue en italien, et en lui disant, en substance, qu'il ne fallait pas discuter avec des garçons comme moi. Trouvant très cavalière cette façon de faire, je lui ai dit sur un ton amusé qu'elle était capable de décider seule qui elle pouvait fréquenter. Sur quoi Benoît La Francesca : "je ne vous parle pas, à vous". Tandis qu'il continuait son discours comminatoire en italien (dans lequel des mots tels que sbiri et fascisti trouvaient naturellement leur place), je lui ai fait remarquer qu'il était paradoxal, d'un point de vue strictement linguistique et performatif, de dire à quelqu'un qu'on ne s'adresse pas à lui. Sur quoi Benoît La Francesca : "je te parle pas, je te dis, et me cherche pas ou je te pète la gueule". Là, je dois avouer que je n'ai fait aucune remarque sur l'aspect éventuellement performatif de cette docte saillie... sans doute est-ce par lâcheté, d'où la phase testiculaire qui s'est ensuivie...
Une fois que Benoît La Francesca eut lâché son "je te pète la gueule", il a été appuyé, dans son discours d'une haute tenue, par un étudiant "bloqueur" qui passait alors près de nous, que je n'avais jamais vu et qui m'a traité de "nazillon visqueux". Ils s'éloignèrent alors tous deux, touchant tableau, et comme je demandais, sans grand espoir d'éclaircissement, ce qui pouvait me valoir le qualificatif de "nazillon visqueux", Benoît La Francesca s'est retourné pour me hurler à la face que je n'avais "pas de couilles".
Les collègues témoins de la scène étaient édifiés. Pour ma part, j'étais très surpris d'avoir même gardé un calme olympien, ce qui n'est pas dans ma nature.
Il faut savoir que M. Benoît La Francesca (dont je pseudonymise ici le nom) est professeur de rang A et que les propos qu'il tenait à la collègue (maître de conférences, comme moi, et donc de rang B) étaient non seulement insultants à mon égard, mais également une menace voilée vis-à-vis d'elle. Bref, en quelques minutes, ce charmant monsieur s'est comporté en mandarin fier de son statut de "rang A", tout en faisant preuve de sexisme, de radicalisme idéologique (pour dire le moins), de goujaterie, et, pour tout dire, en démontrant l'étendue de sa violence. À présent, j'attends de voir si les syndicalistes du SNES-Up, qui ont toujours soutenu ce merveilleux démocrate et polémiste subtil, continuent de lui confier les fonctions de porte-drapeau de la cause syndicale...
En fin de compte, les bloqueurs sont partis manifester, escortés par la troupe des CRS ; il a été annoncé que le site n'ouvrirait pas ce jour, et je suis allé prendre un verre avec quelques amis, avant de rentrer à la maison, non sans avoir raccompagné un collègue chez lui et découvert un disque étonnant : Anna Livia Plurabelle, d'André Hodeir, mise en musique jazz très serrée et vibrante d'un célèbre chapitre de Finnegans Wake. Cela, et le vin de myrte corse, remonte le moral.
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vendredi, 30 novembre 2007
Tanneurs, vingt-cinquième jour
Ce matin, à peine arrivé, j'ai fait demi-tour, car le site des Tanneurs est entièrement fermé. Il s'agit, à ce que j'ai compris, d'une fermeture administrative en vue de remettre les bâtiments en ordre. Le site sera ouvert normalement dès lundi matin, et les cours reprendront.
L'agent à qui j'ai demandé si le site serait "sécurisé" lundi matin m'a répondu par l'affirmative. Autrement dit, la police sera présente ; ça promet...
09:30 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
jeudi, 29 novembre 2007
La vie entre guillemets
Une fois n'est pas coutume, je vais copier-coller ci-après la totalité du texte étudié ce matin en séminaire de sémiotique (master 1). Il s'agit d'un extrait des (très savoureuses) Prose Fancies de l'injustement sous-estimé et méconnu Richard Le Gallienne (texte publié en 1894). Quel entremêlement délicieux de satire, de parodie, d'auto-ironie, de réflexions l'air de rien sur le phénomène désormais (et depuis quelques lustres) baptisé intertextualité... ("Nous ne faisons que nous entregloser", écrivait Montaigne.)
Du point de vue de la stricte sémiotique, les sujets de réflexion ne manquaient pas : la métaphorisation du signe de ponctuation, notamment, nous a occupés quelque temps... Il faut vraiment que je pousse ma fréquentation de l'oeuvre de Richard Le Gallienne, dont un étudiant (lecteur de ce carnétoile, d'ailleurs) m'a demandé s'il avait des origines françaises. Sans rien en savoir, je n'ai pu que formuler l'hypothèse d'origines huguenotes et d'un exil à l'époque bénie des guerres de religion. This, however, remains a wild guess.
Je m'aperçois aussi qu'il n'a pas du tout été question de l'allusion, dans le second paragraphe, au conte fantastique dans lequel l'ombre prétend être la "substance". Il s'agit, à mon avis, d'une référence au Peter Schlemihl de Chamisso, une pierre encore dans le jardin des Romantiques.
Dans la mesure où il ne reste que trois séances, je pense que nous n'aurons pas le temps de traiter du magnifique sonnet de Gerard Manley Hopkins, God's Grandeur, ce que je déplore. [ Redécouvrant, ces temps-ci, la poésie de Jean Sénac, je suis resté admiratif, lundi dernier, du 14ème sonnet des Leçons d'Edgard ; or, il s'agit d'un ensemble de 25 poèmes d'un niveau plutôt inégal. ]
Mais voici l'extrait promis des Prose Fancies :
LIFE IN INVERTED COMMAS
As I waited for an omnibus at the corner of Fleet Street the other day, I was the spectator of a curious occurrence. Suddenly there was a scuffle hard by me, and, turning round, I saw a powerful gentlemanly man wrestling with two others in livery, who were evidently intent on arresting him.
These men, I at once perceived, belonged to the detective force of the Incorporated Society of Authors, and were engaged in the capture of a notorious plagiarist. I knew the prisoner well. He had, in fact, pillaged from my own writings; but I was none the less sorry for his plight, to which, I would assure the reader, I was no party. Yet he was, I admit, an egregiously bad case, and my pity is doubtless misplaced sentiment. Like many another, he had begun his career as a quotation and ended as a plagiarism, daring even, in one instance, to imitate that shadow in the fairy-tale which rose up on a sudden one day and declared himself to be the substance and the substance his shadow. Indeed, he had so far succeeded as to make many people question whether or not he was the original and the other man the plagiarism. However, there was no longer to be any doubt of it, for his captors had him fast this time; and, presently, we saw him taken off in a hansom, well secured between strong inverted commas.
This curious circumstance set me reflecting, and, as we trundled along towards Charing Cross, my mind gave birth to sundry sententious reflections.
After all, I thought, that unlucky plagiarist is no worse than most of us: for is it not true that few of us live as conscientiously as we should within our inverted commas? We are far more inclined to live in that author, not ourselves, who makes for originality. It is, of course, difficult, even with the best intentions, to make proper acknowledgment of all our "authorities" - to attach, so to say, the true 'del. et sculp.' to all our little bits of art. There is so much in our lives that we honestly don't know how we came by.As I reflected in this wise, I was drawn to notice my companions in the omnibus, and lo! there was not an original person amongst us. Yet I looked in vain to see if they wore their inverted commas. Not one of them, believe me, had had the honesty to bring them. Each looked at me unblushingly, as though he were really original, and not a cheap German print of originals I had seen in books and pictures since I could read. I really think that they must have been unaware of their imposture. They could hardly have pretended so successfully.
There was the young dandy just let loose from his band-box, wearing exactly the same face, the same smile, the same neck-tie, holding his stick in exactly the same fashion, talking exactly the same words, with precisely the same accent, as his neighbour, another dandy, and as all the other dandies between the Bank and Hyde Park Corner. Yet he seemed persuaded of his own originality. He evidently felt that there was something individual about him, and apparently relied with confidence on his friend not addressing a third dandy by mistake for him. I hope he had his name safe in his hat.Looking at these three examples of Nature's love of repeating herself, I said to myself: Somewhere in heaven stands a great stencil, and at each sweep of the cosmic brush a million dandies are born, each one alike as a box of collars. Indeed, I felt that this stencil process had been employed in the manufacture of every single person in that omnibus: two middle-aged matrons, each of whom seemed to think that having given birth to six children was an indisputable claim to originality; two elderly business men to correspond; a young miss carrying music and wearing eye-glasses; and a clergyman discussing stocks with one of the business men; I alone in my corner being, of course, the one occupant for whom Nature had been at the expense of casting a special mould, and at the extravagance of breaking it.
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lundi, 26 novembre 2007
Blocage aux Tanneurs, 4ème semaine
Les résultats du vote électronique au sujet d'une éventuelle reprise des cours dans les U.F.R. de Lettres & Langues et d'Arts & Sciences Humaines sont assez clairs : 1591 votants ; 81% en faveur de la reprise des cours ; 12% contre ; 7% d'"abstentions". (En effet, il était possible de voter blanc, en quelque sorte.)
Comme les A.G. d'étudiants grévistes avaient appelé au boycott de ce scrutin, on peut se réjouir d'une assez large participation, et surtout d'un résultat incontestable qui a bien mis en évidence qu'il existait une vaste majorité muselée qui désire reprendre le travail.
Comme on pouvait s'y attendre, les "bloqueurs" n'ont pas reconnu la légitimité de ce résultat, et, voyant que les différentes issues avaient été débloquées samedi et les chaises et tables rangées dans les salles, ils erraient ce matin comme des âmes en peine, par petits groupes hargneux, essayant désespérément de forcer les portes. Ils ont même bousculé délibérément un collègue qui avait eu le malheur de ne pas se pousser suffisamment à leur goût.
Ils ont donc agi comme suit : tout d'abord, ils ont allumé un feu de joie à l'accueil (porte M), ce qui a eu pour conséquence immédiate d'enfumer durablement la cage d'escalier. Puis ils ont décidé de déménager le site voisin d'Anatole France, d'où ils ont extirpé chaises, tables, etc., pour se livrer à leur habituel chambardement. Des étudiants m'ont raconté que les automobilistes regardaient passer ces groupes portant chaises et tables avec une mine effarée.
Il y a quelques instants, près de la salle 36, une échauffourée a eu lieu, qui n'a pas été loin de dégénérer. On se demande comment tout cela va finir.
10:50 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
vendredi, 23 novembre 2007
Violence verbale & inculture des bloqueurs, suite (hélas)
J'avais donné rendez-vous à mes étudiants, ce matin, afin de voir s'il était possible de faire cours, ou, à défaut, de répondre aux questions diverses qu'ils se posent et qu'ils me posent par voie électronique.
Le "comité d'accueil" très agressif qui nous attendait, les quelques étudiants venus prendre quelques conseils et moi, ce matin à neuf heures devant la B.U. ne donne, une fois encore, pas une très bonne image du mouvement de blocage. Trois "bloqueurs" m'ont traité de "débile", un autre m'a dit que "faire cours c'[était] inciter à la haine", et un autre enfin m'a déclaré droit dans les yeux : "vous allez en pâtir". Quand j'ai répliqué que c'était une menace, un autre m'a répondu que ce n'était pas une menace, mais un "conseil".
Pendant quelques secondes, je me suis demandé si on était en train de tourner un remake du Parrain aux Tanneurs, mais apparemment non : dire à quelqu'un qu'il va "en pâtir" après l'avoir traité de "débile", c'est lui donner un conseil. On admirera aussi par quelle captivante tournure d'esprit faire cours revient à "inciter à la haine".
Heureusement que deux étudiants de l'IUT de journalisme filmaient la scène... c'est intéressant pour la suite.
Toutefois, j'étais très heureux de revoir enfin des étudiants dans un contexte de travail. Pour le premier groupe, sur un total de 40 inscrits, il y avait quinze étudiants. Pas assez pour faire cours, donc, d'autant que les bloqueurs se montraient menaçants. Les quinze étudiants ont travaillé en bibliothèque, et j'étais présent pour répondre à leurs questions et demandes d'éclaircissement sur tel ou tel point. Finalement, je faisais ce que j'aurais fait, de toute manière, par e-mail, si ce n'est que la conversation à plusieurs et de vive voix est toujours plus enrichissante et permet de lever plus rapidement les éventuels malentendus.
Pour le groupe de thème de L3, il y avait onze étudiants, sur une petite trentaine d'inscrits. Là encore, pas de cours à proprement parler, mais l'occasion de parler de problèmes spécifiques de syntaxe et de diverses subtilités lexicales.
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jeudi, 22 novembre 2007
Blocage, ça continue...
... mais ce sont surtout les étudiants qui restent chez eux, pour leur grande majorité, à flemmarder - alors que, dans la mesure où l'accueil n'est plus du tout tenu par les piqués piquets de grève, ils devraient tous être présents, au moins à la bibliothèque.
Du coup, je reprends mes cours : dès ce matin, le master 1, et le reste va suivre.
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mercredi, 14 novembre 2007
Appel d'un collectif d'étudiants de Tours
A l’attention de tous les étudiants !!!
L'éducation est un droit, on pourrait penser que dans le pays des droits de l'homme, il serait respecté. Ce n'est pas le cas pour tout le monde, surtout quand vous êtes opprimés par une minorité qui soi-disant défend des valeurs démocratiques et vous empêche d’assister à des cours.
La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (du 10 décembre 1948 en son Article 26) :« Toute personne a droit à l’éducation ».
Ne faisons pas l’amalgame entre anti- LRU et anti-blocage !!! Nous invitons tous les étudiants souhaitant reprendre les cours à se joindre à nous !!!
Quelle est la légitimité des AG ?
1) Le nombre d’étudiants présents dans un amphi n’est pas représentatif de la totalité des étudiants de l’Université François Rabelais Lettres et Langues. La totalité des étudiants de Tanneurs représente environ 7000 individus ; or il n'y en avait qu’environ 575 le 6 Novembre (soit à peine 10% du nombre total des étudiants) et environ 900 le 12 Novembre pour la poursuite du blocage (nous disons environ ici, car selon nous, compter des individus selon le nombre de mains levées est assez approximatif !).
2) L’autoproclamation des présidents d’AG s’est faite de façon brusque, rapide, ne permettant pas de réagir en conséquence.
3) Le vote à main levée est facilement trucable !!!
Conclusion : ces AG ne sont ni représentatives ni légitimes, c’est de la pseudo- démocratie !!!
Rattrapage des cours & examens
1) Suite à la motion votée le 13 Novembre par le Conseil de l’UFR, les enseignants ne donneront pas de cours de rattrapage, et la modalité de contrôle continu sera supprimée ; l’évaluation se fera de façon terminale. Les enseignants sont dans leur bon droit, conformément au Code du Travail : étant empêchés par certains étudiants d’exercer leur profession, ils ne sont aucunement dans l’obligation de rattraper les cours manqués.
2) Vous êtes boursier ? Sachez que le blocage de l’université, et donc le non accès au savoir, accroît l’échec aux examens étant donné que nous serons évalués comme si nous avions assisté à tous les cours. Or, l’échec aux examens est un motif pour supprimer votre bourse.
Conclusion : devons-nous subir bêtement la volonté d’une minorité ? NON !!!
Les solutions …
Réagissez ! N’attendez pas simplement que le blocage soit reconduit, car au final nous subirons tous les conséquences (lors des examens) de la volonté d’une minorité de l’Université ! Venez aux Assemblées Générales montrer que NOUS n’acceptons pas ! ! Signez les pétitions qui circulent ou réagissez sur les forums : par exemple http://pouroucontreleblocage.touraineblogs.com;
Joignez vous à nous : plus nous serons nombreux, plus nous ferons le poids ! Vous pouvez nous envoyer un mail pour afficher votre soutien et que l’on vous tienne informés : rpdt@hotmail.fr
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Blocage des Tanneurs : deux communiqués officiels importants
Je reproduis ci-après deux communiqués officiels, publiés tous deux hier. Le premier émane de la Présidence et montre à quel point nous sommes tous menacés par une dizaine de hooligans sans foi ni loi. Le second, qui engage l'ensemble de l'UFR Lettres & Langues, rappelle le principe de non rattrapage des cours, que j'ai déjà énoncé ici à plusieurs reprises.
Communiqué de la Présidence
A l'attention des étudiants et personnels de l'Université François-Rabelais,
La présidence de l'université vient de refuser la demande faite par une délégation de "l'assemblée générale" d'héberger à l'université de Tours, ce week-end, la coordination nationale des étudiants.
Ce refus a été motivé par de nombreuses discussions avec les collègues des Tanneurs et d'autres sites.
Il a été jugé impossible de répondre favorablement à cette demande à la fois pour des raisons de sécurité et de principe. La coordination demandait en effet la mise à disposition d'amphithéâtres pour organiser les débats et assurer le campement d'au moins une centaine de délégués, de samedi midi à dimanche soir. La présidence rappelle qu'elle a toujours refusé l'occupation de nuit des locaux universitaires, occupation qui ne nous permet pas d'assurer la sécurité des personnes et des biens. Il n'y avait donc aucune raison que nous l'acceptions à cette occasion.
Par ailleurs, la présidence a toujours fait état de son opposition au blocage de l'université, quelles que soient les revendications poursuivies. Ce dernier impose aux étudiants et aux personnels des conditions extrêmement difficiles depuis une semaine. Les filtrages et les contrôles d'entrée sont très péniblement ressentis par tous. La présidence ne pouvait donc pas cautionner, en accueillant cette coordination, le blocage de l'université comme outil systématique de revendication politique.
Ce refus peut avoir des conséquences que la délégation étudiante nous a clairement fait entrevoir.
La présidence demande donc à chacun de s'armer de patience et de sérénité pour traverser les prochains jours de tension qui s'annoncent. Elle rappelle qu'elle saura prendre toutes les mesures nécessaires afin de prévenir des débordements inacceptables pour tous.
MOTION VOTEE PAR LE CONSEIL DE L’UFR LETTRES ET LANGUES
LE 13 NOVEMBRE 2007Le Conseil de l’UFR Lettres et Langues rappelle son attachement au principe de la démocratie incluant, outre le droit de grève, le dialogue, le respect de l’autre et l’acceptation des règles démocratiques. Il précise que les enseignants ne sont pas grévistes : ils sont dans l’impossibilité d’accomplir leurs tâches d’enseignement en raison du blocage de la Faculté. Dans ces conditions, les cours n’ont pas à être remplacés et les examens auront lieu aux dates et selon les modalités prévues. Il exprime enfin son inquiétude pour l’avenir immédiat des étudiants en Lettres et Langues et son souci de ne pas voir pénalisées des formations qui sont déjà fragiles en raison notamment de la conjoncture et du marché du travail.
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Blocage, un texte de Caroline Maidon
Caroline Maidon m'ayant autorisé à reproduire son excellent argumentaire, publié sur le blog Pour ou contre le blocage***, je le fais sans vergogne. Cela fait plaisir de lire la prose d'étudiants intelligents...
Bonjour à tous, pro-bloqueurs et anti-bloqueurs confondus.
Je n'ai pas pu aller à l'AG d'hier, mais ce que dit Anne-Sophie n'est pas très étonnant : quand on se réunit ce week-end pour rejoindre les grèves qui dureront au moins jusqu'au 20, c'est difficile d'accepter que la fac soit débloquée, même si tout le monde ne désire pas la jonction des mouvements : les représentants auto-proclamés de 40 universités lancent un appel à une mobilisation générale contre le gouvernement, en bloquant par exemple les gares.
Cet été, l'Unef avait rendu un avis favorable à la LRU. A présent, c'est une atteinte aux droits des étudiants... Quel dommage que les étudiants ne soient citoyens que par intermitence, qu'ils ne se soucient des lois que lorsqu'elles sont votées et en attente de décrets d'application, un peu avant l'élection des représentants étudiants (n'y voyez surtout aucun lien, pas plus que dans le choix de la date du début du mouvement, les meneurs ne connaissent rien aux soviets...).
Les prétextes du blocage n'ont à mes yeux aucune validité. D'abord, il y a l'épineux problème des bourses : les étudiants boursiers ont le devoir d'assuduité, c'est-à-dire que s'ils manquent des cours on peut leur supprimer la bourse. Seulement, l'échec aux examens est aussi un motif de suppression de bourses, pour les bloqueurs comme pour les non-bloqueurs. De surcroît, même avant le blocage, aucune bourse n'a été supprimé les années précédentes quand il y avait un appel à manifester de la part des syndicats (renseignements pris auprès du CLOUS de Tours, j'essayerai d'obtenir aujourd'hui confirmation auprès du responsable régional que cela ne se produira pas en cas de déblocage de la fac).
Deuxième argument : "depuis qu'on a bloqué, c'est fou le nombre de personnes qui viennent aux AG". Effectivement, c'est une bonne constatation. Les anti-blocage viennent (en vain) aux AG. Seulement les gens sont-ils maintenant dans la rue parce qu'ils ont la profonde conviction que la loi est mauvaise, ou bien simplement parce qu'en bon moutons de Panurge, ils allaient en cours quand la fac était ouverte et qu'ils n'y vont plus comme elle est bloquée ? Le blocage n'a pas permis de convaincre les gens, il n'a pas permis d'informer les étudiants (avec toutes les affiches qu'il y avait à la fac, il était difficile de ne pas être au courant). Il a seulement permis de monter en épingle un mouvement politique et faire grossir les masses d'étudiants dont beaucoup ont abandonné leur sens critique.
Troisième argument : "c'est notre seul moyen de nous faire entendre". Il est vrai qu'on ne parlait pas du mouvement avant le blocage, sans doute parce que quand on défile derrière les syndicats de gauche qui militent contre la réforme des régimes spéciaux, on est assez peu visible. Mais même maintenant qu'ils disposent de la diffusion médiatique, l'université (du moins sur le site Tanneurs) continue d'être bloquée. Pourquoi ne pas bloquer la mairie, la préfecture, le palais de justice, organes du pouvoir que les étudiants entendent contester ?! Réponse d'un des étudiants : "on risque de finir en garde-à-vue". C'est le sentiment d'impunité qui les fait occuper la fac, et non une volonté de défendre leurs droits. Tout le monde est content que le blocage soit aux Tanneurs : les révolutionnaires en herbe savent où se retrouver, les autres facs (droit, science, etc.) continuent de fonctionner normalement (pas une affiche sur la LRU à la fac de sciences), le préfet et le maire savent parfaitement où se situent les troubles-fêtes, et n'ont plus à s'en préoccuper... Bref, seuls les étudiants qui voudraient étudier vont être pénalisés, avoir des examens aux rabais (s'ils arrivent à les avoir), gâcher leur avenir professionnel (déjà si précaire à en croire les manifestants). Faut-il sacrifier nos droits présents pour un bien futur qui nous garantirait un meilleur avenir ? Faut-il se laisser faire par les bloqueurs sous prétexte que, qui sait, peut-être que ce sera bien pour nous ?
Les AG, vaste mascarade pseudo-démocratique, n'ont à mes yeux aucune légitimité, aucune autorité. Cela ne m'a pas empêché d'assister à certaines d'entre elles. Je n'attendrai donc pas qu'on y décide le débloquage des Tanneurs pour agir. Une des pro-blocage que j'ai rencontré hier m'a dit ces quelques mots pleins de bon sens : "nous, on a tous les droits. Enfin, non, mais c'est pas grave, les droits on les prend." Au détriment de nos droits. Je ne laisserai pas une minorité m'empêcher d'avoir cours. On s'est battu pour avoir ces droits, mais on reste les bras ballants en les voyant bafouer. Ce n'est pas ma conception de la démocratie. Avant de céder à la violence (qui a mon sens ne résout rien), sachez que vous pouvez porter plainte contre les étudiants bloqueurs pour atteinte à votre liberté de circulation (c'est ce que je compte faire dès aujourd'hui). Et oui, nous ne sommes pas encore dans une dictature, ni le gouvernement ni les bloqueurs n'ont encore le droit de supprimer nos droits !
P.S. : 1 300 étudiants à l'amphi Thélème (selon certains bloqueurs), c'est contraire à toutes les règles de sécurité : le moindre incident et il y aura des morts. Si l'amphi est fermé, y aura-t-il autant de monde pour défendre dans le froid leurs idées ?Caroline Maidon
*** Soit dit au passage, il y a, à l'heure actuelle, sur ce blog, 87 votes contre le blocage et 13 en faveur du blocage. Cela n'est qu'une indication, mais tout de même...
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lundi, 12 novembre 2007
"Blocage" des Tanneurs & culture historique
Ayant théoriquement cours de neuf à onze ce matin, je me suis rendu à l'université dès 8 h 30, pour constater que le blocage voté mardi dernier en A.G. par 525 étudiants perdurait. Il y avait là une dizaine des étudiants à qui je devais faire cours, tous favorables à la reprise du travail ; ils étaient d'ailleurs venus pour tenter d'aller travailler en bibliothèque ou en salle informatique. Nous avons été retenus vingt minutes dehors, car les trois cerbères faisaient rentrer les étudiants et les personnels par "wagons", avant que d'autres "bloqueurs" ne les escortent, de manière plutôt musclée, jusqu'à la B.U..
Devant la B.U., une de mes étudiantes de troisième année continue de faire (très courageusement) signer une pétition contre le blocage du site.
Quoique mon devoir soit d'être présent aux Tanneurs pendant mes heures de cours, il faudrait que j'arrête d'y aller, car je reviens ulcéré par les conversations que je tiens avec les "bloqueurs".
Ainsi, la perle de ce matin revient à un étudiant qui insistait sur la nécessité de rattraper, une fois le blocage terminé, les cours annulés, et à qui j'expliquais, pour la énième fois, que cela était contraire au Code du Travail : il m'a alors doctement signifié qu'il ne "[s]e souci[ait] pas beaucoup du Code du Travail". Il me semble, quant à moi, le droit de tout travailleur à être rémunéré pour son travail fut, en son temps, une grande avancée démocratique. J'ai alors essayé d'expliquer que le rattrapage hypothétique des cours et des examens de contrôle continu annulés par les enseignants reviendrait à enfreindre tant le droit de grève que le droit de non grève... un peu comme si les cheminots grévistes demandaient à la direction de la SNCF de faire travailler les personnels non grévistes afin de compenser les effets de la grève ! L'étudiant m'a réitéré son peu d'intérêt pour ce genre de considération, et ses camarades n'avaient pas l'air choqués.
Quelle que soit la légitimité de ce mouvement de blocage, sur laquelle je ne veux pas revenir, on peut constater, en tout cas, que ce n'est pas la culture politique et historique qui étouffe ses "meneurs".
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EDIT :
Une étudiante a mis en place un blog de vote et de discussion Pour ou contre le blocage des Tanneurs ; elle m'a demandé de relayer l'information, ce que je fais.
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Enfin, je vais me consoler avec une bonne journée de travail hors site : rédaction de quatre rapports pour la Commission de Spécialistes, préparation de sujets d'examen, mise en place du calendrier d'épreuves de 1ère session du L3. Ajoutons, pour finir sur une note plus gaie aussi, que je ne sais pas quelle traduction de Moby Dick Didier Goux avait lue : il paraît que la traduction de Giono est du très grand n'importe quoi (passages supprimés, contresens à la pelle) et que la dernière en date, signée Philippe Jaworski pour la Pléiade, est très minutieuse et fidèle.
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vendredi, 09 novembre 2007
L.R.U., ils en ont parlé...
Comme, dans la situation actuelle, la question du blocage prend le pas sur le débat de fond autour de la L.R.U., je me permets de copier-coller ici, en l'adaptant en partie, ma réponse à Simon, qui me demandait ce que je pensais de la loi votée en août et qui déclenche de telles furies en novembre :
Il se trouve que, de mon point de vue, le vote de cette loi appartient déjà au passé. Pour commencer l'élaboration du contrat quadriennal 2008-2011 en juin dernier, les équipes pédagogiques ont suivi les lettres de cadrage du Ministère et de la Présidence, et c'est surtout sur ces points essentiels que nous avons débattu et travaillé en juin et juillet.
Plusieurs de mes collègues sont hostiles à cette loi, notamment en ce qui concerne la diminution de la représentativité élective au C.A., la présence accrue d'acteurs de la société civile et économique dans ces mêmes C.A., et le remplacement des commissions de spécialistes par des commissions ad hoc. Aucun de ces points ne me gêne vraiment, surtout quand on voit la foire d'empoigne que sont la plupart des C.A. et aussi le peu de légitimité de plusieurs commissions de spécialistes de par la France.
Le vrai sujet de débat, à mon sens, c'est la question du financement. La loi ne me gêne guère, en ce qu'elle ne "privatise" aucunement l'université. Mais, dans la mesure où les universités manquent de moyens et où le candidat Sarkozy jusqu'en mai et la ministre Pécresse depuis ne cessent de rappeler que plusieurs milliards d'euros supplémentaires seront injectés dans l'enseignement supérieur, on aimerait savoir où ira l'argent. Il est à craindre que seuls les diplômes "professionnalisants" récupèrent les fonds.
En l'espèce, on nous a demandé, dans les lettres de cadrage citées plus haut, d'être ambitieux pédagogiquement ; pendant ce temps, on nous faisait comprendre qu'il fallait travailler à moyens constants... C'est incompréhensible. Ainsi, le budget du département d'anglais a baissé de 12% en deux ans alors que l'inflation, dans le même temps, était de 7% ? Là est le fond du problème, et nullement dans la L.R.U.
Il reste beaucoup de flou autour de la première année de Licence. À un moment donné, lors des fameuses réunions de travail de juin dernier, nous avons cru comprendre qu'il serait possible d'ajouter 8 heures hebdomadaires de soutien pour 1/3 des promotions de L1. Comme tu le sais, cela serait suffisant pour compenser les très importantes lacunes des bacheliers. Mais cela représente aussi beaucoup de pognon ! Nous avons eu des échos contraires à ce sujet, de sorte que nous avons élaboré des projets permettant d'intégrer ce dispositif et attendons à présent, sans beaucoup d'illusions, le "retour" des expertises ministérielles.
18:18 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, L.R.U., Universités
Blocage des Tanneurs, 4ème jour
Vous trouverez ci-lié le communiqué de la Conférence des Présidents d'Université, auquel je souscris des deux mains.
Par ailleurs, j'ai écrit ce matin un bref courrier aux Doyens des U.F.R. d'Arts & Sciences Humaines et de Lettres & Langues. Le voici :
De : Guillaume Cingal , MCF Anglais-LEA
Directeur des études de LEA L1 et de LLCE Anglais L3
Messieurs les Doyens, Chers Collègues,
défavorable au blocage de l’université, je suis présent chaque jour sur le site et constate que la non-tenue des cours n’est pas de la responsabilité des enseignants. Par conséquent, il me semble contraire aux droits et devoirs des enseignants-chercheurs de remplacer les cours. Si le blocage dure plus de trois semaines, il sera également impossible de procéder à l’évaluation du contrôle continu.
Ce matin, Mme Pécresse a rappelé, sur différents médias, ce principe, en exprimant clairement l’idée que les enseignants ne devaient pas remplacer les cours. Je me réjouis de ce soutien de notre autorité de tutelle et aimerais savoir s’il est envisageable de publier un communiqué officiel de nos UFR allant dans ce sens, ainsi que d’en informer largement les collègues et les étudiants.
A titre personnel, je réponds d’ores et déjà aux étudiants qui me sollicitent que je ne transmettrai aucun travail par courrier électronique et ne remplacerai pas les cours annulés pour cause de blocage et pense que nous devrions adopter une attitude collégiale cohérente sur ces questions.
Salutations respectueuses,
Guillaume Cingal
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jeudi, 08 novembre 2007
Désert du jeudi
En moins d'une heure, j'ai discuté avec une trentaine de mes étudiants, qui déplorent tous que les étudiants défavorables au blocage restent chez eux, et qui se sentent, du coup, isolés. En effet, c'est regrettable, car tous les étudiants subiront les conséquences désastreuses de ce mouvement à la légitimité douteuse.
Les responsables de plusieurs filières m'ont dit qu'ils croulaient, comme moi, sous les e-mails d'étudiants inquiets. Au lieu de s'inquiéter dans leur coin, ils feraient mieux d'agir et d'occuper le terrain dans les A.G....!
Une étudiante de 3ème année a lancé l'idée d'une pétition, ce qui aurait le mérite de montrer qu'une immense majorité des étudiants est hostile à ce blocage.
12:48 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, L.R.U., Blocage, Université
mercredi, 07 novembre 2007
Quand les bloqueurs débloquent...
Aujourd'hui encore, j'ai pu constater de visu le comportement agressif et irresponsable des étudiants "bloqueurs". L'un de mes collègues, qui assurait un cours de concours (c'est-à-dire un cours non affecté, en théorie, par le blocage), a été dérangé trois fois par des étudiants qui l'ont violemment pris à partie. Dans une autre salle du rez-de-chaussée, j'ai assisté à l'une de ces altercations musclées ; ce n'était pas beau à voir...
Par ailleurs, deux étudiantes "bloqueuses" m'ont expliqué doctement que le devoir des enseignants était d'être "solidaires" du mouvement et de continuer à assurer leurs cours par mail, puis de rattraper les cours une fois la situation revenue à la normale ! C'est curieux : même le gouvernement de droite si universellement honni n'a pas réussi à nous imposer de travailler pour du beurre. Les syndicats étudiants responsables du blocage voudraient, eux, contraindre les enseignants à assurer des centaines d'heures supplémentaires non rémunérées...
On nage en plein délire...
Soyons donc clairs :
Le blocage, discuté et voté en A.G., est le fait des étudiants, et n’engage que leur seule responsabilité. Si le blocage se poursuit, il faut que cela se fasse en connaissance de cause. Si la majorité des étudiants sont effectivement favorables à ce blocage, cela relève d’une volonté démocratique qui ne saurait, pour autant, engager la responsabilité des enseignants. Le rafistolage du printemps 2006 a été très durement vécu par la communauté enseignante, et ne se repr od uira pas.
15:32 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : Blocage, Universités, L.R.U., Ligérienne
Blocage des Tanneurs reconduit jusqu'au lundi 12
Je me permets de citer un extrait du communiqué publié hier soir par les étudiants bloquant le site des Tanneurs :
Présidée par une militante de l’UNEF, un militant de SUD et un indépendant, l’AG a largement donné la parole aux étudiants laissant même des étudiants prendre la parole en faveur de la réforme, sans convaincre grand monde.
Outre que le sens de cette phrase est difficile à saisir, faute d'une syntaxe cohérente, on remarquera que :
1) les trois présidents de séance étaient favorables au blocage : belle conception de la démocratie !
2) le droit des opposants à la parole est présenté comme une faveur extraordinaire ("laissant même") et non comme un fonctionnement démocratique normal. Si cela est vrai, toutefois, cela constitue une amélioration sans précédent par rapport au mouvement de blocage du printemps 2006. En effet, à l'époque, tout étudiant qui commençait à argumenter en faveur d'un déblocage du site se faisiait aussitôt traiter de "lepéniste", de "facho", voire molester.
3) le communiqué ne précise à aucun moment que l'amphithéâtre Thélème était bondé et que tous les étudiants qui se trouvaient à l'extérieur étaient hostiles au blocage et n'ont pu prendre part au vote, un filtrage soigneux ayant été mis en place par le comité d'organisation du blocage. J'ai pu constater cela de visu à trois heures de l'après-midi, et discuter longuement avec un groupe d'étudiants de 3ème année de L.E.A., tous inquiets et favorables à une reprise immédiate des cours : aucun n'a finalement pu s'exprimer, ni voter.
La poursuite du blocage jusqu'à lundi a été votée par 575 étudiants (soit moins de 10% des étudiants des UFR du site Tanneurs).
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Rappelons que l'un des votes des A.G. d'avril 2006 avait été précédé de l'annonce suivante, de la part de certain militant syndical reconnaissable à son porte-voix et à son écharpe : "Que ceux qui sont pour le CPE ou qui se sont abstenus quittent l'amphi ou le service d'ordre s'en chargera." Avec de tels précédents, comment imaginer que le vote d'hier soir a pu se dérouler dans le respect de la démocratie ?
On prend les mêmes et on recommence... sauf que, cette fois-ci, je ne passerai pas des journées entières à envoyer des cours par e-mail aux étudiants, et je refuserai de remplacer les cours dans des conditions invraisemblables après la fin du blocage. Si tous les étudiants doivent passer leur premier semestre en juin, lors de la session de rattrapage, tant pis...
09:50 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Universités, Blocage, L.R.U.
mardi, 06 novembre 2007
Tanneurs, blocage, ça recommence...
Blocage de l'Université François-Rabelais, c'est reparti pour un tour. Depuis ce matin, le site de la rue des Tanneurs est bloqué par une poignée de révoltés professionnels.
Hier matin, en les voyant afficher partout leurs affiches gribouillées de vert et de rouge, je me disais que ces habitués de la grogne avaient dû passer une nuit blanche à leurs barbouillages et que l'étape suivante, dans leur délire (certainement médicamenteux), consisterait à sortir des vingtaines de tables des salles de cours et à bloquer toutes les entrées. Bingo !
Ainsi, ce matin, les étudiants ne pouvaient pas rentrer, et étaient conviés, par les 2% d'étudiants ultra-minoritaires qui organisent A.G. sur A.G. depuis trois semaines pour dénoncer la loi sur l'autonomie des universités, à assister à une A.G. extraordinaire à 9 h dans l'amphithéâtre Thélème. J'ai discuté près d'une demi-heure avec un groupe d'étudiants "bloqueurs", qui avaient l'air plutôt fins et modérés, à l'exception d'un espèce de bègue complètement allumé. Ils m'ont assuré que, contrairement au mouvement du printemps 2006, la démocratie serait respectée dans les A.G. Je suis très sceptique, car le terrorisme rhétorique et l'infiltration sont les procédés habituels d'une minorité de "meneurs", mais attendons de voir...
Pour le moment, ça ressemble à s'y méprendre au mouvement de février-avril 2006 : on s'agite dans tous les sens pendant plusieurs semaines, puis, quand on voit que l'immense majorité des étudiants s'en contrefout, on décide d'imposer son opinion minoritaire à la majorité, et par la force. Sur le trottoir, la quasi-totalité des étudiants lançaient, d'un air blasé ou furibard, des "Ah non, ça ne va pas recommencer, leurs conneries..." Si, après ça, le blocage est voté à la majorité lors de la fameuse A.G., on pourra croire au Père Noël...
12:05 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
vendredi, 26 octobre 2007
Essai scénographique avec tirets proliférants, & thème anglais
Onze heures, à peu près.
Par les baies vitrées de la salle 128, je contemple – de l’autre côté du puits d’air – le va-et-vient des étudiants entre les amphithéâtres de l’Extension et deux cages d’escalier. La salle où je me trouve – à surveiller un partiel – est située à l’entresol, ce qui fait que mon regard surplombe légèrement le proscenium des amphithéâtres 2 et 3, tandis que je dois lever les yeux pour apercevoir ce qui se passe devant les amphithéâtres 4 et 5. Accessoirement, je suis censé surveiller – mais les étudiants sont à un par table, à peu près, et la triche, sur ce genre de devoir, est impossible ou, après coup, criante – ce partiel de thème dont le sujet est tiré de cet article :
Chasseurs d’eau à SydneyLa sécheresse, de plus en plus présente dans les villes australiennes, contraint les citadins à aménager leur quotidien pour préserver l’eau.
Elles ont des rondeurs et des couleurs de berlingots. Dans cet entrepôt d’une banlieue de Sydney, sont exposées des dizaines de citernes que viennent acheter les habitants de la ville pour conserver l’eau de pluie. Non pas des forcenés de l’environnement mais des gens convaincus qu’il est désormais impossible d’échapper à la sécheresse qui semble s’être installée de façon tendantielle en Australie depuis plusieurs années. Une calamité évoquée presque tous les jours par la presse australienne.«Vous avez vu la télé, hier soir ?» Frances frissonne encore au souvenir de ces moutons, bondissant comme des lapins enragés, se piétinant pour envahir un champ et dévorer des herbes jaunes sous les yeux d’un fermier épuisé : «Ma récolte de blé est foutue, alors autant que les moutons en profitent…»(Florence Decamp. Libération, 23.10.2007.)
Les étudiants de 3ème année ont une heure pour composer, ce qui est bien généreux de ma part si on considère que je viens, pour ma part, de traduire ce texte en sept minutes. ---- Cliquer ici pour une proposition de corrigé avec ajout de variantes et de 3 notes pour expliquer les jeux de mots. ----
On considère en général que l’enseignant doit pouvoir faire le sujet en 2/3 du temps imparti aux candidats pour les concours, et en 1/3 pour les examens de troisième année. À cette aune, j’aurais dû leur laisser vingt-cinq minutes : j’aurais eu droit à une belle révolution... !
Un agent passe le balai éponge près des baies du deuxième étage, tandis que deux garçons – l’un très chevelu – échangent des propos fort vifs, et sans doute d’une haute teneur intellectuelle – politique ou historique –, devant l’amphithéâtre 2. Le plus maigre agite son écharpe, puis rit.
Il y a, dans la salle 128, trente et un étudiants – sept garçons et vingt-quatre filles. Un gaucher et quatre gauchères. (La proportion de gauchers est supérieure, dans ce groupe, aux 8-12% habituellement observés.) Le ballet des stylos, des feuilles, des glissements du blanco sur le papier, et des yeux posés à la dérobée sur les montres – ou les écrans des téléphones portables, qui devraient être éteints –, est d’une irrégularité qu’aucun chorégraphe ne saurait imiter.
Dans la cage d’escalier, le balai embrase l’espace.
15:00 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
mercredi, 24 octobre 2007
The All Blacks' quarter-final exit
......................
Ah, parce que exit, c'est du latin ?
Euh, oui...
Comment on peut savoir que c'est du latin ? C'est une langue morte, on connaît pas.
On peut le savoir quand même. En l'occurrence, c'est intéressant, parce qu'en anglais, exit ne signifie pas, à tous les coups, "sortie". Ici, c'est plutôt la défaite ou l'élimination. On peut traduire par "l'élimination des All Blacks en quart de finale de la Coupe du Monde".
Oui, enfin, "la sortie de la Coupe", ça se dit.
Peut-être, mais c'est un usage abusif du nom "sortie". En registre familier, on peut dire qu'ils "se sont fait sortir de la Coupe", mais sortie pour élimination, non.
(Par ailleurs, comme je l'ai suggéré à certains étudiants en sortant de la salle, on peut très bien manger des pizzas en kimono sans connaître ni l'italien ni le japonais. Leur hilarité, à en croire C., viendrait du fait qu'ils se sont imaginé leur professeur en train de manger une pizza en kimono. Bon, si on peut rien dire...)
11:11 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Langue française, Ligérienne
mardi, 02 octobre 2007
Fiat lux
À onze heures, après un cours de deux heures dans la salle 3 de l'Extension, je suis redescendu vers mon bureau, au rez-de-chaussée du bâtiment principal, en éteignant, au hasard des couloirs, pas moins de neuf séries de néons dans des salles de classe inoccupées. Est-ce trop demander à mes très estimés collègues de faire preuve d'un minimum de conscience citoyenne, écologique et kyotocolienne en éteignant les lumières quand ils quittent une salle de cours ?
On peut aussi préciser que, dans certaines salles, on n'a même pas besoin de lumière électrique pour faire cours ! Ce n'est malheureusement pas le cas dans certaines salles du nouveau bâtiment, dont les stores laissent entrer la lumière du jour sans pour autant que cela suffise à éclairer les feuilles de papier et les documents, même en plein jour... Serait-ce trop demander aux architectes des années 2000 de faire preuve d'un minimum de conscience citoyenne, écologique et kyotocolienne en prévoyant d'intégrer l'éclairage naturel dans le dispositif d'un bâtiment ?
11:55 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Université
samedi, 29 septembre 2007
Pan dans les dents !
" I'm not a cultural historian, so you'll have to bear with me, as I'll be prone to say what I want. Or possibly that makes me a cultural historian." *
International conference on Justice hosted by the GRAAT.
Sept. 29, 2007. 9.11. a.m.)
* Je ne suis pas historien des cultures ; il faut donc se montrer indulgent à mon égard, car je risque de dire un peu ce qui me passe par la tête... à moins que justement cela ne fasse de moi un historien des cultures !
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mercredi, 26 septembre 2007
Extension, suite
Voici un document officiel qui vient de m'être transmis et qui confirmera que je ne délirais pas complètement avant-hier :
REPARTITION DES SALLES DE L’EXTENSION TANNEURS
Hall de l’extension :
- Salle 0 → Coté rue des Tanneurs → Touche 0 Ascenseur
- Salle 4 → Coté B.U. → Touche 0 Ascenseur
- Amphi 1 → Touche 0 Ascenseur
- Salle visioconférence → Touche 0 Ascenseur
Au 1er étage de l’extension :
- Salle 2 → Coté B.U. → Touche 2 Ascenseur
- Salle 5 → Coté rue des Tanneurs → Touche 1 Ascenseur
- Amphi 2 → Touche 2 Ascenseur
- Amphi 3 → Touche 2 Ascenseur
Au 2ème étage de l’extension :
- Salle 1 → Coté rue des Tanneurs → Touche 4 Ascenseur
- Salle 3 → Coté rue des Tanneurs → Touche 4 Ascenseur
- Salle 6 → Coté rue des Tanneurs → Touche 4 Ascenseur
- Salle 7 → Coté rue des Tanneurs → Touche 3 Ascenseur
- Amphi 4 → Touche 5 Ascenseur
- Amphi 5 → Touche 5 Ascenseur
11:05 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
lundi, 24 septembre 2007
Par la peau
Rassurons Tinou : ce billet sera bien en français, et même, comme le titre elliptique le suggère, dans un français que d'aucuns qualifieront de grossier.
Ce que je vais raconter n'a pas grand intérêt ; vous êtes prévenus.
L'Université François-Rabelais est dotée, depuis le mois de mars, d'un nouveau bâtiment sur son site de la rue des Tanneurs. Ce bâtiment, qui a pu être inauguré en avance (et je crois en avoir parlé au printemps dernier dans ce carnétoile), a été baptisé, dans un immense effort d'imagination, l'Extension.
Cette semaine débutent les cours de l'U.F.R. Lettres & Langues. (Comme je l'ai dit par boutade à un collègue la semaine dernière : "ah, les cours reprennent, on va pouvoir se reposer". Il est vrai que, depuis quatre semaines, et comme d'ordinaire, je suis entièrement accaparé par le travail administratif, les réunions, les emplois du temps, les rendez-vous avec les étudiants etc.) Donc, les cours débutent. Soudain, tous de s'apercevoir que de nombreux cours ont lieu dans l'Extension, soit dans des amphithéâtres, soit dans des salles.
Première subtilité : les amphithéâtres et les salles ont été numérotés de semblable façon. Ce n'est pas trop grave : l'administration et le service de gestion des salles ont recouru à une distinction assez claire pour distinguer TA Ext Amphi 2 de TA Ext Salle 2 (je cite les codages qui apparaissent dans les emplois du temps). Certes, il se trouvera quelques esprits chagrins pour déplorer que l'on n'ait pas profité de cette occasion pour baptiser ces amphithéâtres de noms majestueux symbolisant les succès de l'intelligence humaine, comme Simone de Beauvoir, Robert Pinget, Luciano Pavarotti ou Zinedine Zidane ; mais ne les écoutons pas, et avançons.
Les amphithéâtres sont assez faciles à trouver : ils occupent le centre du bâtiment et sont signalés par un grand panneau annonçant leur chiffre au-dessus de l'entrée.
En revanche, tout se corse dès qu'un enseignant ou des étudiants se mettent en quête d'une salle. En effet, à titre d'exemple, si vous entrez dans l'Extension à partir du couloir du rez-de-chaussée, et en passant devant la salle 49, vous y trouvez TA Ext Salle 5. Si votre emploi du temps indique que la salle que vous cherchez est TA Ext Salle 3, vous vous dites, assez logiquement, qu'elle doit se trouver un étage en-dessous. Or, au niveau - 1, vous trouvez les bureaux 1, 2 et 3 et TA Ext Salle 4. Pas de TA Ext Salle 3 en vue. Vous remontez d'un étage, et ne trouvez que la déjà citée TA Ext Salle 5. Vous montez quelques marches, et, à l'entresol, vous ne dégottez que les amphithéâtres 2 et 3.
Vous vous décidez, la fumée aux naseaux, à monter d'encore un étage, pour découvrir, avec étonnement, que TA Ext Salle 1, TA Ext Salle 3 et TA Ext Salle 6 se trouvent au niveau 2, alors que TA Ext Salle 7 se trouve à l'entresol compris entre le niveau 1 et le niveau 2. Ainsi, pour résumer, TA Ext Salle 1 est au niveau 2 ; TA Ext Amphi 1 est au niveau - 1 ; cela ne doit pas faire oublier que le bureau 1 se trouve aussi au niveau - 1, à côté de TA Ext Salle 4 !
J'ajoute que, si les toiles colorées de Nico Nu ont déjà trouvé leur place sur les divers murs de l'Extension, il n'y a, en revanche, pas le moindre plan de circulation. Avouez que ce serait d'un laid, d'un pragmatique... En outre, les chiffres figurant sur le boîtier, dans l'ascenseur, ne correspondent pas non plus aux niveaux auxquels l'ascenseur vous dépose (sans doute dans le but louable de désorienter définitivement les étudiants handicapés). Un collègue qui a déjà "testé" un des "nouveaux" amphithéâtres m'informe par ailleurs qu'ils ne sont pas équipés d'ordinateurs pour la vidéoprojection et que le WiFi n'y fonctionne pas.
Etc, etc.
Alors, il vous revient cette phrase que vous entendîtes prononcer souvent à l'une des personnes qui vous manquent le plus en ce bas monde : "cet architecte il faudrait le pendre par la peau des couilles".
15:15 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
mardi, 18 septembre 2007
La honte !
Dans la hâte des lundi matins, avoir cru prendre, dans l'armoire, la veste de costume bleue thin stripes assortie au pantalon et à la chemise, puis, après avoir emmené les enfants, qui chez sa nounou, qui à l'école primaire, rectifié des emplois du temps, & dirigé la réunion de rentrée du Capes et de l'agrégation, m'être aperçu que la veste était noire (à fines rayures, certes, mais bon : noire). Horreur et calamité !
(Après une après-midi en bras de chemise, réunion du L3 puis réunion du département, avoir été tellement fatigué que je n'ai même pas eu la force de rester pour le pot. Pire que Pinderland...)
07:57 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
lundi, 14 mai 2007
Questions de traduction, Lucilius
Comme tous les beaux ouvrages oranges de la collection « Budé », le tome I des Satires de Lucilius que je m’apprête à rendre à la Bibliothèque Universitaire est d’une érudition impressionnante. Son auteur est F. Charpin (dont le prénom est introuvable, même sur la dédicace à l’encre violette qui figure sur la page de faux-titre, et qui, par ses pleins et ses déliés archaïsants, laisserait penser qu’elle a été écrite il y a des siècles, presque (or, le livre date de 1978)), et il faut remarquer qu’il hésite souvent entre une traduction « utile » (scolaire, au bord du littéral (je ne sais comment dire))* et une traduction plus respectueuse de la poéticité du texte. Ainsi, pour le fragment 19 du livre VII, il restitue admirablement l’écho allitératif esu-/ex-/excul- (repris par la série arr-/à la/aff-), de même que l’hypallage :
esuriente leoni ex ore exculpere praedam
arracher la proie à la gueule affamée d’un lion
En revanche, il est difficile de savoir si, dans le cas, du fragment 17 du livre VI, il n’a pas vu, ou pas su traduire, la contrainte alphabétique dans l’alignement des quatre termes forts (n, o, p, p) :
nequitia occupat hoc petulantia prodigitasque
qu’il traduit « ces gens se livrent à la débauche, à l’effronterie, au gaspillage », ce qui est très utile pour l’étudiant en mal de sens, mais frustrant pour l’amoureux de poésie. Je propose
tout le jour ce ne sont qu’ignominie, insolence et indiscipline
où la série j/i/i/i se substitue à la série n, o, p, p. La traduction est également plus resserrée et correspond mieux à la structure de l’hexamètre. Évidemment, il y a beaucoup à redire à la traduction de occupat hoc, d’un point de vue sémantique. (On tourne en rond, merde, on tourne en rond.)
* J’ai trouvé hier, en feuilletant notre vieux Folio jauni du Paysan parvenu, une citation géniale sur l’usage des parenthèses :
Jusque-là je m'étais assez possédé, je ne m'étais pas tout à fait perdu de vue; mais ceci fut plus fort que moi, et la proposition d'être mené ainsi gaillardement à la Comédie me tourna entièrement la tête; la hauteur de mon état m'éblouit; je me sentis étourdi d'une vapeur de joie, de gloire, de fortune, de mondanité, si on veut bien me permettre de parler ainsi (car je n'ignore pas qu'il y a des lecteurs fâcheux, quoique estimables, avec qui il vaut mieux laisser là ce qu'on sent que de le dire, quand on ne peut l'exprimer que d'une manière qui paraîtrait singulière; ce qui arrive quelquefois pourtant, surtout dans les choses où il est question de rendre ce qui se passe dans l'âme; cette âme qui se tourne en bien plus de façons que nous n'avons de moyens pour les dire, et à qui du moins on devrait laisser, dans son besoin, la liberté de se servir des expressions du mieux qu'elle pourrait, pourvu qu'on entendît clairement ce qu'elle voudrait dire, et qu'elle ne pût employer d'autres termes sans diminuer ou altérer sa pensée). Ce sont les disputes fréquentes qu'on fait là-dessus, qui sont cause de ma parenthèse; je ne m'y serais pas engagé si j'avais cru la faire si longue, revenons.
11:00 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Latin, Traduction, Littérature, Poésie
Journées dionysiennes, [12] : Buuuuuuut !
Mardi 1er mai, toujours, 10 h 40 (du soir).
Je viens de lire, dans l’édition Norton, l’article de Millicent Bell, qui est tout à fait remarquable. Par ailleurs, le prénom de l’essayiste m’a remis en mémoire un des limericks les plus stupides, et donc les plus drôles qui soient :
The bottle of perfume that Willie sent
Did not agree with Millicent.
Her reply was quite bold,
So they argued, I’m told,
About that silly scent Willie sent Millicent.
Moi, ça me fait rire...
Bon, ce n’est pas tout, je vais aller me doucher. (Je ne m’endors absolument pas.)
10 h 50.
À peine je sors de ma douche et j’aperçois un but pleine lucarne, la joie d’un attaquant de Liverpool, puis le drapeau levé qui invalide le but – ce que la presse sportive nommera peut-être demain « le tournant du match ». (Ah, j’avais oublié de noter que je regardais d’un œil la suite de cette demi-finale tout en regardant les photographies du jour, en écrivant la première de ces Journées, en lisant dans l’édition Norton de The Scarlet Letter, etc. (Je serais bien en peine de « surfer » sur la Toile, faute d’une connexion.))
Je vais à présent recopier l’avant-dernière phrase du texte du commentaire, afin d’y souligner quelques traits stylistiques particuliers. Ensuite, je lirai la nouvelle de Hawthorne, “The Minister’s Black Veil”, que j’ai lue il y a longtemps et dont j’ai tout oublié.
10:00 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, Journal intime
samedi, 12 mai 2007
Journées dionysiennes, [10] : In memoriam Jean-Jaurès
Je me demande comment je vais « saucissonner » ces Journées dionysiennes pour les publier ensuite dans mes divers carnétoiles. Peut-être devrais-je numéroter diverses séquences. Peut-être aussi faudra-t-il toiletter, réécrire.
La promenade, plutôt brève, m’a conduit, par la rue de la Légion d’Honneur (je n’avais pas de plan et me guidais d’instinct), à la basilique, fermée à cette heure tardive, moins monumentale que dans mon souvenir, et dont le portail mériterait un joli ravalement car il paraît noirci au bouchon.
Dans la rue de la Légion d’Honneur, j’ai vu quelques belles maisons du début du vingtième siècle, voire d’un peu avant, mais pas toutes en très bon état, loin de là. La place de la basilique, où se trouve l’Hôtel de Ville, est en travaux, et il faut suivre, pour en faire le tour, tout un trajet zigzaguant le long de banderoles de plastique. L’Hôtel de Ville n’est pas vilain, mais deux grandes affiches criardes pour la Coupe du Monde de Rugby en défigurent la façade. Il y a une sorte de grand centre commercial derrière, où j’ai croisé quatre policiers, puis, dans la cour intérieure toute en longueur, plusieurs grands gamins qui jouaient au football. Plus loin, je m’en suis vu pour photographier la façade de l’hôtel Jean-Jaurès, car il y avait trois cars de CRS bien mal placés et dont les conducteurs, dûment pourvus de matraques et de regards brutaux, suivaient mes mouvements d’un air soupçonneux. La lumière du soir était très belle.
Ensuite, j’ai tourné viré dans diverses rues et ruelles parfois délabrées, pour ne trouver que des kebabs et des restaurants africains, ce qui m’aurait fait plaisir d’ordinaire ; mais j’ai quelques problèmes gastriques ces temps-ci et je préfère ne pas tenter le diable. J’ai fini par échouer, donc, dans cette minable gargote aux prétentions italianisantes mais tenue par trois vieux Maghrébins très gentils, attablés devant un match de foot, dont j’ai suivi l’évolution avec eux, histoire de ne pas prêter trop d’attention à la pizza. Comme j’étais mort de faim, je n’ai pas eu trop de mal à nettoyer mon assiette, mais on a vu mieux, comme étape gastronomique.
Je suis très content d’avoir déniché cet hôtel pas trop cher (et pas trop terrible non plus, if truth be told) et très proche de la Maison d’Éducation de la Légion d’Honneur, car je n’aurai pas besoin de demander à être réveillé demain matin, et, si le sommeil tarde à venir (ce que je pressens), je pourrai un peu lambiner au lit demain matin. La convocation est pour neuf heures et demie, ce qui, pour quelqu’un qui est d’ordinaire réveillé chaque jour de la semaine à sept heures (encore qu’A. ait pris un certain rythme vacances depuis une huitaine, et se réveille plutôt vers huit heures), est le comble du luxe.
05:50 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris, Journal
vendredi, 11 mai 2007
Journées dionysiennes, [9] : ateliers Christofle
Saint- Denis , Hôtel Moderne, huit heures [toujours le 1er mai].
Je suis ici depuis à peine cinq minutes et j’ai déjà installé toutes mes affaires, c’est-à-dire pas grand-chose, à la vérité. L’hôtel est modeste, pour user d’une litote ; il est situé près d’un grand carrefour, et, de ma fenêtre, en se penchant, on voit le Stade de France. Il me semble que ce n’est pas très loin d’ici, dans le site étonnant des anciens ateliers Christofle que nous avions vu, C. et moi, « la pièce du Pape », au printemps 1999. (C’était, non par catholicisme soudain, mais par amitié pour l’un des acteurs.)
Je vais aller dîner, mais aussi me renseigner quant à l’éventualité d’un accès Wi-Fi, sans trop d’illusions sur ce dernier point. J’ai déjà photographié la chambre (c’est-à-dire le lit, la salle de bains, la table de chevet avec les trois livres, mais aussi mon reflet dans la glace qui fait face à la petite tablette où j’écris ces lignes, et l’ordinateur lui-même (qui s’en soucie comme d’une guigne et ne m’a même pas gratifié d’un sourire, l’ordure)).
Neuf heures vingt-cinq.
De retour à l’hôtel (qui n’offre aucun accès Wi-Fi), après une petite promenade dans le « quartier » et un dîner vite bâclé : pizza aux trois jambons caoutchouteuse avec deux verres d’un vin rouge infâme. L’hôtel se situe à quatre minutes, pas une de plus, de la Maison d’Éducation de la Légion d’Honneur, où se déroulent les séances d’harmonisation des barèmes (mot que, cette fois-ci, pour la première fois de ma vie peut-être et sans l’intervention préalable du correcteur orthographique de Word, j’écris avec un accent grave et non un circonflexe, as is my wont).
19:05 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, Hôtels
jeudi, 10 mai 2007
Journées dionysiennes, [8]
Six heures vingt-cinq. Suite des conversations.
« L’Axe du loup, quand tu le lis, tu te dis que c’est un couillu quand même. »
Je ne sais pas de quel auteur ils parlent et qu’ils connaissent tous les trois : un grand voyageur qui a escaladé l’Himalaya apparemment, or something like that.
Il y a aussi Christian Galissian ( ?) qui a écrit Le Monde en liberté (titre à vérifier car ils ont parlé de ça il y a déjà un quart d’heure), récit de son tour du monde en 2CV autour de la ligne de l’Equateur. Ça a l’air assez fou, comme histoire, à les entendre raconter certains épis od es ou péripéties.
Six heures et demie.
Je passe le reste du trajet à lire des recensions contemporaines de la publication de The Scarlet Letter ou des articles récents, notamment les textes de Jane Grey Swisshelm, Robert Levine, Kristin Boudreau et Stephen Railton.
19:30 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
mercredi, 09 mai 2007
Journées dionysiennes, [5] : la caravane passe...
Nous passons (notre train passe) près d’un gigantesque dépôt de carlingues de poids lourds. Mon œil a été attiré par plusieurs cabines Intermarché rouillées à la file.
Désormais il est question de Budapest et de Pec, entre les deux garçons.
(J’ai de plus en plus de mal à concevoir que ces garçons puissent être si unanimement « jeunes catholiques » : histoires de trafics de jeans Lee Cooper entre l’Europe de l’Est et la France, etc. Ce n’est pas incompatible, me dira-t-on.)
« Comme on s’emmerde à mort en école de commerce, il faut bien voyager, hein. Voilà pourquoi le Maroc. »
(Ah si, quand même, un voyage de 40 jours au Laos, en mission humanitaire avec Sœur Je-ne-sais-quoi et l’O.N.G « Enfants d’Asie ».)
« Nicolas Ducret et Marion Veneault. Le frère de Marguerite n’a que vingt-deux ans, a fait le tour du monde en vélo. Nicolas aussi d’ailleurs. Ça a pété mais ils ont écrit un bouquin. » (Je ne comprends rien mais je note par bribes, pour vérification ultérieure.)
15:20 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, écriture, Journal
mardi, 08 mai 2007
Journées dionysiennes, [4]
1er mai toujours, cinq heures quarante.
Lecture du chapitre 5 achevée. Je crois que je vais insérer directement dans ce Journal des notes pour les différents carnétoiles (poèmes, textes en prose, peut-être des topographies, des notules musicales ou des ekfrasis de photographies).
Trois jeunes catholiques (deux garçons et une jeune fille, on ne peut plus « jeunes catholiques » (villiéristes ?)) se sont installés à mes côtés, et l’un d’entre eux raconte un voyage déjà ancien en Slovénie avec des « messes en croate » ( ?) et surtout une histoire de courroie de distribution pétée. Celui qui n’a pas fait le voyage lance : « ça, ça fout la merde, les nanas dans les groupes, normalement ». Apparemment, c’est vrai. « C’est classique, les gonzesses, c’est pas bien, dans les groupes. » La jeune fille réagit quand même : « Classique, eh, oh ! ».
Le chapitre 5 est très impressionnant, bien sûr. De toute manière, j’aime beaucoup The Scarlet Letter. Eric, mon collègue américaniste et surtout ami, ne comprend pas cela, car il trouve ce texte lourdingue, tellement inférieur surtout à Moby Dick, son contemporain inégalable, mais aussi aux nouvelles du même Hawthorne (les Twice-Told Tales notamment, que C. a lus en traduction, but I never !).
Le garçon qui est assis à côté de moi et qui a fait le voyage en Bosnie (à Medj ?) raconte aussi qu’il y avait le club du troisième âge de son bled (à côté de Pornic) dans cette ville de Slovénie (vraiment ?). L’autre : « à Medj, toi tu pèches pas, mais il y a des rivières de malade mental ». Pêche ou péché ? je dois être influencé par The Scarlet Letter.
La Slovénie ne tarde pas à attirer le sujet inévitable des ours. La jeune fille, en face de moi, pas laide mais vraiment trop « jeune catholique » d’air plus que d’allure, compte les points.
Tiens ! on peut être catholique et très BCBG et ignorer 1) qu’il est grossier de répondre au téléphone quand on est engagé dans une conversation avec des amis 2) qu’il est interdit de téléphoner dans la voiture, alors que les plateformes sont prévues pour ça.
« Venise, c’est génial, pourtant je suis anti-les trucs touristiques. »
22:47 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
lundi, 07 mai 2007
Journées dionysiennes, [2] et [3]
Mardi 1er mai, 17 h 15.
Du monde monte à Saint Pierre des Corps. Je vais peut-être passer à la deuxième phase du trajet (qui doit consister à relire attentivement le chapitre 5 de The Scarlet Letter, dont est extrait le texte du commentaire qui a été soumis à la sagacité des candidats à l’agrégation d ‘anglais il y a deux semaines). Demain et après-demain, avant de repartir chacun avec nos 70 copies (qui ne sont que la moitié de ce qu’il faudra corriger en un peu moins d’un mois), nous allons nous concerter afin d’harmoniser la correction des commentaires.
Quand j’écrivais qu’il y avait plus de place dans les trains Corail (ou Aqualys) : bien que pas mal de monde soit monté à Saint Pierre des Corps, je reste à disposer d’un « carré » pour moi tout seul, et il en est de même pour les autres voyageurs, qui tous peuvent gentiment s’espalaser, qui à sa tétrade, qui sur une place double, qui (comme moi) en n’occupant qu’un seul siège mais en n’ayant pas à jouer des coudes avec le fantôme d’à côté ni des genoux avec les spectres d’en face. Ce n’est pas de sitôt que les joueurs de belote ou de tarot nous vagiront aux oreilles.
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[3] Avant de passer à la fameuse phase 2, je voulais noter ici que, dès que j’ai été choisi pour faire partie du jury de littérature de l’agrégation d’anglais, en juillet dernier, j’ai lu ou relu toutes les œuvres, pas plume en main mais l’esprit vigilant : ainsi, pour The Scarlet Letter, que j’avais lu et peut-être même étudié (mais ce point reste en suspens) vers 1994, je me suis procuré l’édition Norton et ai relu le roman à Hagetmau, dans la chaleur de juillet, jusqu’à peaufiner en lisant la plupart des articles critiques qui figurent dans la Norton. Depuis, en revanche, je n’y ai pas touché (et j’étais bien soulagé de voir qu’aucun des quatre sujets (deux de composition et deux de commentaire) que j’avais proposés au président du jury, à sa demande, n’était « tombé » (ce que j’eusse découvert, si cela avait été le cas, en même temps que (et même après) les candidats), car une telle tuile aurait signifié que je devais, dans les deux semaines qui restaient avant la réunion dionysienne, « pondre » un corrigé et des propositions de barème, ce qui m’eût demandé une relecture très attentive et fulgurante, non seulement de l’œuvre en question mais aussi de l’essentiel de la critique ayant servi à l’élaboration des cours des collègues de France et de Navarre (ouf, j’ai eu chaud !)).
Il me faut donc relire, d’ici demain, dans le train et à l’hôtel, plusieurs des passages significatifs de The Scarlet Letter, et notamment ce chapitre 5, fort ambigument nommé « Hester at her needle ». (Il est cinq heures vingt. Je m’y mets.)
17:58 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Voyages
dimanche, 06 mai 2007
Journées dionysiennes [1] : Hommage au Corail
Mardi 1er mai, cinq heures moins dix.
Journées dionysiennes : en aucun cas dionysiaques. Seulement, je me rends pour deux jours à Saint- Denis , préfecture du département qui en porte le nom. Rien n’y sera dionysiaque, ni même apollinien, puisque je vais travailler, pendant deux jours, dans le cadre de la réunion d’harmonisation des barèmes du jury de l’agrégation d’anglais (ce qui nous fait, tout de même, pour commencer ces carnets, un quintuple génitif, et ça n’est pas rien). Je ne peux donc compter ni sur Apollon ni sur Bacchus pour agrémenter ce bref séjour, à moins peut-être – pour honorer le premier dieu – que je ne trouve le temps d’aller promener mes souliers du côté de la basilique, que je n’ai vue qu’une fois, en 1984, alors âgé de neuf ans et demi. Dans mon souvenir, l’ensemble formé par les tombeaux des rois, reines et princes de France est un exemple splendide de statuaire.
Pour ce qui est du second (Bacchus), je ne vois pas trop ce qu’il pourrait en être, à moins de me pochtronner tout seul tristement dans ma chambre d’hôtel, ce qui serait une première (et un signe très sûr de décadence).
Il vient d’être annoncé, dans les haut-parleurs de l’Aqualys, que « le départ est imminent ». Je ne m’explique toujours pas, d’ailleurs, que les trains corail de la région Centre aient un nom qui leur est propre (Aqualys) : ce sont pourtant des Corail comme les autres (c’est-à-dire que ce ne seront jamais des coraux). Ne croyez pas que mon avarice me pousse à ne jamais voyager en TGV : j’emprunte souvent ces boîtes à sardines profilées, mais, dans le cas présent – celui de ces journées dionysiennes – j’ai prévu de voyager en Aqualys pour plusieurs raisons : financières évidemment (encore que je puisse être remboursé, je pense, de ce voyage à titre professionnel), car [Interruption. Annonce au micro : « Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, nous attendons l’arrivée de notre conducteur. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée. » Dites donc, ça commence bien, non ?] le billet aller-retour coûte 56 euros, contre 103 euros pour le même trajet en TGV (or, le trajet dure (doit durer, à condition que le conducteur finisse par arriver un jour) deux heures, alors que le trajet en TGV dure 1 h 10 (ce qui est à peine plus de la moitié, certes, mais ne saurait justifier, pour moi qui ne suis pas à la bourre, une telle différence de prix)) ; professionnelles ensuite, car tant la lecture que l’écriture sont plus comm odes aux tablettes des voitures Corail ; de confort enfin, car je me trouve toujours beaucoup plus à l’aise dans les voitures Corail que dans les TGV, moins spacieux (voire plus spartiates) et, dans tous les cas, généralement plus bondés. (Entre-temps, tandis que je m’emmêlais dans mes parenthèses, le train a démarré, avec sept minutes de retard.)
Il est cinq heures cinq, et en un quart d’heure, je n’ai pas trouvé le temps d’écrire quoi que ce soit d’intéressant, si ce n’est les conditions du voyage (et les aléas de son commencement). J’avais d’emblée jeté sur la table le distinguo entre dionysien et dionysiaque ; je pourrais « pousser mon avantage » (comme disait mon maître Michel Boisset) en distinguant l’apollinisme (l’apollinien selon Nietzsche et consorts) de l’apollinarisme, qui peut relever de la lecture de poètes ainsi dénommés (Sidoine ou Guillaume notamment) ou même du fait d’habiter dans une rue nommée en hommage à l’un de ceux-là. Mon existence va donc, durant deux jours, prendre un tour dionysien.
09:01 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Voyages, Photographie
mercredi, 25 avril 2007
"Des senteurs et des poisons"
Près du quad de verdure, au rez-de-chaussée du site Tanneurs, ça ne sent pas le cuir : herbe coupée. Temps de saison (et d'avant même).
Place Anatole-France, tout à l'heure, un employé de la Ville de Tours aspergeait de quelque poison (engrais ?) le carré de verdure côté Loire avec un masque à gaz comme on n'en voyait pas même dans les bandes dessinées futuristes des années 1970. Son collègue, appuyé sur une brouette, le regarde faire, sans masque, le nez au ras de la sulfateuse. Dans quelques minutes, ils s'en iront, et un petit enfant, peut-être, viendra jouer dans l'herbe et s'y empoisonner.
Dans la file de droite, une mère parle à son fils, assis sagement à l'arrière. Il y a, accroché au rétroviseur intérieur, un de ces sapins fluorescents et déodorants qui émettent des substances fortement cancérigènes. Ah, ça doit sentir bon la mort, dans l'habitacle de la 206.
J'entends le bruit de l'aspirateur, près de la machine à café.
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Souvenir de l'automne 2003. La voisine portugaise, qui nous avait invités dans son jardin pour qu'A. y joue avec son petit-fils, nous explique pourquoi il y a tant de cadavres d'escargots entre les rosiers : Je leur donne du médicament, pour qu'ils crèvent...
10:30 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
jeudi, 12 avril 2007
Noyer le poisson
Une journée sans trouver le temps de récupérer les courriers électroniques, et divers messages (à caractère professionnel principalement) se sont entassés, accumulés, exigeant des réponses précises et, le plus souvent, urgentes. Je viens donc d'écrire quatorze courriels en vingt-deux minutes, dont un, plutôt long, à Chloé, afin de lui expliquer comment faire des liens hypertexte dans le module de rédaction H&F. Il faut maintenant que je mette en forme trois corrigés de traduction, & m'envoie les copies à la plume noire (rouge, verte, bleue).
Sinon, on nage dans l'imbécillité : ce matin, j'ai appris, par la maîtresse d'école de mon fils, que les parents qui accompagnent la classe de grande section à la piscine n'ont plus le droit (par avis exprès de l'inspecteur (dont on ne sait quelle mouche l'a piqué (peur de la pédophilie ?))) d'entrer dans l'eau et d'y aider les enfants, lesquels, âgés de cinq ou six ans, ne sont guère rassurés a priori. Si cette mesure inepte est confirmée, tous les projets piscine des écoles maternelles (et peut-être même des petites classes d'écoles élémentaires) risquent fort de tomber à l'eau.
10:20 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Indignations, WAW | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Université
jeudi, 05 avril 2007
Passange
Entre la cage vitrée et le tableau vert-igineux*, j'entends un collègue d'une soixantaine d'années (et que je ne connais pas) lancer un À plus ! retentissant à deux étudiantes. Nous nous dirigeons vers la bibliothèque universitaire, et je l'entends siffloter les premières mesures de Funky town. Deux détails insolites, dont l'un seulement surprend, au su des générations.
* Comme je cherchais, sur la vaste Toile, certaines occurrences de l'expression tableau vertigineux, je suis tombé sur cette page, d'autant plus intéressante que l'extrait proposé de Moi aussi ** s'intitule Regarder un autoportrait... et que le tableau de Norman Rockwell n'apparaît pas dans la fenêtre !
** Philippe Lejeune is everywhere !
14:34 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Help is coming (so you say, Ayo !)
Tout va très bien, lady Marchioness.
Cette semaine, en sus du travail ordinaire (déjà pas piqué des hannetons), j'organise la journée Traduire Bob Dylan, je remplace (comme la semaine dernière et la semaine prochaine, et bénévolement !) une collègue tombée gravement malade ; petit plaisir supplémentaire, les copies commencent de pleuvoir de tous côtés.
Pour tout arranger, j'ai dû boucler lundi l'organisation des examens oraux de L3, ce qui est théoriquement le travail des secrétaires mais que je prends habituellement sur moi : la bagatelle d'une douzaine d'heures de travail à compulser des fiches individuelles, créer douze jurys avec répartition des 120 candidats, puis report du tout dans un tableau alphabétique des étudiants, envoi des informations aux collègues, affichage pour les étudiants, etc. Eh bien, depuis mardi, comme si ça ne suffisait pas, j'échange des courriels avec un collègue qui est persuadé d'un déséquilibre (tout à fait imaginaires) et d'injustices flagrantes (complètement chimériques) dans la répartition des candidats par matières et m'accuse de je ne sais quoi.
Zen, surtout rester zen !
12:21 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Université
mardi, 03 avril 2007
Bob Dylan ici, approche en plané
Obsession ? Il ne faudrait pas écouter Tweedle Dee & Tweedle Dum pour la dix-huitième fois en trois jours. Il y a tant d'autres chansons de Bob Dylan que je connais mal, ou pas du tout. Celle que je viens de citer est la première du pénultième album, Love & Theft, qui m'avait d'abord surpris, déconcerté, découragé. En fait, après quelques écoutes, c'est un des plus beaux*.
Ce samedi, ce sera - sans que je perçoive tout à fait comment ça va se dérouler - l'atelier "Traduire Bob Dylan" sous la houlette de François Bon. Finalement, il se trouve quasiment une trentaine d'étudiants motivés pour cette journée pourtant placée au pire moment : un samedi, et sur le week-end de Pâques en sus !
François Bon m'a écrit pour préciser que l'essentiel de nos réflexions porterait sur Ballad of a thin man, Desolation Row, Visions of Johanna, mais aussi les 11 épitaphes (que je ne connais pas (honte à moi !)) et My Life in a stolen moment.
Cette semaine, de toute façon, c'est encore, outre le boulot habituel, la panique : organisation des examens, remplacement d'une collègue malade pour trois de ses cours, préparation des partiels, préparation de l'atelier, usw. Du coup, je ne pourrai pas prendre le train fantôme à la B.U. cette après-midi et devrai me contenter de ce que le chauffeur-lecteur François en écrira sur son site.
Bien entendu, il y a aussi la pile de livres toujours plus volumineuse qui menace de s'effondrer sur moi dans mon sommeil, les quatre en train (même pas fantôme) et les dix ou douze lus qui me supplient d'écrire quelque chose à leur sujet ici ou dans mon autre carnétoile, oui, de tirer quelques paragraphes des notes jetées tout à trac sur les brimborions de papier glissés entre leurs pages.
* De Love & Theft, il faudrait dire, surtout, que le déclic est venu quand j'ai entendu les centaines d'échos nappés à Bo Diddley ou Robert Johnson. Du miel de millefleurs. Honeymoon blues, anyone ?
10:45 Publié dans Autres gammes, Lect(o)ures, Résidence avec Laloux, WAW | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Musique, Dylan, Littérature
vendredi, 16 mars 2007
Retape
Nouveau bâtiment des Tanneurs, suite.
Pour répondre à Denis (que (depuis le temps que cela doit se faire) je pourrais bien retrouver un de ces quatre pour visiter l'exposition actuelle des Archives départementales (non?)), je vais raconter ma petite séance de cette après-midi, un cours d'une demi-heure dans le cadre de l'accueil d'élèves de Terminale des lycées Jean-Monnet et Grandmont.
Après mon cours de grammaire-traduction L.E.A., j'ai eu le privilège de faire partie des premiers enseignants à essuyer les plâtres (tout métaphoriquement) du nouveau bâtiment, en donnant un petit cours de grammaire, traduction et analyse littéraire, et ce dans la salle 6, qui est, de fait, très lumineuse, et dotée d'un très grand tableau blanc. Toutefois, pour un bâtiment qui vient d'être achevé et sera inauguré demain, il est inquiétant de constater qu'une des plaques du plafond s'était déjà détachée, laissant voir les fils électriques... Donc, le ménage aura été fait, oui, mais ce bâtiment déjà très béton pas beau aura l'air décrépit en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, tout ça parce qu'on continue de construire avec des matériaux merdiques, laids, dérisoires, éphémères.
Pendant que je gesticulais face à une quinzaine de lycéens, je voyais, de l'autre côté de l'un des pans de verre qui entourent la porte de la salle, Simon, Charlotte et Marlène m'observer en se gaussant.
19:00 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Université, Tanneurs
jeudi, 15 mars 2007
Nouveau bâtiment des Tanneurs
Voici quelques images volées, ce matin, dans le nouveau bâtiment du site principal de l'université, rue des Tanneurs. Voyant l'accès, jusque là en travaux, enfin ouvert, je n'ai pu résister à l'appel de la curiosité. Heureusement que cette aile du site reste encore déserte, car je devais avoir une drôle de mine, à traquer les ombres dans ce lieu où ne manque qu'une ultime couche de ripolin, et quelques derniers coups de balai (à suivre je suppose d'ici après-demain, pour la Journée Portes Ouvertes).





18:00 Publié dans Kleptomanies überurbaines, Le Livre des mines, Moments de Tours, WAW, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
jeudi, 25 janvier 2007
Ce que dit le pagure Kenny Craig
Cavere, par le Zeena Parkins Pan-Acousticon, ça déménage ; méfiez-vous des cabots et plus encore des demoiselles qui les promènent. Il y a des livres à un euro à la Boîte à Livres de l'Etranger ; des livres qui valent le coup. Harpe et violoncelle, piano qui se disloque. Il doit faire moins cinq à Tours demain matin. Après une matinée passée à régler des subtilités d'emploi du temps, je vais aller faire le guignol au lycée Jean-Monnet, pour un déjeuner de travail (comme je crois qu'on dit). En revenant de la Poste, j'ai croisé une étudiante qui, me voyant le nez coulant, les yeux injectés, les mains violacées*, m'a souhaité bon courage pour mon rhume, ce qui était très gentil (mais l'hiver seul est coupable). Maudit soit ton nom, Salamine ! Un ami m'a écrit qu'il aurait bientôt, peut-être, un poste à Tours. * On se croirait dans Dracula, ou, allez savoir, dans les Récits de la Kolyma (où les crachats gèlent en vol). Formons des souhaits. À huit heures, sur le pont Mirabeau, la vitre côté conducteur a finalement accepté de se baisser**. Peasant Boy par le trio de Bob James, ce n'est pas mal non plus ; on est sur la route, maintenant, à regarder le rideau de pluie, les affaires empilées à l'arrière du camion (bâché, bien sûr). Dormez tous, je le veux. ** Je sais, il ne faudrait jamais démarrer sans avoir conscieusement raclé les vitres et dégelé l'ensemble des points de vision. Look into my eyes, not around the eyes, look into my eyes. Vous repartez au charbon, mais c'est l'engrais qui ici culmine.
10:45 Publié dans Jazeur méridional, Le Livre des mines, Moments de Tours, WAW | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, écriture
vendredi, 19 janvier 2007
Ferraillons ferme
Il y a un moment, dans la septième partie du disque mythique d’Anthony Braxton For Alto, où le saxophone s’approche du son d’une whistling kettle, et tout ce qui suit, tout ce qui précède, justifie totalement cette stridence ponctuelle. Not so yesterday, mais tout le monde n’est pas Braxton.
*********************
Là, je reviens, lessivé, du S.I.L., qui ne s’appelle plus comme ça. Le Salon d’Information des Lycéens (comme naguère il s'appelait) se tient à Rochepinard, l’une des plus hideuses fertiles friches urbaines de l’agglomération tourangelle. Lessivé je suis, car brouhaha, et redire cinquante voire cent fois la même chose. Toutefois, en discutant avec l’étudiante qui nous aidait – et que je n’avais jamais rencontrée –, j’ai appris qu’un(e) collègue était surnommé(e) Capitaine Crochet, et, quoique je n’aie pas réussi à découvrir l’identité du ou de la collègue, l’idée que les étudiants donnent encore des surnoms aux professeurs, pratique pourtant en constant recul depuis trois décennies, m’a réjoui. Me reste à cogiter.
Entre-temps, une étudiante de troisième année est venue souffler à l'oreille de G.I. qu'il y avait des filles peu vêtues en pleine démonstration d'épilation au stand des formations d'esthéticienne. "Ta réputation, lui ai-je soufflé, n'est plus à faire." Comme j'apprenais, toujours par l'étudiante "cafteuse", qu'un autre encore de mes collègues était surnommé l'Obsédé, cela m'a surpris, car, étant donné le désarroi évident (voire les gloussements incrédules et puérils) des étudiants dès que, lors d'une analyse littéraire, l'on cherche à s'interroger sur les connotations sexuelles implicites d'un texte, je pensais que tous les enseignants de littérature passaient pour des obsédés.
*********
À l’aller, cinq chansons de Dylan, dans les confitures de circulation, et au retour deux seulement, filons sur le pont Mirabeau (embourbé ce matin, pas permis). Je ne fais pas les soldes, mais un beau pull coloré tout neuf m’est tombé tout rôti dans le bec. Même quand je mens, c’est vrai (titre de Stomy Bugsy, excusez la référence).
16:55 Publié dans Autres gammes, Jazeur méridional, Moments de Tours, WAW, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie, écriture
mardi, 09 janvier 2007
Ni fée ni affaire
Ce matin, entre plusieurs rendez-vous et surveillances d'examen, j'ai réussi (dans l'université presque déserte (après un lundi peuplé, du matin jusqu'au soir, par les étudiants de troisième année de L.E.A.) et avant d'aller me faire doucher sans parapluie) à coincer l'oiseau Nico Nu, affairé à refaire son tableau vert (qu'à part moi j'ai depuis longtemps baptisé (sur le modèle de "l'escalier le formidable") "le vert-igineux") et à déposer un panonceau Interdit de cracher. Comme, contrairement à l'ami Simon, je ne me promène pas avec mon appareil photo sur mon lieu de travail, vous devrez vous contenter de mes mots... et d'attendre ce qu'en dira le Blog Oranginal, toujours sur le pont dès qu'il s'agit d'élucubrations niconuesques. Il se trouve aussi que j'ai rapidement engagé conversation avec l'artiste, après avoir pu admirer enfin de visu (et pas en photo, once again) ses premiers essais de signalétique, que je trouve très réussis, dans le genre loufoque propret.
Bien entendu, tout ce billet ne doit avoir ni rime ni raison pour ceux qui ne connaissent pas le premier mot de toute cette affaire, et à qui je ne saurais trop conseiller de lire les divers textes de Simon, marqués en lien ci-dessus.
En écoute : Wayne Shorter Quintet. "Speak No Evil" (Speak No Evil, 1964.)
Quel phrasé, quelle atmosphère en ténèbres & magie glorieuse, comme si un vieillard couvert de givre sentait renaître la vie à fleur de peau ! Ce n'est pas ça ici.
17:55 Publié dans BoozArtz, Jazeur méridional, Moments de Tours, WAW | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
vendredi, 08 décembre 2006
Popularité
Trottoir des Tanneurs. Conversation sur téléphone portable.
- Ouais, ouais...
- ...
- Non, là, je vais filer aux Galeries et à la FNAC.
- ...
- Non, je sais, mais je sèche le cours de Cingal, ça me gave, là.
- ...
- Ah bon ? Anaïs ? Tu es sûr ?
12:28 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
lundi, 04 décembre 2006
Victor Cherbuliez
Victor Cherbuliez n'est pas le plus connu des écrivains du dix-neuvième siècle. (Litote.) C'est un académicien renommé. (Antiphrase.) J'ai, face à moi, la première page de son roman, La Bête, publié en 1887, mais dans la réédition de 1929 ("Collection Nelson").
Comme, dans un des cours que j'enseigne ce semestre, j'ai proposé un extrait de Daisy Miller, et comme l'un des personnages de Henry James demande à ce qu'on lui apporte un "roman de Cherbuliez, Paule Méré", je me suis renseigné sur cet énigmatique romancier et ai même pu me procurer, à la Bibliothèque Universitaire, un de ses textes. (Pour Paule Méré, il faudra chercher sur Internet, ou passer par le Prêt Entre Bibliothèques.)
En écoute : William Parker. "There Is A Balm in Gilead" (Long Hidden : The Olmec Series, 2006).
11:35 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Ligérienne
mardi, 21 novembre 2006
Against the Day / Wizard of the Crow
Aujourd'hui paraît aux Etats-Unis le nouveau roman de Thomas Pynchon, Against the Day, un gros pavé très alléchant de plus de mille pages. Le titre, à lui seul, est au confluent de nombreuses références poétiques et philosophiques, sans même évoquer l'influence possible de Seize the Day, à la fois traduction anglaise du carpe diem horatien et titre d'un roman de Saul Bellow.
Je vais le commander, tout en sachant que j'ai d'autres colosses qui peuplent ma table de chevet, dont Wizard of the Crow, le dernier roman de Ngugi wa Thiong'o, dont j'ai commencé la lecture hier soir avant de m'effondrer entre les draps, et qui démarre très fort. J'avais quelques appréhensions, pour diverses raisons, mais il semblerait que les échos mitigés que le roman a reçus, tant auprès de l'éditeur américain, dans un premier temps, que des critiques, par la suite, aient été peu fondés... à moins que le texte ne s'effondre aussi après quelques pages (ou centaines de pages, car Wizard of the Crow avoisine les 800 pages, et l'essoufflement est un risque).
***********
Entre autres chantiers laissés en plan (ou plans laissés en chantier), il y a Le Livre des mines. (You're making a note of it just for yourself, lad !)
09:45 Publié dans Affres extatiques, Lect(o)ures, WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Afrique
mardi, 17 octobre 2006
En vrille
Après un déjeuner gentiment arrosé, et des discussions sur des sujets tant personnels que professionnels, le bitume de la passerelle paraissait d'un gris moins morne, et le tarmac de la rue des Tanneurs d'un bleu sombre plus chaleureux que d'ordinaire. Le comble, c'est que même l'exposition accrochée aux cimaises de la galerie d'art La Passerelle avait l'air moins croûteuse que d'habitude. Il faudra que je retourne voir cela de plus près, car cela me ronge les sangs !
Hier soir, je me suis endormi en lisant un ouvrage de métrique, qui pourtant me passionnait. Manque de sommeil. L'autre soir aussi, c'était en lisant Ukridge de P.G. Wodehouse, un texte pas franchement exigeant (mais pas totalement réussi non plus, il faut bien le dire). Là, j'ai les yeux qui papillonnent (clignent ? partent en vrille ?).
Ce matin, un chat descendait la rue Ronsard dans le même sens que moi, sur le trottoir d'en face. C'était comme un jumeau pour moi, ou un miroir félin. Très dérangeant, comme impression. Mettre au propre, ce matin, ma fiche individuelle pour le bilan du groupe de recherches auquel j'appartiens a été l'occasion de remettre le nez dans certains de mes travaux déjà anciens, ce qui n'est pas toujours très rassérénant. (Tiens, je me dis que je n'ai jamais dû employer l'adjectif rassérénant alors que sereine figure au faîte de l'édifice...) Je me demande surtout quelle direction vont prendre mes recherches à présent. Vais-je accentuer le travail de traduction, et le renforcer même par une approche traductologique plus soutenue ? Vais-je être tenté de lorgner du côté des formes de l'humour (et notamment de la beauté de l'humour, thème qui me taraude beaucoup ces temps-ci) ou encore de certains poètes sud-africains que je lis depuis lurette mais n'ai jamais approfondis...?
À la croisée des chemins, peut-être le chat aurait-il beaucoup à m'apprendre...
18:17 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
lundi, 09 octobre 2006
Idée saugrenue
La porte du bureau 41 grince atrocement. Le bureau est-il hanté, tels les châteaux écossais des légendes, par un spectre secouant ses chaînes ?
13:25 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
dimanche, 08 octobre 2006
Cours 2006-2007
...................................................Sans parler des cours proprement dits, le site que je leur consacre me prend pas mal de temps, aussi...................................................
15:55 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 06 octobre 2006
Scène
Devant l'amphi Thélème, appuyés contre une table toute simple, deux étudiants et une étudiante. Le garçon qui est à gauche mange un sandwich Panini. Le garçon du milieu (cheveux bouclés noirs) mord à belles dents dans un sandwich au salami. La jeune fille déguste, à l'aide d'une petite cuillère en plastique blanc, une salade de betteraves à même une boîte en plastique transparent.
Reste à inventer le dialogue. (Penser à demander à François Bon...)
(Et le spectateur ? Ce spectateur en mouvement qui revient de déjeuner au Cap Ouest, bavette salade haricots verts mange-tout ? Devient-il acteur de la scène ? A-t-il un texte ? Ne fait-il que passer ? Hmmm...)
12:20 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
jeudi, 28 septembre 2006
Tanneurs 131 et 132
Outre que, repeintes une semaine avant la rentrée, les nouvelles salles du site Tanneurs (au premier étage) offrent aux narines & naseaux souffreteux un mélange d'odeurs plutôt capiteux et même franchement désagréable (peinture + tableau à marqueurs + soleil tapant, à travers les vitres, sur les corps progressivement dégoulinants), elles ne présentent pas toutes les garanties en matière de respect des normes de sécurité, ce qui est plus inquiétant encore.
Aux Joulins, à une heure, j'ai mangé mon sandwich fade et bu un Schweppes, avant de repartir turbiner.
C'était sportif aujourd'hui, avec un cartable prêt à éclater et trajets en bus + trottoirs, sans compter l'habituelle dizaine d'étudiants qui m'ont attrapé au rebond, entre deux portes, deux couloirs, qui pour une demande de changement de T.D., qui pour l'organisation d'un emploi du temps Erasmus, qui pour une information sur les U.E. libres, qui pour la remise (tardive pour cause d'inscription tardive) d'un emploi du temps de L3... bref, lundi et mardi se prolongeant sur le jeudi. (3 Glorieuses... non, c'est plutôt en semaines.)
J'étais quand même à l'heure pour apporter à A., à la sortie de l'école, le crocodile gélatineux vert fluo qui m'avait été, de façon plutôt décadente, offert avec le café, et que j'avais soigneusement "troussé" dans un mouchoir en papier en vue du goûter filial.
18:50 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
mercredi, 20 septembre 2006
Chaud et froid
Finalement, les livrets sont sortis de l'imprimerie une heure avant la réunion de rentrée.
(Mais il manquait une vingtaine d'exemplaires.)
15:55 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
mardi, 19 septembre 2006
Journée d'études
Le Peintre et les Lettres :
Figures de l’artiste dans la littérature italienne
des XIXe et XXe siècles
vendredi 13 octobre 2006
salle 5e étage, Bibliothèque universitaire
3, rue des Tanneurs (Tours)
Le programme est téléchargeable ici: Peintre_Lettres.doc.
16:04 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne
mardi, 29 août 2006
Aux chiottes l'archiviste ?
On reprend le fil de la rubrique WAW... J'ai bossé ces derniers temps, mais ce matin, je faisais mon grand retour dans les locaux merveilleux de l'Université François-Rabelais, rue des Tanneurs. Un endroit presque complètement désert, mais j'ai pu rencontrer les collègues que je m'attendais à y voir, tout en ne voyant pas les collègues qui ne débarqueront qu'à la mi-septembre...
Les salles de lecture de la bibliothèque sont bien vides, elles aussi.
En revanche, les travaux ont considérablement avancé, à ma grande surprise. La petite salle d'archives sise juste en face du secrétariat L.E.A. a été transformée en cabinet de toilettes, mais il y a encore l'ancien panonceau vissé sur la porte en bois, ce qui m'a permis d'immortaliser cette incongruité (mais je ne sais pas si, avec ce fichu serveur qui réduit toutes les images, on peut lire "ARCHIVES" sur l'écriteau noir). Pensée émue pour mes amis amoureux des archives, et, singulièrement dans le cyberespace, à Jacques Layani.
14:24 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
vendredi, 14 avril 2006
Le blocage se poursuit aux Tanneurs
Une poignée de hors-la-loi, se réclamant d'assemblées générales où règnent la terreur et le mensonge, font la loi. L'écrasante majorité des étudiants veut reprendre les cours, et même n'aurait pas voulu qu'ils soient interrompus. Ceux d'entre eux qui se risquent à aller aux A.G. se voient traités de "bouses", de "moutons" et de "fachos" dès qu'ils essaient de prendre la parole.
Les barbares sont là. Ils sabotent l'université. L'avenir des étudiants est sévèrement compromis, notamment parce que nos universités partenaires, grâce auxquelles les étudiants peuvent aller étudier un semestre ou une année à l'étranger, sont en train de dénoncer nos contrats d'échange.
Plutôt que d'aller lutter vraiment contre le grand capital (ce serait trop dangereux), quelques antimondialistes bornés bousillent l'un des derniers lieux où ne règne pas le mercantilisme. Ils en sont fiers.
08:50 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
mercredi, 05 avril 2006
Langues étrangères en maternelle
Ayant lu, sur la liste de messagerie d’anglicistes de l’enseignement supérieur à laquelle je suis abonné, une série de contributions sur la question de l’apprentissage des langues dans l’enseignement primaire, et en particulier les sept points suggérés par un collègue pour systématiser l’enseignement de l’anglais en maternelle, selon un système extrêmement ambitieux, dans la droite lignée des projets naguère fomentés ou encouragés par Jack Lang, je me suis permis la réponse suivante, que je verse au débat par l’intermédiaire de ce carnétoile :
Chers Collègues,
Au risque de paraître réactionnaire et peu informé, j'aimerais seulement apporter au débat ma pierre purement subjective de père. Ayant discuté avec de nombreux professeurs des écoles et connaissant plusieurs personnes qui ont, comme moi, leurs enfants en maternelle, j'avoue que j'ai du mal à imaginer que les propositions de notre collègue ne sont pas un poisson d'avril à retardement.
J'ai un fils de quatre ans et demi, qui a été considéré par sa maîtresse de petite section, puis par celle de moyenne section, comme un privilégié, car elles n'ont pas eu "à lui apprendre les couleurs" (dixit). Ce que cela signifie, c'est qu'il connaissait la plupart des couleurs en français à l'âge de trois ans et demi, mais que la majorité de ses camarades ont dû les *apprendre* par des exercices variés.
Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres, qui montrent tous qu'à l'heure actuelle, en petite mais aussi en moyenne section de maternelle, un nombre non négligeable d'enfants ne se font pas comprendre, ou difficilement, même du personnel d'encadrement (professeurs, ADSEM, dames de la cantine etc.), qui devrait être habitué à communiquer avec des enfants de cet âge.
Dans ces conditions, il me semble rocambolesque d'imaginer d'introduire la pratique d'une langue étrangère en maternelle, puisque le français comme outil et comme vecteur de sens est déjà, pour quelques-uns, une langue non maîtrisée. De même, les premières conclusions des expériences d'enseignement d'une langue vivante à l'école primaire montrent que des classes entières de sixième maîtrisent des rudiments inégaux et approximatifs d'anglais (ou, parfois, au petit bonheur la chance et en fonction des principes stochastiques des cartes scolaires, d'autres langues), tandis que la connaissance du français, elle aussi, s'enfonce dans le vague et le rudimentaire.
A force de mettre la charrue devant les bœufs pour le plus grand plaisir de spécialistes de didactique parfois plus férus de statistiques et de modélisations importées que d'expériences du terrain, on ne peut pas dire que les réformes dans ces domaines aient porté leurs fruits. J'admets qu'il y ait une certaine logique à vouloir pousser à bout un système qui a de mauvais résultats dans l'espoir qu'intensifié il deviendra bon, mais je ne suis pas certain d'y souscrire.
Bien à tous,
11:27 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
vendredi, 24 mars 2006
Terreurs en terre travail
Je ne veux même pas parler de mon travail administratif. Déprime et Sisyphe.
Mais j’ai reçu hier mon exemplaire du volume L’autre, qui reprend les actes des journées d’étude du GRAAT consacrées jusqu’à présent à ce thème attrape-tout, avec dix tirés-à-part de mon article non agrafés. Je m’attaque à la mise en forme des articles dont je dispose pour le n°4 de la revue CRAFT (“Fantasmes d’Afrique”).
Et la traduction, quand ?
Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhh…
09:42 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 23 mars 2006
CPE, blocus, etc. : quelques éléments de réponse
[Une première mouture de ce billet a été publiée à midi dix, mais la rédaction en avait été interrompue par un entretien avec une étudiante, justement, puis la publication par des collègues venus me chercher pour un déjeuner rapide à la Cabane de Romulus. Je relis ces lignes et les peaufine vaguement, pour leur enlever un peu de bâclé.]
J’interviens dans le débat autour du blocage des universités, relativement au CPE. J’avais écrit un assez long commentaire en réponse à une note de Tinou, qui reprend textuellement un message qui est, de toute évidence, un mauvais canular. Mais le serveur a mangé ma réponse juste après la validation.
J’interviens dans le débat en ma qualité de maître de conférences travaillant sur le site Tanneurs, à Tours, mais à titre personnel, évidemment. Le site, qui abrite les U.F.R. d'Arts & Sciences Humaines, mais aussi de Lettres & Langues, est bloqué depuis maintenant trois bonnes semaines.
Quand j’écris que le courriel en question est une belle intox, je veux dire qu’en matière de manipulation entre les pro-blocus et les anti-blocus, c’est 1 partout la balle au centre. Il suffit de parcourir les navrants blogs des anti-blocus pour voir que la récupération politique est bien partagée entre les deux "camps".
Je passe plusieurs heures par jour à recevoir des étudiants inquiets, à organiser des rattrapages de cours, à évaluer les modalités de compensation d’examens, à répondre aux courriers électroniques d’étudiants, à me concerter avec mes collègues, etc. Les enseignants, qu’ils soient favorables ou non au CPE (c’est une autre affaire: j’aimerais qu’il n’y ait plus d’amalgame entre les positions relatives aux blocus et celles qui concernent le CPE), font de leur mieux pour permettre, à terme, une reprise harmonieuse du travail et rassurer tout un chacun.
Il y a bien entendu un nombre important d’étudiants hostiles au blocus, et qui se sentent démunis face à la situation. Mais il est faux d’écrire que ces étudiants constituent une majorité dont la voix est étouffée. Ainsi, l’A.G. qui a eu lieu lundi soir en plein air place Anatole France s’est déroulée de manière tout à fait démocratique et – au vu des circonstances – fort civilement. Une large majorité s’est prononcée en faveur du blocus. Tous les présents ont pu participer au vote, le décompte s’est fait minutieusement, etc.
Pour résumer, donc :
- oui, il y a des étudiants qui se sentent « pris en otage » pour parler comme un journaliste de bas étage
- non, ils ne sont pas une majorité opprimée par quelques trotzkystes
- tout sera fait pour que les examens et l’évaluation se déroulent dans les conditions les plus harmonieuses, sans la moindre injustice envers les étudiants
- il faut arrêter les manipulations médiatiques, dans quelque sens que ce soit
Je sais ce que ce billet a de bâclé, de péremptoire parfois, de fragmentaire aussi. Il a le mérite de porter témoignage, le plus impartialement possible, au milieu d'une situation chaotique. Le débat ne gagne pas à la diffusion de fausses informations, de rumeurs, ni aux exagérations idéologiques. Comme je l'ai écrit plus haut, la manipulation sévit des deux côtés. Je ne demande qu'à préciser mon opinion au fil du débat qui, je l'espère, naîtra dans le fil de cette note.
13:44 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
lundi, 30 janvier 2006
Os à ronger
De nombreux malheurs s'abattent sur moi : je n'ai pas le Robert culturel sous la main, et je brûlais d'écrire un billet sur l'adjectif osanore, découvert hier grâce à Livy.
L'épuisant désir de ces choses...
11:05 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, WAW, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 21 janvier 2006
Salon d’Information des Lycéens, Rochepinard
20 janvier. Onze heures et demie.
L’obsédé de la trace.
Après trois heures de frénésie, flot continu de lycéens demandant des renseignements, une pause, et un billet.
Traçant des hiéroglyphes, filant la quenouille.
09:50 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
lundi, 09 janvier 2006
Prétéritions en chaîne
Une collègue m'a demandé récemment si je parlais, dans mon "blog", de mon travail, c'est-à-dire aussi de l'université, des collègues, etc. Pas trop, je pense, voire franchement pas beaucoup. Autant dire que la catégorie William At Work est l'une des plus ténues de ce site, et encore, l'université n'y occupe pas une place immense.
Que vous dirais-je ? Que, ce matin, je suis cloué dans mon bureau jusqu'à midi, car je dois encadrer les examens de troisième année, ce qui a consisté à s'assurer que mes collègues surveillants étaient présents, puis à les aider à distribuer les copies et feuilles de brouillon, etc.? Que j'ai rencontré, pendant un quart d'heure chacun, trois étudiants dont je devais signer les programmes provisoires d'étude en vue de la constitution de leur dossier pour les Etats-Unis en 2006-2007 ? Que j'ai reçu une autre étudiante qui a eu un problème sérieux avec son Unité d'Enseignement Libre, et que je vais devoir m'enquérir de cette histoire auprès du collègue de la faculté de droit ? Qu'une autre, étudiante en L.E.A. première année, est venue me voir pour que je reprenne avec elle sa copie de traduction et que j'évalue les différents exercices qui lui seront nécessaires pour progresser au second semestre ? Que j'ai dû, au secrétariat, expliquer pour la millième fois la maquette des enseignements à deux étudiantes salariées complètement paumées ? Que j'écris ces quelques lignes en attendant d'autres étudiants qui viennent chercher leurs devoirs corrigés, puis que je rentrerai chez moi pour me lancer dans la correction de 14 devoirs de thème anglais, de trois devoirs supplémentaires sur les formes de l'humour britannique, et donner un coup de collier pour avancer la correction des dissertations de CAPES sur l'ambivalence dans The Good Soldier, sans oublier de rendre un article sur "A Conversational Monologue" de Kari Dako avant le 15 janvier aux collègues chargés de la publication des actes du colloque Orality in Short Fiction ?
Non, je ne ferai rien de tel. Vous vous endormez déjà. (Une bonne recette, Livy, pour tes insomnies. Je devrais inventer un générateur de textes comme celui-ci, pour les insomniaques francophones du monde entier.)
11:25 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
mercredi, 04 janvier 2006
Croisement / croisades
Je doute que la blogosphère - et même cette infime partie que constitue mon maigre lectorat - soit principalement composée de personnes qui connaissent le bulletin municipal de ma cité, originalement baptisé Tours.infos. Toutefois, je ne résiste pas à l'envie qui me tenaille de vous faire part des titres respectifs de deux "brèves" situées l'une à la suite de l'autre dans le n° 71 de cet étonnant canard :
La galette des rois des aînés
Obésité infantile : le dépistage
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Par ailleurs, j'ai reçu récemment, par le service des livres d'occasion du site américain de la Fière Amazon(e), un exemplaire d'After Theory de Terry Eagleton, et le dernier roman paru d'Abdulrazak Gurnah, Desertion (que j'ai commencé de lire et qui est superbe). Il s'agit de deux vendeurs différents, qui m'ont tous deux "refourgué", sans aucun scrupule, semble-t-il, des ouvrages portant, de manière patente, la mention suivante :
This is an uncorrected bound proof. It is not for sale and should not be quoted without comparison with the finished book.
Autrement dit :
Ce livre constitue le jeu d'épreuves finales sous forme reliée. Sa commercialisation est interdite. Pour le citer, il faut se référer à l'édition définitive.
Cela ne me gêne pas tellement, en soi, que les libraires fraudent, d'autant moins que ces éditions seront peut-être un jour recherchées et qu'elles auraient alors une valeur bibliophilique (je n'y connais rien et j'en doute). Mais, outre la question de principe, il se trouve que je suis, de par ma profession, appelé à avoir besoin de citer ces ouvrages : le dernier point, qui est mis en relief dans la troisième phrase de ma traduction, marque à quel point le fait que j'aie acheté (assez cher, car le montant exorbitant des frais de port compense intégralement le prix dérisoire du livre d'occasion) ces éditions ne me permet pas de travailler dans de bonnes conditions. Je tiens à signaler que c'est la première fois que cela m'arrive, mais deux fois coup sur coup, c'est violent.
Pour clore sur cette anecdote, je tiens à signaler que la page 54 de l'ouvrage de Terry Eagleton est entièrement blanche, ce qui, à lire la fin de la page 53 ("this downtrodden, long-despised class of men and women") et le début de la page 55 ("set of beliefs as a whole.") , n'est pas délibéré ! Si j'étais d'humeur oulipienne, je pourrais me lancer à essayer d'inventer la page manquante. Mais je crois que je vais tout simplement photocopier le passage dans un exemplaire de bibliothèque... si la pagination n'en est pas trop différente !
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dimanche, 27 novembre 2005
Poèmes en marge du colloque, 1
Limage
L'image. Magellan. J'ai lancé. Encéphalo. Falot poète.
Leafing through midnight's pages.
Sleepless S-shaped lonely writer with no questions asked.
Je l'aime; voilà, j'ai fait l'image.
16:25 Publié dans Ecrit(o)ures, WAW | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 24 novembre 2005
Et un contrat, un...
Moi qui pensais me reposer un peu au second semestre, je viens d'avoir la confirmation, au cours d'une conversation téléphonique avec Mme A. F., responsable de collection chez un prestigieux (?) éditeur parisien, que j'étais engagé pour traduire le dernier roman paru de "mon" auteur.
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mardi, 22 novembre 2005
Commissions de spécialistes
Pensant à mes nombreux amis ou connaissances qui s'apprêtent à affronter, d'ici deux mois, l'enfer du C.N.U., puis les tempêtes du recrutement, je renvoie en lien vers la note très informative d'un ancien condisciple de l'E.N.S., Baptiste Coulmont.
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Je remarque que mes autoportraits vous inspirent. Ce n'est qu'un début; continuons le combat!
07:33 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 20 novembre 2005
Soutenance
Maison de la Recherche. Un bâtiment flambant neuf. La candidate, légèrement anxieuse et sans doute très fatiguée. Un des membres du jury annonce à la dernière minute qu'il ne peut pas venir (pour de bonnes raisons, familiales). La soutenance se déroule impeccablement. Présentation synthétique et limpide. Débat d'idées. Questions. Echanges de haut vol. Le jury délibère. Mention Très Honorable avec Félicitations. J'aurais aimé rencontrer le professeur absent, dont je connais les travaux depuis longtemps. Et c'était une très belle soutenance; j'étais content d'y assister.
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vendredi, 18 novembre 2005
Atelier Markowicz III
Hier après-midi, lors de l'atelier de traduction, André Markowicz était présent. C'était une séance très instructive, n'était-ce que nous nous trouvions dans l'une des salles pleinement ensoleillées qui donnent directement sur le chantier, d'où un inconfort tant sonore qu'atmosphérique. Nous avons pu déménager, pour les quarante dernières minutes de ces trois pleines heures, et gagner le calme et la fraîcheur agréable de la salle 221, sorte d'amphithéâtre miniature avec vue sur la Loire.
André Markowicz a demandé aux étudiants de lire, par groupe, un passage de leur traduction. Chaque groupe traduit un acte de la pièce, et certains ont déjà bien avancé, non pas nécessairement du point de vue de la quantité, mais pour ce qui est de l'approche du texte théâtral et des difficultés qui lui sont spécifiques. Il y avait de vraies trouvailles, et souvent un souffle convaincant.
Cette expérience, quoiqu'elle s'ajoute à un emploi du temps déjà calamiteusement épuisant, me passionne de plus en plus.
12:27 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 10 novembre 2005
Atelier Markowicz
Jeudi, 14 h 15.
Je viens de me promener dans le vieux Tours, pour un aller-retour inutile - mais toutefois agréable - entre le site Tanneurs et le Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance (C.E.S.R.), rue Rapin. C'est dans les locaux du C.E.S.R. qu'ont lieu, tous les jeudis de deux à cinq, les séances de l'atelier de traduction animé par André Markowicz. Toutefois, il y a, ce jeudi, relâche, comme vient de me l'apprendre l'attachée culturelle. Cela m'apprendra à consulter les plannings qui me sont envoyés!
Je n'ai pas encore parlé de cet atelier, et c'est peut-être l'occasion de le faire, brièvement. L'objectif est, sur l'année, de faire traduire à un groupe d'étudiants, collectivement mais sous la direction de Markowicz, The Merry Wives of Windsor de Shakespeare. C'est une gageure, certainement, d'autant que la majorité des étudiants ne sont pas anglicistes.
Jeudi dernier, c'était la quatrième séance, que j'ai manquée pour cause de colloque (à Montpellier, on le saura). Sinon, les trois premières séances furent absolument passionnantes. Lors de la première, Markowicz a expliqué un peu la méthode et le fonctionnement de l'atelier. Il y a environ vingt étudiants (en fait, un seul garçon; sinon, des filles), qu'il a répartis en cinq groupes, un pour chaque acte. L. A.-F., ma collègue spécialiste de littérature comparée, et moi-même sommes présents à chaque séance pour encadrer le travail; lors des séances auxquelles Markowicz himself ne peut participer, nous assurons le relais. Chaque semaine, les étudiants de chaque groupe doivent traduire 70 lignes de "leur" acte (dix lignes par jour, tous les jours, sans exception, c'est la consigne markowiczienne).
Lors de la première séance, Markowicz nous a fait traduire l'incipit de Crime et châtiment. Il faut savoir qu'à l'exception de lui et d'une étudiante russophone, personne ne parle un traître mot de russe dans cet atelier. Il nous a donc dicté une version mot à mot des dix premières lignes, et chacun devait proposer une traduction. On a ferraillé, bataillé ferme. C'était fascinant, et cela a surtout permis à Markowicz un grand nombre d'idées sur la pratique de la traduction, la langue française, etc.
Lors des séances suivantes, le groupe a procédé à l'examen des "débuts d'acte": en d'autres termes, le groupe chargé de l'acte I a lu ses propositions de traduction pour les premières répliques de l'acte I; on en a discuté, débattu; on a modifié, médité, laissé en suspens... Et ainsi de suite pour chaque acte.
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Malentendus et incivilités
La scène se passe à l'université, sur le site Tanneurs. Deux étudiants, inconnus de moi, occupent toute la largeur du couloir, et marchent à une vitesse approximative de 500 mètres à l'heure. Celui de gauche porte, à la main gauche (de manière, je suppose, à ne pas gêner son camarade, qui lui raconte quelque chose d'essentiel avec force gestes et force cris), un skate-board.
Pour essayer de passer à gauche de ce couple insolite, je dis alors, comme on le fait habituellement: "Pardon..." Au moment même où je prononce ce mot, l'étudiant me balance, involontairement bien sûr, son skate-board dans le genou. Et, comme je le dépasse, il me lâche:
"C'est pas grave..."
Que mon "Pardon..." ait pu impliquer que c'était lui qui obstruait le passage ne lui a pas effleuré l'esprit. Qu'il ait pu me faire mal en me donnant un coup, moins encore... Quant à déambuler nonchalamment dans les couloirs bondés d'une université avec un skate-board, ça...
Enfin, l'éventualité de s'adresser autrement à un professeur qu'avec ce ton désabusé et mollasson semble reléguée, à tout jamais, aux oubliettes.
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mercredi, 09 novembre 2005
Thèse, 2001
Au moment de coucher mon fils pour sa prétendue « sieste » (en fait, il ne dort plus, l’après-midi, depuis un an maintenant), il m’est revenu en mémoire qu’il y a tout juste quatre ans, je m’apprêtais à soutenir ma thèse de doctorat à Dijon. A. avait alors quatre mois et avait d’ailleurs assez tôt perturbé le déroulement de la dite soutenance. (Ma compagne et mes parents s’étaient relayés, pour s’occuper de lui, dans le couloir.
C’est un excellent souvenir.
Je me rends compte qu’en quatre ans j’ai parcouru du chemin et j’ai stagné ; l’un n’empêche pas l’autre.
La soutenance est un grand moment, évidemment, dans la vie d’un universitaire. Voilà donc une célébration hautement probable (pour nous changer des invraisemblables).
En écoute : Arthur H. « Le Jardin des délices ». In Négresse blanche, 2003.
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mardi, 01 novembre 2005
Transport(s)
Je me relève – interrompant ma lecture de Roderick Hudson au milieu du chapitre 19 – pour peaufiner certains détails, vérifier quelques références pour mon article, quasiment achevé pourtant. En deux heures dimanche soir, une heure cet après-midi, et deux heures de nouveau ce soir, soit à peine six heures (ce qui me stupéfait moi-même), j’ai mis au propre et écrit cet article, sous le coup d’une forme d’inspiration qu’il m’est nécessaire d’attribuer – un peu d’irrationnel ne me fera pas de mal, une fois n’est pas coutume – au sujet même du transport, de l’extase, de cette forme d’échappée hors de soi que propose le roman de Jamal Mahjoub, Travelling with Djinns.
(Bien sûr, je ne compte pas, dans les six heures, la relecture minutieuse du roman stylo et feuilles de brouillon en main, ni l’heure que je vais maintenant, une fois refermé ce carnet, consacrer à un certain nombre de vérifications bibliographiques.)
La pluie bat contre le carreau, une voiture passe, à toute allure, et je referme ce carnet.
23:50 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 31 octobre 2005
Halo, oui
Deux étudiantes, ce matin en cours de grammaire, grimées, maquillées et cheveux teints.
Plus tôt, une dame d'allure tout à fait respectable manque de me faire tomber, pilotant fièrement sa bicyclette sur le trottoir. Il ne se passe pas de journée sans que l'on voie des vélos empiéter sur l'espace pourtant réduit des piétons. Il paraît que les cyclistes ont beaucoup à se plaindre des automobilistes; les piétons, eux, doivent s'écraser, je suppose.
Hier soir, j'ai bien avancé le texte de ma communication sur Travelling with Djinns. Je ne tousse plus beaucoup. J'ai achevé la lecture de L'Amant bilingue, livre fou et fort de Juan Marsé. Ce matin, entre 7 h 30 et 9 h, dans mon bureau rue des Tanneurs, j'ai préparé les documents pour le cours sur l'humour britannique de lundi prochain. Où il sera question de limericks.
Un halo de ferveur laborieuse accompagne mes pas. Je réinvente la roue.
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samedi, 29 octobre 2005
Voyage avec les djinns
Mardi, huit heures vingt.
Tout dort dans la maisonnée. Les angines, la claustration, ont-elles abattu tout le monde ?
Avant-hier soir, je voulus furtivement me relever pour écrire une (sans doute longue) note sur mes lectures du moment, Wasabi que j’avais fini la veille, et surtout les trois autres livres que je mène de front. Soucieux de me reposer un peu, je ne l’ai pas fait, et me suis contenté d’éteindre la lampe sur les minuit*. Hier soir, je voulais passer la soirée avec ma compagne, à l’issue d’une semaine éprouvante pour elle et épuisante pour moi.
La lecture de Roderick Hudson, qui m’enchante comme à chaque fois que je reprends le fil dénoué de mes fréquentations jamesiennes, m’a, presque à elle seule, convaincu de redonner du lustre à la catégorie Words Words Words, d’où l’essai infructueux (pour cause d’incurie informatique) d’une note consacrée au mot anglais (nom et verbe) mollycoddle, hier vers neuf heures et demie à Fromont.
Ce n’est pourtant pas de ce livre-là, ni de son compagnon baroque et de fortune, L’Amant bilingue de Juan Marsé, que je voulais surtout parler**, mais de ma relecture (pour la quatrième fois) de Travelling with Djinns, le dernier roman paru (en 2003) de Jamal Mahjoub.
Il est rare, pour moi, qu’un livre distille ses charmes de manière toujours plus audacieuse, plus insidieuse, à chaque nouvelle lecture – pourtant, tel est le cas de celui-là, que je trouvai, lors de ma première lecture il y a deux ans et d’un certain point de vue, plus « facile » que les précédents***. Entre-temps, j’ai co-organisé un colloque dont Jamal était l’invité d’honneur (“Fantasmes d’Afrique/Fantasizing Africa”, 18 et 19 novembre 2005), j’ai étudié le roman dans le cadre d’un cours de troisième année (en parallèle avec The God of Small Things d’Arundhati Roy), je l’ai relu aussi dans la perspective d’un article de bilan sur mon travail en littérature comparée... bref, ce qui n’aurait pu, comme dans bien des cas, n’être que relecture de circonstance (car, une fois encore, je le relis car je dois intervenir la semaine prochaine à son sujet dans un colloque), s’avère être plus foudroyant, ou plus fascinant que je ne l’aurais pensé.
J’ai découvert l’œuvre de Jamal en 1999, je crois, sur les conseils de son traducteur, qui est aussi un éminent collègue à présent retraité, Jean Sevry. Jean a traduit, avec sa femme, les cinq romans de Mahjoub, sauf le premier, qui a paru aussi chez Actes Sud, pourtant, et le second, à ma connaissance inédit en français (et l’un de mes préférés pourtant : Wings of Dust). Bien ; je m’aperçois que cette phrase est fort mal construite, car il vaudrait mieux dire que Jean a co-traduit les trois derniers romans de Mahjoub ; cela semblerait moins ridicule. Je ne connais pas la traduction de Travelling with Djinns, parue en 2004 sous le titre Là d’où je viens. Pour cette note, il m’a paru préférable de traduire plus littéralement, d’autant que l’image de la hantise (des djinns persans ou nisses danois, créatures qui, comme les soucis, accompagnent le voyageur) est essentielle, et, surtout, plus distinctive, plus originale que le choix du thème des origines. Mais ce doit être là, encore, l’influence de l’éditeur, donc je ne me permettrai pas de critiquer Jean, ni son épouse. Ce sont, d’ailleurs, de très bons traducteurs.
L’an dernier, lors d’un mémorable dîner de fin de colloque à la Rôtisserie tourangelle, Jamal nous avait confié qu’il avait presque achevé le tapuscrit de deux romans, l’un qu’il devait soumettre à son éditeur anglais, l’autre qu’il voulait essayer de faire paraître d’abord en traduction française, afin de profiter du succès de ses livres en France, et d’aiguillonner un peu, justement, son éditeur anglais. A ma connaissance, rien depuis – mais je n’ai pas osé le recontacter par courrier électronique. Peut-être devrais-je.
Travelling with Djinns (dont Livy, qui l’a lu sur mon conseil, a fort bien parlé) est un livre extrêmement émouvant, très bien écrit, souvent drôle ou grinçant, mélancolique et mordant, une forme de bilan en point d’interrogation, et, assurément, le plus autobiographique des romans de Jamal Mahjoub. L’intrigue n’est pas si simple que cela. Le roman raconte le voyage, du Danemark vers l’Espagne, de Yasin, un homme qui approche la quarantaine, avec son fils de sept ans, Leo. Yasin vient d’apprendre que sa femme veut divorcer, et sait qu’il ne verra plus son fils chaque jour. Il décide, à l’improviste, de prendre son fils sous son aile (ou plutôt, dans sa vieille Peugeot 504 déglinguée) et de partir à l’aventure (they hit the road, in a way that is not dissimilar from Kerouac’s On the Road or road movies from the 1970s). Le récit fait alterner la succession des étapes de ce voyage sans but apparent et les réminiscences de Yasin : vie conjugale avec Ellen, discussions avec son beau-père, petite enfance de Leo, voyage à Khartoum pour présenter femme et fils à ses parents, découverte du cancer de sa mère, décès de ses parents à Londres, détérioration de sa relation avec Ellen…
Le voyage n’a pas de but apparent, mais il les conduit toutefois (non sans qu’ils aient passé auparavant plusieurs jours en Provence, chez Dru, l’ex-maîtresse de Yasin, et son compagnon, Lucien) sur la côte méditerranéenne, en Espagne, à la rencontre du frère de Yasin, Muk, que celui-ci avait perdu de vue depuis des années. Le plus étonnant, dans ce roman qui regorge de scènes pathétiques et de situations douloureuses, c’est combien Mahjoub évite de tomber dans le pathos. En ce sens, ce roman est quasiment sans exemple, d’après moi.
De même, Mahjoub n’évite pas (et c’est même l’un des thèmes principaux du roman) les réflexions sur l’origine, sur le déracinement, les identités métisses, la rencontre des cultures européennes et non-européennes, le fanatisme, et le concept si galvaudé (et si ironiquement remis en perspective) de l’Autre (avec un A majuscule). Eh bien, il parvient à proposer un récit qui n’est pas seulement subtil, mais qui est également marqué au coin de la sincérité et du bon sens, sans raccourcis idéologiques ni envasements bien-pensants.
Bref, la grande qualité de cet écrivain, c’est sa justesse : belles phrases qui ne sont jamais gratuites, infinie perspicacité dans le portrait qu’il brosse de ses personnages, choix de détails extrêmement parlants…
* Le correcteur de grammaire refuse les minuit, mais c’est faute je pense de connaître l’expression « sur les minuit », que je ne me verrais, pour autant, pas accorder au pluriel. Bon. Je vérifierai.
** L’autre jour, à la radio : « c’est de cela dont il va être question ». Mais la langue française, enfin, ce n’est pas leur métier ???
*** J’anticipe d’emblée sur les réserves des uns ou des autres. J’ai mis l’adjectif facile entre guillemets, afin de signaler que je n’ai rien contre les œuvres abordables. Ce que je veux dire ici est très différent : le cinquième roman de Mahjoub m’avait semblé, à première lecture, plus conventionnel, plus adapté à un lectorat déjà existant, oui, en un sens, plus démagogique. (Et là encore, le plus ne veut pas dire qu’il m’a semblé, à aucun moment, démagogique. Plus démagogique que les autres romans, oui. Mais voilà tout.)
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jeudi, 27 octobre 2005
Treacherous teachers ?
Jeudi, dix heures vingt.
Je viens d’écrire une nouvelle note pour mon carnet de toile consacré au roman de Ford Madox Ford, The Good Soldier. J’essaie de le tenir, autant que faire se peut, à jour, me contraignant à faire, chaque semaine, une synthèse en français des points abordés dans le cours anglais, voire à prolonger telle ou telle question, comme, actuellement, le cas de la fiabilité du narrateur, grand sujet de débat s’il en est. Or, je me désole quelque peu de savoir, d’une part, que la plupart de mes étudiants lisent ce blog, et de voir, d’autre part, que (pour de très louables raisons : ils ont d’autres chats à fouetter (other fish to fry…)) ce site est perçu par tous, non comme un espace de débat entre eux, mais comme une source d’informations supplémentaires.
Evidemment, je n’ai, pour l’instant, dispensé que des cours magistraux. Mardi, j’avais affreusement mal à la gorge, 38°5 de fièvre et étais presque aphone. (Ce n’est guère mieux aujourd’hui, d’ailleurs, alors que mon fils, lui, commence à aller mieux.) Cela pour dire que mon enseignement lui-même n’appelle peut-être pas le débat. Mais enfin, c’est, depuis longtemps, la principale réserve que j’émets au sujet de la grande majorité des étudiants : ils n’interviennent pas, ou très peu, ou seulement s’ils y sont obligés, et prennent véritablement (à l’exception de ceux d’entre eux, minoritaires, qui ne participent pas parce que cela les ennuie ou les dépasse) le professeur pour une forme de dispensateur absolu d’un savoir gravé dans le marbre. Je ne suis, pour ma part, jamais si content que lorsque un étudiant ou une étudiante me contredit, me demande de retrouver un mot qui m’échappe, etc. J’ai toujours envie de paraphraser la maxime (ironique, certes) de Lautréamont à propos de la poésie : Le cours doit être fait par tous, non par un.
Dans le cas du cours de CAPES-agrégation dont je parlais au début de cette note, ce qui m’étonne le plus, outre (me semble-t-il) une baisse des effectifs (que l’on pourra, selon le bilan des semaines suivantes, imputer à mon peu de succès pédagogique, ou à la même première épidémie d’angines et laryngites qui me cloue moi-même au lit (mais pas tout à fait le bec)), c’est que, pour les quatre explications de texte en classe qui auront lieu les 29 novembre, 6 et 13 décembre, 3 janvier, et qui sont l’occasion rêvée de s’entraîner tant au commentaire écrit qu’aux épreuves orales, je n’ai à ce jour, pour les deux groupes (soit huit créneaux possibles) que quatre volontaires ! Ce n’est pas moi qui passe le concours !
Enfin, la solution est simple, sans doute, et ce sont le livre, le cours ou le professeur qui leur déplaisent ou les désorientent.
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lundi, 24 octobre 2005
Malédiction
Ce doit être une joyeuse malédiction. M'apprêtant à rendre, à la bibliothèque d'anglais sise au troisième étage de la tour du S.C.D. (Service Commun de Documentation), un volume de The Library of America reprenant les trois premiers romans publiés de Paul Bowles, écrivain dont je n'ai jamais lu une ligne et dont j'avais emprunté ces textes à l'intention de ma mère, qui les a d'ailleurs lus tous trois au cours de l'été, j'ouvre une page presque au hasard (en fait, il s'agit du début de The Spider's House) et, lisant ce prologue, je me sens attrapé, capturé, apprivoisé déjà par les phrases de l'écrivain... et j'aimerais maintenant garder le livre pour le lire. Oui, ce doit être une forme de malédiction, l'épuisant désir de ces choses.
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dimanche, 23 octobre 2005
Spirales
Dans son journal 1943-1945, Green, citant un extrait des Varieties of Religious Experience de William James, le traduit, et la dernière phrase de la traduction me pose plusieurs problèmes, car je me demande si ce qui me paraît être un faux-sens ne relève pas d’une tournure déjà un peu archaïque en 1944 et, du coup, ambiguë. L’excellence de la langue de Green et son réel bilinguisme plaident naturellement en faveur d’une bonne traduction devenue, avec le temps, plus opaque… mais comment en être certain ?
(Et j’ajoute à l’opacité en refusant de citer le texte de William James et le texte français proposé par Julien Green.)
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jeudi, 20 octobre 2005
Peter Bowler, lexicographomane
Depuis six mois, je fais mes délices infinies de la lecture des trois volumes du dictionnaire de Peter Bowler, dont le prmeier tome s'intitule The Superior Person's Book of Words, et les suivants de même manière, avec adjonction des adjectifs second et third avant l'adjectif superior. Jamais un auteur ne m'a fait autant rire, et avec quel savant dosage!
Je me suis donc mis en quête de quelques pages Web où il serait question de ces ouvrages. J'ai découvert, à cette occasion, qu'un site universitaire en donnait de très larges extraits, au mépris (je pense) des droits d'auteur.
L'excellent site World Wide Words de Michael Quinion, ressource presque inépuisable, propose une recension du troisième tome.
L'un des éditeurs, Bloomsbury, présente le premier tome avec deux sample entries.
Peter Bowler est australien, ce qui se ressent, de manière fort plaisante d'ailleurs, dans le premier tome, et moins dans les deux autres. L'expression "Superior Person", qui sert de fil conducteur et qui repose sur l'idée que l'emploi de mots rares ou inconnus des interlocuteurs met le locuteur en position de force, est une reprise très ironique de certaines formulations victoriennes. Ainsi, dans un roman peu connu, My Flirtations, de Ella Heptworth Dixon (1893), cette expression se retrouve, dans un extrait très savoureux:
Of course there were lots of people, even when he was at Cambridge, who knew nothing of the Deodoriser. But it always hung, like a modern sword of Damocles, over poor Gilbert's head. It made him diffident where he should have been at ease; it made him malicious when it would have been to his social advantage to appear kindly. But even at Cambridge he had given unmistakable signs of being a Superior Person. He could repeat, to a nicety, the shibboleth of Superior People. He knew when to let fall a damaging phrase about the poetical fame of Mr. Lewis Morris, and when to insinuate a paradox about the great and only Stendhal. In art, he generally spoke of Velasquez and Degas; in music, only the tetralogies at Bayreuth were worth discussion.
On peut aussi songer au poème de Francis Bret Harte, Lines to a Portrait, by a Superior Person. C'est aussi le titre de la biographie que Kenneth Rose consacre à George Curzon, qui fut, au tournant du siècle, vice-roi d'Inde. (Le sous-titre de la biographie est très éclairant: "A Portrait of Curzon and His Circle in Late Victorian England".)
Il ne fait aucun doute que Bowler, lexicographe-humoriste australien publié principalement aux Etats-Unis, a choisi cette expression en connaissance de cause: sa trilogie émane d'une conception intentionnellement et hyperboliquement réactionnaire de la langue. Il est souvent, dans son désir de ne pas être politiquement correct, d'une mauvaise foi tout à fait hilarante.
15:40 Publié dans Lect(o)ures, WAW, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Deux strophes sur la lassitude face aux tâches et la joie face au futur
Matinée passée
A paperasser
(Pas à paresser)
A administrer
(Zone sinistrée)
Cet après-midi
(Retour du jeudi)
Joie du mot traduit
André Markowicz
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vendredi, 07 octobre 2005
André Markowicz, traducteur en résidence
Vendredi, 15 h 30.
Hier soir, dans l’amphithéâtre Thélème, avait lieu la première intervention d’André Markowicz, qui est invité toute l’année à l’Université François-Rabelais comme artiste en résidence. C’est la première fois, apparemment, toutes collectivités ou initiatives privées confondues, qu’un traducteur est choisi pour une résidence d’artiste.
Je connais le travail d’André Markowicz depuis belle lurette, depuis 1993 exactement, date à laquelle je lus L’Idiot dans sa traduction, ce qui fut, pour moi, un coup de tonnerre. (Il a parlé des “grands chocs” de sa vie, et, dans mon itinéraire littéraire, cette découverte a certainement été l’un des “grands chocs”.) Je ne connais pas son travail sur Shakespeare, mais je suis appelé à participer, dès jeudi prochain, à l’atelier de traduction qu’il va animer à destination d’un groupe d’étudiants non nécessairement anglicistes. Je ne serai là, d’ailleurs, ni pour encadrer, ni pour aider à la traduction, car l’atelier s’adresse aux étudiants. Je ne sais pas trop encore comment Markowicz va m’employer, nous verrons ; en tout cas, j’ai bien décidé d’être as unobtrusive as possible, dans mon petit trou de souris, disponible voilà tout. Cet atelier va consister en une traduction des Merry Wives of Windsor. (Je ne sais pourquoi, il a eu beau employer, au cours de la conférence, le titre français habituel des Joyeuses commères, j’ai comme une intuition qu’il va proposer un autre titre…)
Bref… hier, c’était l’ouverture de cette résidence, en amphithéâtre Thélème, à 18 h 30, en présence de deux cent cinquante personnes environ, dont pas mal d’étudiants, finalement, en dépit de l’heure tardive et du sujet, propre à rebuter beaucoup, même parmi les littéraires.
Françoise Morvan, sa compagne, et lui ont donné une sorte de dialogue à moitié théâtralisé mais sans histrionisme, derrière la minuscule table placée au centre de la grande scène. C’est peu dire qu’il a captivé son auditoire. J’avais beau connaître un certain nombre de ses théories (sur l’invention propre au travail de traduction, sur les motifs, etc.), et une partie non négligeable de son parcours (Pouchkine, la poésie russe, Tchekhov, Dostoïevski, Shakespeare), j’étais moi-même sous le charme.
Une étudiante avec qui j’en parlais ce matin m’a dit qu’elle avait été très touchée par la manière dont ils avaient construit leur intervention de manière à faire entrer le public dans leur dialogue, à dédramatiser ou dépiédestaliser (my words) le phénomène conférence.
Il y a eu quelques questions, sur la fin ; je leur ai demandé s’ils ne pensaient pas que, comme dans le cas de Dostoïevski, s’imposerait pas un semblable travail de dépoussiérage de l’œuvre de Dickens (victime, depuis un siècle et demi, d’un total malentendu “naturaliste” en France), et également si la « traduction sur le motif » a meilleure presse, finalement, dans le cas d’œuvres contemporaines comme celle de Lobo Antunes (ma lecture actuelle de Bonsoir les choses d’ici-bas a dû un peu influencer le cours de mes divagations mentales).
J’aurai l’occasion de reparler de cette résidence, d’André Markowicz, j’avais songé à constituer un répertoire de quelques liens vers des sites à son sujet, mais, comme dirait, mutatis mutandis, Birahima, le narrateur d’Allah n’est pas obligé, là je n’en ai pas envie, j’en ai marre, et j’arrête d’écrire pour aujourd’hui. Mon thé m’attend, je vais aller chercher mon fils à l’école, a faforo!
20:10 Publié dans Lect(o)ures, Moments de Tours, WAW | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 03 octobre 2005
Pause travail...?
Tu vois, ça coûte 620 euros un brevet industriel, avant c'était dix mille balles, c'est moins cher.
Je discute avec Guillaume, le jeune patron et cuisinier du Cap-Ouest, et il y a aussi, là, une dame qui s'avère être la mère d'une des mes étudiantes de première année L.E.A., et avec qui j'échange quelques paroles.
Non, j'ai repris de fumer depuis août, les vacances ça c'est la galère.
La matinée s'est bien passée, sans pas superflus puisque mes deux cours du matin sont dans le même bâtiment maintenant.
Je ne peux pas exposer, je n'ai pas de voiture, tu me vois me trimbalant avec mes toiles?
Le boeuf bourguignon n'est pas mauvais, ici j'ai la certitude de pouvoir manger tranquillement et en une demi-heure, ce qui me laisse le temps de vaquer à mes occupations juste après (et juste avant la reprise de mes cours, à deux heures de l'après-midi).
Mon ex, elle s'est retrouvée avec un Marocain sur internet... elle est allée là-bas... et maintenant elle est revenue... enceinte de trois mois... enfin, chacun sa vie...
Le trio à ma droite mériterait le tableau. The one who does most of the talking moins encore que son comparse et la dame un peu plus âgée qu'eux deux.
Enfin, j'ai trouvé cette solution pour faire mes tableaux en laminé, ça permet de faire des copies plus vite et de répondre à la demande.
Je ne prends pas de dessert, finalement, car ni l'île flottante ni la charlotte aux poires ne me tentent.
Mon père va m'aider... avec ce brevet, tous les peintres vont acheter ça... ça fait deux ans que je travaille dessus... c'est un super projet...
12:40 Publié dans Ecrit(o)ures, Moments de Tours, WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 29 septembre 2005
Fin de journée
A une minute près, je publiais la note précédente à 22 heures 22... Raaaah...
Content de ma journée, d'autant que j'ai bien avancé les travaux de préparation du séminaire sur les formes de l'humour britannique qui commence lundi prochain.
Pas lu encore ce soir, mais je me suis offert, dans l'après-midi, une petite pause consacrée à parcourir les blogs habituels.
Irène (qui ne s'appelle pas ainsi, mais c'est le pseudonyme que je lui ai attribué et qu'elle semble assumer) se décide à écrire des commentaires ici, et VS a rédigé une longue réponse au test.
23:05 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, WAW | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Jeudi, en milieu de matinée
Je suis très content du travail que je viens de faire, à savoir la préparation de la séance de séminaire de demain. J’interviens, pour quatre séances, dans le master 2 de sciences du langage (option B, centrée, dixit la responsable, sur la diffusion du français dans des contextes et auprès de publics "spécifiques"), où j’ai proposé d’étudier le roman d’Ahmadou Kourouma, Allah n’est pas obligé. Le plus amusant, c’est que je trouve ce roman très faible par bien des côtés, nettement moins bon que les autres de l’auteur, et que je l’avais assez sévèrement critiqué lors de sa parution. Mais il se trouve que, pour des étudiants plus intéressés par l’aspect linguistique que par les finesses poétiques, mais aussi à titre d’introduction à certaines caractéristiques du discours littéraire africain (parodie de l’oraliture, jeu sur les différents registres, polyphonie, etc.), ce roman est tout à fait exemplaire. Me voici donc embarqué, pour huit heures, dans cette aventure.
14:30 Publié dans Affres extatiques, Moments de Tours, WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 26 septembre 2005
William at Work, again & again
No blogging William anymore. Il va falloir lui laisser le temps de se retourner, et de se re-tourner les pouces aussi, ce qu'il ne fait pas trop, en général, mais là moins que jamais, car n'a-t-il pas, le bougre qui de lui-même à la troisième personne (de majesté) parle et qui, outre sept heures de cours, une heure et demie à recevoir des étudiants pour des problèmes administratifs (again and again), et quelques autres menues tâches, qui, donc, s'est attablé ce soir pour décortiquer un peu u texte de Divakaruni qu'il étudie demain dans un T.D. d'analyse de textes de troisième année, n'a-t-il pas (j'y viens!) dû faire face au genre d'incident pour lequel il est le moins préparé, le plus sinistrement incompétent, à savoir une crise d'épilepsie d'une étudiante, dès le premier quart d'heure de cours, ce matin à neuf heures, d'où SAMU and the whole caboodle? J'espère que la jeune fille se sera remise, qu'elle n'est pas gravement épileptique et que je pourrai lui dire deux mots en aparté lundi prochain, afin de la mettre à l'aise.
21:59 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
vendredi, 23 septembre 2005
Moins que jamais serein
Les trois dernières journées ont vu la culmination de ces trois dernières semaines de folie, à l’université, où j’ai passé mon temps à des tâches aussi multiples que minutieuses et, comment dirais-je, marquées du sceau de la matérialité la plus quotidienne. C’était mercredi la réunion de rentrée des différentes composantes et années, et, en tant que responsable de deux cycles distincts, je n’ai pas cessé d’éteindre le feu ici et là… Depuis avant-hier après-midi, où je présidais à la remise des emplois du temps de L3 Anglais, j’ai rencontré au moins soixante-dix étudiants en entretien privé pour x demandes aussi variées qu’inextricables. J’en passe et des meilleures.
Pendant ce quasi-mois à me démener pour que la rentrée ait lieu dans les meilleures conditions possibles, ma recherche n’a évidemment pas avancé (j’avais deux articles à rendre, et baste…) et je ne dis rien des préparations de cours, lesquels seront pourtant assurés dès lundi avec verve et, je l’espère, brio ; en tout cas, ils seront prêts. J’ai tout de même créé, hier, en quelques minutes, un blog pour ces cours du premier semestre 2005 : il s’appelle Cours 2005, tout simplement.
Ce soir, je me rends à la réunion des parents de l’école maternelle.
********
Je m’interroge souvent sur le titre Touraine sereine, qui désigne un carnet de toile dans lequel il n’est pas toujours (souvent) question de Touraine, et dont l’auteur est aux antipodes de la sérénité. J’aime les moments sereins, les instants de sérénité, mais mon tempérament ne les facilite pas.
17:16 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Moments de Tours, WAW | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 19 septembre 2005
Vais me coucher...
... après plusieurs préparations de textes pour le cours d'"analyse de textes littéraires" de troisième année que je vais enseigner à partir de mardi en huit.
Bonne nuit,
22:03 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
WABW : panique, panade, pépins, pizza
Encore une journée harassante de travail principalement administratif, outre la préparation, pour la reprographie, des différents dossiers à distribuer aux étudiants lors des premiers cours. J’ai sué sang et eau sur de nouvelles paniques liées aux emplois du temps : il va falloir ouvrir de nouveaux groupes, de traduction notamment, en troisième année, ce qui, dans la mesure où nous devons remettre les emplois du temps aux étudiants dès mercredi, ne va pas être de la tarte, puisque P***, la directrice du département, n’était pas là aujourd’hui, et qu’elle n’a pu contacter les collègues susceptibles de prendre en charge ces enseignements. Autre panique, la panade des UE libres (unités d’enseignement libres), dont certaines sont confirmées, d’autres annulées pour cause de trop faibles effectifs, mais surtout… dont certaines vont peut-être ouvrir, mais peut-être pas, et les cours commencent lundi prochain, et ni le professeur ni les étudiants ne savent s’ils auront lieu…
Du coup, comme la mienne, sur les "formes de l’humour britannique", qui doit avoir lieu tous les lundis du premier semestre de six à huit, fait partie des cas tangents, j’ai déjà annoncé que les cours, si elle était ouverte, commenceraient le 3 octobre, et que le cours du 26 septembre serait remplacé à une date ultérieure. J’en passe et des meilleures.
J’ai un peu discuté avec AA, qui me dit que l’adaptation de son fils, âgé de dix mois, à la crèche, se passe comme ci comme ça, et que les premiers pépins du style rhinite commencent déjà à pointer le bout du nez (c’est le cas de le dire), ce qui m’a rappelé l’année d’A. en crèche ici, au Hallebardier, qui ne fut qu’une longue, onéreuse et confuse année de fièvres soudaines, de rhinopharyngites inexpliquées, et de débats avec la directrice de la crèche, qui ne voulait pas admettre que 25° en plein hiver, dans un établissement comme le sien, c’était au moins quatre degrés de trop. Finalement, j’avais fini, fort peu fier de moi mais à bout, par signaler le problème à la mairie, qui avait fait passer une entreprise de chauffage, qui avait confirmé qu’il y avait un problème, installé des thermomètres dans toutes les salles d’accueil et procédé aux réparations ; dès lors (après février), A. n’avait plus été malade. Il faisait entre 19° et 21° dans la crèche, et plus de microbes et virus en tous sens !
Le seul agrément de cette journée de travail fut le déjeuner, avec Irène, au nouveau restaurant italien de la Place du Grand Marché, Coco Mario je crois, où nous avons été servis par une jeune fille que je pensais connaître de vue, et qui, effectivement, nous a demandés au moment de l’addition si nous travaillions à la fac d’anglais, car elle avait dû m’avoir comme examinateur (la pauvre!) lors d’un oral, et qui, cette année, va préparer le CAPES. Je la verrai donc dès mardi prochain.
18:25 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 17 septembre 2005
Si d'un mal naissait un bien...
... ce serait peut-être que cette sombre manipulation politique autour de sujets du baccalauréat nous débarrasse des sujets d'invention et autres argumentations, qui ont dévoyé l'enseignement des lettres en lycée au profit d'un méli-mélo sociologique pas toujours très "littéraire".
13:19 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 14 septembre 2005
Réponse à Claire (du Collectif de soutien aux demandeurs d’asile)
Il semble y avoir un malentendu, à en croire le commentaire récent de Claire : je n’ai jamais remis en cause le bien-fondé des demandes d’asile spécifiques de chacune des familles « accueillies » sur le site Tanneurs. En revanche, oui, dans ce billet d’humeur pas très mesuré, parfois excessif, j’émets des doutes sur la stratégie du collectif (et non du comité, c’est noté, même si ce “collectif”-là a paru, à nombre de collègues et d’étudiants, bien sectaire et peu enclin à s’ouvrir à la collectivité de ceux qui auraient voulu soutenir les demandeurs d’asile) et sur le rôle réel des vrais étudiants de l’université dans cette instance.
J’ai eu l’occasion, entre début avril et la mi-mai, de discuter à trois reprises avec des membres du dit collectif. La première discussion a eu lieu le lendemain du concert de clôture de Marc Ducret, en lever de rideau duquel nous, les spectateurs, avions applaudi le petit laïus de l’un des responsables du collectif, qui avait fort bien parlé, et dans la plus grande justesse. Ce premier entretien, avec le responsable en question et une jeune fille qui n’avait pas l’air très bien renseignée* sur le statut des demandeurs d’asile et la Convention de Genève, mais pleine de bonne volonté et de détermination. Discussion intéressante.
Plus tard, tout début mai, passant près de l’amphithéâtre Thélème, dans la rue, me rendant directement au département d’anglais par l’extérieur, je fus interpellé par un des membres du collectif, qui, me voyant en cravate, ce qui apparemment, était un crime, me lança « Eh toi, le PDG, t’arrêtes pas surtout pour t’informer ». Vous l’avouerai-je ? je ne fus pas surpris du tutoiement ni de cet amalgame entre mon habit et l’idéologie que l’on me supposait**, mais j’allai vers le “jeune” en question (de cinq ans, au bas mot, plus âgé que moi), à qui j’expliquai ma position très modérée sur le sujet, à qui je racontai que j’avais déjà eu une longue discussion avec deux de ses acolytes, et à qui je déclarai aussi qu’il me semblait qu’avec le blocage des négociations, il y avait peut-être moyen de passer à d’autres modes d’action, au lieu de poursuivre une occupation qui avait pour principale conséquence d’irriter et de s’aliéner des personnes (agents, professeurs et étudiants) qui soutenaient au départ, pour la majorité, la cause des demandeurs d’asile et dont la patience s’effritait. Le vociférateur n’eut rien à me dire, qu’un espèce de bafouillement assez incohérent que j’interprétai comme un laissez-passer (ou un refus de discuter?) ; je vaquai donc à mes occupations.
La troisième discussion eut lieu quelques jours plus tard, car je voulais m’informer directement de l’évolution de la situation, assurer le collectif de mon soutien, à quelques restrictions que j’ai ensuite (plus d’un mois plus tard) explicitées et aggravées dans la note qui a provoqué votre courroux.
Pas d’incident cette fois-là, mais, si vous y tenez, je vous signalerai qu’une étudiante que je connais depuis deux ans et qui avait voulu s’informer semblablement, avait été (je cite) « branchée par un type qui puait le shit » (moi, je ne pourrais pas confirmer, c’est une odeur que je ne parviens pas identifier) et qu’elle « n’avait rien pu lui tirer d’autre » et « avait filé vite fait ». Comme le collectif me semble avoir vécu isolé dans sa bulle pendant deux mois, plus ou moins contraint (et je le regrette, et en veux, de ce point de vue-là aussi, à la préfecture***) à une radicalisation des discours et des actes, je pourrais vous citer de nombreux autres exemples, pour ne rien vous dire de certains propos que m’ont tenu certains agents, qui étaient excédés par la situation.
Enfin, si je comprends votre indignation à la lecture de ma note, sachez que, contrairement à ce que vous affirmez :
1) je ne me suis pas tenu à l’écart de ces “événements”
2) je ne suis pas ignorant en matière de droits des demandeurs d’asile*
3) je n’ai pas de leçon de civisme, d’humanisme ni de morale, ni surtout de militantisme, à recevoir de vous
4) je n’ai jamais douté que les étudiants du collectif étaient capables d’être admis à leurs examens, et je ne vois pas où vous êtes allée pêcher une idée pareille
Je conçois que votre erreur et votre véhémence viennent en grande partie d’un malentendu ou d’une mauvaise interprétation de mes propos, qui, très partiels et partiaux, se prêtaient effectivement à cette mauvaise interprétation. J’espère que c’est plus clair maintenant.
* contrairement à moi, si vous me permettez un peu d'orgueil (et je pourrai vous expliquer en long, en large et en travers, pourquoi je maîtrise assez bien le sujet)…
** Non seulement il est interdit d’exprimer le moindre désaccord avec les dogmes le plus radicaux d’un mouvement d’extrême-gauche, sous peine d’être aussitôt soupçonné de fascisme, mais ne pas être en jeans troué revenait, de même, à être aussitôt étiqueté «anti-collectif».
*** La seule (mais importante) rectification que j’aimerais apporter à la note En quoi se perdre est relative à ma trop grande véhémence, qui est d’ailleurs directement responsable de la vôtre : évidemment, je pense que la préfecture a laissé pourrir la situation, selon une stratégie bien connue, en profitant d’ailleurs de la perche que lui a tendu le collectif. Une fois que presque tous les personnels et les étudiants, exaspérés par l’escalade des provocations du collectif, furent d’avis que cette occupation avait perdu une bonne part de sa légitimité, l’évacuation devenait possible.
18:35 Publié dans Ex abrupto, Moments de Tours, WAW, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
lundi, 12 septembre 2005
Saignements
Aujourd’hui, j’ai saigné trois fois du nez. Saignements subits de la narine gauche – comme aux grandes fatigues d’hypokhâgne – qu’il avait fallu cautériser, chez ce vieil oto-rhino dacquois féru de latin et de grec. Un jour de version latine – ces épreuves qui avaient lieu sur quatre heures un mercredi après-midi sur deux –, un saignement violent m’avait saisi, et j’avais dû, dans une posture incroyablement inconfortable, aller chercher le lavabo le plus proche, où le professeur était venu me chercher, plein d’une inquiète sollicitude, ayant suivi la trace des flaques de raisiné*.
Ce jour-ci, j’ai saigné à midi, dans mon bureau, à l’université, peu après avoir reçu un énième étudiant, seul heureusement et ne perdant pas la face, puis au restaurant, avec Irène, Arbor et F.F., enfin de retour à la maison, m’essuyant précipitamment avec le mouchoir vert vif de mon fils, que je venais de raccompagner de l’école maternelle, où la journée s’était bien passée, alors que la mienne, entre les diverses menues mais pénibles tâches et ces saignements, avait été, non consternante, mais terne, agréablement illuminée par le déjeuner avec trio d’amis.
* Souvenir peu exact de la tirade de Vautrin dans Le Père Goriot : « …aller verser mon raisiné sur le plancher de Maman Vauquer…»
20:20 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
jeudi, 08 septembre 2005
Premier texte dicté
Oui je viens dans son temple adorer l'éternel.
C'est le premier vers qui m'est venu à l’esprit, ou plutôt la première phrase. Je découvre à l'instant le fonctionnement et les modalités d'utilisation du logiciel de dictée que m'a gentiment copié Arbor. L'installation n'a pris que deux minutes et l'enregistrement de ma voix, ainsi que sa mise en conformité avec le logiciel, dix minutes tout au plus. C'est très étonnant. Le fait de travailler dans un logiciel de traitement de texte est extrêmement pratique, dans la mesure où il est possible de corriger au clavier quand cette procédure est plus rapide que par la voix. Je pense d'ores et déjà que le texte que je suis en train d’improviser au micro prendra place dans le carnet de toile intitulé Touraine sereine. Je suis tout à fait ravi de constater, au montrer chair, mon adorable logiciel de dictée, que tu connais sans faillir le titre de mon blog, même si le mot blog t'est apparemment inconnu et même si je dois me déclarer surpris que l'apostrophe montrer chair devienne mon très cher. Dans la phrase qui précède, j'ai gardé volontairement l'erreur afin de montrer qu’elle venait tout autant de moi que du logiciel. Évidemment, c'était l'inverse : c'était mon très cher qui était devenu montrer chair, car j'avais syncopé sans doute les trois mots en deux, au point d’aboutir à cette confusion entre, d'une part, un pronom et un adjectif, et d'autre part, un verbe.
Pour l'instant, je ne suis pas convaincu que ce système soit plus rapide que la saisie manuelle par l'intermédiaire du clavier, mais il est beaucoup plus reposant pour les mains et les yeux. J'aimerais ici dire toute mon admiration pour les cinq informaticiens capables de mettre au point ce genre de technique, ce type d'outil d'une infinie utilité même si, dans l'immédiat, j'en use de manière quelque peu futile. J'aimerais aussi, et c'est peut-être là plus important encore, exprimer de vive voix, et presque aussitôt sur l'écran, mon amitié et ma sincère gratitude à Arbor, dont c'est ici le pseudonyme mais dont le vrai nom mériterait d'apparaître.
Je n’ai pour l'instant que des stupidités à écrire, ou des choses banales, mais bientôt ce sera une autre paire de manches. La seule chose qui ne soit pas banale dans ce que je viens de dicter, et qui constitue d'ores et déjà une note destinée à être publiée dans mon carnet de toile, c'est cet hommage à un véritable ami.
En effet, pour mon travail, je vais pouvoir dicter mes ébauches de cours, qui me serviront de trame, ou encore pouvoir passer outre le pénible exercice consistant à recopier un texte ou à le scanner, ce qui n'est jamais un gain de temps, loin s'en faut. Il y a aussi l'aspect de mon travail qui touche à la recherche, et Dieu sait que j'ai toujours de grandes difficultés à passer au stade de l'écriture, me contentant généralement pour les communications de versions incomplètes, d’ébauches, de plans détaillés que je me charge d’oraliser en une conférence, mais qui me redemandent un nouveau surcroît de travail quand il s'agit décrire l'article. Avec ce logiciel, je pourrai enfin gribouiller au brouillon, puis faire face à l'ordinateur ce que je fais dans les colloques : une improvisation maîtrisée et appuyée sur des notes.
Relisant l'ensemble de ce qui vient d'être écrit sous la dictée de ma voix numérisée, je corrige quelques menues inexactitudes syntaxiques ou graphiques, et m'interroge également sur le hiatus entre ma voix est le modèle standard de français oral qui doit servir de soubassement à ce remarquable logiciel. Je sais que ce logiciel est évolutif, que plus je prendrai le soin de lui faire corriger les erreurs qui ponctuent notre parcours commun, plus il s'améliorera et s'adaptera à ma voix. Mais je m'amuse en découvrant que le groupe nominal « les informaticiens » devient ici « les cinq informaticiens ». C'est sans doute que je marque une pause trop importante entre in et for. J'ai laissé cette scorie à sa place, car je trouvais cela comique, et je pense que les lecteurs de ce texte seront surpris de ce cinq énigmatique, sibyllin, car, que je sache, il n'y a pas moyen de connaître avec suffisamment de détail l'équipe qui a présidé à la création de ce logiciel. Donc, cher lecteur, plus chère encore lectrice, ce cinq finit par trouver son explication.
Je viens de passer vingt minutes à écrire ce texte, en incluant les corrections apportées par l'intermédiaire du clavier. Il me reste à programmer ma voix pour la langue anglaise, si cela est possible, et à publier cette note presque instantanément dans mon carnétoile.
15:40 Publié dans Ecrit(o)ures, WAW, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
samedi, 03 septembre 2005
Chantiers
Six heures dix, parfaite obscurité: pas de doute, on est en septembre. Entre 6 h 05 et 6 h 20, pas moins de sept tentatives pour démarrer la connexion Internet de ce --- de Macintosh. Pas la panacée, ces bécanes... Hier, avant de me pieuter presto pour poursuivre la lecture de The Wild Palms et avancer celle de Marelle, j'ai commencé d'écrire la note relative à l'exposition Badaire. Le chantier avance.
Le chantier de construction du nouveau bâtiment du site Tanneurs, qui va entraîner (et entraîne déjà) un énorme chaos dans le travail universitaire, lui, en est au creusement des fondations. C'est à peine si quelques géomètres semblent s'agiter, de temps à autre. Ils doivent attendre que les cours reprennent pour faire jouer du marteau-piqueur de huit heures du matin à sept heures du soir. Dépêchons, la rentrée des étudiants est dans trois semaines, quand même.
06:40 Publié dans Lect(o)ures, WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 02 septembre 2005
Contrée sauve
J’écris ces lignes sans avoir encore pris connaissance de ce qui a pu s’écrire sur mon carnet de toile. La rentrée en moyenne section s’est bien passée pour A. Journée presque torride, ce qui fut très agréable.
Un peu avant midi, sur France Info, j’ai entendu la journaliste qui annonçait les titres puis développait les informations, parler, à propos d’un système de cartes à puces électronique testé dans un canton de l’Ardèche, des “cinq-z-écoles du canton”. Une camarade de promo de Sylvain Cottin, certainement.
Tout, dans la presse, ne bruit que des syndicats d’enseignants, qui s’apprêteraient à faire passer une sale rentrée à Gilles de Robien, le ministre de l’Education nationale. Pourtant, aucun spécialiste (et pas même, ce matin sur la même antenne, l’immarcescible Emmanuel Davidenkoff, que j’ai connu plus inspiré) ne relève que le gouvernement a fait promulguer, durant les vacances, une loi tout à fait douteuse, qui permettra, à partir du 1er janvier, aux chefs d’établissements du secondaire de demander à des collègues de remplacer, quasiment au pied levé, des collègues absents, et ce même dans une autre matière.
Collèges et lycées se transforment définitivement en garderies, cela ne gêne personne, et pas trop, je pense, cet éditorialiste des Dernières Nouvelles d’Alsace, je crois, dont je n’ai pas retenu le nom, et qui cosigne avec son épouse un ouvrage, fort polémique nous assure-t-on, sur les dysfonctionnements de l’école primaire. Interrogé, toujours sur France Info (j’ai pris aujourd’hui ma dose de radiophonie casse-pieds pour quelques semaines), il ne parle que de toilettes malpropres, de petits détails qui ont certes leur importance et peuvent gâcher quelque peu la vie des élèves, mais enfin, moi qui m’imaginais (naïvement) qu’il allait enfin se trouver un représentant médiatique des surpuissants « parents d’élèves » pour déplorer la faible transmission des savoirs, la surenchère dans la pédagogie différenciée la plus inepte, la profusion d’activités sans doute attrayantes (poterie, journal d’école, venue de conteurs et autres charlatans musicaux, sorties incessantes) mais qui n’ont lieu qu’au détriment de l’apprentissage de savoirs, et surtout, au détriment de l’habitude d’horaires de travail fixes, eh bien, je m’imaginais cela et j’ai dû me fourrer le doigt dans l’œil… Enfin, je n’ai pas retenu le nom de ce monsieur, ni le titre de son ouvrage, mais je vais vérifier mes sources, d’autant plus qu’il a pu être entraîné sur une voie de garage par son interlocuteur et qu’ils parlent donc peut-être tout de même, son épouse et lui, du grand charcutage auquel on se livre depuis deux ou trois décennies sur l’école publique.
Des moyens pour des projets insensés, ça, il y en a : le cartable électronique par exemple (un portable offert à chaque élève de 3ème dans le cadre de sa scolarité, expérience-pilote tentée par Henri Emmanuelli dans les Landes il y a quelques années et démagogiquement reprise en chœur par tant d’édiles parce que ça plaît aux électeurs, aux parents, ou peut-être même parce que ces élus qui vantent cette idée idiote y croient vraiment (et c’est ce que je souhaite vivement, car j’ai lu que M. Romero, que j’admire, la reprenait à son compte)). Je lisais récemment, sur un blog au demeurant très intéressant, que l’école publique était décrochée des réalités sociales, ou quelque chose d’approchant : eh bien, je n’en suis pas si sûr, et je le déplore. Plus on cherche à faire correspondre le contenu des formations à la réalité sociale, plus on évacue les savoirs et plus on renforce cette satanée « fracture sociale » dont notre bien-aimé Président avait fait son petit slogan avant d’oublier même le sens de l’expression, si tant est qu’il l’ait jamais connu…
Bon, j’arrête là mes salades… ou de vider mon panier…
21:45 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Indignations, WAW | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
jeudi, 01 septembre 2005
Varia, varia… le travail attendra
J’aurai bientôt mon nouvel ordinateur portable ; il faut seulement que je prenne une poignée de demi-heures pour faire le tour des deux ou trois magasins susceptibles de m’intéresser. Je pourrai enfin installer sur cet ordinateur le logiciel de dictée et de transcription de la voix que m’a passé Arbor, et dont il m’avait fait, fin mai, une démonstration tout à fait convaincante sur son ordinateur.
Je dois me remettre sérieusement au travail, aussi et accessoirement. Pourtant, je n’ai pas l’impression d’avoir beaucoup arrêté, car ce carnet m’a tenu en constant éveil intellectuel. En outre, je n’ai jamais autant écrit en si peu de temps, treize semaines à peine. (Il y a quelque chose à tirer de cette constatation.)
Je dois donc, dans les quelques jours qui viennent :
* prendre des repères pour mon cours d’UE libre sur l’humour britannique (dont on ne peut savoir encore s’il existera bel et bien – et, s’il a lieu, les cours commencent le 26 septembre!)
* choisir l’ensemble des textes de thème que je veux soumettre à la sagacité de mon groupe de 3ème année (nouveau cours)
* idem pour le cours d’analyse littéraire de 3ème année (nouveau cours également)
* idem pour le cours de traduction & lexicologie appliqué aux domaines techniques et financiers (pas un nouveau cours, mais je n’aime pas rabâcher)
* refondre mon cours de CAPES-agrégation sur The Good Soldier
Cela pour l’enseignement. Je vous épargne le détail des tâches administratives, qui n’ont pas vraiment cessé de peser sur mes épaules, grâce au courrier électronique (!). Côté recherche, il y a du pain sur la planche, avec deux articles à rendre, un dont le délai es archi-dépassé, sans doute irrattrapable.
Il faudrait (mais cela, ce sera pour le printemps prochain) refondre deux articles ébauchés et non achevés, et les proposer à des revues américaines. L’un est dans la lignée de ma communication de mars dernier à Reims (sur le roman d’Amos Tutuola, The Witch-Herbalist of the Remote Town. L’autre est ce texte encore approximatif sur le second roman de Jamal Mahjoub, qui servit de point d’ancrage à ma communication lors de l’atelier Littératures post-coloniales de mai 2004 à Saint-Quentin-lès-Yvelines.
En revanche, il faudrait, dès avant l’hiver, remettre en chantier la publication des actes du colloque Fantasizing Africa.
Je m’aperçois souvent, relisant par hasard des pages de ce carnétoile (au hasard des commentaires déposés par les internautes, that is), que je ne parle pas du tout de l’Afrique, ni surtout de la littérature africaine, dont – à l’exception (notable) de quelques lectures du mois de juillet – je me suis tenu un peu éloigné ces temps-ci, pendant la période d’écriture de ce carnet. C’est un manque criant, dont la béance me frappe beaucoup, t qu’il faudra songer à combler. Comme j’ai décidé de ne me contraindre en rien et à rien lors de ces travaux d’écriture, ce n’est pas grave. Mais cette pensée est là, telle une ritournelle, et il fallait la consigner.
Un simple clic sur le lien qui mène aux notes de la catégorie Affres extatiques suffirait, je pense, à confirmer cette béance.
……………
En écoute : Four for Trane (Archie Sheep Sextet, 1964)
22:55 Publié dans Affres extatiques, Moments de Tours, WAW | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
L’excellent critique
Si le bon écrivain est celui qui suscite l’envie d’écrire (comme Renaud Camus ou Enrique Vila-Matas, parmi mes lectures récentes, l’ont suggéré), le bon critique est celui qui fait naître le désir de lire les œuvres qu’il commente et les écrits théoriques sur lesquels il s’appuie : de ce double soubassement, naît en moi, à la lecture de Maupassant in the Hall of Mirrors, la soif de découvrir Pierre et Jean, mais aussi Narrative Fiction de Shlomith Rimmon-Kenan. Trevor Harris doit donc être un excellent critique, ce que chaque page de son livre confirme.
Une spirale de plus. Cet excellent critique me pousse à interrompre ma lecture pour écrire cette note: serait-il aussi un bon écrivain? oui, assurément. Comme il me donne aussi des idées pour reprendre, sur la question des personnages en particulier, mon activité de critique et de chercheur, passablement délaissée cet été, voici une autre spirale encore.
Mais il faut bien clore en notant, dans ce carnet à spirales, que, tout comme le critique, félin polyvalent, aux neuf excellences, il me faudrait, moi, pas moins de neuf existences pour accomplir tout cela.
17:00 Publié dans Lect(o)ures, WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 29 août 2005
Nouvelles informatiques
J'ai récupéré ce soir mon ordinateur portable, dont l'écran ne fonctionne pas mais que je vais pouvoir relier à l'écran du vieux PC (c'est simple, l'informatique...). D'ici quelques heures (dans l'immédiat ce sera le dîner de mon fils, puis le nôtre, avant une soirée de travail et d'écriture), je pourrai enfin récupérer mes courriels, dont quelques-uns doivent m'attendre. J'imagine le pire: huit jours pleins sans consulter ma boîte ni pouvoir écrire. Comme des myriades de petits emmerdements me sont tombés dessus à l'université aujourd'hui, je suppose que les courriels d'étudiants auront poursuivi leur course également (ça n'a pas arrêté de juilet et août).
A suivre...
18:08 Publié dans Ex abrupto, WAW | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Esprit, es-tu là ?
Hier soir, dans la courette sise entre la rue et notre maison, A., mon fils, jouait.
Confortablement installé dans un fauteuil de jardin, je feuilletais – quoi ? un numéro récent de la revue Esprit. Puis j’entrepris de lire le premier article, par un certain Jacques Dewitte, et consacré à la question du mal dans le dernier livre publié par Coetzee, Elizabeth Costello. Le sujet m’intéresse à plusieurs titres: la littérature africaine est mon domaine d’étude principal, et j’ai, à ce titre, publié plusieurs articles sur certains écrivains sud-africains, Breyten Breytenbach notamment; j’ai lu la plupart des grands romans de Coetzee, pour qui j’ai une admiration modérée et dont j’essaie toujours de comprendre pourquoi, aux yeux de la quasi totalité de mes collègues, c’est un tel géant des lettres; j’ai lu Elizabeth Costello, dès sa sortie, et donc juste avant l’attribution du Prix Nobel de Littérature 2003 à Coetzee, et c’est un livre qui m’a fasciné et tourmenté nettement plus que les autres textes de cet auteur, à tel point que, sous le coup encore de cette lecture, je fus presque convaincu, début octobre, que Coetzee n’avait pas volé son Prix Nobel (alors qu’il s’agit en partie d’une usurpation ou d’un malentendu).
Ultime raison de m’intéresser à cet article, j’avais vu, en parcourant la revue, qu’il était essentiellement consacré à la sixième "conférence" de l’écrivain imaginaire éponyme. Or, à l’automne 2003, ce texte-là avait d’autant plus d’intérêt pour moi qu’il y était longuement question de Paul West, que j’avais découvert depuis plusieurs mois, que je lisais assidûment, et que je finis par rencontrer en octobre 2003, à l’occasion du colloque qui lui était consacré à l’Université François-Rabelais (colloque organisé par ma brillante collègue américaniste Anne-Laure Tissut). De quoi titiller particulièrement ma curiosité, donc.
Pour résumer le propos de cette sixième partie du livre de Coetzee, Elizabeth Costello, écrivain entièrement fictif sorti de l’imagination de Coetzee et personnage principal du livre, s’apprête à donner, au cours d’un colloque, une conférence plénière sur la relation entre le Mal et l’esthétique. Sa conférence repose entièrement sur une lecture qu’elle vient de faire, et qui l’a hantée et tourmentée: il s’agit d’un roman de Paul West intitulé The Very Rich Hours of Count von Stauffenberg dont le sujet est le nazisme, et le personnage éponyme un tortionnaire nazi. Elizabeth Costello décide de dénoncer l’écrivain qui, en représentant le Mal, y participe et aggrave encore les crimes des nazis. Point de vue moral et esthétique qu’elle éclaire longuement, dont il est difficile de dire à quel degré Coetzee lui-même, l’auteur, le partage. Bref, si cette question vous intéresse (et elle mérite votre intérêt, ainsi que le livre de Coetzee dans son entier), le mieux est de se reporter au texte (en anglais, ou en français, comme M. Dewitte, qui, semble-t-il, n’a pas travaillé à partir de l’original).
Voici maintenant où je voulais en venir. Je lus donc l’article de M. Jacques Dewitte, qui me sembla enfoncer quelques portes ouvertes, décrire plutôt qu’analyser, autant dire qu’il n’apportait rien de neuf, aucun éclairage particulièrement saisissant, mais que, faisant le tour de la question, il s’agissait d’un article plus érudit qu’incisif, bref, un article de critique honnête. J’insiste sur cet adjectif (honnête), car je ne m’attendais en rien au coup de théâtre qui m’a cueilli à froid, à l’avant-dernière page de ce texte qui en compte vingt-et-une. Figurez-vous qu’après avoir consacré toute sa recherche au discours critique d’Elisabeth Costello (écrivain fictif et héroïne de Coetzee) sur un roman de Paul West, écrivain américain connu, reconnu, prolifique, traduit en français… eh bien, M. Dewitte écrit ceci :
"Il peut se produire chez celui qui lit une décharge d’énergie irréductible à une simple "représentation". C’est ce dont a fait l’expérience Elizabeth Costello, personnage imaginaire de J.M. Coetzee, en lisant le livre imaginaire de Paul West, autre romancier imaginé par Coetzee : un choc bien réel, une rencontre effective avec le Mal qui n’est pas seulement décrit, représenté, mais transmis par ce canal comme un courant électrique..." (J. Dewitte. "La dupe de Satan. Une réflexion de J.M. Coetzee sur le Mal". In Esprit, juin 2004, n°6, pp.24-5, gras ajouté)
Insensé ! Pour le coup, le choc bien réel, c’est moi qui l’ai subi de plein fouet. Ainsi donc, ce chercheur n’a pas cherché plus loin que le bout de son nez, et, par l’omission de ce qui devait lui sembler un simple détail, fait s’effondrer tout son échafaudage tel un château de cartes balayé par une porte claquée! C’est du joli, comme on dit familièrement. Paul West appréciera de devenir seulement un personnage de Coetzee. Je crois savoir, déjà, qu’il n’a pas tellement apprécié le point de vue avancé au sujet de son roman, ni le portrait peu flatteur que le texte brosse de sa personne (car West, et c’est là l’une des astuces de la sixième "conférence", est présent lors du colloque).
Comment, mais comment un critique peut-il s’atteler à un sujet dont il ne connaît pas le premier mot! Toute la subtilité du texte de Coetzee vient justement du fait qu’il mêle la lecture d’un écrivain célèbre fictif et d’un roman qui existe réellement. Si on ne voit pas cela (par défaut d’érudition, de curiosité intellectuelle ou peut-être d’intelligence), on ne comprend rien à l’argumentaire équivoque de Coetzee, qui attribue justement le discours éthique sur la réalité de l’effet d’une œuvre d’art à un personnage, et non à une personne réelle; la double pirouette réside dans l’objet de la critique costellienne, le roman de Paul West, qui existe, et dont le lecteur réel peut prendre connaissance afin de mieux comprendre la distance possible entre ce que dit Elizabeth Costello (ce que Coetzee lui fait dire) et le point de vue de Coetzee, lui-même créateur.
Dans la courette de gravier, j’eus le souffle coupé. Il va de soi que ma désapprobation n’épargne pas la rédaction de la revue Esprit, que je tiens pourtant en haute estime mais qui, semble-t-il, ne procède pas toujours à toutes les vérifications. A tout moment, dans une telle situation, l’affaire Sokal peut se reproduire… Errare humanum est, certes, mais les humanités sont tombées assez bas, quand même.
06:54 Publié dans Indignations, Lect(o)ures, WAW | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 28 août 2005
… ce que je crois.
Samedi 27, onze heures.
Griffonnant au dos d’une autre fiche bristol, je pourrais (comme j’ai remarqué en silence ou sans encre que Pauline, au recto de la fiche précédemment utilisée, était née un 31 mars 1986 à Albi, ce que je n’avais jamais su ni lu car il ne faudrait pas croire que les professeurs se font un devoir d’apprendre par cœur l’état-civil de leurs élèves ou étudiants, ces fiches ne servent pas souvent, et seulement dans des cas précis, particuliers, pour vérifier un renseignement, associer un nom et un visage quand la photographie d’identité (ou une photocopie de mauvaise qualité) a été fournie, chercher éventuellement les coordonnées de l’impétrant(e)) noter, et vais le faire (car c’est là l’objet, le seul objet de cette note manuscrite qui vous démontre notamment que les longues périodes interminables avec maintes parenthèses ne sont pas le seul fait de l’écriture par ordinateur), que cette étudiante-là, Caroline, qui n’avait pas remis de photographie, était l’une des plus jolies, née à Bombay le 15 juin 1986, et était venue me consulter, en compagnie de son ami, étudiant qui se trouvait suivre aussi mes cours, dans une autre filière et à un autre niveau (en première année), pour obtenir des renseignements sur les séjours à l’étranger et mon avis (assorti si possible de corrections, que je ne manquai pas de leur suggérer) sur leurs C.V. et lettres de motivation respectifs, un fort joli couple à la vérité, elle métisse d’Indienne et d’Européen, teint mat et yeux verts, lui d’origine antillaise, plus " banlieusard " mais d’une grande déférence non feinte, doux et poli, peut-être plus amoureux d’elle qu’elle de lui, encore qu’il soit difficile de se convaincre de telles conjectures d’un regard extérieur, car ce n’est pas toujours évident ni aisé à déterminer même pour le couple d’amoureux lui-même, et d’autant moins d’ailleurs que l’épreuve des faits ne vaut rien en l’espèce, puisque, si Caroline est effectivement la moins amoureuse des deux, c’est peut-être Cyril qui la quittera ou la trompera le premier, car le principe des vases communicants aura joué, et peut-être même est-il impossible de parler de vases communicants, l’amour n’étant pas du tout une question de dosage ou de réciprocité, ce que je crois.
18:05 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
mercredi, 17 août 2005
Du cinéma
Courriel envoyé le 31 mars dernier:
Cher E°°°,
j'avais en effet prévu de te confier la surveillance, car je supposais que l'examen de cinéma devait avoir une tournure un peu spécifique.
Je te fais confiance et te laisse toute latitude en l'espèce.
Merci du sujet et bien à toi,
Guillaume
18:20 Publié dans Ecrits intimes anciens, Moments de Tours, WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 16 août 2005
Des examens
Un courriel envoyé le 30 mars dernier:
Chère A°°°
je te confirme par le présent courriel que je serai présent pour les examens: lundi 9 mai mardi 10 mai du lundi 16 au vendredi 20 mai
Je te ferai parvenir, en temps utile, une liste des petits problèmes qu'il pourrait être nécessaire de guetter pour les journées du mercredi 11 au vendredi 13, où je serai, comme S°°° d'ailleurs, à Toulouse pour le congrès de la S.A.E.S...
Merci d'avance de ton concours!
Autre chose, je voudrais savoir si tu avais à ta disposition une version plus "propre" du texte que tu as remis pour la session de mai: il est déjà assez peu lisible et risque de devenir définitivement illisible à la reprographie. Par ailleurs, est-ce délibéré de n'avoir mis aucune référence de texte (ni auteur ni titre)?
Bises,
Guillaume
20:25 Publié dans Ecrits intimes anciens, WAW | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
lundi, 15 août 2005
S'y retrouver
Avec ma prolixité retrouvée, la gabegie menace. Une solution: arrêter de me lire.
Sinon, un petit conseil à ceux qui, désireux de me lire plus avant, et qui craindraient d'avoir laissé passer une note: le module des "notes récentes" (à droite) n'est guère satisfaisant, aussi est-il préférable de lire par journée, ou encore de recourir aux fameuses catégories (dont je ne voulais pas entendre parler avant, mais seuls les imbéciles ne changent pas d'avis).
21:50 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Pourquoi ça sent le réchauffé
Aujourd'hui, théoriquement, nous serons là. Ce qui explique que les notes qui seront publiées au fil de cette journée furent écrites le 14 août, et portent sur la question des "beaux vers".
02:00 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 12 août 2005
Agacement
Je ne sais pourquoi, mais, depuis le 6 août, ou peut-être un peu avant, le service H&F ne propose plus, dans la rédaction de ces notes, les sauts de ligne automatiques, ce qui m'oblige à recourir aux balises de saut de ligne simple ou double. Le plus gênant est que, si je veux réenregistrer d'anciennes notes sous les catégories créées récemment, il me faut prendre garde à remettre en forme les paragraphes, sans quoi une note, longue et constituée à l'origine de huit ou neuf paragraphes, se retrouve faire bloc, ce qui n'est pas le but recherché.
Certaines de mes lectrices s'étonnent de mon silence, voire de mon passage à vide. Qui n'en a pas, pourtant? Croyez que ce sont vos encouragements et votre présence constance, votre fidélité, les gentillesses et mots doux que vous ajoutez au bas de mes pointillistes fioritures qui me poussent à poursuivre l'aventure.
Le plus curieux, c'est que j'ai de nombreuses idées de notes, ou pour faire évoluer les publications dans ce carnétoile. Mais, manque de temps ou d'énergie, me voici impuissant à les concrétiser. Affaire à suivre...
10:10 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 10 août 2005
Insister ou se désister
Comme l’orage ne cesse de menacer, comme la pluie ne tombe jamais, les arbres desséchés meurent, et l’herbe, de jaune, blanchit; le tonnerre gronde au loin, mais l’eau tant désirée ne semble pas vouloir venir, désespérément lointaine.
Les sollicitations amicales et familiales, doublées d’une soudaine aphasie, inertie, m’ont fait dériver, voguer à vau-l’eau. Je n’ai pas vraiment lu Cioran. A peine l’ai-je feuilleté: c’est le genre d’auteur que, typiquement, je dois être en bonne santé et avec le moral gonflé à bloc pour lire. Dans l’état où je me trouve, il m’ennuie aussitôt. Et d’ailleurs, je lis peu depuis une semaine. Je reprends tout de même mes esprits, un peu, avec les quatre premiers livres des Châtiments, qui me donnent surtout l’envie, une fois que je serai rentré à Tours, de me replonger dans les Tragiques.
J’ai commencé aussi Longlive ! de Menan Du Plessis, une romancière sud-africaine que je ne connaissais, depuis longtemps, que de nom, mais qui écrit remarquablement bien. Son livre me fait l’effet d’être la face lumineuse du roman de Tariq Goddard lu récemment, obstinément (quoique bellement) cynique.
L’écriture… A peine si j’ai pu, en une poignée de secondes, ternir chaque jour la face, désembuer la vitre de ce carnet de toile. Mettre à la voile.
Je sais fort bien quel sens a mon existence. C’est plutôt le désarroi ou le désespoir des autres qui m’a affecté ces derniers temps, et m’a rendu sans voix, ou inintelligible (à moi-même). Si je sais dans quel sens vont mes cheminements, je me suis désentiché, peut-être passagèrement, de Touraine sereine, ne trouvant plus, à cette œuvre de chaque jour, la même consistance, mais comprenant pourtant que, si je ne persistais pas à inscrire une trace, même minime, même moindre, chaque jour, le fil serait rompu, peut-être inéluctablement.
Le vent souffle dans les branches rutilantes du lajerstraëmia (orthographe ?), le tonnerre ne se fait plus entendre, même au loin, et la pluie tant attendue, tant désirée, n’exauce pas nos vœux.
Consistance et persistance. Il en était question deux paragraphes plus haut. Persister, mais à quoi bon ? Dois-je l’écrire ? Ce qui m’encourage à poursuivre l’expérience, à redoubler d’efforts, ce sont mes quelques lecteurs. Oui, c’est toi, et toi encore. Lire un commentaire d’encouragements, puis constater que, malgré le désert toujours plus régnant, une petite centaine d’internautes continuent d’aller voir s’il vente sur ces rives, cela m’encourage à persister. Mais avec quelle consistance? En quoi mon projetconsiste-t-il? N’était-il pas fatal qu’éloigné depuis bientôt un mois de la Touraine qui devait en être le sujet principal, ce carnet ne se disperse, ou n’aille à la dérive? (Il y a, dans la phrase qui précède, une vilaine (ou hardie, c’est selon) asyndète, que je laisse mélancoliquement fouetter vos yeux striés de sable.)
Persister selon quelle consistance?
Me contenter de publier des textes anciens? Ce serait un faux-semblant.
Sombrer dans le strict cadre du journal intime? Tel n’est pas mon propos.
Me contraindre, tête baissée, à écrire des recensions de tel disque écouté, de telle chose vue, de tel livre lu? Vanitas…
De grosses gouttes choient sur l’herbe et le pavé. Dans la maison où j’écris, celle de mes parents, où le laconisme me guettait, l’aphasie m’affolait, la pluie répondrait-elle à mes doutes en offrant sa berceuse d’eau? Ou ne seront-ce, selon l’expression de ma mère, que «trois gouttes», comme si ce carnet lui aussi lançait ses dernières lueurs?
(Cinq minutes plus tard.) Il ne pleut déjà plus.
15:30 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine, WAW | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
samedi, 06 août 2005
Nescioquid
Hiroshima a marqué le début de ce qui est, pour toujours, notre avenir. Nous savons que nous allons droit au fond du gouffre.
Macrocosme et microcosme, j'ose à peine l'écrire - désertique, dévasté, je me sens abject. A quoi bon poursuivre?
17:50 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
mardi, 19 juillet 2005
Le Gerris
Lu, ce matin, un article ancien de Libération intitulé "Le secret de l'araignée". Mon père m'en avait gardé l'original, et une photocopie. Il n'est malheureusement plus disponible gratuitement, mais il en existe une version équivalente quoique réduite, en anglais, sur le site du National Geographic.
Outre son caractère très intéressant, d'un point de vue tant scientifique que géostratégique, il m'a rappelé que j'avais créé, avec deux camarades, vers 1987, un club CPN (Connaître et Protéger la Nature) que nous avions baptisé "Le Gerris", en hommage à ces merveilleux funambules méconnus des mares.
Je vous sens passionnés par cet insecte et d'autres du même genre.
Par ailleurs, l'article date du 19 novembre 2004, date à laquelle je co-organisais le colloque Fantasizing Africa et à laquelle Jamal Mahjoub donnait sa lumineuse conférence sur l'avenir du roman africain.
18:00 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
lundi, 11 juillet 2005
Mon travail : les cours
On l’aura compris en lisant quelques notes publiées au cours du dernier mois, les cours ne représentent qu’une infime partie, hélas, du travail d’enseignant-chercheur. Ce qui ne signifie pas que je bâcle mon travail de professeur, loin de là, mais il est, à certaines périodes de l’année, complètement avalé ou dépassé par les responsabilités administratives, ou encore par l’écriture d’articles et, plus généralement, les activités de recherche. Je présente d’avance mes excuses pour la note qui va suivre, qui, pour les non-initiés, paraîtra certainement obscure, mais, après tout, nombreux sont les étudiants qui n’ont pas d’idée exacte de ce que font leurs professeurs. J’ai envisagé d’écrire cette note, non seulement à la demande de Marione, mais aussi pour ouvrir le champ à toutes les personnes que cela pourrait intéresser. Que les autres passent leur chemin, je le comprends fort bien !
Je suis maître de conférences au Département d’Anglais et dans la filière Langues Etrangères Appliquées de l’Université François-Rabelais depuis septembre 2002. Je vais donc me lancer bientôt, à corps perdu, dans ma quatrième année d’enseignement ici, qui promet d’ailleurs d’être l’une des plus intéressantes ou des moins emblématiques.
Pour donner une meilleure idée de mon enseignement, disons que je suis spécialiste de littérature, plus précisément de textes narratifs des 19ème et 20ème siècles, et, en un sens plus étroit encore, des littératures dites “post-coloniales” (Afrique et Inde principalement). Toutefois, un maître de conférences en littératures anglophones n’enseigne qu’assez peu la littérature.
Cette année, je donnais un cours d’agrégation consacré au roman de Ford Madox Ford, The Good Soldier, un cours de licence consacré à deux romans contemporains, The God of Small Things d’Arundhati Roy et Travelling with Djinns de Jamal Mahjoub, enfin un cours de deuxième année en littérature britannique. Le programme de ce dernier cours était, au premier semestre, la poésie romantique et l’étude d’un roman gothique, The Castle of Otranto de Horace Walpole ; au second semestre, les étudiants devaient travailler à partir d’un corpus de poèmes de l’époque victorienne et du bref roman de Stevenson, The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde.
Outre la littérature, je dispensais un cours de traduction-grammaire en première année de L.E.A. et un cours de traduction-lexicologie en troisième année de L.E.A., ainsi qu’un cours de français pour anglicistes de première année, et un cours de traduction juridique LV2 en première année de master juristes-linguistes.
Si j’ai écrit plus haut que l’année prochaine devrait s’avérer plus intéressante, c’est que je garde le cours sur The Good Soldier, mais aussi que, l’œuvre étant désormais inscrite également au programme du Capes, elle représente un volume horaire nettement plus important. Du coup, je ne donnerai que quatre autres cours : les deux cours de L.E.A. déjà mentionnés au paragraphe précédent, un cours d’analyse littéraire en Licence 3ème année, et enfin, en théorie, un cours sur le roman africain francophone, à destination des étudiants du master Linguistique et F.L.E.. Peut-être aussi, si l’un des groupes de T.D. est supprimé (c’est toujours un risque, et l’une des joies de la rentrée, longtemps après la rentrée d’ailleurs, que de se voir subitement supprimer un cours pour cause (prétendûment) d’effectifs insuffisants), enseignerai-je le thème au premier semestre.
A l’occasion de la réattribution du cours de concours consacré à The Good Soldier, j’ai créé, peu avant Touraine Sereine, un carnétoile nettement distinct de celui-ci et dont le lien figure ci-contre, à gauche, parmi les blogs amis. Dans tous les cas, la part de la littérature dans mon enseignement atteindra, pour la première fois, 50% du total de mes cours, d’où ma remarque, plus haut, sur le fait que cette année sera peu emblématique de mon travail. Dès 2006-2007 reprendront les années de vaches maigres.
Je n’ai pas donné d’idée réelle, jusqu’à présent, de ce que signifie le travail de professeur à l’université : outre les cours à préparer, la présence face aux étudiants, et les copies (de moindre conséquence qu’en lycée, ou plutôt, plus concentrées à des moments stratégiques), il y a, bien entendu, de nombreuses heures consacrées à recevoir les étudiants individuellement ou en petits groupes, pour reprendre des points non compris, parler des devoirs ou expliquer la notation, proposer du travail facultatif, ou encore pour donner des renseignements sur les possibilités de départ à l’étranger (entre autres casquettes, je suis responsable des échanges avec nos universités partenaires d’Amérique du nord). On dit souvent que les étudiants tourangeaux sont assez passifs, qu’ils participent peu en cours et demandent peu d’entretiens individuels. C’est vrai, et j’allais écrire, sur le second point, heureusement, car je passe déjà plusieurs heures chaque semaine à cela ; c’est extrêmement agréable, et cela permet de sortir du quasi-anonymat un peu sec des salles de cours, mais cela dévore un temps infini.
A ces différentes fonctions strictement professorales s’ajoute évidemment l’échange de nombreux courriers électroniques, qui ont un rôle assez similaire aux entretiens individuels sus-mentionnés, et, pour faire gagner du temps par rapport à iceux, n’en sont pas moins chronophages.
Toutefois, tout bien pesé, malgré l’attrait évident de la recherche, de la lecture et l’écriture, malgré l’aspect tristement nécessaire du travail administratif, ce qui est le plus passionnant dans le métier, c’est l’enseignement.
En écoute : Blue Point du Trio Roman Pokornỳ (2000, 2HP Productions).
08:40 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 10 juillet 2005
Repos dominical?
J’ai délaissé* ce carnet de toile durant deux jours pleins, au profit d’activités professionnelles plus intenses encore, et notamment deux soirées passées fort tard sur mon ordinateur, à élaborer le livret de l’étudiant de 3ème année, c’est-à-dire à mettre en forme des paragraphes, retrouver les descriptifs de cours dans ma boîte de réception et les copier-coller dans le document Word, devenir fou presque à chaque coup en raison des incompatibilités des polices, des feuilles de style, des espacements, sans compter qu’il a fallu inventer une manière pas trop chaotique de présenter les différents choix, tant dans les U.E. propres à la licence classique qu’aux options Civilisation & Communication ou Français Langue Etrangère qu’à l’intérieur des U.E., où, quand le cours magistral est imposé et commun à tous, les travaux dirigés, eux, portent sur des contenus différents, mais sont au choix. Aaaaaaaaaaah casse-tête chinois…
Heureusement que j’avais prévu le coup en publiant d’avance plusieurs notes relatives à la Touraine ou des citations qui me sont chères.
Ou plutôt : ce n’est pas cela que j’avais prévu, puisque je devais être en voyage hier et aujourd’hui, ce qui expliquait la prévision de notes publiées in absentia. Nous avons retardé notre départ, et c’est, du coup, un surcroît de travail qui m’a tenu éloigné de ces bordures ; tout est à recommencer pour la durée du transbordement, demain et après-demain.
……………….
* Par coquille ou faute de frappe, j’avais écrit, de prime abord, déliassé, ce qui, dans le cas de ce carnet sans feuilles, me plaît bien.
10:35 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Moments de Tours, WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 06 juillet 2005
Esprit sportif
Une élue municipale de Chartres, nous apprenait un billet de Bruno Besson dans la Nouvelle République du 5 juillet, a été prise en flagrant délit d’incivilité, car elle rayait régulièrement, avec une clef, les voitures d’élus du bord opposé. L’auteur du billet insiste, à juste titre, sur le caractère scandaleux d’un comportement aussi incivil de la part d’une élue, membre, de surcroît, de l’Education nationale.
Mais ce qu’il ne souligne pas, c’est que cette dame est professeur d’éducation physique. A de très rares exceptions près, tous les «profs de sport» que j’ai connus, élève, étaient de braves abrutis ou de prétentieux pédagogues. Depuis qu’ils sont devenus les rois des collèges et lycées, où ils font la loi, plus ou moins, et décident que tel cours sera supprimé, tel devoir rendu facultatif pour cause de match de rugby, de volley, ou de je ne sais quelle autre dérisoire activité qui ne devrait pas avoir sa place dans un établissement scolaire, c’est peu dire que la qualité de l’enseignement ne s’est pas améliorée.
Au début des années 1990, les ballons sont devenus, en jargon IUFM, des référentiels bondissants. Socrate, puis Montaigne, réclamaient, à grands cris, que l’enseignement fasse un peu de place à la culture des corps. Quand ce sont les plus imbéciles et les plus décérébrés des incultes en survêt qui donnent le ton, comme c’est devenu le cas maintenant, on peut se prendre à regretter l’époque de la scolastique poussiéreuse.
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vendredi, 01 juillet 2005
Tripalium et otium
Heureusement que Marione me demande ce que j’enseigne, et non ce à quoi un enseignant-chercheur passe ses journées. Là, par exemple, je viens de passer deux heures à signer des relevés de note, en ma qualité de président de jury de Licence L.E.A. 1ère année, puis à mettre au point, avec la secrétaire du département d’anglais, la fiche d’inscription en Licence 3ème année, pour la rentrée universitaire prochaine. Par ailleurs, quoique les délibérations aient lieu, pour les diplômes d’anglais, lundi prochain, et que le délai de remise des notes par les enseignants ait été fixé à lundi dernier, je viens d’hériter d’un paquet de treize copies d’explication de textes 2ème année, cours que je n’enseigne même pas. La raison en est que la collègue est occupée au jury de CAPES, ce qui est légitime ; ce qui l’est moins, c’est que, la responsable de cycle ne s’étant pas préoccupée du problème, je me retrouve, devant le désarroi compréhensible de la secrétaire, à dépanner le département, une fois encore (mon bon cœur me perdra !).
Hier, c’était bien aussi : délibérations de première année de L.E.A., qui se sont étendues sur presque toute la matinée en raison d’un défaut de calcul inattendu dans le logiciel Apogée. Etc.
La maîtresse de mon fils, qui me lance ce matin - comme c'est le dernier jour d'école et comme elle doit s'étonner de me voir toujours en partance pour mon travail - "pour vous, ce n'est pas fini, encore?", se trompe bougrement. Tous les "enseignants", il est vrai, n'ont pas les mêmes congés ni la même conscience de leur travail. Pour ma part, je n'ai pas soufflé depuis Noël, et les week-ends chômés se comptent sur les doigts de la main.
Cela dit, et pour véritablement répondre au commentaire de Marione, non, la curiosité n’est pas un vilain défaut ; en revanche, je trouve légèrement contradictoire, peut-être, que l’on s’intéresse à la vie des autres et moins au genre autobiographique. Je ne parviens pas non plus à comprendre en quoi Enfance de Nathalie Sarraute est «fleur bleue» ; certes, c’est le texte le plus abordable de son auteur, mais il recèle une telle ironie, un tel dédoublement des voix, qu’on peut difficilement, me semble-t-il, en trouver le point de vue naïf ou kitsch… ou fleur bleue.
Les Mots est sans doute l’un des textes les plus supportables de Sartre, ou l’un de ceux qui a le mieux vieilli. (L’un de ceux qui ont le mieux vieilli ?) Je me rappelle avoir beaucoup aimé la retenue de l’auteur, à laquelle se mêle un vrai souci d’approfondir les failles, les blessures, les bonheurs.
Si c’est un homme, pour être essentiel, est un texte qui m’a profondément ennuyé. Primo Levi, de manière générale, m’ennuie.
Je reviendrai dans une prochaine note sur mes lectures du moment et sur ce que j’enseigne, en essayant de tenir ma promesse, c’est-à-dire de n’être fidèle ni à ma partie normande (paternelle), ni à ma partie gasconne (maternelle).
10:55 Publié dans Lect(o)ures, WAW, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 29 juin 2005
Affairé
Je dois concocter des sujets de thème et de version pour L***, une de mes étudiantes les plus assidues, qui vient d'obtenir sa licence et qui a suivi mes cours, pour la première fois, lors de son arrivée à l'université, il y a trois ans, donc. Je dois aussi corriger pas moins de neuf copies d'analyse littéraire, pour ma collègue I***, qui est vice-présidente du jury de CAPES, et ne peut, à Toulouse, assurer toutes ses obligations de service tourangelles. Les deux textes sont extraits de Mansfield Park de Jane Austen (peut-être mon préféré de cet auteur remarquable) et de The Case for the Defence de Graham Greene (roman que je ne connais pas). Malgré tout, je voulais noter ici que, de retour des courses au supermarché, j'ai songé à ma trouvaille du matin: Jacques Layani, dont je lis régulièrement le carnétoile (lien ci-contre, dans la liste des blogs amis), est l'auteur d'au moins deux ouvrages sur Léo Ferré. Or, je publie ces jours-ci de brèves notes rapportant certains discours assez particuliers de mon fils. Il se trouve que mon fils, depuis presque deux ans, préfère, de toutes les chansons de Ferré, et me réclame assidûment "Les psaumes sont écrits sur les magnétophones", à savoir Psaume 151, dont il connaissait les trois premiers couplets (et ne les connaît peut-être plus, car les écoutes se sont espacées).
10:40 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, WAW | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
dimanche, 19 juin 2005
Cinquantièmes rugissants
J'ai bien fait de faire de l'humour sur la quarantaine e tutti quanti: je suis pris, depuis hier, d'une immense fatigue, accompagnée de poussées de fièvre, d'une difficulté à me traîner d'un lieu à l'autre, pour ne rien dire du travail ou d'écrire.
La rançon de plusieurs mois à me malmener, sinon à me surmener (quoique...)? Ou la malédiction de la quinzaine, comme pour ma tentative avortée de Multijournal, au tournant de l'année?
Heureux de lire, toutefois, le commentaire d'Yvette, en rééaction à mon message intitulé "Quoi t'as dit?".
15:05 Publié dans Moments de Tours, WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 18 juin 2005
En quelle rencontre
Hier matin, j’ai assisté à la première séance du Colloque Rotrou, qui se tenait au Centre d’Etudes Supérieures de la Renaissance. V***, qui était venue dîner chez nous mercredi soir, y participait, et je voulais entendre sa communication, dont j’ai été comblé. C’était remarquable, tant la profondeur de l’érudition servait avant tout la lucidité de l’analyse. Le reste du public devait être aussi comblé que moi, en tout cas, car, chose que je n’avais jamais remarquée à ce degré d’intensité, les applaudissements qu’elle a reçus était nettement plus nourris que ceux qui avaient salué la prestation de son prédécesseur au pupitre ; ce dernier n’avait pourtant pas démérité.
J’ai dû m’éclipser pour aller à mon rendez-vous avec le Doyen et n’ai pas même pu rester pour les questions.
12:25 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
En quoi se perdre
Finalement, et contrairement à ce que j’annonçais hier soir peu avant minuit, je n’ai rien écrit de plus, en fait de notules. En effet, je me suis trouvé embrigadé à répondre à mon courrier, à essayer de faire un peu de tri dans mes fichiers, à consulter le Forum de la SLRC, où je n’avais pas promené mes yeux depuis un joli bout de temps et où m’attendaient, par conséquent, de nombreux nouveaux messages. Par ailleurs, j’ai achevé la lecture d’Outrepas.
Je me trouve en ce moment dans une salle de cours du site Anatole France, où je surveille une épreuve de la session de rattrapage. Trois étudiantes, pas une de plus. Peut-être certains des étudiants qui devaient composer aujourd’hui se seront-ils égarés ou découragés, car nous n’avons su qu’hier matin que l’épreuve, qui devait avoir lieu sur le site Tanneurs, en salle 31, n’y aurait pas lieu, pour la bonne raison qu’il a été décidé de fermer le site Tanneurs, afin de procéder, je suppose, à l’expulsion des demandeurs d’asile qui squattent une partie non négligeable des locaux depuis maintenant trois mois.
Ces demandeurs d’asile, en situation irrégulière, ne me gênent pas, et il est normal, d’un certain point de vue, que le Président de l’Université (plus par peur de la médiatisation et du scandale, à mon avis, que par réel sentiment philanthropique) ait pris le temps de la concertation. Il s’agit de vrais demandeurs d’asile, sans papiers et sans logement, et une certaine interprétation de la Convention de Genève donne assurément tort aux autorités françaises sur ce dossier. Ils ont donc été accueillis par un groupuscule de syndicalistes étudiants, dont la plupart n’ont pas dû suivre un cours depuis au moins dix ans à en croire leurs mines de professionnels de la contestation. Mais enfin, là n’est pas le problème. La Présidence de l’Université, se refusant à faire expulser les malheureux, a donc décidé de jouer les intermédiaires entre le comité de soutien et la préfecture, qui ne veut rien entendre et a traité l’Université, dans toute cette affaire, comme s’il s’agissait d’une petite institution sans importance. Et, assurément, la culture et l’éducation n’ont pas l’air d’avoir la moindre valeur, de nos jours.
Il se trouve qu’entre-temps, le comité de soutien avait réussi à installer les demandeurs d’asile dans un hôtel désaffecté de la place François-Sicard, l’Hôtel du Musée, d’où ils ont été délogés par les forces de l’ordre à la demande du nouveau propriétaire des lieux. Retour à la case départ, donc à la salle polyvalente et aux amphithéâtres A, B et C du site Tanneurs, ce qui a eu pour effet de perturber grandement la session d’examens, puisque toutes les épreuves qui devaient se tenir dans les salles occupées ont dû être transbordées ailleurs. Il y a eu, de ce point de vue, des changements pluriquotidiens, qui ont failli faire tourner les secrétaires et les agents d’entretien en bourrique. Eux n’auraient pas pris de gants pour virer tout le monde, d’autant (et c’est là le point principal) que le comité de soutien (ou les demandeurs d’asile eux-mêmes, je ne sais) s’est livré à des dégradations aussi injustifiables qu’inqualifiables du matériel et des locaux. Il y en aurait pour des dizaines de milliers d’euros.
Déjà, occuper un lieu de savoir et de connaissance, dont la majorité des personnes qui y travaillent sont loin d’être hostiles à la situation des demandeurs d’asile, ce n’était pas très malin, politiquement, et cela sentait fort la lâcheté bien-pensante. Mais tout saccager, voilà qui donne cent fois raison aux autorités dans leur refus de discuter avec ces personnes. En l’occurrence, le mieux est l’ennemi du bien, et dans cette histoire, dont on ne sait comment elle s’achèvera, les pires ennemis des familles de demandeurs d’asile, c’est leur comité de « défense ».
11:25 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 17 juin 2005
Mégarde
Le Doyen, ce matin, nous a racontés quelques anecdotes relatives à la venue, l'an dernier, à l'université, d'une délégation composée du recteur de l'Université de Kiev, de quelques professeurs et d'un petit nombre d'étudiants censément francophones et venus suivre des cours dans le cadre d'une université d'été.
Il explique ainsi tel objet curieusement offert à la contemplation, dans l'antichambre de son bureau, un sceptre de petite taille, prolongé, au bout, d'une sphère hérissée de pointes.
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jeudi, 16 juin 2005
Mon petit côté maso (1)
Je me suis rarement senti, non pas même épuisé, mais abruti par le travail. Il faut dire que je mène de front plusieurs combats administratifs, outre les très abrutissants emplois du temps (tâche pour laquelle je ne touche pas un sou de plus). L'un de ces combats, qui a consisté à lancer lundi un pavé dans la mare du conformisme fonctionnarial en posant franchement, dans un e-mail collectif, la question de l'absentéisme de certains collègues (restés innommés) aux surveillances d'examen, m'a valu de nombreux messages de soutien de pas mal de collègues, de nécessaires réponses et précisions, et, ce matin... de belles remontrances de la part de P., la directrice du département, qui m'aime bien pourtant et sait tout le travail que je fais pour elle. Il se trouve que trois ou quatre collègues, toujours les mêmes, qui "politisent" tout, m'ont accusé auprès d'elle de faire du sabotage, de dénigrer le département d'anglais, de prêter le flanc aux critiques que formulent déjà nos collègues de lettres, de sciences humaines, etc.
Si j'ai pris la parole, à mes risques (et conscient du danger), c'est parce qu'il existe des situations d'impunité intolérable qu'il est temps de régler. Je coordonne la troisième année d'anglais et la première année de L.E.A., sans compensation ni financière ni horaire; ce n'est pas, en plus, pour être traité comme le larbin par certains. Or, non, celui qui a tort n'est pas celui qui accumule les fautes professionnelles, mais celui qui les dénonce en cherchant seulement à rappeler à tout un chacun ses devoirs, dans la meilleure entente possible, et de manière tout à fait pacifique: il n'avait jamais été question de sanctionner qui que ce soit dans mes e-mails. Le monde à l'envers, en somme.
Le plus beau, c'est que, dans un courrier électronique envoyé mardi, je remerciais, en citant leurs noms, deux collègues qui en ont remplacé un troisième, absent par oubli et que j'ai eu la gentillesse de ne pas nommer; or, les trois ou quatre collègues qui m'accusent de vouloir faire une chasse aux sorcières sont allés dire à P., qui n'avait pas encore eu le temps de lire les e-mails, que j'avais accusé les deux collègues, alors que je les remerciais publiquement au nom de tous. Si ce n'est pas le comble de la mauvaise foi, ça... Ou de l'analphabétisme?
Bonne journée, donc. Travail abrutissant, pas une minute pour mon travail personnel, fâcheries... et semi-engueulade en prime. Je ne vais quand même pas changer le titre de mon blog, et essaierai à l'avenir de parler vraiment d'autre chose en Touraine que de cette ... de fac, et ce le plus sereinement du monde.
18:30 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 13 juin 2005
Lundi soir: Crépuscule
Je n'ai vraiment qu'une poignée de minutes à accorder à ce carnet, qui marque de ses pierres et brûlures le passage du temps.
Je suis installé dans mon bureau (je devrais écrire: notre bureau), au premier étage, la fenêtre ouverte et la lumière allumée, portes fermées sur le couloir au cas où d'improbables moustiques auraient l'idée d'envahir la maison. Les volets étaient fermés depuis l'après-midi, afin de préserver un peu de fraîcheur, et je les ai ouverts pour profiter de la fin du jour.
(En passant: m'exaspère au plus haut point, chez mes collègues, la manie majoritaire de ne pas ouvrir les volets dans les bureaux et de travailler à la lumière électrique en plein jour, fermé au monde.)
Je suis bercé par le chant des merles couche-tard et la rumeur moins agréable des voitures qui passent dans la rue. J'ai une foultitude de choses à faire, mais l'envie d'écrire est plus pressante; je me suis interrompu dans la relecture d'un article en anglais que m'a envoyé un ami historien des sciences il y a déjà dix jours.
Aujourd'hui, j'ai passé le plus clair de la journée (de 7 h 45 à 17 h 30) à l'université, à guetter d'éventuelles anicroches dans la deuxième session d'examens, anicroches que, en ma qualité de responsable de la 3ème année (quelle barbe), je dois pallier, à recevoir plusieurs étudiants et, surtout, à commencer la mise en forme des emplois du temps de L.E.A.. L'ordinateur du bureau 49ter nous a bien embêtés, D. et moi, car le logiciel de planning se bloque souvent quand on cherche à changer des éléments structurels d'un diplôme, et, qui pis est, la souris optique fait des fantaisies curieuses, à moins que ce ne soit l'ordinateur de notre chère et absente directrice qui, quoique flambant neuf, n'accuse de la fatigue. J'ai lancé un ScanDisk minutieux en quittant les lieux, exaspéré de manipulations lourdes et inutiles, et ferai de même avec une défragmentation demain soir. Mais c'est un comble, que cet ordinateur marche moins bien que l'ancien, qui m'avait fort bien assisté pendant les cinq semaines de juin-juillet 2004 où je suai pareillement sang et eau sur les exigences complexes de l'ars planificandi (un barbarisme de plus à mon actif, je le crains).
22:10 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 11 juin 2005
Humument II
C'est Jean-Jacques qui m'a fait découvrir cette oeuvre insolite, lors du colloque "L'Illisible", à Poitiers, à la fin du mois dernier.
Jean-Jacques est l'un de nos meilleurs anglicistes, un théoricien hors pair, une intelligence fulgurante alliée à un humour d'une grande finesse. Il rayonne bien au-delà des frontières obscures de l'anglistique. Le côtoyer is a treat .
21:00 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Instantané
Peu de temps pour écrire. Visite de ma mère, sociabilité familiale.
Ce matin, j'ai longuement travaillé aux emplois du temps de la filière L.E.A., m'occupant surtout à placer tous les cours magistraux de L1, L2 et L3.
Avancé un peu la lecture de Outrepas.
Nulle promenade, ce matin, sur les bords de Loire ou au Jardin botanique, mais mon fils a joué longtemps au paléontologue, dans la cour de graviers. J'ai eu le plaisir de recevoir, au courrier, le livre convoité et commandé, A Humument... dont je reparlerai...?
15:55 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 10 juin 2005
Débordé
Je voulais écrire ici plusieurs notes, relatives aux sujets du bac de philosophie, à l'excitation médiatique tout à fait ridicule et hors de propos autour de cette épreuve, de la lecture commencée, hier, de Outrepas, de Renaud Camus, du colloque Gloria Naylor, où je dois me rendre maintenant, etc.
Mais la vie déborde du cadre, et tout cela attendra.
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