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samedi, 13 avril 2013

De l'averse à l'extravagance

Aujourd’hui, après une promenade calme quoique narrative au parc de la Cousinerie, j’ai écrit un nouveau poème en anglais, publié aussitôt, et passablement abstrus, je le crains. Pour moi, il est pourtant singulièrement vivant, charnel, lié à des sensations très précises et prégnantes. On a un peu triché pour ce qui est des cheminements de banlieue, et, afin de pouvoir consacrer la marche au parc lui-même (ses allées défoncées et boueuses, ses pelouses grasses d’averses, son ru débordé où sautaient de loin en loin d’heureuses grenouilles), n’avions pas marché à travers les ruelles et avenues de la déprimante ZAC, préférant l’approche en voiture.

Cela ne nous a pas empêchés de connaître, lors du retour à la voiture, justement, un pur moment de kleptomanie überurbaine : sur l’asphalte entourant le hangar ou l’entrepôt le plus proche, nous avons vu débouler un énorme lapin qui courait à tout berzingue et dont le cul blanc a disparu de l’autre côté d’une haie de cotonéasters peuplée de détritus abjects. De l’autre côté de la haie, Alpha a trouvé – au pied d’un arbre municipal malingre, s’enfonçant entre le carré de terreau entourant l’arbre pollué et la pelouse qui permet (permettrait) de se diriger vers d’autres entrepôts – le terrier du lapin précédemment entraperçu, avec plusieurs crottes caractéristiques à l’entrée : sans chasseurs ni renards à craindre, le réflexe atavique de faire disparaître les crottes, fût-ce en les ingérant, a lui-même disparu.

Misérable garenne. ZAC de la Cousinerie, Tours-Nord. Là n’était pas toutefois l’élément le plus ironique (le plus iconique ?) de cette scène de banlieue. En effet, le terrier se trouve en face d’un minable hangar gris peinturluré de rose  (ou de mauve beigeasse, je ne sais plus) et qui abrite, je vous le donne en mille, un cabaret dont j’ignorais même l’existence et dont il est bien curieux que ses propriétaires aient voulu l’installer là, entre ces demi-usines désaffectées, ces grillages défoncés, ces entrepôts énigmatiques. Toutefois, le site Web du cabaret annonce que les « soirées d’exception » ont lieu « dans un cadre prestigieux » : à cette aune, on peut s’attendre, en poussant la porte, à ce que le champagne du menu s’avère n’être qu’une infâme roteuse, et que les affriolantes girls en strass affichées sur ce même site ne se muent subitement, par un cendrillonesque coup de trafalgar, en une malheureuse arrière-grand-mère arrachée à son tricot et maquillée à la hussarde.

Pour voir déboucher sur quelque réelle fantasmagorie cette ébauche de conte, il faudrait, nous aussi, aplatir nos oreilles et pénétrer dans le terrier de l’énorme lapin, pour – qui sait – une chute dans un monde unter-rural qui nous consolerait de notre über-urbanité.

jeudi, 12 janvier 2012

Gaillard d’avant

De sombres pensées peuplent les greniers de votre crâne. Ce n’est pas pour rien que l’on avait choisi de ne pas reconstruire les presbytères bombardés à l’identique. (RUE TORRICELLI.) D’ailleurs, l’eût-on voulu, ç’eût été impossible. J’aime ces affèteries, de ne pas mettre les accents – ou signes diacritiques – à leur juste place. Ça me console de trouver à hurler cette mise en scène des Justes. On se console comme on peut, je n’en ai cure. Or en barre, au mètre.

mercredi, 23 janvier 2008

Kapharnäum

Outre le peu d'entrain pour écrire, je ne peux m'empêcher de m'interroger, au cours d'une de mes nombreuses recherches de ces jours derniers (mais celle-ci n'a aucun rapport avec le colloque Poets & Theory), si tel élément d'égyptologie peut servir d'interprandum au roman d'Orhan Pamuk, Neige (Kar en turc) :

Pour les anciens Égyptiens, l'être de son vivant est composé de cinq éléments indissociables : le Djet (le corps), le Ba improprement traduit par âme, Shout l'ombre, le nom Ren et le Ka, double spirituel qui naît en même temps que l'humain et qui survit après la mort.

Le Ka est souvent représenté par un homme portant deux bras en opposition sur la tête et situé derrière le personnage. Ce type de représentation concerne surtout le pharaon car il est le seul à avoir son Ka avec lui sur terre. Pour tous les autres, le Ka reste dans l'autre monde. Mourir se dit d'ailleurs « passer à son Ka » ou « rejoindre son Ka ».

(Source : Egyptopedia)

 

Le personnage principal du roman de Pamuk, qui se déroule à Kars, s'appelle Ka (ce qui est une abréviation, et même une siglaison de son nom complet).

vendredi, 28 décembre 2007

Au bilan neuf

Je sème quelques pattes de mouche afin de peupler ces pages, vertes d'absence pour une quinzaine.

Books have been written about the influence of stirrups on warfare. Not that I've ever read one. The thing about books is, there are quite a number you don't have to read.

 

Ainsi parle Sir Roger de Ibadan, dans The King de Donald Barthelme (Secker & Warburg, 1991, p. 33). Dix-huit ans après la mort de Barthelme, Pierre Bayard remportait un vif succès de librairie avec Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?

lundi, 19 novembre 2007

Considérations sur la clepsydre des cercueils

Figurez-vous qu'on approche du 5555ème commentaire... Grâce à Zvezdo, j'ai pu me plonger avec délices dans la longue histoire d'une phrase complexe, qui peut servir tant en sémantique qu'en sémiotique ou en traductologie. (Bien entendu, il n'y a pas de traduction possible de la phrase aux dix bisons en français, pour une seule raison : l'absence, en syntaxe française, du pronom relatif elliptique.)

Tout ça pour dire que, si j'ai relié ça à l'approche feutrée du 5555ème commentaire, c'est que ça m'a rappelé le débat oulipien autour de l'alexandrin le plus court. Perec (ou Roubaud (mais je crois tout de même que c'était Perec)) avait suggéré

WWWW

 

et j'ai échafaudé de mon côté, il y a déjà longtemps (dix ans ? ça passe !)

!?

 

avec diérèse sur le premier hémistiche.

Rassurez-vous : quand j'aborderai (si ce maudit blocage prend un jour fin) God's Grandeur et Le Gallienne en séminaire de sémiotique, we won't go to such lengths.

 

En attendant, je suis patraque. Dans le même état, peu ou prou (météo humide et nuageuse comprise), que lorsque je lisais Wasabi d'Alan Pauls. Les livres sont des états, comme les êtres : je fais à l'aise (à lire à haute voix, syncopé). Là, c'est Le sanatorium au croque-mort qui m'accompagne (avec Moby Dick toujours et The Drift Latitudes, bientôt terminé), et je n'ai pu m'empêcher de remarquer que, à en croire le titre original de ce livre, croque-mort se disait klepsydra en polonais, ce qui est bien étonnant. Aussi remarqué que, s'il y avait quatre traducteurs, ils s'étaient partagés les 13 textes de ce roman composite. (Quand je songeais à cela, tout à l'heure, dans le faux Voltaire, je me suis souvenu de mon lointain désir d'écrire un article sur la tentation du composite novel en Afrique du Sud : Breytenbach, Wicomb, Tatamkhulu Afrika. Il faudra y revenir.)

Quatre traducteurs, pourquoi pas ? Mais, dans le cas d'un roman composite (ou d'un cycle de récits, cycle de nouvelles (la Chaminadour de Jouhandeau peut servir d'approximation première)), ne risque-t-il pas d'y avoir une dissolution des motifs. Le risque est que, si les traducteurs sont sérieux, ils passent plus de temps à se concerter et à traduire l'ensemble que si le recueil avait été confié à un seul bon traducteur dès le principe...

Tout ça vasouille, c'est le temps humide. Retenu la description très frappante du joueur d'orgue de Barbarie dans le premier texte ("Le Livre"). Curieux comme l'évocation de l'exaltation rituelle et singulière du Livre avec un L majuscule débouche sur la vision de l'enfant perdu dans les feuilles éparses et déchirées d'un trivial catalogue publicitaire, plus du côté de Rimbaud que de Mallarmé.

vendredi, 29 décembre 2006

Touraine sereine ™

Cette nuit, entre deux eaux, j’ai rêvé qu’une entreprise – un comité politique ? un organe de presse ? – avait repris le nom de Touraine sereine, et je ne cessais de revenir en arrière et de réfléchir aux possibilités de déposer la marque Touraine sereine. Il y avait, dans mes rêveries, une scène récurrente, au cours de laquelle j’allais voir le responsable (P.D.G., sénateur, etc.) pour lui indiquer que ce nom était une marque déposée et qu’il allait falloir « cracher au bassinet » (il me semble bien avoir employé cette expression, qui n’est pas de celles qui me sont familières). Parfois aussi, je cherchais auprès de quelle instance il fallait faire breveter un nom de marque. Puis aussi les sigles ®, ™, et © dansaient devant mes yeux.

 

Tout cela était tout à fait idiot, mais il n’est pas négligeable de signaler que c’est l’une des premières fois – et peut-être la première – que je rêve de ce carnétoile, d’une manière très métonymique, toutefois.  Je me demande aussi ce que peut bien signifier cette histoire de marque déposée : crainte du plagiat ? Le fait est qu’aucun des textes ni des images que je publie ne sont protégés par un quelconque copyright ; mais il faut bien dire que le risque du plagiat est très minime. (En tout cas, les rares éditeurs à qui j’ai pu proposer certains de mes écrits les ont toujours refusés, avec une belle constance.) Pas de protection par copyright, mais pas même de sauvegarde très minutieuse : certaines pages sont sauvegardées, d’autres non ; tout cela ne me tourmente pas vraiment.

 

 

En écoute: "Serene" (J.-M. Padovani Septet. Tribute to Eric Dolphy.)

17:37 Publié dans Ruses de Sioux | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Ligérienne

samedi, 09 décembre 2006

Gaffeur

Juste avant que Loïc Le Meur, le pantin ridicule et débile qui a suscité plus de contresens sur le "phénomène des blogs" (comme on dit) que tous les journalistes mal informés réunis, ne prenne la parole lors du Premier Forum de l'U.M.P., Jean-Pierre Raffarin s'est livré, vers cinq heures de l'après-midi, à un exercice de style tout à fait périlleux, qui consistait à 1) expliquer que tous les membres de l'U.M.P. étaient amis et entretenaient spontanément des rapports de franche cordialité 2) exhorter les hommes et femmes qui allaient prendre part au Forum à faire preuve de respect et de bonne humeur. Si le 1) était vrai, le 2) serait inutile, mais enfin... Par ailleurs, il a commencé une de ses phrases en évoquant "celui ou celle qui serait notre candidat" pour enchaîner avec le pronom "elle". Je n'ai pas tout suivi aux débats internes de ce merveilleux parti, mais je doute fort que Raffarin soit sarkozyste.

Désormais parle un certain Rachid Kaci, candidat à l'investiture, et qui admet lui-même n'avoir "aucune chance". Ambiance...

mercredi, 01 février 2006

Qui était donc Marcel Fajoux ?

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N'en doutons pas, même au soleil, foin des jaloux,
ce ne sera qu'une passade [le phénomène des carnétoiles?],
et je finirai bien par attirer quelqu'un
par l'intermédiaire d'une recherche concernant "Marcel Fajoux",
car moi-même je m'y cassai les dents.

samedi, 28 janvier 2006

Rue de la Fourbisserie

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Neigeux, fourbu, j'amorce une neuve série, avec une vue de Neuvy - la rue de la Fourbisserie.