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vendredi, 19 décembre 2014

Les deux barbaries

Il y a deux barbaries : celle des fondamentalistes qui massacrent et esclavagisent, et celle d'un pays dont les journaux les plus en vue peuvent publier de pareils torchons.

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cliquer sur la photo pour découvrir le “français” des Échos

 

À terme, ces deux barbaries se rejoignent : dans un monde où un nombre grandissant de citoyens sont “informés” sans en être gênés par de telles sources, plus rien n'a de sens, et la première barbarie peut triompher.

mercredi, 17 décembre 2014

Dans le cul

Oméga, enfilant sa chapka — Je mets mon casque de rugby.

Moi — Ah, tu joues 2ème ligne ?

Oméga — Non, 3ème ligne. Ceux qui mettent leur tête dans le cul des autres.

 

mardi, 16 décembre 2014

Textes robotiques, 1

(Entre A., vieil homme voûté. B., jeune femme triste, le suit de près. Ils s'assoient chacun à leur tour, par terre.)

A — Mes statuts sont toujours mieux quand il y EST, vous êtes taguée à ce cou cravaté de foi de nausées, mais il faut peupler et franchement bonnasse aussi, d'ailleurs. 

B — Demandez au collègue qui mime un tir de mettre Chrome à jour.

A — Une variante moderne baguette de désordre.

B, voix chevrotante 2148 + l'impossibilité complète de dire je l'ai dit plus calme.

A — La différence avec une marge gauche du sweater à retordre pour deviner à voir les contenus publiés.

B — J'ai pris les noms de 9 à 635. Deuxième manche.

(La lumière s'éteint. Obscurité totale.)

A — Bordel, ce nullard de Benjamin Biolay transforme tout ce matin, j'ai entendu un élu socialiste parler de merde.

B — Je suis exclamé = dire quelques mots en espagnol dans tout centon.

A — À 10% d'erreur près, je n'ai jamais aimé le cirque !

B — Tu relis tout d'un train, on se retrouve assise à vents ?

A — Mais bordel, on n'attend pas de décevoir ceux qui laïkent.

 

(Retour de la lumière. A. est seul.)

lundi, 15 décembre 2014

Palissy jusque six

Le Palissy, lundi 15 décembre, 17 h 09.

 

Encore assis dans un café, cette fois-ci le Palissy, car j'ai trouvé une place gratuite au coin de la rue des Ursulines et de la place François-Sicard. Après le léger détour par le Conservatoire et l'habituelle attente (troisième professeur de solfège en trois mois), j'ai traversé le jardin de la place, levé les yeux vers les arbres déjà obscurs sous le ciel crépusculaire, me suis installé ici.

Face à moi, par le jeu classique de miroirs situés face à face, je me vois infiniment démultiplié.

La radio diffuse "Torn" de Natalie Imbruglia. (N'est-ce pas une chanteuse australienne, ce soir, moins d'une heure après l'assaut donné au bar de la prise d'otages de Sydney ?)

 

J'ai, avec moi, le roman laotien anglophone que m'a offert E*** pour mes quarante berges. Roman policier, début très caustique, ton plutôt Nestor Burma que Raymond Chandler. J'en suis arrivé au moment du déchiffrement du texte codé écrit à l'encre sympathique : 

REPLY DIRECT TO THE DEVIL'S VAGINA

J'ai aussi apporté La méduse orpheline, le volume dans lequel je compte choisir quelques extraits à lire. Pourrai-je parler de Frankétienne de manière compréhensible ? Gageure. Aucune idée.

 

Ce qui m'advient, le lundi soir, de cinq à sept, c'est donc un moment de pause assez particulier, cristallisation ou sacrifice.

 

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17 h 49

Ce matin, cours après cours, petits moments perlés, gouttes d'eau dans l'océan de la journée. Dernier cours de littérature sur Ngugi, et le rire dans le couloir. Examen de version dans le grand amphithéâtre, et présence là d'A.S., étudiant qui était déjà en double cursus, en 2009, à cheval entre une deuxième année d'anglais et une troisième année d'histoire - je crois qu'entre-temps il a achevé un master d'histoire, mais on le voit, toujours aussi paumé et impavide, s'inscrire, assister à un cours par ci, passer les examens ; il aura mis six ans à ne pas même valider deux années d'études... Puis surveillance d'un autre examen dans un laboratoire, dix étudiants très espacés dans le laboratoire, je commence à lire Anarchy & Old Dogs, puis, entendant la voix d'E***, passe la tête par la porte, dans le couloir, E*** s'éloigne, il discute avec S***, étudiante que cela fait rire de me voir mon livre à la main, ma vanne à plat, rire de connivence avec elle donc, je rentre la tête dans la carapace du laboratoire. Enfin, après la très brève pause déjeuner, toujours grisaille crachin fraîcheur dégueulasse, séminaire de master, je soliloque face aux étudiants décidément très amollis en décembre, en fais rire deux ou trois, lors d'un passage en français, en me mélangeant les pinceaux entre les mots facettes et casquettes, S*** fait partie de ceux qui réagissent, bref.

La radio diffuse en ce moment "You Take My Self Control" de Laura je ne sais plus, Laura Branigan peut-être (j'étais en CM2, ne soyons pas trop exigeants avec ma mémoire).

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Conservatoire, 18 h 24

Le café fermait à six heures. Figurez-vous ça. À l'heure où commencent certains cours, à l'Université (cela m'est souvent arrivé, encore l'année dernière, et cette année le mercredi - de 18 h 30 à 19 h 30), un café qui ferme ! Imagine-t-on ça, un pays, une rue, une ville, une contrée où certains cafés ferment avant le début de certains cours ? Cela n'a pas le sens commun.

Me voici, après une longue déambulation (j'ai marché vite, au hasard presque, marché pour marcher), assis dans la salle d'attente du Conservatoire. Profite, il n'y a pas l'homme qui bat la mesure en tapant fort du doigt les notes sur les portées.

 

 

Siri looked into his friends' faces, ceramic with fatigue. (41)

He didn't recall seeing a penis but it might have been there somewhere among the flotsam. (49)

 

samedi, 13 décembre 2014

« Je veux acheter un fauteuil. »

J’assure, depuis septembre 2012, un cours magistral de première année, dont le titre est « Documentation » et dans lequel j’essaie de faire passer, sans aucune possibilité de travaux pratiques (ça coûterait trop cher, il vaut mieux déverser des millions dans les “colles” des classes préparatoires), un certain nombre d’informations et de pratiques méthodologiques utiles pour des étudiants abordant l’Université.

J’assure ce cours, trois fois par semaine, pour des étudiants des filières L.E.A., Droit-Langues et L.L.C.E. Anglais. Ce semestre, les deux C.M. ont lieu le mercredi, et le troisième en début d’après-midi, le vendredi. J’y parle d’organisation des études, de plagiat, des catalogues et métacatalogues, des encyclopédies (dont la Wikipedia), de la presse, des bases de données en accès restreint, etc. Dispensé selon le mode du cours magistral, et même avec mes pauvres tentatives pour trouver des exemples distrayants, ce cours est évidemment d’un ennui total pour des néo-bacheliers.

Cette semaine, le cours portait sur les dictionnaires monolingues et bilingues, ainsi que sur les ressources lexicographiques en ligne. J’ai décidé de présenter rapidement, en fin de cours, trois logiciels de traduction automatique gratuits, en l’espèce Bing, Google Translate et Reverso, afin de démontrer notamment la supériorité globale (mais non systématique) de Reverso, mais aussi que ces outils évoluaient rapidement en fonction des requêtes et des données de rectification éventuellement saisies par les usagers. Parmi les phrases-types que j’avais soumises à la moulinette de ces trois logiciels, il y avait : « Je veux acheter un fauteuil. » Eh bien, mercredi, Bing et Google proposaient tous deux : I want to buy a chair [tandis que Reverso suggérait judicieusement armchair]. Hier midi, j’ai pu constater (et faire remarquer aux étudiants du troisième C.M.) que les deux outils avaient fait évoluer leur traduction, pas vraiment dans le bon sens, hélas :

Bing. ║     Je veux acheter un fauteuil. → I want to buy a wheelchair.

Google. ║ Je veux acheter un fauteuil.  → I want to buy a seat.

 

En fin de compte, chair était moins erroné… Sigh.

 

vendredi, 12 décembre 2014

Arnaud Montebourg et l’école de l’humilité

Il y a plus absurde que les torrents d’inepties que j’ai lues dans mon paquet de copies de première année hier : entendre Arnaud Montebourg critiquer la gauche caviar et expliquer, avec toute la fatuité dont il est capable, que le Barreau est “l’école de l’humilité”, par rapport à l’ENA, qui serait “l’école de l’arrogance”.

 

C’était en voiture, sur le chemin du collège, et mon fils aîné n’a pu s’empêcher de s’esclaffer sur le lien improbable entre Montebourg et le concept d’humilité.

jeudi, 11 décembre 2014

La grande brairie (dessine-moi un ormesson)

On ne ne sait trop qui a répondu à l’enquête dont Busnel — qui est à la critique littéraire ce que Patrick Sébastien est au divertissement — faisait ses choux gras ce soir  dans le décor hideux de sa Grande librairie, mais, en tout cas, on peut remarquer que, pour ce panel, le top 5 des « livres qui ont changé ma vie » était entièrement constitué de récits de langue française publiés entre 1920 et 1960. Ainsi, la littérature n’existerait qu’en langue française, qu’en prose narrative, et que sur une période de 40 ans.

J’ai tout d’abord eu dans l’idée que seuls les pensionnaires des maisons de retraite de la MGEN – ou le fan club des Amis de Jean d’Ormesson – avaient eu voix au chapitre. Il est autre chose qui m’a mis la puce à l’oreille : le fait que la première place revienne au Petit Prince… Comment peut-on considérer que Le Petit Prince est le livre le plus important qu’on ait lu, à moins de n’avoir lu que quinze livres, en tout et pour tout, Enid Blyton compris ? Sans doute, répondre cela – comme répondre L’Écume des jours d’ailleurs (ouvrage qui se classait à la quatrième place) – signifie qu’on a lu quelques livres à l’adolescence, et qu’on n’a plus jamais rien lu depuis…

 

Il n’en demeure pas moins que le succès durable et populaire du Petit Prince me demeure une énigme : qui ce texte, bêtement lourdaud, péniblement allégorique, médiocrement écrit, peut-il faire rêver ?

mercredi, 10 décembre 2014

Accident mortel à Vouvray — l'armée française tue la France

Ce soir, un Alphajet s’est écrasé sur une résidence pour personnes handicapées, à Vouvray.

Je veux juste rappeler que, depuis une quinzaine d'années, un comité de riverains dénonce les pratiques scandaleuses des pilotes de la Base Aérienne. J'habite depuis 11 ans et demi dans un quartier proche de la base, et il nous arrive souvent de penser, en voyant ces fous dangereux et stupides faire leurs pirouettes au-dessus des pavillons et des centres commerciaux, que peut-être un de ces appareils s'écrasera sur notre maison, sur l'école de nos fils.

Ce soir, la catastrophe est arrivée. Un mort et au moins quatre blessés. Rassurez-vous : les pilotes sont indemnes.

 

 

On a déjà commencé à lire, sur les forums et les réseaux sociaux, les habituelles litanies sur l’armée qui nous défend, etc. De même, on ne peut douter que cet accident ne fera la une que quelques heures, alors que si semblable accident avait eu lieu en région parisienne, on nous en parlerait pendant une semaine sur toutes les chaînes de radio.

Prévisible, aussi, l’“enquête” qui sera diligentée, et qui conclura, sans coup férir, que les deux aviateurs étaient dans l’impossibilité de maîtriser la course de leur engin et qu’ils n’avaient d’autre solution que de s’éjecter en laissant leur bombe en acier aller tuer des innocents. Bientôt, même, on leur décernera une médaille, à peine en catimini.

Prévisible, le communiqué de l’association des riverains, qui rappellera l’hypocrisie des autorités, l’inutilité maintes fois signalée de ces manœuvres irresponsables.

Et prévisible, le silence de mort que lui opposeront encore les autorités.

 

L'Armée n'est pas seulement la grande muette ; c'est elle qui a tous les droits —— le droit de tuer, le droit de polluer, le droit d'enfreindre les lois, le droit de prétendre au courage tout en s'habillant sans cesse de lâcheté candide et de lin vert kaki.

 

******

 

En bonus [11.12.2014] : très beau texte de mon voisin François Bon.

 

mardi, 09 décembre 2014

Questionnaire

(questions ICI)

  1. Souvent.
  2. Quand je marche en ville, je fais attention aux visages et aux tags.
  3. Quand je marche à la campagne, je ne fais attention à rien de particulier (sauf oiseaux peut-être).
  4. Monty Python's The Holy Grail. Une quinzaine de fois, sans doute, over the years.
  5. Ça dépend de la définition. Je porte actuellement encore un certain nombre de vêtements de mon beau-père, qui est mort en 2007.
  6. Est-ce une question routière ou sexuelle ?
  7. J'aime bien les chansons engagées allemandes, et certaines folk songs américaines dans cette veine-là aussi. Mais le tout sans plus.
  8. Il est notoire que je n'ai d'indulgence à l'égard de personne.
  9. Une fourmigale.
  10. Oui, hélas.

 

lundi, 08 décembre 2014

Ennui incommensurable

Après un film, hier, tout en hétéros verbeux qui se foutent des peignées -- ce soir, un film avec des homos taiseux qui s'emmerdent ou s'égorgent.

Plus je vois ces films français imbéciles qu'encense la critique, plus je suis convaincu que la grande création est retournée, plus que jamais, en France, du côté de l'écrit, imprimé ou sur le Web.

23:04 Publié dans Tographe | Lien permanent | Commentaires (1)

dimanche, 07 décembre 2014

EOEHOOOP

Endroit que l'hiver il a un vrai cauchemar

Tours, si Candeloro vienne à la patinwar.

 

On a moche d'a vu à la fac le doyen

S'il n'a pas Virginie qu'il est sexy moyen.

 

Échabouzit qu'il est et vraiment fadoli

Se bouffit par un anaconda Rosolie. 

 

Habillé qu'il a mal si comme un gros blaireau

Ginola qu'on l'est vu en costume à carreau.

 

On a foin de la limonade et puis des bocks

Qu'on joue la bataille avec un jeu Rick & Rock.

 

On a guilleret sifflotir Gare au gorille

Comme qu'en préparant les boudins aux morilles.

 

Oreilles qu'on les est vrillées übergolri

Si Johnny il avont l'allemand tout pourri.

 

Parents, pour vos gamins qu'on a place au rabet

On a mauvais T'choupi fait danser l'alphabet.

samedi, 06 décembre 2014

101

Un brave Cocognassien

Crut apercevoir un Martien

Près de l'usine d'explosifs.

— Des persiflages corrosifs

Accablent désormais le bon Cocognassien.

 

Jour particulier : la rubrique “Lumière sur” de la WP francophone met à l'honneur une commune d'Indre-et-Loire, ce qui est l'occasion, pour moi, de composer un limerick qui appartienne à la fois à l'Album & et aux Wikimericks.

vendredi, 05 décembre 2014

Continental édission

Le 22 juin, j'écrivais ceci sur mon mur Facebook :

Il y a quelques mois, au cœur de l'hiver, j'avais été époustouflé par Lara de Bernardine Evaristo. Là, je commence, bien au chaud, en plein soleil, The Emperor's Babe, et ça part très très fort. —·— Romans en vers qui n'intéresseraient pas le lectora-francé, et sans doute moins encore l'édission-francèse.

 

Je suis vraiment en train de m'aigrir façon vieux birbe, moi.

jeudi, 04 décembre 2014

Exécrable

Ce soir, je m'y suis repris à trois fois pour écrire correctement (dans un mail) exécrable.

 

Ce soir, j'ai failli ne rien écrire, tant la journée grise et morne m'a laissé sans forces. Pourtant, me voici, ridiculement même (j'ai publié au moins un billet par jour ici depuis fin octobre : friche et désert, néanmoins).

 

J'achève la lecture de l'essai de Linda Lê, et j'y trouve les plus belles pages jamais écrites, selon moi, sur un des plus grands écrivains, Thomas Bernhard.

Ce soir, j'ai montré à mon fils aîné les premières pages de Guignol's band, pour qu'il voie à quoi ça ressemble, déjà, visuellement. L'explosion n'est pas le ressassement. J'ai laissé mon livre des mines en chantier, en capilotade même, en déshérence. Tout un pan, je le vois, je le ressens maintenant après presque dix ans à tâtonner (et je chemine de plus en plus seul), c'est de creuser la question de l'écriture qui mine, dynamite, creuse en souterrain, fait voler en éclats ou sape imperceptiblement. Céline et Bernhard ont là quelque chose de commun avec Beckett et Gertrude Stein.

 

Nuruddin Farah a dit le mois dernier dans un entretien que s'il ne fallait retenir qu'un écrivain, ce serait Joyce. Je comprends ce choix ; ce ne serait pas le mien. (Mais que je serais embarrassé, surtout.)

 

mercredi, 03 décembre 2014

3443 — Un florilège de distiques récents

On a zarbi la GOLF GTI gros wesh wesh

Alors qu'il a immatriculé en Ardesh.

·

Hermaphrodite s'il a ce Winnie L'Ourson

Je l'a confondu avec Charles de Courson.

··

On a über-dégueu comme le Charles-VII

Fouette des arpinceaux ou bien de la chaussette.

···

On a dur qu'on est dire adieu et puis bye-bye

D'être visu Cluzoh dans son manteau en skaï.

····

On a triste, on est peine, où que c'est l'omerta

Qu'en Catalogne hier a mouru Auberta.

·····

On a über dégueu et très laid qui plus outre

Si qu'on est vu zoo photo du bébé loutre.

······

Je croive vais lui fait bouffer sa djellaba,

Tal, si que je l'entendre encor brailler “Là-bas”.

·······

On a über-dégueu fissa dans la poubelle

Si trouvé pourrite l'étoile en pâte à selle.

········

L'amie a dur qu'on est du gros souci à s'faire

Si qu'on a ou n'a pas inscrit sur Framasphère.

·········

On a dur de Facebook si cela nous équeur

Ne pas commentir mais qu'on est mis un stiqueur.

··········

Comprendu-je ne pas Sarkozy pédagogue

Si comme que ses discours renâclent le gogue.

···········

On a délicieux panse de brebis haggis

Et les Mérovingiens Beuve Brodulf Boggis.

············

Les défenseurs lensois ont prendu l'intervaal 

Si même l'arbitre est vu ça le trou de Baal.
 
 

mardi, 02 décembre 2014

Palissandre

L'hiver n'est guère joyeux :

Le ciel a la couleur de cendre.

Les Siphakas soyeux

Dorment dans l'arbre à palissandre.

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Par ailleurs ailleurs. Une proposition.

Je lis en ce moment Par ailleurs (Exils), petit ouvrage que consacre Linda Lê, écrivaine que j’apprécie beaucoup, à des figures d’écrivains déracinés, migrants, exilés. Il y a là de très belles pages sur l’exil lui-même, l’exil dans l’écriture, parfois à la marge de cette facile tentation qui consiste à définir l’écriture en soi comme un exil (Kafka &c.) Lê est une lectrice remarquable, et, en quelques touches, elle fait ressortir toute la singularité d’une figure, même pour les plus rebattues (Gombrowicz, Gauguin), et donne envie de lire ceux que l’on ne connaît que de nom (Kertesz, Tsvetaeva), ceux dont on n’avait jamais entendu parler (Gregor von Rezzori), ceux que l’on aime mais n’a pas lus ou vus depuis quelque temps (Ovide, Chatwin, Bernhard).

Ce qui m’a frappé, très vite – au point de feuilleter rapidement le volume (il n’y a ni index ni table des matières) – c’est l’absence de tout écrivain africain, et même, à l’exception de Pham Van Ky, de tout écrivain post-colonial. Certes, cela montre combien cette question de l’exil forcé dépasse de très loin la condition post-coloniale, mais enfin, vu qu’il y aurait de quoi écrire un volume entier de semblables portraits critiques avec l’exemple des seuls écrivains issus des anciennes colonies, cette absence montre à quel point l’écriture d’Afrique (ou du subcontinent indien, d’ailleurs) n’existe pas pour le microcosme éditorial français, même pour un auteur aussi fin, aussi profond et intelligent que Linda Lê. Elle ne les lit pas, ne les a pas lus, tout simplement parce qu'ils n'existent pas dans son paysage. Pourtant, parmi les noms que je vais citer, il y a des écrivains dont le projet et l'expérience valent largement ceux d'un Bolaño ou d'un Pavese. Avez-vous essayé de proposer la publication d'un auteur africain majeur, comme Tutuola ou Laing, à un éditeur parisien ? Achebe ou Soyinka seront-ils un jour pléïadisés ? vous n'aurez qu'un sourire compatissant d'une totale condescendance...

 

Je propose donc ici même aux éditions Christian Bourgois d’écrire un volume de réponses et compléments, Par ailleurs ailleurs (exils d’exils ² ), où figureront en bonne place Chandani Lokugé, Nuruddin Farah (auteur, très entre autres, d’un paradoxal “In Praise of Exile”), les afrikaners albinos de Breyten Breytenbach, V.S. Naipaul, les années australiennes de Coetzee, l’écart selon Mudimbe, l’errance selon Darwich (mais aussi selon Nathalie Handal), la volatilité selon Ghassan Fawaz, le dedans/dehors selon Ben Okri (auteur publié par Bourgois, mais pas les grands romans des années 90), Taban lo Liyong et la réinvention des noms, Ama Ata Aidoo, l’Amriika de Vassanji, la littoralité de Gurnah, Salman Rushdie, le voyage avec les djinns de Jamal Mahjoub, le cricket selon Romesh Gunesekera, la littérature-transit de Waberi, la fuite dans le langage de Frankétienne, sans parler de Farida Karodia ou du polygone identitaire de Tatamkhulu Afrika...........

 

lundi, 01 décembre 2014

Au Vel'Pot & ailleurs

2014-12-01 18.16.19.jpg1er décembre, 17 h 22, place Velpeau

Le temps de calter de la rue Jules-Simon, aux grandes lettres PAYANT si peu accueillantes, de trouver à me garer pile en face de cette petite pharmacie toute proche de la place Velpeau, de tirer de l'argent (de retirer deux billets de cinquante euros à un distributeur automatique), d'acheter (car oui, je suis souffrant et ne me suis traîné dans mon cinq à sept qu'à seule fin d'emmener ma progéniture à ses deux leçons du lundi soir) Doliprane et vitamine C à la pharmacie susdite, j'ai trouvé le logis dans un bar tout à fait tel que je les aime, place Velpeau, pile place Velpeau, ce quartier où je ne traîne jamais mes guêtres (d'autant que je ne porte que de sales chaussettes aux élastiques usés retombant sur des souliers en croûte de cuir à la manque) ni mes hardes (mon jean's noir est certes effiloché au bas de la jambe droite, mais enfin un peu de tenue), et dans ce bar meublé un peu (un peu seulement) comme un restaurant marocain, je suis confortablement installé à une très grande table ronde, clientèle d'habitués, flipper silencieux, doux murmure d'une conversation et musique très basse, un havre presque, donc je compte passer ici l'heure qui vient, je travaillerai sans doute encore à la traduction de ce début de chapitre 2 qui me donne du fil à retordre, et tout cela s'est produit dans une très lisse absence de complications, presque aucun feu rouge, aucun heurt sur le chemin ni dans le dialogue avec Oméga, au point d'atterrir ici où, dans mon pull irlandais (j'ai changé de pull avant de quitter la maison, troquant mince chandail orangé pour ce plus gros, qui m'embarrasse désormais, il fait bon ici), je tapote en buvant un Coca tiède (ça se confirme : la maison sait tout du thé à la menthe, comme l'indique une ardoise) et en alternant avec le verre d'eau du robinet, il faut se remplir de liquide avant de se revider de tout liquide, ainsi qu'on peut le lire au début du chapitre II du roman de Yémy que j'ai apporté avec moi (“la fontaine pisse à gros bouillons”, p. 26), ou de toute matière, ainsi qu'on peut le lire vers le milieu du chapitre I du roman de Yémy que j'ai apporté avec moi (“Ah, quelle vie de fèces !”, p. 13), j'entends désormais la radio qui joue cette vieille chanson, tube de 1981 ou 1982 qui ultérieurement servit de publicité à Renault, des moustachus en lunettes et/ou casquettes se succèdent dans ce bistrot, les bars de cinq à sept sont peuplés de mecs, de types, de mâles quoi, en même temps celui-ci surtout est dépeuplé, mon voisin (car j'ai un voisin, un moustachu à cheveux blancs, et casquette en cuir dont il ne s'est pas départi, peut-être la soixantaine mais allure tellement démodée que je ne saurais dire) est allé chercher l'exemplaire de la NR au comptoir et se met en devoir de le lire en sirotant son noir, la radio à présent diffuse Siffler sur la colline, il est peut-être temps de clore cette phrase, laï laï laï, zaï zaï zaï. Non. Un homme jeune (plus jeune que moi, en tout cas) est entré, déguste un éclair (au café ? au caramel ? au praliné ?), il est entré en même temps qu'une dame qui doit avoir la quarantaine, peut-être mûrie même, sac atroce à motif de pélargoniums et fausses incrustations de fausses perles, le sac bien étalé sur la table (carrée, elle s'est assise à une des petites tables carrées), cela, je ne sais pourquoi mais je devais l'ajouter. Oui.

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2014-12-01 18.16.57.jpg18 h 10.

En moins d'une demi-heure, sans aucun outil (je n'ai que la fonction Bloc-notes, sur ce vieux netbook, et aucune connexion donc aucune ressource lexicographique ni moyen de me documenter), je viens de traduire une page et demie du roman de Farah. Je me dis que ces cinq paragraphes avaient fermenté dans mon cerveau depuis le début de l'après-midi. Même la première phrase, dont, à la première lecture, il y a un mois, je m'étais attendu à éprouver bien du tourment, est sortie comme une lettre à la poste. Aurais-je trouvé un bon motif de traîner au bistrot avec mon ordinateur ?

 

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Conservatoire, 18 h 28

Après détour par le froid (modéré, en fin de compte — j'avais emmagasiné ce qu'il fallait au café), me voici de nouveau au Conservatoire, rue Jules-Simon. Le sympathique gardien (et factotum) a fini de décorer le sapin de Noël (en plastique), et le bâtiment n'est plus cette même ruche de tout à l'heure. Circonflexes : j'ai découvert cette après-midi que choucroute n'en prenait pas ; pourtant, "croûte", oui. Ici, entre mon voisin (pas tout jeune, je l'ai déjà vu (un élève ?)) qui bat les mesures en lisant des partitions et je ne sais qui, dans le hall, qui sifflote imbécilement, il m'est impossible de me concentrer sur la traduction. Vive les bistrots populaires, avec leur Coca tiède, leurs coussins moelleux, leurs discussions animées mais à voix feutrée qui permettent au tâcheron du texte d'éprouver pleinement son chronotope. (Le chronotope, en migrant vers ce point d'attraction, la rue Jules-Simon, est la figure irradiante de ces cinq à sept, ce qui m'advient, dans la banalité des jours d'automne.)

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dimanche, 30 novembre 2014

Horreur sourde...?

Ce que je veux dire, c’est que retourner sur ses pas, retrouver intacte, préservée, la vie partout ailleurs abolie, n’éveille ni joie ni gratitude mais l’horreur sourde d’être cerné, soudain, de spectres, de descendre, vivant, au tombeau. (Pierre Bergounioux. La mort de Brune, p. 63)

 

Quoique j’aie bien noté ce contraste entre la vieillerie ambiante de ma ville natale (plus encore peut-être le caractère hors du temps national ou mondial de la vie au village) et certains aspects subits de modernité traversés à Bordeaux ou à Paris, je n’en ai jamais eu cette appréhension tragique, spectrale, qui m’a sans doute sauvé de la mélancolie — je me suis contenté d’épouser les contours de ce que la vie m’offrait, sottement ou joyeusement, mais peut-être aussi ai-je manqué quelque chose, et serai-je vraiment horrifié en le comprenant, trop tard (sur mon lit de mort ?)

samedi, 29 novembre 2014

Oiseaux entendus

Dans cette rue, non loin de la rue Arthur-Honegger, serins ou perruches.

On entend leurs pépiements, leurs piaillements, une haute cour emmurée, à peine les devine-t-on, perruches ou serins, par les feuillages de la haie, et de l'autre côté de leurs moucharabiehs.

Aucun concerto de prisonniers — le bitume ne lance pas d'appel.

Le souvenir de ces ternes mašrabīya perdus dans la fausse ville, les quartiers en toc, ruelles fades, tout en kitsch de grisaille tiède, hante d'un pépiement de serin, d'un piaillement de perruche.

Modifiée la virgule, en un tiret qui déchire l'espace, la promenade du samedi après-midi perce le souvenir même, clavecin habile, clavecin.

vendredi, 28 novembre 2014

L'Aventure d'ombres

 

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Le chronotope est toujours à réinventer, à reprendre. Au début de l'année (scolaire, universitaire), j'étais “parti” pour évoquer mes aventures (ce qui m'advient) le lundi soir de 5 à 7. Puis la grisaille est venue, et surtout trois cours de solfège et chant choral de mon fils cadet annulés, longue interruption s'ajoutant aux vacances. Lundi dernier, pendant la séance, de cinq à sept donc (18 h 20 plutôt (puis je suis reparti par les Halles, photographiant mon livre GPS abécédaire à bout de bras)), j'étais au Tourangeau, avec François Bon, autre moment advenu, mais c'est un autre point de la semaine que cette photographie ici a fixé, avant-hier, le mercredi, mes pas dans l'obscurité des couloirs presque déserts des Tanneurs à sept heures et demie du soir avant de rejoindre la Passerelle puis le tramway place Anatole-France. Moment-lieu qui en rappelle d'autres, quand j'enseignais cette U.E. Libre sur l'humour britannique, le lundi soir de six à huit, et plusieurs fois on a failli se retrouver enfermés dans le bâtiment, ou ma première année à Tours, il y a douze ans déjà, je finissais ma journée de cours le lundi à sept heures et regagnais mon hôtel avant de ressortir, pareille terne brune obscurité, pas blême mais bistre, même corps vertical avec soulier en mouvement et pan de manteau qui s'échappe avec sa fermeture éclair, même absence de clairvoyance.

jeudi, 27 novembre 2014

Violons pour L’Uræus

 Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Alechinsky – lui dont les belles planches pour le Traité des excitants modernes de Balzac m’ont tant ému – ne s’est pas trop foulé pour illustrer (encadrer ? ses traits violets servent en effet de marges aux poèmes de ce bref recueil)  L’Uræus de Salah Stétié. Les traits du premier poème sont très dynamiques, avec trois fois rien Alechinsky invente un monde ; et puis après, on a l’impression qu’il s’est désinspiré.

(Ce n'est pas la page que j'ai choisie comme illustration de ce billet. Ici ↓ je reprends le poème dansé/dansant.)

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Il a résisté à la tentation de dessiner ou d’évoquer des cobras (l’uræus est, je l’apprends à cette occasion, le cobra femelle (pas une seule occurrence de ce mot dans l’ensemble des textes intégraux mis en ligne sur le site Latin Library (!??))), tout comme Stétié n’explicite guère son titre. Certains poèmes sont très forts, prenants, résonnent. Il y a au moins un choix de préposition que je ne comprends pas :

Des enfants pourtant crient sur un préau d’école

ils vivent tous sur un seul grain de sable

échappé

 

Le premier sur est-il appelé par le second ?

Beau mot, en tout cas, que préau, peu présent en poésie ni prose. Citons seulement Les Misérables : « La première chose qui le frappa dans ce préau, ce fut une porte du seizième siècle qui y simule une arcade, tout étant tombé autour d'elle. »

 

mercredi, 26 novembre 2014

Féminin évanescent

En moins de dix minutes, sur France Info, j’ai entendu la même faute, de la bouche de deux historiens. Le premier historien, qui a découvert un exemplaire du First Folio dans les réserves de la bibliothèque de Saint-Omer, a déclaré que l’exemplaire en question se trouvait actuellement dans une salle « à taux d’hygrométrie constant, à température constant ». L’historienne interrogée ultérieurement, auteure d’un ouvrage sur le mont-de-piété, a parlé d’une « banque qui est soumis aux règlements financiers ».

Il y a longtemps que les masculinisations de forme féminines sont courantes dans le cas de la fameuse (fameusement ignorée) règle de l’accord du participe passé. Il me semble que le surgissement de ces masculins erronés pour des épithètes ou dans des relatives est beaucoup plus récent. Ce genre d’exemple fait dire à un de mes collègues que la forme féminine du participe passé, voire de la plupart des adjectifs, aura disparu d’ici un demi-siècle. Rien à déplorer — à noter toutefois que cette disparition est concomitante de la réglementation qui contraint tout un chacun à parler d’auteure et de maîtresse de conférences, alors que ces formes sont loin d’être apparues spontanément.

Ferai-je ici également remarquer qu’il n’y avait rien de surprenant à entendre ceci dans la bouche d’historiens. Avec de très remarquables exceptions, les historiens écrivent généralement un français lourd, voire fautif (sans même parler des contresens qu’ils font sur la littérature, quand ils s’en piquent (mais eux renverraient le compliment : que de contresens historiques sous la plume de littéraires !)), ce qui me rappelle notre professeur d’histoire d’hypokhâgne et de khâgne, agrégé et tout le tremblement, devenu depuis éminent professeur d’université et tout le tremblement, que nous avions fini par nous amuser à piéger. En effet, on pouvait être sûr, en écrivant, dans un devoir, « les décisions qu’ils ont laissé prendre », que ce brave (?) homme encerclerait le tout de rouge, avec un beau « grammaire » en marge, et la phrase ainsi corrigée :

« les décisions qu’ils ont laisséES prendre »

 Ah, le charmant exemple d'hypercorrection !

 

mardi, 25 novembre 2014

Sonnet prosaïque, quoique d'inspiration shakespearienne

pralina, marmelade & lemon curd sur la

table au petit matin où on boit son café.

furtive tu remets la mèche où s’enroula

mon regard pour d’autres désarrois stupéfaits.

 

banal le quotidien s’enroule autour de ma

mémoire, et cette nappe aux tons rouge sur rouge

fait la toile de fond du café cinéma—

toi tous mes éclats tout l’amour ange ma gouge.

 

furtive se démet la mèche où se déroule

un film pour nos années sans violons sans effets.

sous l’ampoule je vois ton regard, sous l’ampoule

un sourire qui chaque matin me refait.

 

envers l’amour est cette vie plus somptueuse

en vers qu’on ne dédie à la mort montueuse.

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lundi, 24 novembre 2014

Retour à Thiéfaingrad

Tiens, je n'y avais jamais pris garde : j'avais treize jours quand Lucy fut découverte. Je croyais que ça remontait à avant ma naissance — peut-être à cause de l'anecdote sur Lucy in the Sky with Diamonds ?

 

Thiéfaine, qui a naguère (ou plutôt jadis, je devrais arrêter de penser à mes 20 ans comme à une sorte de passé récent) fait rimer “Abel du Tchad” avec “l'usage de ses gonades”, sort ce 24 novembre 2014 un album un peu gris. Il faut le réécouter pour vérifier cette première impression. Il affirme désormais jouer « pour les voyous virés de la Sorbonne ». Il est vrai que c'est à Nanterre — pas à la Sorbonne — que doit être organisé, courant 2015, le premier colloque Thiéfaine, dans lequel je dois évoquer la question des figures de style et de la traduction. la date précise n'a pas été arrêtée.

 

(On relance EXISTER EST UN PLAGIAT ? Ah non !)

dimanche, 23 novembre 2014

Horreur & extase

Hier, c'était, en Ukraine, le jour annuel de commémoration de la tentative de génocide des Ukrainiens par les Soviétiques, Holodomor (mot ukrainien qui signifie “extermination par la faim”), 1932-33. Cette tentative de génocide, qui a tout de même tué entre 2,5 et 4,5 millions de personnes selon les sources, fait évidemment l'objet d'un négationnisme spécifique, et particulièrement véhément dans la "Grande Russie" de notre époque.

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Belle journée toutefois, enthousiasmante, notamment si tu vois enfin Marie-Aude danser en vrai la kalbeliya, avec le plaisir de discuter avec elle après, et avec son percussionniste du jour, Teepu Khan. Bref, quelque chose qui se passe dans les corps, les gestes, la sonorité et la voix, et c'est une belle journée. — Je comprends la danse, quand elle est, ainsi, allégresse, apparence de spontanéité un peu dingue par-dessus l'extraordinaire maîtrise de gestes beaux en soi. Quand j'écris des textes très rapides en m'inspirant de compositions jazz (comme celui-ci), je pense que je finis par m'imaginer un corps à moi qui danse dans la pièce à côté de moi qui écris.