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vendredi, 22 mai 2015

Distiques ribéryens : le permis de Karim

Maximum de respect que Rimka il balance

La tof de son permis avec Anatol France.

 

Golri-je très beaucoup pour fucker la sex doll

Antoine qu'il faut embarquer sur Anatol.

 

La licepo español ç'a trop des gros râleurs

Qu'on n'est pas le droit de roule à 200 à l'eurs.

 

Trop bogoss il a Rimka pink sur Instagram

Si lui et moi Zahia qu'on picpic colégram.

 

Rimka par El Païs est traite de chauffard

Mais c'être pas le crime Sylvestre Bonnard.

 

Comme que dans la forêt Zahia bien chaudasse

Et je la suis prendu la sylvestre bonnasse.

 

Même s'il lire Anatole il a dans le froc

Rimka qu'il ne rôtisse pas la queen pédoc.

 

On a gras qu'on est picoré du popcorn Baff

Et la bonne binouze où que les dieux ont soaff.

 

Endroit que j'aime bien le levier de vitesse

Un kinbou d'Anatol golri la Mercedesse.

 

On est assez toujours cite Lloris Hugo

Et j'a dit à Rimka Anatole est dingo.

 

Endroit que l'Ascension toujours et Pâques beau

Madrid je suis croivu France est un paquebot.

 

On est mal à l'oreille Sardou recommence

SMS à Rimka citer plus jamais France.

 

Instagram que cite les Poèmes dorés

Qu'on est fait le selfie avec du Ricoré.

 

Madame Tournebroche on la faisit reluire

Où que Rimka il ont son permis de conduire.

 

Comprendu-je ne pas Sylphe ou Sémiramis

Comme ç'a pas écrit Rimka sur son permis.

 

Après Jean D'Ormesson ç'a n'a pas couillonnade

Si mes distiques finirent dans la Pléiade.

 

dimanche, 17 mai 2015

Savannah — Un tatou mort avant nous

Le nouveau livre de Jean Rolin est un bref récit de son retour à Savannah, sept ans après y avoir séjourné avec sa femme, Kate, laquelle est morte dans l’intervalle. L’élément structurant de ces allers-retours entre 2014 et 2007, ce sont les films réalisés par Kate, que le narrateur décrit, dont il transcrit certains dialogues et qui lui servent aussi de guide pour repartir, le plus précisément possible, sur les traces du couple d’avant. Rêveries du veuf solitaire, les chapitres proposent une forme de condensé de la poétique de Rolin : attention aux détails incompatibles avec le tourisme, description des friches industrielles, mise en scène (au sens noble – il leur donne la parole) des laissés-pour-compte (je ne sais quelle expression convient le mieux pour l’anglais disenfranchised).

Outre que les chauffeurs de taxi jouent un rôle primordial (de passeurs ?) dans les itinéraires du récit, une figure prend plus d’importance au fur et à mesure qu’elle devient moins menaçante : celle du petit homme au parapluie à « l’allure invariable, mécanique » (p. 40) : Doppelgänger, image de l’errance déraisonnable et systématique, autre forme de passeur ?

Dans un récit qui gravite autour de la figure de Flannery O’Connor – dont je n’ai jamais rien lu, il me semble, et dont le texte a le mérite de   donner envie de lire la nouvelle ‘The Lame Shall Enter First’ – et de la visite à sa maison fatale, perdue en forêt, Rolin ne dissimule rien de l’atelier, ainsi quand il avoue que Google Maps est « cette espèce de miracle informatique grâce auquel je viens de retrouver le lieu exact de cet épisode » (p. 37). De même, si fasciné soit-il par les friches et par ce que je tente parfois moi-même de décrire dans mes kleptomanies überurbaines, il n’en déplore pas moins la banlocalisation généralisée (ce que Renaud Camus nomme aussi “le devenir-banlieue du monde”, et dont il fut question dernièrement pour la France) : « on se retrouve dans un paysage de désolation, celui d’un mall démesurément étendu et de ses métastases, dont seules quelques prémices étaient visibles en 2007 » (p. 88). Sans mise en scène macabre, très naturellement pourrait-on dire, le narrateur se livre à une sorte de mime de la mort, de doublement spectral, comme lors de la visite au cimetière sur les traces de l’hypothétique tombeau du père de Kate. À cette occasion, le lecteur comprend que, deuxième vidéaste, Jean Rolin filme également ce deuxième voyage à Savannah :

À Lionell, j’avais prétendu qu’il s’agissait de ma propre famille, ou de quelque chose de ce genre, afin qu’il ne soit pas surpris quand il me verrait sortir de la voiture, comme je le fis, et reproduire scrupuleusement, en les filmant, tous les gestes que Kate avait accomplis dans le même lieu. » (p. 110, c’est moi qui souligne)

En fin de compte, dans un récit tout en strates et traces, où toute figure devient à chaque instant spectre d’un autre ou d’elle-même, le seul cadavre véritablement inscrit (on ne peut dire ni vrai ni réel ici) est celui du tatou mort filmé par Kate en 2007 (pp. 73-6). Ici, c’est aussi d’un langage vivant et imparfait que le récit devient la trace, rendue parfaite et plus froide. En effet, les propos transcrits de Kate sont étranges, car, quoique anglophone, elle s’exprime d’une façon difficilement compréhensible pour le chauffeur :

Nous revenons vers la voiture, Kate dit à Willy : « It was a tattoo, he had so many maggots ! »

Ce mot de tattoo n’évoque rien pour Willy, dans la mesure où en anglais, comme en espagnol, tatou se dit armadillo. (p. 74)

Cette scène montre que ce qui se joue, comme chez Beckett, c’est l’aventure de la langue vivante figée dans la bande, et que le récit tente de reproduire, même de re-présenter. L’erreur sur le mot tattoo peut-elle vraiment venir de l’anglophone Kate ? Rolin ne nous invite-t-il pas au soupçon, ainsi qu’à une lecture dynamique des signes faussés ? Le tatou mort était là avant eux, et donc avant nous, lecteurs, avec ses vers et son magot de mots.

Ribergal Meets “Les Bogoss à Roland-Garros” ▬ 17 mai 2014.

Golri qu'on a facile on t'a dit “Oh là, y a

Une balle !” si que tu t'appelle Olaïa.

 

Cingal m'est dit d'éteindir le feu sous le gaz

Si qu'il a vivu seize ans à côté d'Heugas.

 

Hugo m'est expliqué comme le passement

En haut de mon distique y a enjambement.

 

Rimka j'a trop golri de ta vanne à deux balles,

Où surnommu Zahia la masseuse de balles.

 

Endroit que le soleil tourne gros girasol,

Ç'a le Suzy Lenglen et pas le parasol.

samedi, 16 mai 2015

Étang du Val joyeux

Jolie promenade, aujourd’hui, en début d’après-midi, autour du lac du Val joyeux, à Château-la-Vallière. La promenade avoisine les six kilomètres ; il s’agit, à ma surprise, principalement d’une marche en forêt. Grâce au temps moins clément que prévu (il bruinait au début), nous n’avons rencontré presque personne, à part, sur la toute fin du trajet, trois pêcheurs et une famille bien bruyante.

Peu d’animaux à observer (ce n’est pas le bon moment) : ni les grèbes ni les gravelots de la dernière fois, mais trois hérons cendrés différents, à différents postes, un concert brouhaha de grenouilles. D’après la carte, que je n’ai consultée qu’après coup, cet étang a une forme de gros fleuve trapu à deux méandres, ce qui n’a pas du tout paru, sans compter qu’il est alimenté par une rivière, la Fare, que nous n’avons pas vue. (?)

Vers la fin de la promenade, j’ai aperçu, sur une grosse branche d’arbre mort tombée à l’eau, un ragondin inerte, dont C* et les enfants m’ont assuré, au vu du peu de réaction en nous entendant, qu’il était mort. Or, comme je le leur ai prouvé en balançant une branche non loin du dit rongeur, il n’en était rien : le bestiau s’est contenté de se mettre de profil ; peut-être n’était-il pas très en forme, en effet. Il n’a ni plongé ni exhibé ses quenottes oranges en signe de défiance.

 

Cet épisode fut l’occasion de composer un de ces inévitables distiques ribéryens dont mon esprit n’est jamais lassé. (Ma sœur disait il y a déjà deux ans que Ribergal déteignait dangereusement sur moi. Qui de nous deux inventa l'autre, hein, pour paraphraser Éluard, qui maltraitait moins la syntaxe.)

 

myo1.jpgGrâce que je lui suis balancé un rondin,

On est su qu'il n'a pas mouru, le ragondin.

 

myo2.jpgAprès je lui balançus un bout de persil

Ce con de myocastor s'a mettu de profil.

vendredi, 15 mai 2015

Bribes des jours passés

9-13 mai 2015.

J'ai enfin pris en faute Youtube, Dailymotion et l'INA : pas moyen de mettre la main sur le clip de “Peux-tu lire” de Zad (qui était hyper bien, passait pourtant non stop sur M6 en 96-97, m'avait fait acheter l'album, avant que la carrière du chanteur ne s'arrête définitivement parce qu'il avait tabassé sa femme, Lio).

 

En voyant Ayew marquer le quatrième but, se demander si “yew” est le chêne vert ou le chêne liège. (The former, meseems.)

 

On voit plus les images que les mots. Plus de mots sénateurs etc.

Oui mais ╝ l'image sécatrice vraiment ?

 

Areola, gardien shooté à l'acerola.

 

Après maintes tracasseries de fin de nuit, la chatte a fini par se poser dans le petit fauteuil d'enfant en osier.

 

Après une matinée de ménage et de lessives, désormais : des rapports de stage à lire en urgence (car je suis un gros feignant qui fait tout au dernier moment) ║ en plus je n'arrive pas à débuguer cet infernal ordi, la chaise en fer est défoncée sous mes fesses, la chatte cherche à me choper l'orteil, le vent s'est levé, m'apporte des fragrances de je ne sais quel arbuste ╗ où va le monde ? (comme nous étions en vacances dans l'ouest de la Belgique, je nomme mon album de photos dans Flickr Il était dans l'ouest, une fois, ça me rappelle les cassettes d'humoristes franchouillards qu'écoutait mon aïeul côté paternel dans la R20 quand j'étais gosse).

 

‘Push to End Prison Rapes Loses Earlier Momentum’

║║║║ Je suis le premier à déplorer l'incapacité où sont 80% des étudiants de comprendre un titre d'article journalistique et à leur apprendre les codes d'écriture, leur réexpliquer les règles d'adjectivation etc. — mais il y a des fois où les journalistes anglophones devraient aussi se modérer.

 

Mardi c'est encore & toujours le soir des avions, alors on lit des poèmes de Starting from Sleep en regrettant un peu que le les pages du livre sentent le papier gerbe.

 

Il y a une seule chose que je crois ne jamais pouvoir comprendre de mon époque, et je mourrai sans l'avoir comprise : le battage médiatique ahurissant, chaque année en mai, pour le festival de Cannes.

 

 

“Retour en arrière et correction des erreurs” ▬ Next time and that the other one of a historical essay I am reading and USB drives in Thoreau's “Walden” and realizing that I haven't tried, but as a small child, I don't own one.
-GuillaumeBot

jeudi, 14 mai 2015

Peu de vouloir, beaucoup de blandice

Grisaille.

Je lis Franck Venaille et Jean Rolin, tout en écoutant le disque en trio de Pandelis Karayorgis ▬▬ ensuite, j'écouterai sans doute x versions de “Brake's Sake”.

En face, les nouveaux voisins prennent possession des lieux.

Grisaille et vent, tennis sur le rond-point.

Velléité de tout, et jouissance vague de tout également.

 

mercredi, 13 mai 2015

Ping-pong, 8

Dix jours que je n'ai rien publié ici ; c'est toujours comme ça avec les voyages, surtout que la qualité des connexions n'est pas toujours terrible.

Pour meubler rétrospectivement les journées blanches, je vais aller piocher dans mes élucubrations facebookiennes. Et tiens, à propos de Facebook (je vous cause comme ça, familièrement, sans ambages), un point très négatif à porter au passif de la plateforme d'hébergement Haut&Fort (sur laquelle sont hébergés tous mes carnétoiles) : depuis quelques semaines, malgré des réactivations manuelles plusieurs fois tentées, le module qui permettait de signaler automatiquement sur mon mur FB toute publication planifiée de billet ne fonctionne plus, de sorte que les rares lecteurs que j'avais encore ici ou (ou et ) n'y viennent plus.

Je compte remettre un certain nombre de chantiers plus rigoureusement en route, d'autant que le dixième anniversaire de Touraine sereine approche à grands pas [ICI pour une idée de la mi-chemin]. Première pierre, je vais inaugurer une nouvelle épigraphe, directement copiée d'un commentaire dans un fil de discussion FB. Je ne le fais qu'à regret, car l'actuelle (actuelle pour moi qui écris ces lignes à 9 h 39, mais elle n'y est encore que pour quelques minutes)

« Les gardiennes de musée sont les vraies héroïnes kiéviennes. »

me plaît énormément. L'auteur en est Patrick Chartrain, lecteur, blogueur et esprit éclairé dont je salue ici la vivacité et la confiance chaleureuse.

 

(Pour les épigraphes, l'archive en a été mal tenue. Voir toutefois celle-ci et celle-là.)

09:45 Publié dans Ping-pong | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 03 mai 2015

Ou / où

Beclers.

Je suis en train de lire — en vitesse, franchement — le bref roman de Jacques Gélat, Le traducteur. C'est une véritable déception : le récit n'a rien de surprenant, l'écriture est conventionnelle, le narrateur un cliché de parisianiste sans épaisseur. Tout cela n'a pas beaucoup d'importance, mais deux choses méritent d'être notées ici :

* Comment un écrivain français doté de quelques prétentions intellectuelles peut-il choisir d'enfiler autant de poncifs sur les “dictateurs africains” en 2006 ?

* Même pour un texte aussi bref, il semble que les éditions José Corti aient renoncé à s'associer les services d'un relecteur, ou aient fait ce travail par-dessous la jambe. À deux pages d'intervalle, j'ai trouvé deux fautes, toutes deux graves, la plus ennuyeuse étant la seconde car j'ai failli ne rien comprendre au passage en question :

— « une indignité que je n'aurais pas soupçonné alors » (p. 85)

— « Malheureusement, l'oubli ne se décrète pas. Seul le temps où d'heureux événements jouent en sa faveur. » (p. 86)

Ayant lu ce comme un , j'ai relu plusieurs fois, songeant qu'il manquait la principale.

samedi, 02 mai 2015

Quatre distiques du 10 avril 2015

Si j'aurais couché avec Zahia aujourd'huis

On a dur de lui trouver large le pertuis.

 

On a bien pénible aux premiers jours de douceur

Le voisin pète-noix et son motoculteur.

 

On a miam miam la fougasse et le minestrone

Et bien cassos de préférir le toblerone.

 

Peur-je un peu beaucoup de Uini Atonio

Lui dire que son cul ç'a un gros bitonio.

vendredi, 01 mai 2015

Anne Ain't Right

Read article about Anne Enright's views on “bonding time” and bedtime reading here.

 

This is such a silly point Anne Enright is making here. 

As a (small) child, I did not like being read to at all, much in the same way as I didn't like animated pictures very much. As soon as I could read, I started spending hours reading every day, with a keen love for poetry and drama, and have become a person for whom reading literary works and essays is fundamental. (I read an average of 3 to 7 books each week, always with my fingers in several pies simultaneously.)

Very early on, my wife and I would read books and stories to my elder son (he had a favourite dog story at the age of 4 months and a half). Then it was history books for kids, stories, Claude Ponti, complex documents about animals and wildlife, you name it. He was never bored and I remember suffering physically when I had to read Astérix comic books to him (have you ever tried reading a 48-page book full of speech balloons to a 6-year-old kid who can't read ? I'm not recommending it). 

Unlike him, his younger brother has never been really fond of being read to. We read a lot of stories to him, true, but, interestingly, this was almost never part of the bedtime ritual. So it's not that we as parents failed to have "quality time" with him. We had a lot of quality moments with him (cuddles, laughs, playing games, listening to music), but far fewer “reading” experiences than with his brother....... because he didn't especially want that !

So I'd like Anne Enright (whose work is crap anyway) to bear in mind that :

1. not all children are alike

2. educating a child is not only imposing things on him or her

3. the link between a dislike for bedtime reading and an uncultivated adult remains to be established

▬▬▬▬▬


On a different note : reading has always been a “niche activity”. When I was a child, I was some kind of an extraterrestrial just because I read novels and poetry. Besides, Anne, if you want to have people believe you are a writer and not some kind of moronic recycler of sociological claptrap, consider not using expressions like “bonding time” and “niche activity”.

 

jeudi, 30 avril 2015

Cordes sur toute la ligne

Il tombe des cordes, du coup je regarde la météo pour voir quel temps il fera à la frontière belge la semaine prochaine : gris et pluvieux quasi non-stop. 

Dans aucune des 4 catégories le quetzal ne peut battre le paon bleu.

Impossible de retrouver, sur mes étagères, Mathématiques congolaises d'In Koli Jean Bofane, acheté en janvier 2012 et lu alors. Prêté ? Laissé dans les Landes ?

La grue du Japon enfonce la grue de Sibérie sur toute la ligne aussi.

Soit on publie sur le Web, soit on fait des notes de bas de page. Point barre.

Le duel Aigle des singes vs Macareux moine ne fut pas beau à voir.

mercredi, 29 avril 2015

3570 ╝ Architruc

C'était il y a vingt ans, à quelques jours près. (Était-ce autour du 10 avril ou du 10 mai, je n'arrive pas à m'en souvenir. Je dirais plutôt début mai ; il faisait chaud à Paris.)

Comme j'ai lu il n'y a pas longtemps le recueil de textes de Martin Mégevand et Nathalie Piégay-Gros (dans lequel j'ai appris aussi que Pinget avait publié, jeune, des poèmes sous pseudonyme, recueil introuvable), cela m'a remis en  mémoire cette unique mise en scène à mon répertoire : la pièce, jouée salle Dussane à l'École Normale Supérieure (on ne fait pas plus sérail), durait une petite heure. En guise de prologue, j'étais seul à l'avant-scène, assis à un bureau en robe de chambre marron, à lire un extrait de Baga (le début du roman, je crois). Puis, dans le noir, dansant sur Ill Wind, j'allais m'allonger sur le lit côté cour, et ne le quittais plus. Pour jouer le rôle de Baga, j'avais rencontré Axel Rabourdin, Landais d'origine comme moi mais que je ne connaissais pas auparavant.

Nous avions répété six mois, à raison de deux heures par semaine, dans cette horrible salle désaffectée du sous-sol, moquette ravagée, poussière partout, aucune aération, et d'où — pour pouvoir répéter, de cinq à sept, le mardi — j'étais obligé de chasser, quasi à coups de pompe dans le derche, cette perruche gloussante et ridicule arborant écharpe rouge, qui se nommait Christophe Barbier et n'était alors (vaguement) connu qu'en tant que directeur du Théâtre de l'Archicube (on ne fait pas plus fat).

Architruc est, je l'ai découvert depuis, une pièce finalement peu jouée de Pinget. J'étais arrivé à Paris avec des dizaines de projets, et avais décidé de commencer par le plus simple, cette pièce voisine de Beckett (Endgame) et Ionesco (Le Roi se meurt), à mettre en scène le plus sobrement possible. (Quel soulagement, en décembre, de lire la lettre de la S.A.C.D. précisant que Pinget ne souhaitait plus voir figurer le personnage de la Mort avec sa faux, mais plutôt que l'acteur interprétant Architruc simule la mort sur scène.)

Parmi mes autres projets, il y avait une version de Autour de Mortin à jouer dans une cage de verre : les acteurs devaient hurler pour se faire entendre du public, et faire des acrobaties pour tenter de sortir de leur boîte. Comme Architruc est ma seule mise en scène, on devine que cette cage de verre est restée dans les limbes.

Sur les quatre représentations (quatre soirs de suite, du mercredi au samedi), nous n'avons vraiment joué convenablement que deux soirs, de mémoire le deuxième et le troisième. Il y avait une cinquantaine de spectateurs à chaque représentation : j'étais déçu car je m'étais démené, mais me rends compte que ce n'était pas si mal. Contrairement aux autres troupes de l'École, Axel et moi n'étions pas de tous les raouts parisianistes et n'avions pu compter rameuter tant et tant...

J'ai encore dans les narines l'odeur de chaud des câbles électriques et du scotch sur les dalles de linoléum de la salle Dussane : c'est peut-être mon plus net souvenir de cette aventure d'il y a vingt ans.

 

mardi, 28 avril 2015

Grüne Welle

C'est un peu compliqué.

Dans ma topographie — celle des kleptomanies monotones — le franchissement des feux tricolores jusqu'au Beffroi occupe une place à part, celle de la conduite machinale mais occasionnelle (pour mieux dire : irrégulière). Il y a toujours un moment où la voiture passe à l'orange ; peut-être l'arrière même est-il parfois au niveau du rouge. Je respecte scrupuleusement la limitation de vitesse, donc je l'ai dans l'os pour la vague verte.

(Peut-être est-ce à Düsseldorf, ces premiers échos de la grüne Welle...)

Pourquoi encore tenir ces carnets. Je devrais projeter ces trajectoires avec la violence retenue explosante fixe des monologues d'Éric Delphin Kwegoué. Pourquoi encore tenir. Pourquoi tenir. Pourquoi ternir.

Vous n'avez pas de quoi. Y a pas de quoi.

C'est un peu compliqué.

À l'aller, souvent, je passe par Marie et Pierre Curie, bifurque avant le L.P. ▬▬ mais au retour, c'est plus avec ambages, soit l'avenue de l'Europe, son enfilade de feux dont toujours au moins un rouge que je ne grille jamais, parfois tourne à gauche vers Sapaillé pour la boulangerie, le chinois, Emmaüs ou tout simplement coupe-file.

Quand je marche, ou quand je prends le tramway, c'est encore une autre histoire.

Mes liens en vert se mordent la queue ; je n'ai pas écrit le centième des textes en souffrance.

Ça vous fait souffrir c'est un peu compliqué ?

lundi, 27 avril 2015

Autrèche, nandous & émeus

À l'heure habituelle du chronotope cathédrale, nous quittions la réserve de Beaumarchais, à Autrèche.

 

En juillet 2012, nous nous y étions pelé les miches. Cette après-midi, malgré un timide soleil d'avril (et nos coupe-vent), nous nous sommes caillés dans le petit train.

Observation des laies qui allaitent. Il y a des laiderons, mais les marcassins s'y gobergent toutefois.

Observation du mouflonneau, près du mâle dominant.

(Le mot mouflonneau est ici souligné en rouge, ondulé. Mot inconnu, donc. —·— Six résultats seulement sur Google. Le mouflon, animal qui nous parle de Chypre et d'Arménie ; il fallait que ce fût dit, par moi qui lis en ce moment Chavarche Missakian.)

Observation des nandous, gracieux et agressifs, et des émeus, hideux mais plus paisibles. Y a-t-il une vérité esthétique à rechercher là ?

 

Retour par Neuillé-le-Lierre, que nous connaissions déjà. Joli village. Ce n'est pas le Lierre de Flandre, pourtant.

Chavarche Missakian n'a même pas d'article dans la Wikipedia.

 

Յառաջ

dimanche, 26 avril 2015

En serpentant, à Saint-Laurent-de-Lin

Je connais mal le nord-ouest du département, ces communes limitrophes de la Sarthe et du Maine-et-Loire. En 2004 et 2005, nous sommes allés plusieurs fois dans ce coin-là, et puis, une chose & une autre, nous avons moins écumé la région proche. (Ces carnets, d'ailleurs, s'en sont beaucoup ressentis, de cela et de mon moins d'envie d'écrire topographiquement.)

Hier matin, avec mon père et Alpha, nous avons participé, dans la commune de Saint-Laurent-de-Lin, à une matinée d'observation herpétologique. Chemin faisant, nous nous sommes arrêtés quelques minutes au bord de l'étang du Val joyeux, à Château-la-Vallière, pour y admirer trois grèves huppés et un Petit Gravelot (qui allait et venait sur la grève, avec cette nervosité si particulière aux limicoles). Il faudra revenir, faire le tour de ce plan d'eau, par beau temps.

À Saint-Laurent-de-Lin, nous n'avons même pas vu le village (le bourg), car la propriété où se déroulait le stage se trouvait avant le village lui-même. C'était une belle matinée, faire connaissance près d'une mare assez basse où sautaient et croassaient de nombreuses grenouilles rieuses, avant d'aller de plaque en plaque, apprendre à reconnaître, chez les orvets, le mâle de la femelle — faire le point sur ce qui différencie les vipères aspic même des couleuvres d'Esculape (nous avons pu observer une quinzaine de celles-ci).

Pour la première fois, aussi, j'ai vu une Coronelle lisse, dont la belle couleur rouille s'orne de chevrons et de carons.

samedi, 25 avril 2015

Le parano des Samsonite

Le questionnaire se trouve ICI.

    • Je ne crois pas avoir tenu dans mes bras un animal hors du commun ; une diapositive me représente tout petit avec un lionceau, à Longleat. Mais nul souvenir.
    • L'Australie.
    • Je ne suis pas un parano des Samsonite.
    • Un peu cuit, mais bien.
    • La couleur des aliments est un critère occasionnel.
    • Oui, j'ai refusé en 1999 une offre de poste au lycée Stanislas, qui représentait pourtant quatre fois mon salaire du moment, principalement car je ne me voyais pas travailler dans cette ambiance et ce milieu durablement.
    • Je fleuris occasionnellement ma maison. Récemment, de beaux lys — là, des lilas blancs de mon jardin.
    • Je pratique souvent le boycott, par exemple des produits à base d'huile de palme ou d'huile de coco en raison de la déforestation.
    • Une rue porte mon nom, dans la petite commune de Saint-Genouph.
    • Je pourrais être gardien de prison ; il ne faut jamais dire fontaine.
 

mercredi, 22 avril 2015

Pour commémorer un yé-yé

20 avril 2015.

Jour qu'on est entendu siffler ce train wesh wesh

Ç'a lundi si comme il est mort Ricardo Btesh.

 

On est la tronche enfarinée plus qu'un loukoum

La comptine en fait ç'a "Portugal sexy boum".

 

Si qu'on mettre un glaçon dans l'eau chaude qu'il fond

Ça n'a pas le cas avec le sirop typhon.

 

Biarritz qu'on est devu trouvé le temps très long

S'il a tombe dix centimètres de grêlons.

mardi, 21 avril 2015

Pour une histoire de la syntaxe française (et de la ponctuation) appliquée aux faits divers

« Un véritable coup de folie aurait animé la grand-mère dont, on ne connaissait pas, hier, les éventuels éléments sur son état psychologique avant les faits. »

(Nouvelle République de ce jour)

17:08 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 20 avril 2015

Beignets & diacritiques

2015-04-20 18.15.11.jpgAprès un tour pour rien (en raison d'un tournage de film dans la rue des Ursulines), fini par trouver une place tout près du site Jules-Simon, posé le billet pour le professeur de solfège, couru avec O*** jusqu'au site du Petit Pré, attendu le professeur de hautbois pendant qu'O*** s'accordait avec le pianiste, repris en sens inverse sous le parfum entêtant des glycines (dont j'ai appris ce même jour aussi qu'une tradition culinaire locale (?) en faisait des beignets), et, O*** posé à temps pour son examen de solfège, posé son instrument dans la Prius, promené un peu, allé au 99 (longue conversation à propos des Leba) avant de m'asseoir sur un banc de la place François-Sicard —— le soir même, lors de la lecture théâtralisée des textes de la résidence Stéphane Bouquet, un des étudiants lisant son (beau) texte a manqué se tromper dans l'itinéraire, commencé par redire place Foire-le-Roi alors que le point d'aboutissement et d'orgue de son récit était justement la statue de Michel Colombe, en face de laquelle toujours je m'installe.

2015-04-20 17.26.15.jpgSur le banc, j'ai photographié l'exemplaire emprunté de tome 2 du Génie du lieu, déjà lu naguère mais que je voulais relire dans l'exemplaire Gallimard d'origine (j'ai le tome VI des Œuvres complètes), au titre impossible à reproduire, car ce diacritique double a sans doute été inventé par Butor ; je me suis avisé alors, en prenant la photo, que je ne m'étais jamais interrogé sur cette superposition de l'accent aigu et de l'accent grave au-dessus du u ; fainéant total, je n'ai pas encore cherché.

orange.jpgAprès un bon moment de lecture en plein soleil, je suis allé lire debout au coin de la rue des Ursulines, vu passer une dame tout à fait emblématique du quartier à cette heure-là, six enfants entre deux et huit ans, dont une, petite, qui braillait à s'égosiller et que sa mère reprenait sans cesse (Garance ! Garance !). Puis s'engouffrèrent tous les sept dans un monospace mal garé.

Un temps magnifique, qui ne va pas durer. —▬—▬— vert.jpgSur les bords de la Loire, deux saxophonistes pieds nus, à la tombée du soleil, y allant d'un duo éclatant (l'un des deux : Paul).

 

Fait marquant

Je viens de prélever, presque au hasard, dans un paquet de 33 copies de première année, sept phrases correspondant à la traduction d'un même extrait d'article. Il s'agit d'étudiants bacheliers qui ont choisi une filière spécialisée dans les langues vivantes. Ce que ce bref florilège dit de l'enseignement des langues dans notre pays, et de la valeur des diplômes (certaines copies ne sont d'ailleurs  pas si éloignées de la moyenne), je le laisse à l'appréciation de mes lecteurs.

    • "this time the most important fact is the househol are sensibly less many to consider that the unemployement gone worst"
    • "The fact more noticiable this time : households are sensitively less to think that disemployedment will keep increase."
    • "Fact the more important this time : the households are essentialy less numerousous to considerate that people without job will rease."
    • "Fact the most hitting this time : households are sensibly less several considering that unemployment is going to increase."
    • "The more important factin this way : the french people are sensibly less in total considerating that the growth in future."
    • "Most shocking fact this time households are a lot less numerous to be considered that the non-employment will rise."
    • "Fact the morest chock this time : households are sensitives less numerous to considerate that no have a work will to growth."

 

Le texte original : « Fait le plus marquant cette fois : les ménages sont sensiblement moins nombreux à considérer que le chômage va augmenter. »

11:14 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (1)

dimanche, 19 avril 2015

Île toujours

Le questionnaire est ICI.
 
  • Indulgent.
  • Les bobtails.
  • Pas de testament.
  • Non.
  • Paris.
  • Non, jamais perdu connaissance
  • Pas de rituel particulier pour mes soirées en famille, ni les rares à recevoir.
  • Oh, plusieurs motifs de vouloir gagner au loto : fonder une maison d'édition pour publier ce qui ne trouve jamais d'éditeur à mes yeux ; donner largement à des initiatives scientifiques favorables à la protection de la nature ; acheter des centaines d'hectares et en faire un sanctuaire.
  • En rien.
  • Ce que je vois : une femme nue.

 

21:37 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 18 avril 2015

Promotion sur les dictionnaires

araigné.jpg

vendredi, 17 avril 2015

Distique-zer

Comme qu'Alceste on veule fuir à un dézer

Pour n'entendir plus les lycéens dire “zer”.

jeudi, 16 avril 2015

Hohvaness

Vijag [37]. Etchmiadzin, Էջմիածին [62]. Talin, Թալին [93]. Sonate pour 1 orgue et 2 hautbois [130]. O for a Shout of Sacred Joy [161]. Bardo, བར་དོ་ [192]. 20e Symphonie [223]. Trio “Tumburu”, तुम्बुरु [264]. Fred the Cat [301]. Blue Job Mountain [340].

mercredi, 15 avril 2015

Réunion

Ç'a triste sûrement mais faut avoir crétin

D'être été allé surfé parmi les requins.

mardi, 14 avril 2015

Notation

« J'ai eu 25,5 sur 23, ce qui revient à 20/20. Donc je n'ai perdu qu'un demi-point possible en comptant les bonus. »

Comprendre le système de notation ne permet-il pas d'intégrer Polytechnique directement ?