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vendredi, 10 juillet 2020

Cigarillos, garde-boue et cache-poussière

Ce matin, je suis allé en ville à vélo, aller-retour, comme samedi dernier, histoire bien sûr d'aller plus vite qu'en bus et tramway, mais aussi de voir s'il était envisageable de me mettre à aller à la fac à vélo l'an prochain. Comme je le pensais, ce n'est guère envisageable. C'est plutôt rapide, malgré mon incurie : 19 minutes à l'aller et 22 au retour, en dépit du fait que je rame sur la bécane avenue de la Tranchée (mais cette fois-ci j'ai mis pied à terre au-delà de Mi-Côte, y a du progrès). Bon, pour cinq kilomètres en ville avec des arrêts réguliers pour feux etc. ce n'est pas glorieux, mais je pense que je finirais par gagner du temps à la marge. La vraie raison en est que j'en suis revenu épuisé (mon légendaire manque de forme physique) et donc je ne me vois pas me taper la Tranchée puis Maginot avec sa portion sans piste après une journée entière de travail. A* passe par le Pont de Fil et la rue du Nouveau Calvaire dont il m'a dit qu'elle était moins pentue et qu'il ne mettait jamais pied à terre : j'ai des doutes mais il faudra que j'essaie. Il n'est guère sportif, mais il compte 26 années de moins que moi, et autant de kilos en moins je pense.

 

Hier soir : The Good, the Bad and the Ugly. 4e fois, je crois. La dernière, c'était avec A* il y a 7 ou 8 ans, donc je m'en souvenais bien. J'aime vraiment énormément ce film, qui croise si intelligemment la reprise des motifs du western avec la guerre civile américaine. Un élément marquant est qu'il n'y a vraiment aucun personnage féminin : Leone ne fait pas semblant. Le western est un truc de mecs, donc il fait un film entièrement sans femmes. Je suppose que cela a dû faire couler beaucoup d'encre depuis 20 ou 30 ans, tant du côté des gender studies que de la critique féministe. Au risque d'être compris de travers, je dirai ici que je pense que c'est la raison pour laquelle je préfère ce film à Once Upon A Time in the West : le personnage joué par Claudia Cardinale est raté et n'apporte rien, si ce n'est sans doute la réécriture des clichés du western avec le motif de l'aventurière, de la prostituée qui avait décidé de se ranger etc. De toute manière, Leone aurait pu ajouter cinq personnages de femmes par film, il n'aurait jamais réussi le test de Bechdel. Ce n'est pas à cette aune qu'il faut évaluer ses films.

En tout cas, le côté testostérone doit avoir un sens, car pour la troisième fois devant ce film C* a somnolé, s'est copieusement ennuyée, en disant qu'une fois encore elle s'était aperçue qu'elle ne se souvenait pas de grand chose. Comme mon ami O* avait lancé ce matin un petit jeu sur Facebook consistant à résumer un film connu en une phrase de la façon la plus ennuyeuse possible, C* a proposé ceci : Trois mecs mettent trois plombes à trouver un trésor dans une tombe en se faisant des crasses.

 

Ironie encore, ou coïncidence : ma mère, qui a passé quelques jours chez ma grand-mère maternelle après que cette dernière a dû subir une opération oculaire, a fait du rangement et retrouvé une boîte de cigarillos qui remonte à l'époque où mon grand-père avait tenté de se mettre à fumer ça. Cela remonte donc aux années 70, et ils sont donc bons pour la poubelle si tant est qu'ils n'aient pas été infects dès le principe...

 

jeudi, 09 juillet 2020

Des actes, inexacts

Dernier jour de "travail" au sens le plus officiel du terme, et pourtant je ne me suis pas du tout senti "en vacances" ce soir. Il faut dire que le dernier conseil d'UFR de l'année, présidé par le nouveau doyen, a duré 4 heures, et surtout qu'il s'est déroulé selon un mode "hybride", avec une partie des collègues qui assistaient au conseil via Teams avec projection sur grand écran, et une vingtaine d'entre nous en salle des Actes : or, plusieurs collègues assis les uns à côté des autres n'avaient pas de masque, se parlaient à l'oreille etc. Nous sommes cinq à avoir gardé le masque pendant quatre heures, ce qui n'est pas confortable mais supportable.

 

Quand je pense que nous espérons (et voulons) faire une rentrée en présentiel avec des groupes de TD et de CM normaux, c'est-à-dire avec les masques mais une occupation normale des salles de classe, cela me semble mal barré. D'une part, il paraît que les gestes barrière* sont de moins en moins bien respectés, un peu partout ; c'est ce que déclarait ce matin le professeur Delfraissy à la radio ; il est donc possible que la pandémie aura recommencé à galoper avant même la rentrée. D'autre part, si nous ne sommes pas capables de respecter les mesures règlementaires minimales en conseil d'UFR, comment imaginer que les cours seront autre chose qu'un gigantesque bazar ? peut-être que non, après tout ; peut-être qu'un-e enseignant-e qui dira à la classe que tout le monde doit garder son masque sera mieux écouté-e qu'un directeur d'UFR qui, de fait, n'a rien dit, rien rappelé, pas bronché...

 

Comme j'avais fait un post Facebook sur le sujet, une des collègues qui assistait à la réunion via Teams m'a dit qu'elle avait été stupéfaite et choquée de ce qu'elle avait vu en salle des Actes...

 

 

* Je ne peux pas dire que je serai le dernier à respecter la fonction adjectivale (et donc invariable) de barrière dans cette expression, puisque, pour le coup, tout le monde a fait la faute dès le début...

 

19:32 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 08 juillet 2020

*0807*

Comme hier, il doit faire beau aujourd'hui. Je le sens dès le matin, installé pour écrire et lire sur la terrasse.

 

La rumeur des voitures, incessante au loin, sans rapport avec la tranquillité étrange des semaines du confinement...

 

Les peintres, avec leur fourgonnette rouge, sont de nouveau chez les voisins du 14. Il y a un mois, quand B* m'a remis les deux gros colis arrivés en notre absence, elle m'avait dit qu'il y en avait "encore pour une bonne semaine".

 

Appels de tourterelles atterrissant sur des toits, battements d'ailes de merles, cajoleries des pies. Ce ne sont pas encore, à vrai dire, les vacances.

 

Une manière simple de tenir ce journal, sans se creuser les méninges, serait de commenter ou poursuivre une précédente entrée. Le substantif entrée ne s'en trouverait-il pas, d'ailleurs, resémantisé ?

 

09:49 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 07 juillet 2020

"agir non agir"

Première vraie journée d'été, pas franchement caniculaire... toujours ce vent...

 

Beaucoup lu. Je poursuis la lecture, linéaire, j'y tiens, de La Sauvagerie. Je ne suis pas encore en mesure d'écrire quoi que ce soit au sujet de ce livre dont je ressens très fort qu'il s'agit d'un poème qui va me marquer durablement, devenir un de mes classiques incontournables, toujours remis sur le métier. On peut lire le long méandreux article que vient de lui consacrer Auxeméry (un des 49 co-auteurs du livre, d'ailleurs), mais je pense que le mieux est, à condition d'aimer lire de la poésie, de se procurer le livre de Vinclair.

[Je préfère la recension de Tristan Hordé, qui m'apprend que Vinclair publie simultanément un essai intitulé Agir non agir.]

 

Avant-hier j'ai commencé la lecture de Comorian Vertigo, qui me plaît moins que les deux autres livres de Nassuf Djailani chroniqués samedi dernier. C'est un roman, mais de bric et de broc, il semble.

Avant-hier j'avais aussi commencé à me plonger dans les deux gros "Quarto" rassemblant les quatre livres de Paul Bénichou ; aujourd'hui, j'ai beaucoup avancé dans Le Sacre de l'écrivain. Même si une partie de la démonstration m'intéresse modérément, en matière d'histoire littéraire, je ne lis pas trop en diagonale car je veux être sûr de ne pas manquer les articulations principales. Or, les pages sur l'illuminisme, sur Senancour ou sur Lamartine sont difficiles à extraire, ou à abstraire.

 

Soir : Wild At Heart, que je me rappelais mal, et qui est de fait, un petit Lynch. Difficile d'imaginer comment ce film a eu la Palme d'Or. Cage y est excellent, mais tout y est un peu surdéterminé, excessif aussi. Je crois que quelque chose m'échappe.

 

lundi, 06 juillet 2020

Mulholland Drive, évidemment

Hier soir, nous avons revu Mulholland Drive, avec les garçons. Je l'avais vu au cinéma à sa sortie, et je n'en avais qu'un souvenir assez général, ou vague : pas mal d'éléments de l'intrigue m'étaient sortis de la mémoire. À l'époque, j'avais trouvé le film moins bon que Lost Highway ; plus surfait, plus kitsch aussi. J'ai revu deux fois Lost Highway depuis, et je maintiens que c'est un grand film. Mulholland Drive est certainement beaucoup plus riche en détails et en doubles fonds, mais c'est aussi sa limite : en fin de compte, le film n'a de résonance durable que par les articles critiques qu'il suscite, ou par les interrogations herméneutiques du spectateur, surtout a posteriori d'ailleurs. Le principe même de mise en abyme y est à peu près impossible à circonscrire : la clocharde/Mort tient une boîte qui peut représenter le cinéma ; le cinéaste et Mr Roque représentent deux facettes opposées de l'art cinématographique ; la lampe du corral s'allume et s'éteint selon que le cowboy s'approche ou s'éloigne ; la femme en bleu qui lance Silencio juste avant le générique de fin est celle qui détient le final cut (comme Kesher ? comme Lynch ? ou comme le mafieux italien, interprété justement par le compositeur du film ?).

 

Et, de fait, j'ai passé une bonne partie de la journée à réfléchir, à ruminer sur tel ou tel point d'achoppement. Ce qui me plaît, au fond, outre que le côté kitsch est totalement incorporé à l'intrigue et qu'il est le fait de la capacité de Diane à (se) fantasmer, c'est que l'hypothèse majoritaire, selon laquelle toute la première partie n'est que le rêve de Diane Selway interprétée par Naomi Watts dans la seconde partie, ne fonctionne pas tout à fait. Le film de Lynch n'est pas incohérent, et il répond bel et bien à l'articulation rigoureuse de logiques disparates voire contradictoires. Il y a néanmoins des pièces étrangères au puzzle principal, des faits ou des scènes qui ne collent pas.

 

Certains de ces éléments sont

  • les trois tenues différentes de Diane au moment du suicide, de Diane à son réveil et du cadavre de Diane découvert par Betty et Rita

 

  • le dialogue entre le tueur et la prostituée blonde (je n'ai pas retrouvé la scène sur YouTube, il va falloir que je reprenne le DVD)

 

  • la séquence placée entre l'ouverture de la boîte bleue et le réveil de Diane et dans laquelle on voit la tante Ruth inspecter la chambre entièrement vide

 

  • le club de golf (qui n'est pas l'attribut du cinéaste à seule fin de rappeler le pétage de plombs de Jack Nicholson dans la vraie vie, puisqu'Adam Kesher se promène avec ce club de golf tout au long de la première partie)

 

  • et surtout les deux images en surimpression brillante de Betty avec le vieux couple au début, et avec Rita-en-blonde juste après le suicide de Diane.

 

Si on s'en tient à l'hypothèse majoritaire, ces deux images sont extérieures au rêve de Diane, alors qu'elles correspondent en tous points à la mise en scène de la première partie.

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Surtout, l'interprétation rationalisatrice selon laquelle Diane a voulu devenir actrice après avoir gagné un concours de jitterbug (c'est ce qu'elle explique à la mère d'Adam dans la seconde partie) et que c'est cela qui est représenté dans la scène de danse du début ne tient pas. En effet :

  • cette scène est filmée d'une manière irréaliste, comme dans un théâtre de marionnettes ou de papiers découpés

 

  • c'est bel et bien Betty, et non Diane, qui apparaît radieuse, et en surbrillance, à la fin de cette scène

 

  • Betty y est seule, puis accompagnée du vieux couple, alors qu'un concours de jitterbug (on songe bien sûr à Saturday Night Fever et à Pulp Fiction) implique un couple

 

Comme le couple heureux formé par Betty et Rita blonde (donc "bettysée") à la fin, le triomphe lors du concours de jitterbug est une des affabulations... de qui d'ailleurs ? car, si on en conclut que même la seconde partie ne donne pas de clé homogène et cohérente, la question même du point de vue s'opacifie. L'hypothèse majoritaire tend à expliquer que la seconde partie est filmée en suivant le point de vue de Diane, et que la longue première partie (le "rêve", donc) est le rêve de Diane s'imaginant en jeune première promise à toutes les réussites. Si tel est le cas, Diane se fantasme continuellement seule, ou accompagnée de vieux dont on ne saura jamais qui ils sont, sauf à la fin, avec son double schizophrénique (cf Lost Highway).

Mais si finalement ces différentes séquences incompatibles nous ramenaient à l'évidence même, c'est-à-dire que le seul regard réel est celui du spectateur ou de la spectatrice ? que c'est nous qui voyons ce que nous voyons ? tous les détours labyrinthiques de l'emboîtement narratif complexe ne renverraient, in fine, qu'à cette tautologie... Qui affabule le concours de jitterbug ? n'est-ce pas le spectateur qui veut absolument faire fonctionner cet "indice" ?

En fin de compte, cette tautologie débouche sur un axiome interprétatif pas si évident que cela : Mulholland Drive, en représentant des projections fantasmatiques répondant à des logiques contradictoires, appelle les interprètes à être piégé-es par leurs propres centres d'intérêt, biais ou marottes. Ainsi, je pourrais proposer une lecture très riche de ce film du point de vue de l'histoire culturelle afro-américaine, mais est-ce que cela ne correspond pas surtout à un de mes biais ?

[Pour diverses autres interprétations de ces deux scènes, cf ici.]

 

Entre autres petits accrocs qu'il faudrait approfondir (c'est-à-dire qu'il faudrait que je cherche qui a déjà écrit à ce sujet, car le film a évidemment suscité des milliers de pages d'analyses (et je n'ai pas tout lu aujourd'hui, lol)), il me semble que la vue aérienne et nocturne de la mégapole à la fin ne correspond pas à Los Angeles et Hollywood (les arches rouges rappellent plutôt le Golden Gate, autre image du passage dans l'au-delà) ; je crois aussi que les termes mêmes de l'expression jitterbug contest appellent une réinterprétation sémiologique. (Pour ce qui est des éléments culturels liés à la naissance de cette danse et des éléments intertextuels avec The Wizard of Oz, autre point d'ancrage essentiel de la façon dont Lynch traite du désir et du fantasme dans Mulholland Drive, l'article JITTERBUG de la WP anglophone est très éclairant.)

 

dimanche, 05 juillet 2020

Tout fait boucle

Levé tôt, cinq heures. Peut-être que ça repart comme en mars-avril, dans les premières semaines du confinement. Peut-être d'ailleurs que la pandémie elle-même va se réaccentuer : la Catalogne reconfine la région de Lerida, quelques clusters se renforcent en France, sans parler bien sûr de la catastrophe sanitaire au Brésil ou aux Etats-Unis... Personne ne parle de l'Inde, dont les statistiques me paraissent absolument invraisemblables, au vu de l'état sanitaire et de la surpopulation du pays.

 

* * * * *

 

Hier soir, fini de lire La saison de l'ombre de Léonora Miano. Cela fait des années que je "tourne autour", selon la formule consacrée, de l'œuvre de Léonora Miano, et j'ai fini par franchir le pas, après avoir lu le bel essai d'égo-histoire de ma collègue Maboula Soumahoro : j'ai emprunté une demi-douzaine de livres de Miano pour l'été. La saison de l'ombre est un roman en cinq parties, très bien structuré, très architecturé, mais ni classique ni baroque, et dont le sujet est le début de la traite transatlantique, vu du point de vue d'un village qui se trouve soudain attaqué par une ethnie voisine.

Si j'animais un séminaire de littérature africaine, je crois que je donnerais à lire ce livre aux côtés du classique Things Fall Apart, pas seulement ni même principalement pour la question de la réappropration historique, mais aussi pour la construction, pour le point de vue alternant entre personnages féminins et masculins, pour le décentrement aussi en matière de système philosophique et religieux. Je pense, entre autres, que ce roman de Miano doit permettre de décentrer la doxa africaniste de son attribution du statut de monument indiscuté à Things Fall Apart. Le premier roman d'Achebe permet de repenser la colonisation, tandis que le récit de Miano narre la traite négrière de biais. Ce qui est très fort, c'est la manière dont Miano ne dépasse jamais l'ignorance historique des protagonistes, et dont elle joue sur les connaissances supposées du lecteur impliqué.

(Sur le sujet, je recommande cette belle conférence d'Olivette Otele.)

Peut-être devrais-je inventer une forme vidéo, totalement désinstitutionnalisée, de ce séminaire de littérature africaine auquel je pense souvent mais que je n'enseignerai jamais dans mon université.

 

* * * * *

 

Comme le livre de Miano est un emprunt à la B.U., je devrais en parler un jour dans la série de vidéos je rends des livres, si ce n'est que je l'ai interrompue depuis novembre dernier. Hier, je m'interrogeais sur la poursuite éventuelle de l'autre grande série de bavassages littéraires, je range mon bureau... Ce n'est pas la fin de l'année qui incite à ces atermoiements, car je me suis interrompu dans le grand Projet Scarlatti il y a trois mois désormais, et j'écrivais déjà le 18 janvier dernier dans ces carnets : "Et comment se remettre à Pinget ?".

 

* * * * *

 

Je ne l'ai pas noté ici, mais la nouvelle majorité municipale a pris ses fonctions avant-hier, avec deux collègues que je connais un peu pour l'une (Annaëlle Schaller), mieux pour l'autre (Elise Pereira-Nunes est aussi une ancienne étudiante, et je la connais depuis 2006), toutes deux désormais adjointes au maire Emmanuel Denis. J'espère qu'une mairie verte va pouvoir montrer la voie sur un certain nombre de sujets.

 

samedi, 04 juillet 2020

Pentes et sentes

Levé tôt, fatigué. Me suis senti un peu comme ci comme ça toute la journée.

 

En fin de matinée, je suis allé en ville en vélo, pour la première fois. Cela m'a permis de voir qu'il me faudrait 17 minutes si je comptais me rendre l'an prochain au travail en vélo (au lieu de 25 minutes environ à pied et en tramway), et plutôt 25 minutes au retour (j'ai mis pied à terre à mi-côte, avenue de la Tranchée, mais c'est parce que je n'ai pas pris l'habitude de grimper).

 

 

 

Après bien des tergiversations, j'ai aussi fini par enregistrer, en trois temps, la vidéo n° 62 de je range mon bureau. Vu le nombre de livres qui s'étaient accumulés, j'ai été contraint de les expédier, de parler de chacun en trois minutes voire moins, à l'exception des Hommes qui me parlent d'Ananda Devi ; j'ai considérablement abrégé le temps de bavassage en ne lisant que peu d'extraits (Woolf, Devi et Thörn seulement).

Je parle de bavassage, et je parle de tergiversations : en effet, je crois que j'ai fait le tour de ce format, que je n'en vois plus trop l'intérêt. Mon seul problème est que, si je ne fais plus ces vidéos, je ne garderai plus trace, pour moi-même, des livres que je lis, et qui s'empilent sur les étagères. Un ami, avec qui j'ai pris un verre ce midi justement, et qui a acheté plusieurs livres suite à ces chroniques filmées, publie des extraits des livres qu'il lit sur Facebook : moins chronophage que le billet de blog, cette pratique est peut-être ce qu'il me faut désormais.

 

vendredi, 03 juillet 2020

Le Jour ni la Loire

Aujourd'hui, journée calme et tourangelle. Tout de même allé à l'université, en voiture. Les lieux sont plus déserts et étranges que jamais.

Soir : trois épisodes de Peaky Blinders (2 à 4 de la saison 3).

 

On n'a pas encore eu, à l'exception de deux ou trois journées il y a une semaine et demie, d'été. Pas de chaleur, pas de lecture tard le soir à la lueur des bougies à la citronnelle. Il fait frais le soir, il fait froid le matin. C'est n'importe quoi.

 

23:37 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 02 juillet 2020

Le Jour ni l'Epte

Plutôt mauvaise nuit, courte surtout : ah, les hôtels...

Cette nuit, j'ai été réveillé, mais je ne saurais dire à quelle heure (ni C* ni O* ne l'ont entendue) par une femme qui a parlé très fort au téléphone, dans l'escalier ou sur le palier peut-être; je n'ai retenu qu'une histoire de chauffe-biberon, mais, sur le coup, avant de replonger, j'aurais pu réciter les deux ou trois phrases vociférées.

Vernon : failli vomir en tombant sur la permanence de l'immonde Claire O'Petit.

 

Giverny, jardins et maison de Monet, 2 juillet 2020   Matinée à Giverny : jardins et maison de Monet, que je me rappelais très bien, et en particulier les nombreuses salles avec les estampes japonaises, de Hiroshige, Utamaro et Kōrin, qui nous avaient déjà émerveillés, alors (1998 ? (nous étions venus là, en octobre, depuis Beauvais)). Avec le Covid19, un seul sens de circulation possible, et difficile donc de profiter vraiment du bassin aux nymphéas. Bizarrement (ou pas, d'ailleurs), c'était presque plus calme dans la maison.

Il est étrange que la rue centrale de Giverny soit devenue exclusivement piétonnière, ce qui est très bien, mais que les autorités n'aient pas trouvé un moyen de rendre pareillement inaccessible au trafic routier la route qui sépare le bassin et ses alentours de la maison avec son potager réaménagé en jardin fleuri : quand passe un camion bringuebalant, à trois mètres, il est difficile d'admirer le fameux pont si souvent peint par Monet en s'imaginant en 1893...

 

Pique-nique au Cormier, sur une très grande place gazonnée et semée de pommiers, avant de passer par la commune de Le L'Habit... je n'invente rien.

Nous avons "coupé" le chemin de retour en faisant halte à Bonneval, la "Venise beauceronne" ; je ne peux rien dire de désagréable ou de négatif, n'est-ce pas, n'étant jamais allé à Venise...

 

mercredi, 01 juillet 2020

Le Jour ni l'Eure

Aujourd'hui, nous sommes partis pour deux petites journées, même pas, avec O* seulement, afin de lui montrer Giverny, but ultime du voyage (mais ce sera pour demain). J'ai beau éviter systématiquement , autant que faire se peut et quand on baguenaude, les autoroutes, je dois reconnaître que les routes de Châteaudun à Chartres, puis de Maintenon à Evreux ont de quoi décourager. Il y a toute une partie de la Beauce, puis des abords de la Normandie, où il y a un village tous les deux kilomètres, sans compter les poids lourds, les déviations, les travaux etc.

 

Chartres, mercredi 1er juillet 2020   À onze heures, nous étions donc à Chartres : promenade dans la ville (qui compte seulement 38.000 habitants, ce qui est étonnant), et bien sûr la cathédrale. Je ne me rappelais pas du tout le belvédère derrière le chevet, mais notre seule visite remontait à 1999. Je ne me rappelais pas trop la ville, au point que je crois que nous avions eu du mal à nous garer et n'avions visité que la cathédrale.

L'après-midi nous avons visité la Maison Picassiette, qui est une curiosité, vraiment à voir. Le quartier où vivait le cantonnier Raymond Isidore ne s'est guère amélioré, sans doute, depuis les années 50 : grand jardin public boisé et à l'abandon, mais non sans charme, immeubles bas et maisons de ville-champignon, bagnoles passant a hum de caillaous sur la fameuse rue du Repos (quelle antinomie dans les termes même). Le cantonnier, qui avait probablement un grain, avait aussi un solide talent de composition pour toutes ses mosaïques, et même pour leur agencement : les salles ou cours sont très réussies ; par contre, dès qu'il s'avisait de peindre, courage, fuyons.

 

Le château de Maintenon, que j'ai dû visiter avec mes parents en 1983, au retour d'Autriche, en allant vers Chicheboville (mais peut-être que je me trompe de date), est sublime : le coup d'oeil, la structure globale du château, sa façade et sa cour intérieure ; le parc, bien sûr, avec les lambeaux majestueux de l'aqueduc et l'allée de tilleuls ; mais aussi les intérieurs, meubles et décors (ces papiers peints de style chinois !), la grande enfilade de l'étage, le balcon... Très frustrant de devoir circuler assez rapidement en raison de la réglementation liée à la pandémie de Covid19. Heureusement, dehors, malgré les averses soudaines, aucune restriction, sauf ma lombalgie qui m'a fait un mal de chien.

 

Evreux était la ville idéale pour passer la nuit sans se ruiner, et pour une visite en coup de vent tout en cherchant un restaurant : après Lisieux avec A* il y a cinq ans, il semble que j'aie le chic pour dégotter ces villes à la fois endormies et déshéritées. On tentera de se rappeler que c'est l'Iton, et non l'Eure, qui coule à Evreux.

 

mardi, 30 juin 2020

Collé à la semelle

Depuis hier, j'ai de nouveau le moral dans les chaussettes, pour user d'une expression désuète. Ces sautes d'humeur sont vraiment pénibles. Et cela en dépit du fait qu'il n'y a pas de vraie raison fondamentale, et même qu'A* a passé avec succès l'examen national du code et que les résultats des élections municipales ont plutôt de quoi me réjouir.

 

Ce matin, je participerai à une soutenance de mémoire de M2 ; je croyais avoir lu ce mémoire pas assez attentivement, mais au moment de mettre en ordre mes notes prises au fur et à mesure sur divers supports, je me suis aperçu que ça représentait plus de 10 pages sans interligne. Comme si (et même pire que si) j'allais participer à une soutenance de thèse. 90% des ces remarques resteront sur le papier, pour personne. Il faut dire que les étudiant-es de Master ont de plus en plus tendance à remettre des mémoires plus longs que la norme, et même parfois aussi denses conceptuellement que des thèses de doctorat.

 

D'où me vient l'impression de n'avoir rien fait du mois de juin ?

Ce n'est pas qu'une impression, mais la multiplicité des petites et grandes tâches universitaires explique aussi cela, probablement.

 

Même l'été, sans parler des effets étranges de la période post-confinement, sera haché, hachuré.

 

07:09 Publié dans *2020*, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 29 juin 2020

Quels univers

Pas envie de faire le point sur le second tour des élections municipales. Beaucoup de choses écrites, beaucoup d'avis échangés sur les réseaux sociaux... Toujours est-il qu'entre tous les benêts incapables de sortir d'une logique productiviste et de comprendre la réelle gravité de l'urgence climatique, notamment, et les critiques de l'écologie politique qui prétendent qu'elle est déconnectée des classes populaires et n'est voulue que par des bobos surconsommateurs en plein paradoxe, on en lit, des âneries peu encourageantes.

 

Commencé en famille la saison 3 de Peaky Blinders. Comme souvent pour moi, la lassitude ou la monotonie commence au bout de deux ou trois "saisons", et ce même s'il n'y a que six épisodes par saison.

 

Samedi soir : Roubaix, une lumière de Desplechin. Les films de Desplechin sont de plus en plus décevants, ce n'est pas peu dire. Roschdy Zem est excellent, mais comment peut-on admirer ou récompenser quelqu'un qui joue bien un rôle aussi mal écrit ?

 

dimanche, 28 juin 2020

Jour d'élections

Aujourd'hui, c'est le second tour des élections municipales, plus de trois mois après le premier. Comment ce décalage et le choix même de cette date de second tour, à l'orée des vacances d'été, vont-ils influer sur les résultats ? J'espère qu'à Tours le ballottage favorable de la liste d'union de la gauche menée par un candidat écologiste sérieux et vraiment de gauche, Emmanuel Denis, va se confirmer dans les urnes.

 

Réveillé très tôt, peut-être par l'inquiétude subite de ne pas avoir entendu A* rentrer, je consulte mon téléphone et, ouf ! un SMS : il a préféré rester crécher chez F*, une amie chez qui avait lieu la soirée, plutôt que de devoir prendre le dernier tramway.

 

Cela me donne l'occasion, pour la première fois depuis un petit moment, d'écrire dans ce blog alors que toute la maisonnée dort. Et aussi, hélas, de lire des articles et des articles, qui, tous, me rendent plus pessimiste et me noircissent l'âme. Venir geindre ici, ensuite, que je me trouve nul de laisser à l'abandon la plupart de mes projets vidéo ou d'écriture, n'a quasiment aucun sens. Je ferais mieux de prendre au pif n'importe quel bouquin qui m'entoure et d'en dire quelques mots. Ce ne sont pas les exutoires qui manquent.

 

Pourtant, je vais plutôt reprendre le mémoire de M2 dont la soutenance aura lieu mardi.

 

05:47 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 27 juin 2020

Aphorisme

Je ferais mieux de travailler lambiner plutôt que de m'activer m'activer.

 

vendredi, 26 juin 2020

Demain dès l'aube...

Quelques distiques inachevés, suite à un jeu sur Twitter...

 

 

Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la beubar

Je ferai un discours.

Victor Vitiligo.

 

 

 

Demain dès l'aube, à l'heure où jaunit le montagne,

Je rongerai.

Victor Mulot

 

 

Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Tu repiocheras 4 cartes.

Victor Uno.

 

 

Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je démazouterai.

Victor Cargo.

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je communierai.

Victor Bigot.

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je me mettrai au point mort.

Victor Stop'N'Go

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je composterai.

Victor Diligo.

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je te collerai aux dents.

Victor Berlingot

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Dis, tu vas la pousser ta poubelle, eh connard ?

Victor Parigot

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je pèterai.

Victor Fayot.

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

J'écrirai une merde.

Victor Musso

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je lècherai.

Victor Miko

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Ça caillera.

Victor Frigo

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Tu les aimes, mes seins ?

Victor Bardot

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Remets-moi la même !

Victor Poivrot

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai pour le Tourmalet.

Victor Hinault

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

On verra bien.

Victor Impro

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je pâtirai.

Victor Parano

 

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Fuck the fuckin' shit.

Victor De Niro

 

jeudi, 25 juin 2020

Fin d'année étrange, queue de comète

Avant-hier, l'étudiant de M2 dont je dirigeais le travail, Louis P*, a soutenu, et de fort belle façon. Il a obtenu la note de 18, en raison de sa présentation en anglais, de la solidité argumentative et conceptuelle de son travail, aussi en raison des progrès manifestes qu'il a faits en traduction ; il est étudiant en philosophie à l'origine et a d'ailleurs enseigné comme contractuel cette année en lycée. Ce M2 en études anglophones est un vrai jalon, une vraie preuve d'un transfert réussi dans un domaine qui n'était pas le sien, et qui l'aidera, j'en suis certain, à poursuivre sa spécialisation sur les auteurs du Scottish Enlightenment.

 

Cette soutenance a été l'occasion de reprendre corps avec le travail in situ : à l'exception de S., resté à Paris et qui a participé au jury via Teams, nous étions, les 3 autres membres de jury et le candidat, en salle 36, non loin de mon bureau. Impression étrange, car tous les secrétariats refonctionnent de façon normale, avec gel hydroalcoolique et masques bien entendu, mais le site semble plus déserté que désert.

 

Mardi prochain, la prochaine soutenance de M2 à laquelle je participe, pas en tant que directeur de recherche cette fois-ci, aura lieu via Teams car les horaires et les tarifs de la SNCF sont d'une complication invraisemblable. Heureusement qu'on peut travailler ainsi, tout de même.

Ma collègue, c'est Maboula Soumahoro, dont j'ai enfin pu lire le livre dernièrement, et j'aurais aimé échanger avec elle à ce sujet avant d'en parler dans ma prochaine vidéo ; nous passerons sans doute par un appel vidéo, qui peut être aussi enrichissant. On n'a pas idée de la puissance de dénégation des formes de racisme systémique, et ce ne sont pas les imbéciles ou les salauds (y compris et surtout qui se croient de gauche) bêlant contre les fractures de l'unité républicaine ou du pseudo-universalisme qui pourront inverser désormais la force de la preuve.

Ainsi, en sus des réunions en visio (CSDP, jurys...), je suis en train de consacrer une partie de mes journées à lire attentivement le travail de l'étudiante, qui résonne avec bien des débats actuels sur le prétendu communautarisme des militant-es antiracistes, et avec le très beau texte de Léonora Miano hier dans Le Monde.

 

mercredi, 24 juin 2020

*2406*

Les notes de sax résonnent dans la maison.

Il y avait longtemps.

A* avait emporté son saxophone avec lui à Rennes en août et avait dû le laisser là-bas quand il s'est confiné ici ; nous l'avons rapporté lors de notre brève virée rennaise il y a dix jours.

Visiblement (audiblement) il improvise sur la grille de Viva La Vida!

 

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Ce matin, passé deux heures chez l'orthodontiste pour un énième rendez-vous. O* est désormais débarrassé de son appareil mais doit porter un positionneur jusqu'au prochain rendez-vous, au début de l'automne.

 

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Première vraie journée de chaleur estivale : je vais aller participer à ma réunion de CSDP via Teams dehors.

 

mardi, 23 juin 2020

Once Upon A Time in the West

Ce soir, revu, avec les garçons qui le découvraient, Once Upon A Time in the West. C'est vraiment un film magnifique, et je pense que je pourrai les convaincre à présent de regarder The Good, the Bad and the Ugly. À signaler au chapitre des trous de mémoire en raison d'une jachère de 25 ans depuis le premier visionnage, je n'avais aucun souvenir du personnage de Cheyenne, joué par Jason Robards, qui se trouvait avoir mon âge au moment du tournage, ce qui ne manque pas de me faire remarquer, certainement par aveuglement et illusion sur la tronche que je tire en vérité, qu'il a l'air beaucoup plus âgé que moi.

 

Un simple détour par l'article de la WP anglophone semble montrer que les citations de (voire emprunts directs à) westerns antérieurs sont légion, par exemple à Johnny Guitar, que j'avais adoré enfant et que j'ai trouvé soporifique au possible en le revoyant il y a une dizaine d'années avec A*, ou encore à The Man Who Shot Liberty Valance, que je ne crois pas avoir vu.

 

Il y a bien entendu, mais cela va sans dire, la musique d'Ennio Morricone, mais le son, de manière générale, est primordial : ainsi du bruit de l'hélice dans la première scène. Ce sont les variations extraordinaires sur la perception de ce bruit qui marquent la multiplicité des points de vue : il faudrait montrer ce plan en entier en introduction à tout cours de narratologie sur la polyphonie narrative.

 

lundi, 22 juin 2020

Treize kilomètres

Ce matin, avant midi, je suis allé en vélo jusqu'à Chanceaux-sur-Choisille, en faisant un petit tour de la bourgade, et avant de rentrer, passablement essoufflé : je ne suis pas du tout sportif et ai décidé de me mettre (on ne peut même pas dire remettre) au vélo, qui, visiblement, tape moins sur mon arthrose et mes tendinites chroniques que la marche ou, surtout, que le piétinement. Il faut que je trouve mon rythme, mais c'est plus agréable qu'un abonnement en salle de sport (ça, c'est vraiment exclu) ou que du vélo d'appartement.

 

En tout cas, treize kilomètres en 45 minutes, c'est absolument lamentable... et je n'aurais pas pu en faire cinq de plus... Mais c'est bien agréable.

 

14:10 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 21 juin 2020

*2106*

Aujourd'hui, c'est l'été, à moins que ce fût hier.

 

Je me rends compte que je sature, de tout. Hâte d'être en vacances, de passer un mois -- si possible -- à ne rien faire de strictement apparenté au boulot. Soutenances de M2, colles d'agrégation, polémiques stériles entre collègues, lectures ciblées... je sature...

 

Des sortes d'angoisses diffuses m'ont réveillé tôt ce matin, puis tenu éveillé, bougon et maussade. Le travail me pèse. Il paraît que l'épidémie de Covid19 repart de plus belle, mais je ne trouve pas les sources de cette information.

 

07:30 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 20 juin 2020

Virée au Lude

P1260450.JPGAujourd'hui, promenade en famille au Lude, avec visite du château et de ses jardins, des bords du Loir. La dernière fois, c'était en septembre 2005 avec A*, qui avait quatre ans. Je me rappelle aussi avoir assisté, en 1994, à une représentation du son & lumières, dont, paraît-il, mes grands-parents paternels parlaient souvent. Par contre je n'avais aucun souvenir des "jardins de l'Eperon", avec le petit pseudo-labyrinthe ; peut-être n'ont-ils été aménagés et ouverts à la visite que récemment...

Au retour, nous avons cherché vainement le site archéologique fléché depuis la route, mais après, nada. La route par La Chapelle aux Choux (ça ne s'invente pas) est très jolie, d'ailleurs. Le prieuré de Lavaray était (encore (et toujours)) fermé.

 

vendredi, 19 juin 2020

*1906*

Donc l'un des deux néfliers n'est plus. Aujourd'hui, il faudra percer des trous dans la souche pour lui injecter je ne sais quel produit permettant de l'éradiquer sans dessoucher.

 

Ces temps-ci je traverse une phase totalement désabusée : rien ne me semble avoir de sens, et rien ne semble valoir la peine de se remuer. Cela passera, sans doute, mais ce n'est pas agréable.

D'ailleurs, je ne continue plus aucun de mes Projets.

 

Hier midi, déjeuner à l'excellent restaurant éthiopien, le Karamara. Vu, dans le jardin de la Préfecture, les 5 statuettes représentant des personnages de Balzac en costume contemporain (Rastignac sur son téléphone portable etc.). Ce n'est pas bien malin, et plutôt laid.

Entre deux averses torrentielles, détruit le muret sous le perron avec mon père, et fait deux allers-retours à la déchetterie.

Le soir, nanard (drôle) : Johnny English Returns.

 

jeudi, 18 juin 2020

*1806*

Aujourd'hui, on a 28 ans (avec l'épaule gauche en capilotade, en ce qui me concerne).

 

Aujourd'hui aussi, hélas, on fait abattre le néflier proche de la cuisine, car ses racines ont crevé une canalisation, de sorte que nous nous sommes aperçus très tardivement d'une fuite d'eau bien coûteuse, le mois dernier. Pas d'autre solution que de le faire abattre puis de l'éradiquer. Cela me rend très triste.

 

07:55 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (2)

mercredi, 17 juin 2020

*1706*

Mes parents sont arrivés en début d'après-midi, en nous apportant des meubles et divers objets de Hagetmau. D'ici septembre, normalement, il faudra avoir vidé la maison.

 

Nous nous sommes embrassés, malgré tout ; on ne s'était pas vus depuis quatre mois...

 

18:35 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 16 juin 2020

Médailles

Grande manifestation des “soignant·es” comme on dit désormais, et, comme l'ont souligné pas mal de personnes, on est passé très rapidement des applaudissements tous les soirs à huit heures aux lacrymos et aux coups de matraques dans la gueule. De quel droit ces gens réclameraient-ils autre chose que des applaudissements et des médailles, hein ? Quelle outrecuidance...

 

Il va de soi qu'il faudrait recruter et investir massivement pour l'hôpital public, en payant enfin toutes les heures supplémentaires en retard et en réduisant le temps de travail hebdomadaire réglementaire. Cela serait possible avec seulement une fraction du pognon de dingue dépensé en pure perte dans le CICE.

Gouverner, c'est choisir, n'est-ce pas.

 

À la marge je m'étonne de voir que des militants qui se disent communistes et prolétariens et qui se plaignent que les sujets “sociétaux” accaparent le débat à gauche ne partagent jamais, sur les réseaux sociaux, d'articles sur 'hôpital public ou sur la mise en coupe réglée de l'Université, et que, même ces jours-ci, ils n'ont, pour tout potage, que leurs cris d'orfraie face aux antiracistes et au communautarisme. Ces gens qui se croient plus de gauche que n'importe qui d'autre car ils représente(raie)nt le peuple ont définitivement sombré dans les marottes des Zemmour et autres identitaires, à qui ils déroulent le tapis rouge sept jours sur sept.

 

20:24 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 15 juin 2020

Cadavres exquis du 12 juin

en famille, à Rennes

 

Le gros Nekfeu quémande une bouche de poisson dans la mare aux canards.

 

Le rouquin Jean-Patrick, rose, calfeutre Jean-Michel L.-B. tout autour de l'Australie.

 

Le logiciel Genially, jaune, excitait un pottok et une biquette dans la jungle.

 

Mme R., qui souffre d'encoprésie, empeste le thermostat électronique aux grottes de Rocamadour.

 

La passoire claire trépane des prunes dans la poubelle de la voisine.

 

Le chalutier débile refoule une pizza à l'ananas afin de gagner la course.

 

Le rhinocéros maigrelet dévorait des merdes de chien chez mon grand-père.

 

Le barman grisonnant devient les chaussettes mouillées dans le garage.

 

La blogueuse beauté pétomane dévore de l'emmental pouce en l'air dans la merde.

 

Madame la Vouivre, boiteuse, dévore un manteau avec Benjamin Griveaux.

 

Le beau suidé citronné a acheté quelques carottes par un matin d'hiver.

 

Quatre ragondins bipèdes grandiloquents ont réparé un corniflard Marque Repère au fond du lavabo sale.

 

Burokratz le vampire, jaunâtre, a boudigué mon cagoince avec des sacoches de vélo fleuries.

 

Le masque chirurgical goguenard a payé un bidon d'essence comme une vieille infecte.

 

Ninog affolée poignardera mon jus de chaussettes sur une Harley Davidson.

 

Le redoutable Gilles Le Gendre remarque de la pralinoise au lycée Vaucanson.

 

Le professeur de maths taquin démembre un blindeur chauffant dans un coffre-fort.

 

La raie pastenague, toute nue, déloge une tronche de faf dans le cartable de mon frère.

 

Les Bretons fort poilus urinaient du linge de maison au fond de la fosse à purin.

 

Le nabot rabat-joie broute une moustache ridicule chez Jean-Baptiste Poquelin.

 

Aya Nakamura pâle comme un cul a consommé un coloriage anti-stress en crachant un glabiot.

 

La principale tuberculeuse a déféqué les maquereaux dans un bouiboui.

 

Le gigolo qui pue risque de débigoincer la statuette Baoulé dans le camping-car Chausson.

 

Le chien atrabilaire mord des merdes de chat à minuit.