jeudi, 27 novembre 2014

Violons pour L’Uræus

 Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Alechinsky – lui dont les belles planches pour le Traité des excitants modernes de Balzac m’ont tant ému – ne s’est pas trop foulé pour illustrer (encadrer ? ses traits violets servent en effet de marges aux poèmes de ce bref recueil)  L’Uræus de Salah Stétié. Les traits du premier poème sont très dynamiques, avec trois fois rien Alechinsky invente un monde ; et puis après, on a l’impression qu’il s’est désinspiré.

(Ce n'est pas la page que j'ai choisie comme illustration de ce billet. Ici ↓ je reprends le poème dansé/dansant.)

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Il a résisté à la tentation de dessiner ou d’évoquer des cobras (l’uræus est, je l’apprends à cette occasion, le cobra femelle (pas une seule occurrence de ce mot dans l’ensemble des textes intégraux mis en ligne sur le site Latin Library (!??))), tout comme Stétié n’explicite guère son titre. Certains poèmes sont très forts, prenants, résonnent. Il y a au moins un choix de préposition que je ne comprends pas :

Des enfants pourtant crient sur un préau d’école

ils vivent tous sur un seul grain de sable

échappé

 

Le premier sur est-il appelé par le second ?

Beau mot, en tout cas, que préau, peu présent en poésie ni prose. Citons seulement Les Misérables : « La première chose qui le frappa dans ce préau, ce fut une porte du seizième siècle qui y simule une arcade, tout étant tombé autour d'elle. »

 

mercredi, 26 novembre 2014

Féminin évanescent

En moins de dix minutes, sur France Info, j’ai entendu la même faute, de la bouche de deux historiens. Le premier historien, qui a découvert un exemplaire du First Folio dans les réserves de la bibliothèque de Saint-Omer, a déclaré que l’exemplaire en question se trouvait actuellement dans une salle « à taux d’hygrométrie constant, à température constant ». L’historienne interrogée ultérieurement, auteure d’un ouvrage sur le mont-de-piété, a parlé d’une « banque qui est soumis aux règlements financiers ».

Il y a longtemps que les masculinisations de forme féminines sont courantes dans le cas de la fameuse (fameusement ignorée) règle de l’accord du participe passé. Il me semble que le surgissement de ces masculins erronés pour des épithètes ou dans des relatives est beaucoup plus récent. Ce genre d’exemple fait dire à un de mes collègues que la forme féminine du participe passé, voire de la plupart des adjectifs, aura disparu d’ici un demi-siècle. Rien à déplorer — à noter toutefois que cette disparition est concomitante de la réglementation qui contraint tout un chacun à parler d’auteure et de maîtresse de conférences, alors que ces formes sont loin d’être apparues spontanément.

Ferai-je ici également remarquer qu’il n’y avait rien de surprenant à entendre ceci dans la bouche d’historiens. Avec de très remarquables exceptions, les historiens écrivent généralement un français lourd, voire fautif (sans même parler des contresens qu’ils font sur la littérature, quand ils s’en piquent (mais eux renverraient le compliment : que de contresens historiques sous la plume de littéraires !)), ce qui me rappelle notre professeur d’histoire d’hypokhâgne et de khâgne, agrégé et tout le tremblement, devenu depuis éminent professeur d’université et tout le tremblement, que nous avions fini par nous amuser à piéger. En effet, on pouvait être sûr, en écrivant, dans un devoir, « les décisions qu’ils ont laissé prendre », que ce brave (?) homme encerclerait le tout de rouge, avec un beau « grammaire » en marge, et la phrase ainsi corrigée :

« les décisions qu’ils ont laisséES prendre »

 Ah, le charmant exemple d'hypercorrection !

 

mardi, 25 novembre 2014

Sonnet prosaïque, quoique d'inspiration shakespearienne

pralina, marmelade & lemon curd sur la

table au petit matin où on boit son café.

furtive tu remets la mèche où s’enroula

mon regard pour d’autres désarrois stupéfaits.

 

banal le quotidien s’enroule autour de ma

mémoire, et cette nappe aux tons rouge sur rouge

fait la toile de fond du café cinéma—

toi tous mes éclats tout l’amour ange ma gouge.

 

furtive se démet la mèche où se déroule

un film pour nos années sans violons sans effets.

sous l’ampoule je vois ton regard, sous l’ampoule

un sourire qui chaque matin me refait.

 

envers l’amour est cette vie plus somptueuse

en vers qu’on ne dédie à la mort montueuse.

.

lundi, 24 novembre 2014

Retour à Thiéfaingrad

Tiens, je n'y avais jamais pris garde : j'avais treize jours quand Lucy fut découverte. Je croyais que ça remontait à avant ma naissance — peut-être à cause de l'anecdote sur Lucy in the Sky with Diamonds ?

 

Thiéfaine, qui a naguère (ou plutôt jadis, je devrais arrêter de penser à mes 20 ans comme à une sorte de passé récent) fait rimer “Abel du Tchad” avec “l'usage de ses gonades”, sort ce 24 novembre 2014 un album un peu gris. Il faut le réécouter pour vérifier cette première impression. Il affirme désormais jouer « pour les voyous virés de la Sorbonne ». Il est vrai que c'est à Nanterre — pas à la Sorbonne — que doit être organisé, courant 2015, le premier colloque Thiéfaine, dans lequel je dois évoquer la question des figures de style et de la traduction. la date précise n'a pas été arrêtée.

 

(On relance EXISTER EST UN PLAGIAT ? Ah non !)

dimanche, 23 novembre 2014

Horreur & extase

Hier, c'était, en Ukraine, le jour annuel de commémoration de la tentative de génocide des Ukrainiens par les Soviétiques, Holodomor (mot ukrainien qui signifie “extermination par la faim”), 1932-33. Cette tentative de génocide, qui a tout de même tué entre 2,5 et 4,5 millions de personnes selon les sources, fait évidemment l'objet d'un négationnisme spécifique, et particulièrement véhément dans la "Grande Russie" de notre époque.

╠═╗╠═══╗

Belle journée toutefois, enthousiasmante, notamment si tu vois enfin Marie-Aude danser en vrai la kalbeliya, avec le plaisir de discuter avec elle après, et avec son percussionniste du jour, Teepu Khan. Bref, quelque chose qui se passe dans les corps, les gestes, la sonorité et la voix, et c'est une belle journée. — Je comprends la danse, quand elle est, ainsi, allégresse, apparence de spontanéité un peu dingue par-dessus l'extraordinaire maîtrise de gestes beaux en soi. Quand j'écris des textes très rapides en m'inspirant de compositions jazz (comme celui-ci), je pense que je finis par m'imaginer un corps à moi qui danse dans la pièce à côté de moi qui écris.

samedi, 22 novembre 2014

Lenka Clayton

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Cette artiste propose des œuvres qui font une sorte de synthèse légère entre le pop art, l'OuLiPo et les tentatives plus objectales ou sérielles d'un Rauschenberg. C'est souvent amusant, toujours émouvant.

▬·▬·▬ Entre la pile de livres dont les titres vont de 1 à 50, le voyage de James et Lenka en vélo de James à Lenka, et enfin la prouesse consistant à faire tenir des confetti en colonnes, mon cœur balance !

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vendredi, 21 novembre 2014

Distiques ribéryens : “L'Âme était haut”.

On a dur ! On est assez ! Et nous n'en peut plus

Par Élodie Callac les nuages joufflus !

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jeudi, 20 novembre 2014

D'une irruption

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Au-delà des considérations triviales sur la communication électronique “formelle” (ou censée être telle) en 2014, ou encore sur les possesseurs d'iPhone, je trouve que l'expression née de l'incompétence, « forme à signe » , serait un excellent sujet de traité philosophique en trois tomes (avec une légère préférence pour Galilée ou Fata Morgana).

Bricoles du jeudi matin

Avant de commencer vraiment la journée de vraie travail (jusqu'ici : allers-retours aux écoles, mails, concert de clarinette de Reicha, bricoles), je note que j'ai bientôt terminé de lire le dernier roman de Romesh Gunesekera, The Prisoner of Paradise, qui me laisse un peu sur ma faim, quoique Gunesekera demeure un extraordinaire styliste et un explorateur hors pair des drames de l'âme humaine. Je vais donc pouvoir commencer de lire les différents livres reçus en cadeau le week-end dernier :

  • Anarchy & Old dogs de Colin Cotterill (mon ami et collègue Éric R. a obtient sans aucun doute le prix de l'originalité pour ce choix)
  • Lupus de Frederik Peeters
  • Terminus radieux de Volodine (j'en suis tout de même à la page 56 — je ne résiste pas au plaisir d'avoir 4 fers au feu simultanément)
  • Entre fous de Jean-Luc Coudray

J'ai lu quelques poèmes de l'édition française des poèmes de Carlos Drummond de Andrade. Par ailleurs, notre ami libraire à La Rochelle m'a apporté l'édition française du roman de K. Sello Duiker, La sourde violence des rêves, ce qui m'a rappelé, très entre autres, que j'avais encore laissé en plan les conseils de lecture de Mathilde, qui datent de juin dernier (notamment Ivan Vladislavic et Marlene van Niekerk).

 

mercredi, 19 novembre 2014

Steve Coleman & Five Elements à Tours, 18 novembre 2014

Hier soir, retour à onze heures du soir dans d'épaisses nappes de brouillard qui rendaient fantomatiques les moindres promeneurs égarés le long des 2x2 voies de ma grise banlieue.

 

À l'Olympia (qu'il ne faut plus, semble-t-il, nommer Nouvel Olympia), c'était la soirée du festival Émergences consacrée au quartette de Steve Coleman, lequel était accompagné de Jonathan Finlayson à la trompette, d'Anthony Tidd (époustouflant) à la basse électrique et de Sean Rickman à la batterie. Pour l'occasion, le Petit Faucheux avait donc cédé la place d'honneur à une grande salle, comble d'ailleurs (strapontins gavés).

 

Est-ce justement que j'ai pris l'habitude de voir et d'entendre les formations dans une configuration plus intimiste, plus proche du public ? toujours est-il que j'ai trouvé les musiciens très “entre eux”, avec — et cela n'est pas l'effet du seul cadre — trois des six compositions principales tout à fait monolithiques, inaccessibles, comme quoi le hard bop peut être tout à fait aussi rugueux, voire plus brutal que bien des expériences free.

 

Je possède plusieurs albums de Steve Coleman, principalement pour son projet à géométrie variable des Five Elements, et j'étais très curieux, à l'avance, car, si certains de ces disques me plaisent énormément, d'autres me tombent des oreilles, si j'ose dire. J'attendais donc le concert d'hier soir pour recevoir une réponse à peu près définitive à mes questions. J'en serai pour mes frais, car, si certains des morceaux joués, ainsi qu'écrit plus haut, m'ont paru préfigurés, sans dynamisme propre à faire entrer l'auditeur/spectateur dans la danse, d'autres, et notamment le troisième, longue suite avec variations et métamorphoses, valaient à eux seuls le déplacement.

 

Coleman est un excellent saxophoniste, cela ne fait aucun doute, et il maîtrise tous les registres de jeu, y compris les moments très émouvants où le souffle passe un peu à côté, de façon tout à fait délibérée. Il s'est entouré d'excellents musiciens, avec lesquels l'osmose est (trop?) parfaite. Pour ce qui est des compositions, son mysticisme a dû finir par déteindre, pour les raisons évoquées plus haut : univers hermétique, clos, aux rites d'écriture ou de production sans appel (sans appel vers l'auditeur).

 

Ce qui m'a étonné, c'est que ce sont les pièces qu'inaugure Coleman lui-même dans un solo parfois long et toujours très hésitant (dans sa structure — pour la maîtrise instrumentale, rien à dire) qui se développent ensuite dans une forme d'autisme compositionnel. Sans doute est-ce moi qui n'ai pas d'oreilles, ou de cerveau, car une frange importante de l'auditoire était emballée, à en croire les bravos qui fusaient automatiquement à chaque fin de morceau, et le tonnerre d'applaudissements avant les rappels, sans parler des smartphones et autres tablettes en fusion à force d'être sollicités pour des captations vidéo. Tant mieux si je me trompe, donc. Je continuerai de suivre le travail de Steve Coleman, en espérant à chaque fois tomber du côté vivant, parlant, évocateur, lyrique et sensationnel de son œuvre.

 

À deviner les figures de fantômes dans les nappes de brouillard.

 

mardi, 18 novembre 2014

Six jours, moins de pharmago

1235242_10203787236415254_7602304436942174105_n.jpg Mercredi soir, quand on passe

avec le tramway

défile la verdure, ce vert criard pas apaisé

sans rapport avec

neuf années d'écriture,

des masses de phrases monceaux

encore défilant dans un cerveau pas assez endormi,

quand on passe, on fait clic

dans un silence total de cathédrale, nuées brouillards flolie des déclics

avec décibels

adolescents braillant merci Jacquie et Michel

(ça dans le bus après le tramway)

de sorte qu'aucun chronotope n'a plus de sens

Auchan une métropole morte

le Beffroi termitière tiède

Seule la verdure criarde défile

en lettres qui n'ont pas de sens

lundi, 17 novembre 2014

De Gadsby à Perec

Gutenberg vient de publier la version numérisée de Gadsby, roman écrit entièrement sans "e", plus de vingt ans avant La Disparition de Perec. Je l'avais acheté et lu il y a quelques années, et trouvé ça tout de même très inférieur à Perec.

 

Christine Brooke-Rose's novels have been on my list for eons, but I still haven't made up my mind.

Il paraît qu'il y a quatre traductions anglaises de La Disparition — je n'avais eu vent, jusqu'ici que de deux. (En attendant, je faux à abattre les différents taillis dans lesquels je me suis fourré.)

Jeudi, je m'en allais mitonner une soupe de la dernière pluie.

 

Il n'est rien arrivé, pas même dans les branches. ▬·▬ Je n'ai rien encouru.

 

Who, indeed

 

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Je photocopiais puis scannais les chapitres 1 à 5 d'Et le blé jaillira.

dimanche, 16 novembre 2014

On the Road again

Gros moustachu, tu n'es pas dû faire le cake

Si que tu conduisus un 204 break.

—————

On a puant sentir que cramé le ballast

Comme je suis été double par un go-fast.

 

10-11 novembre

samedi, 15 novembre 2014

Un vendredi midi, face à la Deuvalière, en lisant Doppelt

Debout, en lisant, regarder régulièrement de part et d'autre pour voir si le trio ne se pointe pas.

La boxe ou le grec ?

Pourcentages.

Un Gracq inédit en vitrine.

Pas âme.

 

vendredi, 14 novembre 2014

Neuf distiques ribéryens : un tigre en pleine Beauce

Golri-je très beaucoup comme qu'à Montévrain

On mettut un tigre dans le moteur du train.

 

Comprendu-je ne pas s'appelont Chanteloup

Si que s'il y ont un tigre en fait et pas un loup.

 

Affolé-ce beaucoup comme à Marne-et-Gondoire

Tout ça parce on a visu d'un tigre mâchoire.

 

On a dur de pique un sprint à Serris ou Lesches

Sauf que d'avoir un gros tigre à la con au derches.

 

Hugo m'est dit à moi ç'a de Proust bien Guermantes

Même si j'a mordu la mâchoire écumantes.

 

Capté-je trop pas bien que mes vers on dénigre

Si qu'est-ce que j'écrivus des distiques de tigre.

 

On a glouglou Melun se calquer au picrate

Si qu'en sortant du bar voit le tigre et l'Euphrate.

 

Pas avec du Bouillon qu'on l'attraperont, bigre,

S'il a télévisé la brigade du tigre.

 

Comprendu-je ne pas pourquoi est-ce qu'en Beauce

Un tigre a échappé, bien s'il n'ont pas de bosse.

 

 

jeudi, 13 novembre 2014

Specul-ose

— Les meilleurs Speculoos sont ceux qui ont le même nom qu'une marque de PQ.

— Ouais, Lotus !

 

Mesdames et Messieurs les féru-e-s de poési-e, vous arrivez à l'UFR Lettres et Langues, terminus du train.

 

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mercredi, 12 novembre 2014

Richard Strauss

Je prends enfin le temps, à la faveur d'un cadeau extrêmement judicieux et apprécié (l'intégrale des œuvres orchestrales de Richard Strauss par Rudolf Kempe), de me plonger dans ces pages (j'ai traversé, vers vingt ans, une très brève période Strauss — ce furent surtout les Métamorphoses, Till Eulenspiegel et les “Ophelia Lieder”), et je suis frappé du contraste entre certaines œuvres absolument sublimes (les Métamorphoses, donc, toujours plus belles à chaque nouvelle version découverte, Tod und Verklärung, ou Eine Alpensymphonie que je n'avais, je crois, jamais entendue) et certains désastres tout en clinquant valseur et vulgaires incartades : l'atroce suite adaptée du Chevalier à la rose, ou Don Juan, justement.

mardi, 11 novembre 2014

100

Un jeune blanc-bec de Loché

-sur-Indrois, jamais paloché

N'avait de donzelle

Ou de haridelle —

Ce qu'on nomme l'esprit cloché.

lundi, 10 novembre 2014

Freddy Malins

Test de L1 sur Dubliners (ou plutôt sur “The Dead”).

À la question "What is Freddy Malins's usual bad habit?", j'ai donc eu les deux témoignages émouvants ci-après :

- Freddy Malins is usual bad habit because he is an always drunk.

- The usual bad habits are clothes for everyday instead of greats habits for important moments.

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Scimitar

Samedi matin, devant l'école primaire

Un coupé sport était garé,

D'une forme inconnue —

Et son nom, Scimitar,

N'invoquait rien du tout de concret.

 

Modèle désuet

D'une série de coupés sport

Anglais (la marque, Reliant,

Ne dépliant rien de concret dans la mémoire

Une fois cherchées

Des réponses), il reste l'énigme :

 

Qui, dans ce quartier

Désert – quelques habitués

S'y égarent –, avait pu

Parquer là cette forme

À tout absente désuète ?

 

dimanche, 09 novembre 2014

Juillet 2012

Même le dictateur, on le traitait de bouffeur de prunes.

Ponçage, lasure... et toujours tronçonneuse. Vive les vacances.

pas de piscine pas

de pieds manucurés juste

un vent d'enfer & du

bûcheronnage

Maison sans télé ni internet.

Donc toute la journée : tondeuse - sécateurs - tronçonneuse. Gentleman farming mes nèfles.

 

J'hésitais, pour égayer mon été, entre attraper un coup de soleil à Etretat et emballer une méduse à Saint-Jean Cap-Ferrat.

samedi, 08 novembre 2014

Distiques ribéryens anciens

12.07.2012

Qu'en saint Jason tout écoutre album INXS

J'a de la toison d'or golri tondre Mexès.

 

22.07.2012

Je que maillots de bain ne pas bébé nageurs

Si Zahia qu'elle éta seins à l'air tapageurs.

 

Je pas comprendu que plage et passe-montagne

On est froid on a dur en aimer la castagne.

 

28.07.2012

J'a bien comprendu que poches de la soutane

Où le cureton s'ont grattouillé la banane.

 

06.08.2012

Je ne suis pas vu comment que les confetti 

Rentront très vraiment très loin sous de les habits.

 

09.08.2012

Je suis su que Hugo me dit le lac d'Halco 

Rimaire avec delco et aussi décalco.

 

18.08.2012

Que trouvus-je ça bien avec Hugo zarbi

Le xare, la main nue et le joko garbi.

 

22.08.2012

Comment que comprendu-t-on que le strip billard

Faire aux Anglais du foin comme Zahia plumard ?

 

vendredi, 07 novembre 2014

Dans le Mâconnais

25 août

Dimanche aux oublis

Dimanche aux ombres 

Corps gaufré papier pelure 

Dimanche à plier des mémoires

À peupler les nuages

Dimanche dérisoire

 

30 août

Les gens de ce côté de la rue doivent préférer ces jours de pluie, on n' entend quasiment plus l'autoroute. Mais pluie oblige la lessive étendue hier soir n'a pas séché, tu useras du grille-pain dit l'un des commandements d'ici. Péage sonore pour tout un chacun.

jeudi, 06 novembre 2014

Quatre nouveaux quatrains animaliers d'inspiration initialement berlinoise et télévisuelle

Rappel : Le principe de composition des quatrains conversationnels se trouve expliqué ici.

 

 

J'ai rarement la ripégué

En me piquant à un cactus.

S'il voyait ça, Pierre Gay,

Il ferait un infarctus. *

 

╠═╗

 

Quand j'ai le gosier qui pue,

Même la brosse à dents resquille.

Le petit agame barbu

Se détache de sa coquille.

 

╠═╗

 

Je suis comme Sancha Pança :

Ma Muse mule jamais ne s'arrête.

La jeune éléphante prend sa

Trompe pour une cigarette.

 

╠═╗

 

En revenant de l'usine,

Je me goberge de picrate.

Et jamais de vers de farine

Comme ces cons de suricates.

.

 

* Ce distique, donné dans une police différente, n'est pas, comme le plus souvent, une citation de la voix off du documentaire ou un commentaire à peine détourné de ce que voit le poète à l'écran, mais une citation  mot pour mot de la réaction de mon fils aîné devant ces documentaires consacrés au zoo de Berlin. En français courant, cela signifie que le zoo de Berlin a des cages et des enclos souvent peu dignes, et surtout que les soigneurs du zoo de Berlin sont beaucoup trop proches des animaux (anthropomorphisme, absence de distance pratique/éthique vis-à-vis des animaux etc.)

mercredi, 05 novembre 2014

Feu de pneus en zone urbaine

 

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Tours, 12 h 10.

 

         Embouteillages partout, avec les longues lignes de tracteurs qui allaient plus tard déposer en pleine ville les produits grâce auxquels nos braves paysans ont déjà bousillé campagnes, nappes phréatiques, rivières.          Quelques semaines après que le gouvernement a cédé contre le lobby des gros cons de pollueurs irresponsables et psychotiques routiers,    voici les paysans qui se proclament « responsables » tout en dénonçant “l'écologisme dogmatique”.

En effet, leur écologisme à eux n'a rien de dogmatique : cramer des pneus, c'est être proche de la nature. Il est à parier que contre ces poujadistes qui manifestaient pour le droit de continuer à tout bousiller, aucun préfet n'aura envoyé, comme contre les manifestants de Sivens ou de Notre-Dame des Landes, la force publique avec ses flash-balls et ses grenades.