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lundi, 07 septembre 2026

Lundi productif & château du Rivau

Pour commencer la semaine, bonne matinée de travail, alors qu’hier, après une petite virée dans le sud du département, et sous le coup de la touffeur moite, je n’avais rien pu faire d’autre que de lire et d’annoter quelques textes de Gloria Steinem en vue du cours de M2, et avancer (faiblement) dans le roman d’Ananda Devi (qui me laisse sur ma faim, je ne saurais dire pourquoi).

Deux lessives, qui vont sécher difficilement : pas de pluie, mais air gorgé d’humidité.

J’ai découvert deux rappeurs, le burkinabè Kayawoto qui chante en mooré (on trouve peu de paroles en ligne, malheureusement) et Iba One, malien, de son vrai nom Ibrahima Mamadou Fily Sissoko, auteur notamment d’un double album Mon Empire en 2020, dans lequel il chante la geste de Mansa Musa : si j’avais su ça au moment où j’ai traduit, puis publié Born in Blackness, j’aurais creusé la chose, et fait des publications en fonction. Il y a toujours des choses qu’on rate.

 

Hier la visite du château du Rivau et de ses jardins était un peu déconcertante.

Château du Rivau, Indre-et-Loire    Nous avions déjà vu les jardins trois fois, la dernière il y a au moins douze ans je pense, mais il nous semble qu’on ne voyait pas exactement les six pièces du château de la même façon : beaucoup moins d’œuvres, à coup sûr. Toujours est-il qu’entre les nombreuses acquisitions récentes d’art contemporain et l’exposition « Métamorphoses », c’est parfois dur de s’y retrouver. Les murs entièrement recouverts de massacres et de trophées, quoique cela soit replacé dans son contexte et même retravaillé/déconstruit par plusieurs artistes, ça soulève quand même le cœur.

Les jardins donnent l’impression d’être en déshérence, et surtout ils témoignent parfaitement du goût français de bâtir des jardins contre la nature, pour tout humaniser, tout artificialiser, jusqu’à une sonorisation insupportable dans le « bosquet des fées » (endroit salopé, qui pis est, par des dizaines de nains de jardin).

Sabine Pigalle, "Put a Smile On Your Face" ░ Château du Rivau, Léméré, 6 septembre 2026 Corine Borgnet, Le Dernier souper d'Arcimboldo (2026) ░▒▓ Château du Rivau, Léméré, 6 septembre 2026 Alexandre et John Gailla, "Deer hanging" ░ Château du Rivau, Léméré, 6 septembre 2026 Volker Hermes, "Hidden François" ▓ Château du Rivau, Léméré, 6 septembre 2026 Château du Rivau, Léméré, 6 septembre 2026

Quelques très belles découvertes du côté de l’art contemporain, des bêches de Wim Delvoye au morphing amusant d’Orlan avec la Vénus de Botticelli en passant par pas mal d’œuvres qui travaillent le verre, la fibre, les matières mixtes. Théo Mercier, Masque guerrier bozo-bozo (2011) ▓ Château du Rivau, Léméré, 6 septembre 2026 Un masque signé Théo Mercier est embarrassant : l’artiste a-t-il détourné un véritable objet cultuel africain (et si oui, de quelle culture ?) pour en faire un clown (motif très problématique dans le contexte des exhibitions coloniales) ? On ne trouve pas d’explication, ni dans le château ni sur le Web.

Dernière chose, à l’attention du restaurant : une salade avec du thon n’est pas végétarienne. On est en 2026, try to un-Bumblefuck yourselves, people!

 

dimanche, 06 septembre 2026

Bords de Loire et dégel chilien

Ruben @The People.png

 

 

 

 

Avant cette pause avenue Grammont – donc juste après un arrêt aux Temps sauvages – nous étions allés voir Dégel (El deshielo), beau film de Manuela Martelli, porté par les nombreuses ambiguïtés politiques et par l’actrice principale, Maya O’Rourke, bluffante, et dont Claire avait noté la ressemblance recherchée avec la jeune actrice de Cria cuervos.

 

samedi, 05 septembre 2026

“Les ramoneurs du racket / M'ont passé à l'attendrisseur”

À la page 249 du Livre des souterrains, la narratrice Marie Marzouk apprend de Berta une nouvelle expression, et un nouveau mot anglais :

“We’ll do it all by stealth”, dit-elle. Et elle répète encore, encore : “By stealth, by stealth”, ce qui veut dire quelque chose comme : nous allons agir avec furtivité en étant secret·es, insaisissables, animé·es par la duplicité.

J’ai dû lui demander de m’expliquer, d’écrire le mot. “Stealth.” Elle a écrit sur un bout de papier précisément la phrase qu’elle venait de prononcer, elle m’a fait jurer de brûler le papier le plus vite possible.

 

Plus loin, la narratrice : « Je me suis rendu compte que ce mot ressemblait à celui pour dire vol : “steal”. Et cela m’a fait plaisir. » (p. 250)

En fait, le nom (qui n’est plus employé en anglais – soutenu – que dans l’expression by stealth) est directement dérivé par suffixation du verbe steal. Ce n’est pas qu’il lui ressemble, cela reviendrait à dire que vol et voler se ressemblent comme par coïncidence. [Il va de soi, mais je le précise car ce blog a tendance à n’attirer de commentaires des auteurices et des traductrices que lorsqu’iels perçoivent une critique, jamais pour les centaines de billets que j’ai écrits pour dire du bien d’un film, d’un poème, d’un livre, d’une traduction, comme si tout le monde ne traquait que ce qu’on dit de mal, ou comme si une critique enthousiaste allait de soi.] MM apprend cette expression, que pour ma part je conseille généralement de traduire par « en douce » ou « furtivement » (quand la tentation d’une rupture de registre ne m’incite pas à suggérer « en scred »), alors qu’elle a raconté par le menu toutes ses aventures kleptomanes dans le métro, et alors qu’elle a déjà lu plusieurs liasses du récit de Hyacinthe, celle qui apprend à ses oies à voler.

Imaginez la panade dans laquelle se trouve(ro)nt les traducteurices du Livre des souterrains, si la langue d’arrivée n’admet pas cette polysémie du mot vol. Restitution impossible en anglais (fly/steal) comme en allemand (fliegen/stehlen), mais les traducteurices ont plus d’un tour dans leur sac.

 

Il y a, dans Le livre des souterrains, une phrase que je ne retrouve pas et dans laquelle se trouve le verbe papillonner. Comme j’étais perdu dans des rêvasseries translinguistiques à la marge du livre, j’ai pensé soudain qu’il était étrange que la langue anglaise, qui transforme si facilement des noms et même d’autres catégories lexicales en verbes, n’ait pas transformé le nom butterfly en verbe. Et de m’imaginer traduisant papillonner par butterfly, voire des énoncés du style : The ballerina butterflew across the room. / La danseuse traversa la pièce en papillonnant.

Je n’étais évidemment pas le premier à avoir eu cette idée.

Après consultation de l’OED, le verbe existe. De façon intransitive, depuis au moins 1855, pour indiquer le fait de voleter comme un papillon, y compris de façon métaphorique : « The spotlight butterflied over the letters. » (extrait d’un roman d’Elizabeth Bowen, 1949). À noter que la forme de passé est régulière, donc pas sur le modèle fly/flew. De façon transitive, le verbe désigne l’action de couper en deux un morceau de viande ou un filet de poisson et de l’aplatir : « If you want to cook a whole chicken you'll need to butterfly it. » (extrait d’un article du magazine Choice en 2016). Je ne vois pas d’autre traduction possible que la périphrase « couper en deux et aplatir » : effiler ? attendrir ?

Dans un article de 2013, le verbe est accordé selon le modèle du verbe irrégulier, mais dans un sens non répertorié par l’OED, celui de nager la brasse papillon : « You mean the famous public figure Julie Bradshaw? I heard that she butterflew across the English Channel and around Manhattan Island. » (site de la Marathon Swimming Federation) — Ici, pas d’autre choix que le bon vieux chassé-croisé : elle a traversé la Manche en brasse papillon.

 

vendredi, 04 septembre 2026

Mines concernées

« Chacun affiche une mine concernée. »

Cette phrase, extraite des derniers chapitres du Livre des souterrains de Phoebe Hadjimarkos Clarke, m’a ramené à la polysémie du mot mine en français, et à ce projet que j’avais commencé à approfondir, il y a vingt ans, dans ce blog : Le Livre des mines.

Il est amusant que ce soit un roman – excellent – portant un titre similaire qui m’y ramène.

Ici je vais « exploiter » le texte de ce roman dans une perspective étroite, mais je parlerai plus largement de ce beau livre, dans le vlog.

 

Il y a vingt ans, en créant au fur et à mesure certaines “catégories” (ou rubriques) de ce blog, j’avais dans l’idée que ces billets constitueraient le travail préparatoire à tel ou tel livre (c’est le cas des textes sur Dubuffet notamment). Évidemment je n’ai écrit – achevé – aucun livre, à moins de considérer justement comme un « livre » possible chaque série de textes inachevée dans le grand atelier de mes deux blogs. Cette optique serait bien sûr paresseuse, mais sans toutefois être tout à fait mensongère (qui oserait dire que la flemme n’est pas parfois dans le vrai ?).

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Pour Le Livre des mines, l’idée était de tenter de tirer, et peut-être de croiser les fils de la polysémie de ce mot : l’expression faciale, la mine de crayon (ironique, vu que tout était déjà écrit à l’ordinateur), et bien entendu le sens industriel. Avant la phrase par laquelle j’ai commencé ce billet, le livre de PHC creuse ce dernier sens, tout d’abord parce que les souterrains dont il est question dans le roman sont creusés : la galerie par laquelle Marie Marzouk disparaît avec des clandestins anonymes se situe sur un ancien site minier, et le scandale de l’exploitation des minerais au Congo fait l’objet d’un développement très juste de la narratrice (toujours Marie Marzouk à ce moment, p. 300), cf ci-contre.

 

Il y a d’autres sens du lexème « mine » qui se sont agglutinés aux trois sens cités ci-dessus, comme le pronom possessif anglais mine : le Livre des mines, c’était mon livre, et s’il devenait un livre publié – ou si des lecteurices du blog le lisaient – il m’échapp(er)ait. Il me semble aussi, mais je n’ai rien relu des textes d’il y a vingt ans et guère moins, que je traquais les mots rimant avec -mine (comme Salamine ou culmine). Il y a vingt ans aussi, je n’avais jamais rien lu sur Elmina, sur l’exploitation minière et le commerce de l’or comme point de départ de l’exploitation européenne de l’Afrique, le mot portugais mina comme un poinçon minuscule sur la côte de l’actuel Ghana, poinçon où débutent les arrachements.

 

L’autre narrateurice (il y en a trois en tout) du roman de PHC, l’énigmatique Hyacinthe, écrit ceci dans la liasse n° 6 volée par Marie Marzouk :

Il m’était cependant impossible de ne pas souffrir d’un sentiment de rejet. Il n’avait même jamais été question que je fasse un apprentissage auprès d’elle. Elle ne me l’avait tout simplement jamais proposé. Pas qu’elle ne m’aime pas ou qu’elle ne m’ estime pas, je savais que de l’estime et de l’amour, il en existait bien en elle, et pour moi spécifiquement, mais il était parfois difficile d’accéder à cette mine affective, dans cette mine de l’amour où la circulation était souventefois difficile, en raison d’éboulis, de galeries fermées, de problèmes avec les petits chariots qui devaient remonter le minerai, que sais-je. (p. 278)

On voit que le sens industriel se prête aussi aux métaphores, filées de surcroît. (N’y a-t-il pas, dans les mines, des filons ?)

 

jeudi, 03 septembre 2026

Biais racistes des IAg

Je partage ces captures d’écran d’une publication Instagram de la députée LFI Alma Dufour. J’aurais préféré partager ce contenu directement, mais il se trouve que le compte Facebook d’Alma Dufour n’a pas repris cette information, et surtout qu’il est truffé lui-même d’images dégueulasses générées par IA : on peut faire confiance aux LFI pour être incohérents et confusionnistes ; sur l’utilisation de l’IAg, les militant·es LFI et même certains cadres n’ont rien à envier aux trolls identitaires et fascistes qui inondent les réseaux sociaux.

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Bref, il n’en demeure pas moins que cette publication est salutaire, car elle montre qu’en donnant comme accroche à un chatbot (lequel ? ce n’est pas précisé) « je suis seule avec un {nom de nationalité} », la réponse diffère selon qu’il s’agit d’être seule avec un Malien/Marocain, ou avec un Italien/Américain.

 

 

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Le plus intéressant, je trouve, est l’expérience tentée par un des commentateurs du post sur Instagram : interrogé sur ces biais racistes, le chatbot les confirme en expliquant comment les réponses sont influencées par les milliards de pages racistes qui traînent sur le Web. Un peu comme si, pour écrire leur Encyclopédie, D’Alembert et consorts avaient ramassé toutes les pires billevesées sorties des cours aristocratiques et les propos de taverne.

mercredi, 02 septembre 2026

Fachos tourangeaux

WhatsApp Image 2026-09-02 at 08.05.08.jpeg Ce matin, j'ai donné mes deux premiers cours de cette vingt-cinquième rentrée aux Tanneurs, à quoi s'ajoutaient deux réunions que j'animais, avec ma nouvelle casquette de responsable de la double licence anglais/espagnol. Mais, avant cela, alerté par un ami, je suis allé arracher ces trois ignobles affiches, collées pendant la nuit par les petits fachos du groupuscule local, au nom changeant. Un collègue qui a des fonctions administratives m'a aidé à arracher ces saloperies.

Plus tard dans la journée, un autre collègue assez haut placé dans la hiérarchie administrative nous a dit que c'était embêtant, qu'il n'y avait aucun message illégal, etc.

Ma position est simple : ces groupuscules ont déjà perpétré des violences contre des personnes LGBTQI, et contre des personnes racisées ; ces groupuscules ont déjà sévi au moyen de tags antisémites sur les murs de l'université. Donc il est hors de question de les laisser étaler leurs affiches dégueulasses sur les panneaux d'affichage libre (sur lesquels il est, je le rappelle, tout à fait légal d'arracher).

 

L'année va être longue (la décennie ? le siècle ?).

 

mardi, 01 septembre 2026

Avec des si

Hier j’ai passé une bonne partie de la journée sur la route, de Tours à l’aéroport de Mérignac – où j’allais chercher O* et E*, de retour de Marrakech – puis de Mérignac à Tours ; ça a bien roulé, même si je me suis fait la réflexion qu’il y avait un nombre vraiment pharamineux de caravanes et de camping-cars (la location au mois en camping doit encore être une réalité), et à l’exception des 40 minutes passées à faire les deux derniers kilomètres d’autoroute, en raison d’un assez vilain accrochage entre un poids lourd et une voiture. Dans des cas comme celui-ci on se dit que si on était arrivé dix minutes plus tard on aurait vu des messages sur les panneaux lumineux et on serait sorti à Chambray, ou que si on était passé dix minutes plus tôt on serait passé avant l’accrochage. À dire vrai, avec des si, on aurait pu aussi être pris dans l’accident, dons réjouissons-nous du verre d’eau à moitié plein.

Le trajet en voiture m’a permis d’entendre un peu en détail le récit de différents épisodes du séjour marocain, ce qui ne se serait pas produit de la même façon si on s’était simplement vus quelques jours plus tard autour d’un repas.

Aujourd’hui je dois finaliser un cours dont je ne me dépêtre pas, et qui commence demain ; je vais aussi acheter un nouvel ordinateur de bureau, car celui-ci est vraiment trop capricieux ; là, il fonctionne sans trop de difficulté, mais il y a des moments où la moindre opération – changer d’onglet, ouvrir un PDF… – prend deux minutes, et c’est à rendre fou. Malheureusement il n’y a jamais de bon moment, et là ce n’est pas le jour idéal.

 

07:15 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 31 août 2026

L'Inconnue

Hier soir nous avons vu, au cinéma, L’Inconnue, film d’Arthur Harari écrit et réalisé en étroite collaboration avec ses frères Lucas (auteur de la BD à l'origine du film) et Tom (directeur de la photographie). Histoire de dédoublement et d’échange de personnalités dans la plus pure tradition du surnaturel (on songe beaucoup à Jean-Paul et Chamisso, outre Maupassant), l’histoire, remarquablement interprétée par Léa Seydoux (qui m’a bluffé pour la première fois) et Niels Schneider, peut dérouler une multiplicité de lectures allégoriques, d’ailleurs complémentaires :

* sur la judéité et le trauma transgénérationnel de la diaspora qui a fui l’Allemagne (avec clin d’œil complexe à Robert Zimmerman alias Bob Dylan – il faudrait aussi creuser la piste du voyage avorté à Mannheim, le « foyer de l’homme » littéralement)

* sur la spectralité photographique et l’incarnation de personnages au cinéma (avec clin d’œil appuyé – mais qu’aucun critique ne note – aux Trois Lumières de Fritz Lang)

* sur la dysphorie de genre

* sur la dualité des artistes

* sur la mort et le passage dans l’au-delà (via l’orgasme – là encore, le palimpseste de Fritz Lang se pose là)

 

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Le film est très beau, émouvant par sa sobriété même (plusieurs critiques parlent de « froideur », ce qui me semble erroné).

 

09:19 Publié dans 2026, Tographe | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 30 août 2026

De la lecture comme aspirateur à merde

Sur la quatrième de couverture d’un roman que lisait ma mère, il y avait la phrase de recommandation (ou blurb – aucune idée comment on dit “blurb” dans le langage éditorial français) suivante : « Presses all the buttons to make you hoover her stuff up ».

Si j’essaie de traduire ça donnerait quelque chose comme : « ce roman appuie sur les bons boutons pour que vous gobiez tout ce qu’il vous crache ». Manque la métaphore explicite qui me scandalise, car comme je l’ai écrit sur Facebook, on ne saurait imaginer meilleure définition de ce que n’est pas, de ce que ne peut absolument pas être, selon moi, l’écriture : dans cette brève phrase, les lecteurices sont métaphorisé·es en aspirateurs, de sorte que, par inférence, le texte, le livre, est de la poussière, des détritus que la lecture doit faire disparaître.

Une traduction plus audacieuse irait plus loin dans la métaphore du détritus : « Elle fait tout ce qu’il faut pour que vous aspiriez goulûment toute sa merde. »

En un sens, il y a l’aveu explicite que la lecture est vue comme une pure consommation sans lendemain, que les textes ainsi promus sont des merdes, au point que je me demande si le ou la journaliste du Daily Telegraph qui a pondu cette formule n’a pas fait exprès d’insulter la romancière.

 

samedi, 29 août 2026

Galihougnes en terre tourangelle

Ce serait le 103e anniversaire de mon grand-père paternel, mort il y a huit ans. Depuis le début de l’après-midi, il tombe une petite pluie fine ; il pleut un peu tous les jours, mais pas assez longtemps, ou trop brusquement. Personne ne semble comprendre qu’il faudrait quatre ou cinq heures de pluie soutenue mais pas drue pendant plusieurs heures chaque nuit jusqu’à la fin septembre pour que la terre refasse les réserves dont l’agriculture intensive et les bassines criminelles l’ont privée.

Grandes-Brosses,  28 août 2026    Parmi les innombrables incendies de l’été, un qui a pu passer inaperçu en-dehors du petit landerneau de Touraine, c’est le feu qui a détruit l’ancien hôpital des Grandes Brosses, sur la commune de Mettray, mais à deux pas de chez nous. Nous étions dans les Landes (ou en Suisse ?) quand ça s’est produit. Hier nous sommes allés promener au parc de la Cousinerie, voir ce qu’il en était ; la démolition de cette bâtisse du dix-huitième siècle, abandonnée depuis plusieurs années et livrée aux squatteurs autant qu’aux praticiens d’Urbex, est bien entamée.

Quelques ornières étaient pleines d’eau, du fait des averses du matin : de véritables galihougnes en terre tourangelle.

La « maison du 200 » (27.08.2026)    Ces derniers jours nous avons pu remarquer, au cours de plusieurs promenades, qu’il nous était impossible de nous rappeler exactement quand avait eu lieu telle ou telle construction, ou tel réaménagement, ni même ce qu’il y avait à tel endroit il y a vingt ans. Cela fait vingt-trois ans que nous vivons dans ce quartier, plus ou moins (cinq ans et demi sur les hauts de Sainte-Radegonde, dix-huit dans le quartier des Sçavans), et la forme d’une ville blabla. Avant-hier j’ai pris deux photos de la « maison du 200 » qui n’a jamais l’air tout à fait abandonnée mais dont la submersion sous la vigne vierge a désormais des allures de château de Ronce-Rose ; il y a quelques mois on pouvait encore avoir quelques doutes car les volets et même le portail sont ouverts (sont, car ils le sont toujours).

vendredi, 28 août 2026

Téméraire défonce

Ce matin, je me suis réveillé en me souvenant, pour la deuxième fois cette semaine – or, cela arrive quatre ou cinq fois dans l’année à tout casser –, du rêve que je venais de faire, et qui était assez élaboré.

Le sujet principal du rêve, avec pas mal d’épisodes et de scènes qui m’échappent à présent, était une pièce de théâtre que je montais avec des amis. Lors de la deuxième représentation, dans un théâtre assez grand et cossu, j’apercevais mon père assis vers les rangées du milieu et ma sœur, au deuxième rang, et j’allais dans la salle pour les prévenir que s’ils pensaient que ça commençait à 20 h 30, en fait l’horaire officiel était bien 20 h 45, et donc qu’ils allaient poireauter. Une fois dans la salle, plus de père ni de sœur ; c’était plutôt une cour d’école avec des bancs, comme pour une kermesse, et j’étais alpagué par des camarades de mon fils cadet, qui voulaient me dire le prénom de leurs parents respectifs. Une petite fille de six ou sept ans me racontait alors comment sa mère s’était trouvée à s’appeler « Téméraire-Défonce » (ou Témérairedéfonce, je pense que j’ajoute le trait d’union). Dans la scène suivante, je vérifie sur le site de l’INSEE et je vois qu’en effet le prénom Téméraire a été donné une fois à une personne en France.

(Sur quoi, comme on dit, je me réveillai.)

 

07:18 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 27 août 2026

Nada mas

Hier, on a appris la mort de l’écrivain hongrois Peter Nadas, et ce matin celle de l’artiste japonaise Yayoi Kusama (survenue il y a treize jours).

Le premier, je tourne autour de son œuvre depuis pas mal de temps ; il va peut-être falloir s’y employer. Yayoi Kusama, nous l’avons découverte en 2011, à Madrid, au Museo Reina Sofia, et admiré de nouveau la belle rétrospective au Guggenheim de Bilbao en 2023 ; nous avons deux catalogues, mais je ne me suis jamais lancé dans son autobiographie.

 

N’ayant jamais rien lu de Nadas, dont les livres massifs demandent d’avoir un peu de temps devant soi, je me suis amusé à aller consulter le début de son roman de 1986, Emlékiratok könyve, dans la traduction française de Georges Kassai (Le livre des mémoires, 1998) et dans la traduction anglaise d’Ivan Sanders et Imre Goldstein (A Book of Memories, 1997) -- cliquer sur les images pour agrandir. C’est un exercice amusant et instructif même, quoiqu’il soit difficile de le formaliser dans le contexte universitaire, pour pas mal de raisons.

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Ici, on constate déjà un choix différent pour le titre du chapitre : « marginalité » est nettement moins péjoratif que « anomalous nature ». Autre choix contrasté, sans que je puisse bien sûr avoir la moindre idée de ce que dit le texte hongrois : en anglais, ce sont les oiseaux qui gobent les baies, tandis qu’en français les fruits sont « la proie des oiseaux ».  Même modulation plus loin, avec une tournure passive en anglais (be forgotten) et une tournure impersonnelle sans passif en français (« Non qu’il soit possible d’oublier quoi que ce soit ») ; cette divergence est plus classique.

En français, double répétition (j’ai voulu / que je l’aie voulu ; ainsi en alla-t-il / ainsi en est-il allé), et rien de tel en anglais.

Du point de vue lexical, enchifrené est nettement plus soutenu que l’anglais (rheumy state). [Anecdote personnelle : pendant longtemps j’ai chanté Tonton Nestor de Brassens en disant enchiffonné car je ne connaissais tout simplement pas l’adjectif enchifrené et n’avais donc pu l’entendre.]

Le début du huitième paragraphe, dont on n’aperçoit que le début dans mes captures d’écran un peu bâclées, a une tonalité très beckettienne. What is mine >< ce qui m’appartient en propre : peut-être que le texte hongrois insiste particulièrement sur cet élément, mais pourquoi pas « ce qui est à moi » ?

 

mercredi, 26 août 2026

Zézaiements et mise en route

Je n’étais pas levé – et donc sorti de la tente moustiquaire qui entoure le lit – depuis une minute que j’étais entouré de zézaiements : deux moustiques autour de moi, et sur moi, tandis que je préparais le café ! C’était il y a une heure. Nous n’avions jamais été envahis de moustiques comme cette année ; nous qui aimons beaucoup passer nos matinées et nos soirées sur la terrasse avons dû généralement nous replier sur le salon. C’est pénible.

Aujourd’hui je me remets pour de bon au travail. (Déjà hier, les trois heures de travail via Teams avec Patricia sur le poème d’Ama Ata Aidoo que nous voulons proposer à la revue Po&SIE, c’était chouette mais c’était du travail.)

 

08:01 Publié dans 2026, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 25 août 2026

Reprise lente

C’est la honte, encore une semaine sans écrire. Mais en reprenant le train-train ici, ça va reprendre aussi.

Les quatre jours à Guernesey avec mes parents étaient très chouette : très peu de pluie, pas mal de soleil, de belles excursions, de belles promenades, et même une baignade dans le paysage rocheux sublime du Moulin Huet…

 

Tout à l’heure je vais échanger avec Patricia autour d’un long poème d’Ama Ata Aidoo que nous traduisons ensemble, on ne change pas une équipe qui gagne (un trio en n’oubliant pas l’autrice).

 

13:57 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 24 août 2026

Bords de Loire

Le spectacle, sans précédent, de la Loire quasiment asséchée est tout à fait désolant. Entre Sainte-Radegonde et le pont de Fil, la promenade habituelle avait des allures d’apocalypse. Un homme, accompagné de deux petits-enfants, promenait en laisse un chat de toute beauté (avec des taches rectangulaires comme une panthère).

Mes parents sont rentrés chez eux. Pas trop de dégâts, malgré l’énorme tempête de grêle qui a dévasté la commune et privé beaucoup de personnes – mais pas eux – d’électricité.

O* et E* se sont envolés pour Marrakech.

 

17:57 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 23 août 2026

Retour au bercail (II)

Retour cette nuit dans nos pénates. En pleine forme pour conduire.

 

Finalement, plus de vingt ans après, je m’emploie ici à ce que je refusais de faire : un journal.

Dans huit jours je ferai ma vingt-cinquième rentrée à l’université de Tours, qui s’appelait alors (en 2002) François-Rabelais ; j’ai rarement eu aussi peu d’envie de m’y remettre.

 

08:00 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 18 août 2026

18082026

Avant de reprendre le large, je note ici que, depuis notre retour rue Mariotte dimanche, je n’ai pas ouvert mon ordinateur portable. Je n’ai donc pas écrit une seule ligne, encore, sur les 400 ou 500 pages qu’il me restait à commenter de notre/ma (re)lecture des Misérables. Le temps file à toute vitesse, sur la fin de l’été ; c’est toujours comme ça.

Paresseusement je vais combler la lacune des deux derniers jours, dans ce blog, avec des captures d’écran de BeReal. Un bon petit recyclage, comme dirait le duc d’Elbeuf.

 

08:30 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 17 août 2026

Auchan, 8 h 29

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Dès le lever de rideau de l’hypermarché, y être – c’est rare – pour acheter en urgence du lait pour le petit déjeuner de mon père, car il n’y avait plus que du lait végétal, et précisément d’épeautre. O* et E* sont venu-es déjeuner, puis on s’est retrouvés le soir en ville pour une belle soirée estivale ; en 23 ans dans cette ville, je n’avais jamais dîné place Foire-le-Roi. Dans le centre-ville, contrairement à chez nous – où c’est une invasion – pas un seul moustique.

 

dimanche, 16 août 2026

Tasse pénible

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Les aires d’autoroute devraient constituer une catégorie à part dans la série des Kleptomanies.

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samedi, 15 août 2026

Assomption (mais qu'assumer ?)

Réveillé à 5 h, par l’envie de pisser en fait, je me suis installé sur la terrasse, avec une mug de café réchauffé, d’abord à faire le tour des réseaux sociaux puis à faire quelques parties de koï-koï, avant de me décider à allumer l’ordinateur et à écrire quelques mots ici, dans l’obscurité presque totale – presque, étant donné que l’écran de l’ordinateur attire quelques phalènes, et quelques moustiques bien sûr.

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C’est notre dernière journée à Cagnotte, chez mes parents. À noter que cette année nous n’aurons pas été tellement embêtés par les moustiques, même si nous avons dû installer la moustiquaire dans la chambre il y a quelques nuits de cela.

 

Je parlais d’obscurité presque totale, car, de fait, ici à la campagne pas de lampadaires, et de surcroît le ciel, qui a été couvert une bonne partie de la journée d’hier, est encore très voilé, peu d’étoiles. Comme c’est arrivé souvent l’été – et je pense en particulier aux années 2010-2020, quand les enfants étaient encore jeunes, voire très jeunes, et qu’on a profité au maximum d’eux – je n’ai pas foutu grand-chose depuis trois semaines ; j’ai même du retard dans les billets relatifs à la relecture des Misérables. Il faudra s’y remettre petit à petit au retour de Guernesey, tout en préparant la rentrée ; cette année, mes premiers cours (de master et d’agrégation) ont lieu dès le 2 septembre.

 

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Avant-hier soir j’ai commencé un roman pioché presque au hasard dans la bibliothèque de ma mère, Duffy Is Dead de J. M. O’Neill. Ce n’est pas mal, disons que ça se laisse lire, même si, arrivé à la moitié, leurs histoires de semi-poivrots commencent à me saouler. J'en note ici une seule phrase : “He liked to walk, it was no effort on such caisson legs to carry his weight.” (p. 72). La scène dans le cimetière, au chapitre 4, est vraiment très bien.

Je n’avais jamais entendu parler de cet auteur irlandais, qui ne semble pas avoir d’article Wikipédia à son nom (j’ai dû mal chercher) : il a travaillé pour l’administration coloniale, notamment au Ghana, avant de tenir un pub et un théâtre jusque dans les années 80. Il a écrit et publié ses six romans après sa retraite, donc à plus de 65 ans, entre 1987 et 1999. [Je note ici sans rapport, après avoir visualisé mon double autoportrait via BeReal : mes cheveux et ma barbe n'ont jamais poussé aussi vite que depuis trois ou quatre semaines. Don't let this be my epitaph.]

 

WhatsApp Image 2026-08-14 at 16.02.58.jpegClaire va lire L’Odyssée avec E° et moi, finalement, mais peut-être plus tard – à suivre. Par contre, j’ai téléchargé pour elle les deux traductions dont on avait parlé, celle de Mugler que j’ai achetée avant notre départ pour Cagnotte, et celle de Lascoux qu’elle avait avisée, et j’ai lu la longue introduction de Lascoux à la sienne, ainsi que les 100 premiers vers ; c’est rudement bien. Je songe à lire les deux traductions, plus peut-être celle d’Emily Wilson dont tout le monde avait parlé à sa sortie, et qui a été remise en avant, d’abord par le fait que Nolan a dit s’être inspiré de son texte, ensuite par la polémique née de la tribune – d’assez mauvaise foi, il faut dire) qu’elle a écrite pour dézinguer le film. J’avais lu je ne sais où que l’éditeur de la traduction d’Emily Wilson en avait vendu près d’un million depuis qu’il a été annoncé que Nolan préparait une adaptation de L’Odyssée ; ça me semble énorme. En tout cas, à la librairie La Boîte à livres, à Tours, ils avaient exposé facilement sept ou huit traductions françaises disponibles (Lascoux en cite une bonne vingtaine, dont celle d’Anne Dacier bien sûr).

 

vendredi, 14 août 2026

Gilets jaunes

Ce matin nous sommes allés faire les courses, pour les deux derniers jours chez mes parents et pour le pique-nique de retour. Nous avons aussi acheté trois gilets jaunes, car nous nous sommes aperçus qu’il n’y en avait plus qu’un seul dans la voiture, et un triangle de signalisation car je ne suis pas sûr qu’il y en ait un dans un état correct dans le grand sac à fouillis qui se trouve dans le coffre. Dans la file d’attente de la charcuterie, où j’achetais des saucisses pour mes parents, j’ai eu le plaisir infime de répondre gentiment à la dame qui passait pour faire goûter des saucisses pimentées : « non merci, je suis végétarien ». Histoire que son désarroi ne soit pas trop grand, j’ai précisé que je faisais les courses pour mes parents.

 Je ne sais que lire, après Les Misérables, ou plutôt tout paraît un peu fade ; avant-hier soir, j’ai essayé de lire le roman de Compton Mackenzie que possède ma mère, mais ça m’est tombé des mains. À partir de dimanche je vais attaquer L’Odyssée dans la traduction en vers de 14 syllabes qui m’attend à la maison (le nom du traducteur m’échappe : Frédéric Mugler ?), et le « dernier » Lobo Antunes ; ça va forcément me relancer.

 

10:33 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 13 août 2026

Ânes et rebot

Belle et agréable – quoique torride et étouffante – journée à Espelette, avec Frédéric, Véronique et leurs enfants, qui ont drôlement grandi ; ce sont des adolescents, et ils sont vraiment très gentils, très bien éduqués (le contraire eût été étonnant).

Nous avons fait une promenade de 7 kilomètres autour d’Espelette, par les bois et le long de prairies où paissaient, paisibles, des ânes.

La discussion n’a jamais tourné autour de questions professionnelles, et c’était très chouette aussi pour cela. Ils n’auront pas vu de partie de pelote, alors qu’ils sont restés deux semaines dans le Pays basque, et alors qu’il y avait des finales de main nue au fronton d’Espelette au début de leur séjour ; j’ai raconté à Frédéric la finale de rebot à Saint-Palais, que nous n’avons vue qu’une fois, en 2012, et qui est une expérience culturelle mémorable. Il faut vraiment qu'on se revoie plus régulièrement, car notre dernière soirée ensemble remontait à 2023.

 

Finale du Championnat de France, rebot, catégorie seniors. Saint-Palais (Donapaleu), 15 août 2012.

mercredi, 12 août 2026

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Hier à 23 h 30, fini de lire Les Misérables ; il reste à mettre au propre les derniers billets de blog. Juste avant, nous avions vu une demi-douzaine d’étoiles filantes, allongés dans la nuit au milieu des arbres fruitiers, accompagnés par les ululements d’une chouette hulotte, peut-être pas très contente de nous voir sur son territoire.

Ce matin, au réveil, en allant pisser au fond du jardin, j'ai pu observer les deux lièvres ensemble, dans le champ en jachère, avant qu'ils ne détalent vers la haie du Campot.

 

Avec ma mère, nous avons commencé à discuter du séjour à Guernesey, autour de son petit guide et de la carte de l’île qu’elle possède. Irons-nous à Herm ? peut-être pas. Aurigny, si on pouvait s’y rendre depuis Cherbourg une autre année, ce serait aussi bien.

 

09:03 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 10 août 2026

Zinzelière installée

Cette nuit nous avons fini par installer la moustiquaire, à 3 heures du matin, après un début de nuit très perturbé par l’orage terrible, et donc par les moustiques. Sous l’influence des Misérables, on pourrait se mettre à dire zinzelière, au lieu de moustiquaire : quand Gavroche ramène les deux enfants perdus dans l’éléphant, les rats « mord[ai]ent les mailles comme s’ils cherchaient à percer cette zinzelière d’un nouveau genre ».

Cette nuit, E° a fini de lire le roman ; j’ai 200 pages de retard sur lui, finalement (et davantage encore pour les annotations du blog). E° a mis dix-sept jours ; nous mettrons, je crois, trois semaines.

 

dimanche, 09 août 2026

Pas dans le bingo

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samedi, 08 août 2026

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