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jeudi, 08 février 2018

66 secondes de lecture, 29 : Kaplan à (1+7x)

Comme lors du premier jour de cette série, un jeudi, il y a quatre semaines, je lis une page au hasard de Leslie Kaplan : un livre que je n'ai pas lu, à la page “du jour” (8 février → page 82).

 

Si j'écris

66 SECONDES DE LECTURE

ça fait 22 signes espaces comprises.

 

 

Si j'écris

SOIXANTE-SIX SECONDES DE LECTURE

ça en fait 32.

 

Méditez ça.

mercredi, 07 février 2018

66 secondes de lecture, 28 : les écueils du théâtre

Parvenu à la fin de la quatrième semaine de ce projet qui consiste à enregistrer chaque jour une lecture à voix haute, je peux noter quelques récurrences, qui ne sont pas des invariants : depuis 28 jours, j'ai choisi généralement des livres que j'étais en train de lire, et souvent même des livres en cours d'emprunt (que l'on retrouve ensuite dans les vidéos JE RENDS DES LIVRES). 

Une exception, pas la première, aujourd'hui : livre pris au hasard sur une des étagères de la bibliothèque. Je me suis rendu compte, en improvisant ma lecture, de la difficulté de lire un texte dramatique dans ce contexte.

mardi, 06 février 2018

66 secondes de lecture, 27 : les fausses évidences de Tom Phillips

Après avoir reçu, aujourd'hui, dans la boîte à lettres que commençait à recouvrir la neige, l'édition définitive (final edition) de A Humument, il était évident que c'était ce livre qu'il fallait choisir pour la lecture du jour, oubliée le matin faute de temps.

Et n'est-il pas évident, depuis le temps que je tourne autour de ce(s) livre(s), ou que ce projet ferraille en moi, qu'il faudra consacrer une traduction improvisée à une page de A Humument ? Pourquoi pas la même page dans 4 éditions différentes ? (Je ne possède pas, hélas, la première édition.)

lundi, 05 février 2018

66 secondes de lecture, 26

dimanche, 04 février 2018

66 secondes de lecture, 25 : “jaune de prolétaire”

 

Impossible pour moi de clore une semaine de lectures “africaines” à voix haute sans passer par Raharimanana, et, en l'occurrence, par son Arbre anthropophage.

 

Deux nouvelles traductions de Mick Twister

limericktr1.jpg

 

 

limericktr2.jpg

Trois limericks retrouvés (31 mai 2016)

Pour Paul Fréval.

 

Un écrivain nommé Tolstoï

Était très féru de sex-toï.

Son éditeur, Aliocha,

Aimant les boules de geisha,

Il fut entièrement traduit en langue d'oïl.

 

Conducteur de poids lourds, Tolstoï

S'écrie soudain : « Putain, ce choï

A pété mon pare-brise !

Ce métier vraiment me les brise ;

J'eusse aimé danser au Bolchoï ! »

 

Un écrivain nommé Tolstoï

Enfant pédalait sur son gloï.

Naturellement,

Il pondit son premier roman

Avec un stylo Tip-Toï®.

Rondel 24 : le lendemain de France / Irlande

Le drop de Jonathan Sexton

Vous crucifia, faut-il le taire,

Pendant le temps supplémentaire.

Oui, ce fut comme un coup de ton-

 

Nerre sur le stade en béton :

Il n’y a pas d’autre commentaire.

Le drop de Jonathan Sexton

Vous crucifia, faut-il le taire.

 

On rêverait de badminton

Ou de lui lier au chatterton

Les pieds (est-ce règlementaire ?),

Afin que reste à ras de terre

Le drop de Jonathan Sexton !

07:13 Publié dans Rondels | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 03 février 2018

Rondel 23 : juste avant France/Irlande

Les Irlandais de vert vêtus

De vous vont faire une bouchée,

Français à la passe accrochée

Et aux coups de patte têtus.

 

Remplaçant sur le banc, sais-tu

Comment l’équipe s’est couchée ?

Les Irlandais de vert vêtus

De vous vont faire une bouchée.

 

Des cadrages, pas des pointus !

Crampons boueux et dos courbatus

Font fuir ma muse effarouchée.

Qui donc lance la chevauchée ?

Les Irlandais de vert vêtus !

 

17:29 Publié dans Rondels | Lien permanent | Commentaires (0)

poème de 1713

1712c.PNG

37 shenanigans

37 shenanigans.PNG

66 secondes de lecture, 24 : Patrice Nganang auf Deutsch

La semaine africaine se poursuit, avec une page de la traduction allemande de Mont-Plaisant.

Avec mes excuses à ceux dont je vrille les oreilles germaniques ou germanistes : mon accent est très médiocre, je le sais.

Patrice Nganang a été libéré il y a cinq semaines, et il est plus actif et motivé que jamais : le chassement du tyran Biya, et en août prochain son nouveau roman chez Lattès, le roman de la guerre civile — c'est aussi, dit-il, le dernier livre qu'il écrira en français.

(Quant à savoir s'il s'autotraduira de l'anglais en français...)

vendredi, 02 février 2018

66 secondes de lecture, 23 : “face value”

Tract sur la “loi Vidal”, quelques précisions

Vidal.PNG

 

Voici le tract distribué ce matin devant le site Tanneurs, avec mes annotations sous forme abrégée.

 

Quelques précisions :

 

1. La prétendue “année de mise à niveau” n'existe pas. La réforme Vidal impose aux universités de proposer des "modules de remise à niveau" à tous les étudiants qui ne répondent pas aux attendus. (Au passage, cela montre bien qu'il y aura zéro sélection, vu qu'un étudiant à qui une filière a signifié qu'il va droit à l'échec pourra quand même s'y inscrire.) En l'état actuel des informations dont disposent les équipes pédagogiques, il n'y aura, à Tours, aucun financement de ces modules, ce qui signifie qu'il s'agira probablement de modules d'autoformation parallèles à une année de L1 tout à fait normale.

 

2. “Écarter les étudiants [...] des bac pro et techno” n'aura pas lieu, vu qu'il n'y a pas, de facto, de sélection. Toutefois, un rappel s'impose : chaque année, des étudiants issus notamment des filières professionnelles s'inscrivent à l'Université et échouent immanquablement. J'ai été président du jury de L1 de LEA de 2005 à 2008 et de 2011 à 2016, et directeur du département de LLCER Anglais de 2008 à 2011 : chaque année, j'assurais un suivi des étudiants les plus en difficulté, et n'ai JAMAIS vu un étudiant issu d'une filière professionnelle obtenir son année, pour ne rien dire du diplôme. Pour moi, le pire est cette absence apparente de sélection qui pousse chaque année des milliers de lycéens puis d'étudiants à s'illusionner.

 

3. Les étudiants n'auront PAS à choisir 3 modules correspondant à différentes disciplines. Dans l'état actuel de la réflexion (les maquettes ne sont pas encore votées par le CFVU), un semestre type se composera de 4 modules, dont 1 extérieur à la discipline. Ce module interdisciplinaire sera obligatoire uniquement en L1 et pourra être remplacé à partir de la L2 par un module de renforcement disciplinaire. En un mot, c'est déjà ce qui se passe depuis 2010 avec les parcours spécialisés.

 

4. Le lien qui est fait dans ce tract entre modules pluridisciplinaires et fin du système de compensation des UE et des semestres est absurde : rien n'empêche, dans la structure du logiciel Apogée, de maintenir la compensation totale. Et cela, c'est quelqu'un qui, pour des raisons pédagogiques profondes, est opposé à la compensation totale. Autrement dit : j'adorerais que la compensation disparaisse, mais hélas, en dépit des remarques de la ministre en novembre, la réforme Vidal ne va rien faire dans ce sens. Pire même, cette annonce est un chiffon rouge qui a pour fonction de démobiliser les étudiants dès que la compensation sera officiellement maintenue.

 

5. D'où sort cette histoire de “menace de suppression des bourses en fonction des notes” ?

 

6. Pour en revenir au point n° 2, qui est selon moi le plus important : tant qu'on ne réservera pas les places en BTS et en IUT aux bacheliers issus des sections technologiques et des filières professionnelles, aucun des problèmes soulevés dans le point n° 2 ne sera réglé. En faisant cela, on revalorisera ces filières et sections (qui ne seront plus “les moins favorisées”) et on évitera la réorientation par défaut de milliers de lycéens issus de ces filières dans des diplômes universitaires dont les méthodologies et les contenus d'enseignement correspondent spécifiquement aux sections générales.

08:48 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 01 février 2018

66 secondes de lecture, 22 : du Sénégal originaire

Toujours en poursuivant la série africaine, avec le très bouillonnant et philosophique essai de Cheikh Anta Diop, Nations nègres et culture.

D'ailleurs, je lisais ça dans le tramway et me suis demandé si je n'allais pas avoir des ennuis, vu le titre.

« Sauvez l'Université du Sheitan » : un mouvement social gangréné par l'islamisme ?

20180201_080018.jpg

 

Voilà où on en est...

J'ai pris cette photo il y a quelques instants sur mon lieu de  travail, le site Tanneurs de l'Université François-Rabelais.

Mon avis personnel sur la réforme Vidal et sur la mise en place de la plate-forme ParcoursSup compte peu ici (je l'ai un peu détaillée au détour de commentaires sur Facebook) ; ce qui est choquant, et très grave, c'est qu'un mouvement social légitime se décrédibilise en usant du discours des islamistes.

Que nous dit cette affiche ? Elle nous dit que l'Université est menacée par le sheitan : le diable en arabe, donc. Et plus précisément : le diable selon l'Islam.

Qui est ce sheitan ? Les réformes du gouvernement, on suppose, à moins que ce ne soit le gouvernement lui-même ? On ne sait pas. Ce n'est pas grave. Le discours des fondamentalistes ne fait pas dans le détail : ce à quoi il s'oppose, c'est le mal, point barre.

Sauf qu'ici il y a comme un léger problème : l'Université française porte les valeurs de tolérance, de liberté, mais aussi et surtout d'esprit critique. L'esprit critique veut que, sur le terrain des idées, on n'use pas de concepts obscurantistes. Ainsi, face à ce genre d'affiche, je serai toujours du côté de ceux que l'on traite de sheitan.

Avec un tel discours de haine, un discours aussi rétrograde, les auteurs de cette affiche ont déjà perdu leur combat, si tant est que leur combat soit de rassembler contre les réformes du gouvernement. Si leur combat, comme je le soupçonne, est plutôt de démontrer que les islamistes ont déjà gagné en noyautant la gauche radicale de l'intérieur, alors peut-être ont-ils gagné.

mercredi, 31 janvier 2018

66 secondes de lecture, 21 : à la verticale

Innovation, pour clore la troisième semaine de publication : le format vertical, qui a permis — seul avantage ? — les floutages intempestifs du texte.

Aujourd'hui, un texte extrait d'une des nouvelles du Fil des missangas, un des livres que j'offre quand je veux vraiment donner une idée de ce qu'est la complexité de ce qu'on appelle, pour simplifier, littérature africaine. Mia Couto est un immense écrivain, mais ce n'est pas cela : ce livre, magnifiquement traduit du portugais par Élisabeth Rodrigues Monteiro, a quelque chose de quintessentiel.



En bonus : le billet qui disparaît, avec l'apparition de celui-ci, de la page d'accueil du blog

17 quatrains animaliers (d'après un documentaire sur les géladas)

Ça me laisse de glace,

Même en vers, la rumeur.

Les singes se déplacent

Au gré de leur humeur.

 

*

 

La révolte des artisans

Certainement va se tasser.

Golden Boy, le courtisan ?

Impossible de s'en passer.

 

*

 

Pour acheter Lada,

Ne faut guère de flouse.

Les babouins géladas

Ratissent la pelouse.

 

*

 

A la mi-Carême

Silhouette gracile.

Le chef de harem

Hausse les sourcils.

 

*

 

Se ferait-on du bien

Avec un gros sextoy ?

Doigt-Cassé revient

En compagnie de Golden Boy.

 

*

 

Sous ta houppelande,

Quelle odeur infecte !

Corsaire commande,

Et on le respecte.

 

*

 

Muse, je vois que tu hésites

Avec ton petit air chafouin.

Le chacal chie des parasites

Qui contaminent les babouins.

 

*

 

Ton poème cafardeux

Déprime tout le canton.

Totem est le n° 2

Avec son gros kyste au menton.

 

*

 

Vous aurais-je menti,

Ô vous que tout tracasse ?

Le chacal a senti

L'odeur d'une carcasse.

 

*

 

Celui qui sérieusement bosse

Ne fait rien à l'improviste.

La femelle Carabosse

Porte deux énormes kystes.

 

*

 

Un bon marron glacé,

Ça ferait mon bonheur.

La fille de Doigt-Cassé

Est aussi en chaleur.

 

*

 

Une pastille Valda,

Et hop ! j'ai bien meilleure haleine.

La harde de Kochmeda

Est au sud de son domaine.

 

*

 

Si je me retrousse les manches

Je serai peut-être endurant.

Doigt-Cassé arrache des branches

Pour bombarder un concurrent.

 

*

 

Akhénaton, dans ton linceul,

À quoi te servent tes breloques ?

Les géladas sont les seuls

Primates ventriloques.

 

*

 

À Lille chaque mois,

Une belle drachée !

Les deux babouins siamois

Sont joints par la trachée.

 

*

 

Que j'aime cavaler

Sur ma jument chérie !

L'adolescent se laisse aller

À quelques brusqueries.

 

*

 

Ma Muse à mes rivaux

N'est point tant destructrice.

Le corbeau corbivau

De l'aigle mord une rectrice.

 

 

 

mardi, 30 janvier 2018

66 secondes de lecture, 20 : « pétrir la viande de l'autre »

La semaine se poursuit avec une lecture d'un autre roman africain, magnifique.

Agonies est d'ailleurs un des rares livres dédicacés de ma bibliothèque.

Nous avions rencontré Daniel Biyaoula à Beauvais, en 2000 je crois.

Il est mort en mai 2014.

lundi, 29 janvier 2018

66 secondes de lecture, 19 : Freeze Frame

Cette semaine, à défaut d'avoir encore eu le courage de lancer une série de vidéos consacrée aux écrivain·e·s africain·e·s qui comptent pour moi (projet qui me trotte en tête  depuis quelques mois), je vais consacrer les lectures-minute à des textes “venus d'Afrique”, en effet.

Aujourd'hui : un poème de Nii Ayikwei Parkes.

dimanche, 28 janvier 2018

66 secondes de lecture, 18 : “the smells more pungent”

Aujourd'hui, une page au hasard de Song of Synth, un des plus récents romans de mon ami Seb Doubinsky.

Pour plus d'éléments, allez voir du côté du blog (un peu endormi) de Seb, de sa page FB, d'une traduction improvisée d'un autre chapitre...

Seb vient de traduire un roman de Jerry Wilson : je n'ai encore lu, shame on me, ni la V.O. ni la VF.

Deux limericks traduits (la ruée sur le Nutella)

Jadis, en France, on luttait là

Pour du pain, pas du Nutella !

Face à la disette

Marie-Antoinette

Eût dit : « Jetez-leur du beurre de cacahouète ! »

 

V.O. :

nutellariots.PNG

 

 

“Cette pâte, goûtez-la !”

Disait un vendeur. J'étais là.

Guère visionnaire,

Ce commissionnaire

Ne pouvait prévoir la ruée sur le Nutella !

 

V.O. :

nutella.PNG

 

___________________________________________

 

Quelques explications sur cette nouvelle rubrique, Twitmericks terriblement traduits.

Cela fait un moment que je lis des limericks, que je m'intéresse de près à cette forme : j'en compose en français (sur ce blog, depuis 2005, dans 5 séries différentes : ligériens, berrichons, meurthois, wikimericks et limericks du martyrologe — les liens sont dans la colonne de droite) et j'en lis beaucoup, depuis quelque temps, sur Twitter.

Hier, au débotté et de tête, en voiture, en à peine une minute, j'en ai traduit un, que je venais de lire : le limerick de Mick Twister que vous pouvez lire supra dans ma traduction et en V.O. S'en est suivi un bref échange, sur Twitter, avec Mick Twister, qui m'a fait remarquer que je n'avais pas respecté la structure de rimes AABBA. C'est amusant, car c'est peut-être la première fois que je trichais un peu, for the sake of translation, et c'est là que je me fais gauler !

Le choix de l'adverbe terriblement dans le titre, on peut l'entendre comme un calque de l'anglais : très mal traduits.

 

samedi, 27 janvier 2018

66 secondes de lecture, 17 : “children opened the imagination”

 

Pour la dix-septième lecture à haute voix, un défi & un plaisir : en revenir (toujours) à ce chef-d'œuvre sublime, drôle, joyeux, beau, A Humument de Tom Phillips, l'œuvre d'une vie. J'en ai déjà parlé par le passé dans ce blog, et me contente aujourd'hui de renvoyer au site officiel de Tom Phillips.

Ici, j'ai donc ouvert au hasard la quatrième édition (je possède un exemplaire de la 2e et un de la 3e) et tenté de lire le texte formé par les phylactères non caviardés. Ça fait une sorte de poème, mais en improvisation ma lecture s'est faite trop solennelle, pas dans le ton de l'œuvre.

Peu importe.

C'est un livre auquel, forcément, je reviendrai.

 

(Autre innovation : en écho à cette première lecture d'un texte “illisible”, j'ai lu avec un fond sonore, en quelque sorte. En général, c'est une mauvaise idée ; la variation exige que cette série de lectures à voix haute soit, parfois, constituée de mauvaises idées. — Il y a aussi le fait, agaçant mais auquel je finis par me résigner, que le smartphone a tendance à flouter soudainement, et pendant plusieurs secondes, l'image : c'est gênant pour moi, qui lis en fait à l'écran (car l'écran souvent me cache la page), plus que pour l'éventuel vidéospectateur, qui, après tout, est censé m'écouter.)

 

voici) la Huppe

voici) la Huppe

avec son plumage en rondins

n'est-on pas dupe

de ces propos pas anodins

oiseau en jupe

& volte des vertugadins

Mords dans la drupe

ou dans l'insecte (le jardin :

 

huppe.jpg

 

 

 

Quelques explications sur ce huitain : mon amie FB Françoise Guichard a partagé sur mon mur une citation d'Alexandre Vialatte agrémentée d'un collage/dessin dont je ne connais pas l'auteur, et qui m'a inspiré ces vers. Je publie ici aussi le dessin, au cas où il soit retiré de FB. Tous droits réservés, je suppose, mais à qui...

vendredi, 26 janvier 2018

Mines de sel

Le Roi Lear revient souvent dans l’œuvre de Leslie Kaplan, et singulièrement, dans Les Mines de sel, quand la grand-mère Émilienne donne la réplique à sa petite-fille répétant le rôle de Cordelia. (Il y a une thèse à écrire sur la façon dont les écrivainEs ne cessent d’en revenir à la figure de Cordelia. Conformisme inversé ?)

Ce qui compte, c’est comment, plus tard, la vieille femme se moque de l’absence de sentiments des hommes autant que de la non-jouissance de sa fille :

– Le désespoir des hommes : des plaisanteries, des blagues, des poses ! Ceci, cela. Rien de rien.

Tout en parlant elle faisait des mines, prenait des airs pincés, pour souligner le ridicule.

– Les hommes ne sont jamais vraiment désespérés.

(p. 48)

 

Le titre, lui, vient de ces mines de sel dans lesquels travaillent – sont sacrifiés – les enfants brésiliens. Histoire d’un trafic d’enfants : l’adoption illégale est-elle pire, moralement, que la condamnation sociale aux travaux forcés ? Sel des larmes et faux désespoir : tout se tient.

Il y a aussi les mines sinistres des contrôleurs de bus (« leur air habituel, fatigué et brutal », p. 101 : mine de rien, ces trois adjectifs creusent de l’intérieur ce que le métier fait de ces hommes apparemment réduits à un type collectif).

66 secondes de lecture, 16 : As Seen from Above

 

La série 66 secondes de lecture est quasiment improvisée. Aujourd'hui, je voulais rouvrir un des deux recueils de Cynthia Atkins, au hasard. Je m'améliore pour le format : ce poème, dont je craignais qu'il ne prît plus d'une minute, a tenu parfaitement dans le temps imparti, filmage du titre compris.

En revanche, deux énormes fautes de prononciation m'ont échappé, sur deux mots (et sons) similaires d'ailleurs : on m'entendra donc très mal prononcer lawn et load.

Comme j'ai décidé de ne pas tricher, je n'ai pas refait la prise.

Mais enfin, la honte...