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dimanche, 06 novembre 2016

Détresse des tresses

Ce matin, je me suis rendu compte que, dans la boulangerie où j'ai mes habitudes, la pâtisserie le plus souvent nommée tresse au chocolat (encore qu'elle connaisse quelques variations d'appellation) était baptisée (c'est le cas de le dire) « saint-christin ».

tresse.jpg

Une rapide recherche sur le Web a achevé de m'empêcher d'y voir goutte.

En effet, il semblerait que le saint-christin (ou sacristain ? quel est le bon terme ?) soit une tresse, mais aux amandes.

samedi, 05 novembre 2016

La belle équipe

Revu La belle équipe.

En 1991, quand je l'avais vu, FR3 avait diffusé les deux fins. Cette fois-ci, avec une copie remastérisée (et très belle), c'était la fin tragique, de sorte que je n'arrive pas à me rappeler comment s'achève « l'autre film » : le couple Jeannot/Charlot chasse-t-il derechef la tentatrice ?

Étonnant comme tout le portrait de l'homosexualité (qui n'est même pas un sous-texte, ça crève l'écran) m'avait échappé à 17 ans... peut-être parce qu'on [= je] n'attendait l'homosexualité que dans les œuvres explicitement et a priori désignées comme telles ?

23:19 Publié dans Tographe | Lien permanent | Commentaires (2)

vendredi, 04 novembre 2016

Valeurs

14940167_10208922037742078_5078297403783047747_o.jpgCela fait des mois que je songe, soit à reprendre cette rubrique nécessairement inachevée, soit à en retravailler les textes pour publication sous forme de livre.

Ce qu'il faudrait, c'est que je fasse ça, moi aussi, à la brute, à la brutale, à l'abruti.

 

La prose de Dubuffet est aussi forte que son œuvre de peintre ou de sculpteur. Pas de distinction. Ne distinguer pas de valeur, ni de place aux adverbes.

jeudi, 03 novembre 2016

Femmes d'affaires

mercredi, 02 novembre 2016

Le sperme de Lyautey dans la bouche du monde

« Mon aventure finale fut celle-ci : un jour je rencontrai près d’un égout collecteur deux femmes qui m’apprirent en riant comme des folles que j’avais, par mégarde, la veille, écrasé un certain nombre de tubes de verre sur lesquels elles avaient écrit « Vive l’armée » avec le sperme du maréchal Lyautey. »

(Dédé Sunbeam, 1925)

Mais qui était Dédé Sunbeam ? Raymond Queneau ?

mardi, 01 novembre 2016

Quatre millième billet

Ceci est mon quatre millième billet sur Touraine sereine.

On aurait pu déboucher le champagne, mais point trop n'en faut, pas de foin.

Un autre jour on glosera sur un vers de La Fontaine, ou sur une épaisse texture de Dubuffet.

Signalons seulement, dans l'absence d'inspiration qui appelle aux recyclages les plus oiseux, que je publiai il y a deux ans jour pour jour un billet relatif à une vidéo assez aboutie (dans l'esprit, veux-je dire).

21:59 Publié dans 10 ans | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 31 octobre 2016

Du bled d'Alfred, village mondial.

J'ai découvert Tierno Monénembo en 1995, un peu par hasard, je m'en souviens fort bien : j'avais acheté Pelourinho pour 10 francs chez le bouquiniste du haut de la rue d'Ulm. Depuis, j'ai presque tout lu de lui. Seules exceptions : Les écailles du ciel, Peuls (pas réussi à le finir), Le roi de Kahel (toujours en attente quelque part sur une pile de livres à lire).

Pelourinho est le premier roman de Monénembo dans lequel il raconte la diaspora africaine – ou, plus exactement : dans lequel il fonde un récit complexe sur les allers-retours entre communautés africaines et communautés issues de la diaspora. À l'époque, un certain nombre de choses avaient dû m'échapper, aussi parce que je ne connaissais rien (et ce n'est guère mieux aujourd'hui) aux rites religieux animistes tels qu'ils ont été « acclimatés » au Brésil.

Depuis, il semblerait que Monénembo ait choisi de dresser, roman après roman, une cartographie de la présence africaine dans le monde : Cuba dans le précédent roman, la France de 39-45 dans Le terroriste noir… et donc l'Algérie des années 60 aux années 90 dans ce nouveau livre, sobrement (sobrement ? ça reste à démontrer) intitulé Bled.

 

Dans Bled, on retrouve un récit à la première personne (avec une narratrice, ce qui n'est pas si fréquent chez Monénembo), et ce style faussement familier, faussement relâché, qui est caractéristique de l'écrivain, et qui ressortit, selon moi, d'une forme de maniérisme du je-m'en-foutisme : Monénembo veut absolument donner l'impression qu'il écrit ou qu'il compose par-dessus la jambe. Or, la composition, par exemple, est aussi savante que subtile. Ainsi, le récit de Zoubida commence – au présent – alors qu'elle est encore cloîtrée chez la vieille Karla, ce qui donne l'illusion que toute l'histoire est racontée rétrospectivement depuis ce point temporel ; pourtant, Zoubida est arrêtée à la fin de la IIe partie, et les six chapitres de la IIIe partie racontent son incarcération, puis sa libération et sa vie loin de tout, dans une oasis, avec son libérateur, Arsane Benkirane. Ce parti pris donne un dynamisme supplémentaire au récit : implicitement, le lecteur perçoit que Zoubida raconte son histoire au fur et à mesure qu'elle la vit, mais au passé.

Autre élément qui renforce l'impression de foutoir tout au long des deux premières parties : l'alternance, d'un chapitre à l'autre, non entre deux voix narratives, mais entre deux moments différents de l'histoire (la vie de Zoubida adolescente à Aïn Guesma et l'histoire de sa fuite et de son enfermement dans le bordel-prison de Mounir). Ce dispositif, qui n'a rien de très original mais qui achève de confondre les différentes personae de la narratrice, est tout à fait efficace.

Enfin, et ce point est sans doute le plus énigmatique, le destinataire. En effet, Zoubida Mesbahi s'adresse, dès le début et sans jamais changer d'interlocuteur, à Alfred le Camerounais. Or, plus on avance dans le roman, plus le rôle réel d'Alfred dans ce qui est arrivé à Zoubida paraît marginal. Elle affirme que son arrivée à Aïn Guesma – et l'amitié improbable qui est née entre Papa Hassan et lui – a tout déclenché, mais le lecteur tiers (nous, donc) ne peut s'empêcher d'y voir soit une fixation (une lubie) de la narratrice, soit un effet de discours émanant de Monénembo lui-même : il fallait que cette histoire algérienne s'adressât à un Camerounais. En effet, le récit de Zoubida ne fait pas mystère du fait qu'il y avait bien d'autres destinataires possibles que ce Camerounais coincé à Aïn Guesma (« Un gros oued Rhiou te sépare du Cameroun, définitivement. », p. 182) : son père, Papa Hassan, ou sa mère ; Loïc, le père de son premier enfant et la cause de sa fuite (« mon géologue de Quimper », p. 191) ; Arsane, le visiteur de prison qui lui fait découvrir la littérature et finit par lui permettre de recouvrer la liberté après l'avoir épousée ; Salma, « la fofolle de Bourgoin-Jallieu » (p. 81)

Pourquoi donc un Camerounais, que tous les habitants d'Aïn Guesma prennent d'abord pour un Congolais (par exemple p. 32) ? Une des hypothèses les plus évidentes est que Monénembo cherche à montrer par là la réalité de la mondialisation et des échanges culturels : il faut que Zoubida s'adresse au Camerounais et que ce soit lui, le plus « étranger » peut-être à la situation de l'Algérie depuis les années 50, qui serve, symboliquement, de point de départ, de détonateur de l'histoire. C'est là une des antiennes de l'œuvre de Monénembo, et on la retrouve formulée de différentes façons, à divers points du récit. C'est le personnage d'Arsane Benkirane qui s'en fait notamment l'écho : « Il est temps, dit-il, de réconcilier les différents organes de notre corps : notre sang arabe, nos veines berbères, notre langue française, nos lèvres de nègre, notre front de Turc, notre pif de Juif... » (p. 189)

Cette apologie systématique autant que systémique du métissage et de l'interculturalité a tendance à paraître plaquée. Sans doute l'écrivain a-t-il raison de penser qu'il faut sans cesse reprendre ce fil et montrer en quoi les cultures ne sont pas des isolats, mais l'idéologie se trouve ainsi forcée de déclamer à l'avant-scène. Ce défaut – qui n'en est pas vraiment un, disons que, et c'est un avis tout à fait personnel, je trouve ça lourdingue – n'est pas nouveau dans la prose de Monénembo.

Pour en revenir à l'énigme du destinataire, il y a une autre hypothèse, moins idéologique, moins explicite, et plus séduisante au fond : que Zoubida, sans jamais le dire, soit tombée profondément amoureuse d'Alfred le soir où il a surgi dans sa vie après s'être embourbé dans la neige et avoir été secouru par Papa Hassan. Pourquoi continuer d'écrire ce livre possible (p. 199) et de s'adresser à Alfred ? Elle qui a été initiée par Arsane à la littérature, à une multiplicité d'auteurs de continents si différents, sait très bien ce qu'elle fait ; c'est elle qui donne, avec l'écrivain, l'impression de raconter pêle-mêle, sans véritable objectif. Pourtant, ce qui ne peut manquer de ressortir de la lecture de Bled, c'est que le titre même du roman est une abréviation du nom de son destinataire, du personnage le plus important pour Zoubida : Bamikilé Alfred. Longue lettre ouverte d'un amour dissimulé ?

Le fourre-tout apparent du récit, de la déconstruction dynamique des récits, sert donc de contrepoint au « délicieux fourre-tout » que constitue, selon Arsane, la littérature :

« Lis-les comme ils arrivent ! N'obéis qu'à ton appétit ! Ne t'occupe point de ranger. Surtout pas rayonnages dans ta jolie petite tête ! Laisse ça aux ébénistes et aux érudits ! Dis-toi que la littérature est un extraordinaire festin, un délicieux fourre-tout. Goûte à tous les plats, pêle-mêle selon tes goûts, selon tes envies ! » (p. 170)

Cette injonction joyeuse reprend d'ailleurs la leçon autant culinaire qu'esthétique du livre de Monénembo qui m'a le plus marqué, Un attiéké pour Elgass.

 

Tierno Monénembo. Bled. Seuil, 2016.

vendredi, 21 octobre 2016

allongés dans le lierre doux...

Hagetmau, 21.10.2015.

allongés dans le lierre doux

dont je nous ai fait une couche

à boire de ce bourret roux

servi au flingue et à la louche

 

nos mains repassent sur le houx

puis s'abreuvent à cette bouche

la peau reprise par la toux

sous le vergne du pré de l'Ouche

 

était-ce un rêve mon regard

happé à plaquer ton rencard

artifice de la démence

 

des cadences pour le pavois

& ce moment en rien grivois

barbouiller l'ombre m'ensemence

 

jeudi, 20 octobre 2016

Vallée des singes, Romagne

Dans la Vienne, chaque année, souvent à l'automne d'ailleurs, y revenir.

La Vallée des singes, zoo atypique au charme fou, il nous faut tout de même plus d'une heure et demie pour y aller (et pour en revenir). Alpha, certes, qui a désormais quinze ans, ne nous épargnerait pas cette visite annuelle, mais nous n'avons pas trop à nous forcer.

Toujours quelque chose de neuf : hier, par exemple, l'observation des atèles à face rouge dans leur nouveau territoire, ou des varis à ceinture blanche — puis, même le groupe de mandrills joue toujours une pièce de théâtre différente. Nous avons aussi vu, lors du deuxième passage, les bonobos dehors, en quatre groupes différents (la fameuse fission-fusion)... dont un groupe de quatre au faîte des arbres, fort haut.

Notre première visite remonte au 11 juillet 2005, et je n'en avais pas parlé ici. Alpha nous disait hier à table qu'il se rappelait du nourrissage des gorilles (mémorable Yaoundé) et du territoire des saïmiris (à l'époque, il n'y en avait qu'un, il me semble). Entre 2005 et 2011, nous n'y sommes pas retournés, mais, depuis le 11 novembre 2011, c'est comme un pèlerinage — je l'ai dit, Alpha ne nous en ferait pas grâce.

Hier, il y avait beaucoup de Néerlandais, tout un car même.

En 2011, je ne saurais dire, mais nous étions restés deux jours dans le Poitou, en louant une petite maison dans un joli village dont le nom m'échappe. (Je ne retrouve même pas avec les photos ; il faudrait une archéologie informatique plus poussée.)

mercredi, 19 octobre 2016

Sonnet en émoticônes, VI

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mardi, 18 octobre 2016

Binturongs & fossas

Lorsque je joue au ping-pong

Ça ruine ma permanente.

 

La toute jeune binturong

Est enfin sortie, près de Nantes.

 

 

************

 

 

Faire des selfies hideux

Est malaisé sous un dolmen.

 

Deux fossas viennent de

Rejoindre le zoo d'Olmen.

Traduire “fembot”

Un bon exemple, pour renouveler mon stock pour le cours magistral que je consacrerai fin novembre, dans le cadre du cours de première année de Documentation*, à la question des ressources lexicographiques en ligne (monolingues, bilingues, multilingues), c'est le nom composé amalgamé fembot**.

En effet, si les dictionnaires bilingues Larousse en ligne ne connaissent pas le terme, c'est le cas de la plupart des ressources habituelles (Collins ou IATE).  Wordreference reste pareillement muet, à l'exception d'une discussion très marginale sur le forum, et Linguee ne répertorie quasiment aucune occurrence (ce qui est plus étonnant).

Le site le plus disert reste Reverso, surtout dans son interface contextuelle. Toutefois, les nombreuses phrases en contexte n'ont, en regard, que des traductions manquantes, fausses ou peu convaincantes : tout au plus serais-je tenté d'emprunter cybernana et de le moderniser en cybermeuf. Finalement, des traductions “sèches” proposées en haut de page, femmebote et robote, seule la seconde peut sembler convenir. Cela requiert, toutefois, un certain discernement : rien de tout cuit ici.

L'aller-retour entre la version francophone et la version anglophone de la Wikipédia suggère une équivalence trop restrictive ou trop technique (gynoïde).

À qui voudrait traduire le titre de la chanson de Zappa, “Fembot in A Wet T-Shirt”, que conseiller ? L'anglicisme (une fembot en t-shirt mouillé) ? Robote dans un t-shirt mouillé ? Une cybermeuf ?

 

 

* Triple génitif, I know.

** Oui, je suis en train de réécouter Joe's Garage de Frank Zappa.

Onze saints rares (18 octobre)

Le très saint et très pieux Acuce

Aime énormément qu'on le suce.

Qu'attendiez-vous, amis, c-

Omme rime à ce limerick ?

Qu'il se fît défoncer l'anuce ?

 

♠♣♦♥♥♦♣♠

 

Mon autruchon se nomme Amable,

Et je le trouve très affable.

L'autre jour à Autrèche

Il a trouvé la brèche

Et s'est enfoui enfin la tête dans le sable.

 

♠♣♦♥♥♦♣♠

 

Un jeune athlète, Asclépiade,

Participant aux Usépiades,

Après avoir bataillé

N'a pas fini médaillé :

Désormais, nous devons subir ses jérémiades.

 

♠♣♦♥♥♦♣♠

 

Disciple de Socrate, Eutyque

Est à fond pour la maïeutyque.

Son ami Hermès

— Le fait-il exprès ? —

Goûte plutôt l'herméneutyque.

 

♠♣♦♥♥♦♣♠

 

Enrhumé, Kermidolis

Se gave de propolis.

Contre les boutons de moustyque,

Son professeur, Eutyque,

Lui aura conseillé plutôt les rossolis.

 

♠♣♦♥♥♦♣♠

 

Un peintre, Marynos,

Étant né albynos,

Un jour a dit « Je n'ose

Évoquer ma cyanose —

D'ailleurs je dois faire pleurer le mérynos. »

 

♠♣♦♥♥♦♣♠

 

Un vieux libidineux, Monon,

Trouve ma femme trop canon.

Ne t'en approche pas,

Ou ton panier-repas

Je te le fais avaler, avec ton lorgnon !

 

♠♣♦♥♥♦♣♠

 

Photographe très doué, Procule

Aime saisir le crépuscule.

Qui trouve donc cucu

Et n'est pas convaincu

Par mon limerick ? que je le désarticule !

 

♠♣♦♥♥♦♣♠

 

Un zoophile nommé Taxe

A le désir qui se désaxe.

Il atteint son climax

En matant les addax,

Et en dépeçant les spalax au scramasaxe.

 

♠♣♦♥♥♦♣♠

 

Une fleuriste, Tryphonia,

Est spécialiste en mahonia.

« Je suis toujours déçue

Car les clients, pauvres, cossus,

Veulent des géraniums ou bien des bégonias. »

 

Sonnet en émoticônes, V

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lundi, 17 octobre 2016

Deux distiques ribéryens anciens (retrouvés & abstrus)

On a trouvu bien gras des canards le gavage

Et über-dégueu la mitaine de lavage.

 

*******

 

Il a craspec son boléro Nico Mesplède

Du négoce bestiaux et transport palmipèdes.

dimanche, 16 octobre 2016

Changement de bannière

Il est temps de dire adieu à l'épigraphe qui accompagne ces carnets verts depuis quelques mois, pour en saluer une nouvelle (que vous apercevrez donc à partir de ce 16 octobre au soir sous le titre Touraine sereine), et, ce faisant, copier une dernière fois, pour archivage, cette belle phrase de Bergounioux :

 

 « Nous ne serons pas éternellement les otages des ténèbres. »

23:21 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (1)

Cinq saints rares du 16 octobre

16 octobre 2013.

 

Un naïf du nom de Bercaire

Aime beaucoup Cora Vaucaire.

Il sait qu'on dit en teuton

Gesang pour la chanson

— Et le trafic se dit fercaire.

 

╝╗║╣╣║╗╝

 

Un néo-iznogoud, Eliphe,

Voudrait être caliphe en place du caliphe.

Afin que stressé il soit moins,

On lui a conseillé le joint

Car rien ne vaut, pour se relaxer, un bon spliphe.

 

╝╗║╣╣║╗╝

 

Un étudiant de lettres, Konogan,

Ne se lave pas trop le catogan.

Il y a plus de jooing

Chez lui que de shampooing —

Il ne passe jamais son korogan.

 

╝╗║╣╣║╗╝

 

Un chanteur prénommé Momble

Fait, à tous les coups, salle comble.

(Un de ses amis, Lull,

Le trouve pourtant null,

Ce qui n'est pas l'avis des fans de Momble.)

 

╝╗║╣╣║╗╝

 

Un vieux chasseur, Saturien,

Qui n'avait jamais lu Le Voyage d'Urien,

Lança « Cornegidouille !

Toujours, je reviens bredouille :

Vraiment, ce fusil, ça tue rien ! »

 

De rouille & d'os Sur mes lèvres

Hier soir, nous avons regardé en famille — ou presque : Oméga ayant neuf ans, il est encore un peu jeune — De rouille et d'os. Il se trouve que, plus tôt dans la semaine, C* et moi avions regardé Sur mes lèvres, du même Audiard, et que nous ne connaissions pas non plus.

Une première chose m'avait frappé avec Sur mes lèvres : deuxième partie longuette, scénario tirant trop vers l'histoire criminelle poussive (au lieu d'exploiter toute la relation des deux protagonistes au travail, qui donne les meilleures scènes du film). Bien aimé quand même, mais je me suis fait la réflexion que, alors que j'avais beaucoup aimé Regarde les hommes tomber, adoré De battre mon cœur s'est arrêté, et été très impressionné par Un prophète, ce film d'Audiard ne me faisait, au fond, ni chaud ni froid.

Hier soir, plus âpre déception encore. De rouille et d'os succombe, non seulement à l'incapacité de son auteur à faire court, à couper au montage afin que son film ne s'englue pas dans des considérations de deuxième ordre, mais aussi à un story-telling tout à fait hollywoodien : tout, dans la façon dont les itinéraires de Marie et d'Ali se déroulent en parallèle avant de se croiser, puis leurs aventures (et surtout leurs mésaventures), est raconté de façon conventionnelle, conformiste. On sait à chaque instant ce qu'il va se passer ensuite : ils vont baiser, le gosse va se noyer etc. Et du coup, bien sûr, on s'en contrefout. Ajoutez à cela l'invraisemblance totale des trois scènes d'accident (dans la scène de l'accident qui vaut à Marie d'être amputée, les orques auraient attaqué la dresseuse et elle serait carrément morte (fin du film)) ; dans la scène où Ali dérouille* salement, il ne peut suffire que Marie se pointe avec ses jambes en métal pour qu'il prenne le dessus et achève la scène sans même une plaie ; dans la scène de la noyade, eh bien, le temps seulement que le père coure jusqu'au trou d'eau dans la glace, l'enfant est déjà mort normalement, donc NON, il ne peut pas être à peine vaguement mal en point le lendemain...), et comprenez pourquoi on ne s'interroge même plus : on regarde passer le temps en regardant un film...

Si j'écris ce billet, c'est surtout parce que je ne sais pas, compte tenu de ce que je viens de noter, si mes enthousiasmes passés pour les films d'Audiard viennent d'une différence réelle dans la qualité de ces différentes œuvres, ou si c'est moi qui me suis blasé, ou si j'avais surévalué De battre mon cœur... à l'époque — je me rappelle l'avoir vu au cinéma, et, en en discutant après, un ami m'avait dit qu'il trouvait ça trop long, tirant sur la corde, hystérique.

Donc, seule façon de clore ce billet ——— ?

 

 

* Ah tiens, je n'avais pas compris le titre du film, qu'Alpha a dû m'expliquer (oui, ça s'arrange tous les jours...)... mais en écrivant cette phrase, je me demande si le jeu de mots n'est pas sous-entendu par Audiard. (Après tout, c'est quand même le fils Audiard** !)

** Faut pas confondre les Michel Audiard (avec des canards sauvages).

samedi, 15 octobre 2016

Huit saints rares du 15 octobre

Un adolescent, Barsès,

Voudrait devenir Yann Barthès.

Ce n'est pas seulement

Son humour, son talent,

Mais sa coiffure et son faciès !

 

ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ

 

Je connais un type, Cannat,

Qui chaque jour un pan bagnat

Engloutit.

L'agouti

N'est pas plus goulu que Cannat.

 

ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ

 

Notre plombier, le bel Épain,

Ne sait pas faire le pain.

« Suis-je donc boulanger ?

Il n'y a pas de danger ! »

Pourtant, avec le boulanger il est copain !

 

ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ

 

Il paraît que le vieil Euthyme

Est un alcoolique anonyme.

Être né à Mélitène

Lui donnerait des phlyctènes...

Virez-moi ce vieux cacochyme !

 

ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ

 

Un vieux pêcheur nommé Gonsalve

Fait ses délices des bivalves.

Un beau jour que son oncle

Lui prenait un pétoncle,

Il saisit son pétard et lança une salve.

 

ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ

 

S'il se mire dans l'eau, Narcisse,

C'est qu'il a un teint de saucisse,

Et ça lui donne faim.

« Allons donc chez Épain ! »

« Je suis plombier ! Qu'on en finisse !!! »

 

ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ

 

Un écrivain ronchon, Sévère,

Depuis avant-hier persévère

À vociférer : « Bob ?

Poète ??? Peau de zob ! »

Quid des aèdes, des trouvères ?

 

ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ

 

Le digne, fier, illustre Thècle

Dit souffrir de ce nouveau siècle.

« La sixième extinction ? Chicane !

Mais le prix Nobel à Dylane ?

Rien de pire qui me débècle ! »

 

D'un rapport de jury, et d'un corrigé.

Neuf mois après les épreuves écrites, le jury d'agrégation interne d'anglais vient enfin de publier son rapport sur la session 2016. Ce document est toujours très instructif pour les candidats, et pour les universitaires qui assurent les cours.

Il s'agit d'un document public, consultable ici.

Je viens de passer un certain temps à lire les parties qui me concernent le plus, et notamment les pages 43 à 50, sur l'explication des choix de traduction.

Toutefois, je me contenterai de reproduire ici le texte du sujet de version, et la proposition de traduction à laquelle finit par aboutir le jury.

 

Texte à traduire (extrait de Freedom de J. Franzen)

Walter had never liked cats. They'd seemed to him the sociopaths of the pet world, a species domesticated as an evil necessary for the control of rodents and subsequently fetishized the way unhappy countries fetishize their militaries, saluting the uniforms of killers as cat owners stroke their animals' lovely fur and forgive their claws and fangs. He'd never seen anything in a cat's face but simpering incuriosity and self-interest; you only had to tease one with a mouse-toy to see where its true heart lay. Until he came to live in his mother's house, however, he'd had many worse evils to contend against. Only now, when he was responsible for the feral cat populations wreaking havoc on the properties he managed for the Nature Conservancy, and when the injury that Canterbridge Estates had inflicted on his lake was compounded by the insult of its residents' free-roaming pets, did his old anti-feline prejudice swell into the kind of bludgeoning daily misery and grievance that depressive male Berglunds evidently needed to lend meaning and substance to their lives. The grievance that had served him for the previous two years —the misery of chainsaws and earthmovers and small-scale blasting and erosion, of hammers and tile cutters and boom-boxed classic rock— was over now, and he needed something new.

Some cats are lazy or inept as killers, but the white-footed black Bobby wasn't one of them. Bobby was shrewd enough to retreat to the Hoffbauer house at dusk, when raccoons and coyotes became a danger, but every morning in the snowless months he could be seen sallying freshly forth along the lake's denuded shore and entering Walter's property to kill things.

 

Proposition de traduction

Walter n'avait jamais aimé les chats. Il lui avait semblé que c'étaient les sociopathes du monde des animaux de compagnie, une espèce domestiquée comme un mal nécessaire à l'élimination des rongeurs et fétichisée ensuite comme les pays malheureux fétichisent leurs militaires, saluant l'uniforme de tueurs comme les propriétaires de chat caressent la jolie fourrure de leur animal et lui pardonnent ses griffes et ses dents pointues. Il n'avait jamais rien lu dans l'expression d'un chat si ce n'est une absence de curiosité et un égocentrisme de façade ; il suffisait d'en taquiner un avec une fausse souris pour voir quelle était sa véritable nature. Jusqu'à ce qu'il vînt habiter dans la maison de sa mère, il avait eu quantité de maux plus graves à affronter. C'est seulement maintenant, comme il avait la charge des populations de chats harets causant des ravages dans les terres que lui avait confiées The Nature Conservancy et qu'à la blessure infligée à son lac par les lotissements Canterbridge s'ajoutait l'affront des animaux de compagnie que les résidents laissaient vagabonder, que son vieux préjugé contre les félins avait grossi jusqu'à devenir cette espèce de grief, de tourment matraqué journellement dont les hommes dépressifs de la famille Berglund avaient manifestement besoin afin de donner sens et épaisseur à leur existence. Le grief qui lui avait servi ces deux dernières années —le tourment des tronçonneuses, des bouteurs, des petits dynamitages et des terrassements, des marteaux, des coupe-carreaux et du vieux rock à pleins tubes—avait cessé et il avait besoin d'autre chose.

Certains chats sont fainéants ou inaptes à tuer mais ce Bobby, noir, aux pattes blanches, n'était pas de ceux-là. Bobby était suffisamment rusé pour se replier dans la maison des Hoffbauer à la tombée de la nuit, à l'heure où les ratons laveurs et les coyotes devenaient un danger, mais tous les matins des mois sans neige on le voyait repartir à l'aventure sur la rive sud dénudée du lac et pénétrer le domaine de Walter pour y tuer.

 

Ma seule réaction, après avoir noté à la hâte toutes les erreurs de traduction (en rouge ci-dessus), fut, paraphrasant Coluche : ils s'y sont mis à plusieurs pour faire ça ???

Coings écrasés. — Un sonnet retrouvé.

tous ces coings écrasés

c'est pas de la gnognote

ça fait de la compote

en plein sur la chaussée

 

par le clavier glacé

j'écoute un vieux Blue Note

on me dira mon pote

au futur au passé

 

ma mémoire est un torque

& j'ai l'œil furibard

d'une ligne épurée :

 

le combat contre l'orque

dans la rue en slibard

glissant dans la purée

 

 

Écrit le 15 octobre 2015, jamais publié ici, ce sonnet ne figure pas dans le recueil qu'on peut toujours, cinq semaines après sa sortie, acheter ici.

vendredi, 14 octobre 2016

Varia (ne varietur)

Action contre la faim beaucoup me débectèrent

Qu'ils me sont envoyé un gros stylo-cuillère.

 

*

 

On est vraiment très peur qu'on est beaucoup la trouille

Le binturong comme il dépèçut la citrouille.

 

*

 

Les Mayas leur milieu n'avait pas très aqueux

Si qu'ils s'ont fait des tout petits trous dans la queue.

 

Frankie Lee & Judas Priest

Mon métier d'universitaire et d'enseignant-chercheur, c'est aussi de former à la traduction, et — à partir de la troisième année, seulement, hélas — à la réflexion sur les questions de traduction.

Dans le cadre de mes T.D. de traductologie, je vais faire travailler les étudiants sur un “texte” de Bob Dylan, et sur une traduction française de ce texte. Pour ceux que cela intéresse, voici le document de cours sous PDF.

Comme je l'écrivais hier, la singularité de l'œuvre de Dylan, c'est qu'elle en grande partie non traductible, à savoir qu'elle n'a pas besoin d'être traduite pour être comprise ou saisissable (comme les grandes œuvres de théâtre, dans lesquelles tant de ce qui se produit n'est pas lié strictement à la langue).

Quatre saints rares du 14 octobre

14 octobre 2013 & 2015

 

Un poissonnier, Angadrême,

Avait, pour fiancée, une brème.

« Athos, Portos sont mes amis,

Mais bien moins qu'Abramis. »

(Enfoncés, musiciens de Brême !)

 

 

Un adolescent, Calix,

Lit et relit tous les Alix.

« Il est vrai que je tique

Quand c'est homo-érotique,

Mais pas de quoi me jeter dans le Stix ! »

 

 

Un vieux boulanger, Lupulus,

Souffre atrocement du lupus.

« Quand je fais des friands au fromage

J'ai la tête dans les nuages,

Et même dans les cumulus. »

 

 

Un quadragénaire, Rothad,

Traita sa femme de pintad.

Pour toute réponche

Elle lui mit sur la tronche

Le clavier de son vieil Amstrad.

La société du spectacle de la surface de l'écume

Au fond, le problème, c'est que presque toutes les personnes qui affirment des avis de façon catégorique le font en méconnaissance de cause.

1) On met Soumission de Houellebecq dans le même panier que Zemmour parce qu'on ne l'a pas lu, ou parce qu'on ne comprend pas ce qu'est un roman.

2) On s'offusque d'un Prix Nobel de Littérature parce qu'on a entendu trois “chansons” de son récipiendaire et qu'à partir de ça (et, il faut bien le dire au risque de déplaire, d'une connaissance souvent médiocre de la langue anglaise et quasiment nulle de la culture américaine et de son rapport à la Bible) on s'est fait une opinion.

3) On s'apprête (et on appelle) à voter Juppé alors qu'on se dit de gauche (cf la bloqueuse-qui-débloque Anna de Sandre), et en ne sachant apparemment pas que Juppé a annoncé la baisse du RSA, la fin de l'ISF, la poursuite des dérégulations et qu'il est soutenu par Mariton et les ultra-cathos...

jeudi, 13 octobre 2016

Dylan & le Nobel. De quelques fausses évidences.

Ainsi, Bob Dylan se voit décerner le Prix Nobel de Littérature 2016.

Je m'attendais à des réactions épidermiques, ronchonnes, réactionnaires dira-t-on, mais pas à ce concert d'avis péremptoires de la part de gens qui, de toute évidence, parlent de ce qu'ils ne connaissent pas. Sur les réseaux sociaux fleurissent les bons mots annonçant la remise du prochain Prix Nobel à C. Jérôme ou Bézu...

Une discussion sur la littérature, et sur la valeur littéraire, doit s'appuyer sur des arguments solides, et, notamment (il paraît délirant d'avoir à le souligner) sur la connaissance de ce dont on parle.

 

Bob Dylan ne doit pas être “jugé” sur ses seuls textes, mais sur l'ensemble de son œuvre de créateur, qui inclut la performance, la mise en scène de ses chansons et leur musique, évidemment. Déjà, en 1997, pour Dario Fo, j'avais été étonné de tous ces prétendus experts qui jugeaient d'un auteur dramatique sans prendre en compte la dimension théâtrale (le jeu, la performance). Il est décidément bien ironique que l'un soit mort le jour où l'autre reçoit à son tour le Nobel.

On peut donc ergoter, et discuter du mérite supérieur de tel ou tel poète mondial, d'Adonis par exemple, dont le nom, d'ailleurs, est toujours associé à l'argument selon lequel, vu le contexte, “il aurait fallu récompenser un Syrien”. Voilà une belle connaissance de ce qu'est la littérature : le Nobel à un Syrien parce qu'Alep est noyée sous un tapis de bombes... (Adonis mérite, méritait le Nobel, mais pas sur de tels arguments : c'est insulter son œuvre et montrer qu'on ne connaît que son nom.)

Toutefois, il faut juger de l'œuvre de Dylan sur pièces, et, pour ne prendre qu'un exemple, moi qui ai tenté de traduire de très nombreux poètes contemporains de langue anglaise, américains notamment, je peux témoigner que certains textes de Dylan sont plus difficiles à traduire que bien de ceux de poètes dont le nom n'aurait pas fait se lever le moindre sourcil. (Sur Facebook, j'ai écrit, à propos de la complexité et de l'opacité de certains textes de Dylan : René Char, à côté, c'est de la gnognote. J'exagère, mais à peine.)

Donc, il doit y avoir débat, d'autant plus à partir du moment où tant de personnes qui se constituent en autorités littéraires parlent de gag à propos de ce Prix Nobel.

La vraie question, selon moi, est plus large : le Prix Nobel a-t-il valeur de prescription ? Si on répond oui, on aura tôt fait de décrier la remise de ce prix à Bob Dylan en disant que « tout le monde connaît déjà ». Contrer un tel argument est aisé. Ainsi, cédant moi aussi aux jugements péremptoires, j'écris aujourd'hui (et je pense, dans une certaine mesure) que Bob Dylan est un “auteur” (un “poète”) cent fois inférieur à Derek Walcott. Or, Walcott a eu le Nobel il y a plus de vingt ans, et il doit y avoir 200 personnes en France qui le lisent ou l'ont lu. Je grognasserais donc volontiers en disant que Nganang, Ngugi ou Raharimanana auraient mérité le Nobel cent fois davantage que Dylan (ce que je pense), mais la vérité est que ça n'aurait presque rien changé à la vraie popularité effective ( = qui les lit ou les lira) de ces auteurs. On ne peut donc en vouloir aux membres du comité Nobel de choisir sans tenir compte de la popularité ou de l'obscurité d'un auteur, mais sur des questions plus intemporelles de valeur et d'apport à la littérature mondiale.



Il y a un autre point  : c'est, à ma connaissance, la première fois qu'un Nobel est décerné à un auteur que beaucoup connaissent directement sans le truchement des traductions. Et donc aussi sans le truchement de l'écrit. Bien sûr, absolument personne ne signale ça dans les premières réactions entendues ou lues ici et là. En revanche, ce qui ressort, c'est que cette décision du Nobel semble illégitime car la littérature, ce sont (ce seraient) des textes. Voilà bien le problème : la littérature n'est pas seulement dans les textes, mais aussi dans leur performance : par exemple, dans le genre dramatique, analyser un texte sans le rattacher à  sa théâtralité, c'est un contresens que seuls commettent encore les étudiants de première année.

Si Ngũgĩ wa Thiong'o avait eu le Prix Nobel, je me serais plu à souligner qu'une partie essentielle de son œuvre, ce sont les pièces de théâtre en gĩkũyũ qu'il a créées et montées avec des troupes de paysans analphabètes, et la portée tant esthétique que politique qu'elles ont eue au Kenya.

Nuruddin Farah fait dire à un de ses personnages — dans Sardines — que Coltrane était un immense poète (such a great poet). Or, Farah vient d'une culture où la poésie était entièrement orale, et fameusement complexe d'ailleurs. La poésie orale somalie, extraordinairement codifiée, n'a commencé d'être transcrite que dans les années 60, et tous les Somaliens disent que ces transcriptions n'ont que peu de sens en elles-mêmes. Ainsi, vouloir compartimenter la littérature, mettre d'un côté les poètes et d'autre les paroliers, à ma droite les romanciers à ma gauche les vidéastes etc., n'a plus aucun sens.

Ce qui conserve tout son sens, c'est la discussion de la valeur littéraire. On peut tout à fait démontrer, sur des critères de valeur (mais en poussant vraiment l'analyse), que Dylan ne méritait pas le Nobel. Tout autre argument fleure bon le quant-à-soi et la poussière balayée sous le tapis.