lundi, 20 juillet 2009
Fendaison
Lors de l'un des trois ou quatre séjours que je fis à Cambridge entre novembre 1995 et mai 1996, l'émotion esthétique la plus forte fut, sans conteste, la visite de St John's, avec ses couloirs mi-obscurs, ses enfilades de quads, ses grenadiers, ses voussures. À l'époque, je pris peut-être huit ou neuf photos, le comble de la débauche en ces temps argentiques.
En lisant les pages que Valery Larbaud consacre dans son Journal, en octobre 1919, à son bref passage (dans le cadre de ses recherches sur Samuel Butler), "a peu que le coeur ne me fend"*.
"Bon, mais il faut partir." **
* Villon
** Larbaud, p. 541
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dimanche, 19 juillet 2009
Centon caennais
La Madone du futur. ¤ Patti Smith, land 250. Canisy. Picasso et les maîtres. Qu'est-ce que l'art abstrait ? ¤¤¤¤¤ Nous qui désirons sans fin. L'invention de la nature. Les Jardins. La porte des Larmes. ¤¤¤¤¤¤¤¤¤ Emaux du Moyen-Âge occidental. Alfred Hitchcock. ¤ Nouvelles du monde. Adios. Chronique de la ville de pierre. ¤ Avec le temps. Léger. Walter Benjamin, une vie dans les textes. Entrée en matière. ¤¤¤¤¤ Les étoiles froides. Les cinq sens. Lipstick traces. L'hérétique. ¤¤¤ Journal. Jane Austen et le révérend. Avedon An Autobiography. ¤ Picasso et les maîtres.
16:11 Publié dans Un fouillis de vieilles vieilleries | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Nourri, parcimonieusement
L'an 2000 appartient au présent.
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Dans le salon de la maison caennaise, attablé assez inconfortablement à une grande table qui sert de bureau et où sont empilés en vrac documents, papiers et ouvrages divers (dont une demi-douzaine de catalogues raisonnés qui me font sérieusement de l'oeil), je pianote, tandis que la sieste des uns suit son cours, et les élucubrations fantasmatiques de tel autre.
(Longtemps, j'ai aimé les hyperbates : Il est mort, et ma mère.)
Je n'ai plus de lecteurs, donc je n'ai plus à me contraindre, à me sentir forcé de rien. Un faible rayon de soleil perçant la froidure, je lézarde en hibernation normande, et me laisse aller. Sur ma gauche, il y a trois livres : deux que je lis en ce moment (Le miroir qui revient et La fille qui hurle sur l'affiche), et un dont je n'ai toujours pas découpé les pages : Canisy de Jean Follain.
(Longtemps, j'ai hésité à accumuler plusieurs séries de deux-points dans une seule et même phrase. Longtemps, je n'ai pas su que couper les pages d'un livre se disait "découronner". Je n'ai plus de lecteurs, à quoi bon me forcer.)
Propositions relatives ! Mais tout est relatif, surtout les craquements de l'escalier, l'encombrement de l'évier, le noisetier quasi centenaire qui fait se disjoindre les briques de la murette. Tout relaie, tout dilue. Tout se dilate, les yeux défalqués en flaques quand on pleure pour rien (pour ne rien dire). Caen est une ville attachante, mais mes maigres souvenirs de l'été 1983 (peut-être) ne m'y avaient-ils pas soudé ? Faut-il être soiffard, tout de même... Toi, là-bas, tu rigoles. (Eden, Hadès, même combat.)
Souhaiter que la sieste d'Oméga dure. Qu'Alpha en marchant élucubre.
(Longtemps, j'ai aimé les rimes internes.)
((Les assonances.))
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Le jeu n'en vaut plus la chandelle, l'an 2000 est encore loin.
14:12 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Tempus fugit
08:58 Publié dans Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 16 juillet 2009
Sans fard
. . De temps à autre, les grêlons viennent nous rappeler que l'éphémère aussi dure.
21:41 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 15 juillet 2009
What's in a name ?
. Dans l'exemplaire de La Reprise que je vais rendre aujourd'hui à la B.U. se trouvaient, outre la classique fiche de format A6 portant mon nom et les conditions de prêt, deux fiches semblables, l'une entre la couverture et la page de faux-titre, l'autre entre les pages 108 et 109, et toutes deux au nom de Kasereka Mutisyano.
Sur ces fiches de format A6, qui ne sont insérées que dans les ouvrages archivés en magasin et commandés par voie informatique, je gribouille souvent des notes prises en cours de lecture, des numéros de pages, tout un système d'abréviations dont je ne fais rien en général, si ce n'est garder les dites fiches dans un autre livre une fois restitué l'ouvrage emprunté. Ainsi, il peut m'arriver de retrouver, dans un volume de poèmes italiens, une fiche attestant que j'ai lu -- et même griffonné quelques notes à ce propos -- telle pièce de théâtre russe du dix-neuvième siècle.
Trouver, dans un roman qui n'est (assez pesamment d'ailleurs, à sa lynchienne façon) que sosies, doublures, échanges, transferts de personnalité et surtout vertigineux dédoublements narratifs, deux fiches signalant que la même lectrice (car le nom de Kasereka Mutisanyo me semble indubitablement féminin, quoique plus douteusement japonais) a emprunté ce livre consécutivement les 21 février et 6 mars 2003, a de quoi troubler un pauvre dément de mon espèce. Cela m'a aussi rappelé un épisode de mes premières années tourangelles : au printemps 2004, interrogeant un trinôme de classes préparatoires (activité dans laquelle je m'étais laissé embarquer pour dépanner une amie mais que j'ai abandonnée après dix mois, tant les "colles" sont répétitives et ennuyeuses), j'avais échafaudé tout un univers romanesque formel autour du seul nom d'une des candidates : elle se nommait Silithone Phothirath, et était, de surcroît, très jolie.
Les noms Kasereka Mutisyano et Silithone Phothirath ont en commun (outre leur caractère censément évident d'étrangèreté orientale) leur léger déséquilibre numérologique, qui est ce qui les rend particulièrement obsédants pour moi :
Silithone Phothirath : 9 + 10 = 19 (nombre premier de rang 8)
Kasereka Mutisyano : 8 + 9 = 17 (nombre premier de rang 7)
Il se trouve, après quelques rapides recherches, que le nom trouvé en double exemplaire dans La Reprise ne serait ni japonais (ce qui, effectivement, me paraissait sujet à caution), ni féminin : il s'agit, selon toute probabilité, d'un nom d'homme africain, peut-être congolais ou rwandais. Ce qui complique l'enquête, c'est que Kasereka, placé sur les deux fiches en position de prénom, semble plutôt être un patronyme : c'est notamment le nom du garde du corps qui assassina, en 2001, Laurent-Désiré Kabila. Le Service Commun de Documentation s'est-il trompé en inscrivant l'étudiant aux nom et prénom trop exotiques pour être distingués l'un de l'autre ? Pas forcément : il existe au moins un chercheur africain, spécialiste d'ailleurs de Valentin Mudimbe (qui est auteur d'un roman que j'iame beaucoup, intitulé L'Ecart (ça ne s'invente pas)), et dont le prénom est Kasereka (le patronyme Kavwahirehi).
Nul doute que Robbe-Grillet aurait pu tirer un roman fort habile d'un tel écheveau...
11:12 Publié dans Blême mêmoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 14 juillet 2009
Faire (toujours) l'épître
Les coups du feu d'artifice claquent dans le ciel, & j'essaie d'imaginer ce que voient d'autres yeux que les miens, là bas près du pont Wilson.
Je me suis relevé, ai installé l'ordinateur (dont la batterie a une autonomie de plus en plus restreinte) au salon, près du bouquet de roses apporté hier par les D***, et, après avoir lu quelques-uns des poèmes en prose d'Abbas Beydoun (dont le volume fait partie de mes emplettes de jeudi dernier et de l'une des piles que je n'ai pas décrites), je m'imagine, comme des coups de vent qui claquent sous les nuages, les ondées de couleurs et les fontaines sur la Loire de ce feu d'artifice du 14 juillet, me demandant ce que voient d'autres yeux que les miens, là bas près du pont Wilson.
Toujours pas eu de calme "isolé" pour écouter les trios de Dvorak -- en revanche, j'ai vu (vingt ans après sa sortie, mais sur le petit écran) Un monde sans pitié, dont Christoph H. (mon meilleur ami des années de lycée), très sous influence Jarmusch, disait alors le plus grand bien. Jadis et naguère...
(À tel propos, je "revivifie", en la ressuscitant, une rubrique qui n'avait aucunement cette fonction.)
23:31 Publié dans Corps, elle absente | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Elle a 24 heures
Arrivée le 13, avec
l'
immense joie d'
élaguer la
neige
où
roulent les sourires.
16:02 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 13 juillet 2009
Chair de poule
Dimanche matin, le sax de Griffin s’envole sous les nuages.
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Elle avait « un véritable tempérament d’artiste », comme disent de certaines pianistes et mezzo-sopranos les rédacteurs de certains journaux mondains, à la suite de certains concerts de bienfaisance. (J’en ai la chair de poule rien que d’y songer.)
Carlo Emilio Gadda. La Madone des philosophes, traduction de Jean-Paul Manganaro. Seuil, 1993, p. 119.
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Vendredi soir, le livre de Gadda (un autre livre de Gadda) était tombé dans le gravier, cour du musée du Gemmail. Les martinets s’en donnaient à cœur joie, et désormais il fait lourd dehors. Ni merles ni martinets.
11:19 Publié dans Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 12 juillet 2009
Zi/ ni/ ka
Pluie fraîche d'été, qui réveille la verdure des néfliers.
Ce dimanche (trois semaines après avoir écrit ici la dernière fois (décidément, un ressort s'est, depuis longtemps, rouillé, sinon brisé)), j'aurais voulu faire l'inventaire des piles de livres en cours de lecture ou à lire sous peu : trois piles à la chambre, une au bureau, une dans le salon -- sans compter les ouvrages que nous ont offert C. et D. le 30 mai pour éveiller en nous le goût des choses normandes, et aider à préparer le bref séjour que nous allons faire dans le Calvados, berceau de mes ancêtres, comme le veut la formule.
En fait, le Calvados n'est pas seulement le berceau de mes ancêtres, de toute ma famille paternelle jusqu'à la génération de mes grands-parents (qui sont encore en vie, mais demeurent à Saintes). De Tours à Caen, nous passerons par la forêt du Cinglais, qui doit son nom à un village d'où est issu mon patronyme.
Malheureusement, le manque de temps m'a empêché de trouver à lire certains des écrivains ou poètes qui ont marqué cette région, et, plus particulièrement, pour ce qui est du Cotentinois, Jean Follain (Canisy, acheté depuis plusieurs années, traîne autant qu'il trône sur l'une des piles sus-mentionnées), Michel Besnier, Alexis Salatko et Loïc Herry. Pour ce dernier, les délais d'acheminement des ouvrages via la fière Amazone sont trop longs pour espérer combler les lacunes.
------ Je dois me retenir pour ne pas faire dériver cette notule vers la rubrique William At Work (WAW), tant les divers soucis professionnels m'obsèdent encore ces jours-ci ; je ne prendrai officiellement congé de l'université que le 16 au soir, et dois passer une bonne partie des trois jours ouvrables aux Tanneurs. -------
Il pleut encore un peu. Larges flaques sur la table carrée de métal. Les ombellifères reverdissent. Larges flaques sur le couvercle du bac à sable. Il pleut encore un peu. Regardant la pluie, se plonger dans la poésie d'Elisabeth Barrett Browning, la photographie, les discussions douces, la lecture, l'écriture -- dans quoi se perdre ce dimanche ?
10:05 Publié dans Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 21 juin 2009
Pas même en mappemonde
Du temps pour tarabiscoter l'attente.
Bourdons voletant dans les troènes, abeilles butinant les boutons d'or. Une mobylette au loin pétarade. Assis dans les amas de prunes vertes, tombées longtemps avant d'être mûres, j'essaie d'apprendre à attendre.
I forgot to remember to forget.
Eté, un coup d'épée dans l'eau. Les saisons passent, sans jamais donner de la voix. Nageurs morts, irons-nous d'ahan ?
11:57 Publié dans Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



