Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 09 juin 2017

juin 7+2

mange

sans traîner, mais sans te presser non plus, ces cinq bananes qui formaient un régime compact (une main) qui, tenant dans ta main (droite), tenu par toi avant que tu n'en détaches un à un les fruits, constitua (constitue) tout ton déjeuner

ce dont je ne sais foutre rien, à la fin des fins,

de sorte que l'injonction (mange) est une figure de style, façon de parler, ces cinq bananes déjà par toi ont été (furent) mangées, c'est-à-dire, pas dévorées

(on l'a déjà dit)

mais dégustées prestement, car de cette façon qu'on a pu qualifier de QUASI dandyesque tu les épluchas et mangeas très vite mais sans précipitation, mangeant sans trop mâcher mais sans non plus engouffrer ni engloutir,

& nous tous foule ébahie à te regarder infiniment à tout jamais manger ces cinq bananes à la file

de ne pouvoir faire autrement que de continuer à t'ordonner de manger

car sans toi mangeant cinq bananes sur ce banc il semble que le banc n'existe plus que l'air autour et même les chiens solitaires comme abandonnés baguenaudant autour des bancs et que même le fleuve d'où montent d'étranges bruits

que tout cela sans toi mangeant ce régime de cinq (5) bananes sans te presser mais à un rythme impressionnant n'existerait pas n'existerait plus

tant & si bien que nous n'avons d'autre recours que l'impératif, nous n'avons pas d'autre choix que le refus de disparaître avec armes et bagages avec peaux de bananes ou pas, nous n'avons d'autre appel que cet ordre si simple, comme une mère lassée à son enfant qui boude, comme on me dira à moi quand je serai moribond épuisé : mange

& donner l'ordre de manger fait tout exister, tout réapparaît comme par enchantement,

si tu manges pour toujours ces cinq bananes en moins de dix minutes alors rien ne se sera évanoui, rien n'aura pas eu lieu, me fais-je comprendre, même moi je pense que je ne serai jamais au bord de mourir sur un lit aux bords défaits

& mange donc, mange à tout jamais, je t'en prie, nous t'en prions,

nous tous foule ébahie de passants aux visages nus

aux visages creusés par l'inquiétude

et admiratifs du quasi dandy, du type presque anodin qui mange de la manière la moins affectée du monde un insolite déjeuner, 

cinq bananes l'une après l'autre sans marquer de pause

nous tous te regardons t'observons, il a l'air d'y avoir tout au plus cinq ou six badauds dans les parages, sans compter les chiens solitaires qui flairent les poubelles, & sans compter les sternes dont le ballet affolant survole le fleuve, mais en fait nous sommes des milliers, des centaines de milliers si ça se trouve, nous sommes plus nombreux ici & maintenant à te regarder sur ton banc qu'il n'y a d'habitants dans cette ville, et nous sommes plus nombreux (peut-être des millions) à continuer de te regarder manger

(mange !!!)

ces cinq bananes qu'il n'y a de gens en Europe à avoir

à l'instant même où je t'enjoins de manger et où obéissant tu manges à tout jamais en moins de cinq (ou dix) minutes une main de bananes

des bananes dans une corbeille à fruits chez eux

& nous tous nous te regardons nous admirons tes gestes de faux type et de parfait dandy d'admirable singulier éblouissant obéissant bananophage

nous tous qui écrivons ce texte

& qui nous écrions

en écrivant ce texte

pour qu'à tout jamais tu nous empêches de devenir autre chose que l'enfant boudeur à qui sa mère commande de manger et pour que pour toujours nous ne devenions jamais le vieillard moribond épuisé qui n'a plus la force

mange

14:20 Publié dans Juin | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 08 juin 2017

juin 1+7

quasi

dandy, ce type, ainsi l'ai-je qualifié,

& pourtant on ne s'imagine guère un dandy même moderne affairé à faire son déjeuner d'une main de cinq bananes avalées à la file en moins de dix minutes

mais est-ce l'habit qui fait le dandy

ou la posture, l'action

(handsome is as handsome does)

ce qui ne doit pas faire oublier, donc, qu'une action singulière, si vulgaire ou anodine puisse-t-elle paraître une fois qu'on y réfléchit, est à même,

par sa singularité même,

de rendre la personne qui l'effectue, et ce même si c'est le mot type qui a paru le plus approprié de prime abord pour qualifier cette personne, singulière, hors de la norme, extra-ordinaire,

de sorte que ce type, à manger à la file ces cinq (5) bananes sans les dévorer ni les déguster, à les avaler sans les mâcher exagérément mais sans non plus les engloutir, avait l'allure d'un artiste tout à fait singulier, absolument extraordinaire

dont l'œuvre aurait consisté à manger un régime de cinq bananes sur un banc en moins de dix minutes

& j'ai déjà vu, croyez-moi, des happenings ou des flash mobs moins marquants, moins inspirés,

ce qui frappe au moment de regarder ce type,

ce qui frappait le regard autant que l'esprit n'était pas tant la singularité de l'action

mais l'absence totale d'affectation ou de pose, tout cela accompli comme si ce fût la chose la plus habituelle et la plus ordinaire du monde,

y compris le fait de ne pas accorder le moindre regard aux éventuels spectateurs,

pas plus de regard pour eux que pour telle peau ou telle TIGE détachée du régime ou de la pulpe,

ça & cette main gauche qui avait tout d'une main de dandy,

ça & l'efficacité effacée de cette dévoration sans précipitation

(qui n'avait donc rien d'une dévoration)

sans omettre que peut-être on se trompe en pensant sur le coup que le personnage bananivore est un type et que sans doute on se trompait en se disant après coup que le type qui avait bouffé cinq bananes comme ça sur un banc sans marquer de pause était dandy ou que son allure, ses actions avaient quelque chose de dandyesque

et que comme on ne veut pas imposer complètement sa vision, comme on doute soi-même de la pertinence du mot dandy,

on le fait précéder

(pour suspendre toute conclusion)

de l'adverbe

quasi

12:06 Publié dans Juin | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 07 juin 2017

ton film préféré...

sonnet 07062017.PNG

juin 7

tige

si c'est ainsi qu'il faut nommer la queue par laquelle chaque banane est attachée au régime ou à la main

& donc chacune des quatre tiges détachée de la main droite par le type

en s'aidant d'abord

(pour les deux premières bananes, je crois)

de la main gauche

puis, la main gauche posée délicatement sur le banc à côté de lui, détachant chaque tige d'une seule main,

geste adroit qui vint toutefois battre en brèche l'image plus globale du quasi dandy dégustant prestement cinq bananes en moins de dix minutes

car essayez de détacher une banane par la tige d'une seule main

& vous verrez : il est presque impossible de faire cela sans caler le fruit contre son buste ou contre un objet, un banc,

donc le quasi dandy se fit, sur ce coup-là, remarquer par un geste plus abrupt,

moins lié, moins lisse, moins dandyesque disons-le

& donc je ne me rappelle plus si, pour la quatrième (l'avant-dernière) banane il a réussi à conserver intacte chaque banane avec sa tige

car qui a déjà essayé cela en a souvent fait l'amère expérience

(amère d'un simple point de vue esthétique) : l'une des deux tiges s'arrache, en quelque sorte, laissant voir la pulpe, le fruit sous la tige,

& d'ailleurs quand on se trouve à faire cela et qu'on ne souhaite pas manger les deux bananes

(ce qui est fréquent,

le cas le plus répandu)

on craint que la banane restante dont la tige est aussi arrachée ne s'abîme, ne se flétrisse, ne se tale ou ne pourrisse par la tête, par la tige, par la queue, mais comment dire, comment dit-on, personne ou tout le monde dit cela et personne ne le dit, personne ne raconte ses mésaventures avec une banane, il faut croire que tout le monde a ce genre de minime mésaventure

(minor mishap)

mais que personne ne s'en soucie vraiment, personne ne formule cela, personne ne dit, ne raconte, et écrire encore moins

(quelle blague)

en tout cas vous voyez ce que je veux dire

si déjà dans votre vie vous avez détaché quelques centaines de bananes de leur régime avant de les peler, si déjà dans votre vie vous avez PELÉ des centaines ou des dizaines de bananes il vous est sûrement arrivé de laisser la dernière banane du régime

(en en détachant l'avant-dernière)

avec la tige cassée et la pulpe apparente,

ce qui s'est peut-être produit pour le type

mais enfin il n'en avait cure

il ne pouvait en avoir cure

puisque quelques minutes, pas même ça, après avoir pelé et dégusté prestement la quatrième banane il s'attaqua à la cinquième,

et alors que sa tige fût cassée laissant apparaître ou poindre franchement la pulpe ou le jaune plus doux plus crémeux du fruit, qu'en avait-il à faire,

il ne pouvait en avoir cure

puisque très bientôt il rassembla en un tas les peaux de bananes avec leurs tiges

& peu devait lui chaloir

(omg omg)

qu'il y ait une peau sans tige (celle de la dernière ou 5e banane) et deux (2) tiges attachées à une seule peau (celle de la quatrième ou avant-dernière)

puisque tout (peaux et tiges) allait partir à la benne ou au bourrier

sans queue ni tête, sans peau ni

tige

11:49 Publié dans Juin | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 06 juin 2017

juin 6

pèle

cette banane et puis cette autre encore

comme tu pèlerais une orange et te mettrais du jus partout ou devrais l'éloigner de toi et de tes habits, sans assiette ni couverts, pour ne pas te tacher,

si du moins j'ose à présent m'adresser à 

(et même tutoyer) ce type qui a dégusté précipitamment cinq bananes en six ou sept minutes,

ce que jamais je n'osai faire ce midi-là où je le regardais sans le dévisager, où je l'observais de loin, comme sans y toucher

(sans toucher à son repas mais sans paraître même effleurer du regard la scène qu'il offrait pourtant aux passants ou témoins),

et l'action de peler me parut presque plus essentielle, ce midi-là, que l'engloutissement (relatif, cette question a déjà été abordée) des cinq fruits à la FILE, car à la façon dont on pèle tel fruit on peut certainement deviner bien des traits de caractère

du type, donc,

du presque dandy comme je l'ai déjà qualifié,

à qui je ne me suis pas adressé, que je n'ai pas interpellé, et que j'interpelle à présent dans ce texte, avec des mots que jamais sur le coup je n'ai pensés, des mots que je ne dis pas à voix haute, des mots que j'aligne ou que j'égrène

peut-être pour tenter donner un sens, ou à tout le moins façonner, donner tournure à cet événement sans importance

& pourtant singulier : un type mange sans marquer de pause et en moins de dix minutes cinq bananes arrachées au même régime

(je tiens au mot régime, je tiens à tant de mots, tant de mots me tiennent, et par la présente je tiens ma quatrième de couverture)

en se comportant, par ses gestes, en presque dandy

qui mange ou dévore moins qu'il ne pèle

& pour tout dire qui pèle moins qu'il ne détache les fruits & même moins qu'il ne les déguste

car dans l'acte de peler c'est la peau qui l'emporte,

la peau de chaque fruit avec la tige

& peut-être le contact des doigts avec la peau des fruits

le contact d'une peau humaine peut-être souffrante avec la peau peut-être talée ou brunie de la banane,

et c'est autant à cette peau de la main ramassée en doigts qui détachent et pèlent que je voudrais parler qu'à l'individu, le type, l'être humain,

pour autant que ses gestes de presque dandy m'ont fait considérer sa peau

& le tas de peaux de bananes que, chaque fruit mangé l'un après l'autre, il constituait sans savoir en fin de compte où les jeter,

peau de type étonnant bouffeur bananivore

dont peut-être le nom était banal, si son nom à aucun moment ne reflétait la bizarrerie du choix de ce déjeuner,

& quand bien même la banane est devenue un fruit banal, commun, vulgaire même ou familier peut-être, elle qu'on peut manger par cinq, cinq à cinq en un rien de temps

(si j'écrivais un texte sur les nèfles ou sur l'amélanche ce serait une autre affaire, une autre paire de manches)

même devenue banale la banane ne se laisse pas dévorer ni déguster souvent en mains de cinq comme ça sur un banc aux yeux des passants

pour ça qu'on voudrait pouvoir interpeller le type, ou que j'aurais dû l'interpeller et, qui sait, lui demande son nom, si ça se trouve banal, et si ça se trouve compliqué, à faire répéter sept fois, à coucher dehors

sur un banc,

nom que tandis que je l'exhorte à continuer de détacher, peler et déguster cinq bananes à la file, dans cette fiction où je l'interpelle pour ma gouverne il é-

pèle

19:24 Publié dans Juin | Lien permanent | Commentaires (0)

Douzième anniversaire

Il y a douze ans — quand j'ai commencé ces carnets — il avait plu, beaucoup, dans l'après-midi, et cela avait donc été une journée de printemps plutôt frisquette, comme aujourd'hui, finalement, en Touraine.

Il y a sept ans, en Anjou.

Il y a trois ans je créai les rubriques Ping-Pong et Pong-ping.

__________________________

 

Et dans sept ans où (en) serai-je ?

09:57 Publié dans 10 ans | Lien permanent | Commentaires (2)

lundi, 05 juin 2017

juin 5

file

puisque c'est ainsi qu'en regardant le type dévorer ou plutôt déguster prestement (précipitamment) ses bananes je me disais qu'il les mangeait : à la file ou d'affilée

et comme il est curieux bien sûr d'avoir pensé ça alors que je regardais un type tout seul sur un banc

comme si les bananes lui tenaient compagnie

comme si les CINQ bananes formaient une sorte de file d'attente tenant compagnie à ce guichet humain, à ce gouffre, et j'écris gouffre alors qu'à ce moment là, en direct pour ainsi dire, je ne pensais pas gouffre,

je ne pensai pas gouffre,

je n'ai pas du tout pensé gouffre,

j'ai bel et bien pensé ou formulé la scène comme une scène de dévoration

alors que ce n'était pas le cas, je l'ai écrit plus haut, il s'agissait plutôt d déguster précipitamment ou prestement, et là encore d'ailleurs je m'en avise, prestement convient mais pas précipitamment, le type dégustait prestement mais pas à la hâte,

à la file en revanche oui, il enfilait les bananes,

il se les enfilait, comme on dit, avec ce pronominal (ou est-ce une tournure réfléchie, plutôt ? (oui, ce doit être ça)) un peu familier, j'ai du mal à écrire tout cela, à décrire tout cela avec justesse, je m'en vois pour dire ce que j'ai vu, ça me regarde d'écrire ce texte à partir de ce que je regardais,

et partir c'est mentir un peu,

le type donc enfilait les bananes plus qu'il ne les engouffrait, c'était très étrange, et pas seulement parce qu'on voit rarement (je n'avais jamais vu) qui que ce soit manger en cinq à dix minutes (et plutôt cinq que dix, il me semble) cinq fruits, et donc en l'occurrence cinq bananes, fruit qui présente la particularité, sans doute, qu'il se pèle prestement

& donc qu'on peut le manger vite, en mâchant juste ce qu'il faut,

on peut manger cinq bananes assez vite sans donner l'impression d'engouffrer, d'engloutir, de dévorer, la main gauche presque en permanence posée délicatement à côté de soi sur le banc,

et ce ne serait peut-être pas possible avec un autre fruit,

l'orange par exemple,

qui prend plus de temps à peler et qui, surtout, juteuse comme elle est, ne vous laisse pas la manger prestement sans vous forcer à de précautionneuses manœuvres afin de ne pas être éclaboussé de jus,

voilà bien un fruit, l'orange, qui ne permettrait à personne de la manger seule,

et encore moins à la file,

la main gauche délicatement posée sur le banc à côté de soi, comme un objet indépendant, là seulement pour la parade, là seulement pour l'image, là seulement pour la pose presque de dandy,

on ne peut avoir l'air d'un dandy en mangeant une orange,

et cinq, n'en parlons pas,

alors que l'orange passe, je pense, pour plus noble ou plus raffinée, ou moins ridicule, qu'en sais-je (il faudrait creuser cela), que la banane,

ce qui ne doit pas faire perdre de vue

(que je m'en vois)

que la banane, elle, a pour indéniables qualités de se peler sans simagrées et de ne pas éclabousser ni dégouliner

(c'est aussi son défaut, dira-t-on)

et donc de permettre à quelque type pressé d'en faire son déjeuner, oui, d'un régime complet, d'une main de bananes prise à même la main, cinq pelées prestement et tout aussi prestement non pas englouties mais dégustées à la

file

09:23 Publié dans Juin | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 04 juin 2017

juin 4

cinq

et au départ on ne savait pas trop si le texte parlerait surtout de minutes ou de bananes, même s'il est clair désormais que le chiffre cinq (5) se rapporte surtout au nombre de bananes du régime plutôt qu'aux minutes

dont il m'est difficile de déterminer le nombre,

le type sur le banc a-t-il mis moins ou plus (et si plus, combien) de cinq minutes à boucler son insolite déjeuner intégralement composé de bananes, donc d'un régime dont il m'a bien semblé qu'il était intact au moment où il l'a sorti du sachet,

et ce régime constitué de cinq fruits, le TYPE a entrepris d'en détacher une à une les bananes et de les manger à la file sans faire la moindre pause entre chaque fruit, et moins encore entre chaque bouchée,

voilà quelqu'un qui a l'estomac solide

et pas seulement l'estomac : l'œsophage

(tant et si bien qu'on serait tenté, dans une autre disposition d'esprit, avec d'autres principes de composition, d'intituler ce texte encore à ses balbutiements L'œsophage du bananivore)

car même si j'ai pu dire précédemment qu'on ne voit jamais qui que ce soit manger cinq oranges d'affilée il s'avère que je n'avais jamais vu non plus quiconque éplucher / avaler comme ça cinq bananes à la file

et donc ce chiffre cinq a son importance

aussi parce que j'ai évoqué la main gauche du type reposant presque tout le temps de cet insolite déjeuner sur le bois du banc

et que les cinq doigts de la main ne peuvent manquer de rappeler les cinq bananes du régime

ou de la grappe

et même de la main, puisqu'on parle parfois de mains de bananes

& si l'on en croit plusieurs dictionnaires une des étymologies possibles du mot banane le ferait remonter à l'arabe banan (doigts), sans que j'aie eu l'idée de chercher si une étymologie voisine permettrait d'y adjoindre le banyan

(mais j'en doute),

la main gauche posée sur le banc n'était donc pas seulement le pendant de celle, plus active, dont se servait le type pour éplucher et tenir les cinq bananes mâchées et avalées l'une après l'autre, mais aussi, au moins à la sortie du sachet, quand le régime

(la main)

était encore intact

(intacte),

le pendant de cette grappe formée de cinq fruits dégoulinant incurvés comme des doigts tordus ou agrippés autour du vide, avec à l'esprit tant d'expressions plus ou moins désuètes (slap-of-the-five, en serrer cinq) qui finiraient par déboucher sur un fou rire irrépressible face à d'ineptes hypothèses :

un sketch dans lequel des acteurs se tapent, non dans la main

(high five)

mais, tenant chacun un régime, dans la grappe de bananes,

c'est tellement idiot que c'est le genre de choses dont on rit de seulement les imaginer, on pique un fou rire, on se tient les côtes, ou plutôt même face à un gag aussi nul, aussi imparfait, aussi tiré par les cheveux aussi, on se tient le visage dans la main (droite), on place sur sa propre face la main de bananes de ses cinq doigts rassemblés et pliés, tordus pour épouser les contours du visage,

de même que le type dévorait l'un après l'autre les cinq doigts jaune vif de cette main arrachée au sachet qui la contenait

non sans en éplucher préalablement l'épiderme épais jaune vif

avant d'en engloutir, insolite déjeuner,

cinq

10:50 Publié dans Juin | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 03 juin 2017

juin 3

type

qui a donc pour caractéristique, dans ce récit où je le prends pour sujet, de manger cinq bananes pour tout déjeuner,

et là encore qu'en sais-je,

peut-être avait-il déjà englouti, ailleurs, avant de s'asseoir sur ce BANC, un sandwich ou une barquette de coleslaw, auquel cas les calories ingérées avec ce régime de cinq (5) bananes dépasseraient amplement, très largement, la norme pour un seul repas

(et même d'ailleurs avec cinq bananes, on se demande),

toujours est-il que ce type, j'en fis l'objet de mon regard & j'en fais le sujet de ce texte,

ou plutôt je tire ce texte de ce que je lui ai vu faire,

à savoir éplucher/avaler pas moins de cinq bananes, à la file, l'une après l'autre, en se servant surtout de sa main droite, et ce en moins de dix minutes (j'avais même dit au départ que ça n'en avait pas pris cinq, mais cela, je ne pourrais le garantir), de sorte que le sujet de ce texte

ou de ce récit

(mais est-ce un récit ?)

n'est pas le type à proprement parler mais la façon dont ce type, assis sur ce banc que je n'ai pas encore décrit, dans un décor que je n'ai pas encore évoqué, a déjeuné d'un régime de cinq bananes à 2,39 €

mangeant d'abord pour 37 centimes de fruit à moins qu'on  ne compte la peau dans le calcul du prix de ce qui fut consommé, puis pour 54 centimes à moins qu'on ne compte que la partie mangeable et pas la peau dans le calcul du prix de ce qui fut consommé, et ainsi de suite, ne se servant de sa main gauche que pour détacher chaque banane de son régime ou pour en casser le coudic

(j'ai eu beau chercher, je ne suis pas sûr du terme approprié pour décrire le bout (la queue ?) de la banane, cette partie dure par laquelle un régime est accroché à la branche (la tige sans doute ?))

et donc ce type n'est pas le sujet

mais fatalement

vu que ce type a mangé ce midi-là cinq bananes d'affilée, sans faire de pause entre chaque, son repas, et le fruit au centre de son repas (ou de son dessert si on imagine qu'il avait, par exemple, mangé auparavant, avant d'atterrir sur ce banc, une barquette de coleslaw), sont le sujet, mais le sujet c'est forcément aussi ce type

sorte de héros bananier ou bananophage ou bananivore

(le mot banane n'étant ni grec ni latin je pense qu'on peut s'autoriser l'un ou l'autre de ces adjectifs)

ce type par glissement devient lui-même le sujet

et par-delà ça le mot type lui-même, car pourquoi ne pas avoir écrit homme ou monsieur ou mec ou gonze ou zigue ou quoi d'autre encore, sans doute car c'est bien d'un type qu'il s'agit :

si distingué qu'il fût, si dandy qu'il parût être, si digne qu'ait été son comportement,

il avait tout du type car quand on voit quelqu'un s'asseoir sur un banc puis sortir d'un sac un sachet contenant un régime de cinq bananes avant de les manger une à une on se trouve effectivement face à un type

& si on rentre chez soi le soir si on raconte ça on va dire j'ai vu un type qui ceci cela

de sorte que le mot type lui-même est tout autant le sujet de ce récit

(mais est-ce un récit ?)

que le personnage, la personne de ce type que j'ai vu, que je voyais alors et que je vois encore maintenant en racontant ce que je lui ai vu faire alors, manger cinq (c'est-à-dire 5) bananes d'affilée

ou à la file

en me disant sans doute en mon for intérieur tout en tentant de retenir un maximum de détails, tout en le regardant détacher éplucher porter à sa bouche mâcher mastiquer déglutir avaler, en me disant mais qu'est-ce que c'est que ce

type

10:31 Publié dans Juin | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 02 juin 2017

juin 2

banc

où le type donc passe cinq minutes, peut-être un peu davantage, à éplucher consciencieusement puis à engloutir précautionneusement, l'une après l'autre, les cinq bananes de son régime à 2, 39 €,

à moins qu'on ne puisse vraiment parler d'éplucher

car pour manger une orange, par exemple

(mais nous sommes en JUIN, et il est rare de voir quiconque manger une orange en juin, pour ne rien dire de quelqu'un qui mangerait cinq oranges à la file, mais après tout il n'est pas courant de voir quelqu'un manger cinq bananes à la file),

on l'épluche puis on la mange après l'avoir séparée en quartiers,

donc l'épluchage complet de l'orange est une phase préalable à sa dégustation, ou à sa dévoration, ou à sa mastication, bref :

on l'épluche avant de la manger

(la langue anglaise a raison, qui privilégie les verbes),

mais une banane s'épluche au fur et à mesure qu'on la mange, sauf dans le cas de certaines personnes (enfants, le plus souvent) qui ne commencent à manger leur banane qu'après lui avoir entièrement retiré sa peau, qu'après dégainage total, ou désemmaillottage, épluchage, préfère-t-on ici des termes techniques ou des métaphores

ce n'est pas le problème — le problème est

de savoir si on peut dire qu'une banane s'épluche puis s'engloutit

(s'avale)

ou si l'épluchage est nécessairement, par définition, une phase autonome, non simultanée, comme pour les oranges, alors qu'ici

(sur ce banc)

c'est bien d'un régime de bananes que j'ai vu le type détacher un à un les fruits avant de les éplucher/avaler, la main gauche reposant le plus clair du temps sur le bois du banc, à son côté, c'est-à-dire que quand il ne se servait pas de la main gauche pour détacher une banane du régime ou pour casser la queue (la tige ? comment se nomme le coudic (comme on dirait en gascon) du fruit), il n'usait jamais que de sa main droite pour éplucher et manger chacune des cinq bananes,

et donc la main gauche posée sur le bois du banc

ce type avait, malgré son activité frénétique d'épluchage et d'engloutissement d'un fruit généralement tenu pour peu aristocratique, quelque chose d'un dandy, une allure très digne

sans rien de comique ou de ridicule

alors que tout de même manger à la file cinq bananes détachées l'une après l'autre d'un régime, ça a de quoi attirer les regards

& les moqueries

puisqu'on n'est jamais à l'abri des regards sur un

banc

10:08 Publié dans Juin | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 01 juin 2017

juin 1

juin

& faute de nèfles il déjeunait de bananes

je le regardais qui mangeait, l'une après l'autre, cinq bananes arrachées l'une après l'autre à leur régime :

son déjeuner sans doute se composait de ces cinq bananes, qu'il mâchait longuement bien qu'il n'ait pas mis cinq minutes, à la fin des fins, pour venir à bout du régime,

et donc il mangeait 48 centimes de fruit,

chaque banane coûtant, on va dire, 48 centimes — mais en fait NON : à 2,39 € le régime, la moyenne précise serait de 47,8 centime d'€

et donc là, à sa troisième banane, on peut dire qu'il savourait précipitamment, qu'il engloutissait lentement 41 centimes peut-être,

41 car comment savoir si la peau compte,

si les cinq peaux de ces 5 bananes doivent être comptées :

quand on achète des bananes, évidemment on les achète avec la peau,

personne ne mange la peau des bananes mais personne, dans une épicerie ou chez un maraîcher (ou chez un marchand des quatre saisons, ou dans une supérette, ou à l'étal d'un vendeur de fruits etc.), personne n'accepterait jamais d'acheter un régime de bananes sans la peau, sans leurs peaux,

donc celui qui avait payé 2,39 € son régime de cinq bananes avait bel et bien payé pour les peaux,

pour pouvoir les dégainer, en retrousser l'épaisse peau jaune avant de commencer à croquer ou mordre dans le fruit,

jamais il n'aurait acheté ces bananes sans leurs peaux,

et donc il avait payé pour être ensuite encombrés de ces peaux qu'il aurait voulu jeter sous un arbre au lieu de les mettre dans une poubelle

(est-il normal, franchement, que le tri sélectif ne soit pas proposé, en 2017, à chaque poubelle de ville)

et dont il était embarrassé,

donc mange-t-il avec cette quatrième banane 54 ou 47 centimes de fruit (je dis 54 car il semble que ce soit la plus grosse du régime), c'est ce qu'on ne peut déterminer, encore que si, tout de même, si : il mange pour 47 centimes, car la peau il ne la mange pas, donc il consomme ou s'approprie 54 centimes de fruit, mais n'en mange que 47,

à cet instant on aimerait qu'une équipe de biologistes calcule le ratio moyen peau / fruit à partir d'un échantillon de, disons, 239 bananes, de sorte qu'on sache véritablement si cette histoire de 47 centimes de fruit pour 7 centimes de peau tient la route,

et plus je le regarde engloutir (c'est-à-dire savourer) et mâcher (c'est-à-dire avaler) cette quatrième (ou 4e) banane, plus je me dis que le ratio doit être tout autre, sur une banane lambda

(mais qu'est-ce qu'une banane lambda ?)

la peau doit occuper nettement plus de 7/54 du poids total, pour ne rien dire du volume,

il n'y a qu'à voir comment ce type qui déjeune d'un régime de bananes à 2,39 € est embarrassé des trois peaux qu'il a posées par terre devant son banc, oui, il est assis sur un banc, sans même attendre l'encombrement supplémentaire des deux peaux à venir,

à suivre, et sans aller jusqu'à dire que, comme pour les artichauts, la banane produit un volume de déchets supérieur au volume ingéré, voire même au volume avant préparation & cuisson, les cinq (ou 5) peaux de bananes

ne manqueront pas de prendre à peu près autant de place

dans sa main,

dans la main de ce type assis sur le banc que fasciné je regarde déjeuner d'un régime de bananes

à 2,39 €,

autant de place que le sachet dans lequel il tenait tout à l'heure le régime inentamé

en ce jour où faute de nèfles il déjeune

(déjeunait)

de bananes

(en un régime)

en bâclant l'affaire en moins de dix, peut-être même de cinq (ou 5), minutes, le temps d'un souffle de vent, sur un banc, en ce premier jour de

juin

21:25 Publié dans Juin | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 31 mai 2017

Par les gouffres

Ayant terminé récemment le dernier roman paru (et qui est, si j'en crois mes souvenirs, le dernier au sens fort (vu que l'écrivain a annoncé, il y a un ou deux ans, prendre sa retraite)) de Lobo Antunes, Pour celle qui est assise dans le noir à m'attendre, j'ai acheté hier un de ses romans « de jeunesse », Connaissance de l'enfer. En effet, lorsqu'on a appris que Lobo Antunes mettait fin, en quelque sorte, à sa carrière, il y a un ou deux ans, j'avais pris la décision d'en profiter pour lire les premiers, que je n'ai jamais lus. J'avais alors lu Le cul de Judas, absolument magnifique.

Le tout premier, Mémoire d'éléphant, n'était pas à la librairie, raison un peu idiote pour ne pas (re)commencer par celui-là : entre la B.U. et les commandes, rien d'impossible.

Je m'aperçois, très entre autres, que l'article de la WP francophone consacré à Lobo Antunes est fragmentaire et même fautif : N'entre pas si vite dans cette nuit noire est classé à la rubrique Poésie, ce qui n'a pas plus de sens que pour ses dix ou douze derniers romans. C'est, comme ses dix ou douze derniers romans, une fiction en prose constituée de paragraphes suivis non ponctués et organisés en chapitres-phrases d'une vingtaine de pages en moyenne. Il est vrai que je crois me rappeler que c'est celui-ci que Lobo Antunes a sous-titré « Poème », mais cela ne permet pas de le séparer des autres dans une rubrique Poésie.

______________________________________________________

Hier, nous avons fêté nos noces de coquelicot, et, dans dix-huit jours, ce seront les noces d'argent.

jeudi, 18 mai 2017

Sonnet du 18.V.2017.

Après qu'on voit les magnolias

Prendre la tangente du vent

Face à soi, le bureau crevant

De tintamarres véolia,

 

Ou, face à ce qui nous spolia

De notre ardeur, oh, si souvent,

Au lupanar comme au couvent —

Jacques, Pierre (ou bien Paul ?) y a

 

Donné un coup de pousse-feuilles,

Cependant que, si les pneus crissent

Perçant d'une épingle à nourrice

 

Le tympan, muet tu t'endeuilles

De quelque souvenir de plage

Dont la souffrance te soulage.

 

mercredi, 26 avril 2017

Pause (ou pas)

Depuis plusieurs mois, je manque de ressort, un peu pour tout d'ailleurs : tâches professionnelles et chantiers personnels. Désespoir, désarroi, sentiment d'impuissance face au naufrage de nos sociétés : accélération constante de la destruction de la planète et aggravation des attaques contre la démocratie.

Il n'y a pas eu de décision d'arrêter d'écrire, ou même d'arrêter les vidéos. J'ai arrêté, voilà tout.

Incapacité totale à m'y mettre ou à m'y remettre dans un tel isolement.

 

samedi, 25 mars 2017

3699, ou tout autre nombre

François Bon s'est rendu récemment dans deux villes que je connais bien, l'une pour y avoir longtemps été élève (Dax), l'autre pour y avoir vécu six ans (Beauvais). De la seconde, il a rapporté un film très émouvant. Ce film m'a donné l'idée, au détour d'un commentaire (cf infra), d'écrire, par petites touches, un texte sur Beauvais. Quoi que, dans l'idée de départ, il y ait un rapport avec cette histoire de mêmoire autour de laquelle je tourne depuis plus de dix ans, je refuse en fait de circonscrire le propos : ce sera un texte sur Beauvais. Et surtout, je vais tenter de l'écrire sans le publier au fur et à mesure dans un des blogs.

__________________________________________________

 

La musique d'Arve Hendriksen est très sinueuse, prenante, défile comme le paysage. Parties de foot, cabanons, nuages lourds et blancs au-dessus des labours... Beauvais, tant de souvenirs... six ans, si peu écrit... si peu écrit dont j'aie gardé de vraies traces, surtout... (Et si j'écrivais un texte genre Trois-mille six-cent quatre-vingt-dix neuf choses que je peux dire de Beauvais ?) Me rappelle comment je prenais le train pour Paris à 5 h 07 le matin en gare de Beauvais — par une distorsion lynchienne tu eusses pu me filmer la nuit dernière. Le cinéma n'existait pas, pas à cet endroit-là, pas que je me souvienne. Donc ton film involontaire, pourquoi ne me captera-t-il pas ? La cathédrale et les galeries nationales de la Tapisserie, tant de souvenirs. “Lieux ingrats”, je ne suis pas forcément d'accord. (En fait, j'adore l'intérieur des Galeries. Énorme émotion de revoir ça dans ton film.) Blues autour du zinc, je n'y traînais pas trop ; les autres festivals, oui ; ville très dynamique ; magnifique médiathèque. Dans la partie accélérée on voit les personnes (personnages) à l'étage de la gare qui s'activent, vibrionnent, « et les mots trop pauvres qu'on [leur] impose comme un masque ».

jeudi, 23 mars 2017

Ce qui m'advient, version sonore

(fichier son manquant)

Avec des coupures.

Avec la mer de la pluie passée en moi.

Avec le masque qui tombe à chaque embardée de verre brisé.

Avec les avecs.

Avec les avatars.

mardi, 21 mars 2017

sur mon quatre couleurs...

21.03.2016.

sur mon quatre couleurs

ça y est le rose a rendu l'âme

il a jeté sa dernière flamme

dans une marge de copie

 

il ne reste donc que le vert

pâle ou lumineux c'est selon

l'éclairage du salon

ou du bureau Propos râleurs

 

je lance — “c'est de la roupie

de sansonnet ! ” L'hiver

s'est achevé, et ni bleu r

 

are ni violet ni rose n'ont

survécu Tout va de travers

& du quatre couleurs ne reste que le nom

lundi, 13 mars 2017

4141 — Deux vidéos sur les toits de la Bibliothèque

Expositions de poètes africainEs, Bibliothèque Arts et Lettres, site Tanneurs, Tours, 13 mars 2017.     Cela faisait longtemps que je voulais faire ça.

 

L'occasion de venir prendre quelques photographies de l'exposition de livres d'écrivains africains était trop belle pour que je la manquasse.

 

Pour la première vidéo, j'ai repris de mémoire (et je me suis planté : pour le dernier vers, c'est « le temps veille », pas « l'esprit veille » (il a dû se produire une conflagration, dans mon esprit, avec le tableau de Gauguin)) un bref poème d'Esther Nirina qui est à l'honneur avec le présentoir de poésie anglophone du troisième étage.

 

Et donc, deux vidéos d'un coup, pour profiter aussi du passage par le bureau et donc de la connexion ultra-rapide de l'Université.

 

 

Pour la deuxième vidéo, plus longue, je me suis attaché à présenter le livre bouleversant de Shailja Patel, Migritude.

Comme je parle du spectacle dansé dont le texte constitue la première partie de Migritude, voici quelques autres liens pour se faire une idée (et se rafraîchir les yeux après ma tronche et mon blabla) :

  • The Cup Runneth Over (“an act of poetic terrorism”) — à faire écouter aux fans de Barack Obama

 

mercredi, 08 mars 2017

HD

Le 8 mars, c'est la date de la première vidéo de traduction, l'an dernier.

Je me suis rendu compte hier, car j'étais agacé de constater que l'image était encore et toujours de mauvaise qualité sur YouTube, qu'il fallait modifier la qualité de l'image en utilisant la fonction Paramètres dans le coin inférieur droit : presque toutes mes vidéos sont enregistrées en HD, et c'est d'ailleurs pour ça que le temps de téléchargement, à la maison, est aussi long. Apparemment, YouTube les diffuse par défaut dans un format très compressé. Il faut donc modifier manuellement.  Cela agit aussi sur le son, il semblerait.

(Essayez : ci-dessous, l'icône Paramètres se situe entre celle des sous-titres et celle du visionnage direct sur YouTube.)

 

 

Pour la vidéo d'hier, elle a été tournée dans la chambre ; ce n'est que la deuxième fois, je crois, que je choisis ce lieu de tournage. La fronde baoulé et la statuette mumuye répondent en quelque sorte au texte de Ben Okri.

mardi, 07 mars 2017

Poèmes foireux de 2017

à fond dans le tramway

elle écoute du Keen'V

sans comprendre pourquoi

tout le monde la

regarde d'un air mauvais

(4 mars)

 

elle cherche des trucs sur le Web en usant de Lilo

juste pour distribuer les gouttes d'eau

à une assoce qui fait la promo

des circuits courts et des paniers bio

(2 mars)

 

il joue le rondeau

d'Abdelazar au pipeau

comme il fait la voix B

il a bien l'air teubé

(1er mars)

 

il n'était pas vieux

mais il aimait draguer les mémères

& il ne trouva rien de mieux

que d'aller voter aux primaires

(29 janvier)

 

un sandwich

au pâté de biche

avec un verre de coca

avant d'aller

baratiner

les étudiants de Cluj Napoca

(13 janvier)

vendredi, 24 février 2017

“That's a pure Malevitch”

1622713_10202045905243063_438708232_n.jpg

 

Il y a trois ans, je faisais réciter par écrit un poème de Dickinson que j'avais fait apprendre par cœur à mes étudiants de première année... l'occasion d'être un peu sarcastique.

De mémoire, l'étudiante n'était pas venue me demander d'explication sur l'annotation, et aurai-je la naïveté de penser qu'elle a gouglé Malevitch ?

jeudi, 23 février 2017

Si j'aurais su...

« Tous les joueurs bordelais, qui n'ont pas joué à la suite du report du match contre Lorient, ont consenti le travail foncier ce matin, sauf Diego Rolan qui a entamé sa phase de réathlétisation. » (Sud-Ouest du 10 février 2014)

Une vraie question : comment traduire cette espèce de novlangue à mi-chemin entre le VRP en téléphonie et le journaliste-qui-se-prend-pour-un-kiné-qui-se-prend-pour-un-toubib ? Peut-on (doit-on) la traduire comme ce qu'elle est, à savoir dans un jargon équivalent, ou est-on autorisé à écrire cela dans un anglais compréhensible ?

 

Cette question, que je posais le 10 février 2014, est centrale à toute réflexion théorique sur la traduction.

Récemment, des articles s'en sont fait l'écho au sujet de l'indigence syntaxique et lexicale de l'anglais parlé par Donald Trump. Plus littérairement, c'est la difficulté majeure à laquelle est confronté tout traducteur de Tutuola. Pour prendre un exemple plus populaire, et auquel je me suis coltiné récemment avec mes étudiants internationaux : comment traduire le célèbre si j'aurais su j'aurais pas v'nu de Petit-Gibus (sous la plume de Pergaud) ?

Plus récemment encore, François Bon a abordé cela à propos de ses traductions de Lovecraft :

Comme d’accoutumée, on s’est fait un scrupule de respecter les parfois très étranges diptyques que propose la phrase lovecraftienne, avec son point-virgule séparant deux éléments syntaxiques parfois autonomes, parfois pas — c’est qu’il y était tout aussi scrupuleusement attaché, Lovecraft. Et le traducteur profite d’une prose pour une fois alerte, racontée par un étudiant en médecine avec les quelques lourdeurs d’usage que nécessite son rôle : un petit côté empesé, qui peut même prendre des facettes presque pédant, ou presque précieux, mais qui est l’exacte fissure par quoi imposer l’objectivité du narrateur, son impossibilité à inventer. À preuve la maîtrise et la souplesse de la langue dont est armé Lovecraft, dans ses lettres comme dans ses poèmes ou ses essais : un registre absolument maîtrisé, et dans ce qui peut sembler une lourdeur, que le traducteur doit respecter comme telle (on pourra comparer avec le narrateur de La chose sur le seuil ou celui de Dans l’abîme du temps), l’exacte nappe où va se jouer discrètement toute l’illusion du fantastique.

 

mercredi, 22 février 2017

Trois distiques retrouvés

2014

On a bien affamé et comment je golri

De bientôt m'englouté un miam-miam tandoori.

 

2014

Comme qu'on a bien lourd d'anguilles matelote

J'a lassé femme enfant regardu Kaamelott.

 

2015

Moltonel qu'on a mou d'use du cellulose

Si bectu Monbana fourrés au lactulose.

mardi, 21 février 2017

Il y a un moment où j'ai cessé de numéroter...

La gloriole est un gaspillage. Si, pour quelques-uns, le devoir est de s'en aller, ce devoir-là doit être fait comme un autre. —·— Einsame Ebene, gross, horizontgeschwängert, sang eine dünne Melodie, selbst lockender Schlag der Wachteln war nicht zu hören, nun fiel dicht vor seinen Augen ein Spinnwebnetz nieder, vom Himmel zum Nordpunkt, bedeckte ganz seine Pupillen, oder war es nur von Zweig zu Zweig zufälligen Kirschbaums gespannt, da sah er nicht, da hörte er, so laut, so stark, den wilden Ozean brausen, kochen, wirbeln, alles anströmte zu mächtiger Rhapsodie und war doch durch hauchzarte, regenbogenfarben schimmernde Spinnwebzeichnung einzig dies zu sehn, still, kolossal, schneebedeckte Majestät: Fuji. —·—·—·—· Nous n'avons pas la curiosité passionnée d'apprendre, nous n'avons pas d'appétits intellectuels! C'est presqu'une souillure de besogner rude, les plus admirés sont ceux qui réussissent vaille que vaille en ne faisant rien. —·—·— Et, tendant la main à son camarade, Népomucène Briquet ajouta : „Und inmitten dieser goldigen Verklärung, die gewaltige Gloriole der Sonnenscheibe zu Häupten, stand hochaufgerichtet im Wege eine üppige, ganz in Rot, Gold und Schottisch gekleidete Person, die ihre Rechte in die schwellende Hüfte stemmte und mit der Linken ein grazil geformtes Wägelchen leicht vor sich hin und her bewegte. “

lundi, 20 février 2017

Quatrain grimaçant

10.02.2016.

Tu traces ton sillon

De bave, belle limace.

 

Le petit gorillon

Est expert de la grimace.

dimanche, 19 février 2017

Du fun, du zoprac...

Brun gris autant que bronzé avait Borotra

Si que l'hapalémur du lac Alaotra.

 

On a dur la grosse érection si le bromure

Il m'est été vendru par Dodo la saumure.

 

Golri-je salut les ptits clous Marc Toesca

Si que Zahia s'a mis au clou de Déhesca.