Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 19 mai 2020

Ondoyant, ou aboulique ?

Il ne faudrait pas que cette situation d'exception dure beaucoup plus longtemps. On s'aperçoit que le rythme pris pendant le confinement risque d'être difficile à abandonner, et pourtant nous avons maintenu, aussi pour O* les jours de classe, des levers à heure fixe, mais plus tard que 7 h du matin, d'où un risque de décalage.

 

Hier après-midi, un de ses camarades est venu jouer à la maison, avec toutes les précautions d'usage, de même qu'un autre était venu aussi mercredi dernier. Dimanche prochain, un autre encore organise son anniversaire au parc de la Cousinerie, avec, là encore, toutes les précautions. Mais ce dont O* a besoin, c'est de retrouver un vrai rythme de travail, une structure plus rigoureuse de ses journées, et surtout, plus que rigoureuse, une structure extérieure. Nous finissons par penser qu'à partir du 1er juin il repartira peut-être au collège, finalement ; nous allons beaucoup hésiter et tergiverser encore. Mais, après tout, dans une société où tous les clients de tous les magasins portent des masques, où les échanges sociaux sont réduits au minimum, et où la "distanciation sociale" sera de mise aussi au collège, pourquoi ne pas tenter ? De toute manière, d'ici là, si le déconfinement (et notamment la réouverture des écoles) donne lieu à un accroissement des nouveaux cas et des hospitalisations, on le saura.

 

De mon côté, je travaille, bien sûr, d'autant qu'avec deux cours d'agrégation et un paquet de L3 qui me reste à moitié sur les bras, je n'ai pas de quoi m'ennuyer. Mais je glandouille aussi, et pour mes projets personnels, je ne mets pas ces journées à profit autant que je le pourrais / devrais. Et ça m'énerve contre moi-même (un peu comme la mort certaine de mon ordi de bureau et la grosse fuite d'eau au compteur depuis des mois, découverte hier par l'employé de la régie des eaux et dont le plombier, appelé en urgence, pense qu'on ne s'en débarrassera durablement qu'en faisant abattre le néflier le plus proche, et encore, sans traîner).

 

Hier, heureusement, j'ai avancé dans ma lecture des "sonnets de bois" de Neruda et j'ai pu filmer (cela ravira Didier Goux) une famille de mésanges dont les jeunes, de toute évidence, n'étaient pas sortis depuis bien longtemps. Fait quelques découvertes intéressantes dans Jump & Other Stories. Je peine un peu dans Moi le Suprême.

 

07:24 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (3)

lundi, 18 mai 2020

Sonnet emoji, un de plus

sonnet 1.JPG

sonnet 2.JPG

dimanche, 17 mai 2020

*1705*

Journée pénible, à de très nombreux égards.

 

Soir : Journal intime de Nanni Moretti, là encore vu à sa sortie au cinéma (mais qu'est-ce qu'on allait au cinéma...). Curieusement, la partie que je ne me rappelais pas du tout (le chapitre 2 : Îles) est celle que j'ai préférée, peut-être justement parce que la surprise était encore au rendez-vous...

 

22:30 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 16 mai 2020

Retour du mölkky

Aujourd'hui nous avons joué au Mölkky pour la première fois de l'année. En effet, signer des attestations dérogatoires pour toute la famille à seule fin d'aller au square du bout de la rue, avant le 11 mai, ç'eût été pénible. Et cette semaine, nous avons été très occupés.

 

Donc, première partie de Mölkky, et O* a imaginé un système de championnat dans lequel le vainqueur marque 8 points, le deuxième 2 points, et les autres zéro point. Sur ma suggestion, un concurrent éliminé d'une partie suite à 3 tirs sans marquer se verra enlever un point : ce cas de figure ne s'est pas présenté hier.

 

Par contre, j'ai perdu la main car je suis bon dernier du championnat après la première journée (3 parties), avec 4 points, contre 18 à C* et 8 à O*. Pour la troisième partie, je menais jusqu'à la fin, avec un dernier tir malheureux sur 4 quilles au lieu de 5, et j'ai été coiffé sur le poteau par C*, qui a touché miraculeusement la 9 pour me battre 50 à 49.

 

Film vu hier soir : Volvér.

Film vu ce soir : Four Weddings and a Funeral.

23:00 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 15 mai 2020

D'un fil ce qui te plaît.

Ce matin, après avoir somnolé vaguement pendant un bon moment, j'ai fini par me lever, tiré du lit par la chaudière qui se relançait, à 7 heures du matin. Pour ça, à coup sûr, ce printemps n'est pas différent des précédents : longue période de douceur sur 2 ou 3 bonnes semaines en avril, puis rafraîchissement vers la mi-mai, au point de retrouver le chauffage pendant une heure ou deux le matin. Le chauffage a même fonctionné, vingt minutes par ci par là, jusqu'à début juin deux ou trois années. Les nuits sont fraîches, autant dire, et les proverbes jumeaux pas toujours parfaitement pertinents.

 

Ce sont les deux fameux proverbes qui m'ont fait bricoler un titre  compressé pour ce billet, et ce titre m'évoque les fils sur Twitter (les threads — la règle absolue, pour avoir le droit d'utiliser ce mot quand on est francophones, semble être de ne savoir prononcer ni le /θ/ ni le /r/ ni le /ed/). J'en fais rarement, mais j'ai remarqué que souvent le premier tweet (ou gazouillis) d'un thread (ou fil) suscite des réactions (♥ ou RT), mais guère les suivants, ou alors un seul, ponctuellement; Pour les RT, cela s'explique : on partage avec ses followers (abonnés (il y a eu un gros délire à ce sujet avant-hier car l'Académie française a suggéré une périphrase ahurissante)) le premier texte, en espérant que ceux-ci ou celles-là (celleux) dérouleront la pelote (en anglais, on ne file jamais la métaphore jusqu'à yarn, sans doute car l'expression spin a yarn signifie “inventer un bobard”, “monter un bateau”...)

Bref, à force de parenthèses, j'ai perdu le fil.

 

Mais on se caille. Et comme toujours ici, le vent souffle à décorner les bœufs.

 

jeudi, 14 mai 2020

Dead Zone(s)

Hier soir, nous avons vu Dead Zone, revu pour ma part, pour la troisième fois.

Curieusement, toute la partie centrale, autour du tueur en série protégé par sa mère, m'était sortie de l'esprit. De même, à l'époque, n'ayant évidemment pas vu The West Wing (j'ai dû voir Dead Zone vers 1991 et 1998 respectivement), je n'avais pas pu trouver savoureuse, a posteriori, l'interprétation du futur président fanatique par Martin Sheen.

De même, je ne me rappelais pas que, dans la scène finale, John Smith s'installe dès la nuit précédente sur la galerie supérieure de la salle communale (église ?) afin de préparer son assassinat.

 

Aujourd'hui, diverses bricoles : visio Jitsi avec mon étudiant de M2, peaufinage du cours d'agrégation de demain, copies de L1 et L3, mise en place de la session de rattrapage...

 

mercredi, 13 mai 2020

Retour en ville, du 13 au 13

La dernière fois que j'étais allé en ville, à Tours centre donc, c'était le 13 mars.

Il s'est donc écoulé plus de temps que quand nous partons pour une grande part des vacances d'été (généralement du 10-15 juillet au 25 août). Malgré tout, l'impression est que moins de temps passé. Il faut dire qu'on n'a pas arrêté de bosser, et qu'en même temps on n'a rien fait de spécial.

 

20200513_104500

 

Impressions étranges en ville aussi, presque tout le monde masqué, tout le monde très prudent, globalement peu de gens d'ailleurs, des files d'attente qui paraissent tout de suite très longues à l'extérieur des échoppes les moins spacieuses...

 

20200513_104813

 

Se rappeler qu'en France, contrairement aux autres pays, tout le monde a dû s'acheter voire se bricoler (comme nous) des masques. Regain de froid depuis trois jours, et chargé de paquets en vue des anniversaires de la semaine prochaine, je me suis contenté de photographier la Loire depuis le parapet des Tanneurs. Bientôt, bientôt...

 

 

20200513_111929

 

mardi, 12 mai 2020

Queues

Hier, vers huit heures du soir, pendant le dîner, nous avons pu voir passer, dans la haie de troènes, et qui folâtraient dans la sapinette et les merisiers, une petite troupe de Mésanges à longue queue. Ce n'est pas très souvent qu'on en voit, et c'est toujours très émouvant. Il doit s'agir d'oiseaux qui n'ont pas trouvé à former de couples, ou qui cherchent à s'installer... à moins que ce ne soient déjà des jeunes issus d'une première nichée, et donc qui erreront ainsi, librement, jusqu'à l'année prochaine ?

En tout cas, elles n'ont fait que passer.

 

veinards.JPGJuste après, nous avons subi le nanard comique des années 60 imposé par A* : Les Veinards, un film à sketches de type très vaudevillesque, dont seul le premier était à peu près consistant, et surtout bien joué (par François Périer et Mireille Darc — Guy Tréjean toujours aussi creux). Ce film, outre son côté daté et lourdaud, sans rythme, brille par un sexisme comme évident, très frappant avec cinquante ans de recul...

veinards.JPGMême le sketch avec De Funès traîne en longueur, sans que De Funès lui-même n'ait la moindre illumination... Le deuxième sketch, avec Francis Blanche dans le rôle d'un type qui a gagné un déjeuner dans un restaurant prestigieux mais qui se fait couillonner de A à Z, est sans doute le plus inconsistant et le plus mal écrit (et pourtant, il y avait de la concurrence...) Dans le troisième sketch, un machin sans queue ni tête dont l'interprète principal est Darry Cowl (déjà, rien que ça...), A* s'est piqué un fou rire devant la nullité d'une des répliques. Un industriel enfermé hors de chez lui s'adresse à la concierge, vieille et censément peu ragoûtante, en lui disant “il faut appeler la police, il y a un satyre”. Et la concierge, visage réjoui : “Un satyre, où ça ?”

Vous voyez le niveau.

 

Hier le déconfinement a donné lieu à des cohues dans le métro (forcément, quand on incite les entreprises à mettre fin au télétravail et aux aménagements pour cause de cours à distance des enfants...), et, paraît-il, à des queues dans certains commerces. D'autres personnes que je connais ont rapporté avoir plutôt vu des villes encore semi-désertes. Surtout, il me semble que ces débats sont de faux débats : s'il y a déconfinement, on ne va pas commencer à faire les gros yeux à tel ou telle pour telle ou telle attitude. C'est l'arbre qui cache la forêt : ce qui compte, c'est la distribution de masques gratuits et le dépistage de masse — or, cela, le gouvernement y a lâchement renoncé. Ce qui compte, c'est un monde d'après plus écologique, moins consumériste, plus équitable : or, cela, des figues... Quelques voisins qui font des soirées chez eux ou des gens qui se posent sur les pelouses d'un parc à 80 cm l'un de l'autre au lieu d'un mètre, c'est l'arbre qui cache la forêt.

 

Pas réussi, n'ayant pas de colle appropriée, à réparer le procédé d'une des deux queues de billard ; O*, voulant sortir seul sur la terrasse dimanche le billard américain portatif, a heurté une des deux queues et cassé l'embout avec l'extrémité en feutrine bleue. J'ai mis un peu de scotch ; on verra ce que ça donne quand on y rejouera (la météo n'y est pas propice, pour le moment).

Mésange à longue queue  & branche de prunier

 

Aujourd'hui, j'avais l'intention d'aller en ville, pour la première fois depuis mes derniers cours aux Tanneurs le 13 mars, mais je vais attendre demain, d'une part car je n'ai pas de nouvelles des libraires à qui  j'ai passé certaines commandes en vue des anniversaires de C* et O*, d'autre part car symboliquement ce sera aussi le 13, donc deux mois précisément sans sortir de mon quartier de la Petite Arche (!).

(In cauda non venenum.)

 

lundi, 11 mai 2020

La Pseudo-Phèdre, acte II, scène I



La Pseudo-Phèdre

 

tragédie à moitié racinienne

et à moitié d'inspiration blanquéro-coronavirienne

 

[Les vers en noir sont de Racine et G. Cingal.

Les vers en bleu sont de Racine et @angry_prof39.]

 

Acte II, Scène I

 

ARICIE.

Hippolyte demande à me voir en ce lieu ?

Hippolyte me quiert, malgré le couvre-feu ?

Ismène, dis-tu vrai ? N'es-tu point abusée ?

 

ISMÈNE.

C'est le premier effet d'être déconfinés.

Préparez-vous, Madame, à voir de tous côtés

Voler vers vous les coeurs par Khauvide écartés. 

Aricie à la fin de son sort est maîtresse,

Et bientôt sans souci reviendra au Fitness.

 

ARICIE.

Ce n'est donc point, Ismène, un bruit mal affermi ?

Plutôt que confinés nous voici cons finis ?

 

ISMÈNE.

Non, Madame, les dieux ne vous sont plus contraires ;

Philippe vient encor de désavouer Blanquère.

 

ARICIE.

Dit-on quelle aventure a terminé ses jours ?

 

ISMÈNE.

Ses propos de sa fin ont pu hâter le cours.

On dit que, ravisseur d’une amante nouvelle,

Il confondit l'EdNat avec une poubelle.

On dit même, et ce bruit est partout répandu,

Qu'il cherchait Riester, depuis longtemps perdu,

Il a vu le Cocyte et le rivage sombre,

Face au virus il a verdi comme un concombre.

Mais il n’a pu sortir de ce triste séjour,

Et à tous les experts son cerveau reste sourd.

 

La Pseudo-Phèdre, acte I, scènes IV-V



La Pseudo-Phèdre

 

tragédie à moitié racinienne

et à moitié d'inspiration blanquéro-coronavirienne

— œuvre collaborative —

 

[ Les vers en bleu sont de Racine et @angry_prof39.

Donc : la totalité des vers 317 à 366 ]

 

Acte I, Scène IV

 

PANOPE.

Je voudrais vous cacher une triste nouvelle,

Madame. Las, Blanquer dans Gala la révèle :

La mort vous a ravi votre invincible époux,

Vaillant instit', qui ne chopa pas que des poux.

 

ŒNONE.

Panope, que dis-tu ?

 

PANOPE.

Que la reine abusée

En vain mande à Véran le retour covidé

Et que par des vaisseaux arrivés dans le port

StopCovid par un iPhone annonça sa mort.

 

PHÈDRE.

Ciel !

 

PANOPE.

Pour le choix d'un maître Athènes se partage.

LaREM dans tous les cas n'aura pas de suffrage,

Madame, et de l'État l'autre oubliant les lois

Publie non au J.O. mais dans tous les médias.

On dit même qu'au trône une brigue insolente

Veut remplacer Macron par une verte plante.

J'ai cru de ce péril vous devoir avertir.

Un ficus, il est vrai, ne pourrait faire pire.

Et l'on craint, s'il paraît dans ce nouvel orage

Que Philippe blanchisse un peu plus du pelage.

 

ŒNONE.

Panope, c'est assez. La reine qui t'entend,

Ne négligera point la manif' en son temps.

 

 

 

Acte I, Scène V

 

ŒNONE.

Madame, je cessais de vous presser de vivre.

Déjà même au métro je songeais à vous suivre.

Pour vous en détourner je n'avais plus de voix.

Mais la chloroquine vous prescrit d'autres lois.

Votre fortune change et prend une autre face.

L'instit' n'est plus, Madame, il faut prendre sa place.

Sa mort vous laisse un fils à qui vous vous devez,

Esclave, s'il vous perd, roi, si vous travaillez.

Sur qui dans son malheur voulez-vous qu'il s'appuie ?

Ses larmes, en visio, non, nul ne les essuie.

Et ses cris innocents portés jusques aux dieux,

Iront contre Blanquer irriter les anxieux.

Vivez, vous n'avez plus de reproche à vous faire.

Allez sous votre masque enseigner aux scolaires.

Thésée en expirant vient de rompre les nœuds,

Et révèle au grand jour le cluster du chef-lieu.

Hippolyte pour vous devient moins redoutable,

Et les masques promis sont partout achetables.

Peut-être convaincu de votre aversion

Il va se conformer à la distanciation :

Détrompez son erreur, fléchissez son courage.

Des gestes barrières collez les affichages

Mais il sait que les lois donnent à votre fils

Les superbes visios que le CNED a bâties.

Vous avez l'un et l'autre une juste ennemie.

Unissez-vous tous deux contre la maladie.

 

PHÈDRE.

Hé bien ! À tes conseils je me laisse entraîner

Et de pédagogie faisons continuité.

Et si l'amour d'un fils en ce moment funeste

Des faibles E3C peut ranimer le reste.

 

 

*1105*

Ce matin, je me suis levé pour constater le rafraîchissement, et surtout les averses à la limite de dégénérer en tempête. Il paraît que les métros étaient bondés ce matin, et Olivier Véran s'en est scandalisé : mais enfin, c'est leur faute !!! Le déconfinement sans distribution de masques ni incitation à maintenir le télé-travail, c'est la faute de ce gouvernement... à 100%.

 

Hier soir, interminable partie de Monopoly, à quatre — comme il y a quelques semaines, déjà à l'initiative d'O* — et qui s'est soldée par un dernier acte inédit : dix minutes où C* et moi avons disputé la finale, le temps de s'assurer que c'est bien elle qui me plumait, et non l'inverse.

Dans la journée, j'avais mis la piquette à O*, au piquet : 141/71, 120/57. Pas eu besoin de la belle en 221 points. (Pourquoi 221 points ? Le nombre 221, à part qu'il s'agit d'un multiple de deux nombres premiers consécutifs, n'a rien de particulier.)

 

Un peu avant midi, apéro visio (mais sans apéro en fait) avec mes parents, ma sœur, mon beau-frère et ma nièce.

 

Vendredi, j'ai promis à une amie de lui expliquer les motifs de mon hostilité à l'égard de Pierre Rabhi. Comme je manquais de temps, je lui avais promis un billet de blog d'ici dimanche. Comme elle m'a gentiment rappelé à ma promesse, je lui ai répondu vite fait, en MP. La vérité est que je n'ai aucune envie, en fait, de me (re)plonger dans ou tel texte de ce charlatan, dont on peut dire au mieux que son spiritualisme kitsch et creux est ridicule, au pire qu'il s'agit d'une stratégie d'extrême-droite pour placer toute la responsabilité de la lutte écologique sur les individus. Peut-être le ferai-je, tout de même.

 

11:40 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

La Pseudo-Phèdre, acte I, scènes II et III



La Pseudo-Phèdre

 

tragédie à moitié racinienne

et à moitié d'inspiration blanquéro-coronavirienne

 

[Les vers en noir sont de Racine et G. Cingal.

Les vers en rouge sont de Racine et Coraline Soulier.

Les vers en bleu sont de Racine et @angry_prof39.]

 

Acte I, Scène II

 

LA BARONNE, dite aussi ŒNONE.

Hélas ! seigneur, quel trouble au mien peut être égal ?

Nous voilà réécrits par le fourbe Cingal.

En vain à l’observer jour et nuit je m’attache,

Et je ne puis souffrir son humour de potache.

Un désordre éternel règne dans son esprit ;

Il ricane tout seul de ce qu'il a écrit.

Phèdre veut voir le jour : et sa douleur profonde

M'impose la javel, beaucoup nauséabonde.

Elle vient.

 

HIPPOLYTE.

Il suffit : je la laisse en ces lieux,

Et vais dans un EHPAD contaminer des vieux.

 

 

 

Acte I, Scène III

 

PHÈDRE.

N’allons point plus avant, demeurons, chère Œnone.

(Oui, c'est le surnom que je donne à Labaronne.)

Mes yeux sont éblouis du jour que je revoi,

Et ce confinement m'aura remplie d'effroi.

Hélas !

 

ŒNONE.

Dieux tout-puissants, que nos pleurs vous apaisent !

 

PHÈDRE.

Invoquons Saint Barbier, pour retrouver du pèze !

Quelle importune main, en formant tous ces nœuds,

De son écharpe rouge a l'attrait vénéneux ?

Tout m’afflige, me nuit, et conspire à me nuire,

Et même Darmanin me semble un dur à cuire.

 

ŒNONE.

Vous-même, condamnant vos injustes desseins,

Avez mandé Véran parmi vos médecins.

Vous-même, rappelant votre force première,

Avez repris vos galons d'ancienne infirmière.

Vous louvoyez, madame ; et, prête à vous cacher,

De Casa de Papel la fin divulgâcher !

 

PHÈDRE.

Noble et brillant auteur d’une triste famille,

Connaisseur du virion autant que du bacille,

Qui peut-être rougis du trouble où tu me vois,

Véran, je veux du gel pour la dernière fois !

 

ŒNONE.

Quoi ! vous ne perdrez point cette cruelle envie ?

Bien se laver les mains, souvent, cela suffit !

Faire de votre mort les funestes apprêts,

Pour quatre flacons de Sanytol égarés...

 

PHÈDRE.

Quand pourrai-je, au travers d’une noble poussière,

Ajouter à mon masque un casque et sa visière ?

 

ŒNONE.

Quoi, madame ?

 

PHÈDRE.

Insensée ! où suis-je ? et qu’ai-je dit ?

Serais-je, des vapeurs de l'armoise, étourdie ?

Je l’ai perdu ; les dieux m’en ont ravi l’usage :

J'ai confondu le gel avec l'après-rasage.

Je te laisse trop voir mes honteuses douleurs :

Confinée, mes rayons ne sont que des pâleurs.

 

ŒNONE.

Ah ! s’il vous faut rougir, rougissez d’un silence

Qui de Son-Forget seul exprime la violence.

Rebelle à tous nos soins, sourde à tous nos discours,

Placez dans la vaccin l'espoir et le secours !

Quelle fureur les borne au milieu de leur course,

Ces chimistes, tel Robinson et son chaource ?

Les ombres par trois fois ont obscurci les cieux :

Le tigre, enfourchez-le, et que tout aille au mieux.

Et le jour a trois fois chassé la nuit obscure

Tandis que vous parliez visière, gel et cure...

À quel affreux dessein vous laissez-vous tenter ?

Qui a croqué Messi ? C'est N'Golo Kanté !

Vous offensez les dieux auteurs de votre vie ;

Ce désespoir total, rien ne le justifie.

Vous trahissez enfin vos enfants malheureux,

Pressés d'aller, masqués, faire "areuh-areuh".

Songez qu’un même jour leur ravira leur mère

Et donnera sa force à nos gestes barrière !

Ah ce fier ennemi de vous, de votre sang,

Qui de la ratatouille aime le goût puissant,

Cet Hippolyte…

 

PHÈDRE.

Ah ! dieux !

 

ŒNONE.

Ce reproche vous touche ?

 

PHÈDRE.

Certes, je lui mettrais bien une cartouche.

 

ŒNONE.

Eh bien ! votre colère éclate avec raison,

Mais citer "La cartouche" est un brin polisson.

Vivez donc : que l’amour, le devoir vous excite.

De Sébastien Patoche, ah ! fuyez l'explicite !

Accablant vos enfants d’un empire odieux,

Ne laissez point Blanquère être éjoui et radieux.

Mais ne différez point ; chaque moment vous tue :

Khauvide, s'il est lièvre, a tout de la tortue,

Tandis que de vos jours prêts à se consumer

Il faut s'en remettre aux drones de Castaner.

 

PHÈDRE.

J’en ai trop prolongé la coupable durée.

 

ŒNONE.

Plutôt que de l'armoise, avalez de l'urée.

Quel crime a pu produire un trouble si pressant ?

As-tu déconfiné de pauvres innocents ?

 

PHÈDRE

Grâces au ciel mes mains ne sont point criminelles :

Je n'ai pas réouvert les cours des maternelles.

 

ŒNONE.

Et quel affreux projet avez-vous enfanté

Dont votre élève encor doive être épouvanté ?

 

PHÈDRE

Je t’en ai dit assez : épargne-moi le reste.

Je meurs, pour ne point porter un masque funeste.

 

ŒNONE.

Mourez donc, et gardez un silence inhumain ;

Pour fermer vos bahuts cherchez une autre main.

Quoiqu’il vous reste à peine une faible lumière,

Vous éclairez plus que le sinistre Blanquère ;

Mille chemins ouverts y conduisent toujours,

Et sans fin des médias il choisit les plus lourds.

Cruelle ! quand ma foi vous a-t-elle déçue ?

Songez-vous qu’au B.O. nous n'avons rien reçu ?

Mon pays, mes enfants, pour vous j’ai tout quitté.

Mais une bonne mut' est-ce trop demander ?

 

PHÈDRE

Quel fruit espères-tu de tant de violence ?

Castaner nous contraint en cette Île-de-France.

 

ŒNONE.

Et que me direz-vous qui ne cède, grands dieux,

À l’horreur des oraux de français en tous lieux ?

 

PHÈDRE.

Quand tu sauras mon crime et le sort qui m’accable,

Comme dans le métro tu vas péter un câble.

 

ŒNONE.

Madame, au nom des pleurs que pour vous j’ai versés,

Ne songez point aux trams, ni aux bus encombrés.

Délivrez mon esprit de ce funeste doute.

 

PHÈDRE.

Pour vaincre le scorbut...

 

ŒNONE.

... il faut de la choucroute...

 

PHÈDRE.

Ciel ! que lui vais-je dire ? et par où commencer ?

 

ŒNONE.

Il voyage en solitaire ? C'est de Manset.

 

PHÈDRE.

Ô haine de Vénus ! ô fatale colère !

Rien d'un peu récent n'est toléré par Blanquère.

 

ŒNONE.

Oublions-les, madame ; et qu’à tout l’avenir

Le cheval enfourche le tigre sans hennir.

 

PHÈDRE.

Ariane, ma sœur ! de quel amour blessée

Avez vous dépouillé de gel tous les WC ?

 

ŒNONE.

Que faites-vous, madame ? et quel mortel ennui

Vous fait regretter le Sanytol en feng-shui ?

 

PHÈDRE.

Puisque Macron le veut, de ce sang déplorable,

Refusons au pays le testing secourable.

 

ŒNONE. Aimez-vous ?

 

PHÈDRE.

De l’amour j’ai toutes les fureurs.

Aucun masque n'est apte à retenir mes pleurs.

J’aime… À ce nom fatal, je tremble, je frissonne

Plus que la pangoline et mieux que l'hérissonne !

Ce prince si longtemps par moi-même opprimé

Et dont le nom avec le zgègue aura rimé.

 

ŒNONE.

Juste ciel ! tout mon sang dans mes veines se glace !

La rime à "Hippolyte" eut-elle autant d'audace ?

Voyage infortuné ! Rivage malheureux !

Dans le métro partout quel flot malencontreux !

 

PHÈDRE.

Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée

Eus-je de Kaletra offert une gorgée

Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,

Jusques à Sibeth qui ne mentait qu'à demi !

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue,

Plus doux que de Raoult la tignasse touffue.

Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler,

Pas même au micro de Bourdin, sur RMC.

Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,

Sans prendre de Ferrand aucun dessous-de-table.

Par des vœux assidus je crus les détourner

Et même à Mediapart je faillis me confier.

De victimes moi-même à toute heure entourée,

Pour des masques gratuits risquant l'échauffourée.

D’un incurable amour remèdes impuissants !

Plus de chiens promenés, plus de Zooms languissants !

Quand ma bouche implorait le nom de la déesse

Borne, je connaissais le métro pince-fesse.

Même au pied des autels que je faisais fumer,

La cocaïne était fournie par Son-Forger.

Je l’évitais partout. Ô comble de misère !

Qu'il dût retourner au bahut : maudit Blanquère !

Contre moi-même enfin j’osai me révolter

Et je voulus aller les fraises récolter.

Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,

Je matais les photos de Macron au théâtre.

Je pressai son exil ; et mes cris éternels

Ne purent éveiller ni Bouhafs ni Plenels.

Je respirais, Œnone ; et, depuis son absence,

Plus de tramway bondé ni de pompe à essence.

Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,

Je rêvais de Griveaux, de ses dickpics enfuis.

Vaines précautions ! Cruelle destinée !

Malgré Pornhub Premium mon âme est confinée.

J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :

Applaudir les soignants ne m'aura pas soignée.

Ce n’est plus une ardeur dans mes veines cachée,

Ni ce Houlié dont je me crus amourachée.

J’ai conçu pour mon crime une juste terreur ;

Khauvide m'a donné le futur en horreur.

Je voulais en mourant prendre soin de ma gloire,

Et aux intermittents donner fromage et poire.

Je n’ai pu soutenir tes larmes, tes combats,

Et qui sait si Vidal un jour reparaîtra.

Pourvu que, de ma mort respectant les approches,

On rouvre les bistrots et aussi les cinoches,

Et que tes vains secours cessent de rappeler

Les conseils qu'Aphatie ne peut que marteler.

 

dimanche, 10 mai 2020

La Pseudo-Phèdre, sommaire

Aujourd'hui, je me suis lancé dans un truc un peu dingo, qui consiste à réécrire sur Twitter, un vers sur deux de Phèdre. L'idée vient d'une énième fanfaronnade à côté de la plaque de ce paltoquet de Blanquer.

 

Comme d'autres se joignent et comme il se pourrait qu'on aille assez loin dans la pochade, j'ai décidé de reprendre, scène par scène, le texte dans ce blog.

 

Voici donc le sommaire :

 

 

 

 

 

 

La Pseudo-Phèdre, acte I, scène I



La Pseudo-Phèdre

 

tragédie à moitié racinienne

et à moitié d'inspiration blanquéro-coronavirienne

 

 

HIPPOLYTE.

Le dessein en est pris : je pars, cher Théramène,

Mais à moins de 100 bornes, bien sûr, de Trézène.

Dans le doute mortel dont je suis agité,

J'ai reçu ma convoc pour l'oral de francé.

Depuis [près de deux] mois éloigné de mon père,

Toujours paraît la face de l'affreux Blanquère.

J’ignore jusqu’aux lieux qui le peuvent cacher.

 

THÉRAMÈNE.

Vous pourriez demander au duc de Castaner.

Déjà pour satisfaire à votre juste crainte,

Sans masque suis allé jusques à Villepinte.

J’ai demandé Thésée aux peuples de ces bords

Qui m'ont vendu du gel 15 euros sans remords.

J’ai visité l’Élide, et laissant le Ténare,

Ouï la folle Bergé et la Sibeth ignare.

Sur quel espoir nouveau, dans quels heureux climats

Est l'école dont les portes n'ouvriront pas ?

Qui sait même, qui sait si le roi votre père

Avait assez d'attestations dérogatouères ?

Et si, lorsqu’avec vous nous tremblons pour ses jours,

Il fait des apéros virtuels sans détours,

Ce héros n’attend point qu’une amante abusée…

 

HIPPOLYTE.

Voyons, tout est fermé : les bistrots, les musées !

De ses jeunes erreurs désormais revenu,

Thésée n'a plus Netflix. PokémonGo n'est plus !

Et fixant de ses vœux l’inconstance fatale,

Il accorde à Raoult sa confiance totale.

Enfin, en le cherchant, je suivrai mon devoir,

Et me ferai un masque avec un vieux bavoir.

 

THÉRAMÈNE.

Eh ! depuis quand, seigneur, craignez-vous la présence

De postillons venus de Cathay ou Byzance

Et dont je vous ai vu préférer le séjour

À Animal Crossing, Auchan ou Carrefour ?

Quel péril, ou plutôt quel chagrin vous en chasse ?

 

HIPPOLYTE.

Des marcheurs mensongers toujours je crains l'audace

Depuis que sur ces bords les dieux ont envoyé

La fille de Darcos et Valérie Boyer.

 

THÉRAMÈNE.

J’entends : de vos douleurs la cause m’est connue.

Schiappa vous chagrine, et blesse votre vue.

Dangereuse marâtre, à peine elle vous vit,

Que même confiné vous fustes déconfit.

Mais sa haine, sur vous autrefois attachée,

Est comme une limace après une drachée.

Et d’ailleurs quels périls vous peut faire courir

Le coronavirus ? On n'en saurait mourir.

Phèdre, atteinte d’un mal qu’elle s’obstine à taire,

N'a pas, du pangolin, percé tout le mystère.

Peut-elle contre vous former quelques desseins ?

 

HIPPOLYTE.

Nies-tu donc, tel Blanquer, l'avis des médecins ?

Hippolyte en partant fuit une autre ennemie ;

Je fuis, je l’avouerai, cette vieille Estrosie,

Reste d’un sang fatal conjuré contre nous.

 

THÉRAMÈNE.

N'est-elle pas amie du professeur Raoult ?

Jamais l’aimable sœur des cruels Pallantides

Se sera-t-elle alliée à l'infernal Khauvide ?

Et devez-vous haïr ses innocents appas ?

 

HIPPOLYTE.

Hélas, même au McDrive il n'est point de repas.

 

THÉRAMÈNE.

Seigneur, m’est-il permis d’expliquer votre fuite ?

Sans apéro sur Zoom évitez-vous la cuite,

Implacable ennemi des amoureuses lois,

De la pistache autant que d'olive aux anchois ?

Vénus, par votre orgueil si longtemps méprisée,

Fera-t-elle plus que de Griveaux la risée ?

Et vous mettant au rang du reste des mortels,

Vous a-t-elle exilé à Yèvre-le-Châtel ?

Aimeriez-vous, seigneur ?

 

HIPPOLYTE.

Ami, qu’oses-tu dire ?

Toi qui même sur Zoom n'enseignes pas Shakespeare,

Des sentiments d’un cœur si fier, si dédaigneux,

Vois-tu donc sur Discord des hordes de khâgneux ?

C’est peu qu’avec son lait une mère Amazone

Parmi la Librairie ait essaimé la zone.

Dans un âge plus mûr moi-même parvenu,

J'ai, de Gérard Larcher, le visage charnu.

Attaché près de moi par un zèle sincère,

Tu fus mon Jean Lassalle, aussi ma Flo Lasserre.

Tu sais combien mon âme, attentive à ta voix,

S’échauffait aux récits des faits de Benalla.

Quand tu me dépeignais ce héros intrépide

Qui en maître régnait bien avant le Khauvide,

Les monstres étouffés, et les brigands punis,

Cégété, Heffessu, entre autres ennemis,

Et les os dispersés du géant d’Épidaure,

De Jean-Luc Mélenchon jusqu'à Olivier Faure.

Mais quand tu récitais des faits moins glorieux,

Citoyens éborgnés, glyphosate en tous lieux,

Hélène à ses parents dans Sparte dérobée ;

Bayrou bégayant, De Sarnez imbibée,

Tant d’autres, dont les noms lui sont même échappés,

Les lois contre les gueux et les handicapés,

Ariane aux rochers contant ses injustices,

Les fêtes de Macron aux hivernaux solstices,

Tu sais comme, à regret écoutant ce discours,

L'horreur des yeux crevés m'en éloignait toujours.

Heureux si j’avais pu ravir à la mémoire

Ces faits aussi abjects qu'une chanson de Moire !

Et moi-même, à mon tour, je me verrais lié !

Fallait-il qu'à Beauvau on m'eût domicilié...

Dans mes lâches soupirs d’autant plus méprisable,

Qu'un enfant de cinq ans reprenant son cartable,

Qu’aucuns monstres par moi domptés jusqu’aujourd’hui,

Ne me calmeront tant qu'un lave-mains Feng-Shui.

Quand même ma fierté pourrait s’être adoucie,

Ne pourrais-je trembler au doux nom d'Estrosie ?

Ne souviendrait-il plus à mes sens égarés

De ce confinement qui nous a séparés ?

Mon père la réprouve, et par des lois sévères,

M'ordonne de passer les oraux de Blanquère.

D’une tige coupable il craint un rejeton

Et non de se complaire en vers de mirliton.

Et que, jusqu’au tombeau soumise à sa tutelle,

Estrosie sans Raoult fasse dans la dentelle.

Dois-je épouser ses droits contre un père irrité ?

Et dois-je renoncer à la spé HLP ?

Et dans un fol amour ma jeunesse embarquée...

 

THÉRAMÈNE.

Surtout n'oubliez pas l'attestation marquée :

Le ciel de nos raisons ne sait point s’informer,

Le duc de Castaner risque de gendarmer.

Et sa haine irritant une flamme rebelle,

On trouve le virus dans les camions-poubelle.

Enfin d’un chaste amour pourquoi vous effrayer ?

Sur le monde d'après ne faut-il embrayer ?

En croirez-vous toujours un farouche scrupule ?

Faute d'FFP2, on porte un masque en tulle !

Quels courages Vénus n’a-t-elle pas domptés ?

Avant l'oral du bac faites-vous démâter.

Si toujours Antiope à ses lois opposée

Se trouve, de Schiappa vous aurez la rosée.

Mais que sert d’affecter un superbe discours ?

Même en distanciel vous séchâtes les cours.

On vous voit moins souvent, orgueilleux et sauvage,

Tantôt, tel Robinson, quémander du fromage,

Tantôt, savant dans l’art par Neptune inventé,

Harponner la baleine avecque Son-Forget.

Les forêts de nos cris moins souvent retentissent ;

Sur Animal Crossing que de bestiaux factices !

Il n’en faut point douter, vous aimez, vous brûlez ;

De vous, sans nul coiffeur, la coupe de mulet

À Estrosie enfin aurait-elle su plaire ?

 

HIPPOLYTE.

Théramène, je pars, et vais chercher mon père.

 

THÉRAMÈNE.

Ne verrez-vous point Phèdre avant que de partir ?

 

HIPPOLYTE.

Sans surblouse non plus je ne saurais sortir.

Voyons-la, puisque ainsi mon devoir me l’ordonne.

Quoi, n'est-ce pas là ce cher Daniel Labaronne ?

 

samedi, 09 mai 2020

Odds and ends

Aujourd'hui, je n'ai pas fait grand chose, ou plus exactement : je n'ai guère bossé.

 

Comme, d'une part, il faisait beau, et comme, d'autre part, O* a été occupé à faire son travail d'arts plastiques le matin, à jouer à Fifa19 en début d'après-midi (il a été limogé de son poste d'entraîneur du PSG car avec les difficultés à jouer au niveau pro il y a 2-3 semaines quand il a passé ce niveau, il n'a pu terminer "que" 5e du championnat), puis à aider A* à faire la cuisine (quiche aux tomates cerise, velouté de fenouil et enfin chili pour demain), il n'y a eu ni partie de piquet, ni billard, ni ping-pong, et donc j'ai pu beaucoup lire, dehors, donc, malgré quelques agaçantes chignoles voisines autour des 3-4 heures de l'après-midi.

 

39de4-memmi2.jpgJ'ai fini de lire La statue de sel d'Albert Memmi, son premier roman (1953), que j'avais trouvé dans une boîte à livres je ne sais plus où, et qui s'est d'ailleurs débigoincé en cours de lecture : une fois la prochaine vidéo faite, il ira au recyclage, ce qui est dommage car c'est un très bon livre. En cherchant quelques bricoles hier au sujet de Memmi (dont j'ai lu il y a très longtemps, à Beauvais, Le scorpion) j'ai découvert qu'il était toujours vivant : il fêtera ses cent ans en décembre prochain. Roman en partie autobiographique, mais en partie seulement : on sait que les deux derniers chapitres correspondent en quelque sorte à une vie alternative d'Albert Memmi. Il s'agit d'un Bildungsroman qui suit les étapes d'un jeune Juif tunisois de l'enfance au début de l'âge adulte, après un “séjour” très rude dans un camp de prisonniers, sous le joug nazi. Memmi décrit très bien comment les Juifs d'Afrique du nord, considérés comme des citoyens de seconde zone avant et pendant la guerre, se sentent toujours aussi délaissés, tant par les FFL que par le nouveau gouvernement. Là où le roman se distingue notamment de la vie de Memmi, c'est qu'il s'agit d'un Künstlerroman déceptif : comment Alexandre Mordekhaï Benillouche n'est pas devenu écrivain. Le roman commence d'ailleurs d'une manière qui m'a rappelé le film de Perec Un homme qui dort, vu récemment.

 

pirandello.JPGJ'ai ensuite enchaîné sur un Pirandello acheté il y a un bon moment au Bibliovore (la fermeture des librairies ne m'a pas frustré car j'ai des dizaines de livres en souffrance, parfois depuis un bon bout de temps), Feu Mathias Pascal. Pirandello, ce sont surtout des souvenirs de théâtre lu, il y a longtemps : souvenir très vif d'avoir adoré Vêtir ceux qui sont nus ; je me revois encore rencogné dans un des deux vieux fauteuils de notre studio à Coppélia. Ce roman, le chef-d'œuvre de Pirandello selon la quatrième de couverture, commence très bien, les 150 premières pages, on va dire, mais je suis moins convaincu par les pages du milieu, l'intrigue dans la pension de famille romaine.

[On a side note, lire ce roman a été l'occasion de découvrir une scène des Évangiles qui m'avait échappé, la guérison de l'Hémorroïque.]

 

♣♣♣♣♣♣♣

 

chat 2.jpgSoir : Chat noir, chat blanc de Kusturica. Nous avions vu ce film, C* et moi, lors de sa sortie, en 1998, à Beauvais, avec une amie de l'époque, Béatrice, perdue de vue avant même que nous ne quittions la Picardie : elle s'était enfoncée dans la dépression, certainement, et avait glissé sans contrecoup possible dans les abonnées absentes. Il y a quelques mois, nous avons revu aussi avec les garçons Le Temps des gitans. La vie est un miracle, que je n'ai jamais vu, nous attend aussi. Chat noir, chat blanc est conforme à mon souvenir : brillant, drôle, emporté, véhément, avec bien entendu ces scènes anthologiques rythmées par des orchestres dans les postures les plus inimaginables. La grande scène du début chez Grga et la scène du convoi ferroviaire (avec le chef de gare pendu à une barrière levée) sont des hommages appuyés mais très réussis à Sergio Leone. Je n'avais pas de réel souvenir des entourloupes mafieuses qui rythment le film, ni du fait que les deux chats du titre sont aussi ceux qui, en folâtrant, ressuscitent les deux vieux. La résurrection et la joie macabre sont deux motifs essentiels du cinéma de Kusturica. La destruction progressive de la maison a un petit côté métafictionnel : regardez, on détruit le décor au fur et à mesure qu'on tourne le film. — Il faudrait revoir Underground aussi ; j'avais beaucoup aimé ce film et n'avais pas trop compris, à l'époque, pourquoi le film était accusé de défendre évidemment le nettoyage ethnique de Milosevic et sa bande...

 

rayon.jpgSinon, j'ai visualisé le rayon de 100 kilomètres autour de notre domicile, afin de voir quelles petites virées (avec pique-nique et masques) nous pouvions envisager : outre le Bioparc de Doué (mais quand les oryctéropes seront visibles, dixit le spécialiste), les châteaux vont commencer à rouvrir leurs portes, sans parler des villages des bords de Loire. Pour les grandes villes, nous avons été amusés de voir qu'Angers et Poitiers — très belles et captivantes — étaient tout juste dans le cercle, de même que Le Mans, alors qu'Orléans — cette cité grisâtre et médiocre — était hors de portée, à quelques kilomètres près.

 

vendredi, 08 mai 2020

Mensonges, suite

Il y a un mois, le gouvernement disait que les écoles ne rouvriraient qu'en cas de ralentissement très marqué du Covid19, et que des tests et des masques seraient disponibles pour tout le personnel de l'Education nationale.

7 mai : finalement, pas assez de tests même pour les soignants et les personnes présentant des symptômes. C'est ce que Véran a appelé des "tests massifs". Tous les autres pays doivent se foutre de notre gueule XXL.

Blanquer : pas de tests pour les profs, car il ne faut "pas gâcher".

Quand j'écrivais hier que le mensonge est leur unique politique...

 

14:57 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (1)

jeudi, 07 mai 2020

Reprise ?!?

Matinée : préparation de cours et correction de devoirs.

Après-midi : 4 h 20 de conseil d'UFR en visioconférence.

Demain je ferai un cours d'agrégation en streaming YouTube, un 8 mai, oui, car pas d'autre créneau possible avec les nombreuses collègues en poste dans le secondaire, et qui sont accaparées toute la semaine par la "continuité pédagogique".

 

J'ai vu passer des trucs sur la "reprise" ou la "rentrée" des profs le 11 mai. Que des comptes macronistes. Normal : le gouvernement et ses soutiens détestent les profs et veulent faire haïr les profs. Au prix des pires mensonges, car le mensonge est leur unique politique.

21:51 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 06 mai 2020

Où il est notamment question de Hilde Domin

En ce moment, A* se lève à 6 h 30 car il a des examens de maths tous les matins à 7 h 30 ; j'ai remis le réveil chaque jour à 7 h, au cas où... et, curieusement, je recommence surtout à être réveillé dès 6 h... Première chose ou presque, après les mails pro (pas grand chose ce matin) et un coup d'œil à Facebook et Twitter : ma traduction quotidienne.

Ce matin, j'ai traduit un poème de Hilde Domin, poète du 20e siècle très connue en Allemagne, et plus ou moins inconnue en France, je pense. Il faudra que je pense à chercher des éditions de ses poèmes, ainsi que sa correspondance — retrouvée après sa mort, en 2006 —avec son époux. Hilde Löwenstein, née en 1909, a connu à peu près toutes les vicissitudes d'une émigrée juive tentant d'échapper à l'Allemagne nazie : d'abord émigrée en Italie (mauvaise pioche), elle réussit à s'enfuir avec son époux in extremis, en 1939, avant de rejoindre l'Angleterre. Elle n'est revenue vivre en Allemagne qu'en 1961 après un long séjour en République dominicaine : c'est à ce pays qu'elle emprunte en quelque sorte son pseudonyme.

catkin.JPGPeut-être que, pour un prochain défi de traduction d'un poème par jour pendant un mois, je pourrais choisir Hilde Domin, et elle seulement. Dans le poème d'aujourd'hui, il y a un jeu sémantique sur la polysémie du mot Kätzchen, qui, heureusement, est identique en français : les chatons du saule se voient affectés d'un “pelage dégoulinant”. En anglais, ce jeu de mots n'eût pas été possible (kitten vs catkin).

 

Fini de lire Louis Lambert, qui est en effet, à bien des égards, et comme le disent deux personnages de The Ambassadors, un livre raté. Mais comme toujours chez Balzac, c'est un livre raté essentiel.

 

Aujourd'hui je dois continuer mes corrections de L1 et L3 (les étudiants déposent leurs devoirs au compte-gouttes, et moi je ne peux attendre le terme pour m'y mettre), et préparer mon cours d'agrégation sur Cook pour vendredi. Au début, le cours devait avoir lieu hier matin, mais diverses complications ont fait que j'ai dû le décaler. Les collègues/étudiant·es préfèrent la date du vendredi matin, seul moment calme de la semaine. Cela a beau être un jour férié, tant pis, je cède. La situation est déjà si compliquée, et pour tout arranger le jury qui devait annoncer les résultats d'admissibilité aujourd'hui a apparemment renvoyé la publication sine die. De toute façon, il est à espérer qu'on sorte enfin rapidement de cette situation, car entre les collègues qui continuent de travailler et d'avoir un fonctionnement quasi normal, comme s'il ne se passait rien de particulier, et les gens qui font n'importe quoi, il ne reste pas grand chose d'un peu mesuré...

 

D'ailleurs, les scènes diffusées hier à la télévision l'ont montré, Macron et Blanquer sont irresponsables et grotesques ; je ne sais lequel des deux adjectifs les décrit le mieux. Comme la situation est tragique et comme leur irresponsabilité risque d'augmenter le nombre de morts, on peut dire que le ridicule tue, et l'incompétence aussi.

 

mardi, 05 mai 2020

Ça travaille (au ciboulot)

Ce matin, le cours d'agrégation sur Gordimer s'est bien passé : c'était une étudiante/collègue qui se chargeait du commentaire de texte. Afin de permettre davantage d'interaction qu'avec Youtube, j'avais créé un “salon” avec Jitsi. J'ai donc pu voir — ce qui change tout — les collègues, dont le seul garçon, qui a eu l'air de s'emmerder tout du long des 2 h 30...

D'ailleurs, j'ai tenté de faire un live streaming de la visioconférence sur YouTube, mais il a dû y avoir un bug car seules les 90 premières minutes ont été enregistrées / archivées. Heureusement que j'avais fait un document avec mes suggestions de plan et d'analyses pour les absentes.

Pour préparer ce texte, je me suis replongé dans De Chirico, et surtout dans The Enigma of Arrival : une envie folle de relire ce livre. Si je me mets à vouloir relire, je ne suis pas sorti de l'auberge... Pendant ce confinement, toutefois, le “placard des livres en souffrance” se vide un peu, mais pas le “confiturier”.

 

Soirée : The Big Lebowski, vu au cinéma à sa sortie. Même impression qu'il y a 20 ans et quelque : film distrayant, bien joué, mais trop long, pas très bien ficelé, répétitif, trop “second degré”. En fait, ni C* ni moi ne nous rappelions l'intrigue, plutôt l'ambiance seulement. Mention spéciale pour le numéro hallucinant de John Turturro au bowling.

 

lundi, 04 mai 2020

Un beau bouic par Beuys

Levé tôt, avant même le réveil, à 6 h 30. Raté le café, c'est assez rare pour être souligné : il m'arrive d'avoir la main lourde, mais cette fois-ci j'ai fait, exceptionnellement, un café trop léger. C'est vraiment infect.

 

La journée est studieuse pour tous ici, dans la maisonnée : A* a deux examens à distance, dont un de maths tous les matins de la semaine à 7 h 30 ; O* en face de moi écoute des documents en espagnol pour une compréhension orale ; C* dans la chambre fait un cours en visioconférence ; de mon côté, j'ai déjà fini un de mes 5 paquets de copies, traité les mails professionnels, commencé à préparer le cours de demain matin (commentaire de texte sur un extrait de Gordimer). Suis en pleine lecture et correction aussi du chapitre que m'a envoyé mercredi dernier mon étudiant de M2.

 

beuys.JPGJ'ai aussi traduit vite fait mon poème quotidien pour les Germaniques de mai. Celui d'aujourd'hui est d'Eva Zeller, poète toujours vivante (97 ans !), à ne pas confondre avec Eva Christina Zeller dont on trouve, sur son site Web, gratuitement, toute une anthologie de poèmes traduits par un universitaire néo-zélandais. — J'ai un peu tergiversé dans mon choix de la poète à traduire et ai commencé à lire, avant de renoncer (la langue est trop complexe), une poète du dix-huitième siècle, Sidonia Hedwig Zäunemann.

 

Hier, je me suis “débarrassé” de la vidéo très longue dont j'avais commencé l'enregistrement le 6 avril. Une bonne chose de faite, en attendant mon improbable liste des 100 (73 ? 41 ?) livres majeurs du 21e siècle. — Hier soir, aussi, le nanard du dimanche soir : Les Bons Vivants, film à sketches de 1965 qui n'est (vaguement) sauvé que par le troisième “acte” et un de Funès en pleine bourre. Petit détail, l'excellent dictionnaire de l'argot Bob suggère plusieurs citations pour le mot bouic, synonyme de bordel que je n'avais jamais rencontré.

 

dimanche, 03 mai 2020

Ping-pong ?

Ce matin, à jeun, dès mon lever, à 7 h 30, je suis allé à la boulangerie pour y refaire le stock hebdomadaire : huit baguettes bio, deux pains. Sans compter les viennoiseries du petit déjeuner. Toujours pris par ma lombalgie, j'ai eu un peu de mal sur le chemin du retour, puis dans l'heure qui a suivi.

 

Hier, j'ai assuré mon troisième cours d'agrégation sur Gordimer en vidéo, ce qui a été l'occasion du douzième portrait de ma nouvelle série des Caractères : à l'imitation de Paul/Laurent, je vais écrire un bref portrait de chacun·e de mes contacts Facebook. Ce matin, j'en ai écrit deux de plus, le 13 et le 14. À terme, je les publierai ici, en les retouchant sans doute.

La nouvelle série de traductions quotidiennes est consacrée à des poètes de langue allemande ; aujourd'hui, c'est en traduisant le bref texte d'Ilse Blumenthal-Weiss que j'ai vraiment compris qu'il évoquait l'extermination des Juifs.

 

Aujourd'hui, il faut j'enregistre les derniers rushes de la vidéo commencée il y a bientôt 4 semaines et laissée en plan. (Personne ne me la réclame, il faut bien dire.)

 

09:55 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 02 mai 2020

*0205*

Impression que les tourterelles ont abandonné le nid : déjà, hier, on les y a moins vues. Peut-être est-ce à cause des fortes pluies, ou de leur nid foutraque et bâclé... C'est triste.

 

Hier O* et moi avons appris à jouer au piquet : la goutte d'eau, ça a été ma lecture de Son Excellence Eugène Rougon. Au vingt ou trentième roman qu'on lit et dans lequel des personnages jouent à ce jeu, la curiosité l'emporte. Et, de fait, pour un jeu de cartes à deux, c'est probablement ce qui se fait de mieux. — Il semblerait, à en croire le TLFi, que le substantif féminin piquette, au sens de déroute ou raclée, ne provienne pas du jeu de piquet, ce qui eût pourtant été piquant.

 

Hier encore : Macron ridicule ou scandaleux, on ne sait plus avec lui ; c'est comme avec Trump.

 

Hier toujours : Stavisky de Resnais. Bon film, qui a dû être “exploité” abondamment, en son temps (l'âge d'or de Ricardou et des structuralistes), par des profs voulant montrer le fonctionnement d'un récit mêlant prolepses et analepses. C'est très bien joué, et le contrepoint Trotski très judicieux. Pourrait-on faire une version contemporaine, voire un cycle de films, sur des modèles narratifs similaires, mais avec Boulin, Bérégovoy, Strauss-Kahn, Benalla...

 

Ce matin : troisième cours d'agrégation sur Gordimer via le streaming de YouTube. Cette fois-ci, je ferai cours dans la chambre. Comme je vais beaucoup parler du concept bakhtinien d'unfinalizability, il faut que je pense à insister auprès des candidates afin qu'elles s'entraînent à prononcer cet octosyllabe.

 

vendredi, 01 mai 2020

Pour ne pas en finir avec les nombres premiers

Hier soir, nous avons regardé un film canadien, Pauvre Georges ! de Claire Devers — pas mal, plutôt allusif malgré quelques lourdeurs de mise en scène — pas du genre à casser des briques. Je me disais ce matin, en y repensant, que c'est exactement le genre d'histoire qui peut donner tout et son contraire, d'un point de vue littéraire : par exemple, la même histoire, peu ou prou, racontée par Nuruddin Farah, d'un côté, et par cette baderne nullissime d'Eric-Emmanuel Schmitt de l'autre.

 

Consulté, pour l'avoir vue sur Facebook, la liste des 100 livres les plus importants du 21e siècle compulsée par le Guardian. Il s'agit d'un article de 2019 qui a resurgi, je ne sais pourquoi. Comme d'habitude avec ce genre de liste, je fais le décompte des livres traduits, donc histoire de voir ce qui, pour le monde anglophone, représente le monde : 84 livres sur 100 ont été écrits en anglais par des anglophones, pour l'immense majorité d'entre eux/elles britanniques ou nord-américain·es.

Toutefois, j'ai aussi essayé de repérer combien de livres j'avais lu. 14, comme suit, avec mes conseils au collègue avec qui j'ai échangé à ce sujet sur Facebook :

99/ Verre cassé de Mabanckou (aucun intérêt – AM n'a écrit qu'un seul bon livre, Lumières de Pointe-Noire)

95/ les Chroniques de Bob Dylan, intérêt trèèès relatif

75/ Tokarczuk, j'en ai lu plein mais pas celui-là je crois (pb du titre en anglais ?) – je conseille très hautement Les Pérégrins

69/ idem Javier Marias, pas sûr au vu du titre — bien aimé la trilogie Ton visage demain, qui même oxbridgisme et espionnage pendant la Guerre froide

47/ Persepolis, ok

46/ Human Chain, je ne connaissais pas l'existence de ce recueil de Heaney / à suivre

41/ Atonement, un McEwan très dispensable (moins mauvais qu'Amsterdam quand même) — à mon avis, il faut lire deux livres de McEwan: The Cement Garden et Black Dogs, point barre

33/ Fun Home, ok

29/ La mort du père et la suite de l'hexalogie de Knausgaard (j'en suis au tome 3), pas mal mais ça faiblit - le premier est vraiment très dérangeant et fort du coup

21/ Sapiens, m'a pas mal énervé, j'en ai parlé dans une vidéo

17/ The Road, ok

16/ Franzen, c'est comme Foster Wallace, pu finir aucun de ses livres, zzzzzzzzzzzzzzzz

12/ The Plot Against America, pas le meilleur Roth mais bien (je pensais qu'il était plus ancien que ça en revanche)

10/ Adichie, oui, il faut la lire [et plutôt Half of a Yellow Sun qu'Americanah, pour commencer, en effet]

 

Il faudrait que je compile ma propre liste des livres publiés entre 2001 et 2020 dont je considère que les gens que je connais gagneraient à les lire, ou à  les avoir lus. Il n'y en aura pas cent : un nombre premier, peut-être...?

 

jeudi, 30 avril 2020

Bureaux, billards, palindromes

Depuis hier matin, il tombe, par moments, des trombes d'eau. Je plains, malgré l'épais feuillage du néflier qui les protège, les tourterelles, et les autres oiseaux (une nichée de mésanges charbonnières, peut-être, du côté du prunus qui fait face à la haie, dans le lierre touffu ?).

Le 30 avril, j'aurai donc réussi à écrire un billet chaque jour depuis le début de l'année. Des repères. Il y a trois jours, toutefois, j'ai manqué l'occasion de signaler le 4664e billet, pas seulement pour l'amour des palindromes mais parce que ce nombre était le numéro de dossier de mon fils aîné chez l'orthodontiste.

 

Hier soir, épisodes 7 et 8 de la saison 5 du Bureau des légendes. La série traîne en longueur, tire sur tous les fils déjà abondamment pris et repris lors des saisons précédentes, sans réel renouvellement. Il aurait fallu un peu de courage, une déstabilisation narrative, comme, par exemple, reprendre tout depuis le point de vue d'un seul personnage secondaire (l'informaticien ou le spécialiste de la zone Moyen-Orient, par exemple). Changer de mode narratif, ou de système formel, que sais-je. Là, on s'emmerde gentiment ; ça ronronne.

 

Depuis deux jours, un jeu littéraire fleurit sur Twitter, avec le hashtag #UnLivreUnePlace.

flowers.JPG

 

Le temps se rafraîchit, ce qui est presque habituel pour le tournant d'avril-mai. — Plus personne ne comprend rien aux annonces du gouvernement ou du Ministère de l'Education nationale, mais on a l'impression que plus personne ne cherche à comprendre, qu'on s'habitue à couler à moitié dans un navire au gouvernail arraché, au capitaine absent.

 

Essayé de comprendre les règles détaillées du jeu de la 8 au billard américain ; je me demande si passer l'agrégation de philosophie n'est pas plus compliqué.

 

mercredi, 29 avril 2020

Doublons d'argent

signé.JPGNous nous sommes — par ma faute (c'était à moi de choisir lundi soir) — enfilé un tunnel de trois nanards en trois soirs : Le Roi Lion (version 2019), Signé Furax et L'homme-orchestre

Bientôt fini The Ambassadors, mais je bute un peu.

Par contre, je me suis remis, timidement, à traduire des poèmes de Johanna Wolff et ne désespère pas de reprendre le Projet Scarlatti : j'ai calculé qu'en écrivant un quadrilatère tous les jours en mai-juin j'aurai fini pour le 30 juin. Reste à savoir ce que je ferai du livre : assembler les quadrilatères dans l'ordre d'écriture ? dans un autre ordre mais en gardant les n° d'opus ? avec les “doublons” ? sans les “doublons” pour conserver la structure de 139 fois 2.020 signes ?

 

07:40 Publié dans *2020* | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 28 avril 2020

Trio de tourterelles

Depuis vendredi, nous pouvons observer un nid de Tourterelles turques, le couple s'étant installé dans le néflier juste au niveau de la fenêtre du bureau. Ce matin, en ouvrant les volets (électriques, ce qui permet de ne pas ouvrir la fenêtre, mais est peut-être bruyant (ce sont des oiseaux citadins, les bruits humains les dérangent moins)), surpris de voir, posés sur la branche tout près de la couveuse, non pas l'autre partenaire mais deux adultes...

 

 

 

Aucune idée de ce que cela signifie.