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mercredi, 20 septembre 2017

D'après un exercice de français de 6e

zagloss.PNG

mardi, 19 septembre 2017

3 traductions du début du chapitre 2 d’Alice in Wonderland & 1 réécriture

Comme je pense que ce document que j'ai établi à l'intention de mes étudiants de troisième année (cours Approches de la traduction) peut intéresser quelques lectrices ou -eurs de passage, je le mets également en ligne ici. 

3 traductions du début du chapitre 2 d’Alice in Wonderland & 1 réécriture

 

Il s'agit d'un passage connu (et bref) d'Alice au pays des merveilles, dont j'ai donné le texte anglais, français (Henri Bué, 1869), allemand (Antonie Zimmermann, 1869) et italien (T. Pietrocola-Rossetti, 1872), ainsi que la réécriture — pas très réussie, imho — de J.C. Gorham (1905).

Bien sûr, les étudiants ne connaissent pas tous l'italien ou l'allemand, mais c'est la première fois que j'essaie, de manière marginale, de proposer ce genre de prolongement dans un cours de LLCER. On verra ce qu'il en sera.

lundi, 18 septembre 2017

Dizain bizarre (19.09.2014)

il pleut

des claques et des calligrammes

 

il pleut

du vide autant que du plein

 

odeur de

graisse rance peuple les faubourgs

 

il pleut toujours

des vers brûlant la verticale

 

un début d'au-

tomne furtif à l'angle mort

dimanche, 17 septembre 2017

Chimères

Sous le regard des Chimères domestiques (elles sont au nombre de 42, et je vérifierai plus tard si j'en ai déjà parlé dans ces carnets), je réponds depuis un petit moment maintenant à la quinzaine de mails professionnels accumulés depuis hier soir.

Plaisir des mots qui sont interdits ailleurs.

Que l'on s'est interdit.

Prolifération de ce son ici, alors.

samedi, 16 septembre 2017

Glyphosate...

Glyphosate Le Monde daté du 18 septembre 2017.PNG

vendredi, 15 septembre 2017

Pas vu, pas pris

pamuk.jpg

 

 

Quand, dans un roman en traduction, la première phrase d'un certain passage est en contradiction avec les deux suivantes et que tu ne peux pas savoir si c'est une erreur de la traductrice (“étaient en réalité du même ordre” / n'étaient pas du tout du même ordre) ou une contradiction fondamentale du personnage ainsi mise en avant dès le texte- source, ce d'autant moins que tu ne connais pas la langue d'écriture du roman.

jeudi, 14 septembre 2017

planqué ton magot

17.09.2016.

où as-tu planqué ton magot

& bien maquillé le macaque

tapi le tapir à chabraque

au fond du marigot

 

désigner la reine margot

d'un index qui rend patraque

sur la toile de braque

& le zoo de l'escargot

 

à peine la blancheur du cygne

ton annulaire la désigne

à la barbe du plumitif

 

pour crier c'est de la triche

en chantonnant festif

la montagne du lagotriche

 

mercredi, 13 septembre 2017

Être comme des œufs en gelée : petit sondage

Cherchant à renouveler mes exemples traductologiques d'équivalences (ou modulations lexicalisées) en vue de mes deux cours de troisième année et d'agrégation interne, je parcours des listes d'expressions idiomatiques, dont celle-ci qui ne fait pas partie d'une base de données restreinte et n'est pas sans comporter quelques erreurs ou bizarreries, et me trouve à réfléchir à l'expression être comme un coq en pâte.

aspic.jpgIl se trouve que je subis à haute dose, pour des raisons familiales, pas mal d'épisodes de la série de Kaamelott. Or, dans un épisode, le tavernier dit aux chevaliers Karadoc et Perceval : « j'ai mis une bûche au feu, vous allez être comme des œufs en gelée ». Comme souvent avec les textes d'Alexandre Astier, on comprend l'expression même sans la connaître au préalable : ici, être comme des œufs en gelée a la même signification qu'être comme un coq en pâte.

Toutefois, une rapide recherche sur Google confirme que la majorité des occurrences de cette expression sur le Web provient de sites citant Kaamelott. Si on exclut de la requête le mot-clef ‘Kaamelott’ et le mot-clef ‘bûche’, on s'aperçoit que, hormis les recettes de cuisine dans lesquelles il s'agit littéralement d'œufs en gelée, l'expression est loin d'être courante, mais surtout qu'elle est loin d'avoir un sens homogène. Ainsi, dans un article de Libération de février 2001 (donc antérieur à la série Kaamelott), l'expression est employée pour désigner des visages anxieux ou renfrognés.  Dans un récit de science-fiction publié dans la revue Nebular (n° 34), elle sert à souligner l'apparence identique des robots.

 

Je lance donc appel à collaboration, sous forme d'un petit sondage :

Question n° 1 : Connaissiez-vous cette expression ?

Question n° 2 : Si oui, avec quel sens ?

Question n° 3 : Connaissiez-vous cette expression indépendamment de la série Kaamelott ?

Question n° 4 : Y a-t-il, selon vous, une origine géographique de cette expression ?

Réponses ci-dessous en commentaire, please.

 

(Image : Claude Garnier.)

mardi, 12 septembre 2017

Titus Andronicus dans ma piscine

En train d'écouter le tout nouvel album de Sparks pour la première fois, et je suis plié de rire en écoutant la chanson-titre, ‘Hippopotamus’.

Extraordinaire.

Elle mériterait de figurer en entier dans toute bonne anthologie, même ramassée, triée sur le volet, du nonsense :

There is Titus Andronicus, Titus Andronicus, Titus Andronicus

In my pool

There is Titus Andronicus, Titus Andronicus 

Wearing a snorkel in my pool

Now he's gone under, now he's gone under, now he's gone under

Worry not

Excellent swimmer, excellent swimmer, looking much trimmer

Than I thought

 

21752798_10211603829065185_7910469334819032296_o.jpgPar ailleurs, j'ai reçu l'ouvrage collectif édité par François Bon sur sa proposition initiale, On ne pense pas assez aux escaliers, et comme, pour une fois, j'étais rentré tôt de l'Université (deux heures de l'après-midi !), je me suis vilainement autoportraituré avec...

lundi, 11 septembre 2017

Toilettes & grammaire trans-genre

NR.jpg

Pour s'accorder au sujet de l'article, la journaliste de la NR adopte la grammaire trans-genre.   

dimanche, 10 septembre 2017

Susie Asado

SUSIE ASADO

Sweet sweet sweet sweet sweet tea.

Susie Asado.

Sweet sweet sweet sweet sweet tea.

Susie Asado.

Susie Asado which is a told tray sure.

A lean on the shoe this means slips slips hers.

When the ancient light grey is clean it is yellow, it is a silver seller.

This is a please this is a please there are the saids to jelly. These are the wets these say the sets to leave  crown to Incy.

Incy is short for incubus.

A pot. A pot is a beginning of a rare bit of trees. Trees tremble, the old vats are in bobbles, bobbles which shade and shove and render clean, render clean must.

Drink pups.

Drink pups drink pups lease a sash hold, see it shine and a bobolink has pins. It shows a nail.

What is a nail. A nail is unison.

Sweet sweet sweet sweet sweet tea.

▬▬▬▒▬▬▬

C'est le premier texte du recueil Geography & Plays de Gertrude Stein, un des rares à être tombé dans le domaine public aux États-Unis, et que l'on peut donc retrouver sur Gutenberg.

Poème, texte, récit... on a sans doute déjà tout dit de la façon dont Stein, quand on la lit, dépasse tout cela.

Mais là, pour moi, il s'agit de traduire. Ou de réfléchir à traduire.

Bien sûr, un tel texte est du pain bénit pour les fervents partisans de l'“intraduisibilité”. Pourtant, tout peut se traduire. Je ne veux pas dire qu'en français on puisse rendre le fil sweet/Susie/shoe/silver, par exemple, ni même que je pense avoir compris la moitié de ce qui se dit là.

Peu importe.

Je m'en tiens pour le moment à un détail lexical technique ; ce n'est pas si fréquent qu'un texte de Stein pose ce genre de problème. Donc, pourquoi, après les chiots à qui on enjoint de boire (ou qui sont “de boisson” — l'anglais permet cette ambiguïté, avec adjectivation possible de "drink" dans drink pups), Stein évoque-t-elle le bobolink (Dolichonyx oryzivorus) ? Que sont ces “pins” (épingles) et ce “nail” (clou) ? Stein suggère-t-elle que l'oiseau luit au soleil d'un éclat métallique, ou qu'il est tiré à quatre épingles, en quelque sorte, qu'il serait cousu ? Aucune idée. Ce qui me préoccupe aussi : faut-il aller chercher le nom français le plus habituel de cet oiseau américain, à savoir le goglu, ou conserver bobolink ? Aucun des deux ne dira rien à grand monde, à moins d'être très versé en ornithologie. Paradoxalement, autant pour les sonorités que pour les échos involontaires que cela crée avec Beckett, Michaux et Morgenstern, il sera probablement préférable de traduire par goglu.

Jadis, et même naguère, d'aucuns n'auraient pas hésité à recourir à un passereau vaguement similaire de l'aire européenne (bergeronnette, par exemple)... cela serait un grave contresens. Très entre autres choses, il faut traduire, donc transmettre l'américanité du texte.

Et... que fait, parmi ses multiples tâches, cette domestique ? Est-ce même une domestique ? Que veut dire “told tray sure” ? Rien, en soi, rien. Jeu de mots sur “told treasure”, comme le suggère, sur le Web, une lecture un peu réductrice, ou image d'une domestique qui tient un plateau fait de paroles ? Le plateau est le poème, tout comme ‘Susie Asado’, mieux qu'un nom ou qu'une personne, est un objet, le poème (d'où le “which”)...... Plagiat par anticipation de Ponge...

Pour tout cela qui reste surdéterminé et donc équivoque, je ne suis pas convaincu par le prétexte biographique d'un poème (d)écrivant, par harmonie imitative, une danseuse flamenca que Stein avait admirée avec Alice B. Toklas en Espagne : le mot employé comme patronyme, asado, désigne une grillade traditionnelle en Argentine. Stein s'amuse pas mal, là. Et c'est dans la tension entre les images connotant une domesticité placide typiquement edwardienne et le rôtissage du texte qu'on peut peut-être chercher une première piste pour traduire.

▬▬▬▒▬▬▬

samedi, 09 septembre 2017

3 quatrains animaliers

Si je m'envoie un grand hanap

Après j'ai la tête à l'envers.

Un oryctérope du Cap

Naît au nocturama d'Anvers.

 

♣♣♣♣♣

 

Connaissez-vous, chaste vestale,

La violence de mon Éros ?

 

Si le gros bébé est blanc sale,

Il ne sera pas albinos.

 

♣♣♣♣♣

 

Je drague : aussitôt,

Je me prends un gros vent.

 

L'ours Cannellito

Serait toujours vivant.

vendredi, 08 septembre 2017

Complexe

Devant la porte de mon bureau, ce matin, deux clochards bien crades qui ont dû passer la nuit allongés sur leurs sacs à dos. Comme je ne suis pas du genre à me formaliser, je les réveille gentiment et je leur paie le café...

L'agent qui passe dans la foulée avec son chariot est nettement moins amène... peut-être que c'est lui qui a raison et que c'est moi qui suis un gros hypocrite...

08:44 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 07 septembre 2017

Carotte

21317402_10211570598634445_5255455821327270215_n.jpgJ'achète un disque dur externe qui affiche "1 téraoctet" (le genre de truc qui épate encore à moitié les gogos dans mon genre). Et au final, affichage mensonger, je me fais carotter l'équivalent d'une clé USB de 64 GO.

 

(Il y a vingt ans, je sauvegardais mon début de DEA sur des disquettes de 1,28 MO.)

mardi, 05 septembre 2017

Karma

Le soir du 17 septembre 2013, j'étais disponible, sur les neuf heures, après avoir couché les garçons, pour ouvrir le portail du garage à mon épouse qui rentrait de sa première séance de yoga taoïste, et, du coup, j'avais pu écarter de la pente goudronnée pas moins de quatre escargots qui se seraient, sinon, fait écraser.

lundi, 04 septembre 2017

Un chat sous un parasol.

cat.jpg

Après la journée merdique, début de soirée absurde.

dimanche, 03 septembre 2017

Atout mineur

Si j'étais eunuque,

Poursuivrais-je mon blog ?

 

Le con à perruque

Distribue des hot-dogs.

samedi, 02 septembre 2017

2 quatrains bi-face

Je doute fort, Père Ubu,

Que tu cherches confesseur.

 

Menacé, l'Urubu

Vomit sur son agresseur.

 

=========

 

Même accablé de désespoir,

Le héros tient, vaille que vaille.

 

Francis Bacon est mort d'avoir

Farci de neige une volaille.

vendredi, 01 septembre 2017

D'un radar rue Mirabeau

Imbécilité des décisions publiques. Depuis le mois dernier, a été installé dans la rue Mirabeau, à Tours, un de ces radars pédagogiques que je trouve, pour ma part, généralement tout à fait opportuns.

25.jpg

 

Celui-ci, en revanche, est placé dans une rue où je n'ai jamais vu personne dépasser les 30 à l'heure, alors que la limite de vitesse est de 50. En effet, entre les chicanes, les nombreux feux rouges très rapprochés, et plus généralement le trafic, il n'est pas possible de faire le moindre excès de vitesse. Sur le boulevard Heurteloup, qui se trouve à quelques encablures de là, ce radar pédagogique aurait été parfaitement efficace. Alors, quoi ?

mercredi, 30 août 2017

Le premier mois de MiniYuanZi

05.08.

Quand on est témoin d'un scanda-

Le il ne faut jamais mégoter.

 

À Beauval un bébé panda

Aussitôt né a claboté.

 

17.08.

Patron, envoie-moi un godet,

Car ma soif frise l'indécence !

 

À dix jours l'ailuropode est

Plus laid encor qu'à la naissance.

 

29.08.

Est- ce que le vieux gouda 

Sent plus fort que le cif ?

 

L'affreux bébé panda 

Maintenant sort ses griffes.

 

30.08.

En écrivant pour Voulzy, 

Souchon n'usait pas son stylo. 

 

Ce laideron, MiniYuanZi, 

Pèsera bientôt un kilo.

 

samedi, 12 août 2017

au nez de fémur

il se noie dans le clair obscur

danse qui déjà le retienne 

dans cette douleur faite sienne 

à pétrir la boue dans le dur

 

personnage au nez de fémur 

& au déhanché souple d'hyène 

il décampe (à cela ne tienne 

le fourbi de son cœur impur)

 

sur ses positions ennuyeuses 

personnage à l'écorce d'yeuse 

tout se détache & tout se tait

 

dans son temps parti en cavale 

(si même son ombre ratait

le jeu trouble du rouet d'Omphale)

 

dimanche, 06 août 2017

Poème contre les ordonnances Macron

Garder vos remarques caustiques 

À l'orée des cocoricos 

Est-ce à Murielle Pénicaud 

Reprendre les tchacs de moustiques ?

 

Pas de vie dans l'ombre où le quo 

Tidien connaît quelque réplique 

À seule fin que l'on s'explique 

Sur l'in fine, le statu quo.

 

Voyez-le, comme on fait relâche 

Et comme toujours on rabâche 

En octosyllabes pour rien.

 

Pourrir sur pied dans sa faconde,

S'inventer le dernier terrien

Pour un tiers de nanoseconde...

 

mercredi, 02 août 2017

Éric Emmanuel Schmitt

Avant même sa parution officielle (le 31 août prochain — je le signale au cas où il y ait pénurie de Moltonel dans votre supermarché ce jour là), le nouveau livre d'Éric Emmanuel Schmitt reçoit le Grand Prix de la Bien-Pensance Sirupeuse ainsi que le Goncourt de la Nullité Stylistique.

dimanche, 09 juillet 2017

et quoi d'autre dans les bamboches...

9 juillet 2015

et quoi d'autre dans les bamboches

qu'une nuit d'insomnie moustique

et le regard de cent folcoches

sur le bavard venu mutique

 

à tel point que mouches aux coches

on trimbalait nos squelettiques

destinées de foutus fantoches

à telle enseigne albums zutiques

 

la débroussailleuse n'astique

rien de ce qu'un jour tu mastiques

ou mastiquas et qu'elle fauche

 

la revoici dans ton cantique

la revoilà grise et antique

mort à l'octosyllabe gauche

mardi, 27 juin 2017

10 livres (mais 12, en fait)

(à l'instigation de ma sœur)

Un livre qui a été adapté en film : La Rue Cases-Nègres

Un livre qui est dans ta pile de livres en attente et que tu as envie de lire : Les Hommes qui me parlent d'Ananda Devi

Un livre choisi pour la couverture : Multiples d'Adam Thirlwell

Un livre dont le titre ne comporte qu'un seul mot : allez — deux pour le prix d'1 — und beide von Thomas Bernhard : Frost Korrektur

Un livre qu'on t'a offert : Les Poulpes de Rayond Guérin

Un livre que tu n'as encore jamais lu d'un auteur que tu aimes : Mémoire d'éléphant d'Antonio Lobo Antunes

Un livre recommandé par un(e) ami(e) : L'Adolescent de Dostoïevski dans la traduction d'André Markowicz

Un livre qui se passe pendant la seconde guerre mondiale : Bitter Eden de Tatamkhulu Afrika — mais il est impossible de ne pas citer la trilogie de Charlotte Delbo

Un livre policier ou thriller qui a été un coup de cœur : aucun

Un livre de plus de 500 pages : Collected Poems (1948-1984) de Derek Walcott / ‘le grand incendie de londres’ de Jacques Roubaud

samedi, 10 juin 2017

juin 3+7

chien

qui furète, court en zig-zags & sans plan établi

d'un banc à l'autre, d'une poubelle à l'autre

sans laisse, cherchant quoi, l'odeur de pisse d'un autre chien à recouvrir de sa propre pisse, ou tel relief de sandwich au jambon, à s'en goinfrer précipitamment

& qui vient, approximatif épagneul, renifler brièvement le bout de la chaussure gauche du type alors affairé à éplucher la troisième des cinq (5) bananes de sa main

cela n'aura duré que trois ou quatre secondes, le chien ne s'attarde pas près de ce banc, l'épagneul approximatif

(je n'y connais vraiment rien en chiens et suis-je même sûr qu'un chien...)

s'éloigna sans demander son reste,

non que le type lui ait donné un coup de pied, ce n'est pas son genre, là encore il a eu cette espèce d'élégance supérieure de ne pas même paraître voir ce chien, de ne pas s'en soucier, de continuer à éplucher cette troisième banane et de commencer à mordre dedans,

mordre dans une banane ne demande pas une grande énergie,

il aurait pu faire ça tout en se souciant du chien,

& d'ailleurs la question se pose, au fond s'impose : a-t-on besoin de dents pour manger une banane ? ce n'est pas ce jour-là, en observant cet étrange déjeuner

et ce chien furetant en zig-zags imprécis et ivres près du banc,

qu'on y répondra, que j'ai pu me mettre en tête d'y répondre,

le chien lui n'avait pas non plus l'air très soucieux ni affamé, un chien qui n'a pas les crocs quelle blague, enfin à ce moment-là jamais je n'aurais songé à ces facéties pathétiques dignes de l'almanach Vermot,

j'observe (j'observais) le chien,

je ne détachais (détache) pas mon regard du type, du quasi dandy mangeant sans affectation et avec une forme d'élégance absolue cette troisième banane sans paraître même remarquer qu'un chien lui renifle furtivement (lui reniflait subrepticement) la chaussure gauche

(ou était-ce la droite)

& ce quasi dandy qui sans dévier de son plan MANGE cette troisième banane

existe-t-il (existait-il) plus ou moins, sous mon regard, que le chien,

où le chien est-il allé ensuite, je ne saurais le dire, je sais qu'il est descendu vers le pont Napoléon, je dis descendu, j'écris descendu car c'est le sens du courant, d'amont en aval le fleuve va vers le pont Napoléon, et de même le chien, je crois, à ce qu'il me semble, poursuivit (poursuit) son chemin tout en zig-zags et furetages vers ce pont Napoléon,

tout comme le fleuve d'amont en aval,

& je ne sais pas plus où s'est rendu ensuite le type,

il faudra que je raconte ça,

j'ai beaucoup parlé d'épluchage & de posture, j'ai beaucoup (trop) parlé de banc & de bananes, mais j'en suis resté jusqu'alors, m'en suis tenu à ces moins de dix minutes d'un type mangeant à la file cinq bananes sur un banc en plein midi,

pour ne rien dire d'après, ne rien écrire de la fin de la scène, de la façon dont le rideau est retombé, en quelque sorte

(il y avait (il y a) dans tout ça quelque chose de profondément, de confusément théâtral)

& le type pour toujours ai-je pu écrire mange cette main de bananes,

le type, le quasi dandy jamais ne s'arrête de manger sans précipitation mais prestement, avec une élégance absolue de chaque geste, jusqu'à ne pas paraître apercevoir un chien

qui lui renifle (renifla) la chaussure gauche

(ou la chaussure droite),

jamais non ne s'arrête de manger sans hâte mais prestement cette main de bananes, la main gauche posée à côté de lui sur le banc,

à telle enseigne que le voilà pour toujours figé dans cette scène & qu'on ne le voit pas (l'ai-je vu) s'en aller, et même avant de s'en aller

finir son repas, jeter les peaux de bananes & le sachet de son déjeuner, partir vers l'amont ou l'aval,

ou tourner le dos au fleuve (c'est plus probable),

à jamais le voilà figé dans ces quelques minutes (moins de dix) où d'une élégance sans faille il s'enfile cinq bananes sans paraître s'apercevoir que quelques passants (des millions) l'observent, et sans voir, censément, qu'un chien furtivement lui renifle la chaussure gauche

à telle enseigne qu'on pourrait penser, une fois l'animal efflanqué mais qui n'avait (n'a) pas l'air affamé parti de sa course approximative et quasi claudiquante vers l'aval du fleuve, de banc en banc,

qu'il n'y a pas eu de chien,

et qu'il n'y a à tout jamais, qu'il n'y aura toujours eu que ce type bananivore

incapable même de se laisser perturber, tandis qu'il épluche et mange cette troisième banane, par l'approche en zig-zags et furtive d'un

chien

08:30 Publié dans Juin | Lien permanent | Commentaires (4)