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lundi, 12 novembre 2018

Trois quatrains animaliers

Exilé, tu te carapates,

Voyant les tessons sur les murs ?

 

Le cadavre du mille-pattes

Est doux à l'anus du lémur.

 

 

Qui est donc ce teubey

Avec sa prose aigrie ?

 

Il naît, le mangabey,

Au zoo, en Hongrie.

 

 

Jamais, Cingal de peu de foi,

Tes quatrains ne seront des tubes.

 

On sait désormais pourquoi

Le wombat défèque des cubes.

 

dimanche, 11 novembre 2018

Fiction et antisémitisme : la boussole et le “youpin”

 

Pas mal hésité avant de faire cette vidéo. Plein de bonnes raisons de ne pas la faire : fatigue, délicatesse du sujet, absence de notes préparatoires. En fin de compte, je me suis lancé, et ce qui compte, au fond, c'est que le projet avance. On ne sait jamais, peut-être qu'un jour je serai content de retrouver ça, de pouvoir prendre le temps d'approfondir.

Elle est trop longue, évidemment ; ça vient de l'absence de notes.

Après tout, ce que je tente là, mais en vidéo, c'est un peu ce que j'ai pu faire avec Beckett en 2006, avec Dubuffet au fil de nombreuses années, pour l'écriture de limericks etc. : accumuler des signes, des traces, des réflexions. Au bout du compte, ça finit par constituer un ensemble qui vaut mieux ainsi qu'avorté ou dans les limbes.

Il s'est déjà passé quelque chose de formidable avec ce Projet Pinget. J'ai été contacté via Facebook par une spécialiste de Pinget, quelqu'un de formidable qui se nomme Clothilde Roullier et qui m'a notamment signalé l'existence d'un premier texte de Pinget, Jean Loiseau, très antérieur à Entre Fantoine et Agapa, publié en 2009 dans le n° 40 de la revue Histoires littéraires. Pas eu encore le temps de dénicher cela, mais je le ferai, et tournerai donc une vidéo intercalaire : ce qui est sûr, c'est que le projet de faire des vidéos en suivant l'ordre chronologique d'écriture des textes de Pinget a déjà du plomb dans l'aile.

Mais ça n'a aucune importance.

Clothide Roullier me signale aussi qu'elle fut à la manœuvre du dossier Pinget paru dans la revue Fusées, et dont j'ai parlé à proos de la correspondance avec Dubuffet.

 

samedi, 10 novembre 2018

Parfois le vide, Raharimanana / Compagnie Soazara

Hier soir, nous avons assisté à la représentation, en quasi lever de rideau du festival Plumes d'Afrique, du spectacle de la Compagnie Soazara, Parfois le vide, sur des textes de Raharimanana. Le poète et romancier et dramaturge est lui-même l'un des quatre acteurs de ce spectacle.

C'était au Centre culturel de Saint-Pierre des Corps, lieu de spectacles où je n'étais jamais allé (il faut un début à tout), belle salle offrant ses perspectives et ses confortables fauteuils de cinéma à un montage aussi beau qu'inconfortable : Raharimanana n'est pas poète à vouloir le confort de son auditoire, et j'entends cela comme un compliment.

 

J'étais très heureux de découvrir en fin Parfois le vide, car le spectacle a été créé au Festival d'Avignon en 2016, et depuis en région parisienne, sans que j'aie pu me déplacer. Depuis le temps que je côtoie l'œuvre de Jean-Luc Raharimanana, y compris sous son versant dramaturgique (coup de cœur particulier pour Empreintes avec le chorégraphe et danseur Miguel Nosibor en 2014 à La Riche), je finis par connaître un peu les obsessions et les détours du bonhomme.

Pas de surprise absolue donc dans le déroulement poétique fulgurant de cette pièce magistrale, car, sans répondre à un traditionnel découpage, et tout en faisant la part belle à la musique (j'y reviendrai), il s'agit d'une pièce de théâtre, un peu à la Beckett : un récitant, homme, à droite de la scène, parle, s'époumone ou chuchote, tandis qu'une femme, d'abord allongée, comme prostrée au milieu d'une forêt de faux micros (antennes de la globalisation ? symboles de la facticité de toute représentation ?) lui donne progressivement, d'abord en écho étouffé puis à pleine bouche, la réplique. Réplique ou échange qui culmine lors d'une danse parodique au terme de laquelle la forêt de faux micros, comme celle de Dunsinane dans Macbeth, se répand aux quatre coins de la scène.

Les deux comédiens sont formidables : Raharimanana, d'une part, habite et vit ses textes en assumant crânement la cruauté corporelle de sa poésie ; Géraldine Keller, d'autre part, se métamorphose, de la diction affligée des premières incantations au plain-chant final qu'elle accompagne d'une bouleversante flûte traversière. De chaque côté de la scène, à gauche et à droite respectivement, le guitariste et polyinstrumentiste Tao Ravao et le multipercussionniste Jean-Christophe Feldhandler participent pleinement de cette atmosphère pleine, intense, qui donne d'autant plus de poids et d'affect aux pleins et déliés du silence. En effet, il ne s'agit aucunement d'accompagner les textes ou la diction. Si l'idée s'est répandue, depuis deux décennies, que musiciens et comédiens jouent des partitions communes voire interchangeables, cela reste souvent une idée théorique, parfois affadie au plateau ; ici, à rebours, elle s'exprime parfaitement. Les deux musiciens ne parlent pas, ne disent pas de texte, mais leur jeu est lui-même — sauf dans deux occasions où il s'agit d'accompagnement au sens classique — ancré dans la bascule du texte choral.

 

J'avoue ne pas savoir si le texte de Parfois le vide, qui oscille entre les fulgurances lyriques âpres d'Empreintes et l'esthétique plus manifestement post-coloniale de Des ruines, a déjà été publié en volume, mais l'un des textes m'a fait penser — et je crois que c'est la première fois, en pas loin de vingt ans, que je faisais ce rapprochement— aux textes en prose du dernier Michaux. Voilà une veine, au sens quasiment minéral, qu'il me tarde de voir creuser.

 

vendredi, 09 novembre 2018

In memoriam Guillaume Apollinaire, mort le 9 novembre 1918.

Je garderai la version avec la rime Cleopatra / tara! car, après vérification, je me suis gouré dans la prononciation de Eurydice en anglais. Ça se dit yu̇-ˈri-də-sē, en quatre syllabes, donc si on veut vraiment inverser l'ordre du quatrième vers, ça peut donner :

Eve, Cleopatra, Eurydice

And there's a couple more, I see.

jeudi, 08 novembre 2018

Diptyque fade (à la façon d'Érik Satie)

Conseil : lancer les deux vidéos en même temps. L'une a été prise en début d'après-midi, et l'autre filmée demain matin.

mercredi, 07 novembre 2018

FAITES SIGNE AU CONDUCTEUR

On lit souvent, sur les panneaux lumineux qui se trouvent aux arrêts de bus, à Tours, le message suivant :

FAITES SIGNE AU CONDUCTEUR POUR QUE LE BUS S'ARRÊTE À L'ARRÊT

 

Je me suis fait deux réflexions :

 

  1. À force de rechercher la précision, cet énoncé — qui pourrait seulement sembler pléonastique — est en fait erroné. En effet, l'inscription apparaît à l'arrêt de bus, donc, en toute logique, cet énoncé implique que, si on ne fait pas signe au conducteur, le bus 'arrêtera quand même, mais pas à l'arrêt. Absurdité totale, bien entendu.

 

  1. En vertu de la tendance (générale et non systématique) de la langue anglaise à préférer un maximum de concision pour ce genre de message, je traduirais cela par WAVE TO HAVE BUS STOP. Ici, autre ambiguïté, qui ne gênerait vraiment qu'un allophone : stop est le second verbe d'une structure résultative, et non la tête d'un syntagme nominal bus stop. Toutefois, cette ambiguïté montre que, concision ou excès de précision, un énoncé informatif pourra toujours être détourné par un mauvais esprit.

Les démocrates américains, ou le trompe-l'œil permanent

Victoire à la Pyrrhus, faux-semblants... les ultraconservateurs n'ont jamais été aussi forts dans leurs bastions, et la Floride — l'État qui fait la bascule lors des élections présidentielles — n'a jamais été aussi marquée du côté républicain : deux sénateurs républicains en Floride, il faut remonter loin pour voir ça.

45623678_10214542007277804_5407352590029553664_n.jpgAutant dire que, nonobstant la victoire des Démocrates à la Chambre des représentants, Trump est quasiment assuré d'une réélection triomphale en novembre 2020... et cette fois-ci il a tellement achevé de fasciser les Etats-Unis, surtout dans la moitié confédérée, qu'il pourrait même avoir plus de voix que son adversaire démocrate à l'échelle du pays.

Ceux qui pensaient, entre mars et novembre 2016, qu'il était inimaginable qu'un pareil clown puisse accéder à la Maison Blanche vont continuer de s'aveugler. La preuve est faite que, malgré ses malversations, malgré sa rhétorique poujadiste (ou à cause d'elle ?), malgré l'avalanche de critiques qu'il suscite (ou à cause d'elles ?), Trump a plutôt renforcé sa base électorale.

08:45 Publié dans WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 04 novembre 2018

« Et les paons fastueux crieront sur les ardoises »

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Partir vider

le verre à recycler

(bocaux, bouteilles)

 

d'un geste sûr

(cageot tenu contre la poitrine, les deux mains libres)

 

et au milieu de l'immensité

minuscule de la banlieue

où j'habite,

 

ces quelques framboises écrasées

dont rien alentour

ne me dira l'histoire.

 

lundi, 29 octobre 2018

Mahu ou le matériau, le film cafouillé sur le texte faussement bafouillant

 

 

Ce n'était pas assez bien préparé, et de pénibles circonstances extérieures sont venues contraindre le montage. Ce sont des explications, et non des excuses, à l'état plutôt déliquescent de cette vidéo et de son récitant. Il fallait que j'aille de l'avant, car dans les quatre prochains jours je n'aurais pas eu (et je n'aurai pas) du tout de temps à consacrer au projet, et — sans que je me suis fixé un objectif particulier — je ne me voyais pas retarder d'encore une semaine la mise en ligne de la vidéo correspondant à la relecture de Mahu : cela aurait retardé d'une semaine la reprise du Renard et la boussole.

Ainsi, c'est décousu, diffus, et même confus. Ce n'est pas même fait exprès dans une tentative d'épouser ce que je nomme le confusionnisme textuel de Mahu, et qui donne son titre à la vidéo.

 

Tout me demeure. Il ya bien d'autres phrases à retenir de Mahu, dont celles qui émaillent les causeries, et qui ont été tournées dans trois endroits différents : la chambre d'amis, la rue et... le McDo. (Ce dernier lieu de tournage est aussi inattendu que provocateur. J'assume.)

 

dimanche, 28 octobre 2018

Les phrases de Bolsonaro

Pas mal d'ami·es se lamentent ce soir, à juste titre, de l'élection (ultra prévisible) de Bolsonaro. Je donne en lien, pour celles et ceux qui lisent l'anglais, ce qui me semble être le florilège le plus complet, le mieux traduit et surtout le mieux “sourcé”, de citations du nouveau président brésilien

Je précise, à l'attention de celles et ceux qui penseraient que cela ne les concerne pas, que Bolsonaro a notamment promis de permettre le saccage total des ressources naturelles au Brésil. Autant dire que l'objectif de limiter le réchauffement climatique planétaire à 1,5° vient de subir son plus terrible coup d'arrêt.

samedi, 27 octobre 2018

Marie-Octobre (Duvivier, 1959)

Regardé hier un des derniers films de Julien Duvivier, Marie-Octobre (1959), beau huis-clos en noir et blanc, avec une pléiade d'acteurs comme on dit. Plus que le scénario, c'est la mise en scène (cadrages, accentuation des tensions, mouvements de caméra) qui est très influencée par le Twelve Angry Men de Sidney Lumet (1957).

Tout, dans l'écriture du film, a quelque chose de littéraire, d'un peu archaïque, jusqu'au jeu terriblement empesé et emprunté de Danielle Darrieux. Les dialogues de Jeanson sont savoureux — finement ciselés pour user d'un autre cliché. Mais cela n'est rien, ne saurait faire un film. Heureusement que la mise en scène, justement, sauve la mise.

(L'année précédente, Claude Ollier publiait La Mise en scène, premier tome de sa Règle du jeu.)

J'ai lu quelque part, en pianotant sur le smartphone, que Duvivier avait enfermé les acteurs pendant les trois semaines du tournage, et même qu'il ne leur aurait révélé l'identité du coupable qu'avant de tourner les dernières scènes, afin que, dans leur jeu même, tel ou tel ne se sache pas incarner un innocent ou le coupable. Je ne retrouve pas cette information, mais il ne doit pas être courant que les comédiens ne connaissent pas la fin du film avant le tournage.

 

08:21 Publié dans Tographe | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 26 octobre 2018

Circumnavigations (Pinget)

Comme (comme si) je n'avais pas assez de quoi m'occuper, depuis que je me suis levé à 4 h du matin, avec le corrigé du concours blanc d'agrégation interne, je me suis amusé à chercher sur le SUDOC, et plus globalement ensuite sur Worldcat, quels livres de Pinget sont disponibles en anglais. Sans être allé au bout de la recherche, je pense pouvoir conclure que tout Pinget a été traduit en anglais, principalement chez Red Dust et Dalkey Archive. Beaucoup de textes semblent avoir été traduits depuis sa mort, d'ailleurs ; peut-être, toutefois, est-ce la date de publication qui est trompeuse. Dans les B.U. de France, quatre livres seulement sont disponibles, deux à la Bibliothèque de Versailles-Saint-Quentin, et deux à la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet (dont j'ignorais qu'elle était associée au métacatalogue).

Quoi qu'il en soit, ce n'est pas dans cette direction-là que va le projet Pinget. Peut-être dans un second temps.

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Outre lire quelques pages d'Ornithologie du promeneur vol. 3 (qui me tombe littéralement des mains à chaque tentative), j'ai pris, sur les étagères où elles sont ici consignées, quelques-unes des anthologies dites “scolaires” de textes littéraires que ma mère avait achetées pour ma sœur et moi quand nous étions au lycée. Je ne parle ici que des volumes consacrés aux œuvres du 20e siècle, mais les séries sont complètes, du Moyen-Âge au vingtième. Celle que je nomme « la Magnard » est à Tours (car c'est la seule qui a vraiment compté pour moi et m'a ouvert x horizons), mais il y a ici « le Darcos », le Lagarde & Michard et la Mitterand/Lecherbonnier de chez Nathan.

Ces anthologies sont toujours instructives ; on y piochera un texte auquel on ne songeait pas, comme tout à l'heure je me suis surpris à lire, presque admiratif, un extrait de Malicroix de Bosco ; elles permettent, pour les meilleures d'entre elles, de découvrir des rapprochements qu'on n'avait pas envisagés (mais pour lesquels il faut garder son esprit critique), ainsi de Beckett avec Cioran et Blanchot (oui, je sais, ce n'est pas ébouriffant de nouveauté, mais je n'y avais jamais songé ainsi).

Le Darcos (de très loin le meilleur à l'exclusion de « la Magnard », et dont les auteurs sont Alain Boissinot, Bernard Tartayre et Xavier Darcos, et qui fut publié en 1989 dans la collection Perspectives et confrontations chez Hachette) est le seul à proposer des équilibres qui me paraissent encore pertinents aujourd'hui au regard de l'histoire littéraire. Le Lagarde et Michard, bien sûr, se signale par sa myopie et sa ringardise. Myopie, de consacrer plus de pages au seul Sartre qu'à tout le Nouveau Roman. Ringardise, d'aller égrener des extraits de Déon, Nourissier, Cayrol, Bazin, Ikor, D'Ormesson ou Lainé quand ce même chapitre consacré au Nouveau Roman donne royalement quatre malheureux textes de Butor, Sarraute, Simon et Robbe-Grillet.

Aucune de ces anthologies ne donne de texte de Pinget. Seul le Darcos le cite, mais à titre de note de bas de page (tout comme Claude Ollier, autre écrivain des marges du Nouveau Roman et dont l'œuvre m'est chère, quoique j'en aie une connaissance beaucoup plus fragmentaire) et sans même le rapprocher de Beckett. Le Darcos, au demeurant, donne un long texte du Temps immobile de Claude Mauriac, mais sans doute est-ce sous l'effet du gaullisme mal dissimulé de l'auteur principal (Xavier Darcos n'était pas encore officiellement estampillé RPR en 1989, mais enfin Rome ne s'est pas faite en un jour).

Pas de Pinget, mais son éclatante absence y est intéressante. Le Darcos m'a permis de relire quelques extraits des textes théoriques de Robbe-Grillet et Sarraute (tout cela est à Tours) et de me faire la réflexion déjà ancienne que l'œuvre de Pinget, dont le troisième roman (Le Renard et la boussole) est l'exact contemporain des Gommes, le premier Robbe-Grillet, et du Degré zéro de l'écriture, a souffert de ne pas être explicitement théoricienne, à une époque où journalistes et lecteurs réclamaient, semble-t-il, de l'abstraction, du hors-champ, des propos critiques pour mieux s'expliquer ce que faisaient les textes.

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Les réponses théoriques et les apories expérimentales sont, pour Beckett et Pinget, à chercher dans la prose narrative. Butor, Duras, Sarraute et Robbe-Grillet ont compris qu'il fallait (ou ressenti la nécessité d') accompagner leurs textes d'un appareil critique. Pourtant, Butor dit mille fois mieux ce qu'il pratique dans les tomes du Génie du lieu que dans les papiers poussifs de son assommant Répertoire.

 

jeudi, 25 octobre 2018

Cohérence indirecte

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Il existe une cohérence parfaite, mais indirecte, entre ma nouvelle photo de profil sur Facebook et ma dernière TSF : la dénonciation de l'américanophobie contre-productive des écrivains anglais par Washington Irving dans “English Writers on America” (un bijou).

 

mercredi, 24 octobre 2018

Dans la pénombre voulue, pause sur Mahu

 

 

La forme en méandres que va épouser ce projet vidéo commence à se dessiner : vidéos montées et relativement travaillées pour parler d'un livre relu, et causeries à bâtons rompus dans l'intervalle. Ce que j'aime bien dans la causerie de ce soir, outre le cadrage (dont personne ne me parle jamais — or, dans la série je range mon bureau, par exemple, je prends toujours soin du cadrage), c'est justement qu'en parlant de pas grand chose on soulève des lièvres.

Une des leçons de Pinget : de pas grand chose peut sortir du très grand.

Il y a aussi que je suis à Hagetmau, dans le bureau de Hagetmau, et que, depuis qu'on a récupéré une vraie connexion efficace avec le smartphone utilisé comme borne, faire des vidéos redevient possible, avec publication immédiate.

 

[ Rimes en relu : velu, farfelu, absolu. ]

lundi, 22 octobre 2018

Des grimaces pour la galerie

44667459_10214440230573450_535052676249944064_n.jpgPhilippe Chalumeau, député LAREM, est tellement aveugle et sourd à tout ce qui se dit depuis des années sur la précarisation des femmes, et notamment des femmes racisées, qu'il ne voit absolument pas ce que cette photo a de profondément grave et dérangeant, sur le plan symbolique. Il répondra sans doute que c'était un moment de complicité, où on "se déboutonne" (pas de cravate, hein), que les gens de gauche comme moi politisent tout, etc.

Non : ce sont les gens qui veulent prétendre que tout est apolitique qui oppriment, regardent ailleurs, refusent de voir la réalité. Car la réalité est politique ; on ne peut pas la voir sans la regarder.

samedi, 20 octobre 2018

Entre Fantoine et Agapa, le film

 

 

Contrairement à l'intention initiale, j'ai fini par faire 24 rushes et les monter. Ça n'a pas pris tant de temps que ça, et le résultat est plus dynamique que si j'avais seulement blablaté en fil continu et de façon décousue. En revanche, pour les prochains livres, il faudra que je prenne plus de notes, que je sache où ça va, quand même.

Bon, en tout as, le projet existe et avance, c'est déjà ça.

 

vendredi, 19 octobre 2018

Glottophobie

Les députés macronistes sont donc des gens qui s'accommodent du glyphosate et de tous les pesticides, qui préconisent d'interdire le VTT pendant la période de la chasse, qui préfèrent l'expansion des aéroports à la construction de tramways... mais qui en revanche déposent un projet de loi contre la glottophobie dans les 24 heures qui suivent la polémique sur Mélenchon et la journaliste à accent toulousain...

 

Au demeurant, comme je l'ai dit à mes étudiant·es, ça m'arrangerait, car je vais pouvoir intenter plusieurs procès chaque semaine à tous ces sympathiques Tourangeaux ou Berrichons, tous persuadés de « ne pas avoir d'accent » (lol), et qui ne trouvent rien d'anormal à se foutre de la tronche de quelqu'un qui parle différemment d'eux.

jeudi, 18 octobre 2018

Un exemplaire du “Libera” à gagner : PROJET ▓ PINGET — 3

 

 

 

Une fois encore, je ne savais trop dans quelle direction aller pour cette troisième vidéo. J'ai commencé par évoquer certaines réactions suscitées par les deux premières vidéos, et j'avais décidé d'offrir par tirage au sort un de mes deux exemplaires du Libera. Il faut donc aller sur YouTube et écrire un commentaire pour participer à ce tirage au sort.

Tirer au sort... faire un sort... faire un sort à quoi ?  à la question des lectures secondaires, c'est-à-dire de tout ce que l'on peut lire autour de l'œuvre. Le projet consiste, fondamentalement, à relire dans l'ordre de parution les textes de Pinget, et pas de se livrer à une exégèse savante sur fond de références à tel ou tel article, ou à telle ou telle thèse. Mais avec une B.U. de qualité sous la main, difficile de résister. 

Surtout, la grande découverte, en glanant sans trop m'attarder diverses informations sur le Web, c'est cette correspondance entre Pinget et Dubuffet, dont j'ai décidé de lire les deux premières lettres. Je n'ai pas donné la référence de mon projet Dubuffet dans la vidéo, mais bon, voilà, on le trouvera ici.

L'estime réciproque, et mieux même l'excitation intellectuelle et artistique, n'a rien d'une coïncidence : Pinget et Dubuffet étaient voués à se comprendre et à s'influencer.

Lire ces deux lettres m'a fait déborder du cadre, et, comme mon appareil photographique numérique scinde les fichiers au bout de 20 minutes et quelque, j'ai dû boucler (bâcler) la partie autobiographique en à peine 8 minutes. Tant mieux, ça m'a empêché de divaguer. Toujours est-il que, dans la vidéo, je reparle des années de prépa littéraire à Bordeaux, forcément, et de ma mise en scène d'Architruc à l'ENS en mai 1995... forcément...

 

mercredi, 17 octobre 2018

PROJET ▓ PINGET — un projet vlog & blog

 

 

Je l'ai donc annoncé dans la vidéo tournée et publiée ce matin : il y aura, pour chaque vidéo, un billet de blog. Ce n'est pas que les projets suivis m'aient jamais fait peur, entre Dubuffet, Farah, Beckett, Pynchon et autres. Mais enfin, il faudra tenter de s'y tenir.

Surtout, ce qui est essentiel, et que j'annonce clairement ici, c'est qu'il y aura une troisième vidéo d'avant-dire, digressions en matière de préambule, mais qu'après il faudra se resserrer sur le projet lui-même : relire, un par un, et selon leur ordre de parution, les livres de Robert Pinget. Ainsi, la quatrième vidéo devra parler de ma relecture d'Entre Fantoine et Agapa.  (Comme je n'ai pas commencé, ce n'est pas pour demain.)

Ce dont il n'est pas question dans la vidéo, c'est de

  • l'absence de montage : elle est consubstantielle au projet. Je sais que ces vidéos seraient dix fois meilleures si je coupais les bégaiements, les hésitations, et si je montrais autre chose que ma tronche, et si j'ajoutais du texte, des citations... mais, si je fais cela, je n'ai plus le temps de faire ce projet, donc il tombe à l'eau. C'est aussi simple que cela.

  • les lieux de tournage : il y aura forcément des vidéos tournées ailleurs qu'à Tours (pendant les vacances ou les déplacements professionnels par exemple), mais peut-être aussi que j'irai faire un tour, un jour, du côté du rond-point Robert Pinget, tout près de chez moi

 

▓▒░▒ Rappel : l'ensemble des vidéos (il est conseillé de s'abonner et même d'activer la petite clochette à droite de la case S'ABONNER ou ABONNÉ). ▒░▓

mardi, 16 octobre 2018

Lancement du projet vidéo autour de Robert Pinget

 

 

Dans cette vidéo, j'ai fait deux ou trois choses, et j'en ai dit bien d'autres.

Ce que je n'ai pas dit, c'est que j'avais l'espoir que ça marche mieux que la très éphémère Retraversée des Rougon-Macquart (projet pas entièrement abandonné au demeurant), parce que, par rapport à mars 2016, je me suis aguerri et je sais de quoi je suis capable/incapable.

 

Pour ce PROJET ░ PINGET (ainsi est-il sobrement nommé), je ne perdrai pas de temps à faire du montage, et je tournerai les vidéos au fur et à mesure.

Comme je me retiens, dans ce billet ou dans la vidéo ci-dessus, de digresser trop abondamment, il faudra que je consacre sans tarder une vidéo à la façon dont je me suis intéressé à l'œuvre de Pinget, et aux raisons pour lesquelles elle a beaucoup compté pour moi dans mes années de formation.

(J'emploie cette dernière expression avec un brin d'ironie, car je suis convaincu — ou alors : j'espère — qu'on n'a jamais fini de se former, et notamment en créant, par les blogs et les vlogs, des espaces d'échange et de construction du sens.)

 

samedi, 13 octobre 2018

Projets / chantiers

Il faudrait, il faudrait...

Tant de projets en l'air qui viennent s'ajouter aux chantiers.

Et tout ça face à quoi : cette après-midi, nous allons participer à la seconde Marche pour le climat, après celle de septembre, déterminés, mais si désemparés à la fois. Je me rappelle avoir passé toute mon adolescence à être tiraillé entre la noirceur de tout ce qui se produisait d'atroce en matière de saccage des ressources naturelles et l'aspiration à quelque chose d'autre — l'art, on dira, pour faire vite. Mais l'art n'est-il pas une manière de se dérober ?

Il n'en demeure pas moins que je suis embringué dans des projets et des chantiers, et que, tout en cherchant à faire de mon mieux à ma modeste échelle pour que « ça aille mieux » (ou que le pire scénario en matière de réchauffement climatique soit évité), ça n'aurait pas grand sens non plus de ne rien faire d'autre.

Donc, les chantiers : les vidéos, bien entendu — et, le 13 novembre, une communication à Lyon sur ce que produisent et/ou ont produit jusqu'ici mes improvisations de traductions.

Les projets.

Il me faut reprendre l'écriture, car l'expression sous forme de vidéo, pour pratique et irremplaçable qu'elle est, ne peut entièrement se substituer au travail en profondeur, au travail de creusement que suppose l'écriture. À court terme, il faudrait que je me mette enfin à la tâche pour écrire un article, ici, un billet de blog donc, sur Empreintes de crabe. Le problème, c'est que, pour bien faire, je souhaiterais y associer une réflexion sur l'ensemble de la trilogie, donc aussi Mont Plaisant et La saison des prunes.

Régulièrement, je me dis qu'il suffit, pour l'écriture dans les blogs, de me forcer à écrire chaque jour un texte, même bref, dans n'importe laquelle des dizaines et des dizaines de rubriques de celui-ci ou de celui-là. Mais ça ne marche pas comme ça, ça n'a jamais marché comme ça.

Il y a quelques jours, lors d'un échange avec Pierre Barrault, je me suis rendu compte — c'est lui qui me l'a soufflé — que le nom des éditions Louise Bottu, dans les Landes, venait du nom de la poétesse dans Monsieur Songe. Quelle honte, de ne pas m'en être aperçu. Ainsi, l'idée qui me trottait dans la tête, de reprendre tout Pinget et de tenir la chronique de cette réappropriation, ne serait pas chimérique.

Et traduire...

Oh la la...

 

jeudi, 11 octobre 2018

LA RIXE À LA FLOTTILLE

LA RIXE À LA FLOTTILLE

poème ultra-contemporain

 

Pour C.F.-D.

________________________________

 

Sans prévenir, il lui a asséné

quatre violents coups de bâton

au visage. Ses lunet-

tes se casseront.

 

L’épouse de la victime

est entrée dans la partie.

Elle est parvenue à s’emparer du bâton. 

Et à son tour, elle a 

frappé l’agresseur 

en plein ventre.

 

Problème, il a 

une poche gastrique.

 

Il devra donc être évacué

en urgence à l’hôpital 

André-Mignot du Chesnay.

 

Le motif de la rixe entre ces trois-là, 

âgés de 51, 63 et 68 ans 

et originaires

de Versailles et d’Orgeval,

est bien banal. 

 

L’un avait pris la place 

de l’autre sur le par

-king de la place d’Armes. 

 

Aucun n’a pour le moment

été placé en garde à vue.

 

mercredi, 10 octobre 2018

Conseil du mercredi

Quand tu écris en inclusif sur YouTube, pense à utiliser le point médian, et non le point classique, faute de quoi YouTube crée automatiquement plein de liens inactifs vers des sites espagnols (doctorant.es, étudiant.es, ami.es).

 

mardi, 09 octobre 2018

Chili

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lundi, 08 octobre 2018

Pour un anniversaire

Fou, Chirac ? Gardiens !

Ignorais fâcher duc.

 

Dis, courage franchi,

Enfourcha caïd gris !

 

Froc ? Adieu chagrins !

 

dimanche, 07 octobre 2018

Nanu?

Ce soir, je reprends la lecture de How German Is It après épisode 3 de Babylon Berlin, en un dimanche marqué aussi par des recherches sur Fichte et une discussion autour de mes récentes TSF à partir de Droste-Hűlshoff et Fadumo Korn. 

Ganz klar.