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mercredi, 14 décembre 2016

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D'innombrables sites Web attribuent à Richard Strauss ou à Richard Wagner la citation suivante : « Never look at the Trombones, you'll only encourage them. »

Évidemment, aucun des deux n'a dit cela, fût-ce en allemand.

C'était la minute d'érudition inutile et de vaine déhoaxisation du jour. Ne me remerciez pas.

07:00 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 13 décembre 2016

Rondel 11 — Le bonheur à cinq sous

Un beau jour un ménage ami

Arriva rue Henri-Martin.

Je vous passe le baratin

Qu'engendra un tel tsunami.

 

Qu'importe cet origami

Pour un cœur vraiment libertin ?

Un beau jour un ménage ami

Arriva rue Henri-Martin.

 

Plût à Nobodaddy qu'à mi-

Chemin on s'arrêtât parmi

Les missels comme à Poyartin,

Et que décampât du fortin

Un beau jour un ménage ami !

 

21:31 Publié dans Rondels | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 12 décembre 2016

Rondel 10 — Le dangereux jeune homme

Il fut élevé à Grenoble

Et sa famille est très vieux jeu.

Que son physique avantageux

Et son allure fière et noble

 

Ne tourne façon paso doble

Aussi votre esprit ombrageux :

Il fut élevé à Grenoble

Et sa famille est très vieux jeu.

 

Comme Noé dans son vignoble

Il joue très rarement franc jeu.

Épousez-le, si c'est l'enjeu,

Mais c'est vous qui tiendrez l'escoble. —

Il fut élevé à Grenoble !

05:15 Publié dans Rondels | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 11 décembre 2016

Rondel 9 — L'hérésiarque

Foin des sympathies bohémiennes

Au centenaire de Victor

Hugo. Comme un alligator

Dénoue ses parties diluviennes,

 

Oui, il faudrait que tu contiennes

Ton fin sourire de butor.

Foin des sympathies bohémiennes

Au centenaire de Victor !

 

De Gand jusqu'aux Aléoutiennes

On entend ta voix de stentor

Résonner dans le transistor

Pour quels narvals, quelles juliennes !

Foin des sympathies bohémiennes.

10:13 Publié dans Rondels | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 10 décembre 2016

Ralliez-vous...

J'ai donné à traduire, en sujet de thème, un extrait du plus récent roman de Philippe Djian, Dispersez-vous, ralliez vous ! (L'écriture en a l'air navrante, mais là n'est pas le sujet ce soir ; je choisis des textes dont la syntaxe ne pose pas de difficulté, car il s'agit d'un cours de traduction pour étudiants d'échange.)

Le titre du roman est évidemment le vers qui clôt la deuxième strophe des “Corbeaux” de Rimbaud.

 

Or, cherchant sur le Web des traductions anglaises du poème de Rimbaud , je constate, comme toujours, une grande diversité de choix, ainsi qu'une véritable disparité dans la qualité des textes. Par exemple, l'une d'entre elles, sur le site French Songs Translations, multiplie les contresens : longs angélus traduit par “long angels” (?), calvaires traduit par “ordeals” (alors qu'il s'agit bien de l'ouvrage d'art, pas d'un sens abstrait), et j'en passe.

Or, et c'est ce qui m'intéresse, l'auteur de ce blog — comme tant d'autres — affiche sa faible compétence en écrivant ceci en préambule : “Those are mostly litteral translations (at the best of my means, mistakes happen) in order to convey the meaning of the songs. I'm not trying to recreate the poetry.”

Non seulement les erreurs sont loin d'être occasionnelles (mistakes happen a lot !), mais surtout ce blogueur anonyme tombe dans un double panneau assez courant :

1) Il croit qu'une traduction littérale n'implique pas de connaissance précise des langues mises en jeu, alors que les deux erreurs que j'ai signalées plus haut relèvent d'une incapacité totale à trancher dans les cas de polysémie et montrent bien, très entre autres, que les moyens modestes du blogueur l'empêchent totalement de rendre le sens du poème, même de manière maladroite.

2)  Il croit que la poésie de la langue source doit être “recréée” à partir du mot à mot, ce qui est absurde : la poésie est dans les mots, dans leur interaction, et n'est évidemment pas distincte ni distinguable du langage. Un traducteur qui commence par un mot à mot pour tenter ensuite, dans une phase séparée, de “recréer la poésie” n'aboutit à rien.

« Quelqu'un a perdu son charme »

Ce matin, après avoir passé l'aspirateur, j'ai dû reprendre Oméga qui, en se faufilant sous l'immense épicéa — on se souviendra longtemps de l'année où j'ai envoyé un SMS « Le sapin est trop petit » et où mon épouse n'a saisi l'antiphrase qu'en débarquant à la maison — a fait tomber des brassées d'aiguilles, ce deux heures à peine avant son frère aîné, qui, dansant pour nous faire rire entre deux plis à la belote (oui, nous avons des débuts d'après-midi très traditionnels !), en a aussi fait tomber. 

 

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Avec ça, et le reste, je n'ai pas commencé à corriger de copies, mais je visionne Coiffeuses, le film que François Bon a fait avec le réalisateur Fabrice Cazeneuve et qu'il vient de mettre en ligne. Ça aussi, notre dialogue, nos polylogues sur la Toile, même par la vidéo : ce matin, j'ai fait ma cinquante-neuvième vidéo de traduction, avec une qualité inférieure, des hésitations à la pelle. En regardant une des séquences dans lesquelles une des apprenties lit le texte qu'elle a écrit pour l'atelier de François, je suis frappé par cette phrase : « Quelqu’un a perdu son charme mais a toujours son charme quelque part. » — Frappé, car je trouve ça très fort, très durassien. Je vérifie le texte, que je n'ai aucun mal à retrouver sur le site de François, et il s'avère que l'antithèse repose, non sur une répétition mais sur une paronomase que je trouve, pour le coup, plus faible : quelqu’un a perdu son charme mais a toujours son arme quelque part.

Les rayons percent, filtrent, et les aiguilles peuvent tomber. Ça fait des semaines que je bloque sur deux sonnets à écrire, et quelques chapitres à relire. J'aimerais m'en moquer.

 

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C'est vers cette même époque, fin 2006 puis 2007, qu'on a un peu travaillé ensemble, avec François Bon.

Sur des erreurs de perception repose beaucoup, pour moi, le charme de la poésie. On a perdu ce charme en fixant trop à l'écrit. Le passage par la piste audio — ici, par le visionnage — restitue un charme ambivalent. Dans l'image, retenir par exemple ce plan où, tandis que la jeune fille parle du renoncement à sa vulgarité, on voit le couple de dos, main dans la main, marcher le long des panneaux électoraux, avant le rodéo du scooter tout seul devant des portails de garages.

Faut-il aussi me moquer de tout ce que je laisse en plan (ici) ?

 

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Aiguilles d'épicéa qui tombent : mes cheveux ras qui tombent dans la bassine quand je me tonds la tronche, deux fois par moi, ou les mèches blanches dans cet autre film de François que j'ai découvert ce matin (on partait pour l'Angleterre).

 

vendredi, 09 décembre 2016

Quatrain écrit aux gogues

macron.jpg

Dans les WC pour messieurs du site Tanneurs

Il y a un graffeur

Qui a trouvé un bon moyen

De déconstiper ses concitoyens. *

 

 

* Structure métrique à retenir (ou pas) : aabb & 12/6/8/10.

jeudi, 08 décembre 2016

Rondel 8 — Empoisonnement

À noircir le quadrilatère

Où nos espoirs sont enterrés,

Les chevaux, bien ou mal ferrés,

Martèlent durement la terre.

 

Qu'on tombe au fin fond du cratère,

On mettra la langue en carrés

À noircir le quadrilatère

Où nos espoirs sont enterrés.

 

Ton manteau cloué à la patère

Arrache des collés-serrés

À des cossons énamourés,

Qui trouvent la potion amère

À noircir le quadrilatère.

 

13:49 Publié dans Rondels | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 07 décembre 2016

Choses qui font mourir de rire mon fils cadet dans la voiture que nous prête une amie

  • Le bruit du moteur en première.

 

  • Le hochet rose Hello Kitty.

 

  • Le jeton de caddie qui fait un barouf d'enfer à chaque virage.

 

  • Le klaxon qui sonne par inadvertance quand on baisse le siège du conducteur pour faire entrer le camarade que l'on prend le matin chez lui.

 

  • Papa a bien du mal à enclencher la marche arrière. Que c'est cocasse.

 

  • Un pruneau fendillé au marché d'Akutanagawa.

mardi, 06 décembre 2016

Rondel 7 — portrait à charge

Votre long large cou d'autruche

Noué d'un foulard à rabats

Renâcle poireaux et abats

Sous la tête en forme de cruche.

 

Vais-je dégonfler la baudruche

Et n'est-il donc d'autres combats

Que votre large cou d'autruche

Noué d'un foulard à rabats ?

 

Ainsi que l'abeille à la ruche,

Vous luttez — et tu te débats !

Vous plongez — toi, tel Joël Bats,

Ton corps si noueux de lambruche

Sous votre large cou d'autruche.

 

18:40 Publié dans Rondels | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 04 décembre 2016

Rondel 6 — sous la figurine Zandé

Calé dans le fauteuil Régence

Sous la figurine Zandé,

On s'est peut-être demandé

Ce qui en soi criait vengeance.

 

Est-ce d'avoir connu Argence

Ou joué son avenir au dé,

Calé dans le fauteuil Régence

Sous la figurine Zandé ?

 

Oh les beaux jours ! Denise Gence

D'un sourire t'a brocardé,

Et le poème de Kandé

Te tance pour ta négligence

À clé dans le fauteuil Régence.

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samedi, 03 décembre 2016

Rondel 5

Pondre des vers sur un parking

N'est pas plus dur que d'en traduire.

On passe la brosse à reluire

À un minus qui se croit king.

 

Google, ni Reverso, ni Bing

Ne sauraient, ici, nous suffire :

Pondre des vers sur un parking

N'est pas plus dur que d'en traduire.

 

La prochaine fois, Stephen King

Dans ma voix joue les durs à cuire,

Ou peut-être Duras : détruire,

Dit-elle, ton beau vase Ming

(Pondre des vers sur un parking ?) !

 

08:25 Publié dans Rondels | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 02 décembre 2016

Rondel 4

L'âme s'embrase d'un rien

Dans les trumeaux ou les pierres,

Qu'on lève un peu la paupière

Écrabouillé sous l'airain.

 

On ne donne un coup de frein

Qu'au mépris de la jambière.

L'âme s'embrase d'un rien

Dans les trumeaux ou les pierres.

 

Sculpture pour ce vaurien

Ou délice à garçonnière,

L'âme contrefaçonnière

Y mène toujours grand train :

L'âme s'embrase d'un rien.

20:29 Publié dans Rondels | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 01 décembre 2016

Premier décembre

Décembre vient à point

En tabac de Hollande.

Vous direz que je glande

Ou que je fume un joint.

 

Le maître a mis grand soin

À cette réprimande :

Décembre vient à point

En tabac de Hollande.

 

Le safran, le benjoin

Font tes yeux en amande

Plus belles que guirlande.

Quand s'épuise le foin

Décembre vient à point.

 

21:49 Publié dans Rondels | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 30 novembre 2016

Rondel 2

Ni le paprika ni le sel

Ne métamorphosent ces viandes

En des invites plus gourmandes

Comme la Sixtine au missel.

 

Jadis, au bas de Marissel,

— À Beauvais, tu me le demandes ? —

Ni le paprika ni le sel

N'ont métamorphosé ces viandes

 

En un frimas de carrousel.

On festoya (tourteaux, limandes

Et vin jaune de contrebandes)

Et ne pensa universel

Ni le paprika ni le sel.

 

06:18 Publié dans Rondels | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 29 novembre 2016

Ballade des drames du tens futur, de Françoys Fillon

Ballade des drames du tens futur

par Françoys Fillon, escholier françoys de souche (sarthoyse)

 

Dites-moy où, n’en quel pays,

On sucrera l'aide sociale

Aux smicards, ces sales nantis,

Leur préférant l'évasion fiscale ?

Peu me chaut en ça la cabale

Des démocrates et des perdans !

Où raflerai-je la timbale ?

C'est ès Frances, au prochainz printens.

 

Une fois gauchistes enfuis

On portera l'âge de retraite

À septante ou soixante-dix

Pour saigner la nation distraite.

Peu me chaudra l'anachorète

Qui va de la loi soulignant

Que du chomasge ça sécrète

En la France, au prochainz printens.

 

Préceptes chrétienz rétablis

On boutera hors du domaine

Mahométans & surtout laïcs

Qui n'ont foi qu'en la science humaine

Et jettera dessus la Seine

Services publics & savans.

Et invertis le mal les prenne,

Sans mariage au prochainz printens !

 

ENVOI

Françoys, la fable américaine

Ne vous distraise même un tens :

Mes sourcils de croquemitaine

Règnent France au prochainz printens.

 

lundi, 28 novembre 2016

Sur une série de 24 rondels découverts

Ces quelques rondels de Banville

Sont de genre à désemparer

L'esprit même le plus carré

Et la conscience la plus vile.

 

On les lit d'une âme tranquille ?

La noirceur vient vous égarer !

Ces quelques rondels de Banville

Sont de genre à désemparer.

 

Certes, la verve très habile

Portant tant d'habits chamarrés

Pousse sous nos yeux effarés

Comme des perles à la file

Ces quelques rondels de Banville.

 

14:43 Publié dans Rondels | Lien permanent | Commentaires (1)

dimanche, 27 novembre 2016

à mon tiers café...

Après un mois d'abstinence, à peu près, j'ai de nouveau écrit, ce matin, un sonnet alternant heptasyllabes et octosyllabes, sans doute sous l'influence de ma lecture du Sexe des rimes et de ma découverte des « vers baïfins » (“un nouveau vers de 15 syllabes bien comptées, césuré clairement (7/8)”, Chevrier, p. 64).

Ce sonnet est logiquement dédié à Valérie Scigala.

 

à mon tiers café je n'eus qu'à

prendre presto la tangente

imposer la rime indigente

piquante tel le yucca

 

c'est au jour de la saint Lucas

que le poème déjante

une diction décourageante

sous les volées des Stuka

 

comme coincé dans ta guimbarde

c'est le temps de s'envoyer

la lettre au travers du trimard

 

refuge chez Gallimard

la douce lueur du foyer

pendant que l'avion te bombarde

 

samedi, 26 novembre 2016

Mort d'un dictateur

Fidel Castro est mort.

En ce jour où on va nous bassiner, avec « l'héritage ambigu » ou « la grande figure historique », je rappellerai seulement les centaines de milliers de dissidents emprisonnés voire liquidés, le musèlement de tous les contre-pouvoirs, et, plus particulièrement, les écrivains José Lezama Lima, Virgilio Piñera et Reinaldo Arenas (dont je recommande chaudement Celestino avant l'aube, Avant la nuit et La Couleur de l'été).

En 1961, Virgilio Piñera fut arrêté par le régime castriste au cours de la « nuit des trois P », visant à liquider « prostituées, proxénètes et pédérastes » (prostitas, proxenetas et pajaros).

Voilà comment résumer l'info du jour : un dictateur sanguinaire et criminel est mort.

08:35 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 25 novembre 2016

Paysage vineux

Donc, reprendre cette route comme un long fil de haricot.

Fil arraché au haricot.

 

Les champs forment des éléphants empâtés, pourtant légers comme la poix, une lourde glèbe qui émerge du noyau de feu. Le sentier est une radicelle interminable partageant le monde en deux parties théâtrales, inégales, lustrales, astrales, sous le repli d'une minuscule maisonnette rouge décalque de motte castrale. Il y a les grattures qui en gerçant forment cadastre, le pourceau de profil soulève de loin, façon treuil, la voie lactée façon astre déchu.

Un ballon de baudruche survole l'écran où s'écrit la boue lourde, fait ombre fugitive et lourdement volante sur la fenêtre de tir.

 

Fenêtre qui s'ouvre aux maisons enfouies dans la glèbe — qui sont des champs — qui sont des pierres — qui sont des villas romaines — qui sont des ossements du crétacé — qui sont peu et tout.

 

La signature en haut, jaune, atténuée près de ces énormes tout petits nuages blanchâtres, écrase les figures déjà écrasées, hâves, noyées comme une fumée s'échappe de l'âtre, dans le chemin qui se poursuit, s'enfonce vers le bas (l'astre pris dans le cadastre) et vers le haut (l'étoile défenestrée dans la maison rouge), signe en fin de compte la vigne dont la liqueur repeint toute la lourde glèbe rouge enfouie.

jeudi, 24 novembre 2016

Punda le petit zèbre

Que nous nous délions

Au flot des eaux lustrales !

Le repas des lions 

Suit des lois ancestrales.

 

*

 

Que ma lyre est funèbre

À chanter les orages !

Gnous, gazelles et zèbres

Quêtent des pâturages.

 

*

 

Dans la nuit,

La lumière décède.

Chacun suit

La croupe qui précède.

 

*

 

Voudras-tu, mon gros quinquin,

Finir cette mortadelle ?

Les coliques des équins

Peuvent s'avérer mortelles.

 

*

 

Les petits biscuits Belin,

On en mange à Rouen, au Havre.

Le petit zèbre orphelin

Tète le lait du cadavre.

 

mercredi, 23 novembre 2016

Prénoms improbables de 2016

Cf ici pour l'article consacré

aux prénoms “insolites”

 

Un fier cuisinier, Alkapone,

Abhorre le mascarpone.

« C'est un mets pour les gueux

Et c'est über-dégueu,

Surtout pour le bilan carbone. »

 

Un vieux dégoûtant, Benjapaul,

Adore agiter son “popaul”

À la sortie des vestiaires.

Un maire plénipotentiaire

A même alerté Interpaul.

 

Brave femme, Jésunette,

Nettoie tout à la grattounette :

Les poêles, les carreaux,

Les enfants, les barreaux —

Même des gogues la lunette.

 

Il est bien gentil, Klimtice,

Mais à chaque fois kilpice

Il en met partout.

Qui donc se dévoue

Pour lui apprendre le maintien de l'appendice ?

 

Garçon ou fille, Kissmy*

Va entendre dès le berky

Maintes moqueries.

De telles bizarreries,

Me direz-vous, ne sont rien qu'un déty.

* prononcer “kiss-maï”

 

— Voulez-vous, Liesse de Tendresse,

Que contre vous je me presse ?

— Casse-toi, bolosse !

— Ah non, moi, c'est Boghoss :

Apprenez-le céans, bougresse !

 

La belle Lola-Poupoune

Est toujours vêtue de doudounes

Qui cachent ses appâts.

Si elle a chaud, après quelques tapas,

Tous de vouloir l'accompagner dans sa guitoune !

 

Dans mon village, Euthanasia

Est connue pour son beau frésia.

Vu son nom, ses parents

— Cela est transparent —

Ne font pas trop partie de l'intelligentsia.

 

Le film préféré d'Athena-Cherokee

N'est pas Rambo mais Rokee.

C'est en matant Stallone

Qu'elle a connu Alkapone,

Qui était occupé à faire des niokee.

 

mardi, 22 novembre 2016

Apologie des comptoirs coloniaux

Voici le courrier électronique que je viens d'envoyer à Gigamic, l'éditeur du jeu Mombasa :

 

Madame, Monsieur,

universitaire spécialisé dans les questions coloniales et post-coloniales, j'ai eu la grande surprise de "tomber" sur la présentation de votre jeu, Mombasa, que l'on peut résumer comme une glorification de l'époque des comptoirs commerciaux et de l'exploitation coloniale de terres confisquées à leurs véritables propriétaires.

La description du jeu vante l'absence de "morale" dans ce jeu. Assumez-vous entièrement la gravité d'une pareille apologie, sachant que des milliers d'Africains et d'Asiatiques sont morts dans la politique expansionniste des nations européennes, de la France en premier lieu ?

Salutations distinguées

G. Cingal

dimanche, 20 novembre 2016

Délitement d'hier

Hier, j'ai quand même été en-dessous de tout.

Sans doute est-ce parce que la journée avait bien démarré : levé à 6 h, j'avais fait quelques recherches dans la trilogie de Delbo pour vérifier certaines affirmations de sa biographe (en fait, comme je l'ai écrit hier, le livre de Dunant n'est absolument pas une biographie), puis lu Médée de Corneille (éblouissant, nerveux, roboratif), de sorte qu'à 8 h 30, quand le reste de la maisonnée a commencé à émerger, j'avais déjà assez bien rempli ma matinée.

Alors, après, délitement total de toute volonté, le coup classique chez moi : petites tâches ménagères, beaucoup de glandouillage sur le Web, un peu de lecture, quatre écoutes (je crois) du nouvel album d'Annegarn, matage de match de rugby avec Oméga le soir (& production de distiques ribéryens — encore inédits sur ce site, mais ils n'ont eu absolument aucun succès sur Facebook).

Du coup, aujourd'hui, les copies, le thème à préparer pour le cours de demain pour étudiants d'échange, pages à relire pour une amie...

Comportement de dé-bile. (Disons, Felipe dans Mafalda.)

samedi, 19 novembre 2016

Solutions finales

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Tout d'abord, le contexte de ce “dialogue” sur Facebook : un ami commun a posté la couverture de Valeurs actuelles, avec une photographie de Philippe de Villiers et la citation « Ma France sans l'islam ».

 

Il va sans dire — mais peut-être plus rien ne va-t-il sans le dire — que je honnis Villiers et son islamophobie, mais doit-on forcément, par un retour de balancier, prôner d'autres discriminations ? Que Philippe de Villiers énonce des propos scandaleux, j'y suis habitué. Qu'une universitaire apparemment spécialiste de sciences humaines puisse écrire sans sourciller, en commentaire d'un billet public sur un réseau social, qu'il faudrait exterminer une partie de l'humanité sur la base de sa couleur de peau et de son sexe, je n'y suis pas habitué. Il n'est pas rassurant de voir que, face à la montée des racismes et des communautarismes haineux, une collègue (sa page FB explique qu'elle travaille à l'Université Toulouse-Jean-Jaurès) est capable de prôner, comme solution des problèmes de la France (ou des États-Unis, on ne sait pas trop), l'élimination des hommes blancs.

mercredi, 16 novembre 2016

Distiques ribéryens culinaires (retrouvés)

16 novembre 2012

Je n'a pas comprendu comment que la salive

Dégoulinur bien dur si on mordur l'endive.

 

Hugo golri me faisit croire on dit 'endaïve"

Comme Parme Ritals qu'avons partu en live.

 

Bogoss trop Valencienne où nous dire "chicon"

Si que César aussi franchu le Rubicon.

 

Virginia que laïker distique remontant

Où ai-je dur de chantir pas Yves Montant.

 

On est ras-le-crampon de Guillaume Cingale

Et tripote internat qu'alors qu'on a la gale.