dimanche, 19 mai 2013
Un kavalier kaki
Un cavalier dans un aéroport attend que les ailes d'un oiseau au gracile fuselage lui ouvrent la voie. Un an de plus pour l'animal dont l'âme outrepasse tout zénith !
Aboo Din lashed them mercilessly and drove them into the jungle, where he followed on his hands and knees. ——— Toutefois, nous fûmes à Copenhague, à passer la nuit, trois fois déjà, notez-le bien.
Le fjord n'est même pas verdâtre, Guillevic écrit cromlech. ——— Sous la belle lumière dorée de cinq heures du soir, nous quittons le village enchanté, pour nous acheminer vers les montagnes du fond, en traversant le plateau paisible et pastoral que l'on dirait fermé de toutes parts.
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Taa jääpi niemi kuusimetsineen
ja käki toraisine rouvineen.
(Aaro Hellaakoski)
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vendredi, 10 mai 2013
Retour de La Rochelle
Je me gave de café, et la mi-mai s'annonce morne : ce matin, vent et fraîcheur — au point que le chauffage prolonge, depuis une bonne heure, son agaçant ronronnement. Les prévisions vont dans ce sens : au mieux, soleil couvert ; au pire, averses par intermittences (giboulées, je suppose, comme hier sur la route).
Nous sommes rentrés hier après-midi d'une visite express à La Rochelle ; le lycée de C. n'étant pas fermé aujourd'hui et demain, il n'y a pas eu, comme dans les autres établissements scolaires (pour lesquels, d'ailleurs, ces jours chômés sont totalement injustifiés), de viaduc. Nous avons montré aux garçons la vieille ville, ses rues à arcades, le port avec les quatre tours — nous avons même pu visiter la tour de la Lanterne (dite aussi des Quatre Sergents (j'ignorais totalement cet épisode de la Restauration)), qui les a fortement impressionnés. On ne peut que regretter que la sottise de précédents visiteurs contraigne les Monuments nationaux à ne permettre de voir les graffiti les plus anciens ou les plus beaux que sous des plaques de plexiglas.
Hier matin, nous avons sacrifié au pélerinage inévitable de l'Aquarium (que nos hôtes, H. et J., rochelais absolus, n'ont jamais visité depuis sa migration et son agrandissement), et Alpha le zoomane a dû admettre, après la visite, que c'était tout à fait décevant, surtout par rapport à tout le schbrountz fait autour de cette institution. Comme lui, je maintiens que l'Océarium du Croisic, et même l'Aquarium de Biarritz, sont supérieurs ; je n'ai pas de souvenirs assez précis de Brest. C., elle, milite pour Boulogne, mais elle est la seule de nous quatre à s'y être rendue.
Pourquoi l'Aquarium de La Rochelle est-il décevant ? tout d'abord, il est gavé de peuple. Je n'ai jamais rien visité dans une telle cohue (même l'exposition Daumier du Grand Palais, de sinistre mémoire), qui nous a contraints à ne même pas tenter de voir certains aquariums. C'est sans doute pour cette raison que nous n'avons pas vu de poulpes. Certes, c'était le jeudi de l'Ascension, mais il paraît qu'il en est ainsi tous les jours fériés. Or, ce devait être pire plus tard dans la journée : alors que nous sommes arrivés presque à l'ouverture et qu'il n'y avait pas d'attente aux guichets, nous avons vu, en sortant, à midi, que la file s'étendait sur plus de cinquante mètres. Quitte à décevoir de nombreuses familles, ou à leur donner une réservation pour un créneau ultérieur, l'administration de l'Aquarium devrait établir un numerus clausus et refuser du monde, littéralement. Dans les conditions d'hier, le lieu tenait plus de l'hypermarché un samedi après-midi que de l'“attraction”.
Par ailleurs, les indications portées sur les cartouches, parfois instructives, sont totalement lacunaires ; ainsi, c'est la première fois que je vois, dans un aquarium aussi réputé, des fiches signalétiques qui ne donnent pas, à côté du nom des différents poissons d'un aquarium donné, leur taille. Or, pour le parfait béotien, quand il y a plusieurs espèces qui se ressemblent, ou qui font partie de la même famille, les indications de taille sont très précieuses pour l'identification. On sait que, dans les aquariums comme dans les zoos, les trois-quarts des visiteurs n'apprennent rien, et ne cherchent pas à comprendre quoi que ce soit, ni même, dans beaucoup de cas, à identifier les différentes espèces. (Alpha en avait fait l'expérience il y a quelques années, en s'étonnant puis se scandalisant qu'un adulte passe devant la cage de gibbons, devant laquelle figurait un panonceau donnant tous les détails utiles sur cette espèce particulière de gibbon, en disant à ses enfants « ah vous avez vu les chimpanzés ? » avant d'aller voir plus loin. Je pense qu'Alpha a compris ce jour qu'adulte n'était pas synonyme d'infaillible, et encore moins de cultivé ou de curieux.) On sait donc cela, mais de là à ce que l'administration d'un aquarium aussi réputé (ou, en tout cas, aussi médiatisé (ce qui est sans doute différent)) baisse les bras, il y a un pas.
Malgré tout, nous avons pu admirer quelques aquariums à peu près tranquillement et avons appris quelques faits zoologiques essentiels :
- la coquille saint-jacques a soixante yeux
- la raie brune est hermaphrodite (femelle jusqu'à l'âge de huit ans, mâle après)
- il y a plus de mille espèces de méduses
Je dois, par ailleurs, faire des recherches sur un très joli poisson asiatique, l'apogon de Kaudern, que j'ai longuement observé, et dont il me semble que les différents points et taches peuvent jouer un rôle d'inter-identification assez similaire à celui des rayures chez le zèbre ou des taches chez la girafe.
Sinon, nous avons profité de retrouvailles brèves mais chaleureuses avec H. et J., dans leur maison d'Aytré, aux nombreuses mosaïques, toutes de la main de H., et beaucoup (en dépit de mes a priori) très réussies. Certaines sont vraiment très belles. — Nous sommes revenus avec près de trente livres, une dizaine achetée à la librairie Calligrammes (où travaille J.) ou, pour les enfants, à sa voisine Callimages, et les autres donnés par J. ou piochés dans ses cartons de livres qu'il n'a pas la place de garder chez lui.
(Pendant la nuit courte, j'ai pensé à la façon d'intégrer la rue du Minage à mon Livre des mines, et comment tenter de clore ce texte, justement, pour qu'il ne soit pas trop foutraque.)
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lundi, 06 mai 2013
Bribes des vacances landaises
17 avril 2013, 9 h 50.
[MAUX]
Un grand classique désormais, ce début de vacances entamé par les maladies.
Lors des vacances de Pâques de 2012, nous avions dû “descendre” directement de Tours en Périgord, car Oméga avait eu une mauvaise otite qui ne nous avait pas permis d'aller d'abord passer quelques jours dans les Landes. En février, je suis rentré d'Afrique du Sud pour trouver femme et enfants en pleine grippe (ou virus équivalent et aussi pernicieux), d'où un départ pour les terres landaises différé de presque une semaine ; le samedi, j'avais piloté la petite équipe jusqu'à Hagetmau avant d'y être cloué au lit pendant trois bonnes journées par une méchante bronchite (le docteur croyait fermement que je fumais). Comme il avait fait un assez sale temps, de surcroît, on n'avait rien pu faire.
Cette fois-ci, c'est du côté du bide. Oméga (écolier modèle) a eu une forte gastroentérite le soir même des vacances, épisode suffisamment bref pour nous permettre de prendre la route dimanche (détour bref par Barbezieux, ville morte, et par Moustey, dans les bois de pins près d'un dromadaire et d'un yak encordés à un muret). C. est tombée violemment malade le soir même du dimanche, et se remet depuis hier, relayée désormais par Alpha, qui semble avoir suivi le même chemin qu'elle : violents et fréquents vomissements pendant six heures, suivis d'une période de douleurs et fièvre qui ne devrait durer qu'un peu plus de 24 heures, s'il en est comme pour sa mère. Pour ma part, après plusieurs nuits très inégalement reposantes, je ne lutte pas trop mal. J'ai pu profiter du grand beau temps, notamment en jouant pas mal avec Oméga - passé pas mal de temps aussi à ranger, faire vaisselles et lessives, tondu - également “du côté Ménaoupède”. Le plus coriace, avec la tondeuse, c'est le coin proche du saule, qui désormais a tout du sous-bois embroussaillé, où règnent promptement les ronciers.
Plusieurs heures sont parties en tennis, parties de Mikado et de Puissance 4, lectures pour Oméga, et aussi découverte du Binero, dont Oméga s'est acheté un cahier lundi après-midi, et dont il a déjà fait une dizaine de grilles de niveau 1, toujours un peu (mais de moins en moins) avec mon aide.
[HORS LIGNE]
Je me décide à ouvrir un fichier .txt pour ces carnets, car j'ai replongé dans cette fâcheuse tendance (déjà observée en février, mais qui est une dérive ridicule) à utiliser Facebook (en mode restreint) comme carnet de bord, ce qui a eu pour conséquence immédiate (j'avais écrit « but » : je fais partie des cancres indécrottables qui doivent se gouverner pour ne pas confondre but et conséquence) de voir une restriction de mon accès Internet via le smartphone, alors que le forfait va du 8 au 8 courant, je crois. Ce n'est pas que j'aie abusé : j'ai dû utiliser Internet 20 ou 25 minutes par jour au lieu de 5 ou 10 habituellement, mais mon forfait n'est pas adapté : quand j'ai fini par me résoudre à prendre un téléphone mobile, en décembre 2011 (je n'en avais jamais eu), j'ai choisi une offre minimale, sachant que je ne téléphone guère et ne devais pas trop recourir à Internet. Evidemment, comme il n'y a, chez aucun opérateur, d'offre vraiment personnalisée, je me retrouve avec 2 heures de communication par mois dont je n'ai que faire (et qui sont inutilement reportées sur le mois suivant avant de disparaître (ce qui signifie que je paie pour un service que je n'utilise pas — depuis l'arrivée des téléphones portables, téléphonie rime avec escroquerie)) et 250 mégaoctets de connexion Internet en haut débit, si je ne m'abuse. Peu importe, c'est très peu. Quelques dizaines de mails, de photographies déposées directement sur Flickr, quelques statuts FB, et en une quinzaine mon opérateur me transfère en débit restreint.
Tout cela n'est pas très intéressant, j'en ai conscience, si ce n'est à voir X ou Y me dire que je n'y suis pas du tout, que si je prenais un abonnement Machintruc chez Trucmachin je bénéficierais de ceci et de cela, et surtout si ce n'est à expliquer pourquoi j'ouvre un fichier .txt pour y écrire des paragraphes de ci de là, paragraphes que je publierai peut-être rétrospectivement dans Touraine sereine.
[SCHMIDT]
J'ai apporté avec moi, comme à l'accoutumée, plus de livres que je ne peux en lire - mais, cette fois-ci, j'ai apporté, de fait, quelques bouquins achetés récemment d'occasion que je laisserai, en vue de l'été, dans la maison de Hagetmau. J'avais à peine commencé, la nuit avant le voyage, un Arno Schmidt (Le cœur de pierre), me résignant, en l'absence de tout ouvrage en allemand de cet auteur à la bibliothèque universitaire, à découvrir enfin cette œuvre en traduction ; je l'ai quasiment fini hier soir, sur le canapé "thin stripes" du salon, avec la chatte sur les guiboles. C'est un roman tout à fait puissant, d'une inventivité langagière immense (mais c'est une banalité de l'écrire de Schmidt), mais surtout : très visuel, très politique (au sens fort : vision historique à long terme + idéologie décapante). Il me reste, en lisant d'autres livres de Schmidt, à prendre tout à fait une mesure d'ensemble, mais, pour l'instant, si impressionné (et amusé : c'est une œuvre très drôle) que je sois, je ne cède pas absolument à l'argument de Laurent Evrard, qui, me voyant acheter des livres de Jirgl il y a un ou deux ans, m'avait dit, peu ou prou, qu'il valait mieux lire Schmidt, que Jirgl n'inventait rien. L'influence est évidente, mais il ne s'agit pas uniquement d'un décalque, d'une pâle copie.
[PROKOFIEV ET AL.]
J'ai aussi apporté quelques disques. Oméga ((banal) écolier modèle) s'étant passionné pour Pierre et le loup, j'ai emprunté les quatuors à cordes de Prokofiev, et aussi l'enregistrement complet du Roméo et Juliette par Valery Gergiev avec le Kirov : ayant adoré le Roméo et Juliette de Preljocaj il y a une dizaine d'années, je n'avais jamais poussé plus avant. J'écoute en ce moment même la fin de l'Acte II, et c'est effectivement inventif, éblouissant, et aussi très émouvant. Prokofiev est souvent taxé d'académisme, et, de ce fait, immédiatement relégué dans les seconds couteaux — ce qui, sans que j'y connaisse rien, me paraît très injuste. Il me paraît s'agir d'une musique orchestrale très inventive et puissante.
Hier soir, C. m'a, en revanche, fait arrêter la diffusion de la 4ème de Charles Ives (par Dohnanyi) ; il est vrai que, contrairement à la 1ère (par Mehta), elle est bien pompière et ronflante. J'écouterai cela plus en détail (et aussi les n° 2 et n° 3), mais seul !
Nous avons écouté, aussi en voyage, le dernier Rokia Traoré (je suis un peu sur ma faim, je n'ai pas encore déniché pourquoi), le dernier Rachid Taha (magnifique), un album d'Anouar Brahem à la mémoire de Mahmoud Darwich que je voudrais aimer mais qui est très mou, très monotone.
Sur le CD des ‘Diapasons d'or’ de ce mois, Oméga a reconnu, dès la première mesure, la Nuit sur le Mont Chauve de Moussorgski, écouté plusieurs fois avec Constance, animatrice qui fait chanter sa classe, et, je l'ai ainsi découvert, leur fait aussi un peu d'initiation musicale. Comme, avec son professeur d'éveil musical du mercredi, il avait découvert la Promenade des Tableaux d'une exposition, qu'il aime aussi, on va peut-être lui offrir pour son anniversaire, en sus du reste, du Moussorgski...! Remarquez que je ne demande, moi aussi, qu'à dépasser mes préventions préjugées.
(Tiens, le finale de l'acte II de Roméo et Juliette me fait un peu mentir, péniblement expressionniste tout de même.)
18 avril, 11 h 15.
Tout le monde semble remis, ou se remettre (Alpha n'a pas encore beaucoup d'appétit mais va bien mieux). Le temps s'est bougrement rafraîchi, avec disparition du soleil. Hier après-midi, il faisait plus chaud que bien souvent en été (même ici, dont les chaleurs sont excessivement vantées — il ne fait plus jamais aussi chaud, en tout cas jamais aussi longtemps, que quand j'étais enfant (et j'adorais ça)).
Avant-hier soir, plusieurs phrases descriptives d'Arno Schmidt m'ont servi de point de départ pour l'écriture de strophes dont elles conditionnaient, en tant que premier vers, les choix métriques. Je crois me rappeler (mais Facebook en garde la trace — il me suffira de récupérer cela in due time) que j'ai ainsi inventé quatre nouvelles formes : le septain berlinois, le tristique heuristique, un neuvain dont le nom m'échappe, et le huitain du diocèse.
(J'ai préféré le terme de tristique à ceux, plus attestés, de tercet ou de triolet car j'écris déjà des triolets quantifiés, et je trouve plus cocasse l'écho un peu lourd que le terme de tristique offre avec les différents types de distiques.)
J'ai ouvert ce fichier, plus pour me retenir d'aller encore gribouiller dans Facebook que parce que j'ai vraiment quelque chose de nouveau à ajouter. Les journées se ressemblent, j'écoute en ce moment même l'Acte I de Roméo et Juliette. (Mais avant : l'album Ellington/Coltrane, le tout premier Romano/Sclavis/Texier, Mobile du trio Benjamin Moussay.) ——— Il doit continuer à faire nettement moins bon les prochaines journées. Pas sûr que nous ayons toujours envie d'aller deux ou trois jours à Bagnères. Alpha reparle d'aller enfin voir ces foutues fresques de l'église de Lugaut, qui est complètement au bout du monde mais qu'il est scandaleux qu'on ne soit encore jamais allé voir... la crainte de trouver porte close n'est pas pour rien dans le délai...
24 avril
Hier soir, Everybody Says I Love You, très léger et distrayant, avec d'excellentes répliques terriblement woodyennes. Tout cela regarde plus du côté du nanard que du chef-d'oeuvre, toutefois.
La veille, Les Hommes contre, beau film épuré de Rosi, avec d'amples plans, des brumes majestueuses, un tableau terrifiant de la « machine de guerre ».
La veille encore, une bonne trentaine de très courts métrages de Méliès.
Je lis Les Petits bourgeois de Balzac — plaisir de lire Balzac intact. Portraits, lieux et maximes sociales d'une très grande acuité : beaucoup d'étonnantes résonances avec la "situation actuelle". Ce matin, très tôt, à l'ancienne salle de jeux, feuilleté plusieurs revues dont le dernier numéro de L'Ecologiste. C. a lu le dernier essai de Pierre Bayard, j'avoue que je vais me contenter de ce qu'elle m'en a rapporté, qui a achevé de me convaincre que c'était une lecture dispensable.
Dimanche, nous avons vu deux matches de rugby avec Oméga, sous un beau soleil, dans un stade soustonnais plein à craquer, tribunes et barrières des quatre côtés.
Pour ce qui est des excursions, elles sont très influencées par le choix des enfants, et surtout d'Alpha, retombé dans la marmite zoologique. Ainsi, lundi, zoo de Labenne, presque aussi minable qu'en 2003. Beau temps, donc plaisant.
Mardi (hier, donc), Parc Animalier des Pyrénées, après un passage par de belles vallées où je n'avais jamais mis les pieds ni les roues.
08:44 Publié dans Autres gammes, Ecrits intimes anciens, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 28 avril 2013
Sept sans faute
La contrainte n'a pu être respectée. Toujours ces jours sans archive.
Ainsi, avant d'avoir un appareil numérique, on avait déjà visité l'église de Vernou.
Marché de Noël, avec l'ami lyonnais.
Sans archive ne signifie pas sans mémoire. Se servir de l'album comme d'un recours contre l'effacement de ce qui n'a pas été saisi.
Là, plus moyen de retrouver ce nom d'église, éloigné par un sonnet de jours, et par plus lourd oubli.
« Je me souviens de la débâcle.»
Rembrandt n'a pas moufté, le ridicule ne tue plus.
06:20 Publié dans Blême mêmoire, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 27 avril 2013
Domme ou l'Empierrement
Domme, deux ans déjà. Ce que l'on y voit est si étriqué, le souvenir de déception (première visite en 95) lui-même ne déçoit pas, et l'on regarde vers ailleurs, vers alentour, déçu encore.
Le nom est beau, qui fut rencontré pour la première sur les étagères farcies, au huitième (neuvième? j'ai un doute) étage de la résidence Génovia. Cet appartement, lieu intermittent où je lus notamment Hemingway en sirotant je ne sais plus quels sirops, reviendra-t-il me hanter sur mon lit mortuaire ?
C'est gai. That's what Domme does to you.
05:52 Publié dans Blême mêmoire, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 17 avril 2013
Amou, 17 avril 2011
18:28 Publié dans Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 02 mars 2013
En mission à Pietermaritzburg (11-16 février 2013)
Voici un copié-collé (pour raison de sauvegarde - je doute que cette page Web soit éternelle sur le site d'UKZN) de l'article paru le 1er mars à propos de notre mission de cinq jours en Afrique du Sud. Je corrige juste deux ou trois inexactitudes, par rapport à l'original. [Oui, j'utilise ce blog aussi comme archivage professionnel et autobiographique. Touraine sereine et moi sommes de vieux amis, on se passe toutes nos fantaisies.]
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Two visiting French academics, Professor Philip Whyte and Dr Guillaume Cingal of the University of Tours, addressed staff and students at a UKZN seminar at the Centre for African Literary Studies (CALS) recently. CALS held an informal lunch for the two visitors who were invited by Professor Bernard DeMeyer of French Studies and also a member of CALS Board.
The main purpose of the visit was to discuss the partnership between the two institutions which involves staff and student exchange and joint research among other co-operation and thus the visitors met the French discipline on the Pietermaritzburg campus, the English Discipline, International Relations and the Dean and Head of the School of Arts, Professor N Zulu.
They also held a meeting with two University of Tours exchange students who are at UKZN this semester.
Informal discussion at the seminar included ideas on the sort of student, staff and research exchanges that could be arranged in future between UKZN and the University of Tours involving English literary studies.
Whyte formerly co-ordinated the MA programme at the University of Tours and his field of specialisation is postcolonial theory and literature in West Africa. He has published a book on Ayi Kwei Armah and about 20 articles on African writers, Ben Okri of Nigeria, Kojo Laing of Ghana, Syl Cheney Coker of Sierra Leone, Syl Bendele-Thomas of Nigeria, Abdulrazak Gurnah of Zanzibar and Kofi Awoonor of Ghana.
Cingal is the co-ordinator of first-year Applied Languages and is the former Head of the English Department. His fields of specialisation are postcolonial literatures, semiotics and translation studies. He wrote several articles on Nuruddin Farah, Breyten Breytenbach, Arundhati Roy, as well as on Jamal Mahjoub.
In his presentation Whyte gave an overview of the history of West African writing in English while Cingal analysed two South African poems, including Jeremy Cronin’s poem, Who. He emphasised the need to provide the historical and social contexts to poems when teaching them to French students.
The French visitors were very impressed by the collection of books at CALS, especially the Onitsha market literature, and the newly archived unpublished materials. They found several items they had previously been unable to locate. "Each shelf cries out for a conference about its holdings," said Dr Cingal. "Future research exchanges will certainly provide the opportunity to take this challenge further."
/ Source de l'article original : UKZN.
05:39 Publié dans Hors Touraine, WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 16 février 2013
Philip & moi en Afrique du Sud
10:00 Publié dans Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 12 février 2013
... je crois ...
Déjà 22 heures dans les transports, je crois, et on n'est pas au bout.
Tout ça pour 4 jours sur place, je crois.
Cette nuit, au-dessus du Sahara, j'ai dormi, on and off, quatre heures, je crois.
Le premier sourire, sur le territoire azanien : celui de l'hôtesse qui a enregistré la valise de P. Première boisson : une Windhoek bien fraîche. Premier billet tendu : un lion (R50). Premier billet rendu et aussitôt converti en pourboire : un mouflon (mouton ? chèvre ? --- R10). Airport announcements getting on my exhaustion.
Nihil novi sub sole.
Je crois avoir distingué Gaborone, puis d'abruptes collines (falaises), avant la descente sur Jo'burg.
Pas besoin d'aller utiliser les prayer facilities, je crois.
11:47 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 09 janvier 2013
Nine Days Into
00:18 Publié dans Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 04 janvier 2013
Dix quatrains conversationnels
Je jouais au Monopoly avec les garçons. Ma femme lisait Que Choisir ?, parfois à voix haute. J’ai donc composé quelques quatrains conversationnels, dont le principe – déjà mis en œuvre sur Facebook lors de visionnages de documentaires animaliers – est d’utiliser la citation pour les vers 3 et 4, et de composer les vers 1 et 2 à partir de cette deuxième moitié.
Pour emballer lors d’un rencard,
Je déconseille l’orgelet.
« Encore une fois, c’est Picard
Qui a les meilleurs surgelés. »
Hollande, le chef de l’Etat,
N’est pas vraiment un héros.
« La nouvelle Prius est à
38.200 €. »
Le danseur soufi est en transe
Et fait des cercles exaltés.
« La petite Yaris made in France
Est tout à fait bien notée. »
Le chien montrant sa lippe
Dardait des yeux de fou.
« Les bulbes de tulipes,
Mais qu’est-ce qu’on s’en fout ! »
L’attente du printemps
A tout instant me hante.
« Marque ‘lait hydratant’
De Carrefour Discount ! »
Soleil, que ta splendeur éclate
Au zénith écarlaté !
« Sardines à la tomate…
On n’en a pas acheté. »
En relisant L’Astrée
J’éprouve la frénésie.
« Les bébés porcs sont castrés
Mais sans anesthésie. »
Ma plainte monte au ciel
En accents empruntés.
« Le miel Lune de Miel
Est vraiment bien noté. »
Sous les ors du jour finissant
Les chênes se noient de rousseur.
« Le meilleur adoucissant
Est Le Chat Lait de Douceur. »
L’aurore imperturbablement
Déroule ses nuées entre orange et turquoise.
« Dix mille écoliers allemands
Se sont intoxiqués grâce aux fraises chinoises. »
12:18 Publié dans Hors Touraine, Quatrains conversationnels | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 10 novembre 2012
« Mickey Mantle est en train de me parler de Marcel Proust »
Le lundi soir, enfin, on a regardé Wanda – avec Alpha – le cinéma dit « d'auteur » (il vaudrait mieux dire : le cinéma alternatif, ou le cinéma à narration implicite), à onze ans, ce n'est pas commode. Magnifique film, qui résonne d'énigmes, de gestes marquants, de regards, de grains. Quelques facilités, « d'auteur », justement. Puis, le mercredi soir, dans le train, j'ai lu le petit livre de Nathalie Léger, Supplément à la vie de Barbara Loden.
À La Couronne : « un point aveugle sur le paysage détruit ».
À Xandeville : « d'où vient la pose, en quel lointain boudoir néandertalien a-t-elle été inventée ? »
À Laruscade : « Et sans doute, par un jour de vive lumière, un de ces jours immobiles et radieux, elle s'était tenue comme Clarissa Dalloway à quinze ans, songeuse au milieu des légumes, espérant sous le ciel, observant les oiseaux dans l'air vif d'un glorieux matin de printemps, confondant ce court instant d'effusion avec la promesse du bonheur définitif. »
À Saint-Agulin : « quand on n'a rien, dit-il, on est zéro, mieux vaut être mort ».
À Vayres, je note : Miss None - Miss Néant (((d'elle la traduction ?))). Nonne. Page 69.
À Canéjan : « le sirop grésillant des chœurs enregistrés ».
À Biganos: « ici le réel est si distordu qu'on ne plaisante pas avec le vrai, dit-il ».
À Sanguinet : « une manière de mains moites ».
À Labouheyre : « Mickey Mantle est en train de me parler de Marcel Proust ».
À Morcenx : « L'image se fige, granuleuse, imparfaite. » —— Le dos, qu'il ne faut nommer tranche, paraît-il, a jauni un peu, sous l'effet, sans doute, du soleil baignant les étagères du salon, depuis janvier.
À Rion-des-Landes : Les 138 mots de la dernière page, qui composent aussi la dernière phrase, se sont imprimés très faiblement, en regard, sur le blanc à peine grisé de la page 151.
[ Antonio Lobo Antunes n'écrira plus de roman, ce qui nous permettra de lire la poignée d'indéfrichés, ou de relire les plus beaux. ]
17:45 Publié dans Chèvre, aucun risque, Corps, elle absente, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 09 novembre 2012
Le Temps immobile — à ma manière
9 novembre 2001. Le soir, sous la neige, à Dijon, nous fêtions mon doctorat.
║▒║
Hier, trois heures de l'après-midi. ——— Après que l'urne eut été scellée sur le tombeau, Anaïs se fit un bouquet de feuilles de liquidambar — jaunes, carmin, pourpres, lie-de-vin. La journée, en quelque sorte idéale (en un sens fort), était empreinte de tendresse et de tristesse. Sur le chemin du retour, dans un wagon bondé, je trouvai, à la première page du livre, une troupe de perroquets bruyants dans un liquidambar.
║▒║
8 novembre 1914. Naissance de ma grand-mère paternelle.
18:30 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 05 novembre 2012
Nez d'Apollo pap
La proposition de M. de Boissy, combattue par M. Dumon, le ministre des travaux publics et par M. Tupinier, rapporteur de la commission qui avait examiné les projets de loi, fut rejetée apres ce discours de M. Victor Hugo.
— Actes et Paroles, vol. 1. Consolidation du littoral.
« — Qu'est-ce qu'un tupinier ? »
Ainsi s'interrogeait-il, avec des tirets cadratins pas possibles, invraisemblables, pas permis.
Il arborait cravate, portait faux-col, bref était plus que démodé : amidonné.
— Oh, et quand t'auras fini de mitonner, toi ?
— Heu, ça s'écrit mythonner.
— Ça ne s'écrit pas, ça se dit.
— Euh, ça ne se dit même plus en fait. La banlieue a évolué depuis la dernière décennie.
(Et par « dernière décennie », elle entendait sans doute années 90, autant dire que les à-peu-près, les glissements, les ambiguïtés étaient innombrables.)
Il se demandait ce qu'était un tupinier.
Il se demandait quel éditeur voudrait, un jour, un improbable jour, de son livre sur les proses de Tagore et les poèmes de Marc Lévy.
Un tupinier frappe à ma porte ; je dois aller ouvrir.
Gertrude, maintenant, déteste le point-virgule.
On est mal barrés.
mardi, 16 octobre 2012
Bahala na !
J'ai fini de lire The Match de Romesh Gunesekera. « Presque fini » serait plus juste : je me suis gardé, exprès, les sept ou huit dernières pages pour ce soir. L'écriture de Gunesekera – qui a atteint les plus hauts sommets, selon moi, avec Heaven's Edge, livre absolument magnifique et bousculant – s'est un peu attiédie ici. Tant le protagoniste que son parcours font songer au roman de Jamal Mahjoub, Travelling with Djinns.
C'est le séjour, dans le cadre de la Chaire Studium, pour un semestre entier, de Chandani Lokugé dans notre Université qui m'a replongé totalement dans le Sri Lanka. La semaine dernière, j'achevais Turtle Nest. Et là, après The Match – parabole historique ? Underworld à la sri lankaise ? roman philippin ? — j'enchaînerai avec Softly As I Leave You, le dernier roman de Chandani. Fin novembre et début décembre, j'organiserai avec elle un atelier de deux ou trois séances consacré à la traduction de certains extraits de ces deux romans. Son dynamisme et son hyperactivité me font bien plaisir, ont dynamité un peu le début d'année, sinon terne ou simplement laborieux, de sorte que je me suis retrouvé propulsé avec le comité d'organisation du festival « Voix d'ici, voix d'ailleurs », ou encore à discuter de Ronsard avec elle pendant un bon bout de temps, sans compter le projet de programme d'hiver à mettre en place chez nous à destination des étudiants australiens non francophones.
Turtle Nest est un très beau roman, très équilibré, qui s'inscrit dans une forme de modernisme classique, si j'ose ce qui pourrait sembler un paradoxe, et qui s'achève sur une pointe narrative aussi efficace qu'inattendue. Si j'ai bien compris les allusions de Chandani lors de notre promenade dans les jardins du Prieuré, il s'articule autour d'un symbolisme complexe (animaux, éléments naturels) dont tout ou presque doit m'échapper.
Entre ses diverses tâches au titre de la chaire Studium, Chandani a commencé d'écrire un roman dont l'action se passera, au moins en partie, en Touraine. Après-demain, je vais lui faire découvrir le manoir de La Possonnière ; si nous avons assez de temps, j'essaierai de lui montrer d'autres beaux sites voisins de Couture, quoique le très beau château de Poné n'ouvre au public qu'en été.
Nous verrons. Bahala na. Bahala na kayo ! (The Match, p. 255)
14:03 Publié dans Hors Touraine, Lect(o)ures, Résidence avec Laloux, Studium Chandani LOKUGE, WAW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 30 juillet 2012
Verdure hors Touraine
18:05 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 28 juillet 2012
Tessons
D'où dépendre.
Pas grand chose. Maint souvenir supérieur, une assiette en plastique, la déambulation.
Tout de même, quel inculte.
Tout de même, quel inculte tu fais.
D'un doge, la signature. Mais un mur ocre ne la porte pas, pavés inégaux où les naseaux fumants ce bourrin mafieux se tord la cheville, et on se cogne la tête contre un mur peut-être ocre, mais peut-être âcre aussi (quartier des abattoirs).
Tout de même, quel inculte tu fais, et sur les tessons fumants je te torture.
Coupole, fumures.
Il se voûte au fur et à mesure qu'avancent les années.
Il se courbe. Il s'échine. Il n'a pas lu une ligne qui vaille depuis plusieurs semaines. Il n'a pas écrit une ligne qui vaille depuis l'époque de Tolède. Finalement, il valait mieux se flinguer.
Souvenir supérieur. Mémoire qui se reproduit, de diffracte, se dédouble. Brouillard de pas grand chose, déambulation vague entre tas d'ordures avec chatons, tessons de verres et d'amphores, bimbeloterie, la mémoire trouve sa cible, vise son double, s'avise que rien ne sert de s'échiner. Intestins, queues, tripes. L'idylle verte au quartier des abattoirs.
D'où dépendre -- mieux valait se flinguer.
17:57 Publié dans Blême mêmoire, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 22 mai 2012
Le Vent à carreaux
La fresque de céramique éclate en lignes, en courbes, en ovales, en couleurs vernissées. On se pose là.
On se pose là, un jour de pluie froide, en mai.
On se pose là.
Asger Jorn et Jean Dubuffet, qui ont beaucoup manigancé ensemble, et composé notamment la musique d'un petit film expérimental parfaitement cocasse que l'on peut voir, avec tant d'autres documents, dans la salle centrale du musée, étaient amis. Ceci explique cela. Alors, même si, avec les toits en tôle et les blocs de parpaing brut, la cour ne paie pas de mine, on a envie de trouver cela plus proche encore de Dubuffet que de Jorn, car Jorn n'a pas proposé une rupture aussi complète avec l'esthétique traditionnelle (ses codes, ses conduits).
Donc on se pose là, on attend, on regarde yeux mi-clos, on scrute.
Et si on s'affaire, ce n'est pas pour rien. On a le temps pour soi, en cette journée froide et pluvieuse de mi-mai. On est à Silkeborg, tout de même.
08:39 Publié dans BoozArtz, Hors Touraine, Le Livre des mines, Un fouillis de vieilles vieilleries | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 20 avril 2012
Dilemme
L'Aude, ce n'est pas rien. Et l'Aveyron non plus, avec ses sinuosités, ses soudaines vallées -- sa pierre qui se hisse, ses griffes de verdure qui se hérissent.
Et attendre.
12:00 Publié dans Aphorismes (Ex-exabrupto), Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 04 mars 2012
Brisées dominicales
Entre Orthez et Bordeaux, achevé la lecture du roman de Libar M. Fofana (L'étrange rêve d'une femme inachevée - un texte courageux, dense, acéré et flaubertien dont j'espère avoir le temps et l'occasion de reparler prochainement dans ces pages), puis de Briar Rose, bref récit éclaté (avec variations) par lequel Robert Coover réécrit le conte de la Belle au Bois dormant (j'avais lu, trois jours plus tôt, Snow White de Donald Barthelme - plus déjanté).
Entre Bordeaux et Challais, après m'être restauré au Mitico, un infâme bar PMU, correction des copies en souffrance, puis, entre Challais et Tours, lecture de la moitié du Secret de Caspar Jacobi, acheté d'occasion je ne sais plus quand et qui traînait à Hagetmau depuis je ne sais plus quand non plus. Il n'y a pas à dire, voyager en train est plus enrichissant (surtout quand la ponctualité est de mise et qu'aucun ratage de correspondance n'est au rendez-vous) que la longue litanie des bandes d'arrêt d'urgence et autres ronds-points.
Il reste à préparer un cours. Tours fait grise mine, sous les nuages bas et une brise glaciale, porteuse pourtant du printemps.
Je rêve assis.
18:12 Publié dans Hors Touraine, Lect(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 27 février 2012
"Hot Springs of Dax"
Né à Dax, y ayant grandi et y revenant régulièrement (à Dax, ou plus exactement en pays d'Orthe), je ne crois pas avoir jamais rencontré, au cours de mes lectures, et à condition d'exclure certains vers ou textes particulièrement locaux ou obscurs, la moindre référence aux sources thermales de ma ville natale, ni à la Nèhe -- pas même à la Fontaine d'Eau Chaude. Or, ce matin, poursuivant ma lecture de Snow White de Donald Barthelme (réécriture très post-moderne du conte, qui remonte aux années 60), je tombe sur le paragraphe suivant, au début de la deuxième partie :
PERHAPS we should not be sitting here tending the vats and washing the buildings and carrying the money to the vault once a week, like everybody else. Perhaps we should be doing something else entirely, with our lives. God knows what. We do what we do without thinking. One tends the vats and washes the buildings and carries the money to the vault and never stops for a moment to consider that the whole process may be despicable. Someone standing somewhere despising us. In the hot springs of Dax, a gouty thinker thinking, father forgive them. It was worse before. That is something that can safely be said. It was worse before we found Snow White wandering in the forest. Before we found Snow White wandering in the forest we lived lives stuffed with equanimity. There was equanimity for all. We washed the buildings, tended the vats, wended our way to the county cathouse once a week (heigh-ho). Like everybody else. We were simple bourgeois. We knew what to do. When we found Snow White wandering in the forest, hungry and distraught, we said: "Would you like something to eat?" Now we do not know what to do. Snow White has added a dimension of confusion and misery to our lives. Whereas once we were simple bourgeois who knew what to do, now we are complex bourgeois who are at a loss. We do not like this complexity. We circle it wearily, prodding it from time to time with a shopkeepers forefinger: What is it? Is it, perhaps, bad for business? Equanimity has leaked away. There was a moment, however, when equanimity was not the chief consideration. That moment in which we looked at Snow White and understood for the first time that we were fond of her. That was a moment.
12:00 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 26 février 2012
Le temps dominical, à l'anglaise [Bax]
As the greater number of visitors at the hotel were English, there was almost as much difference between Sunday and Wednesday as there is in England, and Sunday appeared here as there, the mute black ghost or penitent spirit of the busy weekday. The English could not pale the sunshine, but they could in some miraculous way slow down the hours, dull the incidents, lengthen the meals, and make even the servants and page-boys wear a look of boredom and propriety. The best clothes which every one put on helped the general effect; it seemed that no lady could sit down without bending a clean starched petticoat, and no gentleman could breathe without a sudden crackle from a stiff shirt-front. As the hands of the clock neared eleven, on this particular Sunday, various people tended to draw together in the hall, clasping little red-leaved books in their hands. The clock marked a few minutes to the hour when a stout black figure passed through the hall with a preoccupied expression, as though he would rather not recognise salutations, although aware of them, and disappeared down the corridor which led from it.
"Mr. Bax," Mrs. Thornbury whispered.
The little group of people then began to move off in the same direction as the stout black figure.
Virginia Woolf. The Voyage Out [1915], Hogarth Press, 1971, p. 274.
11:00 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 31 octobre 2011
Télégramme du roitelet
Aucune connexion pendant une huitaine. Le vert qui nous entoure, et les feuilles du lagerstroemia (tantôt rouges tantôt d'un vif orangé), tiennent lieu de toile. Retard insensé dans mon travail.
Reprendre, aussi le fouillis.
Demain retour Touraine.
16:27 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 02 octobre 2011
De l'Aude à Vergoignan
(15 juillet 2011 - Hors Touraine)
Dernier jour avant le départ pour l’Aude (aux bras blancs – aux doigts de rose ?). Au fur et à mesure que je lis, la pile de livres sur lesquels je dois faire des fiches à partir de mes prises de notes s’agrandit. Hier après-midi, sur les gradins, à Nogaro, en attendant le début du concours de la Corne d’Or, j’ai lu un bon quart du court roman (il a écrit beaucoup de courts romans) de Roth, le troisième des « Kepesh books », The Dying Animal. Au retour, vers dix heures du soir, un ciel rose et bleuté recouvrait doucement les vallons autour de Vergoignan. (Nulle honte à l’écrire.)
10:51 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 28 septembre 2011
Météo, 3 [Hagetmau, 13 juillet 2011]
Hier soir, un orage est tombé, accompagné d’une averse très violente. J’ai saisi l’occasion pour apprendre à Alpha – qui a eu dix ans avant-hier – comment on calculait la distance de la foudre. (Sur la route, que je sache, aucune voiture n’a fait de tonneaux.) Ce matin, il pleut encore, je crois, et il doit faire bien froid. Vais-je pouvoir, comme hier, livrer mes cinq heures de bûcheronnage ?
(Les tas de bûches s’élèvent ; le terrain est encore envahi de grandes branches coupées.)
Quel vieux vilain temps gris ! Je crois déjà avoir raconté, dans Touraine sereine (mais ne peux vérifier, faute de connexion), l’origine de cette phrase exclamative. Toujours est-il que, ce matin, dès huit heures, la journée annonce un vieux vilain temps gris, que ne soulagera que la verdure des arbres.
(Ajout du 28 septembre : paradoxe de la froidure en juillet, et de la chaleur fin septembre. Obsession de la verdure. Liens ajoutés bien sûr aujourd'hui, lors de la publication.)
10:29 Publié dans Comme dirait le duc d'Elbeuf, Ecrits intimes anciens, Hors Touraine, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 27 septembre 2011
Météo, 2 (souvenir de vacances...)
12 juillet 2011.
C. vient de partir pour l’A.M.I., les enfants regardent la télé (Regards Passion) et je pianote avant d’aller bûcheronner. Il est – déjà – dix heures du matin. Il ne fait pas très chaud, il y a de l’air, et le soleil se montre timidement.
Dans ce bureau, où je me suis photographié « face aux trois ordinateurs », la lumière est tamisée, pour ne pas dire bouffée par l’avant-toit, la poutre mais surtout l’énorme laurier qui est devenu, entre C. et moi, un sujet de plaisanterie récurrent, au point d’imaginer que d’ici peu il pourra, à lui seul, servir de clôture entre notre terrain et celui de la grand-mère de C., dont la maison est, depuis deux mois, mise en vente.
08:22 Publié dans Autoportraiture, Ecrits intimes anciens, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 06 septembre 2011
3 notules du 10 juillet
10 juillet 2011.
Coursayre, 1
Le 9 juillet, nous avons vu les deux premières courses de l’année.
Audignon, très au-dessous du médiocre (Deyris) : placement très lent de plusieurs vaches (dont Majesté et la vache de l’avenir en 1ère partie), figures globalement moyennes, plusieurs méchantes tumades. Confirmation que Thomas Marty n’est pas du tout en forme cette année. (Plassin à l'escalot.)
Le soir, Castelnau-Tursan (Dargelos). Mieux, mais pas transcendant. Belle place – arènes donnant sur l’église au curieux clocher, et la belle maison à sa gauche. Lendresse à l’escalot.
Météo, 1
Il y a aussi qu’il ne fait pas beau. Il ne fait pas chaud, depuis deux jours – pas froid, bien sûr, mais pas du tout un temps estival. Nuages, grisaille, et même pas de lourdeur. À Audignon, du soleil par intermittences nous bronzait, mais aujourd’hui dimanche rien n’a percé entre les voûtes grises.
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Insecte ascendant [2]
Je ne vois plus le minuscule hypoforficule qui trottinait entre mes lettres ce matin. M’étant aperçu que le moteur de cet ordinateur portable (de plus en plus vieux) ne commence à vrombir de façon désagréable qu’au bout d’un gros quart d’heure, j’ai décidé de m’efforcer de limiter mes passages sur ce clavier et cet écran à des périodes de vingt minutes au maximum, ce qui aura le triple mérite de concentrer mes efforts d’écriture, de préserver mes oreilles… et de garantir de longues heures véritablement en famille. (Ainsi, je viens de passer une heure au salon à passer des puzzles d’Oméga aux pages d’Indignation, back and forth, to and fro.)
11:04 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 22 août 2011
13
Treize, comme le nombre de pétales du rüdbeckia (à l'exception de celui, mangé par un insecte, qui m'a donné envie de composer de nouveaux types de sonnets (avec la lecture en cours, hier, et achevée aujourd'hui, d'ABBA ABBA, rien d'étonnant), et comme le nombre de pas japonais dans le petit parterre créé par mes parents au printemps 2006 -- et comme le nombre de jours de vacances, encore, pour les enfants.
12:11 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
lundi, 08 août 2011
Dédain, ou au Quercy (...)
Un charme objectif, intemporel s'attache au pays quercynois où tout m'appelle. Des esprits libres, ennemis déclarés du prosaïsme, des immobilités, ne dédaignèrent pas de s'y établir. C'est ainsi qu'André Breton descendait passer les beaux jours à Saint-Cirq-Lapopie.
(Pierre Bergounioux. Le premier mot. Gallimard, 2001, p. 59)
"Charme objectif" : cette formule mériterait tout un long et complexe développement. J'en prends note (hé hé) et préfère :
¤ rappeler que c'est à Saint-Cirq-Lapopie que nous avons fait connaissance de l'œuvre d'Alain Prillard ;
¤ ne pas dédaigner de n'est pas daigner ;
¤ signaler que, si Sant-Cirq-Lapopie nous a semblé charmant, et assez peu "village à touristes", c'est que l'art y était très supérieur aux artisanats de dixième zone qui s'affichent habituellement dans ce que Renaud Camus nomme les beaux villages professionnels, mais aussi qu'après Cordes-sur-Ciel, tout aurait paru délicieusement posé.
13:25 Publié dans Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 18 juillet 2011
Âpreté, exubérance(s)
Au voisinage de l'Aquitaine, le tempérament local, qui était âpre et taciturne, contractait une exubérance, une volubilité toutes gasconnes.
(Pierre Bergounioux. Le premier mot. Gallimard, 2001, p. 39)
(J'écris ces lignes le 4 juillet, elles seront publiées quand je serai, non plus en Gascogne – quoique nous aurons fait un crochet par les Landes – mais dans l'Aude.) Il me semble que ce qui exaspère le plus les gens que j'exaspère, c'est, justement, mon exubérance et ma volubilité – je veux dire : mon exubérance volubile, et ma volubilité exubérante (l'une ne va pas sans l'autre). Défauts, sans doute, ou traits de caractère suffisamment marqués pour qu'ils s'apparentent à des défauts. Or, si je me reconnais volontiers à cette aquitanité du trait, je veux rappeler ici que, si je suis normand pour moitié (du côté paternel), c'est justement de ce côté paternel que provient, me semble-t-il, l'extraversion (et partant, l'aversion des uns ou des autres pour ma volubérance). Le quart ariégeois est taiseux en diable, et je ne (re)tiens rien de ce côté-là. Le quart de sang landais n'a pas grand-chose d'exubérubile pour le recommander, mais la vérité me semble être du côté du terrain, du contexte de l'enfance, d'une forme de droit du sol : j'ai vécu les seize premières années de mon existence dans les Landes. Voilà où j'ai attrapé la parole abondante et la soif du délire.
12:58 Publié dans Autoportraiture, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 04 juillet 2011
Beaux jours frisquets d'août 2007
On découvrait, sans qu'il fût besoin de lever la tête, le velum azuré des beaux jours, les grandes nefs blanches que pousse le vent d'ouest, les émaux de la bise, les vapeurs versicolores et les fusions que le plus âpre des vents tire d'on ne sait quel creuset.
(Pierre Bergounioux. L'Empreinte, p. 8)
.
12:35 Publié dans Hors Touraine, Mots sans lacune, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mercredi, 22 juin 2011
2300 - D'ailleurs quelles régions
Nous voici de l'autre côté, en pensée à tout le moins. Des arbalétriers sont à pied d'oeuvre. Mettre le roi en pièces en un clin d'oeil ? Le vieux projet (Eu dans l'eau) refait surface. Et pourtant le désir de Lisbonne me hante.
Tout de même, on est mal barrés ! Revenons à Lyon, si vous le voulez bien, dans les traboules, et dans les bouchons où l'on déguste d'excellentes fricassées, ou les plats qui, de tous ceux que la cuisine française a pu inventer, sont les plus susceptibles de faire peur aux Amerloques. Des ribambelles nées à Babel rebondissent. Le texte alors se compliqua, encore un tour de vis, encore un faisceau supplémentaire, des strates en veux-tu en voilà (Lisie n'a pas dit non), puisque le scripteur se mit en tête, se fit un devoir, d'ajouter aux citations barrées et aux citations non identifiées d'autres citations, des sortes d'autocitations que, faute d'autre police possible dans les "fenêtres de commentaires" de son site de photographies (la source de tout texte, ici), il italicisa. Rome caracole. Comme ce verbe "caracoler" tombe à point nommé. Comme tout se rejoint, comme tout fait sens !
Unissons !
Frissons ! Revenons à Lyon, en gardant notre sang-froid. Confondus avec la foule. Ce qui nous berce nous bannit. Primatiale de tous les saints, frissons du pardon. Avoir visité, jadis, Lyon avec un fervent catholique a dû colorer mon regard. Comme ce verbe "colorer" tombe à pic. Vincent vint sans son yacht. Il s'appelle évidemment ..... Tristan.
Comment nommer un texte composite formé de collages et de bribes qui sont-elles mêmes dérivées de textes polymorphes où l'on sent la pratique du centon, l'ekphrasis, la sortie impossible du langage ? Ce n'est pas la bucolique. Ce voyage, du jeudi au mardi matin (tôt, il n'est pas sept heures et je suis levé depuis deux heures déjà), a connu un coup d'arrêt. Un coup d'épée. Et pourtant le désir de Lisbonne me hante. Allez savoir de qui (de quelle contrée?) il s'agit... (D'autres s'interrogent, non sur Zimbazane, en Corrèze (qui vaut mieux qu'une montre en or, mais pas que le Zambèze), mais sur Fonbalquine, qui doit connaître des ressourcements.) Faute d'autre police : il faudrait, lors de la publication finale, en arborescence, un jeu de couleurs. Comme ce mot "couleurs" tombe à merveille. Et du Rhône on ne peut dire qu'il possède l'aura diaphane, si particulière à ces régions. D'ailleurs, quelles régions ? D'ailleurs quelles régions.
Avec tous ces détours, nous n'avons pas vu Lyon.
Y étions-nous ?
Unissons.
D'ailleurs, quelles régions ? (Tu reviendras. La sottise n'est pas mon fort.)
08:37 Publié dans Entre Baule et Courbouzon, Hors Touraine, Questions, parenthèses, omissions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 07 juin 2011
Nihilité - 1
Le substantif nihilité n'apparaît pas du tout dans le Robert culturel, qui a constitué l'un des premiers jalons, historiques en quelque sorte, de ces carnets. La lecture à peine ébauchée des quelques brefs chapitres qui composent La fin du monde en avançant, de Pierre Bergounioux, m'incite à reprendre la rubrique des Mots sans lacune, longtemps interrompue (comme tout le reste, dira-t-on).
La réalité, la seule, c'est celle que nos yeux, en s'ouvrant, ont suscitée parce qu'ils ignoraient la relativité, l'écoulement, l'éclair blanc, déchirant, de la conscience, l'absence et le deuil, le doute, la nihilité, pour parler comme Montaigne, de notre condition. (La fin du monde en avançant, p. 21)
Par ailleurs, comme Bergounioux (dont j'ai découvert, il y a peu, que le très-Orléanais et très éminent linguiste Gabriel Bergounioux, que j'ai un peu côtoyé, est son frère) en revient toujours à ses origines brivoises, je ne peux m'empêcher d'illustrer ce billet à ma façon :
. (Brive, avant Turenne, la Fage et Saint-Robert.)
18:45 Publié dans Hors Touraine, Mots sans lacune, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 06 juin 2011
Barcarolle VII
Il y a six ans, je débarquais pour un embarquement.
Je crois me rappeler un mois de juin sec et ensoleillé, aux enthousiasmes farouches.
Depuis quelque temps, ce carnétoile a eu plus de soubresauts que de longs fleuves tranquilles, mais certains chantiers ont la peau tenace et la vie dure : le projet Tavers, le projet Dubuffet, le projet Mines. Il ne faut donc pas renoncer. Plus maintenant. On ne renonce pas après six ans !
(La maison, c’est une litote, n’est pas humide. La troisième lessive, étendue hier soir vers dix heures, a bien séché au salon.)
Nous sommes rentrés hier d’un bref séjour hors Touraine, tout d’abord trois jours dans l’Oise, sur les traces d’un passé de moins en moins récent, puis un jour et demi à Cesson, chez ma sœur. Beauvais n’a pas changé. Pour sacrifier au cliché : la forme d’une ville ne change pas aussi vite que s’y attendrait le cœur du mortel post-moderne. Seules vraies variations : le jardin médiéval de la maladrerie ; la grange dîmière réhabilitée, c’est-à-dire massacrée ; une enseigne Gibert (avec livres d’occasion comme à la maison-mère) place Jeanne Hachette ; le portail sud de la cathédrale ravalé, et d’un blanc étincelant, dans le vent.
Fini The Human Stain, lu Les Onze.
Une semaine commence, et une septième année.
06:25 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 30 avril 2011
Retour de La Roque Gageac
In extremis pour clore le mois d'avril, je note ici, à notre retour du Périgord noir, que la semaine fut passionnante, mais aussi émouvante et déroutante, puisque cette huitaine était comme un palimpseste inexact, ou rapetassé, des deux séjours que nous avions faits en Dordogne, en août 1995 et juillet 1996, sans compter une incursion d'une journée, depuis la Corrèze voisine, en juillet 2006. Comme, pour le peu que j'aie lu, j'étais accompagné par les chapitres du Dépaysement de Jean-Christophe Bailly, on peut dire que les résonances se poursuivaient, là aussi. Ses pages sur la vallée de la Vézère, mais pas seulement elles, justement, retentissaient. Bien sûr, les déclics n'ont cessé, face aux falaises et aux envols réguliers de montgolfières jaunes. Peut-être les ricochets bizarres ont-ils encore de beaux jours, ou plus sûrement de belles années, devant eux.
22:09 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 27 février 2011
D'autres 27 février
12:00 Publié dans Comme dirait le duc d'Elbeuf, Hors Touraine, Words Words Words, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 08 février 2011
Aub ourg (au bourg)
22 décembre 2010, huit heures et demie.
Levé à 4 h 30, suite de Campo abierto. Très Aragon (c’est le comble – c’est le moins). Me souviens mal de Campo cerrado, qui avait un protagoniste principal, me semble-t-il (et donc très différent dans la construction). Ne sais pas si les volumes suivants ont été traduits / publiés. Je dois écrire ce billet sur Herta Müller. Les enfants dessinent des lettres au feutre humide, dans le lit. Il y a des myriades de photographies retrouvées dans la mallette
( – Papa, tu étais parti ?
– Non.
– Mais où tu vas, alors, avec ta valise ?)
et que je veux archiver grâce aux fonctions « gros plan » de mon Panasonic. (D’où : faire du vide dans l’ordinateur, aussi.)
Il est allé secouer la nappe, qui était couverte de miettes de Panettone.
Hier soir : Becket de Peter Glenville (1964). Très Royal Shakespeare Company, mais orienté yankee.
Avant de songer à écrire quelques phrases un peu moins superficielles sur le bref roman de László Krasznahorkai, au titre interminable (rose des vents, orientation du monastère japonais), je dois me débarrasser de ceci : la traductrice confond eut et eût ; il y a d’autres erreurs de conjugaison qui m’ont agacé contre la traductrice et contre l’éditeur négligent ; on ne sait pas du tout, quand on ne connaît aucun autre ouvrage de cet éditeur (Cambourakis), si les marges larges sont du fait de l’auteur ou de son éditeur français.
Onze heures et quart. J’ai bien entamé la note de lecture sur l’un des deux Herta Müller (Atemschaukel). J’ai aussi fait la vaisselle, les courses au bourg, des parties de loto des animaux avec Oméga, rangé du linge. Le soleil ne se lève pas. On nous parle de radoucissement, puis de froid avec soleil. Qu’y comprendre.
08:20 Publié dans Hors Touraine, Tographe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 21 janvier 2011
L'Hiver, le vaste Hiver désole nos labeurs...
21 décembre, quatre heures et quart.
En chauffant, le café a répandu, dans la cuisine, une odeur de lait brûlé – un rejeu du lait débordé de ce midi (la purée, les plaques électriques). Hier, dentiste ; aujourd’hui, notaire. Ici, dans cette maison où, si j’avais mis par écrit tous les instants de bonne solitude, toutes les pages imaginées depuis bientôt vingt ans, je serais déjà à la tête d’un excellent roman de deux mille pages (voire plus), ou de dix de deux cents – ce qui est peut-être plus juteux, commercialement parlant –, je surveille le feu, l’alimente du peu de bois qui nous reste, et notamment de longues branches encore vertes ou de bûches noueuses pas assez sèches non plus ; toutefois, la cheminée est excellente, vaste, et elle avale tout.
Dès hier, et peut-être même dès avant-hier (après, pourtant, les fatigues du voyage et de la pause habituelle – quatre heures dont le déjeuner – chez mes arrière-grands-parents de Saintes), j’ai senti que la fatigue m’avait quitté. Comment est-il possible de sentir la fatigue s’en aller ? On la sent venir, s’installer. Mais, quand elle passe, c’est souvent à la faveur de moments de repos qui passent inaperçus, le sommeil tout particulièrement, bien sûr. Enfin, j’ai déjà senti, dès le début de ces vacances, que la fatigue (ou était-ce la tension ?) me quittait.
Quelques constantes : le café n’est jamais bon ici, même en changeant sans cesse de cafetière, même à l’eau minérale (et quelle que soit l’eau minérale) ; il n’y a pas de lave-vaisselle (sinon moi) et pas de connexion Internet (et, du coup, les ordinateurs restent souvent endormis, voire au fond de leurs mallettes) ; les journées de beau temps doux (hier : dentiste) et de longue pluie ininterrompue sans l’once d’une éclaircie (aujourd’hui : notaire) se succèdent, alternent.
Je ne suis allé ni chez la dentiste, ni chez le notaire.
Disques écoutés : Jackie McLean, Brad Mehldau (Art of the Trio, 1), Robert Wyatt (Old Rottenhat), Captain Beefheart (les 4 faces de Trout Mask Replica – il y a des choses superbes, et puis des braillements vraiment insupportables). Renaud, Jean-Louis Murat (de l’ambiance ?).
Livres lus : terminé le Jirgl, lu le Krasznahorkai (me suis promis de ne pas me lever pour vérifier l’orthographe, au diable !), commencé Armance. Go Down, Moses, interrompu depuis au moins trois semaines, attend sur un accoudoir.
Film vu : Le Cheikh blanc de Fellini. Tout est déjà là, rien n’est en place. (Curieux d’écrire cela, car l’art de Fellini est un art du déplacement, de l’hors-place (hors cadre ?).)
Je dois absolument écrire un billet sur Herta Müller (me dis cela depuis le 1er lu, à Toussaint, qui est le dernier paru). Plus j’attends (et j’ajoute des lectures), plus cela devient impossible, bien sûr. La parenthèse après Müller est d’une syntaxe particulièrement tordue, ou audacieuse. Art de la syllepse, ou plongée dans les solécismes ?
A un moment précis, face au feu, je commence la lecture de Campo abierto.
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mardi, 18 janvier 2011
"Démons viennent quérir sorbonnards"
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mardi, 07 décembre 2010
Frimas à Florence
La grand-mère paternelle de C. est morte dans la nuit de dimanche à lundi. In memoriam.
7 décembre 2010. Il ne lisait ni Sols, ni Cape Cod, ni Capitaines courageux. Il ne m'a pas répondu d'une moue dubitative, ni avec un ton mitigé, ni en pleurant à chaudes larmes. (Elle s'écrit, je m'écrie.) Ce n'était pas rue Cardan, ni boulevard Bourdon, ni à Montrouge. Ce n'était pas en avril (the cruellest month) ni en juin ni en septembre. Il n'était question ni de gaspillage ni de déchets ni de perdre son temps : à quoi, d'ailleurs ? à quoi bon ? Il pleuvait à torrent, et dans les Landes aussi, mais dans un air plus doux. Les heures passent. Il donne à Phobos l'éclair, et à Domos la foudre pour épouvanter Typhée. Etait-il de bonne foi, sa moue non dubitative (mais quoi ? agacée ? non, pas même), son ton pas mitigé (perplexe, peut-être), ses larmes pas chaudes (ses yeux secs) ? Pourquoi photographier toujours les plaques portant les noms de rues, boulevard Bourdon écrasé par la chaleur ? Jacob fait un blocage, son Panasonic se bloque. Ce n'était pas dans la rue Traversière, où les heures s'égrènent plus lentement. Une éponge à nettoyer les calamars, je vous jure ! (D'ailleurs, squid n'est-il pas invariable ?)
Il donne à Phobos l'éclair, et à Domos la foudre pour épouvanter Typhée. Et Denys qui fit construire une prison en forme d'oreille ! En forme d'oreille, je vous jure ! (Si vous le dites.)
J'ai rencontré Loïc Rothman le 3 mars 2006, à l'issue d'un colloque en Sorbonne. Ce n'était pas à Paris, ni à Rouen, sinon comment trouver une aiguille dans une botte de foin, et le Relais de la Poste ------ à Versols, peut-être ? Lukasz Zyta laisse jouer Jaromir Honzak. Faute de calamar, ils se servaient d'un crapaud-buffle, ou de petites grenouilles ligotées ensemble, en guise d'appât. Michal Tokaj prend le relais. Les heures passent, plus lentement dans la rue Traversière, au rythme galeté de la Sorgues. Ce n'était pas à Paris ni à Rouen. So far I'm sure. Ce n'était ni en avril (le mois le plus rude, le plus amer) ni en juin, ni en septembre; Ce n'était pas dans un roman de Laurent Cohen, ni dans Le sourire d'Achille. (Volent les corneilles.) Lukasz Zyta accompagne Piotr Baron et Christian Rover. Faute de calamar, ils prenaient comme appât un crapaud-buffle.
Flûte !!! De la chair pour vos vers ! Od šesti let navštěvoval hodiny piana a ve čtrnácti začal hrát na kontrabas. Si vous le dites. Si vous le dites. Ce n'était pas à... Si vous le dites. Ce n'était pas en avril. Si vous (le mois le plus barbare) le dites... Jacob fait un blocage invariable rue Traversière. Si vous le dites. Les heures passent, en avril comme en juin comme en septembre. Après vérification, c'est la grammaire de Le Prieux qui est exagérément normative ; l'OED est plus cool. Les heures passent, au fil du rasoir. Si vous le dites.
Quatre mois seront passés. Lorca le sait. Lukasz Zyta lui souffle. While Baranski and drummer Lukasz Zyta play a sprightly romp, Maupin coaxes wistful phrases from his soprano. Ce n'est pas ce disque, mais Present Past. Quatre mois auront passé. Si vous le dites. Si vous le dites. Chaleur, canicule, temps de chien sur le boulevard Baron. Les heures passent, se muant en mois (quatre) puis ans (cinq). Il m'est aussi impossible d'être sérieux. Quelle chaleur ! (Ce n'était ni un sergent ni un amiral. Il ne faisait ni le poirier ni la roue.) Quelle chaleur ! Si vous le dites : quelle chaleur ! Et le Relais de la Poste, une aiguille dans une botte de foin, une alouette rôtie dans le bec (ce n'était pas rue Carvès, à Montrouge ( le lieu le plus amer ?)), une moue claire comme de l'eau de roche (pas dubitative). If : si vous le dites.
La prochaine étape passe par Hermilix. Passent les heures. J'ai rencontré Loïc Rothman le 3 mars 2006, à l'issue d'un colloque en Sorbonne. Si vous le dites.
10:37 Publié dans Corps, elle absente, Entre Baule et Courbouzon, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 27 novembre 2010
Dents, arceaux, percussions
Ce mardi-là à Canberra, parcourant à pas comptés (et la tête échauffée, solitaire et attentif) les salles de la National Gallery of Australia consacrées à l'exposition Emerging Elders, pouvais-je, en contemplant, me rappeler ce texte de Daudet étudié dans un de mes cours de traductologie deux ou trois ans auparavant, et dans lequel l'expression "salons en enfilade" peut donner lieu à de subtils développements sur les métaphores figées, les changements d'image d'une langue à une autre, ainsi que sur les doubles sens involontaires (anachroniques), d'autant que, la sueur perlant à mon front, peut-être, après une promenade dans le jardin des sculptures, je n'avais pas encore lu (ni même acheté : c'était place de Strasbourg le 29 août 2010) le bref et assez vain (quoique (ou parce que) habile) roman de Christophe Claro dans lequel, à la page 74, l'Esprit de la cave prend son envol ?
Parfois, il arrive qu'ils me croisent. Le noir leur tombe dessus comme un rat d'une canalisation haut perchée - un bruit mat et lourd, puis plus rien, même pas le grattement des pattes, juste son poids, sa trompeuse chaleur -- et alors, ALORS, ils me sentent. Ils sentent l'Esprit de la cave. des peurs d'enfance leur griffent l'entrecuisse, une toux sèche leur noue le thorax, un invisible pic à glace leur taquine l'échine.
Ni vigile d'une vulgaire Lascaux, ni tour-operator de je ne sais quelle catacombe, j'halète et grince et sue, tenu à de solitaires inspections, à de très chiantes circonvolutions dans cet univers de cadenas et de minuteries.
Ne trouve-t-on pas, dans le nom même de Lena Nyadbi, l'image même du tissage...
... et, dans les cônes de Bert Flugelman, une rencontre quasi incestueuse avec l'Esprit de la mêmoire ?
11:03 Publié dans Blême mêmoire, BoozArtz, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 01 novembre 2010
Le ciment, décidément
Ces derniers jours, j'ai lu plusieurs livres, ou achevé la lecture de plusieurs livres qui avaient été "entamés" simultanément. Dans l'un de ces livres, une famille de quatre enfants devenus brusquement orphelins de père, puis de mère, enterre cette dernière sous une chape de ciment, dans la cave de leur maison. Dans un autre, le ciment tient un rôle important, au point de donner son titre à l'un des premiers chapitres ; dans l'un des courts chapitres décrivant la vie, et surtout la survivance et la mort, dans le camp de concentration soviétique qui est le "décor" (mot inapproprié : le cadre ? pas mieux) du roman, une prisonnière est ensevelie sous un flot de mortier.
Suicide ou accident ?
Le ciment n'est pas si souvent motif central d'un texte littéraire. Il donne son titre au roman d'Ian McEwan, The Cement Garden. Il donne son titre - ainsi que je l'ai dit - à l'un des chapitres du roman de Herta Müller, Atemschaukel. Côté français, je ne vois que le roman de François Bon, Décor ciment, et la chanson de Matthieu Boogaerts. (Moins sinistre.)
15:15 Publié dans Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
jeudi, 14 octobre 2010
Lodève, Larzac, Escandorgue
They travelled by bus and train, westwards through Provence, through flash floods and electrical storms. In Arles they met a French government official who drove them to Lodève in Languedoc. He told them that if they presented themselves at his hôtel in a week's time he would take them on with him to Bordeaux. The skies had cleared, they were not due in England for another two weeks and so they set off on a short walking tour.
This is the region where the causses, high limestone plateaux, rise a thousand feet above the coastal plain. In places the cliffs drop spectacularly hundreds of feet. Lodève stands at the foot of one of the passes, then a narrow country road, now the busy RN 9. It is still a fine ascent, though with such traffic, hardly pleasant on foot. In those days you could pass a tranquil day climbing steadily between towering formations of rock, until you could see the Mediterranean shining behind you, thirty miles to the south. The Tremaines spent the night at the small town of Le Caylar where they bought broad-brimmed shepherds' hats. The next morning they left the road and headed off north east across the Causse de Larzac, carrying two litres of water each.
These are some of the emptiest spaces in France. There are fewer people here now than there were a hundred years ago. Dusty tracks, unmarked on the best of maps, wind across expanses of heather, gorse and box. Deserted farms and hamlets sit in hollows of surprising greenness where small pastures are divided by ancient dry-stone walls and the paths between them, flanked by tall blackberry bushes, wild roses and oaks, have an English intimacy. But these soon give way to the emptiness again.
Towards the end of the day the Tremaines came across the Dolmen de la Prunarède, a prehistoric burial chamber. Then, only several yards further on, they found themselves standing above a deep gorge carved through the rock by the river Vis.
(Ian McEwan. Black Dogs, 1992. Vintage, pp. 138-9)
09:03 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
jeudi, 15 juillet 2010
Grand débordement d'activité, I
[Ferré et Thiéfaine sont les deux chanteurs que je connais qui parlent du Chambertin.]
Arrivée à Hagetmau, divers rangements, ménage etc.
Samedi 10. La Ceinture de jade d’Anatoli Kim. Jackie McLean. Déjeuner sous les arbres.
6 h du soir, course d’Audignon (Deyris) aux arènes de St Sever, aux 9/10 vides (avec Richard). Marty vainqueur, belle prestation du local Plassin, frères Vergonzeanne décidément en déclin. Courtiade use du coudrier sur le cuir des dames. Lalanne pas veinard sur la sans corde. Du beau linge dans le callejon, dont la Zahia des coursayres (Mme Vincent Muiras, il semble). Pointeur débutant archinul, maintes broncas vers la pitrangle.
Soir, petite finale.
Dimanche 11, anniversaire d’A. 10 à table, parents, grands-parents, Mamie J. et V.
Matin, ballons et tronçonneuse. Midi, sangria infecte mais le reste impeccable. Cadeaux en nombre pour A., « yes ! » à chaque coup ! Discussions post-prandiales et vaisselle.
5 h, course de St-Cricq (Dargelos), très moyenne (euphémisme), arènes mi-pleines. Bien placés, presque pas au soleil. Même pointeur gamin nul que la veille, en progrès sauf au moment de la comptabilisation finale individuelle (Lapoudge, 19 écarts globalement convenables, totalement oublié, même derrière Dumecq). Lendresse vainqueur. Frères Deyris suprêmes, surtout J.-F. muselant la sans corde après tumade sur Dumecq. Un tourniquet parfait de Lapoudge, capturé sur vidéo.
Soir, finale lamentable à la télé avec bocadillos et victoire de l’Espagne aux forceps.
Lundi 12. Mrs Dalloway, en bribes, juste le premier tiers (du moins à 6 h 30 du soir, heure à laquelle j’écris ces bribes elles-mêmes). Boogaerts. Pas de course, mais Défis & Champions en DVD à la télé en guise de quatre-heures, avant bonne promenade au Louts. [Crapaud mort gonflé de vermine en plein soleil au milieu du boulodrome. O. n’a pas compris, A. dégoûté.]
Matin, achat de déshumidificateurs car la moisissure a gagné trop de terrain.
« Quelques enduits et je termine. »
Mardi 13. Sur la vieille bécane, toujours (combiné du clavier Fujitsu de 2002 et de l’écran Philips de 2000). Continue Mrs Dalloway. Passage de voitures en trombe sur la route de Monségur. Ratatouille. Saturnin, pour O. (au-delà du ridicule). Acheté le guide vert du Languedoc-Roussillon chez Caldéra. Signe le plus évident, pour moi, de « la grande déculturation », la disparition de guides détaillés, et en particulier des Guides bleus. Regret de ne pas en avoir acheté une pleine fournée quand la collection existait encore, ou de n’en trouver qu’usés, jaunis ou cornés chez les bouquinistes ou les antiquaires.
Furieux de voir le grand cercle où « ils » avaient fait brûler des feuilles et des branches ne pas se remettre de son état calciné – toujours grand pourfendeur in petto (et à haute voix) de l’écobuage. Pas de course aujourd’hui, j’écris ces lignes à onze heures moins dix.
Mrs Dalloway, de Peter Walsh avant midi au dîner de Peter Walsh (‘Bartlett pears’).
Hélicoptères en permanence (avant le 14 juillet ?). Que de remue-ménage aujourd’hui.
Premières idées pour le cours de M1. Different from (/ to, than) → les constructions prépositionnelles après les adjectifs. Autres constructions en from. Utilisations de from dans les textes théoriques (philosophie, littérature, histoire). [Oui, tout juillet dans un seul document.]
7e compagnie, le soir, pour A. – plié de rire à plusieurs endroits. Moins nanard que dans mon lointain souvenir. On a dû pouvoir dire ou écrire, à l’époque, que ça réinventait complètement le comique troupier. Au lit, commencé Underworld, pas longtemps. [La barre d’espace, peu réactive, me fait des blagues, composant des agglutinés.]
Mercredi 14. [Neuf heures et demie.] Poursuivi quelques pages d’Underworld, je ne comprends rien aux règles du baseball donc une partir du tour de force stylistique m’échappe. Cela sent un peu le tour de force, dès le départ. À suivre… Vais lire les 25 pages restantes de Mrs Dalloway.
Désintoxication de café presque totale (juste une petite tasse milieu de matinée). Pas de thé, du tout.
Max Roach & Clifford Brown.
Au lever on a cru au beau, et puis : vent, soleil par intermittences – ça peut donner tout et son contraire.
Après-midi et soirée : Concours de la Corne d’Or à Nogaro. Foule. Belles vaches, sorties festival des sauteurs distrayantes (dont un tout à fait inédit et épatant triple saut périlleux avant et sur la vache par Louis Ansolabéhère), et triomphe de Thomas Marty, tenant du titre et auteur d’un intérieur absolument époustouflant. Le garçon devient meilleur chaque année. Côté trophées, triplé et carton plein de l’Armagnacaise : Barrouillet cordier d’argent ému aux larmes, Ibañeza indétrônable et Baronne vache de l’avenir.
D’où vient la passion et surenchère de Virginia Woolf pour les points-virgule ?
Plus d’hélicos (c’était donc ça).
Jeudi 15. Record de la coiffeuse la plus abrutie & la plus inculte pulvérisé. (Jocelyne, dite « Joss », à Hagetmau.) Avouez que la concurrence est rude…
Continué d’ébrancher des gaules – activité essentielle de ce début d’été – au point de devoir manier le sécateur de la main gauche (triple ampoule à l’index de la main droite (mon père avait raison : « mets des gants de jardinage, Guillaume ! »)).
Pas d’Underworld.
Bassine de 6 kilos de prunes quasi achevée (en 4 jours). Pas besoin de faire des confitures, une famille de quatre estivants suffit amplement à la Cause.
Underworld, 100-122.
14:45 Publié dans Autoportraiture, Hors Touraine, Jazeur méridional, Lect(o)ures, Questions, parenthèses, omissions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : entrer des mots clefs
mardi, 29 juin 2010
Ah vous dirai-je Melbourne ?
21:21 Publié dans Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 17 juin 2010
Me traînent aux basques
I've never heard anything like it—at least, not since the Bilbo days.
I combat challenge of this latten bilbo. Word of denial in thy labras here!
Je ressentis, de cette circonstance, une joie d'autant plus vive que je croyais, pour le moment, notre sympathique navigateur en rade de Bilbao.
Here's Bilbo, then, shall bar you; atoms are not so small, as I will slice the slave.
I was knocked senseless in the fight, after I had put my bilbo through your comely brother.
14:40 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 15 juin 2010
Souffles d'une trame
Des travaux partout à Tours, et ce n'est même pas le tramway !
La Yarra, ce n'était pas grand chose. Mais le Jardin botanique, oui. Sourires jamais figés, cela aussi compte. Déjà un mois, pourtant, que, même pas las d'excavations dans la mémoire la moins superficielle, et gardant le silence parce que tout doit être raconté, je suis rentré, à peine fatigué (et donc nullement fourbu), de Melbourne.
Portal/Kent/Cinelu /// 04 Pigmee.wma /// Pigmee, Pygmées
Pygmées (ou pas), nos âmes (dont Giono, dans Le Poids du ciel, se soucie et s'exalte) peuvent même élever le didgeridoo à des hauteurs insoupçonnées.
(Hauteurs insoupçonnées : voilà le type même du cliché, de la collocation employée comme cliché-pirouette. Tout un texte s'écrit dans le désir d'éviter les clichés, et pour une dernière surprise bien fade, recourt justement à un cliché - comme explicit.)
10:20 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 06 juin 2010
"Ce champ doit être renseigné"
D'emblée, ce carnétoile s'habilla de vert.
Il n'est pas question de renier cela. Même avoir vu une chèvre pie faire de la varappe sur une paroi quasi verticale du château du Plessis-Macé ne me fera pas changer d'avis : il n'est jamais temps de lancer adieu verdure.
Au château de Serrant, un des joyaux de l'Anjou pourtant, l'imbécile surfeur qui tenait lieu de guide n'a pas été foutu de faire comprendre un peu clairement ni l'histoire architecturale du site, ni les raisons pour lesquelles telle famille avait succédé à telle autre. De dates, même vagues, dans un tel historique, il pouvait encore moins être question. À un moment, il n'a pas été loin de mélanger l'époque Henri-II et le Second Empire.
Délires de cochonnaille à Champtocé.
Délires casqués au Plessis-Macé.
Délires verbaux dans la Toyota.
Bon, nous avons connu de pires dimanches !
22:09 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
lundi, 11 janvier 2010
Image d'un août pénultième
22:24 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 25 juillet 2009
Avenirs d'égotisme
. . . . Voiture doublement en panne : autant dire, des liasses et des liasses de billets dans le caniveau. Le séjour, toutefois, continue (et je continue de n'écrire pour personne).
Hier matin, outre l'achat d'un panachage de textes contemporains traduits de langues diverses pour ma mère à "Brouillon de culture" (quel nom de librairie, et quelle piètre librairie d'ailleurs*), j'ai acheté plusieurs livres de poésie dans une merveilleuse librairie d'occasion, près de la place Saint-Sauveur -- notamment L'Âge de craie de Pieyre de Mandiargues, en NRF-Poésie : j'en ai beaucoup lu hier, et je me demande si ça ne me plaît pas plus encore que ses textes plus tardifs (Porte dévergondée par exemple). Du point de vue des proses poétiques, en voici un qui, comme Gracq, a subi l'influence de Rimbaud et Breton, mais s'en est affranchi de manière beaucoup plus joueuse, et tout simplement moins ennuyeuse (sujets et rythmes). Bon, je n'ai jamais été très adepte de Liberté grande, mais tout de même, je crois ne pas écrire n'importe quoi, pour le coup. C. a acheté une anthologie de poésie espagnole contemporaine, et, rien qu'à la feuilleter, il me prend des frénésies de découvertes, des boulimies d'achats, des regrets de ne pas connaître l'espagnol.
Sinon, cela fait plus de deux jours que j'ai fini de lire Le Miroir qui revient et que je voudrais, sans l'avoir fait encore, noter dans ces carnets quelques passages marquants. Au reste, voilà quelque chose que je songe souvent à faire et ne fais presque jamais. Velléité**, tel est mon maître mot. On pourra inscrire sur ma tombe le distique fameux (ou est-ce fumeux ?) :
Lui qui fut si velléitaire
Désormais va devoir*** se taire.
Pour me faire mentir, autant que me secouer la couenne, je copie ci-après, tout de même, un passage du Miroir qui revient (p. 208) :
Tout cela c'est du réel, c'est-à-dire du fragmentaire, du fuyant, de l'inutile, si accidentel même et si particulier que tout événement y apparaît à chaque instant comme gratuit, et toute existence en fin de compte comme privée de la moindre signification unificatrice. L'avènement du roman moderne est précisément lié à cette découverte : le réel est discontinu, formé d'éléments juxtaposés sans raison dont chacun est unique, d'autant plus difficiles à saisir qu'ils surgissent de façon sans cesse imprévue, hors de propos, aléatoire.
* Sujet de composition philosophique : comment un libraire qui appartient à un réseau de librairies dites "de qualité" peut-il afficher des posters vantant Anne Gavalda ?
** Une prime coquille donnait à lire : "Veilléité". Le veilleur velléitaire, voilà qui m'irait assez bien (avec la pointe de grandiloquence auto-ironique que les sots ne comprendraient pas ?).
*** (Ou est-ce "pouvoir" ?)
05:44 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mercredi, 22 juillet 2009
Coupesarte
00:10 Publié dans Autoportraiture, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
dimanche, 19 juillet 2009
Nourri, parcimonieusement
L'an 2000 appartient au présent.
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Dans le salon de la maison caennaise, attablé assez inconfortablement à une grande table qui sert de bureau et où sont empilés en vrac documents, papiers et ouvrages divers (dont une demi-douzaine de catalogues raisonnés qui me font sérieusement de l'oeil), je pianote, tandis que la sieste des uns suit son cours, et les élucubrations fantasmatiques de tel autre.
(Longtemps, j'ai aimé les hyperbates : Il est mort, et ma mère.)
Je n'ai plus de lecteurs, donc je n'ai plus à me contraindre, à me sentir forcé de rien. Un faible rayon de soleil perçant la froidure, je lézarde en hibernation normande, et me laisse aller. Sur ma gauche, il y a trois livres : deux que je lis en ce moment (Le miroir qui revient et La fille qui hurle sur l'affiche), et un dont je n'ai toujours pas découpé les pages : Canisy de Jean Follain.
(Longtemps, j'ai hésité à accumuler plusieurs séries de deux-points dans une seule et même phrase. Longtemps, je n'ai pas su que couper les pages d'un livre se disait "découronner". Je n'ai plus de lecteurs, à quoi bon me forcer.)
Propositions relatives ! Mais tout est relatif, surtout les craquements de l'escalier, l'encombrement de l'évier, le noisetier quasi centenaire qui fait se disjoindre les briques de la murette. Tout relaie, tout dilue. Tout se dilate, les yeux défalqués en flaques quand on pleure pour rien (pour ne rien dire). Caen est une ville attachante, mais mes maigres souvenirs de l'été 1983 (peut-être) ne m'y avaient-ils pas soudé ? Faut-il être soiffard, tout de même... Toi, là-bas, tu rigoles. (Eden, Hadès, même combat.)
Souhaiter que la sieste d'Oméga dure. Qu'Alpha en marchant élucubre.
(Longtemps, j'ai aimé les rimes internes.)
((Les assonances.))
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Le jeu n'en vaut plus la chandelle, l'an 2000 est encore loin.
14:12 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
dimanche, 14 décembre 2008
500 heures sans dormir
Dans le noir, Alpha et moi suivions l'actuel propriétaire, en marchant dans de vraies flaques de purée de nèfles. Sous la pluie, nous relevâmes les compteurs, avant passage devant notaire mardi soir. M. C*** se perd ensuite dans les détails -- placards, clefs, néons neufs, trappes d'accès...
Demain, il faut rendre l'exemplaire des Poésies de George Meredith, et Le Rouet des brumes. Manqué de temps, comme à l'accoutumée. Je me demande tout de même s'il ne faudrait pas que je relise Bruges-la-Morte, que j'avais tant admiré en 1994 ; les nouvelles du Rouet m'ont paru, à quelques passages près, de bien fades petites choses. Récemment, C. essayait de lire Le Livre des fuites, dont je lui avais dit qu'à quatorze ans il m'avait ébloui. Comme, depuis, Le Clézio m'est devenu insupportable, j'avais de nouveau emprunté ce Livre des fuites, auquel je n'ai même pas eu le temps de jeter un oeil, afin de voir si c'était un amour de jeunesse ou une pierre égarée dans l'oeuvre. Some other time...
Alban m'a parlé de Touraine sereine. Non, je ne tiens plus de blog, plus aucun d'ailleurs. L'Horloger de Tavernier : vu il y a longtemps, aucun souvenir, mais Alban en parle avec tant de passion... Les traboules dans la nuit et l'air glacé, d'excellents gras doubles à la lyonnaise ("a munching in a cork"), et une soirée vraiment inoubliable - index et majeur pile où il faut.
Le colloque, faut-il le dire, m'a plutôt relancé, un paradoxe en ces temps de désastre.
Longs trajets en train, sans ordinateur ; la neige dans le Morvan, et la gare rose de Chauffailles ; au retour, j'ai lu presque intégralement Muttersprache de Josef Winkler dans la traduction de mon collègue Bernard Banoun. La verdure se vêt toujours de jaune.
Dimanche aussi, E. m'écrit qu'il a pleuré deux fois en écoutant le Fidelio de Jonas Kauffmann.
21:44 Publié dans Ex abrupto, Hors Touraine, Lect(o)ures, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
jeudi, 10 avril 2008
So, Nora
18:01 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 28 février 2008
"Trois jours sans écrire..."
Trois jours sans écrire, je pense. Non, ce ne sont pas les belles phrases de Sankt-Petri-Schnee, dont la lecture est terminée depuis ce matin (six heures et demie), ni les mémoires de Soyinka – oh, le portrait vitriolé des époux Mitterrand ! – qui me poussent à reprendre le fil de ces billets, mais l’odeur des fleurs de mimosa. Février, fleurs de mimosa : l’odeur des pâques, l’odeur des premières journées d’avant-printemps, l’odeur du soleil en boules fleurs, l’odeur minutieuse des fibrilles jaunes que l’on peut contempler des heures durant, l’odeur landaise par excellence, l’odeur d’avant-printemps, février au mimosa. C’est l’odeur des fleurs de mimosa qui me ramène vers l’écriture, cette odeur landaise insurrectionnelle du printemps qui se rebelle pour rire contre un hiver jamais vif – à peine des nuits à moins deux ou moins trois, mais les boules jaunes du mimosa en rigolent tout le jour, tout le midi, tout le mitan du soir, février fiévreux au mimosa qui embaume.
En ramenant ce février fiévreux jaune mimosa à l’écriture, ce sont aussi des souvenirs de lecture qui émergent, évidemment la série de poèmes que Ponge a consacrée au mimosa : ne s’y trouve-t-il pas l’adjectif floribonds ? (La bibliothèque, comme la mémoire, fait défaut.)
Gestuelles sobres et dansantes des fleurs de mimosa qu’alanguit la brise : souples, liés, ces mouvements entièrement silencieux comme sur la scène d’un cabaret. Pas même une mouche n’ose effleurer le jeté subtil des artistes, les fleurs de mimosa. Alors, sur le visage des spectateurs se lit l’euphorie que procure, face à de tels chatoiements, un art consommé semblable à la danse des marionnettes de chair, et dont aucun trait encore n’a jailli d’un hiver de pacotille (l’odeur d’avant-printemps, février au mimosa).
[ 17 février ]
10:10 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poésie, littérature
lundi, 25 février 2008
Sankt-Petri-Schnee, premières impressions
Cela me fait plaisir de prendre le temps de lire un roman de Leo Perutz en allemand. Trop paresseux, je ne pratique pas assez souvent le latin, ni l’allemand. Ce sont plutôt des occasions.
Sankt-Petri-Schnee, que je lis, du coup, plus lentement que les précédents opus de Perutz lus en janvier, me plaît beaucoup. Les tâtonnements lexicaux auxquels je suis confronté sont surtout d’ordre adjectival. Pour le reste – et même les phrases dont la syntaxe est particulièrement alambiquée – je me laisse porter par le flot de la langue.
C’est un roman faussement simple. (Je n’en suis qu’au chapitre 6, sur les vingt-cinq que compte le roman.)
Comme souvent dans l’œuvre de Perutz, le premier chapitre situe le récit en orientant la lecture ; s’il s’agit d’une manipulation, d’une orientation trompeuse, il est permis de le supposer, mais sans certitude. Le plus admirable, pour l’instant, c’est la description de la promenade dans la vieille ville d’Osnabrück, à l’heure de midi, et de la double épiphanie du narrateur à la contemplation de la vitrine de l’antiquaire.
[ 13 février ]
15:10 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, traduction
dimanche, 20 janvier 2008
Shown meadow
J'écoute la Sonate n° 1 pour violon et piano de Brahms, dans la version de Jaime Laredo et Jean-Bernard Pommier (qui me semble désormais un peu "agressive"), et ce pour avoir lu avant-hier soir le premier chapitre du Maître du Jugement dernier de Leo Perutz. Ma première envie d'écrire de la journée provient du souvenir, évoqué hier soir en regardant le deuxième épisode des Oubliées (série "française de qualité" manifestement surévaluée), de l'ancienne abbaye de Prémontré, dans l'Aisne, que nous vîmes, sans pouvoir y entrer car il s'agit depuis longtemps d'un asile psychiatrique, le jour des morts de 1997, il y a donc un peu plus de dix ans.
Dans l'album La promenade, il y a deux photographies, dont une représente C. en manteau rouge devant l'entrée, et l'autre capture les deux-tiers de la façade de cette superbe bâtisse du dix-huitième siècle. Deux pages plus loin, comme en écho, prises lors d'une virée du 11 novembre, on peut voir deux images du château de Raray, de ses "fameuses parois aux formes chantournées, et surmontées d'une abondante statuaire à thèmes cynégétiques, qui flanquent de part et d'autre la cour d'honneur" (Renaud Camus. Corée l'absente. Journal 2004, p. 144)
Souvent je repense à la Picardie.
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En cherchant des photographies de Raray sur FlickR (car je renonce à scanner mes anciennes images argentiques), je m'aperçois que Renaud Camus, qui s'y trouvait le 18 mars 2004, ce dont atteste Corée l'absente, y est retourné le 8 juin de l'année suivante. En cliquant sur la photographie ci-contre, vous accèderez à l'original en grand format, ainsi qu'à l'ensemble des photographies de Renaud Camus.
Curieusement, Renaud Camus n'a pas mis en évidence, sur son site de photographies, les "fameuses parois", qui sont, de fait, le souvenir le plus vif que j'aie du château, dont on ne peut voir que les extérieurs (c'est un hôtel). Ce jour du 11 novembre 1997, nous avions passé plusieurs heures à Senlis, avec la grand-mère maternelle de C.
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Souvent, je repense à la Picardie. Je me suis beaucoup éloigné, maintenant, de l'ancienne abbaye de Prémontré, qui était pourtant, sinon le sujet, du moins le point de départ, le punctum de ce billet à vocation mémorielle et photographique. Le 2 novembre 1997, nous avions fait une promenade dans la forêt de Saint-Gobain, après une matinée glaciale dans la belle cité médiévale de Laon.
10:40 Publié dans Blême mêmoire, Corps, elle absente, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
vendredi, 18 janvier 2008
Sept heures du soir, RN 124
( La zane de yeul, ça n'est pas folichon. )
Ce matin, il s'est passé ça. Puis, j'ai écrit ça. Idiot que je suis : l'énoncé j'ai vu passer une jolie jupe est toujours une métonymie, puisqu'il attribue à la partie du tout (le corps habillé) des propriétés du tout, la personne entière (la marche - "passer").
Autrement, après trois heures de cours, une traduction de poésie, deux heures et demie de recherches sur JSTOR et huit rendez-vous, j'ai quitté l'université à six heures du soir, pour me consoler avec Leo Perutz.

Six mulets et six hérissons font la douzaine, et la plupart des gens ont le nez au milieu de la figure. Avez-vous entendu, madame Sabot ? Demain, on enterre un mort !
(Leo Perutz. Turlupin. Traduction de J.-C. Capèle. Le Livre de Poche, "Biblio", p. 29.)
22:45 Publié dans Hors Touraine, Lect(o)ures, Moments de Tours, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie, Littérature
jeudi, 10 janvier 2008
Jackie McLean, Consequence.
Un quintette solide pour six morceaux de grande tenue. Lee Morgan à la trompette dépasse presque le leader. Impossible de savoir de qui sont les compositions (j’aime beaucoup Tolypso). Il s’agit d’enregistrements du 3 décembre 1965, sortis en album pour la première fois en 1979 seulement (inexplicablement). La musique – comme la photographie de Ron Leighton qui se trouve en couverture – oscille entre l’abstraction chaleureuse et l’éclat glacial de la figuration. Nous sommes dans le même navire des draps dépliés, chiffonnés. L’introduction somptueuse de Harold Mabern (parfait inconnu pour moi) sur Slumber suffit à pousser la note grave de l’insomnie créatrice.
Ce vinyle du saxophoniste Jackie McLean, je l’ai découvert, comme tant d’autres, depuis la mort de P. Lui qui m’a initié au jazz, ne m’avait, je crois, jamais parlé de ce saxophoniste dont il possédait pourtant deux doubles albums, et celui-ci. Sur les deux premiers solos de Bluesanova, on se dit qu’en matière de splendeur, McLean n’a pas grand chose à envier à Coltrane. (En consultant la vieille édition du dictionnaire du jazz qui se trouve ici, je me dis que j’ai déjà dû croiser la route de McLean, via Mingus toujours. Speaking of which je m’y perds et je découvre aussi que le Mahavishnu Orchestra avait enregistré un album qui s’intitulait Good Bye Pork Pie Hat ; dans la collection des vinyles de P., il y a cet album de Joni Mitchell que je n’ai toujours pas osé écouter, et également consacré à Mingus.)
Le finale de Slumber, dans le dialogue cuivres/section rythmique, emporte loin du navire, sur la mer maintenant refermée des draps qu’aucun ciel n’a froissés.
[Hagetmau, 31 décembre 2007]
10:10 Publié dans Hors Touraine, Jazeur méridional, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Jazz, Musique, écriture
mercredi, 09 janvier 2008
Grand-tante Finesse tape fesse
Sur la table à tréteaux rouge où se trouve, parmi quelques autres entassements, le vieil ordinateur composite et bruyant, assis sur une chaise cannée – ou faut-il, comme pour les gâteaux, dire cannelée ? – de métal rouge, ayant monté et dévalé dix fois d’affilée les seize marches de l’escalier de bois, j’écris ces quelques lignes, tandis que se téléchargent, sur le vieil ordinateur composite, bruyant et lent, les photographies fades de ces deux derniers jours. Le ronronnement de l’ordinateur couvre presque le son des touches qui claquètent.
effet instantané des aspergesSoudain, l’ordinateur – ou plutôt, son ventilateur depuis si longtemps bruyant – a cessé de ronronner bruyamment, et l’on peut de nouveau apprécier les roucoulades des tourterelles turques depuis longtemps oublieuses du Bosphore, le passage d’une charrue sur le chemin vicinal, le frottement des feuilles, les rayons de soleil brûlants contre les vitres. Dans le Magazine littéraire acheté ce matin chez Caldéra, j’ai lu ce matin même l’article consacré aux deux nouvelles parutions de Roubaud, dont – enfin ! – la nouvelle branche du ‘Projet’. Sous Word, les tirets semi-cadratins s’effectuent automatiquement du moment qu’on laisse une espace de chaque côté du mot ou du groupe de mots à placer entre tirets, mais en revanche
effet instantané des asperges, il faut ajouter les signes de ponctuation autres, comme les points d’interrogation ou d’exclamation, après coup, sinon la saisie automatique se défile et, laissant en plan le typographe amateur, ne lui offre, pour tout potage, qu’un maigre tiret de rien du tout, à peine un trait d’union, rien de bien folichon. (Je devrais écrire, se dit-il, quelques phrases sur Stefano Bollani ou sur l’album étrange et étrangement beau du trio de Sophie Courvoisier, Ocre.)
effet instantané des aspergesIl n’en fait rien. Roucoulent les tourterelles, la caravane passe. Utrillo peignit les maisons grises délabrées de Montmagny, et moi je rature. Aujourd’hui ce serait la Sainte Famille, mais le calendrier de la banque ne suggère que la saint Roger. L’ombre du petit pot de verre, sur le coffre des vinyles, est à elle seule la chorégraphie de ce jour d’été. Je ne sais toujours pas pourquoi j’ai laissé ouvert mon exemplaire de Degrés à la page 204, près de l’ordinateur composite et bruyant, mais le Magazine littéraire est posé plus près encore, et je sais dans quel but (
effet instantané des asperges) je l’ai déposé là : il est impossible de savoir qui rédigé les très brèves notices qui « résument », à cheval sur les pages 46 et 47 de cet exemplaire du centenaire (janvier 2008), chacun des ouvrages importants de Simone de Beauvoir, mais il est certain que ce(tte) sagouin(e) ne connaît pas le français. Voyez plutôt le résumé (très erroné également, à ce que m’en dit ma compagne, qui a lu ce roman) des Belles images, publié en 1966 : « Ce roman, dédicacé à Claude Lanzmann, décrit les sentiments d’une femme qui réalise qu’elle a été flouée par la vie. Une critique acerbe de l’hypocrisie de notre éducation. »
Peut-être le roman est-il dédié à Claude Lanzmann, mais il y a fort à parier qu’il a été « dédicacé » à beaucoup d’autres lecteurs, y compris par de tout autres personnes que Simone de Beauvoir (e.g. : à ma chère tantine suffragette, son petit Aymeric). De même, que l’on puisse collaborer à un magazine littéraire et ne pas savoir que « réaliser », au sens de « percevoir » « s’apercevoir » « se rendre compte », est un anglicisme qui sent le cuir, c’est inquiétant. (Au demeurant, cela n’a pas semblé gêner tellement les trois traducteurs d’Istanbul d’Orhan Pamuk, non plus, ni l’éditeur Gallimard : le texte français d’Istanbul est parsemé de ces réaliser laids et contresémantiques.) Enfin, on aimerait savoir à quel nous collectif peut bien renvoyer l’expression « notre éducation » : est-ce le système éducatif français qui est hypocrite, ou l’éducation d’une génération, voire, si on le prend au sens strict, l’éducation des journalistes du Magazine littéraire ? (C’est bien possible, en effet : pour écrire aussi mal, il faut que l’éducation laisse à désirer.)
Des chiens aboient sous le soleil, sans raison apparente, et comme chaque nuit aussi ; c’est la grande nouveauté
effet instantané des aspergesde ces vacances. Je me rappelle avoir lu Degrés ici un été, peut-être 2004 ou 2005, mais je ne me rappelle plus où j’avais déniché cet exemplaire aux pages non coupées, probablement d’origine : achevé d’imprimer le 8 janvier 1960, soit 4 jours après la mort accidentelle d’Albert Camus, dont j’ai rêvé cette nuit, recroquevillé sous mon manteau. (Je n’ai pas lu une ligne de Giono, ni d’Albert Camus, depuis l’adolescence.) Degrés ne m’a pas vraiment plu ; j’ai trouvé qu’il sentait un peu trop l’atelier, sans compter que le charme suranné du cadre scolaire des années 1950 nuit grandement aux prétentions du roman à une quelconque modernité. Quand on songe que Butor n’était pas loin de commencer à concevoir les volumes II et III de son Génie du lieu… Quand on songe
effet instantané des aspergesà son génie, on ne peut manquer de désirer lire le dernier volume paru du ‘Projet’ de Roubaud. Degrés se déroule au long de 380 pages. Au centre précis du récit, à la page 198, il est question de papier vert, rose et jaune. Couleurs. Au quart du parcours, un adolescent révolté retarde sa brouille avec le père haï pour une sombre histoire de timbres du Liban. Je me rappelle avoir « tiqué » – l’été 2004 ou 2005, donc – en lisant le patronyme d’un des personnages, M. Bonnini, dont l’épouse, aux trois quarts de Degrés, semble aller mieux. (Mais il n’est plus question (effet
instantané des
asperges) de papiers de couleurs variées.
19:40 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Indignations, Lect(o)ures, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, écriture, Littérature
Stambouli(t)otes
Sur la jaquette de couverture d’Istanbul, c’est le patronyme Pamuk qui est mis en évidence, alors que, sur la couverture crème, c’est le titre du livre qui ressort en grand. Peut-être est-ce le cas de tous les ouvrages de la collection « Du monde entier », mais cette remarque est particulièrement significative, s’agissant de ce bel ouvrage sous-titré ‘Souvenirs d’une ville’.
Istanbul confirme ce que j’écrivais il n’y a pas très longtemps, à propos de Moby Dick, dans un commentaire et en réponse aux deux François : le fait qu’un livre soit traduit par plusieurs (ici : trois) traducteurs n’est pas bon signe. Ici, il y a de très belles pages, mais aussi des phrases lourdes, voire fautives, sans qu’il soit vraisemblable que les lourdeurs en question soient des effets de style imputables à l’auteur. Soit les trois traducteurs se sont répartis la tâche, et l’un des trois est mauvais ; soit (et c’est plus probable) la traduction a été confiée à un premier traducteur, qui a complètement merdé, ce qui a nécessité la reprise (ou le reprisage) tant bien que mal par les deux autres.
Istanbul rappelle, par certains côtés, les textes autobiographiques de Leiris, que pourtant Pamuk ne cite jamais. Il n’est pourtant pas en peine quand il s’agit de citer les textes d’auteurs français et turcs, qui constituent le soubassement et l’un des motifs essentiels de sa méditation sur la tristesse inhérente à la vie imaginée vécue durant cinquante ans à Istanbul.
Ce qui m’a d’abord attiré dans ce livre – dans la mesure où je n’avais encore pas eu l’occasion de lire des romans d’Orhan Pamuk – c’est, bien évidemment, le mélange subtil et enivrant des textes et des (nombreuses) photographies en noir et blanc, dont les sources et les auteurs sont très divers. Ainsi, plusieurs sont des reproductions de gravures de Melling, qui datent de la fin du dix-huitième siècle.
Il me revient que Didier Goux avait lancé, comme une boutade, la grande ressemblance entre telle photographie d’Orhan Pamuk publiée dans le Magazine littéraire l’été dernier et ce que je serai moi-même dans vingt ans : or, les quelques portraits de l’auteur à la fin de l’adolescence ne sont pas sans rapport, en effet, avec mon visage photographié sur le coup de mes seize ou dix-huit ans. Affaire à suivre…
[Le texte ci-dessus – ébauche plus que débat – a été écrit le 29 décembre dernier à Hagetmau, sur mon vieil ordinateur portable, remisé sur la planche à tréteaux de la mezzanine ; entre-temps, j’ai achevé, dans les Landes, ma lecture d’Istanbul, et l’ai prêté à ma mère. N’ayant plus l’ouvrage sous la main, il m’est difficile d’en écrire plus : affaire à suivre, vraiment... ? Cependant, j’écoute les Bad Plus.]
16:20 Publié dans Hors Touraine, Lect(o)ures, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, écriture, Ligérienne
Ben Okri / Starbook
Sans doute ai-je tenté pour la dernière fois de lire un roman de Ben Okri. Depuis la polylogie inachevée consacrée aux « aventures » – je place ce terme entre guillemets, car rien, au sens propre, n’advient – de l’abiku Azaro, son œuvre a pris une tournure par trop déroutante. Le précédent opus, In Arcadia, mêlait maladroitement mysticisme animiste et histoire de l’art européen, mais d’une façon qui renouvelait le genre romanesque. Cette fois-ci, le modèle du conte yorouba délayé sur 420 pages ennuie profondément.
D’une grande patience (ou conscience professionnelle ?), j’ai tout de même lu Starbook en entier – j’avoue toutefois avoir lu les 120 dernières pages en diagonale et donc en moins d’une heure. Dans Starbook, Ben Okri ne parvient pas à retrouver le fragile mais splendide équilibre qui faisait le succès de The Famished Road, et, dans une moindre mesure déjà, des deux romans qui en constituaient la suite (Songs of Enchantment et Infinite Riches).
Sur la technique, rien à redire : la structure du roman est très riche et très complexe (200 chapitres répartis en quatre parties d’inégale longueur, selon des multiples de 11 ou de 13 (26 + 78 + 74 + 22 = (8 x 13) + (4 x 13) + (4 x 11) = 200), la manière dont l’histoire du prince malade se noue à la jeune fille de la tribu des artistes est efficacement mené, et les différents ressorts possibles des mythes – ainsi que leurs paradoxes et leurs contradictions – savamment explorés. Toutefois, la sauce ne prend pas, et Okri s’embourbe dans une litanie d’abstractions mystico-kitsch qui le rapprochent plus de Paulo Coelho, hélas, que d’Amos Tutuola. Le long développement sur le vent blanc et les « trous » (gaps) appuie pesamment sur les aspects historiques du mythe (traite négrière), sans pour autant en approfondir les enjeux.
Comme je commençais à avoir quelques réticences à propos de l’œuvre de Ben Okri, j’ai abordé ce livre avec circonspection, mais désireux de voir « ce que ça donnait », « où il en était », car, jusqu’à présent, chaque livre d’Okri recelait de très belles pages, des trouvailles stylistiques, voire des questions irrésolues. Dans Starbook, encore, il y a de belles pages (par exemple, la vision du héron et de la mascarade, pp. 33-43), quelques belles phrases (par exemple, le redoublement de l’emprunt lassitude/malaise dans la description du vent blanc, p. 242), et même des énigmes narratives (comme le rôle du je rare), mais tout cela noyé dans un tel fatras allégorique qu’il n’y a pas grand-chose à espérer des livres suivants.
On peut retenir, comme l’un des thèmes essentiels de Starbook, le lien entre créativité et oubli (qui m’a longtemps taraudé, cf mes années oxoniennes) : “They believed it was important to forget for a civilization to be quantumly creative.” (p. 311)
Okri propose aussi, dans certains chapitres, une vision très puissante de l’art, notamment dans le chapitre II. 46, dans lequel les manque(ment)s de l’art du Mamba permettent de définir en creux l’esthétique des Maîtres :
“It did not have what they called shadow, or dark life, or hidden light. It was substantial, but it did not have the lightness of that which can writhe, coil and move effortlessly. It had power, but not simplicity, or sadness. It had strength, but not weakness, the weakness that all living things have. It had glory, but not heart. It amazed the eye, but not the vision. It did not set the masters dreaming.” (p. 170)
Autrement qu’en creux, et au sujet du Maître, le père de l’héroïne, Okri a défini, dans le chapitre II. 42, sa conception du geste artistique :
“The master conceals his work even when the work is evident. The master reveals only that which is the least of him. That which is taken for the works of the master are often his cast-offs, his rejects, his second thoughts, his diversions, his red herrings, his false trails, meant to mislead those who seek only the normal, the evident, the superficial power, the material power, the form and structure of the world, those who seek worldly mastery and fame. These the master traps in the labyrinths of false achievements.” (pp. 162-3)
Quoique l’on puisse – autant que dans le reste du livre – s’agacer des tonalités magiques et du style tout en paradoxes et antithèses, il me semble que l’on trouve, dans la conception de l’art proposée dans ces pages, ce qu’il y a de plus intéressant dans l’œuvre d’Okri – ce mélange de retour à l’animisme et d’universalisme déconstruit. Malheureusement, dans Starbook, contrairement à ce qu’il était parvenu à accomplir dans la polylogie inachevée (ou trilogie sans dénouement ?), Okri n’a pas trouvé la juste mesure.
11:00 Publié dans Affres extatiques, Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
samedi, 05 janvier 2008
Prime jeunesse
1er janvier 2008.
Janvier sera très froid, brouillardeux, ensoleillé entre le 12 et le 17.
Cette première phrase de 2008 ne restera pas dans les annales.
Le monde taiseux des vieilles baraques recrépies bizarrement se terre entre la cime des pommiers et les taupinières. Marpaps, au nom si sûr, m’avait déçu, lors d’un détour (le 2 janvier 2007, je pense (j’avais aussi visité pour la première fois l’église d’Amou)).
Est-ce que ton personnage a un couvre-chef ?
Des âmes perdues dans les bourgs d’autrefois, il ne reste que les figures mortes entre la cime des pruniers et les topinambours. Le crépi tombe des murailles, breloques de sommeil. Malheureusement la nuit débarrasse trop vite le plancher, je voudrais dormir encore.
Il est six heures du soir, tu es levé depuis au moins dix plombes.
On a ramoné la cheminée, coucouroucoucou.
Marnie passe à l’as (repas sans peps) ; Hitchcock débloque, entre le vol des goélands égarés et les embruns fracassés.
05:30 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 21 novembre 2007
Faune sauvage

Yeux clos, je m'extasie, comme sorti d'un roman de Kobo Abe, non pas perché en haut d'un arbre et ne voulant plus en descendre, mais étouffé moi-même de branches, sanglotant des feuilles, barbe de pédoncules et tresses de frondaisons. Au milieu du chaos, dans la forêt de mots embrouillés, je garde les yeux clos.
11:33 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie
mardi, 13 novembre 2007
Henri IV, à Vendôme

16:45 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Art, Photographie, Ligérienne
dimanche, 11 novembre 2007
Coloquintes de Vendôme

Vendôme, ce 11 novembre.
Que l'on n'aime guère le maréchal de Rochambeau, c'est une chose ; mais pourquoi, près de Halloween, avoir affublé sa statue guerrière de deux coloquintes ?

18:20 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie
dimanche, 04 novembre 2007
Feuilles II
31 octobre, huit heures.
Avant-hier j’ai écrit, en légende à certaines photographies überurbaines, cinq poèmes en anglais. Je ne doute pas que la plupart de mes lecteurs anglophobes s’en seront offusqués, mais il en est ainsi, d’autant qu’un précédent blog que j’avais fondé, à l’automne 2006, pour mes élucubrations en anglais, est resté lettre morte – ou plutôt : a fait long feu. Là, dans le souci de publier par avance de quoi occuper les quatre journées entourant la Toussaint, j’ai écrit au plus pressé, et c’est sorti en anglais. On se consolera.
Pendant le long et monotone trajet en voiture, hier, je cherchais à voir les feuillages jaunes, rouges et orangés en essayant d’oublier toutes les connotations automnales de ces couleurs de feuilles. Comme je vais passer une partie non négligeable des jours qui viennent à ratisser des feuilles brunes, cela ne va pas de soi. Je veux dire qu’une feuille rouge – d’érable ou de vigne vierge, comme celles que j’ai photographiées dimanche dernier, justement – devrait pouvoir être vue, admirée, perçue, sans aucun lien avec l’idée que l’hiver est proche, que cette couleur est annonciatrice de morte saison, etc. Mais est-ce possible, justement ? Je me rappelle un travail de peinture que l’institutrice de CM1 nous avait demandé de faire, après glanage de feuilles d’automne ; sans doute l’idée d’évanescence attachée à l’image des feuilles qui rougeoient, qui tombent, était-elle, depuis longtemps, ancrée dans nos esprits d’enfants ? Il est décidément impossible, certaines habitudes prises, de voir un phénomène donné autrement que sous le prisme d’une culture.
Ce matin, aussi, ce sont les araignées qui témoignent du temps qui passe dans une demeure inhabitée. Le volet de la cuisine, brisé puis cloué, reste fermé ; seul son jumeau, ouvert le jour, laisse entrer la faible lumière brumeuse. Au salon il faut tirer les rideaux pour désobscurcir la pièce si cosy. Effacer les dessins anciens au tableau blanc. Ranger un peu le grenier. Se débarrasser du sommier d’enfant avec son bois de lit de guingois et foutu. Surtout écouter les vinyls de jazz, et le CD du Malcolm Braff Combo.
23:15 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
mercredi, 01 août 2007
Tour de force
S’en tenir à ce qui reste serein (l’impétrant reste imperturbable ; il a l’impiété impétueuse).
Trois heures avant la fin du mois, 150 étourneaux sous le prunus, à se gaver de la pulpe des fruits trop mûrs, et, à six heures du matin, le 1er août, les roucoulades des tourterelles. Jamais, dans cette maison dont le silence est ponctué de craquements et de crissements, mais surtout, des arrêts bruyants du frigo, on n’a regardé l’aube se lever avec cette épaisseur de sang coagulé. Il faut que le corps se repose, et ne noter que les phrases où se lira, d’une manière ou d’une autre, une façon de sérénité. Sur le tour du potier, la main façonnait des bribes invisibles à l’œil nu. Si je commençais à narrer mes souvenirs (l’impétigo pyrénéen, par exemple), je n’en aurais jamais fini ; mais, allongé sur le canapé, à guetter les geignements, je préfère lire Il me faut aimer une pierre (aux nombreuses coquilles).
J’ai tout en chantier, surtout la mémoire des lieux. Sur le sentier, comme l’œil va de parenthèse en parenthèse, de paragraphe bref en ligne orpheline, j’ai laissé quelques illusions. Qu’elles s’accordent entre elles, ou se gourment, qu’importe ?
19:01 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note
jeudi, 31 mai 2007
Journées dionysiennes, [18]
2 mai 2007, huit heures et demie du soir.
Voilà une journée bien morne. Je suis sorti de la Maison de la Légion d’Honneur, un bâtiment certes admirable dans le style « austérité classique » de l’Empire, avec ses carrés cloîtrés, ses pelouses et ses jeunes filles en uniforme,
mais où les salles ont une acoustique déplorable et où j’ai une fois encore trouvé la plupart des collègues d’une grande lenteur : nous poursuivrons nos travaux demain matin, mais nous aurions pu tout boucler en une journée, à condition d’y mettre un peu plus de rythme et de ne pas toujours couper les cheveux en quatre. Entre six et sept heures et demie, je me suis promené, histoire de fatiguer la bête, puis j’ai dîné – fort bien – dans un restaurant anatolien ; même le vin rouge était bon. Bref, je dois encore corriger deux copies ce soir afin de préparer la séance de demain : chacun des 17 membres du jury de littérature corrige les mêmes copies, à titre d’essai et afin de comparer nos évaluations. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu plus de trois points d’écart, ce qui, si on considère qu’il y a double correction, assure une grande harmonie dans la notation.
La présentation du sujet et des différentes pistes de commentaire était à la limite du navrant. [...] Le plus étonnant c’est la manière dont les tenants de lectures monologiques, entièrement cohérentes – même dans le cas de textes évidemment couturés d’ambiguïté, de polysémie et même de contradictions – réussissent à vernir leur vieux discours cent fois rabâché (on a tout de même entendu évoquer le « message de l’auteur », pour un texte dans lequel il n’y a ni intrusion d’auteur, ni message univoque) de petits replâtrages :
un p’tit coup de polyphonie par ci, un p’tit coup de dialogisme bakhtinien par là, ça ne fait pas de mal et ça fait moderne… Heureusement que beaucoup de candidats (et la plupart des collègues du jury, évidemment) valent mieux que cela ! [...]
On s’étonnera, après ça, que je me sois piqué la tête au vin rouge turc et que j’aie moins envie de regarder le débat entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal que la deuxième demi-finale de football !
(Je viens de m’apercevoir, en allant ouvrir les rideaux pour pouvoir corriger les deux copies photocopiées à la lumière du jour, qu’il y avait un store à lanière : je suis si habitué aux chambres d’hôtel baignées d’une demi-lumière même au cœur de la nuit que je n’avais même pas assombri celle-ci la nuit dernière !)
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jeudi, 17 mai 2007
Journées dionysiennes, [16]
Mercredi 2 mai, sept heures et demie du matin.
Je me suis réveillé il y a dix minutes, ce qui n’est pas mal finalement, après une nuit courte mais pas trop entrecoupée de réveils : la rue n’est pas calme,
il n’y a pas de volets et je suis obligé de dormir avec un traversin extra-plat (que j’ai quand même réussi à surélever grâce à une couverture), et donc, au su de ces trois facteurs, ce n’est pas mal d’avoir à peu près dormi six heures (d’autant que, lisant cette nuit le Journal de Travers II, je me rendais compte que je ne m’endormais absolument pas !). D’ailleurs, il m’est venu hier matin, à propos de ce journal, une idée de parodie, ou de décalque, assez farfelue : comme nous approchions de Beaugency, nous avons traversé la petite commune – laide ou insignifiante, à ce que nous en avons vu – de Tavers, ce qui permettrait, qui sait, de rédiger quelques entrées d’un Journal de Tavers… non ? après vérification sur le Web, hier après-midi, j’ai appris qu’il y avait trois dolmens aux noms charmants (mais déjà oubliés de moi) sur le territoire de Tavers.
(Plus haut, j’ai écrit « traversin », mais je me demande si ce n’est pas plutôt un polochon.)
12:40 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : Photographie, écriture
mardi, 15 mai 2007
Journées dionysiennes, [13] : L'Arrière-pays, ou la nostalgie de Concriers
Mardi 1er mai, toujours. Onze heures et demie.
Je suis très influencé par les quelques pages que je viens de lire de L’Arrière-pays, qui font écho à notre errance du matin dans les paysages mornes et ternes entre Josnes et Talcy (par Isy, Séris et… quoi ? Concriers ?).
Je crois me rappeler que j’avais essayé de lire ce petit livre il y a déjà longtemps, et qu’il m’était tombé des mains ou n’avait pas su éveiller mon désir.
Il y a aussi le souvenir, plus précis quoique plus ancien, du recueil d’essais de Bonnefoy, L’Improbable, que je prenais parfois, par désoeuvrement, dans la salle de lecture de la bibliothèque, au lycée Montaigne, que je feuilletais et auquel je ne comprenais à peu près rien. Comme j’avais découvert la poésie de Bonnefoy à la faveur des premières semaines d’hypokhâgne, je m’étais dit que ses essais devaient être plus abordables ; or, il n’en est rien, ou, en tout cas, ses proses sont beaucoup plus difficiles à qui n’est pas encore adulte. (L'est-on jamais ? Autre question.)
« Car alors l’invisible et le proche se confondent, l’ailleurs est partout, le centre à deux pas peut-être : je suis depuis longtemps sur la voie, il ne s’en faut plus que d’un tournant avant que j’aperçoive les premiers murs, ou parle aux premières ombres… »
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En écoutant Angelina de Bob Dylan, je me dis qu’après tout il n’y a peut-être aucun rapport entre ce titre et la chanson de CharlÉlie Couture, Angelina is known. (Et aucun rapport avec Bonnefoy ni « l’admirable Piero » d’ailleurs. (Pas de virgule : afféterie signifiante : Piero della Francesca, pour être de là-bas, est toujours d’ailleurs, étranger même à ses propres yeux.)
16:40 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Photographie
dimanche, 13 mai 2007
Journées dionysiennes, [11] : Virée à Beaugency
(à la manière de R.C., pour énerver Didier Eribon)
Ce matin, nous avons visité la petite ville de Beaugency, dans le Loiret. Bien sûr, ce n’est jamais une bonne idée de faire du tourisme le 1er mai, car rien n’est ouvert, les restaurants en particulier, etc. De plus, il y avait une espèce de grand marché annuel très prolaille, qui envahissait les bords de Loire et enlaidissait bougrement la perspective sur le vieux pont, très beau dans sa bizarrerie même (sorte de bazar hétéroclite d’arches romanes et gothiques).
Mais nous n’avons eu aucune difficulté pour garer la voiture, et la ville elle-même était plutôt épargnée par la grande foire d’empoigne des blousons à trois euros pièce et des statuettes hideuses. La ville est ravissante, avec un très bel Hôtel de Ville construit en 1526 dans un pur style Renaissance, en pierre calcaire très blanche, qui tranche sur la pierre plus grise du reste de la ville. Plusieurs médaillons en sont abîmés, mais l’ensemble a été restauré avec goût et efficacité. Il y a aussi la tour Saint-Firmin, trop haute pour qu’il y ait la moindre perspective convaincante sur elle, et l’abbatiale, que nous n’avons pu visiter qu’une fois la messe terminée, et qui a notamment abrité, au XIIème siècle, un concile annulant le mariage d’Aliénor et de Louis VII (détail que j’avais oublié) : c’est grâce à cette basse manœuvre qu’Aliénor a pu ensuite épouser Henri d’Angleterre, et devenir ainsi l’une des rares reines de l’histoire à l’être de deux pays consécutivement. Le donjon est très massif, carré, percé de tardives fenêtres. La Porte médiévale qui donne sur lui est très épaisse, et donne un aperçu de ce que devaient être les murailles de cette ville de toute évidence stratégique. L’intérieur de l’abbatiale Notre-Dame est très beau, lumineux, notamment grâce aux jeux d’arcs du chœur, tout à fait romans ; ces arcs ouverts sont très rares, et donnent l’impression d’un vrai dialogue de regards entre le chœur et le déambulatoire. Les vitraux contemporains sont affreux comme rarement.
J’ai appris que les habitants de Beaugency se nomment les Balgentiens ; j’aurais imaginé quelque chose comme les Bellogénitains ou les Belligençains, mais la vérité onomastique est toujours ailleurs. Après cela, nous nous sommes cassé le nez au château de Talcy, qui fut le témoin des amours (platoniques, dira-t-on) de Ronsard et de sa Cassandre.
Cette Cassandre était la fille du propriétaire et bâtisseur du château. Ce que l’on sait moins, c’est qu’Agrippa d’Aubigné s’amouracha par la suite de la petite-fille du même : on peut supposer, assez vulgairement, que les filles de la lignée étaient rudement tanquées (à moins que leurs seuls mérites poétiques et intellectuels n’aient attiré les deux grands poètes (mais j’ai du mal à admettre cette hypothèse seule)). On peut aussi envisager qu’Agrippa ait ainsi voulu croiser le fer avec, ou marquer sa dette à l’égard du Prince des Poètes.
Le petit village de Talcy est très joli ; l’auberge était naturellement fermée, et nous avons – après un long tour dans Mer, laide, déserte et sans le moindre recoin où se sustenter – repris le chemin des pénates, dans la mesure où, de toute façon, je ne devais pas rater mon train dans l’après-midi.
14:40 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie
mercredi, 02 mai 2007
Hôtel de ville de Beaugency

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lundi, 12 mars 2007
Onze ans après
Je l’ai rencontré plusieurs fois, quand j’allais passer quatre ou cinq jours d’affilée à Cambridge, chez cet ami que je perds aussi de vue maintenant. Jean-Pascal m’avait présenté la ribambelle de ses amis, et parmi eux Hugo.
Combien de fois suis-je allé à Cambridge ? On dira trois. À chaque séjour peut-être je voyais Hugo trois ou quatre fois. Et que m’importent ces chiffres ? Je ne sais.
Hugo s’appelait en fait Hugues, mais il semblait régner, autour de son vrai prénom, un parfum d’interdit. Lui, contrairement à nous autres, était lecteur pour une durée de cinq ans, et finissait sa thèse. Il était donc sensiblement plus âgé que nous, et avait plus ou moins claqué la porte au nez des siens, Parisiens. N’avait-il pas choisi le lectorat à Cambridge comme d’autres, il n’y a pas si longtemps, choisissaient de s’embarquer sur un baleinier ou partent pour la légion étrangère ? Si je raconte tout ça, c’est que sa vie paraissait nimbée de tant de demi-secrets, mais sans afféterie.
Étonnamment séduisant, Hugo n’était pas poseur. Ses excentricités verbales et sociales étaient d’une totale sincérité. Un jour, nous discutions, tous les trois, avec Jean-Pascal, à la table crasseuse d’un bar de college, et Hugo, de façon tout à fait caractéristique, s’était assis en dehors du cercle formé, au départ, par la table et les trois chaises. Tout aussi caractéristique, sa façon de nous encourager à reprendre une pinte, à ses frais, une Murphy’s, je dirais, tout en laissant quasi imbue la sienne. Il se contentait d’y tremper les lèvres, discutait avec feu, riait, fronçait les sourcils, parfois les trois à la fois, et, de son profil acéré jamais détendu, nous lançait des phrases si ambiguës qu’elles prenaient valeur de sentences, tout en oubliant consciencieusement de boire. Puis, entre deux paroles enflammées (« C’est une violence » ou « on te verra avec tes frasques »), deux rires, deux froncements, il se levait, comme nous partions, et vidait en deux fois une bonne part de la pinte jusque là délaissée.
Il me semble qu’une autre fois, au début d’une soirée qui fut la plus arrosée de mon existence – avec les conséquences que l’on imagine –, je le vis jouer, avec une élégance rare, au baby-foot. J’ignorais que l’on pût s’adonner à ce jeu, et même s’y donner, d’une façon qui fleure autant le gentleman. Hugo était autant fait pour les envols subits et violents d’imaginations fébriles que pour l’atmosphère feutrée des clubs les plus select.
Il y eut aussi, peut-être la dernière fois que nous nous vîmes, son détachement somptueux dans ce punt infâme que nous avions loué à six et dont seul il se démenait, en rameur expert, piroguier de ces bords presque gallois. Il faisait beau et frais, sur la Cam. Je m’énervais après tout le monde. Mais après lui, impossible.
Ma mémoire persiste à me tendre de curieuses perches et à évoquer une possible rencontre, l’année suivante, ou même celle d’après, à Paris (pour sa soutenance de thèse ?). Pourtant, aucune image, aucun son précis ne me vient de cet épisode pourtant ultérieur, s’il a bien eu lieu. Hugo, à Paris, cela ne se pouvait. Si ça se trouve, c’était Hugues, et ce fantôme imposteur n’aura pas laissé de traces dans ma mémoire vive.
20:00 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Résidence avec Laloux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, écriture
jeudi, 08 février 2007
Synesthésies / nostalgies
Parfois, quand je travaille, Pandora m'accompagne, et de son tonneau des Danaïdes où sans fin on puise sans s'épuiser, m'envoie des musiques que je ne connaissais pas avant. Ainsi, des différentes "stations" que j'ai créées, plusieurs, évidemment, sont principalement consacrées au jazz.
Sur la chaîne John Zorn, par exemple, se succèdent différents morceaux de différents groupes/ compositeurs/ interprètes, tout cela dans la joyeuseté du bazar imprévu. Tout d'un coup, j'entends des notes, un instrument indien, et, avant même de dire que je connais ce morceau, je revois le papier peint de notre studio, à Talence, en 1996 ; je marche le long des cours bordelais ; nous sommes, toi et moi, dans le bus qui nous conduit au cinéma. Dans la cuisine exiguë nous mangeons en discutant de tout et de rien. Je fais réparer cette maudite latte en verre de la fenêtre d'aération. Il fait grand soleil, chaud près du parc Peixotto. Allongés dans l'herbe, nous regardons des bambins près d'une poussette.
Je ne saurais pas retrouver le titre du morceau, mais je sais que c'est un album de John McLaughlin. Je n'ai guère dû écouter The Promise depuis ces années-là.
10:10 Publié dans Hors Touraine, Jazeur méridional, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, écriture
lundi, 15 janvier 2007
Lions du château des Carmes

La Flèche. Ciel bleu.
De petits insectes noirs viennent peupler le ciel comme autant de nuages délicats, imperceptibles.
Les lions de pierre du château des Carmes portent le chiffre de François-René Bertron...
Non ?
Venons-en au faîte, semblent-ils dire.
10:45 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie
dimanche, 31 décembre 2006
Ce que dit la bouche sombre
Au retour, la mâchoire infinie des Pyrénées.
À l’aller, sur la route de Saint-Sever, juste avant la Peyrelounque, j’ai surpris une buse juchée à la fourche d’un arbre, au bord de la route. Résonne formidable la voix de Gÿorgÿ Ligeti, qui parle macabre et castration.
Au retour à la maison, les pompiers et le médecin de garde. Pour 2007, nous continuerons de former des vœux. Où sont les dents qui répondent aux sommets enneigés : dans le ciel ou sous la terre ?
11:32 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 03 octobre 2006
Vertes fenêtres...
Vertes fenêtres désuètes,
Quand le soleil brûle, attiseur,
Vous offrez vos grâces --- muettes
Que surprend un climatiseur.
23:25 Publié dans BoozArtz, Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie
Idomeneo à Barcelone
Onzième quatrain barcelonais.
Tout en écoutant une aria
Superbe d'Idomeneo,
M'offre la mer en stéréo.
21:25 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie
Tout ce que je vois...
Quatrain barcelonais.
Tout ce que je vois, sous les cubes,
C'est, la casquette bien vissée,
Lisant son journal à pleins tubes,
Un cannier aux carres plissées.
19:25 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie
lundi, 18 septembre 2006
Quelques quatrains barcelonais...
... sur des images de Tinou ...
Rongé par la folie qui songe
À la façade tel Argus,
L'esprit se débride la longe
En Barcelone aux vifs aigus.
****
Ne se croirait-on au théâtre
Où irait arlequinement
Se découvrir, le teint albâtre,
Un Don Quichotte de roman ?
***
Aubergiste, approche la lampe
Que je puisse m'émerveiller,
Sous les barreaux de cette rampe,
Du bleu globuleux écaillé.
**
Gaudi reconnaissable entre mille
Comme l'illustre Gaudissart
De Honoré et non d'Emile
(Où manque une rime en -issart...)
*
Qu'aux panneaux vides alignés
Comme la grille d'un poème
L'horizon vous ait assignés,
Vous, mes yeux, voilà ce que j'aime.
... un jour, j'irai à Barcelone. (Partie remise depuis 2000.)
12:03 Publié dans Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine, Words Words Words, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Poésie
samedi, 02 septembre 2006
Hôtel Labenche, 2
04:05 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
vendredi, 01 septembre 2006
Hôtel Labenche, 1
04:15 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
samedi, 26 août 2006
Château de l'Isle Savary

Ce 8 juillet,


09:24 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
jeudi, 12 janvier 2006
Ça ne s’invente pas, 3 : Cellule 64
La cellule spéciale d’enquête mise en place à la suite de plusieurs tentatives d’enlèvement d’enfants aux sorties d’écoles des Landes et des Pyrénées-Atlantiques s’appelle Cellule 64. La dernière tentative a eu lieu à Biscarrosse, soit à cent kilomètres environ au nord du département des Pyrénées-Atlantiques. On savait que, pour les journalistes, les météorologues, etc., le département des Landes n’existait pas ; pour la justice et la police, c’est nouveau.
12:20 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 07 janvier 2006
Halcomanie, 4

01:45 Publié dans Autoportraiture, Ecrit(o)ures, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 06 janvier 2006
Glané sur la Toile
J'ai trouvé, sur le site d'une commune du Perche, cette phrase dont le rythme et les sonorités me paraissent exquis :
Le 6 janvier 1790, c'est M. Dureau de la Malle qui devient le premier maire de Mauves.
C'était - incidemment - il y a deux-cent seize ans.
18:15 Publié dans Célébrations improbables, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Halcomanies, 3 : Portrait of Guillaume Cingal as a Younger Morrissey

01:40 Publié dans Autoportraiture, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 05 janvier 2006
Halcomanie, 2

01:35 Publié dans Autoportraiture, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mercredi, 04 janvier 2006
Réveillon apollinien, et après... ?
La nuit du Réveillon, je l'ai passée dans des débuts d'insomnie, avec pour compagnie le tome I des Œuvres en prose de Guillaume Apollinaire, relisant certaines pages - qui m'ont paru toujours aussi fortes - de L'Enchanteur pourrissant, lisant - pour la première fois - le décevant et si vieilli Poète assassiné, lisant plusieurs contes (intéressants) de L'Hérésiarque & Cie, parcourant deux des Trois Don Juan que je n'avais pas lus, et qui ne sont rien d'autre qu'une pochade compilée... d'où il ressort que, malgré les efforts rhétoriques des spécialistes, et de l'auteur de l'édition en Pléiade, Apollinaire était, dans l'ensemble, un assez piètre prosateur, comme il est, d'ailleurs, des pages manquées dans ses poèmes.
La nuit qui vient de s'écouler, étouffant d'un mal de gorge renouvelé, et hanté par des musiques, des visions, des souvenirs, je l'ai passée sur le canapé, ne pouvant m'endormir, lisant certains des textes épars rassemblés par Caio Fernando Abreu dans ses Brebis galeuses (traduites posthumément aux éditions Corti). Etrange écrivain, que je ne connaissais pas. Parfois, je me demande si ses bizarreries sont liées à la traduction, ou à de réelles idiosyncrasies de style.
(La traductrice est Claire Cayron, dont il a déjà été question sur ce carnétoile, au cours d'un échange avec Alina. D'ailleurs, l'éditeur mentionne en début d'ouvrage la liste des "traductions de Claire Cayron", mais nullement les autres œuvres d'Abreu, ce qui me semble aller un peu loin, tout de même, dans la préférence accordée au traducteur. Le plus amusant est que l'on comprend fort vite, par les notes de bas de page, que de nombreux textes et romans d'Abreu sont traduits chez d'autres éditeurs ; c'est d'autant plus amusant que c'est la traductrice qui est l'auteur des notes, d'où le soupçon qui se porte alors sur l'éditeur, qui ne semble pas vouloir faire de publicité pour ses concurrents. Rien de commun, indeed...!)
Il y a, dans l'un des premiers textes, la merveilleuse image de la grand-mère tricotant un chandail qui finit par recouvrir le sol de la maison. Dans le fragment intitulé "Introduction à Passo de Guanxuma", l'image qui sert de description originelle est celle des quatre points cardinaux qui servent à distinguer les quatre points d'entrée (ou de sortie) de cette ville imaginée par Abreu et qui, à ce que je comprends, sert de décor à plusieurs de ses romans. Les quatre points cardinaux sont représentés par les quatre pattes d'une araignée fabuleuse : là encore, l'erreur entomologique, grossière, est-elle délibérée ou non ? J'en suis réduit à supposer que oui.
08:07 Publié dans Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Halcomanie, 1

01:30 Publié dans Autoportraiture, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
lundi, 02 janvier 2006
Bonnes résolutions
Comme nous avons composé hier soir, dans le salon, après avoir fini de regarder In the mood for love, une liste pour que C. n’oublie rien des différents objets, cadeaux, vêtements oubliés à Hagetmau et qu’elle est allé chercher aujourd’hui, je pourrais amorcer dès ce dernier jour de 2005 une liste – même pas traditionnelle, car c’est un rituel auquel je ne sacrifie guère, d’ordinaire – de bonnes résolutions, sinon pour ma vie (qui est perdue, je crois bien), du moins pour ce carnet de toile qui navigue gentiment – même avec les journées de reflux, de maigreur ou de vacance qu’il vient de connaître – vers ses sept mois d’existence. Je pense que cette note, comme la précédente écrite, ne sera publiée que dans deux jours, une fois de retour à Tours, ce qui ne rend pas si intempestive que cela la rédaction d’une telle liste.
................
Il fau(drai)t donc que :
1) je reprenne les chroniques de disques, car c’est un exercice salutaire, difficile ; d’autre part, quand je parle de musique, j’obtiens plus de retour par les commentaires que pour n’importe laquelle de mes autres rubriques (hormis, peut-être, les fameusement infâmes autoportraits)
2) je me relance dans la réflexion amorcée l’été dernier autour de la question Qu’est-ce qu’un beau vers ?
3) j’écrive de brefs textes sur les sites ligériens qui me tiennent à cœur
4) je recense, au moins une fois par semaine, un des livres qui m’ont influencé au cours de ces (cinq à dix à quinze) dernières années, en particulier dans la perspective d’un prosélytisme africaniste dont je me suis, à ce jour, gardé
5) la série des Célébrations improbables prenne un nouveau tournant, un tant soit peu plus infernal, et où s’abolisse le sens, même calendaire
15:15 Publié dans Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
Eden, dernière
C’est le dernier jour de l’année. Bruit fou de l’aspirateur, serpent de bois désarticulé qui chasse les trains miniatures. Un globe illuminé mutile les yeux de l’histoire. Aveuglé, je contemple les saisons qui passent, avec le camion-citerne en panne sur la route enneigée, verglacée. Rumeur du monde et des saisons, mousse des frimas oubliés. Que signifie la fin d’une année, hormis la pure convention, et le glacis vénérable des souvenirs amassés près de Pau, à l’aéroport ? Et le nombre 31, premier et synonyme, dernièrement, de l’âge qui s’avance, sans compter les syllabes du tanka, la forme noble et hiératique du gabay, le sonnet en son extension tertiaire, comment se fier à lui, si ce n’est pour célébrer le premier janvier, ou tout premier du mois qui se présente, comme à cette invraisemblable comédie du temps cosmétique, décoratif, empesé, empressé, qui file vers la mort avec l’amas des adjectifs, égrenés sur la pelouse avec leurs signes de ponctuation, leurs accents, leurs indécentes farandoles – une pelouse qui gèle, avec ses mots ossifiés qui marinent dans l’intervalle, à la folie du nombre ?
En écoute : « Why does my heart feel so bad? » (Moby. Play. 1999)08:15 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 22 décembre 2005
Je rev(o)is
« Comme une rivière barrée, tout à coup le cours de ma vie s’était arrêté et, maintenant, devant moi, seuls s’étendaient l’immense paysage désolé de la mort, l’automne infini où habitent les hommes et les arbres qui n’ont plus de sang, la pluie jaune de l’oubli. » (Julio Llamazares. La pluie jaune. Traduit par Michèle Planel. Verdier, 1990, p. 43)
………
Je revois, au ruisseau qui coulait, l’hiver, près de notre maison, ce grillage qui séparait le bois de l’enclos à moutons des voisins – et où, depuis belle lurette, il n’y a plus de moutons. Le grillage retenait les brindilles, les petites branches, les feuilles fanées et mortes de l’automne, de sorte que l’amas finissait par former un véritable barrage, juste avant le pont, masse informe et ligneuse que nous dégagions régulièrement – à la pelle ou à la main – pour permettre aux eaux du ruisselet de suivre leur cours. De l’automne au printemps, j’adorais marcher dans ce ruisseau, large d’un mètre tout au plus et jamais profond de plus d’un demi-mètre, remontant délicieusement son cours du grillage posé par les voisins jusqu’à la fontaine de pierre, où il surgissait de sous la terre.
Sur la carte I.G.N. la plus détaillée, il apparaît en pointillés bleus, ce qui signifie que c’est un « cours d’eau intermittent ». A la limite de la propriété de mes parents, il cesse d’être souterrain, pour aller se jeter, à quelques kilomètres de là, dans le Bassecq.
Je le revois, je revois le menu barrage de brindilles, je me revois en bottes, marchant dans le lit du ruisseau. J’en suis loin, de tout cela, pourtant.
21:10 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 21 décembre 2005
Le calendrier n’a pas disparu
Le calendrier n’a pas disparu ; Simon, tu exagères.
Le temps, non plus, ne s’est pas évanoui. Le temps de l’écriture a pris la peine d’une pause bienvenue. Pourtant, ce n’est pas le travail qui manque, et sans doute aussi m’étais-je meurtri à continuer d’écrire – c’est-à-dire, plutôt, à continuer de jeter des fragments imparfaits, dans l’épuisement et la nonchalance.
Le temps n’a pas disparu. Un soleil radieux règne dans ces contrées, avec de froides nuits et de belles journées. Le repos – de trimer en ramassant les feuilles ! Des monceaux de copies aussi m’attendent, chaudement assemblées dans les soufflets de mon cartable. Je préfère entretenir les bûches sifflantes d’un âtre bienveillant.
Derrière une baie baignée de soleil, le dos presque calciné – comme lorsque nous recevions hier soir des amis de mon beau-père, et que j’étais dos à la cheminée crépitante –, j’écris, ayant décidé de ne pas laisser passer, tout de même, ce premier jour (officiel) d’hiver, et, dans tous les cas, le solstice.
………
La plume vaut-elle le balai à gazon ?
………
Il règne un vague-à-l’âme difficile ; seuls les pinsons du Nord peuvent me comprendre, eux qui piétinent les graines de tournesol, entre les soubresauts des mésanges bleues et les piaillements frénétiques des charbonnières. Pas de verdiers cette saison, mais un gros-bec nous fait, de temps à autre, l’honneur de sa présence. Il faut écrire comment le temps passe, au moins sous ses aspects les plus agréables.
J’ai embarqué à bord d’un navire, la nef des fous où se complaisent les souvenirs. L’âme suit ici, depuis dimanche, un cheminement douloureux. J’ai relu By the Sea, qui, dans le prolongement d’Amriika, a déroulé ses enrubannades et fleuri ses feux d’artifice. La pluie jaune, maintenant, correspond mieux à mon état d’esprit, et à mes journées. Quand la bûche siffle, il faut laisser se figer la souffrance. Ainsi, elle est plus douce. On ne dort jamais deux fois dans les mêmes bras.
………
L’encre des vaisseaux vaut-elle le sang des valves de mémoire ?
………
Je vous parle de ma mémoire, mais les souvenirs des uns et des autres ne crépitent jamais de la même façon. C’est ce que, jadis, j’aurais voulu nommer la mêmoire ; c’est là une écriture dont je n’ai jamais pris le temps.
Pourtant, indubitablement, le calendrier n’a pas disparu.
14:25 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 27 novembre 2005
Bouchemaine







14:10 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Où sont passées les lumières? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 25 novembre 2005
D'Angers (attention)
Vendredi, 8 h 20.
J'écris de la salle informatique de l'Ecole Doctorale, à la Maison des Sciences Humaines de l'Université d'Angers (site Technopole). Grâce à cette première phrase, les connaisseurs apprécieront et visualiseront le lieu. Je peux même ajouter que je me suis installé à l'ordinateur situé au milieu face aux fenêtres, et donc face aux arbres du parc.
J'ai fait bon voyage, après une trop courte nuit; de nuit noire, humide, mais sur la route sans verglas, entre Tours et Angers, j'ai même entrevu deux effraies (peu avant Bourgueil).
08:27 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
dimanche, 20 novembre 2005
Soutenance
Maison de la Recherche. Un bâtiment flambant neuf. La candidate, légèrement anxieuse et sans doute très fatiguée. Un des membres du jury annonce à la dernière minute qu'il ne peut pas venir (pour de bonnes raisons, familiales). La soutenance se déroule impeccablement. Présentation synthétique et limpide. Débat d'idées. Questions. Echanges de haut vol. Le jury délibère. Mention Très Honorable avec Félicitations. J'aurais aimé rencontrer le professeur absent, dont je connais les travaux depuis longtemps. Et c'était une très belle soutenance; j'étais content d'y assister.
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mardi, 08 novembre 2005
Belle tumade à Pomarez
13:50 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 06 novembre 2005
Vaches dans les prés verts, et coteaux au loin
Samedi, 11 h 30. Entre Lyon et Paris, je suppose.
Ce TGV, sur deux niveaux, a une prise électrique pour chaque siège, ce qui n’était pas le cas de celui qui m’a conduit à Montpellier mercredi après-midi. Cela me permet de travailler sur secteur et de pouvoir encore utiliser mon ordinateur dans le train corail, dans la deuxième partie de mon voyage.
J’aurai – pour la première fois de ma vie – voyagé en première classe à l’aller comme au retour, car c’était, avec une certaine catégorie de billets non échangeables appelés (je crois) Prem’s, moins cher qu’en seconde.
Mercredi, dans le train, j’ai travaillé à la traduction des seize limericks de mon cours sur l’humour britannique, car le barrage de la langue requiert que je propose des traductions pour faire comprendre cette espèce particulière de nonsense. J’ai aussi ébauché le premier chapitre de chacun des romans que je compte écrire puis mettre en ligne. Il va falloir, une fois ces amorces jetées sur l’écran, essayer de les poursuivre, les approfondir, les améliorer, avant publication.
Depuis mercredi soir, je n’ai quasiment pas allumé mon ordinateur. Entre-temps, Montpellier et le colloque ont retenu toute mon attention. C’était un colloque passionnant à bien des égards, mais quelconque ou frustrant sur d’autres points. Je suis toujours frappé du mixte d’excellence et d’ineffable médiocrité des communications ; c’est presque tout l’un ou tout l’autre, tant d’un point de vue linguistique qu’à appréhender les banalités ou les faussetés qui sont parfois débitées d’un infiniment docte ton.
Enfin, je n’ai pas, de ces trois jours, écrit.
En écoute : Arthur H., “Les parures secrètes” (Pour Madame X, 2000)
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L'Europe n'est pas hors de portée...
13:50 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 03 novembre 2005
Rue Jehan de Daillon
18:00 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Où sont passées les lumières? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 31 octobre 2005
Vue pyrénéenne agrémentée d'une énigme
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Bordeaux barbapapesque
15:05 Publié dans Hors Touraine, Où sont passées les lumières? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 28 septembre 2005
...115...
mardi, 20 septembre 2005
Horsarrieu, août 2004
12:30 Publié dans Hors Touraine, Où sont passées les lumières? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Zoo de Beauval: béton paysager
07:25 Publié dans Hors Touraine, Où sont passées les lumières? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 12 septembre 2005
Le Lude
Hier, à l'occasion de l'une de nos régulières visites à la grand-mère de C., qui habite La Flèche, nous avons revu le château du Lude, que nous avions visité avec cette même grand-mère et la mère, décédée en 2001, de C., en août 1994, par une belle canicule.
Hier, il faisait bon, une chaleur d'été finissant, agréable. Le château présente quelques atouts indéniables, à commencer par son parc, l’admirable muraille qui le ceint, le grand portail aux tourelles massives, par lequel on n'entre pas. La chapelle est médiocre, avec une écurie tout aussi terne, mais la visite du château est très intéressante, j'en avais gardé un très bon souvenir, à tel point que j'ai dû demander à la guide (une espèce d'excentrique maigrissime et qui récitait sa leçon sans nécessairement la comprendre) si les fresques représentant l'arche de Noé étaient déjà visibles il y a onze ans ; elles n'ont été, de fait, redécouvertes qu'en 1998.
Le château est encore habité, sert de résidence secondaire, mais les descendants, propriétaires, semblent un peu plus cultivés ou un peu moins sots (à l'exception d'un goût douteux en matière de portraits de famille) que ceux de la famille de Luynes, dont je m'étais plaint il y a quelques jours. On n’échappe pourtant pas à tout un laïus sur l'âge des enfants, les loisirs de la comtesse, et toutes autres fariboles aristocratiques pour épater le visiteur, qui, d'ailleurs, ne manque jamais de s'esbaubir. Nous aurions préféré plus de détails sur les trois magnifiques tapisseries de Flandre, ou sur les deux portraits, superbes, du duc et de la duchesse d'Orléans, portraits qui se trouvent dans la salle de bal et qui rendent magnifiquement hommage à ces deux héros ambigus des Mémoires de Saint-Simon ; à titre personnel, j'aurais aimé être certain que les trois croûtes attribuées sans hésitation par la guide à François Boucher n'étaient pas des copies, car ces toiles exposées dans le grand salon sont d'une maladresse technique très étonnante de la part de leur auteur présumé. Si quelque lecteur de ce blog en sait plus long sur ce sujet, je suis avide de renseignements.
Il y aurait bien d'autres remarques à faire sur certaines des splendeurs ou des beautés offertes au regard en ce château du Lude, et le mieux, une fois encore, n’est-il pas d'en recommander la visite ? Cette note est publiée sous deux catégories contradictoires, Sites et lieux d'Indre-et-Loire et Hors Touraine, mais c'est que, sans s'être en Touraine à strictement parler, ce château en est voisin. De plus, quoiqu'il ait été construit au bord du Loir, c’est un château qui s'apparente aux célèbres et si touristiques « châteaux de la Loire ».
11:15 Publié dans Hors Touraine, Sites et lieux d'Indre-et-Loire | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
mardi, 30 août 2005
Epigraphe
Nous, Olivier** de Clisson
Et Marc-Antoine Charpentier,
Ensemble nous nous éjouissons
En ce fatidique sablier*.
................
* Synérèse obligatoire (en hommage d'ailleurs à Trompe-la-Mort de Brassens).
** Diérèse obligatoire (en hommage à...).
17:25 Publié dans Autres gammes, Ecrit(o)ures, Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La Place du Tertre
Fragment dédié au Vrai Parisien :
Malgré ses guinguettes et le caractère peut-être imaginaire de ses souterrains, l’endroit reste l’un des plus parfaitement lugubres qui soient. Quand il ne fait pas beau et que le paysage s’estompe dans la brume, la place du Tertre est comme la nacelle d’un ballon perdu.
(Lise Deharme. Eve la blonde, p.96)
08:40 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 27 août 2005
L’appel de l’abréviation
Vendredi matin
Au moment où, dans la presse - spécialisée ou non – il n’est question que du nouveau roman de Bret Easton Ellis, Lunar Park, autofiction largement inspirée de American Psycho, je me surprends à me rappeler ma lecture de ce roman, au printemps 2000, mais aussi (comme je jette ces quelques lignes sous forme abruptement télégraphique, sur une feuille de papier) à m’interroger sur la coïncidence entre les initiales de l’écrivain et le sigle français du Bureau Européen de l’Environnement, dont mon père est, depuis quelques années, l’un des responsables, ce qui ne va pas sans susciter quelque inquiétude, car Lunar Park se fait aussi l’écho des malaises de l’écriture après la mort du père.
09:35 Publié dans Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 26 août 2005
Addendum à Plieux (II)
J'oubliai de signaler aussi, entre autres désirs brûlants, que la visite du château de Plieux m'a donné l'envie de me replonger dans L'Inauguration de la Salle des Vents (Fayard, 2003), maintenant que j'en connais de visu le principal et éponyme personnage. C'est un roman admirable, qui, de surcroît, fut le premier que je lus lors de notre emménagement dans la maison de Tours, où je viens de revenir.
15:59 Publié dans Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 20 août 2005
Tramway de Bordeaux
J’avais annoncé cette note, à moitié par plaisanterie, ou pour titiller d’éventuels Bordelais, ce qui m’a permis d’apprendre, de fait, que Philippe[s], remarquable blogueur, était de cette cité. C’est que nous redécouvrîmes, mardi j’allais dire dernier mais en fait pénultième (le mardi 9 août, quoi), Bordeaux tel que nous ne l’avions pas connu lors de nos chères études, c’est-à-dire desservi et traversé par ce tramway qui a fait et fait encore couler tant d’encre, et dont je me contenterai d’écrire ici, sans préjuger d’autres éléments que mon bref passage n’a pu me permettre de distinguer, qu’il a considérablement réduit la durée des transports par rapport aux exclusifs autobus de naguère*, et qu’il a enfin donné son lustre à la cathédrale et à la tour Pey-Berland, car cette place, auparavant vouée aux embouteillages et à la grisaille motorisée des voitures, est désormais quasi piétonnière, et, à la faveur d’un ravalement, ressemble enfin à une place digne d’une grande cité de province.
* vingt minutes du lycée Victor-Louis
19:25 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
La collection Simonow à Flaran
L’abbaye de Flaran s’enorgueillit, pour sept ans je crois, d’un partenariat avec le collectionneur privé Michael Simonow, dont la collection est exposée par petites touches, selon un principe tournant: chaque année, une partie de la collection s’offre au public. Ce sont environ trente-cinq œuvres que nous vîmes, ce 15 août, à Flaran, outre l’abbaye elle-même et ses bâtiments conventuels, dont je n’avais gardé, je dois l’avouer, qu’un souvenir ténu ou flou depuis ma dernière visite, vers 1994 (mais elle est très belle).
Le plus curieux, c’est que ce collectionneur ne semble pas avoir de parti pris évident, et qu’il fonctionne au coup de cœur, sans réelle cohérence, si ce n’est un intérêt évident pour les portraits et pour le tournant du siècle dernier. Le plus gênant, de mon point de vue, c’est que ses coups de cœur n’entrent que très partiellement en résonance avec mes goûts, et que je n’ai que faire des deux croûtes de Léon-Auguste Lhermitte, par exemple, qui sont ici exhibées. Toutefois, la deuxième salle présente plus d’intérêt, avec, notamment, un Pas de deux ailé de Rodin, époustouflant de grâce. Une Jeune fille de Piazzetta et une nature morte de Suzanne Valadon ont aussi retenu mon attention.
Dans son que nous avions le sentiment d’avoir déjà vu (mais où?), Renoir trace ce mélange de joie et d’inquiétude qui est aussi le propre des scènes maritimes ou florales du sujet. Renoir, d’ailleurs, ne s’est jamais aussi peu regarder peindre que dans ce portrait d’un confrère (puis-je risquer ce mot?).
Nous avons acheté la «jaquette», qui recèle dix reproductions grand format d’œuvres exposées, et plusieurs feuilles photocopiées de format A4, ce qui ne donne pas une très haute opinion de l’investissement du Conseil Général et des instances culturelles dans cette exposition, dont il est fait, par ailleurs, un battage assez impressionnant (jusque sur les murs de Bordeaux, où l’affiche partout s’étale*). Parmi les dix glaçages de la jaquette, la marine de Monet est donnée dans des teintes nettement plus vertes que l’original, à moins que ce ne soit l’éclairage extrêmement sombre qui soit responsable de ce hiatus. Rentré chez soi, n’ayant plus le tableau devant les yeux, on se perd en conjectures.
* La fréquentation assidue du Fou d’Elsa me ferait-elle passer, à mon insu, des alexandrins cachés au vers de seize syllabes?
17:55 Publié dans BoozArtz, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Addendum à Plieux (1)
De meute ni de chiens, nous ne vîmes ni n'entendîmes mie. Autrement dit, Stephen a raison: l'un des silences ou l'un des vides les plus surprenants, c'est l'absence de labradors à Plieux.
15:55 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Visite de Plieux le jour de l'Assomption
(18 août, cinq heures de l’après-midi)
Quinze août, trois heures. La voiture s’approchait de Plieux, par le même chemin emprunté cinq ans auparavant, et le conducteur s’étonna du carrefour qui indiquait que le chemin de droite conduisait à Plieux (1,8 km) et que celui de gauche était recommandé pour le château (avec le sigle des Monuments historiques). Pourtant, si la visite de 2000 avait capoté car le site était fermé, une chose était sûre: le château était au cœur du village. Y avait-il là un désir particulier que les visiteurs arrivassent d’un côté plutôt que de l’autre, avec telle vue plutôt que telle autre? D’emblée, nous voici dans l’énigme.
Une fois la voiture garée sur la placette qui se trouve au bas du château, le conducteur, qui avait vu le grand portail en contrebas, s’imagina que c’était là la seule entrée, au lieu de se rendre directement au petit portillon situé tout près de la placette. (Dans tous les cas, cela doit ajouter trente mètres à l’itinéraire, et, si je fais remarquer cette autre bévue, c’est qu’elle semble montrer un goût poussé du maître des lieux, Renaud Camus, pour les ambages et bifurcations: pourquoi ce lieu aux choix cachés?)
Sonnons à la cloche! La cloche tinte! Un bruit de pas dans l’escalier. Un jeune homme finement barbu et moustachu vient nous ouvrir: ce doit être Pierre, le compagnon de Renaud Camus. Il nous demande gentiment de patienter en attendant la fin de la précédente visite (des Britanniques) et nous ouvre les deux salles jouxtant la tour, où se trouvent exposées plusieurs œuvres de Marcheschi: de quoi bellement patienter, indeed! Ces murs austères, cette pierre rugueuse et suave se prête merveilleusement aux grandes brûlures, aux jeux ignés et fuligineux du peintre. Longue admiration et déambulation.
Ensuite, notre guide revient, la visite commence, vite interrompue par un couple qui souhaite visiter mais a oublié l’argent dans la voiture. Pendant que le monsieur retourne à la voiture, nous discutons avec notre guide, qui nous explique le sens de la démarche et les techniques de Marcheschi. Trop timide jusque là pour avancer un pion, je lui fais comprendre que je connais l’artiste et la collection de réputation, mais que c’en est la première vision. “Ah, vous êtes des lecteurs du Journal, peut-être?” “Oh, du Journal et des autres pans de l’œuvre…” répondis-je.
Comme Monsieur Pierre (c’est une citation) comprend que je suis membre de la SLRC, il s’avoue confus de nous avoir fait payer. Je ne suis pas à jour de cotisation, mais la vraie raison en est que, parfois, on veut payer. (Je ne suis pas, contrairement à ma mère ou ma sœur, du genre à réclamer ma réduction enseignants à 5% dans les librairies, par exemple.)
Le monsieur revient enfin de son expédition en quête de sous, et la visite peut commencer. Je n’en dirai pas grand chose, car je crois qu’il faut visiter Plieux, non pour l’amour de l’œuvre de Renaud Camus, mais pour la singularité du lieu, qui ne ressemble véritablement à aucun autre château habité par des particuliers et ouvert à la visite que je connaisse. La «décoration» (thanked be Jean-Paul Marcheschi) y est pour beaucoup, bien sûr, et le goût du maître des lieux en matière d’ameublement et d’espaces épurés. Mais la vastitude des pièces et leur faible nombre tracent un trajet sans pareil.
Si l’on connaît l’œuvre du propriétaire, l’attente est sans doute importante, car de nombreuses pages ont servi à dessiner les contours de ce château, à faire deviner tel détail de telle pièce. La contemplation de la bibliothèque, par exemple, prend un sens différent selon que l’on est familier de l’œuvre ou non. Dans mon cas, la surprise est venue de l’escalier et de l’enchaînement des pièces, dont je n’étais jamais parvenu à me faire une idée exacte. Comme mes livres sont à Tours, je n’ai pu vérifier non plus où se trouvaient les pièces de commodité (salle de bains, cuisine), qui, naturellement, ne se visitent pas, et dont je ne parviens pas à comprendre où elles se trouvent. (Bon, j’ai une quasi-certitude, mais, plutôt que d’écrire des âneries, je préfère, pour une fois, passer pudiquement!)
Les Morsures de l’aube et Nuits sont certainement le fleuron des deux étages, mais une autre surprise est venue, pour moi, de nombreuses statuettes ou objets “primitifs”, que je pense africains (mais d’où exactement?), dont un cimier remarquable admiré dans la bibliothèque (et qui a détourné longtemps (longtemps, c’est-à-dire, à l’échelle d’une visite d’une heure au plus (hélas), deux minutes) mon attention des tranches). Héritage d’une “autre vie”, ou goût persistant de Renaud Camus pour l’art africain, dont je n’ai pas gardé le souvenir ou qui s’exprime dans des textes que je n’ai pas lus (ou qui constituerait le vrai jardin secret de l’écrivain…)?
Nous avons dû, évidemment, quitter les lieux à l’issue des quarante minutes de visite, non sans avoir posé plusieurs questions sur tel point d’histoire ou d’architecture (et notre guide fut, comme on pouvait s’y attendre, incollable). Sur le chemin du retour, une énigme n’a pas été résolue: quel pouvait être le Pléiade absent de son boîtier, entre Kafka et Mallarmé? (à vos méninges)
Une autre énigme, de mon point de vue, c’est la présence, sur les rayonnages, de toutes les pièces de Jean-Luc Lagarce, dont je ne connais qu’un seul opus, vu à Beauvais, et dont j’avais conclu qu’il s’agissait d’un dramaturge ultra-mineur, sans inventivité. La pièce que nous avions vue (en 1999) s’intitulait Derniers remords avant l’oubli, était sans intérêt tant pour son texte que pour la mise en scène, et a été montée plusieurs fois depuis, dont l’an dernier à Tours (à moins que ce ne soit une autre du même, j’ai un doute subit).
Cette fois-ci, nous ne nous sommes pas cassé le nez à Plieux. Sur le chemin de retour, nous étions encore sous le charme des prouesses brûlantes de Marcheschi et de cette rencontre curieuse, en léger porte-à-faux, entre une œuvre lue et sa matérialisation partielle.
15:20 Publié dans BoozArtz, Hors Touraine, Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
jeudi, 18 août 2005
In memoriam Michel Antoine
Il y a neuf ans mourait Michel Antoine, professeur d'anglais qui avait commis l'irréparable erreur de se trouver, pendant les fêtes de Dax, sur le chemin d'un de ses anciens élèves, qui le roua de coups jusqu'à ce que mort s'ensuive, avec l'aide de deux complices.
Aujourd'hui s'achève l'édition 2005 des prétendues ferias. Que ceux qui aiment "faire la fête", et que ceux qui leur trouvent tous les droits, n'oublient jamais que le festayre est aussi, parfois, un assassin. Il n'y a pas que les taureaux qui trouvent la mort pendant les fêtes.*
06:55 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 17 août 2005
La Terrauboise, à Terraube (Gers)
Craignant, après nous être cassé le nez à Valence-sur-Baïse, de ne trouver ni restaurant ni épicerie où trouver de quoi nous sustenter en ce 15 août, nous fûmes bien contents de trouver, avant Lectoure, un restaurant assez agréable, La Terrauboise, dans le très joli village de Terraube, jusque là inconnu de nous (nous empruntions, lors de nos précédents trajets, un autre itinéraire), et où se trouve un superbe château qui fera l’objet d’une visite une prochaine année ou ès calendes grecques.
Le restaurant, pour m’en tenir à ce seul côté connu désormais de la commune, n’est pas exceptionnel, mais très honnête. L’entrée du menu à 26 euros, un gaspacho de petits pois au foie chaud, ne rendait guère justice au foie frais cuit, qui n’était peut-être pas d’une qualité irréprochable de toute façon; mais, dans tous les cas, si l’idée mérite réflexion, la réalisation laissait à désirer (le foie était noyé dans le gaspacho, au goût, du coup, passablement écoeurant) et suscitait quelque regret que le foie n’ait pas été servi de manière plus traditionnelle, c’est-à-dire poêlé avec un peu de gros sel. Le plat principal, en revanche, était irréprochable: il s’agissait de ris de veau aux morilles, sauce succulente et infiniment tiounquable, le tout accompagné de ravioles au foie frais (dispensables mais réussies). Le dessert était une crème brûlée à la verveine, très douce et qui clôturait parfaitement le déjeuner.
Nous dînerons une autre fois à l’Hôtel de Bastard.
23:15 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Silence & emphase
Mon silence de ces deux derniers jours est lié à la panne informatique (qui s'avère être, apparemment, la mort de ma batterie bien-aimée, après trois ans de bons et loyaux services (une neuve est commandée auprès de Lespiauc Informatique, à HAgetmau), ce qui fait que je peux de nouveau, depuis ce matin, travailler, ayant enlevé la batterie et reliant directement l'appareil au secteur) et aux déplacements, avant-hier dans le Gers et hier à Saint-Pierre-du-Mont, chez mes grands-parents maternels, avant de rallier la "patrie douce et chère" de C.
Des dizaines de notes à écrire, sur des sujets qui me tiennent à coeur, et il a fallu, ce matin, que je réagisse à chaud au commentaire de Sylvain Cottin, qui (si c'est lui, toujours (je me méfie des plaisantins depuis les driouteries de juillet)) a pris la mouche sur mon piteux calembour à reconstruire, ne s'apercevant pas que ce n'est pas habituellement le genre de la maison et qu'il y avait donc un effet-miroir de sa propre médiocrité imbécile (de sorte que Roucas, oui, d'un certain point de vue, c'est surtout l'auteur de l'infâme article sur les curistes pendant les fêtes de Dax), mais qui ne se défend nullement des accusations de gérontophobie. S'il existe bel et bien un "péril jeune", c'est celui qui consiste à voir des vieux partout, et surtout à les mépriser. Pourtant, bien des grandeurs du monde sont venues d'hommes et de femmes qui avaient une certaine expérience de la vie.
Autre point que Cottin ne relève pas, sa totale mauvaise foi et sa célébration implicite des festayres, qui se rendent pourtant coupables, chaque année, d'abus et de méfaits. J'attends votre réponse, Monsieur...
14:39 Publié dans Hors Touraine, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 13 août 2005
Villes (1)
9 juillet 1998 (mais écrit ce jour)
Dans le caveau, où que l’os tende
Une pitié de pacotille,
Chère, vêtez votre mantille
Et sous le vent qui nous titille,
Rallions prestement Ostende.
10:00 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Knokke-le-Zoute, tout de go
Ma mère, revenant d’arroser le persil et relever le courrier chez les voisins dont elle garde la maison, nous apprend qu’il y avait, dans la boîte à lettres, un numéro du Figaro Madame dont la couverture arborait le titre suivant : Knokke-le-Zoute, le chic des plages du Nord.
Moi qui, vers six ou sept ans, chantais avec joie Knokke-le-Zoute Tango (ça reste un de mes classiques, si je veux délirer un bon coup), ai saisi, à l’été 1998, toute la portée ironique du refrain, en visitant la Belgique et m’apitoyant sur ces affreuses stations balnéaires, dont Knokke est sans doute la plus laide. Tout est possible.
07:55 Publié dans Autres gammes, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 12 août 2005
Corrida
J’ai l’impression que le débat autour de la corrida, qui fit rage dans les années 1980, s’est éteint, et que tout un chacun, dans son petit individualisme conformiste, tolère cette barbarie montée en épingle et mise en spectacle.
Comme la tauromachie a connu un regain d’intérêt de ma part cet été, avec plus de courses landaises vues en un mois qu’au cours des trois années passées, j’ai mis au point la formule suivante, pour chercher à définir et dénoncer l’actuel ensevelissement de la vraie tradition gasconne:
La victoire progressive, l’empiètement bientôt définitif de la corrida sur la course landaise marque le triomphe des beaufs sur les ploucs.
A cette aune, et à tout prendre, je serai toujours du côté des ploucs.
18:35 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 10 août 2005
Hallebardes
Bien m'a pris de ne pas publier Fata morgana dans la soirée, comme j'en avais l'intention: écrite vers trois heures et demie, il était préférable qu'elle fût publiée en temps réel, car cela fait maintenant deux heures qu'il tombe, à la faveur d'un orage, des hallebardes sur le Pays d'Orthe.
18:42 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Fata morgana
La pluie aura passé comme un enchantement : quelques secondes, une dizaine de grosses gouttes aussitôt séchées par le vent. Les Landes connaissent leur pire sécheresse depuis fort longtemps; imaginez, il n’a pas plu, quasiment, depuis novembre dernier. Wie eine Fata Morgana…
15:45 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Insister ou se désister
Comme l’orage ne cesse de menacer, comme la pluie ne tombe jamais, les arbres desséchés meurent, et l’herbe, de jaune, blanchit; le tonnerre gronde au loin, mais l’eau tant désirée ne semble pas vouloir venir, désespérément lointaine.
Les sollicitations amicales et familiales, doublées d’une soudaine aphasie, inertie, m’ont fait dériver, voguer à vau-l’eau. Je n’ai pas vraiment lu Cioran. A peine l’ai-je feuilleté: c’est le genre d’auteur que, typiquement, je dois être en bonne santé et avec le moral gonflé à bloc pour lire. Dans l’état où je me trouve, il m’ennuie aussitôt. Et d’ailleurs, je lis peu depuis une semaine. Je reprends tout de même mes esprits, un peu, avec les quatre premiers livres des Châtiments, qui me donnent surtout l’envie, une fois que je serai rentré à Tours, de me replonger dans les Tragiques.
J’ai commencé aussi Longlive ! de Menan Du Plessis, une romancière sud-africaine que je ne connaissais, depuis longtemps, que de nom, mais qui écrit remarquablement bien. Son livre me fait l’effet d’être la face lumineuse du roman de Tariq Goddard lu récemment, obstinément (quoique bellement) cynique.
L’écriture… A peine si j’ai pu, en une poignée de secondes, ternir chaque jour la face, désembuer la vitre de ce carnet de toile. Mettre à la voile.
Je sais fort bien quel sens a mon existence. C’est plutôt le désarroi ou le désespoir des autres qui m’a affecté ces derniers temps, et m’a rendu sans voix, ou inintelligible (à moi-même). Si je sais dans quel sens vont mes cheminements, je me suis désentiché, peut-être passagèrement, de Touraine sereine, ne trouvant plus, à cette œuvre de chaque jour, la même consistance, mais comprenant pourtant que, si je ne persistais pas à inscrire une trace, même minime, même moindre, chaque jour, le fil serait rompu, peut-être inéluctablement.
Le vent souffle dans les branches rutilantes du lajerstraëmia (orthographe ?), le tonnerre ne se fait plus entendre, même au loin, et la pluie tant attendue, tant désirée, n’exauce pas nos vœux.
Consistance et persistance. Il en était question deux paragraphes plus haut. Persister, mais à quoi bon ? Dois-je l’écrire ? Ce qui m’encourage à poursuivre l’expérience, à redoubler d’efforts, ce sont mes quelques lecteurs. Oui, c’est toi, et toi encore. Lire un commentaire d’encouragements, puis constater que, malgré le désert toujours plus régnant, une petite centaine d’internautes continuent d’aller voir s’il vente sur ces rives, cela m’encourage à persister. Mais avec quelle consistance? En quoi mon projetconsiste-t-il? N’était-il pas fatal qu’éloigné depuis bientôt un mois de la Touraine qui devait en être le sujet principal, ce carnet ne se disperse, ou n’aille à la dérive? (Il y a, dans la phrase qui précède, une vilaine (ou hardie, c’est selon) asyndète, que je laisse mélancoliquement fouetter vos yeux striés de sable.)
Persister selon quelle consistance?
Me contenter de publier des textes anciens? Ce serait un faux-semblant.
Sombrer dans le strict cadre du journal intime? Tel n’est pas mon propos.
Me contraindre, tête baissée, à écrire des recensions de tel disque écouté, de telle chose vue, de tel livre lu? Vanitas…
De grosses gouttes choient sur l’herbe et le pavé. Dans la maison où j’écris, celle de mes parents, où le laconisme me guettait, l’aphasie m’affolait, la pluie répondrait-elle à mes doutes en offrant sa berceuse d’eau? Ou ne seront-ce, selon l’expression de ma mère, que «trois gouttes», comme si ce carnet lui aussi lançait ses dernières lueurs?
(Cinq minutes plus tard.) Il ne pleut déjà plus.
15:30 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine, WAW | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 09 août 2005
Pélerinage
De retour de Bordeaux, où je n'échappai pas à l'effarement nostalgique, qu'au moins C. ne refusa pas de partager. More on that later...
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vendredi, 05 août 2005
Gaas
J'ai reçu aujourd'hui, de mon père, ce courrier électronique:
Attention ! La commune de Gaas a fait des travaux et il y a un ralentissement à 30 km/h dans la traversée du village. Mais même à 30 km/h cela a secoué terriblement la Kangoo !!! Que celui qui conduira pour venir à Cagnotte se méfie pour ne pas secouer A.! Bises à tous. A bientôt ...
Gaas qui pourtant toujours fut la commune dite "de l'anti-matière". C'est tout dire.
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dimanche, 31 juillet 2005
Cornus
Il a été question, hier, de course landaise et du grand concours landais de Hagetmau, qui compte pour l'escalot. Afin que personne ne confonde ce sport d'une grande beauté avec l'infâme corrida, qui l'a à peu près supplanté dans tout le Sud-Ouest (on a bien raison de dire que la mauvaise monnaie chasse la bonne), ni avec les affreux jeux de vachettes d'Intervilles et consorts, je vous renvoie vers quelques sites, comme celui de la commune de Saint-Aubin, une page de l'Université de Pau, ou encore, évidemment, celui de la FFCL.
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Connus
J'avais de nombreux projets de note, mais ce carnet de toile va prolonger encore quelques jours son sommeil, par manque de temps.
En effet, quoique gravement malade, mon beau-père a invité plusieurs de ses amis, comme traditionnellement, pour les fêtes de Hagetmau, mais il ne va pas très bien, peut-être suite au nouveau traitement ou, dans tous les cas, du fait d'une aggravation de son cancer. Ce n'est pas facile, car, comme les chimios ne donnaient rien, ses cancérologues de Bordeaux et Mont-de-Marsan lui ont fait commencer depuis mardi un traitement expérimental, plus ou moins du cobayage en fait.
Heureusement, ces amis que nous connaissons savent eux aussi la gravité de son état, et nous pouvons compter sur leur soutien et leur aide. L'un d'entre eux, arrivé hier, et qui était passé à Tours pour plusieurs jours au début du mois de juillet 2004, s'installe cet été dans l'Aveyron, où il vient d'obtenir sa mutation, à quarante-sept ans, las qu'il se trouvait de survivre à Paris. Un autre, que nous ne connaissions pas, et plus jeune que C. ou moi, est arrivé lundi dernier; rugbyman amateur, il va s'installer à Hagetmau en espérant faire son trou dans l'équipe. Il est très gentil, mais extrêmement timide, assez aux antipodes de ce que l'on perçoit, dans le Sud-Ouest, comme des qualités proprement rugbystiques (grande gueule, dragueur, etc.).
Arrivent aujourd'hui, de Caen, C° et D°, avec leur fils, âgé de onze ans.
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samedi, 30 juillet 2005
Conçus
Où suis-je de retour?
Non en Touraine, en fait, mais plutôt, de la station balnéaire sans charme où je me trouvais ces quelques (quatre) jours, revenu à Hagetmau, où j'ai assisté, hier soir, au concours landais qui compte pour le Championnat de France (l'escalot) mais non pour le Challenge Landes Béarn (comme les courses landaises) et où l'on a pu voir un bel exemple d'iniquité, puisque le vainqueur, Christophe Avignon, était de très loin inférieur au second, Loïc Lapoudge, et même, à mon sens (mais celui-ci a subi quatre vilaines tumades) au troisième, Christophe Darzacq. Où l'on a pu voir aussi un cordier tirer trop et décaler la vache en fin de course; une corne d'or, à la dernière sortie, qui ne méritait nullement ce titre; un sauteur imbu de lui-même et sûr de gagner (il l'a emporté, fort peu élégamment pourtant). Sur la dernière sortie, les deux écarts intérieurs de Lapoudge étaient meilleurs que ceux du vainqueur, Avignon, à tel point que, dans la talenquère d'où j'assistais au concours et où ne se trouvent que de vieux spécialistes chevronnés, tous étaient sûrs de voir "Loïc" (comme ils le nomment) emporter la timbale.
En quatre jours et demi loin du carnet de toile et de l'ordinateur, quelques projets d'écriture furent conçus, mais non réalisés, destinés à rester dans les limbes de l'inécrit.
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dimanche, 24 juillet 2005
Château d’Audaux
Dans son Guide du Béarn (La Différence: 2003, pp.302-3), Louis Laborde-Balen fait grand cas du château d’Audaux, de fait très impressionnant, construit au début du dix-septième siècle par le sénéchal de Gontaud, avant de passer successivement aux mains du président du parlement de Navarre, de Gassion, des Talleyrand, puis de la famille d’Antoine d’Abbadie d’Arrast. Il est occupé, de nos jours, par l’œuvre des orphelins d’Auteuil, dont l’auteur du guide voudrait nous faire croire qu’elle n’a pas endommagé le site, ce qui me semble un brin curieux, à la seule contemplation des terrains de basket tout proches de la grille d’entrée principale.
Le château ne se visite pas, à l’exclusion du parc. Comme il y avait, ce week-end, une démonstration de vol de montgolfières, les alentours du château étaient défigurés, de surcroît, par plusieurs véhicules tout-terrain garés auprès, une espèce de buvette, et enfin ce que j’ai pris pour une rampe de lancement (mais je ne m’y connais absolument pas en montgolfières). Tout cela n’a pas contribué à me convaincre des éloges, lus a posteriori, de M. Laborde-Baren.
Le plus absurde, dans l’affaire, c’est que les nombreuses (nous a-t-on dit) montgolfières de ce festival étaient parties à six heures du matin et revenaient à sept heures du soir au plus tôt, ce qui fait qu’il y avait là une famille de touristes totalement désabusés, voire profondément déçus, venus exprès pour cette débauche de toiles colorées s’envolant rondement vers les cieux céruléens, et qui n’ont rien vu. Il est certes étonnant d’organiser une démonstration de vol de montgolfières, et d’en faire, à tous les carrefours, la promotion, pour que le quidam qui fait le détour, même de manière non préméditée, se trouve face à un zinc déserté et un château devancé par quelques véhicules hideux…
Cela dit, et si je cherche à faire abstraction de toutes ces regrettables excroissances, le château est fort beau, de facture on ne saurait plus classique, avec de nombreuses dépendances, le tout très austère, mais avec un charme clair, vif, preste. Peut-être est-ce pousser le paradoxe un peu loin, mais je crois avoir préféré, du village, les dépendances du château qui se trouvent de l’autre côté de la cour d’honneur, avec leurs trois blocs subtilement hétérogènes, et (comme elles font penser immanquablement à ce triumvirat) deux des maisons qui bordent la rue centrale: l’une, toute en longueur, presque une longère; l’autre, au contraire, bien carrée, pierreuse, lumineuse aux regards extérieurs, bordée d’un muret plus sombre.
18:50 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Clichés
Les quatorze photographies prises sur le site du dolmen représentent successivement:
1. A. sous le dolmen, penché, montrant du doigt un objet au sol (***)
2. A. devant l’entrée du dolmen, de trois-quarts
3. Mon beau-père aidant A. à gravir le dolmen
4. A. assis sur le dolmen, imitant, serré sur lui-même, la neige éternelle qui ne fond pas en haut des montagnes
5. A. mi-debout sur le dolmen, de profil, les deux bras tendus à la verticale vers la pierre
6. Mon beau-père, en plongée, faisant le tour du dolmen
7. A. et moi, assis sur le dolmen, «faisant la louche» sur fond de route
8. A. et moi, assis sur le dolmen, sur fond d’arbres
9. Mon beau-père et A., de dos, près de la fenêtre du dolmen qui donne côté route
10. Mon beau-père et A., en contre-plongée, capturés depuis l’entrée du dolmen, où je me tenais accroupi
11. A., en pied, un bâton à chaque main
12. C. devant la haie d’arbres
13. C. et A., entre la haie et le banc
14. Plan élargi par rapport à la précédente, avec le dolmen à l’arrière plan, à droite
17:40 Publié dans Ecrit(o)ures, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Détour par le dolmen de Buzy
Voyager avec un enfant de quatre ans passionné de préhistoire (en un sens parfois confus) implique certains choix dans les visites, et notamment, dans mon cas, de ne pas rater le moindre dolmen. Le dolmen de Buzy, qui a été déplacé mais remarquablement resitué lors de la construction de la voie de chemin de fer attenante, est le plus important du Béarn, et il se détache, pareil à une grosse tortue de pierre, dans un pré bordant la route, à l’entrée du village de Buzy (en venant d’Arudy); d’autres monolithes peuplent le pré voisin, où a été aménagée, avec assez bon goût, une aire de pique-nique.
16:30 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Au ZOO d’Asson : le Musée de Madagascar
Ce petit parc zoologique — qui abrite surtout des volières d’oiseaux exotiques, des lémuriens, des petits singes, mais aussi cinq espèces différentes de gibbons, mais où j’ai vu, pour la première fois, fort actif, un petit panda — s’enorgueillit de deux superbes serres ou verrières absolument inutilisées, mais aussi d’une bâtisse peinte de blanc et de rouge, dont l’écriteau suivant énonce l’identité :
« Ce bâtiment ressemble à une case traditionnelle de la côte Est de Madagascar. Sous le regard bienveillant du Président de la République Philibert Tsiranana, père de l’Indépendance, vous découvrirez de nombreux objets authentiques en provenance de la Grande Île. Vous verrez, entre autre [sic], une très vieille statue qui ornait un tombeau du sud de l’île (don de Mr TSIEBO Calvin [re-sic], vice-président de la République, lors de sa venue au zoo d’Asson en 1968). Dans la deuxième pièce se trouve une collection de minéraux et de peintures malgaches.»
Mais ce musée était fermé.
15:20 Publié dans Affres extatiques, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les Deux Palmiers, à Nay
Si vous voulez être certains de très mal bouffer, de vous voir servir de la tambouille décongelée dans une gargote, pour les prix d’un restaurant moyen, allez déjeuner, comme nous hier, aux Deux Palmiers, à Nay. Expérience culinaire abominable. Les trois autres restaurants du patelin étaient fermés ; il manquait du temps pour pousser plus avant notre quête.
14:10 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
En vrac
Depuis hier, le bal des voitures a repris, chez les Destoesse. Hier, je me suis déshabillé et rhabillé quatre fois, pour diverses raisons: au réveil; avant le départ en virée; pour la douche du soir; en me relevant pour ma séance nocturne de pianotage et navigation sur Toile. Je dois encore ramasser les prunes pourries en façade.
Lundi dernier, j’oubliai d’écrire ici que l’Office de Tourisme de Dax propose, sur ses présentoirs, toute une série de cartes de visite faisant la promotion d’une «guérisseuse spirituelle», Marie-Luce Le Mappian, membre du G.N.O.MA. et de la S.N.A.M.A.P. ( ?); j’en ai volé une quinzaine, car je trouve ce genre de prosélytisme et de carabistouillage absolument scandaleux.
Connaissez-vous l’athérure, une sorte de petit porc-épic très vif, qui, hier matin au zoo d’Asson, n’a jailli de son nid que le temps de faire un tour circulaire, dévorer un fragment de fruit, et rentrer dans son nid, en tous points semblable à un de ces Glockenspiele allemands, dans lesquels des hallebardiers, des princes ou des reines se suivent en un défilé tintinnabulant et vaguement burlesque?
Il y a, à Bugnein, fort joli petit village du Béarn, une très belle maison de maître, certainement du milieu du 19ème siècle, repeinte, curieusement mais non sans charme, dans une sorte de jaune Marie-Thérèse assez inattendu dans ces parages.
La suite de mes aventures béarnaises dans de prochaines notes.
Sur le verre de la baie vitrée, une fine trace de sang, deux plumettes collées; une tourterelle aura percuté la baie.
11:10 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 23 juillet 2005
Plaque Hemingway (sortie Nord)
J’ai promis à Fuligineuse (encore elle…?) de dire en quelles circonstances il me fut donné d’assister à l’inauguration de la plaque célébrant le séjour de Hemingway rue du Cardinal-Lemoine.
C’était… ce fut… tout à fait par hasard.
En juin 1994, je vivais encore à Bordeaux, à Talence pour être plus précis. Je ne vivais donc pas encore à Paris, mais je m’y trouvais, à partir du 22 ou du 23, je ne sais plus, pour passer les oraux d’admission à l’Ecole Normale Supérieure. Pour cette deuxième tentative, j’étais hébergé par des amis, ou plutôt, des collègues de mes parents, dont les enfants étaient respectivement en hypokhâgne et Terminale au Lycée Henri-IV et occupaient un appartement rue Rollin.
L’aîné se trouve d’ailleurs être l’un des deux camarades avec qui j’avais fondé un Club C.P.N.. Il s’est désintéressé de protection de la nature depuis, et comme il était plus attaché à Paris que moi, qui ai toujours cherché à fuir la capitale, nous nous sommes définitivement perdus de vue après une année commune entre les murs du 45, rue d’Ulm.
Là n’est pas le propos. Un après-midi que je me trouvais à réviser, au troisième étage, donc, de l’immeuble, je fus distrait par un petit mouvement de foule, de l’autre côté de la rue. Il semblait y être procédé à quelque commémoration. Il était question de Hemingway. Après deux ou trois discours (un officiel de la Mairie, un responsable associatif quelconque, et peut-être un Américain), la plaque fut révélée. Je me souviens d’ailleurs que le tissu la protégeant était si bien accroché que le représentant de la Mairie manqua le déchirer, car le coin supérieur gauche ne suivait pas, et il fallut, à quelque sous-fifre, faire un petit numéro d’escalade pour détacher délicatement le tissu. C’était assez ridicule, et sentait la corrida d’opérette.
J’avais déjà lu, à l’époque, plusieurs nouvelles de Hemingway, mais aussi Fiesta. Je devais lire, l’année suivante, pour le séminaire de Toni Morrison, To Have and Have Not. Depuis, que je sache, pas une ligne de Hemingway.
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jeudi, 21 juillet 2005
Près du chemin de Ménaoupède
La poix épaisse et cotonneuse du brouillard nous préserve, ce matin, de chaleurs trop vives et trop précoces. J’aimerais écrire une ode à la vigne vierge, clairsemée cette année, et dont les feuilles, rouges près du toit, vertes près du sol, composent une toile chatoyante, douce. Je voudrais prendre moins de temps pour l’écriture, et j’aimerais que ma vie ne soit qu’écriture ; je voudrais avoir plus de temps pour lire, et je serais si content de pouvoir voyager, dériver — réinventer, sur mon chemin, les caresses des corps et la chaleur des étreintes. L’épuisant désir de ces choses, s’il n’est pas épuisant, se pose là, en triste insigne sire.
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lundi, 18 juillet 2005
Dax, la ville de rien
La pluie fine qui s’épanche sur Dax, hélas ne dura pas. Le vent aura vite séché ces quelques larmes, et assoiffé les prés, les champs, les bocages. Il est toujours curieux de constater, à chacun de mes retours dans ma ville natale, non seulement les changements de structure, les nouveaux bâtiments, les modifications du plan de circulation, les brusqueries de l’urbanisme, mais aussi, sur le chemin vicinal qui conduit de Cagnotte à Dax, en passant entre fermes et bois, telle maison en construction, tel carrefour dûment « rectifié »… pour le dire en paraphrasant, la forme d’une campagne aussi change plus vite que le cœur du mortel.
Entre autres motifs de tristesse, la librairie Campus, qui, sans être un haut lieu de culture, s’efforçait d’être le dernier endroit où pouvaient s’exhiber, s’afficher, se lire et se vendre des textes véritablement littéraires, a connu une refonte totale de ses rayonnages et même de son organisation, depuis notre dernier passage en février (où j’avais acheté Autoportrait en vert, le remarquable dernier opus de Marie Ndiaye), au point que ne s’offrent plus aux regards que les guides touristiques, les ouvrages d’ésotérisme, et les “bouquins dont on parle à la télé” (Souad, Pierre Perret, Frédéric Mitterrand et l’effroyable Marc Lévy). Il reste bien, pour qui cherche assidûment, un rayonnage d’où j’ai extirpé l’un des derniers textes parus de Dominique Fourcade, mais aussi le dernier roman d’Alain Mabanckou… mais je les ai reposés, car je refuse de cautionner ce genre d’entreprise de saccage volontaire. A mon côté jusqu’au-boutiste se substituera peut-être un état d’esprit plus positif demain, dans le genre « au contraire, il faut les encourager et leur montrer qu’il reste une “clientèle” pour Fourcade et Mabanckou ». Pour aujourd’hui, pas d’affaire. Nihil obstat. No pasaran.
J’avais sans doute eu l’esprit échauffé de voir, juste auparavant, ce à quoi les travaux de mise en valeur de l’Atrium Casino avaient fini par aboutir, à savoir : une couleur indéfinissable ; un centre culturel Leclerc vide de tout effort vers, ou de prétention à la culture (une horreur, puisqu’il faut parler net) ; une brasserie que l’on devine, à lire les menus, pour curistes ou touristes en tongs…
En bref, une promenade agréable dans les rues piétonnières de ma ville natale, avec quelques moments de doute ou de douleur, mais enfin, ce qui m’a frappé le plus, c’est le vide, le désert entre deux et quatre. D’ordinaire, les jours de petite pluie ou de fort vent, tout ce que la côte landaise compte de plaisanciers ou plagistes se retrouve à hanter et arpenter les rues de Dax. Ainsi allaient mes souvenirs des années 1980, et de, plus récemment, tous les étés passés en partie dans ces parages.
Ah si, ultime note sucrée, ne passez jamais à Dax sans acheter ne serait-ce qu’un palmier ou une suissesse (ou tout autre friandise) à La Tourtière, connue surtout et à juste titre pour ses remarquables « tourtières » (spécialité gasconne sans aucun équivalent ailleurs, quoique l’homonymie puisse vous laisser penser) mais où se cuit un attirail de pâtisseries fort bon marché et fort bonnes…
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dimanche, 17 juillet 2005
Sculptures romanes de Ferrière-Airoux (Vienne)
Feuilles de vigne, coquilles Saint-Jacques, figures masculines entrecroisées autour du linteau, tête de serpent marin, figures cheveux au vent soutenant les piliers… toutes plutôt abîmées, sur la petite église sans grand relief de cette minuscule commune désertique traversée par la départementale, sur les quatre heures de l’après-midi, et où, derrière le muret de pierres prolongé par une porte de bois, se laissait voir l’ancien presbytère, devenu la demeure de quelque notable (ou pas), face au Bar-Restaurant de la Place, fraîchement crépi et aux volets nouvellement vernis.
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samedi, 16 juillet 2005
Saint-Mandé sur Brédoire (Charente-Maritime)
Connaissez-vous le violon géant de Saint-Mandé sur Brédoire ? Sous la halle fraîchement restaurée, contre le mur de pierre, un violon de sept mètres sur trois, qui fut, dans les années 1930, un char lors de fêtes patronales, s’offre à l’étonnement des promeneurs, lesquels s’étaient tout d’abord arrêtés en ce bourg pour y admirer les sculptures de l’église romane.
Ces figures sculptées, justement, en fort bon état, sont distribuées le long de trois arcatures au-dessus du porche. Un monstre finement strié prend, dans sa gueule, le bras d’un petit homme gnomique. Un autre, à la crête hérissée de piquants, dévore la tête d’un être informe et penché. Une sirène serpentine joue de la harpe avec sa queue. Sur un chapiteau, un barbon vénérable écarquille les yeux. Oiseaux et orvets se succèdent. Y aurait-il un griffon ?
La place centrale s’appelle place Marcel-Fajoux.
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vendredi, 15 juillet 2005
Bords de la Creuse à La Roche-Posay, une heure et demie
Large, avenante, une douce avenue d’eau abreuve nos yeux et s’offre à nos regards.
Sur une table de bois, à l’ombre, oubliée, la casquette se morfond, attendant que s’achève la séance de lecture du grand livre aux larges caractères et aux aplats pastel. Sur une grande racine morte, surplombant l’eau, le père fait une sieste feinte, et c’est le moment ou jamais de courir comme un fou le long de la clôture électrifiée d’où deux chevaux bruns, se gavant de foin, jettent, par moments, de précieux regards.
Bien loin du Palladium, du remous, des frissons, de la cohue boulevardière, je cligne de l’œil.
08:15 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 14 juillet 2005
Les trois cimetières juifs de Peyrehorade
J’ai, sous les yeux, l’article « Les cimetières juifs de Peyrehorade », de Jean Harambat, paru hier 13 juillet dans l’édition landaise de Sud-Ouest, en dernière page du cahier local, mais aussi le tiré-à-part, prêté par mon beau-père, d’un article paru dans le n° 403 du Bulletin de la Société de Borda, dont l’auteur est une Peyrehoradaise nommée Claudine Laborde et dont le titre est, je vous le donne en mille, « La communauté juive de Peyrehorade aux XVIIe, XVIIIe, et XIXe siècles ».
Extrait du premier :
La coste de l’Hospitaou contourne un muret qu’on escalade aisément : derrière, c’est une infinité de dalles de pierres grises, moussues, couchées, cassées dans l’herbe jaunie. […] C’est le plus ancien des trois cimetières israélites que possède Peyrehorade, seuls témoins de la présence juive en Pays d’Orthe. Il comprenait près d’un millier de sépultures. […] Les défunts des familles juives disséminées à travers les Landes et le Béarn y étaient regroupés.
De la lecture du second, j’ai retrouvé les circonstances dans lesquelles les Juifs d’Espagne et du Portugal, mais aussi de Bologne, étaient parvenus dans ces parages, mais surtout appris les circonstances dans lesquelles les terrains furent achetés, qui devaient servir de champs de tombes.
Au Moyen-Âge, Peyrehorade se nommait Petreforente ou Petraforata, le premier, plus gascon, me semblant plus « actif », grammaticalement parlant, que le second. Quelle coïncidence toponymique, que je me sois penché plus avant sur mes origines peyrehoradaises le jour même où j’écrivais une note fort ligérienne sur la Pierre Percée. Isaac Da Costa, rabbin vers la fin du XVIIe siècle, l’espagnolise en Peña Orada, traduction par homophonie qui me semble détourner le sens étymologique.
Saluons ou exhumons, avec Claudine Laborde, Jacob Léon, rimailleur peyrehoradais du XIXe siècle, auteur du distique suivant :
Cesse de redouter l’impitoyable rage
Des ongles acérés d’une amante en courroux.
Et ce sera la devinette sur laquelle clore cette note ne sembla point vain : imaginez le vers qui précède le premier (rime en –rage) et celui qui suit le second (rime en –oux), afin de reconstituer le quatrain en rimes plates de Jacob Léon…
En écoute : « Le marché du poète » (Léo Ferré)
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mercredi, 13 juillet 2005
Cimetières (suite)
Manquant d'énergie, de temps plein, de quoi... de sérénité? manquant de ce nescioquid, je vais envoyer vous envoyer quérir ailleurs votre maigre pitance en attendant des jours de vache grasse, qui ne sauraient tarder à revenir.
Tout d'abord, il y a, dans l'édition papier du quotidien Sud-Ouest, aujourd'hui, un article très intéressant sur les cimetières juifs de Peyrehorade, chef-lieu de canton tout proche de mon village d'origine. J'ignorais qu'il y eût eu une importante communauté juive à Peyrehorade (prononcez "père au rade"), mais l'auteur de l'article va jusqu'à parler d'un petit Cordoue ou d'un Cordoue en modèle réduit...!
L'article, malheureusement, n'est pas en accès libre sur la Toile. J'en recopierai ici quelques paragraphes.
Je vous suggère aussi de lire l'excellent éditorial de Daniel Simpson, qui en dit long sur l'Amérique d'aujourd'hui, au-delà des clichés colportés par la presse française, qu'elle soit américanophile ou américanophobe.
21:50 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 11 juillet 2005
En transit
De l'hôtel Central à Chaunay, j'écris prestement cette brève note, afin d'expliquer mon relatif silence, puisque le voyage dont il était question pour samedi se déroule finalement sur ce début de semaine. Je serai bientôt de retour en Touraine sereine.
La chambe n° 1 de l'hôtel Central, à Chaunay, est très vaste, spacieuse, confortable, avec deux lits de 160, une baignoire à la limite du jacuzzi.
C'est l'anniversaire d'A., qui a passé et passe encore une journée exceptionnelle.
On n'a pas tous les jours quatre ans, pom pom pom...
19:25 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 07 juillet 2005
Parisnoïa
Ah, tout de même une bonne nouvelle: j'apprends que Paris n'a pas été choisie pour organiser les Jeux Olympiques. Nous échapperons donc à l'hystérie et au gouffre financier. Quand on voit ce que sont devenus les J.O., Pierre de Coubertin doit être content que le mistigri revienne aux Londoniens.
09:40 Publié dans Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 02 juillet 2005
Sieste
Des nuées de mouche d’orage sillonnent le salon où, assis dans le canapé, j’écris quelques notes, pendant la «sieste» de mon fils. Il ne fait plus la sieste depuis belle lurette ; il a cessé de s’adonner à ses trois heures de sommeil post meridiem vers octobre ou novembre, mais il accepte de se coucher et de rester au repos une petite heure ; parfois même, fort infréquemment, il s’endort.
L’un des plus jolis villages des Landes, tout près du village où j’ai passé mon enfance, s’appelle Siest. Comme nous allons passer une infime partie de l’été en Touraine, j’ai songé à créer un autre carnétoile, qui serait une sorte de mirror weblog de celui-ci et qui s’appellerait Chalosse véloce. Je continuerais toutefois à publier des notes dans Touraine sereine, peut-être un choix de correspondance, ou des poèmes ; une autre possibilité consisterait à se concentrer sur celui-ci et à essayer d’écrire des notes sur telle rue de Tours, tel monument, tel village de Touraine, à partir de mes souvenirs, ce justement pendant que je suis éloigné de la région. Ce serait certainement plus honnête vis-à-vis des lecteurs qui réclament plus d’adéquation entre le titre du carnétoile et son contenu.
Entre autres projets pharaoniques, j’aimerais créer un index, mis à jour régulièrement, des notes. Ce que je ne saisis pas très bien, et qui m’inquiète quelque peu, c’est que l’espace disque que j’ai employé jusqu’à présent n’est, selon mon hébergeur, que de 24 KO, ce qui correspond aux deux misérables images qui figurent dans mes fichiers. Dois-je en inférer que la sauvegarde des notes et des commentaires est secondaire (hypothèse pessimiste) ou que HautEtFort, tout en veillant au grain, ne « facture » pas les fichiers texte (hypothèse optimiste)?
21:00 Publié dans Flèche inversée vers les carnétoiles, Hors Touraine, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






















(hélas) pour personne.






