lundi, 31 mars 2008

Nombres, cordes

En lisant 2666, 11

J'ignorais hier soir, en refermant 2666, le roman de Roberto Bolaño que je suis en train de lire, à la page 333, que je mettrais très précisément 22 minutes à revenir à pied du garage ce matin, après avoir emmené les enfants, qui chez la nounou, qui à l'école, et ce d'autant moins, curieusement, que j'avais remarqué, mardi dernier, en rentrant du travail, que le compteur kilométrique de la voiture qui se trouve en ce moment même entre les mains des mécaniciens affichait 110011, au point de me demander, quelques instants, si ce nombre était bel et bien, en vertu de sa nature palindromique, plus beau que 110010, question à laquelle je n'ai toujours pas trouvé de réponse. (Oui, j'ai une existence passionnante.)

37, rue Jean-Jacques Rousseau, à Chinon

Sinon, j'étais ravi de découvrir, lundi dernier, lors de l'avant-dernier concert (ou "midi musical") du Printemps musical de Saint-Cosme, le Trio à cordes de Villa-Lobos, pour lequel j'avais plutôt un préjugé défavorable, mais qui, à l'exception du troisième mouvement, qui donne une franche impression de "remplissage", est tout à fait remarquable. Plus tard, j'ai été surpris de découvrir que la fière Amazone répertoriait, sur ses différents sites nationaux, pas moins de trois enregistrements différents en CD... dont aucun n'est disponible, quoique le dernier, par le Kandinsky Trio, ait été publié il y a moins de quatre ans.

Printemps musical de Saint-Cosme, 24 mars 2008 : Trios de Schnittke, Beethoven et Villa-Lobos

Lundi dernier, le trio que nous entendîmes à l'oeuvre était formé de trois (très) jeunes instrumentistes, la (remarquable) violoniste Eléonore Darmon, l'altiste Adeliya Chamrina (un brin paniquée, ou rivée à la violoniste, dans le trio de Schnittke) et le violoncelliste Yan Levionnois.

mercredi, 19 mars 2008

Debussy, décidément

Sur les contreforts de ma mélancolie, où j'ai vu trottiner hier matin un beau rat au poil brun, furetant de poubelle en poubelle une fois enfui, j'entends la voix lancinante et douce de la soprano, entre les assombrissements d'Alfred Kubin et les farandoles squelettiques et colorées d'un James Ensor. La mise en lied de Duparc est plus poignante que celle de Chabrier, mais faut-il pour autant s'emperruquer ?

Le ciel se décolore chaque jour un peu plus. Demain, ce sera le printemps : sois sage, ô ma douleur...

jeudi, 17 janvier 2008

Eisleriana

Depuis un mois et demi, je ne cesse de tourner autour des Quatorze manières de décrire la pluie de Hanns Eisler. Cet art qui consiste à partir d'une conception illustrative/référentielle/descriptive de la musique pour mieux s'affranchir des conventions mêmes d'une telle conception, c'est ce que l'on retrouve, du point de vue du langage, dans la poésie japonaise contemporaine, et sans doute aussi, quoique dans une moindre mesure, dans l'"école" américaine des L=A=N=G=U=A=G=E poets. Cela revient à démettre en images, en quelque sorte (ce que, dans un article de 2003 paru très récemment, j'avais nommé le dé-scriptif).

vendredi, 11 janvier 2008

Le monde (S'approprier) : Leçon 1

Que tout le jour ait fait grise mine, à se rafraîchir même, ce n'est rien. Neige, non. Une matinée dans les papiers, les prospectus, les affiches, mais aussi : les logiciels (ah !) ! Heureusement qu'au téléphone j'ai aussi pu évoquer les articles de Lyn Hejinian. D'aucun (oui, au singulier, pourquoi pas) a fumé un pétard à Chargé, ça ne s'invente pas. Qui d'autre m'a aussi, forme noble de péril, informé de l'existence de son blog. Au Juanita Banana (trop sombre, trop techno, trop branchouille), la cuisine est savoureuse, quoiqu'elle hésite entre trop d'horizons. Neige, non. On n'a pas réussi pour autant à passer entre les gouttes. L'écoute-bébé réagit aux avions. Bientôt fini de lire Neige, qui me laisse sur ma faim, sans doute parce que les nombreuses imperfections de la traduction gâchent mon plaisir. Des photographies argentiques de Londres, nébuleuses comme les souhaits prononcés sur les ronds-de-sorcière, emmènent la cadence. Ah, le finale du Nonett Nr 2 de Hanns Eisler... Bientôt fini tout bientôt. Neige, nom.

jeudi, 20 décembre 2007

Allons-z-enfants

       Un peu daté, amusant ...  mais aussi d'actualité, à l'heure où l'on parle de supprimer tous les régimes spéciaux, sauf celui des militaires, pourtant privilégiés entre les privilégiés .......

mercredi, 19 décembre 2007

Tout a l'air du toc / Tout a l'air tactique / Tu m'as l'air typique / -Ment sans trac

Médusés

dimanche, 02 décembre 2007

Aux flammes sombres de Djibouti

Nouvelle écoute, après des mois d'abandon, de Dark Flame, le disque d'Uri Caine inspiré de compositions et lieder de Mahler. Toujours pas convaincu. Il faudrait réussir à oublier qu'il y a Mahler derrière, et ne l'écouter que comme un disque de Caine... et encore, serait-ce suffisant ?

Pourtant, j'avais adoré le double album inspiré des Variations Goldberg : c'était en 2002 ; on me l'avait prêté. Si ça se trouve, j'aimerais moins aujourd'hui.

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La conférence que je dois prononcer cet après-midi à l'Espace Vinci, dans le cadre du Festival des Langues et des Cultures, est prête. Il s'agit d'une sorte de déblayage pour néophytes, de quoi donner envie au public (sans doute peu nombreux) de découvrir certains écrivains djiboutiens. Je vais surtout lire des extraits d'Abdourahman Waberi. J'ai (pompeusement) intitulé cela Djibouti, l'écrit abouti.

samedi, 24 novembre 2007

Pawking metaws

Pas trouvé le film de Warhol, les 8 minutes montrant Dylan fidgety, assis nerveux dans le fauteuil peluche, et dont François Bon parlait hier soir (ainsi que dans sa biographie de Bob).

Mais sur youTube j'ai tout de même dégotté le scopitone original de Subterranean Homesick Blues, un immense classique (paroles ici), et aussi la parodie de ce même "clip" par Weird Al Yankovic, sur un texte entièrement constitué de palindromes assez savoureux.

lundi, 19 novembre 2007

En écoutant le Trio n° 2 de John Harbison

   L'exemplaire d'un des livres de Bruno Schulz que j'ai emprunté ce matin à la bibliothèque universitaire date des années 1960, et ses pages ne sont pas massicotées ; j'en serai donc le premier lecteur.

   Au retour de la FNAC – où l'employé du service après-vente a commis deux fautes en transcrivant le patronyme de ma compagne, qui ne compte que six lettres et que je lui avais épelé – Les Amours jaunes étai(en)t fermé(es).



   Le premier mouvement énonce les coups d'aile larges et violents des cormorans. Nombreuses conversations de couloir.

   J'ai passé près d'une heure à conseiller une étudiante inscrite tardivement et qui – trop timorée face aux affirmations du service de la Scolarité , où elle s'était entendu dire que rien ne servait de s'inscrire pédagogiquement tant que l'autorisation administrative n'était pas prononcée – n'a pu, en toute bonne foi, encore suivre aucun cours. Je vais la mettre en relation avec les collègues, mais aussi avec des étudiants, pour qu'ils puissent la "dépanner". Je lui ai aussi fait visiter la bibliothèque, et notamment le troisième étage.



   Conversations de travail, encore, nombreuses. Il fait un peu trop chaud dans les bureaux.

   Une chape de nuages gris bas pèse sur la ville. Le second mouvement du Trio est vif, emporté, pareil aux promenades dans l'air glacé.

   Vais encore, après le déjeuner, jouer les taxis, mais avec plaisir, de mon propre chef, pour raccompagner une collègue parisienne.



   Ce que le traducteur d'Alessandro Baricco ne saura jamais, c'est qu'il serait possible d'être schizophrène sans être enragé. (Matthieu MeMo n'en doute pas.) Rumors & Reports : ce que l'on rapporte, à présent, n'est pas le frottis de la vindicte, alors que la notion même de report, en traductologie, m'échappait jusqu'à ce long échange que j'ai eu avec une étudiante d'Angers (merci à Jean Delisle et Yannick Le Boulicaut). Justement, la question du nom propre et de ses traductions (possibles, interdites) me taraude depuis longtemps. L'alto se venge.

   Tout cela va achopper en énigmes, sans les variations.

mardi, 06 novembre 2007

Politiciens & yellow cake

Les récents débats autour de l'augmentation de salaire de 300% du petit Nicolas m'ont remis en mémoire le refrain d'une chanson que j'écoutais enfant, et dont l'auteur, hélas tombé dans l'oubli, n'était autre que l'excellent Frederik Mey (Reinhardt Mey pour le versant germanophone de sa discographie) :

Qu’y a-t-il de plus beau sur terre
Que d’avoir un ministère,
Et l'esprit de sacrifice
Qui permet d’accumuler les bénéfices ?
Est-il plus belle tâche au monde,
Satisfaction plus profonde,
Que de porter ce fardeau
Sans reproches et sans impôts ?


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Par ailleurs, j'ai décidé de traduire en anglais, quand j'en trouverai le temps, le texte de Thiéfaine Série de 7 rêves en crash position, inspiré de toute évidence par Dylan (Series of Dreams), & que j'écoutais dans ma turne rue d'Ulm l'hiver 94-95. Non que ce soit un très grand texte, mais c'est une gageure de traduction !

mardi, 03 avril 2007

Bob Dylan ici, approche en plané

Obsession ? Il ne faudrait pas écouter Tweedle Dee & Tweedle Dum pour la dix-huitième fois en trois jours. Il y a tant d'autres chansons de Bob Dylan que je connais mal, ou pas du tout. Celle que je viens de citer est la première du pénultième album, Love & Theft, qui m'avait d'abord surpris, déconcerté, découragé. En fait, après quelques écoutes, c'est un des plus beaux*.

Ce samedi, ce sera - sans que je perçoive tout à fait comment ça va se dérouler - l'atelier "Traduire Bob Dylan" sous la houlette de François Bon. Finalement, il se trouve quasiment une trentaine d'étudiants motivés pour cette journée pourtant placée au pire moment : un samedi, et sur le week-end de Pâques en sus !

François Bon m'a écrit pour préciser que l'essentiel de nos réflexions porterait sur Ballad of a thin man, Desolation Row, Visions of Johanna, mais aussi les 11 épitaphes (que je ne connais pas (honte à moi !)) et My Life in a stolen moment.

Cette semaine, de toute façon, c'est encore, outre le boulot habituel, la panique : organisation des examens, remplacement d'une collègue malade pour trois de ses cours,  préparation des partiels, préparation de l'atelier, usw. Du coup, je ne pourrai pas prendre le train fantôme à la B.U. cette après-midi et devrai me contenter de ce que le chauffeur-lecteur François en écrira sur son site.

Bien entendu, il y a aussi la pile de livres toujours plus volumineuse qui menace de s'effondrer sur moi dans mon sommeil, les quatre en train (même pas fantôme) et les dix ou douze lus qui me supplient d'écrire quelque chose à leur sujet ici ou dans mon autre carnétoile, oui, de tirer quelques paragraphes des notes jetées tout à trac sur les brimborions de papier glissés entre leurs pages.

 

* De Love & Theft, il faudrait dire, surtout, que le déclic est venu quand j'ai entendu les centaines d'échos nappés à Bo Diddley ou Robert Johnson. Du miel de millefleurs. Honeymoon blues, anyone ?

mardi, 23 janvier 2007

Lorsque Flore / sort / de l'or du bal

Jeudi à peine croisé la Kangoo de mes parents, qui arrivaient dans notre rue alors que je filais à la fac – soir, pluie, grisaille, voitures et vrac partout sur Tours – sur le pont Mirabeau chanter la vitre ouverte encore et encore Lorsque Flore avec la scie musicale et les tintinnabulements d’origine – peut-être même à tue-tête une fois la cassette arrêtée Ce sont les noms des mots maintenant assis sur une marche de l’escalier Thélème – écrivant sur au dos d’une simple carte postale – j’attends le début de la conférence d’ouverture

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J’avais envie de saluer ma mère avant de filer en ville

sans doute à cause du rêve affreux de la nuit dernière.

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Mardi donc ce matin, oui à peine au bas de la rue du Nouveau Calvaire cette chanson se lance, s’étend dans l’habitacle, commence – froid hivernal après tant de semaines de douceur, flot discontinu des cars et des bus – sur le pont Wilson me rappeler les milliers de souvenirs liés à cette chanson, depuis onze ans déjà Ce sont les sons des noms maintenant de retour chez moi pianotant – écrivant dans ces carnets toujours compulsivement – je songe à la rubrique Autres gammes, qui pourrait accueillir les fragments souvent rêvés d’une autobiographie aux ritournelles.

vendredi, 19 janvier 2007

Ferraillons ferme

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Il y a un moment, dans la septième partie du disque mythique d’Anthony Braxton For Alto, où le saxophone s’approche du son d’une whistling kettle, et tout ce qui suit, tout ce qui précède, justifie totalement cette stridence ponctuelle. Not so yesterday, mais tout le monde n’est pas Braxton.

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Là, je reviens, lessivé, du S.I.L., qui ne s’appelle plus comme ça. Le Salon d’Information des Lycéens (comme naguère il s'appelait) se tient à Rochepinard, l’une des plus hideuses fertiles friches urbaines de l’agglomération tourangelle. Lessivé je suis, car brouhaha, et redire cinquante voire cent fois la même chose. Toutefois, en discutant avec l’étudiante qui nous aidait – et que je n’avais jamais rencontrée –, j’ai appris qu’un(e) collègue était surnommé(e) Capitaine Crochet, et, quoique je n’aie pas réussi à découvrir l’identité du ou de la collègue, l’idée que les étudiants donnent encore des surnoms aux professeurs, pratique pourtant en constant recul depuis trois décennies, m’a réjoui. Me reste à cogiter.

Entre-temps, une étudiante de troisième année est venue souffler à l'oreille de G.I. qu'il y avait des filles peu vêtues en pleine démonstration d'épilation au stand des formations d'esthéticienne. "Ta réputation, lui ai-je soufflé, n'est plus à faire." Comme j'apprenais, toujours par l'étudiante "cafteuse", qu'un autre encore de mes collègues était surnommé l'Obsédé, cela m'a surpris, car, étant donné le désarroi évident (voire les gloussements incrédules et puérils) des étudiants dès que, lors d'une analyse littéraire, l'on cherche à s'interroger sur les connotations sexuelles implicites d'un texte, je pensais que tous les enseignants de littérature passaient pour des obsédés.

 

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À l’aller, cinq chansons de Dylan, dans les confitures de circulation, et au retour deux seulement, filons sur le pont Mirabeau (embourbé ce matin, pas permis). Je ne fais pas les soldes, mais un beau pull coloré tout neuf m’est tombé tout rôti dans le bec. Même quand je mens, c’est vrai (titre de Stomy Bugsy, excusez la référence).

samedi, 13 janvier 2007

Le tact des G.O.

Nagui, interrogeant le bassiste de Deep Purple, qui vient de citer Bob Dylan en exemple : "OK, he's great, but he's not young."

Le même, un quart d'heure plus tard, en présence de HFT : "Et puis surtout, Hubert-Félix Thiéfaine est toujours vivant."

 

(Renseignements pris, Roger Glover a soixante-deux piges et Hubert-Félix cinquante-huit balais. ('Tain, le con, c' qu'il les fait pas... Nagui, lui, est débile profond depuis 542 lunes et sept jours environ.)

 

Bon, je sais, faudrait pas regarder Taratata.

lundi, 23 octobre 2006

Marly-Gomont

A***, ami lyonnais anglophile exilé dans le Boulonnais, me signale le clip (très drôle) d'un rappeur picard, Kamini ; la chanson s'appelle Marly-Gomont.

Vérification faite auprès d'une amie connue à Beauvais et restée dans l'Oise, c'est un vrai tube par là-bas !

lundi, 16 octobre 2006

Du yoyo dans l’Ohio

J'ai retranscrit, à l'écoute, la chanson que j'ai eue dans la tête toute la journée, un titre amusant de Gérald Genty, qui figure sur son dernier album, Le plus grand chanteur de tout l'étang. Pour la musique, il vous reste à faire comme moi et à acheter l'album. C'est un peu comme Boby Lapointe, mais pas vraiment non plus. (Euh, Gérard Gérald, si tu passes par ici et si tu ne veux pas que le texte de ta chanson y reste, dis-le, et pas la peine de m'envoyer les juges ni les huissiers de justesse.)

 

[Paroles : Gérald Genty]

La baraquée Rebecca qu’allait de bar en cabaret

S’est fait en briqu’s une baraque à Baccarat

Avec un braque un bourriquet et surtout la baraka

Rebecca a braqué la banque de Baccarat

C’était risqué Rebecca

Car les banquiers de Baccarat ont de très gros bras

Depuis Rebecca brique un gros break

Devant sa grosse baraque à Baccarat

Son braque son bourriquet dans un p’tit jardinet

Dans quel bric-à-brac Rebecca s’est embarquée

Moi j’étais pas là c’est c’ qu’on m’a raconté

J’étais aux U.S.A.

Car j’y suis prof

De yoyo dans l’Ohio

D’aïoli dans l’Iowa

De yoyo dans l’Ohio

D’aïoli dans l’Iowa

 

On dit qu’Rebecca est branque car à la moindre remarque

Attention Rebecca se braque

Faut dire que c’est culotté de s’installer sa baraque

À Baccarat quand on vient braquer la banque

Surtout qu’on voit Rebecca qui brique un gros break

Devant sa grosse baraque à Baccarat

Les villageois jaloux ont décidé

D’aller braquer son bourriquet et les briques de sa baraque

Son braque et ses briquets tous ses tableaux de Braque

Rebecca rejoins-moi je t’attends aux U.S.A.

Vu qu’je suis prof

De yoyo dans l’Ohio

D’aïoli dans l’Iowa

De yoyo dans l’Ohio

D’aïoli dans l’Iowa

 

Où ça ?

Dans l’Ohio de yoyo

Dans l’Iowa d’aïoli

En plus tous les midis j’me tape huit cents bornes

Car j’suis aussi pizzaïolo dans l’Iowa

Et le soir j’me retape huit cents bornes

Car il faut qu’j’aille au lit dans l’Ohio

 

(Un whisky !)

 

Moi j’aimais Rebecca mais Rebecca savait pas

Elle a dit oui à Bakhari à Baccarat

Mais c’est qui c’Bakhari il est pas de Baccarat

A-t-il offert à Rebecca de beaux carats ?

Depuis je m’saoule seul au saloon

Avec John McCoy un copain cowboy

Malgré l’whisky j’suis triste comme un clown

J’arrête pas d’parler de toi Rebecca

Notre enfance à Baccarat jusqu’au baccalauréat

J’devrais pourtant partager avec toi aux U.S.A.

Un p’tit peu

De yoyo dans l’Ohio

D’aïoli dans l’Iowa

De yoyo dans l’Ohio

D’aïoli dans l’Iowa

De yoyo dans l’Ohio

D’aïoli dans l’Iowa

De yoyo dans l’Ohio

D’aïoli dans l’Iowa

 

Allez, viens !

J’ai une p’tite maison dans la prairie

Et j’y ai mis un Indien d’jardin

Tu verras chérie chez les Cherokee

Je nous ai choisi un joli tipee

Un joli tipee dans la prairie

Un Indien d’jardin

Un joli tipee

Un Indien d’jardin

mardi, 10 octobre 2006

À la façon de Julien Jacob

Etopmoc etocmop

ouêtoc pilêc milêc

Etopmoc etocmop

kilyatom plotrop filap

Etopmoc etocmop

ouêtop milen ferîlên

 

Ferîlên dîlen filen ouaalen

Ferîlên dîlen folen boalen

dimanche, 24 septembre 2006

The Window

O chosen love, O frozen love

O tangle of matter and ghost

O darling of angels, demons and saints,

And the whole broken-hearted host

Gentle this soul

Leonard Cohen

samedi, 28 janvier 2006

Zauberflöte

La neige fond, aux marches du minuscule escalier de pierre, et la Flûte s’enchante.

Arabesques d’harmonies – vivacités des bois, solennités des cordes. Ce n’est pas, de Mozart, l’opéra que je préfère ; pour être franc, je le connais mal. En matière d’opéra, mes grands maîtres ont nom Richard Strauss, Benjamin Britten, et Amadeus tout de même… !

 

Je parlais d’opéra il y a huit jours (stricto sensu : vendredi), au Salon d’Information des Lycéens, avec un collègue du département de musicologie, que je n’avais jamais rencontré et qui s’était étonné, après une petite dizaine de minutes de bâtons rompus, que je fasse une plaisanterie sur le basson et le contrebasson. Pourtant, je ne connais pas un traître mot de musique ; c’est dire si les pauvres musiciens professionnels et professeurs doivent se sentir isolés pour que l’un d’entre eux se trouve réagir de manière aussi enthousiaste en découvrant au moins un semi-néophyte parmi… leurs collègues de l’université.

 

Bien ; je sacrifie à la célébration du 250ème anniversaire etc., mais à ma façon. Dans le même temps, Restif de la Bretonne, mort il y a deux siècles, et surtout Samuel Beckett, né il y a cent ans, passent dans l’ombre, leurs enchantements au fond des cernes, et leur spectrographie au comble.

 

 

.............................

Bon ; je ne me lasse pas des amusements habituels à la représentation opératique, à savoir que, dans ce cas précis, le chœur des Trois Dames chante et vante la splendeur du « superbe jeune homme », qui se trouve être le ténor d’un physique médiocre qui interprète Tamino. (Mais il chante très bien.)

J'ajoute que les Trois Dames prononcent l'allemand, dans les passages non chantés, comme trois vaches paraguayennes.

Je m'en tiens là. Regardons la suite sans bouder notre plaisir.

vendredi, 27 janvier 2006

Chanson bas

Composé en marchant, rue de l'Anguille,

jeudi vers trois heures.

 

Vous n'êtes plus personne

Que le vent abandonne

Que la marée moissonne

Que le feu désarçonne

 

Vous n'êtes éperdu

De ce malentendu

De n'avoir étendu

Vos bras vers l'inconnu

 

Que l'orage résonne

Vous n'êtes plus personne

Que la peur emprisonne

Que ma bouche fredonne

 

Lalala lala lalalalala

Lalalalala

Lalalalala

 

lundi, 09 janvier 2006

Entendu sur France Info

Une journaliste de France Info, concluant un reportage sur la soprano colorature Patricia Petitbon, après interview et extrait de son dernier disque, a déclaré, en substance sinon dans les termes précis : "un style de voix diamétralement opposé à l'allure extravagante qu'elle a choisie pour son dernier spectacle".

 

Cette coda me plonge dans des abîmes de réflexion : il me semblait que le soprano colorature, par ses aigus extrêmes, relevait justement d'une technique de chant et d'une tessiture plutôt extravagantes. En d'autres termes : est-ce cette journaliste qui voit en toute musique dite "classique" quelque chose de rébarbatif et de poussiéreux, ou est-ce moi qui suis inculte et sourdingue ?

jeudi, 05 janvier 2006

Un rauque avenir

Hier après-midi, ayant déposé l'une de nos deux voitures au garage pour la vidange annuelle, mû sans doute par la crainte de devoir trop longtemps poireauter une fois mes cheveux coupés [cette admirable brachylogie doit être comprise comme suit : faisant d'une pierre deux coups, je dépose la voiture au garage puis je me fais couper les cheveux en attendant], j'achetai Les Inrockuptibles, faute d'avoir trouvé mieux ou plus à mon goût au bureau de presse de l'avenue *** [il s'agit de l'avenue le long de laquelle, entre le n° 1 et le n° 61, je capturai les images qui composent l'énigme du jour]. Il se trouve que le numéro des "Inrocks" de cette quinzaine inclut un CD sur lequel sont enregistrées vingt chansons de vingt artistes ou groupes encore inconnus, que les lecteurs du journal sont invités à départager, jusqu'au 11 janvier, par le biais d'un site Web. Le Vrai Tourangeau, toujours curieux et prêt à enrichir sa culture déjà impressionnante, a écouté ce disque. A deux ou trois morceaux près, tous les titres sélectionnés, sur 7 000 maquettes envoyées au jury de présélection (à en croire les explications du magazine), appartiennent à la même catégorie, que je suis tenté de qualifier de "rock fortement électrique d'influence britpop".

 

En d'autres termes, dix-sept des "artistes" sélectionnés sont des clones (imparfaits) ou de pâles copies de, disons, Bowie, The Clash et Placebo. (Je sais que les trois références que je cite appartiennent, pour les experts, à des styles musicaux assez différents, mais n'entrons pas dans les débats byzantins sur le sexe des anges, voulez-vous...)

 

Je veux bien imaginer que les méfaits de l'uniformisation culturelle soient tels que 85% de la jeune génération musicale française soient composés de perroquets sans cervelle ni imagination mélodique ou lyrique, mais j'ai tendance à penser plutôt (ce qui, dans le fond, est une hypothèse optimiste) que ce sont les Inrocks qui ont choisi des artistes du genre musical qui leur agrée le plus.

 

Autant dire que je serais très curieux d'entendre les artistes qui ont été rejetés unanimement par le jury de présélection ! Dans les sociétés standardisées (comme celle que les intransigeants des Inrocks doivent appeler de leurs voeux tout en n'ayant que la diversité et le pluralisme à la bouche), ou dans celles où règne une forme de censure plus autocratique, le plus intéressant, c'est souvent ce qui atterrit dans les poubelles des commissions de censure...

mercredi, 23 novembre 2005

Dérapages

Outre l'état d'épuisement presque atroce et jamais expérimenté dans de telles proportions, j'ai de nombreuses tâches à accomplir dans les jours qui viennent, certaines lourdes et/ou pénibles. D'où vient que celle qui me fascine, m'attire, me préoccupe le plus soit l'écriture du chapitre 2 d'Avril déjà dérape? Prenant l'écriture de ce chapitre pour prétexte, j'écoute pour la énième fois de ma petite vie certains disques de Gérard Manset, l'un des chanteurs qui a le plus compté pour moi, avec toutes les réserves que je formulais, le découvrant, sur son excessif sérieux. Je ne veux pas recommencer l'expérience tentée en 1998 (je crois), quand j'écrivais un chapitre de roman en partant des vers du dernier quatrain de Jeanne. C'est une toute autre méthode que je veux suivre ici - et comment éviter les tics?

 

Amis qui tournez la tête

Sans savoir

Ou peut-être

Sans y croire

Ici c'est le temps qui s'arrête

Comme un oiseau sans tête

vendredi, 11 novembre 2005

Neuf couleurs: Jaune

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En écoute: "La lionne et l'éléphant" (Trouble-fête, 1996)

mercredi, 09 novembre 2005

Neuf couleurs: Rouge

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Le sculpteur aveugle
a des fourmis dans les mains
qui ont trop vu de visages
comme le tien
comme le mien
***
En écoute: Arthur H. "Le sculpteur aveugle". (Trouble-fête, 1996)

samedi, 15 octobre 2005

Concert de Mathieu Boogaerts (La Riche, 14 octobre 2005)

Je ne reviendrai pas en détail, faute de temps, sur le très joli concert donné par Mathieu Boogaerts et ses musiciens hier soir à la Pléiade de La Riche. Mais il est à noter que c’est presque la première fois que je trouve qu’un concert constitue une amélioration, ou – à tout le moins – une variation enrichissante à partir des albums. Ce qui se produit souvent pour le jazz ou la musique dite « classique », à savoir que l’interprétation est à chaque fois neuve, stimulante, inouïe, est bien rare dans le cas de la chanson, où le disque représente généralement une forme de summum, l’orchestration étant au plus juste, la voix au plus affiné.
Hier soir, Boogaerts a chanté environ vingt-cinq de ses chansons (son répertoire doit en compter une cinquantaine), dont neuf, bien entendu, extraites de son dernier album, Michel. Le pianiste était un remplaçant qui avait su la veille à onze heures du soir qu’il était appelé à accompagner ce chanteur dont, peut-être, il ne connaissait même pas l’existence. Rien d’évident, donc, et on sent que Boogaerts (chant, guitare, et, sur une séquence de cinq titres, piano) s’est surtout appuyé sur la complicité de longue date qui le lie à son batteur, Fabrice Moreau, et à son bassiste (électrique), Jean-René Zapha. Le choix d’une orchestration principalement électrique (alors que Boogaerts joue surtout de la guitare acoustique dans les albums) a accentué les côtés les plus reggae de son écriture, mais plusieurs morceaux interprétés en solo ont conservé toute la pureté farouche des mélodies (ainsi d’un superbe Las Vegas offert en bis).
Un rien cabotin, et naturellement grimacier (mais sans que cela paraisse excessif ni outré), il a aussi fait ressortir le caractère comique des chansons, parfois au détriment de leur grand pouvoir suggestif et des beautés émouvantes de l’écriture (Bon et Bien). Les moments forts restent pour moi, en clôture, un Ondulé très lent, Quelque chose dans une totale obscurité (qui m’a définitivement conquis, alors que c’est l’une des chansons que j’aimais le moins sur le dernier album), Siliguri doucement provocateur et déjanté, Néhémie d’Akkadé, Lorsque Flore aérien au piano et L’Espace, décidément un des plus beaux textes de M.B.
Les deux interprétations les moins réussies, de mon point de vue ou à mon oreille, furent Keyornew, voix écrasée sous les cordes, et L’impact de nos ex, dont les sens et sons si subtils s’évanouirent partiellement.
Au bilan, Boogaerts a revisité tout son répertoire, dans des orchestrations très novatrices, loin  des tintinnabulations (pourtant indissociables de son style) ou du minimalisme retrouvé du dernier album. Du deuxième disque, il n’a interprété que Comment tu t’appelles, avec un solo de batterie très défrisant au centre ; cette quasi-absence est assez surprenante, car il y a plusieurs chansons très fortes dans cet album-là aussi : je pense à La bombe, Vite, Si si c’est ça, et J’en ai marre d’être bleu. Voilà, du côté des regrets, avec Bye, les titres que j’aurais aimé entendre : mais, évidemment, il était prévisible d’avoir quelques frustrations au bout de deux heures de concert. J’en avais eu plus encore à la sortie du concert de Dick Annegarn au Cirque d’Hiver en 2000…!

Finalement, l’impression la plus durable est celle d’un chanteur et musicien aussi touchant et juste sur scène qu’en disque, enthousiasmant et mélancolique, et l’une des voix (littéralement et dans tous les sens) les plus audacieuses de ces dix dernières années. Je ne me rappelle jamais sans émotion ma découverte du premier disque, au printemps 1996, à Talence, sous un soleil printanier admirable, puis comment j’écoutais ce disque inlassablement à Oxford (où je n’avais pas besoin, forcément, de langue anglaise, puisque je baignais dans l’anglais en permanence, et ce d’autant moins d’ailleurs que la langue de Boogaerts n’est pas non plus, absolument, le français) ; les albums suivants m’ont toujours surpris, car, après Super, le pavé dans la mare de 1996, je pensais que M.B. ne pouvait que décliner. Non, il changea, mua, s’envola sur d’autres ailes, sans jamais changer le fond de ses recherches vocales et musicales. Le concert d’hier soir a confirmé notre admiration pour cet artiste.

vendredi, 07 octobre 2005

Tant que j’en suis à vous parler de RFL

Vendredi, 15 h 10.

J’ai aussi entendu un extrait d’une chanson des Elles, Pamela Peacemaker (pas la peine de me l’offrir), et une très jolie chanson du groupe ( ?) Autour de Lucie : typiquement le genre de texte et de voix que j’aurais détestés il y a dix ans.

 

Ô, qui ne change pas en ce monde labil…

Théodule & le funambule

Vendredi, 15 h.

J’ai entendu, ce matin, sur cette curieuse radio libre dont je parlerai peut-être un jour, RFL 101 (Radio Fréquence Luynes, cela ne s’invente pas), une chanson dont je ne parviens pas à trouver l’auteur ni l’interprète (féminine), hard though I’ve tried. Le distique final, répété quatre fois, donne à peu près ceci :

N’oublie jamais, Théodule,

L’histoire de ce feu* funambule

Quoique le fragment ci-dessus n’en donne peut-être qu’une piètre idée, il s’agit d’une chanson très ironique, très savamment composée, avec une orchestration subtile, et la voix de la chanteuse est extrêmement agréable. Je prie tous les lecteurs de ce carnet de toile de creuser dans leurs souvenirs (ou leur discothèque) : j’ai un besoin presque vital de connaître le nom de cette artiste.

 

*Feu ici est adjectif, et funambule substantif.

jeudi, 06 octobre 2005

Le blues et moi

En écoutant l’album que m’a si gentiment fait parvenir le saxophoniste de Kevin Mark, François Thiffault (Little Frankie Thiffault), j’ai tout d’abord remarqué qu’il y avait, en effet, un fossé entre la prestation sur scène à Montlouis, que j’avais jugée (trop) sévèrement, et le disque, ce qui peut être dû, assurément, à des problèmes d’ordre technique. Malgré tout, je maintiens que je ne suis absolument pas touché par le chant, la voix de Kevin Mark, ni, a fortiori, par ses compositions et ses textes.

Aucune émotion ne passe, pour moi, dans cette voix, qui donne l’impression d’un complet détachement, d’une sorte d’exécution professionnelle, alors que l’essence du blues me semble être une forme d’esthétique expressionniste, dans laquelle l’expression vibrante du désarroi ou de la passion prime sur toute autre chose. Je peux me tromper, je me trompe sans doute, et il est vrai que je n’écoute pas souvent du blues. N’en écoutant guère, je n’en connais pas grand-chose. Le point commun aux trois artistes que j’admire et qui me font, pour le coup, vibrer jusqu’au tréfonds, est cette forme de fragilité si bouleversante : Bessie Smith, Robert Johnson, John Lee Hooker. Le deuxième est, si je ne m’abuse, de l’école de Chicago, dont Kevin Mark se rapproche. Pourtant, c’est le jour et la nuit, à mes oreilles s’entend.

Pour ce qui est des instrumentations, des solos de guitare, des répons entre cuivres  et section rythmique, rien à dire. C’est du blues bien fait, costaud, qui déménage, ou, pour chercher à « faire encore plus djeunns », de la bombe qui déchire sa race. Pas trop mon truc, on l’aura compris, mais nullement équivalent aux horreurs que j’en disais il y a trois semaines. Au temps pour moi, donc. Et album vivement conseillé si vous ne vous reconnaissez pas dans mes goûts en matière de blues. C’est du solide quand même.

***
Play It Loud de Kevin Mark (Blue Hog, 2004)

jeudi, 29 septembre 2005

Un jeudi de fin septembre vers huit heures

Ce matin, avec la pluie fine enfin berçant nos visages, il a fallu amener A. à son école avec la voiture, alors que, bien entendu, il tient très fort à la promenade à pied. Hier en fin d’après-midi, vers cinq heures, nous avions fait cette même promenade en vélo, jusqu’au « chantier de l’école », dixit A. J’en ai profité pour prendre quelques images de “mon quartier”, où il n’y a décidément, pas de quoi se rincer l’œil, pas grand-chose à sauver.

 

Samedi dernier, j’ai reçu une carte extrêmement gentille et même flatteuse de Valérie (VS). Il faut absolument que je retrouve, dans mes fichiers, la photographie que j’ai promis de lui envoyer depuis bientôt trois mois. La carte représente un lieu pittoresque à Chü-Chü, par Wang Mong. Dois-je avouer mon ignorance totale en ce qui concerne cet artiste ? Les divers carmins des arbres, le plissé des rocs, certaines fugitives figures anthropomorphiques dans ces mêmes rocs, tout cela me réjouit profondément, et mériterait d’en voir l’original. Et ces méandres en écailles, est-ce un torrent qui glisse et s’étend de plus en plus vers le bas de l’image ?

 

Hier, j’ai reçu l’album de Kevin Mark, Rolling the Dice (2004), envoyé gracieusement par François Thiffault et accompagné d’un petit mot signé de Kevin Mark, me remerciant de mes commentaires, ce qui est un comble quand on sait que je n’avais pas été tendre (litote!) avec son groupe il y a une quinzaine. De fait, le disque est nettement plus convaincant que la prestation sur scène au off de Montlouis ; j’en reparlerai en essayant de maintenir un avis aussi peu influencé que possible par la gentillesse du cadeau.

mercredi, 28 septembre 2005

...115...

Il y a 115 ans, le 28 septembre 1890, était inaugurée, sur l’esplanade de La Côte-Saint-André, ville natale du musicien, la statue de Hector Berlioz ; à ce sujet, un amusant article de l’époque s’interroge sur la statuomanie galopante. C’est « un ridicule qui nous sauve de l’ingratitude », écrivait alors Louis Bassette, dans Grenoble-Revue, et je crois qu’il y aurait beaucoup à dire sur ce thème du ridicule fertile, dont Simon propose sa vision ces jours-ci par le biais d’un syllogisme.

 

jeudi, 22 septembre 2005

Aujourd'hui

Je m'en vais les offrir au premier mort qui passe
Les regrets éternels à présent me dépassent
Le 22 septembre, aujourd'hui, je m'en fous.


(Georges Brassens)

lundi, 12 septembre 2005

Rumeurs des villes - & - Murmures d’ailleurs

Les Tourangelles demoiselles
Suçotent entre elles des caramels
Elles sont sûrement un peu pucelles
En ce qui concerne l’amour charnel

 

J’écoutais, début 2001, à Beauvais, ne sachant pas que je vivrais un jour (et pour longtemps, qui sait…) à Tours, le double disque de Néry (La vie c’est de la viande qui pense…) d’où est tirée la chanson d’où est extrait le quatrain ci-dessus.

 

Je l’écoute moins souvent maintenant, presque jamais. De toute manière, je préfère le premier des deux CD, où se trouvent, entre autres, Un jour gris, chanson vraiment parisienne, Taxi!, chanson vraiment antiraciste, Les Amants, chanson vraiment vénusienne (ou du “jour de Vénus”), Toi et moi, chanson qui tangue aux soixante-treize temps de la brûlure érotique, mais je remarque à présent qu’il  a aussi de très beaux titres sur le deuxième CD, comme J’aime mon chien, hilarant et ironiquement cynophile, Chemins d’hiver, tendre et désabusé, “Tiens, l’hiver!”, polylogue saisonnier, et ces Tourangelles demoiselles que je côtoie et qui sont convaincues, à juste titre, que «les rillettes de Tours sont meilleures que celles du Mans».

 

lundi, 05 septembre 2005

Après le déjeuner, lundi

Premiers mots écrits, dans un fichier Word, avec le nouvel ordinateur portable. J’ai installé un certain nombre de logiciels, dont le pilote de l’imprimante qui se trouve au bureau, mais qui, s’il apparaît bien sur le bureau de l’ordinateur, ne semble pas avoir mis en place l’imprimante ; peut-être faut-il la connecter pour achever l’installation. Je verrai cela ultérieurement, car il me reste d’autres tâches à accomplir.

Je suis (afin de vérifier un maximum de programmes) en train de copier l’un de mes disques favoris dans iTunes, l’interprétation de Die schöne Müllerin par Peter Pears, avec Britten lui-même au piano. D’une immense émotion, superbement et subtilement chantés, ces lieder sont aussi parmi les plus beaux que Schubert ait composés.

Il est assez révélateur que je me trouve à enregistrer, comme premier document, sur cet ordinateur, un fichier qui se nommera TS septembre (pour ne pas le confondre avec le Touraine sereine du « vieux » portable).

Bächlein, war es also gemeint ?

mardi, 30 août 2005

Codicille à "Un beau vers de Baudelaire"

Mon admiration pour ce poème de Baudelaire date de plusieurs années et ne s'est jamais démentie. Il m'accompagne, m'effraie ou me réjouit. Ce qui ne m'a pas empêché, sur la superbe musique composée par Léo Ferré, d'improviser parfois des parodies stupides à partir du premier quatrain.

.........
J'aimerais avoir des avis extérieurs sur les mises en musique de poèmes par Ferré; certaines me transportent, et d'autres me semblent effroyablement ratées (sa version de la Chanson d'automne de Verlaine, notamment, m'a toujours semblé pathétique).


.........

Tiens, une autre définition possible du beau vers: celui qui ne se laisse jamais mettre en musique. (Définition qui rejoint mon précédent commentaire sur l'appel à la répétition, à la redite, remouthing the line again and again)

Mallarmé, à Debussy qui lui annonçait avoir mis son Après-midi d'un faune en musique: "Mais c'était déjà fait." (Je cite de mémoire; il faudrait vérifier.)

Epigraphe

Nous, Olivier** de Clisson
Et Marc-Antoine Charpentier,
Ensemble nous nous éjouissons
En ce fatidique sablier*.

................
* Synérèse obligatoire (en hommage d'ailleurs à Trompe-la-Mort de Brassens).
** Diérèse obligatoire (en hommage à...).

samedi, 13 août 2005

Knokke-le-Zoute, tout de go

Ma mère, revenant d’arroser le persil et relever le courrier chez les voisins dont elle garde la maison, nous apprend qu’il y avait, dans la boîte à lettres, un numéro du Figaro Madame dont la couverture arborait le titre suivant : Knokke-le-Zoute, le chic des plages du Nord.

Moi qui, vers six ou sept ans, chantais avec joie Knokke-le-Zoute Tango (ça reste un de mes classiques, si je veux délirer un bon coup), ai saisi, à l’été 1998, toute la portée ironique du refrain, en visitant la Belgique et m’apitoyant sur ces affreuses stations balnéaires, dont Knokke est sans doute la plus laide. Tout est possible.

jeudi, 14 juillet 2005

Strophe avec lettrines

Ils viennent du fond des temps, allant et puis revenant,
Les Tzi les tzi les Tziganes les Tziganes
Ce sont nos parents anciens, les Indo-Européens,
Les Tzi les tzi les Tziganes les Tziganes
Cheval maigre et chien perdu dans la nuit bleue,
Quand je passe je n'ai pas peur d'eux.


(Léo Ferré)

dimanche, 10 juillet 2005

"Le Cercle" de Camel Zekri

Camel Zekri. Le Cercle. Tarbes : La Nuit transfigurée, 2004 (LNT 340122)

Ce n’est pas du « jazz », probablement, et sans doute serait-il préférable de parler de musiques contemporaines improvisées. Je ne suis pas certain d’être très convaincu par ce disque, même si je suis sensible à sa démarche, oui, à la façon de cheminer, péripatétiquement, sur les fils ténus du cercle, en funambule. Plusieurs morceaux «de transition» me paraissent tout à fait superflus. La présence de Daunik Lazro, que j’ai entendu à Tours en février dernier (ou était-ce début mars ?) dans deux formations très différentes, se fait lourdement sentir, tant dans la force et l’énergie qu’il donne, de son souffle même, que par la pesanteur, parfois, de son avant-gardisme à tout crin.

Avant-hier, Irène (anciennement ici V-ue, mais dont je change le pseudonyme tant pour le rendre prononçable aux internautes qu’afin de donner un équivalent sémantique hellénistique à son patronyme breton), qui nous recevait à déjeuner chez elle, a laissé supposer que je n’aimais pas la chanson, car les amateurs de jazz, en général, sont primordialement «branchés» ou «braqués» sur le jazz (my words, not hers). Les nombreuses références à des disques de jazz, depuis l’ouverture de ce blog, ainsi que ma participation à la communauté JAZZ de l’hébergeur, ont dû la guider sur cette fausse piste. Parmi les projets que je caresse, afin de donner à ce carnétoile un tour plus systématique, j’aimerais choisir chaque jour un disque que j’aime sur mes rayonnages et en donner un petit commentaire, afin de donner, éventuellement, l’envie aux internautes de se le procurer, by means foul or fair.

Je ne suis pas sûr d’avoir, jusqu’ici, donné envie à grand monde d’acheter Le Cercle. La musique y mêle rythmes divers (d’inspiration nord-africaine autant qu’avant-gardiste “occidentale”), riffs déments et lancinants de guitare et électroniques, chants mélopées ponctuant de leurs loops les circonvolutions sonores qui les combattent plus qu’elles ne les accompagnent.

Le plus curieux, peut-être, ou le plus furieux, est que les textes d’accompagnement sont, d’un certain point de vue, plus intéressants que la musique proposée, ce qui est gênant, tout de même : à quoi bon se réclamer des incontournables Deleuze et Guattari et circonscrire ainsi, par voie de conséquence, l’écoute ? La référence à Guillevic me gêne moins, car, en premier lieu, c’est un poète, et la rencontre du poète et du musicien est moins artificielle que la relation du compositeur à «la philosophie». De plus, j’aime beaucoup Guillevic, et, l’avouerai-je, c’est la présence du nom sur la quatrième de couverture du disque (c’est un livret, donc j’imagine que l’on peut employer cette terminologie) qui m’a incité à l’achat.

Je ressors de l’écoute de ce disque (troisième écoute, en ce moment même, une semaine après l’achat) sans grande envie de me procurer d’autres enregistrements des musiciens qui forment ce cercle, mais avec le désir de me replonger dans la lecture de Guillevic, ou d’en savoir plus sur cet Ayari Mondher, dont un extrait de l’ouvrage L’écoute des musiques arabes improvisées sert de note introductive, ou surtout sur le traité, qu’il cite, de Safiyyu d-Din ; les extraits de al-Sarafiyyah qui sont ici timidement, parcimonieusement proposés, m’ont rappelé mes chères années d’études, et les nombreuses lectures de textes soufis et d’essais sur le soufisme.

Ce qui me fait penser, pour passer du coq à l’âne et de bouc en brebis, que je n’ai toujours pas écrit, en une note, ce que je fais vraiment dans la vie (ce à la demande de Marione, mais aussi des milliers de “fans” qui se pressent aux grilles de ce blog comme, à minuit, dans les officines spécialisées de la décérébration, les adeptes qui, depuis des semaines, attendent la minute précise de la parution du dernier Harry Potter).

Je m’y attelle, et signale, en conclusion sans queue ni tête, à Jacques, que j’ai délibérément employé deux types de guillemets dans cette note. Si le cercle est vicieux, la boucle est bouclée…

Ou plutôt, non. Il est par trop injuste d’achever cette note sans écrire ici, autant à titre d’aide-mémoire personnel que pour atténuer quelques phrases trop rudes envers ce Cercle, que les trois plages intitulées “Partout dense”, “Ombre inverse” et “7073 1/2” sont remarquables, vraiment belles et stupéfiamment telles, qu’elles méritent à elles seules que l’on reprenne ce disque encore et encore.

samedi, 02 juillet 2005

« Your frankly vulgar red pullover »

Ce matin, nous avons écouté plusieurs fois de suite Our Frank de Morrissey, car A. voulait danser dessus ; il se trouve que c’est, par un heureux hasard, l’une des meilleures chansons de l’album Kill Uncle (1991), que je n’avais pas écouté depuis des années. Je n’aime pas tellement la Britpop (litote), mais j’ai un léger faible pour les Smiths et la carrière solo de Morrissey.

J’ai découvert The Smiths à Oxford, en 1996. Mon affection est toute relative, car je ne possède aucun album du groupe, et un unique album de Morrissey.

La première chanson de Kill Uncle, bien écrite et subtilement composée, s’achève d’ailleurs par l’expression du désir de décérébration, ce qui n’a toutefois pas grand chose à voir avec les idiotes professions de «dionysisme» de certains «musiciens» techno. Morrissey se déclare lassé par les conversations profondes qui n’aboutissent à rien (“our frank and open / Deep conversations”) et en vient à se plaindre de sa propre intelligence (“Will somebody please stop me / From thinking all the time ?”).

C’est assez troublant.

vendredi, 01 juillet 2005

Juditha triumphans

J’écoute de nouveau la Juditha triumphans de Vivaldi (RV 644). Quel opéra oratorio somptueux, d’une diversité et d’une beauté à couper le souffle (mais pas les oreilles, fort heureusement). Comme il s’agit d’un opéra oratorio découvert récemment, je pense qu’il n’en existe pas d’autre version (Naïve 2001 : OP 30314) : l’Academia Montis Regalis est placée sous la direction d’Alessandro De Marchi, le Chœur des Jeunes de l’Académie Sainte Cécile sous la maîtrise de Martino Faggiani. Les cinq voix sont Magdalena Kozena (Judith), Anke Herrmann (Abra), Maria José Trullu (Holopherne), Marina Comparato (Vagaus), Tiziana Carraro (Ozias).

Ecoutant attentivement le premier acte, et notamment, dans l’ordre des plages 7, 9 et 11 (sur le premier CD), l’air de Vagaus, Matrona inimica, l’un de mes préférés, l’air de Judith, Quocum Patriae me ducit amore, et l’air d’Abra, Vultus tui vago splendori, je remarquais que je trouvais le chant de la dernière voix très inférieur, non techniquement car je n’y connais rien : s’agit-il d’une moindre qualité de la chanteuse jouant le rôle d’Abra (Anke Herrmann) ou, plus profondément, d’un goût moindrement marqué, de ma part, pour les soprano colorature ? Le choix de confier la partition d’Abra à une colorature est, d’ailleurs, à en croire le livret et les notes d’Alessandro De Marchi, un choix audacieux, qui n’allait pas de soi. Je ne peux que regretter, à titre personnel et non point pour l’équilibre général de l’opéra (qui se satisfait sans doute grandement de la structure en quinconce des voix), que le chef n’ait pas choisi, pour Abra, une voix plus proche de celle de Marina Comparato (qui est, toujours dixit De Marchi, «un mezzo-soprano aigu et léger »)

Je ne suis pas certain de m’exprimer fort clairement dans le paragraphe qui précède. Mais c’est un point qui me tient à cœur. J’ai écrit cette note en écoutant l’air de Judith, Veni, me sequere fida, qui se trouve sur le deuxième CD. Les longs maintiens, entrecoupés de soudains trilles, font parcourir, en moi, le frisson de la merveille.

mardi, 21 juin 2005

Ha Po Zamani

Ce qui m’attire, entre autres, dans cette chanson de Miriam Makeba, c’est qu’elle se prête fort bien au jeu de l’improvisation verbale. Je crains que ceux qui ne voient pas ce dont je parle ne comprennent pas grand chose à ce qui suit, mais enfin, le principe est simple, et ce jeu, d’ailleurs, n’a rien d’original, puisque Cavanna raconte, dans Les Ritals, qu’il s’y livre régulièrement, à partir de la chanson de Brel, Amsterdam.

Sur un air donné, l’on se surprend et se prend à improviser des paroles. Ce qui peut donner ceci, sur Ha Po Zamani :

Mon ordinateur je viens d’allumer
C’est branché
Zama !
Je ne sais pas encore ce que je vais y trifouiller
Quel taré
Zama !
Bon, voici de mon blog le fichier
Pour m’attirer
Zama !
Et je raconte un peu n’importe quoi c’est vrai
Enivré
Zama !
Etc.

 

Comme quoi les rappeurs, avec leur free style n’ont rien inventé, et je n’ai rien à leur envier, et je fais vibrer la fac quand je veux, d’abord !



En écoute : rien à voir : Present Past du Jaromir Honzak Quintet. Le jeu de Michal Tokaj au Fender Rhodes m’agace un peu, tout cela sonne un peu musique d’aéroport des seventies, mais il y a aussi quelques réussites. Le bassiste (et leader) est d’une subtilité de jeu qui sauve presque la mise.
J’ai une grande affection pour le morceau intitulé « Constant Struggle », qui me semble assez mal nommé d’ailleurs tant il s’y entend d’accord, de douceur, si lancinants soient les accents de la guitare (Christian Rover). C’est une très belle composition, qui doit beaucoup, dans sa tenue, à la basse de Honzak, bien sûr, et, dans sa retenue, au jeu mélopé, tourneboulé, doucement affolé, du saxophoniste, Piotr Baron.

(Il faut tout de même que je justifie un brin mon appartenance à la communauté JAZZ de HautEtFort.)

jeudi, 09 juin 2005

With the birds I'll share

V-ue me réclame une mise à jour!

Non, V-ue, il n'était pas trop tôt... hélas! j'aurais bien aimé être dans mon lit. I'd certainly have liked to suffer from clinomania or astasia-abasia (not far from your surname this...)

Non, en fait, je me suis levé comme tous les matins vers sept heures; maintenant, mon fils est à l'école, je me sens crevé de ces semaines passées, et aussi, si je suis honnête, de la soirée dernière, avec quelques verres de Vouvray brut puis d'excellents Bordeaux. C'était la première fois que nous invitions des collègues de C..

A présent, je vois avec effroi la pile de vaisselle.
En écoute: Red Hot Chili Peppers, que je n'aime pas tellement en fait.
Bon...

En écoute: l'Orchestre de Contrebasses, "Les raisins de ma grand-mère" (album Musiques de l'homme, un renouveau total de leur musique - remarquable!)

Je vois avec effroi la pile de vaisselle.

Il fut question, hier soir, de Mathieu Boogaerts, que J., le collègue de Claire, n'aime pas.
Je me rappelle des vaisselles
Qui étaient sales, que je faisais belles,
Je me rappelle
Mes ailes.

mercredi, 08 juin 2005

ZOO

Regardé hier soir ZOO: A Zed and Two Noughts de Peter Greenaway, à la fois (malgré mon goût pour les recherches du cinéaste) trop fouillis et trop explicite dans ses liens symboliques. De très belles choses, mais un sentiment d'éparpillement.

L'un des dialogues du film suggère qu'il n'y a pas de nom d'animal commençant par la lettre X, et que la lettre Z a été inventée pour le zèbre. Le zèbre fait l'objet de nombreuses scènes et de nombreux discours, dans le film. Et, ce matin, se réveillant (lui aussi) aux aurores (vers 6 heures 30), mon fils a entonné, de l'autre côté de la paroi nous séparant de lui, et comme entame à son récital, la chanson du zèbre, qu'il a dû retrouver au fond de sa mémoire. Cette chanson, tirée de l'Alphabet pop, le faisait, plus jeune, rire aux larmes. Il l'avait découverte en mars 2004, lors de la visite d'A***, ami très cher et qui, coïncidence supplémentaire, fut sans doute, hier dans l'après-midi, le premier de mes lecteurs.

Toutefois, A*** n'a pas laissé de commentaire sur le blog, mais m'a posé une question relative à Gertrude Stein, par courrier électronique.

Où, de Greenaway, l'on en revient à Gertrude.

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