mardi, 13 mai 2008
1981 - Michel Puygrenier, le génie festivalier
Michel Puygrenier, l'âme des Fêtes Musicales de Touraine, est un être divin aux multiples facettes. Tantôt il est capable, sans se départir de son rictus narquois ni de son chapeau mou, d'asséner de merveilleuses pépites afin d'expliquer à un grincheux pourquoi le Festival l'escroque de soixante-dix euros, en arguant notamment que "ce genre d'incident ne se produit jamais", puis de se retourner vers une des dames patronesses qui lui servent d'escorte en expliquant qu'"on ne rembourse jamais les gens, et puis quoi encore".
Mais il sait aussi présenter somptueusement les artistes qui viennent se produire "dans [s]a Grange" [sic]. Ainsi, le 22 juin, à quatre heures, ne l'entendit-on pas annoncer le quatuor Artémy, et une oeuvre de Kapustain ? Rien de surprenant, dès lors, que le violoncelliste du quatuor Artémis se soit autorisé à lancer au public que "Kapustin [qu'il faut prononcer comme Raspoutine, eh oui, mon vieux Michel] n'était pas du tout connu en France".
Cela n'est pas vrai, très cher Eckart Runge : Michel Puygrenier n'est pas la France. Il est un univers à lui tout seul.
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dimanche, 24 février 2008
Jardin privé exclusivement réservé à l’immeuble

Si tu ne sais à quelle source puiser l’inspiration, il te suffit d’ouvrir ton dossier de photographies, et la moindre image banale d’un site entrevu quotidiennement ou presque suffit à raviver l’envie d’écrire. Ainsi, prends cette image dont le centre névralgique – le punctum aurait dit Barthes – est un panneau à lettres blanches sur fond rouge vif : combien de peupliers dénombres-tu ? combien de branches affaissées à faire des cheveux au saule ? Quel est cet arbre dépenaillé et dégingandé qui occupe le premier plan, à gauche du panneau ? Et, au fond, est-ce un épicéa ?
Récemment, tu t’es mis à photographier des saules. Rien, d’ailleurs, n’est plus difficile que de photographier un arbre – ou un groupe d’arbres – sans être ennuyeux. Les arbres, que l’on peut contempler des heures durant en tournant autour, ou en les scrutant depuis un banc, requièrent, dans le passage à l’image, une sorte de mise en scène qui les dramatise, qui accentue leur présence. Ils crèvent le ciel, ils épuisent le regard, mais ils ne crèvent pas l’écran, ne débordent pas du cadre. C’est curieux.
D’ailleurs, comment savoir si l’avertissement ne vaut pas aussi pour les photographes, et s’il n’est pas interdit aussi de prendre des clichés de ce jardin exclusivement réservé ? Photographier un sens interdit, c’est déjà s’engager sur la pente glissante.

07:55 Publié dans Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie, écriture
mardi, 19 février 2008
De dos

Stalles de l'abbatiale de la Trinité, Vendôme.
15:00 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Art, Photographie
dimanche, 17 février 2008
Sens aigu de la propriété

13:00 Publié dans Blême mêmoire, BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Picardie, Amiens, Vendôme, Stalles, écriture
vendredi, 15 février 2008
De la cornemuse...

11:00 Publié dans BoozArtz, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Art, Photographie, Littérature
mercredi, 13 février 2008
Vendanges tardives

09:00 Publié dans BoozArtz, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Art, Photographie
samedi, 09 février 2008
Saule pleureur, farouche de février

15:10 Publié dans Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie
jeudi, 07 février 2008
Saules pleureurs, jaunes de janvier
Il y a huit jours, un mercredi de grisaille et de bourrasques, je photographiai les saules pleureurs des bords de Loire, ceux dont les branchages sont à la hauteur des promeneurs de la rue des Tanneurs et de la place Anatole-France.
Aujourd'hui, il faisait un grand soleil, un ciel bleu magnifique, et il faisait même bien chaud, au soleil.
Moi qui, pour de sombres histoires de voiture laissée chez le garagiste, ai marché, entre deux travaux, pas loin de deux heures, je n'ai pas eu, débordé, le temps de "développer" les photographies ensoleillées de ce jeudi de février, et encore moins d'écrire quoi que ce soit d'un peu construit, d'un peu constant.

21:41 Publié dans Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Photographie
mercredi, 06 février 2008
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Comme Renaud Camus a publié hier, sur son site de photographies, une vue de la tombe de Cecil Day Lewis, plus connu sous son nom de plume (et de Poète Lauréat), C.S. Lewis, en précisant que "Cecil Day Lewis avait demandé à être enterré à proximité de Thomas Hardy, qu'il admirait frénétiquement", je me suis replongé, non sans l'avoir cherché dans les rayonnages de la bibliothèque-placard où se trouvent la plupart de mes ouvrages de langue anglaise, dans le volume bleu lagon des Poems que ma mère m'avait ramené il y a une dizaine d'années d'un de ses séjours à Bristol. Outre que la poésie de C.S. Lewis ne m'avait laissé à peu près aucun souvenir, j'étais tout de même rassuré de voir que jamais C.S. Lewis ne semble mentionner le nom de Thomas Hardy, ni faire la moindre allusion au grand écrivain des Wessex Tales. De façon assez caractéristique, la lecture de ce volume m'a donné, rétrospectivement et donc trop tard, un nombre non négligeable d'arguments pour contrer l'idée, formulée par Eric en marge du colloque Poets & Theory que nous organisions ensemble il y a une dizaine de jours, selon laquelle les poètes américains contemporains se posaient nettement plus de questions théoriques que leurs collègues britanniques. Toutefois, cette lecture ne remet pas en cause le constat relatif au conservatisme à peine imaginable des poètes "reconnus" de l'aire insulaire.
Mais enfin, pour ce qui est de Thomas Hardy, pas l'ombre d'une allusion, m'a-t-il semblé. C.S. Lewis a donc dû exprimer son admiration dans d'autres textes, en prose, ou lors de discours, ou encore, si cela se trouve, dans des poèmes qui ne sont pas rassemblés dans ce volume bleu lagon. Pourtant, les références ne manquent pas : Milton, Donne, Marvell, Hugo, Roy Campbell et tant d'autres, sans qu'il s'agisse toujours d'admirations unanimes, d'ailleurs.
Ce matin, je lisais un peu au hasard des poèmes de Wallace Stevens. Le simple titre Asides on the Oboe ("Apartés pour hautbois") a suffi à me ramener à Oxford, où je découvris vraiment la poésie de Wallace Stevens, en 1995-96, mais où je lus beaucoup aussi l'épais volume des Poèmes complets de Norge, emprunté (me semble-t-il me souvenir (mais c'est curieux car je pillais surtout les rayonnages de St Anne's et de Lady Margaret Hall)) à la bibliothèque de la Maison française. Je me revois, dans la semi-obscurité douce et feutrée, penché au-dessus de l'une des somptueuses tables de bois verni de la bibliothèque de LMH (qui restait ouverte sept jours sur sept et toute la nuit), lire des poètes de la Renaissance française (Mellin de Saint-Gelais) et de la Renaissance anglaise (Spenser), avant d'aller me promener longuement dans les University Parks, où, dès le printemps, les matchs de cricket commencèrent de refleurir, ou d'errer dans les pubs, à découvrir les centaines de bitter différentes, longues errances aussi de cloître en cloître, de college en college, de quad en quad.
Ce que Soyinka écrit, dans You Must Set Forth at Dawn, de sa première année passée en Angleterre (et de la fadeur de la nourriture anglaise), et que j'ai lu hier soir avant de monter me coucher, ne doit pas être étranger à cet afflux d'images du passé, sans oublier combien la lecture récente de Petite nuit a remis en branle l'analogie entre le souvenir du livre lu et le chronotope de la lecture, le moment même où l'on se revoit face à tel livre, à telle heure précise, dans telle lumière.
Enfin, pour ceux qui ne comprennent pas que cultiver son jardin n'est pas nécessairement synonyme de "mégalomanie", je laisse justement le mot de la fin à C.S. Lewis :
All this is flashy rhetoric about loving you.
I never had a selfless thought since I was born.
09:55 Publié dans Blême mêmoire | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, écriture, Littérature, Poésie
mardi, 05 février 2008
Les trois traits noirs du souci
N'ayant pas eu le temps de retourner visiter l'exposition "Julio Gonzalez en famille", n'ayant pas eu le temps de poursuivre mes forages dans l'univers sombre et livresque de Petite nuit, je me contente (les yeux crépitant de petits signes gris anthracite (pages de Soyinka)) de reproduire un dessin de l'artiste espagnol, un dessin de 1936 :

21:55 Publié dans BoozArtz | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ligérienne, Art, Photographie


