Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 21 avril 2026

IX – On croise le futur…

 

On croise le futur

Et pas du tout des spectres :

Ce joueur de luth avec son plectre

Figea l’œil dans le mur.

 

Je me gratte (j’ai tort)

La joue d'une façon directe,

Et voici qu’un insecte

(Moustique) tombe mort.

 

Entre les deux quatrains

Une nuit a passé,

Mais tout au présent se conjugue :

 

Le plexiglas et le burin,

T-shirts ACDC

Et vénus de Lespugue.

 

dimanche, 19 avril 2026

VII – Des « quais neufs »...

 

Des « quais neufs » ce que l’on voit de San Michele

   Laisse rêveur, l’esprit tendu vers l’heure

Où l’on s’y rendra (après une nuit meilleure) :

   Ah ! ah ! cacophonie ! hôtes zélés

 

   D’un lit effondré, d’un logis dont les

Effluves débectants (que ma narine meure !)

Rendent l’appréciation au bas mot inférieure,

   L’insomnie vient-elle tout emmêler ?

 

   Retour au point de départ : l’isola

San Michele (traduction : l’île Saint-Michel)

   N’est pas ici ce qui nous désola.

 

Sans nero di seppia, sans masques, sans strudel,

La ville excite l’œil (ni Titien ni Zola !).

   Les points d’exclamation sont nos pixels.

 

samedi, 18 avril 2026

VI – Sur le vaporetto…

 

Sur le vaporetto, passé le héron cen-

Dré guettant sur son poteau, altier et sublime,

On aperçoit les tours de la Sérénissime.

On imagine, au soir, ce ciel bleuté en sang.

 

C’est le matin, pourtant. En dégainant les rimes

– C’est meilleur pour l’énergie que le Guronsan –

Je sens se poser sur mes vers l’embrun d'encens

Et les dévotions qui absolvent les crimes.

 

Avant de voir le bateau virer soudain vers

Burano, sans que l’oiseau se soucie de nous,

L’œil s’attarde, ébloui, sur un huîtrier pie.

 

Le rouge de son bec donne un sens à ces vers :

D’autres face à une châsse sont à genoux.

L’œil connaît le repos, et le cœur un répit.

 

V – Approchant (je veux, mon neveu) …

 

Approchant (je veux, mon neveu)

De la côte où tout se dilate,

La nuée enfin se fait plate :

Je rumine un ultime aveu.

 

Ce livre en guise de baveux,

Pour croquer l'instant où n'éclate

Aucun mot, le poète blablate.

Entamons la descente : Ve-

 

Nise apparaît, dans la buée.

Depuis si longtemps la ruée

Vers la cité lacustre affine

 

D'autres vies (che sera sera).

Humant l'ail et la paraffine

Nous apercevons Tessera.

 

IV – Comme on a survolé les Alpes…

 

Comme on a survolé les Alpes

Le soleil sur la neige aveugle

– Et penserez-vous qu'un bœuf beugle

Ou que ce duvet blanc l'on palpe –

 

L'œil penché sur la nuée (help !),

Voici comme au fond d'une mug

Les traces laissées par le grog

Du dieu qui sèmera nos scalps.

 

Bref ! Du hublot on voit la neige ;

Les stressés se croient pris au piège.

Calé dans le siège d'Airbus

 

On devient je. Et je rumine

Les souvenirs d'hommes imbus :

Vers Venise je m'achemine.

 

mercredi, 15 avril 2026

III. – Finalement deux nuits d’hôtel...

 

Finalement deux nuits d’hôtel

Supplémentaires : une la veille

Du départ tôtif (qu’appareille

Le Boeing que l’on dirait tel

 

Pour la Vénétie) en cheptel,

L’autre de l’auteur des Merveilles

(Ô périphrase nonpareille !),

À sacrifier le coquetel.

 

Peut-être a-t-on manqué de gnac

Si l’on s’endort à Mérignac

Où le cheptel devient cohorte…

 

Vendredi soir, sans Tiepolo

Ni Tupolev, cherchant la porte,

Lorgner côté Marco Polo.

 

mardi, 14 avril 2026

II. – Ce n’est pas au Palais ducal...

 

Ce n’est pas au Palais ducal –

Qu’on doit dire « palais des Doges »,

Où on se promenait en toge

Quand le plancher était bancal, –

 

Qu’on pourra voir un caracal

– Où que le merveilleux se loge –

Et en quelque martyrologe

Fait espace, pétrir le cal

 

Accumulé sur le clavier,

Tarir de rimes le vivier

En tapotant sur le smartphone.

 

L’œil happé par la colonnade

Tandis que la plume griffonne,

Ce qui s’écrit : pantalonnade.

 

lundi, 13 avril 2026

I. – C’est ici, à l’hôtel des Thermes...

 

C’est ici, à l’hôtel des Thermes,

Que commencerait (chambre deux-

Cent-trente-deux) la série de

Sonnets « vénitiens » – c’est le terme.

 

On avait attendu que germe

Lentement ce plan hasardeux

Pour approfondir mon art de

Rester à fleur de l’épiderme.

 

De la fenêtre de la chambre

On voit le fronton carrelé

Et l’effigie d’un homme en mitre.

 

Avril n’est déjà plus décembre,

Et il est temps d’écrire les

Sonnets vénitiens – c’est le titre.