Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 03 juin 2017

juin 3

type

qui a donc pour caractéristique, dans ce récit où je le prends pour sujet, de manger cinq bananes pour tout déjeuner,

et là encore qu'en sais-je,

peut-être avait-il déjà englouti, ailleurs, avant de s'asseoir sur ce BANC, un sandwich ou une barquette de coleslaw, auquel cas les calories ingérées avec ce régime de cinq (5) bananes dépasseraient amplement, très largement, la norme pour un seul repas

(et même d'ailleurs avec cinq bananes, on se demande),

toujours est-il que ce type, j'en fis l'objet de mon regard & j'en fais le sujet de ce texte,

ou plutôt je tire ce texte de ce que je lui ai vu faire,

à savoir éplucher/avaler pas moins de cinq bananes, à la file, l'une après l'autre, en se servant surtout de sa main droite, et ce en moins de dix minutes (j'avais même dit au départ que ça n'en avait pas pris cinq, mais cela, je ne pourrais le garantir), de sorte que le sujet de ce texte

ou de ce récit

(mais est-ce un récit ?)

n'est pas le type à proprement parler mais la façon dont ce type, assis sur ce banc que je n'ai pas encore décrit, dans un décor que je n'ai pas encore évoqué, a déjeuné d'un régime de cinq bananes à 2,39 €

mangeant d'abord pour 37 centimes de fruit à moins qu'on  ne compte la peau dans le calcul du prix de ce qui fut consommé, puis pour 54 centimes à moins qu'on ne compte que la partie mangeable et pas la peau dans le calcul du prix de ce qui fut consommé, et ainsi de suite, ne se servant de sa main gauche que pour détacher chaque banane de son régime ou pour en casser le coudic

(j'ai eu beau chercher, je ne suis pas sûr du terme approprié pour décrire le bout (la queue ?) de la banane, cette partie dure par laquelle un régime est accroché à la branche (la tige sans doute ?))

et donc ce type n'est pas le sujet

mais fatalement

vu que ce type a mangé ce midi-là cinq bananes d'affilée, sans faire de pause entre chaque, son repas, et le fruit au centre de son repas (ou de son dessert si on imagine qu'il avait, par exemple, mangé auparavant, avant d'atterrir sur ce banc, une barquette de coleslaw), sont le sujet, mais le sujet c'est forcément aussi ce type

sorte de héros bananier ou bananophage ou bananivore

(le mot banane n'étant ni grec ni latin je pense qu'on peut s'autoriser l'un ou l'autre de ces adjectifs)

ce type par glissement devient lui-même le sujet

et par-delà ça le mot type lui-même, car pourquoi ne pas avoir écrit homme ou monsieur ou mec ou gonze ou zigue ou quoi d'autre encore, sans doute car c'est bien d'un type qu'il s'agit :

si distingué qu'il fût, si dandy qu'il parût être, si digne qu'ait été son comportement,

il avait tout du type car quand on voit quelqu'un s'asseoir sur un banc puis sortir d'un sac un sachet contenant un régime de cinq bananes avant de les manger une à une on se trouve effectivement face à un type

& si on rentre chez soi le soir si on raconte ça on va dire j'ai vu un type qui ceci cela

de sorte que le mot type lui-même est tout autant le sujet de ce récit

(mais est-ce un récit ?)

que le personnage, la personne de ce type que j'ai vu, que je voyais alors et que je vois encore maintenant en racontant ce que je lui ai vu faire alors, manger cinq (c'est-à-dire 5) bananes d'affilée

ou à la file

en me disant sans doute en mon for intérieur tout en tentant de retenir un maximum de détails, tout en le regardant détacher éplucher porter à sa bouche mâcher mastiquer déglutir avaler, en me disant mais qu'est-ce que c'est que ce

type

10:31 Publié dans Juin | Lien permanent | Commentaires (0)

Écrire un commentaire