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jeudi, 10 mars 2016

La bise passe...

La brise passe sous les mots

Comme le temps d'une évidence

Allez vous entrez dans la danse

Il danse le joli chameau

 

Finies la vie et ses carences

Cette pâte avec ses grumeaux

Ce sortilège du tombeau

La folie de remplir sa panse

 

Étiez-vous sous les giboulées

Ce mercredi de vent glacial ?

Perdre le nord et les raclées

 

Pour un sphinx au nez de gavial

C'est trouver des chaleurs sarclées

Par le froid septentrional

mercredi, 09 mars 2016

Une nouvelle forme de sonnet ?

Après les sonnets en émoticônes, à peine explorés (le dernier en date est à lire/voir/déchiffrer ici), je me lance dans les sonnets vidéo.

Bien entendu, les images sont pourries ; le montage est pourri ; je veux simplement espérer que les vers ne sont pas trop pourris, et surtout que cette façon d'écrire (directement avec le logiciel de montage — pas de texte préétabli, aucun mot particulièrement à l'esprit au moment où je filme) permet de déstructurer le sonnet d'une manière (un peu) neuve.

Ainsi, dans celui composé ce jour (Sonnet de Loire 9 mars 2016), deux vers appartenant théoriquement à des strophes différentes se trouvent réunis dans un même plan. La syntaxe joue aussi de cela. Dans celui-ci, je me suis aussi amusé avec l'alignement des légendes.

De même, j'ai rapetissé les légendes. Dans le premier (du tramway vide filmer), les vers étaient hétérométriques ; dans celui d'aujourd'hui, j'ai travaillé sur des pentasyllabes.

 

 

(Par ailleurs, c'est la saison des sonnets : j'en ai composé un ce midi, devant le collège Ronsard, avec le dictaphone du smartphone. On peut le retrouver sur Facebook, pour ceux qui sont “sur” Facebook.)

 

mardi, 08 mars 2016

Sonnet en émoticônes, IV — avec une anacoluthe

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Sans parlote

pour dégoiser en volapük

& pour causer en largonji

de la langue extraire le suc

au cimetière comme on gît

 

peut-être un jour à La Mongie

faire la sieste un petit cluc

(sur des skis je crois que Ponge y

s'exprimerait sur le grand-duc)

 

en haut des pistes le zéphyr

glacial nous parle son sabir

faut-il un aggiornamento

 

pour le silence de Ménine

sa fièvre guérie par quinine

& traduite en espéranto

.

vendredi, 04 mars 2016

Rugissements

le triomphe des trublions

qui se regardant dans la glace

exigeaient que nous fissions place

nette) Rugissements de lions

 

au fond de profondes crevasses

Toi, ça te fout des ganglions

— Voudrais-tu que nous sanglions

ta monture quand tu rêvasses ?

 

Le cheval va l'amble et fait peau

neuve sur notre itinéraire

le voilà qui reprend l'araire

 

Dans sa mémoire ce dépôt

seul encourageait notre fuite

(déjà vous connaissez la suite :

jeudi, 03 mars 2016

... venaient naufrager

3 mars 2015

 

l'espadrille rayée

coincée sous la cuisse

annonciatrice de crampes

rayures du canapé

 

une torpeur de chrysalide

moisi piqueté de la lampe

et sa perdrix pâle flanche

à la porte de nos supplices

 

poètes morts avant quarante

ans symbolistes portugais

sur l'écran qu'un pouce biffe

 

un jour factice en microfibre

où des débris de tercets

venaient naufrager

.

mercredi, 24 février 2016

pays perdu oui

Hagetmau, 14.02.2016.

 

oui est un pays plaisant

au soleil de ce dimanche

le ciel découpé sous la branche

c'est la parade des ans

 

oui est un pays perdu

trouant votre coudée franche

le froid est là la neige est blanche

à nier ce qu'on a mordu

 

oui finit en oraison

c'est un pays sans saison

on ne sait pas ce qui le ronge

 

& dans vos cœurs mal embouchés

oui est fait de mots couchés

pour les poisons des oronges

mardi, 23 février 2016

—la noce en cueillant—

15.02.2016.

tu égrenais au seuil des nuits

des coups de pinceaux innocents

qui détruisaient fureurs et bruits

martèlements adolescents

 

tu as pu faire la noce en

cueillant dans l'ombre fleurs et fruits

exacerbant la haine au sang

& épatant quelques instruits

dont tu avais volé l'angoisse

 

à présent l'ombre que tu froisses

a des allures de tapin

 

dis ces dégoulinures noires

les lâches-tu pour d'autres foires

ou trouver le fruit sans pépin

lundi, 22 février 2016

la fauvette @ la sauvette

15.02.2016.

elle se pose, la fauvette

sans que nul ne l'en ait priée,

sur l'arbre comme à la criée

un rai de soleil sur l'étal

 

elle regagne à la sauvette

un nid invisible, étrillée

par cette écriture embrouillée

& l'approche d'un caracal

 

n'est-ce plutôt une civette

qui s'approche pour que même à

l'affût d'un monde équatorial

 

ce bougre d'âne de Cingal

citant "la mouette c'est Emma"

nomme cette fauvette Yvette

mardi, 16 février 2016

“ragoût de potamochère”

mes amis faisaient bonne chère

un donna son dernier cauri

pour de la chair de pécari

un ragoût de potamochère

 

qui sait de quoi ils bambochèrent

était-ce quelque fol pari

pour assaisonner de gari

nos estomacs mis en jachère

 

ainsi je festoyais avec

mes amis et pan sur le bec

du bec-en-sabot de l'outarde

 

pour se gaver de chair poivrée

je narre cette agape vraie

rêve piqué à la moutarde

lundi, 08 février 2016

... du grain à mudre

passez par la calamistoufle

ô hérauts du matin de brou

on vous réchauffe peu ou prou

qui du bonnet qui de la moufle

 

à retomber dans votre trou

reprenez doucement le souffle

& engoncés dans votre doufle

passez par le chavirécrou

 

vous abhorrez la frangisudre

& le si élégant tonkin

à vous plumer le maroquin

 

ça va donner du grain à mudre

aux fanas d'homéotéleutes

& aux salopiots herméneutes

jeudi, 28 janvier 2016

“tenir le flambeau”

23.12.2015.

 

cours après la vieille étreinte

un pied sur l'escabeau

neurones au tombeau

sans faux souffle ni vraie crainte

 

cours les pas dans ton empreinte

à jouer pour de beau

de bon tenir le flambeau

que le futur t'éreinte

 

ce n'est pas assez courir

c'en est trop d'une syllabe

l'albatros s'enfuira

 

& se noircira en labbe

cours après il t'en cuira

ce n'est pas trop mourir

 

lundi, 18 janvier 2016

De neige urbaine

) ça commence à tenir

sur les voitures froides

métaphores des ouates

& ancien souvenir

 

va donc voir chez Jawad

s'il vente ou s'il neigeote

arrête ta parlote

cornemuse et bagad

 

magnolias et menhir

ça commence à tenir

& ça prend la tangente

 

autos sur les Tanneurs

glissent (va voir s'il vente

aux joues des dépanneurs

 

samedi, 16 janvier 2016

“ton temps de brume sur l'estran”

ton temps de brume sur l'estran

à l'aval des barricades

la fuite de nous par saccades

un vieux programme en systran

 

ce ne sont plus que cagades

à n'en plus finir impétrant

un passé veuf je comprends

que ton rimmel coule en cascades

 

nos aventures sont finies

cauchemar de décennies

maintenant tu règles l'ardoise

 

Tombouctou ventre de mort

& le nautonier qui dégoise

rame au cul putain de sort

samedi, 09 janvier 2016

[ sur le trottoir mouillé ]

passe sur le trottoir mouillé

la bombasse du samedi

& dans mon crâne ce taudis

pousse en douceur un clou rouillé

 

la statuette mumuye

pour narguer ce salmigondis

offre ses angles arrondis

de quels mots suis-je barbouillé

 

le mouvement souple et gracieux

de ses oreilles&cheveux

libère en écho à la lampe

 

la senteur âpre du regard

comme le pavé que détrempe

en vain mon matage ringard

.

 

samedi, 02 janvier 2016

::: ni raison ni rime ::::

vous n'avez rime ni raison

propos montés en fatrasie

en neige comme en poésie

vous n'avez rime ni raison

 

le goulot n'est pas la trémie

vous en compterez le poison

grain qui grouille & tombe à foison

de l'appétit à l'anémie

le goulot n'est pas la trémie

 

voici donc la lobotomie

entre la raison et la rime

 

de l'assassinat à son crime

la frime au point de la cuisson

n'est pas le trot du hérisson

 

vendredi, 01 janvier 2016

“tu mettrais le monde”

tu mettrais le monde sous braise

& l'univers tu le mettrais

dans la ruelle des attraits

à se figer en catachrèse

 

tu caches ce que tu voudrais

trahir par nulle autre foutaise

ce qu'on sait faut-il qu'on le taise

garde-moi de la cendre au frais

 

déjà le feu trace d'un geste

l'amertume fixée au zeste

et au zénith il semblerait

 

tu plongerais dans le nadir

un monde de foudre et de craie

& sous la trompe du tapir

 

une année bis vient ramener sa fraise

jeudi, 31 décembre 2015

“cerf de gravure rupestre”

pas aux arènes du Soubestre

où je ne fus que deux fois

l'âme haut sur le pavois

ni où l'azur se défenestre

 

en ce jour de Saint Sylvestre

l'esprit tordu et aux abois

je ne crois que ce que je vois

cerf de gravure rupestre

 

est-ce pour la course en sac

dans les arènes d'Arzacq

tirer le diable par la corne

 

de souvenirs porter le deuil

où l'azur atteint la borne

où se défenestre l'œil

dimanche, 27 décembre 2015

"dans le soleil à qui mieux mieux"

24.12.2015

en haut de l'arbre la pinsonne

en moi le chant des adieux

l'avenir était-il radieux

à prendre qui désarçonne

 

dans le soleil à qui mieux mieux

le pinson désormais donne

une pointe de belladonne

à Sort comme à La Romieu

 

on relit Don Juan ou Lamia

chaud sous le lagerstroemia

ce n'est pas le temps qui manque

 

ou que le chant des passereaux

à Bélus comme à Salamanque

voie l'ère des bigarreaux

 

vendredi, 18 décembre 2015

pauvre imbécile

&

un nouveau

sonnet

en émoticôrimes

mardi, 15 décembre 2015

aucun objet

aucun objet.jpg

lundi, 14 décembre 2015

un financement...

sonnet sémiotique 3.jpg

mercredi, 18 novembre 2015

“ce petit soleil chapardeur”

ta douleur passe par la porte

& ton sommeil n'a pas d'odeur

ce petit soleil chapardeur

que voudrais-tu donc qu'il en sorte

 

l'odeur de sang de poudre morte

& de l'angoisse la laideur

à tous les rires maraudeur

le chagrin vient forcer l'escorte

 

c'est beau de profiter du monde

et de la plaie pas si profonde

d'être en vie la faconde libre

 

& de sentir le flot de l'encre

titiller ton âme de cancre

mélancolie très gros calibre

 

mardi, 17 novembre 2015

“dans sa mémoire faire un tri”

23 octobre, 6 h 20

 

il m'a tiré du lit le cri

de l'engoulevent ce matin

c'est à en perdre son latin

dans sa mémoire faire un tri

 

sous l'érable trouve un abri

ni mazurka ni baratin

ni ronds-de-jambe le gratin

de la faune s'est amoindri

 

aussitôt donc en me levant

je saisis mon petit smartphone

qui m'est un carnet et beaucoup

 

davantage et hurlant au loup

en silence ai pour l'avifaune

le sonnet de l'engoulevent

 

lundi, 16 novembre 2015

“envolée des lycoperdons”

24 octobre

envolée des lycoperdons

la poussière dans le vent grise

près des sacs verts formant la frise

où s'écrivent d'autres fredons

 

en feuilles la mousse comprise

et ce qu'au brouillard nous perdons

souvenir de nos édredons

s'envole en vesse sous la brise

 

pour rien de ce qui nous concerne

(ratissages dans la luzerne)

klaxons en pouêt tûût & honk

accompagnent cette poussière

comme un pianotage de Monk

à l'embrasure carnassière

 

dimanche, 15 novembre 2015

“le regard fixé”

27 octobre

 

le regard fixé sur la baie

& sur le ciel bleu & sur l'île

à n'en distinguer que la plaie

l'humeur blanche l'humus facile

 

un faciès de haute futaie

se détacha indélébile

à la crête comme une taie

sur l'œil de la crique docile

 

j'avance à pas lents sur la piste

en Cantabrie à l'improviste

chanter le soleil au coton

 

d'un long nuage qui décape

mon regard amplement sous cape

mon regard amer et glouton