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lundi, 28 mars 2011

Six heures moins six

De ma timonerie, je vois passer la vie.

 

Georghe nous casse les oreilles avec sa chignole (ponce le mur), et les avions en vrombissant dans tous les sens au-dessus de nos têtes nous rappellent l'évidence : notre pays est encore en guerre.

Soleil sur les sabots, ombre sur les tongs.

Après le cerisier des voisins, c'est notre prunier qui blanchit, mais (lui) avec cette teinte jaunâtre de l'arbre moins noble. Après mars, c'en sera fini, feuillages banals, branches écorchées ou bien ballottées par la brise, dérision d'un solfège visible. 

J'essaie de pénétrer des secrets inatteignables.

 

Sous terre, et je ne le savais pas.

samedi, 26 mars 2011

Anaphores avec distique

Au marché de la place René-Coty, ce matin : premières asperges de Saumur (chères mais il faut ce qu'il faut).

 

Au marché de la place René-Coty, ce matin, comme hier soir au concert (superbes quintettes de Mozart et Mendelssohn, quatuor "Les Quintes" de Haydn), dans la file d'attente de la boucherie chevaline, j'étais le seul client de moins de 70 ans.

La viande avec des frites

Ainsi qu'une douzaine d'huîtres

Au marché de la place René-Coty, ce matin, le soleil restait timidement caché.

Au marché de la place René-Coty, ce matin, une pomme (une Jonagold je crois) a roulé jusqu'à mon pied, et le maraîcher me l'a offerte.

Au marché de la place René-Coty, ce matin, le boucher annonçait qu'à partir du 1er avril il changerait d'emplacement. (La dame devant moi en prenait pour un régiment.)

Pommes et poires : cinq kilos, j'en avais pris !

 

Plus d'anaphore, pas d'alibi.

lundi, 21 mars 2011

Affairés

Felix, heureux et sombre, tapote, pianote (Bilder keiner Aufstellung, ce disque qui depuis si longtemps m'accompagne et que voilà revitalisé par l'écoute, samedi, des Tableaux d'Une par la fidèle Akiko Yamamoto). Le bambin ne pleurait pas. Le bambin ne pleurait plus. Felix n'est pas si modeste qu'il y paraît, et, dans le soleil du deuxième jour de printemps, reprenant de bonnes vieilles habitudes (en 1994 ou 1996 ou 1999 ç'eût été du thé), je bois un peu de café noir avec des McVitie's Ginger Nuts : on peut lire £1 sur le paquet que j'ai payé deux euros peut-être  -- ou peut-être un peu moins --  au supermarché asiatique de la Petite Arche. Nolportano : qu'est-ce que ça veut dire ?

Nolportano, qu'est-ce que ça veut dire Nolportano ? Cinzano !

Vous n'y croiriez pas. Vous n'y croiriez guère. Autres gammes : tout, dans cette traduction, était (d'ailleurs) un problème de portée. Et quand votre monde s'effondre, quand la radio irradie, quand le béton ne coule plus, croyez-vous qu'il soit facile de se glisser dans un strapontin et de rire tout de go (viz. : l'histoire du Texan qui s'abreuve dans une empreinte de fer à cheval) ? Soy califa : le Sphinx interroge. Felix continue de faire la musique  avec le couvercle rabattu. (Draps souillés.)

Donc, n'y croiriez-vous pas ? Vraiment ? Le soleil dans la poire ??!? Et que, dans le seul canton de Marseille où le Front National n'arrive pas en tête (quelle ville de dingues, décidément), il y ait eu quatre candidats écologistes, ça ne vous défrise pas ? Etude de cas pour politologue. L'observation désastre, en quelque sorte, quand le champ des ruines (albeit ever so slightly) se métamorphose sous vos yeux en carte postale sépia.

Vous n'avez rien compris à ma simplicité. (Et, ajouta-t-il à 11 h 11, je ne peux pas ne pas dire un mot, ou une phrase, ou me livrer à quelque envolée, au sujet de Korkelwurz : alors, toujours, il, sur le métier, l'ouvrage remit, et de fil en aiguille se mit aussi à dire du bien de Pentachords, de Bazar, tout à fait asiatique encore, des Impondérables, et même (fut-ce brutal !) de Torschluss. (Les circonflexes ne comptent pas pour du bas-beurre.))

Korkelwurz, qu'est-ce que ça veut dire Korkelwurz ? Marlbroutz ! ------------- A ma simplicité vous n'avez rien compris.

 

samedi, 12 mars 2011

Haute littérature

Lu chez le coiffeur :

Lissage douceur et brillance bonheur,

un look qui s'adapte au gré des humeurs.

jeudi, 10 mars 2011

D'un chronotope poignant

Hier soir, j'ai eu l'occasion de me promener quelques instants dans le vieux Tours, vers sept heures et quart et donc à la nuit tombante, voire tombée. Il est très rare que je me trouve dans le centre de Tours à la nuit, car je vis à Tours-Nord et ne sors pas souvent le soir. Or, je me faisais la réflexion que, si j'ai, de très longue date, une affection particulière pour la rue Briçonnet, le lieu que je préfère certainement à Tours (avec la promenade des bords de Loire rive gauche), c'est la place Saint-Pierre le Puëllier, et plus précisément quand, quasi déserte, elle revêt, dans la semi-obscurité, un charme encore plus poignant qu'à l'accoutumée.

 

mercredi, 23 février 2011

Quelques guingois II

Guingois du jour des Morts 019Guingois du jour des Morts 015Guingois du lundi (Driving to work) 004Guingois du lundi, 3.01.2011 014Guingois du lundi (Driving to work) 003

dimanche, 12 décembre 2010

Corbeille essore

--- billet écrit à 20:20 et publié, en fin de compte, à 21:21, le 12.12

 

Hier soir, vers onze heures, après avoir travaillé pendant deux heures sur un document dont j'ai impérativement besoin pour mardi matin (et sur lequel je devais donner encore un joli coup de collier ce soir), je l'ai envoyé en pièce jointe, par mail, à mon collaborateur (et ami (et cinéphile (et jazzolâtre (et...)))) avant de passer à de plus divertissantes occupations : lecture des Inachevés, Flickr, billet sur Summertime...

Cet après-midi, mon collègue (et ami (et fin lettré (et humoriste (et...)))) me signale que le document en PJ n'est pas le bon. Il s'avère qu'après une confusion entre deux fichiers Word, je lui ai envoyé le mauvais document avant de supprimer le bon du dossier "Mes documents". Comme de bien entendu, j'ai aussi, à un moment donné, vidé la corbeille.

Ce soir, donc, je m'apprête à refaire tout le travail stupidement perdu, et je ne sais ce qui me fait enrager : le temps perdu, le travail perdu, mon idiotie, ou le fait que c'est, à ma connaissance, la première fois... et que je trouve que c'est très mauvais signe. Si ma seule qualité (la capacité d'organisation, alliée à l'esprit de synthèse) me fuit, c'est pis que le début de la fin.

Allez, au travail...

jeudi, 09 décembre 2010

..... composer chastement mes charmes .......

9 décembre 2010.

Dans le tome 1 de l'édition Hubschmid des oeuvres de Nadar, le portrait de Caran d'Ache (avec monocle) fait face à celui de Caro-Delvaille (avec barbe en pointe et pinceau fin à la main droite). Bernard est bien heureux. Eglise des Carmes, dite aussi Saint-Saturnin, Tours, 29 janvier 2010.Bernard est bienheureux. Rien ne s'est tant perdu, ai-je chanté sur tous les tons, que la mode du gilet (blanc ou beige, notamment). Où les heures passent-elles ? Où les heures passent-elles ? Un an plus tôt, nous battions le pavé. Et ce jour-là (où sont-elles passées, les heures ?), la cité était bien déserte. On voit bien que la pierre rougeoie, et la fausse ardoise de l'autre côté. Bernard, bienheureux, mène une vie de patachon. Pourtant, vous chantiez si bien, plus jeune. Bernard mène une vie de famine. Les chants suivent la rosace.

?!titre =titre

Le temps d'une escapade funèbre dans les Landes chaleureuses, le grand beau soleil de décembre a enfin envahi le ciel de Touraine, et nous voici à le saluer, comme un dimanche (tout le planning de travail chamboulé, et les enfants ayant manqué l'école - nous ne pouvions être certains d'être rentrés à une heure de l'après-midi), Alpha inventant, dans le jardin, les différentes expositions temporaires d'archéologie qui se succéderaient au Château de Tours s'il en était le directeur (ou le commissaire permanent = un terme qui fleure bon les jolis temps de l'U.R.S.S.), et moi à poursuivre ma lecture des Inachevés de Reinhard Jirgl. Tout le planning bouleversé, un vendredi très lourd se profile. Et nos /visages\ tenteront de retrouver ?!éternellement des sourI!res (=fugaces).

 

lundi, 29 novembre 2010

Cyclistes

(à la manière de Renaud Camus, un peu)

 

Il fait un froid de canard dans les couloirs ; l’écologiste en moi doit s’en réjouir, puisqu’il n’y aurait aucune espèce de pertinence à chauffer à fond les couloirs. Déjà, parfois, le contraste entre certaines salles ou bureaux presque glaciaux et des salles de cours que chauffe à travers les vitres, et en sus du système central, un soleil généreux me confond. Donc il fait un froid de canard.

 

Ce matin, en route pour l’université, je me suis fait la réflexion, une fois encore, que, dans notre société contemporaine, les cyclistes semblaient seuls, non pas dispensés d’observer les règles les plus élémentaires de la sécurité routière, mais même, à ce qu’il semble, expressément tenus de ne pas les respecter, puisque, en pleine obscurité, presque aucune dynamo ne semble fonctionner – il n’y a pas de lumières, ni à l’avant ni à l’arrière, ni de vêtements un peu clairs (à l’exception de quelques olibrius qui portent les combinaisons jaune fluo réservées normalement aux situations d’urgence, ce qui, dans leur esprit, doit les dispenser de toute autre mesure), ni même, dans la plupart des cas, de déflecteurs (ou doit-on les nommer des réflecteurs ?).

Ce qui est étrange, c’est que les vieux coucous, les vélos déglingués, cela n’existe quasiment plus. Je me rappelle pourtant que, dans mon enfance – il y a donc de cela une vingtaine d’années au plus –, les cyclistes roulant sur des bécanes rouillées et peut-être parfois plus âgées qu’eux, n’étaient pas rares ; mais tous mettaient un point d’honneur à être vus la nuit. Au reste, je ne comprends pas bien pourquoi un cycliste qui doit faire face, ou remonter, des flots de voitures ou de camionnettes de nuit, tient autant à ne pas être vu. Sans doute ne sont-ils pas tous sciemment suicidaires ? Probablement ne veulent-ils pas, tout de même, être écrasés pour le plaisir d’intenter des procès (ou de voir leur veuve, leurs orphelins, en intenter pour eux) aux malheureux qui ne les auront tout simplement pas vus ? Tout cela me semble aller à contresens de toute logique… un non-sens, tout bonnement.  

Quand on est piéton, c’est pis : on risque autant de se faire renverser par un cycliste qui ne respecte pas le zebra crossing que par un cycliste qui vous bouscule en traversant comme un piéton, pour ne rien dire des cyclistes qui virevoltent en gymkhâna sur les trottoirs. (Oui, je sais, je répète beaucoup le mot cycliste. Je leur en veux beaucoup, aujourd’hui.)

 

J’en veux pas mal aussi aux spéléologues amateurs, pilotes de trimaran, adeptes du canyoning (comme je crois qu’on dit) et autres pratiquants des sports de l’extrême, dont les périlleuses aventures, quand elles tournent mal, nous valent, à la radio, des profusions de détails sur le nombre de gendarmes, de pompiers, de croiseurs, de tireurs du GIGN ou de sous-préfets etc. qu’il a fallu mobiliser afin de tenter de leur venir en aide. Si j’avais quelque voix au chapitre (et sans doute n’en ai-je pas l’ombre), si j’étais ministre ou député, je pratiquerais un lobbying intensif (comme je crois qu’on dit) afin de faire voter une loi imputant à tous ces sportifs de l’extrême les frais de leur sauvetage. Est-ce que je fais du saut à l’élastique, moi ?

jeudi, 11 novembre 2010

Hat & Beard *

Onze heures, matin. Oméga danse sur la "Rêverie de l'enfance de Pantagruel" ; Alpha, sur le canapé, lit le tome 2 de Gai-Luron. Ai-je pu lire les deux premiers chapitres du roman de Herta Müller. C. assistant aux commémorations, à la mairie de Tours, un vrai temps d'armistice (pluie glaciale et vent).

Six heures du soir. "De la présomption" (II, 17). C. me fait remarquer que la narratrice du Premier mot (de Vassilis Alexakis) n'a pas de nom ; j'ai lu le roman in extenso, l'ai plutôt aimé - ne m'en étais pas du tout rendu compte.

* Vienna Art Orchestra.

mardi, 09 novembre 2010

Etincelles d’un lundi

 

(Il faudrait en terminer de ces petits exercices d’écriture frustes, en ça frustrants. Mais ne serait-ce pas en terminer, déjà, de l’écriture, de sa reprise ?)

 

Infiltrations du 2ème sous-sol. Université de Tours, site Tanneurs, lundi 8 novembre 2010.Hier, patraque, rentrant de la fac plus tôt que prévu : la pluie torrentielle du matin se déversait au parking du 2e sous-sol [insérer litanie : avec l’argent dépensé pour les ridicules commémorations du 40ème anniversaire, on aurait pu colmater etc.], avec quatre heures de décalage, alors que brillait au-dehors, étincelant sur la statue dorée du monument aux morts comme sur les moindres hideurs de la ville, un magnifique soleil d’éclaircie automnale.Monument aux morts, quai Anatole-France, Tours, lundi 8 novembre 2010

 

Le soir, guetté par l’insomnie, glandouillant : passé presque une heure à écumer l’œuvre récent du duo des frères Mael, Sparks, le seul groupe anglo-saxon (avec Talking Heads) que j’aie vraiment aimé dans mon enfance.  Revient alors la fureur grise des circonflexes, vous vous en doutez : journées de novembre passées près du gramophone (qui n’en était pas un, mais le mot n’est-il pas poussiéreusement désuet ?), à me passer les toasts noirs de Charlélie Couture ou de Sparks, justement, dont les chansons, avec leur rose vivacité ou leur violette mélancolie, donnaient un cadre sonore à mes plus banales imaginations. Dans le sous-bois, après (disons que j’avais neuf ans ?), ou pataugeant dans la rivière, plus loin (onze ?), je pouvais soit me taire pour observer tel ou tel troglodyte en chantonnant That’s Not Nastassia in petto, ou chanter à voix douce, audible de tous les oiseaux qui allaient alors s’enfuir, Tips for Teens (juste un exemple : je ne possédais qu’un vinyl de Sparks, que mes parents ont ramené d’Angleterre, je m’en avise maintenant, en avril 1985 – donc mes années Sparks furent forcément pré-adolescentes, comme on ne disait pas (aujourd’hui, l’adolescence ne dure-t-elle pas vingt ans au bas mot, de la prépré à la post-post ?)).

 

Méandres du circonflexe, certes. Soyons perplexes. Je ne connaissais que l’album Whomp That Sucker ! – qui, incidemment, fut ma première introduction à la nuance entre les déictiques this et that, puisque l’index des morceaux des deux faces figurait sur une seule étiquette : j’avais donc appris, avant d’apprendre l’anglais, que les morceaux de « this side » étaient du côté de l’étiquette écrite, alors que les morceaux de « that side » étaient du côté non écrit. Ce seul album, noir (oxymore après la synesthésie, 2010 est une année trop laborieuse). Cet unique recueil de 10 chansons. Pendant vingt-cinq presque trente ans. Les chansons de Sparks, toutefois, ont mené, dans mon existence, dans ma mémoire, une course souterraine. (Et je m’en ravise, en fait, mes parents avaient ramené l’album de notre périple familial en caravane, été 1982. [Très vague souvenir d'une de leurs amies, Edna (?), qui tenait (?) un magasin de musique. Où ? Dans le nord de l'Angleterre ?] J’avais donc raison en me revoyant enfant, vraiment pas grand. D’où le barré dans la phrase pénultième.) À peine plus tard, ma tante maternelle m’avait parlé, peut-être parce que j'avais chanté Wacky Women (j'adore, surtout la rime Russell / muscle)), de « Pineapple », que je n’ai entendu qu’hier. Course souterraine : j’ai mis plus de vingt ans à avoir la curiosité minimale de chercher la version originale de « Pineapple », dont je me rappelle très précisément comment ma tante l’avait chanté, cette seule et unique fois.

Curieuse chose, livide mais aussi bien vive, soudainement passée à la flamme, la mémoire.

Je ne vais pas en faire fromage. (Il faudrait etc.) Quel âne à nasse.

 

Divers verts. Tours, lundi 8 novembre 2010.En tout cas, hier soir, j’ai découvert certaines chansons des derniers albums de Sparks, années 2000, et j’ai décidé de me faire un petit cadeau, automne oblige, en commandant 3 albums, soit anciens soit récents. Assumant un héritage compliqué de mon enfance. M’assommant sous de diffus souvenirs. Les panthères rugissent, pas les félins. Et pour le reste, il y a le vert de la sérénité.


mercredi, 03 novembre 2010

Let's Get to the Nitty Gritty

Bientôt midi, bientôt l'heure d'essayer, dans la douceur automnale, d'aller chez le coiffeur. Mais enfin, je ne suis même pas rasé, j'ai une tronche de décavé. Une vache lancée à plein galop, un couple d'amoureux, un Christ en croix : les téléchargements simultanés provoquent des effets de contiguïté intéressants. Trop précieuse, l'écriture d'Hélène Grimaud m'éloigne de son expérience. Un quintette qui sonne exactement comme un medium band, ce pourrait être l'une des définitions du hard bop, encore que Horace Silver n'appartienne ni au hard bop ni au cool jazz. Sorte de mixte des deux. Naguère (presque jadis), ce genre de texte trouvait naturellement sa place dans mon autre blog carnétoile. Il est des mots bannis, je peux taxer les autres de préciosité... Et aller se raser au lieu d'ennuyer tout le monde ? C'est assez poil à gratter, ça agace, et les pétales givrés sur un océan bleu dévisagent le pianoteur (pinailleur), lui demandant encore et encore de se lever de son fauteuil, et d'aller une bonne fois pour toutes se raser avant d'essayer d'aller chez le coiffeur. Curieuse expédition, que semblent décourager les brassées vives de feuilles d'un jaune éclatant, envahissant de leur lumière la bibliothèque (les deux néfliers, un roman sans cesse à recommencer). Et si j'y allais ? Les boules parfaitement sphériques, juste évasées, brunes et plombant les branches entre les feuilles d'un or terne étincelant, sont pareilles à des yeux exorbités, m'interrogent, ou m'exhortent, ou me fusillent. Il faut bien embrayer, se lancer à corps perdu dans la jungle (pianotements têtus vers 5'15") jaune, roussâtre, d'albâtre vous mettrez l'adjectif ou le qualificatif que vous préférez. Au point où j'en suis (même pas rasé en plus (il a fallu, ici, se baisser au ras du carreau pour vérifier le minutage (et plus qu'une minute pour clore l'écriture de ce texte))), je peux vous laisser les clefs. La porte fermée. Le coiffeur ne m'attend même pas ; il prend sans rendez-vous. Et ça résonne, au ralenti, comme un medium band de foire du mercredi, en attendant la sirène du début du mois : bientôt midi.

 

vendredi, 08 octobre 2010

Weshalb, deswegen

How typical of me !

Mardi soir, après une longue soirée, j'ai commencé la lecture de La Mise en scène (Claude Ollier est, d'une certaine façon, ou dans un certain genre d'écriture, un de mes écrivains préférés -- pourtant, je n'ai jamais lu son roman le plus célèbre, ni d'ailleurs aucun des huit tomes du Jeu d'enfant).

Mercredi après-midi, voulant passer un peu de temps au salon avec les garçons, j'ai commencé Bestiaire domestique de Thierry Beinstingel (j'en suis parvenu à "Pigeons : 5"). Le soir même, j'ai poursuivi, à peine quelques instants, La Mise en scène (j'en suis au début du chapitre V, pas de quoi pavoiser).

Et jeudi soir, vers six heures, me trouvant sur la terrasse, puis dans le rond-point de l'impasse, à surveiller Oméga (tracteur, vélo), j'ai saisi le livre arrivé par la Poste le jour même, Black Dogs d'Ian McEwan, dont j'ai atteint la page 30, avec maintes interruptions, le temps d'y admirer bien des phrases, et d'y remarquer aussi que l'action se situe à Saint-Maurice de Navacelles (où je fus ce mois d'août).

Ainsi, alors que je croule encore sous diverses tâches qui vont blinder désagréablement et puissamment mon week-end, me voici à la tête de trois ouvrages en train, dont un au moins n'a rien d'un opuscule. (Mais, si je finissais fissa Bestiaire domestique, le jeudi soir, qui me dit que je ne me saisirais pas d'Eloge de la marâtre le vendredi au petit bonheur, au retour de la fac ?)

Wie typisch Ich !

 

dimanche, 26 septembre 2010

Questions de temps

Villeperdue, bled paumé. Je ne dois pas être le premier à faire cette vanne, mais c'est si vrai. Cratyle en force !

 

"Vinaigre blanc" : un billet à écrire pour Blême mémoire (a mental note, then a written one).

 

Montres. Toutes mes montres sont en panne depuis plusieurs mois. En cours, maintenant que l'année universitaire a repris, ce peut être ennuyeux : je suis contraint de mendier l'heure auprès des étudiants, d'autant plus qu'aucun n'ose m'interrompre (avant-hier, j'ai débordé de dix minutes, et, comme la salle était libre après, ce n'est pas même un collègue furibard ou narquois qui risquait de m'éjecter). Il y a quinze jours, chez un bijoutier, il m'a été confirmé que la pile de la montre Courrier international ne pouvait être remplacée. La montre en métal miroitant Rip Curl (cadeau de mon beau-père, circa 2004) a le bracelet cassé et non réparable ; aucune pertinence à changer la pile de celle-là. La belle montre (seule belle des quatre, d'ailleurs) Certus bleu marine que C. m'a offerte en 1996 "bouffe des piles" : un seul horloger de Tours est habilité à l'ouvrir, et me facture 20 euros à chaque remplacement, d'où l'idée que ça me coûterait moins cher d'en acheter une nouvelle. C'est à un tel achat que j'avais fini par me résoudre, avant de trouver, ce matin, dans le confiturier qui sert de garde-livres et de table de chevet à C., une autre montre Rip Curl, en plastique noir renforcé, autre cadeau de mon beau-père (juste avant sa mort). Peut-être pourrai-je, dans la galerie marchande de la Petite Arche, faire changer la pile pour 6 euros (ou guère plus) ?

(Pour ce faire, et pour voir s'il reste de cet excellent Cahors "La Gaule" Vieilles vignes 2005 acheté un peu au pif hier, je dois retourner demain à la Petite Arche.)

 

samedi, 25 septembre 2010

[Ajouter titre du billet ] --- 500 euros

 

La porte qui mène à l'étage bat légèrement, mais avec détermination, contre le chambranle. Agacement suprême.
Les litrons dans les sacs, à ranger. Le riz qui cuit à la cuisine, à surveiller.

 

Un monde s'ébranle dans les fioritures quotidiennes. Des adjectifs, un objectif comme un autre, et pas un objet d'écriture ou d'étude. 
Une après-midi passée à écumer de nombreux sites de poésie anglophone (des blogs néo-zélandais, d'obscurs éditeurs de revues du fin fond de l'Arizona) a suffi à renforcer ma déjà profonde, profondément revenue envie d'écrire, de passer mes soirées à écrire.
Il y aurait le roman envisagé il y a deux ans, rue Albert Camus (ça ne s'invente pas), dans de curieuses déambulations, et dont la première ligne n'est pas même couchée sur le papier. Ou traduire Tatamkhulu Afrika (vieux projet). Ou écrire des notes de lecture à chaque livre que je lis (épuisant, pas possible (ou alors, arrêter de lire)). Ou soumettre mes poèmes anglais à certaines des revues citées plus haut.
Abondance ne nuit pas, la corne sous les pieds signe de la quarantaine approchant à vastes enjambées néfastes.

 

Des adjectifs, un objectif comme un autre, et pas un objet d'écriture ou d'étude.

 

lundi, 20 septembre 2010

Travaille dur

Comme j'arrive très tôt au travail, longtemps avant elle, je dépose sur le bureau de Christiane une sorte de haïku hétéromètre et tri-rimant :

attention cafetière allumée

Bonne matinée

GC

 

Tout en conduisant, j'ai pris 17 photos "de traviole", pour ma série des Guingois du lundi. À cette occasion, j'ai appris l'existence (et les usages) de l'adjectif (?) américain (??) catawampus.

Guingois du lundi (Driving to work) 015   Zou, en salle 63. C'est pas loin, mais / Mon bon café refroidit.

 

dimanche, 19 septembre 2010

Fuzzy sets

Dans notre maison, de plus en plus, les piles de livres sont de plus en plus nombreuses, et de plus en plus anarchiques, disséminées, de plus en plus piles. Entre les livres pour préparer certains cours, les livres que j'achète chaque dimanche dans les réderies (encore, ce matin, à Marmoutier : La Mise en scène en G-F, un Nodier original de 1841, Leçons particulières de Hélène Grimaud... et L'Emigré de Brisbane), ceux achetés au Livre et pas encore lus (le tome 2 du Labyrinthe magique de Max Aub, notamment, m'attend avec d'autres sur une des étagères de ma table de nuit), les lectures croisées et frénétiques de la sélection du Goncourt (dont nous nous contrefoutons habituellement, mais cette année C. fait participer sa classe de 1ère L au Goncourt des lycéens, on joue le jeu), les ouvrages empruntés à la B.U. (par moi) ou à la Bibliothèque municipale (par les enfants (leur emplacement habituel se trouve entre la table basse du salon et le canapé)), et enfin les autres (L'art du contresens de Vincent Eggericx, Nils Holgersson, Sols de Laurent Cohen) qui forment, avec d'autres encore, une pile bizarre et toujours s'agrandissant sur mon bureau (pareille en cela aux tours rouges du dernier roman de Maylis de Kerangal, Naissance d'un pont), plusieurs endroits très localisés mais démultipliés se sont faits piles. Pas la moindre photographie ne peut rendre cela, ni y donner du sens. D'ailleurs, ces piles n'ont pas de sens. Tout juste les ai-je prestement écrites, pour meubler un petit creux de dimanche soir.

 

lundi, 06 septembre 2010

Italiques gibleuses

[Samedimanche.]

Le soir, nous achevons de regarder, à marches forcées, la série Rome. L'après-midi, au réveil de la sieste d'Oméga, je lis, assis par terre, Sols, tout en supervisant le jeu avec les cavaliers romains. Le conducteur du quadrige (l'aurige ?) se nomme Labonnibeul ; le dux du char gris et rouge se nomme Gibleuse.

Fusco.jpg

"Sylvain Fusco, le grand peintre schizophrène" (p. 56)

 

mercredi, 07 juillet 2010

Mine en route

Chronotope. Mûrier. Lundi, en passant le long du petit square de la rue Briçonnet, il m’est soudain apparu que ce lieu, et le moment où les mûres tombant en lourdes grappes s’écrasent âcrement au sol, est l’un des plus beaux de Tours. Mûrier. Epiphanie.

Comme à chaque mois de juillet, les pavois de Michel Gressier, aux triangles colorés flottant dans le vent, ont refait leur apparition, sur le pont Wilson.

Un Modiano dans la poche droite, un Herbart dans la gauche, j’ai pris le bus. Vol d’instants, dont je retiendrai ça : verre brisé sur le parking du Quick, goélands ligériens sur les bancs de sable, dalle effritée sur un trottoir de la rue Mirabeau (je ne l’avais pas vue, l’ai sentie sous mon pied droit, me demandant ce qui se passait). Kleptomanies überurbaines encore et toujours.

Entendu avant-hier : « je me suis acheté un pyjama, mon chéri va être hyper content – c’est une chemise de nuit Betty Boop ».

Nastasia sert, le soir, à la guinguette des bords de Loire. « C’est tellement sympa que ce n’est pas du travail. » (Même plus du travail ?) Dans deux mois, elle sera à Dublin, pour une année à Trinity.

(Sept magnolias place des Joulins. En ai-je assez parlé ?)

 

dimanche, 04 juillet 2010

Jour des sceaux...

Le voisin nous a apporté trois frisées, s'excusant presque ("avec la chaleur, elles sont montées toutes en même temps"). Grand ménage à la cuisine et dans les chambres. Curieusement, le sous-sol, frais d'ordinaire, a emmagasiné de la moiteur. Jour des sceaux bientôt. Une simple phrase a déclenché x interrogations sur le zeugme et l'hypallage. Et ce jour, justement, mes parents célèbrent leur quarantième anniversaire de mariage.

 

dimanche, 06 juin 2010

Faux pas

Dès la reprise, un faux pas.

Ecrivant à la va-vite et n'ayant même pas pris le temps de me relire pour de bon, j'ai flanché dès la reprise.

Ainsi, me relisant aujourd'hui, je m'aperçois que la première phrase du billet publié hier est d'une totale ineptie, ou plutôt qu'elle ne veut rien dire. D'ailleurs, moins de vingt-quatre heures après l'avoir écrite, je ne suis pas certain de savoir ce que j'avais voulu dire. En effet, cette phrase n'aurait de sens qu'avec une apodose, au lieu de quoi l'élément contrastif fait l'objet d'une nouvelle phrase, à la ligne - en prime !

Ou alors, avais-je voulu dire "j'aurai peu essayé" ? voulais-je me blâmer de n'avoir pas vraiment mis du mien, jusqu'à présent, dans les tentatives de ressusciter le foutu carnétoile ? Si tel est le cas, mon lapsus aura eu pour effet de me dédouaner involontairement, et de me faire écrire une phrase inepte.

Vraiment, pour un début... pour une reprise... pour un réembarquement...

 

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Après une journée de forte chaleur, une tempête sèche refroidit l'atmosphère. Quand je pense à tout ce que j'ai laissé en plan (les retrouvailles, le fouillis, la notation toute bête des lectures semaine après semaine), j'enrage -- tout en sachant que, si ça se trouve, dès demain, le velléitaire aura repris la main. Alpha se passionne, plus que jamais, pour l'archéologie, l'Egypte, et son frère dort depuis une semaine (non sans heurts) dans un "petit lit de grand". Un an depuis une semaine, et dix-huit ans dans douze jours. Echéances comme des haies. Plus d'écriture du tout, autre que technique (au moins, je fais bien mon travail). Le teint hâve laisse la place à tout le reste. C. lit Charlotte Delbo.

Irons-nous promener dans l'Anjou délicieux ?

 

mercredi, 27 janvier 2010

... midi de soleil...

Une après-midi de soleil et d'hélicoptères.

De long en large, sur la grande terrasse, dans mon vieux pardessus dégommé (déformé autant qu'élimé) ---> lecture. Puis j'ai nettoyé, à grande eau, les huisseries du salon et de la salle à manger, tout en méditant sur plusieurs passages de ce texte bref, "The Gingerbread House", que je venais de lire.

Baies vitrées, souvenirs des sacrifices aztèques, degrés de pierre ne cessant d'enfouir les souvenirs sous les souvenirs, comme des porte-clefs gluants de sirop de cassis.

The glowing heart pulses gently, evenly, excitingly.

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lundi, 11 janvier 2010

Pastiche ?

Rentré du travail vers onze heures, car, demi-grippé, je pensais me sentir mieux à la maison pour accomplir mes diverses tâches (dont la correction des derniers devoirs (exécrables) de 1ère année, allongé même, si difficile autrement), mais me retrouve à baguenauder sur le Web, et notamment, pris à la longue par le remords (et parce que David Farreny, excellent photographe et webmestre plus accompli encore, m'a gentiment relancé), à contribuer enfin à l'Index général Renaud Camus, dans lequel je me suis engagé à renseigner les noms de personnes et de lieux du Journal d'un Voyage en France, ouvrage que j'aime énormément et que je me retrouve à feuilleter avec plaisir. Il se trouve aussi que, mieux qu'en lisant, je bouche les innombrables trous de ma pauvre culture ; ainsi, le vicomte Joseph-Alexis Walsh, qui n'a pas même une entrée dans la Wikipedia, m'a donné du fil à retordre. Ce fut plus facile avec Sam Wagstaff, que, par coquille redoublée du texte et de l'index, Renaud Camus orthographie Wegstaff. (Or, si la mauvaise orthographe résonne de manière très germanique, la bonne graphie du patronyme, plus anglo-saxonne déjà, est assez hilarante : le verbe wag signifie "agiter, remuer", et staff peut se traduire par "bâton". (Je m'avise d'ailleurs qu'un passereau, probablement la bergeronnette, se dit wagtail, en anglais.))

Voilà à quoi fuit la fin de mon lundi matin... C'est sérieux, je vous jure.

(Oui, c'est sérieux.)

 

vendredi, 08 janvier 2010

Notations, seulement

Notations seulement. Pas la force pour mieux.

Finir d'abord le livre jaune et le livre rouge, avant d'arpenter des territoires encore encombrés.

Rêver d'écrire mon voyage en Tasmanie maintenant.

Linottes gourmandes, à proscrire désormais : joue de veau à l'émulsion de citron, absolument dégueulasse. En voilà qui sont tombés bien bas.

Au moins, le carnétoile reprend du galon.

Notations seulement. Pas la force pour mieux.

Tu erres.

...

 

lundi, 04 janvier 2010

L'Autre demeure (un seul reste)

Tu fais fort bien  de ne pas prendre    de bonnes résolutions de début d'année, puisque, dès ébauchées elles se trouvent        brisées .     Ainsi, ce soir, il a commencé à lire The Other House, un James qui semble bien mordant, alors que certain Golovanov trouvé sous le sapin était parti aux étincelles hier dans la journée.

Peut-être le soleil sur la Loire... peut-être le déjeuner rieur... peut-être le plaisir de retrouver la plénitude de la demeure... ou le froid qui s'exprime............