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lundi, 23 janvier 2006

… vissée …

 

« Comment pardonner à Dieu que celui qui fut si vif et si gai ne soit plus ? Plus jamais les sourires de Marcel Pagnol, plus jamais ses rires, plus jamais ses joyeuses histoires. On me l’a enfermé dans une boîte, une affreuse boîte que des vivants indifférents ont vissée, une terrible boîte, et mon innocent dedans, une longue boîte, et des poignées de terre sur la boîte, et on a descendu la boîte avec des cordes, sans trop de ménagements descendue et déposée au fond d’un trou d’argile, sa dernière humble demeure. » (Albert Cohen. Carnets 1978. “Folio”, pp. 49-50)

 

 

Vendredi 13, morsure de l’aube

 

Distillant quelques attentats sonores, au moyen d’une corne de morse… Connaissez-vous la corne de morse, cet instrument lapon taillé et façonné dans une défense de morse, qui produit un son suraigu et porte (erronément) le nom de corne (morse-horn en anglais) ?

Devant la cathédrale, avec Attila, le glabre de mes joues à tout jamais dévasté, j’essayai quelques notes maladroites sur cet instrument curieux, maintenant fabriqué en bois, mais de manière à imiter le son originel de la défense. J’attaque les premières mesures de Round ‘Bout Midnight, mais je m’attire les foudres de la police montée.

J’attends en vain Abbey Lincoln, qui m’a posé un lapin.

 

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jeudi, 19 janvier 2006

Atours de Tours : Le Monstre de Xavier Veilhan

Il est question du doigt du Monstre, cette statue controversée, que je n'aime pas du tout (je m'en étais expliqué ici et ), dans un carnétoile abandonné, Atours de Tours, que je découvre aujourd'hui seulement grâce à notre métablog.

Vous êtes donc sommé(s) d'aller jeter vos regards de navigateurs éperdus, éplorés et pleurards à ce joli site, afin de convaincre son auteur de reprendre le clavier...

 

mercredi, 18 janvier 2006

Hôtel Regina, Tours

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Je ne passais, d'ordinaire, au cours de ma première année à l'Université François-Rabelais, qu'une nuit par semaine à Tours, ayant mes cours rassemblés sur deux jours, comme la plupart de mes collègues parisiens ou autres turbo-profs.

Je dormais à l'hôtel Regina, qui était (mais pourquoi aurait-il changé?) d'un rapport qualité-prix imbattable. (J'ai essayé d'autres hôtels, à Tours et dans d'autres villes de semblable importance.) Classé une étoile, car les douches sont un peu petites, ou pour d'autres raisons tout aussi triviales, il offre

  1. une proximité du centre ville
  2. un confort de literie
  3. un calme

à faire pâlir la plupart des deux étoiles. (J'ai même connu un 3 étoiles plus bruyant et pas plus confortable que cet Hôtel Regina...)

A l'époque, la chambre avec salle de bains était facturée 23 euros. Les propriétaires, très gentils, donnaient l'impression d'une pension de famille d'entre-deux-guerres, mais sans les inconvénients matériels liés a souvenir de cette période déjà lointaine !

Place Foire-le-Roi, à Tours

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C'était le 6 juillet dernier, un mois après la création de ce carnet de toile, et alors que, encore sur mon vieux portable et utilisant Netscape, il m'était impossible de mettre des images en ligne. Je repense à ces photographies en feuillettant l'album de l'ami Simon, qui publie ce jour ardoises et colombages de la place Foire le Roi.

 

 

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Voilà l'un des signes auxquels arsouilles ou anglophiles (on peut être les deux) peuvent reconnaître cette place, en passant par la partie semi-piétonne de la rue Colbert.

(Le signe en question n'est pas le distributeur de sacs à crottes, mais le pub rutilant au second plan.)

 

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On peut, tout naturellement, préférer cet ensemble plus médiéval, qui attire l'oeil aussi, et pour cause... (C'était le 6 juillet, à Tours, non loin de la Loire et près du dédale des rues où se perd l'hôtel où je "descendais" au cours de l'année universitaire 2002-2003 et que dont je publierai une vue dans une prochaine note.)

lundi, 16 janvier 2006

Radios au banc d’essai

Il existe un assez bon test pour choisir ses radios préférées. (Je n’ai jamais eu l’occasion d’écrire à quel point la radio était le média que j’aimais le moins, mais, en voiture, ce n’est pas si mal tout de même, jusqu’au jour où, ayant un véhicule équipé des outils informatiques me permettant de dicter des notes pour ce carnétoile et de les publier en direct, j’aurai pu définitivement me couper du monde extérieur :-))

Il existe, disais-je avant d’être interrompu par un imbécile qui ponctue d’émoticônes ridicules sa parenthèse, un assez bon test pour évaluer une station de radio. Il consiste à choisir une station, puis à zapper dès qu’on entend une ânerie.

A ce petit jeu, la malheureuse Radio Béton, avec ses animateurs sans cervelle ni culture ni rien d’autre je le crains, tient rarement le coup plus de vingt secondes. Ce matin, j’ai quand même tenu quarante secondes sur cette station. Il était question de la liesse (my words, not theirs : les animateurs de Radio Béton ont à peu près trente mots de vocabulaire) lors de l’élection de François Mitterrand en 1981. Puis l’une des animatrices a dit, en ricanant assez sottement : « Oui, il y a eu plein de bébés cette année-là. D’ailleurs, il y avait une chanson, Quand on aura vingt ans en l’an 2001. »

Je tiens à signaler à cette jeune femme que, si elle ne veut pas être grandement surprise au cours de son existence, la grossesse dure généralement neuf mois, et presque toujours plus de sept mois et demi… donc, que, s’il y a eu une influence de l’élection de Mitterrand (en mai) sur la natalité, celle-ci se sera ressentie en 1982. (Par ailleurs, la chanson de Pierre Bachelet n’a rien à voir avec la génération Mitterrand, ou alors j’ai loupé le coche.)

Le test se poursuit. France Bleu Touraine. Une heure d’émission, apparemment, avec pour seule invitée la responsable d’un établissement de toilettage canin. Et on dira après que consacrer deux minutes aux blogs tourangeaux, c’est abaisser le niveau culturel de la station. Toutefois, le choix de l’invité ne compte pas comme une ineptie, et j’attends vainement que la jeune femme ou le journaliste dise une bêtise. Rien, en bien trois minutes. Heureusement, la pause musicale arrive, et le test trouve son couronnement, me donnant la possibilité de zapper illico : en effet, le titre est Afrique, adieu de Michel Sardou, ce beuglant qui devrait recevoir le Prix Cambrai pour l’ensemble de son œuvre.

 

Je sais ce que vous allez me dire : pourquoi ne pas choisir France Culture ou Radio Classique ? Le hic, c’est qu’en dix minutes de voiture, les programmes de ces radios sont très frustrants… Et puis, dois-je avouer que ça me fait plutôt – mais perversement – plaisir d’entendre des idioties pour mieux les fustiger sur ce blog ?

Espagnolette

Ça ne va pas fort. J’en veux pour preuve que, n’ayant rien avalé depuis hier midi, j’ai lu, par ailleurs, les quatre tomes du Chat du Rabbin. Vous dire si ça ne va pas fort.

 

Faut se garder des bandes dessinées pour les jours de maladie… Oui, mais moi, à dix heures et demie, fac inévitable.

 

Construisons un château de sable. Pour l’Espagne, on verra demain.

 

 

samedi, 14 janvier 2006

Eléments d’un dîner, vendredi 13

Convives

Ceux qui pieusement… : Trois messieurs et trois dames.

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Mets et boissons

Pruneaux au bacon, dés de gruyère, rôties à la tapenade.

Huîtres de Cancale. Champagne Fleury père & fils.

Confit de porc & tomates à la provençale.

Château La Fleur Peyrabon 1999.

Fromages divers, dont Saint Félicien, Pont-l’Evêque, Epoisses.

Château Liversan 1996.

Galettes à la frangipane. (Irène a eu la fève.)

Excellent armagnac proposé mais refusé – heure tardive ou activités du lendemain ? – par les convives. Café. Tisane au sureau.

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Types de discussions

Universitaires.

Personnelles.

Moqueuses.

Inavouables.

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Quelques sujets de discussion

Vaut-il mieux se faire refourguer des responsabilités de vice-doyen ou de directeur de département ? (Composition de philosophie en six heures.)

Eric Rohmer et les films de SF américains.

Les professeurs d’E.P.S. férus de didactique.

Pieds d’appel.

La Thaïlande et le processus de Kyoto (Là, j’ai peut-être mal noté).

Il était une fois l’homme.

vendredi, 13 janvier 2006

Vendredi 13, ou l’Inattendu

Il avait rendez-vous avec elles, devant la cathédrale Saint-Gatien, c’est-à-dire sur le parvis. Une grive mauvis passa dans le ciel encore brun de nuages et de nuit, à quelques encablures pourtant de midi. Il ne les vit pas venir. Il avait connu l’une des deux dans un monde que les ignorants disent virtuel, et ne la connaissait pas de vue ; l’autre était l’amie de la première, et il la connaissait moins encore.

 

Il faisait les cent pas, variant les itinéraires avec plaisir, choisissant la première esplanade, ou la deuxième, s’immobilisant quelques minutes près des niches vides de leurs saints, les scrutant comme si ces évidements détenaient le secret de ce qui fait toute notre joie : l’évidence et le mystère. Parfois, il tirait son appareil photographique pour saisir qui sait quel détail de pierrerie, ou tel fragment de rue ; ou encore, je le vis, à midi déjà passé, alors que le froid devait lui engourdir le manteau, empeser ses lunettes aux verres rectangulaires et d’un noir martial, dur, acéré, se prendre en photo, à bout de bras, mais non sans s’être au préalable caché le visage derrière le livre de poche (il attendait cette Eurydice de fortune) qu’il avait emporté avec lui.

Oui ; il faut dire qu’il lisait parfois, comme dans un bréviaire, de son air monacal, un petit livre curieux, à couverture grise à peine marquée du rouge d’un visage et de caractères d’imprimerie (titre et nom d’auteur, certainement). Je l’observai. Je me disais qu’il était curieux qu’il eût ainsi prévu tous les accessoires d’une attente interminable et vouée à l’échec, à l’absence de rencontre. Jouait-il la comédie de l’attente ? Et qui était-il ?

Il lisait. N’est-ce pas faire des manières – lire ainsi, comme dans un bréviaire, en faisant les cent pas devant une cathédrale ?

Vers midi et quart, un homme l’aborda, lui demanda assez sauvagement « Vous êtes Guy ? », à quoi il lui fallut répondre par la négative, d’un air d’abord surpris, puis amusé. Moi aussi, je trouvai cela amusant que lui, qui attendait depuis quelque temps déjà deux femmes qu’il ne connaissait ni d’Ève ni d’Adam, se vît de la sorte aborder. A midi vingt, un jeune couple que nous avions vu, lui et moi, entrer dans la cathédrale un bon moment auparavant, sortit par le portail de gauche. Se jetant dans la Loire (n’a-t-il pas, comme tout un chacun, une montre ou un téléphone portable faisant office d’horloge ?), il leur demanda l’heure.

Il les avait entendu, avant, parler des saints absents de leur niche, de modillons, de façades polychromes que restitue, de nos jours, un savant jeu de lumières. « À Chartres », avait dit la jeune fille, mince lame de couteau rousse – j’avais été tenté de m’immiscer dans leur conversation, en leur disant que c’était surtout la cathédrale d’Amiens qui était réputée pour son éclairage polychrome. Je m’étais retenu – et là, lui, il sautait le pas, quelle banalité, pour leur demander l’heure…

Il ne traîna pas longtemps à débiter pieusement ses patenôtres, à lire ses fadaises, à prendre ses photos loupées, à émincer sa silhouette. Il fila, sitôt l’heure (midi vingt) annoncée par le jeune homme. De toute son attente, il ne s’était absenté qu’une minute, vers 11 h 50, pour aller rôder devant l’entrée du Musée des Beaux-Arts, anxieux – sans doute – d’avoir fait fausse route et de s’être trompé sur le lieu du rendez-vous… sans jamais perdre de vue le parvis de la cathédrale. Son autre absence, ce fut vers midi dix, pour aller rendre hommage au gisant si émouvant des jeunes enfants de Charles VIII – attribué tantôt à Michel Colombe tantôt à son neveu Guillaume Régnault – mais si furtivement, une minute à peine, qu’il pensait ne pas courir de risque.

Je suis seul à savoir si, pendant cette minute, deux dames ne se sont pas présentées sur le parvis, ont scruté un à un les trois portails, ni si l’une d’entre elles ne se sera pas exclamée « C’est sûr, avec un tel retard, il n’aura pas attendu… » Seul à le savoir, je le laisserai dans le doute. Cela lui apprendra à faire les cent pas.

jeudi, 12 janvier 2006

À corps écrit

Il y a, ces derniers temps, une raréfaction des textes, en ce carnétoile, au profit des seules images. Heureusement, la fréquentation accrue de nouveaux lecteurs apparemment survoltés ou inspirés compense cela, car vos commentaires, à tous, enrichissent ces pages de mots, de réflexions, de remarques, de formules souvent bien trouvées, judicieuses, et qui y mettent du baume.

Je lisais hier la fin du chapitre « Alphabet » dans Biffures (Michel Leiris toujours !), et remarquais comment mon rapport aux mots est à la fois très proche et totalement distinct de celui du grand maître. Serais-je maniaque sans la rédemption du mysticisme ?

L’influence de mes lectures entrefiliennes * sur mes pensées et mes raisonnements commence à devenir inquiétante, et je me dis qu’il faudrait que je restreigne le temps quotidien consacré à ces carnets : en effet, tel passage me semblait mériter d’être cité ici dans telle perspective – tel autre, relatif au triangle, instrument de musique dont il est rarement question en littérature, me rappelait une note publiée par Simon à ce même propos naguère.

Pour ce qui est du temps englouti par mes arachnéens titubements sur la grande toile électronique, cela est, depuis une semaine, plutôt préoccupant. (Ecrivant ces mots, je suis plus encore absorbé.) Je dois constituer – je pense – une sorte d’emploi du temps de mes tâches, me tenir à l’une, rébarbative et comptable, que je diffère depuis trop longtemps, avant de reprendre plus avant et plus massivement l’écriture ici – puis partager harmonieusement mon temps entre mes activités professionnelles, au ralenti ce semestre, mon grand projet à achever avant l’été (la traduction du dernier roman de Nuruddin Farah (le contrat est signé)), et ces carnets. Pour la traduction, j’établirai un emploi du temps qui commencera au lundi 23 janvier. D’ici là, je dois encore rencontrer moult étudiants pour divers problèmes, régler des questions d’emploi du temps (l’enfer recommence), assurer une permanence au Salon d’Information des Lycéens de Rochepinard le vendredi 20, etc.

Autant dire qu’il vous faudra, quelque temps, vous contenter surtout de photographies, notamment les chenonciennes, dont je n’ai pas fait le tour.

* néologisme stupide pour ne pas dire « sur Internet ».

 

mercredi, 11 janvier 2006

Exposition de Renaud Lagorce

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Je vous raconterai ultérieurement dans quelles circonstances, pourquoi et comment ma compagne m'a offert, pour Noël, une photographie de fluide de M. Lagorce.

Dans l'immédiat, je vous informe d'une nouvelle exposition de cet artiste digne d'intérêt, Etherance, rue Néricault-Destouches, à Tours.

 

Pierres blanches

Nous approchons dangereusement de la millième note publiée. Comme mon fils a aujourd'hui quatre ans et demi (vous rappelez-vous combien les demi-années revêtaient d'importance à l'école primaire?), et comme une émission de radio va aujourd'hui assurer ma renommée mondiale et ma fortune, cela fait beaucoup de solennités et de pierres blanches d'un coup.

Que faire ? Décider de publier si peu de notes, ce mercredi, que la millième n'apparaîtra qu'ultérieurement ? M'en soucier comme d'une guigne, d'une nèfle, voire d'une figue, et tracer mon chemin en essayant d'échapper aux savants calculs qui seraient source de writer's block et autres faridondaines ? Publier, à ce millième grain de sable, un poème à tout casser, une photographie du tonnerre de Dieu, un pamphlet à faire oublier les récentes empoignades ?

Je suis indécis. Pour la troisième solution, c'est râpé, je crois bien : si ce que j'ai publié jusqu'ici est médiocre, ce n'est malheureusement pas délibéré. Aucun espoir de faire mieux. Pour la deuxième solution, il faudrait que je renonce à mes manies arithmétiques pour ne serait-ce qu'un 3600ème d'heure, ce qui est impensable. La première ne fait que repousser l'échéance.

Et si je confiais l'écriture de la millième note (et de la neuf-cent quatre-vingt-dix neuvième, tant qu'on y est (je sais que je me plante dans les tirets)) à quelqu'un d'autre ? Voilà, c'est ça, la bonne idée.

Je lance donc un concours de pierres blanches. Faites-moi parvenir, d'ici ce soir, huit heures, le cachet de la Poste faisant froid dans le dos, une note, brève ou longue, parodique ou non, etc., afin que je choisisse les deux meilleures et les publie en conséquence. L'adresse est ici.

 

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Ceci réglé, je n'ai pas terminé mes salades.

Je voulais revenir sur le médaillon, publié hier, de Galba. Voulant vérifier que le mot galbe en français provenait bien du latin galbus, je m'en suis assuré dans le Robert culturel (Simon, ça va...?), puis ai dû faire face à l'énigme suivante, après avoir consulté le Gaffiot : l'adjectif galbus, a, um ne signifie pas "gras", mais "vert pâle" ; associé au substantif nux, il désigne une espèce de noix (galbae nuces chez Pline l'Ancien).

A l'entrée GALBA, Gaffiot signale que c'était bien le surnom des Sulpicius, et notamment de l'empereur Galba, à qui Suétone a consacré l'une de ses Vies des douze César. Le substantif féminin galba, ae semble s'expliquer, d'après Suétone, par l'emprunt à un mot gaulois signifiant le gras de la viande. J'enrage d'avoir laissé chez mes parents (cet abandon ne m'ayant pas, jusqu'ici causé beaucoup de remords) mon exemplaire des Vies, où j'aurais pu vérifier le texte exact.

Sur la Toile, je n'ai trouvé que le texte latin, du chapitre III en particulier, mais ma pratique du latin a beaucoup décliné depuis mes années khâgneuses. Il me semble comprendre que Suétone est indécis sur l'origine du surnom (Qui prius Sulpiciorum cognomen Galbae tulit ambigitur : on ne sait qui a porté le premier le surnom de Galba... (traductions sous réserves, corectifs attendus et bienvenus)).

La première hypothèse fait référence au siège d'une ville espagnole, emporté grâce à des torches enflammées avec du galbanus [???] (inlitis galbano facibus ). La seconde hypothèse est médicinale et fait allusion à des remèdes enrobés de lainages (remediis lana inuolutis) (ça ne donne pas envie de retourner dans le passé). La troisième, enfin, fait allusion au mot gaulois, pour lequel Suétone hésite entre deux traductions opposées : très gras (praepinguis) et maigre (exilis).

Bon, bref, c'est le bazar, cette histoire...

Ce serait maintenant le moment idéal d'insérer un joli petit récit pornographique pour les plus méritants de mes lecteurs. (C'était une hypothèse de mon professeur de français en khâgne : les scènes sexuelles dans les romans de Claude Simon seraient une sorte de récompense, voire, pour les moins insomniaques des lecteurs, une forme de réveil.)

Mais non.

(Sans blague, vous n'êtes pas arrivés jusque là ???)

mardi, 10 janvier 2006

Touraine Sereine sur France Bleu

Après une journée consacrée au travail, et, en ce carnétoile*, à la publication de photographies prises à Chenonceau avant-hier, je dois narrer un épisode de ma journée de travail : l'interview avec la journaliste de France Bleu Touraine, entre onze heures et midi.

Sachez, lecteurs impressionnés par tant de célébrité et d'outrecuidance, que vous pourrez, pour ceux vivant dans la région, entendre le vibrato exceptionnel, doublé d'un legato non moins chaud et puissant, de la voix du vrai Guillaume Cingal, et ce demain mercredi 11 janvier, sur France Bleu Touraine (FM 98,7), entre 19 heures et 20 heures, à l'occasion de l'émission hebdomadaire consacrée au monde estudiantin de Touraine. La rubrique (que m'a-t-elle dit déjà? l'enrobé, c'est cela?) consacrée aux blogs devrait durer deux minutes, d'où pas moins de vingt secondes, je pense, de cette voix merveilleuse que vous n'avez, pour la plupart d'entre vous, jamais eu l'occasion d'aduler.

L'entretien enregistré a duré vingt minutes, et la discussion off the record autour d'une demi-heure supplémentaire, et c'était très intéressant. La jeune et très enthousiaste journaliste m'a appris de nombreuses choses sur le phénomène du blogging, et nous avons beaucoup parlé de ce que je considère être la lenteur de la presse traditionnelle, régionale notamment, à se saisir du phénomène : d'un certain point de vue, il n'y aurait rien de plus simple, pour la Nouvelle République par exemple, que de créer une rubrique hebdomadaire consacrée à l'un des nombreux blogueurs du département. Cela serait nouveau, "proche des gens", comme le veut le credo de la presse régionale d'information, et pratique à mettre en place.

Je reparlerai sans doute de cet entretien très riche d'enseignements. En attendant, amis de la région, soyez fidèles au rendez-vous, sur France Bleu Touraine, demain à six heures du soir...!

 

 

* Note pour la journaliste, qui me lit, n'est-ce pas ? J'ai employé quarante fois au moins le mot blog en une heure d'entretien, alors que je préfère baptiser Touraine sereine un "carnet de toile". J'ai eu peur de faire cuistre, sans doute, alors que, d'ordinaire, ce genre de scrupule ne m'affole pas...!

L'explication du néologisme carnétoile doit se trouver quelque part dans le site, mais je ne la retrouve pas. En bref, c'est un mot-valise obtenu à partir de carnet (log-book) et toile (Web). Il est libre de droits, et j'incite tout un chacun à l'employer en lieu et place de blog.

samedi, 07 janvier 2006

Six vues du monument aux morts de la place René-Coty

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Comme pour l'ensemble de ce site, tous droits image et texte réservés Guillaume Cingal.

Panais de la dernière pluie

Toujours il est bon de changer d'habitudes. Même lorsque je suis pleinement satisfait de quelque chose, un commerçant notamment, je vais tout de même voir ailleurs, par curiosité, au pur plaisir de butiner.

 

Ainsi, ce matin, ne voulant pas aller aux Halles, j'ai dirigé mes pas (ou mes roues) vers l'avenue Maginot, et le marché de place René Coty, jamais visité. En ce samedi matin, il régnait un brouillard et un froid qui m'ont fortement rappelé nos années beauvaisiennes : une place d'une architecture fin Vincent Auriol début René Coty, justement ; un imposant bureau de poste, des étals épars.

Mes pas me ramèneront vers ce marché d'autres samedis. Entre autres, la co-présence d'un bon fromager, d'une boucherie chevaline et d'un maraîcher ne vendant que des produits issus de l'agriculture biologique, suffirait à me convaincre. Il faut toutefois ajouter que la jeune fille qui tenait l'étal du dit maraîcher n'était autre qu'une de mes étudiantes de l'an dernier et de cette année, qui est très vivante et gentille ; son père, m'a-t-elle expliqué, est maraîcher à Vernou-sur-Brenne, petite commune charmante, à l'ouest de Tours, dont je ne connais que le bourg, et la très belle église.

Du coup, la conversation roulant sur des sujets divers, dont les trois semaines qu'elle a passées (la veinarde) à Londres durant les congés de Noël, j'ai oublié d'acheter des panais, qui me tendaient pourtant les tubercules.

 

Mercredi dernier, j'avais pris une série de photographies du monument aux morts de cette place, qui, sans être beau, est très curieux - et, d'une certaine manière, plus émouvant que bien de ses semblables. Ces images seront publiées ultérieurement dans la journée, sans jeu de piste, puisque j'ai, d'avance, donné la solution...!

vendredi, 06 janvier 2006

L'Hédoniste

Il fait bien froid à Tours. Les brumes et frimas ne se dissipent pas.

Cela faisait beau temps que plusieurs collègues ou connaissances me conseillaient le restaurant L'Hédoniste, qui se présente officiellement comme un bar à vins. Trois fois je m'étais cassé le nez, à essayer de réserver quelques heures avant le dîner du samedi, soirée pour laquelle ils affichent complet, semble-t-il, dès le jeudi. Par une douce ironie, comme j'avais réservé dès mardi pour le déjeuner de ce jour, le restaurant était aux deux tiers vide.

Comme nous n'avions qu'une heure, et comme le plat du jour (offert dans une intéressante formule à 11,50 euros) ne nous plaisait pas, nous nous sommes contentés d'un plat à la carte accompagné d'un verre de vin choisi en fonction. Avec mon canon d'agneau, délicieux, le sommelier, très jeune et très cordial, m'a recommandé un "vin du Loir-et-Cher très charpenté, des domaines de Mikaël Bouges" (je cite de mémoire). J'ai suivi son avis, et j'ai tout de même été déçu de constater que je connaissais déjà le vin, dont le garçon, par une pudeur mal placée, n'avait pas voulu me donner le nom : il s'agit du très bon, et fameux aux deux sens du terme, Couilles d'âne. S'il choisit de faire figurer ce vin dans sa cave et de le proposer aux clients, il donne le nom, et baste ! Dans un monde idéal, j'eusse aimé découvrir un vin inconnu de moi, mais, comme il est très bon, je ne me plains pas.

Il faudra que nous retournions à L'Hédoniste (qui se situe à deux pas de la cathédrale, en direction de la rue Colbert), notamment pour y essayer un de leurs menus les plus relevés, mais aussi leur formule de cinq verres de vin différents pour 16 euros. Et je vous en reparlerai alors, naturellement...

 

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Je profite du thème de cette note pour faire de nouveau un peu de publicité pour le site Vins de Loire, dont le webmestre est un lecteur fidèle. [Ajout du 6 janvier 2008 : Guillaume Lapaque s'est conduit, depuis, de façon ignominieuse à mon encontre, mais je maintiens le lien vers son site, sans savoir d'ailleurs s'il fonctionne toujours.]

mercredi, 04 janvier 2006

Croisement / croisades

Je doute que la blogosphère - et même cette infime partie que constitue mon maigre lectorat - soit principalement composée de personnes qui connaissent le bulletin municipal de ma cité, originalement baptisé Tours.infos. Toutefois, je ne résiste pas à l'envie qui me tenaille de vous faire part des titres respectifs de deux "brèves" situées l'une à la suite de l'autre dans le n° 71 de cet étonnant canard :

La galette des rois des aînés

Obésité infantile : le dépistage

 

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Par ailleurs, j'ai reçu récemment, par le service des livres d'occasion du site américain de la Fière Amazon(e), un exemplaire d'After Theory de Terry Eagleton, et le dernier roman paru d'Abdulrazak Gurnah, Desertion (que j'ai commencé de lire et qui est superbe). Il s'agit de deux vendeurs différents, qui m'ont tous deux "refourgué", sans aucun scrupule, semble-t-il, des ouvrages portant, de manière patente, la mention suivante :

This is an uncorrected bound proof. It is not for sale and should not be quoted without comparison with the finished book.

 

Autrement dit :

Ce livre constitue le jeu d'épreuves finales sous forme reliée. Sa commercialisation est interdite. Pour le citer, il faut se référer à l'édition définitive.

 

Cela ne me gêne pas tellement, en soi, que les libraires fraudent, d'autant moins que ces éditions seront peut-être un jour recherchées et qu'elles auraient alors une valeur bibliophilique (je n'y connais rien et j'en doute). Mais, outre la question de principe, il se trouve que je suis, de par ma profession, appelé à avoir besoin de citer ces ouvrages : le dernier point, qui est mis en relief dans la troisième phrase de ma traduction, marque à quel point le fait que j'aie acheté (assez cher, car le montant exorbitant des frais de port compense intégralement le prix dérisoire du livre d'occasion) ces éditions ne me permet pas de travailler dans de bonnes conditions. Je tiens à signaler que c'est la première fois que cela m'arrive, mais deux fois coup sur coup, c'est violent.

Pour clore sur cette anecdote, je tiens à signaler que la page 54 de l'ouvrage de Terry Eagleton est entièrement blanche, ce qui, à lire la fin de la page 53 ("this downtrodden, long-despised class of men and women") et le début de la page 55 ("set of beliefs as a whole.") , n'est pas délibéré ! Si j'étais d'humeur oulipienne, je pourrais me lancer à essayer d'inventer la page manquante. Mais je crois que je vais tout simplement photocopier le passage dans un exemplaire de bibliothèque... si la pagination n'en est pas trop différente !

vendredi, 16 décembre 2005

Le Père Noël est dégueulasse

La débauche de cadeaux, d'achats, d'endettements, mais aussi de gavages et de fausse bonne humeur que représente bien souvent Noël, cela suffit à gâcher une bonne partie du plaisir, en particulier quand, comme depuis quelques années, le mauvais goût l'emporte toujours plus.

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Rien ne justifie ces immondices déposés en tous lieux. L'autre soir, après une promenade en ville, nous nous sommes arrêtés devant la vitrine des Galeries Lafayette, la seule à proposer quelque chose d'un peu joli. En effet, la décoration de la rue Nationale, du pont Wilson, tout ça est à vomir. Les cabanes du marché de Noël, boulevard Heurteloup, ne seraient pas laides, s'il n'y avait pas des guirlandes d'un mauvais goût atroce et un "accompagnement" sonore parfaitement répugnant.

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J'en veux pour preuve que mon fils n'avait d'yeux que pour les bus, dont il aime lire les chiffres et aussi observer si ce sont des accordéons ou pas.

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Je n'ose même pas évoquer ce que ce consumérisme forcené a pour moi de choquant, du point de vue de l'environnement. On se doute bien de ce que deviennent la plupart des Père Noël en plastique, une fois que le vent les a bien cradingués : à la poubelle. Et les illuminations partout... bonjour la facture électrique et le respect du protocole de Kyoto. Avant de critiquer les Américains, on pourrait commencer à regarder ce qu'on fait chez soi...

vendredi, 09 décembre 2005

Petits formats aux Bons Enfants

Avant et après le déjeuner (de très piètre qualité), au nouveau restaurant mexicain de la rue Bretonneau, Chez Kristina, que nous vous déconseillons absolument, nous sommes allés, C. et moi, voir, en deux temps pour mieux nous en imprégner, la petite mais robuste exposition de petits formats à l'espace des Bons Enfants. J'en ai annoncé le vernissage avant-hier, et je confirme l'intérêt qu'il y aura, sinon à aller rencontrer les artistes au cours du pince-fesses susdit, du moins à faire un tour du côté de la rue des Bons-Enfants.

Plusieurs des vingt-six artistes exposés nous ont "tapé dans l'œil ", comme on dit vulgairement.

J'aime beaucoup les nouveaux carrés encadrés de noir de Jean-Pierre Loizeau, des figures composées, à peine défigurées, noires illuminées, ou soudainement jouant sur des contrastes d'orange et de rouge très puissants.

J'aime beaucoup le travail subtil, coloré et jouissif de Philippe Pradier en hommage à certaines toiles reconnaissables (la très galvaudée Jeune fille à la perle, hélas, mais aussi un Braque), qui forme une sorte de série très réussie, serinée, et passée sans encombres au surin des regards.

Les photographies de Renaud Lagorce, qui représentent des fluides colorés, me plaisaient énormément, notamment deux d'entre elles (une grise, l'autre rouge) qui donnent à voir, en fonction de l'angle, soit une structure en fil de fer, soit une exquise fumerolle. Mais C. trouve cela très kitsch. Des goûts et des couleurs... (J'attends vos avis, chers lecteurs ; quand vous aurez visité l'exposition...)

Autres points forts de cette exposition, les tôles de Charles Bujeau et les ardoises de Florence Lespingal, presque abstraites (mais un soupçon de figuration vient relever, d'une touche lumineuse, ces petits blocs de toute beauté). Les ardoises de Jean-Pierre Lenoir, saignements de lave et boues noires virulentes, dans un recoin, irradient leur douceur, près de statuettes blanches, rêveuses et paisibles (mais de qui ? (à vérifier)), très réussies, au moins pour trois d'entre elles, en porcelaine (ce qu'il est impossible de deviner ou déceler).

Il y a là, évidemment, des artistes dont la "démarche", comme on dit communément, est tout ce que j'abhorre : esthétique inspirée de la bande dessinée (ou des arts décoratifs), figurations hyperréalistes dans des teintes outrancières, etc. Par exemple, le galeriste défend avec maestria la série des nageuses, qui est de Juliette Gassies, je crois. Pour moi, c'est quasiment irregardable. Et il y a pire encore.

Mais l'ensemble de l'exposition est, pour le regard, extrêmement stimulante. Le vernissage a lieu demain, samedi 10 décembre, tout l'après-midi, et le galeriste m'a dit qu'il ouvrait aussi dimanche après-midi.

 

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Une petite plaisanterie s'est glissée dans la trame hypertextuelle de ce message. Saurez-vous la trouver ?

jeudi, 08 décembre 2005

Conférence d'André Markowicz

Venez nombreux à la conférence d'André Markowicz

"Crime et châtiment"

 

le jeudi 15 décembre 2005 à 18 h 00

Amphi A - 3, rue des Tanneurs - Tours

 

La conférence est gratuite et ouverte à TOUS.

Loire hivernale

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Un mercredi de brouillard, un matin de brume, la Loire paressait sous le vol indécis des cormorans mûris au froid des courants. Les bancs gelaient, au passage des voitures qui ne les savaient pas.

mercredi, 07 décembre 2005

Les Bons Enfants

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ExpoSiTion  "les bons enfants font des petits..."
Ann !, Didier Becet, Carole Boissière, Charles Bujeau,
Chantal Colombier, Michel Davo, Laurence Dréano,
Juliette Gassies, Virginie Gauthier, François Géhan,
Pierre Guitton, Renaud Lagorce, Jean-claude Lardrot,
Bernadette Leclercq, Jean-Pierre Lenoir, Florence Lespingal,
Yannick Le Petitcorps, Jean-Pierre Loizeau, Claude Marchat,
Wareen Numa, François Pagé, Philippe Pradier, Dominique Perrot
Hélène Stéfanica , Coco Téxèdre ,  François Tomasi...
vous invitent à découvrir leurs oeuvres
lors du vernissage de l'exposition le samedi 10 décembre 2005 à partir de 14h
(les artistes seront présents tout au long de l'après-midi et de la soirée)

du côté des bons enfants
(près de la place Châteauneuf)
7, rue des bons enfants - 37000 TOURS
Tél. 02 47 31 30 60 / Port. 06 81 25 12 13

mardi, 06 décembre 2005

Un semestre déjà...

... et le soleil sèche les feuilles, par paquets trempés, dans les caniveaux du vieux Tours.

 

Sereins de tous parages, pinçons-nous...

lundi, 05 décembre 2005

Au Lapin-Garou-Gorille

Hier, c'était une première pour A., mon fils, qui, rappelons-le, a quatre ans et demi : nous l'avons emmené au cinéma ! Après avoir longtemps hésité entre un Joaõ César Montéiro posthume et un film taïwanais qui avait l'air très bien et dont le premier plan-séquence ne dure, paraît-il, que vingt-sept minutes, nous avons finalement choisi Wallace & Gromit. The Curse of the Wererabbit (je donne le titre en anglais, même si, bien sûr, nous avons dérogé à l'usage, for our son's sake, et vu la version française (mal) doublée (et mal traduite)).

En deux mots comme en cent : A. s'est bidonné (et nous avec lui, car nous sommes passablement férus du duo britannique en plasticine) du début à la fin du film. Nous sommes les seuls à être restés jusqu'à la fin du générique, car chaque nouveau lapin farfelu et multicolore encadrant, de son mouvement vertical ou diagonal, les éléments de la distribution, tirait, à notre fils, de nouveaux hoquets, un nouveau fou rire.

Le film, le premier long métrage consacré au maître inventeur et à son chien supérieurement intelligent, est très réussi : Nick Park est un gagman consommé, tant visuellement que stylistiquement, l'animation est irréprochable. Le texte est également très drôle, ou est censé l'être, de par ce que j'ai pu retrouver, au fil du film, de ce qui doit être la version originale (je me livre à une syntaxe délibérément difficultueuse, afin que vous perceviez bien le caractère complexe de l'opération). Il y a de très nombreuses erreurs de traductions (vicaire au lieu de curé, parmi tant d'autres), et les jeux de mots, assez obscènes il faut le dire, passent plus ou moins à la trappe.

L'intrigue n'est pas trop influencée par les démons du scénario hollywoodien, comme les derniers opus de Nick Park (Chicken Run et même A Close Shave avant cela) pouvaient le laisser craindre. Témoin de cela, la fin pathétique de la courgette colossale bichonnée par Gromit - alors que je craignais, halfway through the picture, que  cette courgette ne remportât, las!, le prix du plus gros légume...

Il y a de nombreuses références culturelles et populaires fort divertissantes : outre le clin d'oeil à King Kong, ma préférée est la transformation, dans la cuisine-bibliothèque de Wallace, du classique de John Steinbeck, East of Eden, en East of Edam...!

dimanche, 04 décembre 2005

Ô sur des ailes s'enfuir

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Depuis deux heures, le quintette de Miles Davis (Live at the Plugged Nickel, 1965, disques 4 et 5), un bon fauteuil et la vie de famille, lire les cent premières pages d'Amriika, qui traîne sur ta pile de livres à lire depuis des mois, voire des années, oublier le monde, le travail, l'envie de s'enfouir, de disparaître, de n'être plus que cela, ici, là, l'envie de s'enfouir, plus travailler, trop de travail a fini par vaincre tes moindres pulsions, l'envie de s'enfouir, de s'enfuir - puis, tu te relies à Internet, compulsively indeed, et trouves là, dans ta boîte de réception, deux photographies que t'envoie ton père, au retour d'un de ses incessants voyages européens.

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lundi, 28 novembre 2005

A la manière d'Eugène Savitzkaya

Je pèle les courgettes, purge les radiateurs, mets de la farine sur les engelures et dégivre les vitres de la Clio. Je fais des petits tas de poussière, au balai, que j'aspire ensuite. Je brique les cuivres, remplace les tuiles brisées, et voilà le baluchon déjà près de la porte. Je lave les carreaux de la paillasse, plie les vêtements secs, et je danse furieux sur les incantations de Julien Jacob. Il ne sert à rien de courir, mais les nuages déjà me poussent à biner les bégonias, à arroser faiblement le kalanchoë, à bluter l'hibiscus à fleurs bleues. Le romantisme n'est plus dans l'air du temps, alors je masque les pièges, traque les nuages, et admire les taupinières. Le roseau pensant m'accompagne pendant que je récure la cocotte-minute.