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jeudi, 16 août 2007

De l'inévitable ébullition des rennes et des coatis en milieu de surchauffe tempérée

Histoire de justifier de temps à autre le titre de ce carnétoile (tant pour le toponyme que pour l'adjectif), voici un bref récit de notre première promenade de retour à Tours.

Voiture garée rue du Commerce, où, sous le soleil parfois timide mais toujours présent de ce jeudi auguste, étaient encore attablés quelques dîneurs tardifs. (Que voulez-vous, pour moi, par maniérisme ou feinte d'archaïsme, le repas du midi reste le dîner, et celui du soir le souper... mais juste, pour faire le malin, hélas : dans la vie courante, avec chaussures à pointe et style Jazy, je cède à l'infâme modernité du déjeuner et du dîner vespéral.)

Puisqu'il est question du regretté Jazy (regretté... mais est-il même mort ? penser à demander à Chieuvrou), avouerai-je qu'à la devanture d'un magasin de disques dont je n'avais jamais perçu l'existence, au début de la frange piétonne de la rue du Commerce, j'ai acheté quatre disques de jazz, dont le curieux Octet Ost du tromboniste autrichien Christian Muthspiel, que j'écoute en ce moment même. Je sais pertinemment que Christian Muthspiel se trouve en quelque autre point indécis de ma galaxie discothèque, mais où ? penser à demander à Chieuvrou...?

Les trois autres albums sont Il fait toujours beau du Stan Laferrière Tentet (ô quel titre tragiquement ironique...), Coïncidences de Yochk'o Seffer et Sylvain Miller, ainsi qu'une anthologie d'enregistrements de Dexter Gordon (années 1943-1947, collection "The Chronological Classics" (qui a l'air minable, mais je voulais cette version du 12 juin 1947 de The Chase, alors pour trois euros, hein...)).

Le reste de la promenade relevait de l'ultra-classique : place Plumereau ; place du Grand Marché avec son Monstre dont on ne sait s'il est plus insignifiant et laid qu'indigne et ridicule ; basilique Saint-Martin (Alpha voulant revoir l'intérieur de cette bonbonnière fin 19ème, je fus même traîné dans la crypte, dont je dois avouer que les mosaïques sont très honnêtes, considering...) ; exposition de l'espace des Bons-Enfants (où nous pûmes admirer plusieurs masques très réussis de Danie Christidés, de beaux noirs de François Pagé, un quinconce de céramiques de Hélène Stefanica, fidèle au poste) ; rue Nationale avec x tentations à l'étal du bouquiniste de la galerie Nationale ; etc.

{{{ Well, an uneventful afternoon, then, but that's just to give you a feel of Tours. }}} Nous ne sommes pas allés du côté de la place Jean-Jaurès, toujours agréable en ces milieux d'après-midi noirs de monde, ni près de la cathédrale, avec l'habituel tour par le château et le jardin de la place François-Sicard. {{{ Some other time...}}}

mardi, 14 août 2007

Avocat melon

La roche Tarpéienne n'est pas éloignée du Capitole, ce qui signifie aussi que le dépôt de vêtements et de vieux livres des Compagnons d'Emmaüs est proche d'un supermarché mal ficelé où jamais d'ordinaire je ne vais, et proche aussi du cabinet de pédiatrie où l'on n'a guère envie (croisons les doigts) de remettre les pieds avant la prochaine vaccination impérative d'Oméga.

Autrement écrit : je suis de retour en Touraine.

Une série de ronds points après des bâtiments et des murs de béton gris comme ci comme ça rafistolés, et on ne voit que panneaux vantant un film de Michel Boujenah avec l'affreuse Seigner et l'inepte Kad Merad, chiens promenés au vent lourd et chaud d'août gris. De quoi confisquer, dérober la ville à l'attention de ses habitants : kleptomanies toujours.

samedi, 07 juillet 2007

Sept sept deux mil sept

Vers 1991, je pense, le chanteur belge Julos Beaucarne - que j'ai vu récemment acteur dans un nanard de Podalydès - chantait

Neuf neuf nonante-neuf

Le monde sera neuf ou veuf

 

La date ronde est passée depuis bientôt huit ans, et le difficile pélerinage du protocole de Kyoto suffirait à laisser penser que l'affaire est entendue, la Terre foutue, etc. Autre air :

Ta carlingue fatiguée est en approche finale

Dans une odeur de frites et de vieux sperme rance

 

Splitch splatch. La verseuse verse surtout à côté. Coups d'éponge sur la paillasse. Passer la brosse et le torchon...

Et le monde virtuel électronique, pas du tout virtuel d'ailleurs ?

Tes enfants ne dansent plus Maintenant ils commémorent

À travers leurs modems et leurs écrans-goulags

 

 

Oeil cacodylate vert

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Désolé, je n'avais guère mieux pour ce jour qui point.

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Le mieux, c'est encore la technique du pigeon.

vendredi, 29 juin 2007

Nu bleu aux bas verts

On a beau lui montrer la pendule, les aiguilles qui se déplacent, ou le cadran noir et orange de la sonnette, ou encore la couverture bariolée d'un livre sur les châteaux-forts qui traîne là, près du radiateur, son regard toujours en revient, reste rivé au Nu bleu aux bas verts. La fibre des jours se teinte de gris si les nuages, comme des montagnes, culminent. Déjà le fétichisme des couleurs, des découpages, du corps jouet, se dessine, s'installe peu à peu, et peu à peu on descend en l'accompagnant les pentes neigeuses de montagnes imaginaires. Bientôt le cadran aura éclaté, le tintamarre des jours eux aussi orangés s'assouplira, et il sera temps de dévaler, encore et encore et encore et encore, les lettres dansantes, par la malle-poste.

Où sont passées les lumières ? Juste sous les paupières. Ou : au fin fond des chaumières. Pas de quoi trembler de chaleur absente. Le rêve de cette nuit (morsure de vipère et infirmière hermaphrodite), on l'oubliera.

dimanche, 17 juin 2007

Comme d'un soufflet de forge

Depuis qu'Alpha (le nouveau surnom d'A. dans ces carnets) est parti, avec sa mère, pour une petite virée post-électorale au prieuré Saint-Jean du Grais, que nous n'avons encore pu visiter, car nous nous y sommes déjà cassé le nez quelques fois, il tombe, non des cordes ni des trombes, mais une pluie qui fut d'abord fine mais s'est progressivement épaissie, alourdie, tombe drue et grise sur les graviers de la courette. Ici, bien sûr, je garde Oméga, qui a un petit rhume sans gravité, mais, comme chez tout nourrisson, à surveiller.

D'aucuns de mes lecteurs auront pu s'imaginer que ma récente paternité est le motif principal qui m'a détourné de ce carnétoile. Ce n'est pas tout à fait faux, mais ce n'est qu'en partie vrai. (Now, how's that for Jesuitism ?) En l'occurrence, les premières semaines d'Omega coïncident avec un gros moment de surchauffe à la fac, ce qui m'a laissé peu de temps pour la lecture, et peu d'inspiration pour l'écriture. À plusieurs reprises, j'ai caressé l'idée de raviver la flamme de la rubrique intitulée Comme dirait le duc d'Elbeuf, et je pense d'ailleurs programmer quelques billets en ce sens pour la semaine prochaine. Peut-être le soleil, vert ou blanc étincelant, reviendra-t-il.

J'écoute le premier mouvement du Quintette à cordes KV 516, le thé infuse... et Oméga a fini par s'endormir, paisiblement, à la chambre d'amis, dans sa nacelle. La pluie tombe toujours plus drue. Rude dimanche à broyer de petits caractères et à se forger un passé. La pile toujours impressionnante des lectures à venir s'est colossalement renforcée ces derniers temps, et j'espère écoper un peu le tonneau des Danaïdes au cours de l'été. (Sera-t-il pluvieux en lectures ?)

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{{{ Une pensée pour Irène, qui met les bouchées doubles. }}}

mercredi, 06 juin 2007

Sept cent trente jours

(Déjà.)

(Seulement.)

Même

Il faisait beau, grand soleil de juin. Le matin, en accompagnant mon fils à l'école maternelle, j'avais en tête la musique du générique des Petites bêtes (Allongez-vous dans l'herbe, etc.). C'était aussi la grande époque de Melchior, de Même en hiver, du grand colloque poitevin sur L'Illisible et de Hubert Lürlu. À la fac, je travaillais d'arrache-pied aux emplois du temps. Puis m'est venue l'idée saugrenue de débarquer dans la blogosphère avec mon carnétoile vert.

au printemps ce pays est beau

 

(Depuis lors, depuis le Débarquement, j'ai écrit 1617 billets.)

(Quoi de plus approprié pour un 6.6.07 ?)

samedi, 12 mai 2007

Albi (Nosferatu)

Tandis que j’écrivais le billet intitulé L’École des fanes, est venu fureter, dans la cour de graviers, un chat entièrement blanc, comme je n’en avais jamais vu. J’ai tout d’abord songé qu’il s’agissait d’un chat albinos ; toutefois, A. m’a fait remarquer qu’il n’avait pas les yeux rouges (mais jaunes). J’en appelle à l’aréopage de mes lecteurs, et en particulier à la frange félinophile : existe-t-il des chats au pelage entièrement blancs qui ne soient pas albinos ?

jeudi, 10 mai 2007

Titres, diapasons, tarbouifs

Comme je m'ennuie parfois, lors de ces réunions dans la cage vitrée, je me surprends à lire les titres de la collection Budé et à essayer d'en retenir certains, surtout ceux que je ne connais pas du tout ou, à tout le moins, que je n'ai pas lus ni jamais traduits. Ainsi, hier matin, ce furent les Fables de Hygin, la Vie de Saint Martin de Venance Fortunat et les satires de Lucilius. (Sur ce dernier auteur, mystère total.)

Je me dis souvent qu'il faudrait que je me remette de manière régulière, voire quotidienne, à lire des auteurs latins, mais je ne le fais qu'occasionnellement, ce qui m'énerve contre moi-même. Au lieu de cela, je me retrouve, sur la Toile, à lire des poèmes de la Renaissance anglaise, captivants aussi, d'ailleurs, comme, hier soir, The Tunnyng of Elynour Rummyng de John Skelton. Voilà un texte très drôle, qui serait une véritable gageure de traduction !

On y retrouve le nez camus de Tristram Shandy et du Journal de Travers (et de Rannoch Moor, et de L'Amour l'Automne...) :

Her nose somdele hoked,

And camously croked,

Neuer stoppynge,

But euer droppynge ;

dimanche, 29 avril 2007

Embarras

Quelle ne fut pas ma surprise, en parcourant ce matin l'exemplaire de Libra de Don DeLillo emprunté au cours de la semaine à la bibliothèque d'anglais des Tanneurs, d'y trouver, scotchée sur la troisième de couverture, la photographie d'un ancien étudiant (que je croise encore fréquemment dans les couloirs) et d'une ancienne étudiante (qui suivait, l'an dernier, les cours de L3, dont mon cours d'analyse de textes littéraires, en parallèle de ses cours au conservatoire d'art dramatique), très évidemment en couple face à l'objectif, comme naguère dans les couloirs, quand je les y croisai, et, si je suis, bien sûr, tenté de "rendre" cette image à l'étudiant en question lors de notre prochaine rencontre (pas par moquerie ni persiflage, mais seulement pour lui rendre un bien privé dont je suis devenu par erreur (et temporairement) dépositaire), ce qui m'arrête, c'est aussi qu'il ne semble plus côtoyer la jeune fille en question, et même qu'il semble en côtoyer d'autres (et même, qu'il n'est pas certain qu'il s'intéresse réellement (ou prioritairement) aux jeunes filles). Tout cela est bien embarrassant...

Une hypothèse a été écartée d'emblée, je le signale avant que de mauvais esprits n'en réclament l'application : publier la photographie dans ce carnétoile.

lundi, 23 avril 2007

Varia

Il est assis sur l'une des marches de l'escalier qui permet d'accéder à la Poste de la place René-Coty. Je ne l'y ai jamais vu. Très sobrement mis, presque élégant, avec son gilet à carreaux, sa casquette, ses souliers marron impeccablement vernis, ce Noir qui a peut-être dans quarante-cinq ans a posé sa sébile sur la marche du haut, à droite, soit assez loin de lui, ce qui faut qu'on ne voit pas en lui un mendiant, mais avant tout un homme, peut-être fatigué, peut-être en train d'attendre l'ouverture du bureau de poste. Sa dignité ne signifie en rien qu'il n'a pas besoin de votre aide : la sébile, petit gobelet de plastique rigide transparent où traînent plus qu'elles ne trônent quelques pièces rouges ou jaunes minuscules, suffit à vous persuader que cet homme bien habillé se drape de ses (seuls ?) plus beaux atours par déférence à votre égard, et pour garder intacte l'estime qu'il a de soi. Il remercie chaleureusement celui qui place une pièce dans le gobelet, mais comme d'un homme qu'un autre viendrait d'aider à dégivrer sa voiture ou de laisser passer devant lui à la queue d'une caisse de supermarché : d'égal à égal.

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Je lance une recherche sur l'abbaye de Bois-Aubry, dont C. me dit qu'elle est ouverte toute l'année, et le premier site cité par le moteur binoclard, c'est encore un album de photographies de Tinou.

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À l'université, quasi déserte, où je discutai un petit moment avec une bibliothécaire de retour du Pays basque où il a fait, dit-elle, un temps pourri, je fus surpris, en montant les escaliers qui mènent du second sous-sol au premier étage, de découvrir, à chaque palier (je ne crois que l'on puisse dire ici entresol), l'une des larges toiles que Nico Nu a consacrées à l'île Simon. J'aimerais croire que cette cage grise, qui ne voit qu'à peine la lumière du jour, s'en trouve considérablement illuminée ; une chose est sûre, en tout cas : ça met de la couleur (comme je crois qu'on dit).

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Avoir vu Bernard Tapie, multirécidiviste affairiste et vulgairissime embagouzé, défendre aussi éhontément, hier soir à la télévision, Sarkozy, ce serait presque assez pour décider quelqu'un d'honnête à voter pour Ségolène Royal. Seulement, en face, ce sont les disciples du cynique et manipulateur Mitterrand, qui a créé de toutes pièces le Tapie politique. Alors, quoi ?

samedi, 21 avril 2007

Île Simon

Vous ne le croirez peut-être pas, ou vous vous en contrefoutrez royalement, mais, en bientôt quatre ans de vie à Tours, je n'avais jamais laissé traîner mes guêtres ni mes semelles dans le parc de l'île Simon, pourtant voisin de l'université et pas si éloigné que cela de mon humble demeure (my 'umble abode, comme le répète incessamment le fourbe Uriah Heep dans David Champdecuivre (pas le magicien, hein ; le roman de Dickens)). Cet après-midi (je persiste à écrire cet au lieu de cette, malgré des années passées à lire Renaud Camus, qui, le premier, m'a averti du genre plutôt féminin d'après-midi (mais j'ai de bonnes raisons de persister à écrire cet)), nous nous y sommes promenés.

J'avais pris avec moi La Bataille de Pharsale, car il me paraissait impératif, pour le pédant cratylien que je suis, de me promener sur l'île Simon avec un livre de Claude. L'Amour l'Automne m'a donné envie de relire cet opus de Claude Simon, que j'avais lu avec délices en 1993, me fiant non seulement à mon goût marqué pour cet écrivain mais aussi aux recommandations de mon professeur de khâgne, Michel Boisset, qui nous avait appris que le titre était une anagramme de la bataille de la phrase. Comme les jeux sémiotiques qui servent de réseaux structurants à l'écriture des Eglogues de Renaud Camus reposent en grande partie sur des anagrammes et des paronomases, tout se tient, n'est-ce pas. Ouvrant mon vieil exemplaire au hasard, sur un banc, je vis passer un vulcain : rien de plus beau, à cet instant précis.

Après un premier mouvement de recul puis un moment de bouderie, mon fils, A., a joué (et moi aussi) au football avec trois garçons plutôt plus âgés que lui : deux frères très mal élevés, Benjamin et Jonathan (9 et 7 ans), et un ami à eux, Owen (6 ans), remarquablement discret et courtois, vu son entourage direct. Je songeais que le prénom du petit Owen devait avoir été choisi pour rendre hommage à l'attaquant anglais Michael Owen, ou à je ne sais quel héros de série américaine, mais certainement pas à la très belle nouvelle de Henry James, Owen Wingrave. (Je ne demande qu'à me tromper. Il faut noter que l'un des garçons se prénommait Benjamin et que la nouvelle a servi d'inspiration à un opéra, du même nom, de... Britten.) Ce nom d'Owen Wingrave est, en soi, tout un programme : win / grave (gagner la tombe ? l'emporter dans le tombeau ? vaincre quoi ?).

Je n'avais pas, avec moi dans la jolie île, ma seule famille, mon seul Claude Simon, mes seules pensées de pédant : j'avais aussi mon appareil photographique, afin d'immortaliser certains recoins de l'île Simon que j'ai souvent observés depuis les bords de Loire ou depuis les salles de cours des étages supérieurs du bâtiment des Tanneurs, et notamment ces espèces de lourdes perches multicolores fichées dans le sol à 45°, qui, vues de près, forment une sorte de teepee longitudinal et dont je ne comprends absolument pas la fonction (entrepôt à canoës ? coupe-vent ?). C'est à peine si j'accordai une furtive pensée aux toiles que Nico Nu a consacrées à cette île et qui éclairent, de leurs vives couleurs, les murs de la salle de conférences du cinquième étage de la bibliothèque universitaire.

mardi, 17 avril 2007

Mardi craves

À midi tapant, j'ai observé le manège de quatre corbeaux (une corneille, un freux et deux choucas) qui fouaillaient et arpentaient de concert un champ fraîchement retourné le long de l'avenue Daniel-Mayer. Il est rare de voir les trois espèces ainsi réunies, dans un semblant d'harmonie parfaite.

Pendant que je nettoyais les vitres des pièces du premier étage, je voyais, comme dans un cadrage que traversait énergiquement le chiffon vert clair, A. et son ami M., venu pour l'après-midi, vaquer à leurs jeux, dans le jardinet. Les camions benne ne transportent pas tous de la terre ou du gravier. Au déjeuner, on a évoqué les chocards et les craves.

Il y a quinze mois, à vue de mémoire, j'avais publié une série de photographies de l'avenue Maginot. C'était lors de la précédente vidange (j'ai un peu tardé).

mardi, 27 mars 2007

Café de biais, Le Petit Mesclun

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Tours, 22 mars 2007.

samedi, 24 mars 2007

Carnaval de Tours

Voici la première phrase du prospectus vantant les mérites du Carnaval de Tours :

Notre ville s'endort petit à petit dans son conformisme et sa langueur naturelle que d'aucun appel « art de vivre ».

 

J' veux dire, quoi, si on s' contrebranle d'écrire correctement le français pass' que c'est vrai c'est confaurmyste de savoir distinguer un nom (appel) d'un verbe (appellent)*, eh bien on n'écrit rien du tout et on ne fait pas de site Web, bande de tocarnavaleux !

 

* pour ne rien dire du -s manquant à "d'aucuns". Remarquez, peut-être que le G.O. chargé du Carnaval n'est autre que Juan Asensio... ça expliquerait...

Quatre-vingtième anniversaire de ma grand-mère maternelle

Qui se serait commis, hier soir, entre cinq heures moins le quart et six heures moins vingt, à glisser l’œil par la vitre – c’est façon, et maladroite encore, de dire – voire à se hasarder dans cette Ardoise, petit bistrot calme de la rue Berthelot, y eût assisté à la rencontre – pas loin d’être aussi improbable que celle d’un parapluie et d’une machine à coudre sur une table de dissection – entre l’auteur de ces lignes et le désormais mythique Astolphe Chieuvrou, dont justement il ne faudrait pas, au prétexte qu’il est mythique, inférer qu’il s’agit d’un être chimérique, car, de fait, je l’ai rencontré hier, et nous avons gentiment discuté autour d’un bon verre de Chinon, dans cette Ardoise sinon déserte mais toutefois enfumée par la tabagie du patron, avant de nous quitter, rue Berthelot toujours, sur un trottoir noyé de bruine, Astolphe s’en allant au cinéma Les Studios et moi rentrant dans mes pénates.

jeudi, 15 mars 2007

Nouveau bâtiment des Tanneurs

Voici quelques images volées, ce matin, dans le nouveau bâtiment du site principal de l'université, rue des Tanneurs. Voyant l'accès, jusque là en travaux, enfin ouvert, je n'ai pu résister à l'appel de la curiosité. Heureusement que cette aile du site reste encore déserte, car je devais avoir une drôle de mine, à traquer les ombres dans ce lieu où ne manque qu'une ultime couche de ripolin, et quelques derniers coups de balai (à suivre je suppose d'ici après-demain, pour la Journée Portes Ouvertes).

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jeudi, 22 février 2007

Scrapple from the Apple

S'il faut reprendre, peu à peu, pied dans l'écriture,

ne faut-il partir du réel le moins tragique, le plus heureux ?

 

Ce midi, au Cap Ouest (où je n'avais pas remis les pieds depuis des semaines), tandis que j'attends mon plat du jour, une des habituées, assise sur un tabouret au zinc, fait remarquer qu'il y a un insecte au sol. Le frère du patron dit que c'est une punaise. Faut pas l'écraser, sinon ça pue. Il prend un sous-bock et, d'un geste prévenant, ramasse la punaise que, plus vivement, la porte de bois et de verre ouverte, il expulse. La punaise retombe sur le dos. De ma place, je la vois se démener. Je suis très impressionné par ses talents pour la reptation, dans cette inconfortable posture c'est rare. Je la regarde. Des secondes passent. Une éternité. Je finis par me décider, saisis un prospectus du Clos Lucé et sors, me penche, redresse la punaise que, assis de nouveau et scrutant le trottoir, je vois s'envoler.

À mon retour dans le bistrot, j'ai vu la jeune femme du comptoir me lancer un regard amusé. Le ridicule ne tue pas, et je sais que je n'étais pas pleinement ridicule. Je suis même rasséréné, car je ne supportais pas de voir la punaise se démener ainsi sans parvenir à se remettre d'aplomb.

Le miles gloriosus, lui, serait sorti, éméché, et l'aurait écrasée d'un coup de talon imbécile.

jeudi, 08 février 2007

Synesthésies / nostalgies

Parfois, quand je travaille, Pandora m'accompagne, et de son tonneau des Danaïdes où sans fin on puise sans s'épuiser, m'envoie des musiques que je ne connaissais pas avant. Ainsi, des différentes "stations" que j'ai créées, plusieurs, évidemment, sont principalement consacrées au jazz.

Sur la chaîne John Zorn, par exemple, se succèdent différents morceaux de différents groupes/ compositeurs/ interprètes, tout cela dans la joyeuseté du bazar imprévu. Tout d'un coup, j'entends des notes, un instrument indien, et, avant même de dire que je connais ce morceau, je revois le papier peint de notre studio, à Talence, en 1996 ; je marche le long des cours bordelais ; nous sommes, toi et moi, dans le bus qui nous conduit au cinéma. Dans la cuisine exiguë nous mangeons en discutant de tout et de rien. Je fais réparer cette maudite latte en verre de la fenêtre d'aération. Il fait grand soleil, chaud près du parc Peixotto. Allongés dans l'herbe, nous regardons des bambins près d'une poussette.

Je ne saurais pas retrouver le titre du morceau, mais je sais que c'est un album de John McLaughlin. Je n'ai guère dû écouter The Promise depuis ces années-là.

mardi, 06 février 2007

Mômeries de Tours

De retour de l'exposition Accords & désaccords de Gérard Marchand, à l'espace des Bons Enfants, et d'un double café pris avec Tinou, place Plumereau je croise une jeune femme en train de fumer devant l'un des bistrots. Elle parle, l'oreille collée à son portable. Réplique digne du meilleur théâtre (accent italien prononcé) : "Elle a menti à Angelica, elle a menti à Maria Teresa, elle a menti à moi. Alors, on veut bien être conciliantes, mais de là à l'aider, hé..."

Quelques mètres plus loin, dans une vitrine, j'entr'aperçois une culotte portant l'inscription

Délivrons-nous du mâle.

 

Au tableau lessivé périodiquement de Nico Nu, j'inscris les mots LIT, VERT ET FUL, que j'associe, d'une accolade virulente, au suffixe -igineux. (Si Simon a son appareil photographique...)


podcast
(En écoute : Anachronisme 2001, une des cinq fenêtres écrites)

mardi, 30 janvier 2007

Avec typographie capillaire

Histoire de vous entretenir de basse cuisine, for once, je vous apprendrai qu’après cinq mois passés à me raser avec un rasoir électrique [décision prise fin août car il m’arrivait de me couper et le prix des lames de bonne qualité ne cesse de grimper en flèche], je viens de racheter des lames Sensor Excel II et de me raser de cette manière, ce qui m’a bien fait plaisir. Comme à chaque fois que je suis crevé et que je me rase en fin de journée, je me suis coupé façon petit goret avec même des filets de sang descendant draculéennement de chaque côté de mes babines de blogueur sanguinaire, mais j’étais heureux, car le rasoir électrique (et je tiens à dire que, réfrénant le paupériste qui dort en moi, j’avais acheté un modèle onéreux et apparemment haut de gamme)

1) c’est très lent

2) ça rase mal (j’avais l’air d’avoir une barbe de trois jours dès onze heures du matin)


Bref, ça ne convient pas aux Touaregs dans mon genre.

jeudi, 25 janvier 2007

Ce que dit le pagure Kenny Craig

Cavere, par le Zeena Parkins Pan-Acousticon, ça déménage ; méfiez-vous des cabots et plus encore des demoiselles qui les promènent. Il y a des livres à un euro à la Boîte à Livres de l'Etranger ; des livres qui valent le coup. Harpe et violoncelle, piano qui se disloque. Il doit faire moins cinq à Tours demain matin. Après une matinée passée à régler des subtilités d'emploi du temps, je vais aller faire le guignol au lycée Jean-Monnet, pour un déjeuner de travail (comme je crois qu'on dit). En revenant de la Poste, j'ai croisé une étudiante qui, me voyant le nez coulant, les yeux injectés, les mains violacées*, m'a souhaité bon courage pour mon rhume, ce qui était très gentil (mais l'hiver seul est coupable). Maudit soit ton nom, Salamine ! Un ami m'a écrit qu'il aurait bientôt, peut-être, un poste à Tours. * On se croirait dans Dracula, ou, allez savoir, dans les Récits de la Kolyma (où les crachats gèlent en vol). Formons des souhaits. À huit heures, sur le pont Mirabeau, la vitre côté conducteur a finalement accepté de se baisser**. Peasant Boy par le trio de Bob James, ce n'est pas mal non plus ; on est sur la route, maintenant, à regarder le rideau de pluie, les affaires empilées à l'arrière du camion (bâché, bien sûr). Dormez tous, je le veux. ** Je sais, il ne faudrait jamais démarrer sans avoir conscieusement raclé les vitres et dégelé l'ensemble des points de vision. Look into my eyes, not around the eyes, look into my eyes. Vous repartez au charbon, mais c'est l'engrais qui ici culmine.

mardi, 23 janvier 2007

Lorsque Flore / sort / de l'or du bal

Jeudi à peine croisé la Kangoo de mes parents, qui arrivaient dans notre rue alors que je filais à la fac – soir, pluie, grisaille, voitures et vrac partout sur Tours – sur le pont Mirabeau chanter la vitre ouverte encore et encore Lorsque Flore avec la scie musicale et les tintinnabulements d’origine – peut-être même à tue-tête une fois la cassette arrêtée Ce sont les noms des mots maintenant assis sur une marche de l’escalier Thélème – écrivant sur au dos d’une simple carte postale – j’attends le début de la conférence d’ouverture

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J’avais envie de saluer ma mère avant de filer en ville

sans doute à cause du rêve affreux de la nuit dernière.

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Mardi donc ce matin, oui à peine au bas de la rue du Nouveau Calvaire cette chanson se lance, s’étend dans l’habitacle, commence – froid hivernal après tant de semaines de douceur, flot discontinu des cars et des bus – sur le pont Wilson me rappeler les milliers de souvenirs liés à cette chanson, depuis onze ans déjà Ce sont les sons des noms maintenant de retour chez moi pianotant – écrivant dans ces carnets toujours compulsivement – je songe à la rubrique Autres gammes, qui pourrait accueillir les fragments souvent rêvés d’une autobiographie aux ritournelles.

dimanche, 21 janvier 2007

Langsam schleppend

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Pages d'un magazine de botanique.

Pianotages sur ordinateur portable.

Playmobil & camions de chantier.

Pintade à découper.

Avec quatre comparses ainsi occupés, ma mère a bien du courage d'essayer de lire Angst de Hélène Cixous.

vendredi, 19 janvier 2007

Ferraillons ferme

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Il y a un moment, dans la septième partie du disque mythique d’Anthony Braxton For Alto, où le saxophone s’approche du son d’une whistling kettle, et tout ce qui suit, tout ce qui précède, justifie totalement cette stridence ponctuelle. Not so yesterday, mais tout le monde n’est pas Braxton.

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Là, je reviens, lessivé, du S.I.L., qui ne s’appelle plus comme ça. Le Salon d’Information des Lycéens (comme naguère il s'appelait) se tient à Rochepinard, l’une des plus hideuses fertiles friches urbaines de l’agglomération tourangelle. Lessivé je suis, car brouhaha, et redire cinquante voire cent fois la même chose. Toutefois, en discutant avec l’étudiante qui nous aidait – et que je n’avais jamais rencontrée –, j’ai appris qu’un(e) collègue était surnommé(e) Capitaine Crochet, et, quoique je n’aie pas réussi à découvrir l’identité du ou de la collègue, l’idée que les étudiants donnent encore des surnoms aux professeurs, pratique pourtant en constant recul depuis trois décennies, m’a réjoui. Me reste à cogiter.

Entre-temps, une étudiante de troisième année est venue souffler à l'oreille de G.I. qu'il y avait des filles peu vêtues en pleine démonstration d'épilation au stand des formations d'esthéticienne. "Ta réputation, lui ai-je soufflé, n'est plus à faire." Comme j'apprenais, toujours par l'étudiante "cafteuse", qu'un autre encore de mes collègues était surnommé l'Obsédé, cela m'a surpris, car, étant donné le désarroi évident (voire les gloussements incrédules et puérils) des étudiants dès que, lors d'une analyse littéraire, l'on cherche à s'interroger sur les connotations sexuelles implicites d'un texte, je pensais que tous les enseignants de littérature passaient pour des obsédés.

 

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À l’aller, cinq chansons de Dylan, dans les confitures de circulation, et au retour deux seulement, filons sur le pont Mirabeau (embourbé ce matin, pas permis). Je ne fais pas les soldes, mais un beau pull coloré tout neuf m’est tombé tout rôti dans le bec. Même quand je mens, c’est vrai (titre de Stomy Bugsy, excusez la référence).

jeudi, 18 janvier 2007

Pains douceurs, détails de façade

 

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Très rétro, et ne gagnant pas à la photo - les vieillotes scènes campagnardes en façade de l'une des trois officines du célèbre Jacques Mahou, avenue Maginot (Tours).

 

mardi, 09 janvier 2007

Ni fée ni affaire

Ce matin, entre plusieurs rendez-vous et surveillances d'examen, j'ai réussi (dans l'université presque déserte (après un lundi peuplé, du matin jusqu'au soir, par les étudiants de troisième année de L.E.A.) et avant d'aller me faire doucher sans parapluie) à coincer l'oiseau Nico Nu, affairé à refaire son tableau vert (qu'à part moi j'ai depuis longtemps baptisé (sur le modèle de "l'escalier le formidable") "le vert-igineux") et à déposer un panonceau Interdit de cracher. Comme, contrairement à l'ami Simon, je ne me promène pas avec mon appareil photo sur mon lieu de travail, vous devrez vous contenter de mes mots... et d'attendre ce qu'en dira le Blog Oranginal, toujours sur le pont dès qu'il s'agit d'élucubrations niconuesques. Il se trouve aussi que j'ai rapidement engagé conversation avec l'artiste, après avoir pu admirer enfin de visu (et pas en photo, once again) ses premiers essais de signalétique, que je trouve très réussis, dans le genre loufoque propret.

Bien entendu, tout ce billet ne doit avoir ni rime ni raison pour ceux qui ne connaissent pas le premier mot de toute cette affaire, et à qui je ne saurais trop conseiller de lire les divers textes de Simon, marqués en lien ci-dessus.

 

En écoute : Wayne Shorter Quintet. "Speak No Evil" (Speak No Evil, 1964.)

Quel phrasé, quelle atmosphère en ténèbres & magie glorieuse, comme si un vieillard couvert de givre sentait renaître la vie à fleur de peau ! Ce n'est pas ça ici.