mardi, 22 août 2023
22082023
Aujourd’hui, le Convoi de l’eau passait en Touraine. La vingtaine de tracteurs et les 700 cyclistes sont arrivés place Jean-Jaurès peu avant midi.
Nous y étions.
Une belle mobilisation, des discours variés et forts, pour la solidarité, le partage, contre les inégalités et pour l'action face à l'urgence climatique.
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mercredi, 31 mai 2023
31052023
Comme le texte stupide de Christophe Clavé sur l'appauvrissement de la langue française, qui traîne déjà depuis quelques années, refait surface ces temps-ci, je me permets de copier-coller un commentaire que j'ai rédigé à ce sujet sur Facebook :
Ce billet est entièrement faux. Il repose sur une interprétation réductrice de l'hypothèse Sapir-Whorf, déjà pas mal remise en cause par l'essentiel des linguistes, et depuis un bon moment.
En effet, si cette idée que la complexité d'une langue est seule à même de permettre la complexité de la pensée était vraie, cela impliquerait par conséquence immédiate que les Chinois, les Basques et les Hongrois, pour prendre trois exemples, sont tous plus intelligents et plus capables de complexité que les anglophones ou les italophones. On voit bien que c'est une idiotie. Je ne vais pas entrer dans le détail mais il y a des dizaines de langues qui permettent à leurs locuteurs/locutrices de penser le futur, sans avoir le moindre marqueur grammatical du futur.
Par ailleurs, pour ce qui est du français, on constate empiriquement que des personnes qui maîtrisent le subjonctif et le passé simple ont une pensée pauvre ou formatée tandis que des locuteurs/locutrices qui confondent à l'écrit les terminaisons ais/ai ou qui ont recours à des tics de langage sont tout à fait capables d'une pensée complexe.
Le passage sur "mademoiselle" est d'un confusionnisme total : en effet, même sans l'emploi de ce mot comme "titre", il y a de nombreuses façons d'exprimer les états intermédiaires entre la petite fille et la femme adulte ("jeune fille", "adolescente", etc.). D'ailleurs, ce passage montre bien l'origine réelle de ce discours : un galimatias sans fondement scientifique et à visée conservatrice. Ironie particulière de ce texte qui se réclame de 1984 d'Orwell en faisant un contresens à son sujet, et en n'étant même pas capable d'orthographier correctement le prénom de son auteur.
C'est vraiment désolant de lire de telles âneries réactionnaires, et de les voir partagées sans recul, comme vérité d'Eglise.
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(Je n'ai pas ajouté, sur Facebook, de commentaire sur le fait que toustes les commentateurices qui s'engouffrent dans la brèche avec leurs "c'est ben vrai" façon mère Denis se prénomment Suzanne, Jean-Claude, Bruno et Chantal. L'absence totale de pensée critique de ces boomers qui partagent un post bourré d'erreurs et qui pensent, ce faisant, être du côté de l'esprit critique est si aberrante qu'il vaut mieux en rire.)
08:33 Publié dans 2023, Indignations | Lien permanent | Commentaires (3)
jeudi, 27 avril 2023
27042023
Bruno Lemaire publie un roman apparemment très mauvais chez Gallimard. Tout le monde de faire remarquer que, pour un ministre en charge d’un portefeuille conséquent, il a quand même le temps de publier des livres à un rythme soutenu. Bien sûr, ce n’est pas cela qu’on doit lui reprocher, mais sa politique infâme et ses déclarations de grand pitre incompétent. Toutefois, la nullité des extraits qu’on peut lire en « bonnes feuilles » (qui n’ont jamais aussi mal porté leur nom) renforce l’idée qu’il s’agit d’un pitre pitoyable, d’un cancre à qui est confiée depuis six ans l’économie française, sans parler du naufrage total de la collection de littérature française chez Gallimard, avérée depuis longtemps à quelques rares exceptions de rats qui n’ont pas quitté le navire (Ndiaye, Ernaux), mais que beaucoup semblent découvrir, tant le prestige de « la Blanche » survit longtemps à ses grandes années.
18:38 Publié dans 2023, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 28 mars 2023
28032023
Belle manifestation, avec encore beaucoup de monde. Croisé beaucoup de personnes que je n’avais pas vues depuis un petit moment et avec qui j’ai discuté. Il faisait encore bien froid le matin, mais le soleil a fini par échauffer tout le monde. C* et moi avons déjeuné au Mao, où nous n’avions pas mis les pieds depuis dix ans peut-être : l’avenue Grammont n’est définitivement pas notre zone.
Le soir, malgré un beau concert des ensembles de bassons et hautbois auquel participait O*, énorme coup de blues, comme souvent, en voyant la litanie des discours trumpistes, mensongers, manipulateurs et même carrément fascisants de la plupart des ténors macronistes, le pire de tous étant bien sûr l’ignoble Darmanin, qui réussit le même jour à jeter l’anathème sur la gauche républicaine et à faire force courbettes serviles à l’extrême-droite. Cela fait plusieurs années que les élu-es et représentant-es les plus en vue de la majorité prennent le pli de détourner l’attention, de manipuler l’opinion en se risquant dans des discours et des affirmations qui relèvent d’une véritable fascisation… mais à chaque fois on franchit un cap. On étudie en histoire la manière dont les dictatures s’imposent parfois en douceur, progressivement, en déplaçant à chaque fois davantage le curseur de l’acceptable. J’aurais préféré ne pas vivre cela dans mon pays.
Tous les mensonges d’Etat autour de ce qui s’est passé à Sainte-Soline ce week-end, la stigmatisation permanente (et qui avait déjà commencé avec Blanquer, Vidal et consorts) de tout discours simplement de gauche, la répétition d’éléments de langage qui n’ont pour but que de justifier l’arbitraire et la surenchère capitaliste se font évidemment au détriment de l’urgence climatique, ce qui rend la situation peut-être plus angoissante encore que pour des générations antérieures ayant vu leur pays sombrer dans des dérives autocratiques.
J’ai écrit ceci sur Facebook, avec le sentiment que c’est un peu indécent, un peu ridicule, mais par communion avec celles et ceux (j’ai vu que je n’étais pas seul) qui voient cet avènement du pire chaque jour plus proche : Tout le monde fait plus ou moins des blagounettes, mais on bascule vraiment dans le fascisme dominant, là.
22:59 Publié dans ... de mon fils, 2023, Autres gammes, Chèvre, aucun risque, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 23 mars 2023
23032023
Très belle manifestation, avec un monde fou.
Le discours incendiaire, méprisant et abject du petit Macron a ravivé, plus encore que le 49-3, la flamme de la contestation.
C’était très festif. Sur le pont Wilson, nous avons vu débouler face à nous, O* et son meilleur ami, qui remontaient le cortège après s’être éclatés du côté des étudiant-es. Au déjeuner, nous étions assis près de deux couples différents qui racontaient la manifestation d’une manière qui montrait que c’était, sinon leur première manifestation, du moins quelque chose d’inhabituel.
Bien entendu, la répression policière sauvage incontrôlée s’abat sans raison sur des centaines de manifestants pacifiques, et les principaux médias ne parlent que des policiers blessés et des feux de poubelle. L’hôtel de ville de Bordeaux a été incendié… par une faction d’extrême-droite, ce que les journalistes et éditorialistes des chaînes télévisées ne précisent jamais. C’est insupportable.
Il n’est pas exclu que Macron fasse exprès d’en rajouter, afin de montrer qu’il ne cèdera pas, mais surtout de provoquer des violences et pouvoir déclencher l’état d’urgence, ou à tout le moins décréter des interdictions de manifester.
À l’université, le blocage se poursuit, a priori jusqu’à mardi.
Soirée : fin de la saison 1 de The Good Place.
21:21 Publié dans 2023, Indignations, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 23 février 2023
23032023
A* partait tôt ce matin pour le « terrain » de 8 jours à Paimpont, avec ses camarades de M1, donc nous avons récupéré O* chez lui à 7 h 30. Départ de l’hôtel vers 8 h 30. Arrivée à Angers vers 10 h 15 : visite du château sous une bruine glaciale, avec la Tapisserie de l’Apocalypse pas revue depuis décembre 2009 (malgré un passage à Angers en 2013).
Sarkis a installé quatre chandeliers de quatre couleurs différentes, ce dont je n’avais aucun souvenir alors que, d’après le Web, cette installation date de 1993 et que j’ai visité la forteresse du roi René pas moins de quatre fois depuis… ! (Je me suis aussi avisé, en cherchant d'autres billets dans les archives de ce blog, que nous étions allés à Angers en 2010, ce que je ne me rappelle pas non plus.)
Il pleut enfin, donc, après plus d’un mois de sécheresse totale sur toute la France. À Tours, le bitume et l’herbe sont mouillées, certes, mais guère, et le vent aura vite de sécher tout ça. Rien pour les nappes là-dedans.
Béchu, l’inepte paltoquet qui occupe le poste de Ministre de la Transition écologique, écume les plateaux afin d’expliquer qu’on doit se préparer à un réchauffement de +4° en France, alors que le gouvernement ne fait absolument rien depuis six ans, que Macron a été condamné trois fois pour inaction climatique, et surtout qu’à +4° la vie au sens où nous l’entendons sera impossible en France. Il faudrait limiter la vitesse à 110 sur les autoroutes, interdire tous les éclairages inutiles, reconvertir vers le vélo et les transports publics, accélérer l’installation massive de panneaux solaires au lieu de se lancer dans des EPR qui coûtent des milliards, ont des années de retard et requièrent une forte alimentation en eau. Entre autres…
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Soir : match Rennes/ Shaktiar, au scénario infernal – à minuit, après le dernier tir au but, O* m’a dit que c’était le genre de match à le dégoûter de regarder le foot. Il faut dire que le coup de pied contre son camp, à la 118e, du jeune défenseur qui avait été excellent à tous égards, est une saloperie dont j’espère que ce garçon se remettra.
23:55 Publié dans 2023, Blême mêmoire, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 14 février 2023
14022023
Regardé dimanche soir le documentaire diffusé sur France 5, La fabrique du mensonge au sujet du procès en diffamation Amber Heard/ Johnny Depp du printemps 2022 et de ce qu’il a fait ressortir du backlash antiféministe et masculiniste post-MeToo.
Il faut absolument regarder et faire regarder ce documentaire.
Ce matin, avant d’enfourcher mon vélo, j’ai posté cela sur Twitter.
09:33 Publié dans 2023, Chèvre, aucun risque, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 06 février 2023
06022023
12:51 Publié dans 2023, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 19 janvier 2023
19012023
Aujourd’hui, jour de grève et de manifestation.
Entre 5 et 7 j’ai traité les mails pros et des questions d’emploi du temps encore en suspens. Entre 8 et 9, avant d’aller manifester, et entre 14 et 17 après être allé manifester j’ai fini mon dernier paquet de copies de la session d’examens de janvier.
Belle manifestation. Il faisait assez froid mais il n’a pas plu. Je n’ai pas retrouvé toutes les personnes que je voulais voir – il y avait beaucoup trop de monde – mais suis tombé sur des personnes perdues de vue et auxquelles je ne pensais pas forcément, dont une ancienne prof d’anglais de collège de A*, avec qui j’ai parlé un long moment (aussi de ce désastre total qu'est Parcoursup).
Cette énième réforme des retraites – après celles de 2003 et de 2010, et après la tout aussi inique et injustifiable Loi Travail de la majorité « de gauche » – est vraiment une saloperie sans nom, qui donne lieu à tous les bobards, tous les embellissements, tous les artifices de rhétorique les plus criants de la part du gouvernement et de ses séides. Une fois encore, et plus que jamais, on va faire trimer – et crever – les pauvres pour qu’ils financent la retraite des riches.
Le cortège, chose devenue plutôt rare, a traversé la Loire, et après le pont Wilson et un bout du quai, nous sommes revenus par le pont Napoléon et les Halles.
Pas lu, ni musique.
18:44 Publié dans 2023, Indignations, Moments de Tours, WAW, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 19 octobre 2022
D'un relativisme tout relatif
Aujourd’hui, le Projet Gutenberg rend publique la version numérisée, sous différents formats, d’un livre majeur publié en 1778 par un homme ayant exercé le métier de chirurgien sur plusieurs vaisseaux négriers, Alexander Falconbridge : An account of the slave trade on the coast of Africa. Je cite seulement la première phrase de la Préface :
The following sheets are intended to lay before the public the present state of a branch of the British commerce, which, ever since its existence, has been held in detestation by all good men, but at this time more particularly engages the attention of the nation, and is become the object of general reprobation.
Ce texte, comme tant d’autres, est à faire lire à toutes les personnes qui vont répétant qu’ « à l’époque tout le monde était d’accord », que « les mentalités ont changé » etc. C’est faux. Il en va de même de la colonisation. Dans mon troisième cours de L1 d’introduction aux études post-coloniales, je cite un extrait du Voyage à l'isle de France, à l'Isle de Bourbon, au Cap de Bonne-Espérance, &c. de Bernardin de Saint-Pierre (1773) qui explique parfaitement le mécanisme des monocultures commerciales (cash crop colonialism), donc comment l’extermination des Amérindiens d’une part, la déportation de millions d’Africains d’autre part sont toutes deux liées au commerce du café et de la canne à sucre.
Je n’en retrouve pas à présent le texte original (je cite la traduction anglaise dans mon cours), mais en voici un autre :
L’esclavage n’est point nécesse à l'Isle de France pour l'agriculture; lui est contraire, s'oppose à la population. Le code Noir n'est point observé. L'esclavage ne peut se justifier ni par la théologie, ni par la politique. Philosophes devroient le combattre, femmes Européennes devroient s'y opposer.
En d'autres termes, le relativisme et l'universalisme sont des concepts que manient nos défenseurs de l'héritage colonial et des crimes contre l'humanité des nations européennes selon que ça les arrange ou pas.
07:50 Publié dans Affres extatiques, Indignations, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 24 avril 2022
24022022
Nous y voici.
Tandis que l’armée russe, toujours plus menaçante – y compris vis-à-vis de la Moldavie et des pays baltes – poursuit ses bombardements et ses massacres de civils, nous voici, en France, dans la souricière.
Voici ce que je viens d’écrire sur Facebook, avant – j’espère que je saurai m’y tenir – de « débrancher » les réseaux sociaux pour le reste de ce dimanche noir.
J'ai beau lutter contre la politique éducative et écologique de Macron notamment, j'ai eu beau faire campagne contre lui, Macron et Le Pen ce n'est pas pareil. Le capitalisme sauvage et le fascisme, ce n'est pas pareil. Penser que c'est pareil, c'est un truc de bourgeois blancs qui ne vont pas voir tout de suite la différence.
Si Le Pen est élue ce soir, ce qui reste tout à fait possible, bien sûr que ses électeurices seront responsables. Bien sûr que les médias et les politiques de droite et d'ailleurs qui ne cessent de titrer et discourir sur le péril islamiste seront responsables. Bien sûr que les éditorialistes et le Président actuel lui-même qui renvoient dos à dos extrême-droite et gauche radicale seront responsables. Bien sûr que l'armée et la police, au-dessus des lois et gangrénées par le racisme, seront responsables. Bien sûr que les politiques et militant•es qui en sont déjà à parler du troisième tour, comme si le RN allait laisser se dérouler normalement la vie démocratique et respecter les institutions, seront responsables.
Et j'en passe.
Mais seront aussi responsables, à leur très modeste échelle, celles et ceux qui, disposant d'un bulletin de vote pour empêcher les fascistes de prendre le pouvoir légalement, ne l'auront pas fait sous divers prétextes, mais notamment car leurs privilèges leur permettent de penser que Macron et Le Pen « ça revient au même ».
J’aurais pu ajouter ici, vu que ce sont des carnets pour moi-même, toute l’immensité des tâches personnelles que je dois accomplir d’ici juillet, mais même ici cela paraîtrait à la fois vain et immoral. Je note seulement que me regarde du coin de l’œil, sur ce bureau, le dernier livre de Cécile Wajsbrot, Nevermore, que m’a prêté un de mes étudiants de L3 il y a quinze jours, avant la pause pédagogique, livre dont j’ai lu ce matin le « prélude », et qui est apparemment un roman autour de la traduction de To the Lighthouse. Tout pour me plaire, mais je me disperse. Nevermore.
11:04 Publié dans 2022, Chèvre, aucun risque, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 20 avril 2022
20042022
Ce débat entre Macron et Le Pen était navrant sur toute la ligne : Le Pen nullissime mais « normalisée », Macron jamais attaqué ni pris à défaut sur son bilan (désastreux), les enjeux écologiques totalement absents – un simple réservoir post-moderne de blagounettes et détournements pour réseaux sociaux. C’est un cliché, mais si vrai : notre démocratie est malade, épuisée, délétère.
23:50 Publié dans 2022, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 07 février 2021
Gide, Matzneff... et Marianne...
Un ami facebook, qui est aussi un collègue, attire mon attention sur un article publié par Marianne le 26 août dernier et intitulé "Pédophilie : d'André Gide à Gabriel Matzneff, comment la littérature a arrêté d'être une excuse".
Tout d'abord, je remarque que Marianne, le journal de la négationniste Polony, journal habituellement porté à dénoncer la "cancel culture" pour mieux défendre les privilèges établis, propose quand même ce papier, dans lequel (je le signale au passage) le journaliste met des circonflexes où il n'en faut pas, confusion du passé simple de l'indicatif et de l'imparfait du subjonctif.
Une manière de régler (partiellement, je l'admets) le problème est que 95% de l'œuvre de Gide n'a aucun rapport avec ses activités pédocriminelles ou avec la fascination sexuelle pour les enfants. Certains de ses livres sont des jalons essentiels du modernisme (Paludes, Les Faux-Monnayeurs, Isabelle, voire même La Symphonie pastorale si on veut), sans parler de ses essais politiques, qui permettent encore aujourd'hui de penser le rapport des intellectuels français à la colonisation ou à la tentation du communisme. Matzneff, lui, n'a écrit quasiment que sur les "jeunes filles" (de 13-16 ans en général), dans une apologie sans cesse ressassée de l'amour entre un homme déjà fait voire bien mûr (à condition qu'il soit grand bourgeois et aime la peinture italienne) et des gamines ; ses textes sont tout à fait médiocres, pour ne pas dire mauvais. Je me rappelle avoir tenté de lire un volume de son journal, il y a longtemps, et c'était tellement dérivatif, poseur et navrant que ça m'était tombé des mains. Son dictionnaire philosophique, Le Taureau de Phalaris, est un recueil d'âneries et de petites piques dissimulées sous de la gélatine pseudo-argumentative. Même en "séparant l'homme de l'artiste", on se rend compte qu'on peut jeter l'un et l'autre dans les oubliettes... ou dans les égouts. Il en va de même, d'ailleurs, de Tony Duvert, cité dans l'article... Un livre très problématique de la même époque, même pas cité dans l'article, est le Voyage avec deux enfants de Hervé Guibert, "roman" très dérangeant, à dire le moins.
Par ailleurs, pour en revenir à l'article, peut-on faire remarquer que tout y est un peu sens dessus-dessous ? Il me semble quand dans Si le grain ne meurt Gide raconte la naissance de sa sensibilité homosexuelle par les amours entre adolescents. Dire qu'il y "tente de justifier son goût pour les adolescents" me semble, au minimum, une exagération, et au pire un contresens. De même, comment peut-on citer cette vieille baderne de Lestringant et le laisser employer pédérastie et pédophilie comme des synonymes sans faire suivre la citation d'un rectificatif ? Le sens premier de "pédérastie" est bel et bien le même, mais le sens "par extension" (homosexualité masculine), que donnent tous les dictionnaires (à commencer par le TLFi), correspond à la majorité des citations. N'y a-t-il pas, de la part du journaliste, une tentative de faire oublier l'affaire Matzneff en la diluant dans une dizaine d'autres exemples, mais surtout en suggérant que la majorité des écrivains pédophiles ou pédocriminels furent des homosexuels ? la vieille analogie entre homosexualité et pédophilie se trouve ici remise au goût du jour et le livre de Springora, qui a notamment permis de mettre en évidence un système hétéropatriarcal grand-bourgeois d'emprise sur le corps et la personne des adolescentes, n'y est plus qu'une note de bas de page.
08:49 Publié dans 2021, Indignations | Lien permanent | Commentaires (2)
jeudi, 07 janvier 2021
Au sujet de l'"envahissement" du Capitole par des terroristes suprémacistes
Petit avertissement aux journalistes et aux "simples citoyen-nes" (dont certain-es parmi mes contacts Facebook) qui disent que les événements d'hier marqueront la rupture entre Trump et l'essentiel de sa base, ainsi que des ténors des Républicains : cela fait 5 ans qu'on sous-estime systématiquement (et moi le premier, jusqu'en 2017) le soutien dont bénéficie Trump, et qui a permis à 70 millions d'Américain-es de voter pour lui en novembre, malgré tout ce qu'il a fait.
L'électorat républicain adore l'ordre et déteste le chaos ? Sans doute, mais quid du soutien officiel de Trump aux "Proud Boys" ?
Depuis hier, des millions de partisans de Trump, totalement "qanonisés", diffusent partout (y compris en France, en français) l'idée que ce sont les "antifas" déguisés en pro-Trump qui ont semé le chaos à Washington. Ces gens sont des complotistes : la vérité est toujours ailleurs.
Tout ce qui se passe depuis hier (l'élection des démocrates en Géorgie, le "lâchage" de Pence, l'invasion du Capitole) confirme leurs biais : c'est le "deep State" qui continue de s'en prendre au pauvre petit Donald seul contre tous, ce sont les gauchistes qui font une mise en scène (j'ai vu des analogies avec l'incendie du Reichstag en 1933, avec les antifas US dans le rôle des nazis, et les pro-Trump dans le rôle des pauvres communistes injustement accusés, c'est renversant au sens fort), etc.
On sous-estime le degré de fanatisation de la base trumpienne après 5 ans de mensonges. N'oublions pas que ce type a constitué son capital politique de départ sur son soutien à la théorie conspirationniste "birther", selon laquelle Obama n'était pas américain. N'oublions pas qu'avec Conway, Pence, McConnell et tou-tes les autres qui ont donné un pouvoir toujours grandissant à Trump (ses "enablers"), c'est la "post-vérité" et les "faits alternatifs" qui règnent depuis 4 ans.
Ce n'est pas l'escarmouche d'hier, ni la vision du drapeau confédéré dans le "saint des saints", le Congrès, ou d'un gros connard en boots dans le fauteuil de Pelosi, qui va faire retomber ces gens dans la réalité. Ni de l'autre côté de l'Atlantique, ni en France, où, comme le chantait Ferrat, les Pinochet en puissance travaillent aussi du képi. Il n'y aurait qu'à réactualiser : qu'ils se nomment Zemmour, Raoult, Dati, Guérini ou Praud, les Kellyanne Conway en puissance travaillent aussi du clavier.
13:40 Publié dans 2021, Chèvre, aucun risque, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 04 janvier 2021
Un froid de canard sur le site Tanneurs
Pour le billet de ce jour, je vais me contenter de copier-coller mon statut Facebook de ce matin :
Ce matin, rentrée sur le site Tanneurs, pour surveiller un examen de L3.
L'épreuve étant de 9 à 11, mes collègues et moi arrivons dès 8 h 25 pour préparer les amphis. Nous constatons qu'il fait un froid de canard, probablement pas plus de 10°, plus froid même que dans les couloirs et le hall de l'Extension.
Nous avons fait appeler l'Antenne Technique Immobilière : aucun résultat.
J'ai tenté d'appeler deux bureaux différents de la Faculté Lettres et Langues : "l'Université de Tours est fermée, veuillez rappeler le lundi 6 janvier 2020" (oui, vous avez bien lu).
En attendant, les étudiant-es composent en se caillant, et en gardant leurs manteaux.J
ai installé deux radiateurs à bain d'huile dans chaque amphi, ce qui était tout à fait dérisoire : soit que les prises soient condamnées pour ce genre d'appareil, soit que le plan incliné empêche son utilisation, les 4 appareils ne fonctionnent pas (alors qu'ils marchent parfaitement dans les bureaux).
Il n'y a pas que le Covid19 qui tue l'Université : il y a aussi et surtout l'incurie administrative.
EDIT de 9 h 50. À 9 h 45, la ventilation des amphis a démarré. On sent de l'air... froid. Faut-il en conclure que le système de ventilation (primordial contre le Covid) ne fonctionnait pas avant ? que le chauffage n'avait pas été lancé ?
19:00 Publié dans 2021, Indignations, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 05 décembre 2020
Petit erratum à un communiqué gouvernemental
16:16 Publié dans *2020*, Indignations, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 28 novembre 2020
Marche des Libertés, à Tours
Un monde fou (entre 4 et 5000 manifestant-es) à Tours cet après-midi.
L'angoisse face à un régime politique qui se fascise de plus en plus, et qui jette au caniveau les libertés publiques aussi bien que la protection des plus pauvres tout en abandonnant les classes moyennes, n'empêche pas la mobilisation.
Pourtant, je connais des amies et des amis qui n'osent plus aller en manif avec leurs enfants, des contacts Twitter ou Facebook qui vivent en région parisienne et que la peur des policiers et de leur violence impunie pousse à rester à la maison des jours comme aujourd'hui.
18:30 Publié dans *2020*, Indignations, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (1)
jeudi, 22 octobre 2020
Islamogauchisme
Depuis quelques jours les profs étaient les piliers de la République, des héros ordinaires etc. Et puis la cérémonie ridicule d'hier a sonné la fin de la récréation : nous revoici des feignasses irresponsables "complices de l'islamogauchisme".
Blague (pas du tout drôle à part), j'aimerais rappeler à Blanquer, qui n'est pas ministre de l'Enseignement supérieur, que son administration a visiblement merdé dans l'affaire Samuel Paty, et que cela n'est ni la faute de l'UNEF ni de La France Insoumise (parti gravement compromis, de fait, mais autant dans la xénophobie anti-réfugiés qu'avec le prétendu "communautarisme"). Je veux lui rappeler que les universités crèvent des suppressions de postes depuis 10 ans, des amphis bondés, de la paperasse, du manque de moyens, et que rien de tout cela n'est imputable, de près ni de loin, aux musulmans ou à leurs "soutiens".
J'aimerais lui rappeler aussi qu'à l'Université on apprend à réfléchir aux concepts, et qu'en l'espèce islamogauchisme est un concept aberrant, sans fondement, sans autre signification que de dire à l'électorat d'extrême-droite "nous sommes aussi poujadistes et fascistes que le RN, votez pour nous". En soi, l'"islamogauchisme" ne désigne rien et n'existe pas.
Quand Fourest, qui a elle-même viré de bord pour rejoindre l'extrême-droite, parle d'islamofascisme pour parler des imams radicaux, ça n'a pas grand sens, mais on peut y retrouver du sens. L'islamogauchisme, ça n'a aucun sens, sauf à vouloir dénoncer les imams de gauche, qui se trouvent être ceux qui défendent mieux les valeurs de démocratie et de laïcité de notre pays que le gouvernement lui-même.
Saluons donc Tareq Oubrou, et conspuons Blanquer, qui n'a d'autre objectif, ces temps-ci, que de faire oublier sa politique inhumaine en rejetant la responsabilité sur les universitaires eux-mêmes, ou sur les musulmans.
16:55 Publié dans *2020*, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 17 octobre 2020
Amalgames, le retour
Une personne que je suis sur Twitter a écrit hier soir qu'elle était autant hérissée par les personnes qui profitent des crimes terroristes comme celui de Conflans que par celles qui "dégainent "pas d'amalgame" à chaque attentat".
Voici ma réponse :
1. Dire qu'il ne faut pas dire "pas d'amalgame", ça signifie donc qu'on peut (voire qu'il est souhaitable de) faire un amalgame. Un amalgame, ça consiste à associer, à la responsabilité d'un crime, une quantité de personnes qui en sont innocentes. Et vous trouvez ça bien ?
2. Personnellement, j'en veux énormément aux islamistes, le plus terrible étant qu'on sait qu'on ne les fera pas changer d'avis. Et aussi aux fascistes du RN et des autres partis qui passent leur temps à parler du "séparatisme musulman". Juste pour faire des voix. En mentant au peuple.
3. Et pourquoi en ai-je après ces tribuns du "séparatisme" ? Parce que par leur faute des centaines de milliers de musulman·es convaincu·es de leur identité française et des "valeurs de la République" finissent par se dire qu'en effet leur religion fait d'eux des parias.
4. Parce que ces centaines de milliers de musulman·es convaincu·es de leur identité française et des "valeurs de la République" voient bien que, même s'ils/elles sont des citoyen·nes irréprochables, en fait on les rejettera pour leurs croyances.
5. Et cela, c'est une entrave énorme et scandaleuse au principe de "laïcité", autant que des parents d'élèves qui refusent que l'on enseigne certaines choses au nom de leur religion.
6. Il faut lutter vraiment contre la poignée néfaste et criminelle d'islamistes et arrêter de cracher sur la majorité de musulman·es convaincu·es de leur identité française et qui partagent les "valeurs de la République". Notamment en arrêtant de pipeauter sur le "séparatisme".
7. Il faut lutter vraiment contre la poignée néfaste et criminelle d'islamistes et arrêter de cracher sur la majorité de musulman·es qui partagent les "valeurs de la République". Et cela, comment cela s'appelle-t-il ? ne pas faire d'amalgame.
8. Et quand je dis "il faut lutter vraiment", ça signifie AUSSI qu'on ne doit pas laisser sans aide policière et judiciaire un établissement qui demande de l'aide depuis une semaine suite à des menaces contre un enseignant.
9. Faire des grands moulinets avec les bras, les yeux embués, en lançant de grands mots, ça n'a a aucun sens quand on est l'instigateur d'une politique de destruction de l'enseignement public, de précarisation des profs et d'abandon des ZEP.
10. Donc je suis Charlie, je suis Samuel, mais je ne suis pas Emmanuel ni Jean-Michel ; je ne suis pas Gérald ni Marion.
06:57 Publié dans *2020*, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 30 septembre 2020
Un pochoir rose en guise d'humanité
Ce matin à sept heures moins le quart, allant prendre le tramway, je longeais l'alignement triste de ces magasins — ou plutôt hangars commerciaux — qui entourent mon quartier. Devant le Saint-Maclou, je m'avise que le parking est couvert de grands plots blancs en béton, griffés de rose (c'est la marque en rose avec l'inscription LOUEZ-MOI qui a attiré mon attention). Je scrute ; le parking est entièrement couvert de ces parpaings, dont j'ignore le nom. J'aurais dû prendre une photo ; pas le temps, le tramway, je l'aurais manqué.
Des plots sur toute la superficie du parking, 20 ou 25 emplacements. Le magasin est donc fermé, je ne l'avais pas compris.
Ainsi, une boutique qui met la clé sous le paillasson a encore les moyens de payer des sommes que je devine assez rondelettes, juste pour... pour quoi, au fait ? Pour empêcher les “gens du voyage” de s'y installer, je gage, comme il y a quelques années sur le parking du Tati abandonné. Pendant plusieurs mois, quatre ou cinq caravanes s'étaient installées là, au carrefour, sous les lampadaires. Et ne dérangeaient personne.
Alors, oui, généralement, sur ces aires non prévues, les “gens du voyage” se branchent sur l'électricité publique... ou sur celle du magasin ? Je ne crois pas. Tout de même, ça, empêcher les caravanes, sur un parking à l'abandon, avec cette masse polluante construite depuis moins de quinze ans et déjà passée... si les nomades dépensent un peu d'électricité en branchant leur lave-linge, ce sera toujours beaucoup moins cher que ces milliers de réverbères éclairés toute la nuit, partout, qui ne servent à rien, et dont le quart suffirait à ce que les rares noctambules du coin se sentent en sécurité...
En guise d'humanité, des plots blancs avec "Louez-moi" écrit en rose.
07:19 Publié dans *2020*, Indignations, Kleptomanies überurbaines, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 10 septembre 2020
L'Education nationale et l'Université, des accélérateurs de Covid19 ?
17:07 Publié dans *2020*, Indignations, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 26 juillet 2020
Bientôt un cluster à Garlin ?
C'était surréaliste, cet après-midi, à Garlin : j'ai été témoin, pour la première fois depuis des mois, d'une scène d'inconscience collective. Les gradins sont semi-fermés, les gens (en dépit du marquage d'une place sur deux) à moins d'un mètre les uns des autres (vu la disposition des arènes il fallait éliminer une rangée sur deux et 2 places sur 3 sur la rangée restante)... et personne ou presque ne portait de masque. Déplacements sans masque, poignées de mains etc. La totale.
O* et moi avons gardé notre masque tout le temps, et on croise les doigts maintenant...
Interrogée par moi, une des responsables du comité des fêtes m'a dit que le protocole de la FFCL (Fédération Française de la Course Landaise) avait été appliqué à la lettre. J'ai ensuite appris que plusieurs membres du comité directeur de la FFCL avaient refusé de voter ce protocole et que le docteur fédéral avait démissionné pour ne pas être tenu responsable de quoi que ce soit en cas d'action juridique a posteriori. Autant dire qu'il ne faut pas beaucoup s'informer ni réfléchir pour se rendre compte que cette course landaise se déroulait dans des conditions entièrement incompatibles avec les réglementations demandées par les ARS.
[Edit du 28 juillet. J'ai alerté la préfecture des Pyrénées-Atlantiques. Réponse : nada.]
21:36 Publié dans *2020*, Hors Touraine, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 11 juin 2020
Vidal, entre vésanies et turpitudes
Voici de larges extraits d'une lettre envoyée le 2 juin par la ministre Vidal (totalement fantomatique et inutile depuis le début de son mandat, et pis encore pendant la crise du Covid19) aux établissements d'enseignement supérieur.
Vous la voyez venir, une fois encore, la saloperie absolue ?
Depuis des années, les universités exsangues, précarisées, demandent davantage de moyens et moins de flicage administratif par le ministère (dossiers d'accréditation, contrats quinquennaux de plus en plus lourds et assommants...).
Or, cette lettre ne mentionne jamais les questions budgétaires.
Par contre, cette lettre propose aux chefs d'établissement, déjà bien le doigt sur la couture du pantalon, de proposer des dérégulations, des assouplissements : comment faire encore davantage avec toujours moins de moyens, en essorant les enseignants-chercheurs et les BIATSS.
Cela va de pair avec l'annonce du projet de loi LPPR, contre lequel la communauté universitaire s'est déjà largement mobilisée depuis septembre. Ce projet vise à bousiller un peu plus l'Université publique, à ne financer que les projets qui permettront à des officines privées de s'engraisser sur le dos de l'Etat, et à caporaliser les universitaires.
09:08 Publié dans *2020*, Indignations, WAW | Lien permanent | Commentaires (1)
jeudi, 28 mai 2020
Bigard, Hanouna, Zemmour, et le système Macron
Une des choses qui m'exaspère, le plus, et depuis déjà plusieurs années, est l'usage euphémistique du concept de populisme pour parler de l'extrême-droite, mais aussi, dans un tour de passe-passe qui est loin d'être satisfaisant en termes de sens politique, de l'ultra-gauche, ou même, tout simplement, de la gauche. Ainsi, ceux qui demandent le rétablissement de l'ISF ou plus de moyens pour l'hôpital public se trouvent dans le même sac que des élus millionnaires ou fraudeurs de fisc qui se servent des "migrants" comme de boucs émissaires dont il suffirait de se débarrasser pour que tous nos problèmes disparaissent.
Ces jours-ci, on voit bien éclater l'absurdité de cette accusation de populisme : en effet, les macronistes ne cessent de nous vanter leur baderne et leurs vieilles lunes comme rempart contre les populismes ; or, après Schiappa qui alla à la soupe chez Hanouna, on apprend que Macron console cette ordure de Zemmour au téléphone, et qu'il prend les avis de Patrick Sébastien et de Jean-Marie Bigard au sujet du déconfinement. Et ce sont les gens qui prennent position contre le MEDEF ou la FNSEA qui seraient "populistes"...!
Il en va de ce terme comme de celui de communautarisme : qui ne veut pas reconnaître ses a priori racistes ou son élitisme prétendra vouloir défendre l'universalisme démocratique du "modèle français" (et donc, très souvent, les discriminations institutionnalisées) contre le communautarisme.
Hier j'ai commencé à lire la biographie de Virginia Woolf par Hermione Lee. Ce n'est pas inintéressant, mais le format même des biographies m'emmerde. Juste avant d'éteindre la lumière je suis allé chercher To the Lighthouse sur mes étagères et j'ai commencé de le (re)lire.
De quoi être durablement déprimé : soutenu absolument pour rien - projet Scarlatti tenu pour poseur ou prétentieux, projet Pinget sans intérêt, traductions juste pour moi, mon vlog se réduit à "inonder le Web avec ma gueule"...
08:30 Publié dans *2020*, Indignations, Words Words Words | Lien permanent | Commentaires (1)
mercredi, 06 mai 2020
Où il est notamment question de Hilde Domin
En ce moment, A* se lève à 6 h 30 car il a des examens de maths tous les matins à 7 h 30 ; j'ai remis le réveil chaque jour à 7 h, au cas où... et, curieusement, je recommence surtout à être réveillé dès 6 h... Première chose ou presque, après les mails pro (pas grand chose ce matin) et un coup d'œil à Facebook et Twitter : ma traduction quotidienne.
Ce matin, j'ai traduit un poème de Hilde Domin, poète du 20e siècle très connue en Allemagne, et plus ou moins inconnue en France, je pense. Il faudra que je pense à chercher des éditions de ses poèmes, ainsi que sa correspondance — retrouvée après sa mort, en 2006 —avec son époux. Hilde Löwenstein, née en 1909, a connu à peu près toutes les vicissitudes d'une émigrée juive tentant d'échapper à l'Allemagne nazie : d'abord émigrée en Italie (mauvaise pioche), elle réussit à s'enfuir avec son époux in extremis, en 1939, avant de rejoindre l'Angleterre. Elle n'est revenue vivre en Allemagne qu'en 1961 après un long séjour en République dominicaine : c'est à ce pays qu'elle emprunte en quelque sorte son pseudonyme.
Peut-être que, pour un prochain défi de traduction d'un poème par jour pendant un mois, je pourrais choisir Hilde Domin, et elle seulement. Dans le poème d'aujourd'hui, il y a un jeu sémantique sur la polysémie du mot Kätzchen, qui, heureusement, est identique en français : les chatons du saule se voient affectés d'un “pelage dégoulinant”. En anglais, ce jeu de mots n'eût pas été possible (kitten vs catkin).
Fini de lire Louis Lambert, qui est en effet, à bien des égards, et comme le disent deux personnages de The Ambassadors, un livre raté. Mais comme toujours chez Balzac, c'est un livre raté essentiel.
Aujourd'hui je dois continuer mes corrections de L1 et L3 (les étudiants déposent leurs devoirs au compte-gouttes, et moi je ne peux attendre le terme pour m'y mettre), et préparer mon cours d'agrégation sur Cook pour vendredi. Au début, le cours devait avoir lieu hier matin, mais diverses complications ont fait que j'ai dû le décaler. Les collègues/étudiant·es préfèrent la date du vendredi matin, seul moment calme de la semaine. Cela a beau être un jour férié, tant pis, je cède. La situation est déjà si compliquée, et pour tout arranger le jury qui devait annoncer les résultats d'admissibilité aujourd'hui a apparemment renvoyé la publication sine die. De toute façon, il est à espérer qu'on sorte enfin rapidement de cette situation, car entre les collègues qui continuent de travailler et d'avoir un fonctionnement quasi normal, comme s'il ne se passait rien de particulier, et les gens qui font n'importe quoi, il ne reste pas grand chose d'un peu mesuré...
D'ailleurs, les scènes diffusées hier à la télévision l'ont montré, Macron et Blanquer sont irresponsables et grotesques ; je ne sais lequel des deux adjectifs les décrit le mieux. Comme la situation est tragique et comme leur irresponsabilité risque d'augmenter le nombre de morts, on peut dire que le ridicule tue, et l'incompétence aussi.
07:26 Publié dans *2020*, Indignations, Translatology Snippets | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 16 avril 2020
Au charbon
Beaucoup travaillé ce matin. Mon cours sur Cook commence à prendre forme ; il serait temps. Mais il me donne toujours du fil à retordre. Lundi prochain, j'en assurerai la première séance, probablement via un direct non répertorié sur YouTube : ce n'est évidemment pas idéal, d'un point de vue institutionnel, comme peut l'être Renavisio, mais ça permettra l'archivage intégral du cours.
Dans l'après-midi, alors que nous avons transmis lundi à la Présidence de l'Université nos demandes de modification des modalités de contrôle des connaissances, et alors que les étudiant·es attendent les détails du calendrier pour le milieu de cette semaine, nous avons reçu de nouvelles instructions. Il faut tout recommencer. On ne sait pas quand on pourra informer les étudiant·es.
Tout se passe comme si les autorités de tutelle, à commencer par le ministère, voulaient profiter de la crise sanitaire et du confinement pour écraser les degrés inférieurs sous les tâches : concours en partie maintenus, de façon rocambolesque et absurde, multiplication des exigences formalistes oiseuses mais chronophages — dans le secondaire, confection de nouveaux emplois du temps pour faire croire aux parents d'élèves et aux médias qu'on ne va pas renvoyer les élèves dans de vrais bouillons de culture. Comme si l'administration trouvait qu'il n'y aura pas assez de morts du Covid19 dans l'Education nationale et qu'il faut alléger encore la masse salariale grâce aux burn-out et suicides...
Je lis depuis avant-hier Son Excellence Eugène Rougon (qu'A* vient de lire) ; je crois finalement ne jamais l'avoir lu, comme La Débâcle ; cet après-midi, j'ai repris le chapitre “De la vanité” dans les essais de Montaigne.
Soirée : Germinal de Claude Berri — l'occasion de vérifier, près de trente ans plus tard, à quel point Renaud jouait mal. C'est peut-être même plus criant encore aujourd'hui. Il est vraiment effroyablement mauvais.
19:57 Publié dans *2020*, Indignations, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)














