Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 07 septembre 2026

Lundi productif & château du Rivau

Pour commencer la semaine, bonne matinée de travail, alors qu’hier, après une petite virée dans le sud du département, et sous le coup de la touffeur moite, je n’avais rien pu faire d’autre que de lire et d’annoter quelques textes de Gloria Steinem en vue du cours de M2, et avancer (faiblement) dans le roman d’Ananda Devi (qui me laisse sur ma faim, je ne saurais dire pourquoi).

Deux lessives, qui vont sécher difficilement : pas de pluie, mais air gorgé d’humidité.

J’ai découvert deux rappeurs, le burkinabè Kayawoto qui chante en mooré (on trouve peu de paroles en ligne, malheureusement) et Iba One, malien, de son vrai nom Ibrahima Mamadou Fily Sissoko, auteur notamment d’un double album Mon Empire en 2020, dans lequel il chante la geste de Mansa Musa : si j’avais su ça au moment où j’ai traduit, puis publié Born in Blackness, j’aurais creusé la chose, et fait des publications en fonction. Il y a toujours des choses qu’on rate.

 

Hier la visite du château du Rivau et de ses jardins était un peu déconcertante.

Château du Rivau, Indre-et-Loire    Nous avions déjà vu les jardins trois fois, la dernière il y a au moins douze ans je pense, mais il nous semble qu’on ne voyait pas exactement les six pièces du château de la même façon : beaucoup moins d’œuvres, à coup sûr. Toujours est-il qu’entre les nombreuses acquisitions récentes d’art contemporain et l’exposition « Métamorphoses », c’est parfois dur de s’y retrouver. Les murs entièrement recouverts de massacres et de trophées, quoique cela soit replacé dans son contexte et même retravaillé/déconstruit par plusieurs artistes, ça soulève quand même le cœur.

Les jardins donnent l’impression d’être en déshérence, et surtout ils témoignent parfaitement du goût français de bâtir des jardins contre la nature, pour tout humaniser, tout artificialiser, jusqu’à une sonorisation insupportable dans le « bosquet des fées » (endroit salopé, qui pis est, par des dizaines de nains de jardin).

Sabine Pigalle, "Put a Smile On Your Face" ░ Château du Rivau, Léméré, 6 septembre 2026 Corine Borgnet, Le Dernier souper d'Arcimboldo (2026) ░▒▓ Château du Rivau, Léméré, 6 septembre 2026 Alexandre et John Gailla, "Deer hanging" ░ Château du Rivau, Léméré, 6 septembre 2026 Volker Hermes, "Hidden François" ▓ Château du Rivau, Léméré, 6 septembre 2026 Château du Rivau, Léméré, 6 septembre 2026

Quelques très belles découvertes du côté de l’art contemporain, des bêches de Wim Delvoye au morphing amusant d’Orlan avec la Vénus de Botticelli en passant par pas mal d’œuvres qui travaillent le verre, la fibre, les matières mixtes. Théo Mercier, Masque guerrier bozo-bozo (2011) ▓ Château du Rivau, Léméré, 6 septembre 2026 Un masque signé Théo Mercier est embarrassant : l’artiste a-t-il détourné un véritable objet cultuel africain (et si oui, de quelle culture ?) pour en faire un clown (motif très problématique dans le contexte des exhibitions coloniales) ? On ne trouve pas d’explication, ni dans le château ni sur le Web.

Dernière chose, à l’attention du restaurant : une salade avec du thon n’est pas végétarienne. On est en 2026, try to un-Bumblefuck yourselves, people!