lundi, 20 juillet 2026
Suisse, jour 6
Il fait un temps splendide, grand soleil (pendant que l’Europe brûle – l’horreur capitaliste au bout de son fuseau).
Aujourd’hui, en transit entre les Quatre Cantons et la partie orientale du lac Léman, nous avons traversé, surtout dans les 30 kilomètres avant Thoune/Thun, de beaux paysages de moyenne montagne qui correspondent aux clichés qu’on a de la Suisse mais qui ne sont pas si pertinents. J’ai dit à Claire il y a deux jours : « on comprend mieux pourquoi ils sont fous de leurs hauts sommets, qui sont les seuls endroits qu’ils n'ont pas bousillés ». Il y a une drôle de tradition, uniquement en Suisse alémanique, qui consiste à placarder sur les maisons des « panneaux de naissance », grandes plaques en bois où figurent le prénom du bébé, sa date de naissance et un dessin. Les dessins sont systématiquement ignobles, sans quoi la tradition serait plutôt sympathique : lapins infra-Disney, cigognes méconnaissables, bébés dégueulasses, ça semble être un concours à qui fabriquera ou affichera le truc le plus moche.
Thoune est une jolie bourgade, sans plus, mais nous avons pu nous baigner dans le lac éponyme, sur fond de montagnes, dans un espace payant cette fois-ci, organisé, avec trois piscines (où nous n’avons pas daigné poser un orteil). Ici, on a pied jusqu’à très loin, ce qui rend d'autant plus étrange l’information, lue sur le Web, selon laquelle la profondeur maximale de ce lac de dimensions modestes est de... 174 mètres. Il doit y avoir un gouffre soudain. Baignade encore très plaisante ; par contre, n'ayant pas loué de parasol ni mis de crème, je me suis pris un bon coup de soleil sur les épaules.
Sur la route entre Thoune et Montreux, on aperçoit le lac de La Gruyère, avec la petite île où s’élèvent deux tours en ruine, qui rappellent que ce lac artificiel a en fait englouti des villages. Le soir, après une baignade dans le lac Léman (bien que Montreux ne fasse pas partie des 110 points du lac où la qualité de l’eau est contrôlée et attestée...), nous nous sommes promenés le long de ce que les locaux ont décidé de nommer la Riviera vaudoise, qui mérite assez bien son nom, avec ses grandes fleurs, ses palmiers, les eaux bleues du lac. Par contre, comme le festival de jazz (dont j’ai pu vérifier sur la programmation qu’il n’accueille absolument aucun artiste ou concert de jazz stricto sensu, mais de la pop plus ou moins fusion) s’est achevé il y a deux jours, toute la partie entre notre hôtel et le marché couvert est gangrénée de praticables et de cahutes pas encore démontées.
Fifty years down the line, let’s stick to Nina Simone hey. (“Like Odetta said last night, if you don't get loose tonight, you'd better forget it.”)
22:10 Publié dans 2026, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)

