lundi, 27 juillet 2026
Du château à la Foire
Hier, nous avons visité les nouvelles expositions du château de Tours. Celle consacrée à une rétrospective de plusieurs projets d’Ed Alcock, photographe britannique installé en France depuis une vingtaine d’années, est vraiment émouvante, en particulier la dernière salle autour de Horden, ville minière à l’abandon, en déshérence, et autour de la figure du grand-oncle mort dans un accident il y a un siècle ; la vidéo Buried Treasure, qui contextualise l’ensemble de cette dernière salle est à voir en entier (il ne s’agit pas d’une « installation vidéo »).
Les deux autres expositions nous ont laissés sur notre faim. Au premier étage, le travail de la photographe marocaine Laila Hida est tout à fait digne d’intérêt, mais trop conceptuel pour moi, trop abstrait. Par ailleurs, à force de vouloir déconstruire l'orientalisme, on continue de le placer au centre de l'horizon d'attente. Au dernier étage, HipHop4Life présente beaucoup de documents, mais le choix parcellaire dépend beaucoup de la subjectivité et du parcours personnel du commissaire, Niko Noki : ainsi, par exemple, le groupe Orishas est tout à fait essentiel, mais l’abondance de documents à son sujet contraste avec les nombreux absents.
Tour à la foire à l’ail et au basilic : sur plus d’une dizaine de producteurs présents, un seul bio, relégué aux marges de la place de Châteauneuf… Dans une municipalité « verte », à l’heure où les monocultures du capitalocène font brûler le pays et où la loi scélérate qui condamne tout un pan de la population à développer des cancers vient d’être votée, ce n’est pas supportable.
07:08 Publié dans 2026, BoozArtz, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 26 juillet 2026
D'une phrase (ironique ? ) de Hugo
« David d’Angers s’essayait à pétrir le marbre. »
J’ai expliqué, dans un billet de la série que je consacre à ma relecture des Misérables, ce qui me semble relever ici de l’ironie. Hugo veut sans doute souligner que le sculpteur n’est pas aussi doué avec cette matière qu’avec la glaise. Peut-être y a-t-il d’autres explications. En tout cas, pétrir le marbre, c’est une contradiction dans les termes, pas tout à fait un oxymore (méfions-nous de ceux qui voient des oxymores partout).
Les traductions anglaise et allemande que j’ai pu consulter aplatissent considérablement – et peut-on leur en vouloir – cette audacieuse formule.
Hapgood, 1887 [quatrième traduction par ordre chronologique] : “David d’Angers was trying to work in marble.”
Volchert, 1910 [il s’agit de la troisième traduction attestée, par ordre chronologique] : „David aus Angers versuchte sich in der Bildhauerkunst.“
(On peut faire remarquer qu’il est d’usage, en allemand, de bien conserver le nom David-d’Angers tel quel, vu que c’était son patronyme. Ce « David aus Angers » est probablement un contresens.)
D’après Wikipedia, il y a sept traductions intégrales en anglais, la plus récente de Christine Donougher en 2013, et six en allemand, la plus récente de Hugo Meier en 1968. Dans ces deux langues, la première traduction publiée l’a été la même année que la première édition française (1862). Tous les traducteurs allemands sont des hommes ; sur les quatre dernières traductions anglaises, trois ont été écrites par des traductrices.
11:10 Publié dans 2026, Flèche inversée vers les carnétoiles, Translatology Snippets | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 25 juillet 2026
25072026
6 h 10
Il fait sombre, ciel dégagé. C’est surtout le matin qu’on s’aperçoit que les jours ont commencé de décroître depuis un mois. La chaleur, elle, risque de reprendre, et la sécheresse est là, terrible. Les incendies dans le nord des Landes et sur la presqu’île du Cap-Ferret démontrent tout ce qui ne va pas dans notre système depuis des décennies : cultures inappropriées au climat, bétonnisation, expansion ininterrompue des zone périurbaines. Sans parler du tout-bagnole : c’est évidemment un fourgon transportant des marchandises qui a pris feu à Biscarrosse et déclenché cet incendie gigantesque.
Le site du ministère de l’Environnement partage un communiqué – probablement rédigé avec IA générative, la cerise sur le gâteau – pour donner des conseils afin de gérer l’éco-anxiété. De la part des salopards vendus aux lobbies qui prennent systématiquement toutes les mesures écocidaires, c’est plus qu’audacieux : c’est à vomir.
06:28 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 24 juillet 2026
Retour au bercail
Entre la canicule et la fin de l’année universitaire, j’ai laissé filer ces carnets (quatre semaines depuis le dernier texte, 26 juin). Toujours ce même reproche à me faire, d’être velléitaire, et, au fond, feignant.
Nous sommes rentrés hier en milieu d’après-midi à la maison, après nos huit jours en Suisse ; je vais d’ailleurs « recycler » les billets écrits là-bas chaque jour dans ce blog, où ils seront plus faciles à retrouver. La température a beaucoup baissé : en mettant à aérer derrière les volets, comme au plus chaud des jours récents, le rez-de-chaussée était tombé à 23 degrés à 7 h 30 (oui, j’ai fait la grasse matinée) et à 20°5 même en grand courant d’air entre 7 h 30 et 9 h.
Les éditions Rot-Bo-Krik lancent une grande souscription pour financer leur programme éditorial de l’automne suite à la débâcle financière du distributeur Makassar, qui met des dizaines de maisons indépendantes au bord du gouffre. J’ai relayé sur Facebook, je ferai une petite vidéo verticale pour YouTube et Instagram ; j’ai essayé de contribuer, et bien que je dispose d’un compte HelloAsso et bien que la transaction ait été approuvée par la banque, le site me dit que ça n’a pas marché. Je retenterai cet après-midi.
Pour revenir au pourquoi et au comment, un seul exemple : Notre Sœur Rabat-Joie bénéficie d’un très bon accueil critique, le livre se vend très bien... et la maison d’édition n'a pas touché un seul centime et risque de ne jamais récupérer le moindre centime des exemplaires vendus depuis sa sortie en avril. Par ailleurs, beaucoup de gens veulent commander le livre mais les 400 exemplaires restants sont coincés dans un entrepôt Makassar.
Quand je parle de désastre ce n’est pas une hyperbole.
10:51 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 23 juillet 2026
23072026
Pour la pause déjeuner on s’est arrêtés à Paray-le-Monial. En 2012 nous avions visité la basilique, en famille, mais cette fois-ci on a trouvé un autre coin, la place Saint-Nicolas, drôlement agréable, avec cette belle façade de l’hôtel de ville, richement décorée, et un petit café, le Lucéane, qui vend aussi des jeux de société. Je suppute que Luce et Anne sont les prénoms des deux taulières. En tout cas, c’était très agréable.
12:57 Publié dans 2026, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 22 juillet 2026
Suisse, jour 8 (et dernier)
On pensait que le château de Chillon ne serait qu’un énième château-fort... et non... Le poème de Byron y est bien mis en évidence, sans compter les nombreuses décorations murales retrouvées, reconstituées, émouvantes. Bien sûr, la situation au bord du Léman joue un rôle important dans le caractère mémorable de la visite. Mon ex-collègue Nelly m’a signalé après coup qu’il y a une scène importante de Daisy Miller dans ce château. Pas surprenant que James ait été marqué par ce lieu, aussi.
Après avoir longé le lac au retour (j’ai trouvé très reposant de laisser la voiture au garage pendant ces trois jours), Claire a voulu qu’on aille à Montreux visiter la Queen Studio Experience... et ce n’était pas inintéressant (même si, avec celle de Bowie, la musique de Queen me semble être la plus invraisemblable imposture surcotée de l’histoire de la pop).
Le Musée Jenisch à Vevey a aussi tenu ses promesses : les lithogravures de Kokoschka pour L’Odyssée résonnent de façon amusante avec toute la hype – liée au film de Nolan – autour du classique homérique.
Et surtout, enfin et en fin de journée, une énième baignade dans le lac qui n’était pas une énième baignade dans le lac : regarder les cormorans plonger, réapparaître avec poisson au bec, idem d’un grèbe plus altier et qui toisait les nageurs humains, nager près d’un couple de foulques avec leurs trois canetons (foulqueaux ?) tout petits et intrépides...
22:59 Publié dans 2026, Chèvre, aucun risque, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 21 juillet 2026
Suisse, jour 7
[Impossible de venir à bout de ce chapitre 6 de Under the Volcano.
Que c'est ennuyeux, plein de fatuité, difficultueux...]
Belle journée encore. Ce matin, ascension en train jusqu’aux Rochers-de-Naye, à 2.000 mètres d’altitude. Là, d'un côté on embrasse toute la large vue sur le lac Léman et les Alpes bernoises ; de l’autre, sur les Alpes vaudoises. Les deux créneaux que forment la Tour de Mayen et la Tour d’Aï sont particulièrement mémorables, mais tout le panorama est splendide.
Ce que nous ne savions pas, c’est que le site abrite une colonie de plusieurs dizaines de Chocards à bec jaune, un corvidé que je rêve de voir depuis si longtemps et que nous avons pu observer sous différentes facettes : en couple, voletant de piquet en piquet ; en escadrilles, fendant l’air le long des rochers et piquant subitement ; perchés le long des parois, sur des touffes d’herbe qui auraient pu cacher des nids (mais je pense que les nids n’étaient pas visibles). Quel bel oiseau ! *
Nous sommes redescendus vers 3 heures de l’après-midi, et après une petite sieste, promenade à Vevey, et baignade bien sûr, bronzette sur les decks ; le paysage que forme le Léman à cet endroit est plus beau qu’à Montreux — un véritable écrin de montagnes et de ciel. Plusieurs statues, dont une, très livresque, du poète Mihai Eminescu. De retour à Montreux, passage par le spa de l’hôtel avant dîner. Montreux est une ville bébête, superficielle, mais ça n’a aucune importance : il ne faut pas y rester.
* N’ayant pas pris de photo très satisfaisante, bien sûr, des chocards à bec jaune avec mon bête smartphone, j’emprunte cette photographie à un article du naturaliste Jean-Paul Martinot de 2016. No copyright infringement intended.
22:04 Publié dans 2026, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 20 juillet 2026
Suisse, jour 6
Il fait un temps splendide, grand soleil (pendant que l’Europe brûle – l’horreur capitaliste au bout de son fuseau).
Aujourd’hui, en transit entre les Quatre Cantons et la partie orientale du lac Léman, nous avons traversé, surtout dans les 30 kilomètres avant Thoune/Thun, de beaux paysages de moyenne montagne qui correspondent aux clichés qu’on a de la Suisse mais qui ne sont pas si pertinents. J’ai dit à Claire il y a deux jours : « on comprend mieux pourquoi ils sont fous de leurs hauts sommets, qui sont les seuls endroits qu’ils n'ont pas bousillés ». Il y a une drôle de tradition, uniquement en Suisse alémanique, qui consiste à placarder sur les maisons des « panneaux de naissance », grandes plaques en bois où figurent le prénom du bébé, sa date de naissance et un dessin. Les dessins sont systématiquement ignobles, sans quoi la tradition serait plutôt sympathique : lapins infra-Disney, cigognes méconnaissables, bébés dégueulasses, ça semble être un concours à qui fabriquera ou affichera le truc le plus moche.
Thoune est une jolie bourgade, sans plus, mais nous avons pu nous baigner dans le lac éponyme, sur fond de montagnes, dans un espace payant cette fois-ci, organisé, avec trois piscines (où nous n’avons pas daigné poser un orteil). Ici, on a pied jusqu’à très loin, ce qui rend d'autant plus étrange l’information, lue sur le Web, selon laquelle la profondeur maximale de ce lac de dimensions modestes est de... 174 mètres. Il doit y avoir un gouffre soudain. Baignade encore très plaisante ; par contre, n'ayant pas loué de parasol ni mis de crème, je me suis pris un bon coup de soleil sur les épaules.
Sur la route entre Thoune et Montreux, on aperçoit le lac de La Gruyère, avec la petite île où s’élèvent deux tours en ruine, qui rappellent que ce lac artificiel a en fait englouti des villages. Le soir, après une baignade dans le lac Léman (bien que Montreux ne fasse pas partie des 110 points du lac où la qualité de l’eau est contrôlée et attestée...), nous nous sommes promenés le long de ce que les locaux ont décidé de nommer la Riviera vaudoise, qui mérite assez bien son nom, avec ses grandes fleurs, ses palmiers, les eaux bleues du lac. Par contre, comme le festival de jazz (dont j’ai pu vérifier sur la programmation qu’il n’accueille absolument aucun artiste ou concert de jazz stricto sensu, mais de la pop plus ou moins fusion) s’est achevé il y a deux jours, toute la partie entre notre hôtel et le marché couvert est gangrénée de praticables et de cahutes pas encore démontées.
Fifty years down the line, let’s stick to Nina Simone hey. (“Like Odetta said last night, if you don't get loose tonight, you'd better forget it.”)
22:10 Publié dans 2026, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 19 juillet 2026
Suisse, jour 5
Ce dimanche, après un solide petit déjeuner, le temps maussade nous a emmenés à Schwyz, jolie bourgade un peu figée dans le temps et où nous avons un peu gagné les hauteurs avant de redescendre par l’impressionnant Kollegium. Le long du lac de Zug, nous avons également fait une petite promenade, histoire de regarder avec les jumelles les grèbes, les foulques et surtout la centaine de cormorans massés de façon grégaire, qui voletant, qui plongeant, qui se laissant porter par l’eau. À Zug, comme le soleil s’était enfin levé, nous nous sommes baignés : l’eau du lac n'est pas du tout froide (c’est cela, la plus grande surprise du séjour) et l’espace aménagé pour les baigneurs tout à fait agréable : pelouses, plateformes de planches... Dans l’après-midi, nous nous sommes rendus presque par hasard à Einsiedeln, pour y découvrir un monde fou, un ensemble abbatial colossal (difficile de dire si c’est beau) où l’on croise sans cesse des moines bénédictins qui s’entretiennent avec les fidèles et qui est un des principaux lieux de pèlerinage du pays, en raison de sa Vierge noire (tout à fait sans intérêt au demeurant, mais je suis un sale incroyant). Comme souvent, le village n’a aucun intérêt.
À l’hôtel Platten, pour notre dernier soir en surplomb du lac des Quatre Cantons, nous avons robustement dîné de spätzli, et j’ai enfin goûté l’Appenzeller Weizenbier. (Comme j’avais mal compris ce que m’avait expliqué la serveuse le premier soir, je croyais que c’était de la bière blanche, weißes Bier, alors que c’est de la bière de froment, Weizen.)
[Ai-je le droit d'écrire que je regrette de ne pas avoir volé un des hymnaires quadrilingues de la cathédrale de Soleure ? je n'en ai pas retrouvé depuis.]
22:14 Publié dans 2026, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 18 juillet 2026
Suisse, jour 4
La météo commence à se dégrader sérieusement, mais on a tellement rêvé d’averses et d’une telle atmosphère rafraîchie en Touraine pendant les semaines de canicule qu’on ne peut bouder notre plaisir. La baignade est tombée à l’eau : pas de brasse sur les bords du lac à Gersau ce samedi.
Nous avons passé une bonne partie de la journée à Lucerne. Il y a ses deux ponts en bois sur la Reuss, bien sûr, dont celui détruit par l’incendie de 1993 et entièrement reconstruit, les panneaux peints triangulaires rescapés ayant été soigneusement replacés, y compris ceux qui ne sont plus que charbon. Le Spreuerbrücke, avec ses 45 tableaux de Kaspar Meglinger représentant diverses scènes de Totentanz, est plus émouvant.
Des deux côtés de la Reuss s’étale la ville ancienne, terriblement commerçante aussi. Dans la Hofkirche, à 9 h 30, se préparait de toute évidence une cérémonie de mariage avec des chrétiens d’Ethiopie, peut-être des coptes, ou des chrétiens de Syrie (il y avait deux familles, sans compter les invités, et les origines ethniques semblaient diverses). La Jesuitenkirche est presque une caricature de blancheur pâtissière baroque. La collection Rosengart présente une centaine de dessins et tableaux de Picasso, dont certains réussissent à étonner encore, mais surtout trois grandes salles consacrées à Paul Klee (la jeune femme à l’accueil a prononcé /kli/), surtout des dessins, uniquement des œuvres de petit format.
Avant de repartir, nous avons visité le panorama Bourbaki, cette œuvre circulaire de 110 mètres de long peinte en 1881 par Edouard Castres avec l’aide de cinq apprentis, et qui représente l’accueil de 87.000 soldats français par la Croix-Rouge et l’armée suisse après la débâcle face à la Prusse à l’hiver 1871. D’un réalisme proche parfois du trompe-l’œil, le panorama est tout à fait émouvant.
Très mal aux jambes : je me remets à ne plus pouvoir piétiner ni même marcher de façon interrompue, comme pour toute visite de ville. Il faudrait que je refasse mes exercices de kiné. Il faudrait surtout commencer chaque journée par une vraie promenade, en marchant vraiment.
Soirée : promenade sur les hauteurs du Plattensweg, au soleil presque couchant.
22:20 Publié dans 2026, Autoportraiture, Chèvre, aucun risque, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 17 juillet 2026
Suisse, jour 3
Journée parfaite, d’abord avec la promenade sur les berges du lac, à Gersau et à Brunnen (ville de naissance d’Othmar Schoeck), puis croisière jusqu’à Flüelen et retour.
Salut à la « pierre de Schiller » : j’ai lu il y a quatre ou cinq ans, davantage peut-être*, son Wilhelm Tell, qui m’avait ébloui. Mais le plus beau, ce sont les montagnes tombant à pic dans les eaux vertes, de dix verts différents. Le paysage est un des plus beaux que j’aie vus.
De retour à Gersau, baignade dans le lac : on pose sa serviette sur un banc en pierre puis on descend directement par un escalier. L’eau n’est même pas froide. Quel bonheur ! On nage avec les oiseaux, ici un grèbe (cf photo, à agrandir).
À l’hôtel, en fin d’après-midi, on tente de lire près de la piscine, mais à l’ombre il fait un peu frisquet, sans compter les taons. Après avoir lu deux pages du roman mercredi et deux pages la veille, je suis enfin entré dans Under the Volcano, mais je ne vois pas trop ce que d’aucuns trouvent à ce livre. Après le repas dans la chambre, excellente eau-de-vie de prune sur la terrasse du restaurant surplombant la route avec ses épingles à cheveux.
* Facebook supplée ma mémoire : « Fini WILHELM TELL. Magnifique pièce. Du coup envie de lire tout Schiller et ce n’est pas possible. » (26 septembre 2019)
22:34 Publié dans 2026, Chèvre, aucun risque, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 16 juillet 2026
Suisse, jour 2
Après le petit déjeuner dans la salle à manger de l’hôtel, avec les moyens du bord, nous sommes repartis faire un tour dans les rues de Soleure, décidément une très jolie ville. La ville moderne et les faubourgs sont ternes, voire hideux, mais nous aurons l’occasion de vérifier que c’est le cas de presque toutes les villes, même petites, en Suisse, du canton d’Argovie au canton de Schwyz en passant par celui de Lucerne. La veille au soir, nous avions déjà visité la cathédrale, flâné le long de l’Aar, pris un verre près d’un des deux ponts-passerelles. Ce matin, après avoir emprunté le chemin qui longe la Loretokapelle (avec son néflier, son figuier et son chemin de croix en extérieur), nous avons acheté des timbres à la poste, visité la Jesuitenkirche (avec son buffet d’orgues très beau et juché très haut). Contrairement à la veille dans la cathédrale, les livres d’hymnes ne sont qu’en allemand, pas dans les quatre langues du Bund.
Le Kunstmuseum de Soleure n’ouvre qu’à 11 heures. La collection permanente fait la part belle à la création ultra-contemporaine, ainsi qu’à quelques « locaux de l’étape », notamment Cuno Amiet et Félix Vallotton. L’exposition ‘Was sich als Natur zeigt’ organisée par Luzia Hürzeler autour de certaines de ses œuvres avec un vaste ensemble de tableaux, vidéos et dessins allant du début du 19e siècle jusqu’à nos jours, était très intelligente, profonde. Il faudrait une journée entière, ne serait-ce que du fait que, dans la salle où Luzia Hürzeler présente en diptyque des photos des huit loups du Valais naturalisés entre 1998 et 2010 et des photos des huit sites où ils furent abattus, il y a quatre interviews de différents spécialistes de la présence des loups, chacune d’environ 45 minutes... La salle consacrée à la représentation des gorilles dans les collections et les archives du Muséum d’Histoire naturelle de Berne à partir du 19e siècle, assortie de deux interviews, là encore, dont celle du directeur du Parc National du Kahuzi Biega. J’en passe... Hürzeler est originaire de Soleure, mais la commande de cette exposition n’a rien de complaisant : on voit que la question de la représentation de la nature dite sauvage la travaille depuis longtemps.
Sur la route du lac des Quatre Cantons, où nous passerons les prochains jours, nous avons pique-niqué près du château de Hallwyl, avant de nous promener jusqu’aux plages situées sur les bords du lac du même nom (ou presque, le lac s’orthographiant Hallwil (?)). Après une bonne heure de route, nous sommes arrivés à l’hôtel Platten, à Gersau, sur la rive nord du lac des Quatre Cantons (Vierwaldsstätter See). La vue est splendide, l’emplacement de la piscine est exceptionnel, mais il faut bien dire que les deux kilomètres de route pour accéder à l’hôtel, sans gâcher totalement le plaisir, taraudent un peu l’esprit pour les journées suivantes.
22:21 Publié dans 2026, Hors Touraine, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 15 juillet 2026
Suisse, jour 1
Arrivé-es il y a moins d’une demi-heure à l’hôtel, depuis deux heures à peine en Suisse. La première étape, Soleure (Solothurn en allemand) a été choisie car elle permettait de s’approcher des Quatre Cantons et donc de se débarrasser du plus gros du trajet aujourd’hui : en effet, neuf heures de route en comptant les pauses. J’ai préféré quitter l’autoroute après Auxerre ; au final, le trajet total n’a pris qu’une heure de plus, et nous aurons vu l’extrême-nord de la Côte d’Or (moche), et un bout de Franche-Comté que nous ne connaissions pas (craquelée et grêlée par l’agrobusiness).
Dès avant le passage de la douane on doit s’acquitter d’une taxe de 40 francs suisses pour pouvoir utiliser les routes du pays. Cela inclut l’accès aux autoroutes, donc pas si mal…
Les villages et bourgades du Jura suisse sont aussi ternes et moches que celles avant la frontière. Dès qu’on arrive en pays germanophone, c’est beaucoup plus joli [mais ça ne durera pas, spoil des journées prochaines], à commencer par cette impressionnante ascension du Weissenstein (1279 m), vraiment très jolie, où on est contents que les freins et le frein-moteur marchent à la perfection (24% en certains endroits, épingles à cheveux incluses), souvenir d’une journée de l’été 1983 avec mes parents et ma sœur : les freins de la R16 avaient lâché pendant la promenade dite des trois cols, et mon père avait fait une des trois descentes entièrement en frein moteur, et heureusement sans la caravane ce jour-là (sinon, je crois que je ne serais pas là pour vous raconter cette anecdote).
L’hôtel est un ensemble de six chambres très coquettes installées dans le cloître d’une église. Le couloir est recouvert de peintures à l’huile représentant des sujets pieux et appartenant à l’école universelle dite « des croûtes infâmes ». La fenêtre ouvre sur un vaste champ et sur un clocher rococo, à quelque 400 mètres. Les vacances commencent bien, on peut se laisser aller au cliché complet et fredonner du Mani Matter.
17:29 Publié dans 2026, Hors Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)








