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lundi, 31 août 2026

L'Inconnue

Hier soir nous avons vu, au cinéma, L’Inconnue, film d’Arthur Harari écrit et réalisé en étroite collaboration avec ses frères Lucas (auteur de la BD à l'origine du film) et Tom (directeur de la photographie). Histoire de dédoublement et d’échange de personnalités dans la plus pure tradition du surnaturel (on songe beaucoup à Jean-Paul et Chamisso, outre Maupassant), l’histoire, remarquablement interprétée par Léa Seydoux (qui m’a bluffé pour la première fois) et Niels Schneider, peut dérouler une multiplicité de lectures allégoriques, d’ailleurs complémentaires :

* sur la judéité et le trauma transgénérationnel de la diaspora qui a fui l’Allemagne (avec clin d’œil complexe à Robert Zimmerman alias Bob Dylan – il faudrait aussi creuser la piste du voyage avorté à Mannheim, le « foyer de l’homme » littéralement)

* sur la spectralité photographique et l’incarnation de personnages au cinéma (avec clin d’œil appuyé – mais qu’aucun critique ne note – aux Trois Lumières de Fritz Lang)

* sur la dysphorie de genre

* sur la dualité des artistes

* sur la mort et le passage dans l’au-delà (via l’orgasme – là encore, le palimpseste de Fritz Lang se pose là)

 

Seydoux négatif.PNG

Le film est très beau, émouvant par sa sobriété même (plusieurs critiques parlent de « froideur », ce qui me semble erroné).

 

09:19 Publié dans 2026, Tographe | Lien permanent | Commentaires (0)