dimanche, 30 août 2026
De la lecture comme aspirateur à merde
Sur la quatrième de couverture d’un roman que lisait ma mère, il y avait la phrase de recommandation (ou blurb – aucune idée comment on dit “blurb” dans le langage éditorial français) suivante : « Presses all the buttons to make you hoover her stuff up ».
Si j’essaie de traduire ça donnerait quelque chose comme : « ce roman appuie sur les bons boutons pour que vous gobiez tout ce qu’il vous crache ». Manque la métaphore explicite qui me scandalise, car comme je l’ai écrit sur Facebook, on ne saurait imaginer meilleure définition de ce que n’est pas, de ce que ne peut absolument pas être, selon moi, l’écriture : dans cette brève phrase, les lecteurices sont métaphorisé·es en aspirateurs, de sorte que, par inférence, le texte, le livre, est de la poussière, des détritus que la lecture doit faire disparaître.
Une traduction plus audacieuse irait plus loin dans la métaphore du détritus : « Elle fait tout ce qu’il faut pour que vous aspiriez goulûment toute sa merde. »
En un sens, il y a l’aveu explicite que la lecture est vue comme une pure consommation sans lendemain, que les textes ainsi promus sont des merdes, au point que je me demande si le ou la journaliste du Daily Telegraph qui a pondu cette formule n’a pas fait exprès d’insulter la romancière.
09:33 Publié dans 2026, Chèvre, aucun risque, Indignations, Questions, parenthèses, omissions | Lien permanent | Commentaires (0)

