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mercredi, 21 octobre 2026

De Diaz à Kofler

Réveillé à 5 h 10, levé à 5 h 50.

Il va falloir que je tente d’organiser mes semaines de travail en novembre afin de garder du temps pour relancer mes projets d’écriture et de recherche (ou de traduction). Ces chantiers m’importent vraiment ; je ne peux pas les laisser somnoler car il y a toujours plus urgent. Il y aura toujours plus urgent.

 

Hier soir, j’ai commencé le poème en prose que Bernard Banoun vient de traduire aux éditions Vanloo, La montagne de boue de Rafael-José Diaz. C’est très beau. De ce même poète j’avais déjà lu la précédente traduction de Bernard, aux éditions Cheyne. Il s’agit d’un poète canarien, et je regrette d’avoir cessé d’échanger avec A*, notre doctorant originaire des Canaries et avec qui j’ai beaucoup discuté l’an dernier à Jaen.

 

J’ai aussi lu le dernier livre de Werner Kofler, Trop tard, également traduit par Bernard, et qui m’avait échappé à sa sortie, juste après la mort de Kofler. Les deux textes qui le composent sont très puissants, le second, “Tiefland, Obsession” évoquant les acteurs et actrices “tziganes” du film de Leni Riefenstahl, dûment mentionné·es au générique et qu’elle a renvoyé se faire gazer une fois le tournage terminé : Kofler leur redonne un nom, déjoue les artifices du « génie artistique » de Riefenstahl, égratigne passablement, au passage, Jean Cocteau, l’acteur Bernhard Minetti et Thomas Bernhard qui lui consacra une pièce sans jamais sembler se soucier de son passé nazi.

Dans l’émission de radio enregistrée en direct et diffusée avant-hier (il me tarde de pouvoir la podcaster), Bernard a réexpliqué que, suite à la faillite des éditions Absalon, le troisième tome de la trilogie alpestre de Kofler restait inédit en français. Il va falloir militer un peu activement pour en parler à des maisons d’édition sérieuses. L’idéal serait bien sûr de republier les deux premiers tomes, épuisés et introuvables (je les ai sur mes étagères).

La langue de Kofler, comme celle de Jirgl (dans un autre genre (ou pas)), est véritablement envoûtante, mais tout en ne cessant de demander à s’en distancer. C’est plutôt indescriptible, comme expérience de lecture.

 

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