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mardi, 13 octobre 2026

Ce n’est pas abstrait

Ce qui est toujours compliqué dans les luttes sociales, c’est qu’elles sont évidemment éminemment politiques.

Et qu’il n’est pas seulement question de sujets abstraits et de ne pas être d’accord momentanément avec des collègues avec qui on s’entend bien, avant de se rabibocher lorsque les « réalistes » auront gagné, ou plus exactement qu’ils auront permis au gouvernement de gagner, par leur inertie, leurs il-faut-bien-qu’on, comme d’habitude. Il s’agit, à quelques mois de l’avènement très probable d’un exécutif (et d’un Parlement ?) fasciste dans le pays, de voir qui continue d’appliquer toutes les directives et de “suivre”, de dire qu’il faut bien « faire marcher la machine ». Ainsi, quand notre vice-présidente chargée des formations décide de ne pas reporter la CFVU extraordinaire qu’elle vient de convoquer et qui tombe pile en même temps qu’une manifestation pour des revendications que son équipe dit partager, elle a beau me répondre que ce n’est « pas un affront » mais qu’elle n’a « pas d’autres disponibilités » et qu’il est urgent « que cette instance se réunisse pour donner des perspectives à tout le monde », tout le monde, au sein des collègues et étudiant·es mobilisé·es, a compris cela comme une volonté de casser le mouvement et de continuer à gérer.

À quel moment cesse-t-on de gérer, c’est-à-dire d’obéir ? Ce “on” n’est pas de pure forme. Oui : à quel moment décide-t-on de résister, et qu’il n’est pas question que de tel ou tel emploi, de telle ou telle décision, mais d’yeux éborgnés, de libertés fondamentales bafouées, de miliciens en roue libre qui ne protègent plus jamais le peuple, d’une oligarchie qui se gave tel Saturne dans le tableau de Goya ?

 

07:52 Publié dans 2026, WAW | Lien permanent | Commentaires (0)

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