mardi, 29 mars 2011
L'Ecrit du kangourou
Puis c'est à nouveau les grilles du palais, mais toujours sur le contrepoint de l'orgue. Quel imprésario refuserait un poème à un homme qui viendrait lui dire "Monsieur je m'appelle Hoang-Pouf, je suis né à Macao" ? Des bras levés qui s'agitent avec un patois des Pyramides... Nous abordâmes au port de Boulaq, à cinq heures précises.
Reprenons, même si c'est pour une autre paire de manches, une autre triplette de pétanques, un autre ordinateur branché sur d'autres secteurs, prises etc. Macao est une belle ville. Macao est une belle ville, mais à quoi sert-il d'y penser, en longeant la Loire ? Un jour j'ai cru que je m'enfuirais sur des ailes de papillon, et rien n'est advenu. Rien n'est advenu. Macao est une belle ville.
Peut-être aussi qu'on trouverait des vigognes dans le désert d'Atacama... peut-être qu'on aurait fait un film magnifique avec un des premiers caméscopes ultra-lourds, gris, ternes, massifs, qui meurtrissaient l'épaule, et que, faute de trouver le bon mode de transfert (c'était du Betamax), le film se serait perdu... peut-être aussi que Christoph avait raison d'aller, avec sa mère, skier à Hautacam. Come on let's twist again ! Mais enfin, me direz-vous pourquoi nous pensons à Macao, Hautacam, Chamerolles, alors que nous marchons, toujours plus fatigués, à des lieues de là ? Est-ce que le vide ou l'ennui qui doivent incomber à toute longue marche, tout périple de cette envergure, ne sont pas suffisants ?
Alors, quoi... Chamerolles... ? Reprenons, ne serait-ce que pour rappeler cette information essentielle : Le Cri du kangourou est une chanson du groupe Odeurs. La fumée s'élève du glacier, et la vigogne (qui se prend pour un animal plus lourd, plus solide) s'éveille. Tes pattes rouges, ton vol qui se prend aux filets... Rien n'est beau, rien n'est laid... Après cela, pointant de son bâton de marche un cincle qui s'échappe, Denis me fixe avec une morgue insensée. Puis, le cincle envolé, miroir brisé, c'est à nouveau les grilles du palais, mais toujours sur le contrepoint de l'orgue.
16:24 Publié dans Entre Baule et Courbouzon | Lien permanent | Commentaires (1)
Inquiétudes immobilières (maybe de nada)
Reprenons à rebours.
Lundi, 15 h 50. En rangeant la vaisselle dans les placards (tandis que chauffait l'eau pour le thé), je me suis surpris, pour la deuxième fois de la journée, à ouvrir le placard des tasses et des mugs afin d'y ranger les cinq verres que j'avais dans les mains... (Il me semble que je n'ai jamais commis cette bévue. Il me semble aussi que, dans la maison où nous vivions jusqu'en décembre 2008, le placard des verres était situé au-dessus du four, alors que, désormais, nous rangeons les mugs près du four.)
Dimanche, promenade dans le quartier. Le chantier de la grande résidence qui va remplacer le grand terrain vague a bien commencé. Comme nous le craignions, la piste cyclable qui passe de l'autre côté du rond-point en cul-de-sac où se trouve notre maison (je sais : cette description ne permet nullement d'appréhender la situation topographique de manière concrète, même avec un solide sens de l'orientation et un bac+8 en sémantique) sera doublée par une voie pour véhicules, sans doute à double sens, afin de desservir cette fichue résidence. (N'y a-t-il plus de règlementation sur les espaces verts ? A Tours, le moindre recoin de trois fois rien où je n'aurais pas su comment caser un cabanon pour mes lapins donne naissance, du jour au lendemain, à un bloc de 12 ou 14 appartements, façon Jack & the Beanstalk. Bref...) Découragée par cette vision, ma compagne lance "pfff, c'est foutu, on n'a plus qu'à déménager"...
(Nota bene 1 : nous avons emménagé il y a deux ans et demi, dans une rue qui, quoique prise entre une ZAC et une ZI, et dans une zone quadrillée par deux 2x2 voies, est tout à fait calme.)
Il y a quelques semaines, ma compagne m'a dit avoir fait le même rêve récurrent (4ème occurrence, je crois) : nous vivions de nouveau (ou encore) dans notre précédente maison, qui n'avait pourtant rien d'idéal, sauf le jardinet, qui était plus joli et bien chez soi comme disent les blaireaux de l'immobilier. (Nota bene 2 : ma compagne n'est pas du tout portée, contrairement à moi, sur la nostalgie, et fort peu, en particulier, attachée aux lieux de vie du passé. Un tel rêve prend un relief singulier.)
Alors ? quoi...? prémonitions ? le plus étrange est que nous sommes très à notre aise dans cette maison, et aussi heureux qu'on peut l'être je crois. Au demeurant, j'incline à penser que la résidence ne devrait pas drainer une circulation si démente que cela, et surtout à des heures ciblées d'ailleurs (comme actuellement, d'ailleurs, pour les rues Curie ou Torricelli).
------- Et, pour donner plus de relief à ce billet un brin terne, j'y accroche quelques liens vers d'autres verdures, d'autres grisailles.
02:20 Publié dans Moments de Tours, Questions, parenthèses, omissions | Lien permanent | Commentaires (0)


