vendredi, 03 mai 2013
Le printemps, enfin ?
Qu'y avait-il dans l'air hier ? Etait-ce le contraste avec la veille, si froide et pluvieuse ? En effet, quoiqu'il y ait eu quelques journées plus chaudes ou plus ensoleillées en avril, je me sentais d'humeur quasi estivale, l'après-midi, dans les rues de Tours. De même, Alpha nous a confié qu'il avait infiniment plus de plaisir à jouer du saxophone quand il fait beau (il avait des sensations similaires à celles de l'été dernier, et des étoiles dans les yeux en l'expliquant) – cela ne l'a pas empêché de s'exercer tous les jours, même au creux de cet interminable hiver.
Ce matin, toujours dans le vieux Tours, j'ai inauguré, avec le minable appareil photographique de mon smartphone (comment dire autrement ? il doit bien y avoir un québécisme plus ridicule encore que le franglais...), une nouvelle série, qui pourrait se nommer Blue Shoes... mais je vais chercher à compliquer les choses, pour ne pas changer.
15:35 Publié dans ... de mon fils, Le Livre des mines, Moments de Tours | Lien permanent | Commentaires (0)
Sonates pour violon et basse continue de François Francœur (Ensemble Ausonia), 2001.
J'ai acheté pour cinq euros en tout, dimanche 21 avril, à Peyrehorade, lors d'un vide-grenier, trois CD, pas tout à fait au hasard : un solo de Frank Avitabile, un enregistrement en direct (à Pau !) des Variations Goldberg par le claveciniste Kenneth Weiss, et enfin, presque au hasard, sur la foi du label (Calliope) et du nom du compositeur (vaguement familier et tout à fait attirant), quatre Sonates pour violon et basse continue de François Francœur, par l'ensemble Ausonia. Comme il arrive souvent dans de pareils cas, c'est ce dernier disque qui m'enthousiasme le plus.
N'étant pas du tout spécialiste de musique sur instruments anciens, et peu familier, au reste, de la musique française du 18ème siècle (à l'exception des œuvres fameuses, Couperin ou Rameau), je craignais quelque chose de parfaitement réglé et d'absolument monotone. Or, pas du tout : chaque mouvement de chaque sonate a son atmosphère, des nuances marquées, et une joie qui déborde à toutes les coutures, même dans les pièces à la tonalité plus affligée. J'ai écouté, en rentrant de l'Université, la plus courte des Sonates, la n° X en ré majeur (sa durée, 11’38”, a correspondu presque exactement à celle du trajet), et viens de la réentendre ici, au salon. Elle est bouleversante.
Il est impossible que mon enthousiasme soit l'effet du seul (timide) beau temps (timidement) revenu. Avant-hier soir, , en allant chercher E*** à la gare de Saint-Pierre-des-Corps sous des trombes d'eau et un ciel écrasant, sous le charme et le choc du Rondeau de la n° VI en sol mineur. On trouve, dans cette musique, tout un côté “grand siècle” très lullyen, doublé d'une sorte de légèreté insinuante très poignante, laquelle correspond plus, pour aller vite, à l'image que l'on se fait – par la peinture surtout – du loisir et de l'art, au sens large, au dix-huitième siècle.
Bien entendu, je n'y connais rien. Il faudrait avoir (prendre) le temps de se renseigner, par exemple sur ce que Francœur retient de la forme sonate, et/ou comment il l'adapte. En effet, dans la dixième, il y a deux adagios (1er et 3ème mouvements respectivement), tandis que, dans la septième (que j'écoute en ce moment précis – la Sarabande), c'est le rondeau qui est redoublé, en quelque sorte, mais en des positions symétriques (3ème et 5ème mouvements).
11:27 Publié dans Autres gammes | Lien permanent | Commentaires (0)
3040 — « Comprendre »
Neuf fois sur dix, quand une personne inculte se plaint de ne rien comprendre à un objet culturel quelconque — qu’il s’agisse de littérature, de philosophie, de peinture, de musique, de cinéma ou d’art contemporain —, neuf fois sur dix il n’y a, sur le point particulier que cette personne met en avant comme étant hermétique entre tous, rien à comprendre. Ce qu’il y a à comprendre, c’est que ledit point particulier n’est pas à comprendre, justement, mais à aimer, à ressentir, à percevoir dans ses effets. Rien n’est plus difficile à appréhender, quand on n’y est pas préparé par l’éducation, que le défaut, l’absence, la simple présence, la présence par défaut, le défaut de la présence. Or il n’y a pas d’art recevable, ni de littérature bien sûr, ni de haute philosophie je crois bien, qui n’exige, de la part de qui s’y confronte, un consentement préalable à une rupture des enchaînements logiques, à un évanouissement provisoire ou définitif, éminemment jouissif dès lors qu’on s’en accommode, de l’intelligence et de l’intelligible.
(Renaud Camus, Journal 2013, entrée du 23 avril)
08:51 Publié dans Lect(o)ures | Lien permanent | Commentaires (0)

