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jeudi, 15 octobre 2026

Le deuil sied à Électre

En 1996, à Oxford, j’ai lu plusieurs pièces d’Eugene O’Neill, notamment Desire under the Elms – ma préférée – et la trilogie Mourning Becomes Electra.  Au passage, c’est un de mes grands regrets que la double amphibologie du titre (mourning/morning, become) ne puisse être conservée, ou au moins suggérée, en français.

Je n’avais jamais vu jouée cette pièce, et depuis ce soir c’est chose faite, dans une adaptation française (traduction Louis-Charles Sirjacq, mise en scène Gwenaël Morin). Il s’agit d’une vraie relecture de la pièce, étant donné qu’un certain nombre d’éléments relevaient franchement de la comédie, voire du grand-guignol, ce qui n’était pas trop la caractéristique principale du dramaturge américain, que notre amie Chloé, qui lui a consacré une belle thèse, appelle son « moustachu lugubre et dépressif ». Chloé, qui a – comme nous deux – beaucoup aimé, disait d’ailleurs que les personnes qui vont se précipiter sur les pièces d’O’Neill risquent d’être passablement surprises.