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vendredi, 16 octobre 2026

L'Insurgé, au Super 9

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Ce matin j’ai fait mon cours de traductologie pour trois étudiantes (sur environ 80 normalement), au bar Le Super 9. Trois étudiantes très motivées, donc, que j’ai retrouvées sur le campement permanent des étudiant·es mobilisé·es, devant l’entrée Thélème ; malgré le beau soleil, nous avons préféré trouver à nous réfugier à l’étage de ce café que je ne connaissais pas et qui est très chouette. Un jeune homme très intéressant – actuellement en train de retenter le baccalauréat en candidat libre avant d’essayer d’intégrer la licence Création littéraire et écritures du monde de Paris-8 – s’est joint à nous.

Pendant un peu plus d’une heure et demie nous avons parlé de recatégorisations, de développements et d’étoffements, mais aussi repris le chassé-croisé (toujours très difficile à faire comprendre, je ne sais pourquoi), autour d’un extrait de L’Insurgé de Vallès et de sa traduction américaine de 1971, de Sandy Petrey [ci-dessus, fin du document]. Comme le récit est au présent de narration, et comme la traduction est intégralement au prétérit, ça a été aussi l’occasion d’évoquer cette question, qui est assez complexe au fond.

Une des trois étudiantes m’a demandé si vraiment le roman de Vallès n’avait pas été traduit avant 1971 (pour le centenaire de la Commune, ai-je supposé), et j’ai été contraint de lui répondre que cela semblait être le cas mais qu’il faudrait des recherches plus fouillées. Mon hypothèse est que Vallès ne semble pas avoir connu, même à l’époque de sa gloire en France, la même aura dans le monde anglophone, et que la traduction de L’Enfant aurait été comme l’arbre qui cache la forêt. Clara savait que Vallès avait été exilé à Londres, et de fait L’Enfant a été publié en 1879, à la fin de cet exil londonien. Pourtant, à rebours de cette hypothèse, je ne trouve, après coup, qu’une seule traduction de L’Enfant, sous la plume de Douglas Parmée, et qui date de… 2005 ! S’il n’y en a vraiment pas eu avant, c’est la confirmation que Vallès n’est même pas, pour les anglophones, un auteur mineur de la littérature française.