jeudi, 01 octobre 2026
Suite des événements
Nouvelle journée de mobilisation. Les violences policières systématiques sont atroces. Les jeunes manifestent pacifiquement pour plus d’égalité, par peur d’un avenir clos : ils se font mutiler et arrêter. C’est ignoble.
Le site Tanneurs étant entièrement fermé, nous avons tenu une petite A.G. des membres du personnel place des Joulins ; je fais désormais partie du comité de mobilisation, de sorte que j’ai sollicité l’ouverture de l’amphi 1 de l’Extension pour une A.G. demain ; le directeur de cabinet de la Présidence nous a seulement répondu que ce n’était pas possible et que l’amphithéâtre Varvoux, sur le site du Plat d’Etain, nous était proposé.
Ce soir, j’ai écrit ce message à mes étudiant·es de L3 :
Dear students
Vous l’avez vu, le TD n’a pas pu avoir lieu hier mercredi et les deux TD de demain vendredi sont également annulés en raison de la fermeture du site. Vous recevez pour l’instant des messages très généraux, et vous recevrez bientôt des messages concernant la poursuite des cours et la continuité pédagogique. Surtout vérifiez régulièrement votre messagerie et ne vous fiez qu’aux communications officielles.
Je mettrai en ligne dans la journée de vendredi des pistes correspondant à un corrigé du travail de la semaine 3 (les chassés-croisés dans les deux sujets d’examen de 2025-2026) : vous ne tirerez profit de ces pistes qu’à condition d’avoir préparé le travail.
Mais il y a (beaucoup) plus important. Ce que je tiens à vous dire, moi, en tant qu’universitaire opposé aux politiques de démantèlement de l’enseignement supérieur public qui durent depuis une décennie, c’est que les étudiant-es qui bloquent les sites ont deux mots d’ordre principaux, auxquels nous sommes nombreux à souscrire :
* lutte contre la politique d’Etat des droits différenciés (qui se poursuivra très bientôt par une augmentation massive des frais d’inscription pour tous les étudiants)
* exigence de cesser le gel des recrutements d’enseignants-chercheurs
Sans me prononcer sur les modalités d’action des étudiant·es (qui ne sont pas de mon ressort et qui peuvent être débattues par toutes et tous les étudiant·es à condition d’aller en discuter en AG, ce que je vous incite à faire), je tenais à insister sur ces points.
Par ailleurs, notre établissement, comme d’autres, est au bord de la faillite en raison de la sous-dotation chronique. Notre pays est un de ceux de l’OCDE qui offre les moins bonnes conditions d’études du collège à l’université, tandis que niches fiscales et exonération des grandes fortunes vident les caisses de l’Etat. Ce n’est pas une grève ou un blocage qui mettent le plus en danger vos études : si demain l’université est en faillite en raison des budgets d’austérité, vous le comprendrez aisément.
Enfin, vous avez sans doute vu que des mouvements pacifiques menés par des lycéen·nes, donc des citoyen·nes de moins de 18 ans, sont violemment réprimés, ailleurs en France et à Tours même. Il est essentiel de réaffirmer ici, comme le maire de Tours l’a fait hier en citant le Défenseur des droits, que les autres pays choisissent la désescalade mais que la France fait le choix des armes de force intermédiaire dans des contextes qui ne les imposent nullement. Aujourd’hui encore le député de Tours et le maire de Tours eux-mêmes ont été victimes d’une charge de CRS dans un contexte qui était entièrement pacifique. C’est une situation délirante et antidémocratique. Personne ne peut cautionner l’usage d’une violence disproportionnée face à des revendications sociales.
Bien à vous
G. Cingal
19:24 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

