dimanche, 22 décembre 2013
10 & 29, deux listes
N’étant pas du genre à refuser les défis, surtout idiots et littéraires (ce n’est pas incompatible), je réponds donc à ceux de mes contacts Facebook qui proposaient une liste de dix ouvrages les ayant le plus marqués, dans l’ordre chronologique de lecture.
Toutefois, je me permets à la fois de tricher et d’approfondir le jeu, en donnant ci-après deux listes, en l’occurrence celle des dix premiers ouvrages à avoir vraiment compté dans ma vie de lecteur, puis celle des 29 ouvrages m’ayant tant et si bien marqué que : a) je serais foncièrement différent sans eux ; b) j’en recommande plus que chaudement la lecture à tous mes amis. Cette liste de 29 ouvrages [pourquoi 29 ? allez, je vous laisse deviner] laisse sur le bord de la route un nombre invraisemblable d’auteurs extrêmement importants, mais bon, je ne peux pas aller au-delà de 29…
Les 10 premiers ouvrages qui ont vraiment compté pour moi
- 1. Olé France (un livre sur l’équipe de France de football, offert par un grand-oncle à l’été 1982, lu et relu des dizaines de fois entre 1982 et 1989)
- 2. Exercices de style (offert par mes grands-parents quand j’étais en CM1, je crois)
- 3. la collection complète des revues La Hulotte
- 4. La Fée des grèves (lu vers 1983 ?)
- 5. Topaze (lu et relu des dizaines de fois entre 1983 et 1987 – jamais vu au théâtre – découvert le film avec Fernandel beaucoup plus tard)
- 6. Cyrano de Bergerac (lu et relu des dizaines de fois entre 1984 et 1987)
- 7. le tome 1 des Œuvres complètes d’Éluard (mon premier Pléiade, pour mes 10 ans)
- 8. Les Misérables (acheté en 1985 à Saintes d’occasion dans la 2e édition Hetzel, dévoré)
- 9. le théâtre de Hugo (les 2 Pléiade, entièrement lus en 4ème)
- 10. L’Île verte de Pierre Benoît (circa 1986)
Les 29 ouvrages primordiaux, par ordre chronologique de découverte
- 1. Exercices de style (Queneau)
- 2. la poésie de Guillevic
- 3. le théâtre de Corneille
- 4. Les lubies d’Arthur (Guibert)
- 5. Les Regrets (Du Bellay)
- 6. Le pur et l’impur (Jankélévitch)
- 7. L’Inquisitoire (Pinget)
- 8. la poésie de Donne
- 9. Marin mon cœur (Savitzkaya)
- 10. Memory of Snow and of Dust (Breyten Breytenbach)
- 11. Macbeth
- 12. La voix d’Orphée (Maulpoix)
- 13. Great Expectations (Dickens – indissociablement de l’essai bouleversant que Belletto lui a consacré)
- 14. Les Démons (Dostoïevski)
- 15. la poésie de Cummings
- 16. The Web and the Rock (Thomas Wolfe)
- 17. la trilogie de Céline
- 18. Blood in the Sun (la 2e trilogie de Nuruddin Farah)
- 19. Der Untergeher (Bernhard)
- 20. Boomerang (Butor)
- 21. la trilogie de Beckett
- 22. L’Inauguration de la Salle des vents (Renaud Camus)
- 23. Wittgenstein’s Mistress (David Markson)
- 24. Le Voyage vertical (Vila-Matas)
- 25. les textes en prose de Woody Allen
- 26. les Microgrammes de Walser
- 27. L’Invention du beau regard (Nganang)
- 28. Kotik Letaiev (Biély)
- 29. The Enigma of Arrival (Naipaul)
12:17 Publié dans Affres extatiques, Chèvre, aucun risque, Flèche inversée vers les carnétoiles, Pynchoniana | Lien permanent | Commentaires (4)
3212╠ Un tour du monde à vol d’oiseau
Un tour du monde à vol d’oiseau
╩ 19 quatrains animaliers ╦
Le dauphin commun
Sait ce qu’il faut savoir du monde sous-marin.
— Et que j’aime les embruns
Qui viennent hydrater mon énorme tarin !
°
Bien sûr, j’ai quelques rondeurs :
Il faut voir comme je dîne.
En plongeant en profondeur,
Les fous mangent les sardines.
°
Je ne suis pas Mallarmé,
Pas même Léon-Paul Fargue !
Chaque année, les grues cendrées
Survolent la Camargue.
°
J’ai la mémoire qui flanche
Et je perds un peu la raison.
Le pygargue à tête blanche
Dépèce un gentil oison.
°
Vendre, pauvre, mes vers à l’encan
Serait-il ce qui m’échoit ?
Une colonie de pélicans
Arrive, attirée par les bancs d’anchois.
°
Ce jour, il faisait froid
Et le ciel était clair.
On ne sait pas pourquoi
Les raies volent en l’air.
°
Si je pinte du Gamay,
Je suis plein comme un seau.
Les grues n’oublieront jamais
Le château de Chenonceau.
°
Dans le vin chaud, n’oubliez
La badiane ni les agrumes.
Le balbuzard, trempé,
Doit se sécher les plumes.
°
Certains, dès qu’ils sont debout,
Se gavent de cacao.
De son bec, le macao
Lèche les parois de boue.
°
L’avez-vous vu, sur mes portraits,
D’un boxeur, je n’ai pas la carrure.
Le pétrel vole tout près
Des otaries à fourrure.
°
Savez-vous ce qu’elle a glané,
Ma Muse, loin de floréal ?
Aux adeptes du vol plané,
Le Grand Canyon est idéal.
°
Dans cet univers, esseulé,
Tout me transit et tout me glace.
La Grande aigrette laisse les
Autres travailler à sa place.
°
Tandis que l’été bat son plein
Dans l’hémisphère Nord,
Soudainement je me souviens
Qu’il reste une côte de porc.
°
Je flagelle des genoux
En faisant face au Yéti.
Chaque année, 500 000 gnous
Traversent le Serengeti.
°
Mes quatrains sont une légion ;
C’est une vraie calamité.
Tous les grizzlis de la région
Prennent part aux festivités.
°
Je suis un prince magnifique
Qui roule phaéton, carrosse !
Le kéta du Pacifique
Est singulièrement féroce.
°
Avez-vous vu le Père Ubu
Affublé de son duffle-coat ?
Vraiment très vilain, l’urubu
Sautille comme un pégot.
°
De mes poèmes les détours
Ne sont jamais, jamais oiseux !
Encerclées par les vautours,
Les tortues enterrent leurs œufs.
°
Ma Muse sort endommagée
De ces quatrains pyramidaux.
Les grues du Japon, soulagées,
Ont atteint l’île d’Hokkaïdo.
08:42 Publié dans Quatrains conversationnels | Lien permanent | Commentaires (0)

