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mardi, 06 janvier 2026

Un “sourire carié”

Il y a deux ou trois jours, j’ai lu trois bandes dessinées de R. Kikuo Johnson, dont Night Fisher (2005).

Il se trouve que j’ai fait acheter, par la B.U. Arts & Lettres, une dizaine de titres relevant des littératures hawaïennes : la raison première en est qu’une de mes étudiantes souhaite travailler sur ces littératures pour son master, mais plus généralement je profite de ce genre d’occasion pour enrichir le fonds documentaire, et pour me cultiver.

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Au tout début du roman graphique, on trouve cette case, et je me suis tout de suite dit que l’équivalent en français serait « mettre un emplâtre sur une jambe de bois ». Ça ne se dit plus trop, mais on comprend que l’adolescent trouve le langage de son père singulier, voire désuet.

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Toutefois, dès la case suivante, il s’avère que, s’il fallait traduire ce livre, il faudrait conserver l’expression telle quelle : « ça revient à mettre un appareil dentaire sur un sourire carié ». En effet, le père est dentiste, et c’est donc quelque chose d’idiosyncratique.

C’est toujours la limite des équivalences (ou modulations lexicalisées) en traductologie : il faut absolument que la formule employée dans le texte-source soit un cliché pour que le texte-cible recoure à un cliché équivalent (plein aux as >< rolling in money).  Si la formule est singulière, il faut lui conserver ce caractère de singularité, voire d’étrangeté.

 

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