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samedi, 18 avril 2026

VI – Sur le vaporetto…

 

Sur le vaporetto, passé le héron cen-

Dré guettant sur son poteau, altier et sublime,

On aperçoit les tours de la Sérénissime.

On imagine, au soir, ce ciel bleuté en sang.

 

C’est le matin, pourtant. En dégainant les rimes

– C’est meilleur pour l’énergie que le Guronsan –

Je sens se poser sur mes vers l’embrun d'encens

Et les dévotions qui absolvent les crimes.

 

Avant de voir le bateau virer soudain vers

Burano, sans que l’oiseau se soucie de nous,

L’œil s’attarde, ébloui, sur un huîtrier pie.

 

Le rouge de son bec donne un sens à ces vers :

D’autres face à une châsse sont à genoux.

L’œil connaît le repos, et le cœur un répit.

 

V – Approchant (je veux, mon neveu) …

 

Approchant (je veux, mon neveu)

De la côte où tout se dilate,

La nuée enfin se fait plate :

Je rumine un ultime aveu.

 

Ce livre en guise de baveux,

Pour croquer l'instant où n'éclate

Aucun mot, le poète blablate.

Entamons la descente : Ve-

 

Nise apparaît, dans la buée.

Depuis si longtemps la ruée

Vers la cité lacustre affine

 

D'autres vies (che sera sera).

Humant l'ail et la paraffine

Nous apercevons Tessera.

 

IV – Comme on a survolé les Alpes…

 

Comme on a survolé les Alpes

Le soleil sur la neige aveugle

– Et penserez-vous qu'un bœuf beugle

Ou que ce duvet blanc l'on palpe –

 

L'œil penché sur la nuée (help !),

Voici comme au fond d'une mug

Les traces laissées par le grog

Du dieu qui sèmera nos scalps.

 

Bref ! Du hublot on voit la neige ;

Les stressés se croient pris au piège.

Calé dans le siège d'Airbus

 

On devient je. Et je rumine

Les souvenirs d'hommes imbus :

Vers Venise je m'achemine.