jeudi, 08 décembre 2011
This Is (Not) Iris Clert
(Il faut cliquer sur
l'image pour comprendre de quoi il retourne ici.)
Quand on tombe sur les deux lignes constituées de la citation de Rauschenberg en italiques et de l'"explication" proposée par l'auteur (Writer ? David Markson ?) dans This Is Not A Novel, on (le lecteur) succombe encore à l'illusion référentielle, car si on ne connaît pas l'oeuvre de Rauschenberg, on s'imagine aisément qu'il y a une oeuvre que Rauschenberg qualifie de "portrait d'Iris Clert". Rauschenberg aurait dû s'expliquer dans un télégramme et confirmer que le tableau (sans doute peu figuratif, ou peu figuratif d'Iris Clert) était bien ce qu'il était censé être. Mais pas du tout. Le masque tombe, tout en s'épaississant si j'ose ainsi croiser les métaphores, après une recherche sur Internet : l'oeuvre, c'est le télégramme. (Et d'ailleurs, il semble qu'il existe plusieurs télégrammes, donc plusieurs oeuvres, avec des dispositions différentes sur la page.)
L'oeuvre, c'est le télégramme, et le télégramme est un portrait d'Iris Clert par pur acte performatif de l'artiste ("if I say so"). L'oeuvre, c'est le télégramme, un peu comme le père, dans Eraserhead de David Lynch, s'aperçoit, en découpant les langes emmaillottant l'étrange bébé hurleur, que les linges étaient la peau du bébé.
Question qui n'est ni triviale ni secondaire : les olibrius dans mon genre bousillent-ils l'effet-texte du roman-non-roman de Markson ? En effet, on peut considérer qu'en publiant une reproduction du télégramme-portrait sur Flickr et en la légendant avec la citation de Markson, je court-circuite la stratégie déceptive de Markson, qui égrène des anecdotes et des citations en les tirant de leur contexte. Toutefois, j'arguerai volontiers que cette stratégie, par l'énumération, justement, appelle un lecteur qui, intrigué, s'interroge, et va chercher à y regarder de plus près. Les stratégies trompeuses sont faites pour être détournées ; les assassins des romans policiers laissent exprès des traces car ce sont des assassins de fiction.
Deux autres remarques, que je ne sais pas où mettre alors je les mets n'importe où (après tout, l'auteur, ici, c'est moi) : - la présentation du texte dans le télégramme que j'ai choisi pour illustrer les deux phrases de Markson est un hommage évident à e.e. cummings (le double "IS", la dernière lettre qui se trouve en fait avant le début de la phrase, les mots formant le nom de la rue collés les uns aux autres). On pourrait sous-entendre : this is so evidently a pastiche of e.e. cummings I need not say so.
--- L'acte performatif de désignation qui constitue le télégramme en portrait d'Iris Clert est à mettre en rapport avec le titre du roman-non-roman de Markson (le lien est (trop) appuyé à la page suivante).
23:41 Publié dans BoozArtz, Corps, elle absente, Pynchoniana | Lien permanent | Commentaires (0)
3811 / Les Nons-du-Père
Les gens qui me voient passer avec ma hotte et me dévisagent d’un air admiratif ne laissent pas de me surprendre. Ce n’est pas comme si j’avais inventé – mon rêve d’une vie, mon rêve jamais abouti – le procédé qui permet, comme Panoramix dans Le Domaine des dieux, de faire pousser des chênes en un tournemain – en un éclair ? à toute vibure ? Le langage me pèse presque autant que de tels regards. Je voudrais tout envoyer bouler, paroles et regards.
21:59 Publié dans Une année de 398 jours | Lien permanent | Commentaires (0)
Quelques éléments de critique musicologique
Mes fils devant les clips sur W9. Soudain, j'entends l'aîné : "Ah, mais c'est pénible, ce singe hurleur." Puis : "Ta gueule, le ouistiti pygmée !"
Solution de l'énigme : chanson de Zaz. (J'avoue que je ne connaissais pas.)
J – Ahahaha ! N'empêche que ca lui va comme un gant.
Moi - Il va de soi que je ne sais pas du tout qui lui apprend à parler comme ça.
J – Bien entendu.
M – Et il a raison ! C'est une Tourangelle elle aussi...
J – C'est pas la meilleure spécialité tourangelle... je préfère largement les rillettes.
M – On ne pouvait mieux dire !
O – Zaz, c'est bien la fille qui hurle "C'est pas votre argent qui fera mon bonheur / Moi j'veux crever la main sur le cœur" dans une chanson diffusée à mort sur toutes les radios arrosées par Universal Music, c'est ça ?
Moi – Avant 7 h 53 ce matin, j'ignorais tout de cette fille, jusqu'à son nom. Et je ne crois pas l'avoir entendue avant. So don't ask ME !
J – Et jusqu'à ce matin, vous aviez bien de la chance.
13:03 Publié dans ... de mon fils, Autres gammes, Chèvre, aucun risque | Lien permanent | Commentaires (0)

