mercredi, 08 juin 2011
Rapides remparées * avides désemparés
La généralisation des rapports abstraits s'est comme incarnée dans le décor. [...] Et comme la vie et le travail se trouvaient dissociés, on a tiré au cordeau des voies rapides remparées de glissières en acier zingué, connectées au moyen d'échangeurs et de rocades où il vaut mieux éviter de se tromper parce qu'il n'est plus question de faire demi-tour et de recommencer. (Pierre Bergounioux. La fin du monde en avançant, p. 33)
Parfois je me promène dans mes quartiers, qui ne m'appartiennent pas, puisqu'ils sont déshumanisés, en un sens, et je fais des photos : je ne construis pas de savantes images, je ne compose pas grand chose, je fais des photos. Faire, dans un tel décor, le plus machinalement possible, est ce qui s'approche le plus d'une appropriation de la déshumanisation. Lorsque, par un clin d'oeil à Thiéfaine, j'ai créé, dans ces carnets, la rubrique des Kleptomanies überurbaines, je jouais sur le vieux cliché de la photographie comme vol, dérobade ; or, je me rends compte que ce sont ces quartiers, ces étendues qui ont poussé à son paroxysme le principe de construction pour y perdre souvent l'urbanité, qui nous volent quelque chose, et que ce quelque chose évanescent, il nous faut, difficilement, c'est-à-dire (peut-être) machinalement le reconquérir, fût-ce une bataille gagnée dans une guerre perdue depuis longtemps, une lutte d'arrière-garde, un rempart de sable contre de plus hautes buttes mouvantes. Dans de tels déplacements (car le terme de promenade, employé plus haut en totale usurpation de son sens, ne peut convenir), on n'est, machinal, que l'ombre de soi-même. Reste le langage, si rempart de sable soit-il.
21:23 Publié dans Kleptomanies überurbaines, Zestes photographiques | Lien permanent | Commentaires (0)
W.M. 14
Une dame de Sisimiut
Trouvait tout extra-hyper-cute :
Flots bleus et maisons rouges,
Rocs, pierres, sels et tourbes ---
--- Même le port de Sisimiut !
11:19 Publié dans Wikimericks | Lien permanent | Commentaires (2)
Léonora Miano
Il y a trois semaines, j’ai lu Soulfood équatoriale. Ecriture nerveuse, plaisante, fine et drôle.
Abordé ensuite les romans de Léonora Miano (Contours du jour qui vient et L’intérieur de la nuit) : quelques belles phrases, mais dans l’ensemble l’écriture est lourdingue, le récit cousu de fil blanc, les personnages prévisibles – bref, l’ensemble tout à fait démonstratif. Me suis surpris à penser « des romans Presse-Pocket ». Déçu.
06:00 Publié dans Affres extatiques | Lien permanent | Commentaires (0)

