samedi, 06 juillet 2013
Huit distiques divers
Comprendu-je enfin pourquoi ç'a nom Mandela :
Ç'a qu'à attendir sa mort tout le monde est là.
Champion de roller qu'il a moi bien fait râler
Lui dit sur France 2 "de pas y avoir allé".
On a mélancolique, et très triste, et amorphe
Qu'a claboté la éléphante de Pont-Scorff.
On a très emmerdant tant et plus qu'on roupille
Où que le gros Jean-Paul y parlut des Alpilles.
On a dur comprendir le cyclisme à la mode
Et que Pyrénées n'avont pas les ours kermode.
On a bien affolé que si sous sa Prius
On tombit nez à nez avec un micrurus.
Maintenant pouvoir-je enfin où que je vaque
À mes occupations qu'il gagnut le Slovaque.
On a content roulir par terre et pas à jeun
D'inaugurir arène à Campagne et Renung.
(29 juin – 5 juillet)
20:39 Publié dans Distiques ribéryens | Lien permanent | Commentaires (0)
« Canceller »
“Il a gelé. La journée sera ensoleillée. À la table de travail jusqu'à onze heures. Je n'avance que d'une page et demie pour m'être obstiné à vouloir garder une dizaine de lignes qui me poussaient dans une mauvaise direction. Cette répugnance à canceller m'irrite énormément mais c'est une si grande peine d'avancer qu'il faut éprouver celle, plus grande encore, de s'être fourvoyé, pour faire machine arrière et raturer des lignes mal tracées.”
(Pierre Bergounioux. Carnet de notes 1991-2000. Verdier, 2007, p. 105)
Après quelques recherches – ni le Robert culturel ni le Littré ne m'ayant proposé ce canceller dont je ne pouvais me résoudre à songer qu'il s'agissait, sous la plume d'un Bergounioux peu féru d'informatique, d'un anglicisme – il apparaît que le verbe, attesté dans Furetière et même dans l'introuvable Rivarol, provient bien de l'ancien français, et même qu'il figure dans la strophe CLXI du Testament de Villon. Si l'on en croit le Wiktionnaire, les Québécois, obnubilés par tout ce qui ressemble vaguement à un anglicisme, proscrivent ce terme ; je préfère, et de loin, le choix de Bergounioux, qui consiste à préférer la complexité.
12:47 Publié dans Mots sans lacune | Lien permanent | Commentaires (2)
« La vierge sur le canal »
Six phrases en S+7 créées par Alpha il y a quelques semaines.
Il lifta les offenses vers la plaie.
Il leva les yeux vers le plafond.
Aucun serre-tête de ce talc ne voiture à Malte.
Aucun serpent de cette taille ne vit en Malaisie.
Dans un hibiscus, nos doléances et nos orthoptères seront gercés.
Dans une heure, nos doigts et nos orteils seront gelés.
La vierge sur le canal est digitale.
La vie sur le campus est difficile.
Je ne scelle pas ce que contracte ce boy.
Je ne sais pas ce que contient ce box.
Le moniteur est plus sinistre dans le filtrats.
Le monde est plus simple dans les films.
10:58 Publié dans ... de mon fils | Lien permanent | Commentaires (0)
Ë
31
Un homme étrange. Chant dans les bois. Passent tant d’heures dans la chambre, et le papier peint lui-même me répond. Je tape frénétiquement à la machine, sur du papier pelure, compose de curieux petits opuscules. C’est ce matin même, je n’ai pas vieilli d’un pouce.
Mon corps mort continue de lancer ses ongles et ses poils à la face du monde. Il ronge.
04:24 Publié dans À neuf les terres inondées | Lien permanent | Commentaires (0)

