vendredi, 24 avril 2020
I'M A Man / Of Constant Sorrow
Pour la première fois depuis quinze jours, j'ai fait une to-do list, car je n'ai pas le couteau sous la gorge. Si je voulais, je pourrais ne rien faire ; aucune tâche urgentissime. Cela étant posé, je viens quand même de me faire une to-do list, histoire de relancer deux ou trois petites choses en souffrance, et aussi de ne pas laisser déraper les x tâches qui continueront de pleuvoir d'ici début juin au bas mot.
Il y a notamment la question des traductions de Johanna Wolff : j'aurais voulu en faire une par jour en avril, mais il n'y en aura qu'une dizaine, au mieux. Je n'aurai guère de regrets car en la traduisant j'ai mieux décelé combien cette œuvre ne me retournait pas.
Hier soir, nous avons regardé O'Brother, que C* et moi avions vu au cinéma lors de sa sortie et qui reste à la fois très jouissif, surtout pour les variations sur les registres et les niveaux de la langue, mais aussi pour la manière dont le film revisite la musique populaire des années 30 et les deux sillons pas si parallèles que cela du blues et du folk. Le choix de faire chanter un chant d'esclaves par trois fossoyeurs noirs au moment où les 4 hommes s'apprêtent à être pendus haut et court par le diable est audacieux, et a dû être critiqué : est-ce une identification du diable aux suprémacistes blancs, ou cela signifie-til que les trois Noirs sont au service du diable ?
Ce qui continue de me paraître complètement surdéterminé, c'est la prétendue “adaptation” de l'Odyssée : les sirènes, le Cyclope, le prétendant (unique), la vallée devenue une immense lac... soit... mais tout cela relève plus de la ficelle, du point de départ permettant de structurer le film, que d'une véritable réécriture ou adaptation.
Soudain je me demande : est-ce que la fixette du personnage d'Everett (George Clooney) sur ses cheveux et sur la gomina est une extrapolation d'un truc dans l'Odyssée ?
10:23 Publié dans *2020*, Tographe | Lien permanent | Commentaires (2)

