lundi, 15 juin 2026
Découverte d'Annegarn à l'été 1992
J’ai découvert l’œuvre de Dick Annegarn par hasard. Je sais très bien comment : après une visite à Bagnères-de-Bigorre, j’avais, en farfouillant dans les vinyles de ma tante, été intrigué par ce double vinyle qui était une nouvelle gravure de son premier et de son troisième album, ceux de 1974-75. Connaissant mes goûts – un peu – elle m’avait dit qu’elle me le prêtait le temps que je le « repique » (sur cassette, donc), à moins qu’on n’ait procédé à la duplication le jour même, j’avoue ne plus savoir. Je ne sais pas si j’ai beaucoup écouté les chansons au mois d’août, mais ce qui est certain c’est que cette cassette audio a servi de bande-son aux deux premiers mois de l’année de khâgne : nous sortions ensemble depuis à peine quelques mois, avec Claire, et nous alternions nos soirées et nos nuits entre sa chambre d’étudiante et mon studio. Dans le studio, de façon classique, on préparait le mercredi après-midi la version latine pour le cours du jeudi, assis tous deux à la table sur tréteaux, Gaffiot bien en place. En faisant la vaisselle du petit déjeuner, je chantais Faubert Waltz. À la pause thé, c'était Ubu... peut-être...
Les sept premières notes de Sacré géranium, première chanson de la face A du premier disque, se sont gravées à tout jamais dans ma mémoire à cette époque-là, suivie d’un silence, de trois notes, et du premier vers, avec cette voix et ces intonations si particulières :
Sacré géranium, tu sens bon la terre
Tout l’univers sonore et imaginaire d’Annegarn, tel qu’il s’exprime dans ces chansons de jeunesse – dire qu’il avait à peine la vingtaine quand il a balancé à la face du monde ces 20 ou 30 titres invraisemblables –, m’a immédiatement accompagné : à l’époque, il me suffisait de quelques écoutes pour connaître par cœur un album complet, et encore aujourd’hui je connais à peu près sans faillir ces chansons-là.
À quelques jours d’un concert reprogrammé – ce devait être le 14 février, fête paraît-il des amoureux, et ce sera le 18 juin, notre fête, à Claire et moi –, je me suis dit que je pourrais reprendre la discographie d’Annegarn par ordre chronologique, vinyle après vinyle, et constituer mon anthologie personnelle, en ne gardant que 2 chansons par disque.
Rude épreuve. Il se peut que je triche.
(D’ailleurs, je triche déjà, vu que j’écris ces lignes le 25 juin.)
05:03 Publié dans 2026, Annegarn ––– Anthologie, Autres gammes | Lien permanent | Commentaires (0)

