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lundi, 06 avril 2026

Cent fois moins souvent

Je n’écris presque jamais à ce sujet, car cela ne sert à rien, mais bien sûr que la fascisation croissante du monde ne nous laisse quasiment pas de répit. Croissante : elle accélère, comme la destruction capitaliste du monde (et j’entends « monde » en un sens plus large que planète par exemple).

 

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Cette fascisation, on peut – naïvement – s’en croire protégé, mais il ne se passe pas un jour sans y penser. L’exemple le plus terrible, et sans doute le plus menaçant, est le second mandat de Trump. Hier, il a publié un tweet qui est peut-être le plus délirant et le plus inquiétant de sa carrière de fasciste dérangé. Au pied de la lettre, cela pourrait signifier qu’un conflit nucléaire de grande ampleur aura commencé d’ici la fin de la semaine.

Je lis tous les jours la presse, Mediapart et le Guardian notamment, mais pas seulement – je butine. Ce matin, sans même avoir à cliquer sur les liens, les titres des quatre articles de la rubrique “Climate Crisis & Environment” du Guardian suffisent à résumer ce dans quoi, indéfectiblement, on s’enfonce. J’ai dû l’écrire dix fois déjà, c’est-à-dire cent fois moins souvent que je ne l’ai pensé, mais cette humanité qui préfère accélérer la destruction capitaliste et trouver à vilipender ou sacrifier d’autres peuples, d’autres “races” etc., plutôt que de revendiquer une fiscalité plus juste et la transition écologique, me laisse pantois plus encore qu’elle ne me met hors de moi.

 

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Au milieu de tout cela, sans aucunement me croire « protégé », je vaque : cours, lectures, recherche, traductions… et même loisirs, dites donc… Je passe une heure par jour, environ, à lire la presse, et plus de temps sans doute à m’angoisser ; ça ne peut pas être une activité à plein temps, à moins de devenir fou.

 

07:07 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 05 avril 2026

Terre et ciel (Raharimanana) — premières pages

Hier, Jean-Luc Raharimanana m’a envoyé son « nouveau roman » (ainsi qu’il me l’avait annoncé (mais le sous-titre indique tantara comme genre, j’y reviendrai)), avec une dédicace d’autant plus émouvante que j’ai ainsi pu commencer à lire ce livre un mois avant qu’il ne débarque sur les étals des librairies.

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Cette fois-ci, et je peux le dire même si je n’ai lu que cinquante pages soit un petit huitième du livre, Raharimanana amorce un nouveau virage dans une œuvre qui n’a jamais choisi la facilité ni la répétition. Il s’agit d’un tantara, c’est-à-dire d’un récit épique malgache. Le livre raconte, en vingt-trois récits, un des grands mythes fondateurs de l’ontologie malgache, mais du point de vue, peut-être détourné ou faussé (il est trop tôt pour le dire), d’un des personnages a priori secondaires.

 

Attendons. Peut-être que je me trompe. En tout cas, c’est très beau, et tout en étant riche de cette voix singulière, ça ne ressemble à rien de ce qu’a écrit Jean-Luc jusqu’à présent.

Ce que ce texte m’évoque, par-delà sa très évidente et profonde malgachité qui devrait proscrire ce genre d’analogie (mais j’écris ici une ébauche juste pour moi), c’est davantage les Perfect Nine de Ngũgĩ wa Thiong’o, le dernier roman d’Alexis Wright, Praiseworthy, ou les livres de la seconde partie de la carrière d’Ayi Kwei Armah (The Resolutionaries par exemple).

 

 

Illustration : lecture de la page 43, BeReal, hier 22 h 03

 

samedi, 04 avril 2026

« je n'en suis encore qu'à mes débuts »

Je travaille sur la façon dont Beckett, dans son va-et-vient entre le français et l’anglais, exprime la notion de commencement. Vaste sujet, que je me contenterai d’effleurer, d’autant que je ne suis évidemment pas spécialiste de Beckett. En procédant à un relevé préliminaire, je découvre ce passage de L’Innommable (1953), traduit par Beckett lui-même (The Unnamable, 1959), et dans laquelle il a supprimé les phrases que j’ai indiquées en les barrant dans le texte-source (français).

La phrase sur « les débuts » a donc disparu.

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vendredi, 03 avril 2026

Temps gris

Depuis deux jours, comme j’ai enfin rendu l’énorme traduction, je me réveille plus tard. Ou je me lève plus tard, plus à même de traîner à moitié somnolent entre les draps. Ce matin, entre 7 h et 7 h 30, entre le moment où je me suis levé et celui où, entre la douche et le café, je me suis mis au travail, le jour avait commencé à poindre. Il fait gris, et le changement d’heure nous a volé les matins pour encore quelques jours.

Je ne savais pas si mes réveils presque quotidiens entre 4 h 30 et 5 h 30 étaient vraiment liés au fait que j’avais intégré la nécessité d’allonger mes journées de travail tant que le livre ne serait pas remis ; peut-être que j’ai la réponse.

 

09:07 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 02 avril 2026

L'usine des animaux

En soirée nous avons assisté à la projection du documentaire de Caroline du Saint, L’usine des animaux, réalisé pour Arte en 2023 et que j’ai trouvé, pour ma part, un peu long. J’ai beau ne pas avoir lu tant de choses que cela sur les élevages industriels, je n’ai pas appris grand-chose. Les images de l’Iowa ou de Chine et du Vietnam sont hallucinantes, mais le documentaire n’évite pas du tout non plus, heureusement, l’accélération du carnage en raison du lobby agro-industriel français ; les séquences montrant Castaner posant avec un porcelet dans les bras après avoir annoncé la criminalisation des lanceurs d’alerte « écoterroristes » sont un rappel utile. Le problème, c’est que si on devait montrer toustes les responsables politiques français·es qui bouffent au râtelier des producteurs de glyphosates et des massacreurs d’animaux dans des conditions indignes, il faudrait un film de dix heures.

Il n’y avait presque personne pour cette projection, une trentaine, toustes convaincu·es, de toute évidence, alors que c’est évidemment un film qu’il faut montrer aux personnes qui mangent de la viande à haute dose et n’ont, par là même, aucune idée de – ou se voilent la face pour ne pas comprendre – ce qu’elles font.

 

22:07 Publié dans 2026, Tographe | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 01 avril 2026

Même pas un poisson

J’ai donc envoyé la traduction à l’éditrice à midi moins cinq, quelques minutes avant le test sirène, et, tandis qu’on fêtait ça avec Claire à La Case, rue Étienne-Marcel, l’éditrice me répondait qu’elle avait signalé au service paiements de procéder au versement de mon deuxième tiers.

 

18:08 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)