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mercredi, 18 mars 2026

“Les îles sur la Loire...”, sonnet

12 mars 2026

 

Les îles sur la Loire, encore submergées.

Un cormoran se sèche au ponton des gabares.

L’œil vif voit reverdir les amas de samares

Contre le bleu du ciel. L’érable a ses frangées.

 

Je traverse le pont, mes songeries rongées

Par la guerre. Le tintouin et le tintamarre

Sont tragiques. Faut-il relâcher les amarres ?

Le monde est doux-amer comme sont les dragées.

 

Au soleil le cormoran se sèche les plumes.

Un autre plonge. Lent, un goéland s’embrume.

Et je n’ai ni repos ni répit en marchant.

 

Fielleuse, la dragée n'est plus que d'amertume

Et je suis étonné qu’ici en m’épanchant

J’aie sali le papier sans élever mon chant.

 

mardi, 17 mars 2026

À vau-l'effiloche

Difficile de tenir le rythme, entre les cours d’une part, la traduction d’autre part, à quoi s’ajoutent tous les menus travaux (séance type Ted Talk hier en collaboration avec les collègues de Nicosie et de Salerno, séance de séminaire aujourd’hui, avec présentation de travaux de recherche récents autour du Cameroun) et enfin mon désir d’écrire chaque jour dans ces carnets. Les projets de l’autre blog sont un peu en effilochade ces temps-ci, mais je réussis à ne pas totalement laisser aller la chose à vau-l’eau. Ici, j’abuse régulièrement du recyclage de discussions sur Facebook.

 

La fatigue gagne, et la situation politique est toujours plus déprimante, avec les socialistes qui sont prêts à donner Paris et Marseille à la droite fasciste ou fascisante plutôt qu’à travailler avec des programmes de progrès social un peu plus radicaux que le leur (ce n’est pas difficile).

 

16:59 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 16 mars 2026

Salomone plutôt que Habermas

Ce matin, j’ai enregistré une émission dont je suis plutôt content avec ma collègue Cécile Chapon, qui n’est avec nous que depuis cinq ans mais qui est si dynamique et travailleuse qu’on dirait qu’on travaille ensemble depuis des – et non un – lustres. J’ai pris le temps d’écouter aussi une des archives vidéo des rencontres autour de Scale Boy de Patrice Nganang : demain, c’est son anniversaire et je vais évoquer son travail, brièvement, au détour d’une séance du séminaire de l’EHESS. Et je compte lire ce soir le chapitre du Regard éloigné que m’a conseillé mon collègue Florent Kohler mercredi dernier.

 

Ce matin, nettement plus tôt, j’étais retombé, totalement par hasard, à la faveur d’un commentaire sur le mur Facebook de quelqu’un qui n’est même pas un contact, sur Marien Defalvard, alors que j’évoquais son nom et sa disparition des réseaux avec C* pas plus tard qu’hier midi. D’ailleurs, il a récemment ironisé, avec beaucoup d’esprit, sur l’écriture de Gurnah et sur une vidéo que je lui avais consacré. S’il savait les nombreuses réserves que j’ai sur l’écriture de Gurnah… mais il n’est pas forcément ouvert à une discussion complexe. Dommage, car il semble toujours aussi incisif et drôle. Il semble (comme moi) très dubitatif sur l'importance de Habermas, et a répondu à quelqu'un qui le traitait de crétin : « Par contre la mort de Bruno Salomone m’attriste profondément. »

 

dimanche, 15 mars 2026

Bouscarles

Nous sommes donc allés voter, toujours dans notre bureau de vote de l’école Pérochon, comme depuis 2009, mais seuls tous les deux.

Lors du précédent scrutin, O* n’avait pas encore le droit de vote mais il vivait avec nous, et, dans la foulée de ses épreuves de baccalauréat, il était venu le dimanche soir du second tour, fêter la victoire du second tour de Charles Fournier avec nous à la Madeleine, dans la demi-liesse d’une majorité très relative du NFP dont on ne pensait pas que Macron réussirait à lui cracher dessus avec autant d’insolence et de collusions fascisantes. A* était à Poitiers ; il avait participé à la campagne de Lisa Belluco.

Aujourd'hui il faisait un grand soleil, d’où ensuite une longue promenade (digestive) à la Cousinerie (boueuse), le chant de la bouscarle entendu furtivement, et les aboiements canins moins furtivement.

 

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samedi, 14 mars 2026

Cormorouettes de Venise

Commençant à lire un essai sur Venise (où je ne suis jamais allé), je note le ton plein d’autorité, avec une pointe de distance ironique, de son auteur. Et puis, page 16, à propos des pilotis de bois de la Lagune : « Les oiseaux sont leurs hôtes, ils s’y posent et s’y attardent. Ce sont le plus souvent des mouettes, parfois des cormorans – de loin, on les confond facilement. »

Alors, à moins qu’il s’agisse d’une erreur de traduction, forte envie de balancer le livre contre un mur car même de nuit, même de loin, de par leurs silhouettes, on ne peut ABSOLUMENT PAS confondre les mouettes et les cormorans. Tous ces doctes écrivains qui s’offusqueraient qu'on confondît un Giotto et un Tintoret sont tellement ignares et aveuglés pour les animaux ou les plantes, c’est vraiment agaçant.

 

16:49 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 13 mars 2026

“Hommage à Antonio Lobo Antunes” (VIII-XXI), em andamento

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Le projet continue.

Pour voir les photographies une à une, et en bonne qualité, c'est ICI.

jeudi, 12 mars 2026

Tayari, Taboma

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Aujourd’hui je donnerai enfin mon premier cours d’agrégation sur Paradise de Gurnah.

 

Assez content de la synthèse que je propose du contexte historique (diapos 10 à 13) mais pour illustrer cette citation de la 4e partie, je n'ai pas pu faire autrement qu'une capture d'écran Google Maps afin de montrer la distance séparant Oman du sultanat de Zanzibar et enfin de la ville de Tayari (version fictionnelle de Taboma dans le roman).

(Pour une diapo ultérieure j’ai « basculé » Google en anglais, afin que les noms de lieux apparaissent tout de même dans la langue du cours…)

mercredi, 11 mars 2026

Lisbonne Reykjavik

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Commencé hier soir ce roman, le tout nouveau, paru la semaine dernière, de Jon Kalman Stefansson. Finalement, ce sera le cinquième que je lis de lui, dont deux lus pour préparer l’émission avec son traducteur Éric Boury. Des quatre traductions parues en ce début d’année sous la plume d’Éric, c’est la seule que je lis (pour le moment), mais s’il faut certainement une vie pour traduire les livres que traduit Éric, il en faut quasiment une pour lire tout ce qui paraît en littératures islandaises.

 

Le titre a presque quelque chose de Lobo Antunes, à moins que ce soit moi qui ai du mal à m’en remettre. Il y a trois romans de lui qui ne sont pas encore traduits, ceux parus entre 2011 et 2014 :

* Comissão das Lágrimas

* Não É Meia Noite Quem Quer

* Caminho Como Uma Casa Em Chamas

 

mardi, 10 mars 2026

Contre la fixité de la lecture

Barthes, répugnant aux étiquettes et ne voulant en aucun cas apparaître comme le porte-parole d’un mouvement ou d’un groupe, brouille les pistes en avançant l’idée de productivité textuelle contre la fixité de la structure. Un premier point commun s’inscrit là entre Barthes et Derrida, dans la façon de prendre le contre-pied de tout ce qui stabilise et enferme le sens, même si Barthes va plutôt du côté de la pluralisation quand Derrida revendique le glissement perpétuel, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Quoique reposant sur des présupposés et des corpus extrêmement différents, ils sont tous deux toujours en avance sur leur propre pensée, toujours en dépassement de ce qu’ils sont en train de dire. Et même si, pour des raisons en grande partie institutionnelles, ils ne l’affirment pas encore en 1966, ils se rejoignent sur l’idée que l’essentiel se joue hors de la pensée du livre comme argumentation close ou comme une totalité.

 

Tiphaine Samoyault. Roland Barthes. Seuil, 2015, p. 414.

 

lundi, 09 mars 2026

Can't refuse

Le 17 janvier, quand je me suis remis d’arrache-pied à la traduction, j’avais deux mois et demi de retard sur le planning initial. Cinquante jours plus tard, j’ai six jours d’avance. Le risque, avec moi, c’est qu’au lieu de me rappeler que je me suis épuisé à la tâche, ça risque de me pousser à savoir encore moins refuser quand on me proposera un projet aussi lourd qu’alléchant. Cette semaine, je dois aussi corriger un gros paquet de copies de L3 et préparer le premier cours d’agrégation sur Paradise.

 

11:45 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 08 mars 2026

Telle est la question sinusoïdale...

Levé depuis une heure, alors que j’ai un travail monstre, je viens de passer la dite heure (ou « ladite heure ») à consulter les réseaux sociaux et surtout à rédiger les billets qui auraient dû être publiés hier et avant-hier. Si je laisse filer, il y aura bientôt une ou deux semaines sans publication, et ce sera râpé.

 

Le chauffage ne s’est pas relancé depuis hier en fin de matinée, signe de l’invraisemblable (et catastrophique) douceur de cet avant-printemps.

 

Il faut que je boucle le chapitre 37 ce matin, avant la manifestation pour les droits des femmes (place de la Liberté à 11 h).

 

J’ai ouvert, dès 4 h 50, le volet donnant sur la rue, mais plus personne ne passe dans cette rue – en particulier, très rares sont les véhicules. Cela fait deux ou trois ans qu’on voit/entend passer beaucoup moins de voitures. Tout en m’en réjouissant, je ne m’explique pas pourquoi : coïncidence de déménagements de plusieurs voisins qui roulaient particulièrement beaucoup ? recours (enfin !) aux transports en commun ? davantage de véhicules électriques plus silencieux ?

 

Défi : écrire un paragraphe sans parenthèses (ça y est ! (ah non, zut)).

 

Relisant ce billet après publication, je m’avise que le mais du quatrième paragraphe n’a pas de sens. En tout cas, moi qui ai écrit cette phrase il y a moins de dix minutes, je ne comprends pas.

 

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samedi, 07 mars 2026

Du gras teint d'endives à la crème de la crème

Elle a emprunté son teint à l’endive qui ne serait pas fâchée de le récupérer maintenant, ses copines l’attendent dans le plat à gratin.

Cette phrase, empruntée au nouveau livre d’Éric Chevillard, écrivain qu’on a beaucoup lu, C* et moi, avant de nous lasser un peu, ou de trouver que son univers imaginaire – davantage que son écriture – tournait à vide, je l’ai notée pendant une surveillance d’examen car elle est astucieuse, bien sûr, mais aussi parce qu’elle poserait un véritable problème de traduction. En anglais, la métaphore de l’emprunt n’est pas aussi répandue qu’en français, au sens où elle se restreint à quelques expressions ; j’imagine assez bien qu’on puisse dire “I borrowed Taylor Swift’s smile all night long to pretend I wasn’t bored”, mais avec le « teint » ça me paraît plus délicat. Par exemple, il faut systématiquement démétaphoriser dès qu’il est question de passer par un endroit : emprunter l’escalier → climb the stairs ; emprunter le couloir → walk down the corridor.

Ici, étant donné que l’endive souhaite « récupérer » son teint, on n’a pas trop le choix : il faut garder la métaphore, en étoffant sans doute mais au risque d’une certaine bizarrerie. Il y a aussi le problème du genre de l’endive, évidemment personnifiée ici (she/it ?).

She borrowed this pale complexion of hers from a chicory who wouldn’t mind getting it back now, as her (its?) friends are waiting in the gratin dish.

 

*

*                       *

 

gratin.PNGJ’en profite pour signaler une trouvaille faite en cherchant la meilleure traduction possible de cette phrase. Une des traductions contextuelles proposées par le dictionnaire bilingue de Wordreference propose de traduire le sens figuré du gratin par une autre expression française, reportée telle quelle en anglais : the crème de la crème (cliquer pour agrandir).

J’ai vérifié dans la traduction d’Astérix et les Normands, et en effet le traducteur n’a pas manqué le coche.

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vendredi, 06 mars 2026

“Hommage à Antonio Lobo Antunes” (I-VII), em andamento

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On a appris hier la mort d'Antonio Lobo Antunes, un des écrivains contemporains qui ont le plus compté dans ma formation littéraire, si j'ose dire ça ainsi. Il y a quelques années, j'avais entrepris de lire ceux de ses livres que je n'avais pas encore lus, principalement les romans antérieurs aux années 1990. Il m'en reste quelques-uns, et tant mieux. En attendant, j'ai commencé une série de photos en hommage, sur BeReal et sur Flickr.

 

jeudi, 05 mars 2026

De bric et de broc

Journée de bric et de broc, mais à vrai dire j’aimerais qu’il y en ait davantage. Le matin, j’ai travaillé un peu, avant de m’occuper des lessives et des courses, puis de refaire deux ou trois bricoles. Au magasin de photocopies, je n’ai pas pu imprimer les 350 pages de la traduction en cours, que je voudrais relire sur papier, car il y a beaucoup de choses à reprendre : il aurait fallu convertir le .docx en PDF. Je le ferai ce week-end.

Cet après-midi, j’ai pris un café (enfin, un thé, pour moi) avec Véronique Brient, de l’Alliance Française, afin de discuter des prochains événements qu’elle organise autour des langues et du plurilinguisme. Puis nous avons assisté, dans l’amphi 2 comble, à la conférence d’Alison Bechdel, avec ma collègue Hélène Tison aux manettes et à l’interprétariat.

Soir : Law & Order de Frederick Wiseman (récemment disparu et dont je n’avais rien vu), après High School I hier.

 

C’est une de ces journées où j’aurais dû « caler » une vidéo je range mon bureau, car, même si je lis moins depuis un mois, les piles deviennent absurdes. Est-ce justement parce qu’il y a trop de livres que je me décourage ? ou est-ce que l’émission de radio me stimule davantage que ces vidéos longues, frustrantes, dont j’ai l’impression qu’elles ne me permettent de discuter de littérature avec presque personne ? Très envie d’arrêter complètement.

 

21:47 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 04 mars 2026

Chenil, châtaignier et disgrâce : les hallucinations absurdes des IAg en tête de gondole

Mes outils principaux, dès que je traduis, sont l’Oxford English Dictionary, le dictionnaire de synonymes du CRISCO et les dictionnaires bilingues et forums proposés par Reverso et Wordreference.

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Ce matin, comme je cherchais la meilleure traduction pour une phrase qui utilise l’expression figurée doghouse (ça signifie grosso modo que quelqu’un se trouve écarté ou dans le collimateur – littéralement, renvoyé à la niche), j’ai voulu lancer Wordreference en partant du moteur de recherche, car je n’avais pas encore ouvert le site sur un onglet.

J’ai donc écrit « doghouse wordreference » dans la barre de recherche. Le moteur de recherche m’a alors proposé, en tête de page, comme c’est le cas depuis quelques mois, une réponse rédigée par IA, qui semble frauduleusement provenir du site Wordreference (cf capture d'écran ci-dessus - cliquer pour agrandir). Frauduleusement, car une partie de cette réponse ne se trouve pas dans les articles lexicographiques du site pour le nom doghouse.

Et pour cause : c’est totalement faux.

Cette information, la voici : “In French, it translates to châtaignier or châtaignier depending on the context.”

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C’est totalement bidon. Premier indice : la répétition du mot châtaignier avec la même orthographe. Deuxième élément : en consultant l’article doghouse (cf capture d'écran ci-contre - cliquer pour agrandir), on note que le dictionnaire propose bien chenil ou niche pour le sens littéral, et une série d’équivalences pour le sens figuré (ne pas être en odeur de sainteté, ne plus avoir la cote, tomber en disgrâce). À noter que Wordreference propose même des équivalences en signalant l’opération traductologique du renversement de sujet : he’s in the doghouse now = je lui fais la gueule.

Autant dire que le site Wordreference est excellent (mais il faut savoir s’en servir) et que le paragraphe qu’impose le moteur de recherche avant même les résultats de la requête est une énorme et innommable merdasse.

 

mardi, 03 mars 2026

Hountondji & Ayi Kwei Armah

Dans le cadre du séminaire que je co-anime un mardi sur deux à l’EHESS avec Christelle Rabier, Évelyne Ribert et Mounia El Kotni, je me suis penché récemment sur le recueil d’articles (fondamental) dirigé par Paulin Hountondji Les savoirs endogènes : pistes pour une recherche (Dakar : Codesria, 1994) et sur sa traduction anglaise de 1997, chez le même éditeur (Endogenous Knowledge : Research Trails).

 

Comme la plupart des chercheur·euses qui le citent en anglais (comme l’excellente, au demeurant, Raewyn Connell, notre intervenante ce mardi) ne citent jamais le traducteur, je suis allé vérifier, et il s’agit d’un certain “Ayi Kwesi Armah”. Frappé par la quasi homonymie avec le grand écrivain ghanéen Ayi Kwei Armah, j’ai donc effectué une recherche Google restreinte, et il se trouve que toutes les pages Web qui parlent de “Ayi Kwesi Armah” :

1) renvoient à la traduction des Savoirs endogènes

2) font une coquille sur le nom du romancier

 

Mon collègue Salim Abdelmadjid m’a confirmé que c’était bien le romancier ghanéen Ayi Kwei Armah qui a traduit les articles de ce recueil de Paulin Hountondji :

Vous avez raison, tout indique qu'il s'agit d'une coquille et que le traducteur est bien Ayi Kwei Armah.

J'ignore si Hountondji et lui ont travaillé ensemble au-delà de cette traduction. Ils participaient aux activités du Codesria, à Dakar où Armah vivait (ou proche de Dakar - il avait établi sa maison d'édition à Popenguine), ils se sont probablement rencontrés à d'autres occasions. Il y avait entre eux une convergence philosophique et politique (critique du néo-colonialisme, revalorisation des savoirs africains) qui indique que cette traduction n'était pas qu'une transaction éditoriale.

 

Il m’a aussi signalé un article excellent de Fransizka Dübgen qui se clôt sur une citation d’Armah par Hountondji.

Ainsi, comme je le pensais, cette collaboration entre le philosophe béninois et le romancier et essayiste ghanéen est une information extrêmement intéressante en matière d’histoire intellectuelle et de relations entre États africains, notamment dans le cadre de cette production de savoirs décentrés ou endogènes. Il faut noter que la totalité des livres édités par Armah dans sa maison d’édition Per Ankh sont très difficiles à récupérer, et non traduits en français.

 

lundi, 02 mars 2026

« Dying dandelions and bumble-bees »

Mon top 10 des chansons des Sleaford Mods (pas dans l’ordre de préférence ni chronologique, c’est juste en bordel) :

        • Moptop
        • Tarantula Deadly Cargo
        • Second
        • Tied Up in Nottz
        • Mork n’ Mindy
        • Nudge It
        • Elitest G.O.A.T.
        • My Jampandy
        • Kebab Spider
        • I Can Tell

 

À noter que je connais mal les trois premiers albums.

 

dimanche, 01 mars 2026

Se garder des dualismes, mais en toute clarté

Comme il est difficile de faire entendre une opinion un peu complexe, ou à tout le moins qui ne tombe pas dans des binarismes absurdes. Ainsi, pour l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, on peut à la fois dire – parce que les deux affirmations sont vraies – que Khamenei était un dictateur sanguinaire dont on ne peut pas pleurer la mort et que Trump, déjà embourbé dans pas mal de décisions autocratiques, s’allie ici, sans aucun mandat des institutions états-uniennes, avec un criminel de guerre responsable depuis deux ans et demi d’un génocide. Il y a tout à parier que cette guerre ne va pas forcément aider les Iranien·nes à « se libérer » comme Trump les y exhorte, et comme iels ont déjà tenté de le faire à plusieurs reprises depuis plusieurs années, en étant des dizaines de milliers à y perdre la vie, ou, à tout le moins, que la situation en Iran risque de finir par suivre plutôt un scénario à la libyenne, et non les lendemains qui chantent que nous promettent les pro-Trump de partout.

De même, on doit documenter la façon dont beaucoup de responsables politiques et de médias ont surdéterminé la mort de Quentin Deranque, allant jusqu’à organiser un hommage de la nation à un néonazi mort dans une rixe qu’il avait provoquée avec ses potes cagoulés et armés de barres de fer, et sous-estimant les dizaines de personnes tuées par des milices d’extrême-droite tout à fait poreuses avec le RN, tout en soulignant que, malgré cette cabale qui permet de prendre LFI pour bouc émissaire, ce parti est également problématique, et depuis de nombreuses années, tant dans son soutien à des dictateurs (Assad, Poutine) que dans son utilisation régulière et ambiguë de tropes antisémites. Oui, il faut défendre LFI contre les mensonges de l’extrême-droite et de ses soutiens qui cherchent à faire oublier que le danger contre la démocratie reste en France, de nos jours et depuis au moins 2015, le rouleau-compresseur du fascisme, et que les violences politiques sont principalement le fait des groupuscules d’extrême-droite qui paradent librement partout et tabassent régulièrement, voire tuent, des personnes issues des minorités. Mais il faut aussi rappeler que LFI entretient une rhétorique incendiaire qui ne cherche qu’à éliminer le reste de la gauche, et pas l’extrême-droite, et que les tropes antisémites maniés de façon hasardeuse par Mélenchon (comme cette semaine la sortie abjecte sur la prononciation d’Epstein) permettent même à Bardella de pourfendre le « retour aux années 30 » : c’est un renversement dégueulasse, mais Mélenchon même aide à cette dégueulasserie en voulant absolument polariser le débat autour de lui, et de rien d’autre.

 

(J’aurais préféré écrire ce matin sur la pétition pour protéger les enfants intersexe, sur une belle citation d’Ernest Ouandié partagée hier par Timba Bema, et que j’ai aussi commentée et contextualisée du point de vue de mon travail, ou encore sur la réquisition de l’espace des Blancs-Manteaux pour le Plan Grand Froid, qui met en danger la tenue du Salon du Livre Africain, mais celleux que ça intéresse ont les liens dans cette phrase.)