vendredi, 09 janvier 2026
Le ver est dans le fruit (indeed)
J’ai décrypté hier une manipulation, un tripatouillage textuel auquel s’est livré Benoît Hamon, ou l’irresponsable à qui Hamon confie imprudemment la rédaction de ses textes sur les réseaux sociaux. Comme je l’ai indiqué, Benoît Hamon a simplement répondu, sur LinkedIn : « C’est une erreur. Merci ». La phrase a été maintenue en fin de billet, sans l’attribution à Hugo. Sur Instagram, il semblerait que la publication entière ait été supprimée. Sur Facebook, elle est toujours en place, dix-huit heures après mon commentaire alertant sur ce fake grossier (cf image ci-contre, cliquer pour agrandir).
Le problème, quand on fait circuler de la fausse monnaie électronique, surtout avec l’écho que peuvent avoir des comptes comme celui de Benoît Hamon, c’est que le mal est fait : le ver est dans le fruit, c’est le cas de le dire. Cherchant ce matin cette citation, moins de 24 heures après sa mise en ligne, je constate que Google me renvoie notamment vers une pétition en ligne qui reprend cette phrase et l’attribue à Hugo.
Donc, même si ce blog est peu lu, je l’écris ici. Cette phrase n’est pas de Victor Hugo, et elle n’est d’ailleurs de personne : « Le courtisan est à la cour ce que le ver est dans le fruit : il en vit et le corrompt. »
J’en profite pour ajouter une analyse stylistique et syntaxique qui démontre que ni Hugo ni aucun des moralistes du 17e siècle n’aurait pu commettre un énoncé aussi bancal. La reprise de la préposition à par en est ce qu’on appelle une fausse symétrie, qui rend obscur le sens de l’analogie :
« Le courtisan est à la cour ce que le ver est dans le fruit : il en vit et le corrompt. »
Par ailleurs, le pronom le renvoie certainement au fruit gâté par l’asticot… mais alors il ne peut pas servir de reprise du nom cour.
07:46 Publié dans 2026, Questions, parenthèses, omissions | Lien permanent | Commentaires (1)
jeudi, 08 janvier 2026
D'une fausse citation de Hugo
Sur Instagram, 957 likes et 23 partages.
Sur LinkedIn, 420 likes et 9 partages.
Avec une citation qui est, de toute évidence, apocryphe, autrement dit : pas du tout de Victor Hugo. Le style n’est pas celui de Hugo, et l’image même n’a guère de sens. La façon dont la citation clôt le texte sent l’I.A. générative à plein nez. Dès le début de l’après midi, la citation en question n’était référencée et attribuée à Victor Hugo que par le biais des publications de Benoît Hamon : « Le courtisan est à la cour ce que le ver est dans le fruit : il en vit et le corrompt. ». Cette citation n’est pas de Hugo, et d’ailleurs elle n’est de personne. Ça ressemble davantage à une maxime d’un moraliste du 17e siècle, mais elle a certainement été bidouillée par intelligence artificielle.
Voilà comment un homme politique, pas le pire et loin s'en faut, met en circulation de la fausse monnaie, probablement avec l’aide d'une IA générative aussi mensongère qu’écocidaire. Et le plus terrible, c’est que personne ne le lui fasse remarquer, certains saluant même avec enthousiasme la pertinence ou la beauté de ladite citation. Il ne faut guère avoir lu Hugo, et ne pas être très perspicace, pour ne pas voir le pot-aux-roses.
Comme j’avais interpellé Benoît Hamon (ou l’olibrius qui gère ses réseaux sociaux, et à qui on doit peut-être ce travail exécrable), la citation a été retirée, ou, plus exactement, la phrase maintenue mais non attribuée. Sans autre explication. Autrement dit, Benoît Hamon (ou son prête-plume) n’admet pas avoir utilisé une IAg, ce qui, de fait, pour une figure politique de gauche, la fout mal. Très mal.
18:23 Publié dans 2026, Chèvre, aucun risque, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 07 janvier 2026
Le « Passeur » de Schrödinger
En juillet 2025, la Google car est passée dans le quartier Saint-Symphorien, à Tours-nord, afin de mettre à jour les vues des rues.
Je viens de m’apercevoir d’une anomalie du genre de celles qui ont inspiré Pierre Barrault pour son dernier livre, Flouter les pigeons (si vous ne l’avez toujours pas lu, foncez !).
Au niveau du 17 de la rue de Beau-site, on aperçoit deux voitures, pas un seul être humain.
En cliquant sur la flèche qui permet de s’approcher, on voit la même voiture, mais un homme vêtu d’un bleu de travail et d’un béret se tient debout, parfaitement immobile, sur le trottoir proche de la rue piétonne dite « du Passeur ».
En s’avançant encore, même date de passage, mais l’homme a disparu.
Qui est cet homme au béret, immobile et qui disparaît en un clin d’œil, ce « Passeur » de Schrödinger, à la fois debout au coin de la rue de Beau-site et totalement absent ?
10:27 Publié dans 2026, Moments de Tours, Où sont passées les lumières?, Questions, parenthèses, omissions | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 06 janvier 2026
Un “sourire carié”
Il y a deux ou trois jours, j’ai lu trois bandes dessinées de R. Kikuo Johnson, dont Night Fisher (2005).
Il se trouve que j’ai fait acheter, par la B.U. Arts & Lettres, une dizaine de titres relevant des littératures hawaïennes : la raison première en est qu’une de mes étudiantes souhaite travailler sur ces littératures pour son master, mais plus généralement je profite de ce genre d’occasion pour enrichir le fonds documentaire, et pour me cultiver.
Au tout début du roman graphique, on trouve cette case, et je me suis tout de suite dit que l’équivalent en français serait « mettre un emplâtre sur une jambe de bois ». Ça ne se dit plus trop, mais on comprend que l’adolescent trouve le langage de son père singulier, voire désuet.
Toutefois, dès la case suivante, il s’avère que, s’il fallait traduire ce livre, il faudrait conserver l’expression telle quelle : « ça revient à mettre un appareil dentaire sur un sourire carié ». En effet, le père est dentiste, et c’est donc quelque chose d’idiosyncratique.
C’est toujours la limite des équivalences (ou modulations lexicalisées) en traductologie : il faut absolument que la formule employée dans le texte-source soit un cliché pour que le texte-cible recoure à un cliché équivalent (plein aux as >< rolling in money). Si la formule est singulière, il faut lui conserver ce caractère de singularité, voire d’étrangeté.
08:06 Publié dans 2026, Translatology Snippets | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 05 janvier 2026
Quinze sonnets en couronne pour Emmett Till
Il y a quelques jours, mon ami L.L.P. – on ne s’est jamais rencontrés mais on échange si souvent depuis 2005 que je pense à lui comme à un ami – a évoqué une couronne de sonnets qu’écrirait ces jours-ci André Markowicz, ce que je ne pouvais savoir vu qu’A.M., après qu’on a travaillé ensemble et entretenu toute une correspondance entre 2005 et 2019, m’a bloqué et a coupé les ponts avec moi de façon irréversible, tout ça parce qu’il a refusé d’admettre sa part d’erreur dans la terrible affaire dite des Suppliantes…
Bref… La couronne de sonnets est une forme qui me fascine, mais que j’ai peu explorée. Voici que j’ai écrit à Laurent :
Je peux te conseiller la magnifique couronne de sonnets (héroïque – ça signifie que le quinzième sonnet est constitué des 14 premiers vers des 14 sonnets) que Marilyn Nelson a écrite en 2005 à la mémoire d’Emmett Till, adolescent afro-américain assassiné et mutilé par des lyncheurs blancs en 1955 (l’histoire a donné lieu à quelques morceaux de jazz aussi, on peut rechercher ça). Le livre (15 sonnets donc, le dernier étant un acrostiche RIP-EMMETT-L-TILL) s'intitule A Wreath for Emmett Till. Pas traduit bien sûr.
Visiblement, je m’étais trompé, et il n’y a pas eu d’hommage direct et explicite, ou de réaction musicale liée directement à cet assassinat. Laurent m’a signalé une pièce de Vijay Iyer ainsi que Wadada Leo Smith, que je connaissais pas du tout (cf le morceau en trio, “Billie Holiday - A Love Sonnet”), et Preacherman de Melody Gardot.
J’ai alors répondu ceci :
Je sais que je connais Vijay Iyer, car je dois avoir des feat. D’icelui sur quelque album par là — ou est-ce ma mère ? dois-je lui écrire, au risque de lui faire passer une nuit blanche si elle ne trouve pas dans sa discothèque ?
Bref, aussitôt lu aussitôt branché sur “Billie Holiday - A Love Sonnet” du dit trio. Très puissant (quoique intro un peu longue de JDJ, qui m’ennuie généralement).
Sinon, peut-on considérer qu’avec “Mississippi Goddamn” Nina Simone rendant hommage à Medgar Evers et dénonçant son assassinat écrit par rebond aussi sur Emmett Till, vu qu’Evers avait fait rouvrir le dossier judiciaire autour de l’assassinat d'Emmett Till ? Black Lives Matter, ça ne s’arrête pas. Y aurait-il aussi “Bright Mississippi” de Monk dans l'affaire ? Sinon, Emmylou Harris, mais on s’éloigne du jazz. Le reste se trouve dans la rubrique, très dense, ‘Representation in culture’ de l’article de la Wikipédia anglophone.
Mais comme Laurent m’avait signalé être désireux de lire une traduction, si possible respectant la forme, sinon de l’ensemble du recueil, du moins du quinzième, je note ceci ici, avec capture d’écran de cet acrostiche dans sa version imprimée. Mais comment traduire un sonnet en respectant la contrainte des rimes, le sens et l’acrostiche ? Dès le vers 2 (If → Si), ça déraperait…
07:29 Publié dans 2026, Chèvre, aucun risque, Jazeur méridional | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 04 janvier 2026
Pour le pétrole
5 h 20
Levé depuis une demi-heure, j’ai déjà, en buvant mon café, lu trop d’articles sur la prise de contrôle coloniale du Venezuela par les Etats-Unis. Bernie Sanders fait valoir le caractère totalement anticonstitutionnel de l’opération et en appelle au Congrès (cf ci-contre, cliquer pour agrandir), Julian Borger décrypte ce qu’il nomme la poutinisation de Trump, et plusieurs commentateurs français dénoncent le double discours de la France, avec d’une part la déclaration impeccable de Jean-Noël Barrot, et d’autre part le léchage de bottes abject de Macron. Par exemple, Fabrice Riceputi :
Le président de la République française se félicite chaudement de l’opération meurtrière avec kidnapping menée par le prédateur fasciste Trump au Venezuela en violation on ne peut plus flagrante du droit international. Au nom du fameux rétablissement par la force de la démocratie. Comme si l’histoire n’avait pas amplement démontré l’inanité de cette justification de l’impérialisme et alors que même Trump affirme sans se gêner qu’il s’agit de capter les ressources pétrolières de ce pays. Mais quel cauchemar !
Et moi, en réponse à un billet de Timba Bema qui parle de multipolarité :
Où est la multipolarité quand Rubio et Trump annoncent que les USA vont prendre le contrôle de Cuba et du Pérou après le Venezuela ? On est revenus à la fois à l’époque de la Realpolitik qui justifiait – voire fomentait – les assassinats d’Allende et Lumumba, et à celle du partage de l’Afrique après la conférence de Berlin ; cette fois-ci, les Etats coloniaux sont la Russie, la Chine et les USA.
Que Maduro ait été un dictateur et que les Vénézuéliens de la diaspora se réjouissent qu’il ait été kidnappé et “exfiltré” ne changent rien aux déclarations de Trump, qui a bel et bien dit, et Pete Hegseth à sa suite, qu’il s’agissait de prendre le contrôle du pétrole. Que la Françafrique tente de survivre dans ce contexte n’enlève rien au fait que la Russie, la Chine et aussi les États-Unis (qu’on songe aux bombardements américains contre Boko Haram au Nigéria il y a quelques jours) soient largement maîtres des terres et des sous-sols d’Afrique.
* *
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Il ferait encore –5° cette nuit ; ça explique que le chauffage se soit pas mal relancé ; j’ai préféré bien me couvrir que de le forcer ; j’ai bu mon café, je n’ai pas froid. Il faut que je me mette au travail, mais c’est dur de se motiver. Hier, nous avons vu, au cinéma, le dernier Fatih Akin (Amrum), que j’ai beaucoup aimé, malgré certains aspects très conventionnels.
05:41 Publié dans 2026 | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 03 janvier 2026
Caracas
France Info ce matin qui continuait de parler de l’incendie tragique en Suisse en une, et cinq fois plus longtemps, que de l’agression militaire états-unienne au Vénézuela... Bien sûr, quarante morts et une centaine de grands brûlés dans une station de ski, c’est un fait divers important, mais ça reste un fait divers. L’ingérence néo-coloniale états-unienne dans un des rares pays marxistes du continent – quoiqu’on pense, et il y a bien des choses négatives à en dire, du régime de Maduro –, ce dans la foulée des déclarations de la Prix Nobel de la Paix réclamant l’intervention militaire (le prix 2025 restera dans les annales comme l’un des plus scandaleusement antinomiques) et après des dizaines de bombardements d’embarcations de pêcheurs dans les eaux territoriales de nations caribéennes souveraines*, c’est gravissime.
Entre ça et le grand-guignol médiatique autour de la saison 5 de Stranger Things, on pourra dire qu’on a été bien anesthésié·es face à la mise en place de dictatures fascistes.
* au moins 110 morts, selon la BBC
11:04 Publié dans 2026, Indignations | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 02 janvier 2026
Morilles et myrtilles
Réveillé à quatre heures par le chauffage qui se relance, alors qu’il est programmé à 16°5 en mode nuit (c’est dire si ça caille en ce moment), je me lève, me fais ma mug de café sans laquelle aucun démarrage n’est possible, m’assieds au bureau. J’ai forcé le chauffage pour qu’il ne s’arrête que lorsque la température atteindrait 17°5 au salon ; penser à redescendre le radiateur à bain d’huile de la chambre d’A*. Il y a quelques semaines j’ai bazardé mon fauteuil de bureau et l’ai remplacé par une des six chaises de la salle à manger – nous n’en avons que quatre en permanence – de sorte que je n’ai plus mal au dos au bout de quelques heures.
Hier il faisait un temps splendide, froid mais ensoleillé, pour une première promenade dans le quartier de la cathédrale et sur les bords de Loire, du quartier Blanqui au pont Wilson ; le chemin était presque désert, ce qui est inhabituel. Le matin, en traînassant au pieu, j’avais noté le passage suivant du roman de Miss Islande d’Auđur Ava Ólafsdóttir :
Il m’a demandé comment étaient les cadres, en ajoutant que beaucoup de tableaux sont gâchés par l'encadrement. Je lui ai décrit les nôtres et il était satisfait. Je lui ai dit que j’habitais dans un appartement en sous-sol au numéro 12 de la rue Kjartansgata, qu’on n'y voit pas le soleil cinq mois durant, mais que la lumière de ses toiles me sauvait car elle illuminait le salon. Il était heureux de l’entendre. J'aurais voulu dire qu’elle illuminait ma vie, mais j’avais trop peur d'éclater en sanglots. Quand il a dit que le blanc était la couleur la plus difficile à maîtriser parce qu’elle est tellement fragile, j’ai dû tourner la tête pour essuyer une larme. Il dit de si belles choses, Hekla. Il m’a dit qu'il était malheureusement à court de café, mais qu’en contrepartie il allait me confier un autre secret, à savoir sous le blanc, il y a du vert.
(Traduction Éric Boury. Zulma, 2019, p. 142)
Hier soir, en finissant de lire ce roman, j’ai publié cette citation sur Facebook ; elle a reçu quatre “likes”, ce qui est beaucoup pour ce genre de billet. C’était encore une journée islandaise, vu que nous étions allés voir au cinéma L’amour qu’il nous reste de Hlynur Pálmason. Le film est un peu long. Même si la façon de raconter la vie de cette famille au fil des quatre saisons d’une année est très astucieuse, et même si la façon dont les éléments fantastiques s’insèrent dans un récit réaliste est également habile, on a l’impression que le cinéaste se perd un peu dans son histoire. Les plans sont souvent très beaux, et la représentation du travail de la mère artiste très stimulante aussi. Claire a trouvé qu’on ne voyait pas assez les paysages islandais ; disons qu’on voit bien la vue sur les îlots depuis l’aire où les jumeaux ont installé le mât avec l’épouvantail, mais aussi les sites de moyenne montagne où la famille va cueillir morilles et myrtilles.
Le réalisateur se prénomme Hlynur ; ce mot signifie érable en islandais, ce que je sais car l’ami du père d’Alba, dans Éden d’Auđur Ava Ólafsdóttir, prétend être le premier à avoir porté ce nom. Par ailleurs, comme les acteurices jouant les rôles d’Ída, Grímur et Þorgils sont ainsi prénommés et comme iels sont respectivement Hlynsdóttir et Hlynsson, je me suis demandé, sans parvenir à trouver l’information, s’iels étaient les enfants du cinéaste. Ça n’a aucune importance, bien entendu.
Sinon, j’ai appris que le film avait reçu la Palme Dog au festival de Cannes, et par là même l’existence de ce prix qui récompense « la meilleure performance canine sur grand écran ». De fait, le chien Panda joue très bien, lui aussi ; il avait déjà été récompensé en 2021 pour sa performance dans un autre film islandais, Dýrið de Valdimar Johansson.
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P.S. : ne parvenant pas à publier un commentaire sur mon propre blog (?), je réponds ici à Catherine, qui a indiqué hier que le journaliste Martin Chilton, dont j’avais dénoncé les choix très anglocentrés, faisait de surcroît un contresens sur la citation de Jane Austen. En effet, et je voulais ajouter que l’œuvre de Jane Austen fait depuis plusieurs décennies l’objet d’un contresens généralisé, en mode girlie-gnangnan. Ce malentendu autour de Jane Austen m’en a d’ailleurs rendu la lecture presque impossible, alors que j’avais adoré autrefois Emma et Mansfield Park.
04:57 Publié dans 2026, Tographe | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 01 janvier 2026
Horlaïté
Voici donc une nouvelle année, dont il est à craindre – et je suis à la fois confus et sans remords de commencer ainsi ce nouvel album – qu’elle soit encore pire que la précédente question fascisation et déni du désastre climatique. Et, pour m’en tenir à mon petit nombril, au moins pour le moment, je compte publier ici un billet chaque jour, mais en donnant à ces notules des titres qui ne soient pas chiffrés/datés (le système de l’année dernière m’était vite sorti par les yeux, quoique j’aie persévéré), tout en me lançant dans un autre projet sur l’autre site, la publication de 7x52 textes, c’est-à-dire sept séries correspondant à sept « livres » différents, un pour chaque jour de la semaine ; je n’explique pas pour le moment quelles sont ces « séries », ni à quoi elles correspondent, car cela devrait devenir évident dans les prochains jours.
Grand soleil ce matin ; après être rentrés de Fondettes un peu avant 3 h du matin, nous avons dormi jusqu’à 9 h 20 – première (et dernière ?) grasse matinée de 2026 – avant de traînasser au lit jusqu’à 11 h et quelques, plongés dans nos oreillers et nos livres. Claire, qui manie à merveille l’euphémisme à la mode Instagram, préfère slow life à ma proposition de désigner cela comme feignasserie. Nous nous sommes bien rattrapés avec une petite heure de ménage, ainsi qu’à étendre deux lessives ; la routine reprend.
Claire m’a demandé comment je traduirais Stranger Things ; il m’est évidemment difficile de répondre, étant donné que je n’ai pas regardé la série – contrairement à elle, qui a binge-watché la saison 2 entre le 29 et le 31 décembre, et qui essaie de ne pas se spoiler la suite avec les milliards de publications qui inondent la Toile – et aussi car, cela mérite d’être noté, cette série semble faire exception à la règle canadienne, le Canada ayant apparemment diffusé la série sous son titre anglais (!). Pour botter en touche tout en lui proposant une traduction qui garde le double sens (choses plus étranges / choses relevant d’une entité non-humaine), je lui ai suggéré comme titre français : Horlaïté.
12:31 Publié dans 2026, Flèche inversée vers les carnétoiles, Translatology Snippets | Lien permanent | Commentaires (1)











