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samedi, 18 juillet 2026

Suisse, jour 4

La météo commence à se dégrader sérieusement, mais on a tellement rêvé d’averses et d’une telle atmosphère rafraîchie en Touraine pendant les semaines de canicule qu’on ne peut bouder notre plaisir. La baignade est tombée à l’eau : pas de brasse sur les bords du lac à Gersau ce samedi.

 

Nous avons passé une bonne partie de la journée à Lucerne. Il y a ses deux ponts en bois sur la Reuss, bien sûr, dont celui détruit par l’incendie de 1993 et entièrement reconstruit, les panneaux peints triangulaires rescapés ayant été soigneusement replacés, y compris ceux qui ne sont plus que charbon. Le Spreuerbrücke, avec ses 45 tableaux de Kaspar Meglinger représentant diverses scènes de Totentanz, est plus émouvant.

 

Des deux côtés de la Reuss s’étale la ville ancienne, terriblement commerçante aussi. Dans la Hofkirche, à 9 h 30, se préparait de toute évidence une cérémonie de mariage avec des chrétiens d’Ethiopie, peut-être des coptes, ou des chrétiens de Syrie (il y avait deux familles, sans compter les invités, et les origines ethniques semblaient diverses). La Jesuitenkirche est presque une caricature de blancheur pâtissière baroque. La collection Rosengart présente une centaine de dessins et tableaux de Picasso, dont certains réussissent à étonner encore, mais surtout trois grandes salles consacrées à Paul Klee (la jeune femme à l’accueil a prononcé /kli/), surtout des dessins, uniquement des œuvres de petit format.

Avant de repartir, nous avons visité le panorama Bourbaki, cette œuvre circulaire de 110 mètres de long peinte en 1881 par Edouard Castres avec l’aide de cinq apprentis, et qui représente l’accueil de 87.000 soldats français par la Croix-Rouge et l’armée suisse après la débâcle face à la Prusse à l’hiver 1871. D’un réalisme proche parfois du trompe-l’œil, le panorama est tout à fait émouvant.

 

Très mal aux jambes : je me remets à ne plus pouvoir piétiner ni même marcher de façon interrompue, comme pour toute visite de ville. Il faudrait que je refasse mes exercices de kiné. Il faudrait surtout commencer chaque journée par une vraie promenade, en marchant vraiment.

Soirée : promenade sur les hauteurs du Plattensweg, au soleil presque couchant.

G. Cingal, Gersau.jpg